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Arsenic à Rouyn‑Noranda : la fabrique du doute
Les citoyens de Rouyn‑Noranda ne seraient pas plus exposés à l'arsenic que les autres Canadiens et leurs niveaux d'imprégnation proviendraient surtout de leur alimentation, non pas de la Fonderie Horne. C'est du moins ce qu'affirme une récente étude commanditée par Glencore – qui relance les inquiétudes sur la manière dont l'industrie fabrique le doute autour de risques pourtant documentés depuis des décennies.
11 juin 2026 | tiré de The Conversation | Photo : La Fonderie Horne, propriété de Glencore, au cœur de Rouyn‑Noranda, d'où sont émises depuis des décennies des quantités d'arsenic qui inquiètent autorités de santé publique et citoyens. La Presse canadienne/Stéphane Blais
https://theconversation.com/arsenic-a-rouyn-noranda-la-fabrique-du-doute-285017
Le 9 juin 2026, une étude de biosurveillance sur l'arsenic à Rouyn-Noranda commandée par Glencore à la firme privée Intrinsik était rendue publique. Payée par la compagnie propriétaire de la Fonderie Horne, elle conclut que l'alimentation serait davantage responsable de l'imprégnation à l'arsenic de la population que les émissions de la Fonderie – pourtant située au cœur de la ville. L'étude affirme même que les Rouynorandiens seraient moins exposés à l'arsenic que les Canadiens moyens.
Des scientifiques indépendants, comme la professeure de santé environnementale Maryse Bouchard, ont rapidement relevé les lacunes méthodologiques de la recherche, notamment sur le choix des biomarqueurs. Le directeur de l'Observatoire national sur les incidences des émissions de contaminants sur la santé et l'environnement (ONICSE), Daniel Proulx, a quant à lui rappelé l'importance de privilégier les recherches universitaires indépendantes – une exigence que cette étude, financée directement par l'industrie concernée, ne semble pas satisfaire.
Mais alors, qu'est-ce qui pousse une compagnie comme Glencore à financer une telle étude ?
La fabrique du doute
En tant que chargée de cours enseignant la sociologie de l'environnement à l'UQO et doctorante à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa – où je réalise une thèse sur l'expérience vécue des citoyens de Rouyn-Noranda –, je propose une réponse : la fabrique du doute. Cette tactique, historiquement utilisée par l'industrie du tabac et l'industrie pétrolière, vise à brouiller les certitudes scientifiques pour retarder l'action politique.
Un mémo désormais célèbre de 1969 d'un cadre de l'industrie du tabac la résumait ainsi : « Le doute est notre produit, car il est le meilleur moyen de rivaliser avec le corps de connaissances qui existe dans l'esprit du grand public. »
Les Américains Naomi Oreskes et Erik Conway, historiens des sciences, ont documenté cette stratégie dans le livre Les marchands de doute (2010). Ils montrent comment des industries dont les produits et les activités présentent des risques pour la santé et l'environnement ont financé des recherches alternatives pour entretenir l'incertitude et repousser la réglementation. L'étude commanditée présente la structure des mécanismes identifiés par Oreskes et Conway : proposer une source alternative d'exposition pour diluer la responsabilité industrielle.
Read more :Fonderie Horne : quand les citoyens prennent le relais
Comment ça fonctionne ?
Le mécanisme est simple. La science comporte toujours une part d'incertitude. Les compagnies l'amplifient en proposant notamment des causes alternatives – l'alimentation, par exemple – pour réduire la certitude scientifique perçue dans l'espace public.
De leur côté, les médias jouent un rôle important dans la diffusion de ces pistes alternatives, non par mauvaise foi, mais en raison du principe journalistique d'impartialité. En cherchant à représenter « les deux côtés » d'un débat, les médias finissent parfois par accorder une équivalence apparente à des positions qui n'ont pas le même poids scientifique. Les chercheurs américains Maxwell Boykoff et Jules Boykoff ont appelé ce phénomène le « balance as bias » en exposant comment les sceptiques des changements climatiques ont eu accès à des tribunes médiatiques importantes permettant de diffuser leur désinformation.
Dès lors, le risque de cette étude commanditée par Glencore est qu'elle soit présentée comme une voix parmi d'autres dans un « débat », en plaçant sur le même pied d'égalité une connaissance scientifique indépendante et une étude financée par l'industrie directement concernée. Ainsi, un article qui citerait à parts égales l'étude Intrinsik et les avis de santé publique indépendants donnerait l'impression d'un débat équilibré là où il n'y en a pas.
Ce qu'on finit par oublier
Cette fabrique du doute est si efficace qu'elle pourrait faire oublier les faits documentés. La Fonderie Horne se dresse au cœur de Rouyn-Noranda, à proximité des maisons. Elle a laissé des traces durables sur le territoire – ses parcs miniers orangés en témoignent, comme le décrit Pierre Céré dans Voyage au bout de la mine –, tout en continuant de rejeter de l'arsenic, du plomb et du cadmium à des niveaux préoccupants. Les avis de 2018 et de 2019 de santé publique sur le risque sanitaire lié à ces rejets sont clairs.
Dès 2004, l'avis interministériel signé par Pierre Walsh était sans ambiguïté : « Étant donné le caractère cancérigène de l'arsenic, il est nécessaire d'adopter une approche préventive visant à réduire le plus possible les niveaux d'exposition de la population. »
Des conséquences politiques concrètes
La fabrique du doute ne vise pas seulement l'opinion publique : elle a pour objectif ultime de retarder l'action politique. Les historiens Naomi Oreskes et Erik Conway ont documenté comment cette tactique employée par l'industrie du tabac a contribué à repousser des politiques de santé publique – avec des conséquences importantes sur le nombre de décès lié au tabagisme.
L'opération de relations publiques de Glencore depuis la dernière attestation d'assainissement de 2023 – publicités, menaces de fermeture, et maintenant cette étude – pourrait permettre à la Fonderie d'obtenir un délai supplémentaire pour atteindre le seuil. Rappelons que la norme québécoise sur l'arsenic est de 3 ng/m³.
Cela implique que le gouvernement du Québec reviendrait sur les normes qu'il avait lui-même imposées en 2023. Cette éventualité retarderait la diminution des émissions d'arsenic de la Fonderie Horne alors que les experts demandaient déjà dans l'avis de 2004 qu'elle atteigne un niveau inférieur à 10 ng/m3.
Read more : Fonderie Horne : quel rôle occupent les preuves scientifiques dans la décision politique au Québec ?
Le doute que vivent les citoyens
Cela fait au moins vingt ans que les autorités publiques peinent à réduire l'exposition de la population de Rouyn-Noranda aux niveaux recommandés par plusieurs experts. Pendant ce temps, des citoyens vivent une exposition injuste à des contaminants dans leur quotidien – quand ils soupent dehors, quand ils promènent leur chien, quand ils font leur jogging, quand ils ouvrent leurs fenêtres. Ce sont eux qui portent quotidiennement le poids cognitif du doute : se demander s'ils peuvent cultiver et manger leurs légumes, si leurs enfants peuvent jouer dans la cour, si les problèmes de santé de leurs proches sont liés aux rejets de la Fonderie.
Il y a plus de soixante ans, la biologiste américaine Rachel Carson écrivait dans Printemps silencieux : « L'arsenic est la première des substances carcinogènes reconnues ; cette découverte a été faite il y a deux siècles par un médecin anglais, qui a relié le cancer à l'arsenic contenu dans les suies de cheminée. Des populations entières ont été empoisonnées chroniquement par l'arsenic, pendant de longues périodes. » Ce que Carson décrivait comme une leçon historique est encore, à Rouyn-Noranda, une réalité présente.
Le doute ne devrait pas avoir le dernier mot sur une certitude scientifique vieille de deux siècles. Pour reprendre les mots de Carson : « il est grand temps de faire taire ces fausses assurances, de cesser d'enrober de sucre des faits désagréables au palais. »
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Le gouvernement ontarien Ford sème un vent de riposte de classe Assiste-on à un début de commencement de Front commun ?
