Derniers articles

Contre misère et néofascisme, à gauche toute
La faim et le froid, quand ce ne sont pas les coups de chaleur lors des canicules, deviennent le lot d'une part non négligeable du peuple-travailleur dans ce grand et riche pays qui attire pourtant les « damné-e-s de la terre » contre qui on ferme de plus en plus hermétiquement la porte.
L'enrichissement des riches et l'appauvrissement des pauvres que masquent les moyennes statistiques est devenu un cliché de ce monde « austoritaire » en voie de néo-fascisation. Les illégaux vol à l'étalage et occupation des lieux publics en deviennent légitimes à l'encontre des soi-disant légaux (sur-)profits bancaires, technologiques si ce n'est épiciers et de l'expropriation immobilière des quartiers et logements populaires.
Le monde grimpe le long d'une courbe exponentielle vers une accumulation de capitaux se mesurent désormais en billions et non plus en milliards. Selon Forbes Global 2000, ses 2 000 entreprises répertoriées ont généré 4,9 billions de dollars US de profits en 2024 soit plus de deux fois le PIB du Canada. Pendant que cellieux d'en bas sont obsédé-e-s par les fins de mois quand ce n'est pas par leur survie quotidienne, le 1% d'en haut n'est obnubilé que par le cumul accéléré de sa richesse. Qui a le temps de se préoccuper de la chute du monde dans l'enfer de la terre-étuve ?
…les principaux groupes de surveillance climatique et météorologique en Europe et en Amérique ont publié leurs bulletins pour 2025. Celles-ci sont cohérentes avec une accélération du rythme du réchauffement climatique (Je souligne). […] Il existe […] plusieurs pistes de preuve qu'une accélération soutenue du réchauffement est en cours. L'un d'eux est que le problème sous-jacent, les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine, en particulier mais pas seulement du dioxyde de carbone, ne se contentent pas de se poursuivre, mais de s'intensifier. (The Economist)
Raison de plus pour Québec solidaire, en processus de se doter d'une plateforme électorale, de presser le citron de la richesse et des profits au bénéfice de cellieux d'en bas en commençant par les sans-abris et les ventre-creux sans oublier l'accueil des réfugié-e-s fuyant misères, guerres et persécutions dont l'impérialisme canadien tire profit en particulier banques et secteur minier. D'ici 2030, ce n'est plus 50 000 logements sociaux écoénergétiques qu'il faut réclamer mais, à la Mamdani, 100 000. Contre la faim, il faut exiger des prix subventionnés et contrôlés des aliments non carnés et non ultratransformés et une taxe pénalisante sur les aliments périmés et jetés par les entreprises à moins de les donner. Pour intégrer au monde du travail et scolaire l'immigration qui bientôt viendra en masse des ÉU il faut ouvrier nos frontières et un soutien dont la francisation afin d'enrichir la culture, le savoir-faire et l'économie du Québec.
Marc Bonhomme, 16 janvier 2026
&&&&&&&&&&&&
Le 14 décembre dernier, les Robins des ruelles s'attaquaient à Métro et à la mafia capitaliste de l'alimentaire en volant pour 3000$ de denrées à l'épicerie Métro du Plateau Mont-Royal afin de les redistribuer. Nous vous partageons ci-dessous une lettre ouverte que les Robins des ruelles ont soumise à tous les médias suite à leur action. Aucun média n'a accepté de publier cette lettre, certains la jugeant trop radicale, cherchant ainsi à contrôler le discours de ce qui est légitime ou non d'exister comme réponse à notre faim.
Les Soulèvements du Fleuve interprètent ce refus de tous les journaux de publier cette lettre comme un aveu : ces gestes et leur approbation générale menacent l'ordre établi. En choisissant de taire la colère partagée, ceeux qui espèrent le silence de la paix sociale doivent se préparer à être déçus. Car l'avenir appartient à celleux qui se soulèvent. […] Lorsqu'ils nous affament pour s'enrichir, la faim justifie les moyens.
&&&&&&&
LA FAIM JUSTIFIE LES MOYENS Lettre ouverte des Robins des ruelles
Nous sommes les Robins des ruelles. Lundi soir, nous avons volé pour 3000$ de denrées alimentaires au Métro de la rue Laurier à Montréal, une chaîne d'épicerie ayant enregistré plus d'un milliard de dollars de profits pour l'année 2025. Nous avons déposé les aliments sous un sapin à la Place Simon-Valois dans HochelagaMaisonneuve.
Nous avons frappé là, mais ça aurait pu être ailleurs. Bien sûr, ce Métro est réputé comme étant « le plus cher de l'île », bien sûr les gardiens y frappent au besoin les clients qui volent, bien sûr cette succursale n'a pas hésité à évincer des locataires pour s'installer dans le quartier. Mais nous aurions pu choisir une autre cible. Vous en choisirez d'autres. Nous savons que nous ne sommes pas seul·e·s. N'importe qui peut s'organiser et devenir un Robin des ruelles. Ce geste était avant tout une invitation.
Le président de Métro, Éric Laflèche, s'octroie un salaire avec prime avoisinant les 6,1 millions de dollars, tandis que ses employé·e·s sont payé·e·s au salaire minimum pour surveiller d'autres pauvres en train de scanner leurs articles. Il faut se l'avouer, les caisses en libre-service apparues dans les dernières années n'ont rien de « libre ». Clôturées, gardées et surveillées par un·e employé·e, des gardes de sécurité et des caméras dans tous les angles, difficile de faire plus étouffant.
L'alarme rouge de la caisse se déclenche au moindre poids inexact sur la balance. Mais qu'en est-il du poids de la faim ?
Ce mois-ci, nous avons vu des personnes pleurer à l'épicerie et arrondir leurs fins de mois avec de la nourriture en cannes ; une aînée voler du thon au Dollorama ; au pied d'une personne menottée devant un Maxi, un sandwich préparé en guise de preuve. Les Robins des Ruelles sont à l'image de tous ces gens, pris dans un système qui profite de leurs ventres vides. Un système qui nous rappelle à tous les repas qu'il faut travailler pour vivre. Nous n'avalons rien de cela, c'est en autre chose que nous croyons.
Êtes-vous aussi fatigués que nous ? Nous sommes tannés de travailler jusqu'à l'épuisement seulement pour avoir de la misère à payer nos factures et notre panier d'épicerie. Nous ne voulons pas seulement survivre, nous voulons vivre. Et de cette vie, nous espérons bien plus. Comprenez bien, pas plus d'heures de travail ni plus de factures à payer. La réponse ne se trouve certainement pas dans l'effort palliatif des banques alimentaires et encore moins dans les différentes réformes qui ne font que faire tenir ce système déficient. Elle se trouve d'abord dans notre refus.
Nous répondons donc à l'appel des Soulèvements du Fleuve à riposter. Tant que le profit de quelques-uns primera, nous mangerons mal et trop peu, et n'aurons plus de toit sur nos têtes. Se défaire de l'emprise du marché sur notre subsistance, voilà notre horizon politique. Se défaire du monde de l'économie qui régit nos vies et de la confiance en « nos » institutions dont nous n'attendons plus rien. Donnons-nous les moyens de nos ambitions : exproprions les chaînes d'épiceries, créons des cuisines collectives, changeons les parkings en grands potagers, les champs de monoculture en garde-manger collectif. Ce monde ne leur appartient pas.
Notre horizon doit se lier au tapage de nos pas fermes qui descendent dans la rue. Le prix du pain augmente et l'histoire se répète. Ceux qui espèrent n'entendre dans le présent que le silence de la paix sociale doivent se préparer à être déçus. L'avenir appartient à ceux qui se soulèvent. Nous ne resterons pas affamés bien longtemps.
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Le pour et le contre
Le projet indépendantiste connaît un regain de popularité (au moins apparent) depuis que Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP), un souverainiste convaincu, a pris les rênes en 2020 du Parti québécois (PQ), une formation dont la réalisation de la souveraineté constitue, en principe la raison d'être.
Une mise au point sur la position de la gauche à ce sujet s'impose, au moment où le PQ semble avoir toutes les chances d'accéder au pouvoir cette année.
Il faudrait parler « des gauches » plutôt que de « la gauche » comme on le fait trop souvent. Pour faire court et résumer commodément la situation, on peut distinguer trois types de gauche au Québec : la première, une gauche nationaliste, indépendantiste dans sa grande majorité ; une seconde, sociale (directions syndicales et groupes communautaires) et une troisième, culturelle celle-là.
La gauche nationaliste a « absorbé » une large partie des deux autres assez rapidement dans les années 1960 et surtout 1970. En effet, les centrales syndicales se sont ralliées au projet souverainiste au début de la décennie 1970, pareil pour la plupart des groupes communautaires. ces deux « constellations » d'organisations de défense des droits des travailleurs (avec ou sans emploi) apportaient une caution progressiste au Parti québécois, parfois au grand déplaisir de René Lévesque qui, sur le plan social, se situait plutôt au centre-droit (même s'il ne pouvait pas le dire trop haut). Enfin, il est notoire que la grande majorité des artistes en tout genre adhéraient et défendaient la souveraineté dans le temps.
Mais cette relative unanimité des gauches en faveur de l'option indépendantiste s'est érodée au cours de la décennie 1980, vu le virage aussi brutal qu'imprévu de la direction péquiste en faveur du rétrolibéralisme, ce qui s'est traduit par des compressions budgétaires brusques lors du second et dernier mandat de René Lévesque (1981-1985). Il y eut bien le sursaut référendaire d'octobre 1995 qui a failli aboutir à la victoire souverainiste, mais par la suite, les politiques néoconservatrices successives des gouvernements Bouchard, puis Landry (1996-2003) ont provoqué une fracture au sein des gauches.
Notamment, la gauche sociale s'est alors éloignée du Parti québécois pour fonder Québec solidaire en 2006. Certes, l'indépendantisme apparaissait dans le programme de la nouvelle formation, mais en queue de liste. La priorité allait aux réformes sociales et à la défense des droits des travailleurs. De leur côté, les artistes, en tout cas plus jeunes, qui n'avaient guère connu l'engouement de leurs prédécesseurs pour l'idéal indépendantiste, ne le défendaient pas avec la même ardeur, en laissaient certains indifférents et d'autres même s'en éloignaient. Toutefois, l'absorption d'Option nationale par Québec solidaire en 2017, et plus récemment, l'arrivée au poste de porte-paroles du parti de Ruba Ghazal et de Sol Zanetti ont redonné au parti de gauche un élan souverainiste qui n'entrait sans doute pas dans les visées de ses fondateurs, et pas non plus dans les intentions d'une partie de ses membres actuels.
Dès lors, comment la gauche sociale doit-elle se positionner par rapport à la question du statut national du Québec ? Choisir une forme d'autonomie plus ou moins accentuée au sein de la fédération ou l'indépendance ?
Il y a des avantages d'un côté comme de l'autre.
Si l'on accorde la priorité à la question sociale parce qu'on se méfie (à juste titre) du Parti québécois, l'appui à l'orientation autonomiste est une option légitime et elle permet en théorie une alliance, fût-elle circonstancielle, avec la gauche « canadian ».
Si on accorde la priorité à l'obtention de l'indépendance, alors Québec solidaire devient l'allié du Parti québécois, même s'il ne s'agit éventuellement que d'un soutien conditionnel, mais pourvu que le parti « survive » au prochain scrutin en faisant élire quelques députés à l'Assemblée nationale. Sinon, PSPP pourra se passer de l'appui d'une formation qui en serait absente et qui n'aurait recueilli qu'un pourcentage minime de votes.
Pourtant, le rôle de Québec solidaire est crucial sur deux dimensions importantes de la lutte pour l'indépendance et sur lesquelles on n'insiste pas assez. On les passe même sous silence.
Tout d'abord, si le Parti québécois conquiert le pouvoir à la fin de cette année, la polémique entre fédéralistes et indépendantistes risque de monopoliser le débat public au détriment des thèmes sociaux (crise du logement, inflation, itinérance, etc.) et ce jusqu'au référendum, un an ou deux plus tard. Qu'il soit encore présent ou non à l'Assemblée nationale, la mission de Québec solidaire devrait consister à imposer ces thèmes et à harceler le gouvernement Plamondon en lui rappelant que lorsqu'on traite d'indépendance, on ne vise pas que la modification du statut national québécois, mais la réalisation d'un projet de société équitable, sans lequel il ne vaut pas la peine de consentir à tant d'efforts pour établir ici un État indépendant.
Ensuite, en cas de victoire du OUI, Québec solidaire doit talonner le gouvernement péquiste pour que les sacrifices économiques inévitables qui marqueraient la longue et difficile période de transition suivant la victoire du OUI soient équitablement répartis entre toutes les couches de la population ; il faut à tout prix éviter de permettre au gouvernement Plamondon de céder à la facilité en procédant à des compressions budgétaires arbitraires qui affecteraient inévitablement les plus démunis, déjà très vulnérables.
Québec solidaire, conformément à sa mission doit donc veiller à dénoncer et à lutter contre les abus de pouvoir des deux ordres de gouvernement, une tâche aussi ardue qu'au résultat incertain, vu la force des deux principaux partis en présence, libéral à Ottawa, et possiblement péquiste à Québec dans un avenir rapproché.
Une victoire du OUI (qui me paraît improbable, mais sait-on jamais ?) entraînerait bien des sacrifices pour les Québécois et les Québécoises mais règlerait enfin le problème du statut national du Québec.
Celle du NON équivaudrait à perpétuer l'ambiguïté de la situation québécoise au sein de la fédération canadienne, mais aussi elle épargnerait bien des souffrances à son peuple.
Telle est l'équation avec laquelle les militants et militantes de la gauche sociale doivent jongler. Il ne peut être question d'effectuer un choix entre les deux options sans en assumer aussi les conséquences négatives. C'est un pensez-y bien.
Jean-François Delisle
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

PL1 : un coup de massue dans les fondations de l’État de droit
Alors que nous sommes en pleine année pré-électorale au palier provincial et que les sondages prévoient une défaite cuisante au parti majoritaire qui compose le gouvernement actuel, la Coalition avenir Québec (CAQ) multiplie l'adoption de lois contestées sous bâillon et présente plusieurs projets de loi liberticides, dont le Projet de loi 1 pour l'adoption d'une constitution québécoise. Le PL1 est présenté comme une loi constitutionnelle pour le Québec dont l'objectif apparent serait une affirmation de l'autonomie de la Nation et de sa souveraineté constitutionnelle. Mais derrière ce récit de souveraineté se cache un coup de massue dans les fondations de l'État de droit et des mécanismes de contre-pouvoirs dont le Québec s'est doté ces 50 dernières années.
Date de publication : 5 décembre 2025
Recherche et analyse : Amel Zaazaa
Rédaction : Amel Zaazaa, Shaimae Jorio
Mise en page : Donia Zahir
PL1 n'est pas une loi isolée. Elle s'inscrit dans la continuité de ce qui est devenu un mode opératoire du gouvernement actuel. De la loi 21 « sur la laïcité de l'État » (2019), qui interdit le port de signes religieux à certaines catégories d'employé·es publics et qui repose sur la clause dérogatoire, à la loi 94 « visant à renforcer la laïcité dans le réseau de l'éducation »(2025), en passant par la loi 84 « sur l'intégration à la nation québécoise » (2025) et plus récemment le PL9 « sur le renforcement de la laïcité au Québec », la CAQ tisse un même fil conducteur : elle consolide un projet identitaire qui cible particulièrement les personnes racisées, im-migrantes et les minorités religieuses, en construisant une conception de la nation québécoise qui les exclut et en renforçant une identité nationale au détriment de leurs droits fondamentaux.
Au-delà des atteintes aux droits fondamentaux de plusieurs groupes minorisés, PL1 est l'aboutissement de toute une série de mesures législatives qui pose une nouvelle architecture où le parlement se doterait d'un pouvoir démesuré et disproportionné qui affaiblit les principes mêmes de l'État de droit. PL1 reconfigure ainsi la cadre juridique dans lequel ces lois identitaires risque de s'inscrire et, se protégeant de toute contestation populaire et juridique.
Nous sommes plusieurs organisations, dont la Ligue des droits et libertés, le Barreau du Québec et la Commission des droits de la personne, à y voir une érosion de l'État de droit et de la démocratie, voire même un geste de nature autoritaire.
Commençons par définir ce qu'est un État de droit
L'État de droit n'est pas une notion abstraite. Il s'agit d'un système qui protège les citoyennes et citoyens de l'arbitraire : c'est l'idée que le pouvoir est régi par des règles de droit, qui encadrent et limitent le gouvernement, garantissant son imputabilité et empêchant les abus de pouvoir et dérives autoritaires.
L'État de droit se résume en quatre principaux piliers :
1- La hiérarchie des normes
Imagine une pyramide : au sommet se trouvent la Constitution et les Chartes de droits ; puis viennent les lois ; et plus bas encore, les règlements. Une loi ne peut aller à l'encontre de la Charte des droits. Un règlement municipal ne peut pas bafouer un droit fondamental.
2- Le contrôle juridictionnel
Les tribunaux peuvent déclarer qu'une loi, un décret, une décision administrative viole des droits fondamentaux, et qu'elle est donc inopérante. C'est ce qui permet aujourd'hui de contester, par exemple, la loi 21 ou le décret qui a exclu les enfants de demandeur·euses d'asile de l'accès aux services de garde subventionnés.
3- Les contre-pouvoirs institutionnels et sociaux
Commissions des droits, Protecteur du citoyen, syndicats, groupes communautaires, organismes de défense de droits, médias… Tout ce monde n'est pas « en trop » dans la démocratie : ce sont ces organisations qui documentent les abus, soutiennent des causes devant les tribunaux, portent la voix des personnes les plus vulnérables.
4- La séparation et l'équilibre des pouvoirs
On ne peut pas être juge et partie. Un gouvernement élu peut faire des lois, mais il ne peut pas être l'instance ultime qui décide si ses propres lois respectent les droits fondamentaux. C'est précisément pour ça qu'on confie cette tâche à des tribunaux relativement indépendants.
Dans un État de droit, la souveraineté populaire ne s'exprime pas uniquement par une majorité parlementaire ponctuelle élue aux quatre ans. Elle est encadrée par des droits opposables à l'État, même (et surtout) contre une majorité. Et quand cette majorité est, en plus, produite par un mode de scrutin qui gonfle artificiellement le nombre de sièges, comme c'est le cas de la CAQ, majoritaire en sièges avec une minorité de voix, la vigilance des contre-pouvoirs est d'autant plus essentielle. PL1, au lieu de renforcer ces garde-fous, travaille à les neutraliser.
Quand la majorité se confond avec « la nation »
D'abord soulignons l'article 2 de la Loi sur l'autonomie constitutionnelle du Québec, intégrée au PL1, qui annonce l'objectif suivant : « préserver et accroître l'autonomie constitutionnelle du Québec en affirmant la souveraineté du Parlement du Québec », au service de « l'épanouissement de la nation québécoise ».
Ce glissement est loin d'être anodin puisqu'on commence de prime abord par lier directement la « nation » à la « souveraineté du Parlement ». Or, une nation, ce n'est pas qu'une Assemblée nationale momentanément dominée par un seul parti. C'est aussi les minorités, les personnes sans droit de vote (notamment les personnes im-migrantes), les tribunaux, les organismes de défense de droits et plus largement les mouvements sociaux et les groupes communautaires.
En présentant toute limite imposée au Parlement, notamment par les Chartes, les tribunaux, la société civile, comme une atteinte à la « nation québécoise », PL1 construit un récit dangereux où toute contestation d'un abus de pouvoir du parlement serait une attaque à la « nation » et à la « souveraineté parlementaire ».
Historiquement, ce type de discours a toujours servi à délégitimer les contre-pouvoirs et les voix dissidentes, notamment celles des groupes racisés, autochtones, féministes ou syndicaux.
Museler la société civile : l'arme de l'article 5
Ensuite, l'article 5 de la Loi sur l'autonomie constitutionnelle est l'un des verrous les plus inquiétants. Il permet au Parlement de déclarer qu'une loi « protège la nation québécoise » ou son autonomie constitutionnelle. Et dès que cette étiquette est collée, elle implique qu'aucun organisme financé par des fonds publics (totalement ou partiellement) ne peut utiliser cet argent pour contester juridiquement cette loi ; et que les administrateur·rices de ces organismes peuvent être personnellement poursuivi·es pour remboursement des sommes engagées.
Plusieurs mémoires déposés en commission parlementaire montrent que la liste des organismes visés dépasse largement la seule « machine étatique » : on parle du Protecteur du citoyen, de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, d'universités, de municipalités, du Directeur général des élections, mais aussi potentiellement de syndicats, d'organismes communautaires, de regroupements de personnes handicapées, etc.
Autrement dit, si demain une loi « protectrice de la nation » restreint davantage les droits des personnes im-migrantes, des femmes, des personnes 2sLGBTQIA+, ou des personnes sur l'aide sociale, les organismes les mieux placés pour contester ces atteintes seraient financièrement et juridiquement bâillonnés.
Cette nouvelle disposition, dans un contexte où beaucoup d'organismes féministes, antiracistes ou de défense des droits vivent déjà avec des budgets précaires, causera l'autocensure par peur de perdre leurs subventions ou d'exposer leurs administrateur·rices à des poursuites judiciaires.
