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Pétition : maintien de la gratuité universelle les premiers dimanches du mois

Les 27 janvier dernier, le ministère de la Culture et des Communications a annoncé la fin de la gratuité universelle dans les musées les premiers dimanches du mois. La Société des musées du Québec, défavorable aux restrictions appliquées à cette mesure – qui serait désormais limitée au 19 ans et moins -, s'est rapidement mobilisée pour tenter de sauver une mesure historique qui, dans sa forme d'origine, était très favorable à la diversification et l'élargissement des publics dans les musées.
La SMQ a tout d'abord sondé, parmi ses membres, les 103 musées participants aux premiers dimanches gratuits pour évaluer l'impact de la mesure ainsi revisitée. Le comité politique a sollicité une rencontre avec la sous-ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Verge, pour lui faire part des conséquences en termes financiers pour les établissements et en termes de démocratisation de la culture pour le public, que constituent la revisite de la mesure. Un deuxième échange avec le Ministère quelques jours plus tard nous a laissé comprendre qu'une remise en cause de cette réforme était peu probable et nous avons alors invité les 103 musées participants à poursuivre la mobilisation en plaidant la cause auprès de leur député de circonscription.
En l'absence d'avancée dans ce dossier, la SMQ invite désormais ses membres à se mobiliser plus largement autour d'une pétition initiée par les musées de Sherbrooke en faveur d'un maintien de la gratuité pour les visiteurs et visiteuses de tous âges dans les musées participants les premiers dimanches du mois. La SMQ invite également les organisations et acteur.trice.s du secteur culturel à ajouter leurs signatures, au nom de valeurs communes et du bénéfice collectif que représente l'accès à la culture du plus grand nombre. Les signatures sont attendues avant le 17 mars 2025.
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Tonine (1929-2025)

Consciente de la force de son œuvre consacrée par trente-et-un doctorats honorifiques à travers le monde et l'obtention pour Pélagie-la-Charette d'un prix Goncourt (1979), première non-européenne et toujours seulE CanadiennE à l'avoir reçu, Antonine s'était engagée.
L'auteur est secrétaire général des Artistes pour la Paix
1- d'abord pour l'Acadie et son histoire tragiquement marquée par la déportation qui a engendré entre autres le conte Évangéline de Longfellow chanté par Marie-Jo Thériô, mais surtout portée par l'immense fierté de sa culture, musicale folklorique avec Salebarbes, Édith Butler, Lisa Leblanc, Angèle Arseneault, Ginette Ahier etc., et les contes, pièces de théâtre et livres au particularisme langagier hérité de Rabelais (sujet de son doctorat à l'Université Laval, après deux ans de recherches à Paris). Rabelais l'a influencée aussi pour l'insolence sympathique qu'elle adresse, comme lui, tout au long de sa vie aux politiciens, principalement par son œuvre immortelle la Sagouine, une femme de ménage qui a plus de jugeotte que ceux qui se croient maîtres du monde, interprétée par Viola Léger ; elle lui refile respectueusement la demande en l'an 2000 de Jean Chrétien de la voir accéder au Sénat canadien, après qu'elle-même ait reçu en 1976 la distinction d'Officière de l'Ordre du Canada puis Compagnon en 1981.
Il y a un village de la Sagouine à Bouctouche, qui reçoit principalement du Québec la visite de 80 à 90 mille visiteurs annuels. L'Université de Moncton, qu'on espère comme notre ami l'ex-maire d'Amqui changer ce nom infâme par Université de l'Acadie, a pieusement annoncé mettre ses drapeaux en berne pendant les dix prochains jours ;
2- ensuite pour la démilitarisation du Canada conformément aux désirs de l'ONU (UNIDIR), en acceptant en 1988 de succéder à Jean-Louis Roux comme présidente des Artistes pour la Paix (à sa demande expresse, je lui succéderai en 1990, quelques jours à peine avant qu'éclate la résistance mohawk de Kanesatakeh, objet d'un film à l'ONF par une cinéaste-membre de notre C.A. d'alors, Alanis Obomsawin).
En 1989, elle avait sagement identifié, comme élément principal de notre engagement collectif, la lutte menée jusqu'en deux réceptions de la Gouverneure générale Jeanne Sauvé auprès du Premier ministre Bryan Mulroney contre l'achat onéreux et polluant de sous-marins nucléaires voulu par le Secrétaire général de l'OTAN militariste, Manfred Wörner. On était à moins d'un an de la chute du mur de Berlin. Son successeur Willy Claes d'origine belge devra démissionner de son poste après avoir été mis en cause dans l'affaire de corruption relative à l'achat d'hélicoptères EH-101 italiens Agusta (avec obusiers anti-sous-marins) projeté par madame Campbell : il sera condamné en 1998 à trois ans de prison avec sursis et interdiction pour cinq ans d'exercice d'une fonction publique, tandis que le Parti conservateur perdra ses élections avec deux députés survivants à leur déconfiture électorale sans précédent, dont Jean Charest !
Je suis allé quelquefois porter des documents à sa résidence à Outremont de la rue Antonine-Maillet, une incongruité qui l'amusait beaucoup, comme en fait foi la superbe entrevue livrée récemment en partie sur « sa » rue à André Robitaille. Elle y avait vécu un quart de siècle, libre et heureuse avec son amoureuse Mercedes Palomino avec qui elle a bâti l'institution du Théâtre du Rideau-Vert.
Son grand roman-récit que je lui avais déclaré « sous-évalué » par la critique, m'en indignant, Madame Perfecta, montrait avec sensibilité un autre exemple de ces heurts de classes bourgeoise et ouvrière, à l'origine de la presqu'entièreté de son œuvre, heurts aggravés par la condition immigrante de cette autre femme de ménage.

Comptes rendus de lecture du mardi 25 février 2025


Jacaranda
Gaël Faye
J'appréhendais quelque peu la lecture de ce récent prix Renaudot. J'ai toutefois été ravi de la délicatesse et de l'humanité avec lesquelles l'auteur y aborde l'histoire du Rwanda à travers quatre générations de personnages, avec ses pénibles événements et ses zones d'ombre. Milan vit en France avec ses parents, dont la mère est d'origine rwandaise. Un jour, arrive chez lui un petit garçon chétif au regard apeuré, avec un épais pansement sur la tête. Il se nomme Claude et arrive du Rwanda. Sa mère essaie de le rassurer en s'adressant à lui en kinyarwanda…
Extrait :
Afin de démontrer scientifiquement leur théorie, des scientifiques belges utilisèrent toutes sortes d'instruments de mesure, comme des craniomètres ou des compas anthropométriques, pour mesurer les nez, les fronts, les oreilles, les bras, les tibias, les mâchoires et déduire de ces observations sur l'apparence physique la nature profonde et le caractère de chaque Rwandais et de son groupe supposé. Ainsi, ils décrétèrent que ceux qui étaient grands et minces étaient des Tutsi et ceux qui étaient petits et trapus étaient des Hutu. Que les Tutsi étaient fourbes et raffinés et les Hutu timides et paresseux.

