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Négociation dans les secteurs public et parapublic : 3e offre et nouvelles journées de grève en vue

12 décembre 2023, par Yvan Perrier — ,
Nous saurons au cours des prochains jours si nous nous dirigeons vers un règlement négocié ou si le face-à-face actuel débordera le temps des fêtes, moment à partir duquel (…)

Nous saurons au cours des prochains jours si nous nous dirigeons vers un règlement négocié ou si le face-à-face actuel débordera le temps des fêtes, moment à partir duquel chacune des parties négociantes sera en mesure de déployer ses moyens ultimes de résistance ou de coercition en vue d'imposer sa volonté à l'autre via le recours à la grève générale illimitée ou par l'adoption d'une loi spéciale décrétant les conditions de travail et de rémunération. D'ici là, jetons sur papier, d'une manière un peu pêle-mêle, ce qui mérite minimalement d'être mentionné ou commenté.

1.0 La FAE

Sans fonds de défense professionnel, les 66 000 membres de la FAE poursuivent - avec une courageuse détermination qui mérite toute notre admiration - leur grève générale illimitée, et ce depuis le 23 novembre dernier. Des avancées auraient été enregistrées à la table de négociation. Pas en assez grand nombre et surtout pas suffisamment « marquantes », selon la partie syndicale, pour permettre la finalisation d'une entente de principe ([1]). Le gouvernement du Québec, lire l'État employeur caquiste, réclame de manière persistante des gains en matière d'organisation du travail afin supposément « d'améliorer les services à la population ». (Le Devoir, 4 décembre page A2). Nous reviendrons sur cette formule qui ne cesse d'être présente dans la bouche des ténors gouvernementaux.

Nous laissons aux spécialistes du droit le soin de commenter la décision de la juge de la Cour supérieure, madame Dominique Poulin, qui ordonne aux grévistes membres de l'Alliance des professeur.e.s de Montréal de cesser de faire du piquetage sur les terrains des établissements du Centre de services scolaires de Montréal (CSSDM). Devant un tel jugement se pose au moins deux questions : jusqu'à quel point le droit de grève jouit-il d'une authentique protection constitutionnelle ? Et surtout, que veut dire « faire cesser les activités d'une entreprise » lors d'un conflit de travail ? Ne pas empêcher l'accès des cadres et de certain.e.s salarié.e.s syndiqué.e.s dont la présence est jugée « essentielle » à l'entretien de l'entreprise est une chose, mais permettre la poursuite de certains travaux de construction dans un édifice où les salarié.e.s syndiqué.e.s sont en grève légale en est une autre, selon nous. Il s'agit là de questions pour lesquelles l'auteur des présentes lignes reconnaît ne disposer d'aucune compétence minimalement requise en sciences juridiques pour y répondre.

2.0 La FIQ

Du côté de la FIQ, d'autres journées de grève sont prévues cette semaine. Il n'y a pas vraiment d'avancées à la table de négociation. Avant de déclencher un nouveau débrayage, dans le respect des services essentiels, la FIQ a décidé de déposer, vendredi le 8 décembre, une contre-offre qui comporte minimalement des demandes salariales de 20% étalées sur une période de quatre ans (d'abord un rattrapage de 6% pour 2022 ; ensuite les augmentations procentuelles suivantes : 4% pour 2023 ; 4% pour 2024 ; 3% pour 2025 et 3% pour 2026). Le rythme aux tables de négociation de la FIQ semble à la fois ouvert à la négociation sans être accompagné de véritables avancées significatives ([2]).

3.0 La nouvelle offre « bonifiée » du gouvernement

Plus d'un mois après son offre du 29 octobre dernier, le gouvernement Legault est revenu à la charge, mercredi le 6 décembre, en proposant à ses salarié.e.s syndiqué.e.s une offre salariale de 12,7% sur cinq ans. On se rappellera que le gouvernement Legault a d'abord proposé à ses 600 000 salarié.e.s syndiqué.e.s, en décembre 2022, une augmentation salariale de 9% sur 5 ans. Cette première offre est passée ensuite, en octobre 2023, à 10,3% sur 5 ans. Cette deuxième offre avait été jugée « insultante » par les porte-parole du Front commun intersyndical CSN-CSQ-FTQ-APTS.

Très brièvement et très succinctement, mentionnons ici que le gouvernement du Québec prétend ajouter un milliard en vue d'arriver à une entente avec les organisations syndicales. Son offre dite globale passerait à « 16,7% ». Au total, le gouvernement parle même d'une offre globale de 9 milliards récurrents. Comment s'y retrouver ici ? Pour connaître le détail de cette nouvelle offre, nous avons écrit aux personnes qui accompagnent madame Sonia Lebel dans le cadre de la présente ronde de négociation. Voici le courriel que nous avons acheminé, le 6 décembre dernier, au Secrétariat du Conseil du trésor :

« Bonsoir ou Bonjour,

Dans le communiqué publié par le cabinet de la ministre responsable de l'Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor il est écrit ceci :

« Le gouvernement du Québec annonce le dépôt d'une nouvelle offre aux tables centrales qui hausse les paramètres salariaux à 12,7 %, sur cinq ans. L'offre globale, quant à elle, passe à 16,7%.

C'est donc plus d'un milliard supplémentaire de l'argent des contribuables que le gouvernement ajoute sur la table, l'offre globale actuelle représentant ainsi plus de 9 milliards récurrents, à terme. »

J'aimerais connaître les données qui ont été utilisées pour arriver aux deux résultats mentionnés dans le dernier paragraphe cité (1 milliard et 9 milliards).

Au plaisir de vous lire,

Cordialement,

Yvan Perrier

Presse-toi à gauche ! »

Voici la réponse obtenue de la Direction des communications du Conseil du trésor :

« Considérant les négociations en cours et par respect pour les parties impliquées, le gouvernement du Québec ne commentera pas, ni ne détaillera, le cadre financier de l'offre actuelle. »

7 décembre 2023, 13h50.

Nous nous proposons de décortiquer cette nouvelle proposition dans un autre article.

4.0 Négocier ou gagner du temps ?

Étonnamment, immédiatement après la présentation de la 3e offre du gouvernement aux syndicats – qui l'ont sur le champ rejetée – François Legault a annoncé qu'il disposait encore d'une certaine marge en vue de la bonifier. En retour de cette bonification, il demande toujours, avec une obsession fatigante à la longue, « des concessions sur l'organisation du travail ».

La nouvelle offre déposée par le gouvernement Legault et surtout le changement de ton du premier ministre à l'endroit de ses vis-à-vis syndicaux peuvent donner l'impression que le premier ministre caquiste souhaite arriver à un règlement négocié dans les délais préalablement annoncés par lui et par la présidente du Conseil du trésor, madame Sonia Lebel, c'est-à-dire d'ici le temps des fêtes. La présente semaine nous donnera la preuve si tel est vraiment le cas. Le gouvernement du Québec négocie-t-il réellement avec les huit organisations syndicales ou cherche-t-il uniquement à gagner du temps en vue de coincer les porte-parole syndicaux dans une situation qui ne leur donnera comme choix que d'accepter ou de refuser ce qui leur sera ultimement présenté comme « une offre globale et finale » ?

5.0 Le nouveau mouvement de grève dans les secteurs public et parapublic

Quoi qu'il en soit, les membres du Front commun CSN-CSQ-FTQ-APTS sont et seront en grève du 8 au 14 décembre (420 000 membres). Pour ce qui est des membres de la FIQ (80 000 membres), elles le seront du 11 au 14 décembre. Ce sera ensuite au tour du personnel professionnel des cégeps qui adhèrent au SPGQ d'exercer leur droit de grève (760 membres). Les membres de la FAE seront toujours, à moins d'une entente avec le gouvernement, en grève générale illimitée (66 000 membres). Ce qui donne au total plus d'un demi-million de salarié.e.s en grève. Il s'agit là d'un très beau record pour François Legault, l'homme qui n'a jamais réellement démontré une véritable attitude d'ouverture à l'endroit des syndicats des secteurs public et parapublic.

6.0 Nouvelle offre du gouvernement, protection du pouvoir d'achat, rattrapage et durée du contrat de travail

La nouvelle récente offre gouvernementale est très loin des demandes syndicales. Le Front commun demande une hausse salariale d'environ 23% sur trois ans pour couvrir l'inflation et permettre aussi un rattrapage avec d'autres secteurs comparables. Le gouvernement propose une offre de 12,7% qui est très en deçà des prévisions de l'inflation qui, pour la même période, s'élèverait à 18,1%. Est-il nécessaire de rappeler que cette troisième offre du gouvernement à ses salarié.e.s syndiqué.e.s est largement inférieure à ce qui a été accordé aux député.e.s de l'Assemblée nationale (30% plus les paramètres des secteurs public et parapublic) et au 21 % sur 5 ans proposé (et rejeté) par le gouvernement du Québec aux policières et aux policiers de la Sûreté du Québec. Que dire maintenant du 49,7% accordé aux juges de paix et magistrats ? Nous sommes réellement en présence ici d'une logique qui se résume dans la formule de deux poids deux mesures. Pourquoi ? Assurément parce que les 600 000 salarié.e.s syndiqué.e.s sont à 75% des femmes.

Depuis le début de la présente ronde de négociation avec le gouvernement, les dirigeant.e.s du Front commun ne cessent de rappeler que sans une clause garantissant la protection du pouvoir d'achat et des dispositions permettant un rattrapage salarial « il ne sera pas possible d'en arriver à une entente ». À quoi ressemblera la nouvelle offre que François Legault annonce comme imminente à venir ? Nous le saurons sous peu. D'ici là les dirigeant.e.s du Front commun se montrent ouvert.e.s à un contrat de travail d'une durée plus longue que 3 ans. Pour celles et ceux qui suivent la présente ronde de négociation depuis le début, il ne s'agit pas là d'une étonnante surprise.

7.0 Eux / nous

En politique, il n'y a pas toujours de la place pour les nuances. Le monde se divise rapidement en deux. Il y a « Eux » et « Nous ». De plus, il doit y avoir un coupable des difficultés du moment. Cela arrive souvent que le gouvernement en place accuse ses prédécesseurs pour les difficultés auxquelles il est confronté. Quand il est impossible de blâmer le précédent gouvernement il lui faut impérativement trouver un nouveau bouc émissaire, bref identifier un groupe ciblé sur qui faire porter la faute et l'odieux des difficultés passagères. Dans la bouche de François Legault, les syndicats servent justement de bouc émissaire. Mais cela fait maintenant plus de cinq ans que François Legault est au pouvoir et qu'il démontre que les solutions prônées par son parti n'ont pas pour effet de redresser quoi que ce soit. Déterminer un bouc émissaire ne suffit pas. Le gouvernement de François Legault commence à être perçu par la population comme n'ayant pas les solutions adéquates aux problèmes et aux difficultés actuelles et aussi de l'avenir.

8.0 Les déclarations de François Legault

La politique occupe un espace important dans les médias. Les médias parviennent à être achetés, lus ou écoutés dans la mesure où ils peuvent tirer de gros titres ou de grosses manchettes avec l'actualité politique. Il ne fait aucun doute que la politique est un jeu parfois sérieux ou (et) parfois distrayant pour les mass media et les réseaux sociaux. François Legault y est allé, au cours de la semaine dernière, d'un certain nombre de sorties dont certaines personnes se sont demandé s'il s'agissait de déclarations improvisées ou planifiées ? N'étant pas dans l'entourage immédiat du premier ministre et n'ayant aucune ressource pour accéder à la pensée intérieure de celui qui occupe provisoirement le poste de premier ministre nous ne nous demanderons pas quand il dit vrai ou quand il dit faux. Observons qu'il est passé d'un ton frondeur et provocateur à un ton plus conciliateur. Il s'est même dit ouvert à bonifier la 3e offre salariale de son gouvernement rejetée unanimement sur le champ en raison du fait qu'elle ne permet pas une pleine protection du pouvoir d'achat ni non plus un rattrapage salarial certain et qu'elle implique un appauvrissement des salarié.e.s syndiqué.e.s. Ces récentes déclarations du premier ministre sont-elles sincères ou s'inscrivent-elles dans une dynamique qui relève de l'hypocrisie et du mensonge ? Nous le saurons sous peu. En attendant, c'est sa popularité auprès de l'opinion publique qui est en chute libre.

9.0 L'appui de la population

Selon les sondages effectués auprès de l'opinion publique, les revendications des salarié.e.s syndiqué.e.s présentement en négociation avec le gouvernement Legault semble largement appuyées par la population. Les promesses électorales de la CAQ lors des deux dernières élections générales n'ont pas été porteuses d'une amélioration palpable et significative de la qualité et de la quantité des services en santé et en éducation. Voilà un peu pourquoi cet appui dans les sondages en faveur des revendications syndicales des enseignant.e.s et du personnel de la santé, persistent toujours. Les exagérations de François Legault en vertu desquelles les réseaux de la santé et de l'éducation seraient sous la coupe d'une dictature syndicale abusive ne parviennent plus à convaincre qui que ce soit, sauf peut-être certain.e.s de ses inconditionnel.le.s électeurs ou électrices. Pendant que l'appui à la cause syndicale gagne des supporteurs et des supportrices, c'est la cote de popularité de François Legault qui en prend pour son rhume. Le premier ministre caquiste ne caracole plus au sommet dans les sondages. La chute de son parti est également spectaculaire. Modeste, François Legault encaisse le coup et prend toute la responsabilité de cette dégringolade et du désenchantement de la population envers son gouvernement. Pense-t-il à sa retraite de la vie politique ?

10. Inflation et projection de la Banque du Canada

Depuis quelques rondes de négociation le gouvernement du Québec appuie et justifie ses offres à ses salarié.e.s syndiqué.e.s à l'aide des projections à long terme de l'Indice des prix à la consommation selon la Banque du Canada. Pire, si ces projections sont en dessous de l'inflation réelle, le gouvernement du Québec ne prévoit aucun mécanisme d'ajustement salarial et c'est ainsi que nous assistons, depuis des décennies, à une dévalorisation de la prestation du travail effectué par les salarié.e.s syndiqué.e.s des secteurs public et parapublic. Prédire l'avenir avec exactitude est une tâche au départ risquée, surtout lorsqu'il est question d'un phénomène économique complexe comme la détermination de la valeur des biens en circulation sur le marché de la consommation. Sans clause de protection de la rémunération en lien avec l'indice des prix à la consommation il ne peut y avoir qu'un perdant : la ou le salarié.e. et un gagnant : en l'occurrence ici le gouvernement. Fixé les hausses salariales paramétriques uniquement en fonction des prévisions de l'inflation, sans aucune garantie face à un taux d'inflation supérieur à l'augmentation négociée ou accordée constitue un marché de dupes pour les salarié.e.s syndiqué.e.s et il commence à y avoir de plus en plus de personnes dans les rangs des syndiqué.e.s qui le comprennent.

11. La sacro-sainte flexibilité dogmatique qui découle du néolibéralisme

Que ce soit en santé ou en éducation le gouvernement Legault est en croisade en vue d'obtenir plus de « flexibilité » et de « souplesse » de la part de ses salarié.e.s syndiqué.e.s. En clair, il souhaite réduire les droits des salarié.e.s en cherchant à amenuiser les droits syndicaux face aux administrateurs locaux pour qui le gouvernement veut accroître leur droit de gérance. Le gouvernement désire une main-d'œuvre salariée plus malléable dans les secteurs public et parapublic. Bref, le gouvernement caquiste dirigé par François Legault entend donner aux gestionnaires des services publics et parapublics les mêmes pouvoirs de gestion que ce qui existe dans les entreprises privées. Et François Legault ne cache même pas qu'il s'agit là de l'objectif qu'il entend atteindre dans le cadre de la présente négociation.

12. Conclusion

Les paroles sont parfois vérités ou parfois mensonges. Elles servent souvent chez certaines personnes à camoufler les intentions véritables et les buts poursuivis. La fin de l'année approche. Le gouvernement Legault a toujours avancé qu'il souhaitait des ententes avant la fin de la présente année. Il ne reste que quelques jours pour conclure sur de nombreux enjeux qui n'ont toujours pas fait l'objet de négociation au cours des douze derniers mois. La preuve : certaines organisations syndicales ont demandé à ce moment-ci la présence de conciliateurs en vue de faire progresser les choses. Si la volonté du gouvernement d'aboutir à un règlement négocié avec les organisations syndicales est réelle, la présente semaine devrait être celle des dénouements aux tables sectorielles et centrale. Sinon, elle sera celle où les masques tomberont et où le gouvernement arrivera avec la version finale de ce qu'il entend offrir (depuis le début du présent processus) à et obtenir de ses salarié.e.s syndiqué.e.s. Ce sera son offre finale et globale. Mais arrêtons ici nos extrapolations et vivons les événements au fur et à mesure qu'ils se produiront. Terminons en mentionnant que nous aurons à examiner éventuellement la portée et les conséquences sur le plan de l'organisation du travail des projets de lois 15 et 23 en santé et en éducation. Il s'agit peut-être là d'un véritable cheval de Troie pour mieux contourner les obligations qui découlent d'une convention collective…

Yvan Perrier

10 décembre 2023

18h

yvan_perrier@hotmail.com

[1] Les revendications syndicales de la FAE portent sur sept sujets : une meilleure reconnaissance sur le plan de la rémunération ; une meilleure conciliation famille-travail-vie personnelle ; une meilleure composition de la classe ; un allègement de la charge de travail ; de nouvelles dispositions concernant les griefs et l'arbitrage ; une amélioration du traitement des enseignantes à statut précaire ; et finalement, un milieu de travail sain.

[2] La FIQ revendique aussi une loi sur les ratios sécuritaires en soins de santé et diverses mesures pour améliorer la conciliation travail-vie personnelle.

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À Gaza, un génocide est en cours et le Canada en est complice

12 décembre 2023, par Collectif Échec à la guerre — , ,
Le 10 décembre 1948, l'Assemblée générale des Nations Unies proclamait la Déclaration universelle des droits de l'Homme en tant qu'« idéal commun à atteindre par tous les (…)

Le 10 décembre 1948, l'Assemblée générale des Nations Unies proclamait la Déclaration universelle des droits de l'Homme en tant qu'« idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations ». La même année, des milices juives avaient chassé environ 750 000 Palestinien.ne.s de leurs foyers, soit plus de 80 % de ceux qui vivaient alors dans les territoires qui allaient devenir l'État d'Israël.

Depuis, ni ces réfugié.e.s ni leur descendance n'ont pu exercer leur droit au retour, tel que stipulé par la résolution 194 de l'Assemblée générale des Nations Unies (11 décembre 1948). C'est ce que les Palestinien.ne.s appellent la Nakba (la catastrophe). Soixante-quinze ans plus tard, « l'idéal commun à atteindre » est toujours aussi illusoire pour le peuple palestinien alors qu'une seconde Nakba s'abat maintenant sur eux.

Une deuxième Nakba

Cette fois-ci, ce sont plus de 1,8 millions de personnes, soit près de 80 % de la population de Gaza, qui ont dû fuir leurs foyers en raison des bombardements et des ordres d'évacuation de l'armée israélienne et qui survivent dans desconditions indescriptibles de surpeuplementet d'insalubrité, manquant de tout par suite du blocus total imposé par Israël.

Après une semaine de trêve ayant permis l'échange de prisonniers, l'armée israélienne intensifie maintenant ses bombardements sur le centre et le sud de la bande de Gaza. Mardi, le 5 décembre, alors que le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, s'en félicitait (« Aujourd'hui, nous avons agi avec une puissance immense »), le Dr. Richard Peeperkorn, responsable de l'Organisation mondiale de la santé dans les Territoires occupés, disait que « Beaucoup de gens sont désespérés et presque en état de choc permanent ». « Nous sommes proches de l'heure la plus sombre de l'humanité ». Depuis plusieurs jours, Israël enjoint maintenant les Gazaouis de se déplacer à nouveau, cette fois-ci vers Rafah, tout au sud de la bande de Gaza, à la frontière égyptienne. Avant leur expulsion finale vers l'Égypte ?

Depuis des décennies, l'extrême-droite israélienne aspire à l'expulsion de toute la population palestinienne non seulement des Territoires occupés (bande de Gaza et Cisjordanie), mais aussi d'Israël comme tel. Ce courant idéologique est maintenant au pouvoir en Israël et les attaques du Hamas, le 7 octobre dernier, lui ont fourni le prétexte idéal pour « finir le travail » de 1948. De nombreux dirigeants politiques et militaires israéliens ont multiplié les déclarations assimilant la population palestinienne à des « animaux humains » ou des « nazis » et annonçant une destruction massive (« il n'y aura que de la destruction. Vous vouliez l'enfer, vous l'aurez »). Le 30 octobre 2023, le magazine israélien +972 a rendu public un documentdu Ministère du renseignement qui recommandait d'utiliser la guerre pour expulser toute la population de Gaza vers le Sinaï égyptien de façon permanente.

