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Le Québec a les moyens de prendre soin de son monde, rappellent des groupes sociaux devant l’Assemblée nationale

9 juin, par Coalition Main rouge — , ,
Québec, 5 juin 2026 – Alors que se termine une année parlementaire minée d'attaques antidémocratiques, des groupes sociaux, communautaires et syndicaux de divers horizons (…)

Québec, 5 juin 2026 – Alors que se termine une année parlementaire minée d'attaques antidémocratiques, des groupes sociaux, communautaires et syndicaux de divers horizons manifestent sur la Colline parlementaire à l'invitation de la Coalition Main Rougepour dénoncer les inégalités sociales qui s'accroissent et rappeler que l'austérité et le néolibéralisme ne sont pas des fatalités.

Les manifestants et manifestantes réclament notamment :

● Une plus grande justice fiscale

● Un réinvestissement massif dans nos services publics, nos programmes sociaux et l'action communautaire autonome

● Le plein respect des droits et libertés

À l'approche de la campagne électorale, un message clair a été lancé également aux aspirants et aspirantes au pouvoir : renforcer le filet social est une question de choix politiques. Selon la Coalition Main rouge, il est urgent de réinvestir massivement dans les services publics, les programmes sociaux et l'action communautaire autonome. La Coalition Main Rouge propose des mesures fiscales totalisant 20 milliards $ annuellement.

La fin de mandat de la CAQ a été le théâtre de trop nombreuses manœuvres contre la démocratie et les contre-pouvoirs dénoncent les groupes sociaux. « Non seulement les projets de lois contenant des entraves aux droits se sont suivis dans une cadence inédite, mais les processus de consultation les entourant ont été souvent trop courts, même vidés de leur sens, toujours au détriment de la participation citoyenne. Sans parler des nouveaux recours au bâillon qui pourraient venir dans les prochains jours. Le contexte social justifierait pourtant qu'on fasse une plus grande place à la population et qu'on renforce le filet social. Que toutes les personnes entrevoyant se lancer dans la course l'entende : nous voulons une réelle démocratie et le respect des droits fondamentaux », rappelle Marie-Line Audet, co porte-parole de la Coalition Main rouge pour la manifestation.

Face à la multiplication des crises, il est plus urgent que jamais de prioriser le bien commun, insiste la Coalition. Dans cet objectif, la Coalition Main Rouge a identifié des solutions fiscales totalisant 20 milliards $ annuellement. « Nous proposons 6 mesures fiscales qui permettraient de renflouer les coffres de l'État dans le but de réinvestir massivement dans les programmes sociaux, les services publics et l'action communautaire autonome. Non seulement elles apporteraient des ressources financières permettant à l'État de réellement assumer ses responsabilités et d'agir sur les causes des crises, mais en plus elles amélioreraient la justice fiscale de manière structurante », souligne Émilie Charbonneau, également porte-parole de la manifestation.

Les mesures concrètes proposées par la Coalition sont :

● mettre en place d'un nouvel impôt sur l'actif net (patrimoine) du 1% des personnes les plus riches,

● mettre fin de l'inclusion partielle du gain en capital,

● une plus grande contribution fiscale des entreprises financières notamment des banques en rétablissant une taxe sur le capital

● la révision des paliers d'imposition sur le revenu

● lutter plus sérieusement contre les paradis fiscaux

Pour que les prochaines générations bénéficient du filet social qu'elles méritent, des choix audacieux s'imposent. À l'approche de la campagne électorale, les membres de la Coalition Main Rouge feront connaître leurs solutions fiscales et interpelleront les partis politiques afin qu'ils parlent de fiscalité.

À propos

La Coalition Main rouge est une coalition nationale d'organisations syndicales, féministes, communautaires et populaires. Elle s'oppose aux politiques néolibérales et revendique un financement adéquat des services publics, des programmes sociaux et de l'action communautaire autonome. Afin d'y arriver, elle propose des mesures fiscales progressives. En sont notamment membres le Collectif pour un Québec sans pauvreté, le FRAPRU, le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec, la Table nationale des Corporations de développement communautaire (TNCDC), le Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire du Québec (MÉPACQ), la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), ATTAC-Québec, L'R des centres de femmes du Québec, le Conseil central du Montréal métropolitain - CSN (CCMM-CSN), le Syndicat de la fonction publique et parapublique de Québec (SFPQ), la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles, le Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA) et Union des consommateurs.

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Les Robins des Ruelles vident l’épicerie Métro Bigras et redistribuent à la communauté de Cote-des-neiges

9 juin, par Les soulèvements du fleuve — , ,
« Vous croyiez que c'était fini ? La faim nous tenaille encore » : les Robins des Ruelles vident l'épicerie Métro Bigras et redistribuent à la communauté de Cote-des-neiges

« Vous croyiez que c'était fini ? La faim nous tenaille encore » : les Robins des Ruelles vident l'épicerie Métro Bigras et redistribuent à la communauté de Cote-des-neiges

Le 3 juin 2026 en soirée, une cinquentaine de Robins, on fait irruption dans l'épicerie Métro Bigras dans le quartier Centre-Sud de Montréal, pour en ressortir presque aussitôt les bras chargés de denrées « libérées » et disparaitre dans les ruelles d'où ils et elles étaient venus. L'intégralité du butin a été redistribué le soir même dans le quartier Côte-des-neiges, aux abords du parc Martin Luther King. Le contenu de la quarantaine de sacs fut étalé sur une grande nappe et une bannière arborant « FREE FOOD, SERVEZ-VOUS » invitait les passant.e.s à se servir selon leurs besoins. En guise de signature, les Robins des Ruelles avait laissé, avec la nourriture, plusieurs exemplaires de leur manifeste La Faim justifie les moyens : récit de liberté paru la semaine dernière.​​

C'est la quatrième action « d'auto-rabais » (vol politique) de ce type revendiqué depuis le premier coup d'éclat le 16 décembre dernier. C'est aussi la deuxième fois que la chaine de supermarché Métro fait les frais de son avarice.

« C'est en quelque sorte un impôt en nature, sous forme de bouteilles d'huile d'olive, de sacs de café et de fromages. On récupère ce que les mafieux de l'alimentation extorquent aux ventres vides en attendant de les exproprier pour de bon. C'est obscène ! Les épiceries jettent chaque semaine plus qu'on pourrait mettre dans nos sacs. Pour maintenir l'illusion de l'abondance dans ce système détraqué, il faut toujours des surplus, donc des pertes. » témoigne Jean Lepetit, ayant pris part à l'action de mercredi. »

Après s'être fait cambriolé par trois Pères Noels et leur horde de lutins, Métro s'était défendu de faire fortune sur la misère des autres en faisant miroiter leur don de 26 millions. Mais la charité des riches et puissants ne parvient plus à camoufler leur responsabilité directe dans la hausse artificielle du coût de la vie, en particulier du panier d'épicerie depuis la pandémie. Ceux qui ont faim ont commencé à s'organiser et la peur à changer de camp.
Par leurs actions, les Robins revendiquent une véritable dé-marchandisation de la subsistance donc de l'alimentation. Se contenter de détaxer certains produits et permettre a une famille de quatre d'économiser 50$ en épicerie sur une année, comme planifie la première ministre Christine Fréchette, parait insultant ou risible à la vue des profits records réalisés sur le dos de la population par les géants de l'alimentation. Ce n'est ni ce que la situation exige ni ce que nous accepterons.