Neutraliser les tribunaux : la « disposition de souveraineté parlementaire »
PL1 ne se contente pas de limiter qui peut contester les lois. Il vise aussi le contenu même du contrôle judiciaire. L'article 9 permet d'insérer, « lorsqu'il le juge opportun », une disposition de souveraineté parlementaire dans n'importe quelle loi, y compris en réaction à une décision judiciaire. Une fois cette clause incluse, il devient impossible de faire déclarer la loi inopérante sur la base de certains droits ou libertés protégés par la Charte québécoise.
Concrètement cela donnerait la séquence suivante :
Si le gouvernement adopte une loi qui touche de plein fouet un groupe déjà marginalisé ; et qu'il la verrouille en déclarant qu'elle « protège la nation » (article 5) et en y insérant une disposition de souveraineté (article 9) ; cela empêchera tout organisme de la société civile recevant des fonds publics de tenter une contestation. De plus, les tribunaux québécois ne pourront plus invalider la loi sur la base de la Charte québécoise.
Techniquement, la Charte canadienne resterait une voie de recours, mais le recours serait plus long, plus coûteux, plus incertain. Et pendant ce temps, la loi continuerait de s'appliquer aux groupes visés.
Reconfigurer la Charte québécoise au service d'un projet national identitaire
Cette année marque les 50 ans de la Charte québécoise des droits et libertés : un texte majeur, quasi constitutionnel, adopté en 1975 dont la visée est de protéger les droits fondamentaux contre l'arbitraire de l'État. Adoptée avant même la Charte canadienne, elle aurait dû être célébrée comme un héritage collectif précurseur, ayant garanti les droits de plusieurs générations de Québécoises et Québécois. Au lieu de cela, le gouvernement en déposant le PL1 rétrograde la Charte au rang de loi ordinaire. En ce sens, PL1 transforme la Charte en une loi que la majorité pourra contourner, suspendre ou neutraliser selon son agenda politique.
Parmi les modifications à souligner, notons l'introduction d'une hiérarchie des droits, affirmant la primauté de certains « droits collectifs de la nation québécoise » – notamment l'égalité femmes-hommes – sur d'autres droits comme la liberté de religion ; ou encore l'obligation d'interpréter la Charte à la lumière de la « spécificité du Québec », de son modèle d'intégration et des « droits collectifs de la nation », en la distinguant davantage de la Charte canadienne.
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a sonné l'alarme en affirmant que ces modifications introduiraient une hiérarchie entre droits fondamentaux, contraire au principe, largement reconnu en droit international, selon lequel les droits sont universels, indivisibles et interdépendants. Elle recommande explicitement de ne pas adopter plusieurs des articles clés du PL1 pour éviter d'affaiblir la primauté de la Charte québécoise et la portée des droits qu'elle garantit.
À première vue, mettre en avant l'égalité femmes-hommes pourrait sembler une victoire féministe. Mais dans un contexte où l'égalité est déjà mobilisée pour justifier des lois qui excluent des femmes (en particulier celles de confession musulmane) du marché du travail ou des espaces publics, il faudra lire cette législation plus comme une instrumentalisation de l'égalité femmes-hommes au profit d'un agenda identitaire.
C'est ce que des chercheuses comme Sara R. Farris (2017) ont nommé comme étant un féminisme d'État civilisationnel (“fémonationalisme”), c'est-à-dire le détournement des droits des femmes à des fins nationalistes, sécuritaires et d'exclusion. Dans ce cadre, l'émancipation des femmes est convoquée non pas comme un projet de justice sociale porté par les femmes elles-mêmes, mais comme un marqueur d'hégémonie culturelle occidentale servant à justifier des politiques restrictives à l'égard des personnes racisées, et plus spécifiquement des femmes musulmanes.
Genre, race, migration : qui va payer le prix de PL1 ?
PL1 n'arrive pas dans un contexte politique neutre. Il s'inscrit dans une continuité de mesures législatives qui ont déjà ciblé de manière disproportionnée et attentatoires certains groupes minorisés. La loi 94, par exemple, a ciblé, de facto, les femmes musulmanes portant le niqab, en imposant le « visage découvert » comme condition d'accès à certains services et accommodements. La CDPDJ elle-même a dénoncé ces dispositions, soulignant des « effets sociopolitiques néfastes » sur ce groupe précis ;
La loi 21 adoptée en 2019, interdit le port de signes religieux à certaines catégories de fonctionnaires, en particulier des enseignantes. Cette loi a eu un impact direct et démesuré sur les femmes musulmanes portant le hijab ainsi que sur d'autres minorités religieuses déjà marginalisées sur le marché du travail ;
Cet été, la CAQ a également fait adopter la loi 84 qui redéfinit un « modèle d'intégration » qui impose aux personnes im-migrantes de se conformer à une culture commune fixée unilatéralement par l'État, dans un contexte où la lutte contre le racisme et les discriminations reste largement déclaratoire.
Dans ce contexte politique, PL1 risque de se transformer en un instrument juridique puissant pour verrouiller des lois discriminatoires au nom de la protection de la nation, de la laïcité, du français ou de l'égalité. Ainsi, ce sont les groupes déjà marginalisés dans la société qui risquent d'en subir les conséquences les plus lourdes.
Parmi ces groupes de personnes qui seront disproportionnellement affectés, figurent les femmes musulmanes – qu'elles soient im-migrantes ou nées ici – qui se retrouvent au cœur d'une instrumentalisation « fémonationaliste ». Sous prétexte de les « libérer » et de promouvoir leur « émancipation » , elles voient leur accès au marché du travail verrouillé, leurs corps et leurs apparences contrôlés, et leur visibilité dans l'espace public régulée par des lois stigmatisantes.
Comme le souligne Sara R. Farris, ce mécanisme ne consiste pas à réellement défendre les droits et libertés des femmes, mais plutôt à instrumentaliser idéologiquement leurs corps à des fins nationalistes et identitaires. Les discours sur l'égalité femmes-hommes servent alors de prétexte pour justifier des lois qui renforcent la définition d'une identité nationale fantasmée tout en y excluant les femmes ciblées.
Ce projet de loi aura aussi des effets néfastes sur les personnes im-migrantes et racisées qui sont constamment présentées comme une « menace » et un « risque » pour la langue française, les « valeurs québécoises » et la cohésion nationale. Cette stigmatisation les enferme dans une position d'altérité où leur reconnaissance sociale et leur appartenance à la société québécoise sont soumis à l'assimilation à un modèle national-culturel imposé de manière autoritaire et unilatérale.
En intégrant une conception détournée de la laïcité, PL1 utilise ce principe pour gérer les « indésirables », alimentant ainsi un climat d'exclusion déjà présent depuis l'adoption de la loi 21, et instaurant une forme de violence institutionnalisée envers les groupes marginalisés. Ce mécanisme de détournement ne protège pas la démocratie ; bien au contraire, il affaiblit les contre-pouvoirs indispensables à un État de droit en réduisant la capacité des tribunaux, des organismes de défense des droits et de la société civile à contrôler l'action du gouvernement et à protéger les droits fondamentaux des citoyen·nes. Il fabrique une citoyenneté de seconde zone, en systématisant la stigmatisation et la marginalisation de communautés déjà vulnérables, et tout en continuant de se réclamer de la démocratie et des droits humains.
Conclusion : Le PL1 est un recul de 50 ans au moins
La CAQ s'était engagée en 2018 à réformer le mode de scrutin uninominal majoritaire à un seul tour, une promesse qu'elle a finalement abandonnée. Il est pour le moins ironique que le gouvernement présente son projet de loi comme un geste de « souveraineté constitutionnelle », alors même qu'il s'appuie sur des mécanismes hérités du pouvoir britannique. D'un côté, il conserve un mode de scrutin du XIXᵉ siècle, générant des majorités artificielles — un outil qui confère de pouvoir qu'à ceux qu'il privilégie. De l'autre, il tente de réactiver la vieille doctrine britannique de la souveraineté parlementaire, celle d'avant 1982, à une époque où une majorité pouvait agir sans contrepoids et sans être limitée par une Constitution susceptible d'être contestée devant les tribunaux.
Autrement dit, sous couvert de « souveraineté », le gouvernement cherche à ressusciter un modèle que le Québec avait dépassé en se dotant d'une Charte et d'un État de droit moderne. PL1 ne constitue donc pas une affirmation de l'autonomie constitutionnelle du Québec, mais bien un retour en arrière. Laisser passer ce projet, c'est renoncer à cinquante ans d'avancées démocratiques et concentrer entre les mains d'un seul gouvernement, soutenu par une majorité artificielle. Un pouvoir que nos institutions avaient précisément appris à limiter.
Au-delà de la concentration du pouvoir, PL1 ouvre la porte à l'arbitraire, en réduisant la capacité des contre-pouvoirs et en fragilisant les garde-fous constitutionnels qui protègent les droits et libertés. Ce n'est pas seulement un recul pour la démocratie, mais la création d'un cadre où des décisions cruciales peuvent être prises sans véritable contrôle, au service d'intérêts et de calculs partisans, aggravant par là même les inégalités et les discriminations, et marquant une régression historique dans la reconnaissance et la protection des droits les plus fondamentaux.
Image d'en-tête : Clément Proust
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Entente de principe sur la Loi 2 : une réforme édulcorée qui ne réglera rien pour les patients
Hier, dans une entrevue accordée à TVA Nouvelles, Dr Xavier Gauvreau, président de MQRP, dénonce une version affaiblie de la Loi 2 de la CAQ, qui rate sa cible : améliorer concrètement l'accès aux soins.
Malgré l'entente, les problèmes du système, notamment l'accès aux soins et la surcharge de la première ligne, demeurent entiers.
« Ce n'est pas en passant des projets de spéciaux et en imposant une réforme que l'on va retenir les gens dans le système public ou au Québec. »
Pour MQRP, réformer la première ligne exige une vision centrée sur les patients, des équipes interdisciplinaires fortes et des conditions de pratique qui permettent réellement de soigner.
La santé ne se réforme pas à coups de compromis politiques. Elle doit être pensée comme un bien public.
📎 L'entrevue complète, à lire et écouter ici : https://r.pebmac.ca/.../la-loi-2-edulcoree-de-la-caq-ne...
La prise de position complète de MQRP face à l'entente de principe sur la Loi 2
Loi 2 : Réaction de MQRP à l'entente de principe : Tout ça pour ça ? Une entente sans vision, ou quand le statu quo l'emporte sur les soins
Le vendredi 12 décembre dernier, la FMOQ annonçait à ses membres les détails de l'entente de principe conclue avec le gouvernement. Cette suspension de la mise en vigueur des articles de la Loi 2, repoussée du 1er janvier au 28 février, vient avec une promesse de recul sur plusieurs mesures qui ont alimenté la grogne :
– le système de pastilles de couleur ;
– les pénalités pour le départ vers le privé ou d'autres provinces ;
– les pénalités pour les médecins qui mènent des « actions concertées », le pouvoir discrétionnaire du ministre de décréter des changements sans passer par les négociations ;
– les pénalités liées à la performance1.
Alors que la FMOQ se dit « satisfaite2 » de cette entente de principe et que la FMSQ quémande des augmentations salariales3, MQRP est profondément déçue du manque de vision pour le futur de notre régime public.
Un système public en souffrance
Pendant que l'on négocie des suspensions, le système public continue de s'éroder. La première ligne perd des médecins. Le recrutement s'effondre. La retenue devient un défi majeur. Les jeunes médecins hésitent à s'engager dans un modèle perçu comme instable, punitif et déconnecté du sens même du soin. Au-delà des départs annoncés – qui n'auront pour la plupart pas lieu suite à l'entente – des médecins déjà en pratique, il faut réfléchir à l'impact que les mesures contraignantes (PL83 et PL2) auront sur l'attractivité du système québécois pour les futurs médecins. Déjà, lors du jumelage en 2025 des finissants en médecine on comptait 72 postes non comblés en spécialité et 63 en médecine familiale, soit près des deux tiers des postes non pourvus au Canada4,5.
Plus important encore, beaucoup d'enjeux structuraux ne peuvent être résolus par une simple renégociation du salaire des médecins. Dans la maintenant très populaire page Facebook Spotted : soigner au Québec, les médecins de tout horizon et type de pratique ont dénoncé les conditions de travail qui ne leur permettent pas de bien soigner : manque de ressources humaines et matérielles, bureaucratie trop lourde s'étant dédoublée avec Santé Québec, règlements bidons… Cette entente n'apporte aucune réponse à ces enjeux fondamentaux.
Un besoin de réforme qui inclut les patients
Dans la présentation de l'entente, la FMOQ se réjouit de pouvoir « favoriser un partenariat d'affaires au bénéfice des patients ». On en comprend que cette entente s'inscrit dans une tendance lourde d'affairisation des soins, ou de médecine entrepreneuriale. Les décisions sont guidées par des logiques de contrôle, de rendement et de gestion des comportements médicaux à coups de primes et de pénalités, plutôt que par les besoins des patients. Comme l'entente préserve le statu quo et donc les intérêts lucratifs des médecins/corporations médicales, devrions-nous crier victoire ?
Dans cette entente, où sont les mesures pour améliorer les soins aux patients ? Où sont représentés les intérêts des patients ? Où sont les mesures pour que les autres professionnels de la santé fassent partie intégrante de la solution ? La réponse est : nulle part. Le soin n'est plus la finalité : il devient un sous-produit d'un système obsédé par la conformité administrative et de plus en plus guidé par la recherche de profit.
Le modèle GMF ne fonctionne pas
Notons également que l'entente évite soigneusement de nommer l'éléphant dans la pièce : le modèle actuel des groupes de médecine familiale (GMF) ne fonctionne pas. Instauré en 2002 par François Legault sous la bannière du Parti Québécois (PQ), ce modèle centré sur le regroupement de médecins sous un modèle entrepreneurial avait pour but d' « accroître l'accès de la population aux médecins de famille, favoriser le désengorgement des urgences et améliorer l'accès aux services psychosociaux de première ligne6 ».
Le projet de loi 2 met en lumière des enjeux qui gangrénaient déjà le modèle GMF. Celui-ci est instable, vulnérable aux fermetures, et repose sur une aberration structurelle, soit que les lieux de dispensation des soins soient financés, en grande partie, à même le revenu des médecins. De ce fait, ce modèle expose les cliniques à des risques financiers importants et fait porter aux médecins une responsabilité qui devrait relever de l'État.
Les conséquences sont bien réelles : fermetures de cliniques, ruptures de suivi, patients laissés sans soins, et un climat propice à l'exploitation stratégique (et légalement ambiguë) des règles de facturation afin de maximiser les revenus, plutôt qu'à l'innovation clinique. La capitation, souvent évoquée comme solution miracle, demeure pour l'instant un concept sur papier, sans déploiement crédible ni équitable.
Des pistes de solution tangibles pour la première ligne
Alors que cette saga politique termine en queue de poisson, il devient de plus en plus évident qu'il faudrait avoir une transformation de la première ligne qui ne repose pas uniquement sur la négociation du salaire des médecins. Le gouvernement avait d'ailleurs mandaté un comité d'expert duquel il a ignoré les recommandations7. MQRP appelle à saisir l'opportunité d'avoir des États généraux de la santé, afin :
– De revoir le système de patients « inscrits ou non-inscrits », qui prive des milliers de québécois d'un accès à des soins de première ligne ;
– De revoir le modèle GMF dans son ensemble, d'interdire les actionnaires privés des GMF et de séparer le financement des cliniques en lien avec la rémunération des médecins ;
– De repenser l'organisation multidisciplinaire de la première ligne pour s'inspirer du modèle initial des CLSC, qui reposait sur des équipes intégrées, accessibles et orientées vers les besoins populationnels ;
– Revoir la rémunération des médecins à la suite d'une consultation sérieuse, afin de corriger les incitatifs pervers qui encouragent le sans rendez-vous — notamment via le GAP — au détriment de la prise en charge continue, tout en répondant adéquatement aux besoins réels de la population ;
– D'abolir les cliniques à but lucratif qui peuvent favoriser les profits au lieu des soins ;
– De permettre en priorité l'accès public aux professionnels de la santé comme les psychologues et physiothérapeutes ;
– D'impliquer les soignants et patients dans les gouvernances locales, en réparation à la centralisation catastrophique des ères Barrette-Dubé.
Références
1. Côté, S. (12 décembre 2025). Loi 2 : Québec abandonne ses cibles de performance pour les médecins de famille. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2213419/entente-principe-medecins-details-quebec
2. Infolettre FMOQ. (n.d.). https://www.fmoq.org/infolettres/fmoq/2025/le-point-fmoq-11-decembre-2025
3. Lemay, É. Y. (17 décembre 2025). « Pas d'entente bâclée » : les médecins spécialistes veulent que Québec ouvre ses coffres. Le Journal De Québec. https://www.journaldequebec.com/2025/12/17/pas-dentente-baclee–les-medecins-specialistes-veulent-que-quebec-ouvre-ses-coffres
4. Deuxième tour du CaRMS. (n.d.). https://www.fmoq.org/dossier-actualites/deuxieme-tour-du-carms-postes-a-pourvoir-en-medecine-de-famille/
5. CaRMS. (2024). Postes vacants après le deuxième tour du jumelage des spécialités médicales de 2025. https://www.carms.ca/pdfs/7fpR24tqn43_MSM_2_OverviewByUniversity_FR.pdf
6. Plourde, A. (2022). Bilan des groupes de médecine (GMF) de famille après 20 ans d'existence – Un modèle à revoir en profondeur. (n.d.-b). Institut De Recherche Et D'informations Socioéconomiques. https://iris-recherche.qc.ca/publications/bilan-des-groupes-de-medecine-de-famille-apres-20-ans-dexistence-un-modele-a-revoir-en-profondeur/
7. Drolet, M. (8 mai 2025). Rapport et recommandations pour soutenir l'élaboration d'une première politique gouvernementale de soins et services de première ligne au Québec. Unité Soutien SSA Québec. https://ssaquebec.ca/nouvelles/rapport-premiere-ligne-quebec/
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Main basse sur le Groenland ?
Trump met les Institutions internationales sous éteignoir et promène sa convoitise et son césarisme à travers le monde avec désinvolture. Le réchauffement climatique lui dégageant un horizon du Groenland aux gisements considérables, il brandit le prétexte de la sécurité nationale et butte sur la rivalité européenne !
De Paris, Omar HADDADOU
« Gouverner, c'est voler. Tout le monde sait ça ! » ( Albert Camus - Caligula)
Il eut été plus juste d'affranchir les Historiens d'écrire ce que les grandes Puissances savent consigner unilatéralement !
Une main basse sur le Groenland n'est que l'expression irrécusable de la durabilité, dans l'espace et le temps, d'un Impérialisme occidental sauvage qui broie tout sur son passage. Les Démocraties, le Droit international, se nippent de morale frelatée et partent en croisade sur les champs abondants pétrolifères, les mines alléchantes des pays vulnérables et des Îles lointaines. Patriote, Résistant, à la potence ! As You like, grande Puissance ! De Saddam Hussein à Nicolas Maduro, il n'y a qu'un seul pas. Être un prédateur chrétien n'est pas un état d'esprit, mais un métier !
L'index de Donald Trump n'a pas dérogé à la règle de la fausse culpabilité pour envoyer des chefs d'Etat derrière les barreaux et dérober la ressource tant convoitée. Hollywood toujours Hollywood ! Il lorgne aussi excellemment que Macron pour l'Afrique, les territoires riches en minerais et hydrocarbures.
Les subterfuges ne manquent pas pour déclencher la rapacité. Attention ! : Narcotrafic par- ci, menace sécuritaire par-là, péril sur notre Démocratie. L'ONU et la CPI tiennent le rôle de perchistes face à la piraterie du XXI siècle de Mister « Make America great again ! ». L'Europe de Macron et l'Amérique jouent-elles avec le feu pour déclencher, en notre présence assoupie, un conflit mondial ?
Le vampirisme de Donald est au minerai ce que l'odorat du chien à la truffe. Il veut ce Groenland ! Ce Groenland qui se réchauffe 4 fois plus vite que le reste du monde, aiguisant bien des appétits, ouvrant des opportunités pour le transport maritime du gaz et du pétrole.
Le territoire autonome du Danemark recèle dans ses tréfonds des gisements de la transition énergétique (Lithium, Graphite, Uranium). La chasse est ouverte pour que le mal triomphe encore et encore, dans ce nauséabond Monde !
Trump invoque les prétendument intentions pillardes de la Russie et la Chine. Le territoire, stratégique par sa position dans l'Arctique, compte comme ressources 36,1 millions de tonnes de terres rares. En outre, l'Île possède un stock considérable de 17 métaux convoités par l'Industrie du futur dont la demande affiche une courbe exponentielle pour les années à venir. Pour les hydrocarbures, environ 28, 43 milliards de barils serait à découvrir. D'où la ruée de Trump et l'Union européenne de Macron vers l'Île. Cette dernière a déjà les pieds dans l'Arctique pour les signatures de partenariat avec les autorités danoises.
Un engagement qui a exacerbé la colère du rival américain. Le septuagénaire, récipiendaire désillusionné du Nobel, a acté, ce lundi, l'ouverture des hostilités sur fond de guerre commerciale avec la France et l'Union européenne. Le locataire de la Maison Blanche a, en effet, décidé « d'imposer des droits de douanes supplémentaires aux 8 pays qui ont envoyé des soldats au Groenland »
Cette mesure de rétorsion a mis, ces dernières heures, le Président Français et l'Europe sur le pied de guerre : « Notre volonté est de ne jamais subir. Nous avons décidé de doubler le budget militaire et de compliquer l'entreprise américaine ! » réagissait ce lundi Emmanuel Macron.