De nombreux experts parlent de génocide

Dès le 13 octobre 2023, les organisations palestiniennes de défense des droits de l'homme ont lancé un appel aux États tiersà intervenir d'urgence pour protéger le peuple palestinien contre un génocide. Le même jour, Raz Segal, historien israélien et professeur associé en études de l'Holocauste et des génocides a publiéun article dans le revue Jewish Currents intitulé « Le parfait exemple d'un génocide. Puis les mises en garde dans le même sens se sont accumulées. Près de 800 experts et praticiens en droit international, en études des conflits et en études des génocides ont signé un appel intitulé « Des universitaires mettent en garde contre un éventuel génocide à Gaza » (15 octobre). Craig Mokhiber, directeur du bureau new-yorkais du Haut-Commissariat des droits de l'homme à l'ONU, a démissionné de son poste enécrivant « Une fois de plus, nous assistons à un génocide qui se déroule sous nos yeux et nous sommes impuissants à l‘arrêter » (28 octobre). Une quarantaine d'experts universitaires ont publié une « Déclaration d'experts internationaux sur les crimes d'État israéliens » qualifiant la violence infligée actuellement à Gaza de « phase d'anéantissement du génocide » (10 novembre). Plus d'une vingtaine de rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont affirmé : « Les graves violations commises par Israël à l'encontre des Palestiniens au lendemain du 7 octobre, en particulier à Gaza, indiquent qu'un génocide est en cours » (16 novembre).

Pendant que le Canada regarde ailleurs

Si prompt à dénoncer toute violation du droit international par la Russie dans sa guerre en Ukraine, le Canada refuse de condamner Israël pour la mort de plus de16 000 civils(40 % sont des enfants), dont 56 journalistes et employé.e.s palestiniens des médias, 250 travailleurs et travailleuses de la santé, 130 employées des Nations Unies, etc.Aucune condamnation non plus, pour les nombreux bombardements d'écoles, d'hôpitaux, de mosquées, d'églises, de quartiers résidentiels entiers, d'abris de l'ONU, ni pour le blocus israélien touchant la nourriture, l'eau potable, les médicaments vitaux, le carburant et les communications.

Alors que de nombreux experts ont lancé l'alerte concernant ce qui se déroule présentement à Gaza, le Canada, en tant qu'État partie à la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, a la responsabilité de prévenir le génocide et de sanctionner les personnes qui en sont coupables.

Aux antipodes de ce devoir, le Canada pousse plutôt son « amitié » avec Israël jusqu'à la complicité dans le crime ultime. D'abord en invoquant, dans les circonstances, le « droit d'Israël de se défendre » et en continuant à lui vendre des armes ! Ensuite, en favorisant la poursuite du crime par son opposition à tout cessez-le-feu. Tout au plus demande-t-il une « pause humanitaire significative ». Après quoi le génocide se poursuivra ?

Les multiples crimes contre l'humanité et l'entreprise génocidaire actuelle de l'État d'Israël doivent cesser. La honteuse complicité de l'État canadien aussi !

Pour le Collectif Échec à la guerre
Jean Baillargeon
Judith Berlyn
Martine Eloy
Mouloud Idir-Djerroud
Raymond Legault
Suzanne Loiselle

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OPA fossile sur les COP

12 décembre 2023, par Daniel Tanuro —
La présidence de la COP28 par le patron de la compagnie émiratie des pétroles (ADNOC, Abu Dhabi National Oil Company) n'est pas un accident de parcours, imputable uniquement à (…)

La présidence de la COP28 par le patron de la compagnie émiratie des pétroles (ADNOC, Abu Dhabi National Oil Company) n'est pas un accident de parcours, imputable uniquement à la rotation des pays accueillant les conférences sur le climat. Elle traduit un repositionnement tactique des principaux producteurs de combustibles fossiles, le pétrole et le gaz en particulier.

Tiré de Gauche anticapitaliste
6 décembre 2023

Par Daniel Tanuro

Qu'ils soient privés ou publics, ces grands groupes fossiles campent depuis des décennies sur une position défensive, imprégnée plus ou moins explicitement de déni climatique. Au fil des années, ils ont contesté successivement le réchauffement lui-même, son origine « anthropique », le rôle du CO2, puis la part des émissions de CO2 imputable au charbon, au pétrole et au gaz.

Un long tabou

Du fait de leur énorme emprise politique, les capitalistes du secteur de l'énergie ont marqué des points significatifs : la responsabilité majeure des combustibles fossiles n'est pas mentionnée dans la Convention cadre des Nations unies sur le Changement climatique (CCNUCC, Rio 1992) ; elle ne l'est pas davantage dans l'Accord de Paris adopté à la COP21 (2015). Ces documents plaident pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, pas pour extraire et brûler moins de fossiles.

Il a fallu attendre la COP26 (Glasgow, 2021) pour que l'expression « combustibles fossiles » fasse son apparition dans les textes. Lors de cette COP, une tentative de décider la sortie du charbon a été écartée in extremis, et la résolution adoptée s'est prononcée seulement pour la réduction des fossiles (« phasing down »), pas pour leur abandon (« phasing out »). Entre-temps, l'inventaire par les Nations unies des politiques suivies en application de Paris a livré son verdict : le monde va droit dans le mur, vers une hausse de température de 2,9°C. Le « phasing out » s'imposera-t-il enfin ? Pour tous les fossiles ou pour le seul charbon ? En tout cas, les exploiteurs de la ressource sont soumis à une pression croissante.

La pression monte

Les scientifiques ont démasqué les mensonges des « marchands de doute » et désamorcé les coups montés pour tenter de discréditer leurs conclusions. (1) La pression de la société n'a cessé de croître au fil de catastrophes de plus en plus fréquentes et violentes. Elle a cru aussi au sein de la classe dominante, en particulier auprès des assureurs. Tout cela s'est traduit sur le plan des principaux gouvernements en une volonté d'entamer quelque chose comme une « transition énergétique ». Dans ce contexte, la tactique fossile de l'obstruction à reculons devient difficilement tenable.

Les groupes énergétiques aiment se présenter comme les bienfaiteurs qui offrent à l'humanité la chaleur, la lumière, la mobilité et le développement. S'obstiner à ignorer les enjeux climatiques pourrait dégrader très fortement leur image de marque. Des populations convaincues du fait que ces capitalistes, en pleine connaissance de cause, ont sacrifié délibérément leurs conditions d'existence sur l'autel du profit pourraient exiger réparation des dégâts, crier vengeance, voire revendiquer la socialisation du secteur énergétique avec expropriation des capitalistes.

Profits obscènes

Le risque politique est d'autant plus sérieux que les rendements des fossiles ont explosé, à la faveur principalement de l'agression russe contre l'Ukraine : selon l'Agence Internationale de l'Énergie, les multinationales (dont Shell, ExxonMobil, Chevron, BP, TotalEnergies) ont engrangé 4.000 milliards de dollars de profit en 2022 – plus du double du bénéfice moyen des dernières années. Les compagnies nationales ne sont pas en reste, en particulier Saudi Aramco (161 milliards de dollars, en hausse de 46% par rapport à 2021), sa petite sœur émiratie ADNOC (24,7 milliards de dollars, en hausse de 27%), la norvégienne Equinor (151 milliards de dollars, + 67%) et leurs semblables dans d'autres pays (Qatar, Koweït, etc).

Ces bénéfices astronomiques deviennent carrément obscènes quand on sait que le nombre de personnes dans le monde vivant sans accès à l'électricité a augmenté en 2022 pour la première fois depuis vingt ans. Et ce n'est pas près de changer : à politique constante, selon l'AIE, 660 millions d'êtres humains seront toujours sans courant en 2030, dont 550 millions en Afrique subsaharienne. Tout cela alors que l'engagement pris en 2009 par les pays riches de verser dès 2020 cent milliards de dollars par an au Fonds vert climatique n'est toujours pas respecté. L'injustice climatique est le scandale majeur de notre temps. Elle pourrait nourrir des soulèvements, voire des révolutions.

L'injustice climatique est le scandale majeur de notre temps. Elle pourrait nourrir des soulèvements, voire des révolutions.

Pour les compagnies, mieux vaut anticiper, s'adapter à la pression montante et l'utiliser pour orienter les objectifs, les moyens et les rythmes de la politique climatique en fonction de leurs intérêts. L'objectif stratégique ne change pas – débourser le moins possible et empêcher tout calendrier contraignant de sortie des fossiles, à court, moyen, voire long terme si possible. Mais la tactique s'adapte : il s'agit dorénavant de se positionner au centre du jeu en présentant le secteur comme la partie principale de la solution plutôt que comme la source principale du problème. Lancer une OPA sur les COP, telle est la mission que le président de l'ADNOC prétend incarner.

Ambitions géostratégiques

On verra plus loin les lapins qu'al-Jaber sort de son chapeau à la COP pour tenter de préserver l'empire des fossiles. Auparavant, il convient de se pencher sur le fait que la tentative d'OPA ne vient pas des grandes sociétés étasuniennes et de leurs représentants politiques (au contraire, ceux-ci se recrutent principalement dans les rangs climato-négationnistes ouverts) : elle vient des Emirats Arabes Unis et, derrière elle, de l'Arabie saoudite, à travers leurs compagnies nationales des pétroles et du gaz.

Ceci est sans doute à mettre en relation avec les nouvelles ambitions géostratégiques de ces deux États, qui profitent des rivalités croissantes entre les grands puissances impérialistes pour avancer leurs propres intérêts. L'actualité récente le montre : Saoudiens et Émiratis entendent s'autonomiser de la tutelle de Washington. Dans le dossier climatique, cela s'exprime dans le soin que ces deux pays – le royaume des Saoud en particulier – mettent à se positionner comme des porte-paroles du droit au développement du « Sud global »… dont ils font officiellement partie.

Imaginez Joe Biden prétendant que c'est pour aider au « développement soutenable » du Sud que les USA forent plus de nouveaux puits de pétrole aujourd'hui que sous Trump, personne en Amérique latine ne le croirait. Le même scepticisme règnerait en Afrique si Emmanuel Macron affirmait que les projets de TotalEnergies au Gabon et en Ouganda visent le bien-être des peuples dans le respect de l'environnement… D'une manière générale, l'impérialisme occidental est profondément discrédité dans les pays dominés. Poutine et Xi Jiping l'ont bien compris.

Les sheiks du pétrole aussi. Bien qu'ils nagent dans une fortune insolente, oppriment leurs peuples et pressurent sans pitié les travailleur·euses immigré·e·s (2) leur situation particulière fait d'eux, aux yeux des gouvernements du Sud, des acteurs plus crédibles d'une politique climatique « réaliste », « sérieuse » et « pragmatique », comme dit al-Jaber. En clair : une politique qui dénoue les cordons de la bourse et remet aux Calendes grecques la fin de l'extraction et de la combustion des combustibles fossiles, au nom du « droit au développement » des pays les plus pauvres de la planète.

Démagogie « anti-impérialiste »

Ce n'est pas par hasard que al-Jaber a fait des pieds et des mains pour ouvrir la COP avec une « bonne nouvelle » pour le Sud : contrairement à toute attente, les négociations sur le lancement effectif du fonds pour les « pertes et préjudices » décidé en principe à la COP26, en Égypte, ont abouti. Applaudissements debout des délégué·e·s au sommet. En réalité, cet enthousiasme est déplacé : la Banque Mondiale supervisera le fonds (comme exigé par les États-Unis), les contributions seront volontaires, sous forme de prêts pour la plupart. Quelques centaines de millions de dollars ont été rassemblés immédiatement. Or c'est de milliards, pas de millions, que les peuples du Sud ont besoin, comme l'a dit Rachel Cleetus, de l'Union of Concerned Scientists (UCS) (3)

La manœuvre des pétromonarchies est claire comme de l'eau de roche : utiliser les demandes légitimes des peuples du Sud pour protéger leur empire. Dans ce but, al-Jaber n'hésite pas à déployer une démagogie faussement « anti-impérialiste ». C'est ce qui est apparu dans son échange tendu avec l'ex-présidente de la République d'Irlande, ex-envoyée spéciale de l'ONU sur le climat. Le Président de la COP28 a accusé Mary Robinson de croire aux « mensonges » des médias occidentaux (« vos médias ») qui lancent de « fausses accusations » contre les plans d'investissement de l'ADNOC. Il a accusé son interlocutrice de vouloir « un retour aux cavernes » et l'a mise au défi de proposer un « plan de sortie des fossiles » qui soit compatible avec le développement. À la fin, excédé, al-Jaber a mis bas le masque : « aucune science ne fait de la sortie des fossiles une condition nécessaire pour rester sous 1,5°C de réchauffement », a-t-il déclaré. (4)

Frénésie d'investissements fossiles

En réalité, les plans d'investissements fossiles de l'ADNOC sont bien réels : selon l'Energy Information Administration US, les Émirats prévoient d'augmenter de 25% leur production de pétrole d'ici 2027.(5) Le Président de la COP28 y contribue avec ardeur : selon Climate Reporting, son agenda compterait pas moins de quinze contrats de vente de fossiles (à la Chine, l'Allemagne, le Brésil et l'Égypte, notamment).(6) Ce n'est que le sommet de l'iceberg – toutes les compagnies fossiles font de même. D'ici 2025, les projets d'expansion des dix plus gros pollueurs du secteur fossile ajouteront 20 Gt de CO2, plus de cinq fois les émissions annuelles des pays de l'Union européenne (7).

D'ici 2025, les projets d'expansion des dix plus gros pollueurs du secteur fossile ajouteront 20 Gt de CO2, plus de cinq fois les émissions annuelles des pays de l'Union européenne.

Cette frénésie d'investissements va complètement à l'encontre du consensus scientifique. Même l'Agence Internationale de l'Énergie le dit : le temps presse, la sortie des fossiles doit commencer maintenant. Selon le dernier rapport du Groupe de travail III du GIEC « la réduction des émissions de GES dans l'ensemble du secteur énergétique nécessite (…) une réduction substantielle de la consommation globale de combustibles fossiles ». Le rapport en précise l'ampleur : d'ici 2050, les usages du charbon, du pétrole et du gaz doivent baisser respectivement de 95%, 60% et 45% (comparé à 2019) pour avoir une chance sur deux de rester sous 1,5°C. (8)

Absurdités

Pour éviter le couperet, le CEO de l'ADNOC exploite à fond l'idée que c'est la baisse des émissions qui importe, pas celle de l'utilisation des fossiles – on peut polluer, il suffit de balayer le CO2 sous le tapis. Par exemple, en injectant le CO2 capturé dans les gisements de pétrole… pour augmenter l'extraction. Venu à Dubaï pour appuyer son collègue émirati, le big boss d'ExxonMobil, Darren Woods, l'a dit clairement : on discute trop de « la solution électron ». « La capture du carbone jouera un rôle. L'hydrogène jouera un rôle. Les biocarburants joueront un rôle. Nous sommes bons là-dedans. Nous savons comment faire ». (9)

C'est évidemment absurde. Prenons l'exemple de la capture-séquestration. À part dans le secteur cimentier, elle est particulièrement absurde. Même si toutes les intentions en la matière se concrétisaient et si tous les projets devenaient opérationnels, on ne capturerait en 2030 que 0,25 Gt de CO2, moins de 1% des émissions globales actuelles. (10). Le problème est que cette absurdité n'est pas tout à fait absente des travaux du GIEC.

Responsabilité du GIEC

Dans le 5e rapport, qui a servi de base à l'Accord de Paris, 95% des projections climatiques incluaient le déploiement massif de la bio-énergie avec capture et séquestration du carbone (BECCS). (11) Cette technologie d'apprenti sorcier consommerait tellement de superficie terrestre que l'humanité devrait choisir : manger ou porter le coup final à la biodiversité. Le 6e rapport est moins enthousiaste sur la BECCS, mais reste axé sur la capture-séquestration et autres technologies du même genre. Dans le rapport de synthèse – un document politiquement plus percutant que les milliers de pages noircies par les Groupes de travail I, II et III – on lit ceci :

« Le zéro émissions nettes (en 2050) implique de passer des combustibles fossiles sans captage et stockage du carbone (CSC) à des sources d'énergie sans carbone ou très peu carbonées, telles que les énergies renouvelables ou les combustibles fossiles avec CSC (…) et de retirer du dioxyde de carbone de l'atmosphère (CDR) » (12).

Dans ce texte, 1°) les objectifs chiffrés de réduction des fossiles cités par le GTIII ont disparu ; 2°) la réduction absolue de l'usage de ces combustibles est remplacée par une formule qui amalgame les renouvelables, les fossiles avec capture-séquestration du carbone (CSC) et les technologies pour retirer du carbone de l'atmosphère (CDR) ! Le texte va jusqu'à affirmer que les fossiles avec capture-séquestration (CSC) constituent une « source d'énergie sans carbone ou très peu carbonée », ce qui est une contre-vérité scientifique.

« Unabated emissions »

Une bonne partie des propositions du Président de la COP28 s'articulent sur cette contre-vérité. Al-Jaber a baissé la garde face à Mary Robinson (« aucune science ne fait de la sortie des fossiles, etc »…). Mais c'était un dérapage. D'habitude, il prend bien soin de répéter qu'il faut baisser la consommation des combustibles fossiles « sans abattement » (« unabated »). (13). Jim Skea, le nouveau président du GIEC, lui a même donné quitus : « Je peux dire que le Dr. Sultan a été attentif à la science »… (14)

De fait, « unabated fossil fuels » est la formule employée par le GIEC pour désigner des fossiles exploités sans technologies permettant de retirer du carbone de l'atmosphère. Une note de bas de page du rapport du GTIII en donne la définition suivante :

« Les combustibles fossiles sans abattement désignent les combustibles fossiles produits et utilisés sans des interventions (?) permettant de réduire substantiellement (?) la quantité de gaz à effet de serre émise sur le cycle de vie ; par exemple (sic) en capturant 90% ou plus (du CO2) des centrales électriques, ou 50 à 80% des émissions de méthane de la fourniture d'énergie ». (15)

C'est très imprécis – les « interventions » ne sont pas spécifiées. De plus, « l'exemple » de « 90% de capture ou plus » est incohérent : si l'abattement n'est pas de 100%, on n'est pas au « zéro net ». Même Fatih Birol, le très capitaliste patron de l'AIE, souligne qu'il faut « en priorité faire tout ce qui est possible pour cesser de mettre du carbone dans l'atmosphère ». (16) Sultan al-Jaber fait exactement le contraire.

Poudre aux yeux

Ensemble, l'Arabie saoudite et les Émirats ont profité de la COP28 pour rendre public le « pacte » conclu par 50 compagnies fossiles qui s'engagent a éliminer leurs émissions (« unabated », bien entendu) d'ici 2050. Il s'agit d'une pure opération de poudre aux yeux, montée avec l'aide de McKinsey. Non seulement un engagement à 2050 est une insulte à l'urgence, mais en plus le « pacte » ne porte que sur les émissions « opérationnelles » (directement liées à l'activité d'extraction). Celles-ci représentent à peine 15% des émissions dues à la combustion des combustibles fossiles ! La ficelle est si grosse que même la presse financière se montre critique. (17)

Pour détourner l'attention du « phasing out » des fossiles, al-Jaber profite de sa casquette de Président de la COP pour pousser des gouvernements à conclure des engagements partiels sur de nombreux sujets. Il s'agit de déclarations d'intention, non contraignantes… mais, soigneusement relayées vers les médias, elles donnent l'impression que le sommet accumule les succès.

Tout fait farine au moulin : engagements à produire sous les Tropiques de l'hydrogène vert, bleu ou gris à exporter massivement vers les pays développés (18) ; engagement de 22 pays pour tripler les capacités de l'énergie nucléaire d'ici 2050 ; engagement de 15 autres à sortir du charbon ; engagement de 134 autres encore pour inclure l'agriculture et l'alimentation dans leurs plans climat (une promesse tellement vague qu'elle n'évoque même pas la question de la viande !) ; sans oublier, bien sûr, ce qui coûte le moins cher aux capitalistes : protéger les forêts existantes et planter des arbres pour absorber le CO2.

Néocolonialisme climatique

À cet égard, les Sheiks font très fort puisque la société émiratie Blue Carbon LLC a acquis pour trente ans 10% des superficies totales du Libéria, de la Tanzanie, de la Zambie, et 20% de celle du Zimbabwe, soit 25 millions d'hectares. Blue Carbon a été créée il y a un an à peine en misant sur la concrétisation à la COP28 de l'article 6 de l'Accord de Paris, qui lui permettra de vendre des crédits de carbone en empochant 70% des gains – avec apparemment une clause préférentielle d'achat par les Émirats. Les gouvernements des pays africains n'ont pas consulté les populations. (19) C'est du néocolonialisme sur le dos des peuples, pour une efficacité climatique proche de zéro : selon une enquête récente, 94% des crédits carbone générés dans les forêts équatoriales ne correspondent à rien. (20) Les idéologues néolibéraux introduiront-ils le concept de « crédits carbone notionnels » ? Plus rien ne doit nous étonner dans ce monde de fous où le capital, comme disait Marx, présente tout la tête en bas…

Des contrats, des contrats…

Si Sultan al-Jaber ne suit pas Fatih Birol sur la capture-séquestration, il s'accorde avec lui sur les énergies renouvelables. L'AIE plaide pour tripler les capacités installées d'ici 2030. Le Président de la COP28 l'approuve bruyamment. Mais il y a intérêt, puisqu'il dirige non seulement l'ADNOC mais encore la compagnie émiratie MASDAR, spécialisée dans les énergies vertes. Quelques jours avant l'ouverture du sommet, MASDAR a inauguré aux EAU la plus grande centrale photovoltaïque du monde. (21) Bingo : à la COP, on signe des contrats à tour de bras. (22).