Dans leur communiqué, les Robins des Ruelles déclarent :

« La guerre impérialiste, la crise écologique et l'appauvrissement généralisé sont le fait d'une même clique d'oligarques qui nous rend la vie impossible. Il nous faut nous organiser et reprendre ce que nous savons nous revenir de droit : un avenir, l'autonomie et de quoi subvenir à nos besoins. »

Les actions des Robins des Ruelles répondent à l'appel des Soulèvements du Fleuve à résister à la marchandisation de la subsistance.

À ce propos, ils concluent :

"Bien au delà de l'aide concrète qu'elle a pu apporter a un nombre très restreint, cette séquence d'action vise avant tout a dénoncer les fausses solutions qu'on nous sert tiède depuis quelques années face à la montée du coût de la vie. Cest pourtant simple : il n'est pas acceptable de mettre un prix sur la survie. Il nous faut mettre fin au règne de l'Économie. Nos actions entendent aussi montrer par l'exemple qu'il est encore possible d'agir en ce monde : sa dérive vers le pire n'est pas inévitable. Nous nous soulevons parce qu'il est toujours possible / pour qu'il soit toujours possible de résister / de subsister. »

Information sur le groupe d'action autonome Les robins des Ruelles :

Les Soulèvements du fleuve ont reçu un communiqué de la part de Robins des Ruelles avec la demande de le contextualiser et de le partager aux médias. Les Soulèvements du fleuve jouent un rôle de diffusion. Les Robins des Ruelles sont des groupes automones et anonymes qui sont passés à l'action contre Métro le 15 décembre 2025, puis contre Rachelle-Béry le 3 février 2026 et contre un Maxi le 30 avril 2026.

À propos des Soulèvements du fleuve :

Les Soulèvements du fleuve rassemblent des personnes révoltées par l'état du monde qui, à travers leurs gestes et leur discours, tentent d'ébranler le règne de l'Économie, de créer des brèches dans sa domination. L'Économie, c'est ce qui cherche à exploiter chaque forêt, chaque rivière et chaque être vivant, à transformer chaque moment de nos existences en travail et à faire de toute chose une marchandise. Nous aspirons à construire une force politique qui vise à se libérer de l'Économie et de son emprise, à s'opposer aux géants industriels, à la mafia alimentaire et aux grands propriétaires. Partout et tout le temps, s'organiser contre ses rouages, créer du commun, expérimenter d'autres manières d'être au monde. Nos ennemis sont ceux qui nous ont dépossédé-es de nos moyens de subsistance - de notre capacité collective à nous nourrir, à nous loger, à nous soigner, à nous amuser. Leur expropriation est notre horizon. Nés en réponse à l'appel international des Soulèvements de la terre, les Soulèvements du fleuve ont, depuis, traversé des luttes et des saisons. Nous résistons, car nous savons que d'autres mondes sont possibles. Il est venu le temps de se soulever.

Source : LesSoulèvementsdufleuve.org

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Des défenseurs des travailleurs agricoles migrants vont déposer une plainte auprès du Comité des droits de l’homme des Nations unies

9 juin, par Gabriela Calugay-Casuga — , ,
Cette initiative vise à faire pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il mette fin à la précarité dont souffrent les travailleurs migrants. Tiré de The rabble (…)

Cette initiative vise à faire pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il mette fin à la précarité dont souffrent les travailleurs migrants.

Tiré de The rabble
Traduction de Johan Wallengren
Le 1er juin 2026 / De : Gabriella Calugay-Casuga

Les défenseurs des travailleurs agricoles migrants ont informé le Premier ministre Mark Carney qu'ils déposeraient une plainte auprès du Comité des droits de l'homme des Nations unies en décembre, à l'occasion de la Journée internationale des migrants. La plainte mettra en évidence ce que ces défenseurs qualifient d'inaction du gouvernement face aux décès évitables de travailleurs agricoles migrants.

La plainte sera déposée par Justice for Migrant Workers (J4MW), un collectif politique bénévole basé à Toronto et Vancouver fort de plus de 20 ans d'expérience dans le domaine de la mobilisation.

« Ce que nous constatons, c'est que le travail agricole, de par sa nature même, est violent, dangereux, déshumanisant et salissant », déplore Chris Ramsaroop, organisateur de longue date au sein de J4MW. « Structurellement, nous créons des lieux de travail, comme dans l'agriculture, où la vie des gens – en particulier celle des travailleurs issus de minorités ethniques – n'est pas valorisée. Nous voulons mettre en lumière cette réalité. »

L'Organisation internationale du travail (OIT) classe le travail agricole parmi les professions les plus dangereuses au monde. Les travailleurs sont exposés aux produits agrochimiques et peuvent également subir des blessures lors de la manipulation de machines lourdes. L'OIT estime que 170 000 personnes travaillant dans l'agriculture meurent chaque année.

Ces risques, combinés au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) du Canada, qui a été qualifié de terreau fertilepour les formes contemporaines d'esclavage, ont rendu les travailleurs agricoles migrants particulièrement vulnérables aux risques de blessures et de décès. En plus d'être exposés aux dangers du travail agricole, les travailleurs agricoles migrants sont aux prises avec des niveaux élevés d'anxiété et de stress en raison de la séparation familiale, de la précarité et des conditions de travail qui sont susceptibles de porter atteinte à leur intégrité et à leur dignité et de la précarité de leur emploi à bas salaire et de leur statut d'immigrant.

« Le racisme et la suprématie blanche sont au cœur de la création de ces programmes », a déclaré Monsieur Ramsaroop. « Dans les années 60, quand la question de la pénurie de main-d'œuvre était débattue, les politiciens prônaient la liberté, la dignité et le respect. Ils expliquaient que quand il s'agissait des Européens blancs, ils n'étaient pas en mesure d'exercer un contrôle sur la main-d'œuvre, ni d'imposer des restrictions ou de gérer le recrutement. Nous n'avons eu aucun scrupule à créer les conditions que nous savons, d'abord pour les travailleurs noirs de la Jamaïque, puis pour les travailleurs du monde entier. »

Dans sa lettre adressée au bureau du Premier ministre, J4MW a indiqué qu'il continuerait à exiger des enquêtes sur les décès de travailleurs agricoles migrants, à réclamer des investigations et à se battre pour la justice.

« Nous refusons d'accepter un système où la servitude par contrat n'est pas seulement un héritage, mais une pratique claire et assumée à travers tout le pays », a écrit l'organisation dans sa lettre.

Le bureau du Premier ministre a reçu la demande de commentaires de rabble.ca, mais n'a pas été en mesure de répondre dans les délais.

M. Ramsaroop a déclaré qu'il n'avait pas été impressionné par les réponses passées du gouvernement aux doléances de J4MW.