Banque mondiale - Une histoire critique
Éric Toussaint
Nous sommes nombreux à nous être laissés mystifier par la Banque mondiale au cours des années. Cette institution financière créée en décembre 1945 avec le Fonds monétaire international, à la suite des accords de Bretton Woods, a-t-elle en effet jamais cherché à combattre la pauvreté dans le monde comme elle l'a longtemps laissé croire ? C'est bien évidemment le contraire. Comme l'illustre cet imposant essai fort bien documenté, elle aura bien plutôt propulsé de nombreux pays dans un cycle d'endettements et de pauvreté dont ils ne voient plus l'heure de sortir. Et ce sont les populations les plus pauvres du monde qui en font les frais, avec l'environnement, cette détestable institution financière presque entièrement contrôlée par les États-Unis étant essentiellement - sinon entièrement - au service des pays riches et des multinationales. Un livre à lire pour tous ceux qui veulent continuer à agir dans notre combat contre la pauvreté dans le monde, sans se laisser berner, de façon éclairée...
Extrait :
Ils piétinent la souveraineté des États en violation flagrante du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes du fait notamment des conditionnalités qu'ils imposent. Ces conditionnalités appauvrissent la population, accroissent les inégalités, livrent les pays aux transnationales et modifient les législations des États (réforme en profondeur du Code du travail, des Codes miniers, forestiers, abrogation des conventions collectives, etc.) dans un sens favorable aux créanciers et « investisseurs » étrangers.

Les radicaux libres
Jean-François Nadeau
Les chroniques de Jean-François Nadeau dans le Devoir sont toujours agréables à lire. Il nous y fait découvrir la petite et la grande histoire d'ici et d'ailleurs dans un style particulier qui nous amène rapidement d'une anecdote à une autre et d'une idée à une autre. Nadeau est aussi l'un des chroniqueurs les plus progressistes de nos quotidiens. « Les radicaux libres », qui emprunte son titre à l'une de ses chroniques, compte une foule de textes de quatre à cinq pages fort instructifs et drôlement divertissants. C'est un recueil qui se savoure à petites doses, à trois ou quatre chroniques par jour.
Extrait :
En 1521, le clergé espagnol déclare une guerre aux livres précolombiens. Une croix dans une main, une torche dans l'autre, les catholiques les brûlent tous sur leur passage, depuis la côte de Tulum jusqu'au coeur du continent. L'évêque de Mexico, Juan de Zumárraga, se montre fier de brûler quant à lui ce que les troupes de Cortés ont pu oublier quelques années plus tôt. De triste mémoire, on se souvient notamment de Zumárraga pour avoir fait apporter sur une place du marché à Tlaltelolco les livres de la bibliothèque de la capitale de l'Anáhuac jusqu'à former là un Himalaya de papier. Des moines, armés de torches, y mettent alors le feu. On célèbre les cendres.

Germinal
Émile Zola
Chez nous, quand nous étions adolescents, c'est mon frère Paul et moi qui aimions Zola. Ma sœur Jacinthe, c'était plutôt Balzac. Ce grand classique est le plus connu des romans de Zola et certainement le principal roman du syndicalisme. Étienne Lanthier, nouveau aux mines de Montsou, y pousse les mineurs à la grève après la décision de l'employeur de baisser les salaires. S'ensuit une grève longue et pénible et des événements tragiques. « Germinal » est l'un des plus beaux romans qu'il m'ait été donné de lire.
Extrait :
Vous avez beau crier contre les riches, le courage vous manque de rendre aux pauvres l'argent que la fortune vous envoie… Jamais vous ne serez dignes du bonheur, tant que vous aurez quelque chose à vous, et que votre haine des bourgeois viendra uniquement de votre besoin enragé d'être bourgeois à leur place.
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Étudier en Haïti : Un défi de résilience et d’espoir
Haïti, pays des contrastes, porte en son cœur une histoire de luttes et de victoires. Mais aujourd'hui, la réalité qui frappe la nation est bien plus complexe : violence, instabilité et terreur sont devenues des composantes quotidiennes de la vie. Dans ce contexte d'incertitude, l'éducation se transforme en un défi colossal, à la fois personnel et collectif. Étudier en Haïti, c'est naviguer entre des obstacles physiques et psychologiques. Pourtant, pour beaucoup de jeunes haïtiens, cela reste un chemin de résilience, un acte de foi en un avenir meilleur.
Dans un pays où l'insécurité et les tensions politiques limitent l'accès aux établissements scolaires, l'éducation se fait souvent à contrecœur. Les écoles ferment régulièrement à cause des barricades, des manifestations ou des violences ciblées. À cela s'ajoute un réseau scolaire insuffisant, dont une grande partie est privée et coûteuse. Pour beaucoup, l'éducation devient un luxe, réservé à ceux qui peuvent se permettre de contourner les risques, de prendre un transport coûteux ou de s'assurer d'un minimum de sécurité. Mais les étudiants haïtiens ne se laissent pas abattre. Ils se battent contre vents et marées pour accéder à un savoir qui est, pour eux, le principal levier d'émancipation.

