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Action rapide en ligne : dites à Carney votre refus de l’agression illégale contre l’Iran

4 mars, par Collectif de Québec pour la paix — , , ,
Pour envoyer une lettre au PM Carney en quelques secondes Dites à Carney votre refus de l'agression illégale contre l'Iran « Les États-Unis et Israël ont lancé une (…)

Pour envoyer une lettre au PM Carney en quelques secondes

Dites à Carney votre refus de l'agression illégale contre l'Iran

« Les États-Unis et Israël ont lancé une attaque illégale contre l'Iran qui a tué plus de 780 Iraniens au cours des premiers jours et déclenché une guerre régionale dévastatrice. Les Nations unies ont condamné cette attaque pour violation de la Charte des Nations unies et atteinte à la paix et à la sécurité internationales.

L'opération de changement de régime, menée par les criminels de guerre Donald Trump et Benjamin Netanyahu, est un acte d'agression dangereux et illégal qui a saboté les négociations sur le programme nucléaire iranien.

Malgré l'illégalité flagrante de cette guerre, le premier ministre Carney a toutefois exprimé son soutien inconditionnel aux attaques américano-israéliennes, déclarant que « le Canada soutient les États-Unis dans leurs efforts pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire et empêcher son régime de menacer davantage la paix et la sécurité internationales ».

Alors que Trump et Netanyahu entraînent la région dans la guerre, le Canada les encourage de manière honteuse. Le Canada devrait être une voix en faveur de la désescalade, et non un promoteur de l'agression américano-israélienne.

Joignez-vous à nous pour envoyer un courriel au premier ministre Carney et à la ministre des Affaires étrangères Anand afin de leur demander de retirer leur soutien aux attaques illégales des États-Unis et d'Israël contre l'Iran et d'imposer des sanctions à Israël. »

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8 mars : Vive les femmes en lutte contre l’extrême droite !

4 mars, par Comité international (CI) de la Quatrième Internationale — ,
Partout dans le monde, les femmes mettent en place des réseaux de solidarité, des moyens de protection et de dénonciation contre toutes les formes de violence, qu'elle soit (…)

Partout dans le monde, les femmes mettent en place des réseaux de solidarité, des moyens de protection et de dénonciation contre toutes les formes de violence, qu'elle soit domestique, militaire impérialiste ou fasciste. Les femmes construisent des résistances sur leurs territoires contre la faim, la pauvreté, les guerres, l'extractivisme, l'effondrement climatique et la privation de droits.

C'est dans ce cadre que la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes aura lieu avec l'occupation des rues et des territoires du monde entier contre l'autoritarisme fasciste. Nous marcherons inspirées par les luttes anti-impérialistes, socialistes, antiracistes, antipatriarcales et écosocialistes du monde entier. Nos voix résonneront contre les multimillionnaires et leurs sociétés transnationales qui exploitent de plus en plus le travail des femmes pour augmenter leurs profits. C'est pourquoi nous clamons haut et fort que toutes les vies et les biens communs de la nature valent plus que les profits du capital.

Nous marcherons :

Contre l'impérialisme américain de Donald Trump, qui persécute les immigrant·es, les personnes noires, les femmes et la population LGBTQIAPN+ aux États-Unis et dans le monde ;

Contre le régime tout aussi misogyne, homophobe et sanguinaire de Poutine et son invasion de l'Ukraine ;

Contre le régime meurtrier et brutal de l'Iran ;

Contre le génocide du peuple palestinien perpétré par Netanyahou et Trump, avec la complicité des gouvernements européens.

Nous marcherons pour défendre l'Amérique latine et les Caraïbes, en dénonçant le blocus criminel imposé au peuple cubain et l'intervention politico-militaire au Venezuela. Contre les grandes entreprises technologiques et le complexe militaro-industriel étatsunien qui attaquent la souveraineté des peuples du monde entier en contrôlant les plateformes numériques des réseaux sociaux qui propagent les idées d'extrême droite, le conservatisme, le racisme et la misogynie.

Nous marcherons pour la justice reproductive, pour la dépénalisation de l'avortement, pour un avortement sûr, légal et gratuit. Pour la libération de nos corps, l'autodétermination et la liberté de choisir notre orientation sexuelle et notre identité de genre.

Nous marcherons en comprenant l'importance de la grève des femmes comme outil qui met en évidence le rôle du travail productif et reproductif dans le maintien de la société et la préservation de toutes les formes de vie. Nous marcherons pour l'autodétermination des peuples, pour la paix et la démilitarisation de la vie, et nous lutterons contre toutes les guerres en cours dans le monde.

Nous sommes solidaires des femmes palestiniennes, vénézuéliennes, cubaines, russes, ukrainiennes, iraniennes, kurdes, afghanes, soudanaises et congolaises, ainsi que de toutes les femmes du monde qui résistent aux occupations et aux conflits armés. Nous exigeons la paix et la fin des interventions impérialistes qui pillent les territoires, violent nos corps et maintiennent les privilèges des plus riches.

Motion adoptée par le Comité international de la Quatrième Internationale.
25 février 2026

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Non à la complicité du premier ministre Mark Carney avec Donald Trump et Benyamin Netanyahou dans leur guerre contre l’Iran !

3 mars, par Bernard Rioux — , ,
I. Une guerre criminelle et des prétextes fallacieux Le 28 février 2026, Donald Trump et Benyamin Netanyahou ont déclenché une attaque militaire massive contre l'Iran, tuant, (…)

I. Une guerre criminelle et des prétextes fallacieux

Le 28 février 2026, Donald Trump et Benyamin Netanyahou ont déclenché une attaque militaire massive contre l'Iran, tuant, dès les premiers jours, au moins 555 personnes en Iran, dont plus de 150 enfants — des enfants assassinés dans une école à Minab.

Le prétexte avancé — et repris par Mark Carney —, empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, relève d'une hypocrisie criante. Ce même argument, mot pour mot, fut utilisé en 2003 par George W. Bush et Tony Blair pour justifier l'invasion de l'Irak, prétendant que Bagdad pouvait frapper des cibles occidentales avec « 45 minutes de délai ». L'Iran avait par ailleurs consenti à des concessions sur son programme d'enrichissement et proposé d'ouvrir ses ressources pétrolières et gazières aux marchés américains.

Cette guerre doit être comprise pour ce qu'elle est : une agression impérialiste inscrite dans le virage ouvertement colonialiste des États-Unis, dirigés par un néofasciste, dans un contexte de concurrence accrue entre puissances pour l'accès aux ressources. L'enlèvement de Nicolás Maduro au Venezuela, les menaces contre le Groenland, le génocide en cours contre les Palestinien·nes, l'annexion de la Cisjordanie et, maintenant, les bombes sur Téhéran s'inscrivent dans un même continuum : la violence érigée en instrument de domination géopolitique.

II. Mark Carney : l'ombre de Davos et les réponses des partis d'opposition

Il y a moins de deux mois, Mark Carney montait à la tribune du Forum économique mondial de Davos pour dénoncer un ordre international brisé. Il déclarait solennellement que son gouvernement serait guidé par des « valeurs fondamentales » : la souveraineté et l'intégrité territoriale, « l'interdiction du recours à la force sauf dans les conditions prévues par la Charte des Nations unies », ainsi que le respect des droits de la personne. Il fustigeait l'intimidation des « puissances hégémoniques » — allusion transparente à Trump — et appelait les États à se regrouper contre elles.

Le 28 février 2026, depuis Mumbai, ce même Mark Carney déclarait : « Le Canada appuie les mesures prises par les États-Unis pour empêcher l'Iran de se doter d'une arme nucléaire et pour empêcher son régime de continuer à menacer la paix et la sécurité internationales. » Il réaffirmait également « le droit d'Israël de se défendre » — formule creuse servant à cautionner une guerre offensive menée sans mandat onusien, sans autorisation du Congrès américain, en violation flagrante de l'article 51 de la Charte des Nations unies, qui stipule qu'un État ne peut agir militairement que pour se défendre d'une attaque armée effective ou avec l'autorisation du Conseil de sécurité de l'ONU. Téhéran ne disposait d'aucune arme nucléaire opérationnelle ni de missiles à longue portée capables de frapper les États-Unis.

En reprenant les thèses de Trump — l'Iran comme « principale source d'instabilité et de terreur au Moyen-Orient », la nécessité d'agir pour la « sécurité internationale » — Carney n'a pas seulement trahi ses engagements de Davos : il a fourni une caution démocratique et une respectabilité à une aventure guerrière. D'un trait, il a effacé la ligne qui distinguait le Canada des va-t-en-guerre de Washington.