« Les réponses qu'on reçoit sont génériques et il n'y a pas eu de changement réel », a-t-il déclaré. « Ce n'est pas seulement que le gouvernement refuse d'agir. Le gouvernement soutient fortement le complexe agro-industriel. »
Il a formulé le vœu que la plainte auprès du Comité des droits de l'homme des Nations unies pousse le gouvernement à enfin prendre les mesures nécessaires.

« Historiquement, les progressistes ont échoué et ont succombé aux clichés de la suprématie blanche », a ajouté M. Ramsaroop. « À l'heure actuelle, alors que nous réclamons des changements, il s'agit de garantir que les gens puissent vivre libres et égaux. Ce n'est pas juste parce qu'ils viennent de pays du Sud ou qu'ils sont racialisés qu'ils doivent être confrontés à un ensemble d'exclusions différenciées et profondément racistes. »
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Retroussons-nous les manches pour le climat

9 juin, par Coalition Retroussons-nous les manches — , ,
Des élu.e.s de partout au Canada lancent un message urgent au premier ministre Carney : « Nous voulons des projets qui bâtissent le pays, pas qui le réduisent en cendres » À (…)

Des élu.e.s de partout au Canada lancent un message urgent au premier ministre Carney : « Nous voulons des projets qui bâtissent le pays, pas qui le réduisent en cendres »
À l'issue d'un sommet d'urgence de Retroussons-nous les manches pour le climat, des mairesses, maires et conseiller.ère.s réclament une action climatique fédérale immédiate et créatrice d'emplois : « Des communautés seront réduites en cendres cet été pendant que nous misons toujours plus sur l'expansion des énergies fossiles »

Edmonton, Alberta, 4 juin 2026 – Une alliance de près de 300 mairesses, maires et conseiller.ère.s, représentant plus de la moitié de la population canadienne, a tenu aujourd'hui un sommet d'urgence sur le climat à huis clos et publié une déclaration commune (voir plus bas) afin de ramener le climat au premier plan de l'actualité politique. À l'approche d'une saison des feux de forêt qui s'annonce intense, la coalition réclame des investissements fédéraux massifs dans des projets propres qui réduisent la pollution et renforcent l'économie.

Les élu.e.s ont aussi lancé la Carte des impacts climatiques 2026,qui suivra en temps réel les catastrophes climatiques partout au pays cet été, et dévoilé un nouveau rapport selon lequel les changements climatiques coûtent déjà à l'économie canadienne entre 1 et 5 % de son PIB.

Les élu.e.s municipaux.ales lancent un cri de cœur dans une déclaration commune

Les élu.e.s municipaux.ales ont fait cette annonce après avoir tenu aujourd'hui un sommet d'urgence sur le climat, à l'approche d'une saison des feux de forêt qui s'annonce intense. Ils ont publié une déclaration commune (voir plus bas) pour reconnaître la crise et les coûts croissants des impacts climatiques partout au Canada, et pour remettre le climat à l'avant-plan en réclamant des projets d'envergure qui rendent la vie plus abordable, créent des emplois et réduisent la pollution.

« D'autres communautés risquent de partir en fumée cet été pendant que le premier ministre persiste à vouloir étendre l'industrie des énergies fossiles. Alors que d'autres pays descendent des montagnes russes du pétrole et du gaz en investissant dans les énergies renouvelables et la résilience, nous versons de l'essence sur nos feux de forêt avec des subventions publiques à une industrie qui engrange déjà des profits de plusieurs milliards de dollars », a déclaré Richard Ireland, maire de Jasper, en Alberta, dont la ville a été dévastée en 2024 par l'une des catastrophes naturelles les plus coûteuses de l'histoire du Canada. « Nous avons besoin de leadership fédéral en matière de climat, pas d'un recul. »

Le groupe a également lancé la Carte des impacts climatiques 2026afin de suivre en temps réel les catastrophes climatiques à mesure qu'elles surviennent au cours de l'été, et a révélé qu'à la fin de mai, près de 7,6 millions de personnes au Canada (soit 1 sur 5) avaient déjà vécu des événements météorologiques extrêmes cette année.

Une nouvelle carte rend les catastrophes climatiques de l'été impossibles à ignorer

« Dans le Nord, c'est une urgence après l'autre depuis des années. En tant qu'élu.e.s municipaux.ales, c'est nous qui faisons face à ces menaces pour la santé, l'économie et la sécurité de nos communautés » a déclaré Ben Hendriksen, maire de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest. « Cette carte vise à rendre ces impacts visibles et indéniables, pour que le gouvernement fédéral soit contraint d'agir sérieusement. »

https://www.pressegauche.org/ecrire/?exec=article_edit&new=oui&id_rubrique=67#

Les élu.e.s ont réclamé une action fédérale immédiate pour renverser la vapeur sur l'expansion des énergies fossiles et ont mis de l'avant leurs cinq demandes phares en matière de politiques fédérales, qui pourraient créer des millions d'emplois au Canada et aider à protéger le pays contre les chocs économiques :

Un réseau électrique propre est-ouest-nord à l'échelle du pays, alimenté par des énergies renouvelables plutôt que par le gaz fossile, pour faire du Canada une superpuissance de l'énergie propre ;

Au moins deux millions de logements hors marché à pollution nulle, écoénergétiques et construits selon les normes les plus élevées, avec de l'acier, de l'aluminium et du bois d'œuvre canadiens ;

● Des rénovations résidentielles ainsi que l'installation massive de thermopompes et de panneaux solaires partout au pays, pour réduire les factures d'énergie et la pollution et stimuler l'activité économique dans chaque communauté ;

Un système de transport propre doté d'un réseau ferroviaire à grande vitesse pancanadien, prolongé par des autobus électriques fabriqués au Canada, et l'annulation des compressions fédérales dans le transport collectif local ;

Une stratégie pancanadienne de résilience, d'intervention et de rétablissement pour reconstruire après les catastrophes à venir, financée par une nouvelle taxe sur les profits excédentaires du pétrole et du gaz tirés de la guerre en Iran.

« Les idées politiques que nous proposons sont populaires et réalisables » a déclaré David Miller, ancien maire de Toronto et coprésident de Retroussons-nous les manches pour le climat. « La plupart des gens au Canada estiment que le pays serait plus sécuritaire s'il produisait davantage d'énergie renouvelable ; les deux tiers préfèrent le développement de l'énergie propre à celui des énergies fossiles, et les deux tiers appuient une taxe sur les profits excédentaires des sociétés pétrolières et gazières, qui pourrait financer d'énormes investissements dans des infrastructures favorables au climat. Ce sont là d'importantes majorités, que le gouvernement aurait tout avantage à écouter. »


Un nouveau rapport chiffre la facture : jusqu'à 5 % du PIB

L'alliance a également dévoilé un nouveau rapport qui estime que les changements climatiques coûtent à l'économie canadienne de 1 à 5 % de son PIB, une proportion stupéfiante, et dont les répercussions financières devraient s'accroître dans les années à venir. Les impacts climatiques ont ajouté 8,8 milliards de dollars par année au coût d'entretien des routes, des ponts, des réseaux d'eaux usées et des autres infrastructures publiques du pays, et les municipalités assument les deux tiers de cette facture.