Ça grouille de colère chez le corps enseignant et au sein du secteur communautaire de l'Ontario. Plus précisément, les multiples syndicats de ces secteurs prennent conscience que leur division les rend impuissants vis-à-vis un gouvernement Conservateur bien campé à droite et connu pour son odieuse loi 124.
Adoptée en 2019, cette loi a plafonné les augmentations salariales annuelles pour une grande partie du secteur public à 1 % pendant trois ans. Elle s'appliquait aux hôpitaux, aux écoles, aux services sociaux et à de nombreux lieux de travail financés par les fonds publics. Alors que les progressistes-conservateurs présentaient cette mesure comme une restriction budgétaire, elle a eu pour effet une réduction massive des salaires réels des travailleurs de première ligne dans un contexte d'inflation galopante. Les tribunaux ont finalement jugé le projet de loi 124 inconstitutionnel [en 2024], estimant qu'il violait les droits de négociation collective protégés par la Charte. Les coûts liés aux ajustements salariaux n'ont cessé de grimper depuis.
La situation dans les écolesressemble comme deux gouttes d'eau à celle du Québec. Faut-il s'en étonner étant donné la néolibéralisation austoritaire du monde et l'étroite parenté idéologique et politique des gouvernements Ford et Legault y compris leur nationalisme vindicatif, l'un canadien et l'autre québécois :
Les enseignant-e-s prennent davantage de congés maladie, les élèves continuent de sécher les cours. […] Le gouvernement Ford a trouvé une solution simple au problème de l'absentéisme scolaire : faire en sorte que l'assiduité compte pour une part importante de la note finale. (Ce n'est pas le cas actuellement.) […] Tout le monde s'accorde à dire que l'assiduité scolaire est essentielle à la réussite scolaire. Mais des experts ont déclaré au Globe que la plupart des élèves en absentéisme chronique ne manquent pas de motivation ; ils ont plutôt besoin de mesures qui s'attaquent aux problèmes structurels qui les empêchent d'aller en cours. Un bon point de départ serait d'augmenter les fonds alloués aux services de santé mentale, aux mesures de sécurité dans les écoles, aux programmes alimentaires, aux transports et aux activités extrascolaires. Sans ces ressources, la nouvelle loi ne constitue qu'un obstacle de plus que les enfants devront surmonter. […]
Les élèves ne sont pas les seuls à avoir désespérément besoin de ces ressources. Les absences des enseignants sont également en hausse en Ontario, alors que les plaintes se multiplient concernant les niveaux élevés de stress, les charges de travail ingérables et la sécurité dans les salles de classe. Une enquête menée en 2024 auprès de 12 000 professionnels de l'éducation en Ontario a révélé que 75 % d'entre eux avaient été confrontés à des incidents violents ou perturbateurs à l'école. Un tiers d'entre eux y étaient confrontés quotidiennement. Les enseignants « disent : “Je n'en peux plus” ». […] M. Mastin [président de la Fédération des enseignants du primaire de l'Ontario] soupçonne que le gouvernement aura une solution toute faite pour cela aussi : « Absolument, nous pensons qu'ils vont s'en prendre aux congés maladie » lors des négociations. Les enseignant-e-s peuvent prendre 11 jours de congé maladie à plein salaire au cours de l'année scolaire, plus 120 jours de congé de courte durée à 90 % de leur salaire – et ils n'accepteront tout simplement aucune réduction de ce montant, a-t-il déclaré.
La dernière fois, en 2019-20, les cinq fédérations de l'enseignement ont négocié séparément avec le gouvernement même si elles ont coordonné leurs actions. Maintenant elles paraissent vouloir agir plus étroitement :
L'été s'annonce difficile pour le gouvernement de l'Ontario et les 255 000 enseignant-e-s qui travaillent dans ses établissements scolaires. Hier [3 juin], tous les principaux syndicats de l'éducation – représentant les enseignant-e-s des écoles primaires et secondaires catholiques, francophones et publiques, ainsi que le personnel de soutien – ont signifié à la province un avis de négociation. Cela signifie que les deux parties disposent de 15 jours pour entamer les négociations sur les conventions collectives qui expirent à la fin du mois d'août. […] « La situation en Ontario n'est pas seulement difficile, elle est critique », a déclaré David Mastin, président de la Fédération des enseignant-e-s du primaire de l'Ontario, lors d'une conférence de presse hier matin. Il a déclaré au Globe qu'il n'était pas certain qu'un accord puisse être conclu avant le début de la prochaine année scolaire. […]
Les syndicats souhaitent voir réglées plusieurs questions litigieuses, notamment la taille des classes (à réduire), les investissements dans l'éducation spécialisée (à augmenter), les stratégies de recrutement des enseignants (à améliorer) et l'apprentissage en ligne obligatoire (à supprimer). Ils réclament également davantage d'éducateurs spécialisés, de travailleurs sociaux, d'infirmiers et d'assistants pédagogiques – le personnel de soutien le mieux à même de prendre en charge les difficultés liées à la santé mentale et au comportement des élèves, qui n'ont cessé de s'aggraver depuis la pandémie.
Du côté communautaire et services sociaux et de santé on voit aussi poindre une dynamique d'unification combative comme il en existe au Québec et pour les mêmes raisons. À noter que ce secteur est en Ontario relativement plus important qu'au Québec parce que le communautaire englobe des services qui sont au Québec directement gouvernementaux :
Depuis des années, les travailleuses et travailleurs sociaux et les intervenants communautaires occupent une position contradictoire au sein du secteur public ontarien. Iels fournissent des services publics essentiels à de nombreuses populations vulnérables, mais beaucoup d'entre ellieux travaillent pour des organismes à but non lucratif qui dépendent de modes de financement public instables. Il en résulte un secteur fragmenté, caractérisé par d'énormes disparités salariales, un faible pouvoir de négociation et des problèmes chroniques de rétention du personnel. […] Depuis des décennies, les gouvernements de l'Ontario, toutes tendances politiques confondues, ont transféré des responsabilités à des organismes communautaires sous-financés, qui dépendent de salaires de misère versés à des travailleuses et travailleurs effectuant un travail émotionnellement épuisant mais socialement essentiel. […]
Les enjeux vont bien au-delà des salaires. Le syndicat affirme que des décennies de sousfinancement et de pénurie chronique de personnel ont poussé le secteur à un point de rupture. Des programmes ferment leurs portes. Les listes d'attente s'allongent. La violence et l'épuisement professionnel sont en hausse. Aujourd'hui, après des années de gel des salaires imposé par la loi n° 124 du premier ministre Doug Ford, les travailleurs réclament une compensation pour ce qu'ils qualifient de « salaires volés ». […] Les travailleuses et travailleurs des secteurs fragmentés, à forte proportion de femmes et historiquement sous-payés prennent de plus en plus conscience de leur pouvoir collectif. Plutôt que d'accepter comme inévitables ces conditions de crise permanente, ils considèrent l'austérité comme un choix politique et s'organisent en conséquence.
Les travailleurs des services sociaux et communautaires de l'Ontario ont passé des années à maintenir à flot un système que les gouvernements semblent déterminés à asphyxier. […] Aujourd'hui, des milliers de travailleurs représentés par le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (OPSEU/SEFPO) ont décidé de mettre le holà. […] Partout dans la province, les travailleuses et travailleurs des organismes de services de développement et communautaires, des sociétés d'aide à l'enfance, des centres de traitement pour enfants, des cliniques de santé communautaire et des établissements de santé mentale et de traitement des dépendances sont soit en grève, soit en train de se préparer à faire grève, soit en train d'intensifier des campagnes de négociation coordonnées sous la bannière « Worth Fighting For » (Ça vaut la peine de se battre).
