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Non au contrôle de Rio Tinto sur les berges des berges du lac St-Jean

24 mars, par Collectif — , ,
Nous vous écrivons, au nom du Comité de la Pointe, parce que nous voulons votre appui pour sauver Pointe Langevin. Nous vous demandons quelques minutes de votre temps pour vous (…)

Nous vous écrivons, au nom du Comité de la Pointe, parce que nous voulons votre appui pour sauver Pointe Langevin. Nous vous demandons quelques minutes de votre temps pour vous exposer notre situation.

Pourquoi maintenant ?

Rio Tinto a déposé sa proposition de projet pour le Programme de stabilisation des berges du lac en décembre 2025. Cette proposition n'inclut rien pour Pointe Langevin. La situation à la Pointe dure depuis 10 ans ; nos vies ont été bouleversées, notre quiétude et notre santé sont affectées. Nous n'en pouvons plus ; la situation de Pointe Langevin doit être résolue avant l'adoption d'un nouveau décret.

Les problèmes de la Pointe reflètent tout ce qui ne fonctionne pas avec la gestion du lac par Rio Tinto :

1) Le Programme des berges est un programme volontaire de Rio Tinto ; ce n'est pas un engagement légal ; c'est quelque chose que la firme peut manipuler et définir comme elle le veut.

2) Rio Tinto fait compléter des études dont ils contrôlent les conclusions ; les riverains, les villes et les MRC n'ont pas les fonds ou le mandat de reprendre ces études.

3) Aucune autorité n'est mandatée pour vérifier ou mettre en question les conclusions de Rio Tinto. Les riverains n'ont aucune base légale pour remettre en question les décisions de Rio Tinto.

4) Aucune instance gouvernementale, ne veut déplaire à Rio Tinto, puisque cette firme est la plus importante de notre région. C'est plus facile ou bien de blâmer les riverains qui revendiquent ou de laisser pourrir la situation en espérant que quelqu'un d'autre trouve des solutions.

5) Nous avons démontré que Rio Tinto est responsable des dommages à Pointe Langevin. Toute personne qui étudie un peu la situation en viendra à la même conclusion. La justification de Rio Tinto est absurde : ''Les dommages sont dus à un débit élevé de la Petite Rivière Péribonka en 2017 et à la fluviatilité.'' La Petite Péribonka est une rivière naturelle ; la Péribonka, au contraire, est une rivière harnachée avec un débit anormalement élevé 12 mois par année, incluant en période d'étiage. Pendant 50 ans, Rio Tinto a réparé la Pointe et les berges partout le long des berges de la petite et grande rivière Péribonka de Ste Monique jusqu'à l'embouchure au lac. Ils continuent de le faire encore aujourd'hui, incluant à Péribonka actuellement pour contrer les effets de la fluviatilité.

Ce ne sont pas les faits et la raison qui parlent, c'est la loi du plus fort.

Nous vous invitons à prendre connaissance de la présentation ci-jointe qui détaille brièvement notre situation. Tenez compte en lisant que si vous étiez dans notre même situation, vous seriez heureux et confortés que vos concitoyens appuient vos revendications.

Appuyez-nous ! Pas de nouveau décret avant de d'abord régler Pointe Langevin.

Merci de votre considération attentive,

Respectueusement,

Pour plus d'information sur ce sujet, envoyez vos demandes à l'adresse : comitépointelangevin@gmail.com

Voir plus bas les gens qui appuient cette démarche et qui signent ce message.


COMMENT PROCÉDER ?

1) Lisez d'abord la présentation intitulée : Message aux riverains du Lac-St-Jean, qui est en pièce jointe à ce message. C'est un résumé de notre situation et de ce que nous demandons.
https://webmail.koumbit.net/roundcube/?_task=mail&_frame=1&_mbox=INBOX&_uid=171587&_part=2&_action=get&_extwin=1
2) Si vous avez le temps, vous pouvez aller au site suivant sur Facebook et consulter d'autres documents qui détaillent la situation à la Pointe Langevin. Entre autres, vous pouvez consulter les documents suivants :

Site sur Facebook : Erosion Pointe à Langevin

JFSA, Avis Technique, Problématique d'érosion de Pointe Langevin. C'est l'explication scientifique de notre situation, présentée par des experts hydrogéomorphologues.

Pointe Langevin, Présentation 2020. Ce document explique en détails notre situation avec des prises de vues qui parlent pour elles-mêmes.

Liste des riverains qui appuient et signent ce message

A. Boillat

G. Morissette

G. Guillemette

R. Tremblay

A. Rochette

P-H. Girard

S. Emmanuel

M. Martin

G. Gilbert

P. Morin

N. Fortin

S. Gauvin

M. Paquette

R. Paradis

D. Gagnon

G. Guay

C. Parrot

L. Gauthier

M. Boulanger

N. Coté

P. Savard

M. Potvin

M. Desmarquis

D. Murray

M. Girard

L. Rousseau

J-F. Lemieux

H. Girard

J. Gagné

E. Gallant

L. Bonenfant

S. Lambert

M. Morissette

G. Routhier

J. Langevin

J-M. Corneau

P. Potvin

A. Girard

J_F. Héroux

A. Thériault

D. Lemieux

L. Hébert

S. Murray

D. Langevin

P. Gallant

M. Harvey

M. Boulay

S. Sauvageau

M. Gilbert

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Élimination de la discrimination : Il faut que ça bouge : les syndicats du Canada exigent la modernisation de la Loi sur l’équité en matière d’emploi

24 mars, par Congrès du travail du Canada (CTC) — , ,
En cette Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, les syndicats du Canada incitent de nouveau le gouvernement fédéral à prendre des mesures (…)

En cette Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, les syndicats du Canada incitent de nouveau le gouvernement fédéral à prendre des mesures concrètes pour éliminer le racisme et la discrimination systémiques sur le marché du travail en modernisant la Loi sur l'équité en matière d'emploi (LEE).

Avec les autres lois qui font avancer l'instauration d'une vraie égalité en milieu de travail -y compris les lois sur les droits de la personne, l'équité salariale et l'accessibilité et les protections prévues par les conventions collectives- la LEE est un outil crucial pour les travailleuses et travailleurs se heurtant à des obstacles systémiques à l'emploi bien ancré. L'équité en matière d'emploi vise essentiellement à voir à ce que les travailleuses et travailleurs aient un accès équitable et égal aux bons emplois stables—également appelé travail décent.

En 2023, après avoir consulté amplement les travailleuses et travailleurs, les syndicats, les employeurs et d'autres intervenants, le Groupe de travail sur l'examen de la Loi sur l'équité en matière d'emploi a publié un rapport faisant date qui comprend 187 recommandations pour la modernisation et le renforcement de la Loi. Ces recommandations indiquent des mesures concrètes à prendre pour s'attaquer à la discrimination systémique en matière d'embauche, d'avancement et de maintien en emploi et de fortes mesures de mise en application et d'assurance de la conformité obligeant les employeurs à rendre des comptes.

Après la publication de ce rapport, le gouvernement libéral de l'époque a annoncé des engagements initiaux à l'égard de la modernisation de la Loi. Il s'agit notamment d'engagements à créer deux nouveaux groupes désignés en vertu de la LEE, soit les travailleuses et travailleurs noirs et 2SLGBTQI+, à remplacer dans la version anglaise « Aboriginal Peoples » par « Indigenous Peoples », et à mettre à jour la définition pour qu'elle englobe les Premières Nations, Métis et Inuits et qu'elle cadre avec celle de la Loi concernant la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, à remplacer le terme « minorités visibles » par « personnes racialisées » et à mettre à jour la définition correspondante et à aligner la définition des « personnes handicapées » sur la Loi canadienne sur l'accessibilité afin de la rendre plus inclusive.

Mais les travailleuses et travailleurs attendent encore trois années plus tard.

L'inaction du gouvernement est telle que les travailleuses et travailleurs faisant partie de groupes désignés–qui ont déjà beaucoup de difficulté à accéder à l'équité—continuent de se heurter à des obstacles en raison de la désuétude de la législation et de la discrimination systémique. Le rapport du Groupe de travail présente une claire feuille de route pour le changement et, en ces temps d'inégalité croissante, la mise en œuvre de ses recommandations est plus pressante que jamais. La modernisation de la Loi sur l'équité en matière d'emploi donne au gouvernement fédéral l'occasion de prendre des mesures valables pour aplanir les obstacles auxquels se heurtent les nombreux travailleurs et travailleuses assujettis à la Loi.

Les syndicats du Canada incitent le gouvernement fédéral à mettre en œuvre pleinement les recommandations exhaustives présentées par le Groupe de travail et à déposer rapidement une Loi mise à jour. Il doit également affecter des fonds suffisants pour aider les employeurs à mettre la Loi en œuvre et les ressources nécessaires pour que la Commission canadienne des droits de la personne mette la Loi en application et assure la conformité avec celle-ci et une évaluation efficace.

« Il faut que ça bouge. Une Loi renforcée qui témoigne des réalités actuelles de la main-d'œuvre et du marché du travail canadiens est un outil d'une importance critique pour le nivellement des obstacles que doivent surmonter en milieu de travail les personnes faisant partie des groupes désignés actuels et des nouveaux groupes désignés proposés », déclare Larry Rousseau, vice-président exécutif du CTC. Bien que la LEE ne puisse pas éliminer à elle seule la discrimination et le racisme systémiques au sein de la population active et sur le marché du travail, elle pose un cadre global sur les lois destinées à faire avancer l'équité et l'inclusion. Si elle est renforcée et dûment mise en application, elle peut aider à rectifier les injustices systémiques et à voir à ce que les travailleuses et travailleurs qui ont été privés de possibilités par le passé soient pleinement représentés au sein de la population active du Canada.

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Conseil fédéral de la FIQ de mars 2026 | Ce qu’il faut retenir

24 mars, par Julie Bouchard — , ,
Depuis plusieurs semaines, la classe politique québécoise est en pleine effervescence. Démissions, luttes de leadership, élections partielles : tout s'enchaîne rapidement et (…)

Depuis plusieurs semaines, la classe politique québécoise est en pleine effervescence. Démissions, luttes de leadership, élections partielles : tout s'enchaîne rapidement et crée un climat d'instabilité. Dans ce contexte, même si nous ne contrôlons pas le rythme des événements, notre organisation est demeurée pleinement engagée, et elle continuera de l'être.

Notre priorité reste la même : défendre avec rigueur et détermination les 90 000 professionnelles en soins que nous représentons. Parce qu'au-delà des débats politiques, les décisions prises à l'Assemblée nationale ont des impacts bien réels sur votre quotidien : l'organisation du travail, l'accès aux soins pour la population, vos conditions d'exercice, la reconnaissance de votre rôle, la place du privé, les ratios et la surcharge de travail. Ces décisions touchent aussi de plein fouet des milliers de femmes, qui composent la grande majorité de nos professions.

C'est dans ce contexte que, réunies en conseil fédéral, vos déléguées ont adopté une stratégie électorale en vue des élections provinciales du 5 octobre 2026. L'objectif est simple : nous préparer collectivement et nous mobiliser pour que la santé, les soins et les priorités des professionnelles en soins soient au cœur du débat public. Au cours des prochains mois, nous suivrons de près les promesses électorales des partis, notamment sur la première ligne, la privatisation du réseau, la gouvernance sous Santé Québec et les ratios sécuritaires. Nous produirons différents contenus pour vous informer, alimenter la réflexion et soutenir l'engagement.

L'instabilité politique peut aussi créer des occasions qu'il faut savoir saisir. Ce conseil fédéral a été un moment important pour vos militantes syndicales : faire le point sur les dossiers qui vous touchent directement, mais aussi réfléchir ensemble aux moyens de faire entendre votre voix et d'influencer les débats à venir.

Le printemps est maintenant amorcé et sera marqué, comme chaque année, par le Mois des professionnelles en soins, avec de nombreuses activités dans vos établissements. Je vous invite à y participer pour souligner votre apport essentiel aux soins et aux services.

Le printemps, c'est aussi la Fête internationale des travailleuses et des travailleurs. Dans un contexte où les droits syndicaux sont fragilisés, une grande marche nationale aura lieu le samedi 2 mai à Montréal. J'espère vous y voir nombreuses pour faire entendre notre voix, ensemble.

Solidairement,

Julie Bouchard
Présidente de la FIQ

Photo : exécutif de la FIQ

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Deux prochains webinaires Faire front

24 mars, par Confédération des syndicats nationaux (CSN) — , ,
Dans les prochaines semaines, la CSN tiendra des webinaires pour apprendre et échanger sur des grands enjeux qui touchent les travailleuses et les travailleurs. Budget du (…)

Dans les prochaines semaines, la CSN tiendra des webinaires pour apprendre et échanger sur des grands enjeux qui touchent les travailleuses et les travailleurs.

Budget du Québec : réaction de la CSN

Le 24 mars de 12 à 13 heures, la CSN tient un webinaire de la campagne Faire front pour réagir au dernier budget du gouvernement caquiste. Ce sera l'occasion à la fois de faire une analyse budgétaire et de voir de quelle manière le gouvernement répond aux demandes des travailleuses et des travailleurs.

Le budget Girard 2026 sera le dernier avant les élections à venir. L'état de nos services publics nécessite un rehaussement du financement, tout cela alors que les baisses d'impôt imposées par le gouvernement créent un trou béant dans nos finances publiques. Le Québec qu'on veut doit prendre les moyens de n'échapper personne et d'aider les travailleuses et les travailleurs à faire face à l'incertitude économique.

Pour vous inscrire à ce rendez-vous sur le budget du Québec, veuillez remplir ce formulaire.

Ceux d'en haut : richesse extrême et domination de classe

Le 21 avril de 12 à 13 heures, la CSN tient un webinaire de la campagne Faire front sur la hausse des inégalités sociales avec Dahlia Namian, professeure titulaire à l'École de travail social de l'Université d'Ottawa et autrice.

Les plus fortunés n'ont jamais été aussi riches, ni aussi influents. Ils forment une véritable classe dominante, organisée, mobile et dotée d'un pouvoir sans précédent. Leur influence déborde largement la sphère économique : elle façonne les politiques publiques, oriente les médias et redessine les règles du jeu démocratique. Pendant ce temps, une part croissante de la population compose avec l'inflation, la précarité et le recul des services publics. En s'appuyant sur son essai La Société de provocation : essai sur l'obscénité des riches, gagnant d'un prix Pierre Vadeboncoeur, ce webinaire mettra en lumière les liens étroits entre accumulation de richesse, rapports de classe et avenir collectif.

Pour vous inscrire à ce rendez-vous sur la richesse extrême, veuillez remplir ce formulaire.

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Motion de Sol Zanetti sur les GAFAM comme principal danger pour la culture québécoise

Voici la motion que j'ai présentée aujourd'hui : « Que l'Assemblée nationale reconnaisse, comme l'a affirmé le ministre de la Culture, que la principale menace envers la (…)

Voici la motion que j'ai présentée aujourd'hui :

« Que l'Assemblée nationale reconnaisse, comme l'a affirmé le ministre de la Culture, que la principale menace envers la culture francophone ne vient pas de l'immigration, mais bien des géants du Web, et qu'elle souligne l'importance d'agir pour mieux protéger et promouvoir la culture québécoise face à ces plateformes numériques. »

17 mars 2026

Pourquoi le PQ s'est-il abstenu ?

Se peut-il que ses député·es sous-estiment gravement le danger que fait peser sur notre culture l'accaparement des lieux de diffusion en ligne par les multinationales du numérique ? Si c'est le cas, c'est très grave.

Sinon c'est quoi ? Laissent-ils entendre que l'immigration est une menace à la culture québécoise ? Ça aussi c'est grave.

Depuis des décennies, les immigrants et leurs descendants font rayonner la culture québécoise ici et à l'international. Il faut le reconnaître.

Le problème avec les partis qui identifient à tort l'immigration comme la cause de certains problèmes, c'est qu'ils proposent nécessairement les mauvaises solutions à ces problèmes, en plus de contribuer à la stigmatisation sociale des personnes immigrantes.

Pour assurer l'avenir et l'épanouissement de notre culture, il faut reprendre le contrôle du Far-West numérique dominé par les GAFAM et permettre aux Québécois•es de toutes les origines d'être en contact avec notre culture commune.

C'est ÇA le vrai enjeu.

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Habermas ou l’usage public de la raison à l’épreuve du monde réel

24 mars, par Nikos Smyrnaios — , ,
Penseur incontournable de la démocratie délibérative, Habermas aura passé sa vie à défendre un espace public que le capitalisme numérique a méthodiquement détruit. Hommage (…)

Penseur incontournable de la démocratie délibérative, Habermas aura passé sa vie à défendre un espace public que le capitalisme numérique a méthodiquement détruit. Hommage critique à la grandeur et aux insuffisances d'une œuvre qui reste indispensable.

Tiré du blogue de l'auteur.

La disparition de Jürgen Habermas le 14 mars à l'âge de 96 ans marque la fin d'une ère pour la philosophie continentale et la théorie sociale. Figure de proue de la seconde génération de l'École de Francfort, cet intellectuel né en 1929 a consacré son existence à l'exploration de la raison, du langage et des conditions de possibilité d'une démocratie délibérative. Son œuvre, d'une densité exceptionnelle, a cherché à reconstruire les fondements d'une modernité qu'il considérait comme un projet inachevé, plaçant l'agir communicationnel au cœur de l'émancipation humaine.

L'un des apports le plus fondamentaux de sa pensée demeure la forge du concept d'espace public dans les années 1960, entendu comme une sphère de médiation entre la société et l'État où s'exerce l'usage public de la raison. En théorisant cette Offentlichkeit, Habermas a identifié le lieu de formation des représentations sociales et des opinions qui guident la délibération démocratique. Pour lui, l'espace public représentait le principe de légitimation du pouvoir par la recherche d'un consensus démocratique, s'opposant radicalement au droit divin et à la raison d'État.

Cette conception théorique a émergé dans le contexte d'une réflexion sur l'héritage des Lumières et de la philosophie kantienne, s'appuyant sur l'essor de la presse imprimée et des salons littéraires au dix-huitième siècle. L'influence de ce modèle fut considérable, devenant la référence canonique et normative de la théorie démocratique libérale. Elle a imprégné durablement les cadres réglementaires des médias, de la loi de 1986 en France jusqu'aux récents règlements européens, postulant qu'un espace public médiatique pluraliste où les citoyens peuvent accéder à une information de qualité est la condition sine qua non de toute société libre.

Pourtant, cette vision idéale-typique a rapidement suscité des critiques majeures de la part de penseurs soulignant son caractère exclusif. Dès le début des années 1970 Oskar Negt et Alexander Kluge ont dénoncé les fondements bourgeois de ce modèle, qui ignore les exclusions de classe et l'existence d'espaces publics oppositionnels et des contre publics. Nancy Fraser a complété cette charge dans les années 1990 en pointant les exclusions fondées sur le genre, la race et la nationalité, démontrant que l'universalité prétendue par Habermas dissimulait en réalité les intérêts d'une élite masculine et propriétaire. D'autres encore, comme Chantal Mouffe, ont critiqué l'omission des dimensions matérielles, conflictuelles et marchandes qui structurent nécessairement toute communication médiatisée.

L'histoire contemporaine a cruellement souligné l'échec de cet idéal-type face aux réalités du capitalisme et de la numérisation. Habermas lui-même avait diagnostiqué très tôt la transformation structurelle et le déclin de l'espace public bourgeois sous l'effet de la commercialisation et de l'expansion étatique. À la fin de sa vie, il a tenté de sauver son idéal en l'adaptant aux nouvelles formes de communication, mais ses efforts se sont heurtés à la réalité d'un espace public numérique dominé par un oligopole technologique puissant. Et ceci dans un contexte d'échec patent des démocraties libérales occidentales, engluées dans une polycrise aigue.

Habermas dans son dernier texte a fini par reconnaitre à demi-mots que la pathologie de l'espace public contemporain n'est pas une anomalie passagère, mais une caractéristique constitutive du capitalisme. Un espace public authentiquement démocratique et inclusif est impossible sans une égalité sociale et politique réelle.

La stature intellectuelle de Habermas a également été ternie par un eurocentrisme dont il n'a jamais su se départir totalement. Ses récentes prises de position, notamment son soutien à l'intervention militaire à Gaza, ont été perçues comme une faillite morale par de nombreux observateurs du Sud global. Pour lui la souffrance de l'Autre non-européen a semblé dépourvue de réalité ontologique, confirmant les critiques sur l'incapacité de sa pensée à s'extraire de l'horizon occidental.

En conclusion, si Jürgen Habermas restera comme l'un des plus grands philosophes modernes, dont les travaux sur les médias et la démocratie demeurent une base fondamentale pour toute analyse critique, il n'en demeure pas moins le produit d'une époque révolue. Son œuvre témoigne d'une foi immense en la puissance du discours rationnel, mais elle a fini par se briser sur les récifs du techno-capitalisme et des dérives du libéralisme occidental.

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La prison !Ce que nous n’en savons pas ?

Un samedi, en fin d'après-midi, les mains plongées dans une eau tiède, je m'appliquais à une tâche aussi banale que rassurante. La vaisselle s'empilait lentement, chaque (…)

Un samedi, en fin d'après-midi, les mains plongées dans une eau tiède, je m'appliquais à une tâche aussi banale que rassurante. La vaisselle s'empilait lentement, chaque assiette retrouvant sa place dans le silence domestique, quand une voix s'éleva, presque par inadvertance, depuis le poste de radio posé à un mètre de moi, sur le comptoir.

J'entends une question.

« Qu'est-ce qu'on ne sait pas de la prison ? »

Je ralentis mon geste, l'éponge suspendue entre mes doigts. Une question essentielle venait d'être posée à une heure de grande écoute. Une de celles que l'on n'entend jamais. Une de celles qui traversent rarement les ondes, comme si elles étaient frappées d'une interdiction tacite, reléguées aux marges de la conversation collective.

L'invité n'avait pas le loisir d'y consacrer tout le temps qu'elle exigeait. Mais qu'importe. La question avait été prononcée, et cela seul constituait déjà un événement. Je salue Marie-Louise. Il fallait oser glisser une telle pierre dans la mécanique bien huilée des sujets convenus.

On attendra sans doute encore des années avant d'entendre à nouveau la même question. Entre-temps, les sujets jugés plus urgents, plus rentables, plus confortables occuperont les ondes.

Non, la question ne suscitera pas de débat public. Il n'y aura pas de commission parlementaire pour examiner, disséquer, comprendre ce que nous ne savons pas de la prison. Elle restera là, massive et silencieuse, comme ces bâtiments que l'on contourne sans jamais les regarder, persuadés qu'ils appartiennent à un autre monde.

Pourtant, derrière cette question, en somme assez sage, pertinente, il en existe une autre, plus tranchante, plus dérangeante. Une question qui ne cherche pas à informer, mais à dévoiler. Une question qui exige autre chose qu'une réponse rapide.

« Qu'est-ce que nous ne voulons pas savoir de la prison ? »

Il faut s'arrêter un instant pour l'entendre vraiment. La question ne s'adresse pas à un expert, ni à un ministre, ni même à un détenu. Elle s'adresse à nous tous.

Nous ne voulons pas savoir que la prison est la nôtre. Qu'elle nous appartient entièrement. Qu'elle ne flotte pas à la périphérie de la société, mais qu'elle en est une émanation directe, une construction collective, patiemment entretenue. Nous en sommes les propriétaires, au même titre que nos routes, nos écoles, nos hôpitaux. Pourtant, nous agissons comme si elle relevait d'un territoire étranger, d'une zone obscure dont nous aurions confié les clés à d'autres. La prison devient ainsi une forme de no man's land mental.

Nous ne voulons pas savoir qu'il nous incombe d'en penser le développement, l'évolution, le sens même. Qu'elle n'est pas seulement un lieu de punition, mais un miroir grossissant de nos choix, de nos renoncements, de nos contradictions.

Nous ne voulons pas savoir que ceux qui en sortent reviennent vers nous. Toujours. Un jour ou l'autre. Ils franchissent à nouveau le seuil de nos rues, de nos immeubles, de nos vies. Ils redeviennent nos voisins, nos collègues, parfois même nos proches. Et la moindre des choses serait peut-être de préparer ce retour, de le rendre possible, viable, humain. Non pas par naïveté ou par charité, mais par lucidité. Ne pas préparer ce retour, c'est déjà préparer l'échec. La récidive. Ne pas réhabiliter participe à faire des futures victimes. Quand est-ce qu'on va finir par le savoir ?

Nous ne voulons pas savoir que personne n'entre en prison par génération spontanée. Aucun homme, aucune femme ne tombe du ciel pour s'écraser derrière des barreaux. Il y a des parcours, des fractures, des abandons, des enchaînements de causes que l'on préfère ne pas démêler, de peur d'y reconnaître quelque chose de nous-mêmes.

Alors nous nous installons dans un paradoxe commode, mais terrible. Nous exigeons la réhabilitation des personnes incarcérées, nous en faisons un principe, une valeur officielle, un slogan, mais nous refusons de leur en donner plus de moyens réels, par crainte que la punition cesse d'être la finalité première de la prison. Et lorsqu'elles sortent, chargées de ce que nous n'avons pas voulu réparer, nous continuons à les regarder comme si le crime était une nature, un destin. Comme si chaque détenu portait en lui un prétendu chromosome du crime, dont la science a pourtant depuis longtemps réfuté l'existence.

Nous ne voulons pas que les personnes incarcérées se relèvent, parce que cela exigerait de tendre la main. Comment tendre la main à quelqu'un qui a fait du mal ? Idéalement, elles disparaîtraient, tout en demeurant à portée de nos jugements. Nous les reléguons, au fond de nous, à une forme d'infériorité que nous refusons d'admettre. Alors nous demandons aux services correctionnels de traduire nos contradictions en fabriquant une double illusion, celle d'une réhabilitation affichée et celle d'une sécurité illusoire.

La prison, dans ce qu'elle a de plus profond, n'est pas seulement un lieu d'enfermement. Elle est une zone d'oubli organisée. Un endroit où l'on dépose ce que l'on ne sait pas traiter autrement, ce que l'on ne veut plus voir, ce que l'on préfère croire extérieur à nous.

Et pourtant, elle nous ressemble.

Elle porte nos peurs, nos colères, notre désir de justice et notre incapacité à la penser jusqu'au bout. Elle révèle notre besoin d'ordre, mais aussi notre difficulté à affronter les causes du désordre. Voilà pourquoi la prison est devenue une solution simpliste à des problèmes complexes. Ce n'est pas la première ni la dernière fois que je l'écris, la prison est l'expression de notre manque d'imagination. Et cela, nous ne voulons pas le savoir.

Tout comme nous ne voulons pas savoir que ce n'est pas l'imagination qui manque en dedans. Lorsqu'elle est encadrée, soutenue, orientée, elle peut devenir une force de transformation réelle. Il existe des parcours où la prison a représenté un point de bascule, parfois même une chance inattendue. Mais nous préférons ignorer ces trajectoires. Réduire la prison à une seule vérité, celle d'une école du crime, ne lui rend pas justice, même si ces réussites demeurent rares. Elles sont rares parce que ce n'est pas la mission première que nous avons choisie de lui confier. Voilà pourquoi, lorsqu'un jeune sort avec un diplôme en poche, personne n'est là pour l'accueillir, aucun regard pour reconnaître l'effort, aucune première page pour en témoigner. Cela ne cadre pas avec ce que nous voulons voir et savoir.

Nous ne voulons pas savoir non plus que, depuis une vingtaine d'années, il est profondément contre-productif d'opposer les droits des détenus à ceux des victimes. Que de meilleures conditions de travail pour les gardiens participent directement à de meilleures conditions de détention, et que vouloir dresser les uns contre les autres relève d'une vision simpliste, voire absurde. Et puis il y a ce tabou plus discret, presque honteux, que l'on s'acharne à tenir dans l'ombre. Tout en assumant leur responsabilité criminelle, la plupart des détenus ont d'abord été des victimes avant de faire des victimes. Rappeler cette réalité est devenu suspect dans certains discours de droite, comme si comprendre revenait à excuser. Pourtant, toutes les approches thérapeutiques sérieuses convergent vers une même évidence. On cesse de nuire à soi et aux autres en comprenant les racines de son propre mal-être. Mais cela aussi, nous préférons ne pas le savoir. Ce n'est pas une petite semaine que nous devons consacrer à la justice réparatrice pour en reconnaître les mérites, mais une année entière.
Ce que nous ne savons pas de la prison est déjà immense. Mais ce que nous ne voulons pas savoir l'est davantage encore. Parce que cela nous oblige. Cela nous implique. Cela nous retire le confort de la distance. Nous préférons nous raconter ce beau mensonge, ce que nous ne savons pas, ne fait pas mal.

Un jour ou l'autre, il faudra cesser de détourner le regard. Non pas pour excuser, ni pour absoudre, mais pour comprendre. Comprendre, comme le disait Albert Jacquard dans son introduction de l'album Libre à vous, « Une prison dans une ville signifie que quelque chose ne fonctionne pas dans la société tout entière ».

Qu'on le veuille ou non, la prison est une fabrication humaine.

J'espère seulement que la prochaine fois que je réagirai à une question aussi essentielle sur la prison, ce ne sera pas les mains dans l'eau, entre deux assiettes.

Mohamed Lotfi
22 Mars 2026

https://www.facebook.com/mohamed.lotfi.90410/posts/pfbid0QA3E3GK8jvCPovhKTQjpAmf2eJbcmXi57uSobttJhhDNXQYCqbtJ7jHNWyUT4g5Bl
La prison ! Ce que nous n'en savons... - Mohamed Lotfi
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Manifeste pour une révolution écosocialiste

Daniel Tanuro, militant écosocialiste de la Gauche anticapitaliste, section belge de la IVème Internationale, a été le coordinateur du comité de rédaction de ce Manifeste. Il (…)

Daniel Tanuro, militant écosocialiste de la Gauche anticapitaliste, section belge de la IVème Internationale, a été le coordinateur du comité de rédaction de ce Manifeste. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'écosocialisme, dont « l'Impossible capitalisme vert », « Trop tard pour être pessimistes » et, plus récemment, « Écologie, luttes sociales et révolution. » Nous lui avons posé quelques questions.

15 mars 2026 | tiré de la Gauche anticapitaliste

La Gauche anticapitaliste : notre organisation politique a publié, en 2022, un manifeste intitulé : » L'urgence d'un monde nouveau ». Pourquoi et en quoi, ce manifeste de la IVème Internationale apporte-t-il une nouvelle dimension à notre programme politique de lutte ?

Daniel Tanuro : le Manifeste prend à bras-le-corps la question-clé de notre époque : la catastrophe écologique grandissante et son articulation avec la crise sociale. Ces deux crises et leur combinaison sont le produit de la logique productiviste du profit capitaliste. Le point décisif du Manifeste consiste en ceci : il s'appuie sur l'expertise scientifique qui atteste le dépassement de seuils de soutenabilité dans la plupart des domaines (climat, biodiversité, pollution atmosphérique, eau douce, sols, etc…) pour en déduire la nécessité générale d'une décroissance globale, juste, et anticapitaliste, afin de ramener l'humanité « dans les clous » des possibilités terrestres. C'est la première fois qu'un réseau mondial d'organisations politiques marxistes adopte une démarche écosocialiste aussi radicale.

GA : En quoi et pourquoi, ce Manifeste écosocialiste – rompre avec la croissance capitaliste- peut-il susciter un débat nécessaire, voire indispensable au sein des organisations politiques, syndicales et sociales du mouvement ouvrier belge ?

DT : Chico Mendez disait que » l'écologie sans lutte de classe, c'est du jardinage ». C'est très juste. Mais il faut ajouter que la lutte sociale sans écologie, c'est du bricolage, voire du raclapotage. La catastrophe écologique est une catastrophe sociale. La réponse capitaliste à cette catastrophe approfondit fortement les inégalités et les discriminations.Tolérer cette politique, voire y collaborer au nom de l'emploi, est une erreur stratégique. Cela fait le jeu de l'extrême-droite. Partout, celle-ci relativise ou nie carrément la gravité extrême de la menace écologique. Ce relativisme et ce négationnisme (le backlash écologique) sont même au centre de son offre de service aux capitalistes. Ceux-ci cherchent par tous les moyens à augmenter leur profitabilité dans leur guerre de concurrence sur le dos du travail et de la nature. Il y a donc un débat indispensable et urgent à mener, dans les syndicats et les autres mouvements sociaux, sur un programme de lutte écosocial et sur la stratégie, dans la perspective d'une tout autre société. Le Manifeste est une contribution à ce débat à ces trois niveaux.

GA : En Belgique, le mouvement syndical et associatif est engagé dans un combat contre l'Arizona, gouvernement le plus dur et le plus autoritaire qu'on ait connu depuis longtemps, soutien inconditionnel du patronat, avec, aux commandes, la droite et droite extrême.En quoi ce manifeste peut-il être un outil de combat pour une possible victoire ?

DT : La politique de l'Arizona s'insère dans ce contexte capitaliste général de backlash écologique et de régression sociale combinés. Face à cela, il ne faut pas se dissimuler la difficulté. Le productivisme capitaliste apparaît, à la grande majorité des gens, comme une nécessité, une obligation à laquelle ils ne peuvent échapper, car leur existence en dépend. Au stade actuel, le Manifeste est un outil de débat, pas directement un outil de combat pour une victoire. Il contient des « lignes directrices » pour un programme écosocial, mais ne constitue pas en soi le programme à copier-coller. C'est dans la lutte et dans la convergence démocratique des luttes – syndicales, féministes, antiracistes, écologiques – qu'un tel programme peut commencer à émerger.

Propos recueillis par Denis Horman

Daniel Tanuro sera présent comme orateur à la conférence-débat organisée par la Formation Léon Lesoil, en collaboration avec la Gauche anticapitaliste, le mardi 24 mars, à 19h30, à l'université de Liège, place du XX août.

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Dans les coulisses d’une rédaction en exil : 8AM Media, lumière de l’info dans les ténèbres de Kaboul

24 mars, par Célia Mercier — , ,
Issu du quotidien Hasht-e Subh (« Huit heures du matin »), ce média en ligne est l'un des derniers bastions du journalisme indépendant en Afghanistan. Alors que travailler (…)

Issu du quotidien Hasht-e Subh (« Huit heures du matin »), ce média en ligne est l'un des derniers bastions du journalisme indépendant en Afghanistan. Alors que travailler ouvertement à Kaboul est devenu impossible sous les talibans, la rédaction en exil s'appuie sur des collaborateurs opérant secrètement dans le pays.