« Mark Carney a dit à ses détracteurs qu'il voulait entendre ce pour quoi ils se battent, pas ce contre quoi ils s'opposent. Alors voici : les élu.e.s municipaux.ales veulent des projets qui bâtissent le pays, pas qui le réduisent en cendres » a déclaré Merlin Blackwell, maire de Clearwater, en Colombie-Britannique. « Ma ville a été désignée comme la plus susceptible au Canada de subir un feu de forêt catastrophique dans un avenir rapproché ; c'est ce qui m'empêche de dormir. Mais nous pouvons protéger nos communautés et bâtir une économie forte grâce à des investissements dans l'éolien, le solaire et l'hydroélectricité durable. La vie peut être belle avec un véritable réseau électrique pancanadien, alimenté par des énergies renouvelables plutôt que par des combustibles fossiles comme le GNL. »

À propos de Retroussons-nous les manches pour le climat

Retroussons-nous les manches pour le climat est une alliance pancanadienne de près de 300 mairesses, maires et conseiller.ère.s qui représentent plus de la moitié de la population canadienne. L'alliance milite pour des projets propres et structurants qui protègent le Canada de la double crise du dérèglement climatique et de l'instabilité économique, et qui rendent nos communautés plus sécuritaires, plus abordables et plus prospères. Nous nous sommes associés auClimate Caucus, un organisme sans but lucratif national qui aide les élues et élus municipaux à mettre en œuvre des politiques climatiques dans leurs collectivités et à faire valoir leurs positions auprès de tous les ordres de gouvernement.

Déclaration commune des maires, mairesses et leaders municipaux de partout au pays, dans le cadre du sommet sur le climat de l'alliance Retroussons-nous les manches pour le climat, le 4 juin

Le 4 juin 2026 Edmonton (Alberta)

Aujourd'hui, les membres de Retroussons-nous les manches pour le climat, une alliance grandissante de près de 300 maires et mairesses, conseillers et conseillères municipaux qui représentent plus de la moitié de la population canadienne, se sont réunis à Edmonton pour un Sommet d'urgence sur le climat, à l'aube d'une autre saison dévastatrice d'événements climatiques extrêmes. Ensemble, ils ont cherché comment protéger leurs communautés des catastrophes alimentées par les énergies fossiles et des chocs économiques qui viennent avec. Au terme de leurs échanges, ils ont adopté la déclaration commune suivante. D'autres signatures seront ajoutées tout au long du Sommet.

Épuisement. Peur. Frustration. Inquiétude. Colère. C'est ce que nous ressentons, nous, les élues et élus municipaux, comme le ressentent les gens de nos communautés, alors que celles-ci encaissent les catastrophes climatiques les unes après les autres, sans répit.

Sécheresse dans l'intérieur de la Colombie-Britannique. Inondations dans le nord-est de l'Ontario et l'ouest du Québec. Avertissements de chaleur en Nouvelle-Écosse. Feux de forêt incontrôlables en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba.

Et ce n'est qu'un aperçu de ce qui a frappé le pays durant les cinq premiers mois de 2026. Une personne sur cinq en a déjà été touchée, un chiffre vertigineux, et une autre saison de feux, de fumée toxique, de canicules et d'inondations s'annonce déjà.

Comme maires et mairesses, conseillers et conseillères municipaux de partout au pays, nous avons un message clair pour le premier ministre : nos communautés et nos économies locales brûlent. Ce qu'il nous faut, c'est un vrai leadership fédéral sur le climat, pas un recul.

Le gouvernement actuel semble voir les changements climatiques comme un problème lointain, qu'on finira bien par régler un jour, plus tard.

Mais sur le terrain on vit une tout autre réalité. Les changements climatiques, c'est notre quotidien : air vicié, manques d'eau, évacuations bouleversantes, familles déracinées par milliers. Chaque année, les changements climatiques nous forcent à débourser des milliards de dollars[1] de plus pour réparer nos routes, nos ponts, nos réseaux d'eaux usées et nos infrastructures. Les deux tiers de cette facture retombent sur les budgets municipaux, ce qui fait encore grimper le coût de la vie des gens, par-dessus la flambée des prix de l'énergie et de l'essence.

On ne peut pas juste reconstruire, encore et encore, après chaque feu, chaque inondation, chaque tempête, chaque sécheresse. Il faut les prévenir. Notre façon de vivre, qu'on soit Québécoises et Québécois ou Canadiennes et Canadiens, tient à la santé de nos terres, de notre eau, de notre air et de nos communautés.

C'est pour ça que nous pressons le gouvernement fédéral d'investir sans tarder dans des projets qui bâtissent le pays au lieu de le brûler, des projets qui allègent les factures des ménages, créent des centaines de milliers d'emplois et mettent nos communautés à l'abri :

Un réseau électrique propre reliant l'est, l'ouest et le nord du pays, alimenté par les énergies renouvelables plutôt que par le gaz fossile, pour faire du pays un chef de file de l'énergie propre et asseoir sa souveraineté énergétique ;

Au moins deux millions de logements hors marché, sans pollution, écoénergétiques et bâtis selon les normes les plus élevées, pour des milieux de vie plus abordables et bien desservis par le transport en commun ;

Des rénovations et l'installation massive de thermopompes et de panneaux solaires d'un bout à l'autre du pays, de quoi réduire les factures d'énergie et la pollution tout en faisant rouler l'économie de chaque communauté ;

Un système de transport propre, appuyé sur un réseau national de train à grande vitesse, prolongé par des autobus électriques fabriqués ici et arrimé au transport en commun local. Ça commence par annuler les compressions au financement fédéral du transport collectif et par investir davantage ;

Une stratégie nationale de résilience, d'intervention et de rétablissement pour faire face aux catastrophes désormais inévitables, financée par une taxe sur les profits excédentaires que le pétrole et le gaz ont tirés de la guerre en Iran. En emboîtant le pas à nos alliés de l'Union européenne, on ferait en sorte que les pollueurs assument les dommages causés par leurs activités, ce qui pourrait rapporter jusqu'à 46 milliards de dollars.

Nous demandons au gouvernement fédéral de faire front commun avec nous : de tourner le dos aux projets de combustibles fossiles qui nous divisent et de se retrousser les manches pour des projets concrets et rassembleurs qui, loin de brûler notre pays, vont le bâtir et le rendre plus fort.