Malgré les défis, les étudiants haïtiens trouvent des moyens de poursuivre leur apprentissage. La résilience est au cœur de leur quotidien : ils adaptent leurs horaires d'étude en fonction de la situation sécuritaire, créent des espaces d'étude improvisés dans leurs foyers, ou se tournent vers des plateformes en ligne lorsque les écoles ferment leurs portes. Cette capacité à s'adapter et à surmonter les difficultés fait d'eux des modèles de détermination. La situation ne brise pas leur espoir ; au contraire, elle le renforce.
Les technologies jouent un rôle primordial dans cette lutte. Les cours en ligne, bien qu'inaccessibles pour une grande partie de la population en raison du manque d'infrastructures, représentent une voie d'espoir pour ceux qui ont accès à Internet. L'enseignement à distance devient une alternative viable pour de nombreux étudiants, leur permettant de poursuivre leur éducation malgré la fermeture des établissements.
Dans un environnement où les institutions sont souvent défaillantes, les réseaux d'entraide entre étudiants et les initiatives communautaires deviennent essentiels. Les étudiants se soutiennent mutuellement, se regroupent pour échanger des ressources et des notes, et organisent des révisions collectives. Ils créent ainsi un tissu social qui leur permet de résister à la fragmentation du système éducatif. Cette solidarité devient non seulement un moyen de poursuivre les études, mais aussi un acte de résistance face à la violence et à l'isolement.
De plus, dans un pays où les ressources sont limitées, des initiatives citoyennes commencent à émerger. Des groupes organisent des collectes de fonds pour acheter des fournitures scolaires ou réparer des infrastructures endommagées. Ces actions communautaires montrent qu'il est encore possible de rêver d'un avenir où l'éducation est accessible à tous.
Face à l'inefficacité d'un système scolaire traditionnel, des voies alternatives se dessinent. Certaines organisations non gouvernementales proposent des formations pratiques et des ateliers pour les jeunes, afin qu'ils acquièrent des compétences professionnelles directement utilisables dans le monde du travail. D'autres explorent des modèles d'éducation non conventionnels, moins dépendants des infrastructures scolaires classiques et plus proches des réalités du terrain.
Les jeunes haïtiens ne se contentent pas d'attendre que le système se répare ; ils innovent, se réinventent, créent des espaces d'apprentissage où la rigueur académique et les compétences pratiques se croisent. Ces initiatives constituent la promesse d'un avenir plus autonome et plus dynamique pour la jeunesse haïtienne.
Dans un environnement aussi hostile, l'éducation devient un acte de résistance et de reconstruction. C'est un moyen pour les jeunes de s'armer intellectuellement et de contribuer, à terme, à la reconstruction de leur pays. Malgré les défis, l'éducation est perçue comme une porte d'entrée vers l'émancipation, un espoir de changer les mentalités et de renouveler les structures sociales et politiques du pays.
Mais cet espoir n'est possible que si les autorités haïtiennes et la communauté internationale prennent conscience de l'urgence de soutenir l'éducation. Il est crucial d'investir dans la sécurité des écoles, dans les infrastructures éducatives et dans l'accessibilité des ressources pédagogiques. Le rôle des gouvernements, des organisations internationales et des citoyens est fondamental dans la création d'un environnement plus sûr et plus propice à l'éducation.
Étudier en Haïti dans un environnement marqué par la terreur est un acte de résilience. Chaque étudiant, chaque jeune qui continue à rêver d'un avenir meilleur à travers l'éducation, devient un symbole de cette force qui pousse à aller de l'avant malgré tout. L'éducation n'est pas seulement un droit ; elle est un combat pour un futur où la violence ne dicte pas le quotidien, où la terreur n'entrave pas les rêves et où la connaissance est véritablement accessible à tous. Pour les étudiants haïtiens, l'éducation reste la clé d'un changement profond, un changement porté par des générations entières qui refusent de se soumettre à la fatalité.
Smith PRINVIL
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Le projet de pays au centre de la riposte québécoise
Suite aux charges à droite et à l'extrême-droite menées par Trump, Poilièvre, Carney et François Legault et leur projet de société qui se résume à business, business, business avec l'autoritarisme et les pouvoirs nécessaires pour écraser toute insoumission, notre riposte se doit d'être formulée autour du projet de l'indépendance du Québec. Nous pouvons faire front commun avec le Canada comme province canadienne dans l'immédiat, mais dès maintenant nous devons nous mobiliser pour formuler notre projet de pays et inscrire ce nouveau pays dans le dialogue avec les autres peuples du monde qui se mobilisent contre la vision du monde qui nous est imposée à l'échelle planétaire par les milliardaires de ce monde et leurs valets politiques dans une logique de dictature, entraînant les humains et les autres espèces sur Terre à l'extinction dans une approche suicidaire.
Cette réflexion au Québec autour du projet de pays nous amènera rapidement à aborder en profondeur des enjeux que nous pelletons devant nous depuis quelques décennies soit l'éducation, la culture, la santé, la famille, le travail, l'économie, le système politique et le rôle des institutions et des structures, l'immigration etc. et donner une direction à notre projet de pays en dans une discussion franche, ouverte et respectueuse avec notre famille, nos voisins, nos amis, les gens dans nos quartiers, nos villages et nos villes.
Pour ce faire il nous faut être attentifs à chaque personne que nous rencontrons pour comprendre sa dynamique personnelle, sa vision des choses, et voir comment l'entraîner dans le respect et la bienveillance sur une base volontaire dans notre projet collectif qui peut-être en cette période d'émotion, de peur, de colère, de frustration, d'isolement et de dépression, un catalyseur individuel et collectif bienfaisant et constructif dans une grande humanité et dans la solidarité.
Yves Chartrand
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Ukraine, Palestine : même combat ?
Donald Trump menace de s'entendre avec son homologue russe Vladimir Poutine au sujet de l'Ukraine, et menace, à sa manière tonitruante et ambiguë, le président ukrainien Volodymyr Zelensky de le laisser tomber s'il refuse de faire des concessions significatives aux Russes, ce qui s'explique par la poussée néo-isolationniste qui représente la marque de commerce de son administration. Dans la foulée, un certain découplage entre l'Union européenne et les États-Unis se dessine. On peut s'interroger sur l'ampleur de ce courant et s'il perdurera au-delà de la présidence de Donald Trump. Mais il exprime bien une tendance au sein d'une bonne partie de la classe politique américaine et de l'électorat trumpiste.
Trump et sa garde rapprochée incitent les Européens à renforcer leurs dépenses militaires pour faire face à la menace russe, ce qui peut leur rendre service à la longue. En effet, ils devront compter moins paresseusement et moins peureusement sur la protection américaine. Il en résulterait une autonomie accrue pour eux, ce qui leur serait bénéfique à longue échéance. Après tout, les principaux membres de l'Union européenne comme la France et l'Allemagne sont des puissances importantes, et la première possède l'arme nucléaire. Plusieurs pays européens comme la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne sont membres de l'Otan en plus. La Grande-Bretagne est elle aussi une puissance nucléaire. Unis, ces pays et les autres membres de l'Otan de moindre envergure, mis ensemble, ont potentiellement les moyens d'affronter le Kremlin. Il n'est d'ailleurs pas du tout certain que Vladimir Poutine ait l'intention de s'en prendre aux pays membres de l'Otan et de l'Union européenne, car ce serait suicidaire. Comme Trump, Poutine utilise beaucoup la tactique du bluff pour intimider ses adversaires.
Il pouvait envahir l'Ukraine, un pays non membre de l'Union européenne ni de l'Otan sans grands risques, même s'il s'est heurté alors à une résistance farouche qu'il n'avait pas prévue. Il n'agirait jamais ainsi (à moins de perdre la tête) à l'endroit des principaux membres de l'Union européenne et ceux de l'Otan. Les États-Unis ne pourraient alors que jouer leur rôle de soutien aux Européens. Par ailleurs, l'appui militaire et diplomatique dont Kiev a a bénéficié de leur part explique en bonne partie les difficultés du Kremlin en Ukraine.
Selon toute vraisemblance, le gouvernement ukrainien, lorsque des négociations s'amorceront enfin, devra céder du terrain, poussé par Trump et son entourage. S'il est impensable que le président américain puisse imposer au président ukrainien une solution toute faite, concoctée avec Poutine en secret, le second devra renoncer à chasser les Russes de la totalité du territoire national. L'armée russe tient 20% du territoire ukrainien et Moscou n'en rétrocédera qu'une partie, peu importe les pressions éventuelles de la Maison-Blanche et des grands acteurs de l'Union européenne ou de l'Otan. De plus, certains des territoires conquis par les envahisseurs sont peuplés d'une majorité de russophones qui voient d'un bon oeil leur éventuel rattachement à la Russie. Les futures négociations russo-ukrainiennes s'annoncent épineuses et leurs résultats incertains. Mais si le gouvernement de Kiev devra selon tout vraisemblance renoncer à récupérer tout le terrain perdu, Moscou, pour sa part, devra rabattre ses ambitions conquérantes initiales : annexer l'Ukraine. Seul un compromis pourra mettre fin au conflit.
Mais on peut prévoir que l'essentiel du territoire ukrainien (75% ou 80%) demeurera sous la souveraineté de son gouvernement. L'Ukraine ne redeviendra jamais une province russe. Elle va conserver son indépendance, même si celle-ci s'exercera sous haute surveillance du Kremlin. L'Ukraine ne pourra pas rejoindre l'Otan ni l'Union européenne, selon toutes probabilités.
Par là, on constate le contraste avec la Palestine. En effet, il n'existe aucun gouvernement palestinien digne de ce nom (on ne peut qualifier ainsi l'administration agonisante de Mahmoud Abbas qui ne gère vraiment que 20% du territoire), la Cisjordanie ploie sous le grand nombre de colons israéliens (800,000) qui y vivent et ses habitants doivent subir depuis 1967 une interminable occupation militaire, souvent implacable. Tout ceci sans même évoquer la présence dans des camps de réfugiés de multiples exilés dont les grands-parents et arrière grands-parents ont fui la Palestine lors de la Naqba de 1947-1948. Les résistants du peuple occupé sont toujours considérés comme des "terroristes" par les classes politiques occidentales, lesquelles apportent un soutien quasi inconditionnel à Tel-Aviv. L'isolationnisme trumpiste ne concerne pas l'État hébreu.
Cet isolationnisme s'applique à plusieurs secteurs des relations internationales (le gel odieux de l'USAID, par exemple), mais Israël en est épargné. Pourrait-on qualifier les menaces de Trump dans le dossier du conflit russo-ukrainien de demi-abandon vis-à-vis de l'Ukraine ? On comprend la colère, l'amertume et l'inquiétude des Ukrainiens et Ukrainiennes par rapport aux États-Unis. Les Israéliens et Israéliennes, eux, n'ont pas à s'en faire.
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Jean-François Delisle