Pendant ce temps, les conservateurs de Pierre Poilievre se sont contentés de se réjouir de la mort de l'ayatollah Ali Khamenei et d'applaudir les bombes américaines. Aucune surprise. Mais la véritable trahison politique vient d'un premier ministre qui prétendait incarner une autre voie — pragmatique et fondée sur des principes, disait-il. Ces principes n'auront pas tenu deux mois.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD), lui, a condamné sans équivoque. Le chef adjoint Alexandre Boulerice a dénoncé « une dangereuse escalade qui risque d'emporter toute la région dans un conflit majeur », déplorant la décision de Carney « d'appuyer de façon aveugle cette aventure dangereuse ». Le chef Don Davies a souligné la contradiction flagrante avec le discours de Davos : « Approuver l'illégalité, la violence et la destruction plutôt que le dialogue et une résolution pacifique n'est pas ce qui a été promis aux Canadiens ni ce qu'ils soutiennent. »

Yves-F. Blanchet, chef du Bloc québécois, tout en présentant l'Iran comme une « menace persistante pour la sécurité de la région et la liberté des Iraniens », a tout de même exprimé une certaine inquiétude quant au recours à la force militaire sans l'appui préalable du Congrès américain, des alliés européens et asiatiques ainsi que du Canada. Une caution des attaques semble ainsi prématurée : tant Donald Trump que le régime iranien manquent de considération pour la vie des civils. Le droit international doit prévaloir, et la négociation ainsi que les sanctions demeurent les voies à privilégier. Comme condamnation de l'agression militaire contre l'Iran, comme défense du droit international, cela demeure pour le moins timoré.

III. Pas de libération par les bombes américaines

Certain·es, aveuglés par leur haine légitime du régime théocratique des mollahs, pourraient être tentés de saluer cette attaque comme une opportunité de changement. Ce serait une grave erreur. Nul ne devrait croire que les États-Unis ou Israël, dont les mains sont tachées du sang de Gaza et d'ailleurs, se soucient réellement de la liberté ou du bonheur du peuple iranien.

Derrière les frappes se profile un objectif clair : le contrôle des réserves d'énergie fossile et l'affirmation d'une hégémonie régionale. L'histoire récente est sans appel : Irak, Libye, Afghanistan. Partout où la machine de guerre des puissances dominantes est intervenue, les infrastructures vitales ont été détruites, les classes ouvrières dispersées, les mouvements sociaux étouffés et de nouvelles forces réactionnaires propulsées au pouvoir.

Le peuple iranien lutte depuis des années pour renverser le régime théocratique. Les femmes iraniennes ont été à l'avant-garde de ces combats — le mouvement « Femme, Vie, Liberté » en 2022 en est un témoignage éclatant. La classe ouvrière iranienne, ses syndicats et ses étudiant·es ont payé un lourd tribut dans cette lutte courageuse. C'est leur combat, pas la guerre de Trump ni celle de Netanyahou. Le renversement du régime iranien est la tâche du peuple iranien — et de lui seul.

IV. Contre la guerre, pour le droit international et la solidarité des peuples

Nous disons non à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran. Cette guerre n'a rien à voir avec la libération du peuple iranien. Elle constitue une agression impérialiste menée par des puissances dont les mains sont tachées du sang de Gaza, du Liban et de la Cisjordanie occupée.

Nous exigeons que le Canada revienne à une politique étrangère fondée sur le droit international, le refus des guerres d'agression et la défense réelle du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes — pas seulement dans des discours à Davos, mais dans les actes. Nous demandons au gouvernement Carney de retirer son soutien à cette opération militaire illégale et de porter la voix du droit international et de la diplomatie dans toutes les instances internationales.

États-Unis / Israël : cessez toute intervention en Iran !
Pas de libération par les bombes américaines !
Solidarité avec le peuple iranien dans sa lutte pour la liberté !
Halte à l'impérialisme américain et au colonialisme israélien !
Le Canada doit respecter le droit international — pas cautionner des guerres d'agression !

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L’inquiétant essor du Parti conservateur du Québec

3 mars, par Bernard Rioux — , ,
Il y a quelque chose d'instructif dans la trajectoire du Parti conservateur du Québec depuis qu'Éric Duhaime en a pris les rênes en avril 2021. Ce n'est pas l'histoire d'un (…)

Il y a quelque chose d'instructif dans la trajectoire du Parti conservateur du Québec depuis qu'Éric Duhaime en a pris les rênes en avril 2021. Ce n'est pas l'histoire d'un parti qui surgit du néant — c'est l'histoire d'une droite qui se réorganise, se professionnalise et cherche à occuper l'espace que la Coalition avenir Québec, empêtrée dans ses contradictions et ses déficits records, commence à laisser vacant. Pour celles et ceux qui se battent pour un Québec égalitaire, écologique et indépendant, ignorer la montée de ce parti serait une erreur politique grave.

D'une marginalité organisée à une force électorale réelle

Quand Duhaime remporte la chefferie avec 95 % des voix en avril 2021, il hérite d'un parti qui reste marginal sur la scène électorale : 1 % dans les sondages, 200 dollars dans le compte de banque, à peine trois ou quatre cents membres. Quatre ans plus tard, il dirige une formation qui revendique 63 000 membres, des millions dans ses coffres et 15 % dans les intentions de vote. La transformation est spectaculaire.

En 2018, le PCQ avait récolté un misérable 1,46 % des suffrages. Aux élections du 3 octobre 2022, après dix-huit mois d'agitation autour des mesures sanitaires, de la liberté individuelle et du pouvoir d'achat, le parti engrange 530 786 voix, soit 12,9 % de l'électorat — rivalisant avec le Parti québécois (14,6 %), Québec solidaire (15,4 %) et le Parti libéral (14,3 %). Sans siège à l'Assemblée nationale à cause du mode de scrutin uninominal à un tour — ce mode de scrutin que la gauche réclame depuis longtemps de réformer précisément parce qu'il fausse la représentation —, mais avec une présence réelle dans l'électorat.

La concentration géographique du vote conservateur est révélatrice de sa nature sociale. Les appuis les plus solides se trouvent dans la région de Québec, en Chaudière-Appalaches et dans certaines circonscriptions rurales ou semi-urbaines. Dans Arthabaska, lors de la partielle d'août 2025, le parti passe de 25 % à 41 % d'appuis déclarés. À Chicoutimi, il est parvenu à occuper le deuxième rang, juste après le PQ de PSPP en obtenant plus de 26 % des suffrages. C'est la carte du Québec des automobilistes des banlieues, des travailleurs et travailleuses inorganisés des régions éloignées, de ceux que l'inflation a appauvris et que les discours technocratiques sur la transition écologique ont aliénés. C'est une colère réelle, instrumentalisée par une droite habile.

L'agenda économique : le vieux rêve néolibéral avec un accent québécois

Sur le plan économique, le programme du PCQ ne surprend personne qui a suivi les aventures de l'ADQ de Mario Dumont — dont Duhaime a été conseiller. Il s'agit de la même recette : baisser les impôts des particuliers et des entreprises, réduire la taille de l'État, privatiser les services publics, affaiblir les contre-pouvoirs syndicaux et laisser le « marché » décider.

La réduction du nombre de fonctionnaires, la simplification des procédures d'embauche de travailleurs et travailleuses étrangers pour satisfaire les employeurs, la liquidation du Fonds de développement économique, la suppression du marché du carbone et du Fonds vert : tout cela dessine un État qui se retire, laissant les classes ouvrières et populaires face aux forces du marché.

Pour le secteur de la santé, le PCQ ne cache pas ses ambitions. Dès le congrès de novembre 2021, les membres votent pour instaurer une assurance maladie privée, financer les hôpitaux selon le nombre de patients traités afin de créer de la compétition entre les établissements, et étendre le recours au secteur privé.

L'écologie comme ennemi : le parti des combustibles fossiles

Si le PCQ se distingue des autres partis québécois sur un point, c'est bien là : c'est le seul parti de l'Assemblée nationale - ou qui vise à y entrer - qui assume pleinement son hostilité aux politiques climatiques. Et cette position n'est pas accidentelle — elle est constitutive de son identité.

Le Parti conservateur de Duhaime veut exploiter le gaz de schiste dans les basses-terres du Saint-Laurent, relancer GNL Québec, explorer le pétrole en Gaspésie, dans le golfe du Saint-Laurent, et ne « fermer la porte à rien » concernant l'île d'Anticosti. Il s'oppose à l'objectif d'interdire la vente de véhicules à essence neufs en 2035 —« mon char, mon choix »—, au marché du carbone, à la taxe carbone, et globalement à toute mesure qui contraindrait les émissions de gaz à effet de serre au nom d'une liberté de consommer que seuls les plus aisés peuvent se permettre pleinement.

