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Les syndicats ontariens de la santé dénoncent l’inaction du gouvernement

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Le 25 février, les travailleurs représentés par le Conseil des syndicats d'hôpitaux de l'Ontario (OCHU) ont manifesté à l'extérieur de l'hôpital général de Guelph. Alors que les conditions de travail et la qualité des soins s'effondrent, le syndicat a demandé au gouvernement Ford et aux (…)

Investir dans l’automobile, investir dans la précarité

27 février, par Marc Simard
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L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local Investir dans la culture de l’automobile revient à investir dans la précarité. Le pont de l’A20 au Bas-Saint-Laurent, dont la construction s’élève à 29,3 millions de dollars, en est un exemple frappant. Ce montant pourrait pourtant être (…)

Résultats 2024 de la CDPQ – Pas d’investissements complices des crimes contre le peuple palestinien !

27 février, par Coalition du Québec URGENCE Palestine
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Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal, le 26 février 2025 – À l’occasion de la présentation des résultats financiers 2024 de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), la Coalition du Québec URGENCE Palestine réitère ses demandes de désinvestissement des entreprises associées à des violations du (…)

Les politiciens canadiens courent comme de bons chiens vers leur maître

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L’article Les politiciens canadiens courent comme de bons chiens vers leur maître est apparu en premier sur L'Étoile du Nord.

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Contre les politiques trumpistes

27 février, par Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes (CQMMF), Emilia Castro — , ,
Voici le discours prononcé par Émilia Castro de la Coordination du Québec de la Marche Mondiale des Femmes (CQMMF) lors de la manifestation à Québec contre les politiques de (…)

Voici le discours prononcé par Émilia Castro de la Coordination du Québec de la Marche Mondiale des Femmes (CQMMF) lors de la manifestation à Québec contre les politiques de Trump. Ce rassemblement avait lieu devant le Consultat américain et a regroupé une centaine de personnes militantes.

Nous sommes réunies ici en appui solidaire envers les personnes militantes, les hommes et les femmes progressistes des État Unis confrontées à un gouvernement avec un président qui contrôle en exerçant un pouvoir que le permet entre autres de congédier dizaines de milliers de fonctionnaires, des professionnels et de les remplacer par ses partisans.

La Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes dénonce les politiques basées sur la discrimination, comme par exemple interdire du vocabulaire dans les règlements et les contrats fédéraux l'utilisation d'expressions telles que « orientation sexuelle et identité de genre », « diversité », « équité » et « inclusion », et « droits génésiques ».

De couper l'aide gouvernementale dans des institutions comme le ministère de l'éducation.

Nous dénonçons Trump son intention qu'il a clairement indiqué de mettre en œuvre des mesures extrêmes, comme le plus grand effort massif de déportation de l'histoire et d'attaquer ses ennemis en utilisant ses pouvoirs présidentiels.

Dans son programme on retrouve entre autres, de rejet de l'idée que l'avortement fait partie des soins de santé et à réduire les protections climatiques. Il soutient également le déploiement de forces militaires pour faciliter les arrestations à la frontière avec le Mexique.

Trump a plus de pouvoir pour mettre en œuvre ce projet de loi que les autres présidents grâce à la Cour suprême, qui a statué dans la récente affaire Trump v. United States, aussi incroyable que cela puisse paraître, que le président jouit d'une immunité présumée absolue contre les poursuites pénales si ses crimes font partie « d'actes officiels ».

Comme militante féministe et internationaliste je me permet de citer Simone de Beauvoir » N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis »
Nous resterons vigilants et vigilantes, nous resterons en action et mobilisées.

Se vouloir libre, c'est aussi vouloir les autres libres.

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L’« exceptionnalisme » américain et le fascisme de Trump

27 février, par Vinod Mubayi
Vinod Mubayi, collaboration spéciale, samedi 8 février 2025. Traduction Johan Wallengren. De nombreux présidents américains, y compris le président Obama, ont célébré (…)

Vinod Mubayi, collaboration spéciale, samedi 8 février 2025. Traduction Johan Wallengren. De nombreux présidents américains, y compris le président Obama, ont célébré l’Amérique pour son caractère « exceptionnel », prononçant une kyrielle de panégyriques vantant son exceptionnalisme. Ils ont (…)

Les personnes trans craignent grandement un recul de leurs droits

27 février, par Charlotte Veilleux — ,
Divergenres est un organisme de défense des droits trans et en ce moment notre communauté, notre équipe et nos partenaires communautaires craignent grandement un recul des (…)

Divergenres est un organisme de défense des droits trans et en ce moment notre communauté, notre équipe et nos partenaires communautaires craignent grandement un recul des droits LGBTQ+, mais particulièrement un recul des droits trans au Canada.

Aux États-Unis, les reculs sont déjà en cours. Le gouvernement de Trump ne reconnaît que deux sexes qui sont considérés immuables, les femmes trans se font bannir des sports, les militaires trans se font exclure, les femmes trans se font envoyer dans des prisons pour hommes, et l'accès aux soins d'affirmation de genre est en péril.

Les personnes trans ont peur, et avec raison. Plusieurs personnes trans ont commencé à stocker leurs hormones, par peur de se faire retirer leurs médicaments nécessaires. Les thérapies de conversions prennent de l'ampleur et sont normalisées. Plusieurs personnes trans se voient refuser leur renouvellement de passeport avec leurs marqueurs de genres adéquats ou se font carrément confisquer leurs documents. Des comptes se font bloquer sur Meta en raison de “propagande trans”. Et la liste délirante et anxiogène de recul des droits trans continue encore longtemps…

Une tonne de sites officiels du gouvernement de Trump ont retiré toute mention des personnes trans. Par exemple, le site des parcs nationaux, dans sa section sur le monument national de Stonewall, utilise maintenant l'acronyme LGB et ne mentionne plus les personnes trans. Pourtant, les émeutes de Stonewall étaient des manifestations violentes rendues possibles par des personnes trans. Ces émeutes ont été une des étapes importantes de désobéissance civile afin que les personnes LGBTQ+ puissent avoir les droits qui leurs reviennent.

La recherche scientifique est aussi menacée par les politiques de Trump.

Le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies a demandé à ses scientifiques de rétracter ou de suspendre la publication de tout manuscrit de recherche qui comprend des “termes interdits”. Utiliser des termes interdits comme “genre, transgenre, transsexuel ou non-binaire” pourrait faire perdre le financement des scientifiques qui font des recherches sur nos communautés. On sonne l'alarme : cette censure importante de la recherche et des informations en ligne nous inquiète au plus haut point.

On essaye très fort de nous effacer en ce moment. Tout comme les nazis qui ont brûlé des bibliothèques de livres sur la recherche sur le genre en 1933, Donald Trump essaie d'effacer systématiquement les personnes trans et intersexes parce que leur existence même menace sa vision fasciste du monde. On assiste présentement à des brûlages de livres nazis à l'ère de l'internet, il y a peut-être moins de flammes mais il y autant de censure et de violence.

Toutes les personnes marginalisées se font cibler par les politiques de Trump, et l'impact de ces politiques va particulièrement se faire sentir chez les personnes à l'intersection de plusieurs oppressions, comme les femmes trans racisées.

Nous avons peur qu'attaquer autant publiquement les droits des personnes marginalisées, ça mène à encore plus de violence, puisque la haine devient complètement décomplexée. Être transphobe, raciste ou sexiste semble soudainement une opinion valide, pas un enjeu d'ignorance.

Ce qui est certain, c'est qu'on ne peut pas prendre nos droits pour acquis au Canada. On voit comment ça peut rapidement dégringoler. C'est le temps de solidariser nos politiciennes et politiciens locaux à nos causes et de nous mobiliser.

Des attaques aussi directes à nos droits, ça peut nous paralyser de peur, pis c'est ça qu'ils veulent : qu'on soit isolés et apeurés. Il faut combattre ça avec des actions de solidarité, et tisser des liens communautaires parce qu'ensemble on est plus fort qu'eux ! On va avoir besoin d'allié.e.s et de solidarité plus que jamais pour mener ces luttes ! Sachez que les personnes trans sont derrière vous, on va vous soutenir et on ne se laissera pas effacer.

« Frénésie de va-t-en-guerre »

26 février, par Melanie Schweizer, Yanis Varoufakis — ,
Nous nous tournons vers Munich où la conférence de haut niveau sur la sécurité se déroule en ce moment avec des douzaines de leaders. Premier point au programme : la guerre (…)

Nous nous tournons vers Munich où la conférence de haut niveau sur la sécurité se déroule en ce moment avec des douzaines de leaders. Premier point au programme : la guerre Russie-Ukraine.

Democracy Now 14 février 2025
Traduction, Alexandra Cyr

Amy Goodman : Le Président ukrainien, Volodymyr Zelenski devrait y rencontrer le Vice-président J.D.Vance et le Secrétaire d'État Marco Rubio aujourd'hui. Plus tôt cette semaine, le Président Trump a déclaré qu'il rencontrerait le Président V. Poutine pour mettre fin à cette guerre vieille de presque trois ans. Cette annonce a soulevé en Europe la peur que le Président Zelenski soit exclu des pourparlers. Voici la déclaration du Chancelier Scholz :

C. Olaf Scholz : (depuis la traduction en Anglais de l'Allemand). Rien ne doit se décider à propos de l'Ukraine sans les Ukrainiens.nes et rien à propos de l'Europe sans les Européens.nes. Cela va de soi. Nous sommes d'accord avec tous nos amis et partenaires en Europe à ce sujet. Une chose est très claire pour moi : toute solution négociée doit permettre à l'Ukraine d'avoir des forces armées à sa disposition dans le futur qui lui permette de combattre toute nouvelle attaque russe. C'est un défi considérable financièrement, matériellement et logistiquement. Cela va surpasser les capacités financières de l'Ukraine pour envisager l'avenir. Nous les Européens avec nos partenaires transatlantiques et internationaux devons l'assurer de notre présence.

A.G. : Jeudi, le Président Trump est revenu sur ses déclarations antérieures et a assuré les reporters que « bien sûr » l'Ukraine participerait aux discussions avec la Russie.

Le Vice-président J.D.Vance a déclaré au Wall Street Journal que les États-Unis pourraient frapper la Russie avec des sanctions et même utiliser des « moyens de pression militaires » si V. Poutine n'accepte pas une entente qui garantira l'indépendance ukrainienne à long terme. Il a ajouté qu'il entend dire aux leaders européens d'accueillir chaleureusement les partis populistes, de faire cesser l'immigration de masse et de revenir à les politiques progressistes. Il ne rencontrera pas le Chancelier allemand qui est l'hôte de la conférence.

Plus de 40 ralliements de protestations contre cette conférence sont programmés à Munich.

Pour mieux comprendre la situation nos avons deux invités à Munich : Melanie Schweizer est avocate. Elle a travaillé au Ministère du travail et des affaires sociales allemand. Elle est membre du Parti progressiste MERA25, et candidate à l'élection législative plus tard ce mois-ci.
Aussi, Yanis Varoufakis, ancien ministre des finances grec sera avec nous. Son ouvrage le plus récent est intitulé : Technofeudalism : What Killed Capitalism. Il doit prendre la parole à un de ces rassemblements de protestation samedi à Munich. Leur slogan : « Peace-capable instead of war-capable » !

Yanis Varoufakis nous allons commencer avec vous. Qu'est-ce que cela veut dire ? Quel est votre message à Munich en ce moment où se trouvent le nouveau Vice-président américain et le nouveau Secrétaire d'État américain ? Bien sûr qu'ils ne sont pas seuls. Le message, le sujet principal est la guerre entre la Russie et l'Ukraine.

Yanis Varoufakis : Amy, l'Europe était un merveilleux projet de paix. L'idée de réunir différentes nations dans l'Union européenne devait faire en sorte qu'il n'y ait plus de guerre en Europe. Malheureusement, cernée par deux différents autoritarismes, celui de V. Poutine d'une part et les forces des va-t-en-guerre expansionnistes américains.es dirigés.es par l'Alliance atlantique (OTAN) par ailleurs, l'Europe a été essentiellement captive d'une frénésie de va-t-en-guerre. Pensez-y, la cheffe de la défense et la porte-parole pour la sécurité de l'Union européenne, l'ancienne Première ministre estonienne, Mme Kaja Kallas, plaidait pour l'effondrement de la Fédération de Russie et la rupture (avec ce pays). C'est un appel à la guerre.

Donc, nous sommes à Munich pour démontrer la transformation de l'Union européenne en union de guerre. Et n'oubliez pas que cette conférence soi disant sur la sécurité est dans les faits un bizarre bazar d'armements. Tous les marchands d'armes du monde les plus ambitieux sont ici pour supposément discuter de paix. Nous sommes ici pour leur imposer notre récit pacifique.

A.G. : Pouvez-vous, Yanis, nous parler de ce que le Président Trump dit à propos des armements nucléaires chinois, russes et américains ?

Y.V. : Les motivations de D. Trump sont toujours douteuses. Et ses négociations peuvent ne virer à rien. Mais cette idée de négociations a surgi devant l'ampleur de cette confrontation nucléaire. Rappelez-vous, l'horloge nucléaire est très, très proche de minuit maintenant, le plus proche depuis au moins 50 ou 60 ans. Ce n'est pas une mauvaise idée d'avoir des négociations tripartites. Mais, ce à quoi cela devrait conduire … avec le comportement de D. Trump qui ne cesse d'inonder la zone d'incertitudes pour des objectifs très, très douteux…

A.G. : Je veux faire entrer Melanie Schweizer dans la conversation. Elle est membre du Parti MERA25 et candidate à l'élection législative de ce mois-ci. J'ai dit que vous aviez été avocate au Ministère allemand du travail et des affaires sociales. Pouvez-vous nous parler des pressions dont vous avez été l'objet et de ce qui vous est arrivé ?

Melanie Schweizer : Oui, merci beaucoup. Bonjour Amy. Merci de me fournir ce moment pour vous parler.

Je pense que la situation allemande, en ce moment, est vraiment désastreuse. Il y a une attaque flagrante contre la liberté d'expression et la liberté de rassemblement. Nous sommes témoins du démantèlement de l'État de droit au moment où la démocratie est en crise. Et nous voyons venir ces élections avec la peur au ventre ; nous pensons qu'il se peut que ce soit la dernière élection avant l'arrivée du fascisme parce que les Partis centristes, les Sociaux démocrates, les Verts, et le Parti de gauche ont adopté non seulement la rhétorique de l'extrême droite mais aussi ses politiques.

Ils ont présenté de nouvelles résolutions contre la liberté de parole. Ils ont empêché Francesca Albanese de prendre la parole dans les universités cette semaine et la semaine prochaine. Ces politiciens.nes ont aussi réprimé les manifestants.es du mouvement contre la guerre et celui contre la violence génocidaire. La semaine dernière il était interdit de parler une d'autres langues que l'Anglais ou l'Allemand à cause de mensonges répandus par le plus grand journal d'extrême droite en Allemagne, Axel Springer. Il ne cesse de s'en prendre aux personnes et publie des informations confidentielles à leur propos. Alors, qui que ce soit en Allemagne qui parle en ce moment contre les crimes de guerre israéliens, contre le gouvernement, est susceptible de répression politique tout comme de révélations personnelles ou politiques par ailleurs confidentielles. Des gens perdent leur emploi, alors que pourtant, il est possible d'afficher sa rhétorique génocidaire sans avoir peur de quelque conséquence que ce soit.

C'est pour ça que je suis candidate. C'est pour ça que je suis devenue active en politique, parce que je pense que c'est très sérieux. Comme Allemande, avec l'histoire allemande, je me sens obligée de parler face à l'oppression, l'injustice et spécialement parce que je suis avocate et que j'ai été préparée à défendre la Constitution et donc la loi internationale.

Je veux ne vous donner qu'un exemple récent de la manière dont ces discours de haine sont rendus normaux. Récemment, une personne juive, journaliste de métier, a été accusée d'incitation à la haine simplement pour avoir dit : « Nous Juifs, … ne sommes pas des victimes ». Donc, aussitôt que quelqu'un parle contre cette chasse aux sorcières, il est poursuivi. Encore hier, le Ministre de l'intérieur a publié sur les réseaux sociaux en déclarant avec fierté que l'Allemagne est le seul pays qui expulse des gens en Afghanistan. Avec fierté ! Cela a soulevé une vague de protestation : « Comment pouvez-vous être fiers.ères qu'un pays européen expulse (des gens) en Afghanistan ? En ajoutant : « où les Talibans sont exercent le pouvoir ». Aujourd'hui, au cours d'une entrevue que le Chancelier a donnée, un journaliste lui a demandé : « Qu'allez-vous faire si la Cour pénale internationale arrive à la conclusion qu'il y a eu un génocide à Gaza » ? Il a répondu : « Je ne répondrai pas à ces questions. Ce n'est pas possible. Ça n'arrivera pas. C'est absurde. Ça n'arrivera pas ».

A.G. : Melanie Schweizer, avez-vous été suspendue du Ministère du travail et des affaires sociales ?

M.S. : Oui, de fait je l'ai été. Je me suis donc exprimée sur Twitter en donnant mon nom. On a publié des informations confidentielles sur moi, donc on a découvert que je travaillais à ce Ministère. J'étais en vacances en décembre et je devais reprendre le travail en janvier. Aussitôt j'ai été suspendue avec effet immédiat. Depuis ce moment-là, un article venant de Axel Springer, publié dans Bild-Zeitung est sorti et je n'ai plus jamais mis un pied dans ce Ministère. Je n'ai toujours aucune idée … la seule chose dont je suis consciente c'est de m'être exprimée à propos du génocide en cours et que cela devait cesser, que l'Allemagne devait cesser de fournir des armes à Israël et qu'il devait être sanctionné.

A.G. : Je veux revenir à Yanis Varoufakis et parler d'Elon Musk. On l'appelle le Président X, non pas pour désigner un ancien Président américain (Ex Président n.d.t.), mais bien par la lettre X. Il est propriétaire d'une des plus grandes plateformes de médias sociaux au monde, la plateforme X, et il apparait à côté du Président dans le Bureau ovale. Il semble prendre beaucoup de décisions, il a présidé à une rencontre de dirigeants.es internationaux en Allemagne et il vient tout juste de participer à une conversation de deux heures avec l'AFD, en soutient à l'AFD (Parti d'extrême droite en Allemagne n.d.t.). Pourriez-vous nous décrire ce Parti et sa montée si rapide ? Pouvez-vous nous le décrire comme un parti Néo Nazi ? Et son rôle dans la manière dont vous parlez de techno féodalisme à propos d'Elon Musk ?

Y.V. : Commençons par l'Alternative für Deutschland, l'Alternative pour l'Allemagne. C'est un Parti qui s'est présenté comme euro sceptique et contre la monnaie unique. Il s'est servi de figures de style et autres tournures de phrase pour faire allusion au passé nazi. Il serait erroné de l'appeler parti nazi ou néo nazi. Il est plus exact de le qualifier de parti conservateur, raciste, xénophobe ce qui réfère à la période noire du nazisme.

