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Carpe diem – Cueillir le jour

17 juillet, par Gaétan Roberge — , ,
Dans un monde aux horizons fragmentés et acculé aux frontières de la dystopie, nous devons accueillir tous les jours une parcelle de lumière d'éternité avec amour, (…)

Dans un monde aux horizons fragmentés et acculé aux
frontières de la dystopie, nous devons accueillir
tous les jours une parcelle de lumière d'éternité
avec amour, admiration et reconnaissance.
Puisque chaque jour enfante le plus inestimable
des présents, soit le présent de la vie !

La Voie lactée gorgée de ses milliards d'étoiles du passé, la couche d'ozone protectrice du présent, la coupole de beauté de l'azur gage du futur, le rôle essentiel de la lune sur le climat et les marées et la lumière incandescente du soleil ainsi que les splendeurs nourricières et vivantes de la terre et des mers incarnent les précieux garants de notre destinée.

« Cueille le jour présent, en te fiant la moins possible au lendemain. » Horace

Chaque jour qui vient au monde,
Annonce un prodigieux événement
Provoque une profonde inspiration
Commande un nouvel engagement
Lègue une inspirante refondation

Chaque jour qui vient au monde,
Baigne dans la plénitude de la clarté
Illustre une mémorable équipée
Proclame un heureux sacre de la fierté
Symbolise une céleste destinée

Chaque jour qui vient au monde,
Apparaît fondamentalement singulier
Recèle un mystérieux fragment de félicité
Chante un inoubliable hymne à la beauté
Compose des symphonies de sons et de sens à partager

Chaque jour qui vient au monde,
Repousse les frontières de notre létalité
Apporte les enseignements sacrés du passé
Donne un véritable sens à nos discours
Trace les sentiers de nos parcours

Chaque jour qui vient au monde,
Nous rend meilleur devant ce nouveau jour
Transcende une perpétuelle consécration du destin
Ravitaille les foisonnantes sources de nos lendemains
Incarne un extraordinaire acte de foi et d'amour

L'éternité du moment, c'est chaque jour à l'image d'une infatigable et incroyable promesse lumineuse de vie qui se lève résolument face à l'incommensurabilité de l'univers ! Puis, qui se soulève avec amour et détermination pour irradier la noirceur du temps et braver les intempéries des jours graves.

Ainsi, Carpe diem évoque le mot d'ordre souverain de la vie guidant la marche vers la souveraineté du bien, du beau et du vrai et conférant un sens premier et authentique à la vie.

« Apprenez comme si vous deviez vivre éternellement,
vivez comme si vous deviez mourir demain. » Mahatma Gandhi

Gaétan Roberge

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Fusillade à Côte-des-Neiges : la FTQ dénonce la violence antiféministe et masculiniste

24 juin, par Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ) — , , ,
MONTRÉAL, le 23 juin 2026 - La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) tient à exprimer ses plus sincères condoléances aux familles, aux proches et aux (…)

MONTRÉAL, le 23 juin 2026 - La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) tient à exprimer ses plus sincères condoléances aux familles, aux proches et aux collègues des personnes tuées ou blessées lors de la fusillade survenue hier dans le quartier Côte-des-Neiges. Nous saluons également le travail des premiers répondants et de l'ensemble des intervenant-es qui ont porté secours aux victimes dans des circonstances extrêmement difficiles.

Au-delà de l'émotion et de l'indignation que suscite cet acte de violence, la FTQ estime qu'il est essentiel de nommer ce qui semble avoir motivé le passage à l'acte. Selon les informations rendues publiques, le tireur adhérait à l'idéologie incel et a laissé un manifeste marqué par la haine des femmes, l'antiféminisme et l'appel à la violence.

« Nous refusons de traiter cette attaque comme une tragédie sans cause ni contexte. Les discours antiféministes, masculinistes et haineux qui circulent de plus en plus ouvertement dans l'espace public et en ligne ont des conséquences bien réelles. Ils alimentent la radicalisation, banalisent la violence et menacent la sécurité des femmes ainsi que la cohésion sociale. Derrière cette haine se cache souvent un projet de recul social plus large, qui remet en question l'égalité entre les femmes et les hommes, leur autonomie économique et leur pleine participation au marché du travail. La FTQ demeurera aux côtés de celles et ceux qui combattent ces idéologies et qui défendent une société fondée sur l'égalité, le respect et la solidarité », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

La FTQ rappelle que l'égalité entre les femmes et les hommes, le respect de la diversité et la lutte contre toutes les formes de violence constituent des valeurs fondamentales du mouvement syndical.

« Comme hommes, nous avons aussi une responsabilité. Il ne suffit pas d'affirmer que tous les hommes ne partagent pas ces idées. Nous devons dénoncer activement les discours qui banalisent la misogynie, remettre en question les modèles de masculinité fondés sur la domination et contribuer à bâtir des milieux de travail et de vie où le respect et l'égalité ne sont jamais négociables », ajoute le secrétaire général de la FTQ, Olivier Carrière.

Face à la montée des discours haineux et à la banalisation de la violence envers les femmes, la FTQ réaffirme son engagement à promouvoir l'égalité, la solidarité et la justice sociale.

Fusillade à Montréal : une attaque contre les femmes et contre l’égalité

24 juin, par Fédération des femmes du Québec (FFQ) — , , ,
MONTRÉAL, le 23 juin 2026 - La Fédération des femmes du Québec (FFQ) exprime ses plus sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes ainsi que sa solidarité à (…)

MONTRÉAL, le 23 juin 2026 - La Fédération des femmes du Québec (FFQ) exprime ses plus sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes ainsi que sa solidarité à toutes les personnes dont la vie a été bouleversée par cet acte de violence.

Ce qui s'est passé hier n'est pas un fait divers. Ce n'est pas l'acte isolé d'un homme perturbé. Sur la base des informations disponibles à ce stade, dont un manifeste explicitement antiféministe, la FFQ nomme cet acte pour ce qu'il est : une attaque contre les femmes et contre l'égalité.

Une idéologie, pas une détresse individuelle

Le manifeste de l'auteur de cette attaque relève du mouvement incel (célibataires involontaires). Ce mouvement idéologique repose sur la conviction que les femmes sont responsables de la solitude masculine, que l'égalité entre les femmes et les hommes est une aberration, et que la violence contre les femmes constitue une réponse légitime. Son manifeste prône explicitement un retour à un ordre social où les femmes seraient réduites à un rôle reproductif et appelle à une révolution armée.