Au congrès de janvier 2026, les militant·es vont encore plus loin : ils battent une proposition qui aurait redirigé une partie des revenus de l'exploitation gazière vers l'environnement, qu'une candidate qualifie de « culpabilité verte ». C'est une posture climatosceptique à peine voilée. Et ce n'est pas sans rappeler les propos d'un membre du congrès de 2021 qui avait soutenu que les changements climatiques étaient « complètement faux ». Duhaime ne l'a pas repris, mais le courant continue de circuler dans les veines du parti.

La question nationale : l'autonomisme comme paravent fédéraliste

Sur la question de l'indépendance du Québec, le PCQ est clair : non au référendum, non à la souveraineté, oui à l'autonomisme dans le cadre canadien. Duhaime défend un Québec qui négocie mieux sa place dans la fédération, qui récupère des pouvoirs, mais qui demeure résolument dans le giron d'Ottawa.

Cette position n'est pas neutre. Un Québec souverain aurait pleine maîtrise de sa politique sociale, de son immigration, de ses ressources naturelles, de sa politique étrangère. Le cadre fédéral impose des contraintes structurelles à tout projet de transformation sociale progressiste. L'autonomisme que prône Duhaime, c'est la promesse de mieux gérer l'existant sans jamais le remettre en question fondamentalement. C'est un conservatisme constitutionnel qui correspond parfaitement à son conservatisme économique.

Au congrès de novembre 2023, un militant a proposé un amendement évoquant l'indépendance comme recours ultime si Ottawa ne respectait pas les demandes du Québec. Il a été battu. Le signal est limpide : le PCQ choisit le Canada.

Sur les questions sociales, l'ambiguïté est stratégique. En matière de droits reproductifs, le parti évite l'affrontement frontal tout en tolérant des courants hostiles à l'autonomie des femmes, maintenant ainsi une porte entrouverte à de possibles reculs. Sur l'immigration, le discours se construit autour de la peur — frontières, intégration, « capacité d'accueil » — et détourne l'attention des véritables causes de la précarité : austérité, exploitation du travail, sous-financement des services publics. Quant à la question nationale, l'autonomisme revendiqué sert de paravent à un fédéralisme assumé : refus de l'indépendance, refus du référendum, acceptation d'un cadre canadien qui limite toute transformation sociale ambitieuse.

La question du droit à l'avortement : l'ambiguïté calculée

Sur le droit à l'avortement, Duhaime personnellement se réclame d'un libertarisme qui, en principe, devrait le rendre favorable à l'autonomie corporelle des femmes. Mais le parti qu'il dirige est traversé de courants différents. Le site Campagne Québec-Vie,
organisation ouvertement anti-avortement, décrit avec soin les candidats du PCQ qui seraient « pro-vie » et « pro-famille », et appelle à voter pour eux au cas par cas. L'organisation note avec satisfaction que le programme du PCQ contient des propositions favorables à la natalité et à la « primauté parentale », sans engagement clair en faveur du droit à l'avortement. Cette ambiguïté n'est pas anodine : elle permet au parti de capter à la fois les libertariens et une frange plus conservatrice socialement, sans froisser ni les uns ni les autres. C'est une posture électoraliste qui laisse la porte ouverte à des reculs sur les droits reproductifs si la composition d'un gouvernement l'exigeait.

Les axes de la riposte : organiser la contre-offensive

La progression du Parti conservateur du Québec d'Éric Duhaime ne peut être combattue par de simples dénonciations morales. Elle exige une riposte politique structurée, ancrée dans les réalités sociales et assumée sur le terrain de la lutte de classes.

1. Reprendre le terrain du coût de la vie

La colère qui traverse les régions, les banlieues et les quartiers populaires n'a rien d'irrationnel. Inflation, loyers abusifs, salaires stagnants, services publics fragilisés : cette colère est légitime. Si la droite la capte, c'est parce qu'elle occupe le vide laissé par l'absence d'un projet offensif à gauche. Il faut opposer au PCQ un programme clair : gel des loyers, hausse substantielle du salaire minimum, fiscalité réellement progressive, investissements massifs dans les services publics.
Les baisses d'impôt promises par la droite ne profitent ni aux plus pauvres ni aux travailleurs précaires. Elles favorisent les revenus plus élevés et affaiblissent délibérément les finances publiques pour justifier ensuite des compressions. C'est une stratégie éprouvée : réduire l'État pour ouvrir la voie au privé.

2. Défendre sans compromis les services publics

Chaque avancée du privé affaiblit le commun. Une clinique privée qui ouvre, c'est un réseau public qui est affaibli. Une école privée subventionnée, c'est une école publique appauvrie. Le Parti conservateur du Québec présente la privatisation comme une solution d'efficacité. L'expérience internationale démontre le contraire : les systèmes à deux vitesses aggravent les inégalités, enrichissent les investisseurs et détériorent les conditions de travail. Le mouvement syndical, communautaire et la gauche politique doivent mener une bataille idéologique et pratique pour réaffirmer que la santé et l'éducation sont des droits, pas des marchés.

3. Porter une écologie de justice sociale et de rupture anticapitaliste

La critique populaire du marché du carbone ne doit pas être abandonnée à la droite. Oui, les travailleuses et travailleurs paient à la pompe pendant que les grandes industries négocient des exemptions. Mais la solution est plutôt de faire à la lutte aux changements climatiques, à la protection de l'environnement et de la biodiversité un priorité.

Il faut que cette lutte permette de créer des emplois, grâce au développement du transport collectif en région, au développement de chantiers publics favorisant l'utilisation des énergies et fasse payer les véritables responsables : multinationales extractives, industries lourdes, grands pollueurs. L'écologie qui se contente de situer son action qu'au niveau des comportements individuels ne convaincra jamais ; l'écologie visant une transformation sociale, une transition juste et la planification démocratique de l'économie, oui.

Les promesses d'Éric Duhaime d'exporter davantage de gaz en Europe sous prétexte de remplacer le charbon relèvent du mirage. La lutte au dérèglement climatique ne peut se contenter d'utiliser les mécanismes du marché.

4. Élargir la démocratie économique

Face aux projets d'affaiblissement syndical et de réduction de la fonction publique, le mouvement syndical et les différents mouvements sociaux doivent renforcer leurs alliances sociales et politiques. Il faut aller plus loin et revendiquer une véritable démocratie économique : droit de regard des travailleurs et des travailleuses sur les décisions stratégiques, contrôle public des secteurs clés et planification écologique. La liberté du marché pour quelques-uns signifie la précarité pour la majorité.

5. Articuler la question nationale à l'émanciation sociale

L'indépendance ne peut être dissociée de l'émancipation sociale. Elle n'est pas un symbole abstrait, mais un levier pour rompre avec les contraintes d'un fédéralisme canadien structuré au service des grandes puissances économiques.

Face à un Parti conservateur qui choisit l'alignement sur Ottawa et le capital, la gauche indépendantiste doit proposer un projet national ancré dans la justice sociale, la transition écologique et la démocratisation des institutions. La souveraineté populaire n'a de sens que si elle transforme les rapports de pouvoir.

Le Parti conservateur du Québec n'est pas un phénomène marginal. Il dispose de ressources, d'une stratégie de communication et d'une cohérence idéologique : réduire l'impôt des plus favorisés, fragiliser l'État social, nier la crise climatique et défendre l'exploitation des hydrocarbures. La liberté d'exploiter les travailleurs, les travailleuses et la nature est au cœur de son programme.

La riposte consiste à organiser la colère populaire autour d'un projet clair : redistribution des richesses, défense des biens communs, transition écologique planifiée et souveraineté démocratique de la société québécoise.

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Solidarité avec Cuba

Depuis le 3 janvier 2026, date de l'enlèvement du président du Venezuela, Cuba ne reçoit plus le pétrole nécessaire aux transports et à la génération d'électricité. Québec, (…)

Depuis le 3 janvier 2026, date de l'enlèvement du président du Venezuela, Cuba ne reçoit plus le pétrole nécessaire aux transports et à la génération d'électricité.

Québec, 20 février 2026

OBJET : Campagne de solidarité avec le peuple cubain

Ceci a mis à mal son industrie touristique, une source de devises importante pour les habitants et habitantes de l'île. Il faut se rappeler qu'il existe un embargo états-unien contre Cuba dure depuis 66 ans. Malgré cela, Cuba a réussi un développement social impressionnant. Mais aujourd'hui, avec la politique de Trump le peuple cubain est assiégé au niveau économique. L'embargo empêche des réalisations sociales et économiques au bénéfice de Cubaines et Cubains et met en danger leur vie.

