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Budget 2025 : La Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles a présenté son mémoire au ministère des Finances
_Montréal, le 7 février 2025. _Dans le cadre des consultations prébudgétaires 2025, la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (Table) a présenté son mémoire [1] aux responsables du ministère des Finances, le 6 février.
« En 5 ans, c'était seulement la 2e fois que nous obtenions une rencontre pour présenter notre mémoire, la dernière fois étant en 2022. Dans les deux cas, il aura fallu insister lourdement pour être invités. Les discussions avec les responsables du ministère de Finances ont mis en lumière qu'ils saisissent mal les réalités des organismes immunautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux (OCASSS), en particulier les conséquences d'une subvention moyenne de seulement 198 816 $ en 2023-2024__[1]__. Cet écart de compréhension devrait justement les amener à rencontrer davantage les regroupements provinciaux », souligne Stéphanie Vallée, présidente de la Table.
La Table a d'ailleurs réitéré sa demande des dernières années, soit que le ministère des Finances invite davantage d'organismes communautaires à présenter leur mémoire et à assurer l'accessibilité universelle de toute documentation liée à ce dernier. Ainsi, le
gouvernement serait réellement en mesure de saisir les besoins et les aspirations de la population, notamment parce que le milieu communautaire rassemble plus de 2,25 millions de Québécoises et Québécois[2].
Dans son mémoire, la Table présente deux outils qu'elle a développés pour améliorer le financement et l'administration du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) : les seuils planchers de la campagne [2]_CA$$$H [2]_ pour financer adéquatement et équitablement les OCASSS et l'Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC) [3] pour indexer convenablement leurs subventions.
Les seuils planchers visent d'abord à offrir des capacités optimales aux OCASSS. Les groupes doivent pouvoir compter sur des ressources suffisantes pour mener à bien les plans d'action adoptés par leurs membres. Cela signifie de mener des activités qui répondent non seulement aux besoins immédiats, mais aussi qui permettent d'agir en amont sur l'ensemble des déterminants sociaux. « Des capacités financières qui
permettent aux groupes d'offrir des conditions de travail qui favorisent la stabilité de leurs équipes feraient toute la différence. Le travail des OCASSS nécessite des liens de confiance qui demandent du temps. Sans parler des processus d'embauche qui sont de plus en plus laborieux en raison des conditions de travail qui ne sont pas attrayantes » note Loc
Cory, du comité de coordination de la campagne _CA$$$H._ « Non seulement les montants estimés comme seuils planchers prévoient des ressources humaines assez nombreuses, mais aussi de donner aux groupes les moyens financiers pour réaliser les activités que leurs membres demandent. Pour que les 3050 groupes puissent compter sur de telles capacités optimales, il faut rehausser l'enveloppe annuelle du PSOC pour la mission globale de 1.7 G$ »,continue M. Cory.
En plus de bien subventionner les OCASSS, il importe de maintenir leurs capacités financières d'année en année. « Les subventions du PSOC pour la mission globale sont mal indexées depuis toujours, les groupes s'appauvrissent constamment et cette situation intenable doit cesser. C'est pour cela que nous avons développé, puis proposé l'Indice des
coûts de fonctionnement du communautaire comme méthode d'indexation, d'abord pour les OCASSS, mais aussi en souhaitant qu'il soit appliqué par tous les ministères et organismes gouvernementaux administrant des programmes semblables au PSOC. __ __Plusieurs ministères entendent déjà les groupes de leur secteur réclamer une indexation selon le modèle de l'ICFC. Le ministère des Finances devrait saisir cette opportunité pour
simplifier l'administration des fonds publics, au bénéfice de la population » avance Mercédez Roberge, coordonnatrice de la Table.
« Autant les seuils planchers de la campagne CA$$$H que l'Indice des coûts de fonctionnement du communautaire sont simples à utiliser et s'appuient sur des statistiques irréfutables et disponibles. Leur utilisation n'apporte que des avantages, autant pour le gouvernement que pour les groupes communautaires, leurs communautés et la population en général. Les prochaines années s'annoncent économiquement difficiles. Nous entrevoyons que les OCASSS recevront encore plus de demandes. Or, ils n'arrivent déjà pas à répondre à tout le monde. Par ses propositions, la Table s'oppose à ce que la population et les groupes qu'elle s'est donnés fassent les frais de l'austérité », termine
Stéphanie Vallée.
Rappel des propositions de la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles
1. Nous demandons que le ministère des Finances entende les organismes communautaires qui sollicitent une rencontre pour présenter leur mémoire
prébudgétaire.
2. Nous demandons que le ministère des Finances s'assure que toute consultation budgétaire soit universellement accessible.
3. Comme nous le revendiquons avec la campagne CA$$$H, nous demandons que
le ministère de la Santé et des Services sociaux applique les seuils planchers développés par cette campagne dès l'année 2025-2026 aux subventions à la mission globale du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC).
4. Nous demandons que tous les ministères et organismes gouvernementaux appliquent des seuils planchers pour les subventions à la mission globale de leurs programmes respectifs et nous leur suggérons d'utiliser ceux développés par le RQ-ACA comme base de discussion avec leurs interlocutrices communautaires.
5. Nous demandons que le budget du Québec rehausse de 1,7 milliard de dollars le budget accordé pour la prochaine année au ministère de la Santé et des Services sociaux pour le versement des subventions à la mission globale du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) destiné aux organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux (OCASSS). Ce montant étant intégré à celui revendiqué par le RQ-ACA pour l'ensemble du mouvement de l'action communautaire autonome, nous demandons que le budget du Québec rehausse de 2,6 milliards de dollars le budget destiné aux subventions à la mission globale de tous les organismes communautaires autonomes dès l'année 2025-2026.
6. Nous demandons que le budget du Québec pour 2025-2026 indexe l'enveloppe totale du PSOC mission globale et, conséquemment, chacune des subventions des OCASSS, selon l'Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC), au taux de 3,6 %. Nous demandons également que tous les ministères et organismes gouvernementaux indexent les subventions à la mission globale de leurs programmes respectifs et nous leur
suggérons d'utiliser l'ICFC comme base de discussion avec leurs interlocutrices communautaires.
7. Nous demandons que les documents déposés lors du budget du Québec fournissent des informations spécifiques sur les sommes budgétées à l'intention des groupes communautaires, à l'intérieur et à l'extérieur du PSOC, tant pour leur distribution par les CISSS-CIUSSS
que par la DSSGAC.
8. Comme l'ensemble des mouvements sociaux, nous partageons les revendications de la Coalition Main rouge et de la Coalition Solidarité santé et nous demandons que le budget du Québec pour 2025-2026 :
• Instaure des mesures fiscales progressives, plutôt que de baisser les
impôts des plus riches ;
• Instaure un régime 100 % public d'assurance médicaments ;
• Cesse la privatisation des services publics, dont le système de santé
et de services sociaux.
SOURCE :
Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et
bénévoles (TRPOCB), Mercédez Roberge, coordonnatrice,
À propos
Fondée en 1995, la Table des regroupements provinciaux d'organismes
communautaires et bénévoles [7] (TRPOCB) est formée de 47 regroupements
nationaux [8], rejoignant plus de 3 000 groupes communautaires autonomes à
travers le Québec. Ce sont, par exemple, des maisons de jeunes, des
centres de femmes, des cuisines collectives, des maisons d'hébergement,
des groupes d'entraide, des centres communautaires, des groupes qui
luttent contre des injustices ayant des répercussions sur la santé.
Ceux-ci représentent les ¾ des organismes communautaires autonomes du
Québec. Ceux-ci abordent la santé et les services sociaux sous
différentes perspectives (femmes, jeunes, hébergement, famille, personnes
handicapées, communautés ethnoculturelles, sécurité alimentaire, santé
mentale, violence, périnatalité, toxicomanie, etc.).
La Table coordonne la campagne [9]_CA$$$H [9]_ (Communautaire autonome en
santé et services sociaux – Haussez le financement [9]). Lancée le 17
octobre 2017, cette campagne vise l'amélioration substantielle du
Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) du ministère de
la Santé et des Services sociaux (MSSS), au bénéfice de plus de 3 000
organismes communautaires autonomes subventionnés par le MSSS. À compter
de 2024, les revendications de la campagne _CA$$$H_ sont : L'ajout de 1,7
G$ à l'enveloppe annuelle du PSOC [10] (mission globale), l'indexation
annuelle des subventions en fonction de l'Indice des coûts de
fonctionnement du communautaire (ICFC [3]) et l'atteinte de l'équité
de financement et de traitement partout au Québec [11].
Liens utiles :
● https://trpocb.org/campagnecasssh/ [12]
● https://trpocb.org/revendication-financiere-casssh/ [10]
● https://trpocb.org/icfc/ [3]
● https://trpocb.org/seuils-planchers-campagne-casssh/ [11]
● https://trpocb.org/campagnecasssh-onsaffirme/ [13]
[1] En excluant les organismes offrant du 24/7, surtout en hébergement,
dont les subventions sont de 500 000$ et plus
[2] (L'Observateur, 2020 : 1 / 4 a fait appel à un groupe).
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de Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et
bénévoles (TRPOCB). Pour vous désinscrire et ne plus recevoir de
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La coalition Dorchester présente sa vision
La coalition Dorchester présente sa vision pour l'îlot du même nom et souligne que la densification des quartiers centraux doit viser la création de milieux de vie durables et agréables en concordance avec les principes de développement à échelle humaine.
La vision de la coalition s'articule autour de principes simples et évidents :
– le respect du plan particulier d'urbanisme (PPU) Saint-Roch sud,
– la préservation des percées visuelles pour les générations futures,
– une offre résidentielle répondant à une diversité de besoins, incluant un ratio significatif de logement social,
– un développement adapté et résilient aux changements climatiques.
La coalition rappelle que le plan particulier d'urbanisme (PPU) Saint-Roch sud a été adopté il y a moins d'une décennie, suite à une consultation qui a duré 5 ans et à laquelle ont participé des centaines de citoyen·nes, majoritairement de Saint-Roch. Cette vision citoyenne, illustrée par l'urbaniste Marc Boutin, est toujours vivante. Les membres de la coalition considèrent que l'îlot Dorchester doit se développer comme une extension du quartier résidentiel de l'îlot des Tanneurs et non comme un prolongement du secteur Charest, avec ses édifices de grand gabarit. Le PPU adopté en 2017, un compromis déjà insatisfaisant pour plusieurs, prévoit plutôt une zone de transition entre ces deux secteurs, afin de garantir l'harmonie de la trame urbaine. Ainsi, par respect pour les résident·es d'aujourd'hui et de demain et pour leur milieu de vie, faire respecter le PPU est un minimum.
Le PPU Saint-Roch Sud reconnaît l'importance des vues et des panoramas dans le secteur des faubourgs et prévoit une progression des hauteurs maximales de 22 à 33 mètres, soit de 6 à 10 étages du côté Saint-Vallier, en incluant deux étages en surhauteur qui comptent pour 50% de la surface. « Le panorama est un bien collectif. Nous nous opposons à la privatisation du paysage. Les percées visuelles ne sont pas un caprice, elles sont l'âme de notre ville et participent à son patrimoine vivant. D'ailleurs, nous nous attendons à ce que le Maire de Québec, qui préside l'Organisation des Villes du Patrimoine UNESCO, soit sensible à cette question », affirme Hélène Matte, artiste multidisciplinaire très active dans Saint-Roch et membre de la coalition Dorchester.
Le PPU Saint-Roch Sud prévoit aussi que l'offre résidentielle répond à une diversité de résident·es et de besoins, en exigeant que les nouveaux bâtiments comportent un ratio significatif de logements à faible coût ainsi que des grands logements pour des familles. Face à la crise actuelle de l'abordabilité des logements, il est impératif de développer davantage de véritable logement social, soit du logement hors marché privé. Il est possible d'inclure des logements sociaux dans un projet privé, ce qui n'est pas le cas dans le projet actuellement présenté. « Nous sommes extrêmement préoccupés par la crise du logement qui fait rage en ce moment. Nous souhaitons ardemment que des logements soient construits à l'îlot Dorchester. Mais force est de constater que le projet de Trudel Corporation, dans son état actuel, ne convient pas : d'abord, le quartier n'a pas besoin d'un hôtel de luxe et ensuite, la proposition ne respecte pas la trame urbaine du quartier. » poursuit Alice Guéricolas-Gagné, autrice et résidente de Saint-Roch. Elle ajoute : « Qui plus est, la Ville devrait exiger l'inclusion de 20% de logement social, communautaire et coopératif, c'est-à-dire sans but lucratif, dans toutes les grandes constructions qui sortent de terre à Québec ».
Par ailleurs, Saint-Roch est un îlot de chaleur. Dans le contexte des changements climatiques, il est impératif d'y accroître radicalement la canopée, qui était de 15% en 2020, la plus basse de la ville après Saint-Jean Baptiste (13%). Qui plus est, la circulation automobile est déjà problématique dans le quartier et affecte la qualité de l'air, le secteur de l'îlot Dorchester est congestionné aux heures de pointe. Comment peut-on en venir à penser qu'il est raisonnable d'y ajouter 550 cases de stationnements ? La mobilité doit être réfléchie autrement dans un des coins de la ville les mieux desservis par les transports en commun et comptant déjà bon nombre de stationnements souterrains.
La coalition Dorchester regroupe principalement des résident·es de Saint-Roch, mais aussi des citoyen·nes de Saint-Jean Baptiste et d'ailleurs au centre-ville, qui fréquentent Saint-Roch ou qui y travaillent. Les démarches de la coalition sont appuyées par des centaines de membres de la communauté, dont le milieu de vie sera affecté par le développement de l'îlot Dorchester. Rappelons que le milieu de vie est un déterminant majeur de la santé des individus et des communautés.
L'Engrenage Saint-Roch, ayant été au coeur des démarches de consultations citoyennes en amont plan particulier d'urbanisme (PPU) pour ce secteur, soutient le travail de la coalition Dorchester pour contribuer à ce que les préoccupations citoyennes soient entendues et supporter l'amélioration de la qualité de vie dans le quartier pour ceux et celles qui l'habitent, le fréquentent ou y travaillent.
Pétition contre la construction d'une tour de 20 étages à l'Îlot Dorchester
Analyse du projet Trudel Corporation et préoccupations citoyennes
Vidéo de la conférence de presse du 3 février 2025
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Manifestation contre le retour de l’austérité
À Québec
Le 20 février prochain, dans le cadre de notre campagne Ils s'enrichissent, on s'appauvrit, nous allons manifester contre un retour à l'austérité budgétaire.
À quelques semaines du dépôt du budget du Québec, il faut absolument s'opposer au retour à l'austérité budgétaire. L'austérité consiste à couper dans toutes les dépenses de l'État sans égard aux besoins de la population. Le gouvernement Legault affirme que ces coupures sont nécessaires en faisant référence au déficit budgétaire. Or, ce dernier est grandement dû aux politiques irresponsables du gouvernement Legault qui a accordé de généreuses réductions d'impôt aux plus riches, subventionné des événements sportifs et financé des grandes entreprises telles que Northvolt, plutôt que de conserver ses marges de manœuvre pour soutenir les missions les plus essentielles de l'État.
On voit déjà les impacts du retour à l'austérité dans de nombreux domaines. Rapport des projets de rénovations dans nos écoles, suspension des achats de livres dans les bibliothèques scolaires, coupures dans les services de francisation, compressions de 1,5G$ en santé et ce n'est que le début. Le prochain budget pourrait faire très mal à nos services publics.
Joignez-vous à nous pour envoyer un message fort au gouvernement Legault que nous n'acceptons pas qu'il saccage les services publics et les programmes sociaux. L'accès et la qualité de ceux-ci sont directement menacés ! Halte à l'austérité !
La manifestation sera suivie d'un panel sur les impacts potentiels d'une nouvelle vague d'austérité sur nos services publics, nos programmes sociaux et nos conditions de vie.
11h45 - Rassemblement devant l'Assemblée nationale
12h00 - Départ de la manifestation
13h00 - Arrivée au Centre Lucien Borne (Cafés et collations gratuites)
13h15 - Panel sur les impacts de l'austérité
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Répondre à Donald Trump par un projet démocratique populaire pour le Canada
Un appel à la gauche canadienne pour qu'elle relève le défi de construire un projet démocratique populaire viable à l'échelle nationale, La réaction fracturée et contradictoire des élites politiques et économiques canadiennes à la décision de Donald Trump d'imposer des droits de douane de 25 % sur les importations canadiennes et de faire du Canada le 51e État des États-Unis a révélé la faiblesse du tissu social du pays. Les liens ténus qui unissaient autrefois les différentes nations, régions et provinces du Canada, et qui lui donnaient une certaine cohérence, ont été effilochés par des décennies de réformes néolibérales.
2 février 2025 | tiré de Canadian Dimension | Photo par Dru !/Flickr
À une certaine époque, par exemple, les élites canadiennes pouvaient se targuer d'un système de soins de santé universel relativement robuste comme source de légitimité nationale et, incidemment, comme point de différenciation par rapport aux États-Unis. Aujourd'hui, nous voyons des systèmes de soins de santé partout au pays poussés au bord de l'effondrement, prêts à être privatisés et livrés aux géants du Canada.
Superficiellement, cette faiblesse a été confirmée par un récent sondage qui indiquait un déclin général de l'« attachement profond » et de la « fierté » au Canada. Fait intéressant, l'étude a également révélé que les Canadiens plus âgés et plus riches étaient plus susceptibles de professer leur fierté à l'égard du Canada, tandis que l'inverse était vrai pour les Canadiens plus pauvres et plus jeunes. Cela met en évidence le fait qu'un plus grand nombre de Canadiens se sentent exclus de la communauté nationale et que ce sentiment a une dimension de classe sociale visible ainsi qu'une dimension générationnelle interdépendante.
Les difficultés que rencontrent les partis politiques au pouvoir au Canada et ses élites économiques pour tenter de bricoler une réponse aux différentes menaces de Trump, après avoir tenté de l'amadouer par des concessions, suggèrent qu'ils n'ont pas les ressources hégémoniques nationales pour affronter ses menaces de front de manière unifiée et cohérente. Cela peut être contrasté avec la réponse beaucoup plus conflictuelle du Mexique contre toute politique punitive promulguée par l'administration Trump. Le Mexique, soit dit en passant, est dirigé par une présidente de gauche, Claudia Scheinbaum, qui bénéficie d'un solide soutien de l'ensemble des classes populaires de ce pays.
Quoi qu'il en soit, les défis et les contradictions auxquels les élites canadiennes seront confrontées en tentant d'apaiser ou de confronter Trump dans les semaines, les mois et les années à venir offriront des opportunités aux progressistes canadiens, y compris aux socialistes. Il ouvrira un espace pour l'articulation d'un projet démocratique populaire à l'échelle nationale en opposition à la domination américaine croissante ainsi qu'aux élites politiques et économiques dociles du Canada.
S'engager dans un tel projet pourrait, bien sûr, générer un malaise chez les socialistes canadiens, car il mettrait en lumière la question du nationalisme, et les socialistes ont historiquement eu une relation ambivalente, voire antagoniste, avec la nation et le nationalisme. Le nationalisme est perçu comme allant à l'encontre de l'engagement du socialisme en faveur de l'internationalisme et de la solidarité de la classe ouvrière au-delà des frontières. De plus, les conceptions de l'élite du nationalisme canadien ont en fait contredit les valeurs socialistes. D'une part, le nationalisme canadien multiculturel moderne articulé par Trudeau père dans les années 1970, qui prédominait jusqu'à récemment, cherchait à rendre invisible le projet colonial de peuplement du pays, à subvertir les revendications québécoises à l'autodétermination et à subsumer la lutte des classes en centrant le citoyen individuel. De plus, les manifestations du convoi de 2022 ont revigoré le principal concurrent du nationalisme multiculturel : les conceptions plus régressives de la nation canadienne, alimentées par des théories du complot et une haine obsessionnelle de Trudeau fils. Dans certains cas, elle se manifeste paradoxalement par une allégeance à Trump. Ce sont ces variantes plus réactionnaires du nationalisme qui semblent bénéficier de l'aliénation croissante de cette dernière forme, comme en témoigne le soutien croissant au Parti conservateur de Pierre Poilievre parmi les électeurs plus jeunes et de la classe ouvrière.
Malgré ces développements, le Canada demeure une entité politique importante, et les socialistes canadiens se rendraient service, ainsi qu'à la gauche internationale en général, en laissant son terrain incontesté. La catastrophe climatique qui se déroule, les inégalités croissantes, la désintégration du filet de sécurité sociale du pays et la montée de forces politiques profondément réactionnaires mais de plus en plus viables au pays et à l'étranger font en sorte qu'il est impératif pour les socialistes canadiens d'élaborer des stratégies pour commencer à défier de manière substantielle les élites canadiennes à l'échelle nationale. Cela soulève néanmoins la question de savoir si un projet démocratique populaire à l'échelle nationale doit être articulé en termes explicitement nationalistes de gauche qui rivalisent avec les variantes multiculturelles et réactionnaires du nationalisme canadien pour ses symboles. Bien que la concurrence pour des symboles concrets tels que le drapeau et des notions de bon sens telles que la « décence canadienne » puisse aider à rallier des forces sociales plus centristes et même de gauche – dans le mouvement syndical, par exemple – à un projet démocratique populaire, ces mêmes symboles et tropes ont également été utilisés pour opprimer et réduire au silence d'autres forces sociales.
Au risque d'éluder ce dilemme, il est peut-être préférable de ne pas prédéterminer le degré d'intégration des symboles nationaux existants dans un projet démocratique populaire renouvelé. La meilleure façon de résoudre ces questions est de le faire dans la pratique. Il est toutefois utile de trouver des principes et des critères dans les écrits plus journalistiques de Karl Marx et de Friedrich Engels sur le nationalisme qui pourraient aider à orienter la gauche et à négocier ce dilemme dans l'élaboration d'un projet démocratique populaire. En examinant si les mouvements nationalistes de leur époque méritaient d'être soutenus, ils ont évalué dans quelle mesure ces mouvements articulaient des positions de réciprocité internationale entre les nations ainsi que leur engagement envers des programmes de réforme sociale. À la lumière de ces deux critères, un projet démocratique populaire renouvelé devrait s'aligner sur les revendications autochtones et québécoises d'autodétermination, tout comme il devrait défier l'impérialisme canadien à l'étranger. De plus, il devrait au moins chercher à améliorer les conditions sociales et à élargir qualitativement la participation politique.
Principes directeurs pour l'élaboration d'un projet démocratique populaire
L'une des faiblesses attribuées à la gauche socialiste a été son incapacité à comprendre pleinement et à lutter contre les forces politiques nationalistes. Cette faiblesse a été attribuée en partie à l'affirmation souvent répétée que Marx et Engels n'ont pas réussi à développer une conception satisfaisante de la nation et du nationalisme. En effet, certains de leurs écrits suggèrent que la nation et le sentiment d'appartenance nationale se dissiperaient avec l'intégration et la modernisation des marchés mondiaux ainsi que l'avancée de la lutte des classes. Ce qui est souvent négligé lorsque l'on discute de cette question, cependant, ce sont leurs comptes rendus plus journalistiques et donc stratégiquement prescriptifs du nationalisme. En effet, Mike Davis a soutenu que ces articles constituent leur « théorie perdue » du nationalisme. Pris dans leur ensemble, ces écrits peuvent fournir des indications sur la façon de commencer à articuler un projet politique démocratique populaire national, sinon nécessairement nationaliste, qui peut être mis en contraste avec les récits plus exclusifs et chauvins actuellement proposés.