Peut-on voyager encore ? | Livre à paraître le 26 février | Rodolphe Christin

Alors que plusieurs n'iront pas aux États-Unis pendant la semaine de relâche et cet été, Rodolphe Christin va plus loin : faut-il vraiment *partir *pour *être *en vacances ? Comment envisager le voyage dans un contexte de crise écologique et géopolitique ? Si la découverte de l'ailleurs peut encore avoir un sens, une nouvelle voie doit être tracée.
L'essai *Peut-on voyager encore ? - Réflexions pour se rapprocher du monde*, du sociologue Rodolphe Christin, paraîtra *en librairie le 26 février prochain.*
*À propos du livre*
Dégradant ce qu'elle prétend mettre en valeur, l'industrie touristique témoigne bien de l'ambiguïté de notre rapport au monde, entre manque et excès. En tant que production du capitalisme, elle impose sa logique partout où elle débarque, pesant ainsi sur l'aménagement du territoire, l'accès au logement et à l'eau, l'achalandage des routes et sentiers, le volume de déchets, le coût de la vie… Elle transforme l'ailleurs étranger en ici familier, l'exotisme en quotidien.
Dans un contexte de crises environnementales, géopolitiques et sociales, comment dès lors envisager le voyage, bien souvent réduit à une photo vite oubliée ? Notre responsabilité partagée de « sauver le monde » implique-t-elle de renoncer à sa rencontre ? Pourquoi valorise-t-on davantage le fait de *partir *en vacances plutôt que d'*être* en vacances ?
Que faire, ou plutôt, que vivre à la place du tourisme ?
Si l'on admet que la découverte de l'Autre et de l'ailleurs peut encore avoir un sens, une autre voie doit être tracée. C'est ce que propose Rodolphe Christin dans *Peut-on voyager encore ?*. Le sociologue, qui se fait ici philosophe, nous invite à penser les nouveaux chemins écosophiques à emprunter pour se rapprocher du monde, à commencer par celui de notre
quotidien. « Les voyages de demain seront des voyages de retour. », nous dit-il, avec l'ambition d'approcher ce qui est déjà proche, de parcourir, sentir et aimer des territoires que nous n'habitons peut-être pas complètement, après tout.
Ne faudrait-il pas en effet repenser notre rapport au travail et poser les bases d'une politique du temps libre radicalement renouvelée, plus soucieuse de nos milieux de vie ? En tant que rapport au monde à la fois poétique, pratique et écologique, l'écosophie, à défaut de nous promettre une croisière excitante en Antarctique pour assister à la fonte des derniers glaciers, pourrait bien nous offrir les clés d'une expérience personnelle et concrète de l'inconnu qui soit riche en émotions, en
sensations et en apprentissages, tout cela en harmonie avec le vivant.
*À propos de l'auteur*
Rodolphe Christin est sociologue et essayiste. Fréquemment sollicité sur les enjeux liés au tourisme et au voyage, il est l'auteur de *Le travail, et après ?* (avec Jean-Christophe Giuliani, Philippe Godard et Bernard Legros, 2017), *Manuel de l'antitourisme *(2017) et de* La** vraie vie est ici* (2020).
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« La langue de l’Angkar », par Anne-Laure Porée, Éd. La Découverte, février 2025.

Information publiée le 18 février 2025 par Faculté des lettres - Université de Lausanne < marc.escola[a]unil.ch >sur le site internet « Fabula – La Recherche en littérature« < www.fabula.org/actualites/125808/anne-laure-poree-la-langue-de-l-angkar.html <http://www.fabula.org/actualites/12...> >.
Comment bien torturer pour réussir un interrogatoire en bon révolutionnaire ? Comment présenter un dossier d'aveux qui satisfasse les dirigeants ? Voilà ce qu'enseigne Duch, le chef khmer rouge du centre de mise à mort S-21, aux interrogateurs qu'il forme de 1975 à 1978 à Phnom Penh. Ses leçons, qui dictent comment penser et agir au service du Parti communiste du Kampuchéa, ont été consignées avec soin dans un cahier noir à petits carreaux d'une cinquantaine de pages.
Anne-Laure Porée décrypte ce document capital, plongeant le lecteur dans le quotidien des génocidaires cambodgiens. Elle identifie trois mots d'ordre au service de l'anéantissement :/cultiver /– la volonté révolutionnaire, l'esprit guerrier et la chasse aux " ennemis " –, /trier /– les " ennemis " à travers diverses méthodes, de la rédaction d'une biographie sommaire à la torture physique, en passant par la réécriture de l'histoire – et /purifier /– les révolutionnaires comme le corps social.
Ces notions reflètent la politique meurtrière orchestrée par le régime de Pol Pot, au pouvoir à partir du 17 avril 1975, qui, en moins de quatre ans, a conduit un quart de la population cambodgienne à la mort. En prenant les Khmers rouges au(x) mot(s),/La Langue de l'Angkar/rend plus sensibles la logique organisatrice et les singularités d'un régime longtemps resté en marge des études sur les génocides.
L'auteure*Anne-Laure Porée* a vécu quinze ans au Cambodge. En tant que journaliste, elle a notamment suivi le procès de Duch pour crimes contre l'humanité en 2009, qui a fait l'objet d'un blog ( www.proceskhmers-rouges.net <http://www.proceskhmers-rouges.net> ). Quelques années plus tard, S-21 est devenu le sujet de sa thèse en anthropologie, soutenue à l'EHESS en 2023.
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Soudan : sur les ruines du pays, des solidarités en lutte