Tiré de Entre les lignes et les mots

La sécurité est une condition de survie pour un média couvrant un pays dirigé par l'un des régimes les plus répressifs au monde. L'identité et la localisation des journalistes restés en Afghanistan, les canaux de communication et les protocoles d'urgence ne peuvent être rendus publics sans mettre des vies en danger. 8AM Media applique des règles strictes : communications chiffrées, cloisonnement des informations sensibles, anonymisation des sources, évaluations des risques avant publication et soutien à la relocalisation des journalistes.

Depuis le retour au pouvoir des talibans en août 2021, certains sujets sont devenus strictement interdits en Afghanistan : oppression des femmes, corruption, incidents sécuritaires, exécutions, etc. En guise de motif, le régime invoque qu'ils sont « contraires à l'islam » ou relevant de la « propagande occidentale ». Les journalistes qui osent franchir ces lignes rouges s'exposent à des convocations par les services de renseignement, des violences physiques, la confiscation de leur matériel et une détention arbitraire.

Alors que le pays suffoque sous le poids de la censure et de la répression, 8AM Media, plateforme à but non lucratif, revendique un journalisme d'investigation indépendant et d'intérêt public visant à exposer la réalité de l'Afghanistan. Il documente les violations des droits des femmes, l'exclusion des filles du système éducatif et les défaillances de la gouvernance talibane, mais aussi les crises humanitaires, sanitaires et environnementales, les détentions arbitraires, la torture et les exécutions extrajudiciaires, la situation des réfugiés afghans et leurs expulsions forcées, notamment du Pakistan et d'Iran. Ses enquêtes en font une source essentielle pour comprendre la réalité afghane, loin de la propagande officielle talibane.

Pour toucher le plus large public possible, la rédaction publie en dari, pachto, ouzbek et anglais. Et pour contrer ou contourner les coupures d'Internet, la censure et les pare-feux, 8AM Media multiplie les canaux de diffusion : sites miroirs, formats légers adaptés aux connexions limitées, réseaux sociaux, applications de messagerie comme WhatsApp ou Telegram et relais de la diaspora. Cette diversification est vitale quand l'accès à l'information est utilisé comme arme politique.

Mais travailler en exil a un fort coût humain et financier. La distance pèse aussi psychologiquement sur des journalistes vivant dans l'angoisse permanente vis-à-vis de leurs proches restés au pays. Quant aux membres de 8AM Media en exil au Pakistan, ils sont aujourd'hui menacés d'expulsion vers leur pays d'origine en raison de la politique de renvois massifs des réfugiés afghans, alors même qu'ils ont signé des enquêtes sensibles qui font peser des menaces sur leur liberté et leur vie.

Pourtant, 8AM Media continue de faire ce que les talibans cherchent précisément à empêcher : décrire la rugosité de la vie de l'Afghanistan d'aujourd'hui, et non la façade lisse que le régime voudrait présenter. Dans un pays où la liberté de la presse est méthodiquement étouffée, 8AM Mediaapporte chaque jour la preuve que, même en exil, le journalisme est capable d'exister et de résister.

Célia Mercier, responsable du bureau Asie du Sud de RSF
https://rsf.org/fr/dans-les-coulisses-d-une-rédaction-en-exil-8am-media-lumière-de-l-info-dans-les-ténèbres-de-kaboul

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Inde : le cyberharcèlement sexiste étouffe le travail des femmes journalistes

24 mars, par Reporters sans frontières (RSF) — , ,
En Inde, les campagnes de harcèlement en ligne ciblant tout particulièrement les femmes journalistes se sont intensifiées ces dernières années. Tiré de Entre les lignes et (…)

En Inde, les campagnes de harcèlement en ligne ciblant tout particulièrement les femmes journalistes se sont intensifiées ces dernières années.

Tiré de Entre les lignes et les mots

Sur les réseaux sociaux, ces offensives sexistes visent à les intimider, les discréditer et les réduire au silence. Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités indiennes d'y mettre fin sans délai, d'introduire dans le droit pénal la criminalisation de certaines formes de cyberharcèlement avec des circonstances aggravantes pour les auteurs et les responsables de ces infractions lorsque celles-ci visent des journalistes femmes

Les réseaux sociaux sont une arme de choix contre les femmes journalistes en Inde. Celles-ci font face ces dernières années à une montée en puissance du harcèlement en ligne, accompagné de menaces et violences sexistes. « Quand on regarde l'ampleur de ce qui se passe, c'est clairementsans précédent », assure la rédactrice en chef et cofondatrice du média en ligne The News Minute, Dhanya Rajendran. « Dès que vous publiez quelque chose – que ce soit sur le cinéma, la politique ou le milieu des affaires – des groupes s'organisent désormais sur Telegram ou WhatsApp pour venir tout simplement vous insulter », continue-t-elle. Puis l'attaque est démultipliée : « Il y a ensuite 50 à 100 chaînes YouTube gérées par le même groupe de personnes qui vont amplifier cela », avant que des médias grand public ne reprennent l'attaque : il est alors impossible de contenir l'exposition.

La journaliste indépendante Neha Dixit poursuit : « Lorsque des journalistes hommes sont attaqués, on les accuse souvent d'être payés ou corrompus ; mais lorsque ce sont des femmes, on les traite immédiatement de salopes, de prostituées, et des menaces de viol suivent aussitôt ». Et ce, en toute impunité.

« RSF s'inquiète de la perpétuation de ces campagnes en ligne de discrédit et de menaces sordides contre les femmes journalistes, par des auteurs qui ne sont jamais inquiétés. Cette impunité totale mine la liberté de la presse et met en danger les professionnelles des médias. Les autorités indiennes doivent y mettre fin et poursuivre les auteurs de harcèlement et de menaces. Il est indispensable de permettre aux femmes journalistes d'exercer sans crainte. Les plateformes doivent également remplir leur devoir de modération et lutter contre les menaces anonymes et les campagnes coordonnées en mettant en œuvre toutes les mesures de retrait de contenus et de suspension de comptes prescrites par la loi applicable
Célia Mercier, Responsable du bureau Asie du Sud de RSF

Les femmes musulmanes sont particulièrement ciblées, comme l'ont montré les attaques répétéescontre l'éditorialisteRana Ayyub depuis 2024, et plus récemment contre la journaliste indépendante Gafira Kadir. Au-delà des menaces, le risque d'attaque est réel : la journaliste du tabloïd Lankesh Patrike Gauri Lankesh, harcelée en ligne, a été froidement abattue devant son domicile à Bangalore en 2017.

Pour lutter contre le cyberharcèlement sexiste, RSF partage sur sa plateforme « Resources for Journalists », le guide pratique de l'organisation Women in media, qui présente la réponse à mener dans les 24 premières heures suivant une attaque.

https://rsf.org/fr/video-inde-le-cyberharcèlement-sexiste-étouffe-le-travail-des-femmes-journalistes

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Nouveau numéro de la revue Ukraine résistante - no 49 - mars 2026

24 mars, par Brigades éditoriales de solidarité avec l'Ukraine — , ,
Pour la télécharger cliquez sur l 'icône :

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Comptes rendus de lecture du mardi 24 mars 2026

24 mars, par Bruno Marquis — , ,
Une autre fin du monde est possible Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle J'avais déjà lu « L'Entraide – L'autre loi de la jungle » de Pablo Servigne et (…)

Une autre fin du monde est possible
Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle

J'avais déjà lu « L'Entraide – L'autre loi de la jungle » de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle, un excellent essai qui s'inscrivait dans la continuité du fameux « L'entraide : un facteur de l'évolution » de Pierre Kropotkine. « Une autre fin du monde est possible » des mêmes auteurs, auquel s'est joint Raphaël Stevens, dresse quant à lui le constat, à la lumière du réchauffement climatique et de la crise écologique, que tout peut réellement s'effondrer et qu'il nous faut donc réfléchir sérieusement aux changements dans notre façon de penser et dans nos modes de vie. Un livre qui nous rappelle l'importance du vivre ensemble, avec les autres êtres humains, mais aussi avec les autres êtres vivants ; l'importance de la générosité et de l'empathie aussi.

Extrait :

La domestication n'est pas une simple anecdote, ou une petite branche de l'agronomie, c'est devenu notre monde. Imaginez, par exemple, que la biomasse de l'ensemble des humains représente 36 % de la biomasse de tous les mammifères du monde ! Et que 60 % de la biomasse des mammifères de la planète sont des animaux domestiques. Seuls 4 % sont des espèces sauvages (dont les éléphants et les baleines bleues !). La proportion est similaire pour les oiseaux du monde, dont 70 % de la biomasse sont des poules, dindons, oies et canards.

Mélancolies identitaires
Mark Fortier

Mark Fortier a passé une année entière à lire Mathieu Bock-Côté – ce qui n'est pas peu dire - et il nous livre dans cet essai ses réflexions sur ce volubile chroniqueur ultra-conservateur que l'on connaît beaucoup ici pour ses chroniques dans le Journal de Montréal et ses interventions à la radio et à la télévision. Nostalgique d'un Canada français d'avant la Révolution tranquille, apologiste de Jean-Marie puis de Marine Le Pen du Front national en France, puis de Donald Trump et Doug Ford, habile discoureur qui prétend reconnaître la crise écologique, mais pourfend les écologistes, et prétend à l'égalité hommes-femmes, mais répète que les féministes culpabilisent le désir des hommes, Mathieu Bock-Côté est surtout véritablement une usine à produire une phraséologie imprécise et déroutante, située bien à droite, susceptible de ne pas trop déplaire et de lui donner l'allure d'un brillant intellectuel. L'essai de Mark Fortier ne traite cependant pas toujours directement de Bock-Côté... et ce sont ces digressions qui sont souvent les plus intéressantes à lire.

Extrait :

Le conservatisme politique s'est toujours méfié de l'idéal démocratique d'une représentation du peule par et pour lui-même, à travers l'agencement de ses institutions. Les tenants de ce courant de pensée estiment que l'autorité légitime doit être personnelle, qu'elle repose sur une élite naturelle, et ils insistent sur la nécessité d'une représentation du pouvoir devant le peuple – comme dans une pièce de théâtre dont les citoyens seraient des spectateurs. Une telle attitude a servi à justifier aussi bien des dictatures que des formes autoritaires de parlementarisme. L'important, c'est que les décisions ete les lois viennent d'en haut, que les libertés accordées soient bridées, que les mesures du gouvernement servent les intérêts d'une minorité qui pourra par la suite dicter à la majorité ce qui est bon pour elle.

Passagères de nuit
Yanick Lahens

Ce roman s'est mérité le dernier Grand Prix du roman de l'Académie française. L'auteure nous y raconte la vie de deux de ses ancêtres au XIXe siècle : Elizabeth, née à la Nouvelle-Orléans, qui quitte sa famille pour rejoindre Haïti, le pays de sa grand-mère ; puis, deux générations plus tard, Régina, esclave affranchie dont la vie sera marquée par la misère et le racisme. Un beau roman intimiste, que j'ai aimé, et qui nous rappelle l'esclavage, le mépris, le viol et la haine, mais aussi la tendresse, la persévérance, l'amour et surtout le désir de vivre. Une belle découverte !

Extrait :

Je n'étais pas un homme, je n'avais pas la peau claire des puissants de ce monde, je ne possédais rien. Dans ce monde tel qu'il tournait, je n'étais rien. De quel pouvoir un sexe de femme était-il donc investi ? Quelle malédiction pesait sur ce sexe voué à souffrir ? J'étais à la fois confiante comme une impératrice et effrayé comme un oiseau blessé.

Le procès des Cinq
Michel Chartrand, Pierre Vallières, Charles Gagnon, Robert Lemieux et Jacques Larue-Langlois

Dans la foulée des enlèvements de James Richard Cross et de Pierre Laporte par le Front de libération du Québec, le gouvernement du Canada décrète le 16 octobre 1970 la Loi des mesures de guerre. Michel Chartrand, Pierre Vallières, Charles Gagnon, Robert Lemieux et Jacques Larue-Langlois sont alors accusés de « conspiration séditieuse ». Le procès des Cinq commence le 8 janvier 1971. Bientôt, au fur et à mesure que les accusés prennent la parole, c'est en réalité le procès de la justice canadienne qui est instruit… « Le procès des Cinq » est un rappel éloquent des véritables enjeux de la Crise d'Octobre.

Extrait :

Robert Lemieux – Non. Mais certains actes faits en vertu de la Loi des mesures de guerre peuvent être illégaux parce qu'ils ne sont pas autorisés par la loi. Comme le parlement du Canada n'a pas autorisé le Cabinet à décréter la Loi des mesures de guerre n'importe quand parce que si on avait fait ça, le gouvernement, l'exécutif, les 20 personnes de l'exécutif auraient dit à un moment donné : bien, il y a un candidat qui vient d'être élu ou il y a un groupe de personnes qu'on n'aime pas, et puis on va promulguer la Loi des mesures de guerre et on va les sacrer en prison, et on va écrire leur condamnation dans les termes de cette loi et on va les amener devant le Tribunal. On va dire qu'ils sont coupables parce qu'ils ont été à un certain meeting le 10 janvier, là on va les amener devant le Tribunal, on va dire : il y a une loi là, un décret en vertu de la Loi des mesures de guerre. Si vous étiez à ce meeting-là le 10 novembre, vous êtes coupable d'un crime et êtes passible de cinq ans de prison. Le juge a juste à s'assurer si la personne était bien au meeting, et si oui, elle est coupable. C'est exactement ça ce que la loi fait. Le Parlement a délégué des pouvoirs au Cabinet, mais pas n'importe quand, uniquement quand il y a une insurrection appréhendée. C'est vrai qu'il y a un article qui dit que la promulgation fait qu'il en a, mais toute discrétion, n'est-ce pas, doit être exercée suivant le droit, et ce n'est pas si le Cabinet, n'est-ce pas, a agi parce que, n'est-ce pas, ils ont des fantasmes, qu'ils sont à Ottawa, de l'autre bord de la rivière, ils s'imaginent qu'il se passe toutes sortes de choses, qu'ils se trompent ;ou bien s'ils ont agi sous des mauvaises informations ; ou bien s'ils ont agi pour des motifs politiques, cachés, comme ceux que nous a révélés monsieur Marchand, qui nous a dit : « Si on n'avait pas passé la loi, le Québec aurait été indépendant. » Il ne parle pas d'insurrection. Il ne dit pas que les commandos d'insurgés auraient pris, n'est-ce pas, l'hôtel de ville, le palais de justice et le parlement de Québec. Il parle juste de l'indépendance. Il nous est permis, à partir de déclarations comme celle-là, de soupçonner qu'il ne visait pas des groupes d'insurgés ou des complots d'insurrection, mais qu'il visait plutôt un problème plus large et c'est lui-même qui l'a dit.

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Célébrer la nuance par le doute !

24 mars, par Mohamed Lotfi — ,
Il fut un temps où douter passait pour une preuve d'intelligence. Aujourd'hui, c'est presque devenu un aveu de faiblesse. Comme si hésiter entre deux idées revenait à ne pas en (…)

Il fut un temps où douter passait pour une preuve d'intelligence. Aujourd'hui, c'est presque devenu un aveu de faiblesse. Comme si hésiter entre deux idées revenait à ne pas en avoir. Comme si réfléchir demandait désormais de choisir son camp avant même d'avoir compris la question.

Dans nos grands débats contemporains, le spectacle est souvent le même. Les certitudes s'alignent comme des soldats. Les convictions se durcissent. Les slogans remplacent les arguments. Et la nuance, elle, se fait regarder de travers, comme un invité mal habillé à un dîner trop formel. Sur un sujet ou un autre, les Pour doivent être plus que jamais pour et les Contre, plus que jamais contre.

Sur la laïcité, la souveraineté, Gaza, l'Iran, ou encore le climat, chacun semble sommé de répondre par oui ou par non. Aimer ou détester. Défendre ou condamner. Il n'y a plus de place pour ce petit espace fragile où l'on peut dire je condamne, mais voici pourquoi, ou encore pire, je veux bien condamner, mais à qui ma condamnation profite t-elle ? Dans ce climat, la nuance devient suspecte. Elle dérange. Elle ralentit. Elle complique. Bref, elle fait tout ce que les certitudes détestent.

Et pourtant, comme le disait Voltaire, « le doute est un état désagréable, mais la certitude est ridicule ». On pourrait ajouter aujourd'hui qu'elle est parfois dangereuse. Car lorsque la peur s'invite dans le débat, elle ne produit pas de la réflexion, elle produit de la crispation. Elle fabrique des camps. Elle transforme les idées en identités. Et une idée qui devient identité cesse d'être discutée, elle doit être défendue à tout prix.

Commence alors cette étrange guerre civile idéologique où chacun parle plus fort que l'autre, persuadé que le volume remplace la justesse. On ne débat plus, on s'affronte. On ne cherche plus à comprendre, on cherche à gagner. Et dans ce vacarme, la nuance n'a pas de micro.

Introduire du doute dans ce contexte, c'est presque un acte de résistance. Non pas pour affaiblir les convictions, mais pour leur donner de la profondeur. Le doute n'est pas un ennemi de la vérité. Il en est souvent le point de départ. Descartes lui-même, n'a pas construit sa pensée sur la certitude immédiate, mais sur le doute méthodique. Douter pour mieux comprendre. Douter pour ne pas se laisser tromper. Douter pour construire, et non pour détruire.

Dans cette lignée, Taha Hussein, patron de la littérature arabe du 20me siècle, reste une figure fascinante. Dans son ouvrage sur la poésie préislamique, il ose une idée presque sacrilège. Et si ces textes, considérés comme fondateurs, étaient trop parfaits pour être authentiques ? Et si une partie de cet héritage était le fruit d'une reconstruction ultérieure ?

Son livre a provoqué un scandale. Toucher à une tradition, c'est déjà délicat. Toucher à une tradition considérée comme intouchable, c'est s'exposer à la tempête. Et la tempête est venue. Procès, critiques, pressions. Il a dû reculer sur certains points, modifier son ouvrage, en atténuer la portée, changer le titre. Mais l'essentiel était fait. Une brèche avait été ouverte.

Ce qui compte, ce n'est pas tant d'avoir eu raison ou tort. Ce qui compte, c'est d'avoir osé poser la question. D'avoir refusé de considérer une certitude comme un point final. D'avoir rappelé que même les piliers les plus solides méritent d'être examinés.

Il faut beaucoup de courage pour faire cela. Le courage de ne pas plaire à son camp. Le courage de décevoir ceux qui attendent une prise de position claire, nette, tranchée. Le courage d'habiter cette zone inconfortable où l'on réfléchit encore pendant que les autres ont déjà conclu. Le courage de penser contre soi-même.

Aujourd'hui, ce courage est rare. Non pas parce que les gens sont moins intelligents, mais parce que le contexte récompense autre chose. Les réseaux sociaux, par exemple, adorent les certitudes. Elles sont simples, rapides, partageables, mais non imputables. La nuance, elle, demande du temps. Elle oblige à lire, à écouter, à hésiter, à documenter. Elle ne tient pas toujours en une phrase. Elle n'est pas spectaculaire. Elle est patiente. Et la patience, dans un monde pressé, passe souvent pour de la faiblesse.

Alors on se retrouve avec des débats qui ressemblent à des matchs. Des positions qui se radicalisent. Des individus qui se définissent par opposition. Et au milieu, quelques voix qui tentent de ralentir le rythme, de complexifier la discussion, de rappeler que la réalité est rarement binaire.

Ces voix sont souvent mal comprises. On les accuse de relativisme. De lâcheté. De vouloir ménager tout le monde. De tenir un double discours. Mais la nuance n'est pas une fuite. C'est une exigence. Elle demande plus d'effort que le dogme. Plus de rigueur que l'adhésion aveugle.

Apporter de la nuance, ce n'est pas dire que tout se vaut. Ce n'est pas non plus refuser de trancher quand c'est nécessaire. C'est accepter que certaines questions méritent plus qu'une réponse rapide. C'est reconnaître que l'on peut défendre une idée tout en en voyant les limites. C'est refuser de transformer une conviction en religion.

Des religions sans dieu, mais avec des fidèles fervents. Des dogmes sans texte sacré, mais avec des gardiens vigilants. Et dans ces nouvelles chapelles, le doute est vu comme une hérésie.

Anciennement, on affirmait avec aplomb que la Terre était plate et qu'elle occupait le centre de l'univers. Ce n'était pas l'absence d'intelligence qui produisait ces certitudes. C'était l'absence de doute.

Aujourd'hui, nous avons accès à une quantité d'information sans précédent. Et pourtant, le réflexe de certitude n'a pas disparu. Il a simplement changé de forme. Il est plus rapide, plus bruyant, souvent plus agressif.

Dans ce contexte, célébrer la nuance par le doute devient presque un geste subversif. C'est subversif de rappeler que la complexité n'est pas un défaut, mais une caractéristique du réel.

Peut-être que quelqu'un, quelque part, reprendra le flambeau de Taha Hussein. Pas forcément sur la poésie préislamique, mais sur d'autres certitudes de notre époque. Cette personne sera sûrement critiquée, caricaturée, attaquée. C'est inévitable. Mais si elle parvient à introduire ne serait-ce qu'un peu de doute dans une mer de certitudes, elle aura déjà fait beaucoup. Pour la pensée. Pour le débat. Pour cette fragile idée que réfléchir, au fond, c'est accepter de ne pas savoir complètement.

Et si cela dérange, tant mieux. C'est souvent le signe que quelque chose d'important est en train de se passer.

Mohamed Lotfi <https://www.facebook.com/mohamed.lo...>
21 Mars 2026

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« Planète Palantir : une nouvelle machine de guerre plus courageuse »

24 mars, par Janet Abou-Elias, William Hartung — ,
« J'adore l'idée de me procurer un drone et d'asperger d'urine légèrement frelatée au fentanyl les analystes qui ont tenté de nous nuire », a déclaré Alex Karp, PDG de (…)

« J'adore l'idée de me procurer un drone et d'asperger d'urine légèrement frelatée au fentanyl les analystes qui ont tenté de nous nuire », a déclaré Alex Karp, PDG de Palantir, une entreprise émergente de technologies militaires.

17 mars 2026 | tiré du site alencontre.org | Photo : Alex Karp lors de la conférence annuelle de présentation de sa société Palantir.
https://alencontre.org/ameriques/americnord/usa/planete-palantir-une-nouvelle-machine-de-guerre-plus-courageuse.html

Loin d'être une simple sortie de route, cette déclaration reflète une éthique plus large qui s'installe dans le secteur militaro-technologique de la Silicon Valley : une éthique qui considère la coercition comme une innovation, la cruauté comme une franchise, et l'application sans contrôle de la puissance technologique comme à la fois inévitable et souhaitable.

Alex Karp apprécie autant la joute verbale que la direction d'une entreprise qui fabrique des armes de haute technologie. Sa société a aidé Israël à accélérer le rythme des bombardements et des massacres de Palestiniens à Gaza, et sa technologie a permis à l'ICE [U.S. Immigration and Customs Enforcement's] d'accélérer les expulsions, tout en aidant à localiser et identifier des manifestants à Minneapolis.

Non seulement Karp ne regrette rien des dommages causés par les produits de son entreprise, mais il s'en délecte ouvertement.

En février dernier, il a déclaré à un journaliste de CNBC : « Si vous critiquez l'ICE, vous devriez manifester pour obtenir davantage de Palantir. Notre produit, par essence, exige que les utilisateurs respectent le Quatrième Amendement de la Constitution américaine, qui protège les données contre les perquisitions et saisies abusives. »

Pourtant, ces déclarations n'ont pas incité Karp à demander à l'ICE de cesser d'utiliser son logiciel dans sa lutte contre la dissidence pacifique, ni à accepter un contrat à durée indéterminée d'un milliard de dollars avec le Département de la Sécurité intérieure (DHS), dont l'ICE est affilié.

Fidèle à son soutien inconditionnel à la répression, tant au niveau national qu'international, Karp, au plus fort de la guerre de Gaza, a tenu une réunion du conseil d'administration de Palantir à Tel Aviv, proclamant : « Notre travail dans la région n'a jamais été aussi vital. Et il se poursuivra. »

Dans un entretien avec Maureen Dowd du New York Times, il a résumé sa philosophie ainsi :

« Je suis en réalité progressiste. Je veux moins de guerres. On ne met fin à la guerre qu'en possédant la meilleure technologie et en terrorisant nos adversaires. S'ils n'ont pas peur, ils ne se réveillent pas la peur au réveil, ils ne se couchent pas la peur au ventre, ils ne craignent pas la colère américaine, ils nous attaqueront. Ils nous attaqueront partout. »

La réalité, cependant, est bien plus complexe. La technologie de Palantir a été utilisée pour tuer des dizaines de milliers de personnes à Gaza et ailleurs, dont beaucoup n'avaient aucun lien avec le Hamas, n'exerçaient aucun contrôle sur ses actions et étaient souvent décédées avant même sa victoire aux élections locales de 2006 et la prise de contrôle de Gaza.

L'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 était incontestablement inadmissible. Pourtant, la riposte d'Israël, qui a consisté à tuer plus de 70 000 Palestiniens à Gaza – un chiffre relativement prudent que même le gouvernement israélien reconnaît désormais –, constitue une réponse totalement disproportionnée, qualifiée de génocide par la plupart des experts indépendants.

L'idée qu'un tel massacre puisse se justifier comme un moyen d'intimider les agresseurs et de réduire la violence est intellectuellement insoutenable et moralement obscène.

Bienvenue donc dans l'univers d'Alex Karp, l'un des chefs de file de la nouvelle vague de technomilitaristes de la Silicon Valley.

L'IA militarisée ou le techno-optimisme débridé ?

Ce n'est plus le complexe militaro-industriel (CMI) de votre enfance.

Les dirigeants actuels du CMI – à la tête de géants industriels comme Lockheed Martin, RTX (anciennement Raytheon), Boeing, General Dynamics et Northrop Grumman – sont bien plus circonspects que Karp.

Il leur arrive de déclarer que la montée des tensions au Moyen-Orient ou en Asie pourrait générer une demande pour leurs produits chez les alliés des États-Unis dans ces régions, mais ils ne se livreraient jamais à la rhétorique ouvertement orwellienne dont Karp semble avoir le secret.

Cependant, le CMI de demain annonce non seulement une évolution technologique ou des pratiques commerciales, mais aussi – comme le suggère Karp – un possible changement culturel où le militarisme est ouvertement glorifié, sans avoir besoin de se justifier par des arguments de promotion de la stabilité mondiale ou de défense d'un « ordre international fondé sur des règles ».

Imaginez le nouveau complexe militaro-industriel comme une version individualiste et ultra-technologique de la « guerre de tous contre tous » du philosophe Thomas Hobbes.

Et ceux qui le dirigent veulent nous faire croire que la seule façon de « gagner » une future guerre est de confier les rênes de notre monde politique à une clique d'êtres autoproclamés supérieurs, menée par des personnalités comme Alex Karp, Peter Thiel (fondateur de Palantir), Palmer Luckey (directeur d'Anduril) et l'inimitable Elon Musk.

Alex Karp est co-auteur d'un ouvrage intitulé « La République technologique : Puissance dure, croyances illusoires et avenir de l'Occident », dans lequel il expose sa vision des conditions nécessaires, selon lui, pour que l'Amérique retrouve sa position dominante sur la scène mondiale.

Ce livre est une longue lamentation sur la façon dont la plupart des Américains ont perdu leur sens du devoir et leur patriotisme, gaspillant leur temps dans des activités futiles comme la téléréalité et les jeux vidéo.

Avec son co-auteur Nicholas W. Zamiska [conseiller légal de Palantir], il appelle à une nouvelle mission nationale fédératrice pour remettre sur les rails cette nation de fainéants et restaurer les États-Unis à leur juste place de première puissance politique et militaire mondiale.

La solution proposée par Karp : un nouveau projet Manhattan (qui, rappelons-le, a permis la création de la bombe atomique et la fin de la Seconde Guerre mondiale).

Cette fois, l'objectif ne serait pas de développer des armes nucléaires, mais d'accélérer les applications militaires de l'intelligence artificielle (IA) et de conférer aux États-Unis un avantage technologique permanent sur la Chine.

Il est difficile d'imaginer une vision plus appauvrie ou plus erronée de l'avenir de l'Amérique, ou plus dénuée d'humanité.

Les faucons, les réalistes traditionnels et les technomilitaristes qualifieront bien sûr de naïve toute approche humanitaire de la politique étrangère et intérieure, mais en réalité, ce sont les militaristes de la nouvelle vague qui font preuve de la plus grande naïveté.

Après avoir gaspillé des milliards de dollars et des centaines de milliers de vies dans les guerres de ce siècle – des guerres qui n'ont absolument pas atteint leurs objectifs annoncés (tout comme la plus récente en Iran ne manquera pas de le faire), tout en rendant le monde bien plus dangereux –, ils continuent de proférer des platitudes sur la recherche de la « paix par la force » et sur l'utilisation de la puissance militaire américaine pour consolider un « ordre international fondé sur des règles ».

Compte tenu des pertes américaines subies au cours de ce siècle face à des adversaires bien moins bien financés et technologiquement avancés en Irak et en Afghanistan, cette rhétorique éculée commence à ressembler à une plaisanterie cruelle, voire aux soupirs désabusés des représentants d'un empire en déclin.

La guerre technologique sera-t-elle moins coûteuse et nous protégera-t-elle ?

Laissant de côté l'idéologie un instant, il convient de se demander si les entreprises technologiques émergentes peuvent réellement produire de meilleurs systèmes de guerre à moindre coût.

Palmer Luckey, d'Anduril – protégé de Peter Thiel, fondateur de Palantir – a récemment fait la une des journaux en déclarant à un journaliste de CNBC que les États-Unis pourraient dépenser peut-être la moitié du budget actuel du Pentagone, qui s'élève à 1000 milliards de dollars, et disposer d'un système de défense plus efficace s'ils cessaient simplement d'acheter « les mauvaises choses ».

L'idée qu'un fournisseur d'armement puisse proposer un meilleur rapport qualité-prix paraît presque révolutionnaire à une époque où la cupidité et la corruption font des ravages au sein du complexe militaro-industriel.

La philosophie qui sous-tend la déclaration de Luckey à CNBC est en réalité exposée dans un document remarquable d'Anduril intitulé « Repenser l'Arsenal de la Démocratie », une critique acerbe des pratiques commerciales actuelles du Pentagone et des géants de l'armement comme Lockheed Martin.

Le manifeste de Luckey doit être perçu comme une attaque frontale contre les cinq principaux conglomérats d'armement – menés par Lockheed Martin et RTX (anciennement Raytheon) – qui perçoivent aujourd'hui un tiers des contrats octroyés par le Pentagone.

Ces multinationales ont fait leur temps, suggère l'essai, accomplissant un travail nécessaire et utile durant la Guerre froide, une période révolue.

« Pourquoi les entreprises de défense actuelles ne peuvent-elles pas simplement faire mieux ? » interroge-t-il. « … Ces entreprises travaillent lentement, alors que les meilleurs ingénieurs excellent dans la rapidité… Ces entreprises ont conçu les outils qui ont assuré notre sécurité par le passé, mais elles ne représentent pas l'avenir de notre défense. »

Ce document suggère presque que des entreprises comme Lockheed Martin devraient recevoir un prix d'honneur pour l'ensemble de leur carrière, puis être écartées, afin que des personnalités comme Thiel, Karp, Luckey et Musk puissent prendre les rênes de l'industrie de l'armement.

Mais réduire les dépenses d'armement – aussi utile que cela puisse être compte tenu des autres priorités nationales urgentes – ne saurait constituer le seul objectif de la politique de défense. La question essentielle est de savoir si des systèmes d'IA, prétendument moins coûteux, plus agiles et plus précis, peuvent réellement être déployés de manière à promouvoir la paix et la stabilité plutôt que de nouveaux conflits.

En réalité, le risque existe que, si les États-Unis pensent pouvoir utiliser de tels systèmes pour intervenir militairement de façon routinière tout en subissant moins de pertes, la tentation d'entrer en guerre s'accroisse.

Malgré tout ce qui précède, l'idée de briser l'emprise des grands groupes d'armement sur le développement et la production de l'arsenal américain reste séduisante. Mais les affirmations du secteur technologique selon lesquelles il peut faire le travail mieux et à moindre coût restent à prouver.

Un drone coûte certes moins cher qu'un avion de chasse F-35, mais qu'en est-il des essaims de drones déployés par vagues successives et rapidement reconstitués en temps de guerre, ou encore des navires et véhicules blindés sans pilote fonctionnant grâce à des logiciels complexes et non éprouvés, susceptibles de tomber en panne à des moments critiques ?

Et si, comme le souhaiteraient le secteur technologique et ses lobbyistes de plus en plus nombreux, on laissait ces nouveaux militaristes opérer sans le moindre contrôle, avec un affaiblissement des garde-fous tels que les tests indépendants et la limitation des prix abusifs – des garde-fous déjà trop faibles pour garantir une efficacité optimale ?

Lorsque le président Ronald Reagan négociait des accords de contrôle des armements avec le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev au siècle dernier, sa devise était « Faites confiance, mais vérifiez ».

Dans le cas de Palantir et de ses semblables, la devise devrait peut-être être « Méfiez-vous et vérifiez ». Il est impératif de dépasser leurs slogans marketing et de les obliger à prouver que leurs nouvelles technologies fonctionnent comme annoncé et sont réellement supérieures aux précédentes.

Dans ce cas, Palantir et Anduril devraient être considérés comme des fournisseurs et rémunérés pour leurs services, sans pour autant prétendre influencer notre budget militaire ou notre politique étrangère, et encore moins les fondements mêmes de notre démocratie déjà fragile.

Le lobby militaro-technologique : des perturbateurs sous stéroïdes

Avant l'essor actuel du développement d'armements dans le secteur technologique, certaines entreprises de la Silicon Valley agissaient comme si leurs produits étaient si supérieurs et abordables qu'elles n'avaient pas besoin de recourir au lobbying traditionnel.

Aussi irréaliste que cela ait pu paraître, la Silicon Valley s'est désormais lancée à corps perdu dans la corruption légalisée : des contributions ciblées aux campagnes électorales au recrutement d'anciens fonctionnaires pour servir ses intérêts.