Cette campagne représente l'un des efforts de syndicalisation et de négociation les plus importants menés depuis des années dans l'ensemble du secteur public ontarien. […] Ces dernières semaines, les tensions se sont fortement intensifiées. L'OPSEU a accusé les employeurs de trois organismes communautaires d'avoir préféré le lock-out plutôt que de faire pression conjointement sur la province pour obtenir un financement adéquat. […] Parallèlement, des dizaines d'unités de négociation du secteur des services communautaires et sociaux ont organisé des votes de mandat de grève, les travailleuses et travailleurs se prononçant massivement en faveur d'une action syndicale. […] Le message des travailleurs est clair : la crise des services communautaires n'est pas inévitable, elle est politique. […]
L'OPSEU a demandé au gouvernement Ford de fournir un financement dédié pour remédier à la compression salariale imposée par le projet de loi 124, arguant que les employeurs ne peuvent financer de manière indépendante les augmentations rétroactives sans le soutien de la province. Les travailleurs affirment que, sans une révision significative des salaires, la pénurie de maind'œuvre ne fera que s'aggraver. […] C'est précisément ce à quoi la campagne « Worth Fighting For » entend s'attaquer. La campagne établit délibérément un lien entre les conditions de travail des salariés et la qualité des services. De meilleurs salaires, des effectifs suffisants pour garantir la sécurité et un financement stable sont présentés non seulement comme des revendications syndicales, mais aussi comme des conditions indispensables au bon fonctionnement des services publics. […] Ce cadrage revêt une importance politique. Les gouvernements conservateurs tentent souvent d'isoler les fonctionnaires des communautés qu'ils servent, en présentant les conflits sociaux comme des revendications égoïstes et étroites. […]
Dans le cadre de la campagne « Worth Fighting For », des dizaines de groupes de travailleurs ont harmonisé leurs calendriers de négociation et leurs revendications principales afin de renforcer leur position face aux employeurs et au gouvernement provincial. Cette campagne a également donné lieu à une collaboration avec d'autres syndicats, notamment le SCFP Ontario, qui s'est joint à l'OPSEU pour demander la conciliation dans de nombreux lieux de travail du secteur des services de soutien communautaire. […] Les votes sur le mandat de grève organisés dans le cadre de la campagne « Worth Fighting For » ont révélé un soutien massif en faveur d'une action collective. L'OPSEU indique que le nombre de votes favorables ne cesse d'augmenter chaque jour, à mesure que de nouvelles unités de négociation se joignent à cette initiative coordonnée. […]
Il n'est pas certain que la vague actuelle de négociations aboutisse à des avancées décisives. Le syndicat se trouve face à un gouvernement qui n'a guère laissé entendre qu'il avait l'intention d'augmenter de manière substantielle le financement à long terme du secteur. […] Mais quels que soient les résultats immédiats, la campagne « Worth Fighting For » constitue une mobilisation impressionnante. […] C'est peut-être là, en fin de compte, la plus grande réussite de cette campagne.
Si les édiles municipaux invitent à la lutte pancanadienne, seul le prolétariat peut atteindre le but
Tout comme les édiles municipaux l'ont constaté au récent congrès de la Fédération canadienne des municipalités, toutes font face au même problème d'itinérance et d'infrastructures déficientes peu importe la province. On peut penser que des comparaisons entre pays du vieil impérialisme aurait donné les mêmes résultats. Il en est de même des services publics hérités de l'État providence auxquels s'ajoutent la crise du logement populaire et de plus en plus l'alimentation populaire. La militarisation des budgets publics et des matrices économiques en est la dernière tuile explicative mais elle n'en est que la pointe de l'iceberg. La mondialisation des marchés avec ses appoints de privatisation et de déréglementation depuis le brusque tournant néolibéral de 1980 a permis aux détenteurs de richesse d'organiser une gigantesque fuite de capitaux vers les paradis fiscaux à tel point que par nécessité compétitive les régimes fiscaux étatiques se sont ajustés à la baisse. En résulte, pour soi-disant lutter contre le déficit fiscal, la grande débandade des infrastructures et des services publics c'est-à-dire un super déficit social.
Le capitalisme austoritaire en vient à s'en remettre à du quasi-bénévolat de personnes de bonne volonté, surtout des femmes, pour la santé publique et à sacrifier l'avenir de la jeunesse en sabotant le bon fonctionnement du système scolaire sur les dos du corps enseignant. Comme si pressentant les conséquences de la course vers la terre-étuve qu'il ni ne veut ni ne peut empêcher car il lui faudrait se saborder, c'est la façon à ce capitalisme final de clamer « Après moi, le déluge ». Peu importe leur allégeance politique et étant plus près des besoins et des souffrances populaires et plus loin des grandes politiques macroéconomiques de la grande bourgeoisie, « [l]es maires des grandes villescanadiennes estiment que la lutte contre l'itinérance devrait également être considérée par Ottawa comme un projet de construction nationale, au même titre que les grands projets d'infrastructure et d'énergie. » et « [r]éunis pour un sommet sur le climat à Edmonton, des élus municipaux de toutes les provinces, mais aussi d'ex-élus, comme l'ancienne mairesse de Montréal Valérie Plante et l'ancien maire de Toronto David Miller, proposent au premier ministre Mark Carney de taxer les bénéfices des pétrolières et des gazières pour financer des mesures d'adaptation et de lutte contre les changements climatiques. »
Il ne faut pas s'attendre de la part des édiles municipaux à un tournant de 180 degrés ni à un dépassement du stade des conférences bien qu'il ne soit pas interdit de penser que des personnes élues de gauche ne puissent en appeler à la rue. Tel n'est pas le cas du peuple travailleur organisé en particulier de celui organisé en syndicats en autant que la bureaucratie ne se dresse pas en mur de Chine face à sa colère et ses initiatives. Le dernier Front commun québécois a démontré tant la capacité de mobilisation du peuple travailleur que le blocage bureaucratique. Idem pour les louanges chantées à la nouvelle Première ministre du Québec par les chefs des centrales syndicales au détriment de la grève réussie du secteur communautaire qui avait éperdument besoin d'un appui syndical musclé pour vaincre. À partir de la réalité d'une matrice syndicale plus éclatée, les travailleuses et travailleurs de l'Ontario, le centre névralgique du Canada avec le Québec, dans les secteurs de l'enseignement et du communautaire santé et social ont pris le chemin de l'unité combative et de la politisation. On verra la suite.
Il y a un demi-siècle, en 1976, pour un bref moment, le peuple-travailleur canadien s'était uni dans une grève commune contre une politique de rupture du gouvernement canadien avec l'État providence. Puis ce fut le recul qui dure bien que le tournant du siècle vît des grèves simultanées des infirmières dans maintes provinces sans toutefois qu'elles ne se coordonnent, la force des solitudes nationales et régionales étant ce qu'elle est. Le prochain front commun québécois, total ou partiel, est prévu pour 2028. Ce serait sans doute rêver que d'attendre un front commun pancanadien du moins du « Canada central » étant donné que constitutionnellement le contrôle monétaire souverain est à Ottawa, les besoins sociaux sous la responsabilité des provinces et la gestion des pots cassés sous celle des municipalités. La fameuse et déplorable formule identitaire de l'ancien Premier ministre québécois disait qu'« [a]u Québec, c'est comme ça qu'on vit ». On pourrait lui rétorquer que pour l'instant c'est au Canada où l'on vit et c'est contre Ottawa, qui déteint les pouvoirs essentiels, contre lequel le peuple-travailleur doit s'unir. Faut-il ajouter qu'un tel Front commun serait à la fois prolétaire, féministe et écologique car implicitement ou explicitement il ouvre la voie d'une société du soin et du lien. Cette perspective n'interdit en rien de tenir deux fers au feu soit cette autre perspective d'un Front commun pour un Québec indépendant. N'y aurait-il d'ailleurs pas une dialectique implicite de soutien mutuel entre les deux ?
Marc Bonhomme, 7 juin 2026
ww.marcbonhomme.com ; bonmarc1@gmail.com
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Tribunal permanent des peuples : le Canada accusé de génocide et crimes contre l’humanité
À l'issue d'une semaine d'audience à Montréal, le 57e Tribunal permanent des Peuples (TPP) a rendu une décision provisoire le 29 mai 2026, déclarant le gouvernement du Canada coupable d'un génocide en cours à l'encontre des peuples autochtones. Le TPP se donne jusqu'au 30 septembre pour rendre un jugement final.