Pour la famille régnante émiratie, la COP28 est une gigantesque opération diplomatico-géostratégico-commerciale. Diplomate du climat, Alex Scott déclare : « Cette COP est encore plus une foire commerciale que celles de Glasgow et de Sharm-el-Sheik. Je ne pense pas que tous ces financiers sont ici pour assister à des heures de négociations climatiques ». (23). En fait, le sommet est complètement gangrené par l'industrie fossile, la finance et leurs lobbyistes, présents par milliers jusque dans les délégations des États. (24)

Passera ? Passera pas ?

L'OPA fossile réussira-t-elle ? Le secrétaire général des Nations Unies a jeté un pavé dans la mare. Vingt-quatre heures après la sortie des propositions d'al-Jaber, Antonio Guterres déclarait à la tribune de la COP que ces propositions « ne sont clairement pas à la hauteur de ce qui est nécessaire » car « elles ne disent rien de l'élimination des émissions résultant de la consommation des combustibles fossiles » (25). Mais les COP prennent leurs décisions au consensus entre gouvernements capitalistes, tous adeptes des politiques néolibérales, tous dévoués corps et âme à la compétitivité d'une économie qui, trente ans après le sommet de Rio, dépend toujours à 80% des énergies fossiles. Une seule chose est certaine : seule la lutte des peuples pour une alternative anticapitaliste peut arrêter la catastrophe.

Daniel Tanuro
6/12/2023

Photo : La présidence de la COP28 à Dubaï (UNclimatechange, UNFCCC_COP28, 5 Dec 23)

Notes

1. Notamment la tentative de discréditer le sérieux de leurs recherches, juste avant Copenhague.
2. On se souvient des milliers de morts sur les chantiers du Mondial de football, au Qatar. Aux Émirats, des travailleurs immigrés ont travaillé par plus de 42°C sur le site de la COP28, au mépris même de la législation locale
3. https://www.rtbf.be/article/cop28-un-premier-accord-pour-creer-un-fonds-pertes-et-dommages-pour-aider-les-pays-vulnerables
4 . Voir la vidéo sur le site du Guardian https://www.theguardian.com/environment/2023/dec/03/back-into-caves-cop28-president-dismisses-phase-out-of-fossil-fuels
5. Le Monde, 30/11/2023
6. https://climate-reporting.org/cop28-president-oil-climate/
7. cité par Corporate Europe Observatory in « COP28 push for Hydrogen »
8. IPCC, AR6, WGIII, SPM, C.3.2
9. Financial Times, 2/12/2023
10. Production Gap Report, https://productiongap.org, cité sur https://www.desmogblog.com
11. Selon le climatologue Kevin Anderson. Cf. son blog http://kevinanderson.info/blog
12. IPCC, AR6, Synthesis report, Summary for Policymakers, B.6.3
13. Il lui arrive même de dire qu'il faut « sortir des fossiles », mais toujours « unabated »
14. BBC, 4/2/2023
15. IPCC, AR6, WGIII, SPM, Footnote 55 – ma traduction
16. https://www.iea.org/news/the-path-to-limiting-global-warming-to-1-5-c-has-narrowed-but-clean-energy-growth-is-keeping-it-open
17. Financial Times, 2/12/2023
18. Voir l'excellente analyse de ces projets trompeurs par Corporate Europe Observatory, op. cit.
19. Le Monde, 29/11/2023
20. The Guardian, 18/1/2023
21. https://www.prnewswire.com/news-releases/deputy-ruler-of-abu-dhabi-inaugurates-worlds-largest-single-site-solar-power-plant-ahead-of-cop28-301992276.html
22. https://www.pv-tech.org/masdar-roundup-uae-sate-owned-developer-makes-flurry-of-deals-during-cop28/
23. Financial Times, 1/12/2023
24. Lire le bon article de la RTBF, qui donne largement la parole à Pascoe Sabido, du Corporate Europe Observatory
25. Financial Times, 3/12/2023

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« On s’affirme » - Lancement des actions et revendications pour 2024 de la campagne CA$$$H (Communautaire autonome en santé et services sociaux - Haussez le financement)

12 décembre 2023, par Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) — , ,
Montréal, le 4 décembre 2023. _La Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles a le plaisir d'annoncer la mise à jour des revendications de sa (…)

Montréal, le 4 décembre 2023. _La Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles a le plaisir d'annoncer la mise à jour des revendications de sa campagne Communautaire autonome en santé et services sociaux - Haussez le financement CA$$$H, laquelle est accompagnée de nouveaux outils de mobilisation.

Après plusieurs mois de travail, une mise à jour des revendications de la campagne CA$$$H a été effectuée pour 2024. La hauteur du manque à gagner a été revue pour tenir compte de la mise à jour des seuils planchers communs pour les organismes communautaires du domaine de la santé et des services sociaux (OCASSS) et des travaux importants ont permis de proposer une nouvelle formule pour l'indexation des subventions.

Seule campagne qui s'adresse directement au ministère de la Santé et des Services sociaux, la campagne CA$$$H revendique depuis 2017 des améliorations au programme qui subventionne la mission globale de plus de 3000 OCASSS. Les revendications portées par la campagne CA$$$H à l'égard du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) sont les suivantes :

• L'ajout de 1,7 G $ à l'enveloppe annuelle du PSO [1]C (mission globale) ;
• L'indexation annuelle des subventions en fonction de l'Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC) pour un taux de 3.6% en 2024 [2] ;
• L'atteinte de l'équité de financement et de traitement partout au Québec, notamment par l'application de seuils planchers communs [3], adaptés aux différents types d'OCASSS.

« Malgré les sommes ajoutés ces dernières années, la mission globale des OCASSS n'est pas suffisamment soutenue par le PSOC, la subvention moyenne n'étant que de 181 038$ . Or, l'ampleur des besoins non comblés par les subventions actuelles est aussi élevée que 1,7G$. [4] Il s'agit d'un gros défi, mais nous devons collectivement revendiquer un montant à la hauteur des vrais besoins des OCASSS » affirme Stéphanie Vallée, présidente de la Table.

Soulignons que le montant de la revendication résulte de l'application de seuils planchers [5] établis selon les balises adoptées par le Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA), après soustraction du montant global accordé par le MSSS et les CISSS-CIUSSS. La campagne CA$$$H est ainsi en cohérence avec les revendications de l'ensemble du mouvement de l'action communautaire autonome. « Revendiquer que les OCASSS reçoivent au moins les seuils planchers communs fait voir l'ampleur du sous-financement actuel. C'est le seul constat que l'on peut faire en voyant que 91% des OCASSS ne reçoivent même pas le plus bas des seuils planchers, lequel est fixé à 531 930 $ [6]. Utiliser le seuil plancher pour fixer ses besoins financiers est une revendication légitime, qu'il faut affirmer haut et fort » souligne Loc Cory, du comité de coordination de la campagne CA$$$H.

Depuis plusieurs années, la campagne CA$$$H invite justement les OCASSS à utiliser les seuils planchers communs lors de la transmission du formulaire annuel lié à la subvention à la mission globale. En janvier et février prochain, l'action « On s'affirme » [7] permettra de plus aux OCASSS de mettre leurs besoins financiers en valeur en les affirmant publiquement à l'aide d'une toute nouvelle plateforme.

L'autre grand changement de l'année 2024 sera de demander au MSSS d'indexer les subventions en appliquant l'Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC) [8]. Développée suite à une vaste enquête menée avec la collaboration du Service aux collectivités de l'UQAM et la campagne CA$$$H, cette méthode tient compte de la nature et de la répartition des coûts des OCASSS et s'appuie sur des statistiques solides et facilement accessibles plutôt que sur l'Indice des prix à la consommation (IPC) projeté. En effet, le MSSS indexe actuellement les subventions à la mission globale des OCASSS à partir d'une projection établie par le ministère des Finances, combinant IPC de l'année suivante à celui de l'année écoulée. Alors que le taux du ministère des Finances pourrait équivaloir à 2.7% pour 2024, le taux d'ICFC établi par la campagne CA$$$H est plutôt de 3.6% [9].

« Basée sur des prédictions politiques d'économistes du gouvernement, cette façon de faire est problématique. Bien que l'IPC soit une mesure utile pour indexer des salaires, il réfère au panier de consommation des ménages, alors que les OCASSS n'en sont pas. Indexer des subventions uniquement en fonction de l'IPC cause l'appauvrissement des groupes, ce qui compromet leur capacité d'action auprès de leurs communautés » de dire Mercédez Roberge, coordonnatrice de la Table.

Les OCASSS sont invités à découvrir le plan d'action 2023-2027 de la campagne CA$$$H, ainsi que tous les détails des revendications, lors de deux rassemblements virtuels prévus le 14 décembre 2023 et le 22 janvier 2024 [10]. Les journalistes sont également conviés à ces événements.

Les revendications qui seront portées en 2024 sont ambitieuses, mais elles sont surtout légitimes et incontournables pour le maintien du filet social québécois. Les OCASSS jouent un rôle capital pour la société et la campagne CA$$$H ne manque pas d'idées ni de motivation pour les soutenir.

SOURCE :
Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et
bénévoles (TRPOCB),

● Stéphanie Vallée est présidente de la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles. Elle est également co-coordonnatrice de L'R des centres de femmes du Québec [12].
● Loc Croy, est membre du comité de coordination de la campagne CA$$$H et directeur général du Regroupement québécois du parrainage civique [13].
● Mercédez Roberge est coordonnatrice de la Table des regroupements
provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles [14].

À propos

Fondée en 1995, la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) est formée de 44 regroupements nationaux, rejoignant plus de 3 000 groupes communautaires autonomes à travers le Québec. Ce sont, par exemple, des maisons de jeunes, des
centres de femmes, des cuisines collectives, des maisons d'hébergement, des groupes d'entraide, des centres communautaires, des groupes qui luttent contre des injustices ayant des répercussions sur la santé.

Ceux-ci représentent les ¾ des organismes communautaires autonomes du Québec. Ceux-ci abordent la santé et les services sociaux sous différentes perspectives (femmes, jeunes, hébergement, famille, personnes handicapées, communautés ethnoculturelles, sécurité alimentaire, santé mentale, violence, périnatalité, toxicomanie, etc.).

La Table coordonne la campagne CA$$$H (Communautaire autonome en santé et services sociaux – Haussez le financement). Lancée le 17 octobre 2017, cette campagne vise l'amélioration substantielle du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) du ministère de la Santé et des
Services sociaux (MSSS), au bénéfice de plus de 3 000 organismes communautaires autonomes subventionnés par le MSSS. À compter de 2024, les revendications de la campagne CA$$$H sont : L'ajout de 1,7 G$ à l'enveloppe annuelle du PSOC (mission globale) [15], l'indexation
annuelle des subventions en fonction de l'Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC) [16] et l'atteinte de l'équité de financement et de traitement partout au Québec [17].

Liens utiles :
https://trpocb.org/campagnecasssh/ [18]
https://trpocb.org/revendication-financiere-casssh/ [19]
https://trpocb.org/icfc/ [20]
https://trpocb.org/seuils-planchers-campagne-casssh/ [21]
https://trpocb.org/campagnecasssh-onsaffirme/ [22]
● Pour télécharger ce communiqué en word [23]

Éléments visuels de la campagne CA$$$H (Communautaire autonome en santé et services sociaux - Haussez le financement)

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Du jamais vu depuis les États généraux sur l’éducation de 1995-1996 !

12 décembre 2023, par Debout pour l'école — , ,
Montréal, le 1er décembre 2023. Le collectif Debout pour l'école publie aujourd'hui Des citoyennes et citoyens ont parlé d'éducation. Il faut les écouter ! Synthèse des (…)

Montréal, le 1er décembre 2023. Le collectif Debout pour l'école publie aujourd'hui Des citoyennes et citoyens ont parlé d'éducation. Il faut les écouter !

Synthèse des propos tenus dans les forums citoyens et les ateliers jeunesse de Parlons éducation. Rédigé dans un langage clair et soucieux de communiquer fidèlement les propos entendus lors des forums citoyens de Parlons éducation, le document synthèse présente le plus vaste regard critique jamais posé sur le système d'éducation québécois depuis les États généraux sur l'éducation de 1995-1996. On peut se le procurer gratuitement sur notre site.

Les forums de Parlons éducation ont libéré la parole et permis de très riches échanges sur la mission de l'école, l'iniquité grandissante du système scolaire, les difficiles conditions de travail des personnels et sur le déficit démocratique du système.

Concrètement, il y a consensus sur les aspects suivants. Il faut revoir la mission de l'école et les priorités des programmes d'études. Pour favoriser le développement intégral des élèves, le développement des compétences langagières en français, langue première, devrait être une priorité dans toutes les activités scolaires et la responsabilité de tous les personnels. La mission émancipatrice de l'éducation ne peut être appréhendée par une vision comptable de l'éducation qui place au premier rang les taux de réussite, selon des évaluations réductrices des apprentissages réalisés et qui fait de la réussite individuelle définie par les notes obtenues le but ultime de l'éducation.

Il faut mettre fin à la ségrégation scolaire. Une vision aussi réductrice de l'éducation alimente une ségrégation scolaire réelle, conséquence de l'école privée subventionnée et des projets particuliers sélectifs à l'école publique et de la frénésie de la compétition qui domine entre les élèves et les écoles. Dans une société qui se veut inclusive, le système d'éducation produit des laissés pour compte, pensons aux élèves des Premières Nations et inuits qui fréquentent les écoles québécoises, les nouveaux arrivants, les élèves présentant des difficultés de tous ordres.

La pénurie des personnels scolaires ne cessera pas si on n'améliore pas leurs conditions de travail, aussi est-il urgent de valoriser concrètement les personnels scolaires et de leur offrir des conditions d'exercice qui leur permettent de travailler pour et avec les élèves. Car il a été dit et répété que ce sont les élèves qui doivent être au cœur des préoccupations du système d'éducation.

Les participants sont convaincus que l'on ne peut plus compter sur les pouvoirs publics pour obtenir les changements nécessaires et urgents, il faut donc s'unir et se mobiliser !

Rappelons qu'au printemps 2023, dans le cadre des forums citoyens de Parlons éducation, près d'un millier de citoyennes et de citoyens de 19 villes du Québec, dont Chicoutimi, Gatineau, Laval, Montréal, Québec, Rouyn-Noranda, Sherbrooke et Trois-Rivières, ont pris un vendredi soir et un samedi pour discuter d'éducation parce que c'est un des fondements d'une société qui se veut démocratique et que l'école québécoise leur tient vraiment à cœur.

Parallèlement à ces forums, environ 650 jeunes ont participé à l'un des cinquante ateliers jeunesse de Parlons éducation pour témoigner de leur vécu d'élève et partager leurs espoirs d'un parcours scolaire formateur, épanouissant et en phase avec les défis du monde actuel.

On notera que les participants ont manifesté leur vif désir de se mobiliser pour obtenir des changements substantiels au système scolaire québécois, à court et à moyen terme. Aussi, le collectif Debout pour l'école travaille-il à coaliser le plus grand nombre d'organisations citoyennes et de personnalités québécoises autour de revendications communes qui feront l'objet d'un Rendez-vous national sur l'Éducation, au début de 2025

Ensemble, nous sommes Debout pour l'école !

Pour visionner la conférence de presse
https://fb.watch/oLnN5X7uv3/

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À propos de la place d’Option nationale à Québec solidaire

12 décembre 2023, par Jimmy Thibodeau, Nadia Poirier — , ,
Nous avons lu avec intérêt la lettre d'une quinzaine d'anciens membres du parti Option nationale (ON) invitant leurs « anciens camarades » à délaisser Québec solidaire (QS) au (…)

Nous avons lu avec intérêt la lettre d'une quinzaine d'anciens membres du parti Option nationale (ON) invitant leurs « anciens camarades » à délaisser Québec solidaire (QS) au profit du Parti québécois (PQ). Nous jugeons pertinent de répondre aux arguments qu'on nous a soumis, dans un esprit de discussion constructive entre indépendantistes.

Les auteurs, Nadia Poirier et Jimmy Thibodeau, sont représentants du conseil exécutif d'Option nationale.

5 décembre 2023

Pour les personnes peu familières avec l'histoire récente d'Option nationale, permettez-nous une mise en contexte. Après sa fusion avec Québec solidaire en 2017, ON est devenue un regroupement interne reconnu officiellement par le parti unifié (un « collectif »). Depuis, nous continuons de croître et d'accueillir des membres solidaires désireux de travailler avec nous pour la promotion et la réalisation de l'indépendance. Bien que plusieurs membres du collectif aient effectivement été membres d'Option nationale avant la fusion, ce n'est pas le cas de tous. De plus, contrairement à ce que pourrait laisser entendre le titre « La fin du mirage solidaire », aucun signataire du texte n'était affilié à Québec solidaire au moment de la publication : personne n'a « quitté » le parti.

Revenons au contenu de la lettre. L'argument central des signataires repose sur une statistique longuement discutée, mais souvent mal interprétée. Le sondage cité est loin d'être unique : de nombreux coups de sonde ont déjà montré qu'un peu moins de la moitié des sympathisants de QS se disent souverainistes. Cette situation ne doit pas être minimisée : elle signale un grand défi communicationnel que notre collectif s'évertue de rappeler sans relâche.

Nous rejoignons néanmoins ce que d'autres intervenants du parti ont dit : ces sondages ne visent pas nos membres ou nos militants, mais simplement notre électorat potentiel. Par ailleurs, nous faisons le pari de voir le verre à moitié plein : si plusieurs sympathisants choisissent notre parti malgré son engagement indépendantiste, nous voyons là une occasion d'aller chercher des alliés supplémentaires au mouvement.

Pureté idéologique

À ce sujet, nous déplorons la tendance de nombreux indépendantistes à se lancer dans des concours de pureté idéologique qui nuisent à la cause. Nous saluons l'ardeur souverainiste renouvelée du PQ depuis 2020, mais il n'empêche que QS a fait oeuvre utile en maintenant, depuis sa fondation, sa promesse d'une assemblée constituante dans un premier mandat (et depuis la fusion avec ON en 2017, est garanti un mandat fermé menant à un référendum sur l'indépendance).

On nous assure que le PQ de Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) a réussi « à faire avancer concrètement l'indépendance du Québec », et pourtant, lors de sa campagne dans Jean-Talon, « ni son candidat, Pascal Paradis, ni son chef n'ont fait campagne sur la souveraineté. La publication du budget de l'an 1 a même été retardée pour éviter qu'il ne compromette ses chances », comme l'a soulevé le chroniqueur du Devoir Michel David. C'est en 2026 que se situe le vrai test de PSPP : depuis l'échec référendaire de 1995, le PQ n'a promis un référendum dans un premier mandat que lors de deux campagnes électorales (sur huit) celles de 2007 et de 2022.

Nous invitons donc chaleureusement nos anciens camarades à continuer leur travail au PQ. En ce qui nous concerne, notre collectif est fier d'avoir contribué à placer l'indépendance au centre de la dernière course au porte-parolat de QS, notamment par l'organisation d'un débat sur cet enjeu, puis à travers notre appui à la candidature de Ruba Ghazal, dont le message passionnément indépendantiste l'a portée tout près de la victoire, face à une Émilise Lessard-Therrien tout aussi indépendantiste et dont le discours renouvelé nous inspire espoir et optimisme.

Nous nous sommes reconnus dans le projet porté par QS et ON tout en respectant le choix de nos anciens camarades d'aller dans un autre parti indépendantiste. La diversité idéologique de notre mouvement est après tout une richesse, et non un obstacle. Nous avons hâte de travailler avec nos camarades péquistes à la table des OUI-Québec, et un jour dans le camp du Oui.

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Manifestation de solidarité avec la Palestine à Québec

12 décembre 2023, par PTAG — , ,
Plus de 200 personnes ont manifesté le 9 décembre dernier à Québec en solidarité avec la Palestine. Cette manifestation a été organisée par le Collectif de Québec pour la paix (…)

Plus de 200 personnes ont manifesté le 9 décembre dernier à Québec en solidarité avec la Palestine. Cette manifestation a été organisée par le Collectif de Québec pour la paix et le Groupe Québec-Palestine. Cette manifestation exigeait la fin de l'occupation des territoires palestiniens et un cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza.

Des élus et des représentants de mouvements sociaux ont pris la parole. PTAG présente ci-dessous la vidéo de deux interventions qui ont été faites à l'ouverture de la manifestation.

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Histoire des 3 petits cochons...à la sauce gentrification

12 décembre 2023, par Daniel Leduc — , ,
Vous me demanderez certainement, qu'est-il arrivé aux 3 petits cochons ? Vous avez le choix entre, les coopérants firent un gros méchoui et les bouffèrent ; ou bien, vous (…)

Vous me demanderez certainement, qu'est-il arrivé aux 3 petits cochons ? Vous avez le choix entre, les coopérants firent un gros méchoui et les bouffèrent ; ou bien, vous l'aurez compris, ce n'était pas vraiment des petits cochons, mais des esties de grosses têtes de cochon qui luttent contre les rénovictions, la gentrification et le profit.

• 3 petits cochons durent partir de chez leur mère, ne pouvant plus les nourrir

• Elle leur dit d'aller en ville et de se construire une maison solide, parce que les loups peuvent détruire des maisons fragiles

• Le premier loua un appartement avec des amis

• Le deuxième acheta un condo avec les économies de son travail et envoya de l'argent à sa mère

• Le troisième réunit des amis et achetèrent un immeuble en coopérative

• Si vous pensez qu'il n'y a pas de loups en ville, détrompez-vous !