Selon Vé Mikaelian, responsable du dossier de l'antiféminisme à la FFQ, « Ce n'est pas la pensée d'un homme seul dans sa chambre. C'est une idéologie structurée, documentée et en croissance rapide, qui produit des victimes réelles. Réduire cet acte à celui d'un loup solitaire ou d'un problème de santé mentale est troublant et dangereux. »

Des chiffres qui auraient dû déclencher l'alarme

Selon Annvor Seim Vestrheim, autrice de l'essai Les incels : du clic à l'attentat, des attaques commises au nom de l'antiféminisme ont causé au moins 15 morts depuis 2014 au Canada. Des recherches démontrent que le volume des messages publiés dans la manosphère a plus que doublé en dix ans, et que les propos ouvertement hostiles aux femmes ont augmenté de plus de 60 %.

Ces données étaient connues. Les signaux d'alerte n'étaient ni faibles ni ambigus.

La normalisation est aussi une violence

« L'antiféminisme ne se limite pas aux forums extrémistes. Il circule dans des discours présentés comme raisonnables, voire humoristiques. On parle de crise de la masculinité. On dépeint l'égalité comme un excès. Les comportements misogynes en milieu scolaire sont en hausse. Ces réalités et leur normalisation ne sont pas sans lien avec ce qui s'est passé hier. » a indiqué Janic Galibois, coordonnatrice générale de la FFQ

Les discours qui banalisent la haine des femmes créent l'environnement dans lequel les idées extrêmes deviennent pensables, puis acceptables, puis actionnables.

Ce que nous exigeons

La FFQ demande que les gouvernements du Canada et du Québec prennent des mesures concrètes et urgentes pour contrer la radicalisation misogyne et s'engagent dans un travail de fond sur le continuum de violences masculinistes.

Fusillade à Montréal : prévenir la violence exige plus que des réponses après les drames

23 juin, par L'R des centres de femmes du Québec — , ,
Montréal, le 23 juin 2026. À la suite de l'événement tragique survenu hier à Montréal, l'R des centres de femmes du Québec souhaite avant tout exprimer sa solidarité envers les (…)

Montréal, le 23 juin 2026. À la suite de l'événement tragique survenu hier à Montréal, l'R des centres de femmes du Québec souhaite avant tout exprimer sa solidarité envers les personnes touchées, leurs proches et l'ensemble de la communauté éprouvée par cet acte de violence.

Sans commenter l'enquête en cours ni les circonstances particulières de ce drame, nous croyons qu'il est essentiel de rappeler certains enjeux de fond qui exigent notre attention collective.

Selon les informations rendues publiques jusqu'à maintenant, le manifeste attribué au tireur ferait référence à l'idéologie dite « incel ». Les faits devront être établis avec rigueur. Une chose doit déjà d'être dite clairement : nous ne pouvons pas réduire ces phénomènes à un problème individuel ou à une question de santé mentale.

« Lorsqu'un acte violent est associé à une idéologie de haine, nous avons la responsabilité collective de regarder au-delà du geste lui-même. Le danger ne commence pas au moment du passage à l'acte : il commence lorsque certaines idées de domination se normalisent sans être prises au sérieux. » - Josée Larouche, membre du comité de coordination de l'R et coordonnatrice du centre Ressource pour femmes de Beauport

Le masculinisme est une idéologie qui présente les avancées vers l'égalité comme une menace, transforme des frustrations en ressentiment et qui, dans ses formes les plus radicalisées, peut contribuer à légitimer des gestes violents.

Reconnaître ces phénomènes, c'est comprendre que les idéologies de haine ne naissent pas dans le vide et que la radicalisation ne commence pas au moment où quelqu'un passe à l'acte.

« Nous devons prendre au sérieux les manifestations de la radicalisation antiféministe. Comme d'autres formes de radicalisation, elles se nourrissent de discours haineux, de l'isolement et de la normalisation de la violence. Les reconnaître et les prévenir constituent une responsabilité collective. » - Isabelle Garreau, responsable des dossiers politiques et des communications à l'R

Des recherches en sciences sociales documentent la montée de discours antiféministes en ligne, notamment dans des communautés comme la mouvance « incel », et leur rôle dans des dynamiques de radicalisation et de normalisation de la misogynie, qui peuvent projeter ou légitimer des formes de violence.

Ces idées ne sont pas anodines : elles témoignent d'un recul de l'égalité et nous refusons de les traiter comme de simples provocations.

Bien sûr, toute réflexion sur une fusillade doit inclure la question du contrôle des armes à feu. Réduire l'accès aux moyens de commettre des actes violents est nécessaire. Mais cela ne nous dispense pas d'agir sur les causes.

Prévenir la violence exige d'investir durablement dans l'éducation, l'égalité, la prévention des violences et les ressources communautaires autonomes qui travaillent en amont.

Depuis plus de 40 ans, les centres de femmes effectuent ce travail : briser l'isolement, prévenir les violences, développer le pouvoir d'agir et construire une société plus égalitaire. La campagne « La prochaine est encore en vie » porte ce message : nous n'avons pas à attendre qu'un drame survienne pour agir.

« Nous ne pouvons pas continuer à investir après les drames. Si l'égalité entre les femmes et les hommes est réellement une priorité, alors il faut financer la prévention avec le même sérieux que nous finançons les réponses d'urgence », ajoute Josée Larouche.

Le gouvernement et les partis politiques affirment que l'égalité entre les femmes et les hommes est une priorité. Il est temps de le prouver.

À propos de L'R des centres de femmes du Québec

L'R des centres de femmes du Québec regroupe des centres de femmes présents dans toutes les régions du Québec. Les centres de femmes agissent avec les femmes pour améliorer leurs conditions de vie, lutter contre les violences et les inégalités, et bâtir une société plus juste et égalitaire.

Source :
L'R des centres de femmes du Québec

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Compromis

20 juin, par Gérard Montpetit — , ,
Un vieil adage définit la politique comme « l'art du compromis ». Idéalement, ce « donnant-donnant » permet d'arriver à une situation où toutes les parties y trouvent leur (…)

Un vieil adage définit la politique comme « l'art du compromis ». Idéalement, ce « donnant-donnant » permet d'arriver à une situation où toutes les parties y trouvent leur compte. Mais il arrive parfois une situation où une partie donne tout et ne reçoit rien en contrepartie.

