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Une revue pour transformer notre société

Au début des années 2000, la gauche québécoise est en pleine recomposition. En manque de modèle et devant affronter l'hégémonie néolibérale, les militant·es ont besoin de (…)

Au début des années 2000, la gauche québécoise est en pleine recomposition. En manque de modèle et devant affronter l'hégémonie néolibérale, les militant·es ont besoin de nouveaux espaces de réflexion et d'organisation. C'est pour répondre à ce besoin que la revue À bâbord ! est lancée à l'automne 2003, afin de contribuer à une « révolution dans l'organisation de notre société ».

Les années 1980 sont marquées par un ressac de la gauche, dû autant aux reconfigurations économiques qu'au déclin des modèles socialistes est-européens. Après la chute de l'URSS (1991), nombre de militant·es se détournent du communisme et s'attachent à des pratiques alternatives, autogestionnaires ou libertaires, quoiqu'avec une continuité dans les enjeux de solidarité internationale. L'intérêt pour l'insurrection zapatiste au Mexique (en cours depuis 1994) cristallise les nouvelles préoccupations de la gauche radicale : décentralisation, autonomie, pluralisme, libération du Sud global, horizontalité, écologie et droits autochtones. Pourtant, ce « terreau libertaire » demeure minoritaire et d'autres approches (politique classique, syndicalisme, socialisme démocratique) tentent aussi de répondre aux problèmes de l'heure. C'est à la jonction de ces tendances qu'apparaît la revue À bâbord !.

D'emblée, le collectif de la revue énonce ses objectifs dans son premier éditorial : « ceux de travailler à la reconstitution de vastes solidarités, de favoriser le mouvement et la rupture vis-à-vis du consensus néolibéral et de promouvoir l'idée d'apprendre à faire de la politique autrement ». Ce projet est mis en lien avec la constitution de l'Union des forces progressistes (UFP, 2002-2006) à l'origine de Québec solidaire (QS). Même si la revue partage une certaine affinité avec les courants libertaires, elle assume une volonté d'unification (ce qui ne veut pas dire une homogénéisation) des forces de gauche. Au départ, ses thèmes principaux sont le combat contre le néolibéralisme (lequel doit impliquer la gauche politique, les syndicats et les mouvements sociaux), ainsi que l'anti-impérialisme, avec une sensibilité particulière pour l'Amérique latine et la Palestine. La volonté de démocratiser nos sociétés pour redonner le pouvoir au peuple traverse aussi un grand nombre de contributions théoriques et analytiques.

Le néolibéralisme et son dépassement

Au centre des préoccupations militantes des années 2000 se trouve le néolibéralisme, ce stade particulier du capitalisme marqué par un désengagement de l'État social, une législation dédiée à l'entreprise privée et des politiques répressives envers les mouvements sociaux. Alors que le néolibéralisme exacerbe les inégalités et réduit les libertés civiles, comment lui résister efficacement ? Dans son éditorial de février 2004, À bâbord ! accorde un rôle particulier aux syndicats sur cette question : « Il faudra donc s'attaquer aux entreprises et aux gouvernements par des campagnes dont le but est de rééquilibrer le rapport de force entre employeurs et employés. Ceci implique la reconnaissance de l'antagonisme fondamental qui oppose le patronat (privé et public) et les syndicats. » Plus largement, la revue promeut une alliance entre les différents secteurs de la gauche pour sortir du capitalisme. Elle propose en sus des réflexions sur les formes que pourrait prendre une société révolutionnée, dont le collectivisme et « le contrôle des comités de travailleurs (soviets) sur le fonctionnement de leur entreprise » [1].

Concrètement, la lutte contre l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) anime les contributeur·trices de la revue qui y voient une mesure néolibérale névralgique, nuisible aux peuples minoritaires, aux femmes, aux travailleur·euses et à l'environnement. Pareillement, l'organisation d'une riposte face aux projets de « réingénierie » du gouvernement libéral de Jean Charest (2003-2012) est régulièrement abordée dans une perspective combative. Dans son éditorial de mars 2005, le collectif affirme que « Dans ce contexte, il n'y a que les mouvements sociaux, les organisations populaires, les syndicats et les nouveaux partis politiques de gauche qui puissent modifier en profondeur les rapports de force et contrecarrer l'offensive antisociale du gouvernement Charest. Encore faut-il que ces forces vives, encore dispersées, s'unissent et s'organisent pour relever un défi colossal. » De la volonté d'une riposte conjointe à sa réalisation, rien n'est gagné d'avance.

Complexités de l'unité politique

L'affrontement avec le néolibéralisme pose la question de l'unité des progressistes, avec certaines difficultés. D'abord, comment coaliser la gauche tout en préservant la diversité qui fait sa richesse, et ce, dans une perspective démocratique ? Autour de quelle stratégie et dans quel but l'unité doit-elle se faire ? Selon plusieurs contributions à la revue, l'unité de la gauche doit prendre la forme d'une coalition politique, à l'image de l'Union des forces progressistes et, plus tard, de Québec solidaire. Bien que ce parti doive être « jugé sur la base des actions concrètes et non des intentions », on sent qu'en 2006, l'équipe de la revue s'enthousiasme pour cette nouvelle formation, tout en assumant « d'accompagner son évolution d'un regard circonspect et critique » [2]. Il est aussi intéressant de noter les vases communicants entre l'équipe de rédaction et le membrariat de Québec solidaire, qui permettent de ne pas se confiner au rôle de « gérants d'estrade ».

Quant à la ligne stratégique et aux objectifs, les premiers numéros de la revue insistent sur la nécessité de forcer l'État à décréter des mesures pour contrôler la grande industrie, à adopter une réglementation écologique et à protéger les travailleur·euses, suivant un rapport de force établi par les syndicats et les mouvements sociaux, arrimés à un parti politique. Une intervention caractéristique insiste sur l'importance des nationalisations : « Au Québec, ça doit commencer par le contrôle, voire la propriété publique, des ressources naturelles et par un véritable contrôle écologique, mais efficace, sur notre avenir. […] Si on regarde sur quelle base se restructure la gauche en Amérique latine, c'est autour de la propriété et du contrôle collectif des ressources, qu'importe la forme. » [3] Par contre, il n'est pas garanti que pour atteindre ces objectifs de socialisation, la voie électorale fonctionne, ni d'ailleurs les expérimentations autogestionnaires. On ne fera pas reproche à la revue d'omettre les recettes miracles : si la formule de la révolution existait, ça se saurait. Au contraire, il est remarquable de constater les efforts déployés pour penser concrètement, dans le Québec des années 2000, les formes précises que devraient prendre une organisation politique de gauche et les étapes pour faire advenir une société émancipée. Pourtant, à partir des années 2010, la revue s'éloigne des réflexions programmatiques au profit d'enjeux plus circonscrits.

En regard de ce panorama, plusieurs propositions méritent de retenir notre attention. D'abord, une alliance des forces de gauche semble nécessaire pour transformer notre société. Il faut coaliser les forces politiques, syndicales et populaires afin d'être en mesure d'instaurer un rapport de force avec le patronat et l'État capitaliste. L'unité de la gauche doit se faire sur des bases claires, et ce, dans un horizon de rupture avec le capitalisme. Nous devons discuter collectivement de la meilleure stratégie politique pour rallier de larges pans de la population et réfléchir au monde que nous voulons, suivant nos principes égalitaires et solidaires. Il faut sortir des dogmatismes qui nous réduisent à la marge, accepter de mettre de côté certaines de nos différences, travailler en commun et ne pas avoir honte de présenter nos aspirations pour ce qu'elles forment : un projet révolutionnaire. Il me semble que ce sont là quelques-unes des pistes ouvertes par À bâbord ! durant ses premières années qu'il est bon de se rappeler au cœur des luttes présentes.


[1] Breton, Gaétan. « L'économie cannibaliste » dans À bâbord ! no 6 (octobre-novembre 2004), page 15.

[2] Lamoureux, Diane. « Au-delà de l'alternative électorale ? » dans À bâbord ! no 14 (avril-mai 2006), page 19.

[3] Entrevue avec François Cyr dans À bâbord !, no 15 (été 2006).

Alexis Lafleur-Paiement est membre du collectif Archives Révolutionnaires.

Merci d’exister !

Il nous apparaissait essentiel pour ce dossier qui se veut un retour sur les vingt années d'existence de la revue de proposer à des membres fondateurs de témoigner des débuts (…)

Il nous apparaissait essentiel pour ce dossier qui se veut un retour sur les vingt années d'existence de la revue de proposer à des membres fondateurs de témoigner des débuts d' À bâbord !.

Amir Khadir, membre fondateur de la revue

Déjà 20 ans ! Pour ses artisans·nes d'aujourd'hui ça fait beaucoup de bons coups à célébrer, de brassages d'idées à souligner et de camarades à remercier.

Remercier celles et ceux qui ont été et sont à l'ouvrage, pour avoir réfléchi, pour avoir écrit et avoir tant donné. Celles et ceux d'aujourd'hui comme la gang des premières heures. Parce qu'À bâbord ! a tant d'ami·es « que no los puedo contar ».

Au printemps 2003, alors que la fondation de l'UFP avait fouetté nos ardeurs et que la revue était en gestation, de bonnes âmes et de belles plumes qui en avaient pris l'initiative s'échangeaient ardemment des courriels pour décider du nom, comme on le fait en famille à la naissance d'un enfant : M'enfin ! MotivéEs, L'épaule à la rue, Versant Gauche, Causes toujours, Parti pris ou Sous les pavés. Puis est venu : À bâbord !

La proposition venait d'Aziz S.-F. en ces mots : « … l'humanité est embarquée dans le même bateau… la direction néolibérale à tribord devrait être inversée vers la gauche donc à bâbord. Pour le Québec terre de l'eau, l'image de l'embarcation revêt encore plus de sens. Pour le parti auquel l'organe sympathise, l'union qui fait déjà la force, et la force de progressistes qui rament vers la gauche demeurent un symbole bien traduit par ce mot. Bref, si on regarde vers l'avant, le futur est à gauche de l'embarcation où nous voulons que tant de monde se joignent pour bâtir un autre monde et un autre Québec. »

À bâbord !, c'est court, accrocheur avec même une petite tinte d'humour. Vous allez me dire que ce sont de sales temps aujourd'hui pour avoir le cœur vraiment à rire. Mais, il y a des conditions où exister, c'est résister.

L'échelle de nos malheurs n'a aucune commune mesure. Mais la règle demeure : À bâbord ! continue d'exister. À bâbord ! continue de résister.