Dans ses Nationalismes réellement existants, Erica Benner explique que dans leurs articles journalistiques écrits dans un registre stratégique, Marx et Engels n'ont pas mis en avant une conception substantielle et historique de la nation. Il s'agissait plutôt d'une médiatisation et d'une orientation vers l'avenir, dans laquelle différentes classes sociales rivalisaient pour transmettre leurs propres aspirations à la nation. Par conséquent, pour eux, la nation elle-même pourrait être imprégnée d'aspirations démocratiques populaires tout comme elle pourrait être imprégnée d'aspirations machistes. Il est important de noter, selon Benner, qu'ils insistaient également sur le fait que les conceptions démocratiques populaires de la nation ne pouvaient pas être voulues par des idées. Au lieu de cela, les partisans d'une telle conception devraient affronter un terrain façonné par les rapports de force du capitalisme qui étaient favorables aux conceptions étatistes et/ou chauvines de la nation concordant avec les intérêts des classes dominantes, qu'elles soient bourgeoises ou aristocratiques. Par conséquent, pour affronter les conceptions réactionnaires de la nation, il fallait défier et travailler sur les relations de pouvoir, les arrangements politiques et les symboles existants.
De plus, Marx et Engels ont mis l'accent sur la dimension relationnelle et internationaliste des conceptions démocratiques populaires de la lutte nationale. Dans le Manifeste communiste, ils soutenaient que « la lutte du prolétariat contre la bourgeoisie est d'abord une lutte nationale. Le prolétariat de chaque pays doit, bien entendu, régler d'abord les choses avec sa propre bourgeoisie. Ils insistaient néanmoins sur le fait que les fins de telles luttes n'avaient pas besoin d'être étroitement nationalistes.
Étant donné que le capitalisme opère à l'échelle internationale à l'intérieur et au-delà des frontières nationales, la lutte des classes dans un État aurait un impact sur les luttes dans d'autres. Par exemple, dans un discours prononcé devant des chartistes anglais sur l'insurrection polonaise de 1830 contre l'Empire russe, Marx a expliqué que « la Pologne doit être libérée non pas en Pologne mais en Angleterre. C'est pourquoi vous, chartistes, ne devez pas vous contenter d'exprimer des vœux pieux pour la libération des nations. Vainquez vos propres ennemis intérieurs et vous pourrez alors vous enorgueillir d'avoir vaincu toute l'ancienne société. Il s'agissait donc d'un compte rendu relationnel qui mettait l'accent sur l'interrelation entre l'exploitation de classe et la domination nationale dans l'économie capitaliste mondiale.
Il y avait bien sûr beaucoup de lacunes dans ce que Marx et Engels ont écrit sur la nation et le nationalisme, que je n'aborderai pas ici. Malgré ces limites, cependant, des critères utiles pour évaluer et construire des mouvements politiques contemporains peuvent être dégagés de leurs écrits sur la question nationale. Pour Benner, l'un de ces critères est la réciprocité internationale. Pour être clair, ils se référaient généralement à l'oppression de certaines nations par d'autres au sein d'entités souveraines uniques, qu'il s'agisse d'empires ou d'États, même si, pour eux, le concept de réciprocité ne s'arrêtait pas aux frontières de ces entités. À un niveau très fondamental, Marx et Engels soutenaient que l'oppression d'une nation par une autre était due aux relations sociales capitalistes internes d'une formation sociale. L'oppression nationale en tant que telle n'était pas due à une volonté abstraite de domination, mais plutôt à des relations de classe qui poussaient structurellement certaines nations à en opprimer d'autres et rendaient d'autres nations vulnérables à l'oppression. Ils ont en outre soutenu que l'oppression nationale était importante pour contribuer au pouvoir des régimes réactionnaires dans les nations oppressives en fournissant à ces régimes de la plus-value, d'une part, mais aussi en les ancrant dans des alliances internationales composées de forces sociales réactionnaires. Ces forces sociales, selon eux, pourraient ainsi se soutenir mutuellement pour écraser les mouvements qui cherchaient à lutter contre l'exploitation de classe dans les nations oppressives et/ou à résister à l'oppression nationale. C'est pourquoi Engels a affirmé qu'une « nation ne peut pas devenir libre et en même temps continuer à opprimer les autres nations ». Ils ont donc évalué les causes nationalistes sur la base de savoir si elles cherchaient à libérer tous les peuples de l'exploitation de classe et de toutes les formes d'oppression, y compris l'oppression nationale, ou si elles étaient plus étroitement axées sur l'affirmation de conceptions exclusives de la nation ainsi que sur l'indépendance purement formelle.
Un deuxième critère que l'on peut distiller des écrits de Marx et d'Engels, selon Benner, est la réforme sociale. Étant donné que les racines structurelles de l'oppression nationale se trouvent dans les divisions de classe générées par le capitalisme, l'oppression nationale et l'exploitation de classe ne pourraient pas prendre fin sans s'attaquer à ces mêmes divisions. Par exemple, pour Marx et Engels, la libération nationale n'était pas seulement une question d'expulser les oppresseurs nationaux, mais aussi une question de transformer les conditions mêmes qui poussent à l'oppression nationale en premier lieu. Bien que l'expulsion des oppresseurs nationaux soit un objectif louable en soi, l'indépendance formelle n'impliquait pas automatiquement la liberté totale de l'oppression et de l'exploitation tant que les relations sociales capitalistes restaient en place. De plus, la persistance de ces relations rendrait une nation vulnérable à une oppression future. Pour eux, la modification de ces conditions impliquait donc une transformation sociale à la fois dans les États oppresseurs et opprimés en améliorant les conditions sociales et en élargissant la participation politique. De plus, l'articulation d'un projet réformiste en tant que programme intermédiaire pourrait aider un tel projet à recueillir une large base de soutien parmi les forces sociales telles que les syndicats et les mouvements sociaux, ainsi qu'à développer des alliances internationales avec des mouvements partageant les mêmes idées dans le cadre d'un programme de transition visant à une transformation économique et sociale substantielle.
Le président Donald Trump signe des décrets dans le Bureau ovale. Photo reproduite avec l'aimable autorisation de la Maison-Blanche/X.
Réciprocité internationale et réforme sociale dans le contexte canadien
Ce qui ressort de ces écrits, ce sont des principes qui peuvent aider à guider le développement d'un projet démocratique populaire à l'échelle nationale au Canada, compte tenu de la question épineuse de la position complexe du pays. Premièrement, le Canada peut être considéré comme subordonné à l'État impérial et au capital américains. Cela ne signifie pas que l'État canadien et ses fractions dirigeantes du capital sont dominés ou opprimés par les États-Unis contre leur propre volonté, ni que ces acteurs canadiens sont incapables de poursuivre leurs propres intérêts impériaux. En effet, l'État canadien et ses fractions de classe dirigeante ont été des participants disposés à contribuer au projet de l'Empire américain à la fois au pays et à l'étranger, qu'il s'agisse de mettre en œuvre l'austérité néolibérale à l'intérieur du pays ou de promouvoir le libéralisme commercial par le biais de projets comme la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) à l'époque de l'hégémonie américaine de l'après-guerre froide. plus récemment, en rejoignant les États-Unis dans leur tentative de contenir et de concurrencer la République populaire de Chine sur les plans économique et géopolitique. Ce que cette subordination implique, c'est plutôt qu'il y a des limites à la réalisation de projets de réforme sociale intérieure ou à la poursuite d'une politique étrangère indépendante qui irait à l'encontre des intérêts impériaux américains. Néanmoins, cette subordination pourrait certainement prendre une forme plus coercitive au cours du second mandat de Trump si son gouvernement optait pour cette voie.
Deuxièmement, le Canada peut être considéré comme une nation oppressive à la fois sur le plan national, sous la forme de l'oppression nationale, et sur le plan international, sous la forme de l'impérialisme. Le projet colonial de peuplement en cours du Canada, centré sur la contestation et le déni des revendications territoriales autochtones afin d'accéder aux ressources naturelles par le biais de projets tels que les pipelines Trans-Mountain et Coastal GasLink, ainsi que son administration de la vie autochtone par le biais de la Loi sur les Indiens paternaliste (1985), le placent dans une relation d'oppression nationale avec les nations autochtones. En même temps, l'histoire du Canada anglais, avec les Canadiens français en général et les Québécois francophones plus étroitement, constitue un deuxième axe d'oppression nationale intérieure. De même, d'un point de vue international, les élites politiques canadiennes ont participé activement à la promotion des intérêts de l'empire américain qui sont largement congruents avec les leurs dans des forums tels que l'Organisation des États américains (OEA), en plus de promouvoir les intérêts économiques des capitaux miniers et d'investissement canadiens en Amérique latine et en Afrique. Il y a un débat sur la façon d'analyser ou de nommer le rôle du Canada en tant que nation oppressive à l'étranger, mais certains chercheurs le décrivent comme un impérialisme secondaire.
Par conséquent, l'élaboration d'un projet démocratique populaire renouvelé exigerait de concilier la dynamique combinée de subordination du Canada à l'Empire américain, d'oppression nationale interne et d'impérialisme à l'étranger avec les critères de réforme sociale et de réciprocité internationale de Marx et Engels. Dans ce contexte, il est important de souligner à nouveau l'argument selon lequel l'oppression nationale et l'impérialisme sont largement structurellement propulsés par des divisions de classe au sein des formations sociales. Tout le monde au Canada n'a pas bénéficié de la même manière de la subordination du pays aux impératifs de l'empire américain au cours des dernières décennies. En fait, cette position subalterne a surtout profité à différentes fractions du capital canadien ainsi qu'à des fractions du capital étranger qui exerçait des activités au Canada. Cependant, les conséquences de cette subordination ont été très inégales pour les classes subordonnées d'un point de vue matériel et très préjudiciables d'un point de vue politique par rapport à la politique de gauche.
Bien que certains segments de la classe ouvrière canadienne aient parfois bénéficié des prix élevés des produits de base, d'autres, en particulier ceux associés au secteur manufacturier, ont été touchés négativement ou de manière négligeable. En outre, les salaires réels sont restés largement stagnants au cours des dernières décennies, avec une forte variabilité entre les secteurs. Il est important de noter que, lorsqu'il s'agit du poids politique et de l'orientation du travail, il est important de noter que les taux de syndicalisation dans le secteur privé ont considérablement diminué depuis le début des années 1980, en particulier chez les hommes, ce qui les a rendus plus ouverts aux discours réactionnaires et au recrutement par les partis conservateurs.
Compte tenu de cette dynamique, l'articulation d'un projet démocratique populaire centré sur la réforme sociale qui cherche à améliorer substantiellement les conditions sociales mettrait à l'épreuve le pouvoir des fractions canadiennes et étrangères du capital opérant au Canada. Il élargirait également la portée des réformes sociales et politiques ainsi que la base politique de la résistance à la subordination continue du Canada dans le giron impérial américain. En d'autres termes, il fournirait une coalition plus robuste de forces sociales désireuses et capables de résister à la domination coercitive proposée par Trump. La contestation des capitaux nationaux et étrangers à l'intérieur du pays donnerait également plus de marge de manœuvre pour élaborer une politique étrangère plus autonome, qui s'écarterait des priorités de l'empire américain ainsi que des intérêts impériaux du Canada. C'est là que les critères de la réforme sociale peuvent être liés à la réciprocité internationale, car la constitution d'une telle coalition nécessiterait des coalitions et des alliances fortes au niveau national et international.
Par exemple, soutenir les revendications d'autodétermination des Autochtones au sein du Canada conformément aux critères de réciprocité internationale mettrait également à l'épreuve les intérêts du capital minier et financier canadien. Toute possibilité de transformation sociale et politique sera sévèrement limitée tant que le capital canadien sera en mesure d'extraire des ressources naturelles sous le couvert du projet colonial de peuplement de l'État canadien. Le capital minier et financier canadien a joué un rôle central dans l'adoption de politiques néolibérales ainsi que dans l'affaiblissement de la qualité et du fonctionnement de la démocratie libérale au niveau fédéral et dans toutes les provinces. La remise en question de ces fractions de capital à l'échelle nationale aurait également une incidence sur le rôle impérial du Canada, car ces groupes comprennent souvent les mêmes entreprises, ou ont des liens étroits avec elles, qui exercent leurs activités en Amérique latine et en Afrique. Cela donnerait lieu à une solidarité avec les nations autochtones situées au Canada ainsi qu'avec les mouvements sociaux d'Amérique latine et d'Afrique qui luttent contre ces fractions du capital canadien dans leur propre pays.
En termes de réciprocité internationale avec le Québec, les projets de réforme sociale substantielle dans la province nécessiteront également l'absorption de fractions du capital qui y opèrent ainsi que dans le reste du pays. Comme le soutiennent Andrea Levy et André Frappier, un tel projet impliquerait non seulement la transformation de l'État provincial québécois, mais aussi de l'État fédéral canadien. Le mouvement de libération nationale au Québec devrait regarder au-delà d'une perspective nationaliste étroite et se joindre aux forces politiques du reste du Canada ainsi qu'aux nations autochtones pour construire une alliance anti-impérialiste qui remettrait en question le rôle impérialiste de l'État canadien au pays et à l'étranger. De manière critique, comme le soulignent Frappier et Levy, une telle alliance devrait reposer sur une reconnaissance mutuelle du droit à l'autodétermination nationale.
Les projets démocratiques populaires et le contexte canadien
Historiquement, il y a eu des tentatives d'affirmer des conceptions démocratiques populaires de la nation, généralement présentées comme un nationalisme de gauche. Par exemple, dans son Manifeste de Regina de 1933, la Fédération du Commonwealth coopératif (FCC) a soutenu que son objectif était d'établir un Commonwealth coopératif qui permettrait « une véritable autonomie gouvernementale, fondée sur l'égalité économique ». Bien qu'il ait affirmé qu'il ne voulait pas interférer avec les « droits culturels » des minorités, il a également appelé à donner au gouvernement national plus de pouvoir pour contrôler le développement économique national. Cet accent mis sur la centralisation du pouvoir entre les mains du gouvernement fédéral et du développement économique a placé la CCF ainsi que son successeur, le NPD, dans une relation difficile avec l'aspiration des Québécois à l'autodétermination. De plus, les gouvernements provinciaux de la CCF et du NPD ont souvent poursuivi des programmes d'extraction des ressources et de modernisation économique qui ont favorisé le projet colonial de peuplement en relation avec les nations autochtones. Il suffit de regarder, par exemple, la confrontation entre le gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique et les nations autochtones au sujet du projet de barrage hydroélectrique du site C qui a inondé leurs territoires traditionnels. On peut donc dire que la conception sociale-démocrate prédominante du nationalisme de gauche canadien a fait défaut en ce qui concerne la réciprocité internationale au Canada.
Lorsqu'il s'agit des critères de réforme sociale, les réalisations législatives des gouvernements de la CCF et du NPD au niveau provincial ne doivent pas être rejetées sommairement. En fait, c'est un gouvernement de la CCF de la Saskatchewan qui a mis sur pied le premier régime d'assurance-maladie public complet du pays en 1961, ce qui, bien sûr, a joué un rôle non négligeable dans l'adoption ultérieure de la Loi canadienne sur la santé par le gouvernement fédéral. Un autre exemple de réforme sociale importante est le gouvernement néo-démocrate de Dave Barrett en Colombie-Britannique (1972-1975) qui a accordé aux employés du secteur public tous les droits de négociation, augmenté le salaire minimum ainsi que les taux d'aide sociale, entre autres choses. Il est également important de se rappeler qu'il y a des membres du NPD partout au pays qui participent à des mouvements sociaux communautaires dans leurs communautés ainsi qu'à des syndicats. Cela dit, il n'est pas clair dans quelle mesure les sections fédérales du parti ou provinciales restent engagées dans un programme substantiel de réforme sociale qui mettrait considérablement à l'épreuve les intérêts des fractions canadiennes et étrangères du capital. À tout le moins, il n'est pas controversé d'affirmer que le NPD s'est depuis longtemps écarté des engagements en faveur de la réforme sociale décrits dans le Manifeste de Regina de la CCF.
De plus, bien que Jagmeet Singh ait appelé à une réponse plus conflictuelle aux diverses menaces de Trump que celle offerte par le gouvernement fédéral jusqu'à présent, un premier ministre provincial du NPD a demandé au gouvernement fédéral d'augmenter ses dépenses militaires plus rapidement pour atteindre son objectif de l'OTAN dans le but d'apaiser le nouveau président. En somme, le NPD ne s'est pas trop différencié des autres partis politiques du Canada sur la façon de réagir à Trump. Compte tenu de cela et de la timidité des programmes législatifs de ses différentes sections à travers le pays, nous devons nous demander si le NPD, tel qu'il est actuellement constitué, serait disposé ou capable de développer et de diriger un projet démocratique populaire bénéficiant d'un large soutien pour faire face aux menaces posées par la nouvelle administration présidentielle américaine ainsi que pour faire face à de telles menaces telles que la catastrophe climatique en cours. l'inégalité croissante des revenus, ou la crise du logement au Canada et ailleurs.
Il y a eu plusieurs interventions historiques au sein du NPD qui ont cherché à l'orienter dans une dimension démocratique plus populaire. Peut-être que l'itération la plus significative du nationalisme de gauche au Canada anglais qui mérite d'être mentionnée a émergé avec le Waffle, la fraction de gauche organisée au sein du NPD qui a été formée à la fin des années 1960 et a duré jusque dans les années 1970. Fait important, le Waffle considérait le Canada comme étant sous la domination impériale des États-Unis. Son manifeste (1969) affirmait que : « La question majeure de notre époque n'est pas l'unité nationale mais la survie nationale, et la menace fondamentale est externe, et non interne. » Dans ce contexte, il soutenait que le socialisme était la seule voie pour poursuivre l'indépendance du pays vis-à-vis de l'Empire américain. Le manifeste expliquait que « le nationalisme canadien est une force pertinente sur laquelle s'appuyer dans la mesure où il est anti-impérialiste ». De plus, le Waffle a reconnu haut et fort le droit du Québec à l'autodétermination, ce qui a mené à une confrontation avec la direction du parti.
En plus de son engagement déclaré à l'égard d'une réforme sociale substantielle, la reconnaissance par le Waffle du droit du Québec à l'autodétermination démontre qu'il est conscient de la nécessité d'intégrer la réciprocité internationale dans son projet « nationaliste de gauche » lorsqu'il s'agit de projets nationaux au Canada. Cependant, comme certains de ses propres dirigeants l'ont reconnu plus tard, il est resté largement silencieux lorsqu'il s'est agi des questions autochtones et a négligé la façon dont le Canada lui-même a pu être dominé économiquement par les États-Unis tout en contribuant et en bénéficiant du projet impérial américain à l'étranger, en particulier en Amérique latine. En d'autres termes, son anti-impérialisme était largement dirigé contre l'empire américain et présentait le Canada comme une victime de l'oppression sans tenir pleinement compte de la façon dont l'État canadien lui-même a participé à l'oppression nationale à l'échelle nationale par rapport aux nations autochtones et à l'impérialisme à l'étranger.
La New Politics Initiative (NPI) du début des années 2000 peut peut-être être considérée comme une deuxième tentative de faire évoluer le NPD dans une direction démocratique plus populaire. Contrairement à la Gaufre, le NPI n'a pas été conçu comme un projet nationaliste explicitement de gauche. Il s'agissait toutefois d'une tentative d'articuler une sorte de projet démocratique populaire. Dans le cadre du « processus de renouvellement » du NPD de cette période, les partisans du NPI cherchent à mettre fin à la dérive du NPD vers le centre. Le NPI a également cherché à exploiter la montée du mouvement anti-mondialisation naissant de l'époque pour le reconnecter avec les mouvements sociaux de base en mettant l'accent sur l'importance de « l'activisme pour le changement social et de la démocratie participative ». Il a promu un programme de réformes sociales qui, entre autres choses, promettait de réinvestir dans les services publics et de faire face au « pouvoir accru des entreprises ».
En ce qui a trait à la réciprocité internationale, l'IPN a été très directe dans la reconnaissance du droit du Québec à l'autodétermination ainsi que de son droit d'administrer ses propres programmes sociaux. En ce qui concerne l'autodétermination des Autochtones, l'un de ses documents de travail a fait référence à la nécessité d'obtenir « justice pour les Premières Nations », mais la question ne semblait pas être une priorité clé. De plus, ses documents étaient assez muets sur la question de l'impérialisme canadien. D'une manière qui était cohérente avec la politique anti-mondialisation de l'époque, il mettait l'accent sur le rôle des institutions intergouvernementales comme l'OMC et le FMI dans la promotion du « capitalisme d'entreprise mondial » tout en reconnaissant le rôle des États individuels dans leur établissement. Cependant, malgré l'appel à l'« internationalisme radical », il n'y a aucune mention spécifique du rôle de l'impérialisme canadien dans la promotion de ce programme ainsi que de ses activités impérialistes à l'étranger. En fin de compte, malgré tous les efforts de ses partisans, l'initiative du NPI a été rejetée par les délégués lors d'un congrès spécial du NPD en 2001.
Le fait que le NPD s'éloigne d'une réforme sociale substantielle et d'une réciprocité internationale suggère que, à lui seul, le parti ne s'engagera pas unilatéralement dans un projet démocratique populaire. De plus, les expériences du Waffle et de l'INP indiquent qu'essayer d'articuler un tel projet uniquement par l'intermédiaire du NPD en le transformant de l'intérieur se solderait probablement par une défaite. Néanmoins, un projet démocratique populaire, qu'il implique ou non la création d'une alternative politique au NPD, devrait trouver un moyen de s'engager de manière constructive avec le parti et, plus important encore, avec ses militants de base à travers le pays. Pour le meilleur ou pour le pire, le NPD demeure l'une des rares forces progressistes, avec les syndicats, à disposer d'une infrastructure organisationnelle pancanadienne.
Ces expériences passées soulèvent la question difficile de savoir à quoi pourrait ressembler concrètement un projet démocratique populaire dans la conjoncture actuelle et quelles premières mesures tangibles pourraient être prises pour construire un tel projet. Pour commencer, il pourrait être utile d'aborder ce qu'un tel projet pourrait être ou non. Il est préférable de concevoir un tel projet comme une orientation stratégique plutôt que comme un programme défini de politiques devant être mis en œuvre par un acteur politique prédéterminé (tel qu'un nouveau parti politique). Cette orientation pourrait servir de point de ralliement stratégique pour fédérer les progressistes et les socialistes à travers le pays, qui pourraient ensuite élaborer un projet commun visant à remettre en question les structures de pouvoir municipales, provinciales et nationales sur la base des principes directeurs de la réciprocité internationale et des réformes sociales substantielles. Il n'aurait pas besoin au départ de l'approbation formelle d'organisations entières, telles que les syndicats et les ONG, mais pour être viable, le projet devrait finalement attirer des militants de tous les mouvements sociaux, syndicats et partis politiques existants.
L'organisation d'une réunion ou d'une série de réunions centrées sur la construction d'un projet démocratique populaire à l'échelle nationale pourrait constituer un premier pas réalisable. Il y a un précédent relativement récent ici sous la forme des rencontres qui ont eu lieu à travers le pays en amont du Forum social des peuples à Ottawa en 2014 et qui a réuni des représentants de la gauche québécoise, de la gauche du Canada anglais et des nations autochtones. Pour être clair, ces rencontres n'ont pas abouti à l'articulation d'un projet de démocratie populaire pancanadien en termes de programme concret et d'institutions formelles pérennes. Cependant, la détérioration continue des conditions sociales, économiques et politiques au Canada ainsi que les menaces émanant des États-Unis depuis lors pourraient signifier qu'il y a plus d'appétit pour un projet aussi formel et durable. Les discussions sur la forme institutionnelle spécifique que devrait prendre un projet de démocratie populaire – par exemple, si un tel projet serait parlementaire en plus d'être extraparlementaire, ou s'il nécessiterait la création d'un nouveau parti politique – pourraient être débattues et décidées dans le cadre d'une telle initiative.