C'est sans doute ce qui a amené l'environnementaliste Steven Guilbault à démissionner comme ministre, puis bientôt comme député.[1] « Le député libéral serait déçu de l'orientation imposée au gouvernement par le premier ministre Mark Carney, qui mise davantage sur le développement des ressources que sur les enjeux climatiques. … Depuis l'élection de Mark Carney, l'ancien militant écologiste semblait avaler compromis après compromis. ».[2]

Au Québec, des compromis de M. Guilbault, tel le pipeline Trans-Mountain ou le projet Baie du Nord, ont amené le mouvement environnemental à voir son bilan comme étant très, très mitigé. Mais à l'autre bout du pays, il était devenu le mouton noir, la tête-de-Turc de tout le mouvement ultraconservateur pro-pétrole de l'Alberta. David Clemenhaga du journal The Tyee affirme que ceux-ci souffrent d'un « cas grave de ‘Syndrome de dérangement anti-Guilbault'. »[3] La tentative de rapprochement avec la Première ministre albertaine, Mme Danielle Smith, par M. Carney est un cadeau pour l'industrie des énergies fossiles.

On comprend et on accepte que M. Carney veuille diversifier nos marchés face à la guerre tarifaire de Trump. Son discours de Davos a été acclamé pour sa lucidité car les puissance intermédiaires, comme le Canada, doivent désormais « lever les coudes » :« Lorsqu'on n'est pas à la table, on figure au menu » a dit Mark Carney à tous les pays qui ont l'impression de se faire dévorer par Donald Trump.[4]

Face à l'ogre, il faut réagir ! Mais dans une guerre, jusqu'où doit-on compromettre nos principes et notre avenir à long terme pour survivre ? Et en réagissant à la menace immédiate des tarifs trumpiens, est-ce qu'à long terme, on ne risque pas d'aggraver les changements climatiques ? Tout un dilemme !

En 2017, M. Carney, en tant que gouverneur de la banque d'Angleterre, avait mis les magnats de la finance en garde contre les coûts des changements climatiques, des coûts dont la croissance exponentielle pourrait ébranler les colonnes du temple économique.[5] Une décennie plus tard, les années de chaleur record se succèdent. Et les climatologues sont presque certains que nous entrons dans une année El Niño. Comme le dit Chris Hatch du National Observer :« Bien que le phénomène El Niño ne soit pas directement lié aux changements climatiques, il arrivera dans un monde où les températures mondiales sont gonflées à bloc. Nous n'avons jamais vu un El Niño frapper une planète surchauffée à ce point par la pollution au carbone. »[6]

Pourtant, il y aurait une autre solution, plus constructive. Le 4 avril 2025, en pleine campagne électorale, plus de 120 élus municipaux, dont Mme Valérie Plante, mairesse de Montréal, et M. Richard Ireland, maire de Jasper en Alberta dont la ville avait été frappée par un grave incendie, demandaient aux candidats des cinq partis politiques d'investir massivement dans les infrastructures municipales. Leur plan en cinq points pourrait être mis en oeuvre pour « créer un véritable boom d'emplois et répondre à l'urgence climatique. »[7] Malheureusement, ce plan a été ignoré.

L'industrie pétrolière et Trump sont des acteurs de mauvaise foi qui nous menacent de plusieurs manières.[8] Quel compromis doit-on faire pour contrer les dangers à court terme que les tarifs trumpiens imposent à notre économie par opposition aux dangers à long terme pour le climat causés par la combustion effrénée des énergies fossiles ?[9] M. Guilbeault semble dire « assez de couleuvres » alors que M. Carney semble encore enclin à serrer la main du diable. Mais mon père, avec son gros bon sens terrien, disait :« Plus le diable en a, plus il en veut ». Peut-on apaiser l'ambition insatiable de l'industrie des combustibles fossiles ?

Celle-ci et ses alliés politiques font le pari qu'ils peuvent utiliser les fonds publics et « l'intérêt national » pour construire des infrastructures qui assureront leur avenir pendant une génération avant que la transition énergétique mondiale déjà amorcée les force sur la voie d'évitement de l'histoire, tout comme le cheval et le boghei au 20e siècle. C'est un bon pari pour ces dinosaures énergétiques ! Mais pour nous ? Pour la génération montante ; celle qui à l'instar de Greta Thunberg crie « How dare you ! ». [10] Pour faire face à Trump, M. Carney mise sur le développement des resources énergétiques fossiles. Par rapport à son discours devant la Lloyd's de Londres en 2017, ce pari risqué est-il un compromis inacceptable pour un homme qui veut changer le cour de l'histoire, car il faut être de la trempe de Churchill ou de de Gaulle, deux hommes qui ont poursuivi leur idéal contre l'agresseur sans compromis ?

Gérard Montpetit
La Présentation
le 14juin 2026

1] https://www.ledevoir.com/politique/canada/983384/steven-guilbeault-est-revenu-chambre-passage-politique-honneur-vie

2] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2256917/steven-guilbeault-depart-vie-politique

3] https://thetyee.ca/Opinion/2026/05/28/Steven-Guilbeault-Drove-Alberta-Petro-Politicians-Nuts/?utm_source=edge&utm_medium=email&utm_campaign=290526

4] https://www.pm.gc.ca/fr/nouvelles/discours/2026/01/20/principes-et-pragmatisme-la-voie-canada-choisie-allocution-du-premier (20 jan. 2026)

5] https://www.nationalobserver.com/2025/09/29/analysis/carney-climate-speech-finance?nih=ljJq7jqVcUUOL2ZyCZkh7QhHx6BF5HaAbLqQQqATe4Y&utm_source=National+Observer&utm_campaign=0184d7414a-EMAIL_CAMPAIGN_2025_09_27_12_00&utm_medium=email&utm_term=0_cacd0f141f-0184d7414a-277064766

6] https://www.nationalobserver.com/2026/06/08/opinion/el-nino-global-heating-emissions?nih=hNCQs09aqzsaC0LXDq2b83JMygRHeVSn30oukIi6e-A&utm_source=National+Observer&utm_campaign=01f95a6f2e-EMAIL_CAMPAIGN_2026_06_06_01_25&utm_medium=email&utm_term=0_cacd0f141f-01f95a6f2e-277064766

7] https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-04-11/face-a-la-crise-tarifaire-et-climatique/

8] https://www.nationalobserver.com/2026/06/11/opinion/carney-carbon-capture-and-storage-oil-industry

9] https://www.nationalobserver.com/2026/06/11/opinion/canada-clean-energy-transition-government-support?nih=M0ue73Q-p03JK99b1hwUTlRf_DpvoSSxdSgYZetMYdU&utm_source=National+Observer&utm_campaign=e2aa9f429c-EMAIL_CAMPAIGN_2026_06_12_12_05&utm_medium=email&utm_term=0_cacd0f141f-e2aa9f429c-277064766

10] Greta Thunberg, la voix qui secoue la planète, par Maëlle Brun, ed L'archipel, 2020 237 pages. Extrait de son discours aux Nations Unies le 23 sept. 2019. Citation à la page 122

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Hausse des tarifs du transport en commun, quand se déplacer devient un luxe

18 juin, par Collectif — , ,
Le 1ᵉʳ juillet prochain, le prix de la carte mensuelle de la STM passera de 104,50 $ à 110 $. Le billet unitaire, lui, coûtera désormais 3,75 $. À ce prix-là, la capacité de se (…)

Le 1ᵉʳ juillet prochain, le prix de la carte mensuelle de la STM passera de 104,50 $ à 110 $. Le billet unitaire, lui, coûtera désormais 3,75 $. À ce prix-là, la capacité de se déplacer pour répondre à ses besoins et vaquer à ses activités de la vie courante devient carrément impossible pour bien des personnes.