Claude Rioux, secrétaire de rédaction des numéros 1 à 25

Pour rendre compte de la situation de 2003, on commencera par dire qu'à peine remis des attentats du 11 septembre, nous sommes en plein délire agressif-paranoïaque : invasion de l'Afghanistan puis de l'Irak, hégémonie du discours guerrier et victoire de Stephen Harper qui généralise les certificats de sécurité et les restitutions extraordinaires avec la déportation de Maher Arar vers les geôles syriennes pour y être torturé. Au Québec, ce qui se trouve en face de nous, c'est d'abord le gouvernement libéral de Jean Charest et sa « réingénérie » : thérapie de choc budgétaire, hostilité contre le personnel de la fonction publique sommé de se flexibiliser, priorité à l'entreprise par le biais de partenariats public-privés. Un programme bruyamment soutenu par un aréopage cliquant de bonzes politiques, médiatiques et culturels, réuni autour de Lucien Bouchard et de son manifeste Pour un Québec lucide (2005). Le PQ, avec à sa direction Bernard Landry puis André Boisclair, est alors un parti bêtement néolibéral sans âme ni projet et c'est à une autre force émergente qu'il revient de répondre par le biais du manifeste Pour un Québec solidaire, avec les suites que l'on sait. Mais c'est aussi à ce moment que Mario Dumont rebrasse totalement les cartes politiques avec sa surenchère raciste autour de la « crise des accommodements raisonnables » créée de toute pièce en 2006.

Un certain esprit libertaire antiraciste, un des éléments constitutifs de l'articulation des courants au centre du projet de revue à ses débuts, s'est quelque peu essoufflé un moment. À mon humble avis, le collectif d'À bâbord ! a bien trop tardé à prendre la mesure du virage ethnonationaliste et islamophobe de la classe politique québécoise. Sur un horizon de vingt ans, on peut qualifier de passagère cette faiblesse qui été corrigée par la posture digne et combative qu'on lui connaît aujourd'hui.

Sensibilités féministes

À bâbord ! a toujours cherché à être un espace féministe autant dans ses pratiques que dans les thèmes des dossiers parus à travers les années. Le désir d'À bâbord ! (…)

À bâbord ! a toujours cherché à être un espace féministe autant dans ses pratiques que dans les thèmes des dossiers parus à travers les années.

Le désir d'À bâbord ! d'arriver à une parité homme-femme entre les auteurs et autrices sollicité·es pour des articles s'est construite graduellement au fil de son histoire. Dès le premier dossier paru en octobre 2003, des autrices sont mises de l'avant, et dans chacun des dossiers qui suivront. Les pratiques permettant d'assurer la parité dans la revue se sont affinées à travers les années, mais la conscience des inégalités genrées en termes de prise de parole dans l'espace public est présente dès le fondement de la revue. Par exemple, les tout premiers numéros comptent au moins un article spécifiquement féministe, bien que ce soit en 2008 qu'apparaît pour la première fois une chronique féministe. En revanche, de 2005 à 2006, une série d'articles sur le contrôle du corps des femmes revient pour quatre éditions de la revue. Ainsi, l'analyse féministe est présente de façon diffuse au début et s'affirme de plus en plus à travers les années.

Évolution des pratiques

Il existe toutefois un laps de temps important entre la parution du premier numéro (octobre 2003) et le premier dossier qui traite d'un sujet proche du féminisme (été 2007). Ce dossier (Sexe, école et porno) n'utilise pas le terme « féminisme » dans sa présentation et les textes qui le composent puisent peu dans ce courant théorique. Il a été considéré ici, car on y traite d'éducation sexuelle comme moyen de dépasser une sexualité mercantile.

Ce dossier examine l'impact du retrait des cours d'éducation sexuelle du cursus scolaire sur les possibilités de déconstruire les préjugés associés aux différentes façons de vivre sa sexualité, permettant à tous et toutes d'y trouver une forme d'épanouissement. Les autrices critiquent plus particulièrement les effets de l'idéologie néolibérale et du capitalisme sauvage sur notre sexualité, entrainant des pratiques de consommations axées sur l'esthétisation du corps et son objectification.

Puisque la possibilité d'avoir accès à une sexualité épanouissante nous apparaît principalement une question d'égalité des genres, nous avons inclus ce dossier dans nos réflexions sur les sensibilités féministes de la revue. Le dossier a aussi été entièrement produit et écrit par des femmes, ce qui a renforcé notre choix.

Cela nous amène donc quatre ans après la première parution d'À bâbord ! et vingt numéros plus tard. Considérant que le premier dossier qui utilise spécifiquement le terme « féminisme » dans sa présentation est le #25 (L'avortement, un droit menacé) paru à l'été 2008, il aura fallu du temps pour que cette sensibilité, que nous reconnaissons à À bâbord !, prenne de l'ampleur dans les analyses proposées. Ces réflexions sont constituantes de la revue, mais leur donner une place centrale dans un numéro à travers un dossier est venu plus tard. La féminisation des textes a aussi tardé à être systématique. Bien que nous soulignons l'excellent travail des différent·es secrétaires de rédaction au cours des années, le fait est que la féminisation systématique de chacun des textes paraissant dans la revue a été concrétisée dans le numéro d'automne 2020 avec l'arrivée de Claire Ross au poste de secrétaire de rédaction. Par ailleurs, aujourd'hui, À bâbord ! est un espace où l'importance de représenter ce courant théorique dans les articles et de la parité dans les prises de parole n'est plus à discuter.

Le corps comme objet d'analyse

Plusieurs dossiers se sont penchés sur des thématiques sous l'angle féministe. Leurs thèmes sont en lien avec des luttes féministes spécifiques (par exemple, celui sur le droit à l'avortement) ou utilisent ce cadre d'analyse théorique pour faire émerger des enjeux liés au genre dans un champ précis (par exemple, le dossier sur le rapport des femmes au système pénal et de justice paru au printemps 2018).

Fait marquant de ce tour d'horizon des dossiers féministes d'À bâbord ! : une grande majorité d'entre eux portent sur le corps comme axe principal des luttes et des analyses. Le corps y est analysé comme un espace de résistance autant dans les questions d'expression de genre que dans le contrôle social du corps des femmes autour de la sexualité et de la fonction sociale de reproduction.

Le corps, dans cette conception, n'est pas le simple réceptacle de pratiques culturelles contraignantes, mais est au cœur de la constitution des identités et de leur place dans l'appareil social. Le corps devient aussi un moyen de résistance par la subversion et la transgression des normes qui encadrent les genres et les sexualités. Il nous apparaît que les dossiers étudiés ici représentent bien ces courants théoriques et les nouvelles formes de luttes qui en découlent.

Cela apparaît clairement dans le dossier sur l'avortement qui présente cette lutte comme un exemple remarquable où le mouvement des femmes a su mobiliser les milieux progressistes pour mener une bataille unifiée vers la reconnaissance de ce droit. Celui-ci reste toutefois constamment remis en question par les mouvements conservateurs et limité en termes d'accessibilité, particulièrement dans les territoires éloignés au Québec. D'ailleurs, le dossier « Côte-Nord – Nitassinan. Territoires enchevêtrés » paru à l'été 2022 fait toujours état de cette déplorable inaccessibilité des services d'avortement dans la région, venant de fait confirmer que les luttes pour le droit de disposer de son corps sont toujours d'actualité pour les femmes.

Par la suite, plusieurs dossiers traiteront directement du corps et des sexualités. « En plein corps », paru à l'automne 2013, s'interroge spécifiquement sur l'ensemble des pratiques disciplinaires qui façonnent notre rapport au corps dans une perspective féministe et explore l'ensemble des dispositifs de contrôle social qui le traverse. Le dossier « Sexe » paru à l'été 2015 cherche à déconstruire la vision binaire des sexes et explore les questions de sexualité émancipatrice à l'extérieur des normes genrées. À l'hiver 2018, À bâbord ! propose un dossier en partenariat avec le Regroupement Naissance-Renaissance sur les violences obstétricales et le rapport médicalisé qui s'est construit autour de la reproduction.

Finalement, le dossier « Queer. Une révolution flamboyante » paru à l'automne 2022 a été inclus dans les dossiers féministes après discussion avec le comité qui l'a coordonné. Bien qu'il montre que le mouvement queer n'est pas une sous-lutte du féminisme, mais bien un mouvement social en soi qui porte ses propres revendications, les analyses qui y sont proposées sur la fluidité des genres et sur la remise en question du cadre restrictif d'expression des identités a permis d'alimenter les réflexions féministes dans la revue, et plus largement, dans l'espace public.

La posture d'À bâbord ! comme alliée du féminisme n'est pas parfaite, mais a permis une réflexion constante qui alimente tous les projets portés par À bâbord !. L'évolution des pratiques qui est apparu au fil des numéros démontre bien la capacité du collectif à se remettre en question dans un souci d'une plus grande égalité hommes-femmes. De plus, plusieurs des thématiques abordées dans les différents dossiers féministes révèlent une volonté d'être à l'affût des luttes émergentes absentes des débats médiatiques grand public. L'avant-gardisme dont fait preuve À bâbord ! depuis son origine est aussi féministe !

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Ensemble pour mettre en branle la transition écologique et sociale !

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Les États généraux de l'enseignement pour la transition écologique et sociale ont rassemblé plus de 250 personnes issues des syndicats de profs et de personnes étudiantes de l'enseignement supérieur du mercredi 7 janvier au samedi 10 janvier.

L'objectif de l'événement était de bien réfléchir aux brutales transformations de notre monde, de voir comment la transition socioécologique est plus nécessaire que jamais, et comment l'enseignement supérieur doit contribuer à la mettre en place. Ensemble, les participant.e.s souhaitent se « consacrer à la co-consttruction d'un plan d'action pour une transition écologique et sociale misant sur les forces conjointes du mouvement étudiant et du mouvement syndical. »

À l'heure où le gouvernement caquiste attaque la mission sociale du syndicalisme et nous détourne des urgences que sont la lutte aux changements climatiques et l'accès à du logement abordable, le mouvement syndical s'illustre une fois de plus par sa capacité d'analyse des enjeux sociopolitiques, dans un contexte solidaire et démocratique. On peut opposer cette efficacité syndicale au manque d'initiative de la Fédération des Cégeps et du ministère de l'Éducation qui ne proposent rien pour soutenir une véritable transition juste et équitable. À force de bombarder les personnes enseignantes de demandes de reddition de compte, on occulte un de leurs rôles essentiels, soit d'être aussi des agents de transformation sociale.