• Un loup alla cogner à l'appartement du premier et leur expliqua qu'il devait rénover tout l'immeuble après l'avoir acheté. Tous ses amis durent quitter leur appartement, ainsi que les autres locataires de l'immeuble. Le premier cochon, donc invita tous les locataires à aller dans l'immeuble coopératif.

• Le loup, prenant confiance en lui, alla cogner au condo du deuxième cochon. Puis-je acheter votre condo monsieur le cochon, lui demanda-t-il ? Bien sûr que non, répondit le cochon. Le loup, ne perdant pas contenance, expliqua qu'il avait vu plusieurs défauts de construction du condo, défauts qui pourraient mettre en péril la sécurité des gens. Alors, le cochon lui dit qu'il va vérifier si c'est le cas. Effectivement, défauts importants, il y avait. Le cochon vendit son condo à perte, la garantie de construction ayant expirée depuis longtemps. Et le cochon alla, lui aussi se réfugier dans la coopérative d'habitation du 3è cochon.

• Fier de son pouvoir, le loup imagina un plan pour mettre la main sur l'immeuble coopératif. Il se déguisa en inspecteur de la ville et cogna à la porte du responsable du comité bon voisinage, Dédé le clown. Eh oui, le troisième petit cochon s'était entouré de copains et copines des plus étranges ! Il y avait un cabotin, 2 artistes, un préposé aux bénéficiaires, 2 gars de la construction, un électricien, un inspecteur, une ouvrière déterminée, un komrade, une retraitée bizarre qui rit tout le temps, une spécialiste de l'entraide, un vieux snock, un africain qui lui aussi rit tout le temps, une factrice invisible, un communiste, un ancien étudiant qui parle tout le temps, une jeune avocate en herbe et un journaliste en quête de gloire.

• Le loup, sous son costume d'inspecteur de la ville, expliqua au clown qu'il fallait démolir l'immeuble, devenu dangereux pour ses occupants. Diplomate, le clown, soupçonnant une arnaque, lui demanda d'attendre un petit moment. Rentré chez lui, le clown appela l'ouvrière déterminée, le journaliste en quête de gloire, un des gars de la construction et la factrice invisible. Il leur dit de venir chez lui d'urgence, en passant par la porte arrière ; sauf pour la factrice invisible qui lui demanda de rester cacher près de l'arbre en avant de l'immeuble. Dédé le clown avait un plan !

• Tout le monde étant en place, le clown alla ouvrir la porte avant et salua le supposé inspecteur. L'ouvrière déterminée commença à l'engueuler et le gars de la construction demanda des preuves, pendant que le clown faisait d'amples espargestes autour de tout ce beau monde, faisant un signe convenu à la factrice invisible. Celle-ci se précipita sur l'inspecteur de la ville et lui arracha ses vêtements.

• Ayant entendu tout ce vacarme, la retraitée bizarre qui rit tout le temps et l'africain rieur se joignirent au groupe et lança leur rire à la face du loup démasqué, qui prit la poudre d'escampette.

• Le journaliste en quête de gloire en profita pour prendre plein de photos et vidéos et s'en alla bâtir son article sur les loups de l'immobilier.

• Vous me demanderez certainement, qu'est-il arrivé aux 3 petits cochons ? Vous avez le choix entre, les coopérants firent un gros méchoui et les bouffèrent ; ou bien, vous l'aurez compris, ce n'était pas vraiment des petits cochons, mais des esties de grosses têtes de cochon qui luttent contre les rénovictions, la gentrification et le profit.

Daniel Leduc,

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Lutte à la pauvreté : Pour se nourrir et se loger à l’année

12 décembre 2023, par ADDS Rive sud, Association pour la défense des droits sociaux Québec métropolitain (ADDS QM), Rose du Nord — , ,
Aujourd'hui, organisée par l'Association de défense des droits sociaux Québec Métropolitain et de la Rive-Sud et ROSE du Nord, s'est tenue une chorale militante composée de (…)

Aujourd'hui, organisée par l'Association de défense des droits sociaux Québec Métropolitain et de la Rive-Sud et ROSE du Nord, s'est tenue une chorale militante composée de personnes assistées sociales de nos groupes ainsi qu'une distribution de tracts pour dénoncer l'inaction du gouvernement quant à l'implantation de mesures structurantes pour lutter contre la pauvreté.

L'objectif de l'action est de mettre en lumière que la société fait face à une crise sociale majeure et que ses conséquences se répercutent tout au long de l'année et non seulement pendant la période de Noël. Pour les groupes de défense des droits des personnes assistées sociales de la région de Québec et de Chaudière-Appalaches bien que la Guignolée des médias ait comme objectif de vouloir aider son prochain, le volontariat et la charité ne suffisent pas. Pour Sarah Pelletier, militante active et femme assistée sociale, il faut voir plus large : « Comprenons-nous bien. Dans notre société actuelle, les banques alimentaires sont absolument essentielles à la survie de plusieurs ménages. Par contre, dans une société digne et équitable, il n'y aurait pas de banques alimentaires, parce que nous serions en mesure de répondre collectivement aux causes de l'insécurité alimentaire. L'aide alimentaire, telle que conçue actuellement, n'est qu'un pansement mis sur une hémorragie. »

Au fil des années, le recours aux banques alimentaires ne cesse d'augmenter. Selon le bilan Faim 2023, une augmentation de 30% des demandes a été observée en 2023, totalisant 872 000 personnes qui ont besoin mensuellement du soutien du réseau des banques alimentaires du Québec. Cette hausse peut s'expliquer par l'augmentation considérable du coût de la vie et des loyers. De ce fait, les personnes doivent consacrer une plus grande part de leur budget au paiement du loyer.

De plus, le fait de recourir à une banque alimentaire peut faire vivre un sentiment de honte et même affecter l'état de santé des utilisateurs et utilisatrices. Comme le mentionne un militant de nos groupes : « j'ai décidé de ne plus avoir recours aux denrées de banques. Étant donné que la date de péremption est parfois outrepassée, cela peut affecter notre santé. C'est bien pouvoir s'alimenter, mais c'est encore mieux de pouvoir le faire en étant certain que la nourriture est encore de bonne qualité. ».

Nous revendiquons la mise en place de mesures structurantes pour lutter efficacement contre la pauvreté, dont l'élargissement du programme de revenu de base à toutes les personnes assistées sociales. Nous demandons au gouvernement de s'engager à garantir et à protéger le droit au logement. Il est primordial que les personnes à faible revenu puissent subvenir à leurs besoins tels que se nourrir convenablement et avoir accès à des logements décents.

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Un projet encore inacceptable pour la rue Saint-Vallier Ouest

12 décembre 2023, par Collectif — , ,
Au lendemain de la présentation officielle par la Ville de Québec du projet de réaménagement de la rue Saint-Vallier Ouest en rue verte et à sens unique, Accès transports (…)

Au lendemain de la présentation officielle par la Ville de Québec du projet de réaménagement de la rue Saint-Vallier Ouest en rue verte et à sens unique, Accès transports viables, le Collectif pour un transport abordable et accessible à Québec (TRAAQ), le Comité des citoyens et des citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS), le Conseil régional de l'environnement de la Capitale-Nationale et Vivre en Ville s'unissent pour demander à la Ville de Québec de corriger les aspects problématiques de son projet.

Un projet lourd de conséquences pour l'efficacité et l'accessibilité du transport en commun

Le projet de la Ville de Québec propose de convertir la rue Saint-Vallier Ouest en sens unique en direction ouest, ce qui entraînerait le déplacement de plusieurs parcours de transport en commun dans les rues résidentielles environnantes. Saint-Vallier Ouest constitue pourtant la meilleure rue pour accueillir des autobus, en raison de sa position centrale dans le secteur et de la présence de nombreux organismes communautaires et commerces qui y ont pignon sur rue.

La Ville de Québec a pris cette décision à l'interne, sans jamais la soumettre à la discussion publique. La modification de la desserte en transport en commun a pourtant des impacts considérables pour les citoyens et citoyennes qui dépendent de ce service public pour se déplacer au quotidien.

« Alors que c'est notamment par une bonne accessibilité au transport en commun et adapté que les personnes en situation de vulnérabilité peuvent remplir leurs besoins de base et avoir accès à des services, la population et le milieu communautaire n'ont jamais été consultés sur cette question. Au printemps, la décision de convertir la rue en sens unique était déjà prise. On se retrouve donc aujourd'hui avec un projet dont on doit multiplier les mesures d'atténuation pour répondre aux nombreuses préoccupations en matière d'accessibilité. » – Émilie Frémont-Cloutier, animatrice sociale, Collectif pour un transport abordable et accessible à Québec

« Verdir nos milieux de vie est une mesure responsable et nécessaire, mais cela ne devrait jamais se faire au détriment du service fondamental que constitue le transport en commun. Le quartier Saint-Sauveur mérite un verdissement adapté au milieu, et c'est tout à fait compatible avec une amélioration, plutôt qu'une détérioration, de la desserte de transport en commun. En révisant les exigences exagérées pour la largeur des voies de circulation et en retirant plus d'espaces entre ces voies et les trottoirs élargis, la Ville réussirait à atteindre davantage les objectifs poursuivis au nom de la santé durable. » – Alexandre Turgeon, directeur général du CRE Capitale-Nationale

« La conversion de Saint-Vallier Ouest en sens unique fragiliserait de manière définitive l'offre de mobilité déjà limitée dans un des quartiers les plus défavorisés de la ville, et où l'offre en matière de transport en commun est déjà insuffisante. Ce n'est pas de ça dont Québec a besoin en ces temps difficiles pour le transport en commun. » – Christian Savard, directeur général de Vivre en Ville

Nos organisations reconnaissent et saluent les efforts de la Ville pour augmenter le verdissement dans le quartier, une priorité citoyenne bien entendue. Nous appelons la Ville à avoir aujourd'hui la même considération pour les préoccupations exprimées quant à la dégradation annoncée du transport en commun. Nous avons confiance qu'en revoyant le projet à la lumière de ces attentes et en collaboration avec le milieu, il est possible d'en arriver à une solution optimale. qui permettra le maintien d'une desserte adéquate en transport en commun, voire qui pourra la bonifier.

Du travail encore à faire pour la sécurité des déplacements actifs

Lors de la présentation du projet, la Ville de Québec a démontré son intention de répondre aux nombreuses préoccupations citoyennes concernant les impacts du projet sur la sécurité des déplacements actifs. Plusieurs mesures d'apaisement de la circulation pour décourager la circulation de transit dans les rues résidentielles ont été promises aux personnes présentes dans la salle. Cependant, il lui faut présenter rapidement et précisément les différentes rues et intersections visées par ces mesures, les interventions souhaitées dans chaque cas, et surtout l'échéancier avec lequel elle compte mettre tout cela en place.

« La transparence et une communication suffisante sur les mesures d'apaisement envisagées est vraiment nécessaire pour atteindre l'acceptabilité sociale. Les gens doivent avoir l'assurance et la confiance que la Ville a une vision d'ensemble de la sécurité des déplacements actifs dans le quartier et qu'elle ne procédera pas à une gestion des problèmes à la pièce. » – Catherine Rainville, animatrice-coordonnatrice au CCCQSS

Par ailleurs, une préoccupation importante demeure quant à la sécurité des cyclistes qui continueront vraisemblablement de circuler dans les deux directions sur la voie structurante qu'est Saint-Vallier pour le quartier, malgré les nouveaux aménagements prévus sur les rues voisines.

« La rue Saint-Vallier Ouest est très fréquentée pour une multitude d'usages, notamment celui du vélo. Le projet tel qu'il est présenté ne permet pas aux cyclistes de circuler de manière sécuritaire dans les deux sens, ce qui vient en inadéquation avec les efforts affichés de l'administration en matière de sécurisation des déplacements cyclables. » – Marie-Soleil Gagné, directrice générale d'Accès transports viables

Nos organisations demeurent convaincues que le réaménagement de la rue Saint-Vallier Ouest peut devenir un projet inspirant et rassembleur sur tous les plans. Pour cela, il doit répondre adéquatement aux préoccupations toujours présentes au sein de la population et aux enjeux de mobilité durable, de résilience environnementale, de santé, d'accessibilité universelle et de sécurité des déplacements des personnes les plus vulnérables.

Organisations signataires

· Accès transports viables

· Collectif pour un transport abordable et accessible à Québec (TRAAQ)

· Comité des citoyens et citoyennes du Quartier Saint-Sauveur

· Conseil régional de l'environnement - Capitale-Nationale

· Vivre en Ville

À propos des organisations signataires

Accès transports viables
Accès transports viables est un organisme à but non lucratif ayant pour mission de défendre les droits des utilisatrices et utilisateurs des transports collectifs (transport en commun, covoiturage, autopartage) et actifs (marche, vélo), ainsi que de promouvoir la mobilité durable dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches.

Collectif pour un transport abordable et accessible à Québec (TRAAQ)
La mission du TRAAQ est de défendre le droit à la mobilité des personnes à faible revenu vivant sur le territoire desservi par le Réseau de transport de la Capitale (RTC) et par le Service de transport adapté de la Capitale (STAC).

Comité des citoyens et citoyennes du Quartier Saint-Sauveur (CCCQSS)
Le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur est un organisme visant l'amélioration de la qualité et des conditions de vie des résidents et résidentes du quartier Saint-Sauveur, surtout les plus vulnérables. Il défend leurs droits et intérêts en matière de logement, d'aménagement urbain et de vie de quartier. Par divers moyens, il regroupe les personnes autour d'enjeux les concernant, conscientise, informe, mobilise, anime et cherche à susciter réflexions et débats.

Conseil régional de l'environnement – Capitale-Nationale (CRE)
La mission première du CRE Capitale-Nationale consiste à promouvoir l'insertion des valeurs environnementales dans le développement régional en préconisant l'application de la gestion intégrée des ressources et du développement durable, laquelle se traduit par le maintien de l'intégrité de l'environnement, le soutien à l'équité sociale et la recherche d'une efficience économique.

Vivre en Ville
Organisation d'intérêt public, Vivre en Ville contribue, partout au Québec, au développement de collectivités viables, œuvrant tant à l'échelle du bâtiment qu'à celles de la rue, du quartier et de l'agglomération. Par ses actions, Vivre en Ville stimule l'innovation et accompagne les décideurs, les professionnels et les citoyens dans le développement de milieux de vie de qualité, prospères et favorables au bien-être de chacun, dans la recherche de l'intérêt collectif et le respect de la capacité des écosystèmes.

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Pétition : Annulation de l’ouverture d’un bureau du Québec en Israël

12 décembre 2023 — , ,
Pour signer cette pétition, vous devez compléter 3 étapes : Étape 1 : remplissez le formulaire sous le texte de la pétition et envoyez-le (vous devez accepter les conditions (…)

Pour signer cette pétition, vous devez compléter 3 étapes :

Étape 1 : remplissez le formulaire sous le texte de la pétition et envoyez-le (vous devez accepter les conditions à respecter pour pouvoir signer la pétition avant d'envoyer le formulaire).
Étape 2 : consultez votre boîte de courriels et ouvrez le message envoyé par l'Assemblée.
Étape 3 : dans ce message, cliquez sur le lien vous permettant d'enregistrer votre signature.
Vous ne pouvez signer la même pétition qu'une seule fois.

tiré du site de l'Assemblée nationale | Photo : Martine Biron est Ministre des Relations internationales et de la Francophonie ...

Texte de la pétition

CONSIDÉRANT QU'Israël est en violation permanente des résolutions des Nations-Unies par son refus d'obtempérer à plus de 50 résolutions depuis 1947 parmi lesquelles, la résolution 2334 du Conseil de sécurité de 2016 exigeant la fin de la politique de colonisation des territoires palestiniens ;

CONSIDÉRANT QU'Israël, en tant que force occupante, déroge au droit international qui lui impose, entre autres, l'obligation d'assurer la protection de la population civile et l'approvisionnement des populations occupées ;

CONSIDÉRANT QUE la politique canadienne sur les aspects clés du conflit israélo-palestinien ne reconnaît pas le contrôle israélien des territoires occupés et souscrit à la création d'un État palestinien ;

CONSIDÉRANT QUE la nation québécoise a souligné à maintes reprises sa solidarité avec le peuple palestinien à travers des pétitions et des manifestations ainsi qu'à travers ses institutions parlementaires et gouvernementales ;

CONSIDÉRANT QUE l'ouverture d'un bureau du Québec en Israël va encourager ce dernier dans son refus de s'engager dans la voie de la paix ;

CONSIDÉRANT QUE le soutien inconditionnel des puissances occidentales procure à Israël une totale impunité lui permettant d'agir en faisant fi de toutes les résolutions des Nations-Unis ;

Nous, signataires, demandons au gouvernement du Québec d'annuler l'ouverture du bureau du Québec à Tel-Aviv tant et aussi longtemps que le gouvernement israélien renie ses obligations imposées par le droit international envers le peuple palestinien et qu'il enfreint les résolutions des Nations-Unies et les accords de paix.

Date limite pour signer : 14 février 2024

Pour signer - cliquez sur ce lien et remplir le formulaire et cliquez sur envoyer.

https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-10541/index.html?fbclid=IwAR3DbiPf3QrpLNJDccAq71338aIr-PdboqvdP2qkhAb_ilMq8X67MkJubuI

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Des citoyens et citoyennes se mobilisent pour exiger que le Canada suspende ses exportations d’armes et d’équipements militaires en Israël

12 décembre 2023, par Collectif — , , ,
Saint-Augustin-de-Desmaures, 5 décembre – Un groupe de citoyens et citoyennes se sont réunis devant l'usine d'armement de la compagnie General Dynamics, à (…)

Saint-Augustin-de-Desmaures, 5 décembre – Un groupe de citoyens et citoyennes se sont réunis devant l'usine d'armement de la compagnie General Dynamics, à Saint-Augustin-de-Desmaures, pour dénoncer l'envoie d'armement du Canada en Israël. Le groupe a mis en scène une performance dans laquelle des gens couchés au sol recouverts de faux sang symbolisaient le génocide en cours en Palestine

Au moins 15 526 civils tués en Palestine depuis le 7 octobre, et ça continue C'est le 61ieme jour du génocide en Palestine. À l'heure actuelle, au moins 15 526 civils ont été tués,
dont 6 600 sont des enfants, soit le tiers. De plus, 41 316 personnes ont été blessées et 6800 sont portées disparues. Les frappes d'Israël ciblent aussi les infrastructures essentielles à la population palestinienne.

26 des 35 hôpitaux de la bande de Gaza sont hors fonction, 300 000 unités résidentielles ont été détruites1 . Pendant ce temps, le Canada soutient le crime de guerre commis par Israël, en refusant de se prononcer pour un cessez le feu permanent et en exportant des armes.

Le Canada contrevient à ses engagements internationaux et à sa propre loi
En 2019, le Canada s'engage, en signant le traité sur le commerce des armes, à veiller à ce qu'aucune arme canadienne ne soit utilisée pour cibler des personnes civiles. Puis, toujours en 2019, il modifie sa Loi sur les licences d'exportation et d'importation, en y précisant notamment qu'aucune licence ne peut être délivrée s'il existe un risque sérieux que l'exportation serve à commettre une violation grave du droit international humanitaire ou des droits de la personne, ou porter atteinte atteinte à la paix et la sécurité.2

Comme l'exprime Farida Deif, directrice de l'ONG Human Rigths Watch : « Le Canada est obligé, de par ses propres lois et les traités internationaux qu'il a signé, de refuser le transfert d'armes vers des pays où il existe un risque sérieux que ces [équipements] soient utilisés pour commettre de graves crimes » -Farida Deif, HRW

Le support public exprimé par le Canada envers Israël confirme sa posture coloniale historique Le Canada, avec son passé colonial et la réalité actuelle à l'intérieur même du pays, peine à reconnaître ses torts et à employer les vrais mots pour décrire les atrocités qui ont été commises ici même envers les premiers peuples, de même que les injustices qui se perpétuent encore aujourd'hui. En étant complice et en participant au génocide en ce moment en Palestine, il continue de répéter ses actions colonialistes.

General Dynamics profite du massacre

Les actions en bourse de la compagnie General Dynamics ont grimpé en flèche depuis le début du déploiement de l'armée israélienne à Gaza, ce qui démontre la profitabilité économique du massacre de civils palestiniens pour les compagnies canadiennes productrices d'armements. Le Canada est passé en 2015 au 2e rang des pays exportateurs d'armes au Moyen-Orient, avec une augmentation de 430 % en seulement un an3

. Julie, une citoyenne présente au rassemblement devant l'usine de General Dynamics,
s'exprime ainsi : « Aujourd'hui, nous sommes ici pour briser le silence par rapport à la participation du Canada et de compagnies canadiennes dans le génocide en cours en Palestine. Nous ne pouvons rester silencieux quant à la participation de notre pays à une telle atrocité. », -Julie Roy, citoyenne participante au rassemblement

À propos de nous
Nous sommes un groupe de citoyen.nes indépendant.es affilié.es à aucun organisme ou groupe

Notes
1. http://www.aljazeera.com
2.Le Devoir ( 15 avril 2021) Le Canada, incorrigible vendeur d'armes
3.Radio-Canada (2016) : Le Canada au 2e rang des pays exportateurs d'armes au Moyen-Orient

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À quand une réforme de la loi qui pénalise le VIH au Canada ?

12 décembre 2023, par Yves Lafontaine — , , ,
Au Canada, selon l'actuel Code criminel, les personnes qui connaissent leur séropositivité au VIH, mais qui « ne divulguent pas leur statut à leur partenaire » peuvent être (…)

Au Canada, selon l'actuel Code criminel, les personnes qui connaissent leur séropositivité au VIH, mais qui « ne divulguent pas leur statut à leur partenaire » peuvent être accusées d'agression sexuelle grave.