Le premier exemple est, bien sûr, le vice-président J.D. Vance, qui a été employé, encadré et financé par – oui ! – Peter Thiel, le fondateur de Palantir, lors de son ascension au Sénat puis à la vice-présidence.

Lorsqu'il a été choisi comme colistier de Donald Trump en 2024, la campagne a bénéficié d'un afflux massif de fonds provenant du secteur militaro-technologique, dont des dizaines de milliards de dollars d'Elon Musk. Une fois engagé, l'une des principales missions de Vance s'est avérée être d'obtenir encore plus de dons auprès des militaristes de la Silicon Valley.

Puis vint le Département de l'efficacité gouvernementale (DOGE) de Musk, une organisation qui a donné une image désastreuse à l'efficacité en réduisant les programmes et les effectifs fédéraux de manière apparemment aléatoire et en démantelant des outils essentiels comme l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), tout en laissant le Pentagone quasiment intact.

Bien que l'USAID ait connu des difficultés, elle a également financé des efforts essentiels de développement et de santé publique à l'échelle mondiale, qui ont permis à des millions de personnes de survivre. Une véritable démarche d'efficacité aurait consisté à analyser ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas au sein de cette agence.

Au lieu de cela, les disciples de Musk, qui ne connaissaient rien à l'aide économique, l'ont tout simplement démantelée.

On compte aujourd'hui un nombre important de dirigeants de la Silicon Valley à des postes clés au sein de l'administration Trump, sous la direction de Vance, mais aussi des dizaines d'autres à des postes importants dans l'armée, au sommet de la hiérarchie du Pentagone et dans diverses agences de politique intérieure et étrangère.

Peter Thiel et Alex Karp sont manifestement convaincus que ce qui est bon pour Palantir est bon pour l'Amérique, mais la vision de l'Amérique qu'ils promeuvent est à la fois dangereuse et déshumanisante.

Retour à la réalité (et maîtrise des technophiles)

Le problème des nouveaux technomilitaristes n'est pas qu'ils se trompent sur le pouvoir de la technologie, mais qu'ils se trompent dangereusement sur qui devrait l'utiliser, à quelles fins et sous quelles contraintes.

Le pouvoir sans contrainte n'est pas de l'innovation. C'est de l'inconscience déguisée en fatalité. Une part croissante des outils qui façonnent la politique de sécurité étrangère et intérieure américaine est conçue, déployée et promue par un petit groupe d'acteurs privés dont les motivations sont purement financières, dont la vision du monde est profondément militarisée et dont la responsabilité envers le public est, au mieux, minimale.

Ce dont ce pays a besoin, c'est de tout sauf d'une nouvelle élite d'ingénieurs milliardaires qui nous dicte que la guerre est inévitable, que la peur est le seul chemin vers la paix et que la démocratie doit se soumettre à la sagesse supérieure de ceux qui programment des algorithmes et fabriquent des armes.

En réalité, nous connaissons déjà ce discours : celui des stratèges nucléaires de la Guerre froide, des adeptes du décompte des morts pendant la guerre du Vietnam et des architectes de la doctrine du « choc et de la stupeur » qui a contribué à la destruction de l'Irak.

À chaque génération, on promet que cette technologie (quelle qu'elle soit) rendra enfin la guerre, à l'américaine, propre, précise et décisive. Pourtant, à chaque fois, le nombre de morts ne cesse d'augmenter.

Ce qui rend la situation actuelle particulièrement dangereuse, c'est la rapidité et l'opacité avec lesquelles de tels systèmes sont développés et déployés.

Outils de ciblage basés sur l'IA, plateformes de surveillance prédictive, armes autonomes et systèmes de fusion de données sont tous intégrés aux structures militaires et policières sans débat public approfondi, avec un contrôle insuffisant et sans véritable consentement des populations qui en subiront les conséquences, parfois mortelles.

La rhétorique de la disruption induite par l'IA est devenue un prétexte commode pour contourner purement et simplement les processus démocratiques.

Le postulat de base des technomilitaristes est que la guerre permanente est l'état naturel de notre monde et que notre seul choix réside dans l'efficacité avec laquelle nous décidons de la mener. En réalité, la sécurité ne s'obtient jamais en terrorisant le reste de la planète pour la soumettre.

Elle s'acquiert par la diplomatie, la retenue, le respect du droit international et de la justice économique, ainsi que par le travail de longue haleine et ingrat de bâtir des institutions qui réduisent la probabilité de violences de masse plutôt que de les automatiser.

Alex Karp et ses pairs se perçoivent peut-être comme des réalistes, osant dire ce que d'autres n'osent pas dire. En vérité, leur vision du monde est fragile et nihiliste, confondant domination et force, et innovation et sagesse.

L'humanité mérite mieux qu'une course aux armements sans fin menée par des hommes (et ce sont presque tous des hommes !) qui s'arrogent le droit de décider qui peut sacrifier une vie. Cette nouvelle machine de guerre, version moderne du Meilleur des mondes d'Aldous Huxley, devrait tous nous effrayer.

Si la technologie doit façonner l'avenir de la guerre (et elle le fera), alors la société doit façonner les règles qui la régissent. L'alternative serait de confier notre responsabilité morale à une poignée de visionnaires autoproclamés et d'espérer qu'ils ne se trompent pas.

L'histoire nous enseigne que c'est un pari que nous ne pouvons pas nous permettre de prendre. (Article publié sur le site Tom Dispatch le 8 mars 2026 ; traduction de Marie Claire Tellier publiée sur son blog)

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La Conférence internationale antifasciste présente son programme à Porto Alegre

L´événement réunira des milliers de participants venus de dizaines de pays pour débattre des stratégies à adopter face à la montée de l'extrême droite et de l'impérialisme. (…)

L´événement réunira des milliers de participants venus de dizaines de pays pour débattre des stratégies à adopter face à la montée de l'extrême droite et de l'impérialisme.

Tiré du site du CADTM.

Le programme de la 1re Conférence internationale antifasciste pour la souveraineté des peuples, qui se tiendra du 26 au 29 mars à Porto Alegre, a été présenté au public ce mercredi 12 (voir à la fin de l'article). L'événement, qui s'est tenu dans le salon Ipê du Centre culturel de l'Université fédérale du Rio Grande do Sul (UFRGS), a réuni des représentants du comité d'organisation, des dirigeants politiques, des leaders de mouvements sociaux ainsi que l'historien et politologue belge Eric Toussaint, membre du comité international de la conférence. Outre les dates et horaires des tables rondes principales, la liste des intervenants, modérateurs et commentateurs de chacune d'entre elles a été présentée,

En ouverture, le président du PT de Porto Alegre et membre du comité d'organisation local, Rodrigo Dilélio, a souligné la portée internationale que l'initiative a déjà acquise.

L'événement compte déjà 3 500 préinscrits provenant de plus de 30 pays. La majorité sont des Brésiliens, mais il y a une délégation importante venue d'Argentine, a-t-il déclaré.

Dilélio a également expliqué que la première journée de la conférence, le 26 mars, sera consacrée au Forum des autorités antifascistes, à l'Assemblée législative du Rio Grande do Sul, réunissant des parlementaires et des représentants de gouvernements de différents pays. Le programme de la journée devrait se terminer par une grande marche dans les rues de la capitale gaucho. Au cours des trois jours suivants, 11 tables rondes et 150 activités autogérées sont prévues, organisées par les entités et mouvements participants.

Nous avons encore le défi, d'ici demain et mardi, de définir les lieux pour ces 150 activités autogérées. C'est un défi de taille. Nous avons déjà repéré quelques dizaines d'endroits, dont plusieurs ici même dans l'enceinte de l'université, a-t-il déclaré.

Université et résistance démocratique

Dans son allocution aux personnes présentes, la rectrice de l'UFRGS, Márcia Barbosa, a affirmé que l'université avait pris la décision de participer activement à l'organisation de la conférence compte tenu du contexte politique international.

Lorsque notre administration a été sollicitée, l'idée était non seulement de mettre un espace à disposition, mais aussi d'être co-auteurs et co-autrices de tout ce mouvement, a-t-elle déclaré.

Selon elle, la montée en puissance des forces autoritaires exige une réponse coordonnée de la société.

Nous vivons une période où se construit, à l'échelle internationale, un mouvement visant à éliminer les quelques avancées que nous avons obtenues dans divers domaines. Cette construction doit être combattue, a-t-elle affirmé.

Offensive de l'extrême droite

L'économiste et militant international Éric Toussaint a souligné que le contexte mondial actuel est très différent de celui qui a marqué l'émergence du Forum social mondial au début des années 2000.

Il y a 25 ans, les altermondialistes, les oppositions proposant des changements, étaient à l'initiative. Les gouvernements de gauche se multipliaient, non seulement en Amérique latine, mais aussi en Europe et en Asie. À l'heure actuelle, nous assistons à une offensive généralisée des forces néofascistes d'extrême droite ainsi qu'à des actions impérialistes, a-t-il déclaré, citant comme exemple les actions de Trump contre les nations latino-américaines et au Moyen-Orient.

Selon lui, dans ces circonstances, il est fondamental de constituer un nouvel espace international réunissant les partis politiques, les mouvements sociaux et les réseaux internationaux de solidarité pour résister à l'offensive néofasciste et aux actions impérialistes.

Il faut un espace au niveau international et par continent, par pays, capable de mobiliser des actions, car, bien sûr, il y a résistance. Il y a résistance en Argentine contre Milei ; aux États-Unis, il y a le mouvement No Kings, qui défend les droits et les migrants face aux expulsions massives organisées par Trump via l'ICE ; dans plusieurs pays européens, des résistances importantes, sérieuses, significatives, en solidarité avec la Palestine. Ce sera donc très significatif lorsque nous nous réunirons, dans 15 jours, ici à Porto Alegre, a souligné Toussaint.

Mobilisation politique

Dans son intervention, le conseiller municipal Roberto Robaina a également mis en garde contre la gravité du contexte international :

Nous sommes dans une situation impressionnante, sans précédent. Car nous sommes en mars et nous avons déjà eu dans le monde un président enlevé et un président assassiné par l'action du gouvernement Trump. Ce n'est donc pas n'importe quoi, c'est un saut qualitatif. Car depuis ce deuxième mandat de Trump, les États-Unis ont adopté une logique de mépris total du droit international
.
Rejoignant Toussaint sur la question de l'articulation d'une résistance antifasciste mondiale, Robaina a souligné l'importance de la grande marche prévue pour le premier jour de la Conférence, en tant que moment décisif de mobilisation.

La marche est un moment de démonstration de force. Je pense donc qu'il est nécessaire que nous nous engagions tous, tous les partis, toutes les organisations, à l'organiser. Car si l'on prend les six ou sept dernières années au Brésil, depuis 2019, nous avons connu des moments où les mobilisations ont été très fortes. Mais á d'autres moments les mobilisations ont montré une relative faiblesse. Et je crois que nous sommes à un moment où les gens ne voient pas nécessairement les raisons de descendre dans la rue le 26. Si nous ne nous mobilisons pas, si nous ne lançons pas l'appel, si nous ne créons pas un climat de mobilisation dans la ville et dans la région métropolitaine, selon lequel il est impératif d'être dans la rue ce jour-là, nous n'aurons pas de grande marche. Mais si nous parvenons à le faire, si les gens sont mobilisés, je suis sûr qu'ils répondront, a-t-il conclu.

Contexte international

Pour le dirigeant communiste Raul Carrion, la conférence se tient à un moment de profondes transformations de la géopolitique mondiale. Selon lui, la rencontre vise à articuler deux fronts de lutte centraux :

La lutte, d'une part, contre le fascisme, qui renaît dans ce contexte, et la lutte contre l'impérialisme, qui aujourd'hui, de manière très agressive, s'en prend aux peuples, a-t-il déclaré, soulignant également que l'initiative a suscité un intérêt international précisément parce qu'elle cherche à unir différentes organisations et réseaux de lutte.

Programme international

La présidente du PSOL dans l'État de Rio Grande do Sul, Gabi Tolotti, a présenté une partie des tables rondes thématiques de la conférence, qui réuniront des dirigeants politiques, des universitaires et des militants de plusieurs pays. L'une d'entre elles sera consacrée à la résistance palestinienne.

Je vais animer une table ronde qui traitera de la question palestinienne, de la résistance palestinienne face au génocide et à l'oppression de l'État d'Israël (…) Nous aurons des personnalités très importantes sur ce thème à cette table ronde, comme Ualid Rabah, de la Fédération palestinienne, Breno Altman, d'Opera Mundi, Marjane Gibril, ambassadeur de Palestine au Brésil, Ibrahim Alzeben, ambassadeur de la Ligue arabe, et Thiago Ávila, mon camarade qui était avec moi lors de la Global Smud Flotilla.

Travail, terre et droits

Le dirigeant syndical Jairo Boelter a présenté des tables rondes qui traiteront de la relation entre le néolibéralisme, la précarisation du travail et la montée de l'extrême droite.

Ici, au Brésil, la droite a déchiré le carnet de travail des travailleurs brésiliens a-t-il affirmé, ajoutant que le débat abordera également la crise dans les campagnes et la concentration foncière.

Le capital achète les terres. Nous continuons à concentrer la terre entre les mains d'une poignée de producteurs à une échelle gigantesque, a-t-il déclaré, avant de présenter la table ronde qui abordera le racisme, le féminicide et les droits civils.

Nous battons des records de féminicide dans le Rio Grande do Sul et au Brésil, a-t-il affirmé.

Une nouvelle étape de résistance

Lors de la présentation du programme, l'éducatrice et dirigeante syndicale Juçara Dutra a mis en avant trois tables rondes thématiques de la conférence, qui aborderont aussi bien la montée de l'extrême droite sur la scène internationale que les défis de la solidarité entre les peuples et le rôle de l'éducation dans la résistance démocratique. À propos de la table ronde consacrée à l'offensive de l'extrême droite dans le monde, Dutra a souligné que le débat s'inscrira dans un contexte mondial marqué non seulement par la montée des forces néofascistes, mais aussi par la persistance du néolibéralisme qui, selon elle, aggrave les inégalités et crée un terrain fertile pour la montée de l'autoritarisme.

À la fin de la présentation, Rodrigo Dilélio a souligné que la conférence devrait se conclure par une assemblée finale et la publication d'un document politique.

À l'issue de celle-ci, nous tiendrons l'Assemblée finale… avec la lecture de la Charte de Porto Alegre, qui orientera sans doute la lutte antifasciste dans les années à venir, a-t-il déclaré.

Les organisateurs espèrent que la rencontre réunira des milliers de participants de différents pays, consolidant ainsi Porto Alegre comme un nouveau point de convergence international contre la montée de l'extrême droite, de l'impérialisme et des politiques néolibérales.

Programme de la 1re CONFÉRENCE INTERNATIONALE ANTIFASCISTE POUR LA SOUVERAINETÉ DES PEUPLES

Le Programme de la 1re CONFÉRENCE INTERNATIONALE ANTIFASCISTE POUR LA SOUVERAINETÉ DES PEUPLES

JEUDI 26 MARS
FORUM DES AUTORITÉS DÉMOCRATIQUES ANTIFASCISTES
14h – Ouverture du Forum des autorités antifascistes

Avec les députés Pepe Vargas, Luciana Genro et Bruna Rodrigues

14h30 – 1re table ronde – LE RÔLE ET LES LIMITES DE L'ACTION INSTITUTIONNELLE DANS LA LUTTE DÉMOCRATIQUE
Modération : les députées fédérales Maria do Rosário et Daiana Santos

Intervenants : le sénateur Humberto Costa (ancien président du Parlasul, Brésil), le sénateur Oscar Andrade (secrétaire général du PCU), la députée européenne Ana Miranda (Espagne), le député européen João Oliveira (Portugal), le député Thomas Portes (France), Abdul Razak (conseiller municipal du Connecticut, États-Unis), le député Glauber Braga (Brésil), le député Erkan Bas (président du Parti des travailleurs de Turquie), Vilma Ripoll (ancienne députée, Argentine)

16h – 2e table ronde – EXPÉRIENCES D'APPROFONDISSEMENT DE LA DÉMOCRATIE DANS LES GOUVERNEMENTS POPULAIRES
Modération : la députée Stela Farias et le député Matheus Gomes

Intervenants : Maurizio Fabbri (président de l'Assemblée de la région d'Émilie-Romagne, Italie), Fernando Rojas (directeur de la Casa de las Américas, Cuba), Daniel Jadue (ancien maire de Recoleta, Chili), Luiz Fernando Mainardi (maire de Bagé, Brésil), Dani Brizolara (adjointe au maire de Pelotas, Brésil), Franco Metaza (député du Mercosur, RI La Campora, Argentine), représentant de la délégation du Venezuela.

18h – MARCHE D'OUVERTURE DE LA 1re CONFÉRENCE INTERNATIONALE ANTIFASCISTE POUR LA SOUVERAINETÉ DES PEUPLES*
Lieu : Largo Glênio Peres (en face du marché public)

VENDREDI 27 MARS
8h – Petit-déjeuner (UFCSPA)
Adresse de bienvenue de la Fondation Rosa Luxemburg

9h – 1re conférence – L'OFFENSIVE DE L'EXTRÊME DROITE DANS LE MONDE : CAUSES, CONSÉQUENCES ET DÉFIS
Modérateur : Brenno Almeida (président de la Fondation Perseu Abramo)

Intervenants : la députée Sâmia Bomfim (Brésil), Eric Toussaint (CADTM Belgique), Jorgelina Matusevicius (Ventos del Pueblo, Argentine), Ricardo Abreu de Melo « Alemão » (PMG, Brésil), Thomas Portes (député LFI, France), Valter Pomar (PT, Brésil)

Intervenants : Gabriel Portillo (dirigeant syndical et AUTE, coordinateur du front syndical León Duarte, Uruguay), conseiller municipal Giovani Culau (sociologue, ancien dirigeant de l'UNE et de l'UJS)

11h – 2e conférence – LA LUTTE CONTRE LE FASCISME ULTRANÉOLIBÉRAL DE MILEI
Modératrice : la députée Luciana Genro

Intervenants : Claudio Lozano (Unidad Popular), Isaac Rudnik (Libres del Sur), Julio Gambina (ATTAC CADTM), Sergio Garcia (MST, Argentine)

Commentateurs : Juçara Dutra (Internationale de l'Éducation, ancienne présidente de la CNTE) et Thomas Battagliano (Fédération universitaire, Argentine)

12h à 14h – Activités autogérées
14h – 3e conférence – LA LUTTE DES TRAVAILLEURS CONTRE LE NÉOLIBÉRALISME ET LE FASCISME

Modérateur : désigné par les centrales syndicales (Brésil)

Intervenants : Quintino Severo (CUT), Adilson Araújo (président de la CTB), Hugo Godo (CTA, Argentine), Carlos Martinez (FSM Cône Sud, secrétaire international de l'UNTIMRA et du Département international de la PIT-CNT, Uruguay), Airto Mugia (ELA), Humberto Montes de Oca (Syndicat des électriciens, Mexique), la députée européenne Leila Chalbi (LFI, France)

Commentateurs : Jair dos Santos (Syndicat des métallurgistes de Campinas) et Danilo Serafim (Syndicat des enseignants, CEPE/RJ)

16h – 4e conférence – LE BRÉSIL SOUS LA MENACE DE L'EXTRÊME DROITE ET DE L'IMPÉRIALISME
Modérateur : Raul Carrion (ancien député, SRI PC do B)

Intervenants : professeure Jana Silverman (États-Unis), eurodéputé João Oliveira (Portugal), Nádia Campeão (présidente du PC do B), Tarso Genro (ancien gouverneur, Institut Novos Paradigmas), Paula Coradi (présidente du PSOL), Beto Albuquerque (président du PSB-RS)

Commentateurs : le député Leonel Radde et Tica Moreno (Marche mondiale des femmes)

19h – 5e conférence – LA SOLIDARITÉ ENTRE LES PEUPLES ET LA LUTTE ANTI-IMPERIALISTE
Modératrice : la députée Maria do Rosário

Intervenants : Socorro Gomes (Cebrapaz, ancienne présidente du Conseil mondial de la paix), Vijay Prashad (Tricontinental, Inde), Jorge Arreaza (député à l'Assemblée nationale, ancien vice-président du Venezuela), Fernando Rojas (Casa das Américas, Cuba), Sushovan Dhar (CADTM), Rafael Barnabe (Porto Rico), Patricia Pol (ATTAC, France)

Commentateurs : Olívio Dutra (ancien gouverneur et ancien ministre, Brésil), Pedro Cesar Batista (Internationale antifasciste, Brésil)

SAMEDI 28 MARS
8h30 à 10h30 – Activités autogérées

11h à 13h – Activités autogérées

14h – 6e conférence –LA RÉSISTANCE PALESTINIENNE FACE AU GÉNOCIDE ET À L'OPPRESSION DE L'ÉTAT D'ISRAËL.
Modératrice : Gabi Tolotti (présidente du PSOL-RS et membre de la Global Sumud Flotilla)

Intervenants : Ualid Rabah (Fepal), Breno Altman (Ópera Mundi), Maran Jebril (ambassadeur de Palestine), Ibrahim Alzeben (ambassadeur de la Ligue arabe), Thiago Ávila (Global Sumud Flotilla), Muna Mohamed (UNE), la députée européenne Ilaria Salis (Italie), Mauren (BDS)

Commentateurs : Sayid Marcos Tenório (Braspal)

16h30 – 7e conférence – LA LUTTE CONTRE LE FASCISME DANS LES AMÉRIQUES
Modératrice : Misiara Oliveira (SRI du PT)

Intervenants : Mônica Valente (FSP), Benigno Perez Fernandez (consul général de Cuba), Atilio Borón (Argentine), Cyn Huang (DAS), Pietro Alarcón (Internationale UP et Commission internationale Pacto Histórico),
Rander Peña (Internationale antifasciste, vice-chancelier pour l'Amérique latine, secrétaire général de l'ALBA), le sénateur Oscar Andrade (secrétaire général du PCU), Javier Miranda (représentant du PC chilien, ancien ministre des Droits de l'Homme et ancien président du Frente Amplio, Uruguay)
Intervenants : Amanda Harumi (ancienne secrétaire exécutive de la CCLAE, SRI PC do B)

19h – 8e conférence – LA LUTTE CONTRE LE NÉGATIONNISME CLIMATIQUE ET POUR LA RÉFORME AGRAIRE DANS LE CONTEXTE DE LA CRISE ENVIRONNEMENTALE
Modératrice : Lara Rodrigues (MST)
Intervenants : João Pedro Stédile (MST), Vânia Marques Pinto (Contag), Michel Lowy (France), David Otieno (Ligue paysanne kenyane), Zé Correa (FSM)
Intervenants : Annie Hsiou (USP) et Jairo Boelter (Adufrgs)

DIMANCHE 29 MARS
9h30 – 9e conférence – ANTIRACISME, FÉMINISME ET DROITS CIVILS DANS LA LUTTE CONTRE LE FASCISME

Modératrice : la députée Fernanda Melchionna

Intervenantes : Mirelle Fanon (juriste, France), Penelope Dugan (France), Danielle Costa (politologue, SEPPIR/Bahia), Ideli Salvatti (Humaniza SC), la conseillère municipale Luana Alves, la pasteure Filigrana Garcia (Ação Contra el Odio, Espagne), Aracélia Arapiuns (Peuples autochtones)

Commentatrices : Letícia Carolina Nascimento (auteure transféministe et pédagogue) et la députée Laura Sito

11h30 – 10e conférence – ÉDUCATION, SCIENCE ET TECHNOLOGIE POUR LA SOUVERAINETÉ DES PEUPLES
Modératrice : la députée Sofia Cavedon

Intervenants : Márcia Barbosa (rectrice de l'UFRGS), la sénatrice Teresa Leitão, Gloria Ramirez (Fecode, Colombie), Bianca Borges (présidente de l'UNE), Sonia Alesso (Internationale de l'Éducation), Cláudio Mendonça (président de l'Andes)

Intervenants : Huo Silva (président de l'Ubes), Fátima Silva (CNTE), Rozane Zan (présidente du CPERS) et une représentante de la Fasubra

14h30 – 11e conférence – RÉSISTANCES, ARTICULATIONS ET ALTERNATIVES : UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE
Modérateur : Damian Hazar (FSM)

Intervenants : Zoe Konstantopoulou (ancienne présidente du Parlement grec), la députée européenne Manon Aubry (France), Fernanda Gadea (ATTAC Espagne), Ana Maria Prestes (SRI PC do B), le conseiller municipal Roberto Robaina (président du PSOL Porto Alegre), Valter Pomar (Fondation Perseu Abramo)

Commentateurs : Liége Rocha (CI FSM, FDIM), Raul Pont (ancien maire de Porto Alegre)16h30 – Assemblée générale et adoption de la Charte de Porto Alegre18h – Clôture

Publication originale : Revista Movimento

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Pour une convergence antifasciste internationale

Réunir les forces de gauche pour contrer la déferlante d'extrême droite. C'est le pari de la Première conférence antifasciste internationale, qui se tiendra fin mars à Porto (…)

Réunir les forces de gauche pour contrer la déferlante d'extrême droite. C'est le pari de la Première conférence antifasciste internationale, qui se tiendra fin mars à Porto Alegre, au Brésil. Interview

Tiré du site du CADTM.

Unir les forces de la gauche, sur tout le globe, pour affronter la montée de l'extrême droite - et des guerres impérialistes. C'est l'objectif de la Première conférence internationale antifasciste pour la souveraineté des peuples. La rencontre s'ouvrira le 26 mars prochain à Porto Alegre, capitale de l'Etat du Rio Grande do Sul, qui avait été le berceau du mouvement altermondialiste au début des années 2000. La dynamique, qui vise à dépasser la fragmentation des résistances face au tournant néofasciste à l'œuvre, a été soutenue par un appel signé par une large palette de personnalités représentatives de la gauche combative et des mouvements sociaux, issues des cinq continents (lire ci-dessous). Le Courrier s'est entretenu avec Eric Toussaint, du Comité pour l'abolition des dettes illégitimes (CADTM), une des chevilles ouvrières de cette initiative.

Quelle est la genèse de cette conférence internationale ?

Éric Toussaint : Le 8 janvier 2023, peu après avoir perdu l'élection présidentielle face à Lula, Jair Bolsonaro a tenté d'effectuer un coup d'Etat au Brésil. Prétextant une prétendue fraude électorale, les partisan·es de l'ex-président néofasciste ont mis à sac le siège du Congrès et du Tribunal suprême fédéral, reproduisant l'invasion du Capitole par les soutiens de Donald Trump, deux ans plus tôt. Ces épisodes ont souligné le danger que représente la percée de l'extrême droite. De cette prise de conscience a surgi l'idée d'organiser une initiative antifasciste à l'échelle internationale.

Pourquoi avoir choisi la ville de Porto Alegre, au sud du Brésil ?

Le symbole est fort, car c'est dans cette ville qu'est né le Forum social mondial (FSM) : en janvier 2001, 20 000 personnes s'y étaient réunies afin de définir un agenda commun pour le mouvement altermondialiste, alors en pleine effervescence.

Ensuite, parce qu'en infligeant une défaite à Jair Bolsonaro en 2022, la gauche brésilienne a prouvé qu'il est possible de barrer la voie au danger néofasciste : partis - du PT, social-démocrate, au Psol, gauche radicale -, mouvements populaires et syndicats ont surmonté leurs désaccords pour faire triompher la candidature de Lula. On retrouve ces acteur·ices au sein du comité unitaire qui organise la conférence.

Prévue en mai 2024, la réunion a dû être suspendue en raison des graves inondations - conséquence du dérèglement climatique - qui ont touché l'Etat du Rio Grande do Sul le mois précédent. En raison de la multiplication des agressions militaires par Donald Trump depuis le début de son mandat, nous avons entretemps décidé de rajouter un volet anti-impérialiste à l'événement.

Le monde est-il en train de vivre un tournant néofasciste ?

L'administration Trump est à la tête de la première puissance mondiale. Elle y applique une politique caractérisée par un nationalisme exacerbé, le suprémacisme et l'homophobie, tout en utilisant la milice ICE pour déporter massivement des personnes non blanches. On peut donc la qualifier de néofasciste. Un tournant symbolisé de manière explicite par le salut nazi d'Elon Musk lors de l'investiture de Trump.

En parallèle, l'extrême droite menace d'accéder au pouvoir dans la plupart des Etats européens ; en Russie, le régime de Vladimir Poutine a des caractéristiques très proches de celui de Trump ; l'Inde est dirigée par un hindouiste radical et islamophobe, Narendra Modi. Tandis qu'en Israël, le gouvernement néofasciste de Benjamin Netanyahou mène un génocide à Gaza depuis plus de deux ans et demi.

En Amérique latine, l'élection de Javier Milei en novembre 2023 a été suivie par celle Juan-Antonio Kast au Chili, en 2025. Tandis que le président d'Équateur, Daniel Noboa, prend pour modèle le régime autoritaire de Nayib Bukele, au Salvador. Et l'extrême droite fera tout pour gagner la présidentielle cet automne au Brésil, face à Lula, avec l'appui d'un réseau international. Si elle arrive à ses fins, cela aura des répercussions terribles sur tout ce continent, qui a subi des dictatures brutales au cours du siècle dernier.

La droite radicale semble disposer d'un solide réseau à l'échelle mondiale. Est-ce le cas ?

On assiste à la mise sur pied d'une forme d'internationale néofasciste, notamment sous l'impulsion des Etats-Unis de Donald Trump. Dans sa stratégie de sécurité nationale publiée en 2025, le président américain apporte clairement son soutien aux partis « patriotiques » du Vieux Continent. En Amérique latine, qu'il considère à nouveau comme une « arrière-cour », il n'hésite pas à interférer directement dans les processus politico-électoraux pour favoriser les candidat·es d'extrême droite.

Certes, ces forces ne disposent pas d'un commandement mondial unique. Mais des structures de coordination sont déjà en place. La Conservative Political Action Conference (CPAC) rassemble chaque année les droites radicales du continent américain et d'Europe. Elle a organisé récemment des conférences aux Etats-Unis, en Hongrie et dans plusieurs pays d'Amérique latine. Lancé par la formation espagnole Vox, le forum de Madrid est un autre rendez-vous qui agglutine ces partis.

La conférence de Porto Alegre se veut une réponse à cette globalisation néofasciste ?

A gauche, nous sommes en retard : nous n'avons pas encore commencé à internationaliser notre riposte à l'extrême droite. Certes, les forces qui combattent le fascisme et les agressions impérialistes sont très diverses, et il n'est pas question de gommer ces différences. Toutefois, il est essentiel de constituer un front large, à l'échelle globale, contre ces ennemis de plus en plus menaçants. Cette convergence doit inclure toutes les forces disposées à défendre la classe ouvrière, la paysannerie, les migrant·es, les femmes, les personnes LGBTQIA+, les personnes racisées, les minorités opprimées et les peuples autochtones - tout en défendant la nature et en soutenant les luttes contre l'impérialisme. Notre conférence tentera d'apporter le début d'une réponse à ce défi.

Concrètement, sur quoi pourrait déboucher cette initiative ?

Une des clés du succès, c'est de rester modestes. L'idée n'est pas de créer une nouvelle structure mondiale, mais de faire converger partis, personnalités et militant·es autour d'un espace capable de convoquer et de soutenir des initiatives et mobilisations communes face à l'extrême droite. Tout en appuyant les batailles qui se jouent dans les différents Etats.

Après cette première réunion à l'échelle mondiale, un deuxième pas en avant important serait d'organiser une initiative du même type dans les principales régions du globe, dès 2027.

Milliers de militant.e.s attendu.e.s

Plusieurs milliers de personnes, venues d'une septantaine de pays, sont attendues à la Première conférence antifasciste pour la souveraineté des peuples, qui se tiendra à Porto Alegre du 26 au 29 mars. L'événement s'ouvrira par une large manifestation dans les rues de la capitale de l'Etat du Rio Grande do Sul. Durant trois jours, il proposera onze conférences plénières thématiques et 150 activités autogérées. Les discussions seront axées sur le renforcement des mouvements sociaux, féministes et syndicaux ainsi que de la solidarité internationale dans la lutte contre le fascisme - mais aussi sur les potentialités et les limites de l'action institutionnelle. La solidarité avec Gaza, les luttes contre le négationnisme climatique et pour la réforme agraire, la situation sur le continent américain seront d'autres points forts. Les débats se cloront par l'adoption d'une charte en assemblée générale.

Si une grande partie des intervenant· proviendront du continent américain, une large palette d'organisations et mouvements seront représentés dans la capitale du Rio Grande do Sul, qui a été le berceau d'un des principaux mouvements sociaux du continent latino-américain, le Mouvement des sans-terre (MST), dans les années 1980. En témoignent les plus de 1500 personnalités et militant·es, issu·es des cinq continents, qui ont signé l'appel international invitant à la conférence. On y trouve notamment : les dirigeant·es d'organisations populaires et politiques du continent latino-américain, dont le leader du MST, João Pedro Stédile ; les autrices et militantes féministes Nancy Fraser et Tithi Bhattacharya ; le journaliste et activiste indien Vijay Prashad ; l'économiste haïtien Camille Chalmers ; Solange Koné, de la Marche mondiale des Femmes (MMF) en Côte d'Ivoire ; Frei Betto, écrivain brésilien et figure de la théologie de la libération ; l'eurodéputée (La France Insoumise) Rima Hassan et Thiago Silva, participant·es à la flottille globale Soumoud pour Gaza ; Ada Colau, l'ancienne maire de Barcelone ; Annie Ernaux, prix Nobel de littérature en 2022 ; l'ex leader du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn ; le dirigeant de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, aux côtés de parlementaires italien·nes, espagnol·es et de membres de DSA, la tendance de gauche du Parti démocrate étasunien. En Suisse, le sociologue Jean Ziegler, ex rapporteur des Nations unies pour le droit à l'alimentation, a signé l'appel. Mathilde Marendaz, militante du parti Solidarité & Ecologie et députée Ensemble à gauche au Grand Conseil vaudois, fera le voyage à Porto Alegre.

Source : Propos recueillis par Guy Zurkinden, Le Courrier (19 mars 2026) : www.lecourrier.ch

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Programme de la 1re Conférence internationale antifasciste pour la souveraineté des peuples

Du 26 au 29 mars 2026, à Porto Alegre – Brésil. Réunir les forces de gauche pour contrer la déferlante d'extrême droite. C'est le pari de la Première conférence antifasciste (…)

Du 26 au 29 mars 2026, à Porto Alegre – Brésil. Réunir les forces de gauche pour contrer la déferlante d'extrême droite. C'est le pari de la Première conférence antifasciste internationale, qui se tiendra fin mars à Porto Alegre, au Brésil.