Les milieux syndicaux et étudiants se prennent donc en main pour faire un contrepoids à l'inaction des pouvoirs établis. Ces états généraux sont l'occasion de « permettre aux délégué-es de développer une compréhension commune des enjeux de la transition socioécologique en enseignement supérieur et de participer pleinement à cette réflexion collective sur les transformations à opérer en éducation. »

La préparation

L'équipe des États généraux, dont des membres des Travailleuses et travailleurs pour la justice climatique [1], a d'abord offert un état des lieux sur la manière dont le système d'éducation aborde les enjeux socioécologiques depuis le primaire jusqu'à l'université. Les bonnes intentions du monde de l'éducation ne se sont pas transformées en réelles actions, conclut l'équipe. Le réseau de l'éducation ne s'est pas suffisamment adapté aux transformations sociales.

L'équipe a présenté les résultats de consultations préparatoires aux États généraux faites cet automne qui ont révélé de profondes insatisfactions. Selon leur rapport :

« 87 % de celles et ceux qui ont répondu au sondage mené dans la phase consultative du projet considèrent en effet que la formation au niveau collégial prépare insuffisamment ou très insuffisamment les étudiant·es aux enjeux socioécologiques – une proportion qui est de 84 % concernant la formation universitaire ; 94 % des répondant·es pensent également que l'enseignement des enjeux socioécologiques devrait être obligatoire au niveau collégial, et 86 % pensent qu'il devrait l'être au niveau universitaire. »

La présentation d'ouverture, Les campus : entre contrôle et révolte, était donnée par deux personnes ayant participé activement au mouvement étudiant pour la justice climatique en 2019. Leurs témoignages montrent bien la position contradictoire dans laquelle se trouvent les personnes étudiantes : on multiplie les invitations à poser des gestes individuels « pour l'environnement », mais on réprime les mouvements de revendication collectives et politiques à ce sujet.

La manière de discuter

Les personnes participantes ont été invitées à suivre quelques règles de délibération qui favorisent un meilleur dialogue. Il devait y avoir alternance entre les interventions des personnes enseignantes et personnes étudiantes. Un code de vote en gestuel est fourni de sorte que si les trois quarts des personnes présentes se prononcent pour (par un geste de pouce en l'air), ou n'ont que des réserves mineures (exprimées par une main tendue), il y a consensus et la proposition est alors adoptée. Les personnes qui ne voudraient pas adopter une proposition auront la chance de s'expliquer et on tentera de la modifier pour tenir compte des critiques afin de la rendre acceptable pour toustes. De telles pratiques rappellent le fonctionnement par consensus adopté par le mouvement Occupy en 2011 et montrent la volonté de permettre à toustes de participer activement à la discussion.

Le contenu

Le but des États généraux est de faire entrer dans les classes les préoccupations environnementales. Pour y arriver, le groupe organisateur a présenté un programme en quatre axes.

Le premier traite des responsabilités de l'enseignement supérieur face à la crise socioécologique. On cherche à déterminer quel type d'éducation il faut concevoir, et pour quel type de transition. Le sondage administré par l'équipe a révélé qu'une majorité des personnes répondantes (profs et étudiantes) estime que le système d'éducation québécois contribue à la crise socioécologique en formant les personnes surtout pour exercer un travail, mais très peu pour participer à la vie civile. Iels estiment aussi que la promotion d'un modèle individualiste et compétitif de la réussite participe autant à la crise écologique.

Le deuxième axe aborde la « gouvernance éducative. » Il s'agit là d'évaluer les normes et les valeurs dans le système d'éducation. Le premier problème souligné est son caractère compétitif et son esprit de « formatage » des cerveaux, ce qui demeure peu compatible avec les principes d'une transition juste. Assisterons-nous à l'adoption d'une proposition pour enfin abolir la cote R (une méthode pour mesurer la performance étudiante dans les cégeps) ? Faut-il transformer le mode de gouvernance du système d'éducation qui ne tient presque jamais compte de la parole étudiante et enseignante ?

Les discussions et le plan d'action adopté ont tenu compte du besoin d'écologisation des programmes et des pratiques pédagogiques. C'est dans ce cadre que les participantes et participants se sont demandé quelles compétences faut-il prioriser. Le sondage préliminaire révèle que le développement de l'esprit critique semble faire consensus. Par contre, l'analyse systémique est priorisée chez les enseignants alors que les étudiant.es privilégient la collaboration et l'entraide. Les besoins d'écologisation des programmes impliquent aussi le rapport avec des expériences pédagogiques plus organiques telles que l'éducation en plein air ou le bénévolat crédité dans un parcours scolaire. Ce qui implique notamment de considérer le rôle des institutions comme « laboratoire vivant » d'une transition juste et sociale.

Le troisième axe lie la justice environnementale et les pratiques anticoloniales en enseignement supérieur, ce qui donne l'occasion de réfléchir sur la place des premières nations dans le cursus académique. Comment décoloniser nos cours et nos programmes ? De quels exemples peut-on s'inspirer ?

Le dernier axe concerne les « objectifs stratégiques et leviers d'action ». C'est le moment où les États généraux doivent prioriser les objectifs à mettre en œuvre. Il semble important de bien définir les connaissances nécessaires pour orienter la transition socioécologique, puis de formuler des politiques publiques à adopter, allant dans ce sens.

Les suites

Le seul fait que les mouvements étudiants et syndicaux de nos cégeps et universités se penchent sur les défis environnementaux est en soit une belle avancée. Au sortir de ces États généraux, des groupes de travail seront constitués pour mettre en œuvre les objectifs communs retenus. Cela permet d'espérer que ces bonnes idées auront une vie et une réelle influence après l'évènement.


[1] Organisation parasyndicale créée en 2021 à l'initiative de travailleur·ses désirant soutenir une mobilisation des syndicats locaux pour la justice climatique. Travailleuses et travailleurs pour la justice climatique est né dans le secteur de l'éducation compte aujourd'hui parmi ses membres 27 syndicats de l'enseignement supérieur.
https://justiceclimatique.org/

Théâtre politique : Steven a bien appris de son ex-patron

8 janvier, par Claude Beaudet — , ,
Lorsque Justin Trudeau s'est pointé en politique, sa bio révélait son passé récent et son amour pour le théâtre (et sa théâtralité...). Nous avons été à même de constater son (…)

Lorsque Justin Trudeau s'est pointé en politique, sa bio révélait son passé récent et son amour pour le théâtre (et sa théâtralité...). Nous avons été à même de constater son p'tit côté "théâtrale" ; "déguisements" en Relation Internationale, (sicks, indiens etc), esclandres oratoires et comportements spectaculaires en Chambre etc. C'est sans compter bien sûr,
ses circonvolutions politiques pour justifier ses excès et incartades éthiques...

Steven fait une sortie bruyante et invoque des deux côtés de la bouche - à Tout le Monde en Parle (SRC) - qu'il dénonce le choix de son chef qui pousse pour l'ajout de pipelines dans l'Ouest pour l'approvisionnement en pétrole albertain vers l'Asie, et du même souffle, déclare qu'il votera POUR ce même chef pour la suite. Ça, c'est ce que j'appelle une sortie théâtrale qui le met en scène, à la fois en attirant l'attention sur son image de "réactionnaire environnementaliste" d'antan (ce qui lui redonne une sorte de "virginité" écolo) et, faut-il le rappeler, il fait cette vocale sortie sous les projecteurs au moment même où il atteint sa sixième année de règne à titre de Ministre, lui accordant la pleine pension à vie ! Coïncidence diront certains...? Pas à mon pt de vue.

Ne soyons pas naïf, son patron le laisse retourner à ses anciens amours écologistes (pour rétablir un peu de crédibilité perdue auprès de ses anciens et nouveaux p'tits namis écolos) pour un temps, le maintenant dans ses rangs ...le temps de passer le vote du budget de 2026. Là où tous les sièges comptent ces jours-ci !

Voilà pour l'héritage théâtral de son ancien chef et l'arrangement "de bons procédés avec son nouveau . Steven a bien appris ...mais quant à moi (je ne sais pas pour vous...?), il demeure un fin manipulateur d'image.

Après être "redescendu de sa tour du CN", il serait remonté sur une "tour d'ivoire" (confort parlementaire), embrassant des méga projets pétroliers et s'associant à une machine qui l'entraînait inéluctablement à une paralysie de ses velléités les plus profondes ...pour ensuite retourner sa veste sur les mêmes enjeux ? Vous y croyez vraiment !? La réalité, c'est que Carney l'avait informé que son gouvernement n'avait d'autres choix, que de suivre les volontés de l'Empire du sud, et que son poste serait incessamment vidé de son sens voire, carrément abolie. Que les sbires politiques et oligarques de la planète pétrole, exercent actuellement un lobby sans merci auprès des décideurs, États et marchés du haut-commandement du monde de la Finance. Trump y insufflant une poussée irréversible, agenouillant ses opposants (le Canada bien entendu) et au besoin, appliquant sa botte militaro-industriel contre toutes les oppositions ou toutes menaces à ses projets impérialistes.

Le PM du Canada aurait, à mon avis, indiqué à son valet de l'environnement de choisir entre : 1-se subordonner aux discours visant à convaincre la population en poursuivant sa rhétorique par quelques sophismes que « environnement et productivité sans frein » peuvent cohabiter 2- quitter en projetant une image du "bon gars écolo qui continue de militer" en quittant ses fonctions pour faire croire qu'il a changé et a reprend les armes de ses premiers amours...Puis après tout, on lui pardonnera bien ! (ironie)

« *...dans un État, qu'il soit démocratique ou totalitaire, les dirigeants doivent s'appuyer sur le consensus. Ils doivent s'assurer que les gouvernés ne comprennent pas qu'ils sont réellement au pouvoir. C'est le principe fondamental du gouvernement* », Noam Chomsky.

Les mots-clics pour 2026 : demeurons lucides et clairvoyants ...le théâtre-fiction et le politicien ne sont jamais très loin !
Claude Beaudet

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Exceptionnel. Décollage planétaire de l’économie circulaire ?

8 janvier, par Pierre Racicot, Villes et régions innovantes (VRIc) — ,
Trop tard, jamais trop tard pour bien faire : faisons notre histoire En 1972, du scénario bien connu de celui du Rapport Meadows, les observateurs retiennent surtout (…)

Trop tard, jamais trop tard pour bien faire : faisons notre histoire

En 1972, du scénario bien connu de celui du Rapport Meadows, les observateurs retiennent
surtout celui de l'effondrement de l'économie. Par contre, il y a pire. Regardez bien le tableau, la courbe qui détermine la chute de toutes les autres : l'épuisement des ressources non
renouvelables.