L'audience a été réclamée par le Foyer pour femmes autochtones de Montréal (FFAM), dans le but d'évaluer les preuves alléguant un génocide et des crimes contre l'humanité commis par le gouvernement canadien dans le cadre du système des pensionnats indiens. Tandis que le Canada a refusé de participer à la séance, l'accusation a présenté un corpus de preuves détaillant de graves violations systémiques des droits humains.
10 juin 2026 | tiré d'Alter-Québec | Photo : Enfants dans une classe du pensionnat autochtone catholique de Fort George, QC (1939) Crédits photo : Auteur inconnu, CBC, https://www.cbc.ca/news/canada/north/cree-residential-school-fort-george-1.6065307. Public domain, via Wikimedia
https://alter.quebec/tribunal-permanent-des-peuples-le-canada-accuse-de-genocide-et-crimes-contre-lhumanite/
Le déclencheur : la découverte de tombes anonymes
Suivant les récentes découvertes de tombes anonymes sur les sites d'anciens pensionnats indiens qui ont ravivé l'attention internationale sur le traitement des peuples autochtones par le Canada, le FFAM a présenté une demande d'enquête au TPP sur le cas des enfants autochtones disparus et les tombes anonymes. L'organisme visait d'abord à souligner l'étendue des injustices infligées par l'État par le biais du système des pensionnats indiens, des institutions et des politiques coloniales.
Le FFAM note aussi l'absence persistante de responsabilité de l'État face à ces abus. Il demande une reddition de comptes, ainsi que la modification du Code criminel afin de lutter contre le négationnisme du système des pensionnats indiens. Les revendications formulées visent également la demande de mesures de réparation au-delà du processus de réconciliation actuellement en place.
Le procès de la Loi des Indiens du Canada
En plus des témoignages de personnes survivantes, de témoins oculaires et de panels de spécialistes, l'accusation s'est appuyée sur des sections pertinentes de la législation, des politiques, des décrets et différentes déclarations et documents officiels de l'État.
Le FFAM maintient que le Canada a utilisé la loi et la coercition pour détruire les liens des peuples autochtones avec leurs terres ancestrales, leurs cultures, et leurs langues. Il décrit le programme colonial canadien comme une structure de génocide qui fait partie intégrale de l'architecture de l'État canadien, et non pas un évènement éphémère. L'avocate spécialisée en droit pénal international Fannie Lafontaine a mentionné que l'intention de détruire les peuples autochtones a été mise en œuvre de manière progressive et par le biais de méthodes diverses.
Une domination qui se poursuit de la part du Canada
Élèves du pensionnat de Fort Albany en train de lire en classe sous la surveillance d'une religieuse, vers 1945. Crédits photo : http://archives.algomau.ca/, Public domain, via Wikimedia Commons
Selon l'enquête du TPP, le gouvernement canadien a exercé et exerce toujours une domination systémique sur les communautés autochtones., d'abord par le biais du Système de pensionnats indiens, créés par des groupes missionnaires au cours du XVIIe siècle. Ils avaient pour but l'assimilation et l'élimination des peuples autochtones en christianisant leurs enfants. Le Système de pensionnats indien est aussi directement connecté à la disparition d'enfants autochtones. Il est lié aux tombes non identifiées, au transfert illégal de personnes autochtones et au contrôle reproductif des femmes autochtones.
Le FFAM souligne également le refus du Canada à collaborer dans les efforts mis de l'avant par les communautés autochtones. D'ailleurs, le gouvernement canadien a refusé de répondre à la demande de participation au TPP, et de ce fait, sa défense n'a pas pu être assurée. Ce geste s'inscrit dans la lignée des arguments avancés par le FFAM, qui mentionne l'attitude évasive du gouvernement concernant la reconnaissance de la réalité du programme colonial et le refus de nommer les crimes commis, malgré leur utilisation constante d'un langage de la réconciliation.
Ellen Gabriel, membre du jury
L'ensemble de preuves a été présenté devant un jury de 11 spécialistes du droit autochtone, de la justice transitionnelle, du droit pénal international et des droits des minorités. Le panel incluait des juristes, des universitaires et des personnes actives dans la défense des droits humains issus de diverses régions du monde. Des peuples autochtones d'ici, on retrouvait Ellen Gabriel (Katsi'tsakwas), activiste et documentariste mohawk de la nation Kanehsatà:ke, reconnu d'abord pour son rôle comme porte-parole durant la crise d'Oka. Elle est également une militante importante et une membre active de la communauté autochtone.
Le tribunal a déclaré que les politiques historiques et actuelles du gouvernement canadien constituent un génocide et des crimes contre l'humanité au sens des définitions établies par des traités internationaux. Les juges ont évoqué des problèmes systémiques tels que le retrait des enfants des familles, les stérilisations forcées et l'absence de protection des enfants disparus et des sites funéraires.
L'équipe de l'accusation soutient que le Canada viole ses obligations découlant de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. De plus, étant donné que les obligations d'enquêter et de punir incombent à l'État lui-même, l'équipe de l'accusation fait valoir que le Canada devrait assumer ses responsabilités au niveau international, dans le cas où il serait prouvé que le traitement des peuples autochtones constitue des crimes contre l'humanité.
Le tribunal a annoncé que son jugement final devrait être rendu le 30 septembre 2026, date qui coïncide avec la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.
Le Tribunal permanent des Peuples
Le Tribunal permanent des Peuples (TPP), fondé en 1979 à Bologne en Italie, tient des audiences publiques annuelles ayant pour but de dénoncer les violations du droit international par les États et les organisations privées, non seulement les atteintes aux droits humains, mais aussi le déni du droit à l'autodétermination des peuples. Créée par le sénateur et juriste italien Lelio Basso, l'initiative a été inspirée du Tribunal international des crimes de guerre et du Tribunal Russell-Sartre, un tribunal d'opinion pour dénoncer les crimes de guerre commis aux cours de la guerre Vietnam, et aujourd'hui en Palestine.
L'année dernière, le 56e TPP s'est penché sur la question des violations des droits humains des personnes migrantes par les États du Maghreb, l'Union européenne et plusieurs de ses États ou organisations internationales, reconnaissant la responsabilité partagée des pays du Nord et du Sud global dans les violations systématiques des règles du droit international.
Les audiences, dirigées par un jury, donnent la parole à des personnes survivantes, des témoins, ainsi que des spécialistes et juristes, en vue d'attirer l'attention sur des injustices souvent ignorées par les institutions officielles des États. Les organismes accusés sont aussi invités à présenter leurs contre-arguments, après quoi les juges délibèrent et rendent un avis consultatif.
Par contre, le jugement final présenté par le TTP n'est pas contraignant juridiquement, mais possède un poids moral et politique important et vise à faire pression sur les gouvernements et les institutions privées dans l'espoir d'inciter des changements concrets. Les conclusions du TPP ont pour but aussi de contribuer aux efforts de sensibilisation sur les enjeux sociaux et politiques contemporains et historiques, ainsi que de soutenir le plaidoyer en faveur des communautés marginalisées.
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Production d’énergie éolienne dans la MRC Drummond : Les faux semblants et les ambigüités des élu.e.s régionaux
La MRC Drummond émettait récemment un communiqué de presse dans lequel elle précisait ses orientations en regard de la production d'électricité par des promoteurs privés instaurant des parcs éoliens dans les territoires municipaux.
Drummondville, le 8 juin 2026
Dans ce communiqué, la MRC Drummond affirme qu'elle a accrédité huit promoteurs éoliens privés. De plus, elle soutient sa « neutralité » et suggère qu'il reviendrait aux promoteurs de montrer l'acceptabilité sociale en regard de ce projet.
Ces propositions nous semblent en complète contradiction avec les obligations légales des MRC et avec les prétentions et les actions de la MRC depuis bientôt plus d'une année.