Conclusion
La gauche canadienne se trouve au bord du précipice : à moins qu'elle ne relève le défi de construire un projet démocratique populaire viable à l'échelle nationale, elle continuera de s'affaiblir face à des forces réactionnaires nationales et internationales de plus en plus puissantes. S'il opte pour la seconde, il ne pourra pas continuer à compter sur les protections juridiques formelles de la démocratie libérale, aussi limitées soient-elles, tant elles continuent d'être sapées. La réalité, c'est que bon nombre des fonctions de base du système politique canadien reposent sur des conventions non écrites, et que des normes intra-élites le rendent particulièrement vulnérable à une droite canadienne de plus en plus sans scrupules et autoritaire. Les conditions de la lutte des mouvements sociaux (protections juridiques, par exemple) au niveau local à travers le pays continueront donc à se détériorer, tout comme les conditions sociales, politiques et économiques continueront de se détériorer. De plus, le Canada serait ainsi rendu de plus en plus vulnérable au genre de menaces lancées par Trump ces derniers mois.
L'idée de construire un nouveau projet de démocratie populaire à l'échelle nationale peut susciter une certaine réticence chez les progressistes et les socialistes canadiens, pour qui elle pourrait évoquer des formes plus réactionnaires de nationalisme qui sont liées au projet colonial de peuplement du pays. Cependant, il n'est pas nécessaire qu'un projet démocratique populaire soit conçu comme un projet nationaliste d'une manière qui répète les erreurs du passé, ni qu'il s'attaque à des symboles nationaux existants qui sont exclusifs ou compromis de manière globale. Un projet démocratique populaire guidé par la réforme sociale et la réciprocité internationale peut s'aligner sur les revendications d'autodétermination nationale des Québécois et des Autochtones, tout comme il peut être anti-impérialiste. Un tel projet peut et doit être aligné sur les valeurs socialistes.
Marcel Nelson est professeur de sciences politiques au Collège Sheridan, en Ontario.
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Tarifs et assurance-emploi : « Ne rien faire serait une grave erreur » selon le Conseil National des Chômeurs et Chômeuses
Montréal, le 5 février 2025 – Le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) invite le gouvernement fédéral à agir pour que le programme d'assurance-emploi permette aux travailleurs et travailleuses de faire face aux conséquences de la guerre tarifaire avec les États-Unis, malgré le sursis annoncé lundi.
« On ne peut pas entrer dans des situations économiques difficiles sans avoir un système d'assurance emploi qui est juste, équitable et adapté aux réalités du XXIe siècle. Les travailleurs et travailleuses ont besoin de mieux, dès maintenant. Peu importe la suite des événements, avec les incertitudes, il faut vraiment solidifier notre filet social », a déclaré Selma Lavoie, co-porte-parole du CNC.
Le Conseil national des chômeurs et chômeuses considère que le gouvernement doit avoir appris sa leçon de la pandémie et des feux de forêts et mette en place des mécanismes permettant de répondre à des situations de crise qui continueront d'émerger au cours des prochaines années.
« Le système a échoué à la première semaine de la COVID-19. On ne peut pas se fier au système actuel. Et Donald Trump est encore plus imprévisible qu'une pandémie. Le gouvernement a donc le devoir de procéder à une réforme pour rendre le programme plus juste, mais aussi plus robuste et capable d'affronter les prochaines tempêtes, se basant sur les mesures temporaires de la pandémie. Ne rien faire serait une grave erreur », a déclaré Milan Bernard, co-porte-parole du CNC.
Le CNC est aussi déçu de la résignation exprimée par le Premier ministre du Québec, François Legault, qui a cavalièrement suggéré de mettre en place un programme de requalification pour les travailleurs et travailleuses qui perdraient leur emploi. Si le CNC considère qu'il est urgent que les gouvernements agissent pour préparer la transformation vers une économie durable, ces initiatives, qui doivent être sincèrement écologiques, ne peuvent et ne doivent pas remplacer le nécessaire filet social assurant la dignité des citoyens et citoyennes. Elles ne peuvent forcer qui que ce soit à quitter sa profession, sa région et son mode de vie, ni abandonner des secteurs névralgiques de l'économie québécoise.
Enfin, le CNC souhaite également démontrer sa pleine solidarité envers les victimes de l'administration Trump, notamment les membres de la diversité sexuelle et ceux et celles issus de l'immigration.
À propos du CNC :
Fondé en 2005, le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) est la force organisée de défense et de promotion des droits des chômeurs et chômeuses, et plus largement des travailleurs et travailleuses. Il rassemble une dizaine d'organismes locaux et régionaux se voulant des acteurs proactifs pour une réforme globale du programme de l'assurance-emploi.
Þ Pour en savoir plus : www.lecnc.com
Source : Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC)
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Personne n’est illégale ! Solidarité sans frontières dénonce la violence étatique envers les personnes migrantes et appelle à la solidarité
8 février 2025, Montréal - Solidarité sans frontières dénonce la violence croissante de l'État envers les personnes migrantes aux États Unis, mais aussi au Canada et au Québec, et appelle à la solidarité. Plusieurs migrant-e-s qui s'impliquent dans le réseau ont pris la parole lors d'une conférence de presse aujourd'hui.
« Je souhaite aujourd'hui envoyer un message de solidarité envers nos frères et sœurs migrantes aux États Unis, qui subissent un traitement inhumain. Ils ont dû quitter leur pays de force, souvent par la faute de l'impérialisme mis en place par les Etats-Unis eux-mêmes. Il est inhumain de détenir ces personnes, et de les déporter. Au nom de Solidarité sans
frontières, je souhaite exprimer ma solidarité aux personnes migrantes des États-Unis ; aux personnes sans papiers qui ont peur de se faire attraper ; aux familles qui sont séparées ; aux détenus de Guantanamo ; et à toutes les personnes qui cherchent la dignité. Les sans papiers ne sont pas illégaux ; personne n'est illégal, ni aux États-Unis, ni ici. », a déclaré
Cristian.
« Nous exigeons que le Canada se retire immédiatement de l'Entente sur les tiers pays sûrs avec les Etats.-Unis.. Les Etats.-Unis. ne sont pas un pays sûr pour les personnes migrantes. Nous dénonçons la décision du Canada d'accroître la surveillance policière à la frontière en réponse aux pressions de Trump. Cela ne fait que rendre la frontière encore plus dangereuse. La semaine dernière, une autre personne est décédée ; les migrants sont devenus déshumanisés au point que son nom n'a même pas été annoncé. Ouvrez les frontières ! » a continué Hady Anne.
« Nous demandons que les politiciens cessent de nous utiliser comme des boucs émissaires. Les sans-papiers ne sont pas la cause des crises de logement ni du coût de la vie. Les sans-papiers sommes parmi les plus durement touchés, les plus exploités, et souffrirons le plus d'une autre crise économique, » a proclamé Samira Jasmin.
« Les sans-papiers sont privés de soins et vivent dans la peur et le doute, séparés de leur proches. Leurs enfants, à qui ils ont promis une vie meilleure, sont plus vulnérables. Lorsqu'ils se pointent pour un travail, on leur demande un permis de travail. Sans compter les procédures bureaucratiques et souvent longues pour avoir un statut, qui parfois
n'aboutissent à rien, bien que ces immigrants aient passé de longues années au Canada et soient venus avec un statut légal, tel un permis de travail fermé, » a continué Yasser.
« C'est pourquoi la promesse non tenue de Justin Trudeau
<https://www.pm.gc.ca/fr/lettres-de-...>
et de Marc Miller pour un programme de régularisation massif est plus pertinente que jamais. La régularisation des personnes sans papiers est très importante ici, aux États unis et partout au monde. Le bon moment pour lancer un programme de régularisation massif, sans exception ni discrimination, c'est maintenant, » a déclaré Farid.
« Nous voyons la violence envers les migrant-e-s augmenter à travers le continent. Pour cette raison, nous rappelons que la Ville de Montréal a déclaré en 2017 que Montréal est une ville sanctuaire. Cela ne s'est jamais concrétisé, jusqu'à ce jour. Nous demandons encore une fois à la mairesse de Montréal, Valérie Plante, de créer une véritable ville sanctuaire à Montréal pour protéger les personnes sans papiers. Les gens ne devraient
pas avoir à cacher leur visage, et tout le monde devrait avoir accès aux services de la ville ! C'est également primordial de couper les liens entre la police et l'ASFC. » a poursuivi Yassine.
« Dans le contexte actuel, nous appelons à la solidarité et à l'entraide entre toutes les personnes aux premières lignes des crises économiques - migrant-e-s ou pas- au Québec, au Canada, aux États-Unis, au Mexique et ailleurs dans le monde. Nous réclamons la dignité et le respect pour tout le monde : une cité sans frontières solidaire, » a dit Samira Jasmin.
« Le monde appartient à toute l'humanité, et nous méritons tous et toutes d'avoir la paix et la stabilité, sans discrimination de race, de couleur de peau, d'origine, de conditions physique, etc. Le statut ne devrait jamais être un privilège, obtenu au mérite, mais plutôt un droit, un acquis. » a conclu Bénédicte Carole Zé.
Source : Solidarité sans frontières
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Le 8 mars, signez et marchez pour un avenir juste et égalitaire pour toutes !
Le collectif 8 mars joint sa voix aux messages politiques de la CQMMF afin de converger vers une société basé sur les valeurs féministes.
Le 8 mars, nous serons en action pour dénoncer ensemble :
🔥 Les violences envers les filles et les femmes
🔥 La pauvreté qui représente une violence systémique
🔥 Le capitalisme destructeur du climat et de la biodiversité
Signez cette lettre du Collectif 8 mars qui appuie nos orientations.
Pour sogner la pétition cliquez ici
Nous sommes des femmes et des personnes alliées de toutes les générations, origines, milieux et régions du Québec combattant pour un monde meilleur et plus égalitaire.
En cette Journée internationale des droits des femmes, nous appuyons le lancement des actions entourant la Marche mondiale des femmes (MMF). Ce mouvement féministe international lutte contre les violences, les inégalités économiques et les injustices sociales. Depuis 25 ans, la MMF mobilise des centaines de milliers de personnes à travers le monde pour exiger des changements profonds et durables.
Au Québec, le 18 octobre prochain, au lendemain de la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté, nous marcherons pour un monde où les droits des femmes ne sont pas un privilège, mais bien une réalité. Nous marcherons avec une force collective, portée par trois grandes orientations :
1. La fin des violences faites aux femmes
En 2023, au Québec, près d'une femme sur trois a déclaré avoir subi de la violence physique ou psychologique au cours de sa vie[1]. Tous les deux jours, une femme ou une fille est assassinée au Canada, le plus souvent par un partenaire ou un ex-conjoint[2]. Ailleurs dans le monde, les femmes font aussi face à différentes formes de violences. Par exemple, dans des contextes de guerre ou d'urgence climatique, une femme réfugiée sur cinq est confrontée à des violences sexuelles. Dans plusieurs pays, de l'Afghanistan aux États-Unis, les droits des femmes régressent sans cesse. Cette réalité est insoutenable. Il faut des politiques fermes et des ressources accessibles pour mettre fin à ces fléaux.
2. L'éradication de la pauvreté vécue par les femmes
Les femmes représentent 70 % des personnes vivant dans la pauvreté à travers le monde[3]. Ici, au Québec, elles continuent d'être majoritaires dans les emplois précaires et sous-payés. Au Canada, en 2024, une femme gagne encore en moyenne 71 % du salaire annuel d'un homme. Cet écart s'élargit pour les femmes racisées, les femmes autochtones et les femmes en situation de handicap [4]. Cela doit cesser. Nous exigeons des mesures pour garantir une réelle sécurité économique à toutes les personnes.
3. La justice climatique et environnementale féministe
Les femmes, surtout les plus vulnérables, sont les premières touchées par les changements climatiques. Dans le monde, 80 % des personnes déplacées par des catastrophes climatiques sont des femmes [5]. Pourtant, elles sont souvent exclues des décisions concernant l'environnement. À la conférence sur le climat des Nations Unies en novembre 2024, seulement 24 % des personnes à la tête des délégations étaient des femmes [6] . Nous exigeons une transition écologique féministe et inclusive.
Se mettre en action pour la Marche mondiale des femmes, ce n'est pas seulement être présent-es une journée. C'est s'engager dans une lutte. C'est mobiliser notre entourage, interpeller nos élu-es, exiger des changements réels et immédiats.
Références :
[1] D'après les statistiques sur la violence conjugale de l'Institut national de santé publique du Québec.
[2] Selon une étude du « Canadian Femicide Observatory for Justice and Accountability » menée en 2018 et relayée par Radio-Canada en 2019.
[3] Selon les repères statistiques du Haut Conseil à l'égalité entre les hommes et les femmes de France.
[4] Selon la compilation de données sur l'écart de rémunération entre les genres de la Fondation canadienne des femmes.
[5] Selon l'article de l'ONUinfo intitulé « Les femmes sont les premières victimes de la crise climatique, selon la COP26 ».
[6] Selon les chiffres de l'organisation Gender Climate Tracker.
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Interroger Pornhub
À vous, député.e.s le moment est venu d'interroger Pornhub sur sa responsabilité sociale envers les jeunes
Dans le cadre de la Commission spéciale sur les écrans et réseaux sociaux, vous rencontrerez les dirigeants de Pornhub et aurez l'occasion d'avoir un échange transparent avec leurs représentants. Si nous avions l'occasion d'être à vos côtés, voici ce que nous demanderions.
À la suite des nombreux recours collectifs et scandales liés à la présence de contenus pédopornographiques, de viols et de vidéos partagés de façon non consensuelle, vous avez annoncé avoir modifié le fonctionnement de votre plateforme web en supprimant 80 % des contenus jugés illégaux et en mettant en place des mesures de contrôle de l'identité des utilisateurs téléversant du contenu pornographique. Aylo a d'ailleurs précisé dans un courriel adressé à La Presse que ces mesures incluent un programme de vérification utilisant la reconnaissance faciale biométrique afin de confirmer l'identité du fournisseur de chaque vidéo téléversée et une vérification du consentement de chaque personne que la compagnie appelle des « coperformeurs ».
Est-il juste d'affirmer que le consentement des « coperformeurs » ne sont pas soumis à la même rigueur de vérification de reconnaissance faciale ? Est-il juste d'affirmer que le processus de vérification repose en grande partie sur la documentation fournie par la personne qui téléverse le contenu et que celle-ci pourrait être falsifiée ou manipulée par une personne mal intentionnée ? Pouvez-vous expliquer comment le consentement de chaque individu, chaque « coperformeur », apparaissant dans les vidéos est garanti, et pas seulement celui de la personne qui télécharge la vidéo ?
Dans la vaste enquête de Laila Mickelwait ayant mis les projecteurs sur le laxisme de Pornhub en matière de gestion de contenu pédopornographique, plusieurs victimes ont rapporté des délais importants pour faire retirer des vidéos, même après avoir fourni des preuves. On y apprenait également que le nombre de modérateurs était nettement insuffisant pour traiter efficacement le volume de contenu téléchargé. Aujourd'hui, comment fonctionne votre processus de signalement et quel est le temps moyen nécessaire pour supprimer les contenus illicites une fois signalés ? Combien de modérateurs avez-vous engagés pour traiter efficacement le volume de contenu téléchargé ?
Tout comme les entreprises de vente d'alcool et de produits du tabac ou encore les entreprises qui vendent des produits liés à la sexualité, communément appelés sexshop, ont la responsabilité de s'assurer qu'elles ne vendent pas ce type de produits aux jeunes, vous avez la responsabilité de prévenir l'accès des mineurs à des contenus pornographiques. Estimez-vous prendre des mesures aussi rigoureuses que ces entreprises pour restreindre l'accès à vos contenus ? Concrètement, quelles mesures mettez-vous en place pour empêcher l'accès des mineurs à votre plateforme ? Étant donné que vous utilisez déjà un processus de vérification de reconnaissance biométrique pour les personnes qui téléversent des vidéos sur Pornhub, pourquoi ne pas l'appliquer à tous les utilisateurs, consommateurs, du site afin de garantir que l'accès au contenu pornographique soit restreint aux adultes uniquement ?
Finalement, nous aimerions demander aux représentants de Pornhub ce qu'ils pensent des effets de la consommation d'une pornographie qui normalise et banalise trop souvent les violences faites aux femmes sur les jeunes. Estiment-ils qu'une exposition répétée à ces vidéos pourraient façonner et influencer leur développement psychosexuel ?
Signataires
Sophie Cengarle-Samak (chargée de projet aux Espaces V.I.E. et enseignante)
Martine B. Côté, doctorante en Droit
Jay Dionne, survivant.e. et militant.e. féministe
Noémie Villecourt, survivante d'exploitation sexuelle et maman
Jennie-Laure Sully, organisatrice communautaire à la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES)
Julie Antoine, coordonnatrice générale de la Coalition Féministe contre la Violence envers les Femmes (CFVF)
Marie Soleil Desrosiers, intervenante liaison au CALACS de Trois-Rivières
Marie-Michèle Withlock, intervenante au CALACS Agression Estrie
Stacey Caceus, co-fondatrice Amistad PIR
Corinne Vézeau, coordonnatrice de projet à la Maison de Marthe
Sylvie Brunelle, militante féministe
Judith Sasseville, sexologue
Joannie Lasnier, militante féministe
Virginie Dostie-Toupin
Anne-Josée Péloquin, directrice adjointe de La Méridienne
Le collectif Asian Women for Equality
Bailaou Diallo, coordonnatrice Un toit pour elles
Maude Dessureault-Pelletier, M.A. T.S., Intervenante sociale en exploitation sexuelle, CALACS du Saguenay ;
Christine Audet, Responsable des luttes collectives et de la vie associative, CALACS du Saguenay
Geneviève Villeneuve, Agente administrative, CALACS du Saguenay
Virginie Tremblay, Intervenante sociale, CALACS du Saguenay
Sabrina Gobeil, Intervenante sociale, CALACS du Saguenay ;
Naomie Couture, T.T.S., Intervenante sociale, CALACS du Saguenay ;
Joannie Desbiens Dionne, T.S. Responsable du volet prévention et concertation, CALACS du Saguenay ;
Gabrielle Perron, T.S. Intervenante sociale, CALACS du Saguenay ;
Julie Durand, T.S., intervenante sociale, CALACS du Saguenay ;
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François Noudelmann, Peut-on encore sauver la vérité ?
Tiré de la page web
https://www.fabula.org/actualites/125571/francois-noudelmann-peut-on-encore-sauver-la-verite.html
Paris, Max Milo, coll. "Voix libres", 2024
EAN : 9782315022656
218 pages
Prix : 19,90 EUR
Suggestion de lecture d'André Cloutier
Publié le 06 Février 2025 par Faculté des lettres - Université de Lausanne (Source : Bruno Clément)
François Noudelmann, qui enseigne dans les universités américaines depuis vingt-cinq ans, est frappé par la nouvelle pratique du mensonge en politique, et en particulier depuis l'élection de Donald Trump en 2016. Les contre-vérités sont diffusées comme des « faits alternatifs » : à chacun son interprétation. Nous serions entrés dans l'ère de la post-vérité, porte ouverte aux fake news et aux manipulations les plus grossières.
Le but de cet essai est de retracer le chemin qui a mené à ce relativisme depuis une quarantaine d'années : le règne du storytelling, l'empire de l'émotion, la politique des identités, l'idéologie victimaire, la cancel culture, la déconstruction philosophique, l'autofiction et l'exofiction, la virtualisation du monde par l'intelligence artificielle… ont démoli la raison occidentale.
Pour sauver la vérité et la positivité des faits, François Noudelmann explore dans cet essai d'autres voies particulièrement instructives et novatrices, comme l'indignation devant le mensonge ainsi que l'alliance du doute et de la révolte, qui permettent de croire encore à un langage commun.
François Noudelmann vit à New York. Il est professeur de philosophie et de littérature à New York University. Ancien président du Collège international de philosophie, il est l'auteur de nombreux essais, traduits dans une douzaine de langues. Il a notamment publié : Le toucher des philosophes. Sartre, Nietzsche et Barthes au piano (Gallimard, 2008, grand prix des Muses 2009), Les airs de famille ; une philosophie des affinités (Gallimard, 2012), Le génie du mensonge (Max Milo, 2015), Penser avec les oreilles (Max Milo, 2019), Un tout autre Sartre (Gallimard, 2020).
Url de référence :
https://maxmilo.com/products/peut-on-encore-sauver-la-verite?srsltid=AfmBOopADeS6TweTyFZGod-az9BjPWcTwTHOh0-KAhlS2mNJRrEAe5Jd
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Problèmes sociaux et interventions sociales
Sous la direction de
Simon Lapierre , Isabelle Côté , Michèle Frenette
Avec la collaboration de
Collaborateurs
Collection
Résumé
Qu'impliquent les notions de « contrôle » et de « coercition » pour les victimes de violence conjugale ? Comment changer de paradigme afin de considérer cette problématique à travers le prisme de la « privation de liberté » et non seulement sous l'angle de la « sécurité » des victimes ?
La conceptualisation du contrôle coercitif a été l'une des avancées les plus importantes dans le domaine de la violence conjugale. Elle permet ainsi de s'éloigner de l'accent mis sur les incidents « uniques » ou « isolés ». Néanmoins, très peu d'écrits sur le contrôle coercitif sont proposés en français. Cet ouvrage cherche à pallier ce manque.
Il aborde, d'une part, les avancées conceptuelles. Pour ce faire, il s'appuie sur des résultats de recherche ainsi que sur les écrits les plus récents dans diverses disciplines, incluant le travail social, le droit, la sociologie, la criminologie et les études féministes et de genre. D'autre part, il met de l'avant l'intégration de ce concept dans les lois, les politiques et les pratiques de divers secteurs. Bien que les contextes québécois et canadien soient privilégiés, les développements sur la scène internationale sont également abordés.
Contrôle coercitif offre au lectorat des pistes de réflexion d'action pour les secteurs de la violence conjugale, du droit et de la protection de la jeunesse.
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De plus en plus de milieux humides détruits et la solution du Ministère n’est pas la bonne
Deux sujets touchent directement les rivières : un affaiblissement de la crédibilité du BAPE et un assouplissement au programme de compensation des milieux humides et hydriques.
Juste avant Noël, le ministre de l'Environnement a déposé un important projet de loi omnibus dont les 178 modifications techniques pourraient avoir des impacts importants sur la protection de l'environnement. Deux sujets touchent directement les rivières : un affaiblissement de la crédibilité du BAPE et un assouplissement au programme de compensation des milieux humides et hydriques.
Sous prétexte d'accélérer la réalisation des projets énergétiques, le projet de loi 81 permettra au ministre d'autoriser un promoteur à réaliser des travaux pour un projet qui n'a pas encore été autorisé par le BAPE. En quoi l'audience d'un BAPE sera crédible si des pépines sont en train de déboiser des forêts ou de creuser des routes ?