Pour ce qui est d'Elon Musk, c'est un seigneur féodal de la technologie. Il faut se rappeler qu'il est un de ces seigneurs, arrivé sur le tard, après Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Google et Microsoft qui ont été les pionniers des seigneurs féodaux de la technologie. Ils ont créé un système numérique dans lequel nous sommes enfermés.es et où on trouve une exploitation massive de tous et toutes, les gens qui vendent des produits sur Amazon, les médias et les journaux, et ceux et celles dont le travail a été usurpé. Mais Musk … il était un capitaliste standard. Il produisait des autos, des fusées. Ce n'est pas un produit standard mais quand même un produit industriel. Et il s'accapare de Tweeter ! Il l'achète parce qu'il veut connecter son empire capitaliste avec ce que j'appelle un « cloud capital », le capital algorithmique qui possède la remarquable capacité de modifier vos comportements. Quiconque possède cette capacité, le pouvoir, le capital et ce capital algorithmique peut tirer d'énormes bénéfices du reste de la société. Et, très vite, il décide de faire ce que tous les capitaines d'industrie ont fait dans le passé, c'est-à-dire amadouer le gouvernement et arriver à accéder directement au pouvoir politique. C'est un retardataire mais il avance très vite n'est-ce pas ?

A.G. : Je veux vous lire un extrait d'une publication de Reuters et du Wall Street Journal : « Celui qui vraisemblablement sera le prochain Chancelier allemand a mis en garde … Elon Musk devra faire face aux conséquences de son intervention pour favoriser l'AFD avec sa plateforme X. Ce qui est arrivé durant cette élection ne peut rester sans réponse », a déclaré au Wall Street Journal, Friedrich Merz, le meneur dans les sondages en vue de l'élection du 23 février. Musk n'a cessé de demander aux Allemands.es de voter pour l'AFD en disant que seul ce Parti peut sauver le pays. Qu'elle est votre réaction par rapport à ce que vous voyez en Allemagne en ce moment et ce qui arrive aux États-Unis où E. Musk a fait le salut nazi plusieurs fois dans les ralliements de D. Trump ?

Y.V. : C'est renversant de voir que nous devions être témoins de ces scènes de nos jours. Spécialement (quand c'est rattaché) à la mafia sud-africaine qui est derrière celle de PayPal. Rappelez-vous, ces gens ont grandi avec l'apartheid dans la tête.

Mais, permettez-moi de faire quelques commentaires à propos de Freidrich Merz qui sera le prochain Chancelier allemand si on en croit les sondages. Vous dites qu'il s'est retourné contre E. Musk en l'accusant plutôt correctement d'avoir mis sa plateforme au service de la cheffe de l'AFD. Même s'il est dans la vérité en disant cela, il est probablement la quintessence de l'hypocrisie. Il n'y a pas plus de dix jours, ce leader du CDU qui est en avance en Allemagne, c'est allié à l'AFD pour faire passer au parlement fédéral allemand une résolution xénophobe, raciste, toxique qui vise les requérants.es du statut de réfugié. Ensemble, L'Union démocratique chrétienne avec l'AFD ; vous devez en avoir entendu parler. Donc c'est le même homme qui deviendra Chancelier d'Allemagne qui accuse E. Musk d'avoir ouvert sa plateforme à l'extrême droite allemande alors qu'il a déjà couché avec elle.
Voilà où nous en sommes. Nous sommes maintenant pris.es dans cette diabolique alliance entre les centre droit et l'extrême droite. Et je crains vraiment qu'après les élections fédérales nous soyons dans la même situation qu'en Autriche ou dans les Pays bas : l'extrême droite et le centre droit poussent l'échiquier politique de plus en plus profondément dans la misanthropie utilisée comme une arme.

A.G. : Melanie Schweizer, vous êtes candidate pour le Parti MERA25 qui est un nouveau parti. Expliquez-nous ce que signifie le soutien d'E. Musk à l'AFD ?

M.S. : D'accord. MERA25 est un parti relativement nouveau. Il a été créé en 2021 en Allemagne. C'est donc la première élection fédérale à laquelle nous prenons part. C'est un parti socialiste, internationaliste et anti impérialiste. Il a été fondé dans la foulée du Mouvement européen pour la démocratie'25 (DiEM25). C'est un parti qui est résolument contre la militarisation. Nous pensons que nous avons besoin d'un mouvement politique mais en dehors des politiques, pour combattre les va-t-en-guerre dont nous entendons les discours, la préparation à la guerre. On se sent de plus en plus dans l'atmosphère de 1984, (le livre).

Ici, ce que nous voyons c'est aussi une instrumentalisation de notre passé, de notre histoire. L'antisémitisme et la raison d'État sont utilisés comme arme contre le peuple qui s'objecte à cette machine de guerre, qui veut mettre fin à la livraison d'armements. Entre 60 et 70% des Allemands.es ne veulent plus que des armes soient livrées à Israël. Tous les Partis présents au parlement le veulent aussi, ils soutiennent cette position. Mais ils ne respectent pas leur électorat, ils ne les représentent plus.

Et c'est la même chose … aujourd'hui l'idée que l'antisémitisme est un enjeu arabe ; nous avons abandonné notre histoire autour de ce sujet. Et voilà qu'arrive Elon Musk avec son salut nazi. Ça a été minimisé et on n'a pas nommé le geste correctement. Mais, en Allemagne, quand les gens défendent les droits des Palestiniens.nes, leur droit à la vie, à la dignité, on les traite d'antisémites.

Donc, ce qui se passe en ce moment c'est vraiment le fascisme en temps réel. Et ça empire de jour en jour ; ça devient vraiment apeurant, préoccupant. Et les médias sont complices de tout ça. Parce que nous sommes clairement contre et la guerre et son mouvement, nous n'avons aucun espace pour nous exprimer dans les médias. Ils ne nous donnent aucune couverture durant cette campagne électorale. Donc, comme Parti contre le mouvement belliciste, nous sommes marginalisés et menacés par la police également. On nous a informés que si nous organisions n'importe laquelle activité politique à Berlin, nous devrions les en aviser.

Qu'E. Musk travaille main dans la main avec L'AFD, ça dit aussi quelque chose des développements globaux. Mondialement, nous allons vers le fascisme. C'est ce qui fait que le gouvernement israélien peut parler comme il le fait en ce moment. C'est un gouvernement d'extrême droite fasciste. Tout cela avance de concert.

A.G. : Merci à vous deux. (…)

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Cabaret féministe

26 février, par Comité des femmes de Québec Solidaire Capitale-Nationale — , ,
Dans le cadre de la Journée internationale des droits des Femmes, le Comité des femmes de Québec Solidaire de la Capitale-Nationale vous invite à une toute nouvelle (…)

Dans le cadre de la Journée internationale des droits des Femmes, le Comité des femmes de Québec Solidaire de la Capitale-Nationale vous invite à une toute nouvelle édition du Cabaret féministe qui aura lieu le samedi 1er mars 2025 de 14 h à 16 h 30 à La Korrigane - Brasserie artisanale.

Venez partager vos textes, chansons, slams, danses ou autres.

Cette année, le thème principal sera le contexte politique et social actuel. Les sous-thèmes suggérés mais non restrictifs sont : justice climatique, femmes migrantes et immigrantes, femmes autochtones, violences obstétricales, travailleuses essentielles, charge mentale, violences, pauvreté, etc.

Préinscription recommandée pour les participant.es, ainsi que pour celles qui souhaitent contribuer au micro-ouvert non-mixte (pour les personnes s'identifiant comme femme ou non-binaire). La priorité sera accordée aux pré-inscriptions pour la prise de parole lors de l'évènement. Voici l'adresse courriel pour vous inscrire au micro-ouvert : comitedesfemmesqsqc@hotmail.com

Évènement mixte, mais participation au micro-ouvert non-mixte

Où ? La Korrigane - Brasserie artisanale

380 Rue Dorchester, Québec, QC G1K 6A7

Quand ? Le samedi 1er mars de 14 h à 16 h 30

Lien facebook de l'événement : https://www.facebook.com/share/18k77RrneE/

Au plaisir de vous voir en grand nombre !

Émilie, Ginette et Mathilde

Comité organisateur du Cabaret féministe 2025

Comité des femmes de Québec Solidaire de la Capitale-Nationale

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Une rencontre stimulante, une expérience à répéter

Vendredi le 21 février 2025, l'organisation Révolution écosocialiste a tenu une rencontre pour discuter des impacts des pressions de l'administration américaine sur l'évolution (…)

Vendredi le 21 février 2025, l'organisation Révolution écosocialiste a tenu une rencontre pour discuter des impacts des pressions de l'administration américaine sur l'évolution de la situation économique et politique au Canada et au Québec. Ces pressions visent à favoriser le renforcement des positions de la droite et de l'extrême-droite sur toute une série d'enjeux allant de la fermeture des frontières à l'augmentation des dépenses militaires. Le rôle de la gauche et des mouvements sociaux pour faire face à ces nouveaux défis a été au centre des préoccupations des militant-es qui ont participé à cette rencontre.

Un panel réunissant Amir Khadir, Karine Cliche, Andres Fontecilla, Josée Chevalier et André Frappier a ouvert le débat avec les participant-es à cette rencontre. Nous présentons dans les vidéos ci-dessous, les différentes interventions de ce panel. Nous reviendrons dans notre prochaine édition sur les débats que ces interventions ont suscités.

Les interventions du panel

Amir Khadir, ex-député et ancien porte-parole de Québec solidaire
Amir Khadir décrit la stratégie de choc et d'effroi de Trump et son impact sur les gens de la gauche. Il rappelle les failles dans la puissance de Trump et insiste sur les possibilités de s'opposer ouvertement à ses politiques et à son capitalisme extrême.


Karine Cliche, ex-candidate de QS dans Ste-Rose et initiatrice de QS-Parti de la rue.
Karine Cliche souligne que dans cette période de crise ce que doit faire la gauche c'est de convaincre que les changements importants doivent se faire et qu'on a toutes les raisons de les faire. Il est essentiel pour cela que la gauche prenne toute sa place.


Andres Fontecilla, député de QS dans Laurier-Dorion.
Andres Fontecilla constate que, dans son ensemble, le peuple québécois est inquiet face au changement du paradigme du capitalisme mondial. On assiste à une remise en question complète des politiques libre-échangistes. Une version raciste et colonialiste du capitalisme s'installe portée par la montée de l'extrême droite. Face à la crise de la gauche sociale-démocrate, nous avons besoin d'élaborer une nouvelle stratégie.


Josée Chevalier, ex-candidate de QS dans Laval-des-Rapides et militante CSN.
Josée Chevalier insiste sur le fait que Trump est un misogyne qui s'attaque aux droits des femmes. Ces attaques contre les femmes viennent de partout, y compris dans la société québécoise. Face à cela, il faut que Québec solidaire fasse preuve de combativité et qu'il donne toute leur place aux femmes si nous voulons briser le modèle patriarcal de la politique.


André Frappier, militant à QS Maurice-Richard et membre de Révolution écosocialiste.
Dans son allocution, André Frappier a souligné l'importance pour QS d'aller au-delà d'un électoralisme à courte vue. Il a également esquissé la nécessité pour la gauche d'une rupture avec le système tout en développant des alliances populaires pour combattre l'extrême droite et l'austérité.


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The Apprentice – le film

26 février, par Isabel Cortés
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La dette d’Haïti – 2 – L’heure de la réparation et de la restitution

26 février, par Marie-Michaelle Vadeboncoeur
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Marie-Michaelle Vadeboncoeur, correspondante en stage Aujourd’hui, l’histoire de la scandaleuse rançon imposée par la France à Haïti se trouve au cœur de l’actualité. Ayant reconnu l’existence de cette dette, la France fait maintenant face aux demandes de restitution d’Haïti, dénonçant (…)

La dette d’Haïti – 1 – Le prix de l’émancipation des esclaves

26 février, par Marie-Michaelle Vadeboncoeur
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Pour donner un second souffle à la poésie de Jacques Roumain

26 février, par Renel Exentus
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Quand les violences sexuelles remplacent les bombes !

26 février, par Emma Soares
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Municipalités et droits humains : une rencontre qui se densifie

26 février, par Ligue des droits et libertés

Retour à la table des matières Droits et libertés, automne 2024 / hiver 2025

Municipalités et droits humains: une rencontre qui se densifie

Me Benoît FrateProfesseur agrégé, Département d’études urbaines et touristiques, ESG UQAM

Me David RobitailleVice-doyen aux études et professeur titulaire, Section de droit civil, Faculté de droit, Université d’Ottawa Il est clair depuis longtemps, en droit interne canadien, que les municipalités sont imputables de la mise en œuvre et du respect des droits humains, en vertu, notamment, des Chartes canadienne et québécoise des droits. Comme le texte de la Pr Lucie Lamarche dans ce numéro l’a démontré, les institutions internationales, comme les organes de traités des Nations unies, voient quant à elles de façon croissante les municipalités d’ici et d’ailleurs sur leur radar, et ce, même si elles n’ont pas de statut formel en droit international public. Ce rapprochement, entre droits humains et municipalités, va de soi quand on y pense. Les municipalités du 21e siècle, gouvernements de proximité, créatrices et gardiennes des milieux de vie, jouent un rôle important bien au-delà des champs de compétence qu’on leur associe traditionnellement, comme la voirie, l’aqueduc ou la collecte des déchets ! Cette rencontre entre municipalités et droits humains s’est densifiée au même moment où le rôle des municipalités se transformait et que celles-ci gagnaient en autonomie. Le droit n’est pas étranger à cette transformation, bien au contraire. En effet, les trente dernières années ont vu les municipalités canadiennes traverser d’importantes réformes législatives provinciales visant à leur accorder davantage de pouvoirs et d’autonomie, malgré les paramètres constitutionnels en place, des réformes dont les tribunaux semblent jusqu’à maintenant bien avoir saisi la teneur. L’autonomisation croissante des municipalités sur les plans législatif et jurisprudentiel fait d’elles, plus que jamais, des interlocutrices incontournables en matière de droits humains. Cela est presque mathématique : avec plus de pouvoirs, viennent plus de responsabilités. Les prochaines lignes exposeront les grandes lignes de cette dynamique.

Vers l’autonomie locale

Comme le rappelait récemment la Cour suprême du Canada1, les municipalités, constituant un champ de compétence provincial en droit constitutionnel, sont juridiquement sous le contrôle absolu des provinces. La Cour confirma dans cette affaire que le gouvernement ontarien avait parfaitement le droit de recomposer le conseil de ville de Toronto durant la campagne électorale municipale de 2013, le faisant passer de 47 à 25 conseillers, et que cela ne constituait pas une violation de la liberté d’expression des candidats. Les provinces, via une législation abondante, encadrent ainsi dans les moindres détails l’existence, les finances et les pouvoirs des municipalités. Malgré ce contrôle, des réformes législatives provinciales majeures ont eu lieu. L’aspect le plus frappant de ces dernières réside dans la façon dont l’attribution des compétences et pouvoirs aux municipalités a changé. La traditionnelle délégation spécifique, détaillée et restrictive de pouvoirs (sous forme de « liste d’épicerie ») a été transformée en approche plus globale par la création de « sphères de compétence », c’est-à-dire l’énonciation de domaines de compétence où les municipalités sont titulaires de pouvoirs larges. Au Québec, la Loi sur les compétences municipales2, entrée en vigueur en 2006, s’inscrit dans cette tendance. Celle-ci vise les pouvoirs dans neuf domaines de compétence, dont plusieurs ont des liens évidents avec les droits humains (culture, loisirs, activités communautaires et les parcs; développement économique local; production d’énergie et systèmes communautaires de télécommunication; environnement; salubrité; nuisances; sécurité; transport; et, depuis 2023, habitation). La différence entre les deux méthodes de délégation des pouvoirs est majeure. Par exemple, au Québec, alors que les conseils municipaux étaient auparavant habilités à adopter des règlements pour « défendre de jeter ou déposer des cendres, du papier, des déchets, des immondices, des ordures, des détritus et autres matières ou obstructions nuisibles dans les rues, allées, cours, terrains publics, places publiques, eaux ou cours d’eau municipaux », elles sont aujourd’hui habilitées à régir les « nuisances », la « sécurité » et l’« environnement ». À sa face même, ce virage donne plus de flexibilité, de marge de manœuvre et de pouvoirs aux municipalités. L’autonomie des municipalités canadiennes dépend aussi largement de la vision que les tribunaux ont du contrôle judiciaire des règlements municipaux. À ce titre, l’arrêt Shell de 19943, rendu par la Cour suprême, marque un tournant majeur. L’opposition nette entre les motifs majoritaires et dissidents dans cette affaire sur le rôle des autorités locales témoigne des deux approches entre lesquelles oscillaient alors les tribunaux : stricte et interventionniste, d’une part, et libérale et déférente, de l’autre. Or, cette seconde approche, favorisée par la juge McLachlin en dissidence, a aujourd’hui percolé dans  l’ensemble  de  la  jurisprudence canadienne. Le respect des municipalités comme espaces de vie démocratique, de libre expression citoyenne et de bien-être collectif, fut un élément déterminant de cette évolution.

Des effets concrets en pratique

S’il est incontestable que les développements législatifs et jurisprudentiels décrits ci-dessus ont contribué, au moins en partie, à l’émancipation des municipalités canadiennes, celles-ci demeurent bien sûr assujetties à de nombreuses limites en raison des paramètres constitutionnels actuels. Pensons, par exemple, au fait que de nombreuses lois habilitantes sont encore rédigées sous le modèle de la « liste d’épicerie » ou encore que les lois et règlements de la province priment sur la réglementation municipale. Cela dit, dans l’histoire du droit municipal au pays, les avancées précitées sont non négligeables et ont des effets bien concrets. Elles sont prometteuses sur le plan de l’autonomie, de l’adaptabilité et de l’innovation réglementaire des municipalités, n’enfermant plus ces dernières dans un carcan aussi rigide qu’auparavant. Les municipalités agissent ainsi de façon croissante dans un ensemble de domaines, souvent de façon innovante. De l’interdiction des pesticides à l’encadrement de l’hébergement touristique de courte durée en passant par la lutte aux déserts alimentaires, les municipalités contribuent à la mise en œuvre locale des droits humains à un environnement sain, au logement, à la santé ou à l’alimentation, par exemple. Bien sûr, cette médaille a deux facettes : des actions municipales sont aussi susceptibles d’aller à l’encontre des droits humains. Bref, l’augmentation des pouvoirs municipaux entraînent des répercussions pour les titulaires de droits humains, ces derniers étant plus que jamais susceptibles d’être touchés par une action municipale.
Bref, l’augmentation des pouvoirs municipaux entraînent des répercussions pour les titulaires de droits humains, ces derniers étant plus que jamais susceptibles d’être touchés par une action municipale.
Les municipalités sont aussi souvent au centre de tensions et d’arbitrages entre des droits humains qui en apparence s’opposent, comme dans le dossier Transcontinental4 où la liberté d’expression a été plaidée à l’encontre d’un règlement interdisant la distribution d’imprimés publicitaires et ayant pour effet, notamment, de contribuer à la protection de l’environnement. Soulignons enfin que, fortes de cette autonomisation et des nombreux domaines dans lesquelles elles agissent désormais, nombreuses sont aussi les municipalités qui se déclarent villes des droits humains, villes inclusives ou villes durables, entre autres, quoique la contribution de ces étiquettes à la réalisation effective des droits humains dépende ultimement des actions concrètes qui en découlent. La rencontre entre droits humains et municipalités se densifie et rien n’indique un essoufflement de la dynamique, bien au contraire. Cette édition de Droits et libertés contribue à en prendre la pleine mesure.
Les auteurs sont respectivement Professeur agrégé, Département d’études urbaines et touristiques, ESG UQAM et Vice-doyen aux études et professeur titulaire, Section de droit civil, Faculté de droit, Université d’Ottawa. Tous deux sont membres du Barreau du Québec. Ils sont auteurs d’un récent texte qui fait le bilan de l’adoption de la Loi sur les compétences municipales; voir Benoît Frate et David Robitaille, Quinze ans de Loi sur les compétences municipales : contexte, avancées et limites pour l’autonomie locale, Service de la qualité de la profession, Barreau du Québec, Développements récents en droit municipal (2022), vol. 509, 2022, 203. 1 Toronto (Cité) Ontario (Procureur général), [2021] 2 RCS 845. 2 Loi sur les compétences municipales, RLRQ, C-47.1. 3 Produits Shell Canada ltée Vancouver (Ville), [1994] 1 RCS 231. 4 Médias Transcontinental Ville de Mirabel, 2023 QCCA 863.  