Le CAPMO a un volet de solidarité internationale qui nous permet d'agir rapidement. À la demande d'amies, amis et membres du CAPMO, nous avons convenu de faire appel à votre générosité pour venir en aide à la population cubaine qui subit un embargo sans précédent de la part des États- Unis d'Amérique interdisant le commerce avec Cuba. Cette campagne de solidarité est aussi appuyée par CASA latino-américaine de Québec,

En allant sur le site du CAPMO au www.capmo.org, vous pouvez faire un don en inscrivant dans les commentaires, Solidarité Cuba. Un reçu de charité sera automatiquement remis par Canadon et sera envoyé à votre adresse courriel. Les montants recueillis seront versés à la Table de concertation de solidarité Québec-Cuba qui a la capacité d'acheminer de l'aide matérielle à Cuba. Votre solidarité est importante et essentielle.

Yves Carrier, coordonnateur
CAPMO
Cecilia Valdebenito
CASA Latino-américaine
Emilia Castro
Militante féministe
Victor H. Ramos
Cercle Gabriel-García-Márquez

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Haïti : l’instrumentalisation continue de la violence à des fins politiques

3 mars, par Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l'occupation d'Haïti (REHMONCO) — , ,
Nous dénonçons et condamnons l'attitude irresponsable du gouvernement d'Alix Didier Fils-Aimé de poursuivre la même politique d'instrumentalisation de la violence des gangs (…)

Nous dénonçons et condamnons l'attitude irresponsable du gouvernement d'Alix Didier Fils-Aimé de poursuivre la même politique d'instrumentalisation de la violence des gangs pour défendre des intérêts politiques mesquins.

Il est frappant de constater comment, au cours des mois de décembre et de janvier, la police a fait preuve d'une grande capacité d'intervention dans plusieurs fiefs de la coalition Viv-Ansanm. Ces interventions ont fait beaucoup de victimes dans les quartiers sous l'emprise des gangs. Certains membres de la coalition ont été tués, ainsi que des personnes de la population civile selon les données disponibles. Ces interventions de la police ont apparemment affecté le morale des gangs puisque les porte-paroles de ces derniers sont depuis lors moins présents sur les réseaux sociaux.

Soulignons également que ces interventions de la police coïncidaient avec la fin du mandat des conseillers-présidents, ce qui a permis au premier ministre Didier Fils-Aimé de devenir l'unique chef du pouvoir exécutif à travers le conseil des ministres.

Après la passation de pouvoir, il est frappant de constater que la police change d'attitude. Il n'est plus question d'intervention dans les territoires des gangs de façon ininterrompue. La récurrence des interventions est remplacée par la propagande creuse selon laquelle la police est déterminée à combattre les gangs. Le discours de la propagande est toujours là, mais on constate qu'il y a de moins en moins d'interventions musclées contre les gangs.

Cette pratique d'instrumentaliser la violence des gangs pour garder le pouvoir est une pratique ancienne de l'État haïtien et de la bourgeoisie. Dans les 10 dernières années, le président autocrate Jovenel Moise a été celui qui a mené cette logique jusqu'à son paroxysme. Il a ouvertement procédé à la remobilisation des gangs pour casser toute mobilisation populaire contre la corruption.

Après l'assassinat crapuleux de Moise, Ariel Henri a suivi la même logique en évitant de rétablir la sécurité publique, de désarmer et de juger les chefs de gangs. En les tolérant, il voulait se servir du climat d'insécurité pour rester au pouvoir en renvoyant toutes joutes électorales aux calandres grecques. Cette politique s'est soldée par des massacres en cascades. Les gangs dans les quartiers populaires continuaient à étendre leur territoire, renforçant ainsi leur puissance de frappe.

Après avoir perdu le soutien de Washington en mars 2024, le premier ministre Ariel Henri a été contraint de signer sa lettre de démission et a été remplacé par le Conseil présidentiel de transition (CPT), une instance formée par des représentants de différentes organisations politiques, chargée de nommer le Premier ministre et de préparer les élections.

Ce pouvoir bicéphale, au lieu de rectifier le tir, a poursuivi la même politique d'instrumentalisation de la violence en laissant les gangs s'étendre encore plus dans de nombreux quartiers de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince, dont Nazon, Delmas 30, Solino, etc. Cette politique cynique est devenue une évidence à tel point que la primature a décidé ouvertement de priver au directeur de la Police, de l'époque, Normil Rameau, de moyens logistiques opérationnels. Des drones et autres équipements contrôlés par le task force, organisme créé par le gouvernement pour combattre le banditisme, n'ont pas été mises à la disposition des policiers, alors que ces derniers, sur le terrain, avaient un besoin criant de soutiens aériens dans leurs opérations.

Après le départ du CPT, plus d'un s'attendaient à la poursuite des opérations policières intensives initiées depuis le mois de décembre 2025. Au lieu de procéder à l'arrestation et jugement des chefs de gangs, l'autocrate Didier Fils Aimé, érigé en chef suprême de l'État par le gouvernement étatsunien, a déjà changé de logique. Les opérations policières intensives ont déjà considérablement ralenti, voire suspendu. À la place de la chasse aux gangs, le moment est à la consolidation du pouvoir de l'homme fort du pouvoir exécutif.

La signature du Pacte de stabilité s'inscrit dans cette logique de se conforter au pouvoir alors que la majorité de la population de l'aire métropolitaine, du département de l'Artibonite et de la ville de Mirebalais meurent quotidiennement sous l'emprise des gangs. Massacrés ou kidnappés au quotidien, les résidents constatent une fois de plus que le gouvernement continue à se servir de l'insécurité pour atteindre des objectifs politiques.

En fonction des besoins politiques du moment, il choisit soit de permettre une intensification des opérations policières contre les gangs, soit de permettre aux malfrats d'occuper plus de territoire, et ainsi de procéder à plus de kidnappings. Tout indique que pour Fils-Aimé, il est important de ne pas vaincre les gangs pour ne pas se trouver dans l'obligation de mettre un terme à la transition. Ce comportement montre clairement que l'insécurité ambiante, loin d'être un problème de manque de moyens, est en réalité une affaire d'État.

Les contradictions de Québec solidaire : la désorientation d’un parti qui ne défend pas sa stratégie de lutte pour l’indépendance du Québec

3 mars, par André Frappier, Bernard Rioux — ,
Face à la montée d'un Parti québécois qui se drape dans les oripeaux de l'indépendance tout en trahissant les fondements d'une authentique libération nationale, Québec (…)

Face à la montée d'un Parti québécois qui se drape dans les oripeaux de l'indépendance tout en trahissant les fondements d'une authentique libération nationale, Québec solidaire révèle ses difficultés à défendre de façon offensive sa stratégie de lutte pour l'indépendance du Québec. Les discours de Sol Zanetti et Ruba Ghazal sur la participation au camp du OUI ne peuvent masquer les faiblesses stratégiques profondes d'un parti qui se contente d'une critique superficielle du Parti québécois et qui doit expliquer que le camp du OUI que QS veut construire sera celui d'un référendum portant sur un projet de société (une constitution) élaboré par une démarche radicalement démocratique, concrétisée par la mise en marche d'une constituante.

Un argumentaire insuffisant sur l'indépendance

Lors de son point de presse du 25 février dernier, Ruba Ghazal a défendu la position indépendantiste de QS en insistant sur la nécessité d'une large consultation populaire et d'une assemblée constituante. Elle a reconnu les craintes de la population, particulièrement dans un contexte de crise du logement et d'appauvrissement. Mais là où son discours révèle ses limites, c'est dans son incapacité à affirmer clairement que l'indépendance n'est pas qu'un processus institutionnel : c'est un projet de société plus égalitaire et plus écologiste. C'est précisément ce caractère transformateur qui peut rallier une majorité populaire à l'indépendance, et QS doit le dire haut et fort.

Quant à la question d'un éventuel référendum tenu par le PQ, la réponse de Ghazal — que QS « sera dans la barque d'un Québec indépendant » — est révélatrice d'un flou stratégique. Être pour l'indépendance, ce n'est aucunement assumer la stratégie référendaire du PQ. Car le bilan du PQ au pouvoir a systématiquement étouffé la force mobilisatrice nécessaire à la réalisation d'un projet de libération nationale : déficit zéro de Bouchard et Parizeau, fermetures d'hôpitaux et élimination de 1 200 postes d'infirmières, restrictions de Pauline Marois ciblant l'aide sociale, le transport adapté et le logement. La crise environnementale et sanitaire nous confronte aujourd'hui à une réalité incontournable : nous ne pouvons plus laisser la classe capitaliste dicter l'avenir de nos sociétés.