Signataires

● Vivian Birch-Jones, Regional Director, Lillooet, BC

● Merlin Blackwell, Mayor, Clearwater, BC

● Phil Brennan, Councillor, Township of Severn, ON

● Sue Cairns, Councillor, Kimberley, BC

● William Cole-Hamilton, Courtenay, BC

● Leila Copti, Conseillère et mairesse suppléante, Val-des-Lacs, QC

● Spencer Coyne, Mayor, Princeton, BC

● Catherine Craig-St-Louis, Conseillère, Gatineau, QC

● Mike Derbyshire, Councillor, Strathcona County, AB

● Justine Gabias, Regional Director, Sunshine Coast Regional District, BC

● Joe Gowing, Councillor, Region of Waterloo, ON

● Wendy Hall, Councillor, Jasper, AB

● Bob Hawkesworth, Former Councillor, Calgary, AB

● Ben Hendriksen, Mayor, Yellowknife, NWT

● Richard Ireland, Mayor, Jasper, AB

● Michael Janz, Councillor, Edmonton, AB

● Susan Kim, Councillor, Victoria, BC

● Rawlson King, Councillor, Ottawa, ON

● Gerry Leibel, Councillor, District of Kitimat, BC

● Leah Main, Councillor, Silverton, BC

● Jessica Mcilroy, Councillor, North Vancouver, BC

● Jenn Meilleur, Councillor, Comox, BC

● David Miller, former Mayor, Toronto, ON

● Lenore Morris, Councillor, Whitehorse, YK

● Joy-Anne Murphy, Councillor, Camrose, AB

● Jasmin Parker, Councillor, Saskatoon, SK

● Leslie Payne, Councillor, Nelson, BC

● Philip Penrod, Councillor, Beaumont, AB

● Chris Pettingill, Councillor, District of Squamish, BC

● Valérie Plante, former Mayor, Montreal, QC

● Sherri Rollins, Councillor, Winnipeg, MB

● Ashley Salvador, Councillor, Edmonton, AB

● Dianne Saxe, Councillor, Toronto, ON

● Wayne Stetski, Councillor, Cranbrook, BC

● Anne Stevenson, Councillor, Edmonton, AB

● Keren Tang, Councillor, Edmonton AB

● Dave Thompson, Councillor, Victoria, BC

● Pat Warren, Councillor, Kawartha Lakes, ON

● David West, Mayor, Richmond Hill, ON

● Pamela Wolf, Councillor, Waterloo, ON

● Jesse Wright, Councilor, District of Mackenzie, BC

● Shanon Zachidniak, Councillor, Regina, MB

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Le projet de loi C-22 : une menace à la vie privée

9 juin, par Ligue des droits et libertés - section de Québec — , , ,
Québec, le 3 juin 2026 — La Ligue des droits et libertés - Section de Québec (LDL-Qc) s'oppose fermement à l'adoption du projet de loi C-22, Loi 2026 sur l'accès légal, (…)

Québec, le 3 juin 2026 — La Ligue des droits et libertés - Section de Québec (LDL-Qc) s'oppose fermement à l'adoption du projet de loi C-22, Loi 2026 sur l'accès légal, présenté en mars 2026.

Cette loi reprend des éléments inquiétants du projet de loi C-2, Loi visant une sécurité rigoureuse à la frontière. Proposé il y a un an, il avait été critiqué par plus de 300 organisations et des dizaines de milliers de Canadien·ne·s.

Essentiellement, certaines dispositions du projet de loi C-22 réduisent le seuil à partir duquel la police et les agences de renseignement peuvent se prévaloir des renseignements personnels des citoyen·ne·s et obligent les entreprises à conserver les communications et données personnelles des citoyen·ne·s pour une période allant jusqu'à un an. Les données accessibles par les forces de l'ordre en vertu de cette loi représentent une véritable « cartographie
de la présence numérique
», comme le soutient Marie-Élaine Guay dans son article Projet de loi C-22 :Surveiller et punir

Ces mesures augmentent considérablement les risques de fuites de données, de piratage
et d'utilisation abusive des informations personnelles.

Comme le rappelle Simon du Perron, avocat en droit de la vie privée, les dispositions du projet de loi C-22 contreviennent à l'article 8 de la Charte canadienne des droits et libertés, voulant que les renseignements permettant d'identifier une personne en ligne doivent être protégés de toute fouille abusive.

De plus, comme le soulignait la Ligue de droits et libertés et plusieurs autres signataires dans un appel conjoint à retirer ceprojet de loi, certaines de ses dispositions ouvrent également la porte à une surveillance accrue de la population par l'État. Les paragraphes 5(2) et 7(1) de la partie 2 permettraient en effet au gouvernement d'imposer à tous les fournisseurs électroniques, d'intelligence artificielle (IA) et d'appareils intelligents l'installation d'outils de surveillance et de portes dérobées
dans leurs architectures.

« En plus de créer de nouveaux accès piratables compromettant la sécurité des systèmes, ces outils octroient aussi à l'État une capacité de surveillance de la population hors du raisonnable. C'est le droit à la vie privée de tous les canadiennes et canadiens qui est compromis » souligne Mélina Chasles, présidente de la LDL-Qc.

La ligue des droits et libertés - Section de Québec encourage ses membres et ses allié·e·s à exprimer leur désaccord avec cette proposition en participant à l'appel à l'action proposé par la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles. Nous encourageons vivement les député·e·s, les membres du comité SECU, le premier ministre du Canada et le ministre de la Sécurité publique à s'opposer fermement à l'adoption de ce projet de loi, dans la défense des droits et libertés des citoyen·ne·s qui leur ont confié ce mandat.

Ligue des droits et libertés -Section de Québec

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Projet de loi no 4 : Prévenir la violence ne doit jamais se faire au détriment des droits et de la sécurité des femmes

9 juin, par L'R des centres de femmes du Québec — , ,
Montréal, le 3 juin 2026 — L'R des centres de femmes du Québec a été entendu le 2 juin 2026 dans le cadre des consultations particulières de la Commission de l'aménagement du (…)

Montréal, le 3 juin 2026 — L'R des centres de femmes du Québec a été entendu le 2 juin 2026 dans le cadre des consultations particulières de la Commission de l'aménagement du territoire sur le projet de loi no 4, portant sur la communication de renseignements afin de prévenir la violence d'un partenaire intime.

Si l'urgence d'agir face à la violence conjugale est indéniable, L'R avertit clairement : des mesures mal encadrées peuvent mettre les femmes davantage en danger plutôt que de les protéger.

La prévention ne peut pas se faire au prix des droits des femmes

Dans son mémoire et sa présentation, L'R a dénoncé les risques réels liés à l'élargissement de la communication de renseignements personnels, notamment en matière de sécurité, de surveillance et de rupture de confiance envers les institutions. Les femmes qui vivent des violences ont besoin de protection, pas de nouvelles formes de contrôle.

L'R exige notamment :

un encadrement strict, clair et limitatif de toute communication d'information ;

le refus de mécanismes qui pourraient exposer les femmes à des représailles ou à une surveillance accrue ;

le respect absolu du consentement, de l'autonomie et du pouvoir d'agir des femmes.

« Les femmes ne doivent jamais payer le prix des failles du système. La prévention de la violence ne peut pas reposer sur des mécanismes qui fragilisent leurs droits ou les responsabilisent des violences qu'elles subissent », affirme Josée Larouche, membre du comité de coordination de L'R et coordonnatrice du centre Ressources pour femmes de Beauport. « Sans accès à des logements sécuritaires et abordables, parler de prévention demeure un discours vide pour trop de femmes qui n'ont littéralement nulle part où aller. » ajoute-t-elle.

Les centres de femmes : une expertise incontournable, trop souvent ignorée

L'R a rappelé que les centres de femmes jouent un rôle central et irremplaçable dans la prévention des violences, l'accompagnement des femmes et la défense de leurs droits. Ils sont des lieux de confiance, construits par et pour les femmes : une réalité que le projet de loi doit reconnaître concrètement.