JEUDI 26 MARS

Forum des Autorités Antifascistes

14h – Ouverture du Forum des Autorités Antifascistes

Député Pepe Vargas, Députée Luciana Genro, Députée Bruna Rodrigues

14h30 – Panel des parlementaires : « Rôle et limites de l'action institutionnelle dans la lutte démocratique »

Modération par Députée Maria do Rosário et Députée Daiana Santos

Intervenant-es : Sénateur Humberto Costa (ex-Président du Parlasul/Brésil), Sénateur Oscar Andrade (Secrétaire Général du PCU), Eurodéputée Ana Miranda (Espagne), Eurodéputé João Oliveira (Portugal), Député Thomas Portes (France), Abdul Razak (Conseiller Municipal, Connecticut/USA), Député Glauber Braga (Brésil), Député Erkan Bas (Président du Parti des Travailleurs de Turquie), Vilma Rippol (Ex-députée, Argentine).

16h – Panel des gouvernements : « Expériences d'approfondissement de la démocratie au sein des gouvernements populaires »

Modération par Députée Stela Farias et Député Matheus Gomes.

Intervenant-es : Maurizio Fabbri (Président de l'Assemblée de la Région Émilie-Romagne/Italie) ; Fernando Rojas (Directeur de la Casa de las Américas/Cuba), Daniel Jadue (Ex-Maire de Recoleta/Chili), Maire Luiz Fernando Mainardi (Bagé/RS, Brésil), Dani Brizolara (Vice-Maire de Pelotas/Brésil), Député du Mercosur Franco Metasa (RI La Campora Argentine), Députée Blanca Eekhout (Présidente de l'Inst. Simon Bolivar pour la Paix et la Solidarité avec les Peuples, Venezuela).

17h30 – Clôture

18h – MARCHE D'OUVERTURE DE LA 1re CONFÉRENCE INTERNATIONALE ANTIFASCISTE POUR LA SOUVERAINETÉ DES PEUPLES*

Lieu : Largo Glênio Peres (devant le Marché Public)) | 18h

VENDREDI 27 MARS

8h – Petit-déjeuner à l'UFCSPA – Bienvenue de la Fondation Rosa Luxemburg.

9h – 1re CONFÉRENCE : L'offensive de l'extrême droite dans le monde : causes, conséquences et défis

Modération par Brenno Almeida (Président de la Fondation Perseu Abramo).

Intervenant-es : Députée Sâmia Bonfim (SP/Brésil), Éric Toussaint (CADTM, Belgique), Jorgelina Matusevicius (Vientos del Pueblo, Argentine), Ricardo Abreu de Melo « Alemão » (FMG, Brésil), Thomas Portes (Député LFI, France), Walter Pomar (PT/Brésil).

Commentaire 1 par : Gabriel Portillo (Coordinateur du Front Syndical León Duarte, Uruguay).

Commentaire 2 par : Conseiller municipal Giovani Culau (Scientiste social, ex-dirigeant de l'UNE et de l'UJS).

11h – 2e CONFÉRENCE : La lutte contre le fascisme ultra-néolibéral de Milei

Modération par Députée Luciana Genro (Brésil).

Intervenant-es : Claudio Lozano (Unidad Popular), Isaac Rudnik (Libres del Sur), Julio Gambina (ATTAC CADTM), Sergio Garcia (MST Argentine).

Commentaire 1 par : Juçara Dutra (Internationale de l'Éducation, Ex-Présidente de la CNTE).

Commentaire 2 par : Thomas Battagliano (Fédération Universitaire Argentine).

14h30 – 3e CONFÉRENCE : La confrontation des travailleurs face au néolibéralisme et au fascisme

Modération par : une personne désignée par les Centrales Syndicales du Brésil.

Intervenant-es : Quintino Severo (CUT), Adilson Araújo (Président de la CTB), Hugo Godoy (CTA, Argentine), Carlos Martinez (FSM Cône Sud, Secr. International de l'UNTMRA et du Dépt. International de la PIT-CNT Uruguay), Aitor Murgia (ELA, Pays Basque), Humberto Montes de Oca (Syndicat des Électriciens du Mexique SME), Eurodéputée Leila Chaibi (LFI, France).

Commentaire 1 par : Jair dos Santos (Syndicat des Métallurgistes de Campinas).

Commentaire 2 par : Danilo Serafim (Syndicat des Professeurs CEPE/RJ).

17h – 4e CONFÉRENCE : Le Brésil sous la menace de l'ultradroite et de l'impérialisme

Modération par : Historien Raul Carrion (Ex-Député, SRI PCdoB).

Intervenant-es : Professeure Jana Silverman (USA), Eurodéputé João Oliveira (PCP, Portugal), Nádia Campeão (Présidente du PCdoB), Tarso Genro (ex-Gouverneur, Institut Novos Paradigmas, représentant du PT), Paula Coradi (Présidente du PSOL), Beto Albuquerque (Président du PSB-RS).

Commentaire 1 par : Député Leonel Radde (Brésil).

Commentaire 2 par : Tica Moreno (Marche Mondiale des Femmes).

19h – 5e CONFÉRENCE : La solidarité entre les peuples et la lutte anti-impérialiste

Commentaire 1 par : Olívio Dutra (Ex-Gouverneur, Ex-Ministre/Brésil).

Commentaire 2 par : Pedro Cesar Batista (Internationale Antifasciste, Chapitre Brésil).

Lieu : UFCSPA (R. Sarmento Leite, 245 – Centre Historique – Porto Alegre).

Local : UFCSPA (R. Sarmento Leite, 245 – Centro Histórico – Porto Alegre) | Auditório Jorge E P Lima (Salão Nobre)

SAMEDI 28 MARS

9h à 13h – Activités autogérées

14h – 6e CONFÉRENCE : La résistance palestinienne au génocide et à l'oppression de l'État d'Israël

Médiatrice : Gabi Tolotti (Présidente du PSOL-RS et participante de Global Sumud Flotilla).

Intervenant-es : Ualid Rabah (FEPAL), Breno Altman (Ópera Mundi), Marwan Jebril (Ambassadeur de Palestine), Ibrahim Alzeben (Ambassadeur de la Ligue Arabe), Thiago Ávila (Global Sumud Flotilla), Muna Mohamed (UNB), Mauren – (BDS).

Commentaire 1 par : Sayid Marcos Tenório (IBRASPAL).

Commentaire 2 par : Ahmed Mulay (Front Polisario).

16h30 – 7e CONFÉRENCE : Le combat contre le fascisme dans les Amériques

Modération par : Misiara Oliveira (SRI du PT).

Intervenant-es : Mônica Valente (FSP), Benigno Perez Fernandez (Consul Général de Cuba), Atílio Borón (Argentine), Cyn Huang (DSA/USA), Pietro Alarcón (Commission Internationale Pacte Historique), Sénateur Oscar Andrade (Secrétaire Général du PCU), Docteur en Sociologie, Alexis Cortés (Univ. Alberto Hurtado, CC du PC du Chili), Tania Diaz (Vice-Présidente RI PSUV) ou Rander Peña (Internationale Antifasciste, Vice-Chancelier du Venezuela pour l'Amérique Latine, Secr. Général ALBA), Javier Miranda (ex-Ministre DH, ex-Président du Front Large Uruguay).

Commentaire 1 par : Amanda Harumy (Ex-Secr. Exécutive OCLAE, SRI PCdoB).

19h – 8e CONFÉRENCE : La lutte contre le négationnisme climatique et pour la réforme agraire dans le contexte de la crise environnementale

Modération par : Lara Rodrigues (MST).

Intervenant-es : João Pedro Stédile (MST), Vânia Marques Pinto (CONTAG), Michael Löwy (NPA, France), David Otieno (Ligue Paysanne Kényane), Zé Correa (FSM).

Commentaire 1 par : Annie Hsiou (USP).

Commentaire 2 par : Jairo Boelter (UFRGS).

Lieu : UFRGS (Av. Paulo Gama, 110 – Farroupilha – Porto Alegre) | Grand Amphithéâtre du Rectorat (Salão de Atos).

Dimanche, 29 mars

9h – 9e CONFÉRENCE : Antiracisme, féminisme et droits civils dans la lutte contre le fascisme

Modération par : Députée Fernanda Melchionna (Brésil).

Intervenant-es : Mireille Fanon (Juriste, France), Pénélope Duggan (NPA France, membre du bureau de la IV internationale), Danielle Costa (Scientiste politique, SEPIR/Bahia), Ideli Salvatti (Humaniza SC), Luana Alves (Conseillère municipale de São Paulo – PSOL), Pastora Filigrana Garcia (Action contre la Haine, Espagne), Auricélia Arapiun (Peuples Indigènes).

Commentaire 1 par : Letícia Carolina Nascimento (Auteure et Pédagogue – UFPI).

Commentaire 2 par : Députée Laura Sito (Brésil).

11h30 – 10e CONFÉRENCE : Éducation, science et technologie pour la souveraineté des peuples

Modération par : Députée Sofia Cavedon (Brésil).

Intervenant-es : Márcia Barbosa (Rectrice de l'UFRGS), Sénatrice Teresa Leitão, Ex-Sénatrice Gloria Ramirez (Féd. Colombienne des Professeurs), Bianca Borges (Présidente de l'UNE), Sonia Alesso (Internationale de l'Éducation), Cláudio Mendonça (Président ANDES), Représentant PROIFES.

Commentaires par Hugo Silva (Président de l'UBES), Fátima Silva (Présidente CNTE), Rozane Zan (Présidente CPERS), Sandro Pimentel (Coord. Éducation FASUBRA Syndical).

14h30 – 1e CONFÉRENCE : Résistances, articulations et alternatives démocratiques

Modération par : Damian Hazar (Forum Social Mondial).

Intervenant-es : Zoe Konstantopoulou (Ex-présidente du Parlement Grec), Manon Aubry (Eurodéputée LFI France, vice-présidente du groupe The Left), Fernanda Gadea (ATTAC Espagne), Ana Maria Prestes (SRI PCdoB), Roberto Robaina (Conseiller municipal et Président du PSOL Porto Alegre), Valter Pomar (Fondation Perseu Abramo).

Commentaire 1 par : Liége Rocha (CI FSM, FDIM).

Commentaire 2 par : Ex-Maire de Porto Alegre Raul Pont.

16h30 – Assemblée Générale et Approbation de la Charte de Porto Alegre

18h – Clôture

Lieu : UFRGS (Av. Paulo Gama, 110 – Farroupilha – Porto Alegre) | salles à confirmer

Front mondial contre le néofascisme et l’impérialisme : 565 personnalités et 900 activistes de 100 pays font front commun

PORTO ALEGRE / INTERNATIONAL – Le 25 février 2026 – La mobilisation contre l'internationale réactionnaire franchit un palier historique. Un mois après un premier appel (…)

PORTO ALEGRE / INTERNATIONAL – Le 25 février 2026 – La mobilisation contre l'internationale réactionnaire franchit un palier historique. Un mois après un premier appel retentissant lancé par le CADTM, une seconde vague de 335 personnalités rejoint l'initiative, portant à 565 le nombre total de personnalités signataires issus d'une centaine de pays. S'y ajoutent plus de 900 signatures d'activistes et de citoyen·nes motivé·es.

Ce front mondial unit parlementaires, syndicalistes, activistes et intellectuel-les autour d'un constat d'urgence : la lutte contre l'extrême droite est indissociable de la lutte contre les agressions impérialistes.

Un diagnostic sans concession : l'internationale de la haine

L'appel dénonce une « internationale néofasciste » qui, derrière un discours raciste et chauvin, poursuit des objectifs communs :

Destruction sociale : Privatisation des services publics, démantèlement de la sécurité sociale et précarisation des salariés.

Offensive autoritaire : Restriction du droit de grève, censure universitaire et surveillance de masse.

Écocide et colonialisme : Déni climatique au profit de l'extractivisme, des énergies fossiles et de la perpétuation de situations coloniales, avec une dénonciation explicite du génocide en cours en Palestine.

Discrimination renforcée : contre les femmes, contre les LGBT+, contre les personnes d'origine étrangère, etc.

Le néofascisme : vecteur d'un capitalisme agressif

L'appel souligne que la progression de l'extrême droite n'est pas un phénomène isolé, mais le moteur d'une politique de pillage global. Les signataires dénoncent une stratégie coordonnée visant à :

1. Intensifier les agressions impérialistes pour l'accaparement des ressources et l'exploitation des populations.

2. Perpétuer les situations coloniales, dont le cas le plus tragique est le génocide orchestré par l'État d'Israël en Palestine, avec la complicité de ses alliés.

3. Promouvoir un extractivisme débridé, au prix du déplacement forcé des peuples autochtones et de l'expropriation des familles paysannes.

4. Accroître les dépenses militaires au détriment de la sécurité sociale et des services publics.

Une convergence internationale des résistances

Face à une extrême droite qui tisse ses liens via des think tanks et des réseaux de désinformation, la riposte s'organise. Cette nouvelle liste de signataires renforce considérablement la représentativité du mouvement, intégrant des voix majeures du Sud Global et des forces politiques clés du Nord. « Notre lutte doit être internationale pour être efficace », précise l'appel. Les signataires s'engagent à soutenir la lutte des peuples qui résistent aux oppressions coloniales et impérialistes.

Les pôles politiques majeurs

DSA (Democratic Socialists of America) - États-Unis : a signé l'appel toute la direction de DSA, mouvement politique dont fait partie le nouveau maire de New York Zohran Mamdani.

France : presque tout l'éventail des organisations politiques de gauche est représenté, notamment LFI, Écologistes, PCF, NPA-A, Génération, Après, jusqu'à des élues socialistes.

Espagne : il en va de même, sont représentés Comuns, Compromís, Podemos, Sumar, EH Bildu, Anticapitalistas, Izquierda Unida, CUP, Bloco Nacional Gallego (BNG), etc.

Brésil : Le Parti des Travailleurs, le PCdoB, le PSOL (Parti Socialisme et Liberté) sont représentés du plus haut niveau à la base. Leur alliance a permis en 2022 la victoire de Lula contre Jair Bolsonaro.

Amérique Latine : de nombreuses organisations de gauche et de mouvements sociaux du reste de la région sont bien représentés (Argentine, Mexique, Chili, Colombie, Uruguay, Cuba, Équateur, Pérou, Bolivie, Salvador, Guatemala, etc.).
Asie, Monde Arabe, Afrique et Pacifique : ces régions sont aussi représentées, marquant l'ampleur mondiale du mouvement.

Organisations internationales : on trouve également des représentant-es de l'Internationale Progressiste, la Quatrième Internationale, le Forum de Sao Paulo, qui se retrouvent ensemble dans leur diversité.

Le réseau altermondialiste et académique

ATTAC : On retrouve des sections de différents pays (Argentine, Autriche, Belgique, Espagne, France, Hongrie, Italie, Maroc, Togo).

CADTM (Comité pour l'abolition des dettes illégitimes) : présent dans une trentaine de pays.

Réseaux de recherche et milieux universitaires : Le CLACSO (Conseil latino-américain des sciences sociales), l'IIRE (Amsterdam), ainsi qu'une multitude de professeurs d'université et de chercheur-ses.

Médias : des journalistes, des responsables de médias indépendants et de maisons d'édition.

Les organisations syndicales et de paysan-nes sont aussi bien représentées.

En route vers Porto Alegre (26-29 mars 2026)

Ce mouvement convergera vers la Conférence internationale antifasciste et anti-impérialiste à Porto Alegre. Ce sommet sera l'occasion de transformer ces 555 engagements en actions concrètes pour défendre les classes populaires, la nature, les droits des femmes, des LGBT+, des migrant-es et les peuples opprimés contre un capitalisme jugé « écocidaire » et « inhumain ».

L'appel se conclut sur une exigence morale portée par les signataires : la capacité de ressentir profondément toute injustice commise, où que ce soit dans le monde.

Lire le programme de la conférence

Voir la vidéo d'invitation à la conférence (d'un peu plus d'une minute).

Voir la liste de la centaine d'organisations brésiliennes qui soutiennent la conférence.

Lire l'appel international.

Pour signer l'appel, cliquez ici.

Voir la liste des 230 premiers signataires.

Pour vous pré-inscrire pour participer à la conférence cliquez ici

La liste des nouveaux signataires est ci-dessous.

Deuxième liste de 335 personnalités ( 19 février 2026) qui complète la première liste de 230 personnalités publiée le 20 janvier 2026

Afrique du Sud

1. Ashraf Patel, Institute for Global Dialogue IGD wwwigdorgza (Institut pour le dialogue mondial)
2. Lara Reddy, responsable de la recherche et de l'éducation (organisatrice féministe, éditrice, poète), ILRIG-SA

Algérie

3. Kamel Aissat, Membre du secrétariat national, Parti Socialiste des Travailleurs suspendu (PST)
4. Saadeddine Kouidri, écrivain

Argentine

5. Gloria Liliana Abratte, sindicato Central de trabajadores y trabajadoras de Argentina - CTA (Syndicat central des travailleurs et travailleuses d'Argentine)
6. Carlos Aznarez, Directeur de Resumen Latinoamericano (Résumé latino-américain)
7. Tomás Battaglino, secrétaire aux relations internationales, Fédération universitaire argentine
8. Pablo Bergel, Membre fondateur, ancien candidat à la députation nationale dans la ville autonome de Buenos Aires, PACHAS - Movimiento Ecopolitico por el Buen Vivir (Mouvement écopolitique pour le bien vivre)
9. Jesús Chirino, secrétaire syndical, CTA Villa María et militant social
10. Marta Dillon, journaliste, écrivaine, militante, figure de référence, Columna Mostri
11. Vanessa Dourado, ATTAC Argentina
12. Víctor Ego Ducrot, enseignant, journaliste et écrivain
13. Jaime Gabriel Farji, économiste, IPYPP (ipypporgar)
14. Claudia Favero, secrétaire, Centre culturel Daniel Favero
15. Clarisa Gambera, Féminisme syndical, Asociacion Trabajadores del Estado (Association des travailleurs de l'État)
16. Mario Giorgi, enseignant, journaliste, chercheur, Université nationale d'Avellaneda
17. Nancy (Pantera) Gonzalez, Secrétaire générale, Unión de músicos central de trabajadores Argentina, artistas antifascistas (Union centrale des musiciens travailleurs d'Argentine, artistes antifascistes)
18. Pablo Goodbar, Référent, MULCS en Vientos del Pueblo - Frente por el poder popular (MULCS à Vientos del Pueblo - Front pour le pouvoir populaire)
19. Olga Mónica Gurina, Secretaria general, CTA A central de trabajadores de la argentina autonoma (centrale des travailleurs de l'argentine autonome)
20. Mario Hernandez, journaliste et écrivain, AM Radio del Pueblo, directeur de la maison d'édition Metrópolis
21. Mariano Lanza, économiste, enseignant et chercheur à l'Université nationale de Río Negro
22. Maria Lanese, poète, porte-parole du Centre PEN Argentine
23. Hector Luis Lacreu, géologue engagé politiquement, éducateur à la retraite, Université nationale San Luis
24. Anny Ocoró Loango, enseignante/chercheuse au Conicet, directrice académique, AINALC
25. Eduardo Lucita, Economistas de Izquierda (Économistes de gauche)
26. Cesar Maffei, enseignant à la retraite, militant
27. Eduardo Macaluse, ancien député national
28. Jorge Marchini, économiste
29. Euge Murillo, journaliste et militante LGTBIQ+, Columna Mostri
30. Juan Roberto Robles, Radical indépendant, ancien député de Tucumán, Unión Cívica Radical (Union civique radicale)
31. Marcelo Fabián Rodríguez, secrétaire aux Relations internationales, Parti communiste argentin
32. Pablo Sanseverino, Représentant national, Instrumento Electoral por la Unidad Popular (Instrument électoral pour l'unité populaire)
33. Emilio Taddei, politologue, Groupe d'études sur l'Amérique latine (GEAL)
34. Humberto Luis Toriglia, conseiller, Université nationale
35. Pablo Vommaro, Director Ejecutivo, CLACSO
36. Alberto Wainer, écrivain
37. Marcos Wolman, Mesa Coordinadora Nacional de Organizaciones de Jubilados y Pensionados de Argentina (Table ronde nationale des organisations de retraités et de pensionnés d'Argentine)

Australie

38. Jonathan Strauss, Membre de l'exécutif national, Socialist Alliance (Alliance socialiste)
39. Clive Tillman, responsable industriel, Syndicat des services communautaires et publics

Bangladesh

40. Abdul Awal, directeur exécutif, NRDS Bangladesh
41. SK MOJIBUL HUQ, Directeur, BNSK Syndicat des ouvrières du Bangladesh
42. Nari Sramik Kendra, BNSK Syndicat des ouvrières du Bangladesh

Belgique

43. Minervina Bayon, secrétaire régionale interprofessionnelle, FGTB Liège Huy Waremme
44. Olivier Bonfond, économiste, CCEF
45. Didier Brissa, secrétaire régional interprofessionnel, FGTB Verviers/OstBelgien
46. Christian Jacquemin, Président de la FGTB Verviers/OstBelgien
47. Pablo Laixhay, CADTM
48. Najla Mulhondi, coordination générale, Congodorpen
49. Christine Pagnoulle, ATTAC Belgique
50. Laurent Pirnay, Vice-président, CGSP
51. Nordine Saidi, Fondateur et porte parole, Bruxelles Panthères & Mouvement Citoyen Palestine
52. Jean-René Thonard, volontaire, Entraide & Fraternité
53. Pamela Acevedo Vahos, Avocat, Avocat au Barreau de Bruxelles

Bolivie

54. Juan Carlos Fernández, Direction nationale, PARTIDO SOCIALISTA -
55. Javier Fernandez, Directeur, Accion por los Derechos Humanos (Action pour les droits humains)
56. Alfredo Rada, Coordinateur général, École socialiste communautaire de Bolivie

Bosnie-Herzégovine

57. Tijana Okić, Crvena, Association pour la culture et les arts

Brésil

58. Valerio Arcary, professeur titulaire à l'Institut fédéral de São Paulo (IFSP)
59. Manuela d'Ávila, journaliste, candidate à la vice-présidence du Brésil en
60. Mário Augusto de Azeredo, Coordination nationale, Fortalecer o PSOL (Renforcer le PSOL)
61. Rodrigo Callais, président, syndicat CTB-RS
62. Márcia Campos, secrétaire nationale adjointe, commission coordinatrice du Secrétariat national des femmes du PCdoB
63. Íris de Carvalho, secrétaire à l'organisation, Parti des travailleurs
64. Jussara Rosa Cony, cadre nationale et directrice de CEBRAPAZ-RS
65. Paula Coradi, Présidente nationale du PSOL (Parti Socialisme et Liberté)
66. Matheus Gomes, député de l'État du Rio Grande do Sul, historien, militant du mouvement noir et dirigeant de Resistência/PSOL (Résistance/PSOL)
67. Virgínia Fontes, Historienne, Professeure et Chercheuse, Université Fédérale Fluminense (UFF)
68. Pedro Fuentes, Journaliste et militant, Revista Movimento (Revue Movimento)
69. Ângelo Augusto Schiavo Lunelli, secrétaire adjoint, PCdoB
70. Luiz Marques, membre, Collectif
71. Rosa Maria Marques, Professeure, PUC-SP (Université Pontificale Catholique de São Paulo)
72. Bernadete Menezes, secrétaire générale nationale du PSOL
73. Paulo Renato Menezes, Secrétaire général, AGAPAN (Association gaucha pour la protection de l'environnement naturel)
74. Neida Porfírio de Oliveira, membre de l'exécutif du PSOL/RS
75. Leonel Radde, député à l'Assemblée législative de Rio Grande Do Sul
76. Mariana Riscali, membre de l'exécutif national du PSOL et directrice de la Fondation Lauro Campos et Marielle Franco
77. Maria Liege Santos Rocha, Membre du Comité directeur mondial de la FDIM (Fédération démocratique internationale des femmes) et coordinatrice des relations internationales de l'UBM (Union brésilienne des femmes), Conseil international du Form Social Mondial
78. Renato Roseno, député régional du PSOL dans l'État de Ceará
79. Vanda Souto, militante féministe, professeure-chercheuse à l'UFC, membre du comité municipal du PSOL à Fortaleza
80. Silvana Verissimo, Coordinatrice Générale, Rede Nacional de Mulheres Negras no Combate à Violência (Réseau National de Femmes Noires dans la Lutte contre la Violence)

Burkina Faso

81. Joseph Thiombiano, Président, CBOP

Cameroun

82. Jean Marc Bikoko, Plate Forme d'Information et d'Action sur la Dette (PFIAD)
83. Eric Nyamsi, Internationaliste, Responsable de la coopération, Mabédja-Panafricaniste

Canada

84. Greg Albo, Professeur à l'Université York, coéditeur de Socialist Register (Registre socialiste)
85. Jason Devine, organisateur, enseignant, Calgary Anti-Racist Action (Action antiraciste de Calgary)
86. André Frappier, Rédacteur de Presse-toi à gauche et Canadian Dimension

Catalogne

87. Jaume Asens Llodrà, député européen, Comuns

Chili

88. Pablo Abufom, militant de Solidaridad, porte-parole de la Coordinadora por Palestina
89. Andrés Figueroa Cornejo, Communications, Plataforma Anticapitalista y Popular (Plateforme anticapitaliste et populaire)

Colombie

90. Alí Bantú Ashanti, Directeur du collectif Justicia Racial
91. Julio Cesar Ramírez Camelo, La Flotilla Sumud, Palestine Libre
92. Edinson Mendez, président, SINTRAUNICOL Cali
93. William Gaviria Ocampo, Trésorier national, FENASIBANCOL (Fédération nationale des syndicats bancaires colombiens)
94. Jorge Eliécer Triviño Rincón, vice-président mondial, Union hispanique mondiale des écrivains

Costa Rica

95. Blanche Luchaire Grutter, Membre, Partido Vanguardia Popular de Costa Rica (Parti Avant-garde populaire du Costa Rica)

Cuba

96. Miguel Barnet, écrivain
97. Omar González, escritor, Prix Casa de las Américas (Maison des Amériques), professeur titulaire à l'Institut supérieur des relations internationales
98. Waldo Leyva, poète, Prix national de littérature
99. Nancy Morejón, poète et lauréate du Prix national de littérature
100. Rolando González Patricio, président, Parlement latino-américain et caribéen
101. Omar Valiño, dramaturge et directeur de la Bibliothèque nationale

Danemark

102. Lone Degn, Membre de la direction nationale de Red-Green Alliance (Alliance rouge-verte)

El Savaldor

103. Siman Khoury, Président, Asosacion Salvadoreña Palestina (Association salvadorienne palestinienne)
104. Sigfrido Reyes, Ancien président de l'Assemblée législative, Frente Farabundo Martí para la Liberación Nacional (Front Farabundo Martí pour la libération nationale)

Equateur

105. Hugo González, Coordinateur-Liaison avec d'autres organisations, Red Feminista Ecosocialista (Réseau féministe écosocialiste)
106. José Mora, Avocat, conseiller juridique, Federación de Trabajadores Campesinos FENAC (Fédération des travailleurs agricoles)
107. Leoncio Pazmiño, ancien juge vice-président de la Cour interaméricaine des droits humains, avocat, conseiller juridique
108. Alexis Ponce, Défenseur des droits, dirigeant, Colectivo de Derechos y Comunicación Mujeres Contando (Collectif pour les droits et la communication « Mujeres Contando » (Les femmes racontent)

Espagne

109. Ricard Sánchez Andrés, président, SOS Ribagorza
110. Noelia Adánez, responsable de la rubrique « opinion », quotidien Públicoes
111. Lorena Cabrerizo, Commission confédérale permanente, Anticapitalistas
112. Francisco Calero Romero, président de la section syndicale, UGT
113. Raul Camargo, Commission confédérale permanente, Anticapitalistas
114. Erika González, Coordination, Ecologistas en Acción (Écologistes en action)
115. Quim Boix i Lluch, Unión Internacional de Sindicatos (UIS) de Pensionistas y Jubilados (PyJ) de la FSM (Federación Sindical Mundial)
116. María Mar González Lozano, responsable du département Féminismes, Podemos
117. Manuel Marrero Morales, professeur retraité et ancien député de Podemos (Canaries)
118. Carlos Sánchez Mato, professeur d'économie à l'université Complutense de Madrid, responsable du programme, Izquierda Unida (Gauche unie)
119. Acacio Puig, Collaborateur graphique et analyste, Association Loquesomos, Prisonnier politique anti-franquiste
120. Antonio López Rodríguez, conseiller municipal de Mollet et responsable politique du Parti communiste de Catalogne
121. Alberto Martínez Sánchez, ATTAC Espagne

Eswatini

122. Thokozane Kunene, secrétaire général du Parti communiste du Swaziland

Etats-Unis

123. Sara Almosawi, coprésidente, Jeunes socialistes démocrates d'Amérique (YDSA)
124. Christian Araos, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
125. Eleanor Babaev, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
126. Hayley Banyai-Becker, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
127. Sidney Carlson White, Comité politique national des socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
128. Jeremy Cohan, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
129. Ryan Clancy, membre de l'Assemblée de l'État du Wisconsin, district
130. Cliff Connolly, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
131. Saulo Colón, rédacteur en chef, New Politics
132. Kareem Elrefai, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
133. Cerena Ermitanio, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
134. Abdullah Farooq, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
135. Paul Garver, Comité international, DSA
136. Frances Gill, National Political Committee of the Democratic Socialists of America (DSA)
137. James Hernandez, Comité national de coordination, Jeunes socialistes démocrates d'Amérique (YDSA)
138. Ahmed Husain, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
139. David Jenkins, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
140. Kay Mann, sociologue, historienne, membre du Comité national de Solidarity (Solidarité)
141. John Lewis, Comité politique national des socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
142. Francesca Maria, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
143. Luisa Martínez, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
144. Sarah Milner, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
145. Charles Post, rédacteur en chef de Spectre : A Marxist Journal, membre du collectif Tempest
146. Megan Romer, coprésidente du Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
147. Clayton Ryles, National Political Committee of the Democratic Socialists of America (DSA)
148. Daniel Salup-Cid, coprésident, Jeunes socialistes démocrates d'Amérique (YDSA)
149. Katie Sims, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
150. Ashley Smith, membre du comité national, Tempest Collective (Collectif Tempête)
151. Ashik Siddique, coprésident du Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
152. Ella Teevan, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
153. Andrew Thompson, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
154. Cara Tobe, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
155. Amy Wilhelm, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)
156. Hazel Williams, Comité politique national des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA)

France

157. Marie - Hélène Amiable, Maire de Bagneux , PCF
158. Pouria Amirshahi, Député de Paris à l'Assemblée nationale
159. Raphaël Arnault, Député, Porte-Parole de la Jeune Garde/ Parlementaire à La France Insoumise (LFI)
160. Marie-Andrée Auclair, secrétaire, secours populaire français
161. Alain Bihr, sociologue
162. Jennifer-Léonie Bellay, Militante altermondialiste, ATTAC France
163. Emmanuelle Bourgeois, Administratrice, ATTAC France
164. Blaise Boussel, Coordinateur, Riposte Populaire
165. Pierre Cohen, Bureau national, Générations, Ancien député-maire de Toulouse
166. Caroline Coignard, Vigneronne bio, Paysanne syndiquée, La confédération paysanne
167. Marie Contaux, déléguée départementale, FSU-SNUipp
168. Maud Cornet, Secrétaire, Fédération du Parti Socialiste de la Creuse
169. Gérard Delahaye, syndicaliste CGT, militant antifasciste et membre du conseil d'administration de la Fondation Copernic
170. Philippe Diaz, producteur, réalisateur, Cinéma Libre Studio (E-U et Europe) et responsable des éditions La Dissidence (France)
171. Sophie Djigo, Philosophe, Membre du bureau, Coordination Antifasciste pour l'Affirmation des Libertés Académiques et Pédagogiques (CAALAP)
172. Elsa Faucillon, députée Parti Communiste français
173. Fatiha Ferchouche, Cheffe de file LFI, Paris e
174. Mathilde Feld, Députée LFI de la Gironde, Assemblée nationale
175. Franck Gaudichaud, Historien, revue Contretemps Web
176. Andrés Gomez, Secrétaire Général, CGT Beaulieu
177. Catherine Hollard, Militante altermondialiste, Présidence, Attac Rhône
178. Laure Jabrane, prof philo, membre CAALAP (Coordination Antifasciste pour l'Affirmation des Libertés Académiques et Pédagogiques)
179. Anne Joubert, Membre de la direction, Générations
180. Stathis Kouvelakis, philosophe, Membre du conseil scientifique, Institut La Boétie
181. Jean-Yves Lalanne, Secrétaire national, Alliance Pour la République Écologique et Sociale, maire honoraire de Billère
182. Antoine Larrache, resp revue Inprecor, Nouveau Parti Anticapitaliste - L'anticapitaliste
183. Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, PCF
184. Geneviève Lepage, Élue municipale, membre du Réseau des Éluses insoumises et Citoyennest, LFI
185. Gustave Massiah, membre fondateur, Cedetim/Ipam
186. Akli Mellouli, sénateur du Val de Marne
187. Koldo Mendi, Membre du Conseil Politique National, Nouveau Parti Anticapitaliste - L'anticapitaliste
188. Agnès Moussion, militante altermondialiste, ATTAC France
189. Michel Nebout, Secrétaire général, Cgt Educ'Action
190. Soraya Ouidji, Élue indépendante à la ville de Strasbourg
191. Roland Pavot, Administrateur principal, La Forge de l'Opinion, France
192. Noam Peter, Membre de la coordination nationale, responsable stratégie, La jeunesse Communiste
193. Juliana San Geroteo, Élue locale, Parti politique Générations
194. Sarah Scalbert, Avocate en droit des étrangers, Cabinet terravocats
195. Anthony Smith, Député européen, La France Insoumise
196. José Luis Torres, militant antifasciste, secrétaire fédéral, SUD PTT
197. Eric Valade, Membre C E Conf, CGT
198. Christiane Vollaire, philosophe, Membre bureau CAALAP (Coordination Antifasciste pour l'Affirmation des Libertés Académiques et Pédagogiques)
199. Abdourahman Waberi, Écrivain et activiste
200. Béatrice Whitaker, Représente la FASTI à la Conférence Antifasciste en mars à Porto Alegre, Fédération de solidarité avec Toutes les Immigrées (FASTI)