Cependant, celle que tous les citoyens et citoyennes ressentiront de plus en plus dans leur
quotidien, c'est la chute des services, des produits alimentaires, de la production industrielle en conséquence et comme résultat, la chute de la population. Faible consolation : la chute des pollutions.

Ce scénario repose exclusivement sur les conséquences de la raréfaction des ressources
naturelles limitées. Il ne tient pas compte des effets de l'utilisation des énergies fossiles par
l'industrie.

En 1978, le gouvernement américain demande à l'Académie des sciences des États-Unis de
vérifier une étude provenant d'une agence gouvernementale qui prévoyait que l'utilisation des
énergies fossiles émettrait des émissions de CO2 dans l'atmosphère au point où elles nuiraient aux intérêts américains. L'Académie mandate Jule G. Charney pour former une équipe de recherche.

Résultat
Faits saillants du rapport publié en 1979.

1- « Des preuves irréfutables montrent que l'activité humaine modifie l'atmosphère.
Attendre et voir, c'est attendre qu'il soit trop tard.
2- Quand le CO2 doublera-t-il ? Entre 2030 et 2050.
3- Tous les modèles convergent : les 5 modèles prévoient un réchauffement.
4- Limite supérieure du modèle H1 : +3,5 °C (surestimation de la rétroaction de la vapeur
d'eau). Limite inférieure du modèle M : +2 °C (sous-estimation de la rétroaction de la
vapeur d'eau).
5- Meilleure estimation de l'évolution de la température de surface ? +3 °C (erreur probable
de ±1,5 °C).

Ces conclusions sont rassurantes pour les scientifiques et inquiétantes pour les décideurs
politiques. Elles se sont généralement confirmées : +2,6 °C à +4,1 °C, avec une fourchette autour de +3 °C. »

Et puisque les gouvernements, dont le gouvernement américain leader mondial, n'ont rien fait au contraire depuis 1980 pour s'attaquer aux causes, il est maintenant trop tard. Le climat se dirige vers une augmentation de 5 0C. Par contre, il n'est pas trop tard pour bien faire.

ALORS QUE FAIRE ? LA CHINE ET LES ÉTATS-UNIS METTENT L'ÉCONOMIE CIRCULAIRE À
L'ORDRE DU JOUR DE LA PLANÈTE.

Des politiciens engagés et lucides des gouvernements des États-Unis et de la Chine agissent en faveur du climat.
En avril 2021, le président Biden initie une entente sur la crise climatique entre les États-Unis et la Chine. Cette entente se traduit par une déclaration commune américano-chinoise sur la crise climatique. Elle est signée par deux représentants des pays respectifs :
John Kerry, envoyé présidentiel spécial américain.
Xie Zhenhua, envoyé spécial de la Chine pour le changement climatique.

L'article 5 de l'Entente se lit comme suit :

« 5. Les États-Unis et la Chine continueront de discuter, à la fois sur la voie de la COP 26 et au delà, d'actions concrètes dans les années 2020 pour réduire les émissions visant à maintenir à portée de main la limite de température alignée sur l'Accord de Paris, notamment :
a. Par des politiques, mesures et technologies visant à décarboner l'industrie et
l'électricité, notamment grâce à l'économie circulaire, au stockage d'énergie et à la
fiabilité du réseau, au CCUS et à l'hydrogène vert ; […] »

Source : U.S. Department of state, Shanghai, 15-16 avril 2021, note aux médias 17 avril 2021.

2025 LE BRÉSIL COMMENCE À TRAITER L'ORDRE DU JOUR

À l'occasion de la COP 30, tenue à Belém du 10 au 21 novembre 2025, le gouvernement du Brésil permet que des échanges portent sur l'économie circulaire. Lors de cette journée, la Fondation Ellen MacArthur publie un document : comment l'économie circulaire s'attaque au changement climatique, qui révèle la nécessité d'un changement fondamental dans l'approche mondiale de la réduction des émissions.
Source. https://www.ellenmacarthurfoundation.org/ghg-emissions-accounting

2026 L'ANNÉE DE L'ÉCONOMIE CIRCULAIRE DANS LE CYCLE DU CARBONE

En 2026, par la force des événements de tout genre, beaucoup de monde cherchera comment illustrer l'économie circulaire intégrée dans le cycle du carbone.
Nous espérons que le schéma créé par VRIc il y a trois ans, grâce aux travaux de Werner Kurz en 1998, inspirera les gens, quelle que soit leur position dans la société, à trouver les moyens de lutter contre le réchauffement climatique.
Source : https://regionsetvillesinnovantes.com/

L'IMAGE QUE L'ON SE FAIT DE L'ÉCONOMIE CIRCULAIRE EST IMPORTANTE

« L'image de la notion d'économie circulaire nous place … dans un état de compréhension et de positionnement d'une entité, qui par analogie ou similitude, en tout cas par répétition, s'ancrent dans la pensée collective. Et quand celle-ci devient une représentation normée, il devient alors difficile de faire évoluer les esprits.

… une image mentale qui peut, selon sa teneur – faire frein aux capacités d'invention,
alors que l'enjeu de représenter l'économie circulaire devrait être, au contraire, de
renouveler les schémas mentaux, afin de changer les habitus et de permettre de
nouvelles expérimentations… »

Lévy, Jean-Claude, Rasoloniaina, Louisette, Économie « circulaire » des routes de la soie, déroute des empires, éd. Presses des Ponts,
Paris, 2019, p. 134.

Pierre Racicot Ph. D.
Directeur général
Villes et Régions Innovantes

Venezuela : l’impérialisme américain se déchaîne à nouveau

5 janvier 2026 Soutenez Blast, média indépendant en accès libre grâce au soutien de ses abonnés : https://www.blast-info.fr/soutenir Les menaces de Donald Trump ont bien (…)

5 janvier 2026

Soutenez Blast, média indépendant en accès libre grâce au soutien de ses abonnés : https://www.blast-info.fr/soutenir

Les menaces de Donald Trump ont bien été mises à exécutions : le samedi 3 janvier, les États-Unis ont attaqué le Venezuela en bombardant Caracas et en capturant le président Nicolas Maduro ainsi que sa compagne Cilia Flores. Une opération qui signe le retour de l'impérialisme américain dans sa forme brutale et guerrière, motivée en sous-main par la manne pétrolière vénézuélienne. Analyses et éclaircissements avec notre invité, le professeur Franck Gaudichaud.

Journaliste : Maxime Cochelin
Montage : Sandra Perrin
Son : Baptiste Veilhan, Théo Duchesne
Graphisme : Morgane Sabouret, Margaux Simon
Production : Hicham Tragha
Directeur du développement des collaborations extérieures : Mathias Enthoven
Co-directrice de la rédaction : Soumaya Benaïssa
Directeur de la publication : Denis Robert

Le site : https://www.blast-info.fr/

Le groupe Wagner, accusé d’avoir assassiné plusieurs milliers de personnes civiles en Afrique

7 janvier, par Serigne Sarr
Serigne Sarr, collaborateur La publication d’un article critique sur le rôle des mercenaires russes en Afrique dans le quotidien nigérian THIS DAY par le journaliste Oumarou (…)

Serigne Sarr, collaborateur La publication d’un article critique sur le rôle des mercenaires russes en Afrique dans le quotidien nigérian THIS DAY par le journaliste Oumarou Sanou a déclenché une réaction virulente de l’ambassade de Russie au Nigeria. Depuis, d’autres voix africaines se sont (…)

Le Canada a passé des décennies à saper la démocratie vénézuélienne.

Pour justifier l'agression impérialiste grossière de Donald Trump au Venezuela, les responsables canadien·nes ont invoqué le mantra de la « démocratie ». Dans un message (…)

Pour justifier l'agression impérialiste grossière de Donald Trump au Venezuela, les responsables canadien·nes ont invoqué le mantra de la « démocratie ».

Dans un message publié ce week-end, Mark Carney a donné son avis sur « la volonté démocratique du peuple vénézuélien », tandis que dans une déclaration ultérieure, le Premier ministre s'est vanté que « le Canada n'a pas reconnu le régime illégitime de Maduro depuis qu'il a volé les élections de 2018 ». Mais l'hostilité du Canada envers ce gouvernement indépendant et socialiste remonte à une époque où aucun·e observateur·ice crédible ne remettait en question la légitimité électorale du gouvernement.

Ottawa est hostile au gouvernement vénézuélien depuis plus de deux décennies. Le gouvernement de Jean Chrétien ne s'est pas montré particulièrement préoccupé par la démocratie en avril 2002, lorsque l'armée a fait prisonnier le président Hugo Chávez et imposé un gouvernement non élu. Ottawa a passivement soutenu un coup d'État qui n'a duré que 48 heures, avant que des manifestations populaires, une scission au sein de l'armée et la condamnation internationale ne ramènent Chávez au pouvoir. Alors que la plupart des dirigeant·es latino-américain·es ont condamné le coup d'État, les diplomates canadien·nes sont restés silencieux. « Lors du coup d'État vénézuélien de 2002, le Canada a fait profil bas, probablement parce qu'il était sensible à l'ambivalence des États-Unis à l'égard du président vénézuélien Hugo Chávez », écrit Flavie Major dans Promoting Democracy in the Americas.

Entré en fonction trois mois après le coup d'État, l'ambassadeur du Canada au Venezuela, Allan Culham, était hostile à Chávez. Selon une publication de WikiLeaks contenant des messages diplomatiques états-uniens, « l'ambassadeur canadien Culham s'est dit surpris par le ton des déclarations de Chávez lors de son émission hebdomadaire de télévision et de radio « Hello President » le 15 février [2004]. Culham a observé que le discours de Chávez était plus dur que jamais. « Il semblait être un tyran », a déclaré Culham, « plus intransigeant et plus agressif ».

Le câble états-unien cite Culham critiquant le conseil électoral national et parlant en termes élogieux du groupe supervisant un référendum révocatoire visant Chávez. « Culham ajoute que Súmate est impressionnant, transparent et entièrement géré par des bénévoles », note-t-il. Le nom de la dirigeante de Súmate à l'époque, Maria Corina Machado, figurait sur une liste de personnes ayant soutenu le coup d'État contre Chávez, ce qui lui a valu d'être accusée de trahison. Machado a signé le désormais tristement célèbre décret Carmona qui a dissous l'Assemblée nationale et la Cour suprême et suspendu le gouvernement élu, le procureur général, le contrôleur général et les gouverneurs ainsi que les maires élus sous l'administration Chávez. Il a également annulé les réformes agraires et annulé les augmentations des redevances versées par les compagnies pétrolières.