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Un géant en guerre contre les travailleurs du monde

https://etoiledunord.media/wp-content/uploads/2025/02/Screenshot-2025-02-25-at-8.26.53%E2%80%AFPM-1024x622.png26 février, par Comité de Montreal
Amazon est en guerre non seulement contre ses propres employés, mais aussi contre les travailleurs en général. Depuis que le spectre de la syndicalisation a commencé à hanter (…)

Amazon est en guerre non seulement contre ses propres employés, mais aussi contre les travailleurs en général. Depuis que le spectre de la syndicalisation a commencé à hanter ses entrepôts à la fin des années 2010, l'entreprise a mené des campagnes agressives pour écraser le mouvement syndical. (…)

« Nous sommes en face du surgissement de l’inconcevable »

25 février, par Adresses la revue — ,
Internationalisme et démocr@tie n°9 Donald Trump est redevenu président ou plutôt il vient d'être investi 47e président des États-Unis d'Amérique. Trois mois ont suffi, les (…)

Internationalisme et démocr@tie n°9

Donald Trump est redevenu président ou plutôt il vient d'être investi 47e président des États-Unis d'Amérique. Trois mois ont suffi, les répliques de la secousse ne sont pas stabilisées, mais rien ne sera plus comme avant.

20 février 2025 | tiré du site entre les lignes entre les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/02/20/nous-sommes-en-face-du-surgissement-de-linconcevable/#more-90879

Et le monde a basculé…

Des signes avaient précédé l'événement. Mais, c'était davantage la faiblesse, les erreurs de la campagne démocrate qui étaient soulignés. L'arrivée de Trump était souvent minorée, voire moquée : « C'est un clown », « Ce sera comme la dernière fois »… L'attaque du Capitole par la horde de ses partisans était relativisée, voire oubliée [1].

Les débats lexicologiques ne sont pas sans intérêt pour la compréhension fine de l'époque. Nous publions deux textes de Gaspar Miklos Tamás sur l'apparition du post-fascisme en Hongrie [2]. La vague vient de loin…

« L'histoire ne repasse pas les plats », remarquait Hegel, au début du 19e siècle. La politique de Trump n'est pas identique à celle menée en Europe par Mussolini, Hitler ou le colonel de La Roque [3] ; l'oligarque de la tech, Elon Musk, n'est pas Henry Ford.

Pourtant ce n'est pas une comédie qui se déroule sous nos yeux malgré les gesticulations, les saluts et les grimaces des protagonistes [4].

Trump, depuis son investiture, déroule ce qu'il faut bien appeler une politique fasciste. Pour s'en convaincre, il suffit de récapituler quelques-uns des nombreux décrets qu'il a théâtralement signés.

* Amnistie des assaillants du Capitole en 2021… Milices armées.

* Aide aux entreprises amies, suppression des règlements et organismes anticorruption… Mafia.

* Expulsions des immigré·es, réaffectation de Guantanamo… Racisme.

* État d'urgence à la frontière avec le Mexique… Menaces contre les pays ­voisins.

* « Dégraissage de l'État », fermeture de services à la population… Libertarisme.

* Suspension de l'aide internationale (USAID) et nationales… Isolationnisme.

* Hausse des tarifs douaniers… Guerre commerciale.

* Organisation de l'espace d'influence (Canada, Panama, golfe du Mexique, Groenland)… Doctrine Monroe élargie.

* Attaques contre le droit international et ses instances : CPI et CIJ, protection du criminel Netanyahou… Impunité renforcée des criminels et destruction du droit et des droits.

* Suppression du « droit du sol »… Nativisme.

* Fin des programmes d'égalité, de diversité et d'inclusion… Remise en cause des acquis de la lutte pour les droits civiques.

* Retrait des organismes internationaux où ils siégeaient encore, en particulier, l'OMS… Laisser faire, conspirationniste, eugénisme.

* Attaques contre les femmes (droit à la contraception et à l'avortement) laissées au bon vouloir des États avec la bénédiction d'une Cour suprême à majorité réactionnaire, en attente de possibles nouveaux décrets… Masculinisme et destruction des droits.

* Restauration de « la réalité biologique naturelle ». Essentialisme.

* Exclusion des personnes « trans » de l'armée et du sport… Homophobie et sexisme.

La liste est longue et s'allonge [5]…

Un exemple troublant et lourd de sens : Trump a publié un décret sur l'architecture des établissements publics et s'est nommé président de la Fondation J. F. Kennedy Center of Performing Arts. À quand l'interdiction de l'art « dégénéré », c'est-à-dire celui qui ne reçoit pas l'agrément de ses amis, comme Bernard Arnaud, qui font et contrôlent le marché de l'art ?

Pour appliquer cette rafale de décrets, le président s'est entouré de collaborateurs issus du mouvement MAGA [6], créé sur la base du mot d'ordre initial de campagne, dans et hors du vieux Parti républicain.

Aujourd'hui, Trump dicte sa politique et les républicains approuvent ou se taisent [7]. D'autre part, ses collaborateurs n'ont pas suivi le cursus traditionnel qui menait à l'exercice du pouvoir ; ce sont des businessmen pour la plupart. La réussite en affaires, encore faut-il distinguer les investisseurs industriels et les aventuriers des échanges transactionnels [8], semble être le viatique pour gouverner. Le néolibéralisme dans son idéologie et par son soft power magnifiait depuis longtemps ces « héros » aux États-Unis, mais aussi en Europe. La vague vient de loin…

MAGA accoucha de MEGA (Make Europe Great Again) le 8 février 2025 à Madrid où se sont réunis les soutiens européens de Trump [9]. Une force politique réelle et dangereuse au pouvoir ou à ses portes dans beaucoup de pays mais aussi à Bruxelles.

Vendredi 14 février, le vice-président des États-Unis s'est adressé aux chefs d'États européens à Munich. Il a reproché à l'Europe son renoncement à « certaines valeurs fondamentales », comme le liberté d'expression. Pour lui, comme sur X, celle-ci doit être sans limite et laisser libre cours au complotisme et aux « vérités alternatives ». L'Europe a également, selon lui, renoncé à la démocratie. Il prend pour exemple le président roumain qui, sans campagne aucune, a été élu grâce à des malversations informatiques venues de l'étranger (Russie très certainement). C'était la démocratie selon Vance et jamais il n'aurait dû être obligé de démissionner.

Vance est en phase et soutient les MEGA dans leur lutte orwellienne contre « L'Europe des Lumières » et, contre l'avis de tous les dirigeants allemands, il a rencontré personnellement Alice Weidel, la responsable de l'AfD.

Au début du siècle, les études sur le « post-humanisme » s'attardait sur le côté dangereux mais folklorique des pionniers de la réalité augmentée, du dépassement du vivant, etc. Aujourd'hui, Musk, a rallié la Silicon Valley – une illustration du basculement de secteurs capitalistes vers des solutions très autoritaires et illibérales [10] – à la cause de Trump et ce qui, il y a peu, semblait encore un cauchemar de science-fiction, est devenu un marché juteux. Sous couvert de recherches médicales réelles, le champ des applications de l'augmentation machiniste du « potentiel humain » s'est extraordinairement étendu.

De même, se retrouvent au pouvoir des propriétaires de plateforme d'échanges de bitcoins, à commencer par Trump et Musk. Ce marché financier parallèle et obscur enrichit les riches d'autant plus qu'ils sont au pouvoir. La vague vient de loin…

Notre revue a un an

Née en réaction au 7 octobre en Israël-Palestine – crimes du Hamas et politique de Netanyahou – et à l'invasion poutinienne de l'Ukraine, soutien à la résistance du peuple ukrainien contre l'impérialisme russe, Adresses s'est intéressée à la transformation du monde en multipolarités impérialistes [11]. Les divers pôles, issus le plus souvent des BRICS, cumulaient des politiques autoritaires pour le moins. Mais il restait des aspects de la mondialisation capitaliste (adhésion de la Chine à l'OMC en 2001) qui faisait que les économies se trouvaient en concurrence certes mais incroyablement interpénétrées.

Restait encore, une domination évidente de la puissance étasunienne qui semblait maintenir un équilibre précaire et renvoyer un reflet de la démocratie dite occidentale.

C'était même l'unique grille de lecture de bien des analystes qui prônent un campisme primaire ou une hiérarchisation des combats au nom d'une conception étriquée de la colonialité [12].

L'élection de Trump vient de chambouler bien des analyses. Le basculement fasciste du gouvernement des États-Unis rentre en résonance avec les pratiques des autres pôles impérialistes.

Il ne s'agit pas simplement de recréer de nouvelles narrations mais d'ouvrir les yeux sur la profondeur du changement.

L'instauration d'un dialogue entre Trump et Poutine excluant de fait les dirigeants ukrainiens, la place des accords économiques (la volonté d'accaparement des terres rares) primant sur le droit international sont des exemples de ce qu'il convient d'appeler la « diplomatie transactionnelle ». La loi du plus fort, la primauté des intérêts financiers.

Cette nouvelle pratique s'applique à bien des aspects de la politique internationale. Tous les acteurs majeurs de la politique mondiale prennent langue avec Trump et se préparent à ce grand casino. Les règlements internationaux n'interfèrent plus avec la volonté du plus fort, la tentative d'organiser un développement « éthique » et concerté de l'« Intelligence artificielle » a échoué cruellement pour son organisateur lors du sommet de Paris des 10 et 11 février.

Ces rapports directs de subordinations et de transactions sont lourds de confrontations à venir. Le néolibéralisme mondialisé a vu les conflits se multiplier, le trumpisme, ses avatars et ses dérivés mènent aux guerres et aux affrontements contre les collectifs de travailleurs et travailleuses [13].

Certes la vague vient de loin mais aujourd'hui c'est une déferlante. Bien des interrogations se posent : quel sera le rôle de la Chine ? Quel sort réserve-t-on aux Gazaoui·es ? Que deviennent les résistant·es ukrainien·nes ? Dans cette nouvelle forme de domination du monde que deviennent les populations qui ne participent pas aux razzias, celles et ceux qui n'ont que leur force de travail ?

En conclusion que peut faire la « gauche d'émancipation » dans ce nouveau « casino » ?

Certes les analyses doivent sortir de la peinture à gros traits de la situation. Ce travail doit être poursuivi et approfondi rapidement. Il faut aussi apprendre des erreurs. La faiblesse de cette gauche, son inconséquence, sa rapidité à transformer les mobilisations émancipatrices en regroupements conformistes font partie du problème global.

Mais sans tarder, face à cette déferlante c'est bien d'un barrage uni contre le fascisme [14] pour la défense implacable de la démocratie, du droit des femmes à disposer de leur corps [15], du droit des peuples à l'autodétermination, de la solidarité internationale sans laisser quiconque dans l'ombre (Afghan·nes, Congolais·es, Géorgien·nes, Haïtien·nes, Soudanais·es, Iranien·nes, Kurdes, Ouïgour·es, Palestinien·nes, Rohingyas, Tutsi·es, Syrien·nes, Tamoul·es, Tibétain·nes, Ukrainien·nes, etc. – tous et toutes aussi dignes que les autres –, sans oublier les peuples-nations effacés de l'outremer français).

Sans tarder, ensemble, en respectant les choix de chacun·e, par-delà les divergences, nous pouvons populariser les résistances fragmentaires, ressouder des liens distendus, participer à revivifier toutes ces formes sociales et politiques qui se construisent par en bas, etc.

Faire front commun contre la déferlante fasciste. Il y a urgence !

Didier Epsztajn, Michel Lanson, Patrick Silberstein, 15 février 2025

Nous avons emprunté le titre de cet édito à Patrick Chamoiseau que nous remercions chaleureusement pour son autorisation.

Télécharger le n°9 : Adresses n°9

Notes

[1] Deux romans, à la fois dystopiques et uchroniques, auraient pu attirer notre attention sur la survenue possible de l'inconcevable. Impossible ici, de Sinclair Lewis date de 1935 et Complot contre l'Amérique de Philip Roth est paru en 2004.
[2] Voir Gaspar Miklos Tamás, « Naissance du post-fascisme dans la Hongrie de Orban », p.27 et « Sur le post-fascisme », p.36.
[3] Voir Didier Leschi, « Les Croix-de-feu et la tentation autoritaire à la française », Adresse n° 09/88, p.72 ; Patrick Le Tréhondat, Robi Morder et Patrick Silberstein, « Dernière station avant l'abattoir », Adresse n° 09/89, p. 84.
[4] Voir Bart Cammaerts, « Le salut nazi d'Elon Musk, George Orwell et cinq leçons », Adresse n° 09/89, p. 49.
[5] Voir Frieda Afary, « Fascism or not fascism », Adresse n° 09/82, p.18.
[6] Make America Great Again : Rendre l'Amérique à nouveau grande.
[7] Voir Sam Farber, « Comprendre la réélection de Trump », Adresse n° 09/87, p.63.
[8] Voir Samuel Farber, « Trump Lumpen Capitalist », Jacobin, octobre 2018.
[9] Voir Gilbert Achcar, « L'ère du néofascisme et ses particularités », Adresse n° 09/86, p. 61.
[10] Voir Taki Manolakos, « La fin du néolibéralisme préfigure la montée du fascisme », Adresse n° 07/63, p. 23.
[11] Voir Kavita Krishna, « Multipolarité une doctrine au service des autoritarismes », Adresses, n° 0, 23 janvier 2024.
[12] Voir Michel Cahen, « Violences en colonialité : “Angola 1961. Gaza-Israël 2023” », Adresses, n°4, 1er septembre 2024 ; « Intégrer l'ethnicité à la démocratie politique », à paraître dans Adresses, n°10.
[13] Voir Ilya Budraitskis, « Le poutinisme, c'est le fascisme », Adresse n° 09/85, p.52
[14] Voir, Carl Davidson et Bill Fletcher Jr., « Combattre l'abolition de la démocratie », Adresse n° 09/81, p. 9.
[15] Voir Un appel unitaire, « 8 Mars : grève féminist ! », Adresse n° 09/90, p. 100.

Toutes les introductions et les numéros à télécharger gratuitement sont disponibles sur une page dédiée :
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Ensemble contre Trump et contre l’extrême droite !

Plus d'une centaine de manifestant-es se sont réunis devant le Consulat général des États-Unis à Québec ce dimanche 23 février 2025 pour dénoncer les politiques fascistes, (…)

Plus d'une centaine de manifestant-es se sont réunis devant le Consulat général des États-Unis à Québec ce dimanche 23 février 2025 pour dénoncer les politiques fascistes, colonialistes, misogynes et racistes du président Trump. Presse-toi à gauche publie ci-dessous les différentes interventions qui, toutes, soulignaient les dangers des politiques du président Trump non seulement pour les personnes vivant aux États-Unis mais également pour les peuples du Québec, du Canada et du monde.

Les interventions

1. Vania Wright-Larin du Regroupement d'éducation populaire en action communautaire des régions de Québec-Chaudière-Appalaches (REPACQ 03-12) dénonce les politiques de Trump et d'Elon Musk, leurs volontés impérialistes et leurs menaces tarifaires. Il a également introduit les différents intervenant-es et a ponctué ses propos de slogans bien sentis repris par les participant-es à cette manifestation.


2. Interventions de Marie-Hélène Fortier et d'Émilia Castro de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes lors de la manifestation devant le Consulat américain à Québec le 23 février dernier contre les politiques régressives de Trump.


3. Intervention de Charlotte Veilleux de l'organisation DIVERGENRES en défense des droits des personnes LGBTQ+ et trans lors de la manifestation devant le Consulat américain à Québec le 23 février dernier contre les politiques régressives de Trump.


4. Intervention d'Hyungu Kang du Collectif de lutte et d'action contre le racisme qui vise à
combattre le racisme sous toutes ses formes et de défendre les droits des personnes racisées. Discours prononcé le 23 février 2025 à Québec dans le cadre d'un rassemblement de solidarité contre les politiques de Trump.


5. Intervention de Raphaël Laflamme du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants de Québec. Discours prononcé le 23 février 2025 à Québec dans le cadre d'un rassemblement de solidarité contre les politiques de Trump.


6. Mama Keita intervient au nom du Comité femmes immigrantes de Québec le 23 février 2025 dans le cadre d'un rassemblement de solidarité contre les politiques de Trump, rassemblement qui s'est tenu devant le Consulat américain de Québec.


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Mujeres Libres : Individuality and Community | Martha Ackelsberg (USA, 1984)

https://liberteouvriere.com/wp-content/uploads/2025/02/carla_lonzi-1.webp https://0.gravatar.com/avatar/08b9589eb27d3c06729f93084302d98e4131a5e1c0977a835d8b57b967e3a53b?s=96&d=identicon&r=G https://liberteouvriere.com/wp-content/uploads/2025/02/carla_lonzi-1-1.webp?w=102425 février, par liberteouvriere
Mujeres Libres had little time to turn its vision into reality, so we cannot know how much they might have accomplished. Nor, so far as I can tell, did they have a clear (…)

Mujeres Libres had little time to turn its vision into reality, so we cannot know how much they might have accomplished. Nor, so far as I can tell, did they have a clear formula for how to make it all work. But their own organization was a federation of autonomous local groups; and the (…)

Les syndicats et groupes communautaires dénoncent le PL 89

25 février, par Comité d'Action en Solidarité avec la Construction du Québec (CASQ) — , ,
MONTRÉAL, QC : Le Comité d'Action en Solidarité avec la Construction du Québec (CASQ), qui est un regroupement de différentes organisations communautaires et ouvrières (…)

MONTRÉAL, QC : Le Comité d'Action en Solidarité avec la Construction du Québec (CASQ), qui est un regroupement de différentes organisations communautaires et ouvrières supportant les travailleurs et travailleuses de la construction, organisera un rassemblement devant le bureau du ministre du Travail, Jean Boulet, pour dénoncer la déposition du projet de loi 89.
Le 19 février, Jean Boulet, le ministre du Travail de la CAQ, a déposé le projet de loi 89 (PL89) qui attaquer le droit de grève des travailleurs du Québec. L'ensemble des syndicats de la province a dénoncé ce projet de loi qu'ils accusent de brimer le droit constitutionnel de libre association.

Le Comité d'Action en Solidarité avec la Construction du Québec (CASCQ)
Contact : Renaud Simard - Responsable à la coordination
Téléphone : 438-935-8257
Courriel : renousim@hotmail.fr

Avec ce projet de loi, Boulet se donne le droit de forcer le retour au travail dans des secteurs qui ne sont pas considérés comme essentiels. Éducation, secteur municipal, secteur privé rien n'est épargné par le ministre accusé à plusieurs reprises de favoriser les intérêts du patronat.