Une destruction qui a presque triplé en 4 ans
Le 29 janvier, nous avons pu exposer notre point de vue au ministre de l'Environnement, Benoit Charette, en commission parlementaire. On lui a rappelé que la destruction de milieux humides et hydriques a presque triplé depuis 2020, passant de 75 ha à près de 200 ha par an et que seulement 30 ha ont été restaurés sur les 760 ha détruits.
C'est ce qu'on peut constater à la lumière de notre analyse détaillée de toutes les données disponibles sur le programme de restauration des milieux humides et hydriques entre août 2017 et février 2024. Cette analyse est complète et publique et La Presse en a fait un bon résumé.
Nos recommandations
Le système de compensation est brisé et le PL81 ne règlera pas le problème. Maëlle, Gabriel et moi, on y est donc allé de nos suggestions pour corriger le tir :
– Créer un répertoire public pour les lots disponibles à la restauration, notamment dans les zones à risque inondables.
– Exiger des compensations par travaux pour les destructions de milieux humides.
– Demander au Ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les Changements Climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) de mesurer et d'analyser la performance de ses actions d'évitement et de minimisation des impacts.
Consulter le mémoire
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Le groupe Non Merci, Pozzolan Dalhousie ! demande une évaluation d’impact environnemental fédérale pour le projet de mine à Dalhousie
Nouvelle (Québec), 10 février 2025. – Le 10 février 2025, le groupe citoyen Non merci, Pozzolan Dalhousie ! a envoyé une lettre (en pièce jointe) à Steven Guilbeault, ministre de l'Environnement et du Changement climatique,
Groupe de citoyen(ne)s gaspésien(ne)s
Nouvelle (Québec), 10 février 2025. – Le 10 février 2025, le groupe citoyen Non
merci, Pozzolan Dalhousie ! a envoyé une lettre (en pièce jointe) à Steven Guilbeault, ministre de l'Environnement et du Changement climatique, à Susan Holt, première ministre du Nouveau-Brunswick, à Justin Trudeau, premier ministre du Canada, à François Legault, premier ministre du Québec, à Manon Jeannotte, lieutenante-gouverneure du Québec, à Louise Imbeault, lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, à Mary Simon, gouverneure générale du Canada, et à tou(te)s les ministre(s) concerné(e)s aux niveaux fédéral et provincial, exprimant ses inquiétudes quant aux conséquences environnementales, sociales et économiques du projet de mine de pouzzolane à ciel ouvert de la société EcoRock et demandant qu'une évaluation d'impact fédérale soit réalisée.
Selon l'échéancier prévu par la société, une évaluation d'impact environnemental sera effectuée pour le Nouveau-Brunswick, mais pas pour le Québec. Or, l'éventuelle mine de pouzzolane se trouverait à moins de trois kilomètres des rives gaspésiennes. Pour le groupe citoyen, les répercussions sur le territoire de la Baie-des-Chaleurs seraient
inévitables.
D'ailleurs, on peut lire dans le rapport émis par EcoRock
<https://www.ecorock.com/_files/ugd/...> suivant la rencontre tenue à Carleton-sur-Mer le 29 septembre 2024 : « EcoRock a reconnu l'impact que le projet pourrait avoir sur la Baie-des-Chaleurs au niveau du terminal portuaire, du dragage et des sédiments qui devront être retirés, mais ne s'est pas prononcé sans équivoque sur les autres impacts possibles sur la Gaspésie. » Dans ce même rapport, on peut lire que la société insiste toutefois que « le gouvernement du Québec n'a pas de juridiction sur le projet, qui est régi par la réglementation du Nouveau-Brunswick ».
Plusieurs des conséquences potentielles du projet cadrent dans les effets négatifs relevant de compétence fédérale, tels qu'exposés dans les modifications proposées à la Loi sur l'évaluation d'impact en vue de la rendre conforme à la jurisprudence la plus récente. Ainsi, une telle évaluation d'impact permettrait de mettre en lumière les risques réels du projet pour l'ensemble des territoires touchés par celui-ci.
Avant d'être acheminée aux différentes personnes nommées plus haut, la lettre a été envoyée à de nombreux acteurs de la Baie-des-Chaleurs, entre autres, et a recueilli 139 signatures en date de l'envoi du présent communiqué, ce qui confirme l'inquiétude partagée au sein de la population relativement à ce projet.
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Sur la transition socio-écologique juste et sur l’avenir énergétique du Québec
Pour faire suite au Chantier d'avenir du 23 janvier dernier qui portait sur la transition socioécologique juste et sur l'avenir énergétique du Québec, vous trouverez en cliquant sur l'icône ci-dessous la présentation Powerpoint qui a été faite lors de ce webinaire.
– Photo : Le malheur s'acharne sur les agriculteurs du Québec, Radio-Canada, 22 juin 2020.
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Nous marchons contre les guerres et le capitalisme, nous défendons la souveraineté des peuples et le Buen Vivir !
25 ans après le lancement de la Marche mondiale des femmes, cette année, en 2025, du 8 mars au 17 octobre, nous appelons les femmes des mouvements du monde entier à élever leur voix plus fort et plus fort contre les guerres et le capitalisme et pour la souveraineté des peuples et le buen vivir , en collaboration avec la Marche mondiale des femmes.
Tiré de Entre les lignes et les mots
Cette 6ème action internationale sera un moment de mobilisation globale et d'articulation aux niveaux local, régional et international. C'est le moment de rendre publiques et visibles les alternatives féministes, tout en rassemblant les femmes pour qu'elles partagent leurs idées, discutent des alternatives et construisent un internationalisme féministe de base.
Les quatre domaines d'action de la MMF en 2025 seront les suivants :
– Défendre les biens communs contre les entreprises transnationales
– Économie féministe basée sur la durabilité de la vie et la souveraineté alimentaire
– La fin de la violence contre les femmes, l'autonomie sur le corps et la sexualité
– Paix et démilitarisation
Symbole des actions de 2025 : Tente
Le symbole commun de la MMF en 2025 sera la tente qui représente non seulement le capitalisme du désastre, les guerres, les déplacements et les migrants, mais aussi un abri pour les peuples et la sagesse et la connaissance ancestrales dans de nombreuses cultures. En 2025, elle accueillera nos activités culturelles, nos débats et nos formations et sera décorée de nos symboles culturels, de nos logos et des symboles de nos luttes féministes.
18 février : Conférence de presse en prélude à la 6e action internationale
Le 18 février, Journée internationale de solidarité avec les femmes sahraouies, la MMF organisera un pré-lancement virtuel de sa 6ème action internationale. La diffusion en ligne annoncera le début des activités de la 6ème Action Internationale, prévue pour le 8 mars à Tindouf, Sahara Occidental.
Nous invitons toutes les femmes en mouvement du monde entier à se joindre à nous pour le pré-lancement de la6èmeaction internationale que nous avons organisée avec l'Union Nationale des Femmes Sahraouies à l'occasion de la Journée Internationale de Solidarité avec les Femmes Sahraouies.
8 mars, début de l'action internationale
La 6ème Action Internationale débutera au Sahara Occidental le 8 mars avec des marches et actions simultanées dans le monde entier. Les 4 jours d'activités à Tindouf se dérouleront dans la « Khayma », tente sahraouie, représentant la lutte de libération du peuple sahraoui. Vous pouvez trouver le livret sur le Sahara Occidental ici.
30 mars, Journée de la Terre de Palestine
La MMF appelle les ONC à organiser des activités le 30 mars pour dénoncer le génocide et se tenir aux côtés des sœurs palestiniennes. Vous pouvez trouver la brochure sur la Palestine préparée par la région MENA ici.
Du 24 avril au Mayday : Semaine de solidarité féministe contre les entreprises transnationales
Du 24 avril au 1er mai, nous nous connecterons globalement à nos dénonciations, à nos alternatives, à notre force de femmes auto-organisées et nous articulerons les luttes locales et les résistances à notre mouvement international.
Bateau féministe pour la paix
Le Bateau Féministe pour la Paix en Méditerranée, cimetière de migrants et de réfugiés, reliera trois continents autour du bassin méditerranéen et sera accompagné d'une formation IFOS de 3 jours sur le bateau. Il naviguera de l'Algérie à la Turquie avec des escales en cours de route.
21 septembre, Journée mondiale de la paix
L'ONC du Népal accueillera, du 21 au 25 septembre, un rassemblement international réunissant des délégués des pays où se déroulent les 6e actions internationales. Les ONC devraient également mobiliser des ressources pour financer leurs délégués afin qu'ils apportent leurs symboles et les exposent dans une grande tente au Népal.
17 octobre, Action féministe de 24 heures contre le capitalisme et les guerres
Le 17 octobre est la date de clôture de l'action internationale. Les ONC sont invités à organiser des actions et des activités de midi à 13 heures dans tous les fuseaux horaires.
* Pour toute information ou question, vous pouvez contacter directement action2025@marchemondiale.org
Unissons-nous pour des économies féministes,
démilitarisons-nous pour la paix et
revendiquons l'autonomie de nos corps et de nos territoires !
https://marchemondiale.org/index.php/2025/02/03/appel-a-la-6e-action-internationale/?lang=fr
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Nous ferons les films que nous voulons | Livre à paraître : 25 fév.
Province de Québec, années 70 : des femmes cherchent à briser leur isolement, à contester l'ordre, à se rendre visibles et audibles, à choisir la vie qu'elles souhaitent mener. Une série révolutionnaire de films féministes incarnera leur soif et bouleversera des vies : la série En tant que femmes.
À l'occasion du *50e anniversaire** de **la Journée internationale des femmes* (lancée le 8 mars 1975) et du 50e anniversaire de la diffusion de la série, l'essai *Nous ferons les films que nous voulons** – ONF féministe (1971-1976)* paraîtra *en librairie le 25 février** prochain*.
L'auteur Olivier Ducharme y propose une plongée fascinante dans l'histoire de ces films et tire *un portrait unique des femmes québécoises de l'époque** et de leurs luttes*. Quand les enjeux d'hier résonnent encore aujourd'hui...
En partenariat avec la Cinémathèque québécoise, le film* Souris, tu m'inquiètes* (dans lequel on retrouve Micheline Lanctôt) sera projeté le 12 mars à l'occasion du lancement du livre au Café-Bar de la Cinémathèque (lancement à 17h, projection à 19h). Les autres films de la série *En tant que femmes* seront également projetés en mars (détails à venir le 12
février).
*À propos du livre*
Montréal, 1971. Nous sommes à l'Office national du film du Canada (ONF). Des femmes cinéastes, scénaristes, monteuses, actrices, productrices et camerawomans se réunissent. Un groupe est créé, et de ce groupe naît une série : En tant que femmes. Une série féministe révolutionnaire comportant six long-métrages (documentaires et fictions) produits de 1972 à 1975.
L'objectif ? Briser l'isolement. Contester les rôles imposés aux femmes. Rendre les femmes visibles et audibles en tant que femmes et non en tant que produit du regard masculin.
Tel un kaléidoscope, chacun des films traite de thèmes différents qui composent, une fois réunis, une image plurielle de l'identité des femmes québécoises du début des années 1970. Tous les films privilégient l'interrogation à l'affirmation : on ne dit pas aux femmes quoi faire, on les invite plutôt à remettre en question le monde dans lequel elles vivent.
La seule valeur revendiquée sera la liberté pour chaque femme de choisir la vie qu'elle souhaite mener.
Si ces films sont aujourd'hui tombés dans l'oubli, ils ont pourtant eu un fort impact en leur temps, comme en témoignent les centaines de lettres bouleversantes envoyées par des téléspectatrices après les projections.
C'est d'ailleurs un des grands mérites d'Olivier Ducharme que de nous replonger dans cette période de l'histoire tout en nous montrant à quel point certains enjeux d'hier résonnent encore aujourd'hui (solitude de la femme face à l'avortement et à la contraception, conciliation travail-famille, etc.).
Mobilisant habilement des témoignages et des archives surprenantes, *Nous ferons les films que nous voulons* renouvelle la forme traditionnelle de l'essai pour faire entendre des voix oubliées qui, pourtant, parlent au présent, à notre présent. Des voix dont la portée politique retentit toujours en 2025, 50 ans après leur première diffusion. Dans cette nouvelle chronique historique dont lui seul a le secret, Ducharme nous immerge ainsi
dans cette époque pas si lointaine où la place des femmes dans le cinéma, et plus largement dans la société québécoise, était loin d'être acquise.
*À propos de l'auteur*
Olivier Ducharme est analyste politique au Collectif pour un Québec sans pauvreté et essayiste. Il a publié, chez Écosociété, *À bout de patience* (2016), *Travaux forcés* (2018), *Ville contre automobiles* (2021) et *1972 : répression et dépossession politique* (2022).
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Amazon : fermeture des entrepôts, syndicat et citoyens unissent leurs forces
Montréal, 8 février 2025 – Amazon a officiellement fermé plusieurs de ses entrepôts au Québec, dont DXT4 et DXT5 à Laval ainsi que DXT6 et YUL2 dans l'ouest de Montréal. Face à ces fermetures, le Syndicat des travailleuses et travailleurs d'Amazon Laval (STTAL-CSN) et la campagne citoyenne « Ici, on boycotte Amazon » dénoncent le mépris de la multinationale envers ses employés et la population québécoise.
Depuis une semaine, le syndicat mobilise ses membres et les travailleurs touchés. Chaque matin, des militants distribuent des dépliants et échangent avec les employés aux entrées des entrepôts. De plus, un piquetage quotidien débutera le 9 février devant DXT4 à Laval. L'objectif : exiger une compensation d'un an et un soutien gratuit à la formation pour la requalification des travailleurs, tout en leur offrant une aide concrète pour accéder à la formation et trouver un nouvel emploi.
Parallèlement, la campagne « Ici, on boycotte Amazon » poursuit ses actions. Environ 30 000 dépliants ont déjà été distribués et des milliers d'affiches placardées dans la région de Montréal pour sensibiliser la population.
Malgré la pression croissante des citoyens, des syndicats, et les menaces chancelantes des gouvernements, Amazon maintient ses fermetures. En réaction, tant que les entrepôts seront fermés, la campagne réclame :
– L'arrêt total des activités d'Amazon au Québec, y compris via les
sous-traitants ;
– La saisie de ses actifs, incluant terrains et infrastructures ;
– Une compensation d'un an pour les travailleurs licenciés ;
– Un accès gratuit et complet à la formation pour leur requalification.
Les militants appellent à la solidarité pour défendre les travailleurs
touchés et exiger des comptes à la multinationale.
*Citations
*Louisa Worrell*, porte-parole de ‘Ici, on boycotte Amazon' :
« Je suis constamment sur le terrain et je le vois bien que la population est avec nous. Et je comprends pourquoi ! C'est devenu un enjeu de société : comment devrait-on réagir, quand une multinationale nous méprise de la sorte ? Pour moi, la réponse est simple. Même si je suis maman de deux jeunes enfants, je suis dehors tous les jours, en train d'appeler les gens dans la rue et dans le métro au boycott.
»
*Félix Trudeau*, président du STTAL-CSN :
« Nous sommes ici pour rester. Nous n'abandonnerons pas notre gagne-pain sans nous battre. Si Bezos pense se débarrasser de nous aussi facilement que ça, il se met le doigt dans l'œil. »
*Wesley Marceau*, vice-président du STTAL-CSN :
« Je sais que le Québec est avec nous, et on ne va pas s'excuser pour s'être syndiqué. Amazon dit qu'ils ferment pour raison économique, mais on sait tous que c'est faux. Ils veulent simplement éviter à tout prix que des travailleurs se syndiquent ici, parce que ça pourrait donner des idées aux autres en Amérique du Nord et partout dans le monde. »
*André-Philippe Doré*, porte-parole de ‘Ici, on boycotte Amazon' :
« Presque 5000 travailleurs à la rue d'un seul coup, on n'a presque jamais vu ça au Québec. Si ce n'est pas le plus gros licenciement collectif de l'histoire de notre province, c'est dans les plus gros. Et c'est symbolique. Les gouvernements du Québec et du Canada prouveront-ils qu'ils ont les intérêts de la population à cœur, en mettant la multinationale au pas ? Ou plieront-ils devant le milliardaire Jeff Bezos ? »
*À propos du Syndicat des Travailleuses et Travailleurs d'Amazon Laval (STTAL)* : Le STTAL regroupe les travailleurs et travailleuses de l'entrepôt DXT4 d'Amazon, à Laval. Il a été fondé en mai 2024. Il est le premier syndicat de la multinationale au Canada.
*À propos de la campagne ‘Ici, on boycotte Amazon'* : ‘Ici, on boycotte Amazon' est une campagne citoyenne créée en réaction à la fermeture des entrepôts d'Amazon au Québec. La campagne s'est alliée au STTAL afin de réclamer justice pour la population du Québec, dont les droits fondamentaux ont été bafoués.
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Comptes rendus de lecture du mardi 11 février 2025
Écrits de prison
Leonard Peltier
Traduit de l'anglais
Je me souviens d'avoir mentionné, il y a plusieurs années, lors d'une rencontre de famille, que si pénibles qu'aient été les injustices commises à l'endroit des Autochtones au Canada (et elles l'ont été), elles ne sont en rien comparables à celles qu'ils ont subies sur le territoire des États-Unis. Mon beau-frère Daniel, lecteur invétéré, était d'accord avec moi. Le cas de Leonard Peltier, emprisonné dans des conditions abominables pendant près de cinquante ans pour des crimes qu'il n'a pas commis en est, parmi d'autres, un exemple accablant. Ce prisonnier politique, condamné à la double perpétuité à l'issue d'un procès ignoble, nous révèle, dans ces écrits, l'ampleur de la haine et du racisme à l'endroit des Autochtones aux États-Unis. Et sa grandeur d'âme aussi ! Un bouquin déchirant, démystifiant, que l'on devrait mettre dans toutes les mains !
Extrait :
Ceci est la vingt-troisième année que je passe en prison pour un crime que je n'ai pas commis. J'ai un peu plus de cinquante-quatre ans aujourd'hui. Je suis donc ici depuis l'âge de 31 ans. L'espérance de vie d'un Indien étant de quarante-cinq ans aux États-Unis, on m'a dit que je devrais vivre deux vies, plus sept années pour voir le jour de ma libération, fixée en 2041. J'aurai alors quatre-vingt-dix-sept ans. Je ne crois pas que j'irais jusque là. Ma vie est une souffrance qui n'en finit pas.
Les chiens de garde
Paul Nizan
Paul Nizan a écrit cet essai d'une remarquable rigueur intellectuelle au début des années trente. « Les chiens de garde » est un virulent pamphlet à l'encontre des intellectuels de service, éternels défenseurs supposément neutres et pourtant intéressés de la minorité dominante. Si notre monde évolue souvent pour le mieux, « Les chiens de garde » nous décrit tout de même bien ces intellectuels d'autrefois, valets des nantis, qui, à bien des égards, ressemblent à de nombreux intellectuels d'aujourd'hui.
Extrait :
Il se peut en effet que les philosophes n'aient aucune intention claire de tromper. Il se peut même qu'ils croient sincèrement et efficacement aimer les hommes. Je ne pense pas que M. Lalande et ses confrères se réjouissent de l'esclavage économique et moral de la plus grande partie de l'humanité ; mais leur philosophie repose sur cet esclavage, l'accepte, et contribue finalement à son maintien. Les enseignements, les écrits de cette philosophie déçoivent en effet les esclaves et les égarent sur des voies où se dissipe leur révolte.
Les nouveaux chiens de garde
Serge Halimi
Paul Nizan avait écrit au début des années trente « Les chiens de garde », un virulent pamphlet à l'encontre des intellectuels de service, éternels défenseurs de la minorité dominante. Mais le monde a un peu changé. Plus de soixante ans plus tard, les nouveaux chiens de garde, selon Serge Halimi, ce sont les médias de masse. La presse écrite et audiovisuelle est aujourd'hui dominée par un journalisme de référence, nous explique-t-il, par des groupes industriels et financiers, par une pensée de marché, par des réseaux de connivence. Serge Halimi est surtout connu depuis les années 1970 pour ses remarquables analyses dans le Monde diplomatique. « Les nouveaux chiens de garde » nous ouvre les yeux sur ce que nous observons pourtant tous les jours...
Extrait :
En 1932, pour dénoncer le philosophe qui aimerait dissimuler sous un amas de grands concepts sa participation à l'"actualité impure de son temps", Paul Nizan écrivit un petit essai, "Les chiens de garde". De nos jours, les simulateurs disposent d'une maquilleuse et d'un micro plus souvent que d'une chaire. Metteurs en scène de la réalité sociale et politique, intérieure et extérieure ils les déforment l'une après l'autre. Ils servent les intérêts des maîtres du monde. Ils sont les nouveaux chiens de garde.
Lettres persanes
Montesquieu
J'ai acheté ce bouquin à vingt ans de la Bibliothèque de Smooth Rock Falls. J'en avais commencé la lecture, mais n'avais pas su la terminer. J'ai lu cette fois-ci avec beaucoup de plaisir cette correspondance fictive entre le seigneur persan Uzbek, en voyage en France, et ses proches. Elle compte 161 lettres échangées de 1711 à 1720, dans lesquelles cette figure majeure du siècle des Lumières qu'est Montesquieu nous entretient de nombreuses questions philosophiques et sociologiques et des mœurs et habitudes de plusieurs pays d'Europe et d'Asie, et principalement de la France. Un beau voyage dans le temps à la lumière des idéaux émancipateurs de l'époque.
Extrait :
Je vois bien ce que c'est, ô Troglodytes ! votre vertu commence à vous peser. Dans l'état où vous êtes, n'ayant point de chef, il faut que vous soyez vertueux, malgré vous ; sans cela vous ne sauriez subsister, et vous tomberiez dans le malheur de vos premiers pères. Mais ce joug vous paraît trop dur : vous aimez mieux être soumis à un prince, et obéir à ses lois, moins rigides que vos mœurs. Vous savez que pour lors vous pourrez contenter votre ambition, acquérir des richesses, et languir dans une lâche volupté ; et que, pourvu que vous évitiez de tomber dans les grands crimes, vous n'aurez pas besoin de la vertu. Il s'arrêta un moment, et ses larmes coulèrent plus que jamais. Et que prétendez-vous que je fasse ? Comment se peut-il que je commande quelque chose à un Troglodyte ? Voulez-vous qu'il fasse une action vertueuse parce que je la lui commande, lui qui la ferait tout de même sans moi, et par le seul penchant de la nature ? Ô Troglodytes ! je suis à la fin de mes jours, mon sang est glacé dans mes veines, je vais bientôt revoir vos sacrés aïeux : pourquoi voulez-vous que je les afflige, et que je sois obligé de leur dire que je vous ai laissés sous un autre joug que celui de la vertu ?

La FAE invite à s’élever contre l’austérité de Legault
Une cinquantaine d'enseignantes et d'enseignants membres des syndicats affiliés à la FAE ont bravé le froid, mardi matin, pour manifester contre la politique d'austérité que le gouvernement de François Legault tente de mettre en place dans le réseau des écoles publiques du Québec. La FAE appelle tous les acteurs du milieu de l'éducation ainsi que la population à s'élever contre cette politique.
Le gouvernement Legault a annoncé, quelques jours avant Noël, que les centres de services scolaires doivent couper 200 millions de dollars dans leur budget d'ici le 31 mars 2025. À cela s'ajoutent les 400 millions de dollars retranchés au budget d'entretien des bâtiments annoncés en juin 2024, en plus du démantèlement des services de francisation offerts dans les centres de services scolaires. Ainsi, en quelques mois à peine, le gouvernement Legault aura amputé plus de 600 millions de dollars au réseau des écoles publiques du Québec et économisé des millions de dollars avec d'autres mesures comme le gel d'embauche.