Nous dénonçons les tarifs trop élevés des transports en commun depuis longtemps. Nous dressons, année après année, le sombre portrait de la hausse du coût de la vie auquel s'ajoutent les frais de transport : les loyers explosent, l'épicerie est hors de prix, les factures augmentent, les revenus ne suivent pas l'inflation, sans parler des prestations d'aide sociale qui maintiennent les personnes dans une grande pauvreté. Les gens s'appauvrissent et plusieurs n'ont plus de marge de manœuvre. Chaque dollar compte, tout coûte de plus en plus cher, des choix s'imposent : de quoi va-t-on se priver ?

Évidemment que dans ce contexte, c'est le budget transport qui écope souvent en premier. Pour plusieurs, la carte mensuelle est trop chère à payer d'un coup. L'ironie, c'est que payer ses déplacements à l'unité coûte aussi très cher, 7,50$ pour un aller-retour, disons que c'est un pensez-y bien quand notre budget est restreint ! Résultat : des gens limitent leurs déplacements, s'isolent ou renoncent à certains besoins essentiels en coupant sur le budget d'épicerie par exemple. Concrètement, ça signifie de reporter des rendez-vous médicaux, d'annuler des activités familiales ou communautaires, de compter ses déplacements pour les activités de la vie courante, pour des démarches de recherche d'emploi, etc.

Pouvoir se déplacer n'est pas un luxe et ne devrait jamais être un privilège. La capacité de se déplacer est essentielle et permet d'exercer ses droits : travailler, étudier, se loger, se nourrir, recevoir des soins, maintenir des liens sociaux, participer pleinement à la société. Le prix n'est d'ailleurs pas le seul obstacle à la mobilité. De nombreuses personnes vivent aussi d'autres barrières : machines et applications numériques devenues incontournables, difficulté à se repérer dans le réseau, obstacles insurmontables pour les personnes en fauteuil ou avec une marchette, problèmes dans le transport adapté, sentiment d'insécurité vécu notamment par les femmes et les personnes issues des minorités. Ajouter des hausses tarifaires ne fait qu'exclure davantage des personnes qui l'ont déjà difficile.

Pourtant le transport en commun est un service public. Par définition, il devrait donc répondre aux besoins de la population, assurer le respect des droits, permettre l'inclusion sociale et réduire les inégalités. Dans l'état des choses, alors qu'on fait porter une part importante du financement du réseau sur les épaules de la population qui l'utilise, pourquoi le gouvernement ne le traite pas comme tel ? Faut-il rappeler que les investissements publics favorisent largement l'automobile. Ce déséquilibre a des conséquences bien réelles sur la vie des gens. Les routes sont gratuites, alors pourquoi le transport en commun ne l'est pas aussi ?

Chaque hausse envoie aussi un drôle de message. Les élus répètent sans cesse qu'ils veulent réduire les émissions de gaz à effet de serre, diminuer la congestion et encourager le transport collectif, mais on rend celui-ci toujours plus cher et moins accessible. Cherchez l'erreur !

Le transport collectif est essentiel. Il permet à la ville de fonctionner. Il réduit les inégalités sociales et contribue à la transition écologique. Pourtant, ce sont encore les personnes qui ont le moins de moyens qui doivent absorber les augmentations.

Chaque hausse est une hausse de trop ! Nous demandons le gel des tarifs et la mise en place d'une tarification sociale basée sur le revenu, dans une perspective de gratuité. C'est une question de justice sociale et environnementale !

ll est temps de cesser de considérer le transport collectif comme une dépense dont la population doit assumer une part toujours plus grande. Nous avons besoin d'un réseau de transport en commun accessible, juste et inclusif, financé publiquement à la hauteur des besoins de tout le monde ; parce que pouvoir se déplacer, c'est un droit qui ne devrait pas dépendre de la taille de son portefeuille.

Signée par :

Julie Corbeil, Table régionale des organismes volontaires d'éducation populaire (TROVEP) de Montréal

Isabelle Mailloux- Béique, Association coopérative d'économie familiale du Nord de Montréal

Frédéric Vachon, Exaequo

Dominic Palladini, Regroupement des usagers·ères du transport adapté

Alexia Fauvre, Centre communautaire Radisson

Nicolas Lemieux, Mouvement pour un transport public abordable

Rédaction Presse toi à gauche

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Nous sommes une très petite équipe de bénévoles. Si nous ne voulons pas nous épuiser, nous devons améliorer notre fonctionnement.

Dans cet objectif, nous apprécierions que vos articles nous parviennent avant jeudi midi pour publication le mardi suivant….sinon ce sera au mardi suivant.

Merci de votre compréhension.
*****
Bonjour

Scénario de la pause d'été pour PTAG

Dernière réunion du comité de rédaction avant la pause estivale Dernière édition de la session printemps-été
11 juin 16 juin
Première réunion du comité de rédaction après la pause estivale Première édition de la session automne-hiver
13 août 18 août

Merci de nous avoir fait parvenir vos textes.

Voici le lien de la publication

https://www.pressegauche.org/Petion-Ville-Haiti-16-Juin-2026-L-Organisme

N'hésitez pas à nous en faire parvenir d'autres

Merci de collaborer avec Presse toi à gauche

Ginette rédaction Presse toi à gauche

L’indépendance ne pourra se réaliser sans un projet de société

18 juin, par André Frappier, Geru Schneider — , ,
La droite nationaliste accuse la gauche de poser des conditions à l'indépendance. Mais c'est elle qui exige le silence. Et ce silence a un prix. Le texte de Jimmy Thibodeau (…)

La droite nationaliste accuse la gauche de poser des conditions à l'indépendance. Mais c'est elle qui exige le silence. Et ce silence a un prix.