Grèce

201. Yannis Felekis, TPT- (Fourth International Programmatic Tendency -greek FI section)

Guadeloupe

202. Ali Méril, Secrétaire général adjoint, Union populaire pour la libération de la Guadeloupe

Guatemala

203. Luis Soto, président, coopérative COOSINFRO

Hongrie

204. Matyas Benyik, président de l'association ATTAC Hongrie
205. Péter Dr Farkas, ancien président de la Société Karl Marx (Hongrie)
206. Vera Zalka, militante, Forum social hongrois

Inde

207. Arka Bhaduri, fondateur, The Hammer (Le Marteau)
208. Leena Dabiru, bénévole, Anhad (Anhad)
209. Partha Dasgupta, rédacteur, ganavarta, organe de Revolutionary Socialist Party (RSP) (Parti socialiste révolutionnaire)
210. Ramesh Patnaik Donkada, co-organisateur, Meluko Andhra Pradesh (Meluko Andhra Pradesh)
211. Aparna Ghosh, comité de rédaction, Alternative Viewpoint (Point de vue alternatif)
212. Joseph Victor Raj P, organisateur, Puducherry Environment Council (Conseil de l'environnement de Puducherry)
213. Nowfal Md Safiulla, membre du comité central, Revolutionary Socialist Party (RSP) (Parti socialiste révolutionnaire)
214. Mahesh Sharma, conseiller, Aashray Adhikar Abhiyan (Campagne pour le droit au logement)
215. Vinod Shetty, coordinateur, ACORN

Indonésie

216. Maria Pakpahan, cofondatrice, RUMPUN Tjoet Njak Dien Yogyakarta
217. Regi Yoga Pratama, Campagne et plaidoyer, WALHI (véhicule environnemental indonésien) Îles Bangka Belitung
218. Ichal Supriadi, Secrétaire général, Asia Democracy Network

Italie

219. Sergio Bellavita, responsable Union Syndicale de Base (USB) Pouilles (sud de l'Italie)
220. Fabrizio Burattini, Comité national, Sinistra Anticapitalista (Gauche anticapitaliste), Coordinateur du site refrattariolink
221. Giovanni De Giglio, Autogestione in Movimento (Autogestion en mouvement), Fuorimercato (Hors marché)
222. Stefano Risso, membre du Conseil national, Attac Italie

La Réunion

223. Marie Christine Martz, ATTAC, Collectif des Citoyens Etang Sale
224. Yogananda Thirapathi Appadu, médecin

Malaisie

225. Jerald Joseph, Directeur, Centre Komas

Mali

226. Ousmane Diarra, Coordinateur, Associations Malienne des Expulsés ( AME )

Maroc

227. Omar Aziki, Secrétaire général, ATTAC CADTM Maroc
228. Omar Radi, journaliste, ATTAC-CADTM Maroc

Martinique

229. Béatrice Bellay, Députée, Assemblée Nationale Française, membre du groupe socialiste
230. Michèle Cidalise-Montaise, Secrétaire, Rèspé (Résistance Espoir Émancipation)
231. Joel Fardin, Délégué, Union Solidaires Martinique
232. Philippe Pierre-Charles, Groupe Révolution Socialiste

Mexique

233. Carmen Aceves, démocrate, féministe, chercheuse, UNAM
234. José Luis Hernández Ayala, socialiste et syndicaliste, membre du Movimiento Socialista del Poder Popular (Mouvement socialiste du pouvoir populaire)
235. Jorge Armando Carranza, membre de l'INDASS (Intégrateur national pour le développement agricole)
236. Fidel Chávez, Président, Braceros en vida queremos nuestro pago ! (Nous, les braceros, voulons être payés de notre vivant !)
237. Gilberto Conde, Secrétaire général du SIPRIN Colmex, Sindicato gremial de profesores e investigadores Colmex
238. Héctor De la Cueva, conseiller syndical et promoteur de diverses organisations sociales nationales et internationales, CILAS
239. José Luis Rojas Diaz, Organización Nacional del Poder Popular (Organisation nationale du pouvoir populaire)
240. Héctor Díaz-Polanco, président de Morena Mexico City
241. Alfredo López Domínguez, ancien militant et fondateur du GCI-PRT, activiste et professeur d'université
242. José Ernesto Fortanel Hernández, militant, Parti socialiste mexicain
243. Marcos Fuentes Franco, coordinateur du Forum national des militants du Morena
244. Víctor Álvarez Gibanel, membre du Syndicat des téléphonistes de la République mexicaine
245. Maria Guadalupe Gómez, journaliste
246. Felix Hernández Gamundi, porte-parole, Comité
247. Benito Mirón Lince, membre de la Coalition pour l'annulation des intérêts de la dette publique
248. Andrés López, militant de base, Morena
249. Elizabeth Enriquez Martinez, féministe
250. Veka García Martínez, coordinatrice de la politique internationale du parti Morena
251. Fabricio Mejía Madrid, journaliste et écrivain
252. Lesly Solís Mendoza, militante écosocialiste, MSP
253. Molay Maza Ontiveros, militant, Semilleros de Conciencias-morena (Pépinières de consciences-morena)
254. Victor Quintana, coordinateur, Comisión de Solidaridad y Defensa de los Derechos Humanos, AC (Commission de solidarité et de défense des droits humains, AC)
255. Roberto Romero, Coordinateur général, Collectif Ensenada Se Mueve
256. Edgard Sánchez, membre du Comité central du PRT (Parti révolutionnaire des travailleurs)
257. Oscar Ugarteche, chercheur principal, UNAM
258. Nestor Vazquez Mejia, militant, COCYP (Centrale des organisations paysannes et populaires)
259. Aline Zunzunegui, coordinatrice nationale, Fight Inequality Alliance (Alliance contre les inégalités)

Norvège

260. Don Kalb, professeur à l'université de Bergen

Pakistan

261. Faizan Aziz, secrétaire adjoint, Fédération nationale des étudiants du Jammu-et-Cachemire
262. Awais Qarni, Asian Marxist Review (Revue Marxiste Asiatique)
263. Arslan Shani, Fédération socialiste du Jammu-et-Cachemire, JKNSF
264. Farooq Sulehria, rédacteur en chef du Daily Jeddojehad (Quotidien de la lutte)
265. Abdul Khaliq Syed, personne de référence CADTM Pakistan
266. Farooq Tariq, président du parti Haqooq Khalq au Pakistan
267. Umair Umair, membre du cabinet central, NSF

Paraguay

268. Techi Cusmanich, Red de Intelectuales Artistas y Movimientos Sociales en defensa de la humanidad (Réseau d'intellectuels, d'artistes et de mouvements sociaux pour la défense de l'humanité), Red Continental Latinoameticana y Caribeña de Solidaridad con Cuba y las Causas Justas (Réseau continental latino-américain et caribéen de solidarité avec Cuba et les causes justes)

Pays-Bas

269. Aschwin van den Abeele, écrivain
270. Kees Hudig, responsable du site globalinfonl
271. Alex de Jong, codirecteur de l'IIRE Amsterdam
272. Maral Jefroudi, codirectrice de l'IIRE Amsterdam
273. Sanne Maassen van den Brink, co-présidente, Mokum Tegen Fascisme (Mokum Contre le Fascisme)
274. Alejandra Slutzky, coordinatrice, Plateforme Stop Racisme et Fascisme
275. Ilse Terheggen, Coordinator, tête de liste, MERA Leeuwarden

Pays Basque

276. Xabier Barber del Río, syndicat Esk EH Bildu
277. Jesus Uzkudun Illarramendi, Porte-parole, Asviamie asociación de víctimas del amianto (Asviamie association des victimes de l'amiante)
278. Amaia Nikolas, Porte-parole, Sare Antifaxista (Réseau antifasciste)
279. Joxe Iriarte Zabaleta, « Bikila », militant, Alternatiba

Pérou

280. Kiri Escobar, compositeur interprète du groupe septiembre 2000, CANTO DE TODOS

Pologne

281. Paweł Szelegieniec, chercheur en économie politique et histoire sociale, auteur socialiste
282. Roland Zarzycki, Université Wroclaw

Portugal

283. José Falcão, SOS Racismo (SOS Racisme)
284. António Manuel Cruz Tavares Meyrelles, capitaine à la retraite, marine de guerre portugaise

Porto Rico

285. Ruth Arroyo, Democracia Socialista Puerto Rico (Démocratie socialiste Porto Rico)
286. Roberto Torres Collazo, Activiste, Latinos y Latinas Por el Cambio Social (Latinos et Latinas pour le changement social)
287. Nelson Diaz, Membre, Guarda Rio
288. Eva Lourdes Ayala Reyes, présidente, EDUCAMOS (Nous éduquons)
289. Jaime Torres, Propriétaire, éditeur et journaliste, Prensa Sin Censura (Presse sans censure)

Québec

290. Amir Khadir, Ex porte-parole et député de Québec solidaire
291. Bernard Rioux, militant écosocialiste, Rédacteur, Presse-toi à gauche !

République Démocratique du Congo

292. Luc Mukendi, Coordinateur, CADTM Lubumbashi/ RDC

République Tchèque

293. Shifa Herko, philosophe, journaliste, organisatrice communautaire pour les immigrants

Royaume-Uni

294. Nika Dubrovsky, écrivaine, Institut David Graeber

Russie

295. Kseniia Kagarlitskaia, fondatrice de Freedom Zone, fille de Boris Kagarlitsky

Sahara Occidental

296. Ahamed Mulay Ali Hamadi, ambassadeur représentant au Brésil, Front POLISARIO

Sénégal

297. Mamadou Diouf, Militant anti impérialiste, Acteur société civile, Coordinateur, forum social
298. Chérif Salif Sy, Directeur Forum Tiers Monde fondé par Samir Amin

Slovénie

299. Lucien Perpette, Militant, IVe Internationale

Soudan

300. Ihsan Fagiri hassan, membre de l'Union des femmes soudanaises, fondatrice du mouvement « No to women oppression » (Non à l'oppression des femmes)

Sri Lanka

301. Ishankha Singha Arachchi, membre de l'Exco, journaliste indépendant / syndicaliste
302. Tilakasiri GVD, Président, FTUDC SL, Centre pour le développement des syndicats libres
303. Rathnarajah Nalini, Directeur exécutif, Women's Development Innovators and Fighting Inequality Alliance (Alliance pour le développement des femmes, l'innovation et la lutte contre les inégalités)
304. Dhanusha Pathirana, Consultant, Fondation Droit et société

Suède

305. Tord Björk, militant pour l'environnement et la paix, membre de la direction d'Artister för fred (Artistes pour la paix)
306. Umar Hayat, porte-parole du Front de libération du Jammu-et-Cachemire (JKLF)
307. Andreas Malm, professeur agrégé d'écologie humaine, Université de Lund

Suisse

308. Jean Batou, Professeur émérite d'histoire internationale, Responsable de rédaction, Marxch
309. Claude Calame, Directeur d'études, EHESS, Commission migrations, ATTAC LDH
310. Antoine Dubiau, auteur d'Écofascismes
311. Térence Durig, Secrétaire politique, solidaritéS
312. Tamara Knezevic, syndicaliste, militante de la Grève féministe Suisse
313. Meriam Mastour, activiste, juriste et spécialiste droits humains
314. Philipp Schmid, direction nationale, Bewegung für den Sozialismus/Mouvement pour le socialisme
315. Aude Spang, Militante, Grève féministe, Syndicat Unia, Collectif Solidarité Palestine
316. Timothée Wuillemin, Médecin, Membre de médecins pour le climat

Tunisie

317. Arroi Baraket, Journaliste et militante féministe
318. Mahmoud Chalbi, Indépendant, Agitateur artistique

Turquie

319. Uraz Aydin, Journaliste, ex-universitaire signataire de la pétition des “Universitaire pour la paix”
320. Can Atalay, Député incarcéré (depuis ), Türkiye İşçi Partisi/Parti Ouvrier de Turquie (TİP)
321. Yiğit Bener, Écrivain
322. Hakan Gunes, membre du CC, secrétaire du Comité des relations internationales, Parti Ouvrier de Turquie (TİP)
323. Mehmet Tas, écrivain et professeur retraité, Admin, Unity and Solidarity for Democracy Platform (Plateforme « Unité et solidarité pour la démocratie »)
324. Hakan Tahmaz, Président, Barış Vakfı (Fondation de la Paix)

Uruguay

325. Ana Maria Araujo Felice, porte-parole de la CxP, Coordinacion x Palestina (CxP, Coordination pour la Palestine)
326. Gabriel Portillo, membre de la direction, Pvp
327. Miguel Suárez, Lucha, MLN Tupamaros, El Oriental

Pays Valencia

328. Vicent Maurí Genovés, Président, Intersindical Solidària (Inter-syndicale Solidaire)
329. Vicent Marzà i Ibáñez, député européen pour Compromís, Pays valencien

Venezuela

330. Yhonny García Calles, Mouvement national d'amitié et de solidarité mutuelle Venezuela Cuba
331. Oscar Feo, professeur à l'université Carabobo au Venezuela et chercheur au CLACSO
332. Percy Katari, CONAICOP (Conseil national et international de la communication populaire)
333. Pedro Vargas, Coordinateur, Coalición de Tendencias Clasista (Coalition des tendances classistes)
334. José León Uzcátegui, Coordinateur, Red de Salud Colectiva (Réseau de santé collective)

Abya Yala

335. Myriam Hernandez, Coordinatrice régionale, Alianza contra la Desigualdad - Abya Yala (Alliance contre l'Inégalité - Abya Yala (Abya Yala)

Liste de plus de 900 activistes et citoyen-nes motivé-es
337. Tafadzwa Choto, University of Johannesburg (Afrique du Sud)
338. Ismail Lagardien, Écrivain (Afrique du Sud)
339. Nick Marx (Afrique du Sud)
340. Hugo Antonio Blasco, Mesa Coordinadora Jubilados y Pensionados RA (Comité de coordination des retraités et pensionnés RA) (Argentine)
341. Manuel Gutierrez, Mesa Organizaciones de jubilados y pensionados (Comité de coordination des retraités et pensionnés RA) (Argentine)
342. Oscar Lascano, Primer vocal, Corjub (Argentine)
343. Eduardo Aibar, musicien (Argentine)
344. Irene Alperovich (Argentine)
345. Laura Alperovich (Argentine)
346. Silvina Gabriela Inchauspe, Militante, DDHH (Argentine)
347. Cristina Antic, Participante, MarMe (Argentine)
348. Daniel Baigorria, économiste, professeur à l'université de Buenos Aires (Argentine)
349. Marcelo Bagnati, directeur du centre culturel El Cántaro (Argentine)
350. Marcelo Ricardo Baltore, Citoyen du monde (Argentine)
351. Lauria Barrionuevo, employée, Universidad Buenos Aires (UBA) (Argentine)
352. Alberto Baulina, architecte, conseiller, Faculté d'architecture (UNC) (Argentine)
353. Isabel Béjar (Argentine)
354. Maria Julia Bertomeu, chercheuse, Conicet UBA (Argentine)
355. José Luis Blanco, Militant, Asamblea de J B Justo y Corrientes (Assemblée de J B Justo et Corrientes) (Argentine)
356. Carlos Borzi, retraité (Argentine)
357. Marisa Burlastegui, assistante sociale, professeure-chercheuse à l'UNMDP, retraitée (Argentine)
358. Marcos Cacciamani, Mateada por la Memoria (Argentine)
359. Marcos Cansinos (Argentine)
360. Griselda Olga Castro, enseignante à la retraite (Argentine)
361. Juan Clivio (Argentine)
362. Adriana Rodríguez Duran, Collaboratrice diplômée, Centre interdisciplinaire de recherche sur le genre (CINIG), UNLP (Argentine)
363. Aria Cristona Dufour (Argentine)
364. Nelida Noemi Duranti, enseignante à la retraite et poète, La Internacional de Escritoras y Escritores Insurgentes (LIEI) (L'Internationale des écrivains insurgés (LIEI)) (Argentine)
365. Jose Octavio Estevez, Militante social, Miembro Espacio Chacabuco Posadas, Misiones (Argentine)
366. Roberto Fajardo (Argentine)
367. Jaime Gabriel Farji, économiste, IPYPP (ipypporgar) (Argentine)
368. Lucrecia Fernandez, militante, retraitée - kirchnériste (Argentine)
369. Maria Alejandra Fernandez (Argentine)
370. Luis Enrique Fervari, Activiste, Activo Internacionalista por los Derechos de los Pueblos - AIPDPL (Actif internationaliste pour les droits des peuples - AIPDPL) (Argentine)
371. Hugo Ferullo (Argentine)
372. Mabel Franzone, chercheuse (Argentine)
373. Liliana Andrea García (Argentine)
374. Ernesto Garrote (Argentine)
375. Domingo Garro, affilié à SUTeBA (Argentine)
376. Maria Fernanda Gamallo (Argentine)
377. Mónica Hidalgo (Argentine)
378. Cintia Ini, psychanalyste (Argentine)
379. Silvia Cristina Leanza, Ecosur - Ecologia cultura y educacion desde los pueblos del sur (Ecosur - Écologie, culture et éducation depuis les villages du sud) (Argentine)
380. Fidel Lerner (Argentine)
381. Marisa Lombardi, assistante sociale spécialisée dans les addictions et la violence sexiste, militante sociale (Argentine)
382. Guillermo Luchtenberg, médecin néonatologiste à la retraite (Argentine)
383. Marcos Mannucci, professeur, Université nationale de Patagonie australe - Unité académique Río Turbio (Argentine)
384. Beatriz Estela Morales, Participante, Asamblea Plaza Almagro (Assemblée Plaza Almagro), Retraitée (Argentine)
385. Lucia Mildenberger (Argentine)
386. Laura Minaker (Argentine)
387. Marcelo Montiel (Argentine)
388. Pablo Moreno (Argentine)
389. Carlos Muhn (Argentine)
390. Hugo Alberto Muñoz (Argentine)
391. José Nasser (Argentine)
392. Mirta Ochoa (Argentine)
393. Elena Peton, journaliste (Argentine)
394. Patricia Viviana Quezada, militante pour les droits humains (Argentine)
395. Maria Luisa Quercia (Argentine)
396. Stella Maris Quinteros, chef d'entreprise (Argentine)
397. Dr Juan Carlos Radovich, anthropologue/chercheur - Professeur, CONICET/UBA (Argentine)
398. Carlos Daniel Resio, Militant, Espacio Chacabuco (Misiones - Argentina) (Argentine)
399. Luis Riolobo (Argentine)
400. Beatriz Rosón, écrivaine (Argentine)
401. Digna Ruiz Diaz, Mimicha (Argentine)
402. Horacio Sada, travailleur social à la retraite (Argentine)
403. Agustín Saiz, Membre fondateur de la Bibliothèque populaire antifasciste (Argentine)
404. Pimpe Josefa Salazar (Argentine)
405. Gabriel El Sayer (Argentine)
406. Gabriel Sequeira, Coordinateur, Canto de Todos (Le chant de tous) (Argentine)
407. Yanko Silva, Integrante, Dúo Sigilos (Argentine)
408. Josefa Suárez (Argentine)
409. Claudia Tattoli (Argentine)
410. Gustavo Adrian Teres, Secrétaire adj régional Rosario Professeur, CTA A Central de Trabajadores Argentina Autonoma (Centrale des travailleurs argentins autonomes) (Argentine)
411. Raul Torres, Arditi del Popolo (Les Arditi du Peuple) (Argentine)
412. Mauricio Javier Vago (Argentine)
413. Maria Romina Valente, Integrante, Dúo Sigilos (Argentine)
414. Rita Ines Villa, enseignante à la retraite (Argentine)
415. Wilfried Hanser, Membre de Sozialistische Alternative (Alternative socialiste) (Autriche)
416. Lovely Yesmin, President, Readymade Garments Workers' Federation (Bangladesh)
417. Sarah Ungaro, membre de MOCICA (Belgique)
418. Jean-Jacques Grodent, Militant, Société civile (Belgique)
419. Jean Lazard (Belgique)
420. Marie Blairon, Militante, Gauche anticapitaliste (Belgique)
421. Sarah Bosman (Belgique)
422. Geneviève Bosman (Belgique)
423. Jean-Louis Berwart, Avocat au Barreau de Bruxelles (Belgique)
424. Mariella Caponnetto (Belgique)
425. Robert Charlier, Professeur, Université de Liège (Belgique)
426. Alain Content, Professeur honoraire, Université libre de Bruxelles (Belgique)
427. Philippe Cornet (Belgique)
428. Nicolas Dandois (Belgique)
429. Sacha Dehoux (Belgique)
430. Michèle Dehaen, Retraitée, FGTB (Belgique)
431. Diane De Marneffe (Belgique)
432. Perrine Depret (Belgique)
433. Ginette Dupont (Belgique)
434. Romina Fegatilli (Belgique)
435. Jacques Gaspers (Belgique)
436. Cora Gillet (Belgique)
437. Odette Goffard, Présidente, Asbl Pierreuse et Ailleurs (Belgique)
438. Lula Harcq, Étudiante, Université Libre de Bruxelles (Belgique)
439. Christiane Herman, citoyenne, ATTAC Liège (Belgique)
440. Mohamed Herroudi (Belgique)
441. Magali Hudlot (Belgique)
442. Arthur Jobé, Éducateur, Service accrochage scolaire (Belgique)
443. Cheyenne Jorquera, Membre, ABP/ Harpies, société civile (Belgique)
444. Valérie-Anne Lahaye (Belgique)
445. LORI Lambot, Petite main, FAL (Belgique)
446. Guy Leboutte, blogueur condrozbelgecom (Belgique)
447. Catherine Lenaers (Belgique)
448. Monique Lermusiaux, Militante pensionnée, CGSP-ALR Bruxelles (Belgique)
449. Veronique Lhoir (Belgique)
450. Julie Lombe, poétesse, care activist (Belgique)
451. Pierre Marissal, Chercheur, Université libre de Bruxelles (Belgique)
452. Mael Mathonet, Papa, dentiste et musicien (Belgique)
453. Francine Mestrum, chairperson, Global Social Justice (Belgique)
454. Yves Mulleneers (Belgique)
455. Vincent Périlleux (Belgique)
456. Maxime Perriot, CADTM (Belgique)
457. Thi Phan (Belgique)
458. Johan Proot, Bénévole, Oxfam (Belgique)
459. Michel Regnier (Belgique)
460. Daniel Rommes (Belgique)
461. Carole Savoie, Co-direction, Theatre CreaNova (Belgique)
462. Véronique Sio (Belgique)
463. Christine Tribolet (Belgique)
464. Alain Van Praet (Belgique)
465. Maximilien Van de Wiele, Militant, Artiste, Gauche Anticapitaliste (Belgique)
466. Pierre Zurstrassen (Belgique)
467. Oswaldo Rojas, Membre, Bolivia Pro Palestina (Bolivie pro-Palestine) (Bolivie)
468. Baco Vacaflores, indépendant (Bolivie)
469. Ana Paula Abreu (Brésil)
470. Jacqueline Alcântara, Militante, PT (Parti des Travailleurs) (Brésil)
471. Leonidas Cabral Albuquerque, Militante, PCdoB - RS (Parti Communiste du Brésil - Rio Grande do Sul) (Brésil)
472. Rogério Alves, Coordinateur, Secteur Science, Technologie et TIC du PT (Parti des Travailleurs) (Brésil)
473. Albertina Gonçalves Assis, Représentante syndicale, APEOESP (Syndicat des Enseignants de l'État de São Paulo) (Brésil)
474. Ana Maria Blanques, Psychologue Sociale (Brésil)
475. Silvia Helena S Borelli, Enseignante, Pontifícia Universidade Católica de São Paulo (PUC-SP) (Université Pontificale Catholique de São Paulo) (Brésil)
476. Cristina Cavalcante, Professeure Collaboratrice / Post-doctorante, Universidade Estadual de Londrina (Université d'État de Londrina) (Brésil)
477. Vânia Alves Martins Chaigar, Professeure, Universidade Federal do Rio Grande - FURG (Université Fédérale de Rio Grande) (Brésil)
478. Marli Conzatti, Militante organique, Partido dos Trabalhadores POA (Parti des Travailleurs Porto Alegre) (Brésil)
479. Emanuel Schmidt Corrêa, Trésorier, Associação Mães e pais pela democracia - AMPD (Association Mères et pères pour la démocratie) (Brésil)
480. Diéssica Da Costa Pires (Brésil)
481. Marcelo Dantas, Militant, Movimento Policiais Antirracistas (Mouvement Police Antiraciste) (Brésil)
482. Atilio Dengo (Brésil)
483. Teresa de Jesus Reckziegel de Lucena, Conseillère, Coletivo Planta Sonhos (Collectif Planta Sonhos) (Brésil)
484. Vinicius Eckert, PT (Parti des Travailleurs) (Brésil)
485. Roger Sauandaj Elias, Directeur des affaires de la carrière enseignante de l'EBTT à l'ADUFRGS Sindical (Syndicat des Enseignants de l'Université Fédérale du Rio Grande do Sul) (Brésil)
486. Amyra El Khalili, Fondatrice/Éditrice, Movimento Mulheres pela Paz na Palestina (Mouvement Femmes pour la Paix en Palestine) (Brésil)
487. Rafael Brum Ferretti, Président, Associação das Feiras Unidas (Association des Foires Unies) (Brésil)
488. Chirlei Werkhausen Fischer, Responsable Légale, Conseil Directeur de l'Associação Estadual Carlos Dorneles (Association d'État Carlos Dorneles) (Brésil)
489. Gabriel Galli, Secrétaire LGBT du PT Porto Alegre, Secrétariat LGBT PT POA (Parti des Travailleurs Porto Alegre) (Brésil)
490. Alain Geffrouais, MES/PSOL/Emancipa (Mouvement de Gauche Socialiste/Parti Socialisme et Liberté/Emancipa) (Brésil)
491. Luciano Giambastiani (Brésil)
492. Marcelo Giordan Santos, Professeur, Universidade de São Paulo (Université de São Paulo) (Brésil)
493. Alexandre Guedes, Président, Sindicato dos Artistas e Técnicos de Espetáculos de Diversões - SATED/PB, Artiste, Avocat, Philosophe et Éducateur (Syndicat des Artistes et Techniciens du Spectacle) (Brésil)
494. Maria Helena Guimarães Pereira, Professionnelle Indépendante, Journaliste (Brésil)
495. Jurema Louzada Alves Ju, Coordination, UNMP (Union Nationale des Femmes du Peuple) (Brésil)
496. Roberto Antonio Liebgott Liebgott, Représentant au Rio Grande do Sul - Cimi Sul, Conselho Indigenista Missionário (Conseil Missionnaire Indigéniste) (Brésil)
497. Ricardo Lucena, Professeur d'université, Coordinateur, Liga Andarilha (Ligue Errante) (Brésil)
498. Ligia Bernardo Machado, Activiste, Debt for Climate (Dette pour le Climat) (Brésil)
499. Cristiane Machado Marques, Militante, MES PSOL (Mouvement pour une Socialisme/Parti Socialisme et Liberté) (Brésil)
500. Naida Celi Dos Santos Machado (Brésil)
501. Luíza Maffei, Étudiante, militante de gauche, mouvement social (Brésil)
502. Silvia Helena Marchesan, Agente Municipale Retraitée (Brésil)
503. Francisca Maria De Farias Martins, Membre, Coletivo de mulheres (Collectif de femmes) (Brésil)
504. Eber Marzulo, Coordinateur, Professeur Universidade Federal do Rio Grande do Sul, Groupe de Recherche Identité et Territoire (Université Fédérale du Rio Grande do Sul) (Brésil)
505. Eremi Fátima Da Silva Melo, UISMM (Union Internationale des Syndicats des Métallurgistes) (Brésil)
506. Luiz Müller, Coordinateur, REDE SOBERANIA, Blogueiro (RÉSEAU SOUVERAINETÉ) (Brésil)
507. Jussara Nascimento de Oliveira, Productrice Culturelle, Coletivo Rede Maria Bueno (Collectif Réseau Maria Bueno) (Brésil)
508. Giovani Oliveira, Attaché Parlementaire, Assembleia Legislativa / RS (Assemblée Législative / Rio Grande do Sul) (Brésil)
509. Michele Fernandes de Oliveira, Dirigeante syndicale, Sindicato dos Empregados do Comércio (Syndicat des Employés du Commerce) (Brésil)
510. Celso Toscano Paz, Historien, Professeur et Gestionnaire Public (Brésil)
511. Luiz Claudio Portinho Dias, éditeur, Voz Trabalhadora (Voix Travailleuse) (Brésil)
512. João Carlos Prytoluk, Président du PT à Cidreira/RS, Partido dos Trabalhadores (Parti des Travailleurs) (Brésil)
513. Zé Reis, membre du Directoire, Partido dos Trabalhadores (Parti des Travailleurs) (Brésil)
514. Jann Ribeiro, Président, Ponto de Cultura Flor do Mato (Point de Culture Fleur du Maquis) (Brésil)
515. Carlos Roberto Castro de Jesus Roberto, Directeur, Sepe-RJ (Syndicat des Enseignants Publics de Rio de Janeiro) (Brésil)
516. João Evangel Rosa, Militant, Partido dos trabalhadores (Parti des Travailleurs) (Brésil)
517. Juliano Roso, Président, IDC Instituto Democracia e Cidadania (Institut Démocratie et Citoyenneté) (Brésil)
518. Glaura Pinheiro Rufilo, Avocate bénévole et Activiste pour les Droits Humains, Me Too (Me Too) (Brésil)
519. Sérgio Sant'Anna, Vice-président de la Commission de Droit de l'Intégration, Instituto dos Advogados Brasileiros - IAB (Institut des Avocats Brésiliens) (Brésil)
520. Gabriela Sarmet, Coordinatrice, cosmopolíticas (cosmopolitiques) (Brésil)
521. Jose Henrique Schwengber, Coordinateur Général, SOS VIAMÃO (SOS VIAMÃO) (Brésil)
522. Danilo Serafim, professeur, coordination TLS/MES (Travail, Socialisme et Liberté / Mouvement pour une Socialisme) (Brésil)
523. Prof Dora silva, Directoire d'État, APEOESP (Syndicat des Enseignants de l'État de São Paulo), TLS (Travail, Socialisme et Liberté) (Brésil)
524. Jurandir Silva, Direction d'État RS, MES PSOL (Mouvement pour une Socialisme/Parti Socialisme et Liberté) (Brésil)
525. Rodrigo Nickel, Coordinateur National, Rede Emancipa Movimento Social de Educação Popular, Militant du MES/PSOL (Réseau Emancipa Mouvement Social d'Éducation Populaire) (Brésil)
526. Sara Soares, Organisatrice, Feira Bella Ciao (Foire Bella Ciao) (Brésil)
527. Etevaldo Souza Teixeira, Secrétariat aux Finances, PSOL/RS (Parti Socialisme et Liberté/Rio Grande do Sul) (Brésil)
528. Roberto Torres Collazo, Éditeur du collectif de la revue Cambio Social (Changement Social) (Brésil)
529. Marcus Vianna, Membre de la Coordination Nationale, Rede Emancipa de Educação Popular (Réseau Emancipa d'Éducation Populaire) (Brésil)
530. Cristina Gross Villanova, Avocate, Coordinatrice, Comitê Estadual Contra a Tortura RS (Comité d'État Contre la Torture RS) (Brésil)
531. Joseph Thiombiano, Président, CBOP (Burkina Faso)
532. Oscar Medrano (Canada)
533. William Oates (Canada)
534. François Perron, Militant, FSSS CSN (Fédération de la santé et des services sociaux - Confédération des syndicats nationaux) (Canada)
535. Anton Burgués, Bénévole associatif, Supercoopera (Supercoopéra) (Catalogne)
536. Feliu Madaula Canadell, Équipe de gestion, Supercoopera (Supercoopéra) (Catalogne)
537. Jordi Panyella Carbonell, Éditeur, Pol·len edicions (Éditions Pol·len) (Catalogne)
538. Antoni Soy Casals, Professeur d'Économie Appliquée retraité, Universitat de Barcelona (Université de Barcelone) (Catalogne)
539. Jose Luis Negreira, Enseignant (Catalogne)
540. Jaime Caupolicán Peñaloza Carrasco, Autogestión, Independiente Chile (Autogestion, Indépendant Chili) (Chili)
541. Alba Granada north africa sinia benigassan, activiste anti-impérialiste, bureau d'information Alba Granada north africa (Bureau d'information Alba Granada Afrique du Nord) (Chili)
542. Patricia Jerez, Écrivaine (Chili)
543. David Escobar, Représentant des Enseignants, Sintraunicol - Univalle (Syndicat des Travailleurs de l'Université du Cauca - Université de la Vallée) (Colombie)
544. Danuil Antonio Gomez Padilla, Représentant légal, Grup GN SAS (Groupe GN SAS) (Colombie)
545. Darío González P, Chercheur, INDEPAZ (Colombie)
546. Oswaldo Guayasamín, Directeur, Fundación Desde Abajo (Fondation Par le Bas) (Colombie)
547. Marcela Lemarie, Art, Indépendante (Colombie)
548. León Martínez Arrieta, Coordinatrice Progressiste de l'Atlantique (Coordinatrice Progressiste de l'Atlantique) (Colombie)
549. Alejandro Quintero Galeano, Membre actif, Asmedas (Association des Médecins du Valle del Cauca) (Colombie)
550. César Torres (Colombie)
551. Anne-Laure Cristofari, A Manca (A Manca) (Corse)
552. Valérie Letondor, Adhérente, Corsica Palestina (Corsica Palestina) (Corse)
553. Amparo Diaz (Costa Rica)

Une guerre qui a dépassé les frontières de l’Iran

24 mars, par Houshang Sepehr — , , , ,
La guerre dévastatrice menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique d'Iran s'est transformée en une crise transrégionale, voire mondiale. Elle a non (…)

La guerre dévastatrice menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique d'Iran s'est transformée en une crise transrégionale, voire mondiale. Elle a non seulement frappé les infrastructures iraniennes et bouleversé la vie de plus de quatre-vingt-dix millions de personnes, mais elle a aussi mis en péril le marché mondial de l'énergie et la sécurité maritime, tout en exacerbant les tensions au sein de l'OTAN et bouleversé le statu quo politique mondial.