En janvier 2005, Affaires mondiales a invité Machado à Ottawa. Machado supervisait Súmate, une organisation à l'avant-garde des efforts visant à destituer Chávez de la présidence. Juste avant cette invitation, Súmate avait mené une campagne infructueuse visant à destituer Chávez par référendum en août 2004.

Le Canada a également financé Súmate. Selon les informations divulguées en réponse à une question posée par Alexa McDonough, porte-parole du NPD en matière d'affaires étrangères, le Canada a versé 22 000 dollars à Súmate en 2005. La ministre de la Coopération internationale, Josée Verner, a expliqué que « le Canada considérait Súmate comme une ONG expérimentée, capable de promouvoir le respect de la démocratie, en particulier un processus électoral libre et équitable au Venezuela ».

En fait, parallèlement aux sommes importantes versées par Washington, le Canada a fourni des millions de dollars à des groupes opposés au gouvernement vénézuélien au cours des deux dernières décennies. Selon un rapport publié en 2010 par l'ONG espagnole Fride, « le Canada est le troisième fournisseur d'aide à la démocratie » au Venezuela, après les États-Unis et l'Espagne. Dans un article publié en 2011 dans l'International Journal, Neil A. Burron décrit un entretien avec un·e « responsable » canadien·ne « qui a exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations quant à la qualité de la démocratie au Venezuela, soulignant que le programme Glyn Berry [du gouvernement fédéral] avait financé une campagne visant à inciter l'électorat à voter lors du dernier scrutin dans ce pays ». On peut parier que cette campagne n'avait pas pour but d'inciter les partisan·es de Chavez à se rendre aux urnes.

Le gouvernement de Stephen Harper n'a pas caché son hostilité envers Chávez. Lorsque qu'il a été réélu président avec 63 % des voix en décembre 2006, 32 membres de l'Organisation des États américains — qui a supervisé les élections — ont appuyé une résolution visant à le féliciter. Le Canada a été le seul membre à se joindre aux États-Unis pour s'opposer à ce message.

Juste après la réélection de Chávez, Harper a effectué une tournée en Amérique du Sud afin de freiner le rejet du néolibéralisme et de la dépendance vis-à-vis des États-Unis dans la région ou, comme l'a déclaré un·e responsable des Affaires mondiales au journal Le Devoir, « pour montrer [à la région] que le Canada fonctionne et qu'il peut être un meilleur modèle que le Venezuela ». Au cours de ce voyage, Harper et son entourage ont fait plusieurs commentaires critiques à l'égard du gouvernement Chávez. Par la suite, le premier ministre a continué à diaboliser un gouvernement qui avait considérablement élargi l'accès de la population aux services de santé et d'éducation. En avril 2009, Harper a répondu à une question concernant le Venezuela en déclarant : « Je ne prends aucun de ces États voyous à la légère ». Un mois plus tôt, le premier ministre avait qualifié le gouvernement d'extrême droite colombien d'« allié » précieux dans un hémisphère rempli d'« ennemis et d'adversaires sérieux ».

Après avoir rencontré des figures de l'opposition en janvier 2010, le ministre des Amériques, Peter Kent, a déclaré aux médias : « L'espace démocratique au Venezuela s'est réduit et, en cette année électorale, le Canada est très préoccupé par le droit de tous les Vénézuélien·nes à participer au processus démocratique.

Le chef des forces armées canadiennes s'est joint à la vague de condamnations. Après une tournée en Amérique du Sud au début de 2010, Walter Natynczyk a écrit : « Malheureusement, certains pays, comme le Venezuela, connaissent une politisation de leurs forces armées. » (Bien sûr, le fait qu'un général canadien critique l'armée d'un autre pays n'a rien de politique.)

Après la mort de Chavez en 2013, Harper a déclaré que les Vénézuélien·nes « peuvent désormais se construire un avenir meilleur et plus radieux, fondé sur les principes de liberté, de démocratie, d'État de droit et de respect des droits de la personne ». Mais lorsque Maduro a remporté l'élection présidentielle plus tard cette année-là, Ottawa a demandé un recomptage des voix, refusant dans un premier temps de reconnaître les résultats.

En réponse aux difficultés économiques du Venezuela, au virage à droite dans la région et à la politique belliciste de Donald Trump, le Canada a intensifié ses efforts pour renverser le président élu du Venezuela en 2017. Sous la direction de Chrystia Freeland, le Canada a contribué à la création du Groupe de Lima, imposé des sanctions, rompu ses relations diplomatiques, traduit le Venezuela devant la Cour pénale internationale et reconnu une figure marginale de l'opposition comme président en janvier 2019.

Tout cela n'avait rien à voir avec l'égalité des voix pour toustes les Vénézuéliens et Vénézuéliennes. Il s'agissait plutôt d'essayer de maintenir un pays qui tentait de suivre sa propre voie dans le sillage de l'empire états-unien.

Le soutien canadien à l'enlèvement de Nicolas Maduro n'a rien à voir avec la « démocratie ».

Yves Engler est candidat à la direction du NPD et auteur de 13 livres.

Venezuela : l’agression impérialiste ouvre une boîte de Pandore

6 janvier, par Archives Révolutionnaires
Archives Révolutionnaires a traduit cet article paru dans le Comentario Internacional concernant l’intervention américaine au Venezuela. Faisant une synthèse des faits (…)

Archives Révolutionnaires a traduit cet article paru dans le Comentario Internacional concernant l’intervention américaine au Venezuela. Faisant une synthèse des faits importants, l’auteur, Marcelo Solervicens, fait un diagnostic des conséquences désastreuses qu’un impérialisme américain débridé aura pour l’Amérique latine et le monde entier.


Marcelo Solervicens, 4 janvier 2026

À l’aube du 3 janvier, des troupes américaines ont enlevé le président du Venezuela, Nicolás Maduro, et son épouse Cilia Flores. En violation des principes fondamentaux du droit international, cet acte ne peut que présager un retour des agressions impérialistes américaines, dont l’objectif est de ressusciter la doctrine Monroe pour garantir la primauté des États-Unis sur leur arrière-cour.

Lors d’une conférence de presse à Mar-a-Lago, la résidence du 47e président, Donald J. Trump a confirmé à des journalistes dociles que des forces militaires d’élite des États-Unis avaient enlevé le président Maduro et son épouse, se vantant par le fait même de la puissance militaire immense et inégalée des États-Unis.

Trump a justifié cet enlèvement en prétextant que Maduro sera traduit en justice dans le district sud de New York par la procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, pour répondre à des accusations de « conspiration narcoterroriste », de « conspiration pour importer de la cocaïne », de « possession et de complot pour détenir des mitrailleuses et dispositifs destructifs ».

Cependant, cette attaque ne présente aucun fondement sur le plan légal, comme l’a entre autres souligné le journal britannique The Guardian. La caractérisation du Venezuela en tant que « narco-État » est en effet absurde. Selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), seulement 8% des produits illicites colombiens circulent par les Caraïbes et la Guajira colombienne, tandis que 87% transitent par le Pacifique, bien loin du Venezuela. Le Rapport européen sur les drogues de 2025 ne mentionne même pas le Venezuela comme un couloir du trafic de drogue international.

C’est sans oublier que l’administration Trump est responsable de la destruction de 35 embarcations et de plus de cent exécutions extrajudiciaires dans les Caraïbes, toutes contraires au droit international. Les conventions internationales exigent que les suspects soient arrêtés et dûment jugés en cas d’activité criminelle. Il est certain que l’administration Trump n’a jamais fourni de preuves établissant des liens entre ces embarcations et un trafic de drogue à destination des États-Unis. Elle n’a pas non plus prouvé l’existence du supposé Cartel de los Soles ou de liens entre Maduro et le groupe criminel Tren de Aragua.

L’acharnement de Trump contre le prétendu narcotrafic vénézuélien contraste avec sa décision paradoxale d’accorder la grâce présidentielle à Juan Orlando Hernández, l’ex-président du Honduras (2014-2022). Ce dernier avait été condamné à 45 ans de prison par la justice américaine pour narcotrafic et pour avoir justement transformé son pays en un « narco-État ». Lors de la conférence de presse, le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, a insisté sur le fait que Maduro avait eu une chance de négocier, mais qu’il l’avait manquée, et était désormais tombé sous le long bras de la justice américaine. Cette attaque américaine confirme que le message de la politique « America First » est plutôt celui de « peace through strength ».

Donald Trump a ensuite caricaturé le sujet du narcotrafic, en répétant sa diatribe des dernières semaines, avant de révéler que l’objectif réel de Washington était de récupérer le pétrole que le Venezuela aurait volé il y a des décennies, sans que les précédents gouvernements américains n’aient réagi. Il a ainsi confirmé que le but ultime de Washington, illustré par le geste de piraterie internationale de capture de trois pétroliers vénézuéliens, ajoutés au blocus, aux sanctions et aux pressions pour la démission de Maduro, n’était pas d’attaquer le narcotrafic, mais de s’emparer des réserves pétrolières – les plus importantes du monde – pour les ouvrir aux entreprises pétrolières états-uniennes.

Enfin, il est devenu clair que pour atteindre cet objectif, Washington a besoin d’un changement de régime, c’est-à-dire l’installation d’un gouvernement docile. Ainsi, pendant la période de questions, Trump a précisé, en enlevant toute crédibilité à l’opposante María Corina Machado (qui porte l’odieux de lui avoir volé le Prix Nobel de la paix), qu’elle est « très gentille », mais qu’elle « ne dispose pas de soutien et n’inspire pas de respect dans son pays ». Et, dans un nouveau revirement, Trump a affirmé que Washington lui-même s’occupera de gouverner le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition appropriée soit assurée, sans préciser comment ce gouvernement sera exercé. Cette déclaration s’est accompagné de menaces d’une autre attaque si des résistances venaient à se manifester au Venezuela, car la flotte, les avions et les troupes américaines restent en état d’alerte dans la région.

Trump a laissé entendre que son message est que tout l’hémisphère occidental est sous la domination de Washington et qu’il n’hésitera pas à réactiver l’histoire longue des agressions impérialistes en Amérique latine, toujours à des fins économiques. Il s’agit d’un renforcement de l’impérialisme, tel qu’exprimé dans sa Stratégie de sécurité nationale (NSS) publiée récemment, en tant que corollaire de la doctrine Monroe de 1823. Il a précisé qu’aucune puissance étrangère, notamment la Chine ou la Russie, ne serait autorisée à intervenir dans la région.