Le PQ vide l'indépendance de son contenu émancipateur

C'est cette faiblesse fondamentale du PQ — son refus de lier indépendance et transformation sociale — que QS doit critiquer ouvertement et sans détour. Alors que QS proclame vouloir un pays « enraciné dans les luttes sociales, écologiques, féministes, syndicales, antiracistes et autochtones », le PQ de Paul St-Pierre Plamondon dissocie méthodiquement l'indépendance de toute émancipation collective. Sol Zanetti lui-même le reconnaît implicitement lorsqu'il affirme que « le camp du Oui va être diversifié » — sans jamais préciser quels intérêts sociaux portent les différentes composantes de ce camp, et si cette diversité tend à unir ou à neutraliser les forces populaires pour l'indépendance.

Cette abdication est d'autant plus grave que le PQ courtise ouvertement une alliance avec la droite nationaliste et conservatrice, qui voit dans l'indépendance l'occasion d'enrichir les plus riches et d'imposer un programme néolibéral sous couvert de souveraineté nationale. Face à cette dérive, QS se limite à des protestations morales sur l'« inclusion », sans jamais articuler une critique systématique du projet de société capitaliste que représente le PQ.

La question migratoire : approfondir la critique du nationalisme divisif du Parti québécois

QS critique le « nationalisme divisif » du PQ et sa fermeture à la diversité culturelle. Ruba Ghazal craint avec justesse qu'avec le PQ, le camp du Oui devienne « un camp qui exclut ». Mais ces critiques n'attaquent jamais les racines structurelles du nationalisme identitaire et conservateur péquiste. Au lieu de démontrer comment le capitalisme québécois utilise la division entre travailleurs et travailleuses immigrés et natifs pour maintenir sa domination, QS s'en tient à des appels abstraits à l'« inclusion ». L'immigration internationale doit être présentée comme un phénomène incontournable à notre époque de chaos et de crise climatique.

Cette approche qui reconnaît la réalité actuelle de l'immigration permettra de construire une véritable alliance de classe entre toutes les travailleuses et tous les travailleurs du Québec, quelle que soit leur origine. La rupture avec la logique des quotas, avec la fumeuse notion des « capacités d'accueil » et avec une conception utilitariste de la politique migratoire permettrait à QS de présenter l'indépendance comme une société d'élargissement des droits pour les personnes migrantes. La lutte contre l'abolition du Programme de l'expérience québécoise le démontre : un Québec défendant la liberté de circulation et d'installation ouvrirait la possibilité d'un ralliement populaire majeur à l'indépendance. Les discours de PSPP, qui attribue aux personnes migrantes les problèmes de logement, d'accès aux services publics et la montée de l'itinérance sont irresponsables et nuisent à la défense de l'indépendance du Québec.

La constituante : l'outil central de la mobilisation populaire

QS refuse toujours de critiquer ouvertement la stratégie référendaire du PQ — cette illusion qu'un simple référendum, dans le cadre d'une seule campagne électorale, pourrait suffire à réaliser l'indépendance. Que signifie l'affirmation de Zanetti qu'« il va y avoir plusieurs autobus du OUI », sinon que la multiplication des véhicules compenserait l'absence de direction claire ? Il est temps de mettre fin à l'ambiguïté entre un OUI issu d'une assemblée constituante sur la constitution d'un Québec indépendant et un OUI à un référendum péquiste dont la question est élaborée en vase clos.

Pour s'imposer comme le véritable champion de l'indépendance, QS doit affirmer sans équivoque que la démarche du PQ exclut la majorité populaire du processus. Le PQ écarte complètement l'idée d'une constituante comme élément central de la lutte pour l'indépendance. Il lui préfère un processus vertical et technocratique — une « constitution provisoire » élaborée en cercle fermé, un référendum déclenché au « moment propice » par la direction du parti, ou indéfiniment reporté comme ce fut le cas pendant des décennies. Paul St-Pierre Plamondon parle d'être « intelligent », « responsable » et « raisonnable » : autant de codes pour dire qu'il attendra passivement que les conditions se réunissent d'elles-mêmes.

QS, qui se veut le parti de la démocratie participative, doit l'affirmer clairement : une assemblée constituante n'est pas un exercice technique. C'est le processus par lequel un peuple se constitue comme sujet politique, élabore collectivement son projet de société, et construit, dans ce mouvement même, la majorité indépendantiste. Ce processus pourrait s'enclencher dès l'élection d'une majorité de députés indépendantistes, par une loi à l'Assemblée nationale, et déboucher sur un référendum gagnant. C'est par la lutte, par la mobilisation, par la constituante elle-même que se forge cette majorité — non par l'attentisme.

Les OUI Québec : le degré zéro de la stratégie

Les OUI Québec, qui prétendent incarner la société civile indépendantiste, sont devenus un instrument pour « mousser une indépendance sans contenu ». Depuis l'abandon de la constituante de leurs plans d'action, ils se limitent à des initiatives communicationnelles déconnectées des organisations populaires de base. Aucune mobilisation réelle, aucune construction d'un rapport de force.

QS doit se donner comme objectif la construction d'un véritable front de lutte pour une constituante : un front qui rassemble syndicats, organisations étudiantes, groupes écologistes, féministes et populaires autour d'une démarche radicalement démocratique. Sa campagne « Nouveau Québec », aussi sympathique soit-elle, ne constitue pas ce front : des rencontres citoyennes et des affiches ne remplacent pas l'organisation de la base populaire pour imposer une assemblée constituante.

L'aveuglement sur la dimension anti-impérialiste de l'indépendance

La lutte pour l'indépendance du Québec s'inscrit historiquement dans le contexte de l'oppression nationale par l'État capitaliste canadien et dans la continuité de l'élimination des droits des peuples autochtones et de leur expropriation territoriale. Réduire l'indépendance au simple rapatriement de pouvoirs, c'est accepter de reproduire les mêmes schèmes que le capitalisme canadien, mais sous contrôle québécois — c'est précisément ce que proposent le PQ et le Bloc québécois. La récente déclaration du député bloquiste Patrick Bonin, réclamant une part plus grande des contrats militaires pour le Québec en est la démonstration.

QS doit faire une critique systématique de la volonté du PQ d'intégrer un Québec indépendant dans l'OTAN. Prétendre lutter pour la libération nationale tout en gardant le silence sur un projet d'indépendance néocoloniale arrimée à l'impérialisme américain est une contradiction insurmontable. Le rejet, au dernier congrès, de la proposition visant à affirmer explicitement qu'un Québec indépendant ne ferait pas partie de l'OTAN n'a pas préparé QS à affronter cette question pourtant centrale.

L'indépendance du Québec n'est pas qu'une affaire québécoise : c'est un coup porté à l'édifice impérialiste canadien dans son ensemble. Elle exige une politique d'alliance avec le mouvement ouvrier du Canada anglais et avec les nations autochtones de tout le Canada — des alliés naturels qui n'ont aucun intérêt objectif à défendre un État anti-écologiste, guerrier et anti-populaire. On ne construit pas une alliance anti-impérialiste authentique en refusant de reconnaître le caractère colonial de l'État canadien et la nécessité d'une lutte commune contre celui-ci.

Conclusion : QS doit défendre l'implication du peuple dans la lutte pour l'indépendance

En refusant de critiquer radicalement le PQ, en acceptant son cadre stratégique d'un référendum élaboré par un gouvernement dont la méthode a démontré son échec en 1980 et en 1995, QS se prive de se présenter comme une alternative crédible. L'assemblée constituante et la mobilisation populaire dans la définition d'un projet de société indépendantiste constituent cette alternative — QS doit l'assumer pleinement.

Le Parti québécois est dirigé par des élites nationalistes et technocratiques qui aspirent à gérer leur propre État, intégré à l'empire américain, construit sur une logique identitaire qui exclut de son projet les personnes immigrantes et les Premières Nations. Face à ce projet qui ne s'inscrit pas dans une véritable logique de libération nationale, QS a une responsabilité historique : construire un mouvement indépendantiste de masse, ancré dans les luttes populaires, porteur d'une transformation sociale radicale, articulé autour d'une assemblée constituante démocratique et d'alliances anti-impérialistes continentales.

L'heure n'est pas aux compromis avec le PQ. L'heure est à la construction d'un mouvement indépendantiste militant qui lie indissolublement libération nationale et émancipation sociale, qui mobilise le peuple travailleur dans toute sa diversité, qui reconnaît les exigences de l'indépendance face à la crise climatique et au patriarcat, qui forge des alliances anti-impérialistes — et qui ose affronter l'État canadien et l'empire américain.