Le texte de Jimmy Thibodeau [1] repose sur une inversion politique assez grossière : il accuse la gauche indépendantiste de poser des conditions à l'indépendance, alors que la véritable pression vient de ce qu'il défend lui-même. Tout accepter au nom de l'unité nationale. Accepter les discours qui ciblent les personnes immigrantes, racisées, musulmanes, juives, LGBTQ ou issues de minorités religieuses. Accepter que le rapport de nation à nation avec les Premiers Peuples soit remis à « plus tard ». Accepter que des mouvements identitaires associés à l'extrême droite, comme Nouvelle Alliance, gravitent dans la nébuleuse souverainiste sans que le camp nationaliste ne s'y offusque [2].

Ce dernier point ne peut pas être esquivé. Nouvelle Alliance véhicule un nationalisme d'exclusion fondé sur la suspicion envers les personnes immigrantes et les minorités religieuses. Laisser ce discours occuper de l'espace sans le nommer, c'est envoyer un message clair à toutes les personnes qu'il cible : ce projet n'est pas pour vous. Et tant que ce message persiste, la majorité référendaire restera hors de portée. On ne bâtit pas un pays en tolérant ceux qui en excluent une partie avant même qu'il existe. Quand un mouvement qui prétend parler au nom du peuple québécois refuse de se distancer d'un courant qui en exclut une partie, il faut se demander de quel peuple il parle.

Voilà le véritable souverainisme conditionnel : conditionner l'unité indépendantiste au silence de la gauche, des minorités et des Premiers Peuples.

Poser des exigences démocratiques à un projet politique ne revient pas à le refuser. C'est le prendre au sérieux. Le faux dilemme de la droite nationaliste consiste à dire : soit vous signez sans lire, soit vous n'êtes pas vraiment souverainistes. Mais l'indépendance n'est pas un contrat d'adhésion. Elle ne peut pas exiger le silence de celles et ceux qui veulent justement en faire un projet de libération.

Deux référendums. Deux défaites. Recommencer sans tirer les leçons, sans proposer un projet de société capable de convaincre une majorité, c'est condamner l'indépendance à la dormance pour une autre génération. Ce projet mérite une nouvelle démarche à la hauteur de son ambition.

Cette démarche existe. C'est la démarche constituante. Elle n'est pas une esquive ni une condition supplémentaire. Elle est une réponse offensive à la faiblesse stratégique la plus profonde du mouvement souverainiste : l'absence d'un projet visible et approprié par la population. Sans projet clair, l'indépendance reste une promesse abstraite que le camp fédéraliste transforme en épouvantail à chaque cycle électoral. Avec un processus constituant ouvert et démocratique, elle devient une proposition concrète. La question nationale n'appartient pas à un seul parti ni à l'Assemblée nationale.

Elle appartient à toute la population. C'est précisément ce que propose Québec solidaire : une vaste démarche de démocratie participative pour que ce débat soit celui de tout le monde. Plutôt que de défendre l'indépendance contre la peur, on construit le pays contre l'immobilisme. Ce n'est pas reculer. C'est changer de terrain pour gagner. Cette approche est unique, et c'est le seul parti à la porter.

Ce déplacement est d'autant plus nécessaire que même les organisations souverainistes le reconnaissent. Le rapport récent des OUI Québec, issu d'une vaste consultation de la société civile, est sans équivoque : des inquiétudes persistent face aux discours nationalistes parmi les personnes issues de l'immigration, et proposer un véritable projet de société apparaît comme presque incontournable.

Quand les propres alliés du mouvement tirent cette conclusion, ignorer le diagnostic relève de l'entêtement, pas de la stratégie. On ne peut pas plaider l'unité souverainiste tout en rejetant les seules propositions capables de construire une majorité réelle.

La droite nationaliste peut bien accuser la gauche de tous les maux souverainistes. Mais qu'elle commence par reconnaître les conditions qu'elle impose elle-même : le silence devant les dérives identitaires, le refus d'un projet débattu, l'idée que le monopole du projet national lui appartiendrait de droit.

Il ne lui appartient pas. Québec solidaire porte depuis des décennies un projet, une stratégie et une vision de ce pays. Il suffirait d'un peu de maturité politique pour l'écouter.

L'indépendance ne se construira pas malgré une partie du peuple. Elle se construira avec tout le peuple. Ou elle ne se fera pas.

Signataires :
André Frappier — ex-co-porte-parole de Québec solidaire
Geru Schneider — Candidat pour Québec solidaire à Chomedey et militant


Pétion-Ville, Haïti, 16 Juin 2026 L’Organisme...

18 juin, par 'Ensemble des Citoyens Compétents à la Recherche de l'Égalité des Droits de l'Homme en Haïti (ECCREDHH) — , ,
Pétion-Ville, Haïti, 16 Juin 2026 L'Organisme de Défense des Droits Humains stupéfie par la défaillance de la politique de sécurité et aux violations systémiques des droits (…)

Pétion-Ville, Haïti, 16 Juin 2026

L'Organisme de Défense des Droits Humains stupéfie par la défaillance de la politique de sécurité et aux violations systémiques des droits humains en Haïti

L'Organisme de Défense des Droits Humains ECCREDHH condamne fermement la recrudescence des enlèvements en Haïti, qui constituent une violation flagrante des droits humains fondamentaux.

L'enlèvement récent du professeur James Boyard, cadre de la police nationale et chef de cabinet au ministère de la Défense, illustre l'échec critique de la politique de sécurité actuelle. Quand les acteurs chargés de planifier l'ordre public deviennent eux-mêmes des cibles, cela démontre l'inefficacité des mesures étatiques et l'impunité dont jouissent les réseaux criminels. Cette crise met en lumière l'incapacité ou le manque de volonté politique des dirigeants pour réformer la politique de sécurité et démanteler l'économie du kidnapping.

En fait, la passivité des autorités face à cette terreur quotidienne prive la population de ses droits humains les plus élémentaires, à commencer par le droit à la vie et à la sûreté. Pourtant, la sécurité est une obligation régalienne garantie à la fois par la Constitution haïtienne et par les traités internationaux relatifs aux droits humains ratifiés par l'État.

L'Organisme de Défense des Droits Humains ECCREDHH estime que l'inaction systématique des gouvernants face à ce droit inaliénable soulève dès lors de graves questions sur leur responsabilité politique et leur respect des engagements juridiques.


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𝐀̀ 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐨𝐬 𝐝𝐞 𝐄𝐂𝐂𝐑𝐄𝐃𝐇𝐇

L'Ensemble des Citoyens Compétents à la Recherche de l'Égalité des Droits de l'Homme en Haïti (ECCREDHH) est une organisation dédiée à la promotion et la défense des droits humains, à l'éducation et à la recherche en Haïti. Elle œuvre pour une société plus juste et inclusive à travers des actions concrètes et des partenariats stratégiques.