Lors de la conférence de presse, Trump et son secrétaire d’État, Marco Rubio, ont précisé que les interventions américaines en Amérique latine ne sont pas terminées, menaçant des pays comme Cuba, la Colombie et l’Iran. Il n’est pas surprenant que l’ex-allié de Trump, Elon Musk, ait soutenu ironiquement Marco Rubio, en le qualifiant de président du Venezuela, gouverneur de Cuba et monarque de l’Iran. À ce stade, il est évident que la décision de renverser le président vénézuélien par l’administration Trump ouvre une véritable boîte de Pandore dans la région et dans le monde.

D’une part, le changement de régime au Venezuela comporte de nombreux risques, comme le souligne notamment la BBC. L’avenir est incertain, car bien que Trump ait affirmé que la vice-présidente Delcy Rodríguez collaborerait avec son administration, cette dernière a répliqué en chaîne nationale : « Nous ne serons jamais une colonie d’aucun empire. » Elle a déclaré que « le seul président du Venezuela est Nicolás Maduro » et a activé le Conseil de Défense de la Nation, en remettant le décret de « commotion extérieure », signé par Maduro, au Tribunal suprême de justice (TSJ), pour lancer une lutte armée contre cette « agression impérialiste ».

De plus, l’effet de distraction du changement de régime au Venezuela pour expulser les migrants vénézuéliens ressemble à un « wag the dog », typique de la politique américaine, nécessaire face à la chute de popularité de Trump due à l’augmentation de l’inflation. Mais cela pourrait échouer. Plusieurs analystes estiment que la situation pourrait se retourner contre lui, en raison des coûts humains qu’impliquerait une invasion sur le territoire vénézuélien, notamment si le soutien du mouvement MAGA pour des guerres est insuffisant, selon The New York Times.

D’autre part, il est maintenant clair que le soft power censé caractériser la politique étrangère des États-Unis durant la mondialisation est désormais définitivement enterré. Ce pouvoir qui justifiait les interventions au nom de la défense de la démocratie a cédé sa place à un nouveau niveau de pouvoir global, sans restriction, qui ne respecte pas les règles du droit international établies depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le problème – surtout pour un empire décadent et contesté par les BRICS dans un contexte international multipolaire –, c’est que cette agression encourage d’autres puissances à agir. Pour la Russie, elle permet la poursuite de la guerre en Ukraine, en imposant sa volonté géopolitique sur les territoires occupés, et à la Chine d’annexer Taïwan, refuge des troupes nationalistes après leur défaite face à Mao Tsé-Toung. Sans négliger le fait que cela pourrait encourager des actions sans restriction de la part de puissances régionales dans leur propre zone d’influence.

En effet, l’intervention militaire états-unienne au Venezuela justifie la loi du plus fort en politique étrangère, où tout est permis dans les zones d’influence des grandes puissances. Un exemple récent est la chaleureuse réception de Benjamin Netanyahu par Trump et leur disposition commune à attaquer l’Iran.

Cela signe-t-il l’arrêt de mort du droit international ? Chose certaine, tout indique que cela accroît l’obsolescence des institutions internationales. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exprimé des préoccupations sur l’ignorance du droit international par les États-Unis, mais personne ne l’écoute. Peu d’espoir est placé dans la session du Conseil de sécurité de l’ONU ce lundi, obtenue par la Colombie avec le soutien de la Russie et de la Chine : il est fort probable que l’ambassadeur américain utilise son veto pour empêcher toute condamnation.

D’un autre côté, le ton des réactions des gouvernements dépend de la géopolitique des zones d’influence. Il est frappant de constater que la principale nouvelle qui parcourt le monde est que les États-Unis ont décidé de prendre le contrôle du Venezuela. De son bord, la Russie a condamné « l’agression armée » comme une « violation inacceptable de la souveraineté d’un État indépendant ». L’Iran a quant à elle dénoncé « une violation manifeste de la Charte des Nations unies ».

Par contre, l’Union européenne et les pays européens ont appelé au respect du droit international, sans exprimer de soutien au gouvernement du Venezuela, qu’ils considèrent pour la plupart comme illégitime. On note en particulier l’appel de l’Espagne au dialogue et à une solution pacifique et négociée de la crise. D’autres, comme le premier ministre du Royaume-Uni, Keir Starmer, n’ont pas osé condamner l’attaque de Trump contre le Venezuela. De son côté, Emmanuel Macron a célébré la « libération » du Venezuela et appelé à une transition dirigée par Edmundo González, une perspective très éloignée des véritables plans de Trump.

La réalité est que, du point de vue européen, l’attaque de Trump visant à s’approprier le pétrole vénézuélien viole ouvertement les règles du droit international. C’est la goutte qui fait déborder le vase. Elle confirme la possible fin de l’ordre — ou du désordre — international issu de la Seconde Guerre mondiale et de la mondialisation, marquant le retour d’un monde multipolaire caractérisé par la rivalité entre zones d’influence.

En Amérique latine, l’intervention directe de l’administration Trump, mobilisant toute la puissance militaire de l’empire, rappelle les décennies de coups d’État et de destruction de la démocratie par des régimes militaires soutenus par les États-Unis au cours du XXᵉ siècle – depuis le premier coup d’État organisé par la CIA contre Jacobo Árbenz au Guatemala jusqu’à l’invasion du Panama, en passant par le coup d’État contre Salvador Allende au Chili.

À cette heure, il est évident qu’en Amérique latine l’usage sans restriction de la force par Trump remet en cause l’hégémonie du discours dominant autour de la démocratie, défendu aussi bien par les courants progressistes que par diverses droites traditionnelles. Depuis les années 1990, ce discours a permis d’éviter les coups d’État militaires — un progrès, même si ceux-ci ont été remplacés par des coups institutionnels ou par le lawfare, fondés sur l’État de droit.

C’est pourquoi les réactions en Amérique latine révèlent que l’agression américaine constitue un tournant dans la région. Comme on pouvait s’y attendre, Javier Milei a célébré la capture de Maduro, affirmant qu’il s’agit d’une « excellente nouvelle pour le monde libre » et que « la liberté avance ». Le président salvadorien Nayib Bukele, pour sa part, a réagi dans son style revanchard habituel en se moquant de Maduro à travers une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, tandis que le président équatorien Daniel Noboa a salué l’enlèvement en déclarant que « l’heure de tous les narco-chavistes finit par arriver ».

Dans la même logique, le président élu du Chili, José Antonio Kast, a qualifié l’arrestation de Maduro de « grande nouvelle pour la région », et le président intérimaire du Pérou, José Jeri, a salué la capture du dictateur chaviste en affirmant que le Venezuela entre dans « une nouvelle ère de démocratie et de liberté ». Le président du Costa Rica, Rodrigo Chaves, a célébré l’arrestation de Maduro, qu’il accusait de fraude électorale, en affirmant « qu’il doit payer pour ses crimes ». D’autres représentants de la droite latino-américaine, comme le président récemment élu Rodrigo Paz, ont rappelé que « la Bolivie sera toujours du côté de la démocratie ». De son côté, le président paraguayen Santiago Peña, tout en critiquant la dérive insoutenable de « Nicolás Maduro, chef du Cartel de los Soles », a également appelé à privilégier les voies démocratiques garantissant une transition ordonnée. De même, le président panaméen José Raúl Mulino a réaffirmé son soutien à une transition démocratique au Venezuela après la capture de Maduro.

De leur côté, les différentes expressions du progressisme et de la gauche latino-américaine ont réagi en condamnant, avec des nuances diverses, le changement de cycle que représente l’attaque et la capture du président vénézuélien, en soulignant les violations du droit international. Le président colombien Gustavo Petro a condamné l’agression contre la souveraineté du Venezuela et ordonné le déploiement de troupes à la frontière. Le président cubain Miguel Díaz-Canel a condamné l’attaque criminelle des États-Unis contre le Venezuela, la qualifiant de « terrorisme d’État ». Le président nicaraguayen Daniel Ortega a dénoncé l’agression militaire américaine, réaffirmé sa solidarité avec la révolution bolivarienne et exigé la libération de Maduro et de son épouse.

Le président chilien Gabriel Boric a condamné les actions militaires américaines et appelé à rechercher une issue pacifique. Le gouvernement de Claudia Sheinbaum au Mexique a condamné l’intervention militaire des États-Unis au Venezuela, en soulignant « qu’avec les États-Unis, il y a coordination, pas subordination ». Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a affirmé que la capture de Maduro « franchit une ligne inacceptable », établissant un « précédent extrêmement dangereux », rappelant les pires moments d’ingérence dans la politique latino-américaine.

Le président du Guatemala, Bernardo Arévalo, a appelé à mettre fin à l’action militaire contre le Venezuela et à respecter les principes des Nations unies. Le président uruguayen Yamandú Orsi a rejeté l’intervention militaire au Venezuela, tandis que la présidente du Honduras, Xiomara Castro, a condamné « l’agression militaire » comme une atteinte à la souveraineté des peuples d’Amérique latine et des Caraïbes.

Quel sera le prochain pays à être agressé au nom du slogan « Rendre sa grandeur à l’Amérique » (Make America Great Again) ? Oui, l’incertitude règne. La stratégie de sécurité nationale en Amérique latine, l’adaptation régionale de l’America First et le corollaire trumpiste de la doctrine Monroe apparaissent parfaitement cohérents avec l’enlèvement du président Nicolás Maduro et les menaces visant d’autres pays.

La menace est réelle. Pour l’instant, rien ne vient contredire la perception selon laquelle, si le premier pays à subir l’agression américaine a été le Venezuela, les faucons qui hantent les couloirs de la Maison-Blanche, ainsi que les menaces persistantes de Trump et de Marco Rubio, laissent présager que les prochaines cibles pourraient être la Colombie, Cuba et d’autres pays qui déplaisent à l’administration Trump.

Certains évoquent une possible modération de ce spasme impérialiste du XXIᵉ siècle dans l’hypothèse incertaine de divisions au sein de la base sociale MAGA de Trump. Cependant, comme lors d’autres conjonctures historiques, la solidarité internationale, la mobilisation des peuples et la volonté des gouvernements seront essentielles pour faire face à la menace impériale, en agissant comme une région qui revendique l’Amérique latine et les Caraïbes comme Zone de Paix. L’heure est grave, et elle nous concerne tous : plus tard, il pourrait être trop tard, pour paraphraser Bertolt Brecht.