En effet, l'acceptabilité sociale ne relève pas des promoteurs privés mais bien de la MRC qui doit protéger le territoire et les intérêts des citoyens et citoyennes qui y habitent. Les promoteurs privés ont un seul objectif : réaliser le plus grand profit pour leurs actionnaires. Par ailleurs, les méthodes de promotion des dits promoteurs privés sont bien connues : absence de véritable débat démocratique et présentation diffusant une information partiale et incomplète.
Confier à l'entreprise privée le soin d'assurer l'acceptabilité sociale constitue donc un abandon des obligations de la MRC et semble un rejet des intérêts des citoyens que les élu.e.s de la MRC sont chargés de défendre.
Quant à la prétention de « neutralité » de la MRC en regard des projets éoliens, elle ne peut être acceptée : déjà, l'UMQ nous montre un engagement constant et réel en faveur d'une production privée d'électricité et supporte les Municipalités à faire le développement des éoliennes. De plus, la MRC en permettant aux promoteurs de sillonner nos campagnes pour faire signer des agriculteurs et propriétaires terriens, sans aucune restriction connue, peut-on encore affirmer sa « neutralité » ?
Est-ce que pour la MRC, la protection du territoire agricole, tout à coup, est négligeable devant les éoliennes ? Seulement moins de 2% du territoire du Québec est agricole.
Venons-en maintenant au concept d'acceptabilité sociale. C'est un concept flou où chacun y met des éléments selon ses propres besoins et intérêts. C'est donc un concept ouvert aux interprétations contradictoires des acteurs sociaux. Il faut plutôt passer de l'acceptabilité sociale à l'acceptation par les communautés par le biais de référendum.
Nous invitons toute la population et les élu.e.s à consulter la synthèse des connaissances scientifiques sur les impacts éoliens produits par une quinzaine de chercheurs indépendants.
(Ce document est accessible gratuitement sur le site du Regroupement Vigilance Énergie Québec (RVÉQ) (https://drive.google.com/file/d/1LTDPJgy6-tf0ihGgntpOakE4Dl7TomZx/view )
Richard Langelier, St-Bonaventure
René Beaulac, St-Bonaventure
Andrée Soucy, St-Guillaume
Lyne Bélanger, Drummondville
Jean Falaise, Durham-Sud
Au nom du Collectif pour un choix éclairé en énergie dans la MRC Drummond
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Trois mythes à déconstruire : TES Canada nous donne maintenant un cours de mythologie
TES Canada aime bien « déconstruire » des mythes. C'est son dada. Il y revient sans cesse. Malheureusement il n'a pas la tâche facile : il en voit partout. À ses yeux, presque tous les impacts liés au Projet Mauricie relèveraient de la croyance populaire : pollution sonore et visuelle, paysages dévastés, dévaluations, atteintes à la biodiversité, perte de qualité de vie, etc.. Tout cela deviendrait une collection de craintes infondées, presque illégitimes. Son plus grand désir serait donc de nous protéger contre cette fantasmagorie citoyenne.
Le contenu commandité que TES Canada s'est offert dans Le Nouvelliste le 5 juin 2026, sous le titre « Quand l'hydrogène vert et les transports lourds font équipe », s'inscrit dans cette logique de rééducation. Naturellement, la leçon prend soin de ne pas mentir sur tout. La méthode est plus subtile : partir de faits réels, les isoler de leur contexte, puis les gonfler jusqu'à leur faire dire beaucoup plus qu'ils ne démontrent. Voilà une curieuse manière de combattre des mythes : en en fabriquant de nouveaux.1
Examinons le syllogisme proposé. Des camions à hydrogène existent ; le Québec a une stratégie sur l'hydrogène ; certains usages pourraient être pertinents ; donc le Projet Mauricie est nécessaire. Le raisonnement est commode. Il transforme une possibilité technique en justification générale, puis une stratégie gouvernementale prudente en approbation implicite.
Confondre démonstration technologique et marché mature.
Oui, des camions lourds à hydrogène roulent déjà. Hyundai annonce 165 camions XCIENT en Europe, 20 millions de kilomètres cumulés, 63 véhicules en Amérique du Nord et 11 camions au Canada. C'est réel. Mais ce n'est pas un marché mature. À l'échelle du transport lourd, ces chiffres demeurent modestes et liés à des corridors logistiques, à des flottes ciblées, à des partenariats industriels et à des démonstrations encadrées. Quelques camions en Colombie-Britannique ne prouvent ni l'existence d'une demande massive au Québec, ni la pertinence de construire en Mauricie une infrastructure lourde pour l'alimenter.2
Même le sondage cité auprès de transporteurs québécois mérite d'être remis à sa place. Un sondage mesure une perception, pas un engagement d'achat. Il ne dit rien du prix de l'hydrogène, des stations, du coût des camions, de l'entretien ou de la fiabilité. Autrement dit : les camions existent ; la demande solvable, stable et suffisante reste à démontrer.3
Présenter l'hydrogène comme le vainqueur naturel du camionnage exigeant.
TES oppose ensuite deux images simples : l'électrique à batterie pour les trajets courts et légers ; l'hydrogène pour les longues distances, les charges lourdes et les délais serrés. L'image est séduisante, mais trop propre pour être vraie. Les camions électriques progressent, les modèles se multiplient et la recharge haute puissance réduit l'avantage traditionnel du ravitaillement à l'hydrogène. L'Agence internationale de l'énergie indique que les camions à batterie devraient demeurer plus avantageux, sur le coût total d'exploitation, que les camions à pile à combustible dans les grands marchés étudiés d'ici 2030. L'hydrogène pourra occuper certaines niches : trajets très intensifs, flottes captives, contraintes particulières. Mais une niche n'est pas une victoire. Et une technologie complémentaire ne devient pas prioritaire parce qu'un promoteur a besoin qu'elle le devienne.4
Transformer une stratégie prudente en chèque en blanc.
Le troisième mythe est le plus habile. TES rappelle que le Québec s'est doté d'une Stratégie sur l'hydrogène vert et les bioénergies. C'est exact. Mais il oublie le mot qui change tout : complémentarité. Le gouvernement ne présente pas l'hydrogène comme une solution à déployer partout ; il l'inscrit en complément de la sobriété, de l'efficacité énergétique et de l'électrification directe. Dans une province où l'électricité renouvelable devient rare et disputée, cette nuance n'est pas décorative. Elle est centrale.5
Le rappel technique est brutal. Produire un kilogramme d'hydrogène par électrolyse exige typiquement 55 à 60 kWh d'électricité. Comme ce kilogramme contient environ 33,3 kWh d'énergie utile sur base PCI (pouvoir calorifique inférieur), on perd déjà environ 40 % à 45 % de l'électricité dès la première étape, avant compression, transport, stockage ou transformation en e-gaz. Voilà pourquoi l'hydrogène devrait être réservé aux usages vraiment difficiles à électrifier, et non brandi comme passe-partout énergétique.6
Même le passage sur la loi de mai 2025 est présenté de manière avantageuse. TES laisse croire qu'une obligation de vente de camions zéro émission serait déjà opérationnelle chez les concessionnaires. Or le ministère de l'Environnement précise plutôt que la loi du 28 mai 2025 permet la mise en place éventuelle d'une norme VZE (véhicule zéro émission) pour les véhicules lourds, dont la réglementation demeure en développement. On est loin d'une obligation claire et actuelle.7
Le grand silence : l'e-gaz.