Les militantes et militants de QS, comme l'ensemble du mouvement indépendantiste de gauche, doivent tirer les leçons des échecs du PQ et présenter au peuple québécois, dans toutes ses composantes, une véritable stratégie de libération nationale et sociale. Car l'indépendance implique des ruptures majeures : rupture avec l'État fédéral, rupture avec la classe dominante québécoise qui s'est accommodée, dans sa majorité, de cet État et a participé à l'expropriation du peuple de son droit à décider librement de son avenir.

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8 mars : Mobilisations et grèves à l’ordre du jour

3 mars, par Chloé Matte Gagné — ,
La conjoncture politique et sociale inquiète tout le monde y compris les groupes féministes.Les lois liberticides pleuvent, les violences augmentent, les féminicides augmentent (…)

La conjoncture politique et sociale inquiète tout le monde y compris les groupes féministes.Les lois liberticides pleuvent, les violences augmentent, les féminicides augmentent et tout retombe dans la cour du communautaire et des groupes de femmes.

Comment arrêter d'être à la défensive et passer en mode gagner des victoires et conserver les acquis ?

Les groupes communautaires à boutte d'un financement inadéquat et peu stable ont décidé que assez c'est assez de pas payer et de pelleter les coupures en santé et en éducation dans leur cour. Une campagne de mobilisation est en cours. Du 23 mars au 2 avril, le communautaire fait actions, grèves, coupures de certains services. Le tout culmine le 2 avril par une manif nationale à Québec. Les gens s'organisent, se mobilisent d'abord à partir des groupes locaux dans des cellules de travail au lieu de passer comme avant par les regroupements provinciaux. Une autre approche, une autre façon de travailler mais l'unité est là et le bouillonnement risque cette fois de ne pas passer inaperçu.

Les groupes de femmes sont associées à cette semaine d'actions. Plusieurs vont tenter d'organiser des actions féministes.

Mais le 8 mars s'organise à part, à côté de toute cette préparation parce que le 8 mars c'est aussi la participation des centrales syndicales.

Le 8 mars : Générations debout

Le 8 mars 2026 a comme thème « Générations debout ». En mémoire de « Québécoises debout » slogan des années 70. Il souligne aussi la présence de plusieurs générations de femmes dans la mouvance féministe que ce soit dans le mouvement syndical, étudiant ou communautaire.

Cette présence est exigeante. Plusieurs groupes de femmes connaissent des remises en question, des questionnements sinon des affrontements montrant les clivages générationnels. Les femmes de différentes époques issues de différents milieux militants ont vécu différemment les questionnements féministes que ce soit l'égalité au travail, le harcèlement sexuel ou les violences conjugales-domestiques. Elles ont des expérience différentes, analysent les situations différemment.
Comment concilier tout cela. C'est ce que le thème de cette année pose comme défi. Il est essentiel de travailler toutes ensembles dans le contexte d'extrême droitisation actuel.


Le projet de loi 1

Autre mobilisation importante : les revendications contre le Projet de Loi 1.Le mouvement des femmes a obtenu du gouvernement Legault de retirer la clause sur l'avortement contenu dans le projet de loi. C'est une victoire. Il fallait éviter d'ouvrir une porte à des mesures de restrictions de l'accès à l'avortement en l'instituant dans la constitution.

Mais d'autres points demeurent critiques pour le communautaire et qui touche l'autonomie des groupes qui, si financés par l'État, ne pourraient plus prendre position contre certaines lois. Le gouvernement refuse de reconnaître avoir fait sa constitution derrière une porte close, refuse de partager ces réflexions et veut l'imposer comme un projet de loi ordinaire alors qu'un projet de constitution partout dans le monde se fait avec le peuple. La démocratie en prend un coup.

Conclusion

La situation est à la fois mobilisante : 8 mars et grève du communautaire mais est à la fois bien fragile.

Le gouvernement Legault semble bien décidé à poursuivre ses attaques tout azimut contre les droits. Comment le faire reculer ? Sur l'avortement les groupes féministes ont réussi mais sur l'ensemble du Projet de Loi 1 tout demeure encore en place malgré plusieurs oppositions de la société civile (Ligue de droits et liberté, Barreau du Québec etc.). C'est là que la mobilisation prend de l'importance. La grève du communautaire surtout si elle est très suivie (plus de 3000 groupes à travers le Québec) devraient avoir son impact. Déjà que cela a fait la une du Devoir. La participation à la fois des groupes et des personnes utilisatrices des services de ces groupes devra être développer. C'est la société au complet qui doit reconnaître tout le travail fait par l'implication communautaire et citoyenne.

La grève dans le communautaire est en fait une grève féministe. Les intervenantes de ce secteur sont majoritairement des femmes. C'est comme les grèves dans le secteur public. Mais ça n'apparaît pas comme ça au premier abord. Au 8 mars, on parlera donc de grève du communautaire pas de grève féministe.

Il faudra donc continuer à développer des solidarités, à consolider les liens entre les groupes et à obtenir le soutien des centrales syndicales.

Chloé Matte Gagné

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Avi Lewis répond au questionnaire de Rabble sur la direction du NPD

3 mars, par Avi Lewis — ,
Rabble pose à chacun des candidats à la direction du NPD sept questions sur la stratégie du parti, les questions autochtones, les relations avec Donald Trump et plus encore. (…)

Rabble pose à chacun des candidats à la direction du NPD sept questions sur la stratégie du parti, les questions autochtones, les relations avec Donald Trump et plus encore. Voici les réponses d'Avi Lewis.
Avi Lewis lors d'un événement de campagne. Crédit : Avi Lewis / X

23 février 2026 | tiré de Rabble.ca
https://rabble.ca/politics/canadian-politics/avi-lewis-answers-rabbles-ndp-leadership-questionnaire/

Veuillez indiquer à nos lecteurs trois politiques que vous défendriez en tant que chef du NPD.

En tant que chef du NPD, je défendrai la création d'options publiquesdans tous les secteurs de notre économie où le marché est défaillant. Alors qu'un Canadien sur quatre vit dans un foyer en situation d'insécurité alimentaire et que le recours aux banques alimentaires explose, Galen Weston, propriétaire de Loblaws, vaut 18 milliards de dollars. Il s'agit là d'un échec classique du marché, qui montre qui profite et qui souffre de notre économie actuelle, où chaque secteur est dominé par une poignée d'entreprises qui s'entendent entre elles. C'est pourquoi notre campagne propose une option publique pour les téléphones cellulaires, Internet, les services bancaires postaux et les produits alimentaires. Imaginez Costco géré comme un service public : un réseau public de 50 épiceries à travers le pays offrirait des prix alimentaires 30 à 45 % moins chers et coûterait 300 millions de dollars par an à gérer. Cela ne représente que la moitié d'un pour cent du budget de la défense.

Deuxièmement, nous nous engageons en faveur d'un Green New Dealvisant à créer plus d'un million d'emplois syndiqués bien rémunérés dans tout le pays en investissant 2 % du PIB canadien dans la lutte contre l'urgence climatique, créant ainsi des décennies d'emploi pour les travailleurs du commerce, les aides-soignants, les travailleurs des transports, les jeunes, les scientifiques, les travailleurs du secteur des énergies fossiles, etc. Ce travail sera soutenu par une nouvelle génération d'entreprises publiques vertes telles que les services publics de quartier, les fabricants et installateurs de pompes à chaleur, l'économie des soins (les soins sont une activité à faible émission de carbone !), les usines de bus électriques, etc.

Troisièmement, un plafonnement national des loyers qui redonnera le pouvoir aux locataires et mettra fin aux hausses de loyer excessives. Ce plafonnement signifiera que les loyers ne pourront pas être augmentés au-delà du taux d'inflation dans chaque province ou territoire, y compris pour les logements vacants, de sorte que les propriétaires ne pourront pas augmenter les loyers entre deux locataires. Le gouvernement fédéral peut y parvenir en mettant en œuvre une législation de soutien qui renforce les contrôles provinciaux et territoriaux des loyers.

Quelles initiatives législatives du gouvernement Carney modifieriez-vous, si vous le pouviez, et de quelle manière ?

Tout d'abord, j'abrogerais les dispositions relatives aux grands projets du projet de loi C-5. Ce projet de loi permet au gouvernement fédéral d'approuver des projets, y compris des infrastructures liées aux combustibles fossiles, sans passer par des consultations et des évaluations environnementales. C'est le genre de projet de loi qui ferait rougir Stephen Harper, car il ignore les droits des Autochtones et méprise de manière flagrante le fait que nous sommes en situation d'urgence climatique. Nous avons besoin de lignes électriques, pas de pipelines, surtout s'ils sont mis en place à la hâte malgré les objections des communautés qui tentent de protéger notre air, notre eau et nos terres.