La menace d'annexion est au cœur de l'actualité internationale. Des aéronefs militaires américano-canadiens arriveraient bientôt au Groenland pour participer à « des manœuvres prévues de longues date », annonçaient plusieurs sources françaises
Le Danemark exclue toute annexion américaine du territoire.
Souveraineté contre ambitions territoriales impérialistes, la Géopolitique convulse !
O.H.
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Québec sans frontières : quand le gouvernement sacrifie la solidarité pour le chacun pour soi !
Il y a des décisions budgétaires qui relèvent de motifs d'austérité néolibérale, et d'autres qui ajoutent le renoncement politique. En refusant de verser intégralement la deuxième tranche de financement du programme Québec sans frontières (QSF) pour l'année 2025-2026, le Gouvernement du Québec, par le biais de son ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF), a fait un choix clair : celui de fragiliser la solidarité internationale au moment même où elle est plus nécessaire que jamais.
Tiré du Journal des alternatives.
Depuis des décennies, la coopération internationale constitue un pilier discret, mais fondamental de l'action publique québécoise qui se déploie dans 86 pays. Le programme Québec sans frontières a permis de soutenir des projets concrets en droits humains, en justice sociale, en environnement, en santé et en éducation, tout en formant des milliers de jeunes à l'engagement citoyen et à la citoyenneté mondiale.
En rompant ses engagements contractuels envers les organismes de coopération internationale, notamment Avocats sans frontières Canada, le CECI, Equitas, la Fondation Paul Gérin-Lajoie, Oxfam-Québec et SUCO, le gouvernement ne coupe pas seulement des budgets : il sape une vision du Québec solidaire, responsable et engagé.
Cette décision survient dans un contexte politique lourd de sens. Partout en Occident, la droite identitaire progresse en désignant des boucs émissaires faciles : les migrant·es, les relations internationales, les politiques de solidarité.
La coopération internationale, une cible facile
La coopération internationale devient alors une cible facile. Elle se déroule loin du regard médiatique, concerne des populations invisibilisées et se prête aux discours simplistes opposant l'« ici » et l'« ailleurs ». En s'attaquant à Québec sans frontières, le gouvernement s'inscrit dans cette logique de repli.
Pourtant, les faits sont sans appel. Le MRIF a signé des ententes pluriannuelles qu'il choisit aujourd'hui de ne pas honorer. Des organisations québécoises sont contraintes de suspendre des projets déjà engagés, de mettre fin à des partenariats et d'envisager des pertes d'emplois, parfois en pleine période des Fêtes.
Par le passé, les politiques d'austérité du gouvernement québécois procédaient à des coupures plutôt sur le renouvellement des financements futurs. Récemment, la pratique de récupération des surplus annuels s'est systématisée dans les milieux communautaires notamment, heurtant les pratiques courantes de sobriété dans la conjoncture financière difficile. La décision unilatérale de remise en question des ententes contractuelles est un précédent. Quelle crédibilité peut encore revendiquer un État qui se dégage unilatéralement de ses responsabilités contractuelles ?
Des conséquences directes sur des programmes déjà engagés
Les conséquences de ces coupes sont bien réelles. Elles touchent directement des milliers de personnes parmi les plus vulnérables dans des pays comme le Tchad ou la République démocratique du Congo, notamment des femmes, des jeunes et des groupes marginalisés comme le rappellent l'AQOCI et OXFAM. Elles frappent aussi le tissu communautaire québécois, déjà affaibli par un sous-financement chronique et une grande instabilité des politiques publiques. Opposer les urgences sociales locales à la solidarité internationale est un faux dilemme qui ne sert qu'à masquer l'abandon progressif des responsabilités de l'État.
La solidarité internationale n'est pas une dépense superflue. Elle est un investissement politique, social et démocratique. Elle contribue à créer des conditions de justice et de coopération dans un monde traversé par les crises climatiques, les conflits armés et les inégalités croissantes. Elle renforce également la crédibilité du Québec sur la scène internationale et son réseau de partenariat. Elle lui permet d'affirmer son identité au plan international. En la fragilisant, le gouvernement affaiblit sa propre parole et son image à l'étranger.
Ce recul s'inscrit dans une tendance inquiétante : celle d'un État qui, sous couvert de rigueur budgétaire, accepte de sacrifier les solidarités au profit d'une politique d'austérité doublée d'une charge idéologique frileuse du monde. Une logique dangereuse, qui nourrit la peur, la concurrence entre les plus vulnérables et l'illusion que le repli protège.
Défendre le programme Québec sans frontières, ce n'est pas défendre un privilège. C'est défendre une vision du Québec ouverte, solidaire et consciente de son interdépendance avec le reste du monde. Face à la montée des discours identitaires et du chacun pour soi, rappeler cette évidence est aujourd'hui un acte politique nécessaire.
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Le Nouveau-Brunswick déroule le tapis rouge pour les projets extractifs soutenus par les États-Unis
Une coalition provinciale de plus en plus importante s'oppose aux projets miniers, gaziers et de centres de données soutenus par les États-Unis, qui, selon elle, menacent la santé publique et les terres autochtones.
Tiré de Breach media
9 janvier 2026
Pour ceux et celles qui ne vivent pas dans les provinces maritimes, le Nouveau-Brunswick évoque peut-être des images de petites villes et des marées immenses de la baie de Fundy, ainsi qu'une vague impression d'une économie dominée par la famille Irving.
Aujourd'hui, il est de plus en plus considéré comme une terre d'opportunités par les entreprises du sud de la frontière.
Les intérêts miniers et militaires américains, soutenus par le financement du département américain de la Guerre et accueillis favorablement par le gouvernement fédéral du premier ministre Mark Carney, se concentrent sur la province comme une frontière stratégique pour la « construction nationale » extractive.
Ces forces affirment qu'un trio de projets – une mine de tungstène, une centrale électrique au gaz et un vaste centre de données – promet une renaissance.
Mais les organisations locales affirment qu'ils sont plutôt conçus pour servir les chaînes d'approvisionnement américaines, la production d'armes et les bilans financiers des entreprises, tout en demandant aux Néo-Brunswickois·es et aux nations autochtones d'en absorber les coûts environnementaux et sociaux.
Les habitant·es se mobilisent désormais, après des mois de rhétorique patriotique de la part d'Ottawa face à la pression américaine qui semble avoir eu peu d'effet.
« Le fait que ces projets soient tous associés à des investissements ou à des propriétaires américains est une conclusion assez accablante », a déclaré Jim Emberger, porte-parole de la New Brunswick Anti-Shale Gas Alliance, qui a contribué à organiser la résistance contre ces projets. « Ils ne sont pas intéressés par la recherche de nouveaux marchés. »
Et dans le cas des usines à gaz, Emberger souligne qu'elles lieront la région aux États-Unis non seulement pour une courte période, mais pour 30 à 35 ans.
« Qu'est-il advenu de l'esprit d'initiative ? »
L'exploitation minière pour la guerre
Au nord-ouest de Fredericton, le département américain de la Guerre lorgne l'un des plus grands gisements de tungstène et de molybdène au monde. Mais pour accéder à ces métaux, il faut construire une nouvelle mine à ciel ouvert.
Le tungstène est une ressource « essentielle » utilisée dans la défense et l'aérospatiale, notamment pour la fabrication de munitions, ce qui explique l'intérêt des militaires. En novembre, Carney a choisi la mine Sisson comme l'un de ses grands projets de construction nationale, la mettant ainsi en lice pour bénéficier d'une procédure accélérée qui lui permettrait de contourner certaines lois.
Les investisseurs tentent de lancer la mine depuis 2007. « Comme il s'agit d'un projet existant, cela donne l'impression que le gouvernement fédéral agit et cela suscite un nouvel enthousiasme pour les métaux rares », a déclaré M. Emberger.
La mine serait développée par la société Northcliff Resources, basée à Vancouver, avec une participation minoritaire de la société néo-zélandaise Todd Minerals Ltd. Bien qu'elle ait reçu les autorisations environnementales en 2015 et 2017, la construction n'a jamais démarré. Aujourd'hui, un nouveau financement a ravivé l'intérêt. Le département américain de la Guerre a investi environ 21 millions de dollars américains, et Ressources naturelles Canada s'est engagé à verser 8,2 millions de dollars canadiens pour soutenir les travaux de faisabilité et d'ingénierie.
Emberger a souligné que la mine apporterait des avantages économiques limités et créerait d'énormes problèmes environnementaux. Elle ne créerait que 500 emplois pendant la construction et 300 pendant l'exploitation. La Chine est le plus grand producteur mondial de tungstène et a la capacité de faire chuter les prix mondiaux si elle estime qu'il y a trop de concurrents, ce qui signifie que la mine pourrait soudainement se transformer en gouffre financier.
Comme le site contient du minerai de tungstène de faible qualité, son exploitation créerait des montagnes de déchets qui seraient stockés dans d'énormes bassins de résidus à l'embouchure de la rivière Nashwaak, qui est cruciale pour les peuples autochtones, en particulier les Wolastoqiyik (Malécites), car elle fait partie de leur territoire traditionnel.
Au cours du processus d'approbation de la mine, Northcliff a été tenue de présenter une évaluation des conséquences d'une défaillance du bassin de résidus et de la manière dont l'entreprise réagirait. Cette évaluation n'a jamais été rendue publique.
Les entreprises américaines s'installent
Les défenseurs de l'environnement tirent également la sonnette d'alarme concernant deux autres projets : une centrale électrique au gaz et au diesel près de Sackville et un immense centre de données proposé à l'extérieur de Saint John.
Ces deux projets impliqueraient une participation et un contrôle importants des États-Unis, et tous deux sont accélérés avec le soutien des autorités provinciales et fédérales.
La société ProEnergy, basée dans le Missouri, en partenariat avec N.B. Power, une société d'État provinciale, a proposé la construction d'une centrale électrique au gaz de 500 mégawatts dans la municipalité rurale de Tantramar. Les dirigeants de N.B. Power ont décrit cette centrale comme un « couteau suisse » pour le réseau, destiné à soutenir les énergies renouvelables, à remplacer le charbon et à répondre aux pics de demande.
Mais les responsables locaux et les habitant·es affirment que le site a été choisi moins pour l'intérêt public que pour la rapidité : N.B. Power a reconnu que cet emplacement présentait le moins d'obstacles en termes d'infrastructures et d'autorisations réglementaires.
La centrale à gaz a suscité beaucoup d'intérêt et de controverse. La société mère de ProEnergy a fait don de près d'un million de dollars à des politicien·nes et candidat·es républicain·es en 2024, et l'entreprise a ouvertement fait pression sur la province pour qu'elle accélère les autorisations. N.B. Power a averti que si l'autorisation réglementaire n'était pas obtenue avant le 2 avril 2026, ProEnergy délocaliserait le projet ailleurs. En réponse, la province a raccourci le calendrier des audiences, réduisant de plusieurs semaines le processus d'examen public.
« Le gouvernement a cédé », a déclaré M. Emberger. « Il réduit maintenant d'un mois le calendrier des audiences, ce qui complique considérablement la tâche des groupes de citoyen·nes qui tentent de s'opposer à ce projet. »
Les organisations communautaires s'efforcent maintenant de trouver des témoins experts et des rapports techniques, tandis que le conseil municipal de Tantramar s'est officiellement opposé au projet et a demandé sa suspension.
Les risques liés à l'utilisation de l'eau et à la pollution ont encore érodé la confiance des habitant·es. Les responsables de N.B. Power ont reconnu que la centrale était susceptible d'affecter les eaux souterraines locales et qu'elle brûlerait du diesel pendant deux semaines par an lorsque l'approvisionnement en gaz naturel serait indisponible.
Par ailleurs, un consortium soutenu par le Texas et Calgary, VoltaGrid et Beacon AI Centers, a proposé la construction d'un vaste centre de données à l'extérieur de Saint John.
S'il était construit, le centre de données tirerait la moitié de son énergie du réseau provincial, soit près de la moitié de la production de la centrale à gaz Tantramar proposée, le reste provenant d'une centrale à gaz sur place. N.B. Power a nié tout lien officiel entre les deux projets, mais les détracteurs affirment que l'ampleur du centre de données explique en partie l'urgence de construire de nouvelles infrastructures pour les combustibles fossiles.
Les habitant·es de la région s'inquiètent de l'empreinte environnementale du projet. Le site se trouve au milieu d'une forêt mature et ancienne, de zones humides et de tourbières qui seraient défrichées pour faire place à l'installation, à trois minutes à pied des habitations.
Un groupe local, Save Lorneville, a lancé une procédure de contrôle judiciaire pour contester la décision de rezonage de la ville, soulevant des préoccupations concernant le bruit, la consommation d'eau pour le refroidissement et la contamination de l'eau des puits.
Pour le grand chef Wolastoqewi Ron Tremblay, il n'est pas surprenant que le Canada autorise des entreprises étrangères à exploiter la terre natale de son peuple. Il estime toutefois que le soutien des gouvernements fédéral et provincial à cette série de projets soutenus par les États-Unis équivaut à « tromper les Canadien·nes ».
M. Tremblay défend les terres des Wolostokuk contre la mine Sisson depuis près d'une décennie. Il s'est récemment rendu en Nouvelle-Zélande, où il a rencontré la famille Todd, propriétaire de Todd Minerals Ltd, qui détient des parts dans Northcliff et la mine Sisson. Il les a informés qu'il y aurait une « forte résistance » au projet.
« Les colons peuvent déménager et partir où ils veulent, mais pour nous, c'est notre terre natale, a-t-il déclaré. Nous ne pouvons pas considérer un autre endroit comme notre foyer. J'ai donc dit que nous défendrions ces terres. Nous ne pouvons pas contrôler notre peuple lorsqu'il veut aller sur le terrain pour le défendre. Il le fera. »
Lutter contre la ruée
Un mouvement prend de l'ampleur dans toute la province pour s'opposer aux récentes annonces de développement. La Protect the Chignecto Isthmus Coalition, une alliance de 15 organisations comprenant des groupes environnementaux, sanitaires et communautaires, s'oppose à la centrale à gaz de Tantramar.
« C'est l'une des plus grandes coalitions de l'histoire du Nouveau-Brunswick », a déclaré M. Emberger, et elle est similaire au mouvement populaire qui s'est formé contre la tentative d'acquisition de N.B. Power par Hydro Québec en 2010 ou au mouvement anti-gaz de schiste de 2013.
Selon M. Emberger, il peut être compliqué de s'organiser au Nouveau-Brunswick. C'est une province rurale, et il est difficile d'organiser de grands rassemblements, car cela oblige les gens à faire des heures de trajet. Cependant, ce mouvement a donné naissance à de multiples tactiques populaires : campagnes numériques, tracts, assemblées publiques et groupes sur les réseaux sociaux tels que « Stop the Tantramar Gas Plant » (Arrêtez la centrale à gaz de Tantramar) et « Save Lorneville » (Sauvez Lorneville).
L'un des objectifs de la coalition est d'aider les habitant·es du Nouveau-Brunswick à prendre conscience du pouvoir dont ils et elles disposent.
« Nous entendons sans cesse des gens avec lesquels nous interagissons dire qu'ils ne savent même pas qu'ils ont le droit de s'adresser à leur député ou à leur membre de l'Assemblée législative », a déclaré Melanie Langille, présidente et directrice générale de New Brunswick Lung, l'un des plus anciens organismes caritatifs de la province dédié à l'amélioration de la qualité de l'air.
New Brunswick Lung s'inquiète principalement des répercussions de la centrale à gaz sur la santé. « La pollution atmosphérique est l'un des principaux facteurs de maladies pulmonaires et d'aggravation des affections pulmonaires existantes », a-t-elle déclaré.
Selon le groupe, un·e Néo-Brunswickois·e sur cinq souffre déjà d'une maladie pulmonaire. Cette usine à gaz entraînerait des problèmes de santé liés à la combustion de combustibles fossiles.
« Il semble y avoir une tendance inquiétante à l'érosion des protections environnementales dont nos voisins ont bénéficié dans le passé », a déclaré Mme Langille à propos des projets récents.
Les Néo-Brunswickois·es veulent que le gouvernement s'engage à investir dans le bien-être de la terre et des personnes qui y vivent.
Pour Ron Tremblay, cela impliquerait de restituer des terres et des noms de lieux aux Wolastoqewi. Pour commencer, a-t-il déclaré, les noms des rivières qui traversent leur territoire pourraient être restitués. Au-delà de cela, il souhaite que son peuple reprenne la gestion de ses propres terres.
« Commençons par parler des terres de la Couronne qui appartiennent réellement à notre peuple », a-t-il déclaré.
Pour les membres de la coalition, cela signifie investir dans les énergies vertes et les transports écologiques. Ils réclament une énergie propre publique pour répondre à la pénurie énergétique prévue dans la province. Ils aimeraient voir se construire un réseau électrique national.
« Il existe des alternatives », a déclaré M. Langille. « Nous avons tendance à nous reposer très rapidement sur ce qui nous est familier, ce que nous avons utilisé dans le passé, à savoir la combustion de carburant pour produire de l'énergie, mais cela a des répercussions sur la santé. Nous pouvons faire mieux. »
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Perturbation lors de l’allocution de l’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra
Montréal,, 13 janvier 2026 - À 11h30 aujourd'hui, des militants du groupe Alliance ouvrière, accompagnés d'alliés anti-impérialistes, ont perturbé le déroulement d'une allocution de l'ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, qui se tenait au Club Saint-James. Les manifestants ont bloqué l'entrée principale, ainsi que l'entrée du stationnement du Club, retardant le début de la conférence.
Après une intervention de la police, les participants à la conférence ont pu se faufiler par une entrée réservée aux employés. L'ambassadeur n'a pu accéder au bâtiment que sous escorte policière à 11h45, 15 minutes plus tard que le début prévu de l'événement.
Des employés du club ont tenté de déloger les manifestants manu militari à trois reprises, mais n'ont pas réussi et ont dû attendre les interventions de la police qui a mobilisé 8 véhicules.
Non ne tolérerons pas que, tandis que les États-Unis commettent actuellement des violations du droit international et tiennent captif le président du Venezuela et sa femme, l'ambassadeur des États-Unis au Canada vienne tenir une conférence devant le gratin économique de Montréal pour nous affirmer que ce pays veut continuer de faire des échanges avec nous.
Souveraineté pour tous les peuples ! États-Unis hors de l'Amérique latine !
– Un regroupement de travailleurs contre l'agression états-unienne
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Pour une gestion transparente et responsable des déchets radioactifs
Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile canadienne sont consternés d'apprendre que les Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) ont décidé de regrouper les déchets radioactifs (dont le gouvernement fédéral a la responsabilité) aux Laboratoires de Chalk River ; c'est une décision prise sans consulter les Premières Nations ni le public, et sans débat parlementaire.
2 décembre 2025
Les Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) ne sont qu'un entrepreneur privé et non pas un organisme gouvernemental.
Pour la population, l'inquiétude grandit car il n'y a pas d'obligation de rendre compte au public.
Pourquoi tout concentrer à Chalk River ?
Les LNC n'ont pas l'intention d'entreposer de façon permanente les déchets de haute ou de
moyenne activité à Chalk River. Il faudra les déménager. Chalk River est un endroit peu propice à la consolidation des déchets radioactifs, car il est situé sur la rivière des Outaouais et la région est sujette à des secousses sismiques. Le combustible nucléaire irradié est de haute activité ; il est transporté à Chalk River à partir du site des réacteurs nucléaires du Manitoba, de l'Ontario et du Québec pour un stockage intérimaire en attendant la construction d'un dépôt géologique en profondeur (DGP) proposé. Les LNC ont l'intention de transporter éventuellement ce combustible nucléaire irradié dans un DGP. Cependant, ce DGP n'existe pas encore ; peut-être qu'il ne sera jamais approuvé ou n'obtiendra jamais de permis. Finalement, que le DGP soit construit ou non, les enjeux du transport des déchets radioactifs doivent être adressés.
Il y a des risques et coûts accrus de transporter à deux reprises le combustible irradié : d'abord à partir des centrales nucléaires jusqu'à Chalk River, puis de Chalk vers une deuxième destination. Cela entraîne des risques accrus pour la sécurité et un gaspillage des fonds publics. Le gouvernement déplace les déchets radioactifs à grands frais et à haut risque mais ne résout pas le problème définitivement. Il n'y a toujours pas de solution sécuritaire adéquate malgré 45 ans d'efforts.
Le transport proposé vers Chalk River des déchets de moyenne activité provenant du démantèlement des réacteurs nucléaires est aussi non judicieux. L'inquiétude du public a été exacerbée par la nouvelle du transport clandestin de tonnes de combustible nucléaire irradié de Bécancour au Québec vers Chalk River, durant l'été, le long de routes et sur les ponts publics, sans autorisation explicite ni possibilité de consultation publique, ni même d'avis approprié.
Nous demandons au gouvernement fédéral d'imposer un moratoire sur le transfert des déchets radioactifs canadiens à Chalk River en raison du risque croissant de contamination radioactive et de l'absence d'une procédure régulière acceptable.
Nous demandons au gouvernement fédéral d'interdire, entres autres, toutes les importations de déchets radioactifs provenant de l'étranger, y compris les sources médicales désaffectés, les sources lumineuses au tritium périmées, ou du combustible nucléaire irradié.