Le plus révélateur reste toutefois ce que la publicité met en sourdine. Elle parle beaucoup de camions lourds, mais TES Canada a lui-même indiqué qu'un tiers seulement de l'hydrogène produit serait consacré au transport lourd, les volumes restants devant servir à produire du gaz naturel synthétique, ou e-gaz. On quitte alors l'image séduisante du camion propre pour entrer dans une chaîne beaucoup plus tortueuse : électricité renouvelable, électrolyse, hydrogène, méthanation, injection dans le réseau gazier, puis combustion finale.8
La Hydrogen Science Coalition, dans une analyse du cas TES Canada cosignée par Johanne Whitmore et Paul Martin, estime que 66 % de la production d'hydrogène serait convertie en e-gaz pour injection dans le réseau d'Énergir. Elle évalue les pertes d'énergie de cette chaîne entre 57 % et 73 % selon les usages, et qualifie le procédé d'« aberration énergétique » parce qu'il va à rebours de la recherche d'efficacité dans les transformations d'énergie. Le mot est dur. Il est surtout éclairant.9
Enfin, la question du coût public demeure évacuée. TES aime présenter son projet comme privé. Mais la filière hydrogène baigne dans un environnement de soutien : crédits d'impôt, programmes de transition, crédits de conformité, infrastructures, subventions possibles et mécanismes d'appui. Si le gaz synthétique coûte beaucoup plus cher que les solutions directes, quelqu'un paiera l'écart : le contribuable, le consommateur ou le citoyen.10
La vraie question n'est donc pas de savoir si l'hydrogène existe. Il existe. Ni s'il pourra servir dans certains camions lourds. Il le pourra probablement. La vraie question est plus dérangeante : faut-il sacrifier des territoires, mobiliser une électricité précieuse et socialiser une partie des coûts pour produire massivement un vecteur moins efficace que l'électrification directe dans plusieurs usages ? TES ne déconstruit pas des mythes ; il en construit un nouveau. Quelques camions deviennent une demande assurée. Une stratégie prudente devient une approbation générale. Et un projet largement destiné à l'e-gaz se drape dans l'image plus vendeuse du transport lourd décarboné. C'est cette mise en scène qu'il faut refuser.
Gaston Rivard
Saint-Adelphe
Notes
1.Le Nouvelliste, contenu commandité par TES Canada, « Quand l'hydrogène vert et les transports lourds font équipe », 5 juin 2026.
2.Hyundai Motor Europe, communiqué du 5 février 2026 ; Hyundai Translead, communiqué du 19 mai 2026 sur le lancement commercial de XCIENT Fuel Cell au Canada.
3.Transport Routier, sondage auprès des membres de l'Association du camionnage du Québec, mars 2025.
4.Agence internationale de l'énergie, Global EV Outlook 2025, section sur les véhicules lourds électriques et les véhicules à pile à combustible.
5.Gouvernement du Québec, Stratégie québécoise sur l'hydrogène vert et les bioénergies 2030.
6.Gouvernement du Québec, page « Hydrogène vert », mise à jour le 26 janvier 2026 ; U.S. Department of Energy, Alternative Fuels Data Center, « Fuel Properties Comparison ».
7.MELCCFP, « Norme véhicules zéro émission (VZE) » : la page précise que la norme pour véhicules lourds découle de la loi sanctionnée le 28 mai 2025 et que sa réglementation est en développement.
8.TES Canada, « TES présente le Projet Mauricie », communiqué du 10 novembre 2023.
9. Johanne Whitmore et Paul Martin, Hydrogen Science Coalition, Conversion d'électricité en gaz — Étude de cas de TES Canada, avril 2024, mise à jour mai 2024.
10.Whitmore et Martin, même rapport, notamment les passages demandant de préciser les incitatifs gouvernementaux ou publics pouvant soutenir la viabilité économique de la chaîne de valeur.
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Vertières effacée, mémoire contestée : la charge d’Evence Jean Louis
À l'approche de la Coupe du monde 2026, le retrait de la fresque de Vertières du maillot des Grenadiers suscite toujours des réactions au sein de l'opinion publique haïtienne. Au-delà du seul cadre sportif, cette décision relance le débat sur la place des symboles issus de la Révolution haïtienne dans la représentation de l'identité nationale et dans la mémoire collective.
Dans ce contexte, le numérologue haïtien Evence Jean Louis publie un rapport intitulé « Le Sceau de Vertières : l'histoire occulte d'un effacement à la veille de la Coupe du monde ». Dans ce document, il propose une lecture critique de cette décision, qu'il interprète comme une forme de recul de la visibilité des références historiques nationales dans certains espaces institutionnels contemporains.
Selon lui, la bataille de Vertières, dernier affrontement décisif de la guerre d'indépendance de 1804, occupe une place centrale dans la construction de l'identité haïtienne. Elle ne saurait, estime-t-il, être réduite à un simple élément graphique ou à une décision ponctuelle liée à des impératifs de communication sportive.
L'auteur considère que la disparition de ce symbole sur le maillot national soulève une interrogation plus large sur les critères qui encadrent aujourd'hui la représentation des identités culturelles dans les compétitions internationales. Il s'interroge notamment sur l'impact des normes de standardisation, souvent présentées comme techniques ou neutres, mais qui participeraient aussi à une hiérarchisation implicite des mémoires historiques.
Dans son analyse, Evence Jean Louis mobilise une approche mêlant histoire, mémoire collective et lecture symbolique. Il insiste sur la continuité des héritages issus de la Révolution haïtienne, qu'il considère comme profondément ancrés dans la conscience populaire, indépendamment de leur visibilité dans les espaces officiels.
Au-delà de la polémique sportive, son rapport appelle à une réflexion sur le droit des nations à préserver et à valoriser leurs symboles historiques dans un contexte de mondialisation des pratiques sportives et culturelles. Pour l'auteur, la question dépasse le cas du football et touche à la souveraineté culturelle et à la transmission des mémoires collectives.
Ainsi, Le Sceau de Vertières se présente comme une contribution au débat sur la place des récits fondateurs dans les sociétés contemporaines, et sur les tensions entre uniformisation internationale et affirmation des identités nationales.
Smith Prinvil Rédacteur
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Le boycott culturel est un acte politique
Le boycott culturel n'est pas une censure, mais l'expression d'un refus politique. La censure vient d'un pouvoir qui interdit, le boycott vient d'une société civile qui refuse. Le boycott ne confisque pas la parole d'un artiste, ne détruit pas, ne fait pas taire : il conteste les conditions institutionnelles dans lesquelles cette parole est financée, promue ou utilisée.
Tiré du blogue de l'auteur.
La polémique autour de la présence du réalisateur israélien Nadav Lapid à la prochaine édition du Festival international de cinéma de Marseille (FID) a été présentée dans les colonnes du Monde comme un affrontement entre partisans du dialogue et tenants de la menace et de la censure. Pire, comme une campagne menée contre un réalisateur israélien sur le simple fait de sa nationalité.
Nous voulons dans ce texte rectifier des affirmations mensongères mais aussi proposer une lecture politique de cette polémique. Car le récit qui en est fait jusqu'à maintenant occulte, encore une fois, la véritable question en jeu : celle de la légitimité du boycott culturel comme moyen d'action politique.
Retour sur les faits
Le FID a décidé cette année d'organiser une programmation autour de la Palestine et du monde arabe dans un contexte marqué par bientôt trois années de génocide à Gaza, la poursuite de la colonisation en Palestine et la politique de la terre brûlée au Liban. Des cinéastes et programmateur.trice.s ont été contactés dans ce cadre. En parallèle, le FID a décidé d'inviter le cinéaste israélien Nadav Lapid.
Rappelons, avant de poursuivre, le contexte : des professionnels du monde de la culture se mobilisent depuis bientôt trois ans, en France et à travers le monde entier, pour sensibiliser les institutions et organisations culturelles sur la question du boycott culturel et des politiques de normalisation qui participent à construire la vitrine respectable d'un Israël démocratique, pluriel et moderne et à blanchir les politiques génocidaires et coloniales de l'état israélien. Des textes ont été signés par des milliers de personnes, des réalisateurs israéliens eux-mêmes appellent au boycott de leurs films et un vaste mouvement d'échanges et de débats a gagné les mondes culturels autour de ces questions.
Le FID lui-même, approché par le collectif La Palestine sauvera le cinéma qui mène depuis des mois une campagne en faveur du boycott culturel, a reçu dès avril 2026 une proposition sur ce point en particulier : organiser en son sein un débat intitulé "Pourquoi boycotter la culture ?", qui aurait été construit avec les équipes du festival et ouvert aux professionnel·les comme au public. De tels échanges visent à poser le débat publiquement, à ouvrir des espaces de discussions autour de cette proposition du boycott culturel et à cheminer ensemble pour mieux en comprendre les enjeux. Ils ont déjà été organisés dans différents cadres comme les États généraux du documentaire de Lussas à l'été 2025, au Cinéma du Réel en mars 2026 ou encore au pavillon palestinien du Festival de Cannes en mai dernier. Cet espace de discussion a été refusé par le FID.