Par ailleurs, lors de sa mise à jour économique de novembre 2024, le ministre des Finances, Éric Girard, a annoncé des hausses de dépenses de programmes de 2,1 % pour l'année 2025-2026 et de 1,6 % pour l'année 2026-2027. Or, ces augmentations seront bien en deçà de la hausse des coûts de système qui était estimée à 7,3 % pour l'année 2024-2025. Certes, une variation des dépenses de 6,7 % l'an dernier (en excluant les sommes reportées), c'est une gestion tout en dent de scie et en inconstance que nous sert le gouvernement caquiste, mettant à mal la réalisation des missions éducatives.
Avec une dette de plus de 11 milliards de dollars à éponger et avec l'obligation de retourner à l'équilibre budgétaire en 2029-2030, le gouvernement Legault ne s'arrêtera pas là.
Quoi que le gouvernement Legault en dise, il est utopique de penser que ces coupes n'auront pas d'effets sur les élèves jeunes et adultes ainsi que sur les personnels scolaires. Le mémoire sur les consultations prébudgétaires 2025-2026 de la Fédération des centres de services scolaires du Québec démontre bien que l'interdépendance des services et des ressources repose sur un équilibre fragile et qu'il n'y a rien à couper sans créer un effet domino qui finira par affecter les élèves et les personnels scolaires.
« Le réseau des écoles publiques fait face à la plus grande désertion de personnel de son histoire. Devant les coupes actuelles qui affectent le moral de troupes déjà surchargées, comment ne pas craindre une plus grande désertion ? Pendant ce temps, où se trouve Bernard Drainville, le ministre de l'Éducation, pour protéger son réseau ? À quoi sert-il, sinon qu'à contribuer à accentuer le désengagement des acteurs et de la pénurie de personnel ? », ajoute madame Hubert.
La FAE demande au premier ministre Legault d'envisager d'autres solutions pour éponger le déficit. « Encore la semaine dernière, François Legault affirmait qu'il s'agissait d'un « effort » budgétaire à faire. Réveillons-nous ! Il est dans l'intérêt du Québec de ne pas commettre une seconde fois la même erreur. Ne scions pas à nouveau la branche sur laquelle les élèves et les personnels scolaires sont assis. Nous devons dresser un rempart afin de protéger des acquis durement gagnés par nos aînés et qui contribuent aujourd'hui à assurer le filet social québécois », souligne-t-elle.
Une question de choix budgétaires
Malgré ce que dit le premier ministre pour minimiser ces coupes, d'autres solutions existent, à commencer par cesser d'offrir des cadeaux empoisonnés qui privent le Québec de revenus, et par ricochet, de services. Par exemple, pour être réélu en 2022, monsieur Legault a promis des baisses d'impôts qui ont privé le Québec de 1,7 milliard de dollars par année depuis 2023. En uniformisant la taxe scolaire au taux le plus bas à partir de 2018, les gouvernements successifs ont privé le Québec de 6,5 milliards de dollars depuis 2019. Plus précisément, en juin 2024, le gouvernement annonçait qu'il devait, pour geler le taux de taxe scolaire à 3 % en moyenne et compenser cette perte de revenus, investir 150 millions de dollars supplémentaires. Cette somme équivaut à la construction d'une école toute neuve, mais en échange de quoi ? Pour permettre à certains contribuables, uniquement les propriétaires, de garder en moyenne 44 $ par année dans leurs poches.
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EC Montreal : Suspension sans raison
En pleine période négociations, une de nos membres les plus actives sur le comité d'organisation à EC Montreal vient d'être suspendue pour une durée indéterminée.
La partie patronale à refusé de dire ni à l'éducatrice, ni au Syndicat Général, la nature exacte des allégations portées contre elle, ont lui à empêché d'avoir un représentant syndical présent lors d'une rencontre disciplinaire, de plus, elle était déjà suspendue avant que cette rencontre ait même eu lieu.
Professeure d'Anglais et de Français à EC Montréal depuis déjà presque 8 ans, Mariella n'avais jamais reçu de mesures disciplinaires avant d'être active dans le comité d'organisation syndical mais depuis, ont lui a aussi déjà reproché formellement d'être en retard de seulement trois minutes suite à une panne de métro. Un autre de ses collègues, lui aussi actif dans le syndicat avait reçu le même blâme.
Il est évident que la *EC Montreal Language School* fait usage de représailles anti-syndicales, ce en plein milieu des négociations déjà entamées avec le Syndicat Général. Ils avaient aussi auparavant retiré de façon illégale des autocollants du syndicat dans l'école.
Nous mettons EC en demeure et planifions une action devant les locaux de l'établissement au courant de la semaine, (date exacte a déterminer) nous avons grand espoir d'obtenir un mandat de grève d'ici vendredi.
Pour plus d'informations visitez le site du local syndical
https://www.ecenglishschool.com
https://fr.syndicatgeneral.com/
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Éloge d’un fauteuil maudit
Montréal, le 3 février 2025. - Le collectif Cummings&Pifko présente "Éloge d'un fauteuil maudit", une exposition audacieuse et engagée qui propose une perspective inédite sur le fauteuil roulant, à travers des œuvres-installations en 2D et 3D. Accessible et inclusive, cette exposition incarne la pratique du « Crip art », une approche artistique novatrice et militante qui dénonce le capacitisme sous toutes ses formes.
Le Crip art : Un art pour penser et vivre autrement
Le Crip art est une pratique artistique profondément ancrée dans l'expérience vécue des personnes en situation de handicap. Il reflète un besoin de créer, penser, vivre et présenter l'Art autrement, tout en contestant les normes sociales et les oppressions liées au capacitisme.
Dans "Éloge d'un fauteuil maudit", le fauteuil roulant, souvent stigmatisé, devient un objet d'art porteur de récits intimes et collectifs. Chaque œuvre revisite cet objet sous des angles inattendus, interrogeant notre rapport au handicap et à la diversité capacitaire.
Une exposition inclusive et accessible
Toutes les œuvres sont conçues pour être accessibles à des publics ayant des capacités diversifiées, incarnant les valeurs d'inclusion chères au collectif. L'exposition propose un voyage à travers la grande et la petite histoire du fauteuil roulant, tout en rendant hommage à celles et ceux qui en font usage. Chaque œuvre comporte une zone d'outils technologiques inclusifs de communication (ZOTIC).
Un collectif né d'une rencontre artistique
Fondé en 2019, le collectif Cummings & Pifko est né d'une œuvre-installation unique, catalyseur de la fusion entre deux univers artistiques complémentaires :
● Sigmund Pifko, artiste multidisciplinaire, illustrateur, peintre, graphiste, adepte de l'art numérique et de la scénographie artistique. Doté d'une curiosité insatiable, il explore chaque sujet dans une optique de recherche-création.
● Gaëtane Cummings, artiste de la Diversité capacitaire, s'inspire de son vécu en fauteuil roulant pour transformer les expériences avilissantes liées au handicap en créations engagées. Elle mêle performance, documentaire, peinture, installation, art numérique, intervention et poésie pour faire de l'Art son espace de liberté et de dénonciation.
Informations pratiques
● Dates : 26 février au 11 mai 2025
● Vernissage : 08 mars 2025
● Lieu : Maison de la Culture St-Laurent, Centre d'exposition Lethbridge,
Bibliothèque du Boisé, 2727 Boul Thimens , H4R 1T4
Station de métro : Côte Vertu/Ligne orange, Autobus : 128 Nord, 171 Ouest, 121
et 126 Est
● Accessibilité : Exposition inclusive pour les publics de la Diversité capacitaire
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Infamie ou simulacre de condamnation ?
Les déboires de l'ancien Président, Nicolas Sarkozy, n'en finissent pas ! Jugé depuis le 6 janvier et jusqu'au 10 avril par le Tribunal de Paris pour corruption, recel de détournement de fonds publics, financement illégal de campagne et association de malfaiteurs, il est sous bracelet électronique.
De Paris, Omar HADDADOU
A force de s'abreuver cupidement et goulûment de la puissance de son pouvoir népotique et d'en faire un passe-droit contre la Loi, l'ex chef d'Etat, Nicolas Sarkozy, 70 ans, réfute de clore sa carrière politique tel un vulgaire justiciable. Un roturier de la Droite française, tombé de haut ! Lui qui, en 2005 en déplacement à Bobigny, en qualité de ministre de l'Intérieur, signait et persistait de « nettoyer la cité au Kärcher ! ».
Quel mépris à la personne humaine des quartiers défavorisés !
Anéanti, l'homme traine aujourd'hui sa déchéance politique comme un forçat son boulet. Débouté par la Cour de Cassation, il s'en prend à la Justice française et la menace par la saisine de la Cour européenne des Droits de l'Homme.
Factuellement, il demeure le seul Président français condamné, ce vendredi 7 février 2024, par le Parquet de Paris à porter un bracelet électronique dans « l'affaire des écoutes ». Un scandale politicofinancier sur fond d'un non-dit, à savoir la liquidation préméditée du leader libyen Mouammar Kadhafi et des témoins du sérail. L'opération aurait été ourdie par l'ex chef de l'Etat, un Philosophe notoirement islamophobe et quelques sbires.
Ce procès dans lequel Sarkozy est condamné à 1 an de prison ferme, va durer 4 mois au Tribunal de Paris. Hier, face à la présidente, Mme Nathalie Gavarino, le prévenu - accablé par les témoignages des responsables libyens faisant état d'un financement de sa campagne présidentielle - a nié en bloc tout versement pécuniaire libyen de sa 1ère campagne électorale de 2007.
A la barre, il déclare : « Je confirme que je n'ai reçu aucun financement libyen. Jamais ! Jamais ! Jamais, je n'ai reçu un centime de Kadhafi. Les innocents ont le droit de s'indigner ».
Furibond, il balaie d'un revers de main la rencontre avec le fils du dirigeant libyen, Seif El Islam : « Je ne l'ai jamais rencontré ni échangé avec lui. Ce ne sont que des ragots ».
Déployant son art de plaidoirie d'ancien Avocat maîtrisant le Droit, il défie la juge et bat en brèche les témoignages à charge des sept dignitaires libyens : « L'idée d'un virement de 50 millions d'euros qui ne laissent pas de trace, est une idée baroque ! Qu'est-ce que c'est ces gens-là ? Quelle est leur crédibilité ? 50 millions à Genève, ça n'a aucun sens. C'est même gênant pour la Justice française, que des gens racontent n'importe quoi ! » s'insurge-t-il.
Excédé, Sarkozy perd ses nerfs : « Je me défends depuis 3h30 sur des témoignages d'hurluberlus et je dois maintenant répondre sur des comptes Cactus de Monsieur Gaubert avec lequel je n'ai plus de rapport depuis 1995 et un compte de Monsieur Takieddine, c'est fort de café ».
Décidemment certains élus de la République nous rappellent fidèlement les Hold-Up du Western américain. Ils se partagent le magot et disparaissent dans la nature, chacun leur côté !
Les cols blancs de la Droite sévissent ainsi depuis des années. Leurs démêlés nauséabonds avec la Justice s'inscrivent dans la légitimé de dinosaures véreux, réhabilités avec suffisance !
Outre les 12 prévenus mis en cause dans cette sordide et avilissante entreprise, digne de la Camorra cilicienne, deux anciens Ministres, et non des moindres, de la même famille, Claude Guéant et Brice Hortefeux, sont soupçonnés d'avoir pris part à un « Pacte de Corruption ».
Une ignominie qui n'a pas empêcher Sarkozy de narguer le Peuple en s'adonnant à un footing, escorté par des gardes du corps.
D'où le déchaînement des réseaux sociaux : « Il mérite la prison sans ménagement de peine. Mais il a encore des amis très puissants qui le protègent » peut-on lire. « Sarko, prison à vie pour l'assassinat de Kadhafi ! ». « Nous avons été gouvernés par des voyous ! » écrit une citoyenne.
Nicolas Sarkozy avait touché le Graal de la notoriété à lui donner le tournis. Il se délectait du Pouvoir comme l'oiseau-mouche le nectar de la fleur. Futé comme un renard, il s'est édifié et consolidé un Empire relationnel à faire plier la République. Bourgeoisie française, puissants Industriels, patrons de médias, lui déroulaient le tapis rouge en pleine disgrâce. Brûlé par le feu de la culpabilité, il pond un ouvrage « Le temps des combats » pour le chevet de ses amis (es) intimes et promet de reprendre vie dans ses cendres, tel un Phénix.
Piégé par l'affront, Sarkozy ne se remettra pas de sitôt !
O.H
INFOLETTRE
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Ruée sur l’intelligence artificielle : une dangereuse illusion au service de la Big Tech
Les intelligences artificielles génératives, type ChatGPT, suscitent des investissements faramineux, dopés par des promesses délirantes. Elles renforcent le projet libertarien et technoféodal des milliardaires de la tech.
10 février 2025 | tiré de reporterre.net | Photo : Le japonais milliardaire Masayoshi Son, ami de Trump, lors d'un sommet « Transformer le business corporate grâce à l'intelligence artificielle » en février 2025. - © The Yomiuri Shimbun via AFP
https://reporterre.net/Ruee-sur-l-intelligence-artificielle-une-dangereuse-illusion-au-service-de-la-Big-Tech
La frénésie mondiale autour de l'intelligence artificielle (IA) générative n'est-elle qu'un vaste miroir aux alouettes ? Une hallucination collective autour d'une technologie largement surcotée, désastreuse écologiquement et qui ne profitera qu'à la Big Tech elle-même ? C'est la crainte soulevée par une partie des observateurs du secteur, au moment où la « course à l'IA » que se livrent les grandes puissances — au cœur des préoccupations du Sommet sur l'IA organisé les 10 et 11 février à Paris — atteint une intensité inédite.
Les IA génératives sont des algorithmes capables de générer des contenus, des images ou des textes notamment, à l'instar de ChatGPT. Avec des résultats certes impressionnants et inquiétants dans les domaines de l'éducation, militaire ou de la surveillance par exemple. Mais elles suscitent une surenchère d'annonces et d'investissements faramineux. À tel point que les alertes sur l'éclatement possible d'une bulle spéculative se sont multipliées en 2024, de la banque d'affaires Goldman Sachs à l'essayiste fin connaisseur du secteur Cory Doctorow.
« Beaucoup de gens se sont rués sur ces technologies sans les avoir évaluées, juste par peur de rater le coche dans un contexte de concurrence généralisée », commente Raja Chatila, professeur émérite d'intelligence artificielle, de robotique et d'éthique à Sorbonne Université.
L'IA, « planche de salut du capitalisme »
Ce qui nourrit cette spéculation, c'est d'abord la promesse que ces IA génératives sauvent une croissance économique en berne. Elles généreraient d'importants gains de productivité en libérant les salariés de tâches répétitives ou en traitant rapidement d'énormes quantités de données. Malgré quelques usages efficaces de cette technologie dans des secteurs bien spécifiques, les gains massifs peinent pourtant à se concrétiser et les annonces de croissance mirobolantes sont déjà relativisées et remises en question.
« Cette technologie apparaît comme une planche de salut du capitalisme, un peu comme le développement de l'informatique après le choc pétrolier dans les années 1970, dit Félix Tréguer, chercheur associé au Centre Internet et société du CNRS et membre de La Quadrature du Net. Pourtant, on retrouve le même paradoxe de Solow qu'à l'époque : les gains de productivité attendus ne sont pour l'instant pas observés en pratique. »
« Ces IA ont un intérêt économique pour optimiser certains mécanismes mais leur utilité est hautement exagérée. Elles peuvent rédiger des compte-rendus de réunion ou résumer des textes. Et encore, il faut vérifier derrière qu'il n'y a pas d'erreur », ajoute Raja Chatila.
« Leur utilité est hautement exagérée »
Le contraste colossal entre les sommes engagées et le peu de certitudes quant aux bénéfices attendus s'explique également par la puissance de conviction des multinationales du numérique. Pour développer ces IA particulièrement gourmandes en ressources, elles doivent lever des investissements toujours plus exorbitants. Et pour justifier cette fuite en avant, les géants de la Big Tech, Alphabet (Google), Microsoft, Meta (Facebook) ou Amazon en tête, possèdent une force de frappe inégalée pour déployer leur propagande.
« Ce sont eux qui fixent l'agenda. Eux que les gouvernements consultent pour comprendre ces sujets. Ils entretiennent la course dont ils sont les acteurs, ce qui leur permet de dominer encore davantage le marché », dit Raja Chatila.
Outil d'exploitation des travailleurs
La rationalité économique de ces acteurs peut aussi paraître plus évidente lorsque l'on élargit la focale. L'enjeu n'est peut-être pas tant la rentabilité immédiate des IA génératives que l'ancrage irréversible dans nos vies et dans le monde du travail d'outils numériques au service du capital.
« Cela correspond à un schéma ancien : la technologie se substitue au travail humain et transforme les rapports de force. L'informatisation des usines dans les années 1970 avait déjà entraîné une contestation sociale. Les travailleurs pointaient alors un sentiment de déqualification, de dépossession de l'outil de travail, par une technologie qui les pressurisait au lieu de les émanciper. On reproduit aujourd'hui les mêmes promesses technologiques », analyse Félix Tréguer. Sans compter les très nombreux travailleurs précaires exploités pour entraîner tous ces algorihmes « intelligents ».
Dans ce rapport de force social, l'IA servirait également à faire diversion en portant l'attention sur le futur, censé être amélioré par le progrès technique, assimilé au progrès tout court : « Toutes les promesses liées à l'IA sont une manière pour les élites de promettre des lendemains qui chantent, et donc de différer les concessions sociales et les réformes économiques », dit encore Félix Tréguer.
En matière de fantasmes sur l'avenir, la Big Tech va même très loin : l'IA générative est mobilisée pour annoncer l'advenue prochaine d'une « intelligence artificielle générale » (IAG). Autrement dit, le mythe d'une IA égalant le cerveau humain, puis le surpassant en devenant une « super intelligence » dont les capacités dépasseraient notre entendement.
Nouvelle religion technoféodale
Sam Altman, PDG d'OpenAI, le concepteur de ChatGPT, prédit rien de moins que l'avènement de l'IAG dès cette année. D'autres prophètes, comme Elon Musk, apparaissent presque timorés en annonçant sa survenue pour 2026. Or, la plausibilité même qu'une IAG puisse exister un jour est hautement débattue dans la communauté des chercheurs (cela supposerait pour commencer de définir « l'intelligence » humaine). Beaucoup sont surtout extrêmement sceptiques quant à la pertinence du modèle actuel des IA génératives pour avancer sur cette voie.
« Par construction, ces systèmes ne sont pas capables de raisonner, et n'ont aucune connexion avec la réalité du monde. Les IA génératives progressent mais ont des limitations inhérentes à leur structure », estime Raja Chatila.
« Ces systèmes ne sont pas capables de raisonner »
Véhiculer le mythe de l'IAG présente toutefois plusieurs intérêts bien compris par la Big Tech. En entretenant l'imaginaire des machines « intelligentes », déjà bien ancré dans l'inconscient collectif par les œuvres de science-fiction, ils imposent l'idée que le développement de ces technologies serait inéluctable, dévitalisant toute critique éventuelle. Les thuriféraires de l'IA se comportent de surcroît en pompiers pyromanes : agitant d'un côté la menace existentielle que ferait peser sur l'humanité une IAG hors de contrôle, façon Terminator, ils soulignent l'importance de rapidement développer de « bonnes » IA ; les leurs.
Projet élitiste et libertarien
« Beaucoup d'acteurs phares du secteur croient vraiment, sincèrement, à l'arrivée de l'IA générale. C'est une croyance presque religieuse dans la Silicon Valley », note Nicolas Rougier, chercheur en neurosciences computationnelles à l'Inria (Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique). « Cela participe du courant de pensée qui, depuis les années 1970 rêve de fusionner l'homme et la machine, et d'atteindre l'immortalité, ajoute-t-il. Pour eux et quelques élus uniquement évidemment. C'est un courant très élitiste. »
C'est un dernier moteur important qui permet de comprendre la dynamique actuelle : ces IA génératives sont la dernière incarnation du projet politique, technosolutionniste et libertarien, que rêvent d'imposer au monde les milliardaires de la tech.
« Avec l'IA et leurs capitalisations boursières impressionnantes, ces acteurs acquièrent un pouvoir considérable, économique mais aussi politique », dit Jean-Gabriel Ganascia, professeur à Sorbonne Université, à Paris, et chercheur en intelligence artificielle. « Ils ont l'ambition de démanteler l'État pour y substituer une nouvelle féodalité via leur pouvoir technologique et cette promesse que tous les problèmes seront solubles dans l'IA. »
Lire aussi :Intelligence artificielle : « Nous devons combattre le fanatisme technologique »
Cette menace d'une prise du pouvoir par un nouveau technoféodalisme, pointée de plus en plus vivement dans le débat public, trouve sa meilleure allégorie en la personne d'Elon Musk. L'homme le plus riche du monde, égérie planétaire de l'extrême droite, a rejoint le gouvernement étasunien sous la houlette de Donald Trump et mène une sidérante politique de démantèlement accéléré de l'État fédéral.
Il y a quelques années, le multimilliardaire promettait la voiture 100 % autonome pour 2020 et des humains sur la planète Mars en 2021. Aucun de ces fantasmes ne s'est réalisé, mais Tesla et SpaceX, ses entreprises dans chacun de ces secteurs, ont magistralement prospéré. Lorsqu'il annonce l'avènement de l'IA générale pour 2026, rien n'oblige à le croire. La prophétie grandiloquente en dit en revanche beaucoup sur ses ambitions, et celle de ses pairs, pour l'avenir du monde.
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Amazon est partout, la résistance l’est tout autant !
En réponse au soudain départ d'Amazon du Québec, une vaste campagne de boycottage est lancée qui ne se limite pas qu'au territoire québécois. La mobilisation s'étend maintenant aussi au Canada. L'empire tentaculaire de Jeff Bezos s'étend par ailleurs sur toute la planète. Son appétit à détruire tout syndicat sera globalement mis au défi. Désormais, nous vivons dans un monde où la loi du plus fort se confond avec celle des entreprises.
Tiré d'Alter Québec.
Il existe de nombreux points de résistance à l'international, incluant le Sud global : le Népal, l'Inde, le Bangladesh, la Colombie, le Brésil et l'Afrique du Sud joignent leurs forces dans cette lutte transnationale face à Amazon.
Ici, on boycotte Amazon
Dès aujourd'hui, les sept installations d'Amazon au Québec et le centre de livraison à Montréal ont suspendu toutes leurs activités. Le processus de fermeture s'étendra jusqu'au 22 mars prochain. La décision est survenue peu après la première syndicalisation au Canada. Ensemble, les 250 employé.es de l'entrepôt DXT4 à Laval, la CSN, des groupes de travailleur.euses, des internautes et différents réseaux de la société civile unissent leurs voix pour appeler à un boycottage de la multinationale.
Amazon n'est pas qu'un géant du Web. Il est le cinquième plus grand employeur au monde. Sa réputation dépasse les frontières : conditions de travail éprouvantes, surveillance algorithmique, pressions intenses et salaires insuffisants. Comment une entreprise dont la fortune dépasse 2 000 milliards de dollars peut-elle refuser de payer ses employé.es à un niveau décent ? Ce que l'on sait avant tout c'est que l'exploitation d'une main-d'œuvre bon marché est au cœur de ses tendances impérialistes.