« Les centres de femmes ne sont pas des ressources périphériques : ils sont au cœur de la prévention. Leur expertise féministe doit être reconnue, financée et intégrée à toute mesure législative qui prétend protéger les femmes », souligne Stéphanie Vallée, co-coordonnatrice à L'R des centres de femmes du Québec.

Sans égalité réelle, la violence persistera

L'R a également rappelé que l'égalité entre les femmes et les hommes est loin d'être atteinte. Tant que les inégalités structurelles seront maintenues, les violences continueront et des femmes continueront d'en mourir.

Le gouvernement ne peut se contenter de mesures ponctuelles ou technocratiques : il a la responsabilité d'agir sur les causes profondes de la violence, par des politiques féministes, cohérentes et structurantes.

Poursuivre les travaux dans une perspective féministe et préventive

L'R réitère sa volonté de collaborer aux suites du projet de loi afin de contribuer à l'adoption de mesures réellement efficaces pour prévenir les violences faites aux femmes. Pour L'R, cette lutte exige une cohérence d'ensemble : les mécanismes de prévention, de protection, d'accompagnement et de justice doivent tous reconnaître la gravité des violences conjugales et sexuelles. On ne peut fournir aux femmes un outil pour se protéger davantage tout en envoyant, dans d'autres sphères de notre réponse collective, des signaux qui minimisent la gravité des violences. La prévention doit devenir une priorité nationale.

À propos de L'R des centres de femmes du Québec

L'R des centres de femmes du Québec regroupe des centres de femmes présents dans toutes les régions du Québec. Les centres de femmes agissent avec les femmes pour améliorer leurs conditions de vie, lutter contre les violences et les inégalités, et bâtir une société plus juste et égalitaire.

Source :
L'R des centres de femmes du Québec

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Un rassemblement « Riposte pro-choix » : "la question du droit à l’avortement est une question syndicale"

9 juin, par Confédération des syndicats nationaux (CSN) — , ,
Un rassemblement « Riposte pro-choix » (30 mai 2026 PTAG) se tient aujourd'hui, devant l'Assemblée nationale du Québec. Initié par la CSN, et soutenu par de nombreuses (…)

Un rassemblement « Riposte pro-choix » (30 mai 2026 PTAG) se tient aujourd'hui, devant l'Assemblée nationale du Québec. Initié par la CSN, et soutenu par de nombreuses organisations féministes, le rassemblement se voulait une réponse à la « marche pour la vie », une manifestation contre le droit à l'avortement organisée pour la troisième année consécutive par un groupe intégriste chrétien.

Tiré de l'infolettre de la CSN En Mouvement

« Il y a quelques semaines, « Campagne Québec Vie » a annoncé qu'elle renonçait à organiser sa manifestation anti-avortement. C'est une grande une victoire pro-choix ! Nous avons quand même décidé de maintenir le rassemblement « Riposte pro-choix » pour célébrer nos victoires et rappeler haut et fort que Québec est une ville pro-choix et va le rester. Si on pouvait leur enlever à jamais l'envie de revenir, ce serait parfait ! » a déclaré Mélanie Pelletier, vice-présidente à la condition féminine du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN).

« N'en déplaise à certains, la question du droit à l'avortement est une question syndicale. Le droit à l'avortement est indissociable du droit au travail des femmes, car pour elles, contrôler sa force reproductrice est une condition cruciale pour atteindre une autonomie réelle et une égalité dans les études, l'emploi ou la carrière ! » rappelle Jessica Goldschleger, la nouvelle secrétaire générale de la CSN tout juste élue mercredi dernier par le congrès de la centrale qui se tenait à Québec. Pour la secrétaire générale, il est essentiel que la CSN, qui représente une majorité de femmes rappelons-le, continue de Faire front pour les droits des travailleuses.

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Le laisser-faire débridé de l’industrie du camionnage pour réduire les coûts

9 juin, par Marc Bonhomme — , , ,
Le Canada et le Québec connaissent une forte détérioration des conditions de travail de l'emploi de camionneur, un des plus importants chez les hommes. Cette détérioration se (…)

Le Canada et le Québec connaissent une forte détérioration des conditions de travail de l'emploi de camionneur, un des plus importants chez les hommes. Cette détérioration se remarque au point que le Globe and Mail, le quotidien phare du patronat canadien, en a fait l'objet d'une enquête spéciale intitulée « L'absence de contrôle laisse les camionneurs sans protection ».

Il faut avoir à l'idée que le camionnage est un cœur de la logistique dont la mondialisation a fait le lien de la matrice économique, encore plus au Canada à cause de l'importance du commerce internationale avec les ÉU se faisant surtout par la route. De dire le résumé de l'enquête, « [l]'un des symptômes d'une application insuffisante de la réglementation est l'essor d'un modèle économique illégal connu sous le nom de “classification erronée des salariés”. Il s'agit de présenter à tort les chauffeurs comme des travailleurs indépendants, une catégorie de travailleurs qui ne bénéficie d'aucun droit fondamental en vertu de la législation fédérale du travail qui régit actuellement le transport routier interprovincial. […] Au cours des années 2010, ce phénomène s'est considérablement étendu à l'ensemble du pays. Dans certaines régions, l'augmentation du nombre de conducteurs appartenant à cette catégorie a dépassé les 300 %. » Le salaire en a été fort impacté :

Les chauffeurs de camion à leur propre compte sans aides rémunérés versus ceux salariés
Revenu annuel médian, 2011 à 2021, Canada, Statistique Canada

Autrefois, le transport routier était la voie d'accès à la classe moyenne au Canada. […] Dans le même temps, dans certaines villes, les chauffeurs ont vu leurs revenus chuter jusqu'au seuil de pauvreté. Et lorsque les employeurs ne versent tout simplement pas leur salaire, le système de réclamation ne leur vient souvent pas en aide, comme l'a révélé notre enquête. […] Raminderjit Singh, qui a parcouru 29 000 kilomètres en deux mois, mais n'a touché que 1 000 dollars. […]

Tout cela soulève des questions de sécurité, non seulement pour les chauffeurs routiers, mais aussi pour tous les usagers de la route. […] Les longues heures passées sur la route sont source de tensions familiales, de solitude et de stress. […] Ce problème exaspère non seulement les chauffeurs qui se sentent lésés, mais aussi les entreprises de transport routier qui affirment être contraintes de rivaliser avec des sociétés recourant à cette pratique illégale pour réduire leurs coûts salariaux.

Ottawa a déjà pris des mesures, notamment en renforçant les contrôles de l'Agence du revenu du Canada (ARC) sur les paiements versés par les entreprises de transport routier à leurs soustraitants, et en lançant des campagnes d'inspection éclair auprès des entreprises de transport routier de la région du Grand Toronto. […] Comme me l'a dit un défenseur des chauffeurs, « les entreprises inventent leurs propres règles ». […] Alors que le travail précaire se généralise, les défenseurs des droits des travailleurs estiment que les mesures prises pour contrôler les entreprises de transport routier sont insuffisantes. Après avoir analysé des milliers d'entreprises de transport routier dans quatre provinces, nous avons constaté que seule une infime partie d'entre elles avait déjà fait l'objet d'un audit de sécurité approfondi.