Nous demandons au ministre de l'Environnement et du Changement climatique de procéder à
une évaluation stratégique du transport des déchets radioactifs de haute activité et de moyenne activité sur les routes publiques, conformément à l'article 95 de la Loi sur l'évaluation d'impact.
Les résultats de cette évaluation alimenteraient toute évaluation de projet relative à une installation nucléaire. Le but serait d'examiner, par exemple, l'impact cumulatif à Chalk River
et de fournir un cadre pour les prochaines évaluations environnementales des futurs projets de démantèlement des centrales et des réacteurs nucléaires.
Patrick Bonin
Porte-parole du Bloc Québécois en matière
d'Environnement et de Changements climatiques
Elizabeth May
Parti vert du Canada
André Bélanger
Fondation Rivières
Alain Branchaud
SNAP Québec
Ginette Charbonneau
Physicienne et porte-parole du Ralliement contre la pollution radioactive
Rodrigue Turgeon
Avocat, Mining Watch Canada
Gilles Provost
Ralliement contre la pollution radioactive
Paul Germain
Ville de Prévost
Catherine Potvin
Université McGill
Nadege Katende
Conseillère municipale de Farnham
Catherine Craig-St-Louis
Conseillère municipale de Gatineau
Joann, McCann-McGill
Old Fort William Cottagers Association
Carole Dupuis
Mouvement écocitoyen une planète
Kathryn Lindsay
Bonnechere River Watershed Project
Angela Keller-Herzog
Community Action for Environnemental Sustainability Ottawa
Paul Johanis
Greenspace Alliance of the Nation's Capital
Kerry Blaise
Legal Advocates for Nature's Defence
Joyce Hall
Ontario Climate Emergency Campain
Ole Hendrickson
Ottawa River Institute
Larissa Holdman
Ottawa Riverkeeper
Charlie MacLeod
Co-président, Coalition Verte
Carole Reed
Co-présidente, Coalition Verte
Damon Matthews
Professeur à l'université Concordia
Richard Denton
IPPNW Canada, Sudbury Chapter
Arnd Jurgensen
Science for Peace
Tony Reddin
Concil of Canadians, PEI Chapter
Thibault Rehn
Vigilance OGM
Florence Stratton
Making Peace Vigil
Alison Hackney
Coalition Verte
Michael Keegan
Coalition for a Nuclear Free Great Lakes
Nathalie Belisle
Mairesse de Cantley
Joey Leckman
Conseiller municipal, Ville de Prévost
Yvon Barrière
Directeur-géneral, FTQ
Abram Benedict
Chiefs of Ontario
Lance Haymond
Chief, Kabaowek First Nation
Francis Verreault-Paul
Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador
Céline-Audrey Beauregard
Mairesse de Verdun
Conseillère d'arrondissement RDP-PAT
Mélodie Georget
Ville de Mont-Saint-Hilaire
Dominic Champagne
Jonathan Tremblay
Co-porte-parole, Coalition Mobilisations Citoyennes Environnementales de Laval
Dr. Gordon Edwards
Président, Regroupement pour la surveillance
Beatrice Olivastri
Friends of the Earth Canada
Dr. John Guilfoyle (MB BAO BCh FCFP
International Physicians for the Prevention of Nuclear War - Canada
Penny Rankin
National Council of Women of Canada
Alley McDonald
Canadian Voice of Women for Peace
Gretchen Fitzgerald
Sierra Club Canada
Justin Roy
Kebaowek First Nation
Marc Ricard
L'Assomption en transition
Jean-Pierre Finet
Regroupement des organismes environnementaux en énergie
Gabrielle Spenard-Bernier
Mères au front
Patrick Rasmussen
Mouvement vert Mauricie
Camille Caumette
Ambioterra
Pierre Jasmin
Les Artistes pour la Paix
Bryan Smith
Chaire Oxford, Coalition for Social Justice
Jane Scott
Citizens Against Radioactive Neighbourhoods
Cassandra Ryan
Toronto Raging Grannies
Angela Bischoff
Ontario Clean Air Alliance
Rita Groen
Protect Our Waterways
Rebecca Hagey
Physicienne, Our Brains Matter
Ceredwyn Hill
No Clearcuts Kingston Inc.
Angela Keller-Herzog
Community Action for Environmental Sustainability Ottawa
Joyce Hall
Ontario Climate Emergency Campaign
Dr. Ole Hendrickson
Concerned Citizens of Renfrew County and Area
Ottawa River Institute
Lorraine Green
Grandmothers Act to Save the Planet
Eva Schacherl
Council of Canadians, Ottawa Chapter
Herb Sawatzky
50 by 30 Niagara
Faye More
Port Hope Community Health Concerns Committee
Gail Cockburn
Durham Nuclear Awareness
Donnafaye Milton
Council of Canadians, London Branch
Brennain Lloyd
Northwatch
Chris Corey
New Brunswick Environmental Coalition
Sam Arnold
Sustainability Group
Ann McAllister
Coalition for Responsible Energy Development in New Brunswick
Gordon W. Dalzell
Citizens Coalition For Clean Air
Chief Hugh Akagi
Peskotomuhkati Nation at Skutik
Garry Guild
Council of Canadians, Fredericton Chapter
John Jacobs
Physicien, Council of Canadians, Avalon Chapter
Barbara Gallagher
Citizen Action to Protect the Environment
Karen Weingeist
Coalition for a Clean Green Saskatchewan
Linda Murphy
Interchurch Uranium Committee Educational Cooperative
Ingrid Alesich
Clean Green Regina
Lorna Evans
Qu'Appelle Valley Environmental Association Inc.
Jule Asterisk
The Society of High Pairie Regional Environmental Action Committee
David Taylor
Concerned Citizens of Manitoba
Anne Lindsey
No Nukes Manitoba
Les Scott
Manitoba Energy Justice Coalition
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Les barrages sur la Péribonka nous appartiennent !
Jeudi le 15 janvier dernier, le Mouvement Onésime-Tremblay tenait à Jonquière une conférence de presse pour informer la population d'une démarche importante effectuée au tout début de l'année 2026. Dans une lettre envoyée à la ministre Christine Fréchette, le Mouvement Onésime-Tremblay interpelle cette dernière au sujet du non-respect des engagements de Rio Tinto.
Mouvement Onésime-Tremblay
En conférence de presse, l'association des retraités syndiqués d'Alcan Rio Tinto, Mères au front Saguenay, Climat Québec, Québec Solidaire et l'ancien député du Bloc Robert Bouchard ont appuyé la démarche du Mouvement Onésime-Tremblay. Voici le contenu de la lettre à la ministre.
Saguenay le premier janvier 2026
Mme Christine Fréchette
Ministre de l'économie, de l'innovation et de l'énergie
Assemblée Nationale du Québec
Hôtel du Parlement
1045, rue des Parlementaires
Québec, (Québec) G1A 1A3
ministre@economie.gouv.qc.ca
Sujet : Bail de la Péribonka et non-respect des engagements. Le Mouvement
Onésime-Tremblay demande au gouvernement d'appliquer la clause qui lui
permet de prendre possession des barrages et de leurs installations.
Madame la ministre,
La présente est pour attirer votre attention sur le non-respect connu, reconnu et
aujourd'hui banalisé des engagements de Rio Tinto envers le gouvernement du
Québec et la population du Québec.
En 1984, le gouvernement du Québec et Alcan renouvelaient le bail de la rivière
Péribonka pour les 50 années suivantes, avec une option de renouvellement
supplémentaire de 25 ans soit de 2033 à 2058. En retour du droit d'exploiter ses
trois barrages sur ladite rivière, Alcan s'engageait en contrepartie à construire
trois usines de classe mondiale (400 000 tonnes métriques). En vertu des
clauses du bail, le non-respect des engagements par Alcan entraînait
l'annulation de l'entente supplémentaire, ainsi que la prise de possession par le
gouvernement des barrages ainsi que de toutes les installations permettant leur
exploitation.
À l'époque, la signature de ce bail s'inscrivait dans un contexte de fermeture des
vieilles usines d'Alcan et donc, de pertes d'emploi. Cette question des emplois a
une forte résonance au Saguenay Lac Saint-Jean puisqu'au début des années
60, les barrages d'Alcan avait été dispensés de nationalisation parce que la
multinationale créait un grand nombre d'emplois bien rémunérés. C'est ce qu'on
appelle dans notre région le « pacte social » : privilèges en retour d'emplois.
C'est dans l'esprit de ce pacte que le renouvellement du bail de Péribonka en
1984 comprenait des engagements contraignants pour Alcan.
Que s'est-il passé depuis la signature de ce bail ? En 2006, deux usines avaient
été construites (Alma et Laterrière) mais il en manquait une. Le gouvernement et
Alcan ont alors signé une entente dite « de continuité » qui donnait jusqu'en
2015 à la multinationale pour respecter ses engagements. En 2015, on a ajouté
cinq ans à ce délai et en 2020, rebelote avec un autre cinq ans fixant l'échéance
au 31 décembre 2025.
Où en sommes-nous aujourd'hui ? Rio Tinto, qui entre-temps a fait l'acquisition
d'Alcan en 2007, a entrepris la construction de la deuxième phase de son usine
d'Arvida qui portera la production à 220 000 tonnes métriques soit la moitié de
son engagement. Si on en croit une entrevue donnée à La Presse en novembre
par le président de Rio Tinto Aluminium Jérôme Pécresse, la construction de la
deuxième moitié de l'usine n'est même pas dans les cartons. On ne saurait être
plus clair, non seulement ils n'ont pas respecté leur engagement mais ils n'ont
pas l'intention de le faire et ce, malgré les multiples délais. Sur le front des
emplois, il faut parler d'hécatombe puisqu'on en sera bientôt aux environs de
3 000 comparativement à 12 000 au début des années ‘80. Qu'est-ce qu'attend
votre gouvernement pour mettre son pied à terre et imposer le respect des
clauses du bail de Péribonka ?
En juin dernier, deux anciens cadres d'Alcan (Jacques Dubuc et Myriam Potvin)
lançaient un cri d'alarme en publiant un livre (L'exploitation de notre eau, édition
Somme Toute). Dans ce livre, les auteurs étaient catégoriques : « Les
engagements de Rio Tinto pris dans l'entente de 2006 sont toujours valides. Le
dernier délai pour réaliser cet engagement aurait dû être le 31 décembre 2025.
Son non-respect devrait avoir pour conséquence de libérer le gouvernement de
ses propres engagements dans l'entente de 2006, comme précisé dans le
renouvellement du bail de la rivière Péribonka. Le levier du bail de location des
forces hydrauliques de la rivière Péribonka et des conditions qui s'y rattachent se
trouve toujours entre les mains du gouvernement du Québec » (p. 61).
Compte tenu que RTA n'a pas respecté ses engagements, le Mouvement
Onésime-Tremblay interpelle donc le gouvernement afin qu'il signifie à Rio Tinto
que l'entente supplémentaire de 25 ans est annulée et qu'il entend, en 2033,
reprendre possession des trois barrages de la Péribonka ainsi que les
installations les accompagnant. Ne rien faire signifierait, qu'on accepte
l'inacceptable, soit de prolonger indûment une entente avec une compagnie qui a
refusé de respecter ses engagements, malgré les nombreux délais de plus de 20
ans, dont elle a bénéficié.
Ce geste représentera un geste significatif de respect de la parole, de dignité et
d'indépendance.
Merci, en espérant une réponse de votre part.
Mouvement Onésime-Tremblay
c.c. : François Legault, premier ministre du Québec
Marc Tanguay, chef de l'opposition
Ruba Ghazal, co-cheffe parlementaire 2° opposition
Sol Zanetti, co-porte-parole 2° opposition
Paul Saint-Pierre Plamondon, chef 3° opposition
Créé dans la foulée d'un colloque (1926-2026 : cent ans d'occupation par Alcan
et Rio Tinto, le bilan s'impose) tenu à Saguenay le 22 octobre 2024 et
rassemblant une centaine de participant(e)s provenant des milieux
communautaires, écologistes, syndicaux et populaires, le Mouvement Onésime-
Tremblay a pour objectifs : 1- de favoriser l'expression et la diffusion d'un point de
vue axé sur le bien commun face à l'impact des actions passées, présentes et
futures d'Alcan et Rio Tinto. 2- De contribuer à la reprise en main de nos
ressources naturelles dans l'intérêt de la collectivité.

Les contradictions entre les valeurs des entreprises et leurs pratiques en matière de projets énergétiques et environnementaux
L'Association des résidents et résidentes de Buckingham (ARB) souhaite attirer l'attention des médias sur une condamnation récente qui soulève des questions de crédibilité et de responsabilité environnementale dans le contexte du projet de pipeline d'hydrogène proposé à Gatineau.
Gatineau, le 15 janvier 2026
Le 7 janvier 2026, ERCO Mondial, producteur et fournisseur d'hydrogène dans le cadre du projet H₂ d'Enbridge, a été condamné par la Cour du Québec à payer une amende de 1,3 million de dollars pour avoir contrevenu à la Loi sur les pêches, notamment en raison de déversements de substances chimiques dans la rivière du Lièvre, à Buckingham, ainsi que pour un retard dans la déclaration de ces incidents aux autorités compétentes.
Même si les infractions remontent à 2019, la condamnation rendue en 2026 est récente et concerne un acteur clé de la chaîne de production du projet H2 d'Enbridge. Dans un contexte où un projet est présenté comme vert et exemplaire, il est légitime que les citoyens s'intéressent à la cohérence entre les discours environnementaux et les antécédents réels des entreprises impliquées.
Pour l'ARB, il est essentiel que les discours sur la transition énergétique et la protection de l'environnement soient cohérents avec les pratiques réelles, en particulier lorsqu'un projet d'infrastructure industrielle est proposé à proximité de quartiers résidentiels, d'écoles et de milieux sensibles.
Les citoyens sont en droit de se demander
– Comment les incidents environnementaux sont détectés et signalés en pratique ; - -
= Est-ce que la ville de Gatineau était au courant de ces déversements ;
– Quelle transparence est offerte au public et aux autorités ;
– Sur quelles bases concrètes repose la confiance demandée aux communautés
L'ARB réitère que la protection de l'environnement et de la sécurité publique ne peut
reposer uniquement sur des engagements déclaratifs, mais doit s'appuyer sur des
antécédents clairs, des pratiques rigoureuses et une transparence
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Projet d’expansion du port de Montréal à Contrecœur : évaluation des enjeux économiques, stratégiques et environnementaux
Une étude effectuée par Henri Chevalier, doctorant, et Éric Pineault, prof. au département de sociologie et à l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM pour le compte de la Société pour la nature et les parcs - SNAP Québec, met en lumière que le projet d'agrandissement du Port de Montréal à Contrecoeur manque d'assises… économiques.
La SNAP Québec contestera en Cour fédérale le projet d'expansion du Port de Montréal à Contrecœur, alors que le gouvernement a la semaine dernière délivré des autorisations au Port de Montréal, qui permettent ainsi à celui-ci de détruire l'habitat naturel du chevalier cuivré, un poisson qui n'existe qu'au Québec et qui est sur le seuil de l'extinction.
Lire l'intégral de l'étude=AT2ScLV3aZvFEwgECiZTk-ciQdOosg1pIj-w9fbyKyyTd61RMnO9MJrMxYGfv_T_zNCL3K6BQrUU8rDSXkuKcPuExvotMQmKXNx_uHqHMRxdjV_NhtBHTub6qelYc8g5RFdiDdZqAm2uwZat32Lle7QIJjvo_1GOfOwhaYUtkS7RkCMt9IMYigdEVT8MiWSW_BfkFRlXJUjz9YsPincMVML96g].
Le projet d'agrandissement du port de Montréal à Contrecœur représente l'un des plus importants investissements publics en infrastructures maritimes au Canada depuis plusieurs décennies. Situé à une cinquantaine de kilomètres en aval de Montréal, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, le futur terminal vise à accroître la capacité de manutention de conteneurs du réseau portuaire montréalais, présenté par ses promoteurs comme un « centre logistique clé » du commerce canadien. Il s'agit d'une infrastructure d'une taille considérable qui changera irrémédiablement cette zone sensible du fleuve Saint-Laurent à l'embouchure du Lac Saint-Pierre. Il faut situer ce projet d'agrandissement dans un contexte plus général où les milieux écologiques dans le sud du Québec, particulièrement les milieux humides et les eaux, connaissent déjà une pression accrue liée à l'urbanisation, à l'agriculture, à l'industrialisation riveraine et à l'intensification du transport maritime (Auzel et al., 2021). Ces milieux, fragmentés et dégradés depuis des décennies, jouent pourtant un rôle crucial dans la biodiversité, la filtration des eaux, la régulation hydrologique et la résilience socio-écologique de tout le corridor fluvial. L'ajout d'une infrastructure portuaire majeure dans un secteur aussi fragile accentuera inévitablement les effets cumulatifs sur des écosystèmes déjà à la limite de leur capacité d'absorption. Voilà pourquoi il importe d'examiner rigoureusement les arguments économiques convoqués par les promoteurs pour justifier la croissance du port de Montréal.
Introduction de l'étude
Le projet comprend la construction de deux postes à quai, d'une aire de manutention de conteneurs, d'une cour ferroviaire intermodale connectée au réseau national, ainsi que d'un portail d'accueil pour camions et d'installations administratives et techniques de soutien (Port de Montréal, s.d.a). L'administration portuaire prévoit qu'à l'horizon 2050, le terminal pourra traiter jusqu'à 1,15 million de conteneurs (EVP) par an. Ce volume supplémentaire permettrait, selon les estimations officielles, de générer environ 140 millions de dollars de retombées économiques annuelles au Canada et de soutenir près de 10 330 emplois permanents à long terme, en plus de 3 770 emplois directs et indirects durant la phase de construction (PDM, s.d.a).
Le projet repose sur un financement majoritairement public : 300 M$ d'Ottawa, 130 M$ du Québec et 480 M$ empruntés par le Port de Montréal. Son coût total a bondi d'environ 150 %, passant de 950 M$ à 2,3 G$, justifié par le souhait de renforcer la compétitivité maritime du Canada (PDM, s.d.a ; Arsenault, 2025b).
Le calendrier de réalisation s'échelonne sur plusieurs années. Les travaux préparatoires du site, en collaboration avec le partenaire privé DP World, ont commencé à l'automne 2025. Les travaux dans l'eau débuteront en 2026, suivis des travaux terrestres à partir de 2027, incluant la construction des quais, de la cour ferroviaire et des infrastructures logistiques. La mise en service du terminal est prévue pour 2030 (Normand, 2025).
L'argument central avancé par le Port de Montréal est celui de la saturation prochaine de ses installations actuelles sur l'île de Montréal. L'administration estime qu'avec la croissance démographique et économique de l'est du Canada — dont 88 % des volumes portuaires sont destinés au marché intérieur canadien — et la diversification des marchés d'exportation, le terminal de Contrecœur serait essentiel pour éviter la congestion des infrastructures de transbordement dans la région métropolitaine. Le port soutient que, si seulement 6 % des exportations canadiennes se réorientent vers d'autres marchés que les États-Unis, la capacité actuelle serait atteinte et nécessiterait une expansion immédiate (PDM, s.d.).
Toutefois, ces justifications officielles reposent sur des hypothèses de croissance économique et commerciale optimistes. Le commerce maritime mondial traverse une phase de transformation profonde, marquée par un ralentissement structurel des échanges, la concentration des flux dans de grands hubs en eaux profondes, et la montée des contraintes énergétiques et climatiques. Dans ce contexte, la pertinence d'investir dans une nouvelle infrastructure portuaire d'une telle ampleur soulève de sérieuses questions économiques, environnementales et stratégiques.
Ce rapport vise précisément à évaluer la nécessité et la cohérence du projet d'agrandissement de Contrecœur, en examinant ses fondements économiques, techniques et environnementaux. Il s'agira d'abord de vérifier si la capacité portuaire existante sur la côte Est nord-américaine, tant au Canada qu'aux États-Unis, est suffisante pour absorber la croissance anticipée du trafic conteneurisé, rendant potentiellement redondante l'expansion de Montréal. Le rapport mettra ensuite en lumière les risques structurels liés à l'évolution du commerce maritime, notamment la taille croissante des navires et la limitation du tirant d'eau du Saint-Laurent, qui exclut Montréal du segment des méganavires et fragilise sa compétitivité. Par ailleurs, l'analyse considérera la contrainte climatique pesant sur la rentabilité future du terminal : les changements climatiques modifient le régime hydrologique du fleuve Saint-Laurent, provoquant des basses eaux chroniques qui compromettent la navigabilité et la fiabilité du corridor maritime. Enfin, le rapport examinera les risques financiers et institutionnels liés à la surestimation des bénéfices économiques des mégaprojets d'infrastructures, à la lumière de la littérature scientifique.
L'objectif ultime de ce rapport est donc de déterminer si le terminal de Contrecœur constitue une réponse nécessaire et cohérente aux besoins réels du commerce canadien — ou s'il risque au contraire de devenir une infrastructure surdimensionnée et sousutilisée, un « éléphant blanc » coûteux pour les finances publiques et incompatible avec les transformations structurelles du commerce maritime mondial.
La conclusion et les recommandations
Ainsi, le projet de Contrecœur ressemble moins à une réponse stratégique qu'à un mégaprojet reposant sur des projections dépassées et des hypothèses trop optimistes faisant face à une série de limites structurelles, économiques, environnementales et stratégiques qui remettent directement en cause sa pertinence, son urgence et sa viabilité à long terme.