La nouvelle brochure « Sudfa Media » 2025 sort aujourd'hui. On y parle de résistances locales, de solidarité internationale, de pillage des ressources naturelles, des luttes féministes, de patrimoine mémoriel, mais aussi de nourriture, de rap et de foot... Voici l'éditorial et comment se la procurer.
Tiré du blogue de l'auteur.
Depuis trois ans maintenant, "Sudfa Media" ce n'est pas qu'un blog Mediapart et un site internet, mais aussi une brochure imprimée, éditée une fois par an. Nous en sommes au quatrième numéro pour ce début d'année 2025, qui est consacré à la guerre mais aussi aux résistances locales et internationales contre la guerre.
La brochure comprend des contenus variés pour toucher tous les publics :
– Des explications pédagogiques pour comprendre la guerre au Soudan et les enjeux internationaux
– Des articles sur les résistances soudanaises sur le terrain et en exil
– Des cartes
– Des frises chronologiques
– Des portraits d'initiatives de solidarité
– Des traductions de textes et de chansons...
Elle est disponible à prix libre. Pour l'obtenir, il faut faire un don en ligne à notre association en cliquant sur ce lien. Nous vous l'enverrons ensuite par mail au format pdf !
Nous la proposons sur différents événements de solidarité avec le Soudan que nous organisons ou bien où nous sommes invités. Mais nous avons également besoin de votre aide pour la diffuser : si vous connaissez une librairie, un infokiosque, un bar-restaurant, un lieu associatif où vous pourriez proposer la brochure, ou si vous voulez la diffuser lors d'un événement de soutien au Soudan ou d'un évènement internationaliste, contactez-nous par mail à : sudfamedia@gmail.com.
Pour vous donner un petit aperçu du contenu, voici l'éditorial
"Chèr·es lecteur·ices de Sudfa,
Alors que la guerre au Soudan entre dans sa deuxième année, le pays traverse une période marquée par des bouleversements majeurs ainsi que des désastres humains et matériels sans précédent. On dit souvent que c'est une “guerre oubliée”, oubliée des médias, des gouvernements, de la communauté internationale. Et si cette guerre était ignorée intentionnellement, car elle sert de nombreux intérêts géopolitiques et économiques ? Si ce choix de l'oubli s'inscrivait aussi dans l'histoire coloniale globale ?
Ce conflit est une lutte pour le pouvoir entre deux hommes, le général Al-Burhan à la tête de l'armée et “Hemedti” à la tête des Forces de Soutien Rapides (RSF). Mais cette guerre est aussi un moyen pour différentes puissances étrangères de contrôler les ressources et d'installer leur domination dans ce pays stratégique (voir pages 2-3). Le Soudan est ainsi transformé en un théâtre d'affrontements géopolitiques où s'opposent différents intérêts impérialistes, provoquant plus d'une centaine de milliers de morts et des millions de déplacé·es. La guerre a un impact particulier sur les femmes, qui dénoncent le fait que leurs corps sont instrumentalisés comme des armes de guerre (p. 4). En détruisant le patrimoine culturel, les milices s'attaquent à la mémoire du pays (p.
5), ainsi qu'aux organisations sociales et aux liens relationnels.
Les affrontements entre l'armée soudanaise et les RSF, une milice autrefois alliée à l'armée, ont pour objectif de mettre un terme à la révolution démocratique qui avait mis fin au régime dictatorial d'Omar El-Béshir en 2018. Le pays voit sa population privée des droits les plus fondamentaux, tandis que les rêves des révolutionnaires s'effacent dans un sentiment général d'impuissance et de désespoir. La société civile soudanaise, auparavant unie dans la révolution, se retrouve divisée en plusieurs camps (p. 6-7).
Pourtant l'esprit de la révolution reste vivant au Soudan. On le retrouve à travers des initiatives locales, comme les “salles d'intervention d'urgence” et les cantines solidaires, qui s'auto-organisent pour atténuer les effets de la crise et prendre en charge les besoins essentiels (p. 8-9), ou dans des textes comme la “Charte révolutionnaire pour l'arrêt de la guerre” publiée par les comités de résistance (p. 10) ou encore à travers l'art en exil, notamment les chansons et le rap (p. 11). Ces initiatives témoignent que, même au milieu des ruines, la résistance continue de germer.
Les Soudanais·es de la diaspora continuent leur lutte par-delà les frontières pour soutenir les victimes de la guerre et pour construire une démocratie participative enracinée dans les réalités locales. Ils et elles rappellent que la situation au Soudan n'est pas isolée de celles en Palestine, au Liban, en Ukraine, en Syrie, en RDC et au Yémen, où les guerres impérialistes détruisent les communautés.
Ce quatrième numéro de la brochure de “Sudfa Media” vous propose ainsi de repenser la guerre au Soudan dans un contexte international. Les multiples interventions étrangères au Soudan nous invitent, nous aussi, à repenser la résistance dans une perspective transnationale. Et si, face au silence de ce qu'on appelle la “communauté internationale” (composée des États), les militant·es pour la justice et la paix formaient leur propre communauté internationale ? Une communauté de partage des savoirs politiques et pratiques, une communauté d'action, de solidarité et d'espoir (p. 12)...
Bonne lecture !"
L'équipe de Sudfa Media
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Déni d’humanité. Le rejet européen des personnes conduites à l’exil, de Claude Calame

Ce petit livre est une excellente analyse critique de la politique européenne envers les réfugiéEs, qui est un véritable scandale éthique et politique. L'auteur est directeur d'études à l'EHESS (École des Hautes Études en sciences sociales) à Paris et militant écosocialiste.
15 février 2025 | tiré de Hebdo anticapitaliste | Éditions du Croquant, 2024, 62 pages.
https://lanticapitaliste.org/opinions/culture/deni-dhumanite-le-rejet-europeen-des-personnes-conduites-lexil-de-claude-calame
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Comme le montre Claude Calame, les migrantEs sont pour la plupart victimes de guerres et de catastrophes sociales et environnementales pour lesquelles les puissances impérialistes et l'Europe en particulier sont largement responsables. On compte 108 millions de personnes déplacées en 2022, dont l'écrasante majorité se positionne à l'intérieur d'un même pays ou dans un pays (pauvre) limitrophe. Moins de 1 % de ces personnes contraintes au déplacement essayent d'arriver en Europe.
Politique inhumaine de fermeture des frontières
La politique européenne de fermeture des frontières est directement responsable de 50 000 morts environ depuis le début des années 2000, pour la plupart naufragéEs dans la Méditerranée. La police européenne des frontières, Frontex, joue un rôle déterminant dans la pratique de blocage et refoulement des migrantEs. Ce n'est pas un hasard si son ex-directeur, Fabrice Leggeri, a été élu député européen sur la liste du Rassemblement national lepéniste. Un des aspects les plus sinistres de cette orientation, ce sont les accords avec les garde-côtes libyens pour empêcher les migrantEs de partir, en les enfermant dans des camps où ils et elles sont soumis à des extorsions, des viols et des tortures. Il s'agit, constate Claude Calame, d'un véritable déni d'humanité.
Mesures répressives
Pour celleux qui arrivent, malgré tout, à atteindre les côtes de l'Europe, on a préparé un arsenal de mesures répressives, dans une logique de contrôle, de harcèlement et de bannissement, qui inclut aussi la criminalisation des aides et donc le « délit de solidarité ». Les divers gouvernements français se sont illustrés avec leurs mesures légales antimigrantEs, dont la loi Darmanin est tristement un bon exemple.
Cet ensemble de pratiques constitue, selon Claude Calame qui cite les travaux de divers juristes, un crime contre l'humanité. Heureusement des militantEs de la solidarité tentent de résister, en sauvant les migrantEs naufragéEs (SOS Méditerranée) ou en assurant leur accueil une fois arrivéEs en France ou Europe. Il s'agit, signale l'auteur, de partager avec elles et eux notre commune humanité. Mais en dernière analyse, seule la rupture écosocialiste avec le système dominé par le néolibéralisme autoritaire auquel nous sommes confrontéEs peut renverser la situation.
Michael Löwy