Tiré de Fugues

Par Yves Lafontaine
29 novembre 2023

Des organismes de lutte contre le VIH/sida et un nombre important de militant.e.s pressent depuis des années le gouvernement de réformer la loi le plus rapidement possible afin de réduire la discrimination et de faciliter le dépistage.

Rappelons que le Code criminel canadien stipule qu'une personne atteinte du VIH qui n'a pas divulgué sa séropositivité avant d'avoir des relations sexuelles peut être accusée de voies de fait graves ou d'agression sexuelle grave, et ce, même s'il n'y a pas eu de transmission ou que le risque de transmission était nul (CV indétectable) ou négligeable.

La personne accusée est alors inscrite au Registre national des délinquants sexuels et est passible d'emprisonnement à vie. Le VIH, c'est la seule maladie transmissible sexuellement qui est condamnée à ce point sur le plan pénal et criminel. Cela a contaminé et contamine encore l'image des personnes qui vivent avec le VIH. D'autant plus que la criminalisation, ça ne fonctionne pas. D'ailleurs, ces dernières années, des organismes communautaires de lutte contre le sida et des chercheur.euse.s dénoncent l'inadéquation de cette criminalisation visant à endiguer l'épidémie de VIH.

Selon les résultats d'une étude, 7 % des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes sont moins susceptibles de subir un test de dépistage en raison de préoccupations liées à de possibles poursuites, ce qui pourrait se traduire par une hausse de 18,5 % de la transmission.

La loi canadienne expose donc de façon disproportionnée les personnes vivant avec le VIH à la discrimination, à la violence, ainsi qu'aux abus au sein du couple, et des décisions de la cour font dresser les cheveux sur la tête : deux femmes victimes de viol ont même été accusées d'agression sexuelle grave puisqu'elles n'avaient pas divulgué leur statut séropositif à leurs agresseurs présumés au moment des événements.

La réforme de la loi concernant ce point faisait partie des priorités de l'ancien ministre de la Justice David Lametti, écarté lors du dernier remaniement ministériel. On espère encore un projet de loi au Parlement canadien, mais rien n'indique à l'heure actuelle si cela fait toujours partie des priorités du nouveau ministre de la Justice.

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Message ultime à Mélanie Joly de la part des Artistes pour la Paix Samedi matin le 9 décembre 2023

12 décembre 2023, par Artistes pour la paix, Pierre Jasmin — , ,
Dans l'actualité sinistre de 18 000 morts dans la bande de Gaza, à 70% femmes et enfants, les médias mainstream et vous censurez les innombrables appels humanitaires, vous (…)

Dans l'actualité sinistre de 18 000 morts dans la bande de Gaza, à 70% femmes et enfants, les médias mainstream et vous censurez les innombrables appels humanitaires, vous faisant complices de l'extrême-droite militariste et religieuse fanatique israélienne qui contrôle le gouvernement Nétanyahou, ainsi que des réseaux sociaux flirtant comme Poilièvre et Trump avec le racisme, l'interdiction de l'avortement au Texas et les manœuvres perfides militaristes, hostiles aux trop timides mesures de la COP28 contre les compagnies pétrolières responsables des changements climatiques.

Madame la ministre des Affaires étrangères,

1- Les Artistes pour la Paix vous expriment d'abord leur appréciation positive de vos paroles suivantes prononcées lors de l'entrevue d'avant-hier à Radio-Canada :
« Nous vivons en 2023 une crise mondiale, avec une montée des extrêmes, en particulier de l'extrême-droite qui attise les colères » [nous sommes en effet consternés de voir Trump tenter de saboter le processus électoral américain et l'opposition conservatrice de Poilièvre s'adonner à la Chambre des Communes à des jeux d'extrême-droite nihiliste, afin d'enrayer le fonctionnement même de notre démocratie parlementaire].

Nous partageons entièrement « vos craintes exprimées pour la démocratie et le droit des femmes, en recul dans le monde, » ainsi que votre affirmation : « Tous les conflits se terminent à une table de négociations [en bientôt deux ans, nous vous avons envoyé en vain quatorze propositions mondiales raisonnables de cessez-le-feu entre l'Ukraine et la Russie – voir note 1, avec en bonus un ouvrage de référence sur les causes de la guerre]. « Je suis allée discuter en Jordanie, en Israël, aux Émirats arabes unis et en Égypte. Tous les États doivent respecter la loi internationale. Le Canada condamne l'attaque du Hamas du 7 octobre » [nous l'avons fait aussi, en calquant soigneusement notre dénonciation de ces morts et corps profanés sur le discours des Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient – CJPM-E défendant la vie des habitants de la Bande de Gaza, en s'abstenant de mentionner le Hamas terroriste, sauf pour des négociations afin de libérer les otages qu'il détient et qu'on ne peut libérer si on ne leur parle pas – voir note 2].

« Le Canada a condamné l'invasion russe < » [nous l'avons fait aussi, en republiant aussi nos articles écrits en 2014 sur le Traité de Minsk (ONU) bafoué par des excursions meurtrières nazies au Donbass, que le peuple ukrainien a condamnées en élisant le modéré Zelensky, devenu hélas par la suite otage des ministres ultranationalistes de son gouvernement - nos informations privilégiées provenant d'un professeur juif ukrainien en sciences politiques de l'UQAM qui passait ses vacances d'été au Donbass. Hélas, le Canada a déversé un flot d'armes plus offensives que défensives livrées inconsidérément à l'Ukraine, ouvrant ainsi un chemin possible vers une Troisième Guerre mondiale].

2- Il nous est pénible maintenant de vous avouer que nous avons complètement
décroché de votre entrevue lorsque vous avez déclaré « déplorer le nombre de morts civiles à Gaza » pour affirmer tout de go que « le rôle du Canada est d'avoir des conversations avec Israël » ! Le rôle du Canada, madame la ministre, n'est pas de calquer vos discours sur ceux de l'OTAN et des États-Unis qui ont apposé hier leur veto UNIQUE contre treize pays du Conseil de Sécurité endossant le cessez-le-feu humanitaire exigé par le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres : tous nos messages depuis votre entrée en fonction l'ont appuyé, en particulier lors de notre visite du 28 juin à votre ministère. Dans l'actualité sinistre de 18 000 morts dans la bande de Gaza, à 70% femmes et enfants, les médias mainstream et vous censurez les innombrables appels humanitaires, vous faisant complices de l'extrême-droite militariste et religieuse fanatique israélienne qui contrôle le gouvernement Nétanyahou, ainsi que des réseaux sociaux flirtant comme Poilièvre et Trump avec le racisme, l'interdiction de l'avortement au Texas et les manœuvres perfides militaristes, hostiles aux trop timides mesures de la COP28 contre les compagnies pétrolières responsables des changements climatiques – voir note 3.

Vous pouvez difficilement imaginer notre extrême détresse face à un tel délabrement des valeurs de paix et de démocratie par votre gouvernement qui vient hier d'entacher historiquement le Canada d'une tache indélébile de sang palestinien, et c'est pourquoi j'ai qualifié notre message d'ultime, face à leur sort tragique.

Pierre Jasmin
Secrétaire général des Artistes pour la Paix

Note 1 : http://www.artistespourlapaix.org/1-an-1-2-de-souffrances-ukrainiennes-svp-des-negos/
https://www.lautjournal.info/20230830/1-12-de-souffrances-ukrainiennes-svp-des-negos
https://www.pressenza.com/fr/2023/10/un-an-et-demi-de-souffrances-ukrainiennessvp-des-negos/
http://www.entreelibre.info/2023/09/11/un-an-et-demi-de-souffrances-ukrainiennes-svp-des-negos/
https://www.pressegauche.org/Journee-mondiale-humanitaire-Nations-Unies 10 octobre.
Aux Éditions du Renouveau Québécois, Le Québec et la guerre en Ukraine de Pierre
Dubuc, dédié aux AplP, avec préface de Gilles Gagné, 220 pages, novembre 2023.

Note 2 datée du 12 octobre :
Gaza/les Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient/ appel au cessez-le-feu

12.10.23 - Les Artistes pour la Paix publiés par PRESSENZA
Les Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO) appellent Israël et ses alliés à définir leur objectif final, alors que la reprise des violences entre le Hamas et Israël. Les appels au cessez- le-feu lancés par CJPMO et la trêve appelée par le Secrétaire général des Nations-Unies ont été ignorés.

« Même si, après une offensive massive, Israël porte un coup au Hamas, le statu quo se poursuivra malheureusement », affirme Thomas Woodley, président de CJPMO. Les experts du conflit soulignent que tant que les Palestiniens seront privés de leurs droits de la personne et de leur liberté, leur résistance armée à l'occupation belliqueuse et à l'apartheid d'Israël ne pourra que se poursuivre.

« Dans l'intérêt des Israéliens et des Palestiniens, les dirigeants mondiaux doivent insister sur un plan qui permette d'espérer un avenir différent », a poursuivi M. Woodley.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que son pays « s'engageait dans une guerre longue et difficile », qui comprendrait probablement une invasion terrestre de la bande de Gaza, ainsi que des frappes continues depuis la terre et la mer. Le ministre israélien de la défense, Yoav Gallant, a annoncé qu'Israël imposait un « siège complet » à Gaza, coupant l'électricité et bloquant l'entrée de nourriture et de carburant, tout en qualifiant les Palestiniens d'« animaux humains ».

La CJPMO rappelle que les Quatrièmes Conventions de Genève exigent que les belligérants – c'est-à-dire Israël et le Hamas – permettent aux civils de fuir les hostilités, et qu'ils autorisent l'aide humanitaire – nourriture et fournitures médicales – à atteindre les civils pris au piège. À cette fin, le Programme alimentaire mondial des Nations unies a appelé à la mise en place de corridors humanitaires pour acheminer des vivres à Gaza à la suite des frappes aériennes israéliennes.

« Il est naturel de réagir avec horreur et colère aux images d'Israéliens morts et profanés », poursuit M. Woodley. CJPMO note que le droit international dicte que les mouvements de résistance armés doivent faire la distinction entre civils et combattants, et que les attaques du Hamas contre les civils et la prise d'otages civils sont illégales et épouvantables. « Mais une attaque prolongée et brutale d'Israël contre Gaza ne fera qu'accroître le nombre de morts et la misère, et ne fera que renforcer l'hostilité entre Palestiniens et Israéliens. »
Les vrais amis d'Israël et des Palestiniens insistent sur une fin de partie qui conduirait à un résultat différent, qui établirait la confiance, la sécurité et la liberté à la fois pour les Israéliens et les Palestiniens.

Le CJPMO est également horrifié par le fait que la réponse militaire d'Israël ait impliqué jusqu'à présent un usage indiscriminé de la violence contre des cibles civiles à Gaza. Au cours des deux dernières nuits, des frappes aériennes ont tué des familles entières dans leurs maisons alors qu'elles dormaient. Plus tôt dans la journée, une attaque contre le centre du camp de réfugiés de Jabalya a tué au moins 50 personnes. Plusieurs
tours résidentielles, des ambulances et même une école des Nations unies accueillant des familles déplacées ont été directement touchées. CJPMO prévient que dans ce contexte, l'expression par le Canada d'un « soutien total » à Israël sera comprise comme un feu vert pour commettre de nouveaux massacres.

CJPMO rappelle qu'en 2008-2009, lors du lancement de l'opération « Plomb durci », Israël a cherché à affaiblir les capacités militaires du Hamas, à mettre un terme aux tirs de roquettes du Hamas et à détruire les tunnels de contrebande du Hamas. Quinze ans plus tard, Israël est confronté exactement aux mêmes menaces, parce qu'il n'a cherché qu'à réprimer et à dominer les Palestiniens dans l'intervalle. CJPMO affirme que le soutien aveugle soit à la partie israélienne – comme l'ont exprimé récemment de nombreux politiciens canadiens – soit aux Palestiniens est une impasse politique et humanitaire.

Des voix nuancées sur le conflit appellent à reconnaître cette réalité et à faire pression sur les deux parties pour qu'elles trouvent un moyen d'aller au-delà de la violence et de trouver une voie vraiment viable.

Les Artistes pour la Paix
Artistes engagés, nous agissons depuis bientôt quarante ans dans l'espoir de changer notre société. Notre cause principale, sauver notre planète que le GIEC et l'assemblée générale de l'ONU déclarent assaillie par un mercantilisme qui élit des gouvernements insensibles au bien commun : menace nucléaire par l'OTAN, menace de la santé par les Big Pharmas, par les pollutions pétrolières, par les armements des États-Unis en 800 bases militaires à travers le monde.
Notre enracin
ement en un Québec français, vert et laïque travaille en vue de l'idéal d'une paix durable, obtenue pacifiquement grâce à · l'Art, vecteur de Paix, l'éducation et la justice sociale ; · l'ouverture aux Premières Nations qui nous enseignent le respect de la nature ; · l'ouverture à l'immigrantE, par le rejet de toute forme de discrimination et par l'appui à leur francisation et leur adhésion aux grandes valeurs féministes non dogmatiques.

Notes 3 – 28 novembre
Déclaration populaire canadienne sur la Justice Climatique et la Paix

Mettre fin aux guerres et aux combustibles fossiles : Décoloniser, Démilitariser, Décarboner
https://www.pressenza.com/fr/2023/11/cop28-dubai-declaration-du-reseau-canadien-justice-paix-sur-la-justice-climatique/
Des groupes de la société civile canadienne lancent « Paix pour la justice (...) - Presse-toi
à gauche ! Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche (pressegauche.org)

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Actuellement : des enfants manifestent contre la complicité d’indigo avec le génocide

12 décembre 2023, par Familles Montréalaise pour la Palestine — , ,
Séance de lecture chez Indigo pour protester contre le soutien financier à l'armée israélienne et pour appeler au boycott *Où * : Indigo - Place Montréal Trust, 1500 McGill (…)

Séance de lecture chez Indigo pour protester contre le soutien financier à l'armée israélienne et pour appeler au boycott

*Où * : Indigo - Place Montréal Trust, 1500 McGill College Ave., Montréal
*Quand * : Dimanche 10 décembre à 16h (*Maintenant !*)

Le groupe Familles Montréalaises pour la Palestine organise une séance de lecture chez Indigo pour protester contre le soutien financier à l'armée israélienne
<https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.n...>
et pour appeler au boycott d'Indigo-Chapters. Cette action est dirigée et centrée sur les enfants et présentera des histoires sur la vie et les rêves des enfants palestiniens.

Indigo fournit un soutien à la Fondation HESEG, dont le mandat est de fournir des incitations financières aux « soldats solitaires » , un terme désignant les citoyens non israéliens qui s'enrôlent dans l'armée israélienne. Cette armée a infligé des décennies de morts et de déplacements aux Palestiniens. Au cours des deux derniers mois, ils ont perpétré un génocide au grand jour, tuant à ce jour 20 000 personnes, dont plus de 7 000 enfants.

En début novembre, des affiches ont été placées sur les vitrines d'un établissement de Toronto, nommant Indigo pour sa complicité. Pour le crime d'affichage, un acte courant de désobéissance civile, 11 personnes ont été arrêtées pour leur implication présumée. La police a violemment perquisitionné leurs maisons tôt le matin, arrachant les portes de leurs charnières et menottant les parents devant les enfants. Ils ont été qualifiés d'antisémites et inculpés au pénal. Il s'agit clairement d'une tentative de faire taire et de délégitimer la dissidence. Cette action est organisée en solidarité avec les personnes arrêtées, pour appeler au boycott d'Indigo-Chapters et pour défendre fermement une Palestine libre.

Le nombre de morts d'enfants dus à cette guerre ne ressemble à rien dans l'histoire moderne. Selon l'ONU, plus de deux fois plus d'enfants sont morts à Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre que dans tous les conflits
<https://www.securitycouncilreport.o...> mondiaux en 2022. Près d'un enfant palestinien sur 150 à Gaza a été tué https://medglobal.org/> depuis le 7 octobre. Euro-Med Monitor estime
<https://reliefweb.int/report/occupi...>
qu'entre 17 000 et 18 000 enfants palestiniens ont perdu au moins un parent, les laissant sans soutien émotionnel ou financier. Les enfants sont bombardés là où ils dorment et où ils se réfugient, notamment dans les hôpitaux, les écoles, les églises, les mosquées et les immeubles résidentiels sans utilité militaire.

Les enfants de Montréal voient ce qui se passe et sont poussés à agir. Ils veulent soutenir les enfants palestiniens avec des histoires qui honorent le rêve d'une Palestine libre. Les enfants de Gaza sont nos enfants ; ce sont nos frères et sœurs, nos cousins, nos fils et nos filles. Ils ne sont pas sacrifiables. Nous ne resterons pas les bras croisés devant ce massacre d'enfants. Nous n'accepterons pas la normalisation du génocide.

*Source* : Familles Montréalaise pour la Palestine

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Une solution gratuite pour contribuer à la préservation de nos milieux humides : stopper le Bti

12 décembre 2023, par Claire Charron, Coalition Biodiversité - Non au Bti — , ,
Il y a un an, lors de la COP15 à Montréal, des cris d'alarme étaient lancés pour sauver la biodiversité. Au Québec, notre ministère de l'Environnement s'est senti interpellé et (…)

Il y a un an, lors de la COP15 à Montréal, des cris d'alarme étaient lancés pour sauver la biodiversité. Au Québec, notre ministère de l'Environnement s'est senti interpellé et vient d'annoncer un budget de 444 millions de dollars sur cinq ans pour atteindre les cibles du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming à Montréal.


Money money

Des sommes éblouissantes qui, certes, participeront à la restauration, la conservation et la protection de nos milieux naturels. Le ministre Charette compte également sur la participation d'autres organismes « afin de bonifier significativement le réseau d'aires protégées québécois ». Mme Claire Ducharme, VP au Québec de Conservation de la nature Canada, un partenaire du Ministère de l'environnement pour le Plan Nature 2030, renchérit en soulignant que « pour renverser la perte de la biodiversité et lutter contre les changements climatiques, nous devons unir nos forces, tous ensemble, car chaque dollar investi par le gouvernement du Québec nécessite notre engagement à trouver un dollar de plus. » Car, disons-le : protéger la biodiversité, ça coûte cher !

Une solution gratuite sur un plateau d'argent

Comment expliquer alors qu'une des mesures pour contribuer à la protection de nos milieux humides, une solution simple et gratuite, dont les nombreux impacts sont connus du gouvernement, ne soit pas appliquée ? Stopper le traitement de centaines d'hectares de milieux humides au Québec à l'insecticide Bti ne coûterait absolument rien !

Le Bti - un non sens sur toute la ligne

Depuis des décennies maintenant, parce que les moustiques et les mouches noires, c'est fatiguant, on traite de nombreux plans d'eau au Québec à l'insecticide Bti (Bacillus thuringiensis israelensis), sans se soucier des risques que cela pose pour la vie dans ces précieux écosystèmes.

L'industrie clame que le Bti, c'est un biopesticide parce que son ingrédient actif est constitué d'une bactérie retrouvée naturellement dans la nature. Depuis près de 40 ans maintenant, l'industrie n'a même pas eu à changer sa lucrative campagne de désinformation : c'est biologique donc, c'est pas dangereux et ça ne détruit que les moustiques et les mouches noires. FAUX : de nombreuses études affirment tout le contraire. Par ailleurs, la bactérie ne compte en moyenne que pour moins de 10% dans les produits commercialisés, le reste étant constitué d'additifs de toutes sortes - non divulgués - car protégés par le sacro-saint secret industriel. Mais encore, détruire les moustiques, pour des raisons de confort, c'est aussi détruire leur proche cousin, les chironomes (non piqueurs), une espèce à la base de la chaîne alimentaire dans ces milieux. Pour faire court : détruire les larves des moustiques, des mouches noires et des chironomes prive les milieux de tout ce que ces dernières offrent et ce, à plusieurs ou chacun des 4 stades de leur développement (oeufs, larves, pupes et adultes), soit : filtrer la matière organique dans l'eau, la dégrader, servir de nourriture aux prédateurs aquatiques et terrestres et polliniser. En bout de ligne, le Bti affame les poissons, les grenouilles, les libellules, les oiseaux insectivores, etc. Le Bti, c'est un triste éteignoir du magnifique concert qu'offrent nos étangs à chaque printemps !

De la cohérence s.v.p.

La commotion qu'a créé le vaste et inquiétant rapport sur le Bti du gouvernement du Québec en avril 2023 dans la population, déjà préoccupée par les dangers du Bti pour la faune, ne va pas s'estomper : comment ce gouvernement peut-il, d'une part, produire un rapport d'une telle rigueur scientifique et, d'autre part, continuer à émettre des autorisations d'épandages aux municipalités et entreprises qui le souhaitent ?