Dans le contexte actuel de stagnation du commerce, de futures contraintes énergétiques croissantes et de risques environnementaux majeurs, il apparaît donc prématuré — voire imprudent — d'investir des fonds publics dans une infrastructure qui pourrait devenir un « éléphant blanc » plutôt qu'un moteur de développement durable.
Malgré l'ambition affichée d'accroître la capacité portuaire du Saint-Laurent, les données montrent clairement que ni les tendances du commerce mondial, ni la performance actuelle du Port de Montréal, ni les conditions environnementales locales ne justifient un investissement public d'une telle ampleur.
Premièrement, les arguments de saturation avancés par l'Administration portuaire de Montréal ne tiennent pas. Les volumes conteneurisés stagnent depuis 2019, les marges opérationnelles se contractent et la productivité du capital a chuté de près de 40 % entre 2014 et 2022. Les infrastructures actuelles disposent donc encore d'une large marge de capacité, et rien n'indique que la croissance anticipée du trafic se réalisera — d'autant que plusieurs ports de la côte Est nord-américaine opèrent à moins de 60 % de leur capacité.
Deuxièmement, les tendances du commerce maritime jouent contre Montréal : la flotte mondiale se concentre désormais sur les méga-navires nécessitant des ports en eaux profondes, alors que le tirant d'eau du Saint-Laurent exclut structurellement Montréal de ce segment. Dans un marché dominé par les économies d'échelle, Contrecœur serait donc non compétitif face à des hubs comme Halifax ou New York et risquerait de demeurer un port secondaire, peu attractif pour les grandes alliances de transport maritime.
Troisièmement, la viabilité de Contrecœur est fragilisée par des facteurs énergétiques et climatiques majeurs. La transition énergétique pourrait exiger des transformations techniques et infrastructurelles majeures. Parallèlement, les épisodes de basses eaux sur le Saint-Laurent se multiplient, forçant les navires à réduire leur cargaison, augmentant les surcharges logistiques et allongeant les temps de transit — des conditions qui poussent déjà plusieurs transporteurs à rediriger leur trafic vers des ports américains plus fiables.
Quatrièmement, les impacts environnementaux et sociaux du projet sont majeurs, cumulatifs et largement irréversibles. Les mesures compensatoires proposées pour le chevalier cuivré sont jugées écologiquement incertaines, scientifiquement fragiles et légalement contestées, d'autant plus qu'elles impliquent elles-mêmes la destruction d'habitats essentiels, en contradiction directe avec la Loi sur les espèces en péril.
Enfin, l'analyse démontre que l'APM s'inscrit dans un schéma classique de surestimation des bénéfices observé dans les mégaprojets publics. Les projections financières du port reposent sur des scénarios optimistes qui ignorent les tendances réelles du marché et les contraintes structurelles du Saint-Laurent. Dans ces conditions, Contrecœur risque fortement de devenir un « éléphant blanc » : une infrastructure surdimensionnée, sousutilisée et financée par des fonds publics qui devront absorber son déficit structurel.
En conclusion, rien n'indique que ce projet doit être réalisé dans l'urgence : la croissance du trafic conteneurisé stagne, plusieurs ports de la façade Est disposent encore de marges de capacité significatives, et l'évolution des chaînes logistiques demeure incertaine, ce qui suggère qu'un report ou un phasage de l'investissement ne créerait aucun préjudice économique majeur.
Au contraire, retarder la mise en œuvre permettrait de réévaluer le projet à la lumière des données récentes, d'éviter un engagement irréversible dans un contexte volatil, et d'assurer que toute expansion portuaire réponde à un besoin démontré plutôt qu'anticipé.
Face à ces constants, nous recommandons les propositions suivantes :
1. Instaurer un moratoire sur les travaux tant que la conformité à la LEP, la robustesse des mesures compensatoires et les impacts cumulatifs n'ont pas été réévalués par un panel scientifique indépendant : privilégier la protection et la restauration d'habitats existants plutôt que des compensations spéculatives dans un secteur déjà dégradé.
2. Lancer un plan d'optimisation des terminaux existants : amélioration de la productivité (technologies, organisation, intermodalité), meilleure utilisation des quais actuels, revue des horaires de manutention et des processus logistiques avant tout ajout de capacité.
3. Adopter une stratégie portuaire prudente et différenciée : positionner Montréal comme port régional/feeder spécialisé (marchés niche, valeur ajoutée logistique, desserte régionale) plutôt que tenter de concurrencer les grands hubs d'ULCV ; réviser les scénarios de trafic en tenant compte du nearshoring et de la relocalisation industrielle.
4. Soumettre tout projet portuaire majeur à des stress tests climatiques et énergétiques obligatoires : scénarios de transition énergétique, de baisse de volumes, de basses eaux récurrentes ; intégrer ces scénarios dans l'analyse financière (rentabilité, risque d'actif échoué) et dans les décisions d'investissement et conditionner les approbations fédérales à la démonstration de la résilience du projet à ces scénarios.
5. Renforcer la gouvernance et la reddition de comptes : rendre publics tous les rapports techniques, décisions d'autorisation et documents de compensation ; tenir de véritables consultations publiques sur les alternatives (phaser le projet, le réduire, ou le remplacer), avec participation des communautés locales.
6. Réorienter une partie des fonds publics prévus pour Contrecœur vers des infrastructures alignées avec la décarbonation, la transition écologique et la résilience énergétique régionale : relocalisation de la production, modernisation des terminaux existants, électrification des équipements, rail, logistique bas carbone de courte distance, restauration d'habitats du Saint-Laurent afin de réduire la dépendance aux flux maritimes longue distance.
7. Créer un comité fédéral regroupant différents experts afin de définir une nouvelle planification logistique canadienne alignée avec la sobriété matérielle, l'investissement local, la résilience énergétique régionale, et la transition écologique.
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Bilan et perspectives 2025-2026 de la FTQ
Montréal, le 8 janvier 2026. – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) retient de l'année 2025 l'échec total du gouvernement de François Legault qui, au terme de sept années au pouvoir, n'a rien fait pour régler les crises du logement, de l'itinérance, de la vie chère, de la santé ou de l'éducation. « Afin de masquer ses échecs, ce gouvernement en fin de mandat a choisi de diviser en ciblant de manière malicieuse les personnes migrantes, les médecins et les syndicats comme étant responsables des crises que nous traversons.
Ce gouvernement abandonne également les milliers de travailleurs et travailleuses qui perdent leur emploi, ainsi que les entreprises en difficulté en raison de la guerre tarifaire que livrent nos voisins du Sud. Il est où le plan de sortie de crise ? », de questionner la présidente et le secrétaire général de la FTQ, Magali Picard et Olivier Carrière.
« La population du Québec doit également prendre conscience des dérives démocratiques de ce gouvernement avec ses projets de loi et lois qui n'ont qu'un seul objectif : museler la société civile et les organisations syndicales en s'ingérant dans leur gouvernance et leurs droits de contester des lois arbitraires. Le projet de loi sur la Constitution écrit sur un coin de table est un autre exemple de cette dérive. Un projet de loi qui menace également le droit des femmes à l'avortement », ajoute la présidente, Magali Picard.
Au fédéral, la FTQ entend poursuivre ses échanges avec le gouvernement libéral qui croit au dialogue social tout en restant consciente qu'il y aura des batailles à mener.
Par ailleurs, au terme du 34e Congrès de la centrale qui s'est tenu à Québec en novembre dernier, les personnes déléguées représentant les 33 grands syndicats affiliés de la FTQ ont adopté plus de 150 résolutions confirmant ainsi les mandats et le rôle de représentation politique de la centrale et de ses dirigeants. Aussi, en 2026, la FTQ et les partenaires syndicaux vont poursuivre leur travail de réflexion avec les États généraux du syndicalisme. « Amorcé au printemps 2025, cet exercice est la preuve que nos organisations sont assez matures pour se remettre en question et réfléchir sur nos approches afin de renforcer la solidarité, d'identifier ce qui fonctionne et ce que nous faisons moins bien dans le but de répondre aux attentes des personnes que nous représentons », ajoute le secrétaire général, Olivier Carrière.
Enfin, en cette année électorale, la FTQ compte bien faire entendre la voix des travailleurs et travailleuses sur les enjeux du prochain scrutin. « Plus que jamais et forte de ses mandats, la FTQ reste déterminée à défendre le modèle québécois hérité de nos prédécesseurs. La mission de la FTQ demeure la même : défendre la dignité au travail, améliorer la vie des gens et notre filet social pour bâtir ensemble une société encore plus juste, plus égalitaire, plus inclusive et plus verte », de conclure les leaders syndicaux.
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Départ de François Legault : un réseau public de santé toujours au bord du gouffre
La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec–FIQ réagit à l'annonce de la démission du premier ministre François Legault en soulignant que son mandat a laissé le réseau public de santé dans une situation critique et les professionnelles en soins à bout de souffle.
« François Legault a laissé le personnel et la population absorber les conséquences de son inaction, privilégiant le hochet du populisme plutôt que d'agir là où les besoins sont criants. Les urgences saturées, le personnel en épuisement et les infrastructures délabrées n'ont pas été des accidents, mais le résultat d'une gestion réactive et d'une absence persistante de planification », dénonce Julie Bouchard, présidente de la FIQ.
S'il est trop tôt pour dresser un bilan complet, un constat s'impose : les services publics n'ont jamais vraiment été au cœur des priorités de François Legault. L'économie peut être importante, mais quand la population n'a pas accès à des réseaux de santé et d'éducation fonctionnels, tout le reste perd de sa valeur.
La FIQ exhorte le gouvernement intérimaire et Santé Québec à ne pas répéter les mêmes erreurs. Elle demande l'instauration immédiate de ratios sécuritaires, une véritable planification des périodes de pointe avec des effectifs suffisants, l'amélioration durable des conditions de travail, ainsi que des investissements majeurs dans les urgences et la modernisation des infrastructures. Elle réclame enfin un recentrage de la gestion sur le jugement clinique et la protection du public plutôt que sur des indicateurs administratifs.
« Le Québec a les moyens d'offrir des soins humains, sécuritaires et accessibles. Ce qui a manqué, ce n'est ni le professionnalisme ni l'engagement des professionnelles en soins, mais la volonté politique de faire des choix responsables et courageux face à la crise. Trop longtemps, M. Legault a voulu gérer la santé comme une entreprise, avec des indicateurs administratifs et des projets symboliques plutôt que des mesures concrètes pour protéger les patient‑e‑s et soutenir le personnel. Nous espérons que la personne qui succédera à M. Legault saura prendre les décisions nécessaires pour améliorer concrètement le réseau public », conclut la chef syndicale.
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Les compressions font mal aux services à la population et au personnel
Bris de services, augmentation des délais, surcharge de travail et détérioration du climat de travail, les compressions du gouvernement du Québec font mal aux services à la population et au personnel, selon un sondage mené par le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).
Le gouvernement du Québec compte 1567 professionnelles et professionnels de moins depuis la mise en place du gel d'embauche dans la fonction publique, le 1er novembre 2024. À cela s'ajoutent d'importantes abolitions de postes dans le personnel de soutien. « Contrairement à ce que prétend la CAQ, les services à la population sont bel et bien affectés. Faire plus avec moins, ce n'est plus possible. Il y a déjà des bris de services et il va y en avoir d'autres. Le gouvernement doit être honnête avec la population et admettre qu'il coupe dans les services en ce moment », indique Guillaume Bouvrette, président du SPGQ.
Faits saillants du sondage
* Quelque 19 % des personnes répondantes ont constaté des bris de service à la population dans leur service ainsi que des situations rehaussant la vulnérabilité de la clientèle. De plus, 33 % constatent plus d'insatisfaction de la clientèle. 59 % notent que les délais dans leur service ont augmenté (45 %) ou beaucoup augmenté (14 %).
* 696 personnes répondantes sont membres d'un ordre professionnel et 20 % d'entre elles signalent que les exigences de leur employeur ou la diminution des effectifs entraînent des situations d'incompatibilité avec les normes de leur ordre professionnel.
* La charge de travail du personnel professionnel a augmenté en raison des compressions (65 % des personnes répondantes). Les personnes répondantes qualifient leur charge de travail de très élevée (23 %) et d'élevée (48 %) pour la plupart.
* Alors que le gouvernement dit vouloir réduire la bureaucratie, 46 % des professionnelles et professionnels disent observer une hausse des demandes de reddition de compte au travail.
* Plus de la moitié des personnes répondantes (56 %) constatent une détérioration du climat de travail dans la dernière année.
* Une personne professionnelle sur deux dit avoir subi une détérioration de sa santé psychologique au travail dans les 12 derniers mois.
« Le gouvernement devrait arrêter de vouloir marquer des points sur le dos de son personnel en vue de la prochaine élection et faire une pause pour entamer une réelle réflexion sur les services de l'État », estime M. Bouvrette.
Le sondage a été réalisé sur la plateforme SurveyMonkey du 27 novembre au 15 décembre 2025 auprès des membres du SPGQ. Au total, 5 182 personnes ont rempli le questionnaire d'enquête, portant le taux de réponse à 18,2 %.
À propos du SPGQ
Le SPGQ est le plus grand syndicat de personnel professionnel du Québec. Créé en 1968, il représente plus de 34 000 spécialistes, dont environ 25 000 dans la fonction publique, 6 000 à Revenu Québec et 3 000 répartis dans les secteurs de la santé, de l'enseignement supérieur et au sein de diverses sociétés d'État.
Source
Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Un réseau fort est possible et nécessaire | L’APTS propose 9 façons d’y parvenir en 2026
À neuf mois exactement des élections provinciales de 2026, l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) lance Agenda 2026, une édition spéciale de sa campagne Un réseau fort : et si on osait pour vrai ?, qui vise à remettre le renforcement du réseau de santé et de services sociaux (RSSS) au cœur du débat public. Alors que le Québec traverse une crise systémique, nourrie par des décennies de sous-financement, de centralisation et de privatisation, l'APTS propose une série de solutions concrètes qui seront dévoilées mensuellement jusqu'au jour du scrutin.
« Un réseau fort, c'est possible — si on ose pour vrai. Les solutions sont connues, crédibles et nécessaires. Les partis doivent maintenant s'engager à en faire des priorités politiques », affirme Robert Comeau, président de l'APTS.
En janvier : mettre fin à l'austérité
Le premier thème de la campagne — En finir avec l'austérité : et si on osait pour vrai ? — dévoile un constat clair : le Québec est replongé dans l'austérité, malgré ce qu'en dit le gouvernement. Avec un déficit de 14 G$, plusieurs observateur·rice·s estiment que le Québec « n'a pas les moyens » d'investir davantage dans ses services publics.
Et en effet, le gouvernement n'a relevé le budget 2025-2026 du RSSS que de 1,8 % (1,1 G$), alors que les besoins réels exigeaient au moins 5 %. Résultat : un manque à gagner de plus de 1 G$, qui se traduit directement sur le terrain :
– Partout : coupures de postes et gels d'embauche
– Plateaux techniques : retards d'entretien, appareils brisés plus souvent, ralentissement des services
– Imagerie médicale : équipements entreposés faute de fonds pour les installer
– CLSC et services psychosociaux : diminution de la capacité en première ligne
– Santé physique : regroupement de services spécialisés vers les grands centres, allongeant les déplacements pour les personnes usagères
– DI-TSA et santé mentale : fermetures de centres de jour, plateaux de travail réduits, résidences à assistance continue (RAC) vétustes, baisse de financement des ressources intermédiaires (RI)
– Santé publique et nutrition : baisse de l'offre alimentaire, réduction des dépenses réelles en prévention
« Ce cycle d'austérité est le troisième depuis la fin des années 1990. Chaque fois, c'est un véritable étau qui se resserre sur le réseau public. Pendant ce temps, le 1 % le plus riche s'enrichit encore et la privatisation gagne toujours du terrain. Il faut rompre ce cercle vicieux », soutient Émilie Charbonneau, 1re vice-présidente de l'APTS.
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

États généraux de l’enseignement pour la transition écologique et sociale
États généraux de l'enseignement pour la transition écologique et sociale : plus de 200 personnes déléguées repensent l'avenir
Sources :
Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN)
Travailleuses et travailleurs pour la justice climatique (TJC)
(Laval, le mercredi 7 janvier 2026) Le Collège Montmorency à Laval accueille, du 7 au 10 janvier 2026, plus de 200 délégué·es étudiant·es et enseignant·es à l'occasion des États généraux de l'enseignement pour la transition écologique et sociale. Cet événement exceptionnel réunit des acteurs centraux de l'enseignement supérieur ainsi que des spécialistes en éducation relative à l'environnement et en transition socioécologique.
« Le système d'éducation actuel ne prépare pas suffisamment les personnes étudiantes aux enjeux socioécologiques qui vont pourtant avoir des répercussions importantes dans leur vie personnelle et professionnelle. L'éducation est reconnue comme un levier majeur pour opérer la transition vers une société plus juste et respectueuse des limites planétaires. Ces États généraux offrent donc un espace de concertation à la croisée des disciplines et des générations pour définir comment l'enseignement supérieur pourrait et devrait soutenir cette transition », précise le comité organisateur de l'événement.
Un projet structurant pour l'enseignement supérieur
Les États généraux s'inscrivent dans le projet « Transformations en cours », qui trouve son origine dans les mobilisations étudiantes et enseignantes de 2019 pour une éducation à la hauteur des défis de la transition. L'événement de janvier s'appuie sur une vaste consultation menée de mars à octobre 2025 auprès des milieux collégiaux et universitaires. Cette démarche participative a permis d'identifier les besoins, les visions et les attentes des communautés éducatives face à la crise socioécologique. Plus de 80 % des personnes interrogées considèrent d'ailleurs que la formation au cégep et à l'université prépare insuffisamment les étudiant·es aux enjeux socioécologiques.
Les États généraux visent à définir des orientations communes et un plan d'action pour transformer l'enseignement supérieur en favorisant la concertation entre les milieux étudiants et enseignants et en ouvrant des perspectives de mobilisation collective. Justice environnementale, mode de gouvernance, programmes et pratiques pédagogiques seront parmi les thèmes discutés.
Des conférencier·ères, panélistes et participant·es engagé·es
Parmi les personnes invitées, on compte des expert·es reconnu·es en éducation environnementale, des chercheur·ses, des enseignant·es et des étudiant·es impliqué·es dans la mobilisation pour la justice climatique.
La soirée d'ouverture du mercredi 7 janvier à 17 h propose une conférence d'Albert Lalonde de la direction de la recherche pour le Future Generations Tribunal, personne plaignante au procès climatique et co-porte-parole du mouvement étudiant québécois pour la justice climatique entre 2019 et 2023. Aussi, Lylou Sehili, co-présidente de l'Aile jeunesse du Chantier de l'économie sociale et co-organisatrice des grèves climatiques de 2019 prononcera un discours.
Une démarche ouverte pour la suite du monde
À l'issue des États généraux, un comité de mise en œuvre assurera la coordination du plan d'action défini collectivement. Il comprendra notamment le développement d'une formation de perfectionnement et la création d'une communauté de pratique pour soutenir l'écologisation des enseignements.
Ce processus s'inscrit dans une réflexion plus large sur l'évolution du système éducatif face aux enjeux contemporains, en dialogue avec les syndicats enseignants, les associations étudiantes et les OBNL œuvrant au primaire et au secondaire.
Les partenaires du projet
Coordonné par la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) et Travailleuses et travailleurs pour la justice climatique (TJC), l'événement compte parmi ses partenaires La Coalition Éducation – Environnement – Écocitoyenneté, le Collège Montmorency, le collectif E3, la Fédération de l'enseignement collégial (FEC–CSQ), la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), le Front commun pour la transition énergétique, le Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep Montmorency (SEECM–CSN) et l'Union étudiante du Québec (UEQ).
Le projet est réalisé avec le soutien financier du gouvernement du Québec dans le cadre d'Action-Climat Québec, un programme coordonné par le Fonds d'action québécois pour le développement durable et qui découle du Plan pour une économie verte 2030.
Informations et inscriptions :
Consultez le site officiel du projettransformationsencours.ca
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Trois films sur la Palestine présélectionnés aux Oscars
La Palestine a été mise à l'honneur au cinéma tout au long de cette année 2025, par des déclarations de professionnel·les, des prises de positions importantes mais surtout la présence à l'affiche de films réalisés par des Palestinien·nes ou faisant le récit de leur lutte.
Inspirés de faits réels, ces films offrent un aperçu de ce que vivent les familles palestiniennes depuis des décennies, de la colonisation britannique à la vie sous l'apartheid et le génocide israéliens actuels.
Trois de ces films ont été soumis et pré-sélectionnés pour la 98eme édition des Oscars, comme l'a révélé l'Académie américaine du cinéma mardi soir. C'est une sélection historique, qui indique une reconnaissance des récits palestiniens, longtemps tenus à l'écart des grandes scènes mondiales.
Ces films sont les suivants :
« La voix de Hind Rajab » sort au cinéma le 26 novembre
“Je ne peux pas accepter un monde où un enfant appelle à l'aide et où personne ne vient. Cette douleur, cet échec, nous appartiennent à tous”, explique la réalisatrice Kaouther Ben Hania pour présenter son nouveau film, « The Voice of Hind Rajab ».