Les luttes dans les pays du Nord
Il est crucial de reconnaître la nature transnationale de cette bataille contre Amazon. En novembre dernier, le mouvement Make Amazon Pay marquait sa cinquième année consécutive. Lancé en 2020 par l'UNI Global Union, ce mouvement dénonce les abus de la multinationale. Aujourd'hui, il compte plus de 80 syndicats, 400 parlementaires, des écologistes et des organisations de la société civile. Ces groupes militents pour la défense de la justice sociale, fiscale et environnementale, ayant des allié.es dans plus de 30 pays.
Aux États-Unis, les travailleur.euses connaissent bien les répressions antisyndicales d'Amazon. Le 19 décembre 2024, le syndicat Teamsters avec des milliers d'employé.es déclenche la plus grande grève contre Amazon de l'histoire américaine. Parmi leurs revendications : de meilleurs salaires et des conditions de travail dignes.
L'Allemagne joue un rôle clé dans la contestation. Le syndicat ver.di mène une campagne depuis plus de dix ans, obligeant Amazon à respecter la négociation collective.
En France, le groupe militant ATTAC organise des grèves dans plus de 30 villes contre l'évasion fiscale de l'entreprise.
Au Royaume-Uni, les travailleur.euses dénoncent l'intimidation antisyndicale et les conditions de travail déplorables. À Coventry, l'adhésion aux syndicats explose de 50 % en raison des surcharges de travail, de la suppression des heures supplémentaires et des sanctions disciplinaires abusives.
Le Sud global se mobilise
On reconnaît souvent la volonté de se soulever face au géant du e-commerce en Europe ou en Amérique du Nord, mais la résistance s'internationalise jusqu'au Sud global. Ces pays, pourtant qualifiés de moins industrialisés, sont au cœur du plan d'innovation de Bezos. Amazon s'impose, dépasse les frontières et fortifie son empire sur les marchés d'ailleurs.
Au Népal, la campagne Make Amazon Pay Day encourageait les travailleur.euses à rejoindre les piquets de grève lancés par leurs camarades allemands.
À New Delhi, des centaines d'employé.es dénoncent des conditions de travail dangereuses et faiblement rémunérées. L'été dernier, la canicule a aggravé les risques sur les lieux de travail, exposant les travailleurs à des blessures sans aucun soutien.
Au Bangladesh, les travailleurs.euses du textile dans huit villes manifestaient dans les rues en demandant un salaire minimum de 207 dollars par mois, une revendication ignorée par Amazon, qui refuse toujours de signer des accords de sécurité.
À Bogotá, les travailleur.euses syndiqué.es manifestent devant un centre d'appel d'Amazon, dénonçant ses pratiques abusives.
En 2022, l'UNI Global Union décerne son prix Breaking Through au syndicat de Franco da Rocha et Região, au Brésil. Ce syndicat milite pour l'amélioration des conditions de travail dans le e-commerce, marqué par l'adhésion de plus de 600 employé.es.
Le combat trouve un terrain fertile en Afrique du Sud. Dans quatre villes, des militant.es protestent contre Amazon ayant bafoué les droits des communautés autochtones en construisant sur leurs terres sacrées. Les sud-africain.es se rallient derrière cette cause globale, qui rappellent leur histoire coloniale d'exploitation et d'inégalité systémique.
Amazon est partout, la résistance l'est tout autant
Par son geste au Québec, la multinationale tente de fragiliser le mouvement. Est-ce un jeu à sommes nulles comme tente de le faire croire l'élite du high-tech ? Au sein d'un système d'économie globale, Amazon utilise les travers l'oppression pour tirer son profit. Les travailleurs.euses méritent de défendre leur dignité.
« Une entreprise qui ne respecte pas nos lois ne devrait pas être autorisée à faire des affaires ici. »
– Caroline Senneville, présidente de la CSN
Dans le contexte politique actuel, marqué par cette soudaine alliance entre les GAFAM et Trump, la mondialisation se complexifie et prend une nouvelle forme : puissante, agressive, mais surtout, imprévisible. Du Québec aux quatre coins du globe, une chose demeure : l'union fait la force. Amazon est partout, mais la résistance l'est tout autant.
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Appel de syndicalistes : pour la justice sociale, écologique et démocratique, le sursaut unitaire est possible, construisons-le ensemble !
Un large ensemble de militant·es et de responsables syndicaux appelle à « renforcer les collectifs unitaires sur le terrain » et exhorte à l'unité pour constituer une alternative politique. « Face à l'extrême droite aux portes du pouvoir, rester sur son quant-à-soi risque de se payer très cher pour tous et toutes. »
Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/02/05/appel-de-syndicalistes-pour-la-justice-sociale-ecologique-et-democratique-le-sursaut-unitaire-est-possible-construisons-le-ensemble/
Syndicalistes, actifs et retraités, engagés en défense du monde du travail, en lutte pour la justice sociale, pour l'égalité femmes-hommes, pour les services publics, en solidarité avec les travailleurs immigrés, pour des politiques respectueuses de l'environnement… nous sommes en colère.
Nous sommes en colère d'avoir vu le Président de la République bafouer le résultat des législatives, tourner le dos au front républicain qui avait barré la route à l'extrême droite, ignorer l'arrivée en tête du Nouveau Front populaire (NFP), pour lui préférer, avec M. Barnier et son gouvernement, puis avec celui de M Bayrou, un front antirépublicain chargé de poursuivre, sous la surveillance du Rassemblement national (RN), la même politique néolibérale de régression sociale et d'injustice fiscale répondant aux intérêts du patronat et de la finance, d'absence de politique industrielle ambitieuse, d'ignorance de l'urgence écologique et de stigmatisation des immigrés.
Nous sommes en colère d'avoir vu le RN dicter ses injonctions au gouvernement et consolider ses possibilités de conquête du pouvoir. Ses idées réactionnaires et racistes sont reprises par la droite au pouvoir, elles occupent les médias, les classes dirigeantes se font petit à petit à son arrivée aux affaires et la purge sociale que promeuvent la droite et les macronistes ne peut que lui profiter.
Nous sommes aussi en colère et inquiets devant le spectacle donné par le NFP, miné par des forces centrifuges, incapable de prendre des initiatives collectives et d'engager un dialogue avec les mouvements sociaux pour se nourrir de leurs réflexions et exigences, pour incarner une alternative crédible. Certes, au parlement, ses député.es ont agi ensemble dans le débat budgétaire. Certes au niveau local, les initiatives existent pour essayer de faire vivre l'unité. Mais cela ne suffit pas à relancer la dynamique populaire qui permettrait au NFP d'élargir son assise pour l'emporter.
Dans ce contexte inquiétant, l'unité syndicale, son renforcement et son approfondissement, sont essentiels pour faire entendre des exigences fortes dans le débat public.
Au-delà, le dialogue à rétablir et la convergence d'exigences partagées entre partis, associations, syndicats et simples citoyen.es aspirant à une logique transformatrice doit permettre, dans le respect de l'indépendance des fonctions et de l'égalité des responsabilités, de créer une nouvelle dynamique dans la société. Certes les réticences des mouvements sociaux à s'engager dans une telle démarche sont compréhensibles tant pèse lourd l'instrumentalisation dont ils ont été l'objet dans le passé. Mais, face à l'extrême droite aux portes du pouvoir, rester sur son quant-à-soi risque de se payer très cher pour tous et toutes.
Dans le contexte actuel, une condition pour gagner la majorité est d'affirmer la nécessité d'une rupture avec les politiques néolibérales menées depuis des décennies. Mais cela ne suffit pas. Aux paniques identitaires dont se nourrit le RN pour proposer des réponses réactionnaires et racistes, nous devons opposer la perspective d'une société désirable fondée sur l'égalité pour toutes et tous, la justice sociale et environnementale, le dépassement des fractures territoriales, le renouveau des services publics, la sécurité dans tous ses aspects, la solidarité et la démocratie. Bref un nouvel imaginaire émancipateur auquel le mouvement social peut contribuer.
Enfin pour que les partis de la gauche et de l'écologie politique aient une chance de l'emporter électoralement, il faut évidemment qu'ils restent unis, ce qui suppose en particulier de se doter d'une candidature unique, désignée en commun pour la prochaine élection présidentielle. Mais cette unité des partis, pour indispensable qu'elle soit, ne suffit pas. Pour gagner il faut être capable de rassembler au-delà et de créer une dynamique populaire unitaire.
C'est pourquoi, avant qu'il ne soit trop tard, nous appelons l'ensemble des citoyennes et citoyens, organisations et partis qui se reconnaissent dans les valeurs sociales, écologiques et démocratiques, à s'engager ensemble dans ce combat pour reprendre la main sur notre destin collectif.
Nous appelons les militants syndicaux, associatifs et citoyens engagés à renforcer les collectifs unitaires sur le terrain, à les multiplier et à les coordonner dans les départements et les régions, à réfléchir à de grands meetings régionaux avec des personnalités unitaires, à participer et à s'associer aux différents appels et initiatives portant la même exigence d'unité, à intensifier les rencontres avec la population afin de construire avec elle les exigences qui serviront de base à la constitution d'une alternative.
Si rien n'est encore joué, le temps presse. Le sursaut unitaire est possible. Construisons-le ensemble !
Pour signer cet appel c'est ici
Premiers signataires :
Gérard ASCHIERI, éducation, ancien responsable national – Claude DEBONS, transports, ancien responsable national – Pierre KHALFA, télécoms, ancien responsable national et membre du CESE – Bernard THIBAULT, cheminot, ancien responsable confédéral – Patrick ACKERMANN, Télécoms Idf, ancien responsable national – Alain ALPHON-LAIR, secteur santé 30 – Verveine ANGELI, Télécoms IdF, ancienne responsable nationale – Michel ANGOT, FP territoriale 94, ancien responsable départemental – Nathalie ARGENSON, militante secteur santé 30 – Handy BARRE, magasinier cariste, responsable syndical Rouen 76 – Jean-Paul BEAUQUIER, militant éducation 13 – Jacques BENNETOT, militant syndicaliste paysan 76 – Eric BEYNEL, libraire, ancien responsable national secteur douanes – Walid BEYK, cheminot retraité 26 – Gérard BILLON, secteur construction, 92 Malakoff, ancien responsable national – Richard BLOCH, cheminot Sarcelles, défenseur syndical – Mariano BONA, responsable transports 38 – Gérard BONHER, secteur recherche 63 – Bruno BOTHUA, secteur construction/bois, responsable national – Jean Claude BRANCHEREAU, secteur bancaire Normandie, ancien responsable national – Catherine BRIE-ANDLAUER, déléguée cheminote Ile de France – Patrick BRODY, commerce IdF, ancien responsable national – Jean BRUNACCI, retraité La Poste, responsable régional Pays de la Loire – Laurence BUNEL, militante employée municipale 78 – Marie-Claire CAILLETAUD, ingénieure, secteur énergie Ile de France, conseillère honoraire CESE – Anne CARASSO, sociologue du travail, ergologue, militante 13 Aubagne – Christophe CARRERE, militant cheminot Paris – Patrick CHAMARET, cheminot retraité IdF, ancien responsable national – Jo CHAPUIS, secteur social, ancien responsable départemental 43 – Yves CHAUMARD, retraité SNCF Noisy le Sec – Danielle CLAMOTE, Infirmière, militante syndicale Nièvre – Jean Pierre CÔTÉ, cheminot Vosges – Laurent COOPER, retraité SNCF – Pierre COURS-SALIES, universitaire Toulouse – Monique COUTEAUX, enseignement privé Idf, ancienne responsable régionale et nationale – Jean CRESPEAU, militant Loire Atlantique – Armand CREUS, ancien responsable syndical, Meyropole de Lyon – Thierry CUVILLIER, cheminot retraité, Montoire-sur-Loir – Olivier CUZON, enseignant, responsable départemental 29 – Loic DAGUZAN, responsable organisme consommation IdF – Bruno DALBERTO, cheminot, ancien responsable national et secteur international transport – Françoise DAPHNIS, militante retraitée services publics Paris – Jean François DAVOUST, cadre retraité France Télécoms 37 – Joël DECAILLON, cheminot, ancien responsable national et européen – René DEFROMENT, secteur bâtiment, ancien responsable régional Auvergne – Béatrice DELAFOND, retraitée collectivité territoriale 79 – Christian DELLACHERIE, cheminot, ancien responsable national – Jacques DELALLEE, retraité RATP Paris, ancien responsable régional – Christophe DELECOURT, Fonction publique IdF, responsable national– Alain DELMAS, cadre retraité Orange 33 – André DELUCHAT, cadre La Poste Ile de France, ancien responsable confédéral – Philippe DETREZ, enseignant, ancien responsable départemental 59 et confédéral – Jean Michel DREVON, éducation nationale 69, ancien responsable national – Bernard DUBRESSON, ancien responsable départemental Nièvre – Bernard DUFIL, secteur bancaire, ancien responsable national – Olivier DUPUIS, ingénieur EDF RTE 92 – Patrick EADE, responsable associatif Pays de la Loire – Gilles ERARD, militant syndical cheminot, Nantes – Antoine FATIGA, Transport et Domaines skiables Auvergne Rhône Alpes ancien responsable régional – Bernard FILAIRE, cheminot Auvergne, ancien responsable départemental – Gérard FILOCHE, inspection du travail – Alain FONTAINE, retraité cheminot 44 – Olivier FRACHON, EDF Ile de France, ancien responsable national – Guy GAGNEPAIN, retraité SNCF, Pantin – Gilbert GARREL, cadre retraité cheminot Paris, ancien responsable national – Jean GASNIER, cheminot, ancien responsable transports Pays de Loire – Jean Philippe GASPAROTTO, responsable syndical, Caisse des dépôts, Paris – Yves GAUBY, secteur construction Vaucluse, responsable national – Karl GHAZI, Paris – Jacqueline GIRAUD EYRAUD, ancienne responsable régionale PACA – Dominique GUIBERT, éducation 94, ancien responsable départemental – Jean Albert GUIDOU, défenseur des travailleurs migrants Paris – Pierre HERITIER, ancien responsable confédéral – Joëlle HERVE, retraitée éducation nationale Ile et Vilaine – Nadine HUE, militante cheminote Nantes – Henri JACOT, Université Lyon – Christian JONCRET, retraité SNCF Villeneuve Saint Georges – Guy JUQUEL, syndicaliste IdF, ancien responsable secteur Europe/international – Pablo KRASNOPOLSKI, militant enseignant retraité 94 – Bernard LAMIZET, Marseille, ancien professeur Science Po Lyon – Françoise LAMONTAGNE, IdF, ancienne responsable spectacle/INA et membre du CESE – Frédéric LARRIVÉE, Finances publiques 13 – Francoise LAROCHE, Marseille, éducatrice protection judiciaire de la jeunesse, ancienne responsable nationale – Philippe LATAUD, EDF, ancien responsable départemental et confédéral – Joël LE COQ, Le Mans, ancien responsable national transports – Jean Christophe LE DUIGOU, secteur Finances, ancien responsable confédéral – Corinne LE FUSTEC, éducation populaire, Plérin 22 –Gérard LEIDET, Professeur retraité Marseille – Serge LEQUEAU, retraité La Poste, ancien membre du CESER Bretagne puis du CESE – Didier LE RESTE, cheminot 75, ancien responsable national – Jacques LERICHOMME, éducation, PACA, ancien responsable national – Graziella LOVERA, retraitée infirmière hospitalière, ancienne responsable départementale 84 et confédérale – Jean MALIFAUD, Universitaire 75, ancien responsable national – Jean Claude MAMET, Blog syndicollectif 94 – Sophie MANGON, formatrice, syndicaliste 78 – Claude MARACHE, cadre retraité cheminot 89, ancien responsable national – Florence MAROIS, militante retraitée Industries électriques gazières 31 – Christiane MARTY, recherche et développement secteur Energie IdF – Claude MICHEL, secteur spectacle, ancien responsable national et membre du CESE – Freddy MIKA, Directeur d'école retraité PACA – Marc MORVAN, 75 – Joël MOULIN, Retraité secteur bancaire 42 Firminy – Pierre MOUROT, ministère sports Paris – Jean Louis MOYNOT, métallurgie, ancien responsable confédéral – Didier NIEL, métallurgie Paris – Alain PAUBERT, militant retraité énergie Rouen – Patrice PERRET, cheminot Champagne Ardennes, ancien responsable régional et national – Jean Yves PETIT, ancien responsable régional transport PACA et national – Gilles PICHAVANT, militant cheminot 44 – Thierry PLEYBER, militant cheminot 44 – Jean-Paul QUINQUENEAU, télécoms Orange, Maine et Loire – Didier QUINT, syndicaliste santé et services sociaux région Normandie – Stéphanie RENIER, enseignante retraitée 85 – Martine RITZ, syndicaliste, comédienne, Nantes – Jean-Louis ROBERT, enseignement supérieur 75 – Jean-Marie ROUX, secteur banques, ancien responsable national – Nicole SERGENT, éducation, ancienne responsable régionale IdF et nationale – Bernard SINOQUET, bibliothécaire retraité Services Publics Territoriaux 80 – Danielle SINOQUET, ancienne responsable nationale et membre du Conseil d'administration SNCF – Baptiste TALBOT, fonctionnaire territorial 93, ancien responsable national – Pascale TEXIER, militante cheminote 44 – Philippe TEXIER, militant cheminot Cote d'Or – Laura THIEBLEMONT, assistante sociale, fonctionnaire territoriale élue à Rouen CD76 – Eric THOUZEAU, cheminot Pays de Loire, ancien responsable national – José TOVAR, enseignant 93, ancien responsable national – Corinne TURPIN, bibliothécaire syndicaliste 78 – Patrick VANCRAYENEST, transport routier Normandie, ancien responsable national – Christine VANDRAME, militante Aubagne 13 – Yves VANDRAME, militant Aubagne 13 – Patrick VASSALO, Fonction publique finances Île-de-France – Gisèle VIDALET, cadre La Poste 31 – Benoit VINCENT, ancien responsable national et représentant des salariés au CA de la SNCF, Hauts de France – Henri WACSIN, militant cadre cheminot, Nord Pas de Calais.
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À +2 °C, trois fois plus de régions seront touchées par des chaleurs insoutenables
Avec un réchauffement de 2 °C, la part du globe concernée par des pics de chaleur dangereux pour les humains sera trois fois plus étendue qu'aujourd'hui, selon une étude. Une hausse attendue pour le milieu du siècle.
Tiré de Reporterre
6 février 2025
Par Magali Reinert
Des volontaires sprayent de l'eau sur les gens pour lutter contre la chaleur en mai 2024, à Hyderabad, au Pakistan, où il faisait entre 46 et 48 °C. - © Jan Ali Laghari / ANADOLU / Anadolu via AFP
Notre planète va devenir de plus en plus inhabitable à cause des vagues de chaleur. Selon une nouvelle étudepubliée le 4 février 2025 dans Nature Reviews Earth and Environment, les risques liés aux stress thermiques vont s'étendre fortement dans les décennies à venir.
Aujourd'hui, les régions du monde où des adultes en bonne santé sont en danger lors d'un épisode caniculaire représentent à peine 2 % des terres continentales. Une proportion qui passerait à 6 %, soit environ la surface des États-Unis, avec un réchauffement de 2 °C (par rapport à la température de l'ère pré-industrielle) attendu au milieu du siècle.
Un tiers des terres dangereuses pour les plus de 60 ans
Les risques sont encore plus critiques pour les personnes de plus de 60 ans : la proportion de régions dangereuses pendant les canicules passerait d'un cinquième des terres émergées aujourd'hui à un tiers, sous un climat à plus 2 °C par rapport à l'ère préindustrielle.
Et avec une hausse globale de température de 4 °C, ce serait alors 60 % de la surface émergée du globe qui pourrait connaître des pics de chaleur mortels pour les plus âgés, toujours selon l'étude.
En Europe, les vagues de chaleur de 2003 et 2022 avaient causé à chaque fois plus de 60 000 décès. Elles avaient contribué à la prise de conscience des effets mortels du changement climatique sur les plus âgés.
« Les personnes les plus fragiles ne seront plus les seules personnes à risque »
« Cette étude montre que les personnes les plus fragiles ne seront plus les seules personnes à risque en cas de pic de chaleur et que les stress thermiques vont devenir une question de santé publique globale », commente Benjamin Sultan, climatologue à l'Institut de recherche pour le développement.
Pour identifier ces zones à risques, les chercheurs ont regardé les projections des chaleurs extrêmes sous un climat à plus 2 °C, et en particulier là où les conditions de chaleurs et d'humidité atteignent un seuil critique pour la vie humaine. Autrement dit, le seuil au-delà duquel notre organisme devient incapable de réguler la température corporelle si certaines précautions ne sont pas prises, comme une bonne hydratation.
Les zones de seuils de réchauffement incompensables (au-delà desquels la température du corps s'élève de manière incontrôlable) à droite, mortelles à gauche, pour les jeunes adultes (en haut) et le reste de la population adulte (en bas). © Nature Reviews Earth & Environment
L'Afrique subsaharienne et l'Asie du Sud seront particulièrement touchées, selon l'étude. « Comme on l'a vu en 2024, l'humidité très forte avant la mousson aggrave fortement l'effet des pics de chaleur. Aux Philippines, la température est montée à 39 °C en avril et la température ressentie à cause de l'humidité était de 45 °C », dit Benjamin Sultan. Car le stress thermique n'est pas lié qu'à la température mais aussi à l'humidité de l'air.
Avec un fort taux d'humidité, le corps transpire moins, ce qui limite le refroidissement de l'organisme lié à l'évaporation de l'eau. « Les périodes avant la mousson seront critiques dans les régions intertropicales, même avec des températures moins fortes que dans d'autres régions », dit le chercheur.
Chaque dixième de degré compte
Premier auteur de l'étude, Tom Matthews du King's College London souligne l'importance de ces résultats pour évaluer le coût de l'inaction climatique. Un message déjà largement repris par la communauté scientifique. Chaque année, plus d'une centaine de scientifiques du monde entier publient dans la revue médicale Lancet un décompte sur les effets du changement climatique sur la santé. Selon la dernière édition de novembre 2024, la mortalité liée au pic de chaleurs chez les plus de 65 ans a plus que doublé à cause du changement climatique en 2023.
« Il est important de rappeler que chaque dixième de degrés gagné réduit la population exposée. Une baisse de 2,7 °C à 1,5 °C de réchauffement global permettrait, selon les derniers travaux du Giec, de diviser par cinq la population exposée à des chaleurs extrêmes », insiste Benjamin Sultan.
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Portrait d’ensemble
Nous avons tort d'aborder de façon isolée les nombreux défis qui se posent à nous en matière d'environnement.
Le réchauffement climatique, la montée des océans, la pollution de l'air, la contamination des sols, des eaux, la destruction des forêts et des milieux naturels, les sécheresses, la désertification, la disparition accélérée des espèces animales et végétales, les conséquences environnementales (et éthiques) de la consommation carnée et de l'agriculture et de la pêche intensive, la surabondance des déchets, sur terre, sur les rives des cours d'eau, dans l'océan, les échecs (cachés) du recyclage, l'incapacité de disposer des déchets nucléaires, leur prolifération, la pollution spatiale avec des volumes en perpétuelle croissance de débris spatiaux en orbite, et j'en passe, sont tous liés les uns aux autres, plutôt de près que de loin, et la conséquence d'un même aveuglement nourrit par la croissance sans fin du capital. En faire et communiquer le portrait d'ensemble permettrait beaucoup mieux, à coup sûr, d'ébranler les consciences.