De plus, le projet de loi C-12 porte atteinte aux droits fondamentaux des migrants, des réfugiés et de tous les citoyens canadiens. Plutôt que de nous protéger, ce projet de loi crée une machine à expulser qui nous rapproche toujours plus des horreurs qui se produisent aux États-Unis. Cette loi ouvre la voie à une nouvelle vague de violations des droits humains et déchire le tissu social des communautés. Nous devrions abandonner cette loi et suivre l'exemple de l'Espagne, qui accorde un statut légalà un demi-million de travailleurs migrants.

Enfin, je suis profondément préoccupé par les dispositions du projet de loi C-9 qui restreignent notre droit constitutionnel de manifester pacifiquement. Le projet de loi C-9 est une atteinte à nos libertés civiles et à nos droits garantis par la Charte. Il vise à limiter la liberté d'expression et la capacité des gens à s'organiser et à s'exprimer pour la justice, y compris et en particulier ceux qui s'organisent pour la justice en Palestine. Je soutiens la coalition multiconfessionnelle d'organisations à l'échelle nationale, qui comprend denombreux groupes de la société civile et le Congrès du travail du Canada, qui demandent au gouvernement fédéral de retirer cette dangereuse législation.

Comment lutteriez-vous contre le séparatisme au Québec et en Alberta ?

L'attisement du séparatisme en Alberta par Danielle Smith, qui a ouvert la voie à la tenue d'un référendum, est une évolution dangereuse. Cette cause semble être alimentée par l'ingérence étrangère américaine, les responsables de l'administration Trump ayant rencontré les principaux séparatistes. Nous devons rejeter fermement ces efforts et faire tout notre possible pour aider Naheed Nenshi à remporter les prochaines élections provinciales. Lors de ma rencontre avec M. Nenshi, j'ai souligné que je ferais tout mon possible pour y parvenir et je l'ai remercié pour son travail constant et celui du NPD de l'Alberta dans leur opposition au gouvernement le plus à droite de ce pays.
En plus d'être dangereux, cela détourne l'attention du programme de coupes budgétaires et de privatisation de Danielle Smith. Le gouvernement de l'UCP a récemment adopté le projet de loi 11, qui prévoit la mise en place d'un système de santé à deux vitesses à l'américaine en Alberta. Il s'agit d'une invitation ouverte aux compagnies d'assurance maladie américaines à venir cannibaliser notre précieux système de santé public. Nous ne devons pas laisser cela se produire. C'est pourquoi le gouvernement fédéral doit commencer à appliquer rigoureusement la Loi canadienne sur la santé, afin de mettre fin à cette vente de l'assurance maladie.

En ce qui concerne le séparatisme québécois, la clé pour y remédier, selon le NPD, est de démontrer que nous sommes une option viable pour la majorité progressiste du Québec. Cela implique d'avoir un leader qui soit non seulement capable de communiquer avec les Québécois en français, mais aussi un leader qui comprenne la culture et la politique uniques du Québec. Cela signifie défendre la Déclaration de Sherbrooke et établir des liens avec les Québécois sur la base de valeurs et d'idées sociales-démocrates communes. Je suis fier de bénéficier du soutien de Charles Taylor, qui a maintenu la flamme du NPD au Québec pendant des décennies avant la vague orange. La tâche de renouer avec le Québec serait fondamentale si j'avais l'honneur d'occuper le poste de chef.

Quelles seraient vos conditions pour soutenir un gouvernement libéral minoritaire ?

Si le NPD détient un équilibre clair du pouvoir sous ma direction, je voudrais n'avoir qu'une seule exigence : la représentation proportionnelle. Pas un engagement à l'étudier plus avant, à le faire plus tard, à organiser un référendum ou tout autre moyen pour les libéraux de se dérober à leur engagement, mais sa mise en œuvre complète après une assemblée citoyenne chargée de décider du type exact de système électoral. C'est la réforme qui déclenche toutes les autres réformes et qui mettra fin une fois pour toutes au phénomène du « vote stratégique », où les gens se sentent obligés de voter contre quelque chose plutôt que de voter pour le parti ou le candidat qui correspond vraiment à leurs valeurs.

Elle est également essentielle pour éviter les fausses majorités, où un parti qui remporte 36 % des voix exerce un pouvoir presque absolu. Que se passera-t-il si Poilievre remporte les prochaines élections dans un tel scénario ? Tous les progrès réalisés par le NPD au cours de la dernière législature, des soins dentaires aux premières étapes de l'assurance-médicaments, seront remis en question. C'est pourquoi la réforme électorale est si importante. Plutôt que de présenter une liste de revendications, le NPD devrait poser une condition claire la prochaine fois, à savoir la représentation proportionnelle.

Si vous étiez responsable des relations entre le Canada et les États-Unis, quelle serait votre stratégie pour traiter avec l'administration Trump ?

Nous avons besoin d'une politique étrangère indépendante qui vise à établir des alliances avec un ensemble de pays partageant les mêmes idées. L'union fait la force, et nous devrions donner la priorité à l'approfondissement des liens avec les gouvernements progressistes, notamment le Mexique, le Brésil, la Colombie et l'Espagne, afin de nous opposer collectivement à Trump. Tous ces pays n'ont pas hésité à tracer leur propre voie sur la scène internationale, notamment en condamnant le génocide en Palestine et en s'opposant à l'intimidation des petites nations de l'hémisphère occidental par l'administration Trump. Le gouvernement Carney est resté silencieux sur ces questions, et le NPD doit être une voix de principe pour les droits de l'homme et la justice, sans exception. En outre, nous ne devrions pas chercher à approfondir l'intégration militaire avec les États-Unis, comme le système de défense antimissile « Golden Dome », que le premier ministre Carney continue d'envisager.

Outre une politique étrangère indépendante, nous devons également bâtir une économie nationale indépendante et résiliente, capable de résister aux chocs des droits de douane imposés par Trump. Notre économie est devenue beaucoup trop interdépendante et dépendante de notre voisin du sud. C'est pourquoi nous proposons un plan visant à étendre la propriété publique, en créant de nouvelles sociétés d'État canadiennes afin de fournir des services abordables, allant des produits alimentaires aux télécommunications en passant par les services bancaires postaux. Enfin, nous devons riposter aux droits de douane en imposant une taxe sur les exportations de pétrole et de gaz vers les États-Unis, ce qui contribuera également à financer la création d'emplois durables et la transition vers les énergies propres dont nous avons désespérément besoin.

Quelles mesures prendriez-vous pour réduire les inégalités économiques croissantes au Canada ?

Notre campagne propose un plan fiscal complet pour les 99 % afin de lutter contre les inégalités et de collecter les fonds nécessaires pour financer correctement nos services publics. Les inégalités dans ce pays ont atteint des niveaux inimaginables. Les 1 % les plus riches possèdent près d'un quart de la richesse nette du Canada. Parallèlement, les six plus grandes banques ont engrangé 70 milliards de dollars de bénéfices l'année dernière. Des sources de richesse sont générées, mais elles ne profitent pas aux travailleurs, elles restent concentrées au sommet. Nous avons besoin d'un gouvernement qui ait le courage et la volonté politique de s'attaquer enfin à ce problème.

C'est exactement ce que propose notre plan. Son élément central est un impôt sur la fortune de 1 % pour les 1 % les plus riches, qui passe à 3 % pour les plus grandes fortunes. Une telle taxe n'aurait d'impact que sur un petit nombre de personnes, mais elle pourrait générer 40 milliards de dollars par an de nouvelles recettes. En outre, nous demandons que les revenus provenant des gains en capital soient traités de la même manière que les revenus d'emploi, qu'une taxe soit prélevée sur les successions supérieures à 5 millions de dollars, qu'une nouvelle tranche d'imposition soit créée pour les Canadiens les plus riches, qu'une taxe soit prélevée sur les bénéfices excédentaires des entreprises et que l'ARC dispose des ressources nécessaires pour lutter contre la fraude fiscale.

En matière de soutien au revenu, nous sortirions les gens de la pauvreté en augmentant considérablement le soutien au revenu pour les personnes handicapées (en portant la Prestation canadienne pour personnes handicapées à 2 150 dollars par mois), les personnes âgées, les familles avec enfants et les adultes à faible revenu. Nous créerions également un cadre national pour un revenu de base garanti, comme le propose Leah Gazan dans le projet de loi C-223, afin d'établir un seuil social en dessous duquel personne ne peut tomber.