Au Québec, on a pu constater l'ineptie du gouvernement pour contrôler cette industrie. De titrer Radio-Canada : « Pollution des camions : Québec enquête sur des garages avec quatre ans de retard » puis de commenter « Le gouvernement était informé d'une fraude depuis 2022, mais il a attendu un reportage d'Enquête pour agir. […] on découvre qu'aucun contrevenant n'a été inquiété durant toutes ces années. » Cette enquête avait révélé « que des dizaines de milliers de camionnettes et de camions circulent sur les routes avec un système antipollution désactivé par des garages délinquants. […] Désactiver le système antipollution d'un camion équivaut à ajouter
34 camions sur les routes, selon une étude de l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis. »
Ce ne sont pas seulement les garages qu'on néglige d'inspecter mais aussi les camions sur les routes car « [s]ans contrôles routiers, les constats d'infraction liés aux poids lourds sont en chute libre. Les contrôleurs routiers n'effectuent plus d'interventions non planifiées depuis bientôt 15 mois » faute de moyens et de pouvoirs que Québec tarde à leur accorder.

Il ne faut pas chercher de midi à quatorze heure le pourquoi de cette débandade qui inquiète même la patronat. Il s'agit d'arbitrer une contradiction. D'un côté se trouve la minimisation des frais de transport, si vitaux à la mondialisation, d'autant que le coût de l'essence et du diésel grimpe pour cause de guerre au Moyen-Orient. Il n'y a ici que deux facteurs essentiels variables, soit la main-d'œuvre et l'énergie, sur lesquels jouer. De l'autre il faut assurer le bon fonctionnement du système de transport que menace le far west du camionnage débridé au point que la circulation sur les autoroutes pour M. et Mme Tout-le-monde s'en trouve épeurante. Ajoutons-y une dose de poids lourds qui s'alourdissent, question de minimiser les coûts fixes, et en conséquence détériorent l'état de routes jusqu'à et y compris les nids-depoule.

À court terme, travailleurs et réformateurs patronaux vont vouloir atténuer la contradiction. Les premiers le voudront pour améliorer leurs conditions de travail afin de gagner décemment leur vie sur la base d'un horaire qui garantisse à la fois vie familiale et sécurité routière avec un outil de travail qui tient bien la route. Les réformateurs vont plutôt insister sur le recours à la main-d'œuvre immigré et temporaire et sur la répression tout faisant miroiter le camionnage sans chauffeur. C'est l'intensité de la syndicalisation et de son combat qui fera la différence. La voie syndicale pourrait se déployer politiquement jusqu'à l'écosocialisme. Pour résoudre structurellement le dilemme, pourquoi pas développer un système parallèle de transport des marchandises basé sur le rail facile à électrifier lequel en plus minimise les émanations de gaz à effet de serre. Et encore mieux : basculer dans une société du soin et du lien en décroissance matérielle qui réduit au minimum la circulation des marchandises tout en assurant le plein emploi par le recyclage de la main-d'œuvre et la réduction du temps de travail à niveau de vie égal si ce n'est supérieur.

Marc Bonhomme, 4 juin 2026
ww.marcbonhomme.com ; bonmarc1@gmail.com

Journée de l’air pur : pourquoi Rouyn-Noranda devrait-elle attendre jusqu’en 2033 ?

9 juin, par Mères au front — , ,
Québec, le 3 juin 2026 – En cette Journée de l'air pur, Mères au front demande au gouvernement du Québec de suspendre l'adoption de l'article 70.16 du projet de loi 11 et de (…)

Québec, le 3 juin 2026 – En cette Journée de l'air pur, Mères au front demande au gouvernement du Québec de suspendre l'adoption de l'article 70.16 du projet de loi 11 et de mandater le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) afin qu'une évaluation indépendante, rigoureuse et transparente soit réalisée avant toute décision.

Pour Mères au front, l'enjeu dépasse largement le cadre d'un simple allègement réglementaire. L'article 70.16 aurait pour effet de prolonger jusqu'en 2033 un régime d'exception environnemental et sanitaire accordé à la Fonderie Horne, une situation unique au Québec.

Un régime d'exception qui se prolonge

Ce régime d'exception permettrait à l'exploitant de la Fonderie Horne, la multinationale Glencore, de continuer à bénéficier jusqu'en 2033 de normes d'émissions atmosphériques distinctes de celles applicables ailleurs au Québec. Alors que la norme québécoise d'arsenic dans l'air ambiant est fixée à 3 ng/m³, les concentrations mesurées atteignaient encore 40,9 ng/m³ en 2025, soit plus de treize fois la norme provinciale. Le maintien de ce régime d'exception soulève des préoccupations persistantes quant à l'exposition de la population aux contaminants atmosphériques et à l'équité des protections environnementales offertes aux citoyennes et citoyens de Rouyn-Noranda.

« Les citoyennes et citoyens de Rouyn-Noranda ont droit au même niveau de protection environnementale et sanitaire que l'ensemble de la population québécoise. Après plus de trente ans de reports successifs, la question n'est plus seulement industrielle : elle est devenue politique. Le gouvernement devra expliquer publiquement pourquoi il juge acceptable que les résidentes et résidents de Rouyn-Noranda continuent d'être soumis à des normes différentes de celles qui protègent le reste de la population », affirme Jennifer Ricard Turcotte, porte-parole Mères au front à Rouyn-Noranda.


Trente ans de reports successifs

Depuis l'entrée en vigueur du Programme de réduction des rejets industriels en 1988, les cibles de réduction des émissions de la Fonderie Horne ont été reportées à maintes reprises. Alors que plusieurs entreprises ont investi afin de moderniser leurs installations et de respecter les normes environnementales en vigueur, Glencore, une multinationale multimilliardaire comptant parmi les plus importantes sociétés minières au monde, a bénéficié d'un régime d'exception prolongé au fil des décennies. Pourtant, des recommandations visant une réduction substantielle de la pollution atmosphérique étaient déjà formulées au début des années 2000. Plus de vingt ans plus tard, malgré les moyens financiers dont dispose l'entreprise pour mettre en œuvre les technologies nécessaires à la réduction de ses émissions, le gouvernement s'apprête à accorder un nouveau délai avant l'atteinte des objectifs de protection de la santé publique et de l'environnement.

Ce choix de reporter encore l'atteinte des objectifs de réduction des émissions ne constitue pas seulement un enjeu réglementaire. Il comporte également des conséquences bien réelles pour la santé de la population.

Des impacts sanitaires documentés

Mères au front rappelle que plusieurs autorités et organisations du domaine de la santé ont exprimé, à maintes reprises, des préoccupations quant à la prolongation des délais accordés à l'entreprise, notamment la Direction régionale de santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue, le Collège des médecins du Québec, l'Association québécoise des médecins pour l'environnement et le collectif IMPACTE.