Zones sacrifiées

Il existe, en chacun de nous, une part fragile et essentielle qui ne peut être déposée sur d'autres épaules ou en d'autres cœurs. C'est cette partie-là de nous, cette part « indélégable », qui rend le soulèvement de chacun·e unique et irremplaçable. « Personne, écrit Thoreau, ne peut être moi à ma place ». C'est à partir de cette vérité que nous agissons. À partir de là que nous dénonçons et que nous désobéissons. C'est aussi à partir de ce je unique et singulier que nous aimons.
Ce livre est né d'une impulsion collective, militante, citoyenne initiée par la marche du 13 octobre 2024, à Rouyn-Noranda. Il prend sa source dans tous nos moi indélégables : dans le sentiment profond de devoir agir pour les autres, au nom de la dignité humaine. Il met de l'avant la colère, l'espérance et l'indignation en un collage de photos, de témoignages et de textes citoyens dans leur état brut.
Anaïs Barbeau-Lavalette, Véronique Côté et Steve Gagnon, père/mères au front et auteurices, ont répondu, à l'instar de Laure Waridel et Eve Landry, à l'appel des Mères au front de Rouyn-Noranda. Ces dernières, lasses de crier dans le désert face au gouvernement et au géant Glencore, ont demandé du renfort. Iels ont souhaité, avec deux citoyennes et militantes de Rouyn-Noranda, Isabelle Fortin-Rondeau et Jennifer Ricard Turcotte, témoigner de ce qu'ils ont vécu le 13 octobre 2024 et plus largement, du drame de la qualité de l'air qui se joue encore aujourd'hui à Rouyn-Noranda.
Zones sacrifiées, Éditions du Quartz, 2025, 128 p.
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Les travailleurs d’un refuge dénoncent la Commission du travail

Trump et les néonazis de Tel-Aviv

On le savait raciste, suprémaciste, génocidaire, voilà que depuis sa dernière visite à Washington, où il a rencontré Donald Trump l'impérialiste qui ne cache pas sa volonté de conquérir les pays voisins des Etats-Unis, le Canada, le Mexique, Panama, son canal et même le froid Groenland, le Premier ministre sioniste, Benyamin Netanyahu, vient de dévoiler sa nature néo-nazie, arabophobe et islamophobe. Il s'est dit « prêt à finir le travail entrepris au lendemain du 7 octobre » à Ghaza, en Cisjordanie et dans le reste du Proche-Orient.
Tiré d'El Watan.
Encouragé par les propos irresponsables du Président américain, franchement impérialistes et néocoloniaux, le Premier ministre de l'entité sioniste reprend à son compte l'expression favorite de tous les Néo-Nazis d'Europe et d'ailleurs, regrettant que la « solution finale », c'est-à-dire l'extermination de tous les juifs du Vieux Continent, pensée par Adolf Hitler et tous les Nazis, n'a pas été menée à son terme.
A savoir la poursuite de l'ethnocide des juifs d'Europe jusqu'au bout, un rêve que caressent beaucoup de groupuscules et de leaders d'extrême droite européenne qui vont jusqu'à arborer les croix gammées et croix de fer des « Waffen SS » hitlériennes sur leurs poitrines et à adopter le salut nazi dans leurs meetings où ils jurent de « casser de l'Arabe et du musulman ».
Telle est la vraie nature, aujourd'hui en 2025, de ces descendants de déportés de survivants des camps de la mort de la Seconde Guerre mondiale, d'Auschwitz et d'ailleurs, transformés en génocidaires, en ordonnateurs du nettoyage ethnique des Palestiniens de Ghaza et de Cisjordanie.
A vrai dire, Netanyahu et les suprémacistes racistes de son gouvernement sont les indignes continuateurs de l'entreprise d'extermination des populations arabes de Palestine, pensée et exécutée par les fondateurs de l'entité sioniste que furent Ben Gourion, Golda Meir et autre Shimon Pérès à partir de 1947. Une déportation des Palestiniens, accompagnée d'une dépossession de leurs terres ancestrales menée par les groupes terroristes sionistes de l'Irgoun, de la Haganah, du Stern…
Des villes comme Jaffa, Haifa ou Tibériade furent vidées, par la force des armes, de leurs populations arabes et annexées au territoire attribué aux juifs par le plan de partage de la Palestine décidé par l'Organisation des Nations unies. Entre 900 000 et un million de Palestiniens prirent ainsi les chemins de l'exil, abandonnant les terres de leurs ancêtres à jamais. Une tragédie qui allait marquer la conscience collective du peuple palestinien comme une grande catastrophe, la « Naqba ».
Tout au long de ces 77 dernières années, la politique expansionniste sioniste d'Israël a pris prétexte des guerres avec les pays arabes voisins pour étendre sa domination, par l'annexion de nouveaux territoires comme le Golan syrien et l'implantation de colonies en Cisjordanie conquises sur les terres palestiniennes où se sont installés près d'un million de colons juifs en moins de trente ans.
Tant et si bien que ces annexions territoriales ont permis l'expansion d'Israël de plusieurs milliers de kilomètres, rendant impossible la viabilité du territoire palestinien en Cisjordanie du fait même de l'implantation de colonies sionistes, accompagnée d'une politique ségrégationniste à l'égard des populations arabes palestiniennes, y compris à Jérusalem-Est.
Ainsi, un véritable Etat d'apartheid s'est mis en place depuis ces trente dernières années. Apartheid sioniste dénoncé par les organisations internationales des Nations unies et les différentes ONG humanitaires qui ont déploré les violations du droit international, à travers la poursuite du nettoyage ethnique sioniste vis-à-vis des populations arabes de Palestine.
La guerre génocidaire ordonnée par Benyamin Netanyahu et les suprémacistes racistes de son gouvernement au lendemain du 7 octobre 2023 contre les Palestiniens de Ghaza et de Cisjordanie vient d'être confortée par les propos de l'impérialiste Donald Trump qui préconise de vider Ghaza de sa population et de la transférer vers d'autres pays voisins, sans droit de retour.
Une proposition ignoble, émanant du chef de la première puissance mondiale que les sionistes israéliens ont toujours rêvé à sa concrétisation depuis plus de 77 ans. Rien de moins que la poursuite du nettoyage ethnique, mené « au pas de charge », sous le scandaleux prétexte de faire de Ghaza la riviera du Proche-Orient. Proposition applaudie à tout va par les génocidaires sionistes, il va de soi.
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Ukraine – Le dilemme de la gauche : être prêt à se battre ou laisser les autres décider