Tiré d'Europe solidaire sans frontière.

Le gouvernement américain se trouve dans une situation délicate. Engagé dans une guerre lui ayant coûté un milliard de dollars par jour il ne peut s'en retirer facilement, car il n'est pas en mesure de claironner qu'il a remporté une « victoire ». Pour Washington, tout retrait sans résultat tangible serait perçu comme une défaite politique. Et plus le conflit se prolonge, plus le coût d'une sortie de guerre devient élevé. De son côté, le régime iranien se bat pour sa « survie ».

Cette dynamique rend le conflit plus long, plus coûteux et plus dangereux.

Parmi toutes les conséquences de ce conflit, la crise provoquée par la fermeture du détroit d'Ormuz est sans doute le fait le plus marquant à l'échelle mondiale. Ce passage maritime constitue en effet l'une des artères principales du transit énergétique mondial. Toute perturbation majeure n'affecte pas seulement l'Iran, les pays du Golfe ou les États-Unis, mais provoque également un choc pour l'économie mondiale.

Lorsque le pétrole et le gaz de la région sont bloqués ou restreints dans le détroit d'Ormuz, les premiers effets se font immédiatement sentir sur les marchés mondiaux : le prix du pétrole grimpe, les coûts de transport augmentent, les assurances maritimes se renchérissent et l'inflation progresse partout. Les grandes industries en Europe et en Asie voient leurs dépenses énergétiques s'envoler. Au final, ce sont des millions de travailleurs/euses et de consommateurs/trices à travers le monde qui portent le fardeau de cette crise.

La fermeture du détroit d'Ormuz ne se contente pas de perturber le secteur énergétique : elle désorganise en profondeur le commerce mondial. En Afrique, les conséquences sont immédiates, frappant de plein fouet les marchés agricoles et alimentaires, déjà sous pression en raison des blocages dans l'approvisionnement en engrais et en céréales.

Pour les États-Unis, cette crise est devenue une véritable impasse politique et militaire. Tant que le pétrole du Golfe persique reste bloqué, Washington ne peut pas, même s'il le souhaitait, annoncer facilement la fin de la guerre. Le maintien de l'ouverture du détroit d'Ormuz est en effet devenu un élément central de ce que les Américains présenteraient comme un « succès » dans ce conflit.

Des rapports publiés les 17 et 18 mars montrent par ailleurs que la forte hausse des prix de l'énergie a renforcé la pression politique sur les États-Unis, y compris à l'intérieur même du pays.

Une autre dimension cruciale de cette guerre est l'aggravation des divisions au sein de l'OTAN. Washington a demandé à ses alliés européens de participer à la constitution d'une force navale commune pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Plusieurs pays européens ont cependant refusé cette requête.

Donald Trump a lui-même vivement critiqué cette attitude, qualifiant l'OTAN de « rue à sens unique » : selon lui, les États-Unis financent cette alliance pour assurer la protection des pays membre, sans recevoir en retour l'aide attendue lorsque le besoin se fait sentir.

Cette réaction traduit une fracture plus profonde. Depuis plus d'un an, Donald Trump a fragilisé les relations des États-Unis avec de nombreux alliés traditionnels à coups de droits de douane, de menaces et de déclarations méprisantes. À certains moments, il a même envisagé de prendre le contrôle du Groenland, territoire danois relevant de l'Union européenne.

Dans ce contexte, il est naturel que les gouvernements européens accueillent l'appel de Trump avec scepticisme. Ils savent qu'une implication plus directe dans ce conflit pourrait également entraîner l'Europe dans une crise à l'issue incertaine.

Ainsi, la guerre contre la République islamique n'a pas seulement embrasé le Moyen-Orient , elle a également fragilisé la cohésion des pays occidentaux. Cette question est cruciale pour l'avenir de l'OTAN : si les États-Unis ne parviennent pas à rallier leurs alliés à un moment aussi critique, leur prétention au leadership mondial en sortira affaiblie.

Les répercussions mondiales de cette guerre ne se limitent pas au pétrole, ni à l'OTAN. Cette crise risque également d'exacerber simultanément plusieurs dynamiques dangereuses.

• Premièrement, elle intensifie la rivalité entre les grandes puissances. Chaque crise majeure au Moyen-Orient crée à la fois des opportunités et des menaces pour la Russie et la Chine : elles tirent parti de l'affaiblissement de la position américaine tout en subissant les conséquences de l'instabilité du marché mondial de l'énergie.

• Deuxièmement, ce conflit peut favoriser de nouvelles dynamiques de militarisation à l'échelle mondiale. Lorsque le langage des missiles et des bombardiers prend le pas sur la diplomatie, il crée un précédent dangereux pour d'autres conflits.

• Troisièmement, le monde est confronté à une nouvelle vague d'instabilité économique. La hausse des prix de l'énergie ne se limite pas à l'essence et au diesel : elle entraîne une série de hausses dans les secteurs du transport, de la production, de l'alimentation et des services. Comme toujours, ce sont principalement les classes populaires qui en portent le fardeau.

Malgré tout, l'enjeu principal se situe au cœur même de l'Iran. Depuis des années, les peuples d'Iran ne supportent plus la République islamique : corruption, répression, injustice, discrimination, pauvreté et absence de perspectives sont autant de réalités incontestables.

Cependant, la guerre complique le comportement de la société. Sous la pression des missiles, des explosions, des déplacements forcés et de la peur, les populations ne s'engagent pas dans des affrontements de rue généralisés contre le régime. En temps de conflit, la priorité de nombreuses familles est de survivre : protéger leurs enfants, trouver des médicaments, du pain, de l'eau et un abri. Cette situation peut temporairement freiner les tensions sociales, mais elle ne les éteint pas.

Il est crucial de souligner une vérité : le sort final de la République islamique ne sera pas décidé par les bombardiers, ni par les missiles. Si le régime survit aux attaques extérieures, cela ne garantira en rien sa pérennité à long terme. Au contraire, une fois les flammes de la guerre éteinte, la société iranienne se retrouvera de nouveau confrontée à l'ensemble de ses contradictions accumulées. Les mécontentements, qui se sont exprimés pendant des années à travers grèves, manifestations, soulèvements et résistances quotidiennes, réapparaîtront tôt ou tard.

La véritable libération des peuples d'Iran face à la tyrannie, à la pauvreté, aux inégalités et à l'injustice repose entièrement entre ses mains. La guerre peut certes bouleverser l'équilibre des forces, affaiblir le régime ou le rendre plus brutal, mais elle n'apporte pas la liberté en cadeau.

La liberté, l'égalité et l'émancipation sociale ne peuvent être conquises que par l'action consciente et organisée des peuples eux-mêmes, dans une lutte qui reprendra une fois le fracas des missiles et des bombes retombé, au cœur même de la société.

Houshang Sepehr

Les enfants : les sacrifiés de la bêtise humaine

24 mars, par Gaétan Roberge — ,
« La guerre n'a pas de sens pour les enfants. D'abord ils ont peur, puis ils s'habituent. C'est quand ils s'habituent que ça devient inhumain. » J.M.G. Le Clézio L'enfance (…)

« La guerre n'a pas de sens pour les enfants. D'abord ils ont peur, puis ils s'habituent. C'est quand ils s'habituent que ça devient inhumain. » J.M.G. Le Clézio

L'enfance abandonnée

La première résolution sur les enfants et les conflits armés, adoptée en 1999 par l'ONU, a identifié six violations graves qui touchent le plus les enfants en temps de guerre.

1- Les meurtres et les mutilations d'enfants.
2- Le recrutement et l'utilisation d'enfants par des forces et des groupes armés – des conflits en Afrique, en Amérique Latine et en Asie
3- Les viols et autres violences sexuelles sur les enfants – comme armes et prises de guerre
4- Les enlèvements d'enfants – les 20 000 enfants ukrainiens arrachés de force à leurs parents et déportés en Russie pour « rééducation »
5- Les attaques contre les écoles et les hôpitaux – perpétrées par Israël à Gaza et récemment dans une école à Minab en Iran où 150 enfants innocents ont été tués par un missile Tomahawk ; frappe d'abord niée par les États-Unis et faussement attribuée à l'Iran –. 6- Et le refus de laisser les enfants accéder à l'aide humanitaire – Israël n'a jamais cessé de le faire dans la bande de Gaza.

Ce à quoi les 193 États membres de l'ONU ne se sont pas réellement opposé. Certes, ils ont dénoncé et paraphé des résolutions condamnant ces crimes, mais suite aux appels à l'aide et à la catastrophe humanitaire, de véritables actions auraient dû être entreprises pour contrer les opérations génocidaires du gouvernement Netanyahou

« Les enfants doivent êtres très indulgents envers les grandes personnes. » Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry

L'enfance sacrifiée

L'UNICEF nous apprend que plus de 50 000 enfants ont été tués ou blessés dans la bande de Gaza depuis octobre 2023. Selon une étude publiée par la revue The Lancet, en 2025, 54 600 enfants palestiniens seraient atteints de malnutrition aiguë, soit près d'en enfant sur six. Et dans cette étude, les chercheurs affirment : « Les enfants de la bande de Gaza sont gravement malnutris, une réalité qui affectera leur santé future et leur développement pendant plusieurs générations ». Une autre étude, celle de Save The Children, en 2022, affirme qu'environ 452 millions d'enfants – soit un enfant sur six de la planète – vivent dans des zones touchées par des conflits. Et selon le Secrétariat général des Nations-Unies : « Les impacts des conflits sur les enfants sont multiples et ont des conséquences à long terme au-delà de la durée du conflit armé. Lorsque les enfants sont exposés à un conflit armé, que l'accès à l'aide humanitaire leur est refusé, qu'ils sont déplacés de leur foyer et de leur famille et qu'ils ne peuvent accéder à une éducation, les ramifications ont un impact sur l'enfant à titre individuel et, parallèlement, sur le développement de la croissance économique, tout en perpétuant les cycles d'insécurité et de violence ».

« Ce n'est pas la souffrance de l'enfant qui est révoltante en elle-même, mais le fait que cette souffrance ne soit pas justifiée. » Albert Camus

Notre monde tue l'enfance

Les enfants ne sont ni des adultes ni des soldats et n'ont jamais déclaré la guerre à qui que ce soit. Les pertes humaines pendant la guerre à Gaza depuis 2023 sont évaluées à plus de 73 000 personnes tuées, dont au moins 21 500 enfants ; et à plus de 183 000 blessés, dont plus de 46 500 enfants et 14 000 personnes considérées comme disparues sous les décombres. Pour ajouter à ce drame, environ 1,9 million de personnes ont été déplacées à l'intérieur de la bande de Gaza. Une commission d'enquête de l'ONU a bel et bien confirmé qu'Israël a commis un génocide à Gaza. Selon l'UNICEF, 149 millions d'enfants dans le monde souffrent de malnutrition chronique et 200 millions d'enfants de moins de 5 ans souffrent de pauvreté alimentaire. Près de 14 millions d'enfants souffrent de malnutrition ou d'insécurité alimentaire au pays MAGAné. (Au non-pays du Québec, la situation n'est guère mieux puisque 200 000 enfants souffrent d'insécurité alimentaire et plus de 1,8 million au Canada.)

« Rien ne révèle mieux l'âme d'une société que la façon dont elle traite ses enfants. » Nelson Mandela


Notre monde vire à tribord

Pendant le même temps, la fortune du Citizen T s'est appréciée de 2, 8 milliards de dollars, sans compter qu'il ait accepté en cadeau un Boeing 747 de luxe évalué à 400 millions. Mister Narcissistic contemple son effigie « photoshopée » et son NOM inscrits en capitales au frontispice d'édifices publics. Il lèche la médaille et le trophée de l'absurde Prix de la paix de la FIFA. Il vante à tout vent les dorures et ornements de son bureau ovale dans lequel trône son Resolute desk sur lequel on n'y aperçoit jamais aucun livre, – d'ailleurs il ne lit pas de livres – document ou ordinateur, sauf un téléphone et à l'occasion des piles de décrets présidentiels … Il s'est offert une salle de bal à 420 millions de dollars, une gracieuseté – en échange de retours d'ascenseur – des ploutocrates de la finance, de l'immobilier et de l'industrie et de la coterie des seigneurs de la tech. Ce psychopathe aux relents fascistes, fossoyeur du droit et de l'équilibre international et pyromane de la Constitution américaine dilapide un milliard de dollars par jour appartenant au peuple états-unien afin de décimer des populations civiles innocentes en Iran, tuer des enfants sans défense et semer le chaos et des champs de ruines, la terreur et surtout la colère. La sombre vérité c'est que lui-même et ses amis autocrates à l'esprit belliqueux ne vivent pas toujours dans le monde réel. Ils évoluent plutôt aux frontières fantasmagoriques d'une réalité virtuelle à l'image de jeux vidéo de guerre. Cela les amène à considérer les sévices et traumatismes vécus par des enfants comme de simples « dommages collatéraux » inévitables, effaçables et assimilables à des effets spéciaux faisant partie intégrante d'une trame de jeux de guerre … D'ailleurs, a-t-on déjà entendu les Netanyahou, Poutine ou Trump exprimer la moindre émotion, ressentir de la douleur ou évoquer un soupçon de regret concernant les enfants blessés ou tués lors de conflits dans le monde ? Ce « TACO » (acronyme de Trump Always Chicken Out – « Trump se dégonfle toujours ») confond moralité avec « moronité » et déclare sans ambages se servir de ses « tripes » pour exercer son jugement – méchant bad trip au fentanyl … – Ce despote carburant aux inepties, à l'arrogance et à la terreur entend sanctionner toutes les nations et régenter un nouvel ordre mondial. Pourtant, il n'a réussi jusqu'à maintenant qu'à gazer les faits et la vérité pour oxygéner ses lubies et ses mensonges, instaurer un régime technofasciste, affaiblir l'État de droit, réprimer son propre peuple, partir en guerre, semer le chaos et tuer des vies humaines. Et dire qu'il voulait le Prix Nobel de la paix …

La genèse du fascisme : « D'abord, ils fascinent les imbéciles. Ensuite, ils musèlent les intelligents. » Bertrand Russel

Notre monde s'en va en guerre contre la paix

Ces prédateurs ne veulent pas répartir la richesse et affronter les défis de la paix. Ils préfèrent plutôt s'en aller en guerre afin de conforter leur royaume et leurs privilèges d'autocrates et assurer la survie d'un ultracapitalisme aux tendances technofascisantes. Et qu'importe le prix humain à payer, même celui de la paix et de la liberté … Non seulement la planète est-elle confrontée à une crise écologique majeure et destructrice, mais en plus, notre monde obsédé par les quêtes de pouvoir, d'enrichissement, de croissance sans fin et bouleversé par des conflits idéologiques, politiques, économiques et militaires, vient à nouveau de s'engager dans une course effrénée et périlleuse à l'armement. Les dépenses militaires américaines, en 2026, sont de l'ordre de 997 milliards de dollars, celles de la Chine de 282 milliards, de la Russie de 392 milliards et celles de l'Union Européenne de 381 milliards d'euros (435 milliards de dollars). Quant au Canada, il investira 150 milliards de dollars pour la défense – i.e. la guerre – d'ici 2035. Ainsi, après moult courbettes et salamalecs, de pauvres pays en manque de boussole et pris de panique se laissent naïvement et honteusement imposer une nouvelle doctrine pour la conduite des nations : « Mieux vaut un missile de guerre, qu'une missive de paix ».

Selon Oxfam France, 35,7 milliards de dollars des dépenses militaires annuelles agrégées des pays membres du G7 pourraient permettre de stopper la faim dans le monde et résoudre la crise de la dette dans le Sud …

Sauvons l'enfance

N'oublions jamais qu'à chaque instant où nous tuons un enfant ou le laissons mourir de désespoir, de faim, de maladie ou de la guerre, que nous violons sa sœur, torturons son père, ou que nous abattons lâchement sa mère d'une rafale d'AK-47 et que des familles entières sont inutilement décimées sous des attaques de drones ; c'est en définitive l'humanité que l'on vient impitoyablement d'assassiner. Ainsi, la vie perd alors tout son sens, son sang et sa dignité et l'univers entier plonge dans les fosses abyssales du néant. Le néant, non seulement celui des ténèbres qui empeste la mort, mais celui des petites et innocentes victimes opprimées et sacrifiées sur l'autel de la bêtise humaine. Nous parlons de cet injuste et cruel néant peuplé d'enfants rescapés de la mort, esseulés, aux corps mutilés, écorchés vifs et profondément tailladés au cœur. Des enfants torturés jusqu'aux racines de leur esprit et pour le reste de leur existence mortellement minés dans l'âme par l'incompréhension, la colère et la haine. Des enfants qui deviennent des sortes d'épaves à la dérive sans gouvernail et sans port d'attache. Ainsi, martyriser et assassiner des enfants, ces oubliés et sacrifiés de la terre, représente le plus abject des crimes. Tandis que sauver cette enfance avec ses élans de joie, son innocence, son sens de l'émerveillement et de la créativité et sa promesse d'humanité symbolise la plus noble et essentielle des missions ; car nos enfants représentent la résurrection perpétuelle du Genre humain et du renouveau de la civilisation. Soyons solidaires les uns des autres, taisons les canons, séchons leurs pleurs, pansons leurs plaies, pensons un avenir meilleur pour eux et surtout, aimons-les et célébrons la vie !

« Les enfants ne déclenchent pas les guerres et ne peuvent pas y mettre fin, mais ils en paient toujours le prix le plus élevé. » Catherine Russel, directrice générale de l'UNICEF

P.S. Ce ne serait que justice si Netanyahou et Poutine étaient jugés et emprisonnés pour leurs crimes. Quant à « El Chaos », on devrait lui aménager une cellule avec vue sur celle d'El Chapo dans l'aile Est du centre de détention du Colorado surnommé ironiquement « l'Alcatraz des Rocheuses ». Vêtu d'une combinaison orange made in China, privé de téléphone, donc privé de son réseau Truth Social et pour pitance des rations de Big Macs. Le tout sur fond musical, non pas du heavy metal comme à Guantanamo, mais plutôt les lamentations d'enfants criant à l'aide et souffrant de douleur avant de mourir sacrifiés sous les décombres de la bêtise humaine.

Gaétan Roberge
Père de deux filles et grand-père d'un petit-fils

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Près de 400 millions de francophones dans le monde en 2026

24 mars, par Michel Gourd — ,
Il devrait y avoir 590 millions de francophones sur la planète en 2050, selon un nouveau rapport de l'OIF qui utilise cependant de nouvelles méthodes d'évaluation. Juste (…)

Il devrait y avoir 590 millions de francophones sur la planète en 2050, selon un nouveau rapport de l'OIF qui utilise cependant de nouvelles méthodes d'évaluation.

Juste avant la journée internationale de la francophonie le 20 mars, l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a rendu publique le 16 mars sa sixième édition du rapport La langue française dans le monde. Il place le français à la deuxième position des langues étrangères les plus apprises sur la planète, avec 170 millions d'étudiants. Ses 396 millions de locuteurs parleraient la troisième langue des affaires, la quatrième sur l'Internet et la plus utilisée, après l'anglais, le mandarin et l'espagnol. Si actuellement 65 % des francophones sont africains, ils devraient être 90 % des 590 millions estimés en 2050. Pour en arriver à ce résultat, l'OIF aurait cependant élargi sa définition de la francophonie pour y inclure les locuteurs de 6 à 9 ans scolarisés en français. Cette méthode devrait aussi être élargie aux enfants du préscolaire dans son édition de 2030. La comparaison avec les chiffres des cinq précédents rapports serait donc hasardeuse. L'OIF considère que l'estimation de la population francophone est un exercice délicat qui nécessite de prendre en compte les contextes éducatifs et sociolinguistiques propres à chaque pays.

Francophonie économique

Ce rapport décrit aussi une période ou l'angle économique de la Francophonie a été particulièrement mis de l'avant par l'OIF. Sur cinq continents, l'espace économique francophone représenterait une population de 1,2 milliard de personnes. Selon les données de l'organisme, un pays dans espace francophone aurait en moyenne 17 % plus d'échanges commerciaux avec d'autres États membres, ce qui augmenterait en moyenne de 6 % son PIB par habitant. Pour développer cet angle, l'OIF a établi des liens avec le Réseau international des agences francophones de promotion des investissements, l'Alliance des patronats francophones, la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones et le Forum francophone des affaires.

Dans cette ligne de pensée, la série des missions économiques de la Francophonie qui a débuté en 2022 vise le développement des liens internationaux et cherche à montrer les attraits des pays membres aux investissements étrangers. Plus de 2 000 entreprises d'une trentaine d'États membres ont été invitées au Bénin, au Cambodge, au Gabon, au Liban, au Québec, au Rwanda, en Roumanie et au Vietnam ou ont eu lieu plus de 5 000 rendez-vous d'affaires pendant ces rencontres. L'OIF a aussi lancé en 2025 la plateforme Entreprises en Francophonie pour offrir tout au long de l'année un espace où les entrepreneurs peuvent s'informer, se former, créer des liens et même avoir du mentorat.

Selon l'OIF, dans le monde des affaires, la langue française agirait comme levier d'intégration entre les acteurs économiques et faciliterait les échanges commerciaux en réduisant les coûts de transaction entre l'Europe, l'Afrique et l'Amérique du Nord. La migration économique s'appuierait souvent sur la langue et les pays à population vieillissante rechercheraient des travailleurs qualifiés dans l'éducation et la santé ou la maîtrise du français deviendrait importante.

Une autre évaluation encore plus optimiste

Le Cercle d'étude et de réflexion sur le monde francophone (CERMF) considère pour sa part que les critères de l'OIF sont trop restrictifs et que la population du monde francophone serait beaucoup plus élevée, soit aux environs de 602 millions d'habitants au début de 2026. Cette importante différence viendrait du fait que le CERMF comptabilise plus que les personnes maîtrisant parfaitement la langue, et inclurait la majorité des habitants des pays où on peut vivre en français au quotidien. Ce serait une hausse de plus de 12 millions de personnes par rapport aux évaluations de 2025. Comme l'OIF, le CERMF met le continent africain au cœur de cette progression, considérant que les 25 pays de l'Afrique francophone dépasseraient les 500 millions d'habitants, ce qui représenterait plus de 80 % de la population des régions francophones mondiale. Avec une stabilité macroéconomique et une progression globale de 4,9 %, l'Afrique subsaharienne francophone est vue comme le moteur de la croissance du continent comparée aux autres pays qui n'ont qu'un taux de 3,4 %. L'Afrique francophone aurait le niveau d'industrialisation le plus élevé du continent. Elle réunirait des sociétés plus égalitaires et moins corrompues que la moyenne des pays africains.

Investir en français en Afrique

Pour optimiser le potentiel de la francophonie, le document met de l'avant une vision dite régénératrice faisant la promotion de la solidarité entre les peuples, la réconciliation, la paix, valoriserait la diversité linguistique, contribuerait à la valorisation des langues locales et favoriserait la diversité. Être francophone en 2050, ce serait participer à une langue commune, vecteur d'une citoyenneté éthique et humaniste mondiale.

La survie du français dépendrait donc des investissements pour faire la promotion de cette langue en Afrique et de la capacité des pays de la Francophonie à s'imposer dans l'univers du numérique et de l'intelligence artificielle. En ce sens, l'OIF chercherait à augmenter la visibilité des sites francophones sur Internet. Seulement 3,5 % des contenus qui s'y trouveraient seraient en français, peu de choses comparées aux 24 % anglophones. Selon la secrétaire générale de l'OIF, Louise Mushikiwabo, Plus qu'ailleurs, ce serait dans les écoles d'Afrique que se jouerait l'avenir de la francophonie. Le poète et premier président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, pensait que les peuples africains pouvaient considérer la langue française comme étant africaine. Toutes les prévisions actuelles confirment cette vision qui devrait être appuyée et renforcée par tous les pays de la francophonie pour leur propre bien et développement.

Michel Gourd

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Le travail reproductif comme enjeu stratégique

24 mars, par Fanny Gallot, Hugo Harari-Kermadec — , ,
On redécouvre depuis quelques années ce fait simple que la domination du capital ne s'arrête pas aux portes des entreprises et que, sans travail reproductif, l'économie (…)

On redécouvre depuis quelques années ce fait simple que la domination du capital ne s'arrête pas aux portes des entreprises et que, sans travail reproductif, l'économie capitaliste cesserait de fonctionner. Mais a-t-on suffisamment saisi cette dimension comme un enjeu stratégique fondamental pour une gauche aspirant à rompre avec le capitalisme ?

11 mars 2026 | tiré de contretemps.eu
https://www.contretemps.eu/au-coeur-du-capital

Dans Le cœur du Capital. Ces travailleuses de l'ombre qui font tourner le monde (Université Paris Cité Éditions, 2026), Fanny Gallot et Hugo Harari-Kermadec se penchent sur les femmes peu visibles, peu considérées, mal rémunérées, qui effectuent le travail de reproduction de la société, et sans qui il n'y aurait ni force de travail, ni d'économie ; bref, ces femmes qui constituent le « cœur » du capital.

En croisant féminismes, économie et luttes sociales, le livre, écrit pour un large public, envisage les enjeux théoriques et stratégiques du travail reproductif. Nous en publions ici un extrait. Des rencontres autour du livre sont d'ores et déjà prévues. On pourra prolonger cette lecture avec les dossiers de Contretemps : « Défaire le genre, refaire le féminisme » et « Féminisme et théories de la reproduction sociale »

Chapitre 3 : La reproduction en grève ! Lutter depuis le travail reproductif pour repenser le monde ?

Institutionnaliser le travail reproductif

Dire qu'une tâche, notamment domestique, est un travail, c'est avant tout souligner qu'elle est utile à quelqu'un d'autre que celui qui la réalise. C'est ce qu'affirme Delphy, dans L'ennemi principal : « Selon nous, seuls peuvent être appelés travail gratuit [en fait, travail tout court] les services fournis à autrui. » C'est bien la préparation d'un repas par une femme pour son conjoint et ses enfants qui constitue un travail, pas celui qu'elle préparerait pour elle-même si elle vivait seule. En préparant le repas, elle dégage du temps à son conjoint, qui est donc disponible pour travailler ou se reposer. Mais si elle le prépare pour elle-même, elle ne dégage aucun temps pour personne.

Le travail reproductif sous sa forme domestique est bien un travail parce qu'il est réalisé pour quelqu'un d'autre. Mais pas n'importe qui : il n'est réalisé que pour les membres de la famille (mari, enfants). En ce sens, ce travail demeure lié aux personnes pour les­quelles il est accompli : il n'est ni séparé de la relation familiale ni transformé en objet ou en marchandise. C'est dans une certaine mesure toujours vrai pour les activités qui demandent de prendre soin d'autrui, qui engagent un rapport interpersonnel direct. Mais ce travail reproductif domestique, non rémunéré, ne peut pas être effectué dans son organisation actuelle à grande échelle, au-delà du cercle familial.

C'est très différent pour le travail reproductif rémunéré : les enseignantes, les aides-soignantes, ou les femmes de ménage produisent du travail reproductif pour des personnes sans entretenir de relations interpersonnelles au préalable avec elles, donc à une échelle plus large que le cercle familial. Cela participe à déconnecter ces tâches de leur dimension personnelle, et cette dépersonnalisation du travail rémunéré sous le capitalisme est partie prenante du mal-être au travail (perte de sens, aliénation). Or, cette déconnexion est une condition nécessaire : si l'on souhaite reconnaître une valeur économique au travail reproductif domestique dans le cadre familial et lui accorder une rémunération, cela veut dire qu'il devient échangeable contre tout autre type de travail rémunéré. Il doit être suffisamment abstrait, social, pour que le produit de ce travail puisse être échangeable contre de l'argent, comme le travail dans le secteur marchand (lors d'un achat) ou dans les services publics (impôts). C'est d'ailleurs un point qui fait débat entre les courants féministes marxistes : comment se produirait l'objectification du travail domestique ? Comment la préparation d'un repas pour sa famille ou le fait d'aller faire les courses pourrait-il être rendu comparable à tout travail dans le secteur marchand ? Combien de repas faudrait-il préparer pour produire autant de valeur qu'une fournée de baguettes du boulanger ou deux iPhones ? Le marché et les institutions de la fonction publique assurent ce processus d'abstraction et de valorisation, c'est-à-dire d'organisation et de mise en équivalence du travail à l'échelle de la société, mais cela n'existe pas pour l'instant pour le travail domestique.

Pour aller plus loin | Pour la grève féministe !

Il faudrait alors institutionnaliser ce travail, c'est-à-dire lui donner une forme symbolique et une organisation suffisamment générale pour être com­parable d'une famille à une autre, et avec d'autres types de travail, dans d'autres secteurs. Bien sûr, puisque le marxisme analyse avant tout l'économie capitaliste, on est conduit à penser qu'il n'y a pas d'autre option que de tout marchandiser, ou de ne rien rémunérer. On peut néanmoins être plus ima­ginatif, à partir des formes de travail reproductif rémunérées, mais non marchandes, déjà existantes. Une large partie de l'éducation des enfants, du tra­vail pour les soigner ou les nourrir est déjà assurée de façon socialisée : c'est ce qui est assuré dans le cadre de l'Éducation nationale ou de la santé publique. Il existe aussi des formes socialisées moins étatiques, comme l'éducation populaire. Certaines activités au domicile pourraient l'être également, et le sont déjà en partie : le travail domestique rémunéré l'est à moi­tié par du crédit d'impôt (par le dispositif du chèque emploi-service, l'État prend en charge la moitié du coût du travail de ménage, de garde d'enfant ou de jardinage, permettant ainsi aux classes moyennes et supérieures de se décharger d'une grande partie du travail domestique sur fonds publics). Le travail de soin au domicile (infirmières, aides-soignantes) est pris en charge par la Sécurité sociale. On pourrait augmenter le taux de prise en charge à 100 %, assu­rer un emploi pérenne et un temps complet à ceux et surtout celles qui les assurent et instituer ainsi un service public du travail reproductif domestique, couvrant une large partie de ce travail. Donner de nouvelles institutions au travail reproductif, ce n'est donc pas seulement reconnaître une valeur économique là où l'on n'en cherchait pas, c'est aussi changer en retour ce travail, et c'est ce que per­mettent d'appréhender les mobilisations pour la création de services publics, comme c'est le cas, notamment, pour la petite enfance.

L'histoire des mobilisations donne de nombreux exemples de luttes pour de telles institutionnalisations du travail reproductif. Dans les années 1970 en France, opposées à la rémunération du travail domestique, des militantes demandent plutôt une meilleure répartition des tâches dans le couple et un engagement de l'État via des structures collectives. C'est ainsi qu'est pensée la socialisation du travail domestique : puisqu'il faut bien le faire, sortons au maximum ce travail du domicile, pour qu'il ne s'agisse plus d'une affaire privée, familiale, mais plutôt d'une affaire sociale, d'un travail organisé collectivement et donc payé, encadré par le droit du travail. La revendication peut s'appuyer sur un changement dans la participation des femmes au marché du travail : elles reprennent désormais de plus en plus une activité professionnelle après leurs maternités.

Or, malgré une légère hausse du nombre de crèches, l'offre reste largement insuffisante, comme le relate l'historienne Liane Mozère. Dans les an­nées 1970, l'Union des femmes françaises dénonce ce déficit et formule plusieurs revendications, reprises et amplifiées par la CGT et la CFDT. La CGT insiste sur la responsabilité patronale dans la création de crèches, tandis que la CFDT intègre cette question dans une approche globale du cadre de vie. En 1975, l'exemple de la Caisse nationale de sécurité sociale militaire (CNSSM) de Toulon illustre une victoire syndicale concrète, avec la création d'une crèche cofinancée par l'employeur et la municipalité. Aujourd'hui, le nombre de crèches continue d'être insuffisant, tout comme la reconnaissance du tra­vail des auxiliaires de puériculture. Dans ce métier typique de l'assignation du travail reproductif aux femmes, on attend des professionnelles qu'elles fassent preuve d'attachement, voire d'amour, à l'égard des enfants, ce qui rend, selon la sociologue Eve Meuret-Campfort, difficile l'expression de la pénibilité du travail, tout comme sa reconnaissance, et donc sa valorisation.

Dans un moment particulier, en 2020, la pandé­mie a mis en lumière les défaillances étatiques aux quatre coins du monde. Ainsi, en Uruguay, pour faire face à la crise sanitaire et économique, des centaines d'initiatives communautaires ont émergé à travers tout le pays. Loin de disparaître après la première vague, ces initiatives se sont renforcées, organisées en réseau et ont revendiqué autonomie, solidarité et dignité. Elles s'appuient principalement sur des femmes issues des quartiers populaires, organisées autour de liens de voisinage et de solidarité locale. Ces ollas populares [cantines populaires] sont présen­tées non seulement comme des réponses à la faim, mais aussi comme des espaces de création collective, de résistance et de reconfiguration du lien social. Selon la sociologue Anabel Rieiro et ses coauteur·ices, ces femmes revendiquent une reconnaissance du tra­vail de soin communautaire et dénoncent la division sexuée et raciale du travail. Certaines de ces cantines reconnues et prises en charge financièrement, au moins temporairement, par les municipalités.