Au Québec, l'année 2025 est déjà ponctuée par plusieurs conflits de travail, notamment dans les CPE, le transport scolaire et l'hôtellerie. À ces secteurs risquent de s'ajouter dans les prochains mois la construction, le transport collectif et les cols bleus.
Si le PL89 est adopté, le ministre du Travail pourrait suspendre ces grèves et imposer des arbitrages exécutoires aux tables de négociation en question. Or, ce genre de mesure a pour effet de réduire considérablement le rapport de force des syndiqués.

Avec les conventions collectives dans l'industrie de la construction qui se terminent le 30 avril 2025, les négociations sont déjà en cours et les offres patronales proposent des reculs majeurs en matière de conditions de travail et de salaire et mèneront à l'appauvrissement des travailleurs et travailleuses dans l'industrie dans un contexte d'inflation épuisante. Si les deux
côtés des tables de négociations ne se rapprochent pas et la grève est inévitable, le PL89 met directement en question le rapport de force que les travailleurs de la construction et leurs syndicats ont pour mettre de la pression sur le patronat.

Pour ces raisons, le CASCQ dénonce fortement le PL89 et nous invitons les membres des médias à venir couvrir notre rassemblement, parler avec nos organisations affiliées sur comment le PL89 va les affectées, et de discuter avec les travailleurs et travailleuses de la construction de leurs conditions de travail.

Alliance Ouvrière
Centre des Travailleurs/Travailleuses Immigrants (CTI-IWC)
Syndicat des Locataires de Montréal (SLAM-MATU)
Ligue 33
Syndicat des Locataires de Gatineau/Hull

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Paix entre néofascistes et guerre contre les peuples opprimés

25 février, par Gilbert Achcar — , , , ,
Que Washington et Moscou aient choisi le royaume saoudien comme lieu de réunion entre leurs délégations pour discuter des perspectives de la guerre qui se déroule en Ukraine (…)

Que Washington et Moscou aient choisi le royaume saoudien comme lieu de réunion entre leurs délégations pour discuter des perspectives de la guerre qui se déroule en Ukraine depuis que les forces russes ont envahi ce pays il y a trois ans, est une illustration claire des profonds changements qui se produisent sous nos yeux dans les affaires internationales.

Tiré de Médiapart
https://blogs.mediapart.fr/gilbert-achcar/blog/190225/paix-entre-neofascistes-et-guerre-contre-les-peuples-opprimes
19 février 2025

Gilbert Achcar
Professeur, SOAS, Université de Londres

La manière même dont la réunion a été organisée est tout à fait cohérente avec le lieu : l'administration néofasciste de Donald Trump n'a pas cherché à promouvoir la paix entre les parties belligérantes dans le cadre du droit international et des Nations unies, comme la Chine n'a cessé d'y appeler depuis le début du conflit, mais cherche plutôt à conclure un accord direct avec le régime également néofasciste de Vladimir Poutine aux dépens du peuple ukrainien. Il est donc tout à fait naturel que les deux parties n'aient pas choisi une arène neutre et conforme au droit international, comme les Nations Unies, mais une arène conforme à leur nature, même si son régime despotique est de type traditionnel.

Ce qui rend la scène encore plus hideuse, c'est que les États-Unis sont un partenaire à part entière dans la guerre génocidaire menée contre le peuple palestinien à Gaza, qui se déplace actuellement en partie vers la Cisjordanie. L'administration Trump s'est même empressée d'annuler les mesures limitées que l'administration précédente avait prises pour parer au blâme, en particulier le gel de l'exportation de bombes d'une tonne qui ont grandement contribué à la destruction de la bande de Gaza et à l'extermination de sa population, ainsi qu'à la guerre d'élimination qu'Israël a menée contre le Hezbollah au Liban. Au contraire, comme prévu, excepté par ceux qui ont tenté d'échapper à l'amère réalité en projetant leurs désirs sur elle (voir « Deux mythes sur le cessez-le-feu à Gaza », 22 janvier 2025), la nouvelle administration a surpassé la précédente dans la surenchère sioniste avec l'appel de Trump à déporter sans retour les résidents de la bande de Gaza, c'est-à-dire à mettre en œuvre ce que le droit international appelle « nettoyage ethnique » – un crime contre l'humanité.

L'axe néofasciste sioniste-américain converge avec la Russie de Poutine dans la haine raciale des peuples opprimés. Moscou a excellé dans ce domaine, non seulement par son agression coloniale contre l'Ukraine, répudiant sa souveraineté nationale, mais aussi dans la région arabe, où elle a joué un rôle clé dans la destruction de la Syrie et l'extermination d'un grand nombre de ses habitants, tout en étant ouvertement complice de l'État sioniste en lui permettant de bombarder à volonté les sites iraniens en Syrie (dans le cadre de la rivalité entre les influences russes et iraniennes dans ce pays). Le ministre russe des affaires étrangères a même comparé la guerre de Moscou contre l'Ukraine à la guerre d'Israël contre Gaza, assimilant la description poutiniste des dirigeants ukrainiens comme nazis à la description sioniste du Hamas comme nazis. Notons également que la réaction de Moscou au projet criminel d'expulsion énoncé par Trump a été modérée, même par rapport à la condamnation explicite émise par certains des alliés traditionnels de Washington, comme la France.

Voici maintenant les Américains impliqués dans le meurtre de centaines de milliers de Gazaouis qui rencontrent les Russes impliqués dans le meurtre de centaines de milliers de Syriens, les deux parties partageant avec l'État sioniste un mépris commun pour les droits territoriaux des peuples. Ils se rencontrent sur le territoire d'un État arabe qui, s'il se préoccupait vraiment du sort des peuples syrien et palestinien, aurait dû être si hostile aux deux parties qu'il ne leur serait même pas venu à l'idée de lui demander d'accueillir leur réunion.

Ce à quoi nous assistons en réalité n'est rien de moins qu'une refonte de la carte politique du monde, passant de la confrontation de la Guerre froide entre un bloc occidental qui prétendait défendre les valeurs de la démocratie libérale (et les a constamment trahies) et un bloc de l'Est dans lequel prévalaient des régimes dictatoriaux – de cette confrontation à la dissolution du système occidental, après le système oriental, par suite de la crise mortelle qui a frappé la démocratie libérale et de la montée mondiale du néofascisme (voir « L'ère du néofascisme et ses particularités », 5 février 2025). L'ère de la Nouvelle Guerre froide, qui a suivi l'effondrement de l'Union soviétique et la dissolution de son bloc, a constitué la transition en combinant loi de la jungle et néolibéralisme effréné. Washington a joué le rôle principal dans la prédominance de ces deux caractéristiques sur le droit international et le développement fondé sur l'État social et la protection de l'environnement.

Nous assistons aujourd'hui à une convergence entre néofascistes aux dépens des peuples opprimés, car le nouveau fascisme, comme l'ancien, nie ouvertement le droit des peuples à l'autodétermination. Les gouvernements libéraux restants en Europe sont stupéfaits, après avoir compté pendant huit décennies sur la protection américaine du système occidental sans oser former un pôle mondial indépendant de Washington, non seulement militairement, mais principalement dans le domaine de la politique étrangère. Le résultat est que les peuples opprimés du monde ne sont plus en mesure de profiter de la divergence entre grandes puissances qui existait dans le passé, mais doivent maintenant mener leurs luttes de résistance et de libération dans des conditions plus difficiles que jamais. Le cas de la Palestine en est la preuve la plus évidente.

Traduit de ma tribune hebdomadaire dans le quotidien de langue arabe, Al-Quds al-Arabi, basé à Londres. Cet article est d'abord paru en ligne le 18 février. Vous pouvez librement le reproduire en indiquant la source avec le lien correspondant.

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Quelle stratégie pour combattre l’extrême-droite et l’austérité ?

25 février, par André Frappier — ,
Révolution écosocialiste organisait une conférence vendredi le 21 février concernant la montée de l'extrême droite. Voici le texte de l'allocution d'André Frappier. Quelle (…)

Révolution écosocialiste organisait une conférence vendredi le 21 février concernant la montée de l'extrême droite. Voici le texte de l'allocution d'André Frappier. Quelle stratégie pour QS au-delà d'un électoralisme à courte vue ? Assumer les perspectives de gauche et de rupture avec le système tout en développant des alliances populaires pour combattre l'extrême droite et l'austérité.

1. Définir la nouvelle problématique. Les raisons qui ont conduit à la montée de l'extrême droite dans le monde et à Trump en particulier

Le faible taux de syndicalisation est un révélateur de la pauvreté, les combats pour des salaires et des conditions de travail décents étant plus difficiles, ainsi que de la fragmentation du tissu social et par conséquent de la conscience politique de classe.

En 2023, 10,5 % des hommes salariés étaient syndiqués, contre 9,5 % des femmes ce qui est un nouveau record à la baisse. Le taux d'adhésion des travailleurs du secteur privé est resté inchangé, à un niveau record de 6 %. Les employeurs ont exploité les faiblesses du droit du travail américain et les responsables politiques fédéraux et nationaux n'ont pas réussi à les en empêcher.
Comparativement il était de 39,1% au Québec en 2022, 26,5% en Ontario et 29,4 dans le reste du Canada.

2. On ne peut revenir en arrière

L'irruption d'un régime à caractère néofasciste dans la principale puissance militaire et économique du monde cause une sidération naturelle et entraîne un réflexe bien compréhensible : celui de tenter de sauvegarder « le monde d'avant. L'ennui, c'est que c'est bel et bien ce « capitalisme démocratique » qui a enfanté de la monstruosité. Aux États-Unis les populations se sont tournées vers l'extrême droite en grande partie parce que les néolibéraux ont échoué, parce qu'ils n'ont pas tenu leurs promesses d'amélioration des conditions de vie.

Au Canada et au Québec

Mark Carney envisage la possibilité de réduire la taille des services publics. Selon l'AFPC Lorsque Pierre Poilievre dit qu'il veut “couper dans la bureaucratie”, le message est très clair. Un gouvernement sous Pierre Poilievre, ça voudrait dire des coupes dans les programmes dont ont besoin les familles, l'élimination d'emplois au gouvernement pour alléger les impôts de ses amis entrepreneurs, et la privatisation de services publics pour rediriger les fonds publics vers les poches des entrepreneurs privés.

Le Conseil du Patronat du Québec (CPQ) propose quant à lui de réduire l'impôt sur les bénéfices des sociétés de 15 à 12%, voire 10 % au fédéral et de 11,5 à 10 % au provincial.

Le gouvernement de la CAQ se prépare déjà à ce régime d'austérité en voulant retirer à toutes fin pratiques le droit de grève. Le seul qui s'y oppose c'est Québec solidaire. Legault s'est rangé sans nuance aux demandes de Trump en matière d'immigration. Le ministre Bonnardel a affirmé se préparer à envoyer la Sûreté du Québec pour faire face à la vague migratoire qui sera provoquée par la volonté d'expulsion de Trump.

Quant au PQ, PSPP dans une publication sur X n'hésite pas à affirmer : « Les États-Unis ont des points légitimes sur la question du laxisme aux frontières. Il faut donc voir cette situation pour ce qu'elle est réellement : avant tout, un enjeu de gestion négligente des frontières du gouvernement fédéral. Nous demandons au gouvernement fédéral de travailler avec l'administration Trump pour régler les enjeux aux frontières.

Quant à QS le recentrage populiste ne l'a pas servi. Selon le dernier sondage, nous sommes passés en dessous du PCQ d'Éric Duhaime avec son populisme de droite. Il est plus que temps de revenir à des revendications qui ciblent les responsables de la déchéance économique et environnementale, les grandes entreprises, les multinationales et les dirigeants de la finance.

L'immigration devient la cible de tous les maux avec lequel carbure le nationalisme identitaire.

3- Nos perspectives, ne comptons que sur nos propres moyens

S'il est normal et légitime, en cette période sombre, de chercher à sauver ce qui peut l'être, on ne doit pas oublier l'autre, essentielle, celle de se projeter vers l'avenir. Pour passer, enfin, à l'offensive.

S'opposer à Trump par le seul biais de la réponse aux tarifs qu'il dit vouloir imposer, c'est refuser de voir l'ensemble de ses objectifs. Et cette situation va maintenant amplifier la crise environnementale qui menace la survie de la planète. Seule une coordination une riposte environnementale et une alternative internationale pourra changer le cours des choses.

Si nous n'offrons pas d'alternative à la classe ouvrière, elle suivra forcément les forces néolibérales qui, de capitulation en capitulation devant la droite, la désarmera et la laissera au final sans force de résistance face à la droite et l'extrême droite. C'est l'histoire du mouvement ouvrier.

Notre force repose sur la politisation, sur la mobilisation. Il faut s'adresser à la population et aux progressistes américains, construire la mobilisation avec eux. Le Canada pays est contrôlé au final par les multinationales, les minières, les papetières, les compagnies forestières, les pétrolières et les consortiums financiers. Aucun secteur du capital ne viendra au secours de la démocratie.

Notre défi n'est pas de sauver ce Canada, mais de lier les luttes sociales de la classe ouvrière du Reste du Canada dans une stratégie commune avec les luttes des mouvements sociaux au Québec et avec les nations autochtones. Nous sommes la seule force qui peut apporter une solution à la crise politique et environnementale. L'heure est maintenant pour nous de construire la mobilisation populaire, d'unir les forces de la gauche au niveau international afin de pouvoir poser une politique et un discours alternatif.

  • Qui mettra en priorité une politique altermondialiste basée sur la planification écologique dans la lutte aux changements climatiques passant par une rupture avec le capitalisme fossile,
  • L'égalité sociale et la défense des services sociaux dans une perspective d'égalité sociale ;
  • Une lutte anti-patriarcale défendant l'égalité des hommes, des femmes et des personnes de la diversité sexuelle et de genre, une lutte antiraciste ;
  • Une indépendance du Québec en alliance avec les classes ouvrières et populaires du ROC et les nations autochtones et faisant du Québec une terre d'accueil face aux migrations appelées à se développer à cause de la pauvreté engendrée par l'exploitation économique des industries du nord et de la crise climatique causée par ces derniers.

Conclusion

Le 30 septembre 1938, le Français Daladier, le Britannique Chamberlain et l'Italien Mussolini signaient avec Hitler les accords de Munich. En cédant une nouvelle fois à la menace, les Occidentaux confirmaient le dictateur allemand dans la conviction que tout lui est permis.

Rosa Luxembourg nous avait déjà averti de cette situation en 1915. "La société bourgeoise est placée devant un dilemme : ou bien passage au socialisme ou rechute dans la barbarie »

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Déclaration du Comité Femmes Immigrantes contre la haine et les reculs sociaux : notre engagement pour une société juste et inclusive

25 février, par Comité des femmes immigrantes de Québec (CFIQ) — ,
Mama Keita intervient au nom du Comité femmes immigrantes de Québec le 23 février 2025 dans le cadre d'un rassemblement de solidarité contre les politiques de Trump, (…)

Mama Keita intervient au nom du Comité femmes immigrantes de Québec le 23 février 2025 dans le cadre d'un rassemblement de solidarité contre les politiques de Trump, rassemblement qui s'est tenu devant le Consulat américain de Québec.

Bonjour à toutes et à tous : Ceci est une déclaration du Comité Femmes Immigrantes contre la haine et les reculs sociaux : notre engagement pour une société juste et inclusive. Nous, membres du Comité Femmes Immigrantes, dénonçons fermement les discours haineux, sexistes, transphobes, racistes, antiavortement et climatosceptiques tenus par Donald Trump. Ces propos, non seulement divisent, mais mettent en péril les droits durement acquis par les femmes, les communautés immigrantes et les groupes marginalisés à travers le monde.

Nos droits ne sont pas négociables

Les attaques contre le droit à l'avortement et l'autonomie des femmes sur leur propre corps sont un recul inacceptable. Nous affirmons haut et fort que toutes les femmes doivent avoir le droit de décider de leur avenir, sans ingérence politique ou idéologique.

Nous défendons une société inclusive

Les paroles racistes et transphobes de Trump encouragent un climat de peur et de discrimination. Nous croyons en une société où chacune et chacun a sa place, peu importe son origine, son genre ou son identité.

L'urgence climatique est réelle

Nier le changement climatique, c'est nier la réalité de millions de personnes, en particulier des populations les plus vulnérables. Nous exigeons des politiques responsables et durables, loin des discours négationnistes et destructeurs.

Nous appelons à la mobilisation

Nous refusons de rester silencieuses face à ces discours qui nous visent directement. Nous appelons toutes les femmes, les allié.e.s et les organisations engagées pour les droits humains à s'unir, se mobiliser et faire entendre nos voix contre ces idéologies rétrogrades.

Un monde meilleur est possible

Ensemble, nous continuerons à bâtir un monde où l'égalité, la justice et la solidarité sont au cœur de nos actions.

Nous ne reculerons pas. Nous avançons

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Manif contre Trump à Québec : Quels intérêts dirigent les États-Unis ?

Discours prononcé le 23 février 2025 à Québec dans le cadre d'un rassemblement de solidarité contre les politiques de Trump. Par Raphaël Laflamme, organisateur communautaire au (…)

Discours prononcé le 23 février 2025 à Québec dans le cadre d'un rassemblement de solidarité contre les politiques de Trump. Par Raphaël Laflamme, organisateur communautaire au Centre des travailleurs et travailleuses immigrants et militant du groupe Alliance Ouvrière.

Sur 23 ministres nommés au cabinet de Trump, on compte au moins 16 milliardaires. Seulement trois d'entre eux détiennent des fortunes personnelles de moins de 10 millions de dollars. Tous, sans exception, sont investis dans les formes les plus perverses du capital financier : des compagnies d'assurances au bitcoin en passant par les investissements boursiers dans les pétrolières et les compagnies d'armement.

Combinées, les fortunes personnelles du cabinet de Trump sont de plus de 460 milliards de dollars. En comparaison, la valeur du cabinet de Biden – qui était composée presque exclusivement de millionnaires venus du 1% – était de 118 millions de dollars. Le cabinet de Trump vaut presque 4000 fois plus que le cabinet de Biden, qui était déjà composé de millionnaires ! Avec Trump, on passe d'un gouvernement du 1% à gouvernement du 0,0001%.

Nous ne verserons pas de larmes pour Biden et ses associés. Leur héritage est celui d'un gouvernement de l'establishment, du 1% qui nous gouverne et nous exploite depuis des décennies. Leur gouvernance néo-libérale a posé les bases du virage à droite. Mais qu'est-ce que ce changement veut dire pour les travailleurs et travailleuses, pour le monde ordinaire ?

Nous le voyons déjà. Le 7 février, Elon Musk a annoncé que le Consumer Financial Protection Bureau allait être dissous. Cette agence protégeait les consommateurs, par exemple, des frais excédentaires chargés par les compagnies de crédits ou les banques. En janvier, juste avant l'inauguration de Trump, l'agence avait passée un règlement comme quoi les dettes contractées pour rembourser des frais médicaux ne seraient pas prises en compte dans le calcul de la cote de crédit pour obtenir une hypothèque. Cette mesure, et l'ensemble de la mission de ce bureau, sont caducs. Pour les survivants du cancer qui voulaient une maison, on oublie ça.

C'est bien connu que la commission « DOGE » de Musk a ordonné de nombreuses coupures de postes de fonctionnaires fédéraux. Hormis la protection du consommateur, dans quoi est-ce que Musk a coupé ? Entre autres dans la Food and Drug Administration, chargée de surveiller les opérations de compagnies comme Neuralink, possédée par Musk. Dans la Federal Aviation Administration, chargée de surveiller les opérations de compagnies comme SpaceX, possédée par Musk. Dans USAID, qui avait enquêté sur Starlink, la compagnie de Musk. Elon Musk est littéralement en train de couper dans les mécanismes de surveillance et de responsabilité de ses propres compagnies. Ce n'est plus une question de conflit d'intérêts ou de manigances : c'est un gouvernement qui agit ouvertement en défense de ses propres intérêts.