Le pouvoir de pirater les esprits

17 juin, par Sally Burch — , ,
L'article analyse les utilisations de l'intelligence artificielle comme instrument de contrôle social par les grandes entreprises technologiques. Les impacts, réels et (…)

L'article analyse les utilisations de l'intelligence artificielle comme instrument de contrôle social par les grandes entreprises technologiques. Les impacts, réels et potentiels, de l'intelligence artificielle (IA) sur la société suscitent une préoccupation et une inquiétude croissantes.

7 juin 2026 | tiré du site Entre les lignes entre les mots

Plusieurs études indiquent que, par exemple, en raison de la conception actuelle des systèmes d'IA, leur fonctionnement détériore des institutions civiques fondamentales (comme les universités, le droit, le journalisme, la démocratie), en érodant l'expérience, en court-circuitant le processus décisionnel et en isolant les individus les uns des autres. Cela risque même d'entraîner sa destruction.

Le discours culturel dominant dans le domaine de l'IA porte atteinte à la diversité et à l'altérité, dans une sorte de « piratage cognitif » des identités, des valeurs et des croyances culturelles et sociales. Il a également été démontré que la difficulté à distinguer les informations vraies des fausses entraîne une méfiance générale envers les institutions et la démocratie.

Les mesures visant à atténuer ces impacts tendent à mettre l'accent sur la nécessité d'établir des codes de déontologie et des normes législatives afin d'encadrer leur développement. Des mesures sans aucun doute nécessaires, mais manifestement insuffisantes pour inverser la tendance actuelle. Il est évident que ces impacts ne sont pas simplement dus à des négligences ou à des accidents résultant du développement accéléré de la technologie, auxquels des mesures appropriées pourraient remédier, mais qu'ils font partie intégrante du modèle économique lui-même.

Historiquement, chaque avancée scientifique et technologique ouvre de multiples perspectives, mais son développement, sa diffusion et ses utilisations sont principalement déterminés par les normes imposées par les centres de pouvoir. Aujourd'hui, du moins en Occident, ce développement est concentré entre les mains des méga-entreprises numériques américaines (les bigtech), qui, depuis près de trois décennies, consolident, avec le soutien du capital financier, non seulement leur modèle économique, mais aussi, grâce à leur étroite collaboration avec l'État, le cadre géopolitique et la structure institutionnelle qui le sous-tend. C'est ce que Shoshana Zuboff appelle le « capitalisme de surveillance ». Ce cadre englobe, entre autres, les politiques publiques qui leur sont favorables, la gouvernance en matière de libre circulation des données, les traités commerciaux, les accords conclus par des institutions internationales et les infrastructures militaires de surveillance.

Attention captive

La condition sine qua non pour que les grandes entreprises technologiques puissent réaliser des bénéfices et consolider leur pouvoir est l'extraction constante de données. Si, au départ, l'objectif était d'améliorer ses services, cela a rapidement permis de générer des profils et des prévisions comportementales vendus à des annonceurs, des services de sécurité, etc., pour ensuite intégrer des mécanismes visant à influencer ces comportements. De plus, ces données servent de matière première aux modèles d'apprentissage de l'IA : ils doivent donc capter l'attention des utilisateurs afin que ceux-ci interagissent en permanence avec leurs systèmes et fournissent un éventail de données de plus en plus large (sur leurs goûts, leurs habitudes, leurs achats, leurs relations, voire leur vie intime), tout en étant exposés à la publicité. Afin de perfectionner ces techniques, des ressources considérables sont investies dans la recherche sur le fonctionnement du cerveau humain (notamment les neurosciences et les neurotechnologies), dans le but, entre autres, de pouvoir manipuler les individus plus efficacement.

Comme le résume l'organisation Friends of Attention : « Les systèmes d'intelligence artificielle utilisent aujourd'hui toute leur intelligence (et toutes nos données) pour découvrir comment manipuler, séduire et corrompre, dans le but de maximiser la “participation” humaine, c'est-à-dire l'attention quantifiée. Et ils y parviennent […] Ces systèmes ne sont généralement pas réglementés, ils opèrent aussi bien pour les enfants que pour les adultes et visent constamment à manipuler ce que nous voyons et désirons ; ils constituent donc rien de moins qu'un bio-piratage à l'échelle mondiale. »

À cet égard, certaines études montrent que la dispersion de l'attention humaine résultant d'une présence constante dans le monde virtuel affecterait les capacités cognitives elles-mêmes, en particulier chez les jeunes, avec le risque de voir émerger des générations dotées d'une capacité de réflexion critique moindre.

IA et guerre hybride

Cependant, certains éléments indiquent qu'aujourd'hui ce système entre dans une nouvelle phase où l'exploitation de nos données à des fins lucratives passe au second plan, tandis que prévaut la recherche d'un contrôle social stratégique des structures politiques, des réalités sociales et des esprits, par le biais d'une guerre culturelle et cognitive qui, par persuasion ou intimidation, vise à éliminer toute résistance ou obstacle à ce projet des grandes entreprises technologiques. Cette offensive allie idéologie et techniques militaires, transformant l'intelligence artificielle elle-même en arme.

Non pas que la guerre culturelle soit une nouveauté. Tout projet de pouvoir cherche à imposer sa vision du monde comme culture dominante afin de s'établir comme norme, de gré ou de force, ou par une combinaison des deux. Ainsi, pendant plusieurs décennies, nous avons vu comment le néolibéralisme, un projet idéologique de domination incapable de se légitimer par lui-même, a cherché à se présenter comme inévitable à travers des constructions symboliques trompeuses, sans exclure la coercition, afin de promouvoir l'individualisme, le libre marché, la réduction de l'État, etc., en symbiose totale avec « l'industrie culturelle ».

À cet égard, il convient de rappeler qu'à la fin des années 80, le Conseil pour la sécurité interaméricaine a adopté le rapport Santa Fe II intitulé « Une stratégie pour l'Amérique latine dans les années 90 », qui, dans le but de contrer ce qu'il a appelé « étatisme », établit comme nécessaire pour combattre les groupes et initiatives qui favorisent la prise de conscience, dans un esprit de solidarité et de critique vis-à-vis des pouvoirs établis (en référence au communisme gramscien, à la théologie de la libération et même à l'éducation et à la communication populaires). À cette fin, il propose une politique de conflits de faible intensité (CFI), dont l'élément fondamental est une stratégie militaire qui, au-delà de l'anéantissement physique, vise à soumettre l'ennemi en conquérant « les cœurs et les esprits » de la population ; et lorsque cela s'avère impossible, en brisant le dernier atout qui lui reste : l'espoir. Une formule qui vise à allier la force et le consensus pour dominer, avec les conséquences néfastes que nous subissons actuellement.