La grève des fros, Abitibi 1934
En 1993, le musicien engagé Richard Desjardins rappelle à notre mémoire collective la grève des fros qui s’est déroulée en juin 1934 à la mine Noranda en Abitibi. Depuis, les militant·e·s connaissent sa chanson emblématique, mais beaucoup moins l’histoire derrière. Un retour sur cette grève pionnière, courageuse et radicale s’impose afin de comprendre son importance pour le mouvement ouvrier. Par-delà sa féroce répression, l’action des fros demeure exemplaire[1].
À partir de la fin du XIXe siècle, les régions du Témiscamingue puis de l’Abitibi sont progressivement développées. On tente d’y instaurer des communautés agricoles, tout en exploitant les ressources naturelles, dont le bois et le minerai. En raison de la difficulté à cultiver des terres à cette latitude, de nombreux colons[2] finissent par travailler dans les chantiers forestiers et dans les mines. Les compagnies profitent de la complaisance des gouvernements et de la disponibilité de cette main-d’œuvre pour exploiter les ressources et la population, engrangeant d’énormes profits au passage. Malgré tout, le développement des mines d’or et de cuivre le long de la faille de Cadillac nécessite toujours plus de bras et les compagnies font venir des mineurs d’Europe de l’Est par milliers au tournant des années 1930.
Dans ce contexte, la Noranda Mines Limited, une société appartenant à des investisseurs new-yorkais, fonde en 1926 la ville éponyme dédiée à l’extraction et à la transformation du cuivre. La ville est sous le contrôle total de l’entreprise grâce à un statut dérogatoire octroyé par le gouvernement. La mine et la fonderie Horne entrent en activité l’année suivante, entraînant une arrivée massive de travailleurs canadiens, finlandais, yougoslaves, polonais, russes et ukrainiens. Au début des années 1930, les villes de Noranda et de Rouyn comptent plus de 5 500 habitant·e·s, dont 1 300 sont employés dans la mine. L’existence y est difficile, mais avec la Grande Dépression et le chômage qui perdurent, la compagnie se permet d’imposer ses conditions… du moins, jusqu’à l’arrivée du syndicat au début de l’année 1933.

La Mine Workers’ Union et la grève de 1934
À l’époque, les conditions sont particulièrement éprouvantes pour les mineurs qui travaillent six ou sept jours par semaine, 10 à 12 heures par jour, pour un salaire de 60 cents de l’heure. Les mineurs de fond sont exposés à la poussière de silice et au bruit, sans ventilation adéquate ni équipement de protection. Ils sortent détrempés du trou « et rentrer en habits mouillés, ce n’était pas drôle, surtout l’hiver quand il fallait traverser à pied le lac gelé, balayé par le vent, parce qu’il n’y avait pas de service d’autobus dans ce temps-là »[3]. Quant aux travailleurs immigrants, d’Europe du Nord et de l’Est – les fros, une contraction du mot foreigners (étrangers) – ils sont à risque de se faire expulser du pays s’ils ne respectent pas les consignes de leurs patrons. C’est pourtant au sein de ces communautés migrantes, dont sont issus 50 % des mineurs de Noranda, que se développent une conscience politique et une première activité syndicale. Plusieurs de ces travailleurs possèdent une expérience militante et ils savent que, malgré les menaces, c’est par l’action collective qu’ils ont une chance d’améliorer leur sort.
Un certain nombre de mineurs adhèrent à la Mine Workers’ Union of Canada (MWUC) à partir de 1933. Ce syndicat, principalement implanté en Ontario, est affilié à la Workers’ Unity League, une organisation communiste connue pour sa combativité. Le syndicat recrute principalement auprès des travailleurs étrangers qui soit connaissent déjà l’organisation pour l’avoir côtoyée dans d’autres villes minières, soit y sont favorables en raison de leurs conditions exécrables. De plus, une partie des fros sont liés au Parti communiste du Canada, bien implanté dans la région de Noranda et qui encourage les initiatives du MWUC. Le syndicat organise les travailleurs en cellules, permettant d’éviter un démantèlement de tout le réseau en cas d’infiltration policière. Le 11 juin 1934, les mineurs présentent leurs demandes au patron de la mine, Harry Roscoe : ils veulent la reconnaissance de leur syndicat, la journée de 8 heures de travail, une ventilation adéquate dans les tunnels et une augmentation de 6 cents de l’heure. Face à l’intransigeance de Roscoe, la grève est déclenchée le lendemain.
Environ 300 hommes et femmes ont déclaré la grève hier matin […]. Une centaine d’hommes ont été acceptés hier soir par la Noranda Mining Company pour remplacer un nombre égal de grévistes. La compagnie a devant elle 150 autres applications et elle signera un certain nombre de contrats d’engagement aujourd’hui.
La Gazette du Nord, 15 juin 1934
Plus de 300 mineurs de fond participent au débrayage, très majoritairement des Européens de l’Est, et bloquent l’entrée du puits avec l’aide de centaines de sympatisant·e·s. La compagnie, qui contrôle les autorités locales, maltraite les grévistes et fait emprisonner ceux qu’elle considère comme les meneurs. Roscoe refuse toute négociation par crainte de créer un précédent et fait appel à des briseurs de grève, en majorité canadiens-français. Les grévistes répondent par le « cloutage » des routes afin de crever les pneus des camions qui acheminent les scabs vers la mine. La stratégie patronale se fonde à la fois sur la répression et la division des travailleurs, avec un usage retors des fractures raciales et de la peur du communisme chez les Canadiens. Enfin, on mise sur la pauvreté généralisée pour monter les ouvriers dans le besoin les uns contre les autres. Ces stratagèmes portent fruit et la grève prend fin le 22 juin 1934. Plusieurs dizaines de mineurs sont condamnés à des peines de prison, d’autres sont expulsés du Canada dans les semaines qui suivent. À la fin de l’été 1934, la moitié des travailleurs étrangers de la mine ont été licenciés en raison de leur activité syndicale, soit plus de 350 personnes.