« Des risques graves, inacceptables, connus et documentés commandent l'application, en toute urgence, de mesures pour protéger la santé de la population de Rouyn-Noranda. Nous savons que le risque cancérigène associé à l'exposition à l'arsenic est environ 100 fois supérieur à ce qui est considéré comme acceptable ailleurs au Québec. Les études de biosurveillance menées auprès d'enfants de Rouyn-Noranda ont également démontré une exposition accrue à l'arsenic, notamment par l'analyse de la concentration de ce contaminant dans leurs ongles, démontrant une contamination mesurable chez les enfants vivant à proximité de la Fonderie Horne. Face à de tels constats, il est difficile de justifier un nouveau report des mesures de réduction des émissions », affirme Maryse Bouchard, professeure titulaire de santé environnementale à l'INRS et chercheuse affiliée au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.

Pourquoi un BAPE est nécessaire

Au-delà de la question environnementale, c'est aussi un enjeu d'équité, de transparence et de confiance envers les institutions publiques. Les normes environnementales et sanitaires existent pour protéger l'ensemble de la population. Lorsqu'une communauté est soumise pendant des décennies à un régime d'exception, il appartient au gouvernement de démontrer publiquement pourquoi cette situation demeure justifiée.

« Les citoyennes et citoyens de Rouyn-Noranda ne demandent pas un traitement privilégié. Ils demandent le même niveau de protection que celui accordé partout ailleurs au Québec », ajoute Anaïs Barbeau-Lavalette, réalisatrice, autrice et co-fondatrice de Mères au front.

Compte tenu des enjeux de santé publique documentés, des préoccupations exprimées par de nombreuses autorités médicales et scientifiques, ainsi que des arguments économiques invoqués pour justifier la prolongation du régime actuel, Mères au front estime qu'une évaluation indépendante et transparente s'impose avant toute décision.

Un mandat confié au BAPE permettrait notamment d'examiner :

les impacts sanitaires associés à la prolongation du régime d'exception ;
les coûts collectifs assumés par la population et le système de santé ;
les retombées économiques réelles de la Fonderie Horne pour Rouyn-Noranda, l'Abitibi-Témiscamingue et le Québec ;
les scénarios et solutions permettant de concilier activité économique, protection de la santé publique et respect des normes environnementales.

Demander un BAPE, ce n'est pas opposer l'économie à la santé. C'est reconnaître que lorsqu'une décision publique comporte des conséquences aussi importantes pour une population, elle doit être prise à la lumière d'une information complète, indépendante et accessible à toutes et tous.

Avant de prolonger jusqu'en 2033 un régime d'exception unique au Québec, le gouvernement a la responsabilité de démontrer que sa décision repose sur l'intérêt public et sur l'ensemble des faits. Dans un dossier qui touche à la santé, à l'environnement et à la confiance du public envers ses institutions, la transparence ne devrait jamais être facultative.



À propos de Mères au front

Mères au front est un mouvement citoyen regroupant des milliers de mères, de grand-mères et d'allié·es qui agissent pour protéger les conditions de vie des générations présentes et futures face à la crise climatique et environnementale.

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Des Terres des Sœurs de la Charité à l’Agro-parc, une agriculture résolument en marche !

9 juin, par Claudine Dorval, Voix citoyenne — , ,
Le 29 mai dernier, le gouvernement québécois présentait l'Alliance Agro-parc Québec, un regroupement de cinq partenaires : Agrinova (un centre collégial de transfert de (…)

Le 29 mai dernier, le gouvernement québécois présentait l'Alliance Agro-parc Québec, un regroupement de cinq partenaires : Agrinova (un centre collégial de transfert de technologie en agriculture), l'Université Laval, l'Institut de recherche et développement en agroenvironnement, Moisson Québec et l'UPA Capitale-Nationale-Côte-Nord. Ce quintet sera dorénavant chargé de la gestion du parc d'innovation agricole (agro-parc) sur les anciennes Terres des Sœurs de la Charité, à Beauport.

Photo Marie-Ève Lancup - nov. 2019

Cette annonce est une excellente nouvelle, attendue depuis longtemps. Rappelons que les Terres des Sœurs de la Charités sont restées protégées grâce à une importante mobilisation sociale. Elle a commencé dès leur achat par le groupe Dallaire en 2014 et s'est poursuivie au moins jusqu'à leur acquisition par le gouvernement québécois en 2022. Autrement, ces terres seraient sans doute aujourd'hui couvertes de bungalows et de condos.

Pour l'année 2026, une aide financière de 400 000$ aidera au démarrage de certaines activités, entre autres des projets de recherche et d'expérimentation sur une quarantaine d'hectares. Par ailleurs, une centaine d'hectares seront en rotation et, dans l'immédiat, dédiés à une agriculture commerciale, avec du soya et des prairies en fourrage. Dès 2025, une production maraîchère de proximité était amorcée sur deux parcelles de cinq hectares : la Ferme urbaine sociocommunautaire écologique (FUSÉ) approvisionne des organisations qui luttent contre l'insécurité alimentaire et la Ferme des Ambassadeurs produit des légumes exotiques pour des besoins spécifiques du marché régional.

Malgré le rôle prépondérant et persistant joué par la population dans la sauvegarde de ces terres, il semble qu'aucun rôle ne lui soit actuellement attribué au sein de l'équipe de l'Alliance Agro-Parc Québec. Une participation directe des citoyens et citoyennes dans les processus décisionnels serait pourtant bénéfique, surtout dans le cadre d'un agro-parc qui se veut inclusif et garant de pratiques agricoles innovatrices, viables, axées sur une alimentation accessible, saine et de proximité. Ces objectifs sont notamment ressortis d'un exercice de concertation mené en 2022-2023 par les AmiEs de la Terre de Québec auprès de plus de 200 personnes et/ou groupes.

Selon les consultations du MAPAQ, le rôle souhaité pour ces terres va dans le même sens : qu'elles soient nourricières et permettent un approvisionnement local en aliments de qualité, dans une perspective d'innovation. Or, la première rotation de culture prévue inclut la production de soya, partiellement pour l'exportation. Ce choix étonne l'Institut Jean-Garon : c'est une occasion manquée de sortir du tandem de rotation soya/maïs qui prédomine au Québec, soutenu par des politiques agricoles désuètes, alors que notre territoire ne produit pas suffisamment de céréales pour nourrir sa population. Soulignons que la majorité de nos aliments ont voyagé 2 500 km avant d'être consommés.

La mobilisation soutenue de dizaines de groupes et de centaines de citoyens et citoyennes durant toutes ces années a démontré que les Terres des Sœurs de la Charité sont perçues comme un précieux bien collectif. Maintenant qu'elles sont une propriété publique, Voix citoyenne se demande quelles mesures d'accessibilité assureront la « découvrabilité » de ces lieux et ce, dans le respect des activités de recherche, d'expérimentation et de production. Quelles actions permettront aussi l'atteinte d'objectifs éducatifs, pour que la population apprenne à mieux se nourrir avec une agriculture de proximité ? Rappelons que le MAPAQ avait organisé au printemps 2024 une activité de découverte du site mais une mini-tempête de vent en avait causé l'annulation.

Les AmiEs de la Terre, l'Institut Jean-Garon et Voix citoyenne rappellent la forte dimension sociale et communautaire déployée par les activités des Sœurs de la Charité pendant plus de cent ans sur ces terres cultivées sans interruption depuis l'époque de la Nouvelle-France. Nous avons le devoir collectif de perpétuer cette mission.

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