Ces derniers temps, ce projet de domination a pris des formes plus subtiles, s'immisçant dans la vie quotidienne de la population par le biais des technologies numériques, et il est désormais renforcé par l'intelligence artificielle, avec le soutien direct des grandes entreprises technologiques. Gaza en est un exemple frappant, mais cette logique s'applique également aux autres pays lorsque le pouvoir l'exige.

Il existe déjà de nombreux témoignages indiquant que Palantir a fourni à Israël une technologie permettant d'espionner, à l'aide de l'IA, des membres potentiels du Hamas à Gaza, en prélude à des massacres. Des techniques similaires sont désormais utilisées aux États-Unis pour surveiller et intimider (notamment à l'aide de drones) des militants qui s'opposent à la répression et à l'arrestation des migrants par le Service de l'immigration et des douanes (ICE), ou même ceux qui s'opposent simplement à ces mesures de surveillance, au nom de la protection de la vie privée.

Parmi les voix les plus critiques à l'égard de ces faits, on trouve plusieurs anciens employés de ces mêmes géants de la tech qui ont démissionné, ou ont été licenciés, en raison de leurs divergences d'opinion. L'un d'entre eux, Juan Sebastián Pinto, qui a travaillé chez Palantir (entreprise de big data liée à des opérations d'espionnage), affirme : « Lorsque les armées dépendent autant des données et de l'automatisation, la mise en place de réseaux de surveillance à grande échelle devient rapidement une priorité absolue. Les efforts visant à cartographier le monde à l'aide de satellites, de drones et de données, dans le but de repérer des cibles et de prévoir les résultats, conduisent finalement à la surveillance et à la cartographie de ce que les militaires appellent le “domaine cognitif”. Cela implique de cartographier l'opinion publique, les réseaux sociaux, l'influence et la réputation comme un champ de bataille à part entière. » Et c'est précisément pour cette raison que « l'Internet est devenu un lieu où se livrent de véritables guerres aux conséquences mortelles », où « un tweet peut déterminer la cible d'une attaque par drone et tuer des civils à l'autre bout du monde » et où « le succès dépend en grande partie de la capacité à exercer le pouvoir de l'information dans le but de tromper, de désinformer ou d'effrayer ses ennemis ».

Les experts militaires appellent ce phénomène de « guerre de génération » (5GW selon l'acronyme anglais) ou de « guerre hybride ». Il s'agit d'une forme de guerre qui repose en grande partie sur la surveillance par le biais de l'intelligence artificielle, le contrôle du discours et la désinformation, l'exploitation des réseaux sociaux, voire sur la mise au point de méthodes de plus en plus inhabituelles et cruelles de punition et d'assassinat. Il vise généralement à inverser l'ordre politique ou à produire des changements culturels, souvent en utilisant des méthodes occultes, afin que la population ne comprenne pas ce qui se passe. Et Pinto ajoute que « le pire effet secondaire de la guerre 5 GW est qu'elle transforme tout le monde, tant dans le pays qu'à l'étranger, en cible de guerre ».

Et s'il subsiste encore des doutes quant aux intentions d'entreprises telles que Palantir, il suffit de lire ce qu'en a dit le PDG de cette société, Alex Karp, lors d'une interview : « Le meilleur moyen d'instaurer la paix dans ce monde est d'effrayer nos adversaires lorsqu'ils se réveillent, lorsqu'ils s'endorment et lorsqu'ils sont avec leurs amants (…) Le moyen le plus efficace d'obtenir un changement social est d'humilier l'ennemi et de l'appauvrir. »

Construire des narratives alternatives

Alors, comment pouvons-nous riposter à ces offensives de guerre culturelle et de guerre hybride ? Bien qu'il n'y ait pas de réponse simple ou uniforme, il existe sans aucun doute des conditions indispensables. La première étape consisterait à étudier et à comprendre ce qui se passe dans chaque contexte, puis à diffuser largement ces connaissances. La deuxième consiste à renforcer la solidarité et à construire un discours qui s'oppose au discours dominant : un discours qui démontre, par exemple, que le modèle actuel de développement des technologies numériques et de l'IA n'est pas le seul possible, et que nous pouvons le réorienter pour qu'il serve l'intérêt général. Pour cela, il sera également important de nouer des alliances avec les gouvernements et les acteurs politiques qui partagent ces préoccupations. Des alliances, par exemple, pour développer la souveraineté numérique, défendre les droits fondamentaux ou soumettre des propositions aux instances internationales qui fonctionnent encore. Enfin, nous pouvons choisir, dans la mesure du possible, d'utiliser des technologies libres qui ne transmettent pas nos données aux grandes entreprises et ne contribuent pas à enrichir ces dernières.

Sally Burch, 28/05/2026 |

Sally Burch est une journaliste anglo-équatorienne, membre de l'Agence Latino-Américaine d'Information (ALAI). Ce texte a été initialement publié dans le magazine América Larina emMovimento nº559, en février 2026.
https://capiremov.org/fr/analyse/le-pouvoir-de-pirater-les-esprits/

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Québec solidaire : le débouché politique du camp populaire

16 juin, par Bernard Rioux, pour le Comité de rédaction de Presse-toi à gauche ! — ,
Le paysage politique québécois est traversé par une crise profonde. Les partis qui se sont succédé au pouvoir ont tous, à des degrés divers, servi les intérêts de la classe (…)

Le paysage politique québécois est traversé par une crise profonde. Les partis qui se sont succédé au pouvoir ont tous, à des degrés divers, servi les intérêts de la classe dominante au détriment de la majorité populaire. L'impasse des partis néolibéraux explique la volatilité des intentions de vote. La majorité populaire est à la recherche d'une alternative. Il est plus important que jamais que Québec solidaire réponde à cette aspiration et que le camp populaire se regroupe derrière ce parti de la gauche québécoise.

La CAQ, un bilan antipopulaire sur toute la ligne

Le gouvernement de la CAQ, malgré ses promesses de « troisième voie », a mené une politique résolument néolibérale : cadeaux fiscaux aux grandes entreprises, ouverture du système de santé au privé, détérioration profonde des services publics, absence de politique de logement social, et creusement des inégalités sociales. Il s'est attaqué au droit de grève et a cherché à réduire la portée de l'action syndicale à la seule gestion des conventions collectives.

Il a abandonné toute ambition sérieuse en matière de transition écologique. Il a affaibli les protections environnementales et repoussé les cibles de réduction des émissions de GES ainsi que de réduction de l'utilisation des voitures thermiques.