Il y a longtemps que la crise climatique se prépare et que nos problèmes environnementaux s'amplifient et nous conduisent à des catastrophes. S'attaquer à ces problèmes sans vue d'ensemble, avec des mesures de substitution, en défendant la croissance sans fin des profits, permettait jusqu'ici à nos oligarchies (appelons-les par leur nom) de les ignorer tout en laissant croire qu'on leur accordait l'importance voulue. Et aux populations du monde, tenues à l'écart des discussions, souvent occupées ailleurs, de les ignorer ou, pis encore, de les nier.
Une parenthèse ici, à ce sujet, pour dresser le portrait de cette autre forme de pollution, celle des consciences, pour que nous sachions bien à quoi nous en tenir. Selon les données colligées par l'Observatoire international Climat et Opinions Publiques, et pour ne nous en tenir qu'aux changements climatiques, au Canada, 65 % des gens sont d'avis qu'ils sont bel et bien d'origine humaine, 24 % ne savent pas ou sont d'avis qu'ils sont d'origine naturelle, et 11 % qu'il n'y a tout simplement pas de changements climatiques. Comme on le devine, ces chiffres sont encore plus navrants aux États-Unis, où 52 % des gens sont d'avis qu'ils sont bel et bien d'origine humaine, 31 % ne savent pas ou sont d'avis qu'ils sont d'origine naturelle, et 17 % qu'il n'y a tout simplement pas de changements climatiques.
Rétablir les liens
Rétablir les liens entre les différentes formes de pollutions en offrant une vue d'ensemble de la dégradation de notre environnement aura l'effet d'un coup de massue pour plusieurs et nous fera envisager, je l'espère , cette nécessaire décroissance dont j'ai parlé dans une précédente chronique ; une nécessaire décroissance de la population, mais bien sûr aussi des activités industrielles et d'extraction, de la production et de la consommation.
L'extraction du pétrole et des matières premières, par exemple, pollue l'eau et dégrade et pollue les sols ; elle nécessite souvent la déforestation et produit des gaz à effets de serre responsables du réchauffement climatique ; elles sont à la fois la cause et la conséquence d'une consommation grandissante, de la surconsommation, qui entraîne la croissance des parcs automobiles, des flottes aériennes et navales, des transports et échanges par voies terrestre, maritime et aérienne, augmentant du coup la production de gaz à effets de serre, l'étalement urbain, la destruction des milieux naturels et la disparition des espèces animales et végétales ; une quantité ahurissante de déchets aussi, dont de dangereux déchets radioactifs et persistants dans l'environnement. Sans compter tout ce que j'ai mentionné plus haut... Sans compter non plus que cette approche productiviste, capitaliste, inégalitaire, entraîne des conflits, des guerres elles aussi destructrices de notre environnement. On n'en sort pas ! À moins de changer de cap…
Dans son excellent essai « Faire que ! », l'auteur Alain Deneault, aborde la question « quoi faire ? », que nous nous posons tous devant l'étendue des défis environnementaux, mais il le fait en déplaçant progressivement la question vers un mode d'action – « faire que » – quant à ce que nous devons faire et que nous serons amenés à faire pour changer la donne. Il nous explique que nous devrons de toute manière nous adapter aux changements climatiques et à la destruction de nos environnements et que nous le ferons nécessairement – et le plus tôt sera le mieux – en réorganisant nos activités au niveau local, dans un environnement de nécessaire décroissance.
Dans « Moins ! La décroissance est une philosophie », le philosophe japonais Kohai Saito en appelle aussi – et le plus tôt sera le mieux encore une fois – à un changement de paradigme, à cette remise en cause du capitalisme et de la poursuite d'une croissance économique illimitée, affirmant qu'il « n'y a pas de solution à la crise écologique dans le cadre du capitalisme ».
Les précurseurs et défenseurs de la décroissance sont nombreux. Dans leur ouvrage « Aux origines de la décroissance », les auteurs Cédric Biagini, David Murray et Pierre Thiesset en font une excellente recension en nous présentant les vues de cinquante penseurs aux origines de cette conception du vivre ensemble. On y retrouve entre autres des intellectuels comme Günther Anders, Hannah Arendt, Georges Bernanos, Murray Bookchin, Albert Camus, Jean Chesneaux, Guy Debord, Lanza del Vasto, Michel Freitag, Gandhi, Patrick Geddes, André Gorz, Alexandre Grothendieck, Michel Henry, Aldous Huxley, Ivan Illich, Rabindranath Tagore, Henry David Thoreau, Léon Tolstoï et Simone Weil.
État des lieux
Voici ce qui pourrait contribuer sommairement à un tel portrait d'ensemble.
Réchauffement climatique – L'Organisation météorologique mondiale confirmait dans un communiqué émis le 10 janvier que 2024 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée, avec une température supérieure d'environ 1,55 °C aux valeurs préindustrielles. Le communiqué mentionne que les dix dernières années, de 2015 à 2024, ont été les plus chaudes jamais enregistrées ; que l'année 2024 a probablement été la première année civile où la température moyenne mondiale a dépassé de plus de 1,5 °C la moyenne de la période 1850-1900 ; que l'année 2024 se distingue par des températures exceptionnellement élevées à la surface des terres et des mers et une chaleur océanique intense ; et que l'objectif de température à long terme figurant dans l'Accord de Paris n'est pas devenu inaccessible mais qu'il est gravement compromis.
Nappes phréatiques – Le niveau des nappes phréatiques baisse de plus en plus rapidement dans le monde entier selon des données recueillies par le Swiss Science Today en janvier 2024. Elle s'est accélérée au cours des années 2000. Les réserves d'eau souterraine diminuent particulièrement vite dans les régions arides du monde où l'agriculture pompe l'eau du sol, comme la Californie, la Méditerranée et l'Iran.
Contamination des sols – Dans une entrevue accordée en février 2024, l'agronome, biogéochimiste au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et spécialiste de la contamination des sols agricoles, Matthieu Bravin, explique que de récents inventaires réalisés à l'échelle mondiale ont dénombré plus de 350 000 substances susceptibles d'être émises dans l'environnement et de devenir ainsi des contaminants. Et parmi ces substances, seuls 6 % ont fait l'objet d'études scientifiques ces cinquante dernières années, que ce soit sur leur toxicité ou leur accumulation dans l'air, l'eau ou le sol.
Déforestation : Selon les données publiées en novembre 2024 sur le site Web notre-planète.info, la déforestation récente se concentre au Brésil, en Indonésie, en Bolivie et en République Démocratique du Congo. La tendance est particulièrement préoccupante en Asie : alors qu'en 2022, la région avait réduit la déforestation de 16 % par rapport à la période de référence 2018-2020, elle a augmenté de 13 % en 2023. Entre 2015 et 2023, la perte de forêt a augmenté de 351 %.
Déchets : Selon un rapport publié par Statista en mars 2022, l'humanité génère près de deux milliards de tonnes de déchets solides municipaux chaque année, soit suffisamment pour remplir 822 000 piscines olympiques. En valeur absolue, c'est la Chine qui produit le plus de déchets municipaux avec 395 millions de tonnes par an, suivie par les États-Unis avec 265 millions de tonnes. Les États-Unis se classent toutefois bien plus haut lorsque l'on considère la quantité annuelle générée par habitant, avec environ 812 kg par résident américain. Le volume de déchets généré sur Terre est amené à augmenter à mesure que la population mondiale continue de croître et devient plus riche et consomme davantage. La Banque mondiale estimait que la production mondiale de déchets devrait augmenter de 70 % entre 2016 et 2050.
Recyclage du plastique – Le Monde diplomatique relevait dans un texte de Mohamed Larbi Bouguerra publié dans son édition de novembre 2024, la véritable escroquerie du recyclage du plastique à l'échelle mondiale, une mesure inefficace et dilatoire mise en place pour permettre aux multinationales du secteur pétrolier de poursuivre leurs activités lucratives - sans trop se soucier de l'environnement.
Déchets radioactifs – Selon un texte publié l'an dernier par la Fondation David Suzuki, l'industrie nucléaire prétend que le stockage de déchets hautement radioactifs dans des dépôts géologiques profonds est sûr, et qu'il s'agit du moyen le plus sécuritaire d'éliminer des quantités croissantes de déchets, sauf que jusqu'à présent, un seul site a depuis peu été approuvé – le site d'Onkalo en Finlande – malgré plus de quatre-vingt ans de production de déchets nucléaires.
Milieux naturels – Selon le World Widlife Fun, la dégradation et la destruction des habitats naturels sont aujourd'hui les principales menaces au regard de la biodiversité de la planète. Fragmentés, pollués, diminués, les écosystèmes naturels souffrent de l'expansion des activités humaines intensives comme la déforestation, l'urbanisation, le surpâturage ou la pêche non durable.
Disparition des espèces animales et végétales – Dans un article paru dans dans Statista en octobre, Tristian Gaudiot explique que la biodiversité de la planète poursuit son déclin. Sur les 163 040 espèces répertoriées en début d'année, 45 321 pourraient disparaître de la surface de la Terre dans un avenir proche, soit 28 % du total des espèces étudiées. Les cycadales – des plantes visuellement proches des palmiers et des fougères – sont le groupe le plus menacé, avec plus de 70 % d'espèces en voie d'extinction. La dégradation de la biodiversité est aussi particulièrement importante au niveau des écosystèmes aquatiques. Le taux d'espèces menacées atteint ainsi 41 % chez les amphibiens et plus de 35 % chez les requins, les raies et les récifs coralliens.
Sources : Alloprof, Aux origines de la décroissance (Cédric Biagini, David Murray et Pierre Thiesset), Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), Faire que ! (Alain Deneault), Fondation David Suzuki, Fondation Jean Jaurès, La revanche de la nature (Aymeric Caron), Le Devoir, Le Monde diplomatique, Notre-planète.info, Observatoire international Climat et Opinions Publiques, Organisation météorologique mondiale, Presse-toi à gauche, Statista, Ski-se-Dit, Swiss Science Today, World Widlife Fun (WWF).
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Un nouveau concept écologique : "L’humanicide"
Le droit international n'a pas encore intégré l'écocide, et il est peu probable qu'il le fasse pour l'humanicide. En attendant, il est urgent d'agir, ici et maintenant, pour arrêter la course à l'abîme. L'humanicide n'est pas inévitable, on peut encore l'empêcher. Mais le temps se fait court...
Billet de blog 28 janvier 2025
Un nouveau concept écologique : l'humanicide"
Le Institute and Faculty of Actuaries (IFoA) de l'Exeter University (Royaume-Uni) vient de publier en janvier 2025 son nouveau rapport sur le changement climatique, intitulé "Current climate policies risk catastrophical societal and economic impacts". Ce document, d'une teneur scientifique indiscutable, a suscité beaucoup de commentaires dans la presse, qui se transmettent, presque exclusivement, à une des prédictions du document : la possibilité, dans le pire scénario, qu'à partir des années 2050 le PIB planétaire tombe à 50% de son niveau actuel. Pour les medias mainstream, en effet, le PIB est le seul critère qui compte, la mesure de toutes les choses.
Pour ceux qui, comme le philosophe humaniste grec Protagoras (Ve siècle AC), pensent que "l'être humain est la mesure de toutes les choses", le rapport de l'IFoA contient une autre information, mille fois plus importante et inquiétante : dans le scénario du pire - la température monte à 3° au-dessus de l'époque préindustrielle - la mortalité humaine pourrait atteindre la moitié de l'humanité, autour de 4 milliards d'êtres humains, victimes de la faim, du manque d'eau, des maladies, des catastrophes "naturelles" (incendies, inondations, etc.), des conflits.
On peut considérer le rapport de l'IFoA trop pessimiste ou trop optimiste, mais il donne une idée approximative de l'ordre de grandeur des risques encourus avec le changement climatique. Et pas dans un siècle : dans quelques décennies.
On connaît en droit international le concept d'écocide : la destruction ou l'endommagement irrémédiable d'un écosystème par un facteur anthropique, notamment par un processus de surexploitation de cet écosystème, intentionnelle ou non (je reprends la définition de Wikipédia). On connaît aussi, bien entendu, celui de génocide : un crime consistant en l'élimination concrète intentionnelle, totale ou partielle, d'un groupe national, ethnique ou encore religieux, en tant que tel.
Je pense qu'il faudrait maintenant introduire un nouveau concept dans la réflexion sur le droit international : l'humanicide, l'extermination concrète, totale ou partielle, de l'humanité en tant que telle. Certes, elle n'est pas intentionnelle : les criminels ne planifient pas l'humanicide, ils sont simplement indifférents aux conséquences humaines de leurs actions. Conduisant leurs pratiques en fonction d'un seul critère - la maximisation du profit - ils sont les responsables du changement climatique. Qui sont eux ? L'oligarchie fossile - les formidables intérêts liés au pétrole, au charbon et au gaz , incluant non seulement l'exploitation des ressources fossiles, mais aussi l'industrie automobile, la pétrochimie et des nombreuses autres branches de la production capitaliste, incluant les banques qui les financent - ainsi que leur expression politique : les gouvernements négationnistes ou inactifs. Donald Trump n'est que le dernier exemple, à la fois grotesque et brutal, d'un refus de toute mesure, même la plus minimale, pour empêcher ou limiter le réchauffement global.
L'association Attac utilise le concept de "criminalité climatique en bande organisée", pour désigner les responsables des catastrophes climatiques meurtrières partout dans le monde aujourd'hui. Mais si les prévisions de l'Exeter University se confirment, on se trouvera confrontés à un degré de "criminalité climatique" d'une nature infiniment plus grave.
Le droit international n'a pas encore intégré l'écocide, et il est peu probable qu'il le fasse pour l'humanicide. En attendant, il est urgent d'agir, ici et maintenant, pour arrêter la course à l'abîme. L'humanicide n'est pas inévitable, on peut encore l'empêcher. Mais le temps se fait court...
Michael Löwy

Varisheh Moradi : « La résistance, c’est la vie »
IRAN – Dans une lettre envoyée depuis la prison d'Evin, activiste kurde condamnée à mort, Varisheh Moradi déclare que son cas représente une lutte plus large contre la répression de l'État en Iran et ajoute : « Je veux renverser le destin qui se répète toujours. La résistance, c'est la vie » (le célèbre slogan kurde « Berxwedan Jiyan e ».
Tiré de Entre les lignes et les mots
Dans une lettre envoyée depuis la prison d'Evin à Téhéran, la travailleuse humanitaire iranienne Varisheh Moradi, condamnée à mort, a déclaré que son cas représente une lutte plus large contre la répression de l'État en Iran.
« Pour nous, les femmes combattantes emprisonnées, cette sentence ne concerne pas seulement moi et mes codétenues : elle représente un verdict contre une société entière », écrit Moradi.
Bien qu'elle soit condamnée à mort, la lettre de Moradi suscite une certaine résistance, soulignant le soutien national et international croissant en faveur de l'abolition de la peine de mort en Iran.
Elle a souligné que les récentes frappes au Kurdistan témoignent d'une résistance civile généralisée contre le régime.
« La société nous soutient, et cette solidarité est une expression puissante de la lutte civile en cours contre la tyrannie du régime en Iran », écrit Moradi.
Moradi a été condamnée à mort en novembre par le tribunal révolutionnaire de Téhéran pour « rébellion armée ».
Ses ennuis judiciaires ont commencé le 1er août 2023, lorsque les forces de sécurité du renseignement l'ont enlevée alors qu'elle voyageait de Marivan à Sanandaj.
Selon l'organisation de défense des droits humains, Hengaw, Moradi a subi de graves tortures au centre de détention du département du renseignement de Sanandaj, notamment au cours d'un incident au cours duquel elle aurait vomi du sang et perdu connaissance.
Après avoir passé cinq mois en isolement dans le quartier 209 de la prison d'Evin, contrôlé par le ministère du Renseignement, Moradi a été transférée dans le quartier des femmes en décembre 2023.
Voici sa lettre :
« J'ai été condamnée à mort, et nous aussi. Pour nous, les femmes combattantes emprisonnées, cette sentence ne concerne pas seulement moi et mes codétenues : elle représente un verdict contre toute une société.
C'est le rêve du régime pour nous tous : supprimer (lire : exécuter) toute la communauté. Mais, sans aucun doute, il rencontrera une résistance. Le soutien national et international à l'abolition de la peine de mort s'est accru et nous a apporté un soutien considérable.
Nous n'avons pas cédé aux accusations et aux pressions infondées imposées par l'appareil de sécurité, et nous avons résisté. La société nous soutient, et cette solidarité est une puissante expression de la lutte civile en cours contre la tyrannie du régime en Iran. La récente grève du peuple du Kurdistan est un autre exemple de cette résistance commune, et elle mérite d'être saluée.
En prison, parce que la lutte est active et de première ligne, et parce qu'elle concerne directement tout le monde, les questions de fond prennent naturellement le pas sur des questions comme les appartenances politiques ou nationales, qui occupent une place secondaire. Il s'agit d'une véritable résistance contre les tentatives de marginalisation des questions fondamentales des détenus.
Une résistance remarquable se poursuit contre le déni et la violation des droits humains dans les prisons iraniennes. Nous, les femmes, avons entrepris cette résistance, d'une part en raison de l'oppression aggravée à laquelle nous sommes confrontées dans le système patriarcal et misogyne actuel, et d'autre part en raison de notre détermination inébranlable à obtenir la liberté.
Chaque mardi, la campagne « Non aux exécutions » se déroule dans plusieurs prisons iraniennes, un acte fédérateur qui met en lumière l'essence fondamentale et humaine de notre lutte. Il s'agit d'une revendication collective visant à mettre en avant le droit à la vie et à demander l'abolition de la peine de mort en Iran. Ces « mardis non aux exécutions » représentent la solidarité humaine contre les exécutions commanditées par l'État, qui sont utilisées comme un outil pour instiller la peur et la terreur dans la société.
Cette oppression est le résultat d'un système débridé qui a pour objectif de mener le monde vers la destruction et d'éroder l'essence même de l'humanité. L'humanité, le cœur de notre existence commune, est ce pour quoi nous luttons. Notre lutte n'est pas seulement la nôtre : elle est menée au nom de toute l'humanité, de toute la société et pour la défense de notre nature collective.
En tant que « femmes combattantes emprisonnées », notre rôle nous donne la force de parler des revendications de toute une société. Adopter une position de principe donne aux chercheuses de vérité sociale le pouvoir de lutter pour elle. C'est cette « vie libre » qui doit remplacer la « fausse vie », que nous devons transformer et nous l'avons transformée.
Le système patriarcal qui domine le monde, dans toutes ses dimensions, est fondamentalement en contradiction avec l'essence de l'existence humaine et avec l'humanité elle-même. Il constitue, par essence, un défi à la vie. Nous avons redéfini ce système, nous libérant de ses interprétations sexistes, classistes et dogmatiques, pour nous concentrer plutôt sur la vérité de son existence.
Depuis des millénaires, ce système s'est écarté du chemin de l'humanité, s'attaquant aux femmes – et, par extension, à la vie elle-même – avant de soumettre les hommes et plus tard d'agresser la nature. Le but ultime de ce système ? Le profit maximum. Une cupidité alimentée par un esprit déformé.
Et quelle est la réponse ? Sans aucun doute, la résistance. C'est là que réside le point de divergence : certains s'intègrent au système, cherchent à obtenir leur part et justifient son existence, tandis que les esprits libres et les libertaires s'opposent et tentent de corriger le cours des choses.
Tout au long de l'histoire, ces assoiffés de liberté ont cru en une vie en harmonie avec la nature, mère de toute vie. Ils ont adapté leurs croyances aux conditions de leur époque et au pouvoir auquel ils étaient confrontés, luttant avec détermination pour atteindre leur but ultime : une vie humaine. Une vie bonne, vraie, belle et libre.
Nos prédécesseurs, chacun dans leur domaine intellectuel, ont cherché à définir le problème et à lutter pour le résoudre. Ils ont parfois fait face à l'oppression par la foi, parfois par le raisonnement philosophique, parfois par l'expression littéraire, et parfois par des arguments fondés sur la classe sociale.
Dans tout cela, les femmes ont toujours été présentes, toujours parmi les opprimées, toujours parmi les victimes. Pourtant, elles ont rarement été le sujet central de ces luttes – elles n'étaient qu'une partie périphérique du récit de l'oppression, plutôt que ses principales victimes.
Aujourd'hui, nous avons laissé derrière nous les vieux paradigmes. Nous pensons que le défi le plus crucial de la vie contemporaine est la question du genre à laquelle nous sommes confrontés. Ce n'est qu'une fois que l'inégalité entre les sexes sera résolue que d'autres défis auront une chance d'être relevés. Le système épistémologique dominant s'efforce sans relâche de déformer et de détourner le problème central et d'éviter les vraies solutions. Mais ce siècle est le siècle des femmes, et les femmes ont acquis la force intellectuelle et pratique de lutter pour leurs droits. Les progrès de la technologie et de la science sont également devenus des alliés de tous les combattants de la liberté, y compris les femmes.
Les femmes, armées de nouvelles connaissances scientifiques et d'une volonté forgée par le besoin de libération et de liberté, ont fait des progrès considérables dans la lutte pour l'égalité. Des efforts des femmes penseuses, scientifiques, écrivaines et artistes aux femmes ordinaires qui tentent de vivre dans la dignité et de ne pas être considérées comme des marchandises. Ces gains collectifs constituent une base solide pour faire avancer la liberté.
Les femmes kurdes ne sont pas en reste dans cette lutte. S'appuyant sur leur riche héritage culturel et social, elles ont participé à cette « lutte pour la vie » et ont contribué à enrichir la résistance et la solidarité. Aujourd'hui, les femmes kurdes sont devenues des symboles de la lutte et de l'effort féminins.
Le 26 janvier marque l'anniversaire de la libération de Kobané des forces de l'EI, un événement largement reconnu comme « le début de la fin de l'EI ». L'aube qui a suivi cette obscurité a apporté les premiers rayons de lumière. Les femmes kurdes, au vu et au su du monde, ont participé à cette guerre et ont défié le paradigme patriarcal. Elles sont allées encore plus loin et sont devenues les commandantes du combat. Elles se sont battues comme des phares de lumière et d'espoir contre l'obscurité et l'oppression et ont montré la puissance de la lutte déterminante du siècle – le « défi des femmes ».
J'ai personnellement participé à la guerre de Kobané pendant cette période et j'ai subi des blessures qui me font encore souffrir aujourd'hui. Cette douleur me rappelle constamment le prix que j'ai payé pour l'humanité. Peut-être que cela satisfait un peu ma conscience de savoir que j'ai, dans une certaine mesure, rempli mon devoir envers l'humanité.
Je suis un camarade de ceux qui, après une vie de lutte, ont dit au moment de leur martyre : « Écrivez sur ma pierre tombale que j'ai quitté ce monde en étant encore redevable à mon peuple. » D'eux, j'ai appris que lutter pour la vérité et l'humanité est une dette que chacun de nous doit payer, sans rien attendre en retour.
Chaque fois que la victoire de Kobané est célébrée, la joie et la fierté qui naissent de cette attitude digne renouvellent ma détermination. L'une des accusations portées contre moi aujourd'hui est d'avoir résisté aux ténèbres. Je suis l'ami de ceux qui ont sauvé l'humanité. Cette vérité simple mais profonde met en évidence de quel côté se trouvent ceux qui m'accusent.
Le système patriarcal ne peut tolérer la résistance des femmes, et encore moins leur victoire et leurs célébrations contre une force obscure et anti-humaine. Nous avons été les premières à reconnaître le danger qui menaçait l'humanité et nous y avons fait face sans hésitation, ce qui a permis à l'humanité de remporter une victoire significative. Aujourd'hui, elles cherchent à se venger de leur défaite de diverses manières.