À l'origine de ce film, il y a la tristement célèbre histoire de Hind Rajab, une enfant de 6 ans qui tentait avec sa famille de fuir les affrontements en février 2024. Leur voiture a été attaquée par un char israélien, tuant 6 passagers, laissant Hind Rajab et sa cousine pour seules survivantes. Les deux enfants, encore piégées dans la voiture alors que des affrontements avaient lieu autour d'elles, ont appelé les secours. La cousine, qui tenait le téléphone, a été tuée à son tour, et Hind Rajab a repris le téléphone, pleurant et criant que les forces israéliennes leur tirent dessus au milieu du bruit des coups de feu avant d'être elle-même tuée.
L'enregistrement de l'appel de cette enfant et ses derniers mots, « j'ai tellement peur », ont fait le tour du monde et ont sensibilisé une grande audience au crimes commis par Israël à Gaza, encore largement silenciés par les médias occidentaux.
Le film de Kaouther Ben Hania a été tourné en Tunisie, et il est le fruit d'un travail documentaire rigoureux, réalisé en lien avec la famille de Hind et le Croissant-Rouge. En s'appuyant sur les témoignages et l'enregistrement de l'appel, la cinéaste a imaginé un récit tourné en huis clos, qui met en scène les secouristes ayant reçu l'appel, qui répondent à l'original de la voix enregistrée de Hind Rajab.
« Parce que les images violentes sont partout sur nos écrans, nos fils d'actualité, nos téléphones », explique la réalisatrice, « je voulais me concentrer sur l'invisible : l'attente, la peur, le silence insupportable quand l'aide n'arrive pas. Parfois, ce que l'on ne voit pas est plus dévastateur que ce que l'on voit. »
Récompensé du grand prix du jury à la Mostra de Venise et choisi pour représenter la Tunisie à la prochaine cérémonie des Oscars, le film sortira dans les salles françaises, sous le nom de « La voix de Hind Rajab », le 26 novembre prochain.
Une série d'avant-premières aura lieu dans plusieurs villes simultanément, qui retransmettront en direct un entretien avec la réalisatrice et l'équipe du film.
Le film « Ce qu'il reste de nous » en avant-première le 19 octobre à Montpellier
À l'occasion du festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier, qui se tiendra du 17 au 25 octobre prochain, un projection en avant-première du film « All that's left of you », titré en français « Ce qu'il reste de nous », se tiendra le 19 octobre prochain au cinéma Diagonal à Montpellier.
Il s'agit du troisième long-métrage de Cherien Dabis, réalisatrice, scénariste et productrice états-unienne d'origine palestinienne. L'intrigue commence en 1988, alors qu'un jeune homme, Noor (Muhammad Abed Elrahman), est grièvement blessé lors une manifestation en Cisjordanie.
Pour faire comprendre qui il est, sa mère Hanan (Cherien Dabis) retrace son histoire sur trois générations, dans une saga familiale qui s'étend de 1948 aux années 2020, et retrace l'histoire de la colonisation de la Palestine par Israël à travers les yeux d'une famille palestinienne ordinaire.
Son récit remonte à 1948, lorsque le grand-père de Noor, Sharif (Adam Bakri), refuse de quitter Jaffa pour protéger la maison et l'orangeraie. Mais la guerre, l'expulsion et l'emprisonnement déchirent la famille. Le fils de Sharif, Salim (Saleh Bakri), grandit dans l'ombre de son pays natal qu'il n'a jamais vraiment connu.
Lorsque, des décennies plus tard, Noor proteste contre les soldats israéliens, l'histoire semble se répéter. Mais au milieu de la crise, Hanan et Salim prennent une décision courageuse qui redonne espoir à la famille et promet un chemin vers la réconciliation.
Ce qu'il reste de nous a été présenté en avant-première au festival du film de Sundance fin janvier 2025 et sort dans les cinémas allemands le 20 novembre 2025. Le film est présenté par la Jordanie comme contribution à la cérémonie des Oscars 2026 dans la catégorie du meilleur film international.
Javier Bardem et Mark Ruffalo se sont associés en tant que producteurs exécutifs du film, lui conférant une portée à la fois artistique et politique, susceptible de toucher un public élargi.
S'il n'est pas prévu dans les salles françaises avant mars 2026, il sortira en Suisse dès le 15 octobre.
Palestine 36 : une fresque historique et politique au cinéma en janvier
Le film « Palestine 36 » retrace la naissance et l'échec de la révolte menée par les agriculteurs en 1936 contre la domination coloniale britannique en Palestine.
« En 1936, en Palestine sous mandat britannique, Yusuf, un jeune homme partagé entre l'attachement à son village natal et l'effervescence politique de Jérusalem, tente de trouver sa voie dans un contexte de tension politique croissante. Alors que les villages s'insurgent contre la domination coloniale, que l'immigration juive s'accélère en provenance d'Europe fuyant le fascisme, et que les Palestiniens appellent à l'indépendance, s'amorce une collision inévitable entre les forces en présence. »
Le film « Palestine 36 », célébré en septembre dernier au festival de Toronto, sortira en salles en France en janvier 2026. Réalisé par Annemarie Jacir, il propose une fresque historique et politique, chronique de la lutte contre l'empire, de dépossession de terres, d'opportunités perdues, d'idéaux trahis et d'aspirations de jeunesse anéanties.
Le film réunit une distribution internationale : l'acteur oscarisé Jeremy Irons, la star de Game of Thrones Liam Cunningham, l'acteur tunisien Dhafer L'Abidine, ainsi que les talents palestiniens Hiam Abbass, Yasmine Al-Massri, Kamel El Basha et Saleh Bakri.
Candidat pour la Palestine au prix du Meilleur film international, ‘Palestine 36' promet de faire découvrir à un large public l'insurrection des paysans palestiniens contre l'empire britannique, apportant des clés de lecture historiques essentielles.
« C'est l'un des moments les plus marquants de notre histoire en tant que Palestiniens », explique la réalisatrice à Télérama. « Il pose les bases de tout, absolument tout ce qui suivra. On ne peut comprendre la Nakba, l'Intifada ou la situation actuelle sans comprendre comment le décor s'est installé à cette époque. Cette révolte est remarquable : une insurrection paysanne qui a pris le dessus face à un empire. Je voulais voir ce film, alors je me devais de le faire. »
Le film a été pensé avant le 7 octobre 2023, et son tournage a été retardé par la guerre génocidaire à Gaza et ses échos en Cisjordanie. En partie relocalisé en Jordanie, la production a néanmoins persisté, comme le raconte Annemarie Jacir :
« J'ai perdu le compte du nombre de fois où le tournage a commencé et s'est arrêté. Le scénario, l'histoire, le lieu tout a changé. Nous avons continué. Ce film a été l'aventure la plus éprouvante de ma vie. Que cette année de sang, de violence et de mort ait aussi donné naissance à une œuvre tissée de tant de mains et de cœurs est pour moi un acte d'amour et de défi. Comme Mahmoud Darwich, je suis convaincue que ‘chaque beau poème est un acte de résistance'. »
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Une prise de conscience culturelle en 2025 : comment l’art, la musique et la mode palestiniens se sont mondialisés
En 2025, la musique, la cuisine et la mode palestiniennes ont transcendé les frontières, transformant la culture en un langage mondial de résistance, d'identité et de survie.
Tiré de France Palestine Solidarité. Photo : L'artiste palestinienne Asmaa Aljueithni partage une photo de la seule chose qui a survécu au raid aérien qui a réduit sa maison de Gaza en ruines, 3 octobre 2024 © MENA Visuals sur X
Au cours des deux dernières années de génocide perpétré par Israël à Gaza, une vérité est impossible à ignorer : la culture palestinienne touche désormais le monde entier d'une manière totalement nouvelle.
Ce qui était autrefois principalement confiné aux communautés locales – comme les mélodies des chansons folkloriques, les broderies complexes des robes traditionnelles et les saveurs de la cuisine maison – est désormais devenu une forme puissante d'activisme, une déclaration d'identité et un pont vers un public mondial désireux de comprendre la vie palestinienne au-delà des gros titres sur le conflit.
À bien des égards, cette évolution a permis à la culture palestinienne de devenir quelque chose de plus : un langage universel.
Prenons, par exemple, Shil Shil (Continue) du compositeur Zeid Helal. Cette chanson est née au cœur des récents bombardements à Gaza, d'un besoin urgent d'exprimer ce que les statistiques et les déclarations officielles ne pouvaient pas exprimer : la réalité vécue de la souffrance et de la résilience des Palestiniens.
Cette urgence s'est reflétée dans la réaction du public lorsque Zeid a présenté le morceau pour la première fois, accompagné de son clip vidéo. Des milliers de Palestiniens l'ont partagé, interprété et se l'ont approprié, transformant une expression personnelle en une voix collective.
Pour Zeid, cette chanson transcendait son rôle de simple morceau de musique. « Ce n'est pas seulement une mélodie », explique-t-il. « C'est l'incarnation de la résistance et de l'identité palestinienne, un moyen de sensibiliser le public à notre cause. »
L'influence de la culture palestinienne, en particulier à travers la musique, ne s'est pas arrêtée à la chanson de Zeid ; elle a au contraire dépassé largement les frontières de la Palestine.
Par exemple, des artistes internationaux ont commencé à s'inspirer du patrimoine musical palestinien, tandis que les réseaux sociaux se sont remplis de vidéos de personnes de tous les continents, de l'Amérique du Sud à l'Asie du Sud-Est, apprenant et interprétant des chansons palestiniennes.
Pour beaucoup, c'était la première fois qu'ils découvraient la langue palestinienne et les expériences vécues par son peuple.
Redéfinir le son palestinien
Khalid Sadouq, compositeur et professeur de musique à l'université nationale An-Najah de Naplouse, en Cisjordanie, a été témoin direct de cette transformation.
Grâce à son double rôle d'éducateur et d'artiste, il a une vision claire de la manière dont le conflit remodèle l'expression créative.
« La guerre a été une force déterminante dans l'évolution de la musique palestinienne », réfléchit Khalid, soulignant que ces dernières années, l'essor des chansons documentant la douleur collective a donné une nouvelle profondeur aux compositions, transformant une musique qui était autrefois principalement un divertissement en un témoignage de la vie quotidienne.
Ce changement, ajoute-t-il, a également conduit à l'émergence de nouveaux genres, les producteurs de musique électronique mélangeant les instruments traditionnels palestiniens avec des techniques de production contemporaines pour créer une musique à la fois ancrée dans le patrimoine et d'une actualité brûlante, reflétant l'expérience palestinienne où les traditions culturelles ancestrales se croisent avec les luttes actuelles.
Cependant, la création de cette œuvre a un coût, que Khalid connaît bien.
« Je suis confronté à de multiples défis pour exprimer les problèmes palestiniens à travers la musique », dit-il.
« Premièrement, il existe des pressions sociales et politiques qui tentent de réprimer la créativité. Il y a souvent une censure sur ce qui peut être exprimé. Deuxièmement, l'accès aux outils de production musicale et aux plateformes de distribution est difficile, surtout compte tenu de notre situation économique. »
Malgré ces contraintes, la créativité continue de s'épanouir, les Palestiniens s'appuyant depuis longtemps sur la production culturelle comme forme d'expression alternative, en particulier dans les régions où la liberté des médias est restreinte.
Pour Khalid et ses pairs, ces contraintes deviennent souvent une source de motivation. Il explique à The New Arab qu'il puise son inspiration dans la souffrance des gens, ce qui rend la musique plus authentique.
Pour l'avenir, Khalid estime que l'attention mondiale actuelle pourrait avoir un impact durable sur la culture palestinienne.
« Les événements actuels ont montré au monde entier les souffrances des Palestiniens, ce qui a accru l'intérêt pour les œuvres artistiques reflétant cette réalité », dit-il.
« La musique est devenue un outil pour capter l'attention mondiale et transmettre un message humanitaire exprimant les espoirs et les souffrances de notre peuple. »
Une cuisine comme archive culturelle
Au-delà de la musique, la cuisine palestinienne est devenue un puissant vecteur d'expression culturelle et de reconnaissance mondiale.
Dans sa cuisine de Ramallah, Heba Al-Haytan travaille avec la même intentionnalité qu'un conservateur de musée. Chaque plat qu'elle prépare — le riz renversé de Maklouba, les tomates rôties et le sumac de Musakhan — est chargé d'histoire familiale et de signification politique.
Heba explique que le contexte politique général façonne la vie quotidienne, y compris ce qui se passe dans la cuisine. « Les circonstances politiques ont un impact considérable sur notre vie quotidienne, y compris dans nos cuisines », dit-elle.
Elle note que les périodes de pénurie et de crise, telles que les famines, ont depuis longtemps incité les Palestiniens à innover avec des ingrédients locaux, créant de nouvelles recettes par nécessité.
Au fil du temps, ces innovations ont commencé à remodeler la façon dont le monde perçoit les habitudes alimentaires palestiniennes.
De plus, Heba souligne également que ce qui était autrefois hyperlocal — des plats partagés au sein des familles élargies — a progressivement acquis une reconnaissance internationale.
Des restaurants palestiniens sont désormais présents dans toute l'Europe et au Moyen-Orient, tandis que des chefs internationaux s'inspirent des ingrédients et des techniques palestiniens.
Les plats de base tels que le houmous, le taboulé et les falafels, qui font depuis longtemps partie de la vie quotidienne des Palestiniens, ne sont plus confinés à la section « cuisine ethnique » ; ils occupent désormais une place centrale dans les discussions mondiales sur l'alimentation.
Heba souligne l'importance culturelle de cette reconnaissance. « La cuisine palestinienne fait désormais partie intégrante des expériences culinaires mondiales », observe-t-elle.
« Les plats traditionnels ne sont plus seulement des repas ; ils incarnent le patrimoine et les valeurs familiales, ils sont des lieux où les gens se réunissent pour renforcer leurs liens. »
Heba reconnaît que les racines de la cuisine palestinienne remontent à des milliers d'années, s'inspirant des traditions culinaires méditerranéennes, levantines et arabes, et souvent transmises oralement de génération en génération, préservant à la fois le goût et la mémoire.
Chaque plat reflète également la géographie de la Palestine, de l'huile d'olive produite en Cisjordanie aux agrumes des vergers palestiniens historiques, en passant par les herbes sauvages qui poussent dans les collines.
En ce sens, la nourriture devient une carte du territoire, et la cuisine une forme d'expression culturelle et territoriale.
Le thobe comme symbole
À l'instar de la musique et de la cuisine palestiniennes qui touchent un public mondial, les vêtements sont également de plus en plus reconnus comme une forme de narration culturelle.
Ischar Assi, une jeune créatrice de mode palestinienne, a été témoin du moment où un vêtement traditionnel est devenu un symbole mondial.
Dans son atelier, où les couleurs vives côtoient les techniques de broderie traditionnelles, elle a observé un phénomène inattendu : le thobe, cette longue robe palestinienne généralement portée lors des célébrations, s'est transformé en un symbole quotidien d'affirmation identitaire.
« Après la guerre, les gens ont commencé à porter le thobe pour exprimer leur solidarité avec la Palestine, et non plus simplement comme un vêtement traditionnel », explique Assi.
« C'est une expression d'identité, de résistance, d'espoir. »
Les réseaux sociaux ont accéléré cette évolution. Les images de personnes portant le thobe se sont multipliées : des Palestiniens de la diaspora le portaient lors de manifestations, des militants internationaux le portaient en signe de solidarité et des jeunes l'intégraient dans leurs tenues de ville.
Comme l'explique Ischar, cette robe a dépassé son usage cérémoniel pour devenir un « signifiant flottant », un symbole dont la signification a dépassé son contexte d'origine.
Ischar et d'autres créateurs palestiniens ont saisi cette opportunité. Ils ont commencé à réinventer le thobe pour les consommateurs contemporains, en introduisant des silhouettes et des palettes de couleurs modernes tout en conservant les broderies complexes qui identifient certaines régions palestiniennes.
« Nous avons ajouté des touches contemporaines, mais nous avons préservé l'esprit du patrimoine », explique Ischar.
« Nous voulons montrer au monde que le thobe palestinien a une histoire profonde et qu'il est indissociable de notre identité. »
Mais bien sûr, Ischar est conscient des défis à relever. Les créateurs palestiniens sont confrontés à des perturbations de la chaîne d'approvisionnement, à des restrictions à l'importation dans les territoires occupés et à un accès limité aux marchés internationaux en raison de contraintes politiques et économiques.
Malgré ces obstacles, Ischar et ses pairs ont persévéré et continuent de le faire.
« Chaque pièce sur laquelle je travaille raconte une histoire, celle de tout un peuple. Nous voulons montrer au monde que la Palestine n'est pas seulement un conflit, mais aussi une culture riche et une histoire ancienne », explique-t-elle.
Ischar ajoute que les organisations culturelles ont commencé à organiser des expositions et des événements célébrant le rôle du thobe dans l'identité palestinienne.
Ce qui était considéré dans certains cercles internationaux comme un simple « vêtement traditionnel » a été reconnu comme une forme d'art sophistiquée et en constante évolution, preuve que la culture palestinienne n'est pas statique ou figée dans le temps, mais vivante et adaptable.
Un réveil collectif
À bien y réfléchir, ces mouvements parallèles dans la musique, la gastronomie et la mode partagent une origine et une trajectoire communes.
L'horrible génocide perpétré par Israël a catalysé une prise de conscience mondiale de l'existence palestinienne au-delà du conflit, alors que le public international, soudainement confronté à l'ampleur des souffrances à Gaza, cherchait des moyens de comprendre l'humanité palestinienne, la culture servant de pont.
Les chansons de Zeid Helal, les compositions de Khalid Sadouq, les recettes de Heba Al-Haytan et les créations d'Ischar Assi ont toutes le même objectif : elles insistent sur le fait que les Palestiniens ne sont pas seulement des victimes de l'histoire, mais aussi des créateurs au sein de celle-ci.
À travers leur travail, ils affirment leur présence, leur continuité et leur droit à être compris comme des êtres humains complexes, avec des traditions esthétiques, des rituels familiaux et des visions artistiques qui sont antérieurs au conflit actuel et qui lui survivront.
À mesure que la musique, la cuisine et la mode palestiniennes touchent un public mondial, le récit commence à changer. Ce qui était autrefois encadré par la destruction et le désespoir est désormais raconté comme une histoire de résilience et de souveraineté culturelle, transformant un peuple défini par ce qui lui est fait en un peuple qui se définit par ce qu'il crée.
Cela ne signifie pas que la célébration de la culture efface la lutte politique, loin de là. Cependant, cela complique le discours, rendant plus difficile de réduire les Palestiniens à de simples statistiques ou abstractions politiques.
Pour ceux qui s'intéressent à la culture palestinienne, l'expérience est transformatrice. Quelqu'un qui a appris une chanson palestinienne, goûté à la cuisine palestinienne ou porté un thobe palestinien rencontre les Palestiniens en tant qu'artistes, hôtes et enseignants. Ils découvrent la culture non pas comme un objet de musée, mais comme une expression vivante, respirante et évolutive de la créativité humaine.
Pour les artistes et les créateurs au cœur de ce mouvement, les enjeux sont à la fois personnels et collectifs.
« L'avenir de la musique palestinienne après la fin du conflit sera radieux », prévoit Khalid.
« La musique continuera d'être un moyen d'exprimer l'identité et le patrimoine, capable de toucher un public plus large. L'espoir est qu'avec la paix, la musique palestinienne se développe pour s'intégrer au dialogue culturel mondial, renforçant ainsi sa place sur la scène internationale. »
Cet espoir anime aujourd'hui tout le travail culturel palestinien. Il ne s'agit pas d'une échappatoire aux difficultés actuelles, mais d'une affirmation des possibilités futures, d'une déclaration selon laquelle la culture palestinienne appartient au monde et que le monde commence enfin à y prêter attention.
À travers les chansons des compositeurs, les recettes des cuisiniers et les créations des artistes, les Palestiniens continuent de raconter leur histoire. Ce faisant, ils rappellent au monde : nous sommes toujours là. Nous créons. Nous persévérons.
* Aseel Mafarjeh est une journaliste spécialisée dans la Cisjordanie, qui s'intéresse particulièrement aux récits qui traitent des défis et de la créativité des jeunes en Palestine.
Traduction : AFPS
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

L’enlèvement de Nicolás Maduro préfigure un monde dominé par la force
En tolérant l'enlèvement du président vénézuélien et de son épouse par les États-Unis, la communauté internationale ouvre la voie à un monde où la loi du plus fort pourrait définitivement supplanter l'État de droit.
5 janvier 2026 | tiré de Politis.fr | Photo : Manifestation condamnant l'attaque américaine contre le Venezuela et la capture du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, près de l'ambassade américaine à Manille, le 5 janvier 2026. © Ted ALJIBE / AFP
https://www.politis.fr/articles/2026/01/lenlevement-de-nicolas-maduro-par-les-etats-unis-prefigure-un-monde-domine-par-la-force/
``
Les puissants ne font désormais même plus semblant. Le droit international les encombre dans leur vision géopolitique, en même temps qu'il est susceptible de les menacer individuellement. L'année 2025 s'était achevée sur le sentiment d'une impuissance du droit international à mettre un terme aux atrocités à Gaza ou encore à la guerre en Ukraine, 2026 débute par la confirmation de l'érection d'un nouvel ordre mondial qui n'en a cure. Il s'agit de la préfiguration d'un monde dominé par la force où le droit serait l'argument des plus faibles.
Cet acte intervient au mépris d'un certain nombre de principes fondamentaux.