Ces exemples ne sont que la pointe de l'iceberg d'une série de mesures déjà prises, et qui seront prises, pour presser à fond le citron des classes populaires et renvoyer le maximum de richesse vers les banquiers, les magnats des compagnies d'assurances et les oligarques du capital financier.
Pour se donner une idée de ce qui s'en vient, on peut se fier aux nombreuses affirmations de Trump contre la classe ouvrière qu'il vomit régulièrement sur Truth Social et X : il aimerait délocaliser des usines pour payer des moins bons salaires, il trouve que les salaires des travailleurs aux États-Unis sont trop élevés, il propose de renvoyer les travailleurs dans le cas d'une grève, il s'oppose au paiement des heures supplémentaires, etc.

Pour les gens ordinaires, un gouvernement Trump, ça veut dire ne jamais savoir que son usine ne sera pas délocalisée. Ça veut dire que les acquis du passé, comme les fonds de retraites, sont toujours à un décret près d'être annulé. Ça veut dire plus de latitude pour les banques et les compagnies d'assurance pour frauder légalement. Ça veut dire des attaques décomplexées contre l'assurance emploi et les programmes sociaux. Ça veut dire une législation à l'extrême du néo-libéralisme, un code du travail qui sera reforgé dans l'intérêt des grandes corporations. C'est un retour aux conditions de travail des sweatshop de la première révolution industrielle.

Au cours des prochaines années, la fortune personnelle des membres du cabinet Trump va décupler. La valeur des corporations détenues par Elon Musk a déjà grimpée de 613 milliards. Cette valeur-là, ce n'est pas Musk qui l'a créée en travaillant. De l'argent, ça n'apparaît jamais de nul part. C'est de la valeur qui a été volée directement à la classe ouvrière. 613 milliards volés en un mois par une seule personne. Imaginez ce qui sera volé en quatre ans par l'ensemble des oligarques au pouvoir.

Nous devons clairement comprendre ce que le cabinet de Trump représente : les intérêts des éléments les plus réactionnaires de l'oligarchie financière. Ils sont en train de préparer la voie pour une dictature ouverte du capital financier, autrement dit, pour instaurer un régime fasciste aux États-Unis. Leur stratégie est de créer un front uni en ralliant une base d'appui parmi les petits entrepreneurs frustrés et dans les classes populaires blanches afin de les mobiliser contre les migrants, contre les minorités de genre, les minorités religieuses, etc. autour d'un programme axé sur les valeurs ultra-conservatrices. Mais au bout de la ligne, même les ouvriers blancs et les petits entrepreneurs y seront perdants : l'essence du programme de Trump, c'est l'enrichissement du 0,0001% au détriment de la vaste majorité, au détriment de tous les gens ordinaires des États-Unis, au détriment des peuples du monde et au détriment de la viabilité de la vie sur Terre.

Nous devons lutter pour éviter que la vague Trump arrive ici. L'agenda de Poilievre, ce n'est peut-être pas encore Trump, mais c'est certainement un pas dans sa direction. Contre la vague de droite, il faut promouvoir l'unité de classe. Il faut lutter avec nos camarades immigrants et immigrantes, avec nos camarades des minorités religieuses et de genre, pour défendre leurs droits et nos droits. Ensemble, il faut prendre l'offensive et diriger une lutte sociale d'envergure pour mettre un terme au système capitaliste qui génère l'inégalité, la guerre et le fascisme.

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La colère tarifaire de Trump

25 février, par Michael Roberts — , , ,
Au cours du week-end, le président Donald Trump a annoncé une série d'augmentations tarifaires sur les importations américaines de marchandises en provenance des partenaires (…)

Au cours du week-end, le président Donald Trump a annoncé une série d'augmentations tarifaires sur les importations américaines de marchandises en provenance des partenaires commerciaux les plus proches des États-Unis, le Canada et le Mexique. Il a proposé une augmentation de 25 % des tarifs douaniers (avec un taux inférieur pour les importations de pétrole en provenance du Canada). Il a ensuite annoncé une augmentation de 10 % des droits de douane sur toutes les importations chinoises. C'est ainsi que Trump a commencé sa nouvelle guerre commerciale.

7 février 2025 | tiré de Viento sur
https://vientosur.info/la-rabieta-arancelaria-de-trump/

Et pourtant, dès qu'il l'a commencé, il a pris du recul. Trump a annoncé qu'il reportait d'un mois les hausses de droits de douane avec le Canada et le Mexique parce que leurs gouvernements avaient accepté de faire quelque chose contre la contrebande de fentanyl aux États-Unis, qui, selon lui, tue 200 000 Américains chaque année. Ce chiffre est absurde, bien sûr, car moins de 100 000 Américains meurent chaque année d'overdoses de drogues de toutes sortes. À l'heure actuelle, la contrebande de fentanyl à la frontière canado-américaine est minuscule, surtout si on la compare aux opérations des cartels de la drogue à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. De plus, comme le président mexicain Sheinbaum l'a fait remarquer à Trump, les cartels peuvent utiliser des méthodes violentes grâce au trafic d'armes effectué par les Américains aux États-Unis.

Les gouvernements du Canada et du Mexique se sont empressés de conclure un accord avec Trump, promettant des groupes de troupes aux frontières pour arrêter le trafic et plus de forces antidrogue conjointes avec les États-Unis, etc. Cela semble suffisant pour que Trump reporte sa mesure tarifaire, bien que les droits de douane sur la Chine soient maintenus (pas de médicaments là-bas ?). Des taxes seront également introduites dans le système douanier sur les importations de petits colis qui étaient auparavant exempts de droits de douane, ce qui affectera les achats en ligne de marchandises en provenance de l'étranger par les Américains.

Alors, que devrions-nous apprendre de cette crise de colère ? Les menaces d'augmentation des droits de douane sont-elles simplement utilisées pour intimider d'autres pays afin qu'ils fassent des concessions à Trump ? Ou y a-t-il une politique économique cohérente dans tout cela ?

Cette folie répond à une méthode. Sur le front extérieur, Trump a l'intention de rendre à l'Amérique sa grandeur en augmentant le coût de l'importation de biens étrangers pour les entreprises et les ménages américains, réduisant ainsi la demande et l'énorme déficit commercial que les États-Unis ont actuellement avec le reste du monde. Il veut le réduire et forcer les entreprises étrangères à investir et à opérer aux États-Unis au lieu d'y exporter.

Il pense que cela augmentera les revenus et l'emploi des Américains. Et avec les revenus supplémentaires des droits de douane, le gouvernement aura suffisamment de fonds pour réduire autant que possible l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les bénéfices des sociétés (en fait, Trump dit qu'il veut abolir complètement l'impôt sur le revenu). Si tel est le plan, les droits de douane finiront par être pleinement mis en œuvre et la Chine obtiendra probablement une augmentation encore plus importante.

Si Trump va de l'avant avec ses mesures tarifaires protectionnistes, quel sera l'impact sur le commerce et l'économie américains ? Les droits de douane actuellement prévus affecteraient 1,3 billion de dollars d'échanges commerciaux avec les États-Unis, et 43 % de toutes les importations américaines seraient touchées.

Les augmentations cumulatives des droits de douane depuis que Trump les a lancés pour la première fois au cours de son mandat de 2016 à 2020 atteindraient des niveaux jamais vus depuis 1969, juste avant les réductions tarifaires internationales du GATT et de l'OMC au cours des décennies de mondialisation à la fin du XXe siècle.

En effet, les droits de douane sont une taxe sur les biens importés, que le Trésor américain peut empocher. Un tarif de 25 % sur le Canada et le Mexique augmenterait les coûts pour les constructeurs automobiles américains. On s'attend à ce que ces tarifs augmentent jusqu'à 3 000 $ sur le prix de certaines des 16 millions de voitures vendues aux États-Unis chaque année. Les coûts des denrées alimentaires augmenteraient également, car le Mexique fournit plus de 60 % des produits frais aux États-Unis.

L'impact précis dépendra de la durée pendant laquelle les tarifs resteront en place et de la décision d'autres pays de prendre des mesures de rétorsion. La Chine a déjà annoncé une série de contre-mesures. Le ministère chinois du Commerce a déclaré que le pays imposerait des contrôles à l'exportation sur le tungstène, le tellure, le ruthénium, le molybdène et les articles liés au ruthénium, des composants essentiels des produits technologiques. La Chine prévoit également une taxe de 15 % sur le gaz naturel liquéfié.

Aux États-Unis, si des augmentations tarifaires sont mises en œuvre, les prix intérieurs augmenteront et il y aura une pression à la hausse sur l'inflation. Il y a un facteur qui contrecarre cela. Si le dollar américain se renforce par rapport aux autres devises commerciales, le coût des importations en dollars sera plus faible, ce qui réduira l'impact des droits de douane sur les prix. Mais le taux d'inflation aux États-Unis augmentera très probablement. L'inflation recommence déjà à augmenter. Les augmentations tarifaires porteront le taux au-dessus de 3 % d'ici 2025.

Un groupe de réflexion américain, le Tax Policy Center, estime que le revenu médian des ménages américains après impôts diminuera de 1 %, soit 930 dollars, d'ici 2026 si les tarifs sont pleinement mis en œuvre. En effet, les prix à la consommation augmenteraient de 0,7 % et le PIB réel perdrait de 0,4 %. Le Peterson Institute for International Economics estime que les droits de douane entraîneront une contraction de l'économie américaine de 0,25 % l'année prochaine et de 0,1 % à long terme. « Les politiques qu'il poursuit présentent un risque inflationniste élevé », a déclaré Adam Posen, directeur du groupe de réflexion du Peterson Institute for International Economics. « Il semble que la promotion de l'industrie manufacturière et l'atteinte des partenaires commerciaux de l'Amérique soient des objectifs qui, pour Trump, ont plus de priorité que le pouvoir d'achat de la classe ouvrière. »

Trump affirme que les revenus supplémentaires provenant des tarifs seraient utilisés pour réduire les impôts et que l'ensemble des types de revenus serait censé aider les revenus des ménages. Mais les estimations des revenus supplémentaires provenant des droits de douane ne s'élèvent qu'à 150 milliards de dollars par an. Et les réductions d'impôt sur le revenu profiteront principalement aux personnes aux revenus les plus élevés, tandis que la hausse de l'inflation touchera les groupes à faible revenu.

Si l'impact des hausses tarifaires devait réduire la croissance économique, le soi-disant succès relatif de l'économie américaine par rapport à d'autres grandes économies serait en péril. La croissance du PIB réel aux États-Unis avait déjà ralenti à la fin de 2024 pour s'établir à un taux annualisé de 2,3 %. Des mesures tarifaires réduiraient ce taux de croissance cette année et l'année prochaine.

Ainsi, alors que Trump impose des droits de douane, l'inflation aux États-Unis augmente et la croissance de la production ralentit.

Les pays soumis aux augmentations tarifaires de Trump seront durement touchés. Le Peterson Institute calcule que « sous la deuxième administration Trump, le PIB des États-Unis serait inférieur d'environ 200 milliards de dollars à ce qu'il aurait été sans les droits de douane. Le Canada perdrait 100 milliards de dollars à cause d'une économie beaucoup plus petite et, à son apogée, les droits de douane réduiraient la taille de l'économie mexicaine de 2 % par rapport à ses prévisions de base. En fait, les économistes de JP Morgan estiment que ces mesures pourraient plonger le Canada (déjà faible) et le Mexique dans une récession à part entière.

L'impact sur la Chine dépendra de l'ampleur des augmentations tarifaires. Pour l'instant, ce n'est que 10 %, mais Trump a déclaré que ce serait finalement 60 %. Si les États-Unis imposaient un tarif supplémentaire de 10 % à la Chine et que la Chine répondait en conséquence, le PIB américain serait réduit de 55 milliards de dollars au cours des quatre années de la deuxième administration Trump, et de 128 milliards de dollars en Chine. L'inflation devrait augmenter de 20 points de base aux États-Unis et, après une baisse initiale, de 30 points de base en Chine.

Ces estimations supposent que des mesures tarifaires seront appliquées. Jusqu'à présent, Trump a reporté son application pendant qu'il poursuit ses tactiques de négociation avec ses partenaires commerciaux. Mais n'oubliez pas qu'il prévoit également d'augmenter les droits de douane sur toutes les importations de l'UE, et cela n'est pas encore arrivé.

En général, l'augmentation des droits de douane et d'autres mesures protectionnistes seront affaiblies par les mesures de rétorsion et la croissance économique. La croissance du commerce mondial s'est quelque peu redressée en 2024 après s'être contractée en 2023. Les tarifs douaniers de Trump arrêteront cette reprise dans son élan.

Dans les années 1930, la tentative des États-Unis de protéger leur base industrielle avec les tarifs douaniers Smoot-Hawley n'a conduit qu'à une nouvelle contraction de la production qui a conduit à la Grande Dépression qui a englouti l'Amérique du Nord, l'Europe et le Japon. Les grandes entreprises et leurs économistes ont condamné les mesures Smoot-Hawley et ont mené une campagne vigoureuse contre leur mise en œuvre. Henry Ford a tenté de convaincre le président Hoover d'opposer son veto à ces mesures, les qualifiant de « stupidité économique ». Des mots similaires viennent maintenant des grandes entreprises et de la finance ou du Wall Street Journal, qui a qualifié les tarifs douaniers de Trump de « guerre commerciale la plus stupide de l'histoire ».

La Grande Dépression des années 1930 n'a pas été causée par la guerre commerciale protectionniste provoquée par les États-Unis en 1930, mais les tarifs douaniers n'ont fait qu'ajouter de la force à la contraction mondiale, qui est devenue « chacun pour soi ». Entre 1929 et 1934, le commerce mondial a chuté d'environ 66 % alors que les pays du monde entier mettaient en œuvre des mesures de rétorsion commerciale.

Bien que Trump ait rompu avec les politiques néolibérales de mondialisation et de libre-échange pour « rendre sa grandeur à l'Amérique » aux dépens du reste du monde, il n'a pas abandonné les politiques néolibérales pour l'économie nationale. Les impôts des grandes entreprises et des riches seront réduits, mais il est également prévu de réduire la dette du gouvernement fédéral et de réduire les dépenses publiques (sauf pour l'armement, bien sûr). Cette année, le déficit budgétaire des États-Unis sera de près de 2 000 milliards de dollars, dont plus de la moitié sont des intérêts nets, soit à peu près la même quantité que les États-Unis dépensent pour leur armée. L'encours total de la dette publique s'élève aujourd'hui à 30,2 billions de dollars, soit 99 % du PIB. La dette américaine en pourcentage du PIB dépassera bientôt le pic de la Seconde Guerre mondiale. Le Congressional Budget Office estime que d'ici 2034, la dette du gouvernement américain dépassera 50 000 milliards de dollars, soit 122,4 % du PIB. Les États-Unis dépenseront 1,7 billion de dollars par an rien qu'en intérêts.

Trump a laissé Elon Musk prendre en charge les dépenses du gouvernement fédéral, fermer des ministères (peut-être le ministère de l'Éducation) et licencier des milliers d'employés publics pour réduire le gaspillage. Le problème pour Musk est que la plupart des déchets et des dépenses vont à la défense, mais il ne fait aucun doute qu'il continuera à réduire les services publics et même les programmes de droits comme Medicare.

Trump a l'intention de privatiser autant de gouvernement qu'il le peut. « Nous vous encourageons à trouver un emploi dans le secteur privé dès que vous le souhaitez », a déclaré le Bureau de la gestion du personnel de l'administration Trump. Selon Trump, le secteur public est improductif, mais pas le secteur financier, bien sûr. « La voie vers une plus grande prospérité américaine est d'encourager les gens à passer d'emplois à faible productivité dans le secteur public à des emplois à plus forte productivité dans le secteur privé. » Personne ne connaît ces excellents emplois. De plus, si le secteur privé cesse de croître à mesure que la guerre commerciale s'intensifie, ces emplois à plus forte productivité n'existeront jamais.

4/02/2025

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De nouveaux comités de travailleurs syriens lancent des protestations coordonnées contre les licenciements massifs d’employés du gouvernement

25 février, par Association des travailleurs pour le changement démocratique — , ,
Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes soutient les comités indépendants formés en Syrie Des comités indépendants de travailleurs nouvellement formés (…)

Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes soutient les comités indépendants formés en Syrie

Des comités indépendants de travailleurs nouvellement formés en Syrie ont organisé des manifestations et des veillées dans tout le pays pour protester contre la décision du gouvernement intérimaire de licencier des milliers d'employés du secteur public, et en réponse à la flambée du coût de la vie qui plonge des millions de Syriens dans la pauvreté.

Des rassemblements ont eu lieu le 15 février à Damas, Alep, Soueïda, Lattaquié et Homs. Les manifestations font suite à une initiative lancée par l'Association des travailleurs pour le changement démocratique (WADC) appelant à la formation de comités démocratiques pacifiques de coordination du travail en réponse à l'aggravation de la crise économique, à l'érosion des droits des travailleurs et à l'impact dévastateur des politiques néolibérales sur la classe ouvrière. Le WADC appelle à la mobilisation massive des travailleurs, à l'auto-organisation démocratique et à une action unifiée pour résister aux licenciements, à la privatisation et à l'injustice économique.

Déclaration de l'Association des travailleurs pour le changement démocratique

L'Association des travailleurs pour le changement démocratique annonce la formation de comités de coordination syndicale indépendants, pacifiques et démocratiques dans toutes les provinces. Ces comités visent à unifier le mouvement syndical en cours et à venir, chaque province établissant son propre organe de coordination pour organiser des activités localement. Chaque comité comprendra des représentants de différents secteurs syndicaux du secteur public afin de s'assurer que les manifestations et les sit-in se déroulent collectivement à un moment et à un endroit unifiés dans toutes les provinces. Cet effort vise à consolider nos revendications légitimes, qui découlent des graves dommages infligés à nos emplois, à nos moyens de subsistance et à l'avenir de nos enfants en raison de décisions hâtives et injustes qui ne tiennent pas compte des intérêts du secteur public, de ses institutions, de son économie et de ses ressources humaines.

Nous sommes fiers du fait que, en tant que classe ouvrière, nous avons toujours été et continuons d'être la représentation la plus fidèle de l'unité nationale et de la souveraineté pour atteindre les objectifs suivants :

* Annuler toutes les décisions rendues par le gouvernement intérimaire concernant les licenciements, les licenciements, les suspensions, les résiliations de contrats, les congés forcés sans solde ou toute autre mesure injuste sous quelque prétexte que ce soit.

* Nous exigeons la formation de comités gouvernementaux spécialisés comprenant des représentants syndicaux pour examiner tous les dossiers d'emploi, identifier les cas de corruption et d'emplois fantômes, et renvoyer les violations devant la justice pour qu'elle rende des comptes équitablement.

* Accorder des contrats à durée indéterminée aux travailleurs annuels et saisonniers que l'ancien régime refusait de régulariser dans le cadre de son évasion de responsabilité.

* Restructurer le personnel et les ressources humaines pour s'assurer que les travailleurs ne sont pas licenciés arbitrairement tout en investissant dans les compétences et la formation continue pour améliorer l'efficacité.

* Augmenter les salaires de manière équitable pour s'aligner sur la norme minimale d'un moyen de subsistance digne.