Ces luttes pour la reconnaissance, la rémunéra­tion ou la socialisation du travail reproductif posent plusieurs questions : qui prend en charge les besoins fondamentaux, dans quelles conditions, avec quelles ressources, et avec quelle reconnaissance sociale ? Qu'il s'agisse d'allocations, de crèches, de revenus garantis ou de reconnaissance du travail communau­taire, ces revendications s'adressent principalement à l'État comme acteur central de la redistribution, tout en révélant les inégalités persistantes selon la classe, la race et la configuration familiale. Si elles n'épuisent pas toutes les dimensions du travail reproductif, elles contribuent à en dévoiler la centralité, à en politiser les formes, et à faire émerger des alternatives au modèle familial hétérosexuel normatif. Car chaque grève produit une pensée politique propre, inédite. En Argentine, la grève internationale des femmes marque ainsi un tournant irréversible : elle a pro­fondément changé la manière dont les participantes perçoivent le monde, les autres et elles-mêmes. La chercheuse et théoricienne argentine Verónica Gago précise en 2015, dans son livre La puissance féministe, que cela vaut autant d'un point de vue analytique (parce qu'elle rend visibles certaines formes de travail et de production de valeur), que pratique (c'est parce qu'elle « nous permet de nous dépasser, de repousser les limites de ce que nous sommes, de ce que nous faisons, de nos désirs, [qu']elle provoque un change­ment historique à l'égard de la position des victimes et des exclues », p. 15). Autrement dit, le processus de la grève favorise la fabrication collective d'expériences alternatives éminemment politiques qui dépassent le cadre du travail, dans la mesure où elles remettent en cause un mode de vie. La suspension des activités permet de politiser la distinction entre travail et non-travail, et de contester l'assignation des femmes à certaines tâches, par l'émancipation. Car la grève féministe ne se réduit pas à l'interruption d'une activité professionnelle : elle soulève immédiatement la question de la reproduction de la force de travail. Elle met en relation des dimensions que le capitalisme tend à séparer, en particulier en fragmentant et en dissociant le travail reproductif. En ce sens, la grève féministe permet de réunir ces activités, en souli­gnant leur unité et leur interdépendance. Ce faisant, elle rend visible le fait que ce qui est habituellement disjoint – travail domestique gratuit, travail salarié, tâches communautaires ou bénévoles – constitue en réalité un même ensemble dont dépend la possibilité même de vivre collectivement. […]

Construire une autre société : du travail reproductif en soi au travail reproductif pour soi

Ainsi, penser le travail depuis la reproduction sociale, lutter depuis le travail reproductif, c'est aussi constituer un contre-pouvoir. Se revendiquer travailleur·ses de la reproduction sociale, c'est affir­mer que l'on peut reprendre le contrôle sur ce travail et le transformer. Puisque ce travail est au cœur de l'économie capitaliste, ce contre-pouvoir pourrait donc prendre une place tout à fait centrale dans la société, et marquer l'histoire sociale et politique, comme l'a fait à une autre époque la classe ouvrière à partir du travail industriel.

Plutôt que de distinguer le travail domestique gratuit d'une part et travail salarié d'autre part, nous avons fait le pari que l'on comprend mieux le travail en partant des continuités entre les diffé­rentes formes du travail reproductif. Cette approche par les continuités permet de penser plus facilement la reconnaissance économique du travail reproductif, puisqu'une bonne part est déjà reconnue comme telle : sous une forme marchandisée, dans un service public ou une association, des millions de femmes, et aussi beaucoup d'hommes, occupent contre rémunération des emplois dans l'éducation, la santé, l'alimentation ou la culture. Cette approche permet également de s'inspirer des mobilisations et des victoires passées pour imaginer comment formu­ler des revendications de reconnaissance économique du travail reproductif encore ignoré, c'est-à-dire comment instituer une valeur pour ce travail, là où il n'en a pas. Là où il en a, sa valeur est le plus souvent incomplète, du fait de la brèche salariale entre hommes et femmes.

Attribuer une juste valeur au travail reproductif n'est donc pas un nouveau front qui demanderait de nouvelles organisations à côté des syndicats, ou une revendication de plus à porter : ce sont les mêmes personnes, les travailleur·ses, autour des mêmes questions, le revenu du travail ; mais dans une ac­ception plus large du travail, qui permet d'imaginer des rapports de force plus larges également. C'est ce que les grèves féministes en Suisse ou en Espagne ont pu démontrer. Le travail reproductif est d'abord un travail concret, la reproduction matérielle de la force de travail. Mais c'est aussi un travail abstrait, plus collectif et institutionnel, politique, c'est le travail de reproduction de la relation de travail salarié, la reproduction d'êtres humains comme travailleur·ses.

Ce travail reproductif, objectivement délimité par son utilité pour le capital, nous l'appelons travail reproductif en soi, comme Marx appelait classe ou­vrière en soi l'ensemble des travailleur·ses, lorsqu'iels étaient froidement analysé·es à travers leur rôle dans l'économie capitaliste. Mais pour devenir un acteur politique, selon Marx, cette classe devait prendre conscience d'elle-même et de son pouvoir collectif, en se dotant d'organisations, de syndicats, de partis politiques : devenir classe pour soi. La classe ouvrière était ainsi invitée à mieux faire face au capital et même à sortir de sa dépendance vis-à-vis de celui-ci, à s'émanciper de sa définition originelle pour aller vers une société de travailleur·ses sans employeurs.

Développer l'aspect abstrait, institutionnel, du travail reproductif, c'est le subvertir : il s'agirait de reproduire des êtres humains, sans les reproduire comme force de travail au service du capital, c'est-à-dire envisager le travail reproductif pour soi, plutôt qu'en soi. Le travail reproductif pour soi, ce serait la réappropriation de cette force de travail au profit de celles et ceux qui l'exercent, plutôt qu'au profit du capital, en se constituant en tant que classe, et en tant que force collective et politique.

On peut alors reconsidérer de nombreuses distinc­tions qui ont été faites jusqu'ici, ou plutôt les mener plus avant en reprenant ce qui peut être considéré comme du travail reproductif en soi ou pour soi. D'un point de vue strictement économique, la question de l'entretien des retraité·es est la plus massive, tel qu'on l'a quantifié dans le deuxième chapitre. Puisque les retraité·es ne font plus partie de la force de travail pour leur ancien employeur, nous avions établi que le travail qui produisait les biens et services achetés avec les pensions de retraite, que le travail des aides à domicile, des personnels des Ehpad, etc., n'était pas du travail reproductif en soi ; mais il peut faire partie d'un travail reproductif pour soi. En effet, comme sujet collectif, comme classe sociale mobilisée, les travailleur·ses de la reproduction peuvent revendiquer qu'il n'est acceptable de travailler aujourd'hui qu'à la condition d'avoir droit à une retraite demain.

En d'autres termes, il ne s'agit pas seulement d'en­visager le travail reproductif comme les autres formes de travail, mais bien de repenser fondamentalement la notion même de travail et sa perception : en soi, le travail reproductif a fait l'objet de théorisations féministes permettant de penser sa centralité éco-nomique. La multiplication des luttes qui s'y rapportent révèle l'accélération de la crise de la reproduction sociale à l'échelle mondiale, à laquelle l'extrême droite tente de répondre dans une perspec­tive autoritaire, raciste, antiféministe, libertarienne. Envisagé pour soi, le travail reproductif est au contraire susceptible de constituer le ferment d'une société alternative. En effet, dans la dynamique de la contestation, la définition de ce travail reproductif, que les acteur·ices s'approprieraient, est susceptible de changer pour ne plus tant reproduire la force de travail pour le capital, mais plutôt reproduire une vie débarrassée de la logique de l'accumulation et favo­riser l'habitabilité de notre planète à moyen terme.

Silvia Federici définit ainsi le « double caractère du travail reproductif » : le travail reproductif est utile au capital, mais on ne peut pas le réduire à cette seule utilité. Il s'agit d'aller au-delà d'une revendication économique telle qu'elle existe dans le capitalisme, vers la construction d'une institu­tionnalisation propre au travail reproductif. Plutôt que de faire bouger la ligne entre productif et reproductif – ou marchandiser encore davantage des secteurs reproductifs –, cette analyse permet de concevoir autrement l'économie, sous des formes qui seraient propres aux secteurs reproductifs, et elle permet d'élargir les exemples déjà existants de ces modèles (comme les services publics). Elle permet également de produire une subjectivité politique aux travailleur·ses de la reproduction sociale, ce qui implique tout d'abord de repenser cette classe sociale comme catégorie politique. Alors, existe-t-elle, cette dynamique de constitution d'un sujet collectif, d'un groupe qui se dote d'une identité commune et d'un projet social et politique, d'une classe de la repro­duction sociale ? On peut en chercher la présence dans les mobilisations, à travers les droits sociaux acquis ou revendiqués, et dans les expérimentations d'organisation alternative du travail.

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Ubérisation ou salariat : l’heure de vérité pour notre modèle social

Le gouvernement français est tenu de légiférer, au plus tard le 2 décembre 2026, sur l'encadrement du travail des plateformes numériques, dont plus aucun secteur n'est épargné. (…)

Le gouvernement français est tenu de légiférer, au plus tard le 2 décembre 2026, sur l'encadrement du travail des plateformes numériques, dont plus aucun secteur n'est épargné. Contre ce système d'exploitation, plusieurs organisations syndicales, associatives et citoyennes, dont des collectifs de livreurs, appellent « à une transposition ambitieuse à la hauteur de notre modèle social ».

Tiré de Entre les lignes et les mots

Loin des projecteurs, un événement crucial pour la protection sociale française est en train de se jouer. Le gouvernement français est tenu de légiférer, au plus tard le 2 décembre 2026, sur l'encadrement du travail des plateformes numériques suite au vote de la directive européenne du 14 octobre 2024. Si le jeu en vaut la chandelle, personne n'a encore sorti son briquet.

Les plateformes numériques de travail reposent sur des travailleur·euses auto-entrepreneur·euse·s payé·es à la tâche. Dans ce modèle, les plateformes se dérobent à leurs responsabilités d'employeur comme la prévention des risques de santé, le versement des cotisations sociales, la représentation syndicale ou tout simplement le respect d'un salaire minimum. Ce n'est plus le droit mais le marché qui fixe, sans aucune contrainte, les conditions de travail. Les livreur·euse·s à vélos et chauffeurs VTC sont souvent cité·es, néanmoins ce débat concerne en réalité une partie beaucoup plus large de la force de travail en France : vendeur·euse·s, serveur·euse·s, soignant·es, juristes, aides à domicile, aides soignant·es, aides ménage, avocat·es, etc. Plus aucun secteur n'est épargné par l'émergence d'une plateforme de travail.

En 2022, ils étaient 200 000 à travailler pour une plateforme tout en ayant un statut d'indépendant, puis 600 000 en 2023. Combien seront-ils demain ?

Le rapport produit par l'ANSES, suite à la saisine de la CGT, sur les livreur·euse·s à vélo en mars 2025 alerte sur les nombreuses conséquences délétères du modèle actuel sur la santé. À court-terme, les travailleur·euses sont surexposé·e·s aux accidents de la route et aux chutes, mais aussi aux troubles musculo-squelettiques causés par une mauvaise ergonomie et réglage des véhicules. À moyen terme, la santé mentale des travailleur·euses est affectée, aussi bien par le stress, la fatigue et l'épuisement. Enfin, à long terme, de nombreuses pathologies respiratoires, cardiovasculaires et urogénitales sont constatées chez beaucoup de livreur·euse·s. L'instabilité de la relation de travail, la menace de sanction et l'injonction de performance amplifient la prévalence de ces problématiques de santé.

Au-delà des conséquences sur la santé, la paupérisation poussée des livreur·euse·s est objectivement démontrée. Depuis 2021, le revenu horaire moyen a baissé de 22,7% chez Deliveroo, 34,2% chez Uber Eats et 26,6% chez Stuart selon l'ARPE, et ce sans compter le temps d'attente des commandes comme du temps travaillé. Sur la même période, la durée des livraisons et les délais d'attente entre les commandes a continué à augmenter. L'ANSES constate que cette pression se traduit par une prise de risque accrue sur la route mais finit aussi par sélectionner une population de livreur·euse·s de plus en plus précaire, prête à accepter de moins bonnes conditions de travail et de rémunération.

La précarité administrative et statutaire des travailleur·euses n'est pas un effet de bords de l'émergence de ces marchés numériques. Le modèle des plateformes repose en tout premier lieu sur la concurrence de statut encadrant le travail (auto-entreprenariat) et de statut administratif (absence de politique de régularisation des travailleurs). Ainsi, la question des grandes difficultés d'accès à un droit au séjour stable place les personnes étrangères, qui représentent une part importante des travailleur·euses des plateformes numériques de travail, dans une situation de forte dépendance vis-à-vis de leur travail. Elles subissent alors encore plus fortement des conditions de travail précaires, inéquitables, voire indignes.

Le risque lié à cette organisation du travail n'est pas uniquement porté par les travailleur·euses des plateformes, mais par l'ensemble de la société. En détournant le statut d'auto-entrepreneur, les plateformes s'affranchissent du versement des cotisations sociales et mettent en danger le financement de la sécurité sociale de tou·te·s les travailleur·euses, et ce quel que soit leur statut. Dans une enquête à ce sujet en 2023, le journal l'Humanité évalue à 1,45 milliards les cotisations dues et non encaissées par l'URSSAF !

De plus, le détournement du statut d'auto-entrepreneur par les plateformes a pour conséquence directe de créer un dumping social dans toujours plus de secteurs au détriment in fine de tou·te·s les travailleur·euses. Laisser libre cours à la généralisation de ce modèle impliquerait une régression considérable des droits des travailleur·euses et un affaiblissement préoccupant de la représentation syndicale. Ainsi, ce sont donc les fondements même de la Sécurité Sociale qui seraient fortement fragilisés.

Une lutte qui porte ses fruits

Sans droit à la négociation collective, privés de droit du travail, subissant des déconnexions abusives en guise de représailles, livreur·euse·s à vélo et chauffeurs VTC, par leur résistance, ont pourtant réussi à imposer le débat sur l'encadrement du travail via les plateformes.

En effet, grâce à leur mobilisation, aux soutiens politiques et syndicaux, aux chercheur·euse·s et aux ONG qui ont fait bloc à leurs côtés une directive européenne a été adoptée. Son objectif ? Mettre fin à ce système qui broie, blesse et tue.

Une directive ambitieuse, une transposition à risque

Cette directive impose aux États membres d'instaurer un type de présomption de salariat pour les travailleur·euses de plateforme. L'enjeu de la transposition dans notre droit français est maintenant de rendre cette présomption opérationnelle et efficace.

Aujourd'hui, un·e livreur·euse ou un·e chauffeur qui veut faire requalifier son statut d'indépendant en contrat de travail doit mener individuellement une bataille judiciaire longue et coûteuse. Et lorsqu'il·elle gagne – car la justice lui donne raison dans l'immense majorité des cas – il·elle est systématiquement licencié·e par la plateforme.

La directive permettra à minima qu'un·e livreur·euse puisse entamer facilement une démarche individuelle de requalification en contrat de travail salarié, et ce sera désormais aux plateformes de prouver que ce·tte travailleur·euse est réellement indépendant·e. Cette démarche serait plus simple et plus rapide que les années de procédures que vivent les travailleur·euses actuellement.

Toutefois, si les démarches restent individuelles, il est inimaginable que les travailleur·euses de plateformes aillent tou·te·s un·e par un·e clarifier leur situation contractuelle. De plus, si la transposition de la directive ne prévoit pas de garantie d'emploi du travailleur·euse dans sa plateforme à la suite de la démarche de requalification, peu de personnes feront valoir ce droit.

Cette directive constitue certes une avancée sociale, mais reste vague quant à sa mise en œuvre. Le risque est donc d'avoir une transposition a minima qui ne changerait pas la situation actuelle et institutionnaliserait le détournement du statut d'auto-entrepreneur.

En complément la directive mentionne la mise en place d'une institution adaptée qui pourrait si besoin généraliser cette requalification à toute·s les travailleur·euse·s d'une même plateforme, évitant ainsi les procédures individuelles fastidieuses. C'est, là encore, dans cette formulation floue que va se jouer la qualité de la transposition.

Une telle institution en France existe bel et bien, c'est « l'inspection du travail ». L'enjeu est donc, premièrement, de savoir si elle pourra pleinement jouer son rôle, et ne sera pas remplacée dans la transposition de la directive par une institution inventée de toute pièce et sans pouvoir contraignant comme l'ARPE. Deuxièmement, de savoir si elle pourra agir pleinement, et non « si besoin », pour que la transposition permette réellement aux livreur·euse·s, chauffeurs et autres travailleur·euses de plateformes d'accéder enfin au droit du travail.

Nous avons une responsabilité historique : faire honneur à la lutte menée par les travailleur·euses précaires de plateforme. Cette opportunité, ils·elles l'ont créée. Elle nous oblige.

Nous, syndicats, ONG, professionnel·les du droit, citoyen·ne·s, associations et collectifs de travailleur·euses des plateformes ne voulons pas de ce système d'exploitation qui sévit dans notre pays depuis presque 15 ans. La transposition de la directive est l'occasion de réaffirmer notre modèle social. Pour lutter contre les conséquences économiques, sociales et sanitaires du modèle des plateformes de travail nous appelons à une transposition ambitieuse à la hauteur de notre modèle social, comprenant :

– une présomption de salariat effective et efficace sans aucune alternative permettant aux plateformes d'échapper à leurs nouvelles obligations ;

– l'inversement de la charge de la preuve (de salariat) incombant aux plateformes ;

– le contrôle des conditions de travail par une autorité nationale compétente, soit l'inspection actuelle ;

– la transparence de la gestion algorithmique des travailleur·euses, avec droit de regard des organisations syndicales ;

– l'arrêt des décisions automatisés quand elles ont une importance pour le·la travailleur·euse (désactivation du compte, sanctions, etc.) ;

En complément, nous demandons :

– la régularisation des travailleur·euses sans papiers et l'extension des preuves de travail en France aux factures d'auto-entrepreneurs ;

– la requalification systématique du faux statut d'indépendant en salariat, avec contrat de travail, interdiction de rupture du contrat et rétroactivité des droits à la protection sociale ;

– l'évaluation des risques pour la santé liée au travail de plateforme avec mise en place de mesures de prévention et de protection appropriées.

Pour les centaines de milliers de travailleur·euse·s concerné·e·s aujourd'hui. Pour les millions qui pourraient subir le même sort demain. Nous appelons tous·tes les travailleur·euse·s qui subissent directement la dégradation de leurs conditions de travail et toutes les associations, organisations du travail social et collectivités locales qui font face aux conséquences économiques et sociales de ce modèle délétère à se joindre à cet appel et au travail collectif que nous entamons pour une transposition vertueuse de la directive européenne sur le travail de plateformes.

Pour vous joindre à cet appel ou témoigner de la « plateformisation » ou l'ubérisation de votre secteur d'activité, des spécificités de l'uberisation de ce secteur auxquelles une transposition devrait répondre contacter le collectif.

Signataires :
Maison des Coursiers Paris
CIEL (Collectif pour l'Insertion et l'Émancipation des Livreurs)
Maison des Livreurs Bordeaux
AMAL (Association de mobilisation et d'accompagnement des livreurs…)
Coopcycle-association
Maison des livreurs de Nantes
Médecins du Monde
Confédération Générale du Travail
Fédération CGT des Transports
ADALI : l'Association pour les droits et l'accompagnement des livreurs indépendants
ASALR : Association de Soutien et d'Accompagnement des Livreurs
Rouennais
Force Ouvrière INV VTC
La Cimade
Fédération CoopCycle
SUD Commerces et Services IDF

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/170326/uberisation-ou-salariat-lheure-de-verite-pour-notre-modele-social

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Pays basque : bilan de la grève générale du 17 mars

Le bilan quantitatif de la grève a été clair et sans équivoque : plus de 105 000 manifestant.es dans les capitales des quatre provinces le matin, puis une deuxième vague (…)

Le bilan quantitatif de la grève a été clair et sans équivoque : plus de 105 000 manifestant.es dans les capitales des quatre provinces le matin, puis une deuxième vague l'après-midi dans presque tous les villages et villes d'Euskal Herria, impossible à quantifier. Quant aux arrêts de travail, ils ont touché la majeure partie de l'industrie et, de manière inégale, les autres secteurs.

Tiré de Entre les lignes et les mots

Présentation succinte des organisations mentionnées (P. V.)

Anticapitalistas, section espagnole de la IVe internationale.

CC OO : Commissions Ouvrières, principal syndicat espagnol, à l'origine combatif et construit dans l'illégalité, aujourd'hui syndicat d'accompagnement plutôt proche du Parti communiste et de Podemos.

CGT : syndicat libertaire plus « souple » que la CNT.

CNT : syndicat anarchosyndicaliste
EH Bildu : Coalition de gauche indépendantiste basque abertzale (nationaliste basque).

EHKS : (Euskal Herriko Kontseilu Sozialista) et sa branche jeune.

GKS : Scission « communiste », dynamique et sectaire de la gauche indépendantiste EH Bildu

PNV : Parti Nationaliste Basque, parti de la bourgeoisie basque, autonomiste, qui domine la vie politique basque.

PSE : branche basque du PSOE souvent allié au PNV.

UGT : Union Générale des Travailleurs, traditionnellement réformiste et proche du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE).

Sumar : Coalition de la gauche gouvernementale.

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Le résultat qualitatif est impressionnant. La question du salaire minimum interprofessionnel s'est définitivement imposée dans l'agenda social.

La question du salaire minimum a été le facteur fédérateur, mais les autres revendications (logement, soins, retraites, etc.) n'ont pas été oubliées, elles étaient présentes dans toutes les manifestations. Les revendications des travailleuses du secteur domestique et des services de soins, avec leur dimension racialisée et décoloniale, ont eu un impact important.

Des actions contre la guerre ont eu lieu à Bilbao.

Fait curieux, à Pampelune, l'EHKS-GKS [voir la présentation des organisations ci-dessus.], la CNT (qui ailleurs a participé aux appels à la mobilisation unitaire), la CGT et Anticapitalistas ont choisi de ne pas participer aux manifestations unitaires au nom de l'unité de la classe ouvrière autour d'un ensemble de revendications plus larges. Il convient de noter que le GKS a été très actif dans la grève, mais avec des piquets de grève et des mobilisations en marge du reste du mouvement syndical.

Les attitudes de l'UGT, des CC OO et de Sumar sont grotesques : elles s'opposent à la revendication d'un salaire minimum pour l'Euskal Herria, la considérant comme une revendication non solidaire avec le reste des travailleurs de l'État.

Cette grève a été possible parce qu'il existe en Euskal Herria une majorité syndicale qui comprend que la négociation n'est viable et possible que par la confrontation. Cette attitude la distingue des CC OO et de l'UGT, qui ne savent négocier qu'à la baisse. En effet, le patronat de Confebask a systématiquement refusé de discuter de la question du salaire minimum à 1 500 euros. Et au Parlement basque, le PNV et le PSE ont refusé ne serait-ce que d'inscrire cette question à l'ordre du jour, malgré le soutien social majoritaire dont bénéficiait l'initiative législative populaire présentée par la majorité syndicale (tout comme ils l'ont fait avec le mouvement des retraités et sa demande d'une pension minimale égale au salaire minimum interprofessionnel). Auparavant, ils avaient exigé du gouvernement basque qu'il soumette au Parlement espagnol la proposition visant à ce que le Statut des travailleurs permette aux communautés autonomes, et pas seulement à la communauté basque et à celle de Navarre, d'avoir le pouvoir de fixer le salaire minimum interprofessionnel.

Il convient de mentionner tout particulièrement l'attitude du PNV et du gouvernement basque face à la grève, qui ont privilégié la voie de la négociation plutôt que celle de la confrontation, alors qu'il est de notoriété publique que (tout comme le patronat) ils ont refusé de débattre au sein des institutions des questions relatives au salaire et à la pension minimale. Nous verrons bien ce qu'ils feront lorsque ces questions seront portées devant le Parlement espagnol.

Cette grève a été précédée par l'impressionnante commémoration du 3 mars, anniversaire du massacre de Gasteiz, et du 8 mars, tout aussi impressionnante. Ces trois événements étaient étroitement liés

Il a été important de garder pendant 40 ans dans notre mémoire collective ce qui s'est passé le 3 mars 1976. À cette époque, le mouvement ouvrier a dû faire face à deux problèmes : défendre ses revendications et répondre à la dictature fasciste. Aujourd'hui, nous devons faire face à un problème similaire : lutter pour nos droits, notamment pour garantir un salaire minimum interprofessionnel décent, et répondre aux héritiers du franquisme qui frappent à la porte. Et il n'y a qu'une seule voie : constituer un front unique du mouvement ouvrier et, en même temps, organiser la majorité sociale de ce peuple.

Ceux d'entre nous qui avons participé aux comités de grève et aux vastes initiatives de mobilisation lors de la grève du 30 janvier 2020 ont pu constater l'efficacité et le caractère transversal de son organisation, ainsi que l'importance de la mener non seulement sur les lieux de travail, mais aussi dans l'espace social et au sein des communautés.

Cette fois-ci, nous avons reproduit la même formule. Syndicalistes, salarié.e.s précaires, étudiant.e.s et retraité.e.s, militant.es sociaux de tous horizons, féministes, citoyens et citoyennes engagé.es dans la grève, ainsi que les travailleurs et travailleuses du commerce et de l'hôtellerie, militant.e.s de différents partis politiques (il faut toutefois souligner la contribution active d'EH Bildu, présent dans la plupart des comités de grève et des mobilisations avec ses figures les plus connues pour soutenir la grève générale, au grand dam du PNV)… toutes et tous ensemble, nous avons organisé la grève, élaboré nos arguments, intégré nos revendications propres, tissé des liens de solidarité : en un mot, nous avons fades provinces it peuple. Il faut souligner la participation massive et très active de la jeunesse étudiante à toutes les mobilisations. Une expérience merveilleuse.

Hier comme aujourd'hui, nous pouvons affirmer que ni les libertés politiques ni les améliorations économiques n'ont été des concessions des classes dominantes, mais des conquêtes obtenues au prix de dures luttes.

Cependant, ces acquis ne sont jamais garantis. Ce qui a été obtenu au prix de grands efforts peut être perdu par des contre-réformes et des contre-révolutions si les classes dominantes estiment avoir suffisamment de force pour faire pencher la balance en leur faveur. C'est ce qui s'est produit au cours des vingt dernières années et s'est intensifié après la crise de 2008. C'est ainsi que les portes du tsunami néolibéral se sont grandes ouvertes, emportant comme un torrent bon nombre des acquis sociaux antérieurs.

Nous savons tous et toutes que le pouvoir de la bourgeoisie réside dans la propriété de l'argent et dans le contrôle de l'État. En revanche, les travailleur.es, les syndicats et la gauche sociale et politique ne doivent pas oublier que la véritable source de leur pouvoir réside, fondamentalement, dans la capacité de mobilisation sur les lieux de travail et dans la rue. Et la grève générale est, malgré ses limites, l'un des outils les plus efficaces. À condition, bien sûr, qu'elle ne soit pas considérée comme une action isolée et qu'après la journée de grève, les syndicats ne retournent pas dans leurs quartiers d'hiver ou à leur routine habituelle.

Depuis le début de la crise, nous avons insisté sur le même mot d'ordre et nous n'y renoncerons pas : le capitalisme et ses institutions économiques et politiques ont pris l'initiative et nous ont déclaré la guerre, une guerre sociale, une guerre des classes. Et les partis de gauche, les syndicats et les mouvements sociaux concernés doivent y répondre au même niveau.

La crise, avec ses hauts et ses bas, sera longue, et si elle se résout, ce sera le rapport de forces qui se dispute dans tous les territoires et tous les coins de la planète qui déterminera son issue. Nous ne sortirons pas indemnes de cette situation si nous ne reléguons pas au rebut de l'histoire le système qui a conduit l'être humain et la nature à une situation limite, et si, dans le même temps, nous ne faisons pas des pas déterminés vers la construction d'un autre modèle de société. La lutte — unitaire et large — est, en outre, la manière la plus efficace de faire face au climat de guerre et au fascisme.

La grève générale du 17 mars a été la répétition de ce que nous avons réussi à faire il y a 50 ans à Gasteiz : un mouvement ouvrier (aux côtés du mouvement féministe) affrontant hier le franquisme et aujourd'hui ses successeurs.

Joxe Iriarte, Bikila
Joxe Iriarte, Bikila, est membre d'Alternatiba
Source – Viento sur, 19 mars 2026 :
https://vientosur.info/un-balance-de-la-huelga-general-del-17-de-marzo/
Traduit pour ESSF par Pierre Vandevoorde avec l'aide de Deeplpro
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article78381

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8 mars 2026 :L’autonomie des femmes afghanes et le défi du droit international

La Journée internationale des droits des femmes est souvent présentée comme une fête. En réalité, le 8 mars nous rappelle que les droits ne sont jamais garantis de manière (…)

La Journée internationale des droits des femmes est souvent présentée comme une fête. En réalité, le 8 mars nous rappelle que les droits ne sont jamais garantis de manière définitive. Ils sont défendus de génération en génération, et peuvent être démantelés décret après décret.

Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/03/16/femmes-afghanes-quelques-textes/

En 2026, aucun pays n'illustre cela de manière plus frappante que l'Afghanistan.

L'Afghanistan reste le seul État au monde où les filles sont officiellement exclues de l'enseignement secondaire à l'échelle nationale et où les femmes sont systématiquement exclues des universités, de la plupart des emplois publics et de la vie civique par décret d'État. Il ne s'agit pas d'une régression progressive. Il s'agit d'un effacement structuré.

Depuis août 2021, les autorités afghanes ont mis en place un système dans lequel le genre détermine l'accès à l'éducation, au travail, à la mobilité et à la parole. Les écoles secondaires restent fermées aux filles. Les universités sont interdites aux femmes. Les femmes ont été écartées de la plupart des postes du secteur public. Les organisations de la société civile dirigées par des femmes ont été restreintes. L'UNESCO confirme que l'Afghanistan est le seul pays au monde à appliquer une interdiction nationale de l'enseignement secondaire pour les filles. Le PNUD continue de documenter l'effondrement de la participation des femmes au marché du travail, parallèlement à une grave contraction économique et à une vulnérabilité croissante des ménages.

Prises ensemble, ces mesures font plus que restreindre les opportunités. Elles réorganisent la société autour de l'exclusion. Elles redéfinissent la citoyenneté elle-même.

C'est pour cette raison que le terme « apartheid de genre » est passé du langage militant à celui de l'analyse juridique structurée. En 2023, le Tribunal populaire sur l'apartheid de genre s'est réuni à La Haye pour examiner les politiques de l'Afghanistan. La Dre Rashida Manjoo, ancienne rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la violence à l'égard des femmes, a présidé le tribunal et rendu son verdict en décembre 2025. Le Tribunal a déterminé que le traitement réservé aux femmes par les talibans constituait une persécution systématique, intentionnelle et imposée par l'État sur la base du genre, équivalant à des crimes contre l'humanité. Il a en outre estimé que la situation présentait les caractéristiques structurelles d'un régime de type apartheid marqué par une ségrégation et une domination institutionnalisées, tout en reconnaissant que l'« apartheid de genre » n'était pas encore codifié comme un crime distinct en vertu du droit international existant. Pour cette raison, il ne peut actuellement faire l'objet de poursuites sous cette appellation sans une évolution juridique.

Le Tribunal a donc appelé à une clarification ou à une modification du droit international afin de reconnaître explicitement l'apartheid de genre et a exhorté les Nations unies, la Cour pénale internationale, les États et la société civile à agir de manière décisive. Il a surtout souligné que les femmes afghanes doivent être reconnues non seulement comme des victimes, mais aussi comme des titulaires de droits et des dirigeantes dans les processus de responsabilisation.

Le fondement juridique existe déjà en partie. L'article 7 du Statut de Rome définit la persécution fondée sur le genre, lorsqu'elle est généralisée ou systématique, comme un crime contre l'humanité, et décrit l'apartheid comme une domination institutionnalisée exercée sur un groupe. L'Afghanistan est un État partie prenante au Statut de Rome. Le cadre est en place. Les preuves d'une privation systématique sont manifestes. La question est de savoir si l'interprétation sera à la hauteur de la réalité.

Le 8 mars nous rappelle également que les Afghanes portent depuis longtemps le flambeau de la réforme et des droits au sein même de leur société et qu'elles l'ont transmis de génération en génération. La reine Soraya Tarzi s'est faite la championne de l'éducation des filles dans les années 1920, insistant sur le fait que le progrès national passait par l'alphabétisation et la participation des femmes. Des décennies plus tard, la Dre Anahita Ratebzad, l'une des premières femmes médecins d'Afghanistan et figure de proue du mouvement réformiste et militant pour les droits des femmes, a publiquement fait valoir que l'égalité d'accès des femmes à l'éducation, à l'emploi et aux services de santé était essentielle au développement national. Dans un article publié en 1978 dans le New Kabul Times, elle écrivait que ces droits n'étaient pas des privilèges mais des nécessités pour bâtir une société saine et moderne, rappelant ainsi que les revendications en faveur de l'égalité avaient été formulées par les Afghanes bien avant les débats contemporains. Après 2001, la Dre Sima Samar s'est employée à ancrer les droits des femmes au sein des institutions nationales et des cadres de responsabilité.

Ce flambeau ne s'est pas éteint en 2021. Il a changé de mains. À la suite des récents décrets, des militantes telles que Tamana Zaryab Paryani ont protesté publiquement contre les interdictions malgré les détentions et les intimidations. Au-delà des noms connus, d'innombrables femmes en Afghanistan et à travers la diaspora ont choisi de ne pas se réfugier dans le silence. Des enseignantes donnant des cours clandestins, des étudiantes poursuivant leurs études en secret, des avocates documentant les abus, des scientifiques et des écrivaines s'exprimant depuis l'exil : beaucoup auraient pu choisir la sécurité, la discrétion ou la distance. Au lieu de cela, elles utilisent toutes les tribunes et tous les privilèges dont elles disposent pour affirmer que l'exclusion ne définira pas leur avenir.

Ce combat n'a jamais appartenu à une seule génération. Il progresse chaque fois qu'une femme décide que le silence n'est pas une option.

La lutte pour les droits des femmes en Afghanistan n'a jamais été importée. Elle a été menée, articulée et défendue par les Afghanes elles-mêmes. Le système d'exclusion actuel n'est pas une tradition ; c'est une rupture avec un siècle de réformes menées de l'intérieur.

Les interdictions d'accès à l'éducation brisent la continuité du savoir entre les générations. Les interdictions universitaires excluent les femmes de la vie scientifique et professionnelle. L'exclusion de l'emploi affaiblit la résilience économique et renforce la dépendance. Lorsque la moitié de la population est systématiquement effacée de la vie publique, la gouvernance elle-même s'en trouve transformée. Les institutions se rétrécissent. Le pluralisme se contracte.

La Journée internationale des droits des femmes de 2026 n'est donc pas seulement commémorative. C'est un diagnostique.

Lorsque l'exclusion devient loi et que la domination devient politique, le droit international est mis à l'épreuve. La question n'est pas de savoir si les femmes afghanes continueront à résister, elles le font depuis des générations. La question est de savoir si l'ordre juridique mondial reconnaîtra la structure de leur exclusion avec la clarté qu'elle exige. Lorsque l'exclusion des femmes devient une politique d'État, elle ne viole pas seulement les droits ; elle démantèle l'ordre juridique, affaiblit les institutions nationales et fracture la continuité du savoir lui-même.