Lobby sur le dos de la biodiversité

Et l'indignation va grandissante lorsqu'on creuse le Dossier Bti au Québec et au Canada et qu'on se rend compte à quel point l'industrie a le bras long pour pouvoir continuer à profiter, sur le dos de la nature, de son lucratif commerce. Et pourtant, en dehors des pertinentes alternatives individuelles que nous connaissons (crèmes, vêtements longs, filets, moustiquaires, etc.) les alternatives pour les grandes superficies, existent bel et bien (comme dernier recours). Il y a, en effet, au moins une entreprise au Québec qui a mis au point une efficace borne à base de CO2 recyclé et qui ne cible essentiellement que les moustiques et mouches noires femelles (les mâles ne piquent pas). Or l'Agence de réglementation antiparasitaire (ARLA, Santé Canada) bloque chez nous ces bornes au plan administratif en exigeant un interminable processus d'homologation. Pourquoi le fédéral fait-il obstruction à cette technologie terrestre toute simple et des plus sélectives pour le contrôle des moustiques, aussi efficace que le Bti mais ce, sans toucher aux milieux aquatiques ? Pourquoi ce type de bornes est-il déployé sans problèmes ailleurs en Europe et dans le monde… mais pas chez nous ?

Des villes prennent les devants

Actuellement, ce sont les municipalités, telles Labelle, Terrebonne, Bécancour, Longueuil et Gatineau qui, une à une, décident de rompre enfin avec ces programmes de traitements archaïques qui coûtent des millions aux contribuables.

La biodiversité, pour se redéployer, ne demande qu'une chose : qu'on la laisse tranquille. Ainsi, pour donner un joyeux coup de barre à la vie dans nos étangs, et celle sur la branche, et pour que notre province commence enfin à montrer du sérieux par rapport à ses engagements à la COP15, nous demandons au gouvernement du Québec d'interdire une fois pour toute le Bti sur notre territoire, une solution de restauration tout à fait gratuite.
Claire Charron
Coalition Biodiversité - Non au Bti

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Consultation sur la réforme de la loi sur la protection du territoire agricole

12 décembre 2023, par Ambioterra, Stéphane Gingras — , ,
Ambioterra est persuadé qu'il est possible de produire de la nourriture sans détruire la nature et c'est ce que nous souhaitons véhiculer comme message dans le cadre de la (…)

Ambioterra est persuadé qu'il est possible de produire de la nourriture sans détruire la nature et c'est ce que nous souhaitons véhiculer comme message dans le cadre de la réformer proposée.

Rédaction : Stéphane Gingras, M.Sc. géographe et géomorpĥologue
Supervision : Priscilla Gareau, biologiste Ph. D. Env.

Chers membres de la commission, et représentants du MAPAQ, notre court mémoire qui vous est présenté ici, cherche à porter l'attention du gouvernement sur deux problématiques importantes en lien direct avec la LPTAAQ et la protection du territoire agricole.

D'une part, les petites superficies disponibles pour l'agriculture au Québec commandent que nous soyons extrèmement attentifs à la façon dont celle-ci sont exploitées… Hors actuellement, en grandes cultures de céréales (la majorité des superficies agricoles du Québec), nous avons un problème majeur d'érosion des terres agricoles (https://www.ambioterra.org/wp-content/uploads/Feuillets%20d%E2%80%99information/L%E2%80%99%C3%A9rosion.pdf).

Ce probléme est très coûteux pour les producteurs (35,000$ par année moyenne canadienne) et peut conduire à la destruction de la productivité des sols agricoles à moyen et long terme. Les mauvaises pratiques culturales sont en cause ici. Surtout le labour trop fréquent des surfaces agricoles (sol exposé aux intempéries) combiné à nos conditions climatiques difficiles (surtout au printemps) font en sorte que le capital agricole (sol fertile) se retrouve dans les cours d'eau… Nous croyons donc que la Loi devrait être modifiée afin de mieux protéger les sols agricoles et le territoire agricole. Peut-être que certaines pratiques devraient être encouragées (comme avec le programme prime vert), mais croyons que certaines pratiques devraient être découragées afin de préserver les sols agricoles pour les générations futures et pour les cours d'eau du Québec.

Dans un deuxième temps, nous aimerions attirer l'attention du gouvernement sur la destruction toujours plus importante des milieux naturels (milieux humides et forêt) en zone agricole. Ainsi, nous avons dresser un portrait de la disparition du couvert forestier en Montérégie entre 2000 et 2017 que vous pouvez consulter sur notre site web : https://www.ambioterra.org/wp-content/uploads/Rapports%20d%E2%80%99Ambioterra/Document%20synth%C3%A8se%20%E2%80%93%20D%C3%A9forestation%20en%20Mont%C3%A9r%C3%A9gie%20Ouest.pdf. Ce document a été élaboré à partir des données de l'agence Géomont et de photographies aériennes.

Celui-ci conclu que nous avons perdu plus de 21784 hectares de forêt en Montérégie entre 2000 et 2017. Selon Géomont, ces pertes sont dues à 70% à l'aggrandissement (légal ou non) des superficies agricoles et 30% au développement résidentiel. Donc nous avons un réel problème de destruction des milieux naturels en zone agricole. C'est extrèmement malheureux de faire ce constat quand on sait que les recherches pointent vers un mieux vivre ensemble entre la production agricole et la nature. En effet, des organismes comme le CRAAQ ont publié tout dernière un guide d'aménagement de systèmes agroforestiers https://www.craaq.qc.ca/Publications-du-CRAAQ/guide-d_amenagement-de-systemes-agroforestiers/p/PAGF0104.

Donc au lieu de détruire les derniers milieux naturels présents sur le territoire agricole, les scientifiques nous invitent plutôt à intégrer ces milieux dans la trame agricole et à en tirer bénéfice autrement. Dans tous les cas, nous sommes convaincus que dans l'aire actuelle teinté par les perturbations climatiques, il est très contreproductif par exemple d'abattre des forêts ou de drainer des tourbières afin de les mettre en production car ce sont les deux plus importants réservoirs terrestres de gaz carbonique atmosphérique. Ce sont donc des alliés dans la séquestration du carbone et dans la lutte aux changements climatiques. Lorsqu'ils sont détruits, le gaz carbonique emmagasiné (dans le sol forestier et dans les tourbières) retourne dans l'atmosphère !

En conclusion, Ambioterra est persuadé qu'il est possible de produire de la nourriture sans détruire la nature et c'est ce que nous souhaitons véhiculer comme message dans le cadre de la réformer proposée.

Merci !

Stéphane Gingras, M.Sc. géomorphologue
Chargé de la preservation de la biodiversité
Ambioterra

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Québec, le 6 décembre 2023

12 décembre 2023, par Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale (Portneuf-Ouébec-Charlevoix) — , ,
Québec, le 6 décembre 2023- En ce 6 décembre, jour anniversaire de la tuerie de Polytechnique qui a fait 14 femmes victimes en 1989, le Regroupement des groupes de femmes de la (…)

Québec, le 6 décembre 2023- En ce 6 décembre, jour anniversaire de la tuerie de Polytechnique qui a fait 14 femmes victimes en 1989, le Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale (RGF-CN) a organisé une marche commémorative contre les féminicides et les violences faites aux femmes.

Les féministes en ont aussi profité pour souligner les féminicides qui ont eu lieu en 2023. « Aujourd'hui nous nous recueillons pour rendre hommage à toutes ces femmes qui perdent la vie parce qu'elles sont des femmes. Nous voulons nous rappeler d'elles. Elles resteront dans nos mémoires », souligne Catherine Gauthier, co-coordonnatrice du RGF-CN.

La marche qui a réuni une centaine de militantes, citoyennes et citoyens ce midi visait à briser le silence, et exiger du gouvernement de faire de la lutte aux violences faites aux femmes une priorité.

Violences et féminicides

Les femmes aux intersections de plusieurs systèmes d'oppression tels les femmes immigrantes, les femmes autochtones, celles en situation de handicap, les jeunes femmes, les femmes des communautés LGBTQIA, les femmes âgées, en situation d'itinérance, en situation de dépendance économique, et les femmes que la société racise sont parmi les plus à risque de subir une ou plusieurs formes de violences. Selon l'observatoire des féminicides, une femme est tuée aux deux jours et demi au Canada. Parmi ces femmes, une sur trois est une femmes autochtone, bien que la population autochtone ne représente que 5% de la population.

De la violence genrée

Malgré toutes les avancées vers l'égalité au Québec, si les violences et les féminicides continuent, c'est que les racines du patriarcat sont encore bien ancrées dans notre société et trouvent de multiples façons d'encourager et perpétuer des rapports de pouvoir et de domination sur les femmes. Qu'elles se véhiculent autrement, à travers des discours de droite et d'extrême droite, du sexisme, des réseaux sociaux, de la pornographie, etc.

Pour combattre le fléau des violences envers les femmes, c'est tout un système qu'il faut changer !

Pour ce faire, il faut que le gouvernement prenne sa part de responsabilité afin de combattre le patriarcat qui crée de la violence envers les femmes. C'est aussi par la prévention et la
sensibilisation que nous arriverons à changer ce système. Pour se faire, il faut que le
gouvernement prenne des engagements clairs pour lutter contre les violences sous toutes leurs formes dont les violences systémiques.

97 millions de $ pour le Québec

Le RGF-CN accueille favorablement l'annonce des 97 millions qui ont été injectés au Québec de la part du fédéral pour lutter contre les violences conjugales et sexuelles. « Nous sommes
impatientes de voir comment sera distribué cet argent. Nous souhaitons que cet argent soit bien investi soit en soutien et accompagnement des victimes par un meilleur financement des ressources qui leurs viennent en aide, et en prévention, promotion et sensibilisation.
Actuellement, les ressources pour femmes en ont plein les bras ! Juste ici pour notre région, les maisons d'hébergement de première et deuxième étape peinent à répondre aux nombreuses demandes. Même son de cloche du côté des CALACS qui ont approximativement 6 mois de liste d'attent
e », déclare Geneviève Boily, responsable de l'intervention au CALACS de Charlevoix.

La lutte contre les violences est une lutte de tous les jours contre les rapports de domination, le sexisme, le racisme et le capacitisme. C'est toute la société qui doit s'impliquer !

Le RGF-CN regroupe des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale et travaille la défense des droits et des intérêts de toutes les femmes, l'égalité des femmes entre elles,
l'amélioration des conditions de vie.

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Contre les violences faites aux femmes partout dans le monde

12 décembre 2023, par Marie-Hélène pour la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes — , ,
Je suis militante pour la Marche mondiale des femmes au Québec (CQMMF) et c'est à ce nom que je prends la parole aujourd'hui. Les militantes de la Marche mondiale des femmes (…)

Je suis militante pour la Marche mondiale des femmes au Québec (CQMMF) et c'est à ce nom que je prends la parole aujourd'hui. Les militantes de la Marche mondiale des femmes (MMF) se sont mobilisées au début des 12 jours d'action, c'est-à-dire, le 25 novembre, journée pour l'élimination des violences faites aux femmes.

Cette journée est soulignée à l'échelle internationale, puisque la montée des violences et des féminicides, n'est pas propre au Québec. Non, partout dans le monde, on assiste, encore en 2023, à l'utilisation de la violence comme outil de contrôle du corps des femmes (aberrant de se considérer civiliser en sachant cela).

Je me souviens, il y a quelques années, tout prêt de la pandémie, j'étais en rencontre virtuelle avec des militantes de la MMF d'ailleurs dans le monde. Elles témoignaient de leurs inquiétudes face à la montée des féminicides et ça me heurtait de réaliser que, malgré nos contextes si différents, on observait un problème autant similaire.

Ce n'est pas le fruit du hasard que le phénomène s'observe à l'internationale, bien qu'à des échelles variables ! C'est que, comme partout dans le monde, nous vivons dans un système patriarcal. C'est-à-dire que nos sociétés sont bâties pour accorder davantage de pouvoir au groupe social ‘'homme'' qu'au groupe social ‘'femmes''. Dès que l'on ose remettre en question cet ordre établis, certains utilisent le moyen lâche de la violence pour nous faire taire. Je répète, un moyen lâche.

La violence concerne toutes les femmes, mais elles ne sont pas exposées de la même manière aux multiples formes de violence. Les manifestations de violences sont influencées par les différentes oppressions auxquelles les femmes sont confrontées que ce soit en raison de leur classe, de leur origine ethnique, de leur sexualité ou leur handicap. C'est là où on dit que le patriarcat se fait ami-ami avec les systèmes capitalistes, colonialiste et raciste.
C'est pour ces raisons que les premières victimes des guerres sont les femmes, que des femmes sont tuées pour être des gardiennes de leur territoire, pour défendre la protection de la nature, que le parcours d'immigration des femmes est si périlleux ou encore que les femmes autochtones soient sur-représentées en prison. Une pensée spéciale pour nos sœurs palestiniennes, iraniennes et même de l'Argentine qui vient d'élire un gouvernement conservateur d'extrême droite.

Nous parlons des violences au pluriel.

La stratégie féministe contre les violences doit se concentrer sur la lutte contre ses causes, et pas seulement sur la réparation ou l'atténuation de ses effets. Pour combattre la violence il faut affronter le patriarcat qui s'imbrique avec le capitalisme, le racisme et le colonialisme.
Et comment on combat ces systèmes ?

Comme on le fait aujourd'hui : par des moments où on se rassemble, on prend conscience de notre force, de notre droit d'être, on combat ces systèmes par des moments de formation politique et bien sûr, par des moments, exactement comme ici et maintenant, où on exige en criant : PAS UNE DE PLUS.

Marie-Hélène pour la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes

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Noël festif, solidaire et féministe

12 décembre 2023, par Ginette Lewis — , ,
Le 10 décembre, le comité des femmes de Qs de la Capitale nationale a organisé un souper festif, solidaire et féministe au café restaurant le St-Suave. C'est une trentaine (…)

Le 10 décembre, le comité des femmes de Qs de la Capitale nationale a organisé un souper festif, solidaire et féministe au café restaurant le St-Suave.

C'est une trentaine de femmes de tous les âges qui sont venues partager leurs réflexions à micro ouvert sur la Palestine, le drame de Poly, la situation dans le monde et livrer des poèmes plus intimes.

Émilise, Ruba, Christine et Sol de la députation de QS ont aussi courriélé leurs vœux de Noël.

Voici leurs voeux


Sol Zanetti

Est-ce que ça se peut qu'on travaille trop ? J'ai croisé plein de monde en 2023 qui étaient « dans le jus », qui avaient « des semaines de fou » et des « méchantes années », qui étaient « pu capables » ou même « à bout ».

On dirait que plus la vie va vite, plus on voudrait changer le monde pour ralentir un peu, mais moins on a le temps de le faire. Tout s'accélère, on est encore plus absorbés par la « job », on s'épuise et puis rien change.

Ce que je nous souhaite pour la prochaine année, c'est dégager du temps dans nos vies. Du temps pour ne rien faire, pour être avec nos proches, du temps pour être humain. Va falloir s'en donner du temps et de l'indépendance dans chacune de nos vies pour enfin s'occuper de nous. S'occuper de soi-même, s'occuper les uns des autres et de notre grand NOUS collectif.

Joyeux Noël et bonne année tout le monde !
Que 2024 nous inspire le courage et la joie d'être libres et d'être nous-mêmes avec ceux qu'on aime.

Christine Labrie

Mon souhait pour 2024, ce serait qu'on réussisse à avoir de nouvelles conventions collectives dans le secteur public qui seraient réellement respectueuses des femmes qui y travaillent, et qui nous permettraient de recruter assez de monde pour améliorer les services. En gros, qu'on cesse d'exploiter les travailleuses du secteur public ;)

Ruba Ghazal

Je souhaite que le gouvernement interdise d'exploiter les femmes qui tiennent à bouts de bras nos services publics aussi vite que le fait de dire « exploiter les femmes » a été interdit au Salon bleu.

Je souhaite une levée de boucliers dans l'espace public contre la mainmise des « tops guns » qui prennent des décisions sur nos vies aussi forte que celle suscitée par la proposition de QS pour atteindre la parité au caucus.

Je souhaite que les écoles aient les moyens de mettre en place des programmes de prévention contre l'attrait des discours masculinistes de plus en plus populaires et qui me font craindre pour l'avenir de nos jeunes filles.

Je souhaite qu'on n'oublie pas les femmes qui ont moins de chances que nous en Iran, en Afghanistan et en Palestine et Gaza qui souffrent dans leur chair du patriarcat qui domine le monde.

Je crois que nous sommes dû pour une campagne de mobilisation nationale pour l'égalité entre les femmes et les hommes et contre le patriarcat initié par la Commission nationale des femmes de QS. Je serai la première à embarquer avec vous si ça vous tente !!!

En attendant de continuer la lutte, je nous souhaite collectivement du repos, du temps pour soi et du temps pour nos familles.

Joyeuses fêtes solidaires !!!

Il y a eu partage de lecture féministe et tirage de livres et de tuques oranges.

Et lors de l'activité boules de Noël, les femmes ont écrit leur souhaits pour 2024. Des thèmes sont revenus plus souvent dans les souhaits comme la paix, contre la guerre et le soutien aux travailleuses du secteur publics. Le tout avec un mot de clôture d'une belle jeune fille : plus d'amour.

Voici le résumé des souhaits pour 2024.

de voir une grande famille de la gauche retrouver de la vigueur dans la rue (mouvements sociaux) et dans les urnes, ici mais aussi partout ailleurs dans le monde
de voir la Palestine enfin libre
plus de paix et de consensus
la fin des violences obstétricales, l'autonomie corporelle pour toustes
abattre le capitalisme et le patriarcat
avoir suffisamment de fond pour financier l'entièreté de la thérapie
avoir toujours plus de boutures
lire plus de livres
trouver les bons conférenciers pour l'appel de projet afin qu'il soit retenu
obtenir le financement de recherche pour rester au Québec
que l'ODD no 2 « zéro faim » trouve des applications concrètes en particulier dans le sud global
que la grogne des prof, des infirmières et des autres travailleuses se traduisent en victoires
que nous nous sentions partie de la nature pour cesser de l'exploiter
que les liens se nouent entre toutes les personnes de bonne volonté pour que tombent les peurs devant les dominations
un tramway parce que les femmes ont besoin de transport en commun viable
des bonnes conditions de travail pour le personnel de la santé et de l'éducation
plus de solidarité et de sororité
moins de productivité, plus de plaisir et de moments de qualité
moins d'écrans, plus d'humains
que les gens cessent de s'isoler et d'être dans le jugement et qu'ils tentent plutôt d'accepter et d'intégrer les réalités des individus qui les entourent bien qu'elles pourraient diverger de la leur
que la crise du logement arrête (sérieux ouch le portefeuille, autant pour les étudiants que des familles, etc.)
qu'on laisse davantage la parole au peuple
arrêter les assassins politiques sur toute la planète
mettre au coeur les enfants : espoir, bienveillance, sécurité, amour, santé, prévention, accompagnement, paix
de l'écoute de la part des dirigeants
la lenteur
arrêter le patriarcat
que les Andrew Tale de ce monde cessent d'avoir une plateforme
que la crise climatique soit enfin prise au sérieux
la fin du patriarcat et du capitalisme : rien de moins
que les travailleuses en santé et en éducation soient entendues et exercent leur profession avec des conditions favorables à l'enseignement, l'apprentissage, la santé ! Solidaires
plus d'engagement, de passion
l'AMOUR

Félicitations aux organisatrices pour cette belle activité.

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Rapport alarmant sur les arrestations et les poursuites judiciaires à l’encontre des personnes LGBTQ+ en 2023

12 décembre 2023, par Étienne Dutil — ,
Les arrestations et les poursuites judiciaires pour des actes sexuels consensuels entre personnes de même sexe et pour expressions de genre diverses ont continué à avoir lieu (…)

Les arrestations et les poursuites judiciaires pour des actes sexuels consensuels entre personnes de même sexe et pour expressions de genre diverses ont continué à avoir lieu dans le monde en 2023 et au cours des années précédentes, révèle aujourd'hui un rapport d'ILGA World.

Tiré de Fugues

Par Étienne Dutil
30 novembre 2023

En dépit du manque de données officielles, ILGA World a documenté des cas d'application de ces lois dans au moins 32 États membres des Nations Unies au cours des seuls six premiers mois de 2023. Pour la deuxième édition de son rapport Nos identités en état d'arrestation, l'organisation a passé en revue plus d'un millier de cas au cours des deux dernières décennies dans lesquels les forces de sécurité ont soumis des personnes LGBT et de genre divers à des amendes, des arrestations arbitraires, des poursuites judiciaires, des châtiments corporels, des emprisonnements et plus encore, jusqu'à (éventuellement) la peine de mort.

Toutefois, les chiffres réels pourraient être beaucoup plus élevés : les registres officiels sont souvent inaccessibles ou inexistants. De plus, il est possible que de nombreux cas n'aient jamais été enregistrés ou qu'ils aient été signalés de manière peu claire et biaisée.

Des cas documentés montrent la nature imprévisible de ces arrestations et de ces poursuites judiciaires. « Des pays largement considérés comme « sûrs » ou « tranquilles » ont connu des changements soudains dans des délais relativement courts », explique Kellyn Botha, Consultante en recherche à ILGA World et autrice principal du rapport Nos identités dans état d'arrestation. « Le discours haineux croissant à l'encontre de la diversité sexuelle et de genre – qu'il émane de personnalités politiques, de chefs religieux et communautaires, ou encore de la complicité des médias – se transforme régulièrement en mesures de répression ou en campagnes organisées, dont la durée, l'ampleur et la violence sont imprévisibles. Par ailleurs, nous avons constaté qu'en 2023, l'Ouganda a adopté une nouvelle réglementation drastique dont l'impact négatif se fait déjà ressentir dans toute la région. Le Kenya, la Tanzanie, le Nigeria, le Ghana et le Sénégal ont tenté d'aggraver la législation existante, tandis que l'Irak, le Niger et le Mali ont redoublé d'efforts pour criminaliser officiellement nos communautés alors qu'aucune loi n'existait auparavant. Malgré les développements positifs observés dans 2023 à Singapour, aux îles Cook et à Maurice, où les actes sexuels consensuels entre personnes de même sexe ont été dépénalisés, le chemin vers l'égalité est rarement une ligne droite ».