* Veiller à ce que les retraités soient inclus dans toute augmentation de salaire et ne soient en aucun cas exclus.

* Inverser les politiques de privatisation et s'appuyer sur les capacités nationales pour relancer et réformer le secteur public en tant que pilier de l'économie nationale et de la sécurité sociale.

* Rouvrir toutes les entreprises du secteur public, en particulier les entreprises productives, et créer de nouvelles opportunités d'emploi dans divers secteurs tout en réintégrant les chômeurs.

* Les syndicats ouvriers appartiennent aux travailleurs, et eux seuls ont le droit de déterminer leur sort. Nous exigeons de nouvelles élections libres de toute ingérence ou contrôle extérieur.

Qui sommes-nous ?

Nous sommes un groupe de travailleurs des secteurs public et privé, ainsi que des militants syndicaux de diverses provinces syriennes. Depuis 2012, nous avons mis de l'avant notre programme de changement démocratique et nous nous sommes battus pour celui-ci malgré les sévères restrictions politiques et sécuritaires imposées par l'ancien régime. Nous avons défendu avec détermination les droits et les intérêts des travailleurs malgré toutes les tentatives de nous mettre à l'écart et de nous intimider.
Nos efforts ont gagné la confiance d'une grande partie des travailleurs des deux secteurs.

Structure organisationnelle des comités de coordination
Le comité général de coordination est basé à Damas et comprend les chefs des comités provinciaux de coordination. Chaque comité provincial comprend des représentants de la coordination des groupes syndicaux.

Par exemple :

Coordination Damas et Damas rurale : Formée à partir de l'ensemble des délégués des groupes syndicaux (électricité – santé – médias – banques – industries textiles, etc.) Coordination Homs – Coordination Daraa – Coordination Sweida – Coordination Hama – Coordination Quneitra – Coordination Alep -Coordination Tartous – Coordination Lattaquié, etc.

La structure finale de ces comités syndicaux sera annoncée une fois que tous les groupes syndicaux auront été constitués. Nous appelons tous les travailleurs à organiser leurs groupes, à choisir leurs représentants collectivement et à veiller à ce que les délégués soient qualifiés, dignes de confiance et connus pour leur intégrité, leur altruisme et leur forte conscience nationale et de classe.

Pour l'instant, la communication avec nous se limitera à Facebook Messenger via notre page (Democratic Workers' Change).

À partir du samedi 15 février 2025, nous lancerons des sit-in hebdomadaires organisés tous les samedis de 10h à 14h devant les bâtiments syndicaux de toutes les provinces. Cette mobilisation continue sera notre principale voie vers l'atteinte du plus haut niveau d'organisation et du plus grand mouvement de masse pacifique capable d'exercer son poids et de garantir ses droits légitimes. Notre objectif ultime est de devenir un partenaire actif dans la construction de la nouvelle Syrie à laquelle nous aspirons tous.

Slogans :
Le slogan principal : « Persistance, persévérance, jusqu'à ce que la décision soit renversée »
« Un, un, le peuple syrien est un »
« Un, un, les travailleurs syriens sont un »
« Les travailleurs syriens sont unis »
« Nous sommes des travailleurs de l'État, pas des travailleurs du régime »
« Un gouvernement intérimaire, pas des licenciements de travailleurs »
« Non aux licenciements arbitraires »
« Nous sommes avec la loi et contre la corruption »
« Les moyens de subsistance sont une ligne rouge »
« Nous ne sommes pas des fantômes »
« Nous sommes tous Syriens, et nous reconstruirons notre pays avec amour »
« Les retraités ont donné leur vie à ce pays – nous devons préserver leur dignité »
« Oui à la responsabilisation des fonctionnaires corrompus »
« Notre détermination est forte, nous voulons travailler »
« Oui à l'amélioration de l'efficacité au travail »
« Nous avons besoin d'une augmentation de salaire qui nous soutienne »
« Vous voulez une économie forte ? Vous pouvez compter sur nous »
« Désolé messieurs… Nos usines ne sont pas à vendre »
« Non à la privatisation, nous pouvons faire fonctionner et améliorer nos industries »
« Nos emplois sont notre dignité et le gagne-pain de nos enfants »
« Nous sommes fatigués de l'injustice et de la privation »
« Notre mouvement est national… Notre mouvement est pacifique… Nous changerons tout injuste »
« Nous exigeons la justice sociale »
« Nous ne voulons pas de mots, nous voulons des actions »
« Nous ne resterons pas à la maison, nous construirons une nouvelle nation »

Comité général de coordination pour le changement démocratique des travailleurs

MENA Solidarity Network

https://laboursolidarity.org/fr/n/3419/de-nouveaux-comites-de-travailleurs-syriens-lancent-des-protestations-coordonnees-contre-les-licenciements-massifs-demployes-du-gouvernement

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Trump : Réagissons avant qu’il ne soit trop tard

25 février, par Yorgos Mitralias — , ,
*Unis mais désespérément seuls ! Unis dans leurs hécatombes, leurs bains de sang et leur solitude. Et unis aussi dans la même résistance acharnée pour la vie, la liberté et (…)

*Unis mais désespérément seuls ! Unis dans leurs hécatombes, leurs bains de sang et leur solitude. Et unis aussi dans la même résistance acharnée pour la vie, la liberté et leur autodétermination nationale. Peuples palestinien et ukrainien martyrisés et unis…contre les mêmes bourreaux unis.

D'ailleurs, n'était-il pas l'un d'eux, qui nous avertissait, déjà le 28 décembre 2023, que « Les objectifs déclarés d'Israël dans son opération en cours contre les militants du Hamas à Gaza semblent presque identiques à ceux de Moscou dans sa campagne contre le gouvernement ukrainien” ? (1)*

Cette phrase d'il y a un an, aurait dû nous préparer pour affronter les malheurs actuels. D'autant plus que celui qui l'avait prononcé n'est pas n'importe qui. C'est *Serguei Lavrov*, bras droit et éternel ministre des Affaires étrangères de M. Poutine. Un M. Lavrov qui s'était même empressé de préciser que les objectifs de Netanyahou à Gaza « *semblent similaires à la "démilitarisation" et à la "dénazification", que Moscou poursuit en Ukraine depuis le lancement de son offensive en février 2022 » ! *En somme, mêmes génocides et mêmes génocidaires…

Malheureusement, personne n'a prêté la moindre attention à ces affirmations de M. Lavrov, bien qu'il les a faites au cours d'un grand interview accordé aux très officielles agences Tass et Novosty et bien que cet interviewfigurait longtemps en toute première page du site du ministère russe des Affaires Étrangères ! Comme on pouvait s'en attendre, le silence assourdissant qui les a toujours entourées était dû au fait que ceux qui soutiennent les crimes de M. Netanyahou à Gaza n'aiment pas être associés aux crimes de M. Poutine en Ukraine, et ceux qui soutiennent les crimes de M. Poutine en Ukraine n'aiment pas être associés aux crimes de M. Netanyahou à Gaza. En d'autres termes, une alliance pas tellement contre nature entre tous ceux qui avaient intérêt à passer sous silence des vérités qui ne pouvaient que mettre à nu leur hypocrisie…

Mais, force est d'admettre que quand nous écrivions qu'en affirmant *« que la Russie ne fait rien de plus en Ukraine qu'Israël à Gaza* », M. Lavrov *« s'adressait d'abord a l'establishment américain… essayant de lui faire comprendre que la Russie n'est pas un adversaire mais plutôt un ami, les deux ayant des intérêts communs »,* nous ne pouvions pas imaginer qu'un président des Etats-Unis traduirait en actes ces paroles de M. Lavrov seulement un an plus tard ! Et pourtant c'est exactement ce qu'est en train de faire actuellement M. Trump quand il soutient -avec un zèle qui fait froid dans le dos les guerres génocidaires contre les peuples ukrainien et palestinien des criminels qui s'appellent Netanyahou et Poutine…

Toutefois, l'actualité brûlante n'éclaire pas rétroactivement seulement ces déclarations tonitruantes de M. Lavrov. Elle éclaire aussi plusieurs autres dues à M.Poutine lui-même. Comme par exemple celle, ahurissante et « incompréhensible » quand il l'a faite en février 2024, que c'était la Pologne qui avait… contraint l'Allemagne de Hitler à l'attaquer, déclenchant ainsi la Seconde Guerre mondiale ! A première vue bizarre et « incompréhensible », cette affirmation de M. Poutine devient compréhensible quand on la lit dans son entièreté à la lumière de la plus brulante actualité des derniers jours : « *les Polonais n'avaient pas cédé le corridor de Dantzig à l'Allemagne, et ils sont allés trop loin, poussant Hitler à déclencher la Deuxième Guerre mondiale en les attaquant. Pourquoi est-ce contre la Pologne que la guerre a commencé, le 1er septembre 1939 ? La Pologne s'est révélée intransigeante, et Hitler n'a eu d'autre choix que de commencer à mettre en œuvre ses plans avec la Pologne » ! (2)*

En réalité, ce que M. Poutine voulait nous dire en réécrivant ainsi l'histoire de la Seconde guerre mondiale, c'est que l'Ukraine actuelle envahie par l'armée de M. Poutine ressemble comme deux gouttes d'eau à la Pologne de 1938 envahie par la Wehrmacht de M. Hitler. Et que ces deux pays sont responsables des agressions militaires qu'ils ont subies, car ils les ont provoquées en refusant de céder devant les prétentions territoriales et autres de leurs envahisseurs ! Alors, ce n'est pas un hasard que le maître du Kremlin a prononcé ces monstrueuses énormités au cours du grand interview qu'il a accordé à Tucker Carlson, étoile de la chaîne Fox news, très proche de M. Trump et donc, tout indiqué pour faire connaître ces affirmations de M. Poutine aux milieux d'extrême droite américains lesquels d'ailleurs… les partagent.

De nouveau, force est de constater que ce positionnement cynique de M. Poutine en faveur du droit du plus fort, a fait mouche auprès de l'extrême droite américaine. La preuve en est qu'une fois réinstallé à la Maison Blanche, M. Trump s'est empressé non seulement de reprendre tous les « arguments » du président russe en faveur de son invasion de l'Ukraine, mais aussi de profiter de la situation pour… participer activement au pillage et à la destruction de l'Ukraine aux côtés de son complice russe !

Alors, quelle est la nature de cette association de Trump avec Poutine ? S'agit-il d'une alliance occasionnelle ou bien d'affinités électives beaucoup plus solides ? De nouveau, c'est Poutine qui a donné le premier un début de réponse quand il s'est adressé longuement à ses compatriotes le jour de l'invasion de l'Ukraine par son armée. Et bien que systématiquement « oubliés » par ses amis et ennemis de droite comme de gauche, ses diatribes anticommunistes de ce jour fatidique ainsi que ses violentes attaques contre la Révolution d'Octobre 1917, les Bolcheviks et surtout, contre Lénine en personne,(3) éclairent au-delà de tout doute, tant ses références politiques et idéologiques que la nature de son alliance avec Trump.

En somme, *ce qui unit actuellement Poutine à Trump c'est la communauté de leurs références idéologiques, tout ce qui les rend réactionnaires, obscurantistes, ennemis jurés des faibles, des pauvres, des minorités, des socialistes, des féministes, des écologistes, des travailleurs, des syndicats ouvriers. C'est leur adoration de la violence brute, du virilisme et de l'autoritarisme le plus exacerbé, des milliardaires, des oligarques et des dictateurs, c'est leur haine viscérale de la démocratie.*

Alors, pas de doute, Trump, Poutine, Netanyahou, Musk, Milei et leurs amis de par le monde, ne représentent pas une version simplement plus dure du néolibéralisme, comme continuent de le prétendre certains irresponsables. Ils représentent un danger mortel pour nous tous, pour l'humanité, pour la démocratie et la planète. Un danger analogue à celui que représentait le fascisme et le nazisme il y a 80 ans. Ils représentent l'Internationale Brune de notre temps. Réagissons donc tous ensemble avant qu'il ne soit trop tard. Car cette fois il n'y aura pas de seconde chance…

*Notes*

*1. **Sergueï Lavrov : "Israël poursuit des objectifs similaires à
ceux de la Russie » ! :*
https://www.pressegauche.org/Serguei-Lavrov-ministre-russe-des-affaires-etrangeres-Israel-poursuit-des

*2. **Pourquoi les partisans de Poutine le censurent
systématiquement ? :* https://inprecor.fr/node/3896

*3. **Poutine : « Lénine est l'auteur de l'Ukraine d'aujourd'hui » ou
comment tout ça est la faute à … Lénine et aux bolcheviks : *tps ://
lanticapitaliste.org/opinions/international/poutine-lenine-est-lauteur-de-lukraine-daujourdhui-ou-comment-tout-ca-est-la

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La mauvaise protection des travailleurs et des travailleuses fait obstacle à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne

Si l'Ukraine veut espérer adhérer à l'Union européenne, les droits du travail doivent être une priorité beaucoup plus importante. C'est également nécessaire pour renforcer la (…)

Si l'Ukraine veut espérer adhérer à l'Union européenne, les droits du travail doivent être une priorité beaucoup plus importante. C'est également nécessaire pour renforcer la résilience de la société.

Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/02/15/la-mauvaise-protection-des-travailleurs-et-des-travailleuses-fait-obstacle-a-ladhesion-de-lukraine-a-lunion-europeenne-communique-de-sotsialnyi-rukh/

Le rapport d'étape 2024 de la Commission européenne sur l'adhésion de l'Ukraine à l'UE a fait l'effet d'une douche froide pour le gouvernement ukrainien. Parmi les nombreuses exigences auxquelles l'Ukraine doit répondre, le domaine du marché social et du travail ressort comme critique par rapport aux conditions d'adhésion à l'UE.

L'Ukraine obtient même la plus mauvaise note dans ce domaine parmi les dix pays candidats, juste derrière le Kosovo. Ce mauvais classement révèle également les années de négligence systématique dans le pays, antérieures à l'invasion russe et liées au démantèlement de la réglementation. Mais aussi à la marginalisation des syndicats par les gouvernements successifs.

En conséquence, la détérioration des conditions de vie des travailleurs et des travailleuses ukrainiennes est aujourd'hui devenue un obstacle direct aux perspectives d'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne.

Le dialogue social : un idéal oublié

Au sein de l'Union européenne, le « dialogue social » – ou les négociations entre les partenaires sociaux – est désormais une institution bien établie et une image de la façon dont les désaccords peuvent être résolus par la démocratie, la négociation et la reconnaissance mutuelle entre les employeurs, les syndicats et les gouvernements.

En Ukraine, le principe du dialogue social a été marginalisé. Le Conseil social et économique tripartite national officiel (NTSEC) – qui était censé être le moteur des réformes coopératives du marché du travail – est inactif depuis 2021. Sans plateforme de dialogue social fonctionnelle, les syndicats sont amenés à réagir de manière défensive aux initiatives gouvernementales au lieu de façonner de manière proactive l'élaboration des politiques.

Au niveau local, l'ébranlement de la pratique des négociations antérieures est encore plus évident. Invoquant l'état d'urgence militaire qui a suivi l'invasion, les employeurs ont été autorisés à suspendre unilatéralement les conventions collectives. De grandes entreprises comme les chemins de fer nationaux ou le plus grand producteur d'acier du pays, ArcelorMittal, n'ont pas tardé à tirer parti de cette situation.

La nouvelle législation viole des normes européennes essentielles contenues dans la Charte sociale européenne, qui garantit le droit à la négociation collective et à des salaires équitables.

L'affaiblissement du mouvement syndical est important dans la conjoncture. Le nombre de membres a chuté, avec une perte estimée à 700 000 membres depuis 2022. Ce déclin reflète la destruction des emplois, les effets de la guerre et l'affaiblissement de la capacité des syndicats à défendre les droits des travailleurs et des travailleuses.

Sécurité au travail : qui protège les travailleurs et les travailleuses ?

La guerre elle-même a porté un coup majeur à la sécurité des travailleurs et des travailleuses, mais cela ne change rien au fait que la protection du travail dans le pays était déjà insuffisante. Le système en vigueur se concentre étroitement sur les mesures réactives, alors que dans l'Union européenne, par exemple, la prévention joue un rôle beaucoup plus important.

Le projet de nouvelle loi sur la sécurité au travail du gouvernement ukrainien (projet de loi n°10147) a été vivement critiqué pour son approche néolibérale. Il accorde aux employeurs beaucoup plus d'autonomie et de liberté, tout en supprimant des garanties pour les travailleurs, et les travailleuses, notamment en réduisant le financement des mesures de sécurité et de protection lors des travaux dangereux.

Malgré une certaine inspiration des directives européennes, le projet de loi ne respecte pas les normes minimales – notamment en ce qui concerne le travail intérimaire et l'accès aux données de sécurité à des fins de prévention.

Avec plus de 200 décès liés au travail dans l'industrie en 2023 – dont la moitié directement liée à la guerre – la nécessité d'une réforme globale est urgente. Pourtant, les propositions actuelles risquent d'affaiblir encore davantage la protection. Par rapport à la législation actuelle, elles laissent encore plus de questions à la discrétion de l'employeur. Il s'agit notamment de la contribution minimale à la santé et à la sécurité au travail, ainsi que de la fréquence à laquelle les employé·es doivent être informé·es sur les questions de santé et de sécurité sur le lieu de travail.

Une inspection du travail en crise

La Commission européenne a identifié l'inefficacité de l'inspection du travail ukrainienne comme une lacune majeure. L'absence d'un cadre juridique clair empêche les inspecteurs et les inspectrices d'appliquer efficacement la législation du travail. La situation s'est aggravée sous l'état d'urgence, les inspections ayant été suspendues et le contrôle encore affaibli.

Suite aux pressions exercées par l'UE, certaines propositions ont été faites pour renforcer l'inspection du travail, mais encore de façon limitée. Tant que l'Ukraine ne suivra pas l'exemple d'autres pays candidats qui ont adopté des lois dédiées à l'inspection du travail, son système restera inadapté.

L'absence de mesures dissuasives contre les violations liées au travail signifie que les employeurs qui exploitent la loi continueront à le faire sans entrave. Cela compromet à la fois les droits du travail et les ambitions européennes de l'Ukraine.

Des réformes au profit des travailleurs, et des travailleurs, pas seulement de Bruxelles.
Remédier à ce type de faiblesses systémiques est loin d'être une simple formalité pour l'adhésion à l'UE. C'est une nécessité pour la stabilité et la résilience de l'Ukraine. Garantir une application rigoureuse du droit du travail, renforcer le dialogue social et améliorer l'environnement de travail sont des réformes qui profitent à l'ensemble de la société.

Les syndicats ukrainiens doivent profiter de cette occasion pour travailler avec des partenaires internationaux et affirmer leur rôle dans l'élaboration de l'avenir du marché du travail du pays. La guerre a montré que la solidarité et la justice ne sont pas seulement des idéaux à atteindre mais des outils concrets et essentiels à la survie nationale.

Le respect des droits du travail et des réformes solides renforceront non seulement les perspectives d'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne mais aussi sa cohésion sociale face à la poursuite de l'agression russe.

En donnant la priorité au bien-être de l'ensemble de la main-d'œuvre, l'Ukraine peut jeter les bases d'une véritable intégration européenne et montrer que les valeurs démocratiques, les droits des travailleurs et des travailleuses sont au cœur de sa future trajectoire .