« Reprendre notre place dans la lutte des classes »[4]
La répression brutale de la grève des fros a porté un dur coup au mouvement syndical et socialiste des années 1930 et 1940, d’autant qu’elle était couplée à une diabolisation patronale et ecclésiale des idées progressistes. Pourtant, cette grève a permis au moins deux avancées notables. D’abord, les conditions des mineurs ont été peu à peu améliorées durant les années suivantes, sous la menace persistante d’un nouveau débrayage. Ensuite, cette expérience de lutte a fourni un modèle pour l’organisation politique dans les milieux de travail, repris par les communistes et d’autres lors de différents conflits, dont les grèves du textile en 1937 et en 1946, ou lors des grèves de l’amiante en 1949, de Louiseville en 1952 et de Murdochville en 1957. Sans prétendre à un rôle constitutif de la grève des fros, on ne peut nier son importance dans l’élaboration d’une stratégie syndicale offensive, et ce, malgré la « grande noirceur » québécoise.
J’ai encore dans les oreilles les cris des autorités de la mine, « Come on Frenchies », et les « Frenchies » allaient avec fierté et ignorance couper le cou de d’autres travailleurs comme eux qui cherchaient à obtenir des conditions de travail raisonnables. Ces grévistes ne demandaient pas le luxe, croyez-moi !
R. Jodoin, En-d’ssour (Montréal, Éditions québécoises, 1973) 102.
Plus qu’une mise en garde contre la division qu’entraîne le racisme ou qu’un simple épisode de notre histoire, la grève des fros nous rappelle l’importance du rapport de force lorsque vient le temps de lutter pour nos droits et le rôle que doit jouer la politique dans les conflits de travail. La grève de 1934 n’a pas été immédiatement victorieuse. « Ç’a été joliment dur pour ces gens-là parce que c’était une grève illégale et inorganisée, on va dire. Et puis ces gens-là n’ont certainement pas eu le mérite, le crédit qu’ils auraient dû avoir de cette grève-là. »[5] Mais les fros ont laissé en héritage de meilleures conditions pour tous les mineurs, ainsi qu’une ambition et une détermination à changer radicalement le monde[6].
Nous présentons ici le mémoire Mines et syndicats en Abitibi-Témiscamingue 1910-1950, rédigé en 1978 par Bernard-Beaudry Gourd. Il s’agit non seulement de l’une des rares études qui existent sur la « Grève des Fros », mais son intérêt réside surtout dans le fait que le document reprend directement les interventions de certains acteurs de cette grève.
Mines et syndicats en Abitibi-Témiscamingue 1910-1950

Notes
[1] Ce texte est une version bonifiée d’un article originalement paru dans le numéro 98 (décembre 2023) de la revue À Bâbord !
[2] Le masculin est employé pour référer à certains corps de métier réservés aux hommes à l’époque, dont les bûcherons et les mineurs.
[3] L., mineur à Noranda, cité par DUMAS, Evelyn. Dans le sommeil de nos os, Montréal, Leméac, 1971, page 27.
[4][4] Message collectif de 15 grévistes, adressé à leurs camarades, lors de leur libération de la prison de Bordeaux après deux années d’enfermement, en juin 1936.
[5] Entrevue réalisée en 1976 avec Rémi Jodouin, mineur et syndicaliste abitibien.
[6] Pour connaître les malversations de la Noranda Mines Limited (achetée en 2006 par Xstrata, puis en 2013 par Glencore) et de la fonderie Horne, on consultera le récent ouvrage de CÉRÉ, Pierre. Voyage au bout de la mine. Le scandale de la fonderie Horne, Montréal, Écosociété, 2023.
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Emplois municipaux, pour qui ?
Retour à la table des matières Droits et libertés, automne 2024 / hiver 2025
Emplois municipaux, pour qui?
Elisabeth Dupuis, Responsable des communications, Ligue des droits et libertés Le Québec, le Canada et les municipalités, ont des devoirs et obligations inscrits dans des lois, des Chartes et des Conventions, qui devraient toujours les guider dans l’élaboration de politiques ou de législations. Ces dispositions sont nécessaires afin d’assurer le respect des droits humains aux personnes en situation de handicap (PSH) dans des conditions d’égalité avec les autres1 et assurer leur pleine participation sociale. Dès 2001, le Québec s’est doté d’une loi pour corriger la situation des personnes faisant partie de certains groupes victimes de discrimination en emploi2. La Loi sur l’accès à l’égalité en emploi dans les organismes publics (LAÉE) s’applique notamment à toutes les municipalités qui emploient 100 personnes et plus. Après des années de mise en œuvre progressive de la LAÉE – le groupe des personnes handicapées a été ajouté en 2007 —, les avancées en matière d’emploi dans les municipalités auraient pu être significatives pour les PSH. Le 7e Rapport triennal 2019-20223, qui fait état de la situation en matière d’accès à l’égalité en emploi des organismes publics, explique que les 388 organismes assujettis incluant 71 municipalités sont très loin d’atteindre les indicateurs-cibles. En effet, l’écart est grand entre la représentation totale (0,9 %) des PSH et l’indicateur cible à atteindre (10,5 %) de leurs effectifs, et ce, malgré les augmentations des embauches entre 2019 et 2022. Les 71 municipalités embauchent 633 PSH sur un total de 74 288 employé-e-s. Malgré l’existence de nombreuses ressources et services en intégration et maintien en emploi disponibles à Montréal et sa région, la métropole a un faible taux de représentation soit 1 %. En 2019-2022, seules deux municipalités atteignent et dépassent leur indicateurcibles : Chambly (5 %) et Magog (6 %). Assujettie récemment à la LAÉE, la Ville de La Tuque atteint un taux de 5%! La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) énonce des préoccupations dans un contexte d’emploi favorable : « leur taux de représentation tarde à augmenter, et ce, malgré les efforts investis par les organismes publics […] » et ce taux, qui se situe toujours aux alentours de 1 % [depuis 2007], met en évidence « que les stratégies de recrutement et d’embauche des membres de ce groupe ne donnent pas réellement de résultats4 ».Tant de choses restent à faire pour que les PSH puissent exercer pleinement leurs droits et participer à la société. Les obstacles physiques, organisationnels et comportementaux5 sont identifiés au stade de l’embauche, de l’intégration et du maintien en emploi.Parmi ces obstacles, on retrouve en premier lieu le capacitisme ; la représentation du travailleur idéal ; les offres d’emploi ; l’accessibilité et l’adaptation des lieux de travail ; la compréhension et l’application des accommodements et des adaptations ; l’adéquation du transport adapté et des horaires de travail ; l’absence de culture d’inclusion ; l’application des conventions collectives ; le questionnaire médical préembauche, etc. L’interdépendance des droits est de toute évidence au cœur de la réalité des personnes en situation de handicap. Nous pouvons exiger des municipalités qu’elles en fassent davantage pour s’acquitter de leurs obligations légales et accélérer l’accès à l’égalité en emploi des PSH. Car il s’agit bien d’obligations qui leur incombent, et non de gestes charitables, pour permettre aux personnes en situation de handicap de participer pleinement à la société et d’exercer l’ensemble de leurs droits.
1 Mona Paré, La CDPH : des efforts du Canada depuis près de 20 ans, revue Droits et libertés, vol. 40, no 1, 2021. 2 Gouvernement du Québec, Rapport sur la mise en œuvre de la LAÉE, 2020. 3 CDPDJ, Rapport triennal, 2023. 4 Ibid. 5 CDPDJ, Rapport annuel du groupe visé des personnes handicapées, 2021.
L’article Emplois municipaux, pour qui? est apparu en premier sur Ligue des droits et libertés.
Cinq autres sections locales à la veille de rejoindre les grévistes
Quatre généraux colombiens accusés de 442 meurtres !
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