En ce qui concerne l'application de ces lois, le tableau est particulièrement sombre. « Les peines d'emprisonnement imposées par les tribunaux varient considérablement d'une époque et d'une région à l'autre, allant de quelques mois à 30 ans dans certains cas », explique Lucas Ramón Mendos, Responsable de recherche à ILGAWorld. « Il existe une documentation accablante sur des policiers qui frappent, humilient, torturent, violent, extorquent ou maltraitent les personnes LGBT et de genre divers qu'ils arrêtent ou emprisonnent. De nombreuses victimes de ces agressions ne déposent pas de plainte formelle par crainte d'être à nouveau victimisées ».

« La majorité des lois criminalisantes ciblent spécifiquement les actes sexuels consensuels entre personnes de même sexe, et pourtant, les expressions de genre diverses semblent être un élément central déclenchant un nombre disproportionné d'arrestations. Dans de nombreuses juridictions, la manière dont une personne s'habille, agit ou parle peut être considérée comme une ‘preuve' d »homosexualité' et suffire à justifier une arrestation », continua Mendos. « Il est bien plus probable qu'une personne soit arrêtée en raison de son apparence ou de ses gestes divers que pour tout acte sexuel ‘illicite' vérifiable. »

Ce sombre scénario a des répercussions directes sur la vie quotidienne des personnes LGBT et de genre divers. « La simple existence de lois criminalisantes signifie que, dans de nombreuses régions du monde, nos communautés vivent sous une menace constante », commente Gurchaten Sandhu, Directeur des programmes d'ILGA World. « Ce n'est pas seulement vrai pour les populations locales frappées par des vagues soudaines d'hostilité, mais aussi les personnes demandant l'asile qui, sur la base d'évaluations bâclées de leur sécurité, risquent d'être renvoyés dans des pays où elles seront persécutés. »

Nos communautés sont ciblées même en l'absence de dispositions explicites de criminalisation dans les lois », a poursuivi Sandhu. « C'est particulièrement vrai dans les zones où l'État de droit s'est estompé et où des groupes insurgés ont pris le contrôle. Ne pas faire partie des63 États membres des Nations unies qui criminalisent explicitement les actes sexuels consensuels entre personnes de même sexe n'est tout simplement pas suffisant pour qu'un pays soit considéré comme un lieu sûr pour les personnes LGBT et de genre divers ».

Au-delà de la loi écrite, des milliers d'histoires réelles dévoilent les conséquences négatives d'une législation injuste en matière de criminalité.

« Nous continuons à découvrir ce que le jargon juridique impersonnel signifie dans la pratique, impactant les expériences de vie des gens d'une manière qui requiert attention et action », ont conclu Luz Elena Aranda et Tuisina Ymania Brown, Co-secrétaires générales d'ILGA World. « Ce sont ces récits qui nous poussent à poursuivre notre plaidoyer et notre activisme avec une vigueur renouvelée, amplifiant les voix de ceux que les systèmes de pouvoir rendent sans voix. »

Nos identités en état d'arrestation – Principales conclusions

En 2023, comme les années précédentes, des arrestations et des poursuites judiciaires pour des actes sexuels consensuels entre personnes du même sexe ou pour expressions de genre diverses se sont maintenues, avec probablement une sous-déclaration significative dans différentes régions

Les actes sexuels consensuels entre personnes du même sexe continuent d'être sanctionnés par des amendes, des peines d'emprisonnement, des châtiments corporels et (éventuellement) la peine de mort dans plusieurs pays

Les autorités et les responsables de l'application des lois appliquent les dispositions pénales de manière imprévisible et difficile à anticiper, et même des pays largement considérés comme « sûrs » ont connu des changements soudains avec un préavis relativement court
L'expression du genre joue un rôle essentiel dans de nombreux cas d'application de la loi
Les notions binaires et essentialistes du genre font que les personnes trans et de genre divers sont susceptibles d'être ciblées pour des actes sexuels dits « entre personnes de même sexe »

Les abus policiers et les mauvais traitements infligés aux détenus semblent être présents dans presque tous les cas documentés d'application de la loi

Dans diverses régions, on recourt fréquemment aux mêmes méthodes d'arrestation et aux mêmes formes de ‘preuves' spécifiques. Cela inclut des raids, des arrestations et perquisitions arbitraires, des embuscades, des dénonciations d'informateurs, et signalements de tiers, entre autres

Les poursuites judiciaires sont un mauvais indicateur pour évaluer les niveaux d'application, dont la fréquence et l'intensité peuvent varier de manière significative dans un court délai
Les médias grand public et sociaux peuvent jouer un rôle important dans la manière dont les États appliquent les dispositions criminalisantes

La situation économique d'une personne peut jouer un rôle crucial pour échapper à l'application de la loi.

Données relatives à l'évolution de la situation en 2023

Source : Base de Données ILGA World

En novembre 2023, 63 États membres des Nations uniescontinuent de criminaliser les actes sexuels consensuels entre personnes du même sexe

En 2023, trois juridictions dépénaliseront ces actes :Singapour, les îles Cook et l'île Maurice.

En 2023, l'Ouganda a adopté une nouvelle « loi contre l'homosexualité », qui prévoit des peines plus sévères pour les actes sexuels consensuels entre personnes de même sexe – y compris la peine de mort pour « homosexualité aggravée » dans les cas où la personne condamnée est un « délinquant en série » ou lorsque « la personne contre laquelle l'infraction est commise contracte une maladie en phase terminale ». Dans les mois qui ont suivi, ILGA World a constaté une augmentation des arrestations, des violences, des expulsions et des discriminations à l'encontre des personnes LGBT ougandais.

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Négos du secteur public et crise climatique : la mauvaise foi de la CAQ

12 décembre 2023, par Travailleuses et travailleurs pour la justice climatique (TJC) — , ,
Cette semaine, les 420 000 employé-es du secteur public seront de nouveau en grève. Ces 420 000 personnes renoncent à une semaine de salaire, juste avant les Fêtes. Elles se (…)

Cette semaine, les 420 000 employé-es du secteur public seront de nouveau en grève. Ces 420 000 personnes renoncent à une semaine de salaire, juste avant les Fêtes. Elles se mobilisent pour leur avenir, mais aussi pour le nôtre. Elles le font chaque jour de leur vie en nous soignant, en nous éduquant. Elles ont bâti toute leur carrière en étant au service d'un projet collectif, de la construction d'un avenir meilleur pour les générations présentes comme pour celles qui nous suivront.

Les professeur-es de cégep, qui forment la relève du Québec et qui cherchent à lui offrir un milieu d'études cohérent, ont choisi de profiter de cette négociation pour demander qu'une clause environnementale apparaisse dans leur convention collective. Ils et elles veulent s'assurer que l'objectif de carboneutralité est atteint rapidement, souhaitent participer pleinement aux décisions environnementales et désirent que leur employeur rende des comptes au syndicat quant aux progrès réalisés.

Que dit la CAQ ? Hors de question. Le gouvernement Legault veut faire du Québec un “leader de l'économie verte”, mais compte y arriver sans les travailleur-ses concerné-es. Il estime encore, en 2023, que l'environnement n'a pas sa place dans un contrat de travail.

La mesure demandée par les professeur-es pourrait pourtant être acceptée à coût nul puisque l'objectif a déjà été endossé, rappelons-le, autant par le fédéral que par le provincial, et que les sommes nécessaires à sa mise en oeuvre sont déjà disponibles : le Fonds d'Électrification et de Changements Climatique déborde d'argent prêt à être utilisé. En fait, la mesure que demandent les professeur-es de cégep serait d'abord une occasion de renforcer un engagement de l'État et de mettre cet engagement à l'abri des pressions politiques ou des changements de gouvernements. Elle constituerait aussi une occasion idéale pour expérimenter, dans un secteur à faibles émissions, un partenariat avec des travailleur-ses qui veulent faire partie de la solution mais qui se braqueront (avec raison !) si on applique sans leur consentement des moyens qui auront inévitablement des répercussions sur leur quotidien au travail.

Face à la crise climatique, la position des Québécois et des Québécoises est claire : 85% estiment que nous devrons repenser notre mode de vieet 68% veulent un gouvernement qui fait preuve de leadership à cet égard. La négociation du secteur public offre au gouvernement l'occasion de répondre à ce que le Québec demande tout en créant, dans le monde du travail, un précédent indispensable pour nous permettre de nous engager collectivement pour un avenir meilleur. Les professeur-es de cégep sont prêt-es et ne demandent qu'à contribuer. Après la saison des feux de forêt que nous venons de connaître, alors que l'objectif de l'Accord de Paris est à la veille d'être hors d'atteinte, la CAQ peut-elle vraiment se permettre de leur tourner le dos ?

Signataires (en date du 6 décembre, 20h)
Organisations syndicales ou étudiantes
Syndicat des professeures et professeurs du Cégep Édouard-Montpetit
Syndicat des professeur-e-s du Collège François-Xavier-Garneau
Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke
Syndicat des Enseignantes et Enseignants du Cégep Montmorency
Syndicat du personnel enseignant du Cégep de la Gaspésie et des Îles à Gaspé
Syndicat des professeures et professeurs du Cégep de Saint-Jérôme
Syndicat des professeur-es du Cégep de Saint-Laurent
Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep de Granby-Haute-Yamaska
Syndicat des professeures et professeurs du Cégep Gérald-Godin
John Abbott College Faculty Association
Syndicat des Enseignantes et Enseignants du Collège de Valleyfield
Association des Étudiant.e.s Diplomé-es du Département d'Histoire de l'Université de Montréal (AEDDHUM)
AÉCS - Association étudiante du Cégep de Sherbrooke
Association Étudiante d'Anthropologie de l'Université de Montréal
Soléa - Club Social de l'Université de Montréal

Organismes (écologiques, communautaires ou autres)
Travailleuses et travailleurs pour la justice climatique
Front commun pour la transition énergétique
Réseau québécois des groupes écologistes
Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
Coalition Sortons la Caisse du carbone
Regroupement Vigilance Hydrocarbures Québec
Greenpeace Canada
Association pour la santé publique du Québec
Mouvement d'éducation populaire autonome de Lanaudière
Mobilisation 6600 Parc-Nature
Rage Climatique
L'écothèque
Environnement Vert Plus
L'environnement, c'est intersectionnel
La Convergence populaire
Foire ÉCOSPHÈRE
Le HUB de mobilisation pour la justice climatique
Journal des Alternatives - Plateforme altermondialiste
Propre.org
Les Amis du Boisé Neilson
Les Editions du Pissenlit
Ferme La Vallée du Tilleul
Coopérative Incita