Vitaly Dudin
Tribune de Vitaly Dudin, cofondateur de Sotsialnyi Rukh, pour Solidaritet, journal socialiste danois à l'occasion d'une rencontre avec l'Alliance Rouge-Vert danoise. Le syndicat ukrainien des infirmières « Sois comme Nina », invité par son homologue danois participe à cette rencontre.
https://solidaritet.dk/ringe-arbejderbeskyttelse-staar-i-vejen-for-ukrainsk-eu-medlemskab/
Traduction Deepl Pro relue ML

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Au travail dès deux ans, les capitalistes à la fête !

25 février, par Patrick Rozenblatt — , ,
De Black Friday en Black Novembre, d'Halloween à Noël, les offres exceptionnelles de discount,à durée très limitée, explosent les yeux et les oreilles pour que nous concédions (…)

De Black Friday en Black Novembre, d'Halloween à Noël, les offres exceptionnelles de discount,à durée très limitée, explosent les yeux et les oreilles pour que nous concédions au culte des cadeaux.

Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/02/24/au-travail-des-deux-ans-les-capitalistes-a-la-fete/

Avec l'aimable autorisation des Editions Syllepse

Pour faire ses courses, le temps est incommensurable ! Trouver des idées de cadeaux neufs ou dorénavant recyclés, en fonction de l'état des porte-monnaies et des valeurs écologiques (345 euros en moyenne e 2023, selon Le Sofinscope-baromètre OpinionWay pour Sofinco), aspire une énergie démesurée jusqu'à la trêve des confiseurs, entre Noël et jour de l'An1 ! L'illusion peut ainsi exister qu'en suspendant l'activité de travail, pour une majorité de la population, cette trêve prolongerait laïquement les « trewa dei », trêve de Dieu par laquelle, au Moyen-Âge, « l'Église limitait les guerres privées en interdisant toute hostilité entre seigneurs du mercredi soir au lundi matin et à certaines époques de l'année (Avent, Noël, Carême, Pâques)2 ». Elle serait le symbole d'un temps arraché aux capitalistes, un temps libre pour échapper à l'emprise permanente du travail subordonné !

Trêve d'illusions, ce temps des fêtes est surtout un temps contraint où s'offrent les cadeaux, où l'on va aussi les échanger, dans un continuum commercial frénétique. L'idéologie capitaliste l'entretient par un flot publicitaire hypnotisant qui dépasse de près d'un tiers son volume du reste de l'année. Les enfants perçoivent précocement tout le paradoxe de l'expression « trêve des confiseurs », car c'est précisément le moment où ils ont plus de chance qu'à d'autres d'accéder aux produits marchands qu'ils soient cadeaux ou sucreries. Moment pour leur offrir les joies de l'insouciance ou moment pour les intégrer brutalement dans le monde impitoyable du travail à perpétuité ?

En relation directe avec cette interrogation, on ne peut qu'être admiratif ou horrifié par un des jeux mis sur le marché de Noël en novembre 2023. Dès deux ans, la marque Infini Fun invite les parents à offrir à leurs enfants, pour moins de 40 euros et payable en trois fois, un kit de télétravail3. La publicité le présente en des termes qui invalident toute ambiguïté :

Comme papa et maman : je passe des appels avec mon téléphone, je participe à des vidéoconférences avec mon ordi et mon casque […], cinq modes de jeu sur l'ordinateur : télétravail (imitation), découverte et trois modes quiz sur les lettres, les chiffres et les couleurs. […] Le téléphone offre dix-huit zones tactiles qui déclenchent de nombreux effets sonores et musiques. Il me rappelle automatiquement […]. Le casque (factice) me donne l'air encore plus professionnel4.

Vive le travail et dès les fêtes ! Les parents sont dans l'ensemble ravis, leurs commentaires peuvent mêmes être élogieux. Reviennent le plus des formules comme « Super imitation », « Super ludique » qui disent l'essentiel d'une adhésion à socialiser les enfants aux idéaux de la logique compétence dès leur sortie du berceau5. Quelle progression car, après recherche, ce genre de dressage aux bons comportements, qui ont notamment pris leur essor durant le confinement imposé lors de la pandémie du Covid 19, s'adressaient plutôt aux enfants sachant déjà lire et écrire. À l'époque le site MoneyVox proposait plusieurs supports ludiques et pédagogiques afin « d'apprendre aux enfants à gérer leur argent de poche et initier vos adolescents à l'économie et la finance ». Il recommandait par exemple pour les petits de 6 à 10 ans une application sur mobile et tablette, de l'association Crésus qui vient en aide aux personnes en difficulté, dont l'objectif principal est de « montrer à l'enfant que l'argent n'est pas illimité, qu'il se gagne et se dépense ». Le but du jeu est d'organiser avec un budget limité la plus belle fête d'anniversaire « du choix du lieu en passant par la préparation du gâteau ». Pour y parvenir, l'enfant doit mobiliser « des compétences de lecture, de calcul mental simple, de stratégie et de planification ». En prime, le jeu sensibilise « à l'alimentation saine, à l'entraide, à la solidarité ». Quel beau programme !

C'est une société qui se croit civilisée car elle peut afficher des lois qui, littéralement, laissent à penser qu'à travers un long processus, et sans plus de conflictualité, elle a établi un monde permettant la coexistence harmonieuse et humaniste d'un temps pour travailler et d'un temps libre pour le bien-être de toute sa population, des plus jeunes aux plus âgé·es. Pour s'en assurer, il suffit d'aller voir sur le site du gouvernement de la République et de lire, y compris entre les lignes pour les non-dits, ce qu'il présente, à partir de la loi du 22 mars 1841, sur l'interdiction du travail des enfants. Car au commencement, cette présentation le reconnaît, il y a eu un capitalisme, sans morale ni limites, exploitant dans le cadre d'un « nouvel esclavage6 » toutes les forces vives tout en les épuisant prématurément :

En France comme en Angleterre, vers 1840-1850, les enfants de moins de 14 ans représentent 15 à 20 % de la main-d'œuvre des manufactures et des usines. Le travail des enfants n'est pourtant pas en soi une nouveauté, il est usuel dans l'agriculture comme dans l'artisanat. Mais avec les nouvelles conditions de travail engendrées par l'industrie textile mécanisée, il s'apparente à un nouvel esclavage7.

Le travail détruit à petit feu et détruit tout court, à tel point que :

Médecins, hygiénistes, philanthropes, réformateurs sociaux et industriels progressistes soulignent les effets mortifères pour les enfants de journées de 14 heures passées sous les métiers textiles : déformations physiques, rachitisme, tuberculose… La mortalité est également élevée : à Mulhouse, entre 1812 et 1827, parallèlement à la croissance de l'industrie, la durée de vie moyenne diminue de quatre ans et la moitié des enfants n'atteignent pas l'âge de 10 ans8.

L'humanité a pourtant bien du mal à imposer un droit de vivre puisqu'il faudra, accessoirement, ce que le site gouvernemental oublie de mentionner, une révolution en 1840, et les Communes des années 1870, pour voir promulguer les lois de 1841 et de 1874 qui interdisent respectivement l'embauche avant 8 ans, puis avant 12 ans. Malgré cet effacement de la mobilisation des esclaves concerné·es, histoire de ne pas dire que l'action ouvrière et syndicale n'a servi à rien, la note expose a contrario crûment le peu d'impact de la législation concernant la mise au travail car : « Rareté des inspections, amendes insuffisantes, puissance des intérêts économiques en jeu, accord tacite des parents les plus pauvres9. »

Au final, à l'horizon de la Première Guerre mondiale, la réduction de ce fléau du travail des enfants sera peu résorbé dans l'industrie, et donc loin d'être effective ailleurs, que par « les progrès techniques et la nécessité de former les ouvriers, couplés aux nouvelles lois scolaires10 ».

On retrouve ici le recours à une logique déterministe du progrès technique, comme seule autorité acceptable pour juguler un esprit du capitalisme totalement insensible à l'irrationalité protectrice de droits humains universels.

En conséquence, si la mise au travail des enfants a reculé, si le temps de scolarisation s'est allongé, si l'idée d'un temps libre légal s'est glissée dans les représentations liées à la vie de l'enfance à la retraite, c'est fondamentalement parce que les configurations productives dans lesquelles sont incorporées en permanence des innovations technologiques modèlent des formes de division sociale du travail qui s'en accommodent.

Dès lors, si certains ont cru à un cheminement de l'histoire permettant d'établir, plus ou moins avec des luttes, une réduction régulière du temps de travail et une augmentation tout autant régulière du temps libre et choisi, peut-être ont-ils omis cette capacité de l'univers capitalistique et des penseurs à son service, à transformer des représentations mythiques et à bouleverser les croyances sur le sens des progrès acquis ?

Si l'on observe ce qui se passe aux États-Unis, quelques signes corroborent le bien-fondé d'une telle interrogation. Dans un article paru en juillet 2023, Steve Fraser analyse le retour en force du travail des enfants soutenu par la révision de législations protectrices :

Au cours des deux dernières années, quatorze États ont présenté ou adopté des lois annulant les réglementations qui régissaient le temps de travail des enfants, réduisant les restrictions sur les travaux dangereux et légalisant les salaires minimums pour les jeunes à partir de 14 ans. Prenez une grande respiration et réfléchissez à ce point : le nombre d'enfants au travail aux États-Unis a augmenté de 37% entre 2015 et 202211.

Sommes-nous très loin de suivre la même voie ? Le site officiel de l'administration française invite plutôt à le penser, ne serait-ce que lorsqu'il énonce les possibilités offertes légalement pour qu'un enfant ou un adolescent puisse travailler avant 14 ans « dans les entreprises de spectacle, de cinéma, de radiophonie, de télévision ou d'enregistrements sonores, du mannequinat ou encore dans une entreprise ou une association ayant pour objet la participation à des compétitions de jeux vidéo12 ». La dernière catégorie d'activités ajoutée en 2020 devrait mettre particulièrement « la puce à l'oreille », elle a d'ailleurs depuis été étendue aux enfants « youtubeurs » ! Elle signale que depuis l'incorporation des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) dans les process de production, depuis les années 1990 et surtout depuis la diffusion massive des smartphones et des tablettes dans les années 2010, les vieilles catégories de représentations de l'exploitation du travail des enfants, notamment celles du travail industriel mutent vers d'autres lieux.

Nos catégories de penser et d'agir pour leur protection sont-elles encore pertinentes et que nous disent-elles aussi plus généralement sur les mutations profondes de l'exploitation du travail ? Ne voit-on pas les capacités enfantines, dès le plus jeune âge à se saisir des objets connectés et à converser avec les logiciels ? Pourquoi, dès lors, ne pas repenser la totalité des temps de la vie, raccourcir l'enfance comme le temps de retraite, et puisqu'ils passent par l'usage des mêmes objets connectés et que leurs pratiques s'entremêlent, arrêter de distinguer, pour toutes et tous, temps de travail et temps libre ? L'intransigeance du gouvernement sur l'augmentation de l'âge légal du départ à la retraite n'est-elle pas directement liée à cette représentation ?

Indéniablement, cet air du temps souffle au quotidien une petite musique qui porte des messages ayant vocation à orienter et à contraindre nos pensées et nos actes. Il s'insinue, via de multiples supports construits pour encadrer notre conscience du monde. Certains d'entre eux passent par des supports que nous choisissons comme la radio, la télévision, les journaux ou encore les réseaux numériques. D'autres sont plutôt imposés au travail, dans les transports jusque dans la rue où la publicité s'invite pour nous influencer. L'imbrication des deux se fait désormais via les mises en scènes et l'hypervalorisation de la parole des expert·es et des influenceur·euses qui vendent des « one best way » pour penser le monde, y vivre, voire y mourir. Faiseurs d'opinions, ils tentent d'imposer de bons comportements, n'induisent nulle mise en débat collectif mais appellent tout au contraire au mieux à commenter, au pire à déclarer qu'on les aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie !

Le phénomène n'est pas vraiment récent, Paul Lazarsfeld, sociologue américain, montrait dès 1940 comment les « leaders d'opinion » influencent les représentations politiques. Injonctions à croire, prêts à penser, produits à acheter, comportements à adopter, tenues à afficher, loisirs à ne pas manquer, lieux touristiques à voir absolument, cette liste non exhaustive se renouvelle quotidiennement faite d'imprécations culpabilisantes qui nous interpellent et segmentent nos réponses de la tête aux pieds. Le niveau de pollution atteint et l'emprise avilissante produite sur la capacité humaine à produire une pensée d'ensemble sont aussi insidieux que la diffusion des particules fines dans l'air respiré. Se rendre compte de cette aliénation béate et mortifère dans laquelle une culture mosaïque13 fait glisser l'humanité, se mettre en état de résister à toutes les pauvres féeries marchandes, se mettre en situation a contrario de produire, modestement mais avec ambition, une pensée démocratique, écologique et sociale, cela demande que chacun·e dispose, pour résister, d'un important temps libre de non-travail, arme incontournable mais qui fait cruellement défaut quand on examine avec précision ce qu'il en est au-delà des images d'Épinal.

Loin des discours idéologiques sur la fin du travail ou sur la société du temps libre et choisi, la thèse de ce livre et son ambition sont donc de rendre compte du processus en cours d'asservissement de la vie quotidienne et du temps libre aux rapports de production, de distribution et de consommation que cherche à imposer, au 21e siècle, la logique de mise en valeur du capital. Ce processus progresse, en France, sous l'étendard de la « Refondation sociale » soulevé par le CNPF-Medef dès le tournant du siècle. Depuis, il ne cesse de se légitimer, avec l'appui inconditionnel des forces et institutions d'État toutes mobilisées pour en asseoir l'hégémonie.

L'envahissement de nos vies par la logique d'une mise au travail forcé, aux seules conditions du Capital, s'est peu à peu instillé à travers la production de mythes et la propagation de croyances qui ont été patiemment inventées, puis médiatisées, afin de contraindre nos consciences et nos imaginations. Malgré luttes et résistances, elles se sont progressivement imposées comme autant d'avatars visant à édulcorer, afin de la faire accepter, la violence des rapports sociaux subordonnés.

Des mythes pour contraindre imaginations et consciences et faire consentir à l'esclavage moderne

Mythe de la compétence productrice d'une valorisation rationnelle du travail et de l'obtention d'un salaire décent ; mythe de la négociation, dite « entre partenaires sociaux », comme support à l'écriture des bases d'une société policée ; mythe d'un temps libre permettant d'en jouir ; mythe d'un habitat à soi assurant de vivre en toute intimité une vie sentimentale à l'abri des intrusions ; mythe d'un monde-village facile d'accès pour y passer des vacances.

Chacun de ces mythes, qui selon les moments, occupe plus ou moins le devant de la scène sociale et politique, participe à resserrer l'étau, en masquant l'exploitation et l'assujettissement de la force de travail dans les rapports sociaux de production, de distribution et de consommation. L'objectif commun de la propagation de ces mythes consiste à vendre le mirage d'un capitalisme émancipateur et pourvoyeur de bien-être. Le seul régime de production capable, comme l'ont écrit en 2000 les idéologues patronaux de la « Refondation sociale », d'être le gouvernement, non démocratique, d'une société moderne. La seule à leur convenance !

Ces mythes, dont certains trouvent leurs origines dans les trente dernières années du 20e siècle, contribuent à entretenir, en masquant les rugosités désastreuses de la réalité quotidienne de millions de travailleur·euses pauvres et de pauvres tout court, la réussite miraculeuse du capitalisme comme seul régime heureux de production, de distribution et de consommation.

En combinant prodigieusement les progrès de la science et de la technique, les beautés d'une éducation comportementale épanouie et les plaisirs de l'engagement humain dans le travail en mission, devenu le quasi seul vecteur admis, comme dans une religion, de la construction d'une identité socialement acceptable et légitime, ses laudateurs, grassement payés pour ce faire, ressassent comme des prédicateurs que l'ensemble de la population, si elle accepte de se discipliner, pourra en récolter les offrandes et en propager le ruissellement.

Côté scène, l'étalement de chiffres et une propagande médiatique à flux continu ne cessent d'en affirmer les bienfaits souriants, alors que côté cour, les exploiteurs du travail, sous toutes les formes possibles d'atomisation, font exploser sans vergogne, l'une après l'autre, les quelques représentations et droits restants : protection de la mise au travail (précarité contractuelle, ubérisation et travail gratuit, pauvreté), surveillance du temps de travail et du temps de repos (horaires flexibles, repos atomisés, retraite repoussée), séparation entre vie professionnelle et vie privée (télétravail, travail chez soi, travail anywhere).

Dans cette longue marche mortifère, la grande force du capitalisme et de ses servants, avec la complicité des institutions d'État, est de conserver un cadre de justification et d'échanges en apparence policé. Les concepts d'emploi, de rémunération, de temps de travail et de temps libre, de retraite, d'équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, voire de concertation et de négociation, continuent à s'entendre alors qu'ils sont de plus en plus obsolètes et creux au regard des mutations déjà pleinement accomplies des formes d'exploitation du travail. Ils parviennent ainsi à circonvenir une pensée politique d'opposition et les revendications syndicales dans une seule logique de riposte corrective dans laquelle les logiques d'émancipation se dissolvent, voire tendent à s'éteindre, comme celle d'un droit fondamental, indispensable et inaliénable à l'oisiveté. Comme l'écrivait Bertrand Russel en conclusion de son remarquable essai :

Dans un monde où personne n'est contraint de travailler plus de quatre heures par jour […], les hommes et les femmes ordinaires, deviendront plus enclins à la bienveillance qu'à la persécution et à la suspicion. Le goût pour la guerre disparaîtra, en partie pour la raison susdite, mais aussi parce que celle-ci exigera de tous un travail long et acharné. La bonté est, de toutes les qualités morales, celle dont le monde a le plus besoin, or la bonté est le produit de l'aisance et de la sécurité, non d'une vie de galériens. Les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l'aisance et la sécurité. Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres : en cela, nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n'y a pas de raison pour persévérer dans notre bêtise indéfiniment

14.

Faute de déconstruire les concepts de l'esclavage moderne, il devient impossible de concevoir et de proposer, à ceux et celles qui ne vivent que de leur travail, une vision unifiante et alternative en imaginant des représentations et revendications pour sortir de ces cadres et formes d'exploitation idéologiques et matérielles.

À l'ère de l'automation, de l'informatisation, de la numérisation généralisée et mondialisée, alors même que la mise au travail forcé et le plus souvent gratuite, tend à s'étendre à l'ensemble de la vie quotidienne15, est-il encore sensé de batailler, dans les formes d'un dialogue social bien limité, en ne critiquant que la partie visible de l'exploitation capitalistique du travail humain ?

En effet, comme dans une liste à la Pérec ou à la Prévert, on peut schématiquement pointer quelques cruelles réalités de cette implacable « refondation ».

* Un emploi sous des formes mitées qui ne couvre et ne couvrira bientôt qu'une partie marginale du travail productif et social, tout autant que la menace du travail forcé ira en s'accroissant, voire la mutation engagée du RSA (Revenu de solidarité active).

* Une rémunération qui s'éloigne de l'illusion contractuelle, liant salaire direct et indirect (cotisations) à des objectifs constants et durables, qui encourage avant tout la productivité jusqu'à l'usure du salarié·e et/ou du faux indépendant, et encense la démultiplication des primes individualisées, tel un retour au plaisir bourgeois, et religieux, de donner selon son bon vouloir un « pourboire ».