C'est donc dans ce contexte qu'apprenant cette invitation faite à Nadav Lapid d'être membre du jury ou présent pour animer une masterclass ou une signature (les propositions n'ont jamais été complètement clarifiées par le FID lui-même), plusieurs cinéastes et programmateur·rices décident de retirer leurs œuvres de la programmation estimant que les conditions de leur participation n'étaient pas compatibles avec leurs convictions politiques et avec les espaces qu'ils souhaitent créer pour la réception de leurs oeuvres, et c'est leur droit le plus strict. (lire ici leur texte)
Fin mai, le FID décide de renoncer aux activités prévues avec Nadav Lapid et confirme la programmation de ces films. Les soutiens de Nadav Lapid prétendent ensuite que cette mobilisation repose sur le simple fait qu'il est israélien, qu'il s'agit là d'une politique d'assignation et qu'il est victime de censure.
Que s'est-il joué dans ces prises de positions ? Pourquoi ces cinéastes ont-ils voulu retirer leurs films ?
Contrairement à ce qui est avancé, Nadav Lapid n'est pas mis en cause en raison de sa nationalité israélienne. Redisons-le donc fermement : le boycott culturel ne vise pas les artistes en raison de leur nationalité ni de leurs opinions personnelles. Ce qui est en débat ici c'est la réalité de son inscription dans des dispositifs institutionnels et politiques de l'état israélien. Réduire cette question à une attaque contre un individu permet donc encore une fois d'éluder le véritable enjeu qui concerne les institutions, les financements et les dispositifs de représentation culturelle liés à un État ainsi que les liens et le rôle que les cinéastes entretiennent avec eux. Revenons encore une fois sur des faits : le dernier film de Nadav Lapid, Oui, a été soutenu par le Israeli Film Fund, l'équivalent du CNC israélien, financé par l'État. Présenté au Festival de Cannes en 2025 comme une co-production israélienne, il a également concouru aux Ofirs, les principales récompenses du cinéma israélien. Par ailleurs, Nadav Lapid a choisi de participer à plusieurs reprises au Festival du Film Israélien de Paris, manifestation soutenue notamment par l'ambassade d'Israël et ouverte cette année encore par un discours de l'ambassadeur israélien en France.
Les États ont toujours investi le cinéma, la littérature, les arts et les festivals comme des instruments de rayonnement et de légitimation. Les productions culturelles ne circulent pas dans un vide politique. Elles participent à la représentation des nations, à la construction de leur image internationale et à la diffusion de leurs récits. C'est précisément pour cette raison que le boycott culturel existe. Non parce que les artistes seraient responsables des crimes commis par leur gouvernement, ni parce que certaines œuvres devraient être interdites, mais parce que les institutions culturelles, les systèmes de financement et les politiques de diffusion jouent un rôle concret dans les stratégies de légitimation des États. En continuant à collaborer avec les institutions israéliennes (alors même qu'il n'en a pas la nécessité), Nadav Lapid participe à une vitrine essentielle de la stratégie de normalisation menée par l'État israélien. Cette mise en scène d'une société démocratique, pluraliste et autocritique contribue à atténuer la perception des réalités du génocide, de l'occupation, de la colonisation dénoncés par un nombre croissant d'acteurs internationaux depuis bientôt trois ans.
Refuser de considérer la décision des cinéastes de retirer leurs films comme une prise de position politique et la présenter comme une campagne de pression ou une atteinte à la liberté de création ou de diffusion dans les colonnes du Monde le 6 juin 2026 ou dans le communiqué du FID relève du mensonge éhonté et de la mauvaise foi. Il n'y a jamais eu de pression sur les financeurs ou les partenaires du FID, ni d'appel au boycott du festival et les cinéastes ont exercé leur stricte liberté de conscience en annonçant retirer leur film si Nadav Lapid était programmé.
En faveur du boycott
Le boycott constitue depuis longtemps un outil politique de pression non violente permettant aux sociétés civiles d'agir lorsque les États refusent de prendre leurs responsabilités. La légitimité d'une lutte qui répond à l'appel lancé dès 2005 par la société civile palestinienne dans le cadre du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), inspiré de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud, est un aspect absolument passé sous silence dans l'article du Monde qui relaie avant tout le discours et point de vue du cinéaste Nadav Lapid qui devient central au sein de ce débat.
Ce débat qui traverse aujourd'hui le monde du cinéma français ne devrait pas porter sur le droit de créer ou de montrer des films, parce que ce n'est pas de cela dont il s'agit. Il porte sur la responsabilité des cinéastes et des institutions culturelles face à l'appel au boycott lancé par la société civile palestinienne et sur notre capacité collective à interroger les liens entre culture, financement et pouvoir. La question est de savoir si les institutions culturelles et les bénéficiaires de ces institutions, en l'occurrence ici, les cinéastes, peuvent continuer à fonctionner comme si de rien n'était lorsque un génocide et des politiques coloniales menés en toute impunité par l'état d'Israël sont documentés quotidiennement et que les appels à rompre avec les mécanismes de normalisation de cet État se multiplient à travers le monde.
C'est à cette question que répond le boycott culturel. Non par la censure, mais par un refus de la normalisation. Non contre les artistes en raison de leur nationalité, mais contre les institutions et les mécanismes qui contribuent à rendre acceptable ce qui ne devrait pas l'être. C'est ce débat politique que le monde du cinéma refuse d'affronter lorsqu'une polémique relayée comme une trainée de poudre substitue la question de la nationalité à celle des institutions. C'est pourtant ce débat qu'il est aujourd'hui essentiel de mener dans tous les espaces culturels.
RDV à Marseille les 9, 10 et 11 juillet 2026 où nous animerons avec nos partenaires et alliés des espaces de discussion sur le boycott culturel. Programme à venir, suivez-nous sur les réseaux : www.instagram.com/lapalestinesauveralecinema_
Pour aller plus loin :
– la lettre des cinéastes du FID 2026 qui ont pratiqué le refus https://lapalestinesauveralecinema.com/oui-le-cinema-est-politique/
– le site de la campagne de boycott belge et néerlandaise, signée par plus de 700 institutions dont le Festival de cinéma IDFA : https://www.cultureleboycotisrael.nu/accueil.html
– la lettre des 50 réalisateurs israéliens qui appellent au boycott : https://www.documentary.org/exclusive-news/open-letter-israeli-international-documentary
– le site de FRACBI : https://fracbi.org/
– le site du collectif La Palestine sauvera le cinéma, avec en particulier un guide sur le boycott avec des nombreuses ressources : https://lapalestinesauveralecinema.com/

Lectures d’été
Voici une sélection de textes parus dans les derniers mois sur Presse-toi à gauche. Pour vos temps libres cet été, une suggestion de lectures pour bien comprendre l'état de la situation, analyser et se "faire une tête" sur les événements en cours et la suite à leur donner. Bon été et revenez-nous en forme.