Quelles mesures sont nécessaires pour autonomiser les communautés autochtones au Canada et assurer leur prospérité ?

L'autonomisation et le soutien des communautés autochtones sont présents à plusieurs niveaux dans notre programme électoral, depuis notre vision d'une révolution des bus électriques qui reconnecte les communautés et améliore la sécurité sur toutes les routes de l'espoir de ce pays, jusqu'à l'investissement dans l'économie des soins, y compris les services de garde d'enfants et de soins aux personnes âgées adaptés à la culture, en passant par la garantie que les communautés autochtones touchées bénéficient de la richesse générée par l'exploitation minière sur les territoires traditionnels.
En ce qui concerne le développement des terres autochtones, le principe du consentement libre, préalable et éclairé énoncé dans la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones doit être pleinement respecté et honoré. Cela nécessite une consultation véritable et significative en partenariat et en collaboration avec les gouvernements des Premières Nations, des Métis et des Inuits, y compris avec les systèmes et structures de gouvernance traditionnels. Une consultation significative implique de veiller à ce que toutes les voix communautaires qui souhaitent participer soient incluses dans le processus officiel des projets, mais aussi que les communautés puissent maintenir un dialogue avec le gouvernement fédéral si de nouvelles questions se posent pendant le développement et l'exploitation des projets.

Un autre élément absolument crucial est l'adoption d'une stratégie de logement « pour les Autochtones, par les Autochtones ». La crise du logement qui touche les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis est une urgence nationale. Près d'un Autochtone sur six vit dans un logement nécessitant des réparations importantes et considéré comme inadapté au nombre de personnes qui y vivent. Il s'agit d'une violation des droits humains fondamentaux, qui a des conséquences désastreuses sur la santé et le bien-être des personnes. Cette stratégie permettrait de combler le fossé entre les communautés autochtones et non autochtones en matière de logement, grâce à des investissements massifs dans des projets de logement urbains, ruraux et nordiques, en collaboration avec les dirigeants autochtones.

Enfin, je tiens à saluer le plan de Tanille Johnston pour la réconciliation et l'autonomisation des Autochtones, un document remarquable que je soutiens pleinement.

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États-Unis/Israël, cessez toute intervention en Iran ! Pas de libération par les bombes américaines !

3 mars, par Bureau exécutif de la IVe Internationale — ,
Quatrième Internationale 28 février 2026 Par le Bureau exécutif de la Quatrième internationale 1. Après que divers gouvernements américains, pendant de nombreuses années, (…)

Quatrième Internationale
28 février 2026

Par le Bureau exécutif de la Quatrième internationale

1. Après que divers gouvernements américains, pendant de nombreuses années, aient menacé l'Iran d'une attaque militaire, les États-Unis, alliés à Israël, ont lancé des frappes de missiles et des bombardements contre le pays. Trump a sommé les militaires iraniens de capituler sous peine de « mort certaine ». L'Iran a riposté par des frappes sur des bases militaires américaines dans le Golfe, et la menace d'une guerre régionale plus étendue plane désormais.

2. Le prétexte de cette guerre est l'échec des négociations sur le programme nucléaire iranien et l'affirmation de Trump selon laquelle l'Iran développerait des missiles à longue portée capables de frapper l'Europe, voire les États-Unis. Ce même argument avait été utilisé par George W. Bush et Tony Blair en 2003, lorsque ces derniers prétendaient que l'Irak pouvait frapper des cibles occidentales avec seulement « 45 minutes de délai ». L'hypocrisie des plus grandes puissances militaires est flagrante : elles, qui sont dotées de forces de frappe globales et de l'arme nucléaire, prétendent que l'Iran représente une menace réelle pour des populations aussi éloignées que celles New York. L'Iran avait consenti certaines concessions concernant son programme d'enrichissement d'uranium et s'était engagé à ouvrir ses gisements de gaz et de pétrole aux marchés américains. Cela n'a pas suffi à un tyran belliciste comme Trump, qui exige une soumission et une obéissance totales, tant sur le plan personnel que géopolitique.

3. Les actions militaires doivent être comprises dans le contexte du virage ouvertement agressif et colonialiste des États-Unis – dirigés par un néofasciste – dans le cadre d'une concurrence accrue entre les puissances impérialistes pour l'accès direct aux ressources, à mesure que l'ordre néolibéral et mondialisé se désintègre. L'enlèvement de Nicolas Maduro et de Cilia Flores au Venezuela et la prise de contrôle du gouvernement qui s'en est suivie, les menaces de Trump contre le Groenland, le génocide en cours contre les Palestinien·nes et le projet de « reconstruction » de Gaza, l'annexion de la Cisjordanie et, maintenant, les bombardements sur Téhéran, s'inscrivent dans ce nouvel ordre mondial. Les premiers missiles ont été lancés par Israël, avant d'être suivis par des frappes militaires américaines menées depuis ses navires de guerre et ses porte-avions dans la région. Cela démontre une fois de plus les liens militaires et politiques étroits qui unissent les deux pays.

4. Si cette dernière agression s'inscrit dans la continuité du mépris affiché par les administrations Trump pour le droit international, la souveraineté des nations et le recours aux menaces et à la violence pour servir ce qu'elles considèrent comme les intérêts américains, l'attaque de Trump envers l'Iran n'est que le dernier chapitre d'une longue histoire d'agressions américaines contre l'Iran et son peuple. Les États-Unis n'ont jamais pardonné à l'Iran d'avoir renversé le régime répressif du Shah, soutenu par les États-Unis, lors de la révolution populaire de 1979 qui a mis fin à la monarchie Pahlavi. Depuis lors, tous les présidents américains ont eu recours à des boycotts économiques et, occasionnellement, à des actions militaires contre le pays. Tous ont cyniquement prétendu soutenir le peuple iranien contre la dictature des mollahs, un prétexte fallacieux pour dissimuler leur volonté de contrôler la région et ses ressources pétrolières.

5. Le récent soulèvement populaire contre le gouvernement iranien et la répression brutale dont il a fait l'objet par le régime théocratique iranien pourraient inciter certains à soutenir l'attaque américano-israélienne, dans l'espoir d'un changement de régime. Saisissant une opportunité de revenir au pouvoir, les frappes militaires ont été saluées par les partisans de Reza Pahlavi, fils du Shah, dirigeant royaliste iranien en exil, dont la famille a été renversée lors de la révolution de 1979. Pahlavi s'est rendu en Israël en avril 2023 pour discuter d'un changement de régime en Iran et n'a jamais caché son espoir que Netanyahou puisse l'aider dans ses projets de restauration.

6. Au moment où les bombes commençaient à tomber, Trump a déclaré au peuple iranien : « L'heure de votre liberté est proche ». Cette attaque n'a rien à voir avec la libération, et nul ne devrait croire que les États-Unis ou Israël, dont les mains sont tachées de sang à Gaza et ailleurs, se soucient de la liberté ou du bonheur de l'humanité. Il s'agit d'une considération stratégique géopolitique de la part des forces de l'impérialisme américain visant à asseoir leur contrôle sur la région. Comme nous l'avons déclaré le 5 janvier : « Nous rejetons les projets de « régime change » de Trump et Netanyahou qui tentent d'imposer une solution par en haut en finançant le courant monarchiste et en menaçant d'une nouvelle intervention militaire contre l'Iran. Derrière les projets de Trump se cache l'objectif explicite de mettre la main sur les réserves d'énergie fossile, tel qu'il l'a clairement exprimé au sujet du Venezuela » (Contre le régime théocratique et autoritaire de l'Iran et les ingérences impérialistes : solidarité avec la lutte des peuples d'Iran).

7. Le peuple iranien lutte depuis des années pour renverser le gouvernement théocratique iranien. Les Iraniennes, en particulier, ont été à l'avant-garde de ces mouvements, notamment lors du mouvement « Femme, Vie, Liberté » en 2022. L'Iran possède une importante classe ouvrière et des syndicats actifs, notamment dans le secteur pétrolier. Récemment, des manifestations étudiantes massives ont eu lieu après le massacre de milliers de personnes par le régime en janvier. Le gouvernement iranien est faible et ne tient qu'à la violence et à la peur.

8. Le renversement du régime iranien est la tâche du peuple iranien, et la Quatrième Internationale soutient les forces démocratiques, anti-impérialistes et de lutte des classes dans leur combat.

Pour des mobilisations mondiales contre la guerre !

Non à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran !

Solidarité avec le peuple iranien !

Halte à l'impérialisme américain et au colonialisme israélien !

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