Incapable d'arracher la moindre concession significative à Ottawa, il a cherché à masquer ses échecs en désignant les personnes immigrantes comme boucs émissaires, attisant les divisions et normalisant la discrimination envers les personnes racisées, arabes et musulmanes.

Le Parti québécois, une dérive droitière assumée

Le Parti québécois, en dépit de sa domination dans les sondages, ne représente pas une alternative. Sur le plan économique, le PQ de PSPP se positionne clairement à droite du spectre social-démocrate qu'il a longtemps incarné. Ces derniers mois, le PQ s'est engagé à réformer le système d'aides publiques pour alléger le fardeau administratif et fiscal des PME. La promesse d'un Québec « riche » s'inscrit dans les cadres géopolitiques de l'impérialisme américain, adossée à un programme économique qui ne fait aucune place à une redistribution sérieuse de la richesse, et qui demeure muet sur les grandes questions de justice sociale, écologique et démocratique.

Son nationalisme identitaire, qui lie immigration, crise du logement et avenir du français, reproduit la même logique d'exclusion que la CAQ. PSPP l'a lui-même affirmé : un Québec souverain devrait aligner ses politiques économiques et militaires sur celles des États-Unis. Une indépendance sans rupture avec le néolibéralisme ni avec l'impérialisme n'est pas une indépendance — c'est un changement d'enseigne qui, excluant les populations issues de l'immigration, divisera le Québec et n'aura aucune chance de réussir. [1]

Le Parti libéral du Québec, une longue tradition de soumission aux intérêts du patronat

Le Parti libéral du Québec, quant à lui, est en état d'effondrement dans le Québec francophone, et pour cause : ses années au pouvoir ont été marquées par des coupures massives dans les services sociaux, la privatisation du système de santé sous Barrette, l'affaiblissement du réseau de la petite enfance et des attaques répétées contre les classes populaires au profit des entrepreneurs, des cliniques privées et des multinationales.

Le PLQ cherchera d'abord à rassurer : rassurer les marchés, les investisseurs, les institutions fédérales, en promettant le retour à l'ordre, à la prévisibilité et à l'orthodoxie économique, tout en se posant en gardien de l'ordre fédéral face au souverainisme péquiste. Ce bloc social existe, mais il est étroit, sociologiquement minoritaire et politiquement fragile, incapable de produire une hégémonie durable dans une société traversée par de profondes aspirations nationales, sociales et écologiques.

Le Parti conservateur ou la normalisation de la droite extrême

Enfin, le Parti conservateur du Québec achève ce portrait en poussant l'ensemble du débat vers la droite : ultralibéralisme économique, climatoscepticisme assumé et promotion des hydrocarbures, démagogie anti-État inspirée du trumpisme. Même sans perspective réelle de pouvoir, il contribue à normaliser des positions réactionnaires et dangereuses pour les droits de la majorité populaire.

Québec solidaire comme seule alternative crédible

Dans ce contexte de recomposition politique, Québec solidaire occupe une position stratégique unique. Issu des mouvements sociaux, porteur d'un projet articulant justice sociale, transition écologique et approfondissement démocratique, il est le seul parti à refuser l'alignement sur les droites économiques et identitaires qui dominent le débat politique. Sa plateforme, qui soutient la redistribution de la richesse, la défense des locataires, l'élargissement des services publics, la protection des droits des travailleuses et travailleurs et les revendications des femmes, répond concrètement aux besoins de la majorité populaire là où les autres partis ne proposent que des variantes du même modèle néolibéral.

Bien sûr, la plateforme de Québec solidaire ne trace pas encore la voie d'une réelle contre-offensive, tant en ce qui a trait à la nationalisation et à la socialisation des richesses naturelles qu'à la perspective d'une véritable planification écologique basée sur l'extension de la démocratie économique. Mais Québec solidaire défend clairement les acquis, rejette les logiques néolibérales et constitue un levier réel pour les luttes populaires — ce qu'aucun autre parti ne peut honnêtement revendiquer.

La prochaine élection ne sera pas une élection ordinaire. Nous sommes dans un moment d'interrègne : l'ancien bloc au pouvoir se délite, aucun projet hégémonique alternatif ne s'est encore imposé. Dans cette période de flottement et de polarisation, la recomposition politique se jouera dans le cadre de ces élections, mais également dans la capacité des mouvements sociaux à donner une cohérence politique aux colères, aux aspirations et aux luttes dispersées. C'est précisément là que Québec solidaire peut jouer un rôle décisif — à condition de se concevoir non comme une simple machine électorale, mais comme un outil au service de la mobilisation populaire.

Un appel aux militantes et militants des mouvements sociaux

Des militantes et des militants du mouvement syndical, du mouvement des femmes et des mouvements écologistes, populaires et étudiants ont lancé Québec solidaire pour défendre un projet de société visant à définir le Québec que nous voulons.

Face aux attaques prévues par les partis néolibéraux, Québec solidaire propose rien de moins que la défense des conditions de vie de la population et un projet social et écologique à la hauteur des défis que nous traversons. Québec solidaire peut et doit être le débouché politique de la résistance aux politiques réactionnaires des partis néolibéraux.

Se limiter à interpeller les gouvernements, à défendre des revendications sectorielles ou à « mettre tous les partis dans le même sac » revient à s'enfermer dans une posture défensive que l'histoire a maintes fois démontrée insuffisante. Si le camp populaire veut réellement mettre fin à l'offensive actuelle contre ses conditions de vie et nos droits démocratiques, il doit poser la question du pouvoir — et y répondre.

Cela signifie concrètement : s'engager dès maintenant dans la campagne électorale aux côtés de Québec solidaire. Les militantes et militants des syndicats, des groupes communautaires, des mouvements féministes, écologistes, étudiants et de défense des droits ont la responsabilité d'investir le terrain électoral, de porter le projet d'un Québec égalitaire et solidaire jusque dans leurs milieux, leurs quartiers, leurs lieux de travail.

Il ne s'agit pas de dissoudre l'autonomie des mouvements dans un projet partisan, ni de subordonner leurs mandats à des impératifs électoraux. Il s'agit, tout en préservant cette autonomie, de reconnaître que la lutte pour le pouvoir politique est inséparable de la lutte sociale — et que laisser ce terrain à nos adversaires de classe serait une erreur historique.

Québec solidaire peut et doit être le point d'appui d'une alternative offensive et majoritaire. Mais cette alternative ne se construira pas sans nous. L'heure est à la mobilisation.


[1] Pour une discussion sur les stratégies de lutte pour l'indépendance du Québec voir l'article suivant : Retour sur les débats stratégiques au coeur de la lutte pour l'indépendance du Québec

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