I. La politique au Canada et au Québec
Retour sur les débats stratégiques au coeur de la lutte pour l'indépendance du Québec
https://www.pressegauche.org/Retour-sur-les-debats-strategiques-au-coeur-de-la-lutte-pour-l-independance-du | Bernard Rioux
Construire un parti de la rue
https://www.pressegauche.org/Construire-un-parti-de-la-rue | André Frappier
L'action politique des organisations syndicales québécoises : la nécessité de dépasser une politique de pression, de dialogue social et de neutralité partisane
|https://www.pressegauche.org/L-action-politique-des-organisations-syndicales-quebecoises-la-necessite-de | Bernard Rioux
30 thèses sur le discours de Carney, entre rupture et exceptionnalisme canadian
https://www.pressegauche.org/30-theses-sur-le-discours-de-Carney-entre-rupture-et-exceptionnalisme-canadian | Jonathan Durand Folco
II. Les guerres : Ukraine, Gaza, Iran, Soudan
L'occupation israélienne de Gaza, du Liban et de la Syrie s'étend au-delà de ce que montre les cartes
https://www.pressegauche.org/L-occupation-israelienne-de-Gaza-du-Liban-et-de-la-Syrie-s-etend-au-dela-de-ce
(L'unité d'investigation d'Al Jazeera)
Etats-Unis-Israël-République islamique d'Iran : quelle orientation face à cette guerre ? (Saeed Rahnema)
https://www.pressegauche.org/Etats-Unis-Israel-Republique-islamique-d-Iran-quelles-orientations-face-a-cette
Ukraine : Résistance, néolibéralisme et la bataille de l'après-guerre, quatre ans plus tard
https://www.pressegauche.org/Resistance-neoliberalisme-et-la-bataille-de-l-apres-guerre-quatre-ans-plus-tard
(Adam Novak)
Soudan : Dubaï et Genève complices de l'ombre
https://www.pressegauche.org/Guerre-au-Soudan-Dubai-et-Geneve-complices-de-l-ombre
(Roula Merhej)
III. Mouvement des femmes dans le monde
Guerres, impunité et résistances : pourquoi le féminisme doit défier la guerre et le capitalisme
https://www.pressegauche.org/Guerres-impunite-et-resistances-pourquoi-le-feminisme-doit-defier-la-guerre-et
Isabel Cortés
La résistance des femmes aux politiques meurtrières des impérialistes consiste à faire perdurer la vie
https://www.pressegauche.org/La-resistance-des-femmes-aux-politiques-meurtrieres-des-imperialistes-consiste
Penelope Duggan
Le travail des femmes est dévalorisé sous le capitalisme
https://www.pressegauche.org/Le-travail-des-femmes-est-devalorise-sous-le-capitalisme
Evelina Johansson Wilén
Déclaration de la Marche mondiale des femmes
https://www.pressegauche.org/Declaration-de-la-Marche-mondiale-des-femmes
Marche mondiale des femmes
IV. Crise climatique et réponses écosocialistes
Le pouvoir et l'urgence dans la crise écologique
https://www.pressegauche.org/Le-pouvoir-et-l-urgence-dans-la-crise-ecologique
Júlia Martí, Martin Lallana
Manifeste pour une révolution écosocialiste – Rompre avec la croissance capitaliste
https://www.pressegauche.org/Manifeste-pour-une-revolution-ecosocialiste-Rompre-avec-la-croissance-67901 |Quatrième internationale
Guerre impérialiste, militarisme environnemental et stratégie écosocialiste à l'heure du capitalisme des catastrophes
https://www.pressegauche.org/Guerre-imperialiste-militarisme-environnemental-et-strategie-ecosocialiste-a-l | Alexis Cukier
V. La Montée de l'extrême-droite
Fascisation et stratégie : entretien avec Ugo Palheta
https://www.pressegauche.org/Fascisation-et-strategie-Entretien-avec-Ugo-Palheta
(Ugo Palheta)
Des dirigeants d'extrême droite dont l'ancien chef de l'ICE Greg Bovino se réunissent au Portugal pour un sommet sur la remigration
https://www.pressegauche.org/Des-dirigeants-d-extreme-droite-dont-l-ancien-chef-de-l-ICE-douanes-americaines |(Democracy now)
Nous assistons à la montée du fascisme démocratique
https://www.pressegauche.org/Nous-assistons-a-la-montee-du-fascisme-democratique
(Carolin Amlinger, Oliver Natchwey)
Fascisme : une réflexion ancrée dans l'histoire
https://www.pressegauche.org/Fascisme-une-reflexion-ancree-dans-l-histoire
(Enzo Traverso)
VI. Gauche anticapitaliste
Après Kast au Chili, pourquoi l'extrême-droite gagne-t-elle en Amérique latine ?
https://www.pressegauche.org/Apres-Kast-au-Chili-pourquoi-l-extreme-droite-gagne-t-elle-en-Amerique-latine
Patrick Guillaudaut et Pierre Mouterde
Premières impressions concernant la conférence antifasciste de Porto Alegre
https://www.pressegauche.org/Premieres-impressions-concernant-la-conference-antifasciste-de-Porto-Alegre
André Frappier
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La souveraineté culturelle : un irritant ?
La Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN) s'inquiète grandement de la facilité avec laquelle l'actuel gouvernement fédéral brade les lois soutenant les secteurs de la production audiovisuelle, des médias et de la culture au moindre soupir soufflé à l'oreille de Donald Trump par les géants du web.
Tiré de l'infolettre de la CSN En Mouvement
https://www.csn.qc.ca/actualites/la-souverainete-culturelle-un-irritant/
4 Juin 2026
La FNCC–CSN soutient la position du ministre de la Culture du Québec, Mathieu Lacombe, sur l'obligation de légiférer rapidement et de structurer le secteur de l'audiovisuel afin d'en assurer la pérennité, dans un contexte où les intérêts économiques de ces multinationales ne semblent pas pouvoir être cadrés par la souveraineté des pays où elles se déploient.
« Des milliers d'emplois ont été perdus dans ces secteurs et des milliers d'autres en voie de se perdre », affirme la présidente de la FNCC–CSN, Annick Charette.
« Le pansement constitué d'un investissement de 600 millions de dollars annoncé par le ministre de l'Identité de la Culture canadiennes, Marc Miller, et payable par les contribuables ne saurait compenser l'érosion du milieu à long terme. Seules des politiques structurantes, pérennes avec une vision périphérique pourraient faire la différence et nous en sommes loin », s'inquiète-t-elle.
Le secteur attendait beaucoup de la Loi sur la diffusion continue en ligne pour baliser sa nouvelle réalité et permettre au Canada et au Québec de garder sa vitalité à se représenter créativement dans leurs valeurs, ses couleurs, sa spécificité en valorisant le travail de ses artistes et artisans.
« Déjà l'année dernière, sous les pressions états-uniennes, le gouvernement Carney avait abandonné la taxe sur les services numériques qui aurait généré un apport de près de 3 milliards et qui aurait pu être réinvestie dans nos milieux qui en ont grandement besoin. Et là, il renvoie le CRTC dans les câbles avec sa proposition d'une participation de 15 % de leurs revenus générés par les plateformes en ligne au Canada, participation modeste, mais combien légitime et nécessaire à la création de contenu canadien original. Au prétexte que ça irrite de l'autre côté de la frontière. On parle même de laisser tomber l'exigence actuelle de 5 %, d'ailleurs contestée devant les tribunaux », affirme Annick Charette.
Une règlementation déjà trop faible
Selon la fédération syndicale, la vision du CRTC de l'application de la Loi sur la diffusion continue est questionnable à bien des égards. Dans les faits, cette taxe de 15 % pour les diffuseurs en ligne en était la pièce de résistance. « La proposition du CRTC était par ailleurs si édentée qu'elle ne créait aucune contrainte de découvrabilité ni de reddition de comptes à ces mêmes diffuseurs », dénonce la présidente de la FNCC. « Prenons donc exemple sur l'Union européenne et affirmons notre droit et notre souveraineté ! »
À propos
La FNCC–CSN regroupe 6000 membres dans 80 syndicats œuvrant dans les domaines des communications, du journalisme et de la culture. Elle est l'une des huit fédérations de la CSN qui réunit près de 350 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l'ensemble des régions du Québec.
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Jeux de mains
À toi qui attends demain
Pour me tendre la main
Arriveras-tu avant la faim
Qui m'attend au bout du chemin.
À toi qui veut mettre fin
À ma folie de me prendre en main
Pour arriver à tes fins
Tu engages des hommes de main.
À toi qui détiens mon lendemain
Entre tes mains
Tu veux me faire croire que demain
Je mangerai dans ta main.
À toi qui me donne un coup de main
Pour que je rebrousse chemin
Si tu attends que je te baise la main
Ce sera pas pour demain.
Marchons main dans la main
Sur ce périlleux chemin
Avec ceux qui ont le coeur sur la main
Pour un lendemain plus humain.
Zaz pitit Dessalines
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