À propos de ce qui se joue au Venezuela... en ce mois de janvier 2026

6 janvier, par Pierre Mouterde — ,
Voilà que le 3 janvier dernier le Venezuela a été attaqué par les troupes étatsuniennes, puis kidnappé et exfiltré aux USA son président, Nicolas Maduro ; le tout avant que (…)

Voilà que le 3 janvier dernier le Venezuela a été attaqué par les troupes étatsuniennes, puis kidnappé et exfiltré aux USA son président, Nicolas Maduro ; le tout avant que quelques heures plus tard en conférence de presse Donald Trump —le visage flétri par une nuit de veille— bombe le torse et joue au fier à bras devant la planète entière. De quoi assurer que les Etats-Unis « dirigeraient » le Venezuela jusqu'à ce qu'une transition politique « sûre » puisse avoir lieu, tout en précisant qu'il pourrait « envoyer des troupes sur le terrain si besoin » et qu'il "autoriserait les compagnies pétrolières américaines à se rendre au Venezuela pour exploiter ses réserves de brut." [1] Et cerise sur le sundae, en menaçant ouvertement pour la suite des choses, la Colombie du Président Gustavo Petro et l'ile de Cuba du Président Miguel Diaz-Canel !

Ainsi en infraction à toutes les législations internationales patiemment construites depuis la fin de la 2ième guerre mondiale, le gouvernement de Trump a renoué brutalement avec cet impérialisme sans fard qui a si souvent caractérisé la politique états-unienne dans le passé, faisant dire à beaucoup que les USA étaient en train de réactualiser la doctrine Monroe, revampée désormais en doctrine "Donroe", et née en 1823 du désir du jeune état états-unien de l'époque de considérer l'Amérique latine toute entière comme son arrière-cour privilégiée (« l'Amérique aux Américains »).

Il s'est donc agi, avec cette attaque et cet enlèvement (qui auraient fait au moins près d'une trentaine de morts du côté des forces défendant Maduro), d'un acte de piraterie internationale digne du pire État voyou qui soit, et symbole même de ce terrorisme d'Etat tant de fois dénoncé par le passé. Un acte de piraterie ne débouchant, qui plus est, sur aucun plan annoncé de transition démocratique assurée.

Pourtant, et c'est là une première source d'étonnement, bien des gouvernements occidentaux à l'instar du gouvernement canadien, ont cherché à en minimiser la portée, mettant l'accent sur le caractère clairement dictatorial du gouvernement Maduro et se rabattant sur des dénonciations bien tièdes touchant à l'illégalité de l'intervention étatsunienne, quand ce n'est pas en se félicitant de la capture d'un tel tel tyran. [2]

Ce n'est aucunement une bonne nouvelle !

Et peut-être —au-delà de tout ce qui a été déjà dit sur le sujet— est-ce sur quoi il faut insister aujourd'hui ?

On ne peut en effet considérer l'enlèvement du président Maduro comme étant une bonne nouvelle, et cela y compris pour les quelques 8 millions d'exilés Venezueliens qui ont dû quitter leur pays suite aux difficultés économiques et persécutions qu'ils ont rencontrées sous la gouverne maduriste. Car aujourd'hui, ce qui politiquement définit l'horizon des bonnes comme des mauvaises nouvelles, en particulier pour tous les citoyens-nes des Amériques, c'est d'abord et avant tout le retour en force de la politique de la canonnière de la plus puissante nation de la planète ; une politique qui désormais ne se cache plus et qui, au-delà des rodomontades d'un Trump ubuesque, s'appuie sur la nouvelle politique de sécurité nationale formalisée par l'anticastriste et désormais secrétaire d'État américain Marco Rubio : « Après des années de négligence, les États- Unis réaffirmeront et appliqueront la doctrine Monroe afin de restaurer la prééminence américaine dans l'hémisphère occidental ».

Il n' y a donc aucune bonne chose à retirer de cette intervention, et je le dis d'autant plus facilement que je me suis toujours appliqué dans le passé à faire ressortir les pratiques grandissantes à la fois autocratiques et néolibérales de Nicolas Maduro, si néfastes pour la gauche comme pour les classes populaires [3] ! Mais là, dans le cas qui nous occupe, il ne faut jamais oublier que les dérives tyranniques de ce dernier n'ont pas été endiguées par un mouvement populaire ou par des forces démocratiques. Elles l'ont été par un État impérialiste qui ne rêve que de se réapproprier, soit par le rapine soit en profitant des lois du soi-disant marché libre capitaliste [4], les plus importantes réserves pétrolières du monde. Et dans cet contexte, le choix offert aux classes populaires vénézuéliens, ressort bien plutôt d'un choix entre la peste et le choléra.

Et d'autres pays pourraient suivre !

Et cela d'autant plus que tout laisse à penser que pour l'instant l'administration Trump cherchera —plutôt qu'à le remplacer— à faire plier l'actuel gouvernement maduriste de Dercy Rodriguez, l'ex vice présidente du Venezuela sous Maduro, devenue présidente.

Avec sans doute à la clef toutes les méthodes de chantage ou les menaces d'intervention militaire US plus musclée, facilitant des accords commerciaux juteux pour les entreprises pétrolières américaines. Et cela, sans pour autant à avoir à affronter —de manière coûteuse— l'armée bolivarienne toujours bien en place aux côtés de ses milices civiles. Le Venezuela devient ainsi le premier laboratoire de cette politique impérialiste réactualisée à la mode Trump. Et si on se fie à Marco Rubio, d'autres pourraient bientôt de suivre : Cuba, la Colombie, sans oublier le Groenland. et.... jusqu'au Canada.

En fait, de tels actes de piraterie permettent en même temps de tester les réactions des potentiels opposants –États comme peuples. Et si ceux-ci, plutôt que s'y opposer fermement, préfèrent faire profil bas, se taire ou rester dans le déni, il y a tout à parierque leur tièdeur encouragera les Trumpistes et leurs alliés d'extrême-droite à aller plusloin encore. C'est en ce sens qu'il faut voir d'un bon oeil la déclaration commune signée par le Brésil, le Chili, le Mexique, la Colombie, l'Uruguay et l'Espagne et dénonçant sans ambiguité aucune l'enlèvement de Nicolas Maduro tout en appelant à une solution pacifique et démocratique à la crise. Puisse-cette initiative redonner aux peuples de ce sous-continent l'élan nécessaire pour se mobiliser massivement et lutter pied à pied contre la trumpisation en marche de l'Amérique latine !

N'est-ce pas depuis ce 3 janvier 2026, ce que l'on ne peut que souhaiter de tout coeur ?

Pierre Mouterde

Québec, le 5 janvier 2026


[1] Selon l'AIE, le sol du Venezuela renfermait en 2023 environ 303 milliards de barils, soit environ 17% des réserves mondiales.

[2] Voir la déclaration mi chair mi poisson du premier ministre Mark Carney : Le gouvernement canadien accueille favorablement l'opportunité qui s'offre au peuple vénézuélien d'accéder à la liberté, à la démocratie, à la paix et à la prospérité. (…) Le Canada soutient depuis longtemps un processus de transition pacifique, négocié et mené par le Venezuela, respectueux de la volonté démocratique du peuple vénézuélien (...). » Voir aussi, le jour de l'attaque, la déclaration du Président français Emmanuel Macron : le « peuple vénézuélien est débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s'en réjouir ». Voir aussi la prise de position du premier ministre britannique Keir Starmer, qui, tout en rappelant que tous les pays devaient respecter le droit international, affirme : « Nous considérons Maduro comme un président illégitime et nous ne verserons pas de larmes sur la fin de son régime ».

[3] Voir de Patrick Guillaudat et Pierre Mouterde, Hugo Chavez et la révolution bolivarienne, promesses et défis d'un processus de changement social, M éditeur, Montréal, 2012 (274 pages). Voir aussi l'article https://www.pressegauche.org/Comprendre-la-crise-au-Venezuela-de-Maduro ainsi que l'article de Patrick Guillaudat : https://www.pressegauche.org/Du-chavisme-au-madurisme-crise-d-un-projet-de-reforme-anti-neoliberale ?

[4] Il faut rappeler que lors de la découverte d'importantes ressources pétrolières dans les années 1910-1930 au Venezuela (notamment aux abords du lac Maracaibo), les entreprises pétrolières américaines, ont pu, grâce à la complicité du dictateur d'alors Vicente Gomez et aux nombreux passes-droit qui leur confera, faire des profits considérables et amasser au fil des décennies des richesses fabuleuses "excédant", ainsi que le rappelle Eduardo Galeano (Las veinas abiertas de America latina, p. 273), "les richesses que les Espagnols usurpèrent à Potosi et les Anglais à l'Inde". Il ajoute que "la première convention nationale des économistes rappelle que les profits réels engrangés par ces entreprises pétrolières avaient cru pour atteindre les 38% en 1961 et les 48% en 1962, alors qu'elles ne déclaraient officiellement que des taux de 15 et 17 % " . Il est bon d'ajouter ici aussi que les nationalisations de ces entreprises qui ont été effectuées une décennie plus tard par le gouvernement social-démocrate de Carlos Andres Perez en 1975-1976, ne l'ont pas été au détriment des entreprises étrangères qui ont pu s'orienter vers des secteurs plus profitables, mais plutôt faites donc selon toutes les règles de l'art du monde des affaires capitalistes d'alors. En 2001, Hugo Chavez n'a fait que s'assurer que les revenus de la PDSVA reviennent intégralement à l'État et ne tombent pas dans les mains de multiples intermédiaires corrompus. Ce qui lui a valu une tentative de coup d'État, auquel s'était activement associé Maria-Corrina Machado, prix Nobel de la paix 2025. Voir https://www.pressesgauche.org/Maria-Corina-Machado-vous-avezd-it-le-prix Nobel-de-la-Paix-2025

Caracas-Washington : une relation au « goût pétrole »

6 janvier, par Gilbert Achcar — ,
Tiré de You tube https://www.youtube.com/watch?v=ZP-B4kW3wEM Avec l'aimable permission de l'auteur

Tiré de You tube
https://www.youtube.com/watch?v=ZP-B4kW3wEM

Avec l'aimable permission de l'auteur

Les oligarques canadiens baissent les coudes pendant l’invasion illégale

5 janvier, par Comité éditorial
Ce vendredi aux petites heures du matin, les États-Unis ont lancé une attaque criminelle sur le sol vénézuélien, kidnappant son président Nicolas Maduro Moros et son épouse (…)

Ce vendredi aux petites heures du matin, les États-Unis ont lancé une attaque criminelle sur le sol vénézuélien, kidnappant son président Nicolas Maduro Moros et son épouse Cilia Flores. Dans… Source

Le Venezuela au centre d’une dynamique globale renouvelée d’impérialisme

5 janvier, par Mario Gil Guzman
Mario Gil Guzman, correspondant Les États-Unis, historiquement connus pour leur diplomatie de la guerre, réitèrent leurs agressions contre le Venezuela, établissant un (…)

Mario Gil Guzman, correspondant Les États-Unis, historiquement connus pour leur diplomatie de la guerre, réitèrent leurs agressions contre le Venezuela, établissant un précédent dangereux. L’Amérique latine, un territoire qui cherche à vivre en paix, vient d’être bouleversée. Les réponses ne (…)

Venezuela : À bas l’impérialisme prédateur étatsunien !