* Un temps de travail qui ne borne plus à l'antique pointeuse, ni même aux badgeuses individualisées, mais qui se propage du matin au soir, bien au-delà des seul·es télétravailleur·euses dans leur domicile « googlisé ». Il s'immisce, pour toutes et tous, dans les transports et en tous lieux où la connexion est possible selon le slogan managérial miraculeux « Anytime, Anywhere, Any device16 ». Un temps de travail amplifié démesurément sans que personne ne le mesure encore quantitativement comme un temps assujetti à l'organisation du travail que maîtrisent seuls les employeurs,

* Une mise au travail gratuite, via les outils de numérisation (NTIC), qui s'est imposée et s'enracine de manière ludique avec l'apprentissage précoce des enfants puis des étudiant·es, bien avant toute forme d'emploi salarial. Elle s'étend, notamment au domicile mais plus généralement dans nos déplacements nomades, à toutes les catégories de populations, contredisant d'une part l'approche distinguant les concepts de travail productif et reproductif (femmes, enfants et retraités) et en rendant absurde la distinction réifiante d'équilibre entre vie personnelle et professionnelle.

On a donc une tendance générale à l'augmentation de l'activité sous des formes salariales, reconnues ou travesties, dont seule une partie est considérée et prise en compte sous l'aspect monétaire. Elle se double d'une imprécation à un engagement accru et d'une mobilisation quotidienne épuisante à répondre aux attentes des donneurs d'ordre que l'on soit en emploi, en chômage ou catégorisé encore comme inactif. Ce beau programme s'accompagne d'une petite musique dansante qui vous enjoint de travailler agilement toujours plus, au quotidien et le plus tard possible, puisqu'il est gravé dans le marbre des chiffres, comme une tendance lourde et irréfutable, affirmant que nous devrions vivre plus vieux ! En attendant, l'imperium n'a de cesse d'exceptionnaliser le quotidien du droit du travail. Un projet de décret prévoit, par exemple, de permettre à titre temporaire, et sans compensations, de recourir à la dérogation au repos hebdomadaire pendant le déroulement des Jeux olympiques de Paris-2024 où « le marathon ce ne sera pas uniquement pour les athlètes17 ».

L'ensemble de ces éléments factuels matérialise une représentation de la société où vous devez être conforme (look et relook) et où le temps et l'espace à soi se rétrécit, comme dans L'écume des jours de Boris Vian. C'est très justement ce que le capital ne cesse d'organiser afin de vous contraindre à ne pouvoir vous refuser à ses avances douteuses, qu'elles touchent aux modes de produire, de distribuer ou de consommer. Il vous faut donner, donner et donner encore plus et comme l'affirme, en juillet 2020, Élisabeth Borne, alors première ministre, le patronat ne doit surtout pas, en retour, être assujetti à vous le rendre ni par de nouveaux droits ni par l'impôt. Il est seulement invité à vous aider, à vous donner ou à vous redistribuer, selon son bon vouloir, tel jour une prime, le lendemain une ristourne sur le prix de tel ou tel bien et le surlendemain peut-être une augmentation de salaire. Et n'oubliez surtout pas d'apprendre à lui dire merci !

En quelques mots, tout est dit pour ceux qui gardaient quelques illusions : notre démocratie capitaliste bourgeoise ne tolère et ne concède qu'une égalité formelle dans les urnes et la refuse totalement dans les rapports de travail, ou devrions-nous dire plus précisément dans la mise en œuvre des formes d'exploitation du travail. Fin totale des illusions racornies sur « la citoyenneté dans l'entreprise » promulguée dans le préambule des lois Auroux (1983), mais révérence et enthousiasme devant « l 'entreprise citoyenne », dont la jouissance est destinée aux seuls propriétaires du capital.

Le retour aux rapports fondamentaux de l'exploitation comme aux beaux temps du 19e siècle est ainsi pleinement acté : le travail appartient à celui qui le conçoit et le paie, et celui qui l'accomplit lui doit tout et se doit de lui concéder toute l'énergie et le temps qu'on lui réclame dans le quotidien, comme tout au long de sa vie. Le retour à ces fondamentaux renvoie à l'expression de l'enjeu essentiel, si ce n'est unique pour celui qui ne vit pas du capital : être humain à part entière ou être chose manipulable selon les besoins, c'est-à-dire être un esclave moderne. Pierre Naville dans le dernier chapitre de De l'aliénation à la jouissance (1954) exposait précisément le processus à l'œuvre :

L'esclave moderne ne l'est pas juridiquement, la loi l'a fait libre, mais sans propriété : donc contraint de travailler pour autrui, esclave du système. D'où ce conflit : il ne doit pas seulement subir sa condition mais l'accepter. Le système veut son « aveu » et pour l'obtenir, il brise en l'homme ce quelque chose qui se rebelle, et qui tient à sa personne. Seul le temps de travail y parvient, pourvu qu'il soit assez long et bien contrôlé. Le travail est une contrainte ; si cette contrainte est assez persévérante, si l'homme ne peut y échapper assez longtemps, il finit par s'y identifier dans la narcose (sommeil artificiel) et la détresse18.

Un affrontement essentiel et permanent sur le sens de la vie

On est ici au cœur de l'affrontement essentiel qui traverse tant les regards et controverses théoriques que les interrogations contradictoires que tout un chacun rencontre quand il lui reste un peu de temps pour s'interroger sur ce qu'il vit dans son quotidien. Dans cette quête de sens, Jean-Marie Vincent explicite théoriquement que « le rapport de travail est un rapport de rapports sociaux multiples qui marquent fortement de leur empreinte ceux qui travaillent19 ». De plus, il souligne, en s'appuyant sur l'apport de Gerhart Brandt, que le travail n'est pas seulement soumission au commandement du Capital mais plus fondamentalement soumission à des processus abstraits de socialisation (soumission au travail abstrait, à la technologie, aux formes de l'échange marchand)20. L'ensemble de cette combinatoire enferme « les salarié·es assujetti·es à la production de valeurs et de profits par toute une machinerie sociale qui n'est pas faite seulement de dispositifs d'oppression et de contrôle mais aussi de dispositifs d'exploitation et d'appropriation de l'agir ».

Il est ainsi subordonné même dans le temps du non-travail, ce temps défini comme celui devant nous permettre d'inventer et de vivre des rapports s'émancipant, peu à peu, de la domination des logiques capitalistiques de marchandisation de la vie, matérielle et sentimentale, pour nous préparer à nous en évader pleinement dans un processus permanent où le travail perdrait sa place hégémonique dans la vie quotidienne. C'est pourquoi nous partageons toujours son invitation à partir d'une critique du « mouvement ouvrier qui a poussé le plus loin la sacralisation du travail sous la forme paradoxale d'une mythologie laïque ».

Cette approche critique prolonge celle de Pierre Naville quand il propose que le processus de réduction du temps d'assujettissement au travail s'attaque à la transformation des contenus et des relations qui existent entre travail et non-travail pour produire dialectiquement leur conjointe métamorphose. Les rapports de travail peuvent alors se transformer en faisant reculer le plus rapidement possible les processus de domination, d'exploitation et de précarisation généralisée qui empêchent de penser ensemble les finalités de la production des biens et des services et leurs sens dans et pour la société. De même que les rapports de non-travail, dans toutes les relations de société et de proximité où ils se nouent, peuvent permettre de cultiver des rapports égalitaires de genre et rendre plus écologique nos vies quotidiennes.

Cette approche totalement contradictoire à celle de la « Refondation sociale » conçue par le Capital et ses servants permet de dépasser de fausses oppositions et de situer la totalité des implications de ce moment actuel de la lutte de classes qui couvre la période de 1968 à nos jours. Elle s'inaugure dans la lutte des Lip, conflit autogestionnaire et analyseur de l'héritage de Mai 68 pour les luttes d'émancipation, et notamment celle pour le contrôle de la production et celle pour la réduction massive du temps de travail qui s'affiche alors autour d'un radical « Travailler moins pour vivre mieux ». Cette lutte des Lip, bientôt rejointe par plusieurs dizaines d'autres, ébauche des pratiques et donne à voir d'autres formes possibles de rapports productifs et sociaux qui déchaînera et mobilisera contre elles, dans une totale unité, les forces archaïques et modernistes du capital et de l'État.

Elle effraie alors d'autant plus qu'elle démontre en pratique que les damné·es de la terre ont l'imagination et les capacités d'élaborer et de mettre en œuvre une société qui s'émanciperait de leur joug. Elle effraie car elle s'acoquine avec l'orientation tracée par Paul Lafargue dès sa Réfutation du droit au travail de 1848, plus connue sous la dénomination provocatrice du Droit à la paresse21. Dans ce texte il s'interroge sur ce que peut valoir une vie dominée par l'emprise d'un travail dont le temps dicte le moindre moment de votre monde quotidien ? Sa réponse est sans appel : cette vie aliénée ne vaut rien et la pauvreté des familles enchaînées au salariat témoigne alors en France de ce constat. D'où son plaidoyer pour les inciter à ne pas accepter l'accaparement de leur temps de vie par le temps de travail en expliquant pourquoi et comment il est possible de réduire massivement le temps soumis à travailler pour un patron.

Le « Lip c'est fini, fini » vociféré à la radio et à la télévision, le 1er août 1973, par le premier ministre Pierre Mesmer, inaugure la mobilisation massive des forces patronales pour briser, concrètement et idéologiquement, l'acuité des idéaux de Mai 68 dans les rapports sociaux de production et dans la vie quotidienne. Il faudra au patronat et à l'État plus d'une bonne vingtaine d'années pour y parvenir dans une longue marche affirmée théoriquement avant l'aube de ce siècle. Et depuis, ils ne cessent de vouloir maintenir à toutes forces idéologiques et répressives, auxquelles participent les successions de mises en état d'urgence, l'emprise qu'ils ont tissée. Sur le temps formel de travail, ils seront pourtant obligés d'accepter des concessions jusqu'aux trente-cinq heures, mais ils en produiront le contournement en atomisant l'ensemble du salariat pour mieux contrôler son temps individuel et collectif de mise au travail et mieux accaparer le temps libre de non-travail à des fins productives. Par la saisie des compétences acquises hors-emploi dans le temps quotidien, par une mise au travail hors-emploi pour de multiples activités de service, par l'encadrement des loisirs et des modes de plaisir dans un temps urgent de consommation marchande, par le démantèlement dans l'habitat des temporalités intimes métamorphosées en temps de travail assujetti, s'est constitué et consolidé un vaste processus de résistance du capital visant à annihiler l'accès au temps libre de non-travail.

Si même les gains de temps formels ouvrent sur une vie quotidienne où les rapports au travail vous enserrent de plus en plus dans des formes d'esclavage moderne et où s'entretiennent des rapports sociaux androcentrés, comment peut-on entrevoir les voies d'une émancipation ? En campant sur le seul objectif indispensable d'une réduction quotidienne pour toutes et tous du temps de travail sans l'inclure dans une vision plus vaste des processus d'assujettissement au travail capitalistique, est-il encore possible de penser et lutter pour une transformation émancipatrice ?

Un livre pour contribuer à penser, à lutter et à débattre pour concevoir un temps de la vie quotidienne émancipée du temps de travail
Pour contribuer à la compréhension du tissage des configurations temporelles dans lesquelles nous sommes contraints de vivre et de penser, l'objet théorique de la qualification du temps quotidien et de sa légitimation doit être mis en discussion au plus près des pratiques que nous exerçons ou côtoyons d'ordinaire. Trois logiques temporelles s'entremêlent si l'on cherche à analyser les significations de ce temps journalier. Ces logiques que nous ayons conscience ou non de leur impact sur nos façons d'agir sont liées à des symboliques, parfois très anciennes, permettant de faire société. Elles pèsent dans leur combinatoire sur nos capacités à comprendre la société de travail dans lequel nous vivons ou survivons, et ce faisant, sur nos capacités à penser et à produire de possibles alternatives menant vers une société de liberté et de bien-être.

Ces trois logiques temporelles sont celles du sacré, du synchrone et de l'asynchrone.

La logique du sacré

Elle en réfère aux dogmes religieux et profanes. Elle encadre et rythme les moments marquants de la vie (naissance, baptême, mariage, enterrement, anniversaire, etc.) mais aussi des temps plus ou moins liés au retour des saisons ou à la commémoration de références sociales communes (par des processions, des fêtes, des célébrations politiques, associatives ou militaires, des manifestations, etc.). Elle se matérialise aussi dans le calendrier qui encadre le déroulement du temps et décline, au long de l'année, des mois et de la semaine, les jours chômés censés permettre de nous reposer mais aussi de nous rassembler afin d'être a minimaensemble.

Elle mène encore au quotidien, via le son des horloges puis le silence des montres individuelles, les délimitations du temps à consacrer aux activités contradictoires ou complémentaires de la prière, de la méditation, de l'étude, du travail, de la rêverie ou encore de la déambulation et du repos. Dans les religions monothéistes, le temps de la prière quotidienne dicte ainsi la segmentation du temps quotidien. Par exemple, en France, au 19e mais encore au 20e siècle il n'est pas rare d'observer des arrêts de la production consacrés à dire obligatoirement des prières, à genoux, particulièrement dans les ateliers de femmes. La logique du sacré participe à imposer des normes communes et à poser des interdits censés contraindre les diktats matérialistes du fonctionnement des marchés. Par exemple, dans les conflits autour du temps de travail entendre dire que « le dimanche c'est sacré », n'implique pas une adhésion à une religion mais exprime le refus de la disparition d'un temps commun pour vivre ensemble autour d'autres activités que le travail rémunéré dans un temps contraint.

La logique du synchrone

Elle affiche les coordinations incontournables requises dans l'organisation commune d'une société. Elle permet d'articuler dans l'organisation de la vie quotidienne ce qui relève de temps sacrés tout en introduisant les injonctions spécifiques venant d'organisations singulières dans la société de travail. Autrement dit, la logique du synchrone se propose de coordonner l'ensemble des temps spécifiques de l'activité quotidienne et de les mettre en rythme. Elle organise, initialement, la vie quotidienne à partir des temps transcendants construits sur le sacré puis y intègre toutes les représentations d'organisations immanentes des liens. Cela inclut diverses formes comme les us et habitudes ou les rituels autour par exemple de la mise au travail, de la sortie du travail, les temps de pauses et de repas, etc. Cela touche également par exemple aux horaires d'ouverture des institutions publiques tout autant qu'à la possibilité de concrétiser des liens sociaux d'intimité permettant de se retrouver dans un temps à soi qui peut être partagé. C'est sur la base d'une telle logique que le mouvement ouvrier s'est rallié profondément au projet revendicatif des huit heures de travail, huit heures de repos, huit heures de loisir comme la représentation idéale d'une vie quotidienne émancipée.

La logique de l'asynchrone

Elle a pour vocation à légitimer, en les délimitant et en les encadrant, les logiques temporelles qui perturbent les mises en commun issues originellement de la combinaison des temps sacré et synchrone. Par exemple, elle justifie au nom d'un intérêt général que lors du jour de repos commun plusieurs activités professionnelles soient autorisées, sans possible refus de s'y soustraire. Le travail s'invite alors pour certains dans un « temps familial sacré ». Le travail posté, le travail d'astreinte sont des figures marquantes, avec l'organisation permanente des services de la sécurité publique (police, gendarmerie et sapeurs-pompiers) de la légitimité d'une telle logique au nom du bien public ou de l'intérêt général. C'est ensuite au nom d'une urgence, banalisée par différents modèles d'organisation de la production et de la distribution, que cette logique initialement supplétive va tendre à asseoir son emprise dans l'espace de la consommation des biens et des services jusqu'à se promouvoir comme logique hégémonique dans l'expansion de la mondialisation des affaires. La logique de l'asynchrone devient alors motrice dans toute une série d'adaptations et de réorganisations des activités et des temporalités. Elle ridiculise les rythmes « ancestraux » du travail et du repos, altère les représentations cristallisées du temps et embrouille la qualification qui peut être donnée au temps de travail comme au temps de repos, de loisir ou d'oisiveté. De logique dominée, elle devient logique dominante généralisant l'urgence dans l'organisation de la vie quotidienne afin de nous faire consentir à la prorogation de l'esclavage moderne.

Ces trois logiques accompagneront notre réflexion, tout au long des cinq chapitres de ce livre, pour analyser les tensions, les conflits et la dialectique de leurs résolutions au regard des combats menés pour s'émanciper des rapports d'exploitation.

Le premier situe le conflit structurel sur le temps d'assujettissement à la logique d'exploitation et interroge le sens des réponses tronquées du mouvement ouvrier et syndical au regard de la transformation des rapports sociaux, notamment de genre.

Le second explore, face aux luttes pour « Vivre et travailler autrement », les angoisses et les premières ripostes patronales qui débouchent sur l'invention de l'aménagement flexible du temps de travail.

Le troisième analyse l'aggiornamento de l'esclavage moderne que fonde la théorisation de la « Refondation sociale » conceptualisée et propagée par le Medef.

Le quatrième examine la concrétisation de ses effets sur l'aliénation de la vie quotidienne ces vingt dernières années jusque dans ses ajustements post-Covid.

Le cinquième présente trois modèles actuels aux sources de la perpétuation de l'oppression par le travail et les met en discussion proposant d'orienter, réflexions, débats et luttes vers une critique radicale de la vie quotidienne.

Patrick Rozenblatt : Le travail totalitaire
Editions Syllepse, Paris 2025, 184 pages, 20 euros
https://www.syllepse.net/le-travail-totalitaire-_r_22_i_1101.html

1. Cette expression trouve son origine dans la décision prise en 1874 par les députés français de suspendre, durant ce laps de temps, leurs affrontements parlementaires sur l'élaboration de la constitution afin de laisser place libre au commerce.

2. Site de la BNF.

3. « Après la dînette, le “Kit du télétravail” pour enfants à partir de 2 ans ! », Contre Attaque, 13 novembre 2023.

4. Présentation sur le site de la FNAC.

5. Seul un papa s'inquiète de l'aspect addictif et une maman émet une critique sur les couleurs associant encore le rose aux femmes et le bleu aux hommes !

6. Première loi en France limitant le travail des enfants, gouvernement.fr.

7. Ibid.

8. Ibid. On peut ajouter que ce processus amenait à rejeter plus tard hors de la conscription obligatoire une partie importante des jeunes hommes, ce qui affaiblissait l'armée française.

9. Ibid.

10. Ibid.

11. Steve Fraser, « Le retour du travail des enfants », source TomDispach, traduit par les lecteurs du site Les-Crises.

12. Il existe un contrôle théorique de l'inspection du travail et une autorisation préalable. « À partir de quel âge peut-on travailler ? », Service-Public.fr.

13. Abraham M. Moles, Sociodynamique de la culture, Paris/La Haye, Mouton, 1967.

14. Bertrand Russel, Éloge de l'oisiveté, 1932, http://www.esprit68.org/.

15. Patrick Rozenblatt, Razzia sur le travail : critique de l'invalorisation du travail au 21e siècle, Paris, Syllepse, 2017.

16. Tout le temps, partout, avec n'importe quel support.

17. Le Canard enchaîné.

18. Pierre Naville, Le nouveau Léviathan, t.1, De l'aliénation à la jouissance, Paris, Anthropos, 1970.

19. Jean-Marie Vincent, « La légende du travail », dans Pierre Cours-Salies (coord.), La liberté du travail, Paris, Syllepse, 1995.

20. Gerhart Brandt, Arbeit, Technick und gesellschaftliche Entwicklung, Francfort, Suhrkamp, 1990.

21. Paul Lafargue, Réfutation du droit au travail de 1848, texte publié en 1880 et plus connu sous la dénomination provocatrice du Droit à la paresse.

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