L'enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores par les États-Unis constitue indéniablement la légitimation de la loi du plus fort. En tant que tel, mais aussi parce qu'il n'a pas été unanimement condamné par la communauté internationale, il marque un précédent particulièrement dangereux de ce XXIe siècle. Cet acte intervient en effet au mépris d'un certain nombre de principes fondamentaux, dont celui de la souveraineté des États.
La Charte des Nations unies, signée à San Francisco en 1945, rappelle notamment que « les membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies » (article 2). C'est cette même charte qui a mis en place la Cour internationale de justice (CIJ), dans le but de gérer les différents juridiques entre États.
Non seulement cet enlèvement viole la souveraineté du Venezuela, mais il est aussi une négation de la coopération avec les autres États pour mettre un terme à des agissements qui seraient considérés comme criminels. Rappelons que le Conseil de sécurité des Nations unies n'a bien évidemment pas donné son autorisation à l'intervention militaire menée par les États-Unis, si tant est qu'il ait été consulté. La communauté internationale est donc mise devant le fait accompli.
Se prémunir contre l'arbitraire
Il faut bien comprendre que se protéger contre la loi du plus fort, c'est également se prémunir contre l'arbitraire. Qui d'autre pour s'assurer de la validité des charges contre Maduro, si ce n'est une puissance à l'origine de son enlèvement au mépris du droit international ? Sur la base de quels éléments accessibles au public le prévenu pourra-t-il être mis en cause ? Qui pour contrôler les intentions des États-Unis qui visent le régime d'un pays possédant les plus grandes réserves de pétrole du monde ? Les cas de l'Afghanistan, de l'Irak, et plus anciennement de la Grenade, devraient nous servir à mesurer le danger de telles politiques.
La réaction particulièrement servile de la France contraste sévèrement avec les idéaux qu'elle affiche.
Ce qui interroge également, c'est la réaction particulièrement servile de la France, qui contraste sévèrement avec les idéaux qu'elle affiche. Le soutien apporté à l'opération est d'autant plus cocasse que la Cour de cassation – en annulant en juillet 2025 le mandat d'arrêt visant l'ancien président syrien Bachar Al-Assad délivré en 2023 –, a réaffirmé que l'immunité fonctionnelle, comme l'immunité personnelle, sont des principes posés par la coutume internationale et qu'elles procèdent de l'égalité souveraine des États.
Or, l'immunité personnelle interdit que le chef d'État, le premier ministre ou le ministre des affaires étrangères d'un État, lorsqu'ils sont en exercice, soient poursuivis devant les juridictions d'un autre pays. Ainsi, même s'il a nuancé sa position ce lundi 5 janvier en critiquant la méthode de l'administration américaine – ce qui s'apparente à une tentative de rattrapage –, Emmanuel Macron, en déclarant que « le peuple vénézuélien est aujourd'hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s'en réjouir » cautionne une grave infraction au droit international portant atteinte à nos propres principes.
Le droit international n'est pas cosmétique, il est une garantie de paix et de stabilité.
Il n'est bien sûr nullement question de prétendre à l'innocence de Maduro, pas plus qu'au caractère fondé de certains griefs qui sont formulés à son encontre. La fin ne justifie cependant pas les moyens car, dans cette logique, n'importe quel pays doté d'une armée puissante pourrait décider à tout moment de neutraliser les dirigeants d'un autre État. Ajoutons que, face à la raréfaction des ressources naturelles, de tels actes ne peuvent être qu'encouragés si nous ne les condamnons pas.
De nombreuses voix s'élèvent pour apporter leur soutien aux États-Unis. Elles ne semblent pas prendre conscience que le droit international n'est pas cosmétique, il est une garantie de paix et de stabilité. Les États les plus faibles seront assurément tenus en échec si le droit international peine à régir les relations interétatiques. Dans un monde de plus en plus incertain et complexe, il demeure un repère et une garantie.
Les États-Unis eux-mêmes reconnaissent l'importance du droit – même si c'est le leur – en tentant de légitimer, a posteriori, le fait d'avoir enfreint le droit international en enlevant et inculpant Nicolás Maduro. C'est le paradoxe d'États bafouant le droit, tout en s'appuyant dessus, pour afficher un semblant de légalité à leurs agissements. Demain, la loi du plus fort pourrait ne même plus s'en embarrasser.
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

La gauche à l’ère de l’hyperpolitique
Le temps de l'apathie politique est révolu. Dans cet article empreint d'optimisme, Diogo Machado explore le terme « hyperpolitique », proposé par Anton Jäger, pour tenter de comprendre comment la relation à la participation dans la société a évolué.
Tiré d'Inprecor 15 janvier 2026 par Diogo Machado | Photo : © Johan Jacobs
La fin de la guerre froide a entraîné un long hiver de torpeur politique marqué par le consensus néolibéral, dans lequel la souveraineté populaire, la dispute idéologique et la notion d'alternative ont été éliminées. Cependant, la crise de 2008 a mis fin à cette passivité résignée des masses, aujourd'hui plus disposées à se révolter. Cela s'est traduit par la montée de mouvements contestataires tels que « 15-M », « Occupy Wall Street » ou « Que se lixe a Troika ! » (que la Troika aille se faire voir) ainsi que par l'émergence de partis populistes de gauche et d'extrême droite, qui remobilisent l'électorat autour de messages qui remettent en cause le statu quo (sous des formes diverses, certes).
Nous avons désormais le sentiment que l'apathie politique a pris fin. Les gens sont plus concernés par la politique qu'ils ne l'ont été depuis des décennies. Il s'agit d'un phénomène nouveau, qu'Anton Jäger a qualifié d'« hyperpolitique »1.
L'anatomie d'un concept
Jäger oppose l'hyperpolitique au concept de « post-politique », apparu au début des années 80 après la contre-révolution néolibérale. Le cœur de cette idéologie consiste à dissocier l'économie de marché de l'influence politique et démocratique. Elle trouve son ancrage dans une nouvelle configuration de l'économie politique – la suppression des barrières au commerce international, la libre circulation des capitaux, la libéralisation du secteur financier, la diminution des capacités de l'État – qui prive effectivement les pouvoirs publics des instruments et des moyens nécessaires pour faire des choix politiques. En d'autres termes, Jäger affirme qu'il n'y a plus de délibération sur la manière de répartir le surplus produit par la société.
La victoire de l'individualisme néolibéral crée une séparation entre la sphère publique et la sphère privée, les gens ordinaires étant relégués dans la seconde et la première étant laissée aux politiciens de carrière, qui disputent des politiques technocratiques dans le cadre d'un même consensus idéologique, où paradoxalement la notion même d'idéologie est éliminée. La politique devient une chose lointaine, réservée aux spécialistes, qui n'a que peu de rapport avec la vie des gens, tandis que le travail, la consommation et les cercles relationnels intimes encapsulent la libido, dans une vie individualisée et déconnectée des organisations collectives.
L'hyperpolitique est une réinsertion de la politique dans la société : si auparavant rien n'était politique, aujourd'hui tout est (hyper)politique. C'est un retour de la participation politique, qui ne se fait toutefois pas selon les modèles traditionnels. Cela diffère par exemple beaucoup de l'ère de la politique de masse qui a précédé la post-politique, lorsque la politique imprégnait et influençait la manière dont les gens se situaient dans la totalité sociale, marquée par une participation engagée et durable à des organisations collectives (partis, syndicats, associations, mouvements religieux).
Dans l'hyperpolitique, le politique redevient omniprésent : l'intérêt pour la politique revient, visible dans l'augmentation de la participation électorale et dans la place centrale des discussions politiques dans les relations interpersonnelles ; les plateformes numériques regorgent désormais de contenus politiques formatés pour tous les goûts ; des mouvements de contestation tels que Black Lives Matter, QAnon, la solidarité avec la Palestine, éclatent partout, prenant parfois une ampleur massive, mais ils naissent aussi vite qu'ils meurent.
Jäger note que ce nouvel engagement politique est nettement individualisé et de courte durée. Nous ne voyons pas les associations, les syndicats et les partis regagner des adhérent.e.s. En revanche ; le politique apparaît comme un élément important dans la définition de la biographie et l'autoreprésentation de l'individu. Les activistes numériques, les discussions politiques en ligne, la participation ponctuelle à des manifestations ou à des mouvements sans adhésion à des organisations se multiplient. Jäger appelle cela une forme « basse » de politique : peu coûteuse, de courte durée, avec de faibles barrières à l'entrée et encore moins à la sortie. Il résume ainsi :
« Le résultat est une curieuse reprise en forme de K : alors que l'érosion de la vie civique organisée progresse rapidement, la sphère publique occidentale est de plus en plus sujette à des cas sporadiques de troubles et de controverses »
L'hyperpolitique traduit également la logique du nouvel espace dominant de l'engagement politique : le numérique. La relation politique est atomisée, immédiate, visuelle et très chargée émotionnellement. Jäger ajoute que « notre nouvelle hyperpolitique se distingue également par l'accent particulier qu'elle met sur les comportements individuels, par un moralisme permanent et par son incapacité à réfléchir aux dimensions collectives de la lutte. […] une éthique ascétique qui impose des normes très rigoureuses dans les relations interpersonnelles, une observation stricte des convenances et un abstentionnisme libertin ».
Elle débouche, au fond, sur une action politique inconséquente, dans une sorte de désublimation répressive d'une libido frustrée dans les décombres du consensus néolibéral. C'est une illusion de participation qui laisse intactes les relations de pouvoir qui organisent la société.
Vainqueurs et vaincus
La repolitisation en cours est ambivalente. D'une part, elle ouvre des brèches, étant clairement un symptôme de l'épuisement du consensus néolibéral et d'un fort mécontentement populaire qui cherche un vecteur politique ; d'autre part, elle est de faible densité idéologique (et même nettement moraliste dans sa forme), médiatisée par des algorithmes, désengagée et rétive à l'action collective. Mais certains en ont tiré profit : si le moment du populisme de gauche a été bref, c'est jusqu'à présent l'extrême droite qui aura eu le plus de succès.
Dans un autre ouvrage, Jäger lui-même (en collaboration avec Arthur Borriello) s'interroge sur les causes du caractère éphémère du populisme de gauche qui est apparu après la crise avec une force dont on a supposé qu'elle pourrait le mener à gouverner dans plusieurs pays occidentaux . Émergeant presque toujours après des manifestations de contestation sociale de masse, ces partis avaient la tâche difficile d'« organiser une société désorganisée » (ou atomisée). Ce faisant, ils ont fini par reproduire la (dés)organisation du cadre social dont ils étaient issus, étant, presque sans exception, des partis centralisés autour d'une figure charismatique, avec un militantisme peu intensif et fortement numérique, et orientés vers l'activité électorale et médiatique.
Ils diagnostiquent ainsi trois raisons à l'échec de cette gauche : i) la personnalisation, qui rend le destin du parti tributaire de la popularité de son leader ; ii) la priorité accordée au numérique, qui permet de mobiliser les électeurs à court terme, mais ne se transforme pas en militantisme durable et idéologiquement dense ; iii) des structures militantes fragiles, où un prétendu horizontalité cache une concentration de facto du pouvoir au sommet, qui permet une action rapide, mais ne tient pas compte de l'organisation de base.
Ici, la théorie de Jäger arrive à une impasse et semble contredire la thèse de l'hyperpolitique. Ne s'agit-il pas là des caractéristiques de la politique du passé ? Si oui, comment ces facteurs expliquent-ils l'échec de la gauche ? Étant donné qu'il s'agit de caractéristiques communes aux nouveaux partis d'extrême droite, pourquoi ont-elles eu un impact différent sur les deux familles politiques, c'est-à-dire pourquoi l'extrême droite a-t-elle beaucoup plus de succès électoral ?
Ambiguïtés et hypothèses
Il existe évidemment des facteurs matériels déterminants, notamment le soutien d'importantes fractions du capital à l'extrême droite, ainsi que le fait que les réseaux sociaux et la télévision soient structurellement favorables à son message, des questions déjà abordées dans d'autres numéros de notre revue. Il existe également une continuité idéologique entre le néolibéralisme et le fascisme : la déconnexion de la gouvernance politique et économique de la démocratie.
Cependant, avant de nous laisser aller à des explications conventionnelles, nous devons souligner que l'hyperpolitique ne cherche pas à englober l'ensemble du fonctionnement de la société, ni à désigner une nouvelle étape du capitalisme. Il s'agit plutôt de la description d'un nouveau régime d'engagement politique, même si celui-ci repose évidemment sur une base matérielle. La question ici n'est pas d'expliquer le succès de l'extrême droite en général, mais plutôt quelles seront les conditions de succès dans ce nouveau régime, en ce qui concerne les aspects de l'action (partisane) qui s'y rapportent.
Dans une critique du livre de Jäger sur l'hyperpolitique (pour l'instant uniquement disponible en allemand 1-), Oliver Eagleton (2)évoque précisément le fait que ce concept a du mal à expliquer le succès inégal de la gauche radicale et de l'extrême droite, qui a priori seraient toutes deux également candidates à capitaliser sur le « réservoir de mécontentement » contemporain. Il avance ainsi une série d'arguments qui méritent d'être pris en considération2.
Premièrement, l'ambition programmatique de l'extrême droite est relativement plus modeste, compatible avec les rapports sociaux de production en place et avec le système institutionnel, même si elle cherche à le déformer dans un sens autoritaire et vers une séparation juridique entre ceux qu'elle désigne comme « natifs » et « les étrangers ».
Deuxièmement, bien qu'elle revendique la construction d'une conception de la communauté nationale (traditionaliste, autochtone, homogène et exclusive), elle ne fait rien dans la pratique pour inverser les tendances à l'atomisation et à l'individualisation caractéristiques de la société de marché ; au contraire, elle les accentue.
Troisièmement, le soutien des classes et des institutions bourgeoises mentionné ci-dessus, ainsi que l'existence, dans certains contextes, d'appareils étatiques qui fonctionnent déjà selon une logique quasi fasciste (par exemple, la police et la justice), accordent à l'extrême droite un luxe dont la gauche ne dispose pas : la possibilité d'utiliser les institutions de l'élite pour réaliser son programme.
Quatrièmement, le message biopolitique du post-fascisme trouve un écho auprès des secteurs précaires ou en déclin social de la classe ouvrière.
« À mesure que les distinctions de classe entre les classes inférieures commencent à s'estomper sous l'effet de l'inflation et de l'austérité, les gens se tournent vers l'État pour les réaffirmer, protégeant les groupes favorisés au détriment des marginalisés. Des frontières rigidifiées sont désormais considérées comme une protection nécessaire contre la perspective de l'appauvrissement : non seulement une barrière physique, mais aussi un instrument taxonomique à même de renforcer les hiérarchies traditionnelles de race et de genre ».
Une telle diversité de facteurs souligne à la fois l'insuffisance et la puissance explicative de l'hyperpolitique. Il est clair qu'il existe des dimensions importantes en dehors de celles qui sont prises en compte par la théorie, même si son objectif n'est pas d'expliquer la totalité, comme cela a été dit précédemment. Mais il est également évident que certaines caractéristiques ne deviennent politiquement utiles que dans le contexte créé par l'hyperpolitique.
Par exemple, la faible densité du programme et son manque d'ambition, associés à une hyperactivité communicationnelle et à une intensité esthétique, sont en phase avec le type de relation politique dominante, pour citer le sous-titre du livre de Jäger, « une politisation extrême sans conséquences politiques ». Il en va de même pour le discours de l'extrême droite, fondé sur la division et les arguments moralistes (par exemple, la délinquance et la paresse). L'extrême droite n'exige pas de ses électeurs un engagement durable, une identification partagée ou la construction de solidarités – sa vision du monde est parfaitement compatible avec une organisation individualiste de la société dans laquelle seul le vote occasionnel est sollicité de la part du « bouffon », comme une expression spasmodique de colère.
La désobéissance aux normes sociales et politiques, ainsi que le recours permanent au choc et à la polémique, lui permettent de rester à flot dans un régime de circulation frénétique et hautement émotionnelle de l'information, ce qui lui permet également de capitaliser sur le bouillon de désespoir et de ressentiment fermenté par un système discrédité – une sorte d'esthétique de la rébellion qui masque l'alignement programmatique presque total de l'extrême droite sur le statu quo.
Peut-être qu'e dans un autre contexte culturel, cette extrême droite n'aurait pas réussi à s'en sortir aussi bien, même avec des conditions matérielles favorables identiques. On peut se demander si elle est le produit ou plutôt la créatrice de l'hyperpolitique – la vieille question de l'œuf et de la poule. Mais il semble incontestable qu'elle en est la championne et que son succès découle de son adaptation au moment culturel dominant.
La gauche n'est donc pas dans les mêmes conditions pour tirer parti de cette nouvelle ère. Elle ne peut renoncer à des programmes ambitieux de transformation sociale, à l'organisation collective et au dépassement de l'individualisme. La première vague de partis populistes de gauche a montré les limites d'une « hyperpolitisation » complète de la gauche.
Cependant, il existe une dimension esthétique qui reste à explorer. Comment pouvons-nous combiner des organisations solides avec un discours galvanisant ? Comment pouvons-nous combiner des programmes sérieux avec un message polémique autour duquel les débats s'articuleront ? Comment pouvons-nous gagner les subjectivités par-delà l'argumentation rationnelle avec des formes discursives variées plus immédiatement accessibles et d'ordre esthétique ? Comment pouvons-nous désublimer la libido frustrée du consensus néolibéral de manière non répressive, en canalisant cette colère avec un message radical, mais vers un projet (pro)positif ?
Il reste à cartographier une psychopolitique des temps nouveaux, mais l'hyperpolitique est une excellente porte d'entrée.
Janvier 2026. Traduit pour ESSF par Pierre Vandevoorde avec l'aide de Deeplpro. Source - Anticapitalista #84.
1. « Hyperpolitik : Extreme Politisierung ohne politische Folgen » (une politisation extrême sans conséquences politiques) Suhrkamp, 2023.
2. https://www.theideasletter.org/essay/beyond-hyperpolitics/
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Comptes rendus de lecture du mardi 20 janvier 2026
Le nettoyage ethnique de la Palestine
Ilan Pappe
Traduit de l'anglais
Ilan Pappe est parmi les plus éminents historiens israéliens. Il fait partie de ces « nouveaux historiens » qui ont réexaminé en profondeur et de façon critique l'histoire de l'État d'Israël et du sionisme. Il nous apporte dans ce bouquin des preuves accablantes de ce qu'a en réalité été en 1948 la Nakba (la catastrophe en arabe), mettant à mal la version officielle de l'État d'Israël : la désarabisation violente et déterminée de la Palestine, par un nettoyage ethnique organisé et sans merci, par le déplacement de la moitié de la population palestinienne, par de nombreux massacres, par la destruction des villages des Palestiniens et l'accaparement de leurs biens pour faire place à la construction d'un État ethnique réservé exclusivement aux Juifs. Ce livre, publié plusieurs années avant le début du génocide en cours en Palestine, est une lecture absolument nécessaire pour bien comprendre combien les événements actuels ne sont que le prolongement des événements d'alors, dans leurs méthodes brutales comme dans leurs intentions.
Extrait :
Les juifs d'Israël ne sont pas tous aveugles aux scènes de carnage que leur armée a laissées derrière elle en 1948, ni sourds aux cris des expulsés, des blessés, des torturés, des violées, qui continuent à nous parvenir à travers les survivants, leurs enfants et petits-enfants. De plus en plus d'Israéliens, en fait, sont conscients de ce qui s'est vraiment passé en 1948 et comprennent très bien les implications morales du nettoyage ethnique qui a fait rage dans le pays. Ils comprennent aussi qu'Israël risque de réactiver un jour le plan de nettoyage, dans un effort désespéré pour garder sa majorité absolue juive.
Miroirs
Eduardo Galeano
Traduit de l'espagnol
On ne peut qu'être reconnaissant à Lux Éditeur d'avoir publié au cours des années de nombreux ouvrages de ce grand écrivain uruguayen, auteur de « Les veines ouvertes de l'Amérique latine », qu'est Eduardo Galeano. « Miroirs » est également un bouquin extrêmement intéressant et instructif qui nous fait redécouvrir l'histoire universelle, celle bien souvent ignorée, cette histoire qui se situe en dehors des récits officiels, à travers environ 600 articles qui font rarement plus d'une page. Un livre éclairant, à mettre entre toutes les mains ! Vraiment !
Extrait :
La vente d'êtres humains avait été le plus juteux négoce de l'Empire britannique, mais le bonheur ne dure qu'un temps, comme on le sait. Après trois siècles de prospérité, la Couronne dut se résoudre à se retirer du trafic d'esclaves, et le marché de la drogue devint alors la corne de abondance de la gloire impériale.
La maison vide
Laurent Mauvigner
Ce dernier prix Goncourt est, en mon sens, le meilleur prix Goncourt des vingt dernières années, et c'est du coup l'un des très bons romans qu'il m'ait été donné de lire. C'est un récit de 752 pages, écrit dans un style des plus agréables et des plus limpides, qui nous rappelle l'histoire du dernier siècle en Europe, avec les deux grandes guerres, le patriarcat et les classes sociales, et leurs conséquences souvent désastreuses sur la vie des gens. Dès les premières pages, l'auteur nous fait pénétrer dans la maison de sa lointaine famille, inhabitée depuis plus de vingt ans. À partir de souvenirs, de lettres, de photos, de recherches, en comblant certaines zones d'ombre, il révèle la vie de certains de ses aïeux ayant habité les lieux, en particulier celles de sa grand-mère Marguerite et de son arrière-grand-mère Marie-Ernestine. Une œuvre magistrale !