5 janvier, par Regroupement des Haitiens de Montreal contre l’Occupation d’Haiti REHMONCO
Par le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’Occupation d’Haïti (REHMONCO) Nous dénonçons et condamnons avec véhémence la énième agression de l’impérialisme étatsunien (…)

Par le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’Occupation d’Haïti (REHMONCO) Nous dénonçons et condamnons avec véhémence la énième agression de l’impérialisme étatsunien sur le sol souverain du peuple vénézuélien. Les bombardements opérés au petit matin ce 3 janvier 2026 suivis de (…)

Venezuela : Trump acte l’impérialisme américain

La conférence de presse donnée le 3 janvier par le président américain après la capture du président Maduro et de sa femme montre sa dérive autoritaire et pourrait ouvrir la (…)

La conférence de presse donnée le 3 janvier par le président américain après la capture du président Maduro et de sa femme montre sa dérive autoritaire et pourrait ouvrir la porte à de grandes puissances non démocratiques pour qu'elles agissent militairement.

L'enlèvement du dictateur vénézuélien, Nicolas Maduro, semble à première vue une victoire pour la démocratie. Celui qui a volé le pouvoir au peuple vénézuélien lors des dernières élections, le privant de sa dignité et de ses libertés fondamentales, n'a eu que ce qu'il méritait. Bien que la raison donnée pour capturer Maduro et sa femme soit leur propension à envoyer de drogue et des criminels vers les États-Unis, une conférence de presse tenue par Trump quelques heures après les enlèvements, le 3 janvier en avant-midi dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride a révélé d'autres possibles raisons plus problématiques.

Pillage en vue ?

Dans son style habituel qui mélange les faits à la propagande contre les démocrates américains et a une pensée magique résistante à la science, le président a parlé durant cette conférence de presse de ce qui pourrait bien être le but réel de l'action militaire, soit qu'il désirait que son gouvernement gère le Venezuela jusqu'à ce qu'il soit possible d'y faire une transition sécuritaire, prospère et judicieuse de gouvernement. Aucune limite de temps n'a été proposée pour cette gestion américaine.

Dénonçant la situation actuelle dans l'industrie pétrolière vénézuélienne qui ne produirait qu'une infime partie de son potentiel, il affirme vouloir la paix, la liberté et la justice pour les citoyens, incluant ceux qui vivent aux États-Unis qui voudraient revenir dans leur pays, mais aussi que des entreprises américaines allaient s'y installer pour augmenter la production de pétrole et rendre la population plus riche, indépendante et en sécurité.

Après avoir dénoncé que la nationalisation des industries pétrolières américaines avait été un vol et que cela ne se serait jamais produit s'il avait été au pouvoir, il a encensé la doctrine Monroe qu'il considère très importante pour la sécurité de son pays. Selon le président américain, le pétrole et les ressources qui seront extraits par les compagnies américaines du sol vénézuélien bénéficieront non seulement aux gens du pays, mais aussi à ceux qui ont dû le quitter et comme remboursement des dommages causés au gouvernement des États-Unis. En répondant aux questions de la presse, Trump a précisé que son gouvernement n'hésiterait pas à poster des soldats américains dans le pays et que les compagnies qui ont été expropriées seront compensées.

Un exemple pour la Chine et la Russie ?

Trump affirme qu'il ne veut pas que le prochain gouvernement du pays continue à agir face aux Américains comme l'a fait celui de Maduro. Lors de la période de questions, il a aussi dit que les gouvernements de Cuba et de la Colombie pouvaient aussi être considérés comme des cibles futures, l'un en raison de sa mauvaise gestion gouvernementale, l'autre pour la production de drogue qui s'y fait.

L'attaque américaine pourrait avoir d'importantes répercussions mondiales. Selon un membre associé à la Chaire Raoul-Dandurand, Guillaume Lavoie, si en théorie, la Chine et la Russie perdent un allié en Maduro, puisque l'un achetait son pétrole et l'autre lui vendait des armes, ils pourraient tirer profit de cette situation qui démontre concrètement que l'on peut revenir au modèle impérialiste au niveau mondial et qu'un pays riche et puissant a maintenant le droit d'intervenir militairement s'il se passe quelque chose dans sa cour arrière qu'il n'apprécie pas. On pourrait remplacer le Venezuela par l'Ukraine et Trump par Poutine avec son opération militaire spéciale pour la dénazifier.

Donald Trump vient d'envoyer un message sans ambiguïté sur le retour de l'empire américain. La première puissance mondiale veut maintenant dominer son continent. Le Venezuela de Nicolas Maduro était une cible facile. Selon Guillaume Lavoie, cela pourrait entraîner plus de problèmes à long terme. Autour de la Russie, il y a aussi l'est de la Moldavie et des pays baltes qui pourraient être forcés militairement de revenir dans les limites de l'URSS. Par cette intervention, les États-Unis perdent leur posture morale et ne peuvent plus demander à la Chine de ne pas envahir Taïwan et ses pays voisins.

Michel Gourd

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Quand l’histoire frappe à la porte ?

Hitler serait-il de retour ? Poser la question n'est pas convoquer un fantôme par goût de l'excès. C'est nommer une mécanique. La mécanique de la domination qui avance (…)

Hitler serait-il de retour ? Poser la question n'est pas convoquer un fantôme par goût de l'excès.

C'est nommer une mécanique. La mécanique de la domination qui avance masquée, qui parle de sécurité et de grandeur qui banalise d'abord la menace avant de la rendre inévitable. Ceux qui refusent de l'admettre préfèrent croire que l'histoire a appris sa leçon, que les noms changent et que le danger disparaît avec eux. Mais le danger ne porte pas un seul visage. Il se reconnaît à son langage, à sa mise en scène, au bruit des bottes.

Une intervention militaire sous le ciel lourd de Caracas agit comme un rappel sourd. Elle renvoie à un temps que l'on croyait enfoui. Un temps où l'ordre était imposé par la conviction glacée d'un seul homme qui décidait pour tous les autres. Ou plutôt, un temps où tous les autres laissaient un seul homme décider pour eux.

Il surgit toujours ainsi. D'abord à la télévision, les journaux, les médias sociaux, puis dans les salons par l'image répétée de la puissance. Des avions de guerre décrits comme des symboles de paix. Une assurance hautaine qui confond la force et le droit. Peu à peu la violence devient familière. Après Gaza le Venezuela semble n'être qu'une formalité de plus, presque anodine, presque acceptable.

La gueule du dictateur satisfait se nourrit de l'obéissance des autres et du silence de ceux qui doutent. Elle avance en prétendant ne faire que ce qui doit être fait. Elle s'appuie sur la fatigue des peuples et sur leur peur. Elle répète que l'urgence justifie tout, même l'écrasement, même l'humiliation, même la mort. L'histoire alors cesse d'être une abstraction. Elle ne peut plus rester tel un livre rangé sur une étagère.

Malgré sa lenteur, l'histoire possède une mémoire tenace. Elle se souvient des Hitler et des Mussolini. De leurs cortèges, de leurs foules hypnotisées, de leurs guerres présentées comme nécessaires. Elle se souvient surtout de leur chute. Aucun d'eux n'a échappé à la gravité du temps. Tous ont fini rejetés non seulement vaincus mais vidés de leur mythe, relégué dans la poubelle de l'histoire où s'entassent les folies de grandeur.

Reste alors une seule question. À quel prix ?

Comparer l'époque de Hitler à celle de Trump ne signifie pas confondre les contextes ni nier leurs différences profondes. Les cadres historiques économiques et géopolitiques ne sont pas les mêmes. Les formes du pouvoir ont changé. Les moyens de communication se sont transformés. Pourtant un fil invisible demeure. Il relie les époques par l'esprit et par le désir de domination. Ce fil traverse les discours les foules et les institutions avec une troublante constance.

Chez Hitler comme chez Trump la logique repose sur une simplification brutale du monde. Un récit qui oppose un nous fantasmé à un eux désigné comme menace. Un langage qui flatte les instincts primaires et promet le rétablissement d'une grandeur perdue. Le chef s'érige en incarnation de la nation. Il parle au nom du peuple tout en exigeant sa soumission. La violence n'est pas toujours immédiate ni toujours militaire. Elle est d'abord symbolique. Elle s'exerce par la parole par l'humiliation par la désignation de boucs émissaires. Elle prépare le terrain.

L'impuissance des peuples face à la tyrannie d'un seul homme apparaît alors comme un motif récurrent. Elle ne naît pas d'un coup. Elle s'installe dans la fatigue collective dans la peur du déclassement dans la perte de repères. Quand les institutions vacillent quand la vérité devient relative quand le mensonge se répète sans conséquence l'autorité se concentre. Beaucoup se taisent par lassitude. D'autres obéissent par intérêt. Certains applaudissent par conviction. Le résultat est le même. Une nation entière se retrouve entraînée par la vision d'un seul.

De nombreux ouvrages ont tenté de comprendre cette soumission massive. Ils montrent qu'elle n'est ni un mystère absolu ni une fatalité irrationnelle. Elle est le produit d'un contexte précis. Crises économiques humiliations collectives sentiment d'abandon peur du chaos. Dans ces moments le désir d'ordre l'emporte sur le désir de justice. La promesse d'un homme fort rassure plus qu'elle n'inquiète. Le racisme et le totalitarisme ne surgissent pas seuls. Ils trouvent un terrain préparé par l'angoisse et par l'aveuglement.

Ce qui frappe alors n'est pas seulement la répétition des figures mais la répétition des mécanismes. L'histoire ne se répète pas à l'identique mais elle bégaie. Elle rappelle que la domination ne dépend pas uniquement de celui qui commande mais aussi de ceux qui acceptent de suivre. Comprendre cela n'est pas condamner les peuples. C'est reconnaître leur vulnérabilité. C'est admettre que sans vigilance sans mémoire et sans résistance collective, les mêmes causes produisent inlassablement les mêmes effets.

Mohamed Lotfi <https://www.facebook.com/mohamed.lo...>
3 janvier 2026

https://www.facebook.com/mohamed.lotfi.90410/posts/pfbid02nnfYNT549dQXDSEfPunC79boigbLC2R1KCNNGQThc2ja4hruSA6AiNhxWv8qsT9l

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