Ce moment est particulièrement significatif car il coïncide avec la conclusion du centenaire des plans conçus pour notre région. Nous sommes les héritiers blessés de Sykes-Picot, les enfants d'un peuple qui a subi jusqu'au plus profond de lui-même l'oppression de Lausanne. Nous avons été pendus à des cordes, tués par toutes sortes d'armes, soumis à des attaques chimiques et avons vécu le génocide dans tous les recoins de notre patrie fragmentée. Et maintenant, accablés par une multitude de problèmes politiques et sociaux, nous sommes entrés dans l'ère de la technologie et de l'intelligence artificielle.
Mais nous sommes résolus à ce que, dans ce siècle, non seulement nous prévenions le génocide physique, mais nous définissions aussi le « génocide culturel » et le combattions de toutes nos forces. « Femme, vie, liberté » est notre slogan et une manifestation symbolique de notre paradigme idéologique – un paradigme qui aborde directement les questions fondamentales du monde et de l'humanité d'aujourd'hui.
Ce paradigme refuse de se limiter aux frontières nationalistes, sexistes ou de classe. Il cherche à aborder les problèmes de manière globale et avec une perspective élargie. De nombreux problèmes étant devenus mondiaux, la mondialisation de la lutte est l'approche la plus logique. Certains problèmes sont communs à toute l'humanité, il est donc naturel que notre combat soit fondé sur des valeurs communes.
Femme, Vie, Liberté reflète les aspirations universelles de la plupart des habitants de cette planète : une vie libre et démocratique. C'est pourquoi le monde soutient les femmes emprisonnées. Le monde, témoin de notre combat pour les valeurs universelles, est à nos côtés. Et nous, à notre tour, continuerons à avancer sur cette voie.
La région est en train de se remodeler. De nombreuses forces dessinent la carte politique et sociale de la région. L'absence de volonté populaire dans cette nouvelle configuration est flagrante. Maintenant que les forces populaires ont gagné en force et sont en mesure de s'exprimer, il faut renforcer ce front : le front de la société et du peuple. La région est empêtrée dans de nombreuses compétitions et conflits, et parallèlement à cela, d'importantes stratégies sont proposées. Il est essentiel que cette lutte passe également par la recherche de solutions aux problèmes sociétaux.
Notre problème n'est pas personnel. Être emprisonné et risquer la peine de mort sur le chemin de la lutte politique et sociale fait partie intégrante du parcours. Par conséquent, nos réflexions et nos actions concernant la résolution des problèmes politiques et sociaux s'inscrivent dans ce contexte.
C'est ainsi que nous donnons un sens à notre vie. Nous quittons le moule individualiste pour nous fondre dans le collectif, en poursuivant un objectif collectif. Le concept de « nation démocratique » est la thèse et la doctrine qui incarnent tous ces objectifs. Dans le cadre de cette solution, les besoins de toutes les personnes et de toutes les classes sociales sont satisfaits. C'est une solution qui profite à tous et ne nuit à personne. C'est la voie par laquelle nous pouvons donner un sens à la vie.
Je crois que la vie ne doit pas être vécue avec un sens ou une transcendance. De nombreux projets visant à donner un sens à la vie ont fait l'objet d'attaques hostiles et les pionniers de ces efforts ont sacrifié leur vie pour atteindre leurs objectifs. Cependant, ces sacrifices n'ont pas instillé la peur mais ont plutôt créé l'espoir de continuer la lutte et la vie. Moi aussi, j'ai emprunté ce chemin et j'ai fait face à ma situation actuelle.
Lors de mon interrogatoire, le même interrogateur qui avait interrogé Farzad Kamangar s'est assis devant moi et m'a dit qu'il y a 15 ans, Farzad était resté assis au même endroit mais n'avait rien pu faire et s'était créé la mort. Je lui ai dit que si je suis assis ici aujourd'hui, c'est le résultat des efforts et de la lutte de Farzad. Farzad, par sa mort, a tracé pour nous le chemin d'une « vie qui a du sens ».
Il nous a redonné la vie. Si un Farzad a été pendu, des centaines d'autres ont suivi son chemin. Car Farzad, Shirin, Farhad, Soran et nous tous croyons que chaque pas sur le chemin de la liberté peut être une épreuve, et qu'en sacrifiant notre vie pour la liberté, nous sortons victorieux de cette épreuve.
Aujourd'hui, je pense plus à notre lutte qu'à ma condamnation, à mon peuple, au peuple et aux jours qui attendent notre région. La lutte est notre préoccupation principale, et notre condamnation n'en est qu'une partie. Le soutien que nous apportons et l'opposition à notre condamnation font partie de la lutte précieuse que l'humanité mène pour une vie humaine, noble, belle, juste et libre.
Sur ce chemin, le principe directeur de ma lutte est le suivant : « Je veux renverser le destin qui se répète toujours dans les pièces tragiques de la vie en faveur de la liberté. Dans cette pièce intitulée Vérité, qui ne peut être achevée que par la lutte, le destin échouera cette fois-ci. »
Femme, vie, liberté
La résistance, c'est la vie
Une prisonnière condamnée à mort –
Quartier pour femmes de Varisheh Moradi, prison d'Evin
28 janvier 2025
Via Iran Wire
https://kurdistan-au-feminin.fr/2025/01/30/varisheh-moradi-la-resistance-cest-la-vie/
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Rapport de janvier 2025 : Les femmes à l’avant-garde des manifestations en Iran
Le mois de janvier 2025 a été marqué par une vague de protestations dans tout l'Iran, les femmes jouant un rôle de premier plan.
Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/02/06/rapport-de-janvier-2025-les-femmes-a-lavant-garde-des-manifestations-en-iran/?jetpack_skip_subscription_popup
Une vague de résistance en Iran
De Téhéran à des villes plus petites comme Sanandaj et Ilam, des femmes de tous âges sont descendues dans la rue pour réclamer la justice, une aide économique et la fin de la discrimination. Leur présence a été frappante, démontrant une résistance inébranlable face à une répression croissante.
La fréquence et l'ampleur des manifestations
Les manifestations n'étaient pas des incidents isolés, mais un phénomène quasi quotidien tout au long du mois. Les informations indiquent que des manifestations ont éclaté dans de nombreuses provinces, notamment à Téhéran, au Khouzestan, au Kurdistan, à Ispahan, à Gilan, au Khorasan du Sud, à Mazandaran, à Fars, en Azerbaïdjan de l'Est, en Azerbaïdjan de l'Ouest, à Ilam et à Hormozgan.
Les femmes ont participé à des manifestations planifiées ou spontanées, reflétant le mécontentement croissant à l'égard des politiques du régime iranien.
Parmi les groupes les plus actifs figuraient les enseignantes, les travailleuses du secteur de la santé, les retraitées et les étudiantes. Les retraités, en particulier ceux du secteur des télécommunications, ont organisé des manifestations hebdomadaires dans de nombreuses villes, tandis que les enseignants et les infirmières ont organisé des sit-in et des manifestations de rue pour réclamer des salaires équitables et le respect des promesses du gouvernement.
Les protestations ont été particulièrement importantes parmi les enseignants retraités de la classe 2023, qui ont organisé des manifestations hebdomadaires pour réclamer leurs prestations non payées. Le régime iranien n'a cessé d'ignorer leurs demandes, ne leur laissant d'autre choix que de descendre dans la rue. Nombre de ces retraités se rendent à Téhéran depuis différentes villes et ont formé un mouvement de protestation très organisé et persistant.
Les principales revendications
Les revendications des manifestants sont diverses mais interconnectées. Les difficultés économiques sont restées au premier plan, les femmes réclamant une augmentation des salaires, des pensions reflétant l'inflation et la fin de la corruption du gouvernement. Beaucoup ont également réclamé des libertés politiques, dénonçant la répression permanente du régime à l'encontre des activistes et les arrestations arbitraires de manifestants.
Les manifestants ont notamment demandé l'abolition des lois discriminatoires, y compris les restrictions sur les codes vestimentaires et les possibilités d'emploi.
Au-delà des griefs économiques, de nombreux manifestants ont souligné que le peuple iranien reconnaissait le régime comme son principal oppresseur. Les manifestations ont également été alimentées par la frustration suscitée par la politique étrangère du régime iranien, de nombreux citoyens condamnant l'agenda guerrier du régime alors que l'économie nationale s'effondre. Le sentiment dominant parmi les manifestants est que le véritable changement ne peut venir que d'une mobilisation massive dans les rues.
Aperçu des manifestations en Iran
Le 6 janvier 2025, les éducateurs retraités de l'année 2023 ont organisé un grand rassemblement de protestation après que 16 mois se soient écoulés sans qu'ils aient reçu 60% de leur prime de retraite (gratification de fin de service). Au cours de la manifestation, les retraités ont scandé : « L'éducateur est réveillé, il en a assez des discriminations – avec toutes ces ressources, la condition de l'Iran est ruinée – Nos revenus sont dans la gueule du dragon – Iran, le pays des hauts revenus, qu'est-ce que tu es devenu ? »
Peu après, les forces de sécurité de l'État ont tenté de disperser la manifestationpacifique en utilisant du gaz poivré. Cette agression a mis en péril la sécurité physique de plusieurs enseignants retraités, qui réclamaient le paiement de leurs prestations dues depuis longtemps.
En réponse, ils ont scandé : « S'il y avait une justice, aucun enseignant ne serait ici ».
Les enseignants retraités ont organisé des manifestations similaires dans 15 autres villes, avec les femmes en première ligne.
Le 27 janvier 2025, des groupes de retraités de la Compagnie des télécommunications ont organisé des rassemblements de protestation – au moins dans les provinces de Téhéran, Zanjan, Kermanshah, Ispahan et Ilam – en réponse à l'absence de réponse des autorités à leurs revendications professionnelles et à leurs besoins de subsistance.
À Téhéran, les manifestants sont descendus dans la rue en scandant : « Notre ennemi est ici même ; ils mentent lorsqu'ils disent que l'ennemi est l'Amérique ».
À Ilam, les retraités protestataires ont souligné dans leurs slogans la nécessité d'appliquer les réglementations en matière de protection sociale. A Kermanshah, ils ont déclaré : « Un retraité éveillé en a assez de l'oppression et de la coercition ».
En outre, à Ispahan et à Zanjan, les manifestants ont crié : « Ne tardez pas plus longtemps – résolvez notre problème maintenant. »
Slogans de défi
Les slogans scandés par les manifestants révèlent la profondeur du mécontentement du peuple iranien à l'égard du régime : Nous n'avons vu aucune justice, seulement des mensonges à n'en plus finir
– Ô Dieu de la justice, décapite ceux qui commettent l'injustice.
– Ni le parlement ni le gouvernement ne se soucient du peuple
– Notre ennemi est ici même ; ils mentent lorsqu'ils disent que l'ennemi est l'Amérique.
– Aucune nation n'a jamais connu autant d'injustice.
– Assez de bellicisme, notre table reste vide.
– Le siège du commandement des télécommunications de l'imam nous a privés de nos droits.
– Nous disons que les salaires sont trop bas, mais le prix du pain augmente.
– Lâchez les foulards, maîtrisez l'inflation
– Iran, terre de richesses, qu'es-tu devenu ?
– Si un seul acte de détournement de fonds était pris, notre problème serait résolu.
– Les retraités sont réveillés et en ont assez de l'oppression.
Ces chants signifient que l'on est passé de griefs purement économiques à des appels plus larges en faveur d'un changement systémique. Les femmes manifestantes, souvent en première ligne, ont clairement indiqué qu'elles n'étaient pas simplement en quête de réformes, mais une transformation fondamentale du paysage politique iranien.
La réponse du régime : Répression et intimidation
Le régime iranien a réagi en intensifiant la répression, déployant des policiers anti-émeutes et des agents en civils pour disperser les rassemblements. Des rapports en provenance de Téhéran et d'Ispahan ont confirmé l'utilisation de gaz lacrymogènes et des arrestations massives, de nombreuses femmes étant détenues puis libérées sous caution et sous la menace. Les forces de sécurité tentaient également de freiner la mobilisation en ligne en restreignant l'accès aux applications de messagerie et aux réseaux sociaux fréquemment utilisées par les militants.
Malgré ces mesures, les manifestations se sont poursuivies. Les femmes, sans se laisser décourager par les menaces, ont trouvé de nouveaux moyens de s'organiser, notamment des manifestations éclair et des actions coordonnées dans différents quartiers afin de submerger les forces de sécurité.
Le sentiment croissant de solidarité entre les manifestants s'étend au-delà des rues, puisque les manifestations à l'intérieur des prisons ont également fait écho aux mêmes slogans. Les manifestants à l'intérieur et à l'extérieur des murs des prisons partagent une cause commune, ce qui renforce encore l'unité et la détermination du mouvement.
Le rôle croissant des femmes dans le mouvement de protestation iranien
Le mois de janvier 2025 a renforcé le rôle crucial des femmes dans la résistance iranienne. Qu'il s'agisse de mener des chants ou de faire face aux forces de sécurité, les femmes ont consolidé leur place au cœur de la lutte pour la justice et la liberté. Leur participation massive envoie un message clair : Les femmes iraniennes refusent d'être réduites au silence.
Leurs voix se faisant de plus en plus fortes, il devient impossible d'ignorer les appels au changement.
https://wncri.org/fr/2025/02/04/les-femmes-a-lavant-garde-en-iran/
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8 mars 2025 : grève féministe !
Avec les femmes du monde entier, pour les droits des femmes, toutes en grève féministe et en manifestations !
Stop à l'extrême droite, à la droite réactionnaire, au gouvernement et à sa politique libérale et autoritaire !
Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/02/10/8-mars-2025-greve-feministe/?jetpack_skip_subscription_popup
Le 8 mars, journée internationale de mobilisation pour les droits des femmes, nous appelons à la grève du travail, des tâches domestiques, de la consommation. Sans les femmes, tout s'arrête ! Nous sommes déterminées à lutter, à faire entendre nos voix pour obtenir l'égalité.
Solidaires avec les femmes du monde entier !
Afghanes, Iraniennes, Palestiniennes, Soudanaises, Kurdes, Ukrainiennes, nous sommes solidaires de toutes celles qui encore aujourd'hui sont emmurées, exécutées, qui font face à des bombardements massifs, au génocide, à l'exode, sont victimes de viols de guerre, peinent à nourrir leur famille et elles-mêmes, de toutes celles qui se défendent farouchement pour recouvrer ou obtenir leur liberté et leurs droits, qui sont confrontées aux conflits armés, aux régimes fascisants, réactionnaires, théocratiques et colonialistes.
Nous sommes solidaires des femmes et des populations subissant de plein fouet les conséquences dramatiques du changement climatique, aggravé par les politiques productivistes et capitalistes.
Non à l'Extrême Droite !
Les idées d'extrême droite qui prônent la haine de l'autre, le racisme, la misogynie, les LGBTQIA+ phobies, le validisme, se banalisent, et sont aux portes du pouvoir, voire y accèdent partout dans le monde, à l'image de Trump aux États-Unis… Les femmes, les minorités de genre, les migrant·es en sont les premières cibles.
En France, nous dénonçons les propos racistes du ministre de l'intérieur, nous exigeons la régularisation et l'ouverture des guichets pour que tou·te·s les immigré·es puissent rester ici. Nous refusons l'abrogation du droit du sol à Mayotte et la remise en cause de l'Aide Médicale d'État.
Nous voulons vivre et pas survivre !
Les différents gouvernements ne font rien contre les inégalités salariales et les bas salaires qui touchent particulièrement les femmes (62% des personnes payées au SMIC sont des femmes). Quant aux mères isolées touchant le RSA, elles sont confrontées à de multiples difficultés pour trouver un emploi (problème de garde d'enfants, de transports…). Particulièrement touchées par la crise du logement cher, les femmes sont majoritaires parmi les personnes expulsables et sont de plus en plus nombreuses à vivre dans la rue. Les femmes sont majoritaires parmi les 9 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté !
Nous exigeons l'abandon de la réforme du RSA, qui oblige les bénéficiaires à faire 15h de travail forcé, gratuit et sans contrat !
Nous exigeons l'abrogation des réformes sur l'assurance chômage restreignant les droits des chômeur·ses.
Rémunérons le travail à sa juste valeur, à salaire égal entre femmes et hommes !
Pour l'égalité salariale, du temps pour vivre, des salaires et une retraite décente !
Le gouvernement n'a aucune volonté de réduire les inégalités salariales, de 27% en moyenne entre les femmes et les hommes. La transposition de la directive européenne sur la transparence salariale vise à renforcer l'application du principe d'une même rémunération « pour un même travail ou un travail de valeur égale ».
Nous exigeons la transposition immédiate de cette directive, la revalorisation salariale des métiers féminisés (éducation, soins, nettoyage…)., l'interdiction du temps partiel imposé, la transformation des CDD en CDI et la réduction du temps de travail avec embauches correspondantes.
Nous nous battons pour l'abrogation de la réforme Macron des retraites, et pour une réforme des retraites favorable aux femmes, la retraite à 60 ans avec une réduction du nombre d'annuités.
Des Services publics au service de nos besoins !
Malgré la paupérisation croissante et le manque crucial d'aide publique sur les territoires, le gouvernement Bayrou va continuer le démantèlement des services publics de la Santé, de l'Éducation, du Logement…. Les femmes en seront doublement pénalisées : parce qu'elles sont majoritaires dans la fonction publique, et qu'elles devront se substituer aux services de la petite enfance et de la prise en charge de la dépendance.
Nous exigeons un service public national de l'autonomie tout au long de la vie, à la hauteur des besoins, avec les moyens correspondants, sans oublier une prise en charge réelle du 4ème âge.
Nous exigeons la création d'un vrai service public de la petite enfance pour en finir avec les crèches privées à but lucratif et les maltraitances liées aux économies de personnels dans ces structures. Nous sommes opposées à la recommandation de la Cour des comptes de développer « la garde parentale, moins onéreuse pour les finances publiques » qui n'est qu'une incitation au retour des femmes à la maison.
Pour un réel partage du travail domestique !
Nous ne pouvons nous satisfaire que rien ne bouge dans la répartition des tâches au sein des couples et ce depuis des années. Cette inégalité dans la répartition du travail domestique se traduit par des inégalités dans la sphère professionnelle et est l'un des facteurs des inégalités salariales et patrimoniales. Nous dénonçons le mirage des « nouveaux pères » car les femmes en font toujours beaucoup plus que les hommes, qui de fait prennent plus souvent les tâches valorisantes, en laissant les tâches ménagères à leur compagne. C'est tout l'enjeu d'une éducation non sexiste qui puisse permettre d'en finir avec les stéréotypes de genre.
Notre corps nous appartient !
L'inscription dans la constitution de l'IVG ne doit pas masquer les obstacles liés au manque de moyens du service public de la santé pour recourir à l'IVG.
Nous réclamons la réouverture des plus de 130 centres d'interruption volontaire de grossesse fermés.
Nous dénonçons les offensives réactionnaires qui s'en prennent aux droits des personnes LGBTQIA+ qui veulent limiter le droit de vivre librement son orientation sexuelle et son identité de genre. Nous exigeons une transition libre et gratuite pour toutes et tous.
Nous dénonçons les offensives transphobes réactionnaires, notamment les propositions de loi qui remettent en cause toute possibilité de transition des mineur·es, et nous demandons la fin des mutilations et des traitements hormonaux non consentis.
Femmes handicapées, nous subissons toutes les violences. Privées de nos droits à l'autonomie, à l'éducation, à l'emploi, aux soins et à la procréation. Nous voulons notre indépendance économique, l'accessibilité universelle à l'ensemble des lieux et bâtiments.
Halte aux violences sexistes et sexuelles !
Le procès des 51 violeurs de Gisèle Pélicot a rappelé que les violeurs sont des hommes ordinaires, et que la culture du viol persiste dans les différentes strates de la société. La nomination de Darmanin mis en cause pour des violences sexistes et sexuelles comme garde des sceaux est une véritable provocation.
Nous continuons à compter nos mortes car il n'y a aucune volonté politique de lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
Pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, dont les violences obstétricales et gynécologiques, nous voulons une loi-cadre intégrale qui mette en avant prévention, éducation, protection, accompagnement, sanction et garantisse les moyens pour la prise en charge de l'ensemble des victimes, femmes, enfants et minorités de genre. Les plus touchées par les violences sexistes, dont les violences économiques, sont celles qui souffrent déjà de multiples oppressions : femmes victimes de racisme, migrantes, sans papiers, femmes précarisées, en situation de handicap, femmes lesbiennes et bi, femmes trans, femmes en situation de prostitution et celles victimes de l'industrie pornocriminelle. Nous demandons la mise en place d'actions concrètes pour lutter contre toutes les violences sexistes et sexuelles, protéger les victimes et combattre les réseaux de traite prostitutionnelle et de proxénétisme.
Nous exigeons les 3 milliards nécessaires pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles.
Nous refusons que les enfants violé·es, maltraité·es, incesté·es continuent le plus souvent à être abandonné·es à leur sort !
Pour l'éducation, pour les enfants, l'Éducation à la Vie Affective Relationnelle et Sexuelle pour toutes et tous maintenant !
Le dernier rapport du Haut conseil à l'égalité note que le sexisme progresse chez les adolescents et les jeunes hommes. Nous dénonçons fermement les attaques portées par le précédent gouvernement contre le projet de programme d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) reprenant les propos des associations réactionnaires de parents qui y sont farouchement opposées. Nous exigeons l'adoption et la mise en place immédiate du projet de programme EVARS, dans la continuité des lois votées pour l'éducation à la sexualité à l'école. L'EVARS aide à déconstruire les stéréotypes, à comprendre les inégalités, à comprendre l'injustice des dominations qui s'exercent par les hommes sur les femmes, à prendre conscience de son corps et de son intimité et à respecter l'autre et soi-même.
Mobilisées tous les jours contre le patriarcat, les politiques libérales et autoritaires et contre l'extrême droite.
Le 8 mars, nous manifesterons, nous serons en grève féministe.
Nous serons en grève sur nos lieux de travail (santé, commerce…), en grève du travail domestique et en grève de la consommation !
Quand les femmes s'arrêtent, tout s'arrête !
Signataires et soutiens
Premières signataires de l'appel
ActionAid France, AFRICA93, APEL-Égalité, Association Panafricaniste des Droits Civiques des femmes, Attac France, CGT, Collectif Faty KOUMBA : Association des Libertés, Collective des mères isolées, Droits de l'Homme et non-violence, FAGE, Féministes Révolutionnaires Paris, Femmes Egalité, Fondation Copernic, Force Féministe (57), FSU, Fête des 3 Quartiers ( F3Q), Genre et altermondialisme, HFE /Handi Femme Epanouie, Handi-Social, Las Rojas Paris, Le Planning familial, Le Planning Familial 94, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID, Mouvement des Femmes Kurdes En France, Mouvement de la Paix, Organisation de Solidarité Trans (OST), Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques France ( Stop-Vog ), UNEF le syndicat étudiant, Union Etudiante, Union syndicale Solidaires, Union des femmes Socialistes (SKB)
En soutien
APRES, Égalités, ENSEMBLE !, Gauche démocratique et sociale GDS, Gauche Ecosocialiste (GES), Génération.s, La France insoumise, Mouvement jeunes communistes de France, NPA-l'Anticapitaliste, NPA – Révolutionnaires, Parti Communiste Français, Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti de Gauche, PEPS 31, Révolution Écologique pour le Vivant (REV), Union Communiste Libertaire
Télécharger l'appel : Appel 8 mars 2025 (1)
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