Extrait :
Mais le vrai intérêt de cette image, c'est qu'elle est la seule photo de ma grand-mère qui aura échappé à l'autodafé ; la seule d'elle qui aura échappé au silence qu'on lui a imposé et qu'elle aussi aura peut-être désiré, car parfois, sur d'autres images de mariages, grises et noires, prises en extérieur, le plus souvent en été, on devine sa présence : un corps de femme dans une robe qui nous apparaît grise mais qui est peut-être bleue, verte, pourquoi pas d'un certain rouge vineux ou d'un violet pastel, une silhouette presque coquette, mince et de petite taille. Mais des ciseaux ont taillé et coupé la forme d'un ovale, laissant à la place de son visage un trou, un espace vide – rien.
Tu viens d'où ?
Maïka Sondarjee
« Tu viens d'où ? » est un essai sur le métissage et le vivre ensemble qui tombe bien en cette période où se diffuse un discours xénophobe et raciste, en particulier au sein des médias privés. L'auteure, dont le père est d'origine indienne, puis malgache, et la mère d'origine québécoise, nous y raconte son histoire et celle de plusieurs autres personnes aux origines diverses qui habitent nos mondes et l'enrichissent. C'est un essai qui ressemble à son auteure, un essai conciliant et généreux.
Extrait :
Alors que les États-nations et leurs dirigeants créent toujours plus de divisions entre ceux qui se sentent chez eux et ceux qu'on désigne comme des étrangers, beaucoup habitent une sorte d'espace frontalier, parce qu'ils sont nés de parents immigrants, parce que leurs parents sont culturellement, socialement ou racialement différents, ou parce qu'ils se définissent comme n'étant ni d'ici ni d'ailleurs.
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Avant d’en arriver là - Essai choral sur le péril fasciste | Livre à paraître le 20 janvier | 18 auteur·es
Un an jour pour jour après l'inauguration de la seconde administration Trump, 18 auteur·es partagent leurs réflexions pour faire face à la montée des courants autoritaires. Des voix, mises en dialogue, qui redonnent un souffle à la résistance.
Le livre Avant d'en arriver là - Essai choral sur le péril fasciste, un collectif dirigé par Pierre Mouterde et David Murray, paraîtra en librairie le 20 janvier prochain, soit un an après l'arrivée au pouvoir de la seconde administration Trump.
Avec Anaïs Barbeau-Lavalette, Marc-André Cyr, Martine Delvaux, Alain Deneault, Catherine Dorion, Pierre Dubuc, Jonathan Durand Folco, Maxim Fortin, Ruba Ghazal, Dalie Giroux, Guillaume Hébert, Amir Khadir, Eric Martin, Philippe Néméh-Nombré, Éric Pineault, Alain Saulnier, Maïka Sondarjee et Judith Trudeau.
À propos du livre
Ainsi le fascisme serait de retour. Abus de langage ? Expression galvaudée masquant le caractère inédit des changements en cours ? Il reste qu'entre la dangereuse dérive autoritaire de la seconde administration Trump et l'affolante normalisation des discours d'extrême droite dans le paysage politique, nous sommes plusieurs à nous inquiéter de la conjoncture actuelle. Désinformation, discours haineux, menaces envers l'état de droit, démantèlement des services publics, reculs sur le front écologique... Le temps est venu de résister avant qu'il ne soit trop tard.
Mais comment surmonter la sidération qui fige plusieurs d'entre nous ? Quels moyens mettre en œuvre, dans un contexte où bien des facteurs poussent à la fragmentation de nos forces ? Comment répondre à la montée des courants autoritaires au Québec ? La gauche peine depuis des années à être considérée comme une voie politique crédible aux yeux de la majorité. Pourtant, freiner le processus de fascisation en cours implique de reprendre l'initiative et de réussir à imposer les termes du débat politique.
À la manière d'un film choral où plusieurs histoires s'entremêlent, cet essai polyphonique croise les perspectives, analyses et propositions stratégiques de 18 auteur·es ayant des points de vue complémentaires. Mises en scène, ou plutôt mises en dialogue par Pierre Mouterde et David Murray, leurs voix nous convient à un exercice franc et inspirant, ouvrant un débat salutaire. Créer du lien, des communautés, renforcer les mouvements sociaux, cibler l'oligarchie et les géants de la technologie, penser notre souveraineté numérique et l'indépendance, développer de nouveaux narratifs, fédérer la résistance... Les pistes abondent pour bâtir une stratégie de lutte appropriée en ces temps graves et déstabilisants. Il est encore temps d'agir.
À propos des « directeurs » de l'ouvrage
Sociologue, philosophe et essayiste, Pierre Mouterde est spécialiste des mouvements sociaux en Amérique latine et des enjeux relatifs à la démocratie et aux droits humains. Il est l'auteur de nombreux livres dont, aux Éditions Écosociété, Quand l'utopie ne désarme pas (2002), Repenser l'action politique de gauche (2005), Pour une philosophie de l'action et de l'émancipation (2009) et Une gauche en commun. Dialogue sur l'anarchisme et le socialisme (avec Marcos Ancelovici, 2019).
Historien de formation, David Murray est éditeur chez Écosociété. Collaborateur de plusieurs médias indépendants, il a animé pendant près de dix ans une émission d'affaires publiques sur CISM en plus de militer au sein du Mouvement québécois pour une décroissance conviviale. Il a collaboré et codirigé certains ouvrages, dont Creuser jusqu'où ? Extractivisme et limites à la croissance (Écosociété, 2015, avec Yves-Marie Abraham).
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Mettre fin à l’itinérance au Canada ; Plaidoyer pour la prévention de l’itinérance.
Nous avons le plaisir d'annoncer la parution de : Mettre fin à l'itinérance au Canada ; Plaidoyer pour la prévention de l'itinérance.
«
Ce livre nous rappelle que mettre fin à l'itinérance n'est pas un rêve naïf. » – Valérie Plante, mairesse de Montréal (2017-2025)
En vente dès le 14 janvier 2026
Mettre fin à l'itinérance au Canada s'éloigne des solutions symboliques conventionnelles. Des collaborateurs et collaboratrices de partout au Canada y décrivent leur expérience de travail sur les causes de l'itinérance ainsi que les solutions et pratiques qui contribuent à sa prévention.
Sous la direction de : James Hughes : président et chef de la direction de la Mission Old Brewery de Montréal
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Au chevet de la démocratie, le nouvel essai de Frédéric Bérard. En librairie le 13 janvier.
Un recueil de textes pour mieux comprendre les défis de la démocratie.
Avec Au chevet de la démocratie : observations sur le démantèlement de l'État de droit, Frédéric Bérard décortique les coups portés à notre démocratie et à l'État de droit depuis plus d'une décennie. Des frappes constantes, parfois subtiles et d'autres fois moins, qui ont ouvert des failles...
Et c'est ce qu'il questionne et dénonce dans sa pratique, dans ses écrits, mais plus que tout, dans son être tout entier. Il propose ici une sélection de textes tirés de ses écrits des 10 dernières années, comme un fil d'ariane remontant l'effritement de l'état de droit au Québec et ailleurs, pour mieux comprendre comment on en est arrivé là... aujourd'hui.
Regards croisés sur les violations des droits et libertés, la tricherie, le racisme, les dérives climatiques, la séparation des pouvoirs, le populisme, l'identité, la polarisation, mais toujours à travers l'oeil de cet esprit vif dont la boussole morale pointe toujours en direction d'une justice, équité et humanisme protégés, sinon mis en valeur, par la règle de droit.
À cela s'ajoutent un nouveau texte de mise en contexte permettant de mieux cerner l'État de droit et un texte d'analyse de ce qui se profile à l'horizon, en plus d'une préface de Léa Clermont-Dion.
Docteur en droit, détenteur d'une maîtrise en sciences politiques et avocat, Frédéric Bérard a effectué des études postdoctorales en philosophie. Auteur de nombreux essais dont La fin de l'État de droit ?, Dérèglements politiques, L'homme de paille, J'accuse les tortionnaires d'Omar Khadr, On nous tuera doucement et de nombreux articles dans diverses revues scientifiques, ses travaux ont été cités par la Cour suprême du Canada.
Après avoir œuvré au sein des cabinets Stikeman Elliott et Woods, il fonde Frédéric Bérard Société d'avocats, un cabinet-boutique en droit constitutionnel et administratif. Il est reconnu par la revue Best Lawyers comme l'un des meilleurs avocats au pays, alors que son cabinet se mérite le même honneur dans sa catégorie. Récipiendaire de 14 prix d'excellence-professorale, il est enfin chroniqueur politique et judiciaire régulier au 98,5, Noovo, Radio-Canada, CBC, CJAD, CTV et 104.7 FM.
Extrait - Au chevet de la démocratie
« Le nombre de migrants parcourant aujourd'hui la planète en quête d'asile bat des records. Plus de 100 millions, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Et la réponse à l'enjeu ? Une vraie cata, confirme le Centre pour la migration mixte (MMC) : augmentation des décès et disparitions le long des routes migratoires, refoulements violents, expulsions, marchandisation et traites humaines.
Parmi les nouvelles donnes à considérer : l'injustice climatique. Si « seulement » une cinquantaine de millions de personnes ont dû fuir leur foyer en 2022 pour cause de désastres naturels, les rapports du GIEC évaluent la propension à plus de 200 millions de réfugiés du genre au tournant des prochaines décennies. Du monde à messe. "Alors quoi ?", diront certains, bien confortables dans leur réalité d'Occidentaux gâtés pourris. Triste pour eux, mais bon, c'est la vie. »
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre
Communiqué en format PDF disponible ici
Pour toute demande d'entrevu

Communisme en acte —désaliénation du travail et contre-culture politique
L'actualitémarque un tournant brutal. Enlèvement d'un chef d'État d'un pays souverain,aggravation des conflits armés, génocide en cours à Gaza, remise en causeouverte du droit international, accélération de la catastrophe écologique etsociale : tout indique que nous sommes entrés dans une phase de bifurcation historique.
Cette fuite en avant révèle une vérité centrale : la violence impériale ne parvient plus àmasquer la crise profonde du capitalisme néolibéral, ni son incapacité structurelle à garantir un avenir humainement et écologiquement désirable.
Face à cette situation, Communisme en acte —désaliénation du travail et contre-culture politique, préfacé par le sociologue Bernard Friot, ne se contente pas de dénoncer. Ce livre part du réel et montre ce qui existe déjà : des pratiques, des luttes, des formes de travail et de démocratie qui incarnent, ici et maintenant, une alternative concrète au capitalisme.
À l'heure où l'on voudrait nous faire croire que la force brute, la guerre économique et l'autoritarisme sont les seules réponses possibles à la crise du monde, ce livre affirme l'inverse : d'autres chemins existent, portés par celles et ceux qui refusent la résignation et reprennent collectivement prise sur leur travail, leur vie et leur avenir.
Si vous cherchez une espérance lucide, des repères pour comprendre et des pistes concrètes pour agir, ce livre est pour vous.
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Kidnappé par la police (nouvelle édition) | Livre à paraître le 20 janvier | Serge Mongeau
*Une nouvelle édition du classique de Serge Mongeau (1937-2025) dans lequel l'auteur raconte son emprisonnement lors de la crise d'octobre 1970. Un livre écrit à chaud dans une cellule de prison, un rappel que les libertés civiques sont précaires et, selon le cinéaste Félix Rose, « un témoignage d'une rare intensité et vérité ». Alors que les dérives autoritaires se
multiplient, ce témoignage conserve toute sa pertinence en nous rappelant jusqu'où l'État peut aller. *
Le livre *Kidnappé par la police*, de Serge Mongeau, paraîtra *en librairie
le 20 janvier* prochain.
*À propos du livre*
Octobre 1970. En réaction aux enlèvements d'un diplomate britannique et du ministre québécois du Travail par le Front de libération du Québec (FLQ), le gouvernement du Canada proclame la Loi sur les mesures de guerre, provoquant l'arrestation, sans mandat, d'environ 450 personnes. Kidnappées par la police, ces personnes n'avaient pourtant rien à se reprocher. Leur « crime » : militer pacifiquement pour l'indépendance du Québec et
l'avènement d'une société plus juste. Serge Mongeau comptait parmi ces prisonniers politiques. Comme le souligne le cinéaste Félix Rose dans la préface, ce livre, écrit à chaud dans sa cellule, constitue « un témoignage d'une rare intensité et vérité […] Il raconte son incarcération avec une précision saisissante, comme si elle se déroulait encore sous nos yeux. […] Ce livre n'est pas seulement le cri d'un homme injustement arrêté, c'est un
voyage au cœur de la crise d'Octobre ».
Moins d'un an après le décès de Serge Mongeau, les Éditions Écosociété rééditent ainsi un de ses classiques dans la toute nouvelle maquette de la collection Retrouvailles, qui remet de l'avant des livres n'ayant jamais cessés d'être pertinents et qui présente le contexte dans lequel ils ont été écrits. Alors que les dérives autoritaires se multiplient, ce témoignage conserve effectivement toute sa pertinence en nous rappelant jusqu'où l'État peut aller.
*À propos de l'auteur*
Serge Mongeau (1937-2025) a étudié la médecine, l'organisation communautaire et les sciences politiques. À la fois auteur, éditeur, écologiste, militant et jardinier, il a publié plus d'une vingtaine d'ouvrages dont, aux éditions Écosociété, *L'écosophie ou la sagesse de la
nature*, *De parole et d'action* ainsi que le best-seller *La simplicité
volontaire*.
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

De l’obstination à la destruction
Du collectif En Retrait
Sous la direction de Serge Truffaut
En librairie le 20 janvier 2026
Un regard incisif sur l'Amérique d'aujourd'hui.
L'équipe du site internet En Retrait, formée de journalistes vétérans de Radio-Canada, de La Presse et du Devoir, a suivi à la trace les derniers mois pathétiques de la présidence de Joe Biden, la tentative ratée de Kamala Harris de reprendre le flambeau, et l'élection d'un président obsédé par la vengeance, qui est en train de bouleverser la démocratie américaine et l'ordre mondial. Ce livre propose une quarantaine de textes qui tracent un portrait sans fard des États-Unis d'aujourd'hui.
Avec des textes de : Jean-Claude Bürger, Antoine Char, Pierre Deschamps, Jean Dussault, Dorothée Giroux, Dominique Lapointe, Rudy Le Cours, Claude Lévesque, Richard Massicotte, Daniel Raunet et Serge Truffaut.
Le directeur du collectif
Après avoir été documentaliste et recherchiste à Radio-Canada dans les années 70, Serge Truffaut a été journaliste à l'économie, éditorialiste aux affaires internationales et chroniqueur de jazz pour le journal Le Devoir de 1985 à 2015. Il est également l'auteur de cinq livres sur la présidence Trump, la Crise financière de 2008 ainsi que le jazz et le blues publiés par les Éditions Somme toute.
Extrait - De Biden à Trump
« Depuis qu'il s'est installé à la Maison-Blanche, Trump fait tout et n'importe quoi. Habité par une volonté de revanche très aiguisée, le 47e président des États-Unis s'emploie à châtier ici des généraux, là de hauts fonctionnaires, à punir des universités et des bureaux d'avocats, à censurer la radio et la télévision publiques (NPR et PBS), à mettre en pièces le ministère de l'Éducation, à séparer les enfants de leurs parents migrants, à insulter la Vieille Europe, à esquinter les économies du Vietnam, de la Birmanie et d'autres pays, etc. Bref, il profite à plein de « l'absolue immunité » que la Cour suprême a accordée à sa fonction dans sa décision du 1er juillet 2024. »
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Industrie et national-socialisme d’Alfred Sohn-Rethel aux Éditons La Tempête
Dans les années 1930, le philosophe travaille au sein des élites industrielles allemandes tout en menant des activités de résistance avant de fuir en Angleterre en 1936. Cette immersion lui permet de rédiger une analyse des liens entre capitalisme et nazisme. Il dissèque ainsi les luttes internes du grand capital et le rôle des grandes firmes dans l'ascension du régime hitlérien.
Dans une période à cheval entre la fin de la république de Weimar et les premières années de la dictature national-socialiste, le philosophe marxiste Alfred Sohn-Rethel, compagnon de route de Walter Benjamin et Theodor W. Adorno, travaille au sein des élites industrielles et financières allemandes tout en menant des activités clandestines antinazies. Occupant des postes mineurs au sein de la rédaction des Deutsche Führerbriefe, dans une chambre de commerce et au cabinet d'études économiques MWT, il côtoie les milieux d'affaires et observe leurs manœuvres, avant de fuir en Angleterre en 1936. De cette immersion naît Industrie et national-socialisme, une analyse percutante des rapports entre capitalisme et nazisme. Sohn-Rethel dissèque les luttes internes du grand capital, le rôle des firmes comme Krupp, IG Farben et Thyssen dans l'ascension du régime hitlérien, et les caractéristiques de l'économie nazie dans son ensemble.
Alfred Sohn-Rethel (1899-1990), économiste et philosophe, était proche de l'école de Francfort. Le poste qu'il occupa à l'université de Brême durant les années 1980 apparaît comme un havre de paix dans une vie autrement marquée par la fuite du Troisième Reich, la résistance politique et la non-reconnaissance institutionnelle. Il est l'auteur, entre autres, de La Monnaie (La Tempête, 2017).
Industrie et national-socialisme
Auteur(s):Sohn-Rethel, Alfred / Chapoutot, Johann (Préface de)/ Ferro, Robert (Traduit par)/
Éditeur : La Tempête
Date d'arrivée en librairie à confirmer
Prix : 35,95 $
EAN : 9791094512456

Adresses, internationalisme et démocr@tie, n°17
Dans ce numéro passionnant d'Adresses, il est question de différents de modes de domination politique à l'œuvre actuellement. Jusqu'à l'invasion du Venezuela par les forces américaines ces jours-ci, il était encore possible de dire que l'impérialisme contemporain n'était plus centré sur la prise violente de territoire par un État – à deux exceptions majeures près, la Russie en Ukraine, Israël en Cisjordanie. Cette nouvelle conquista inouïe aux conséquences funestes sera sans doute abordée dans un numéro ultérieur.
Pour télécharger le numéro 17 de la revue Adresse, internationalisme et démocratie
La volonté d'empire s'exprime principalement par la domination économique, la capture, par tous les moyens, des marchés, au nom d'une mondialisation par essence inégalitaire, caractéristique aussi des BRICS comme le démontre l'article de Patrick Bond (« Les BRICS et l'Afrique »). Les seules règles sont celles imposées par les indices boursiers internationaux, (pour rappel les principaux le CAC40 en France, le Dax en Allemagne, le Dow Jones, le Nasdaq).
Le but est de faire croître, par des moyens de plus en plus violents, la valeur des actions (y compris celles des matières premières pourtant essentielles à la survie de l'humanité) pour les plus grands bénéfices des actionnaires. Cela signifie une recherche de main-d'œuvre toujours moins chère, toujours plus exploitée – d'où la pseudo-solution de la délocalisation, qui condamne la population du pays concerné au chômage pour confier ce même travail à des pays pauvres, dépourvus de préférence de droits sociaux et/ou de législation environnementale contraignante.
La désindustrialisation de la France, concerne aussi aujourd'hui la Chine qui relocalise sa production dans les pays avoisinants, ce que nous voyons dans l'article d'Andrea Ferrario (« Comment la Chine redessine l'Asie »).
Avec l'hécatombe des droits sociaux que ces nouvelles formes de misère produisent, y compris pour ceux des femmes, même en Chine supposément communiste, comme le démontre l'article de Yige Dong (« La crise de la reproduction sociale »), piégées par la tradition patriarcale qui naturalise depuis toujours les soins (non rémunérés) des enfants et des parents âgés – sauf pour les riches bien entendu qui peuvent (mal) payer une autre femme, selon un processus analogue de délocalisation.
À cela, s'ajoutent des formes de contrôle en apparence « soft », l'imposition de technologies (y compris l'achat obligatoire d'armes, de culture, d'échanges universitaires), le tout déguisé en aide, en coopération bienfaisantes. Ce que fait aussi la Turquie en cherchant à reconstituer l'empire ottoman, et la Russie concurrençant la Chine pour la prise de possession du sous-sol minier sur le continent africain – tout en faisant semblant de respecter les préférences politiques locales.
Ce qui nous mène à la question posée par Siavush Seyavush et Maryam Namazi dans leurs articles respectifs sur cette autre forme de domination, celle d'une certaine bienpensance occidentale qui se veut de gauche et qui in f ine opère par des mécanismes comparables au capitalisme décrits dans d'autres articles dans le présent numéro d'Adresses. Dans son article oh combien percutant, Siavash Shahabi (« Iran : lutte pour la liberté et le racisme des antiracistes »), dénonce ce qu'il appelle « le racisme de l'intelligentsia ».
Autrement dit, celui de l'élite officielle de gauche qui se donne le droit de nommer les luttes à soutenir unilatéralement, les souffrances dignes de compassion – et à condamner sans appel celles jugées indignes d'une pareille considération.
gauche.media
Gauche.media est un fil en continu des publications paraissant sur les sites des médias membres du Regroupement des médias critiques de gauche (RMCG). Le Regroupement rassemble des publications écrites, imprimées ou numériques, qui partagent une même sensibilité politique progressiste. Il vise à encourager les contacts entre les médias de gauche en offrant un lieu de discussion, de partage et de mise en commun de nos pratiques.