Dre Amna Mehmood, 8 mars 2026
La Dre Amna Mehmood est une scientifique de haut niveau et une enseignante en sciences dont les travaux portent sur le maintien de l'enseignement des STIM et de l'identité scientifique chez les femmes afghanes dans des conditions d'exclusion éducative. La Dre Amna Mehmood est biologiste moléculaire et scientifique de haut niveau à l'université Martin Luther de Halle-Wittenberg, en Allemagne.
https://zantimes.com/2026/03/08/march-8-2026-afghan-womens-agency-and-the-test-of-international-law/
Traduit par DE

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De la maison au système de soutien : comment le patriarcat façonne la violence et les réactions face à celle-ci

Ayusha Magar a été étranglée avec un lacet de chaussure, assassinée, puis son corps a été abandonné à Balaju par Surya Thapa Magar à la suite d'un différend portant sur (…)

Ayusha Magar a été étranglée avec un lacet de chaussure, assassinée, puis son corps a été abandonné à Balaju par Surya Thapa Magar à la suite d'un différend portant sur seulement 500 roupies [1]. Son corps n'a été découvert qu'au bout de 10 jours. Meena Sherpa (37 ans) a été tuée par son mari Prem Dorchi Sherpa à la suite d'une dispute domestique, puis enterrée dans son champ de cardamome [2].

Tiré de Entre les lignes et les mots

Dans une autre affaire à Nuwakot, une dispute domestique a conduit le mari de Sabina à l'attaquer avec un khukuri [un couteau népalais, lourd et courbe – NdT] et à la tuer [3]. Une mère et ses deux filles auraient été tuées par l'ex-mari de la femme à l'aide d'armes domestiques à Butwal [4].

Des cas de féminicide font désormais la une des journaux tous les deux jours. Selon la fiche d'information annuelle sur la violence sexiste (2081/82) [suivant calendrier officiel (Bikram Sambat) – NdT] publiée par la police népalaise, 73,17% des victimes de meurtres liés à la violence domestique sont des femmes, les auteurs étant le plus souvent leur mari ou des personnes ayant un lien familial étroit avec elles. De même, Anbesi 2082, lancé par WOREC, a enregistré 921 cas de violence à l'égard des femmes, dont 8 meurtres et 2 tentatives de meurtre.

Selon les données de l'INSEC pour Karnali, au cours de l'exercice 20280/81, neuf femmes ont été tuées par leur mari, tandis qu'en 2081/82, quatre cas de ce type ont été enregistrés. L'annuaire des droits humains 2025 de l'INSEC recense 27 cas d'homicide, les femmes constituant la majorité des victimes. Ces incidents sont brutaux et dépassent toutes les limites de l'humanité.

De même, un rapport publié par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime et ONU Femmes à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, basé sur des données provenant de 117 pays, indique que 137 femmes par jour, soit environ une femme toutes les dix minutes, sont victimes de féminicide [5]. Avec la publication du rapport et les événements de sensibilisation et de plaidoyer en cours, cela s'est poursuivi même pendant la campagne de 16 jours pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, au cours de laquelle deux femmes, Roshni Jha et Paro Devi, ont été tuées dans des circonstances suspectes [6].

Ces cas ne sont pas des incidents isolés, mais révèlent un schéma profondément ancré de violence à l'égard des femmes, soutenu par le pouvoir, le contrôle et l'impunité systémique. Dans un cas à Suvakalika, quartier n°4, un mari a tué sa femme en la brûlant vive après lui avoir infligé de graves violences physiques. Après avoir commis son crime, il a avoué à sa famille, qui a décidé collectivement de garder le silence. Son frère l'a ensuite aidé à se débarrasser du corps en le jetant dans un ravin. Cet incident n'a été relayé par aucun média et personne ne l'a signalé à la police. Cela montre à quel point la violence et même la mort des femmes sont normalisées dans la société. Les femmes sont considérées comme de simples ressources : une main-d'œuvre gratuite, des reproductrices et des objets de satisfaction masculine. Lorsqu'une femme disparaît, une autre peut la remplacer.

Bien que le féminicide ne soit pas explicitement défini dans la loi, le « Muliki Ain » traite du meurtre, des agressions, du viol et d'autres formes de violence. Cependant, les croyances patriarcales profondément ancrées et la misogynie, fondées sur l'idée que seuls les hommes sont les héritiers de la tradition, ont réduit la société au silence et ont souvent empêché la confrontation ouverte de ces crimes.

Tout aussi préoccupante est la culture du blâme des victimes et l'insensibilité institutionnelle auxquelles les femmes sont confrontées lorsqu'elles cherchent à obtenir justice. Le langage inapproprié, les remarques suggestives et les attitudes dédaigneuses des prestataires de services découragent souvent les survivantes de s'adresser à la police ou aux services d'aide, ainsi que de parler ouvertement de leur expérience.

Dans un incident survenu dans l'est du Népal, un avocat du gouvernement a déclaré : « Vous êtes si belle ! », une remarque qui a mis la victime mal à l'aise et elle a hésité à partager son témoignage. De même, lors de l'examen des preuves photographiques présentées pour prouver un chantage, un policier, après avoir regardé la photo de la survivante, a déclaré : « Vous venez ici depuis tant de jours, mais je n'avais pas réalisé que vous étiez si belle. Pouvez-vous retirer votre masque, s'il vous plaît ? ». De telles remarques peuvent traumatiser à nouveau les survivantes. Dans une autre affaire de viol collectif à Morang, un policier chargé de l'affaire a déclaré à la survivante : « Ce garçon a l'air bien, vous feriez mieux de l'épouser. »

Ce ne sont là que quelques exemples d'incidents qui mettent en évidence une tendance inquiétante à l'insensibilité et à la normalisation de la violence par les prestataires de services, qui porte atteinte à la dignité, à la sécurité et à l'accès à la justice des survivantes, et renforce les structures qui permettent à la violence sexiste de persister. Lorsque les prestataires de services normalisent la violence, la justice devient inaccessible pour les survivantes. La question n'est plus de savoir où les survivantes doivent aller, mais quand nous allons nettoyer nos propres lunettes à travers lesquelles nous les voyons, car des lunettes sales ne peuvent jamais offrir une vision centrée sur les survivantes.

Bien que l'article 38 de la Constitution népalaise stipule les droits des femmes garantissant leur inclusion à long terme et leur protection contre la violence et l'exploitation, la longueur et la complexité des procédures judiciaires obligent souvent les survivantes à retirer leur plainte ou à accepter des accords hostiles, ce qui entraîne un nouveau traumatisme plutôt que la justice. Les membres de l'équipe WOREC travaillant dans les districts, qui sont directement impliqués dans la gestion des cas centrée sur les survivantes, ont régulièrement fait état d'expériences similaires dans plusieurs endroits. Bien que nous ayons toujours été à l'avant-garde de la lutte contre les obstacles systémiques depuis plus de trois décennies, en menant des actions de sensibilisation dans les rues et au sein des parlements, nous avons été constamment freinées par les préjugés sexistes. Ces préjugés sont parfois inconscients et souvent délibérés, et continuent de marginaliser les femmes.

Les récentes manifestations de la génération Z ont encore accru les risques pour la sécurité des survivantes, des défenseuses des droits humains et des organisations qui fournissent des services juridiques et de protection aux survivantes. La destruction des infrastructures des services publics a perturbé les services essentiels, et les budgets initialement alloués à l'aide aux survivantes sont détournés vers la reconstruction des infrastructures. En conséquence, lorsque les survivantes cherchent de l'aide, elles sont souvent rejetées. Dans l'un de nos projets de mise en œuvre, Palika, des représentant·es élu·es et des employé·es municipaux auraient déclaré aux membres de l'équipe WOREC : « Faites ce que vous pouvez, nous fermons nos portes et ne pouvons plus fournir de services. Allez voir Gen Z pour obtenir de l'aide. » Le refuge municipal de Dang n'a accueilli aucune survivante en raison des contraintes budgétaires résultant du mouvement Gen Z.

Pour aggraver ces difficultés, le « Nyayik Samiti (comité judiciaire) » reste inactif dans de nombreuses palikas [division administrative – NdT], affaiblissant encore davantage un mécanisme de soutien local déjà fragile. En cas de violence, les survivantes sont souvent censées s'adresser à leur représentant·e élu·e pour obtenir de l'aide, une approche qui porte atteinte à la confidentialité et à la sécurité des survivants. Bien que nous soutenions les survivantes grâce à une approche globale, allant de l'aide d'urgence, à commencer par un hébergement sûr, à l'aide juridique et à la réintégration, en passant par un plaidoyer plus large visant à démanteler ces préjugés, les conséquences du mouvement Gen Z ont eu un impact direct sur le système de soutien.

De plus, la destruction et la perte de preuves et de documents juridiques essentiels ont rendu extrêmement difficile pour les survivantes d'obtenir justice. Dans un cas à Madhesh, une survivante n'a pas pu obtenir son certificat de citoyenneté parce que le bureau de Palika a été touché par le mouvement, ce qui l'a empêchée d'accéder à des recours juridiques et à des services essentiels. De telles situations soulignent la nécessité urgente pour le gouvernement de mettre en place un mécanisme alternatif et d'urgence d'aide juridique afin d'assurer la continuité des services aux survivantes pendant les crises.

Plus alarmant encore, 13 500 prisonniers se seraient échappés de différentes prisons à travers le pays [7]. Bien que certains d'entre eux aient été repris, 12 533 sont toujours en fuite [8]. De même, les évasions survenues dans les prisons de Saptari, Mahottrari, Gaur et Jaleshowr [9] ont accru le risque pour les survivantes dans toute la province de Madhesh. Aucune donnée spécifique sur la recapture des détenus n'est disponible, ce qui crée une incertitude quant à l'ampleur du risque et du danger potentiels.

Bishnu Regmi – « J'ai été contraint de quitter ma ville natale parce que j'ai soutenu une victime de viol pendant son combat juridique, qui a abouti à l'emprisonnement des auteurs du crime. Lorsque j'entends parler de criminels qui s'évadent de prison, j'ai peur, surtout en ce moment, car il y a eu beaucoup d'évasions de ce type. Ma peur s'est intensifiée lorsque j'ai appris que les auteurs impliqués dans l'affaire Rajpur s'étaient également évadés. Ils avaient été emprisonnés pour des faits liés à une affaire de sorcellerie et m'avaient déjà menacé, disant qu'ils s'en prendraient à moi une fois libérés. Maintenant qu'ils se sont évadés, certains d'entre eux ont même contacté mes proches dans mon village pour leur demander où je me trouvais. Je reçois également des appels de victimes, qui ont encore plus peur que moi. »

Un CDO [Care and Development Organization] du district de l'ouest du Népal : « Tout a été détruit. Les personnes nous demandent de les protéger, mais nous-mêmes vivons dans la peur et l'insécurité. Il devient de plus en plus difficile d'assurer la protection de la société civile dans ces conditions. »

Ces événements ont considérablement accru le risque de violence, en particulier pour les femmes, les enfants et les personnes issues de groupes marginalisés et vulnérables. Ils ont également entraîné l'effondrement du mécanisme de sécurité local et mis à rude épreuve la capacité des refuges existants, limitant l'accès à la protection d'urgence et au soutien en matière de sécurité au moment où cela est le plus nécessaire.

Dans l'ensemble, les preuves présentées ici reflètent une image profondément préoccupante de la violence sexiste au Népal, marquée non seulement par la fréquence alarmante des féminicides, mais aussi par des défaillances systémiques en matière de prévention, de protection et de justice.

Alors que les données fournies par la police, les hôpitaux et les organisations de défense des droits humains confirment l'ampleur de la violence subie par les femmes, les survivantes continuent d'être re-traumatisées par des services insensibles, des procédures judiciaires interminables, des mécanismes judiciaires locaux inactifs et l'effondrement du soutien institutionnel en période de troubles. Ces défaillances croisées mettent en danger les femmes, les enfants et les personnes issues de groupes marginalisés, renforçant ainsi le cycle de l'impunité et du silence. Il est impossible de faire entendre la voix des survivantes qui ont été réduites au silence par le patriarcat et les structures de la société à soi seul. Nous, groupes et organisations féministes, continuons à résister et à poursuivre notre lutte pour démanteler le patriarcat. Pour faire face à cette crise, il est nécessaire de prendre des mesures urgentes et coordonnées afin de rétablir des services centrés sur les survivantes et de garantir la responsabilité de tous les prestataires de services.

https://worecnepal.org/from-home-to-support-system-how-patriarchy-shapes-violence-and-response/
Traduction DE

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Égalité des droits successoraux pour les femmes musulmanes : faire respecter la justice constitutionnelle et l’égalité des sexes en Inde

24 mars, par Indian Muslims for Secular Democracy — , ,
L'organisation « Indian Muslims for Secular Democracy » (IMSD) salue sans réserve les récentes observations formulées par la Cour suprême de l'Inde lors de l'audience relative (…)

L'organisation « Indian Muslims for Secular Democracy » (IMSD) salue sans réserve les récentes observations formulées par la Cour suprême de l'Inde lors de l'audience relative à une requête déposée par Poulomi P. Shukla.

Tiré de Entre les lignes et les mots

Défendue par l'avocat chevronné Prashant Bhushan, cette affaire vise à corriger la disparité de longue date en matière de droits successoraux des femmes musulmanes — une initiative que l'IMSD considère comme une étape cruciale vers la concrétisation de la promesse démocratique de la Constitution indienne.

La Cour suprême soulève la question de la justice de genre

Une formation de trois juges, présidée par le juge en chef Surya Kant et composée des juges Joymalya Bagchi et R. Mahadevan, a fait remarquer qu'un Code civil uniforme (UCC) pourrait être la « réponse la plus efficace » pour éliminer les préjugés de genre dans les lois régissant le mariage, la succession et les droits de propriété. Cette observation a été formulée lors de l'examen d'un recours contestant la loi de 1937 sur l'application du droit personnel musulman (Shariat), qui, selon les requérants, impose aux femmes des conditions d'héritage inégales par rapport à leurs homologues masculins.

Une contestation constitutionnelle des lois discriminatoires

S'exprimant au nom de la requérante, Me Prashant Bhushan a fait valoir que les droits successoraux inférieurs accordés aux femmes en vertu de la loi de 1937 constituent une violation directe des garanties constitutionnelles. Il a souligné que l'héritage relève fondamentalement du droit civil et du droit de la propriété ; par conséquent, il ne peut être soustrait au contrôle constitutionnel en invoquant la liberté religieuse.

Répondant à la crainte de la Cour selon laquelle l'annulation des dispositions discriminatoires de la loi sur la charia pourrait créer un « vide juridique », M. Bhushan a proposé une solution pragmatique et immédiate : inclure les femmes musulmanes dans le champ d'application de la loi indienne sur la succession de 1925. Cela permettrait de s'appuyer sur un cadre juridique solide et existant pour garantir l'égalité sans laisser les femmes dans une situation d'incertitude juridique.

Les préjugés de genre : un problème qui dépasse le cadre d'une seule communauté
Point crucial, l'honorable Cour a noté que la discrimination de genre en matière d'héritage ne se limite pas au seul droit personnel musulman. La Cour a observé que des inégalités persistent au sein de la structure des familles hindoues indivisibles (HUF) et de diverses pratiques coutumières ou tribales. Comme le soulignent divers rapports, les droits successoraux restent également inéquitables dans le droit hindou, ce qui indique que la lutte pour les droits de propriété est un défi intercommunautaire.

Le cadre constitutionnel : égalité et dignité

L'IMSD estime que le fondement de cette pétition réside dans la morale constitutionnelle. La Constitution indienne garantit clairement :
• Article 14 : l'égalité devant la loi et la protection égale des lois.
• Article 15 : l'interdiction de toute discrimination fondée notamment sur la religion et le sexe.
• Article 21 : la protection de la vie, de la dignité et de la liberté individuelle.

Ces garanties doivent s'appliquer pleinement aux femmes musulmanes en tant que citoyennes à part entière. Alors que la jurisprudence islamique a reconnu les droits de propriété des femmes il y a plus de quatorze siècles, les interprétations patriarcales contemporaines et les pressions sociales contraignent souvent les femmes à renoncer à leur part légitime.

Vers une réforme

L'IMSD rappelle que le débat sur le Code civil unifié (UCC) a souvent été politisé par des forces cherchant à s'en prendre aux communautés minoritaires. Cependant, la justice de genre ne peut être reportée indéfiniment en raison de la politique identitaire ou de la polarisation communautaire. Une véritable réforme doit être le fruit d'un effort collaboratif associant les organisations de femmes, les juristes et les voix des minorités, afin de garantir qu'elle repose sur la justice plutôt que sur la stigmatisation.

​Les dirigeants de la communauté musulmane doivent également réfléchir à leur résistance historique à la réforme. Cette réticence a souvent privé les femmes de justice et renforcé les discours communautaires.

Conclusion : un appel à la justice constitutionnelle

L'IMSD soutient la procédure en cours devant la Cour suprême et appelle à une résolution garantissant l'égalité des droits successoraux pour les femmes musulmanes dans toute l'Inde. Nous plaidons en faveur d'une solution qui s'attaque à la discrimination de genre dans toutes les lois personnelles, garantissant que les femmes de toutes les communautés soient traitées comme des citoyennes égales ayant droit à la dignité et à la justice en vertu de la loi.

List of Signatories (Alphabetical)

• ​Adv. A. J. Jawad – IMSD, Chennai
• ​Amir Rizvi – Designer, IMSD, Mumbai
• ​Arshad Alam – Veteran Journalist, IMSD, Delhi
• ​Askari Zaidi – IMSD, Mumbai
• ​Bilal Khan – IMSD, Mumbai
• ​Guddi S. L. – Hum Bharat Ke Log, Mumbai
• ​Hasina Khan – Bebaak Collective, Navi Mumbai
• ​Irfan Engineer – CSSS, Mumbai
• ​Jeibunnisa Reyaz – Bharatiya Muslim Mahila Andolan, BMMA, Madurai
• ​Khatoon Sheikh – BMMA, Mumbai
• ​Adv. Lara Jesani – IMSD, Mumbai
• ​Mariya Salim – BMMA, New Delhi
• ​Nasreen M – BMMA, Karnataka
• ​Nasreen Rangoonwala – IMSD, Mumbai
• ​Nishat Hussain – BMMA, Jaipur
• ​Niyazmin Daiya – BMMA, Delhi
• ​Noorjehan Safiya Niyaz – BMMA, Mumbai
• ​Prof. Nasreen Fazalbhoy – IMSD, Mumbai
• ​Rahima Khatun – BMMA, Kolkata
• ​Salim Sabuwala – IMSD, Mumbai
• ​Prof. Sandeep Pandey – Magsaysay Awardee, Lucknow
• ​Sandhya Gokhale – Forum Against Oppression of Women, Mumbai
• ​Shabana Dean – IMSD, Pune
• ​Shafaq Khan – Theater Personality, IMSD, Mumbai
• ​Shalini Dhawan – Designer, IMSD, Mumbai
• ​Shama Zaidi – Scriptwriter, IMSD, Mumbai
• ​Shamsuddin Tamboli – Muslim Satyashodak Mandal
• ​Prof. Sujata Gothoskar – Forum Against Oppression of Women, Mumbai
• ​Sultan Shahin – Editor, New Age Islam, Delhi
• ​Dr. Sunilam – Farmer Leader, Gwalior
• ​Dr. Suresh Khairnar – Former President, Rashtriya Sewa Dal, Nagpur
• ​Yashodhan Paranjpe – IMSD, Social Activist, Mumbai
• ​Zakia Soman – BMMA, New Delhi
• ​Zeenat Shaukat Ali – Wisdom Foundation

Indian Muslims for Secular Democracy, 17/03/2026
https://countercurrents.org/2026/03/equal-inheritance-rights-for-muslim-women-upholding-constitutional-justice-and-gender-equality/
Traduit par DE

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Femmes au parlement : progrès au ralenti, violences persistantes

La progression de la représentation des femmes dans les parlements du monde marque le pas depuis deux ans. Au 1er janvier 2026, elles occupaient 27,5% des sièges dans les (…)

La progression de la représentation des femmes dans les parlements du monde marque le pas depuis deux ans. Au 1er janvier 2026, elles occupaient 27,5% des sièges dans les parlements nationaux, soit une hausse de seulement 0,3 point par rapport à 2025, selon un rapport de l'Union interparlementaire (UIP) publié à l'occasion de la Journée internationale des femmes du 8 mars.

Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/03/08/la-pleine-egalite-juridique-pour-les-femmes-reste-un-reve-et-autres-textes/

Intitulé Les femmes au parlement 2025, le rapport souligne que cette progression est la plus lente observée depuis près d'une décennie.

L'étude révèle également un recul de la présence des femmes aux postes de direction parlementaire : seulement 12 femmes ont été élues présidentes de parlement parmi 75 nouvelles nominations.

Selon l'UIP, les quotas jouent un rôle « critique » pour accroître la représentation des femmes. Dans les 49 pays ayant organisé des élections en 2025, les chambres disposant d'un dispositif législatif en faveur de la parité comptaient en moyenne 31% de femmes, contre 23% dans celles sans quotas.

Fortes disparités régionales

Les Amériques demeurent la région la plus avancée en matière de représentation féminine, avec 35,6% de femmes parlementaires.

À l'inverse, la représentation reste la plus faible au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où les femmes occupent 16,2% des sièges en moyenne.

Certains pays ont toutefois enregistré des progrès notables. Le Kirghizistan a connu la plus forte progression, avec une hausse de 12,9 points, suivi de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, avec 12,3 points supplémentaires.

À l'inverse, Oman, Tuvalu et le Yémen ne comptent toujours aucune femme parlementaire dans leurs chambres basses ou uniques.

« Si vous dites quelque chose qui n'est pas parfaitement en ligne avec ce que votre public veut entendre, vous subissez de multiples attaques »

Les femmes parlementaires ciblées par les violences

Au-delà de ces écarts de représentation, les femmes engagées en politique continuent également de faire face à des violences et des intimidations croissantes.

Selon l'Union interparlementaire, 76% des femmes parlementaires interrogées déclarent avoir subi des violences ou des intimidations, contre 68% des hommes.

Ces violences peuvent prendre de nombreuses formes, allant des attaques en ligne et des campagnes de harcèlement à des menaces ou des intimidations dans la sphère publique.

La députée italienne Valentina Grippo, membre de la délégation européenne auprès de l'UIP, évoque ces pressions : « Si vous dites quelque chose qui n'est pas parfaitement en ligne avec ce que votre public veut entendre, vous subissez de multiples attaques ».

Dénoncer les violences n'est plus tabou

Pendant longtemps, ces violences sont restées largement invisibles, explique Mariana Mutzenberg, du programme genre de l'Union interparlementaire.

« Ce n'est plus un sujet tabou. On sait désormais que cela se produit partout dans le monde », souligne-t-elle, notant que les études régionales de l'UIP montrent qu'aucune région n'y échappe.

Mais la prise de conscience progresse et plusieurs pays commencent à agir.

En 2025, la Bolivie a adopté une législation visant à prévenir et sanctionner toutes les formes de violence contre les femmes en politique. Aux Philippines, lors des élections de la même année, la Commission électorale a renforcé ses efforts pour lutter contre ce phénomène.

En Afrique, plusieurs pays commencent également à prendre des mesures. La Tunisie a été le premier pays du continent à adopter une législation spécifique contre les violences faites aux femmes en politique, suivie par la Tanzanie, qui a introduit des dispositions dans sa loi électorale. Dans certains parlements africains, comme au Bénin et en Sierra Leone, des initiatives ont également été lancées pour intégrer cette question dans les codes de conduite parlementaires.

Mariana Mutzenberg salue ces avancées : « La prise de conscience est importante, mais il faut aussi des lois et des mesures fortes de la part des autorités électorales pour s'attaquer à ce phénomène ».

https://news.un.org/fr/story/2026/03/1158521

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Avec seulement un pays sur sept dirigé par une femme, le pouvoir politique reste dominé par les hommes

L'égalité politique reste lointaine : les femmes occupent 22,4% des postes ministériels et 27,5% des sièges parlementaires dans le monde, selon les dernières données de l'Union (…)

L'égalité politique reste lointaine : les femmes occupent 22,4% des postes ministériels et 27,5% des sièges parlementaires dans le monde, selon les dernières données de l'Union interparlementaire (UIP) et d'ONU Femmes.

Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/03/16/pas-de-justice-pour-les-femmes-sans-droits-syndicaux-et-autres-textes/?jetpack_skip_subscription_popup

Partout dans le monde, les femmes restent largement sous-représentées dans les instances dirigeantes politiques, et les décisions majeures continuent d'être prises en grande majorité par des hommes.

Selon les données de l'UIP et d'ONU Femmes, seuls 28 pays sont dirigés en 2026 par une femme cheffe d'État ou de gouvernement, tandis que 101 pays n'ont encore jamais été dirigés par une femme.

Cette sous-représentation se reflète à tous les niveaux de la prise de décision politique. Les femmes occupent aujourd'hui 22,4% des postes ministériels dans le monde, un recul par rapport aux 23,3% enregistrés en 2024, après plusieurs années de progrès constants.

Si quatorze pays ont atteint la parité entre les sexes au sein de leur gouvernement, huit pays ne comptent toujours aucune femme ministre.

Des progrès qui ralentissent

Dans les parlements nationaux, la progression reste lente. Les femmes occupent désormais 27,5% des sièges, contre 27,2% en 2025. Cette hausse de 0,3 point de pourcentage constitue la deuxième année consécutive de progression la plus faible observée depuis 2017, soulignant le rythme limité des avancées vers une représentation politique plus équilibrée.

La situation est également marquée par un recul au sommet des institutions parlementaires. En janvier 2026, 54 femmes présidaient un parlement dans le monde, soit 19,9 % du total. Il s'agit d'une baisse de près de quatre points de pourcentage par rapport à l'année précédente et de la première diminution du nombre de femmes présidentes de parlement en plus de vingt ans.

L'intimidation, obstacle persistant

Au-delà des chiffres, les femmes engagées en politique continuent de faire face à des obstacles persistants.

Selon les données de l'UIP, 76% des femmes parlementaires interrogées déclarent avoir été victimes d'actes d'intimidation de la part du public, contre 68% des hommes. Cette hostilité, qui se manifeste à la fois en ligne et hors ligne, peut décourager certaines femmes de se présenter aux élections et ralentir les progrès vers l'égalité politique.

Même lorsqu'elles accèdent à des fonctions ministérielles, les femmes se voient souvent confier un éventail limité de portefeuilles traditionnellement associés aux politiques sociales. Elles dirigent ainsi 90% des ministères chargés de l'égalité des sexes et 73% de ceux consacrés aux affaires familiales et à l'enfance. À l'inverse, les ministères de la défense, de la justice, des affaires intérieures, de l'économie ou de la gouvernance restent très largement dirigés par des hommes.

Pour la directrice exécutive d'ONU Femmes, Sima Bahous, cette situation affaiblit la capacité des sociétés à répondre aux crises actuelles.

« À une époque marquée par une instabilité mondiale croissante, l'escalade des conflits et un recul visible des droits des femmes, le fait d'exclure les femmes du leadership politique affaiblit la capacité des sociétés à relever les défis auxquels elles sont confrontées », a-t-elle déclaré.

« Les femmes apportent des perspectives et une expérience essentielle pour prendre de meilleures décisions, prévenir les conflits et construire une paix durable. Lorsque les femmes sont pleinement impliquées dans le leadership politique, les pays sont plus stables, les politiques servent plus efficacement leurs populations et les sociétés sont mieux préparées à faire face aux crises qui façonnent notre monde aujourd'hui », a-t-elle ajouté.

La présidente de l'UIP, Tulia Ackson, souligne pour sa part que la parité est à la fois une question de droits et d'efficacité démocratique. « La parité est un impératif moral, car les femmes ont, tout autant que les hommes, le droit de participer aux décisions qui régissent leur vie. Mais c'est aussi une question de bon sens. Les institutions prennent de meilleures décisions lorsqu'elles reflètent les sociétés qu'elles servent », a-t-elle déclaré.

Accélérer les progrès vers la parité

Le secrétaire général de l'UIP, Martin Chungong, estime que des mesures concrètes peuvent accélérer les progrès.

« L'UIP n'a eu de cesse de prouver que des quotas bien conçus et une volonté politique forte sont essentiels pour accélérer le changement et garantir que la voix des femmes soit entendue dans la prise de décision démocratique », a-t-il indiqué, appelant également à transformer la culture politique afin de combattre les stéréotypes et de construire des parlements plus inclusifs.

Malgré ces obstacles, les responsables internationaux soulignent que les femmes continuent de repousser les limites et de s'affirmer dans la vie politique. Accélérer les progrès vers l'égalité nécessitera toutefois de lever les obstacles structurels, notamment les lois discriminatoires, la violence à l'égard des femmes en politique et les inégalités d'accès aux ressources, ainsi que de remettre en question les normes sociales qui continuent de freiner leur participation au pouvoir.

https://news.un.org/fr/story/2026/03/1158551

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À l’ONU, la bataille des droits des femmes se durcit

Le consensus a volé en éclats. Pour la première fois de son histoire, la Commission de la condition de la femme – un forum annuel mondial consacré à l'égalité entre les sexes – (…)

Le consensus a volé en éclats. Pour la première fois de son histoire, la Commission de la condition de la femme – un forum annuel mondial consacré à l'égalité entre les sexes – n'a pas adopté son document final à l'unanimité. Le texte a dû être soumis à un vote, révélant au grand jour les fractures politiques qui traversent aujourd'hui la défense des droits des femmes.

Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/03/16/pas-de-justice-pour-les-femmes-sans-droits-syndicaux-et-autres-textes/?jetpack_skip_subscription_popup

photo : Nations Unies Des participantes à la session de la Commission de la condition de la femme

Pour Annalena Baerbock, présidente de l'Assemblée générale de l'ONU, cette rupture n'est pas seulement un signe de crispation diplomatique. Elle témoigne aussi, selon elle, d'un affrontement mondial de plus en plus visible autour de l'égalité entre les sexes.

« Nous n'avions jamais vu de vote auparavant », a-t-elle reconnu vendredi devant les journalistes, au siège de l'organisation à New York. « Mais nous avons déjà connu des situations où il n'y avait tout simplement pas de document final ».

L'ex-ministre allemande des affaires étrangères préfère voir dans cet épisode un paradoxe révélateur : si le consensus disparaît, c'est aussi parce qu'un grand nombre d'États refusent désormais de céder face aux tentatives de recul d'une minorité. « La grande majorité n'a pas travaillé main dans la main avec ceux qui veulent un retour en arrière », a-t-elle insisté.

Un terrain de bataille mondial

Chaque année, la Commission de la condition de la femme réunit à New York des milliers de diplomates, responsables politiques et militants pour faire un état des lieux des droits des femmes dans le monde. Mais cette 70ème édition, qui se déroule jusqu'au 19 mars, a lieu dans un climat particulièrement tendu.

« Les droits des femmes sont le baromètre de la force, de la liberté et du développement économique des sociétés », a affirmé Annalena Baerbock en ouverture du point de presse. « L'égalité entre les sexes n'a jamais été aussi largement soutenue dans le monde, mais en même temps nous n'avons jamais vu des tentatives aussi organisées pour faire reculer ces acquis ».

Pour illustrer l'enjeu, elle a insisté sur l'impact économique de l'égalité. Combler les écarts de salaires entre hommes et femmes pourrait ajouter 12 000 milliards de dollars au produit intérieur brut mondial. Réduire la fracture numérique entre les sexes ferait croître l'économie mondiale de plus de 100 000 milliards de dollars d'ici à 2050.

« Encore une fois, les droits des femmes sont dans l'intérêt de tous », a-t-elle martelé.

Le poids des résistances

La présidente de l'Assemblée générale reconnaît toutefois que les avancées se heurtent à des résistances persistantes, parfois inattendues.

Elle a raconté un exemple révélateur. Dans certains pays, des algorithmes bancaires continuaient d'accorder automatiquement des plafonds de crédit plus élevés aux hommes qu'aux femmes, même lorsque ces dernières gagnent davantage.

« Ces algorithmes étaient programmés selon des biais anciens », a-t-elle expliqué.

Pour Mme Baerbock, ce type de discrimination montre que les progrès juridiques ne suffisent pas : les inégalités peuvent se réinventer dans les technologies, les normes économiques ou les structures sociales.

Iran, Gaza, Afghanistan : la diplomatie des droits humains

Les débats de cette commission ont aussi été traversés par les crises internationales.

Interrogée sur la situation en Iran, la présidente de l'Assemblée générale a adressé un message direct aux femmes du pays : « En tant que femme et en tant que présidente de l'Assemblée générale, nous nous tenons à vos côtés ».

Elle a rappelé la création d'une mission d'enquête du Conseil des droits de l'homme sur les violations récemment commises par le régime iranien contre les manifestantes et manifestants.

Concernant Gaza, elle a insisté sur le caractère universel des droits humains, y compris les droits des femmes, qui sont selon elle « indivisibles ». Or, les femmes et les filles sont souvent les premières victimes des conflits, a-t-elle rappelé, citant les difficultés d'acheminement de l'aide humanitaire et la destruction des logements dans l'enclave palestinienne.

« Les femmes et les filles souffrent le plus lorsque les habitations sont détruites et que la reconstruction est impossible », a-t-elle observé.

La haute responsable a également dénoncé la situation en Afghanistan, qu'elle décrit comme « l'attaque la plus sévère contre les droits humains », les femmes y étant « emprisonnées dans leurs propres maisons ».

Une mobilisation mondiale

Malgré ces crises, la présidente de l'Assemblée générale affirme percevoir une transformation profonde : les femmes, désormais connectées à travers les réseaux numériques, forment une solidarité mondiale de plus en plus visible.

« Les femmes dans les Amériques, en Europe ou ailleurs prennent la parole », a-t-elle expliqué. « Elles se soutiennent mutuellement et refusent de renoncer aux droits qu'elles ont obtenus ».

Dans un contexte de tensions géopolitiques et de contestations politiques, la bataille pour l'égalité entre les sexes est ainsi devenue l'un des fronts les plus visibles des débats internationaux.

Et, à en croire les divisions apparues cette année à l'ONU, elle est loin d'être terminée.

https://news.un.org/fr/story/2026/03/1158559

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