Individus
Guillaume Couture, Enseignant, Cégep de St-Laurent
Mathieu Cayer, Enseignant , Syndicat de l'enseignement de l'Estrie
Frédérique Godefroid, professeure, Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue
Francis Waddell, éducateur spécialisé, SEPB-Québec, section 579
Vanessa Gordon, enseignante Collège Dawson
Shannon Ikebe, professeur de cégep, JACFA, FNEEQ-CSN
Odette Sarrazin , APRFAE
Béranger Enselme, programmeur, SERUM
Mélissa C., éducatrice en milieu communautaire, STTIC CSN
Ian Segers, éco-conseiller, UQAC, SCCC-UQAC
Roger Rashi, Retraité FEESP-CSN
Alexis Desgagnés, artiste et enseignant en histoire de l'art, SPPCEM
Mélissa Grégoire, professeure de littérature, FNEEQ
Sarah Côté-Delisle, SPCFXG
Coralie Dubeau (enseignante en adaptation scolaire au secondaire), SERM
Frédéric Legault, enseignant, SPECA
Charles-Antoine Bachand, professeur en fondements de l'éducation, Université du Québec en Outaouais
Kathrin Luthi, Retraitée, C.S. Lester B. Pearson
Isabelle Marcotte, enseignante, cegep marie-victorin
Vincent Greason, retraité, SIEPB (autrefois)
Anik Ste-Marie - Intervenante périnatale - Suppléante, La Mèreveille - CSSHL
Emily gervais, agente de projet, Secupa
Olivier Rousseau (enseignant), Cégep de l'Outaouais
Dany Lavigne, professeur de philosophie, Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep de Lanaudière à Terrebonne
Ariane Beaudin, chargé.e de projet en transfert des apprentissages , Front commun pour la transition énergétique
Marc Bonhomme, économiste, Québec solidaire
Jean-Luc Filion, enseignant en philosophie, specs-csn
Isabel Sauvé, enseignante en Technique du génie civil au Collège Montmorency, Syndicats des enseignantes et enseignants du Collège Montmorency (SEECM)
Isabelle Bisson-Carpentier (professeure d'histoire), Syndicat du personnel enseignant du cégep de la Gaspésie et des Îles à Gaspé (SPECGIG-FEC-CSQ)
Marie-Lou Beaudin, enseignante au collégial, SPECGIG (Syndicat du Personnel Enseignant du Cégep de la Gaspésie et des Îles à Gaspé)
Ève Dubois-Bergeron, enseignante, SEECM (Collège Montmorency)
Stéphane Thellen, professeur de sociologie au Cégep du Vieux Montréal, Syndicat des professeur.e.s du Cégep du Vieux Montréal
Rafaëlle Sinave, SPCVM
Lylou Sehili (coordonnatrice des relations avec les milieux), Transition en Commun
Sébastien Dodge, UDA
Benoit D'amours, professeur en philosophie au cégep de Lévis, FNEEQ
Chloé Van Uytfanck, TS, APTS
Alain Savard, CSN
Roxane Fortier, enseignante en science politique, Cégep de Thetford, Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Thetford (SEECT)
Marie-Claude Therrien, enseignante au primaire, Alliance des professeures et professeurs de Montréal - FAE
Laurie Gagnon-Bouchard, chargée de cours IREF-UQAM, Iref, institut de recherches et d'études féministes
Martin Pinault, SPGQ
Florence Bourdeau - Coordonnatrice, Front commun pour la transition énergétique
Benoit Tellier, prof de sociologie, cégep, Syndicat des professeur.es du cégeo de saint-jérôme
Rali Jamali : travailleur dans le milieu communautaire , Katalizo
Lucie Mayer, artiste lyrique, traductrice, Union des Artistes
Olivier Pelletier Professeur, SPPCEM
Bruno Detuncq, citoyen
Félix Pigeon, professeur de littérature, SPPCEM
Lauran Ayotte, Enseigant en philosophie, SPCSTJ
Michèle Lavoie, chargée de mobilisation chez Mères au Front
Zachary Robert, préposée à l'entretien, SQEES
Élyse Dupras, professeure, SPCSTJ (syndicat des professeur-e-s du cégep de St-Jérôme)
Marie Hamel, Coordo construction en développement durable
Matthieu Daugan (Chercheur), Nexelis
Sophie Thiébaut, ex conseillère municipale
Carolle Soulières, Retraitée
Claude Geoffroy, Retraité
Andrée Deveault, professeur à la retraite
Joaquin Sabat, enseignant de sociologie, SPCFXG
Geneviève East, agente syndicale et professeure de droit au Cégep Garneau
Alain Mignault (chercheur indépendant), Collectif scientifique sur les enjeux énergétiques au Québec
Stéphanie Thibodeau, professeure de biologie, SEECM
Florence Lorimier-Dugas (étudiante), Association facultaire des étudiant·es en art de l'UQAM (AFEA)
Tommy Girouard-Belhumeur, citoyen, STT-CSN
Magalie Lapointe, enseignante au primaire public, FAE (L'Alliance de professeures et professeurs de Montréal)
Brigitte Robert, Présidente du Syndicat de l'enseignement du Collège Champlain de Lennoxville, Syndicat de l'enseignement du Collège Champlain de Lennoxville
Marc-Antoine Lecompte, La planète s'invite au parlement
Alexandre Courtois enseignant, FEC-CSQ (Institut maritime du Québec)
Jonathan Durand Folco, Université Saint-Paul
Simon Leduc, prof, SEECM (cégep Montmorency)
Hugo Chavarie, professeur, SEECV (Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Victoriaville)
Louise Morand, enseignante retraitée, SERM
Marc Sanchez
Dalie Lauzon-Vallieres (organisatrice en engagement du public), Fondation David Suzuki
Lise Harel, retraitée de l'enseignement
Louis R, militant
Lucie Massé - retraitée, Groupe citoyen en environnement
Safa Chebbi, coordination, Troisième Avenue
Yvonne Dolbec. Retraitée de l'ACIA, SO
Lourdenie Jean, fondatrice de l'Environnement, c'est intersectionnel
Luis Gini - Gestionnaire retraité
Arnaud Theurillat-Cloutier, enseignant de philosophie, Collège Brébeuf
Jupiter Nakhla enseignant/physiothérapeute, cégep de Sherbrooke, SPECS-CSN
Michel Ares - technologue professionnel, Cree First Nation of Waswanipi
Sylvie Boyer (professeure de français et littérature), Collège Montmorency
Isabelle Côté, professeure de philosophie, Cégep de St-Jérôme
Claude couture, citoyen artiste
Marie-Eve Boucher, Front commun pour la transition énergétique
Emilie Robert, Biologiste Enseignante Chercheuse, Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue
Simon Blouin, enseignant, Cégep de Granby
Sara Adams, Coordinatrice, HUB de mobilisation pour la justice climatique
Mélissa Comtois professeure, Cégep de Valleyfield
Denise D'Anjou, membre, Québec Solidaire
Bruno Apari Lauzier, Québec Solidaire
Zahur Ashrafuzzaman, étudiante, Université McGill
Jennifer Beaudry, Professeure et Présidente du Syndicat des professeur.e.s du Cégep de Saint-Laurent, Syndicat des professeur.e.s du Cégep de Saint-Laurent
Sylvie Béland, Cégep de Valleyfield
Nathalie Roy, professeure, Collège Montmorency
Camille Nepveu, étudiante de l'UQÀM
Philippe Langlois, enseignant, Cégep de Sherbrooke
Virginie Chagnon, APPR Littératie en santé, Direction régionale de santé publique de Montréal
Léonard Leclerc - membre, Coalition étudiante pour un virage environnemental et social
Marilou Ferlandt, artiste, Les Editions du Pissenlit
Daphnée Leroux-Maurais (étudiante), Katalizo
Larissa Roussel (préposé au bénéficiaire), CSN
André-Yanne Parent
Tom Liacas, Fondateur du HUB de mobilisation pour la justice climatique
Jean-Martin Synnott, infirmier clinicien et enseignant, Syndicat du Cegep de la Gaspésie et des Iles
Giorgio Bartolucci, professeur à la retraite, JACFA (John Abbott College)
Nova Doyon, membre du comité de coordination de Travailleuses et travailleurs pour la justice climatique
Simon Leclerc, Chargé de cours , SPPEUQAM (Syndicat des professeures et professeurs enseignants de l'UQAM)
Jasmine Leger permanence, Association générale étudiante cégep Saint-Jérôme
Laurent Montreuil, Chargé de projet, Ahuntsic-Cartierville en transition
Claude Vaillancourt, écrivain, Attac Québec
Valérie Boisvert, Enseignante, Cégep de Sherbrooke
Fabien Burnotte, enseignant, cégep de Sherbrooke
Mylène Benoit, Cégep de St-Jérôme
V. Julien, Professeur de français, Cégep de Saint-Jérôme
Andréas Tosser - Enseignant, Cégep de Sherbrooke
Mariève Desjardins, enseignante en littérature, Cégep de Saint-Jérôme
Shirley Barnea - étudiante, Réalité climatique Canada
Marie-Pier Arsenault Babin - Professeure de psychologie, Cégep de la Gaspésie et des Îles - Syndicat du personnel enseignant du Cégep de la Gaspésie et des îles à Gaspé
Julien Bosco enseignant au collégial, Cégep de Sherbrooke
François Geoffroy, professeur, Syndicat des Enseignantes et Enseignants du Cégep Montmorency
Isabelle Provencher, enseignante, cégep de gaspé
Alexandre Brizard, Enseignant, Cégep de Sherbrooke
Korinne Le Blanc- enseignante, Cégep de la Gaspésie et des Iles
Pierre-Olivier Dugas, enseignant, Cégep de Sherbrooke
Jean Guy Bélisle, Syndicat enseignants du Collège Montmorency
Mélanie L'Heureux Lapalme, enseignante, collège Montmorency
Marie-Pierre Tremblay professeure TEÉB, SEECM - Collège Montmorency
Christine Beaulieu, enseignante au CEGEP, Enseignants, Collège Montmorency
Pierre-David Gendron-Bouchard, professeur, Collège Montmorency
Pierre Mondor, cégep Montmorency
Karine Cellard, Cégep de l'Outaouais
Catherine Pouliot coordonnatrice, Mouvement d'éducation populaire autonome de Lanaudière
Sophie Lavigne, professeure, Collège Montmorency
Nicolas Beauclair, professeur, Collège Montmorency
Karine Hubert, professeure, Collège Montmorency
Patrick Aura, enseignant, Collège de Montmorency
Antoine Bourgeois, enseignant
Sylvie Martin, professeure de sociologie, Collège Montmorency
Viviane Gauthier, professeure, Collège Montmorency
Virginie Lambert-Pellerin, professeure, Collège Montmorency
François Pepin, Collège Montmorency
Geneviève Ouellet, prof de géographie, Collège Montmorency
Hélène Brisebois, Professeure et chercheuse au département de psychologie, Collège Montmorency
Jean-Francois Cartier - Enseignant au régulier, Collège Montmorency
Annabel Carignan, enseignante, Collège Montmorency
Philippe Lang professeur science politique, Collège Montmorency
Véronique Gagnon, enseignante au Collège Montmorency, Collège Montmorency
Patrick Poulin, professeur, SEECM
MC Vallerand, Enseignante, Collège Montmorency
Jessica Millette, professeure, Collège Montmorency
Karine Morin, professeure, CSN
Valérie Lafrance, professeure de science politique, Collège Montmorency
Julie Lapierre, Gouvernement du Canada
Myriam Reeves, enseignante, Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep Montmorency
Chantale Lagacé, professeure de sociologie, Collège Montmorency
Jérôme Cotte, professeur, Collège Montmorency
Jolianne Gaudreault-Bourgeois, enseignante en français, Collège Montmorency
Alexandre Tremblay, Collège Montmorency
Frédéric Côté-Boudreau, enseignant, Collège Montmorency
Marie-France Lesage, coordonnatrice et enseignante au département de TÉE, Collège Montmorency
Issa Lizon, professeur, Collège Montmorency
Guillaume Bellehumeur, enseignant, Collège Montmorency
Bianca Abbandonato professeure, Collège Montmorency
Camille Anctil-Raymond, professeure, Collège Montmorency
Julien Rheault, enseignant au Cegep, Cegep de Sherbrooke
Nadine Mongeon, professeure au Collège Montmorency, Collège Montmorency
Michelle Baker - Enseignante au cégep, Collège Montmorency
Timothy Hine, professeur, Collège Montmorency
Pascal Chevalier, Enseignant en technologie du génie civil, Collège Montmorency
Mohand Moulla, enseignant, Collège Montmorency
Odierna Mélanie professeur, Collège Montmorency
Isabelle Sauvageau, enseignante, Collège Montmorency
Clara Genois, professeure au département de Lettres, Cégep Garneau
Walter-Olivier Rottmann-Aubé, enseignant en sociologie à Gaspé, Cégep de la Gaspésie et des Îles, campus de Gaspé
Jacky Vallée, enseignant collégial, Vanier College
Maïa Aubry-Pigeon, Enseignante, Collège Montmorency
Ariane Boivin, Professeure, Cégep Garneau
Karine Rathle, artiste
Gabriel Bouchard, enseignant, Cégep Garneau
C. Savard, Enseignante de littérature au collégial, Cégep de Saint-Jérôme
Philippe Lefrançois-Gauvreau, enseignant, SEECM (Collège Montmorency)
Dimitri Zuchowski, professeur, Cégep de Saint-Laurent
Ariane Lavoie, SEECM
Hugo L. Casanova, Vanier College Teachers Association
Caron, Valerie, Cégep Garneau
Genevieve Guay, enseignante, SEECM
Judith Bouchard, professeure de biologie, Cégep Garneau
Julie Drolet, professeure, SEECM
Marc-Élie Lapointe, enseignant, Syndicat des enseignants et enseignantes du Collège Montmorency
Manijeh Ali, John Abbott College
Marie-Gervaise Pilon, professeur, College Montmorency
Maude Blouin, Entrepreneure, Travailleur autonome
Olivier Lalonde, enseignant, Collège Montmorency
Carole Anne Potter - Professeure, College Montmorency
Dias Dimitri, enseignent au collège Montmorency, Collège Montmorency
Marc Francoeur, professeur, Collège Montmorency
Jessy Gravel enseignante, Collège Montmorency
Martin Lesco, Enseignant orthèses et prothèse cégep Montmorency
Karine Cliche, professeure (cégep), Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège Montmorency
Ariane Gagnon, travailleuse du milieu culturel, SODEP
Daryl Hubert, professeur
Élise Dubé, professeure d'art visuel, Gaspé, Cégep de la Gaspésie et des îles
Manon Plante, enseignante, Cégep de Saint-Laurent
Isabelle Pontbriand, professeure, Collège Lionel-Groulx
Olivier Sauriol, élève, Collège montmorency
Sylvain Benoit, Enseignant en sciences politiques, SPPCGG
Noémie Bernier, directrice, Pôle d'économie sociale Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
Gabriel Deschênes, étudiant, Collège Montmorency
Monique Guimond, Collège Montmorency
Jean-Christophe G.-Fortier - Architecte, enseignant, Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep Montmorency
Aysha Ased, SEECM
France Payment, enseignante, Collège Montmorency
Isabelle Côté, enseignante, Cégep de Sherbrooke
Jonathan Leblond, enseignant, Collège Montmorency
Raphaël Fortin, enseignant, cégep montmorency, syndicat csn
Renato Mauricio enseignant en technique du génie électrique, Collège Montmorency
Danielle Richard, militante pour l'environnement
Danielle France Joubert
Michel Bélanger, enseignant, Collège Montmorency
Stephen Coderre, professeur, SEECM
François Perreault, enseignant
François Fournier, professeur chercheur en biologie, Collège Montmorency
Julie Beauchemin, professeure, Cégep Montmorency
Julie McDermott, enseignante en techniques de travail social, Cegep de Rimouski
Dorsaf Haouari (enseignante), collège Montmorency
Rosalie Bent-Moffet, professeure , SEECT
Ricardo Peñafiel, Vice-président, Relations intersyndicales, Syndicat des professeures et professeurs enseignants de l'UQAM (SPPEUQAM/FNEEQ-CSN)
Marc-André Caron, Cegep Montmorency
Louis-Philippe Gauthier, Enseignant, Cégep de Sherbrooke
Jolyane Michaud professeure, Cegep Montmorency
Mélisande Fortin Boisvert, professeure, Collège de Maisonneuve
Carmen Perron, Enseignante, Collège Montmorency
Caroline Caza (enseignante), Cégep de Valleyfield
Thomas Fredericks, Professeur, Collège Montmorency
Michel Milot, professeur de mathématiques, Collège Lionel-Groulx
Julia Boulianne, professeure de littérature, Collège Montmorency
Ronald Cameron, responsable de la rédaction, Journal des Alternatives - Plateforme altermondialiste
Stéphane Pisani, Doctorant chercheur, Université Laval
Nicolas Roy, professeur, Collège Montmorency
Omar Bakri. Professeur, Collège Montmorency
David Pominville, professeur, Cégep de St-Jérôme
Tracy Burns, enseignante, Cegep Garneau
Julie Brillant-Picard, Enseignante et mère au front
Stéphanie Thibodeau professeure de biologie au collège Montmorency, Collège Montmorency
Charles Charpentier/menuisier, CSN
Josée Morais (enseignante), Cégep de Sherbrooke et SPECS
Julie Demanche, enseignante, Collège Montmorency
Elza Kephart, réalisatrice, Director's Guild of Canada
Steve Mckay, Cégep de sherbrooke
Véronique Lépine, Enseignante, Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec
Isabelle Catafard, aide-bibliothécaire, Ville de Longueuil
Dante Cicchillitti, Délégué CSN Groupe Compass Centre Bell
Alex Filiatrault, Mont Tremblant
Guillaume Vézina, conseiller syndical, CSN
Evelyn Ginzburg, Incredible Edibles NDG
Daniel Langevin, enseignant et coordonnateur, Arts visuels, Collège Montmorency
Zoey Gauld (enseignante), Collège Montmorency
Elizabeth Plaxton, enseignante, Cégep du Vieux-Montréal
Marc Chénier, agroéconomiste retraité écologiste, Les ami-es de la Forêt du lac Jérôme
Geneviève Fournier-Goulet, enseignante en littérature, Cégep régional de Lanaudière
Emilie S.Caravecchia, professeure de littérature, Collège Montmorency
Geneviève Chagnon, agente de développement, CS Riverside
Marie Gauthier, enseignante, Collège Montmorency
Gabriel Dumas Enseignant-e de sociologie au Cégep de Valleyfield, Cégep de Valleyfield
Alexandre Gorchkov, acteur, travailleur autonome
Isabelle Johnston, professeure, Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège Montmorency
Alexandre Viviers, électromécanicien, STM
Eric Gagné, conseiller d'orientation, Collège Montmorency
Mireille Viau, Intervenante au CISSSL
Sophie Lallemand, formatrice de la Fresque du Climat
Geneviève Lambert, éducatrice spécialisé, CISSS de Lanaudière
Mireille Bériault, enseignante, Cégep de Saint-Laurent
Robert Langevin Fonctionnaire retraité
Miriam Bolduc, enseignante, SEECM
C. Tatlock, retraitée
Zoé Dumais, musicienne et enseignante, Cégep Saint-Laurent
Phyllis Katrapani, Professeure et présidente du Syndicat des professeures et professeurs du Cégep Édouard-Montpetit
Geneviève Normandeau, Professeure de philosophie, Cégep Édouard-Montpetit
Selma Vorobief, citoyenne, Contractuelle
Jérémie Dion, Enseignant, Collège Ahuntsic
Monique Lefebvre, Université d'Ottawa
Geneviève Blais, enseignante littérature, Collège Montmorency
Jean-Philippe Boudreau, enseignant de littérature, Collège Montmorency
Samuel Faucher, enseignant, Cegep de Sherbrooke
Francois Veillette, professeur de biologie, Cégep Édouard-Montpetit
Maya de Cardenas, conseillère en environnement, Cégep Édouard-Montpetit
Roxane Millette, enseignante au collégial, cégep John Abbott College
Catherine Babin, enseignante, Personnel
Mélissa de La Fontaine, Présidente - Coopérative Incita, Coopérative Incita
Félix-Étienne Caron (Professeur), Collège Montmorency
Josiane Nadeau (enseignante), Collège Montmorency
Sylvain Losier, enseignant, SEECM
Catherine Vallée, Coalition Terrains de golf en transition
Jean-François Lemieux - Enseignant de philosophie, Cégep de Lanaudière à Terrebonne
Alexis Dumais, enseignant au Cégep, Collège Lionel-Groulx
Charlotte Durocher, comité environnement du cégep montmorency
Ariane Longpré-Lauzon, COSME* Cégep Saint-Laurent (*comité syndical de mobilisation environnementale)
Mélissa Lavergne, professeure de percussions latines, Cégep de Saint-Laurent
Jean Provencher, Agent de changement social
Catherine Le Saunier, professeure de violoncelle, Cegep de Saint-Laurent
Jean-François Roy, enseignant, cégep de Saint-Laurent
Jenny-Ann Gagnon, enseignante, SPCSL
Anne Dupuis, enseignante, Cégep de Saint-Laurent
Alex Provost, professeur de mathématiques, Cégep de Saint-Laurent
Sébastien Beaumont - Enseignant, SPCSL
Kristen Drummond, enseignante, Cégep de Saint-Laurent
Olivier Moses - Professeur - Cégep de St-Laurent
Diane Boisvert enseignante, Cégep Saint-Laurent
Lavoie Liette, professeure de français, cégep de st-Laurent
Lyne Duhaime, professeure, Cégep de Saint-Laurent
Sophie Horth, professeure, Cégep de Saint-Laurent
Véronique Dupuis, Enseignante en Danse, Cégep de Saint-Laurent
Enseignante en littérature, Syndicat des professeurs du Cégep Saint-Laurent
Nicolas Bertrand professeur, Collège Montmorency
Enseignante, Cégep Saint-Lanrent
Victor Alibert - enseignant, Cégep st Laurent
Pascale Rafie, professeure, Cégep de Saint-Laurent
Selena Bergeron, Enseignante , Cégep de Saint-Laurent
Fanny Godin, cégep de Saint-Laurent
Bruno Lamarche, professeur, Cégep de St-Laurent, Syndicat
Philip Wickham, enseignant, Cégep Saint-Laurent
Marc Conti (enseignant de mathématiques), SPCSL
Guillaume Dostie, professeur de biologie, Syndicat des professeur.es du cégep de Saint-Laurent
Christophe Gauthier, enseignant en orgue, clavecin, formation auditive et littérature musicale - Département de musique, Syndicat des professeurs du Cégep de Saint-Laurent
Tom Young – professeur, John Abbott College
David Hill - teacher, John Abbott College - JACFA
Myriam Genest-Denis, enseignante, Cégep de Saint-Laurent
Viviane Marcotte-Lheureux / enseignante en éducation physique au cégep de saint-laurent,
C. Dupuis-Giomi, Professeur, Cégep de saint-laurent
Magdy Meimari, Professeur, John Abbott College
Yannick Delbecque, Enseignant, Syndicat des professeurs et professeures du cégep de Saint-Laurent
Jessica Burpee, professeur en géographie, John Abbott College
MJ Lévesque, Enseignante en cinéma, Cégep Gérald-Godin
Hélène Chabot, enseignante, Syndicat des professeures et professeurs du Cégep Gérald-Godin
Kelly McKinney, Prof, John Abbott College
Chantal Brunet, enseignante, SPCSL
Véronique Nadon, enseignante soins infirmiers, Cégep Gérald-Godin
Pierre Dumont Gauthier, Cégep de Saint Laurent
Nidal Srouji, Cégep Gérald-Godin
Jasmin Felx, enseignant, Syndicat des professeurs du cégep de Saint-Laurent
Avery Larose, Teacher, John Abbott College
Sophie Noël, professeur, Cégep Gérald-Godin
Anna Lepine, English Teacher, JACFA
Herman Tumurcuoglu, John Abbott College
Mathieu Provencher (enseignant), CSSDN
Lysanne Denicourt, enseignante, Cégep Gérald-Godin
Etienne Portelance professeur de physique, Cegep John Abbott
John Gilbert - enseignant, CEGEP Saint-Laurent
Antoine Herlin, professeur, Cégep John Abbott
Daniel Desroches, co-fondateur, Les Amis du Boisé Neilson
Brian Mitchell Peters, Professor non-perm, FNEEQ
Richard Leveille, professeur, Cegep John Abbott
Maria Mamfredis CEGEP teacher, John Abbott CEGEP
Arlene Marsh-Hackett (Technicienne en documentation), CEGEP John Abbott College
Simon Daoust, Prof de Biologie, John Abbott College
Nicolas Hugo Chebin, professeur d'histoire, Cégep Gérald-Godin
Martin Chicoine, enseignant, cégep Gérald-Godin
Louis Charbonneau, enseignant, Cégep de Saint-Laurent
Julien Morency-Laflamme, enseignant au Cégep, Cégep John Abbott
Melissa Tomecz (Bibliothécaire), Cégep John Abbott
Elaine Caron, enseignante, Cégep Gérald-Godin
Isabelle Tardif, enseignante, Cégep de Saint-Laurent
Audrey Baker professeur, John Abbott College
Caroline Crépeau enseignante, Cégep Édouard Montpetit
Hélène St-Jean, professeure
Annie Martineau, Enseignante, Cégep Édouard-Montpetit
Nathalie Ménard, Syndicat-Cégep Édouard-Montpetit
Bianka Ménard, enseignante, Sppcem Cégep Édouard montepetit
Marie Dauverné, Cégep de Saint-Laurent
Marie Labbé, Professeure, Cégep Édouard-Montpetit
Nathalie Malo, enseignante, Cégep Édouard-Montpetit
Andrew Cuk, professeur, JACFA
Frédéric Lagacé Enseignant, Cégep Édouard-Montpetit
Mélissa Henri professeure, SPCSL
François Godin, professeur de littérature , Cégep Édouard-Montpetit
Manuel Sepúlveda Professeur, Cégep Édouard Montpetit
Guillaume Villeneuve, Cégep de saint Laurent
Julie B Côté enseignante, Cégep Édouard Montpetit
Jean-Pascal Larin, professeur Cégep Édouard-Montpetit, FNEEQ-CSN
Eve-Lyne Bélair, enseignante, Cégep
Joëlle Shaw, enseignante, Cégep Édouard-Montpetit
Patrick Létourneau - professeur de biologie, Cégep Édouard-Montpetit
Mariannick Archambault, Professeure, Cégep Édouard-Montpetit
Maude Cournoyer-Gendron, professeure de géographie, Cégep Édouard-Montpetit
Maggie Dubé, enseignante au collégial, SPPCEM
Mathieu Dupont, professeur, Cégep Édouard-Montpetit
Ed Hudson, professeur, John Abbott College
Angelo dos Santos - professeur, JAC
Alexandre Donato, enseignant, Cégep Édouard-Montpetit
Alain Bouchard, Professeur, Sppcem
François Harvey, professeur de littérature, Cégep Édouard-Montpetit
Daniel Coutu, Enseignant
Esther Szeben, Instructrice, CEGEP John Abbott College
Thierry Gendron-Dugré, professeur de philosophie, Collège Montmorency
Yves Sabourin, professeur, cégep Édouard-Montpetit
Mathieu David Brossard, enseignant de physique, Cégep Édouard Montpetit
Charles Fortin, professeur, Cégep Édouard-Montpetit
Céline-Michelle Cacchia enseignante soins infirmiers, Cégep Édouard Montpetit
Lisa Szabo-Jones, John Abbott College/JACFA
Olivier Huot-Beaulieu, professeur de philosophie, Cégep Édouard-Montpetit
Denis Courville, professeur, Cégep Édouard-Montpetit
Frédéric Julien, enseignant, Cégep Édouard-Montpetit
Isabelle Paquet, Professeure de littérature, Cégep Édouard-Montpetit
Bettina Hoffmann, teacher, John Abbott College
Darren Millar, professeur, John Abbott College
Simon Goyette - Enseignant, Collège Montmorency
Annie Nantel, professeure, Cegep Édouard-Montpetit
Sébastien Bage, enseignant, Cégep Édouard-Montpetit
Mathieu Teasdale, professeur de littérature, Cégep de Saint-Laurent
Alexandre Côté - Enseignant, Cégep Saint-Laurent
Nathalie Éthier, Professeure, Cégep Édouard-Montpetit
Julien Beauregard, professeur de français , Cégep Saint-Laurent
Christian Levesque, professeur, Cegep John Abbott College
Thomas Boucher, enseignant, APPM-FAE
Colby Gillette (Enseignant), John Abbott College
Jean-Philippe Martel, professeur, Collège Montmorency
Etienne Legault, Cégep de Saint-Laurent
Mathilde Brodeur
Béatrice Berland, enseignante MIFI, Cégep Montmorency
Bérubé F Sophie, professeure, FNEEQ
Karine Belliard enseignante, Cégep Edouard-Montpetit
Ivan Bendwell, Enseignant, cégep de Saint-Laurent
François Lareau, enseignant, Collège Montmorency

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Mobilisation du Front commun : les appuis de l’extérieur du Québec se multiplient

12 décembre 2023, par Centrale des syndicats du Québec (CSQ) — , ,
Le mouvement de grève historique initié par les 420 000 membres du Front commun a trouvé écho à l'extérieur du Québec au cours de la dernière semaine. Après la Fédération du (…)

Le mouvement de grève historique initié par les 420 000 membres du Front commun a trouvé écho à l'extérieur du Québec au cours de la dernière semaine. Après la Fédération du travail de l'Ontario, qui nous exprimait son soutien à la suite de son congrès, c'est au tour des 32 millions de collègues de l'Internationale de l'éducation et des 30 millions de membres de l'Internationale des services publics de lancer une campagne d'appui aux travailleuses et aux travailleurs des services publics du Québec dans leur négociation auprès de Québec.

Tiré de CSQ cette semaine.

L'appel vise à inciter le gouvernement du Québec à négocier de bonne foi et à respecter le droit de grève des travailleuses et des travailleurs du secteur public.

  • « Le gouvernement du Québec doit respecter le dialogue social et doit négocier avec les syndicats des fonctionnaires de la province. L'offre précédente du gouvernement n'est pas acceptable et a été massivement rejetée par les fonctionnaires. Il est regrettable que votre gouvernement montre une incapacité à comprendre les difficultés rencontrées dans le secteur public et le besoin urgent de soutenir et de motiver les personnels des services publics. »
  • – Texte de la lettre d'appui.

Au moment d'écrire ces lignes, déjà près de 3100 personnes et organisations ont participé à la campagne d'appui.

Les organisations suivantes nous ont également fait parvenir des lettres d'appui :

Comité Organisateur, Coalition Tri-nationale pour la Défense de l'Education Publique (coalition d'organisations de travailleurs de l'éducation, d'étudiants et d'organisations communautaires du Mexique, des États-Unis et du Canada)

South African Democratic Teachers' Union (SADTU)

Fédération des enseignants du Nouveau-Brunswick

Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación de México

Syndicat général des professeurs et professeures de l'Université de Montréal

Japan Teachers' Union

Alliance of Concerned Teachers – Philippines

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Des retraités en soutien au Front Commun

12 décembre 2023, par Collectif — , ,
Nous sommes des retraité.e.s du secteur public. Parce que nous ne sommes pas indifférent.e.s au destin des services publics dans lesquels nous avons œuvrés pendant de (…)

Nous sommes des retraité.e.s du secteur public. Parce que nous ne sommes pas indifférent.e.s au destin des services publics dans lesquels nous avons œuvrés pendant de nombreuses années, parce que nous sommes inquiètes et inquiets de la tournure que prennent actuellement les négociations et parce que nous n'avons pas oublié ce que nous avons vu de l'intérieur, nous souhaitons exprimer notre solidarité à l'égard des centaines de milliers de grévistes qui luttent actuellement pour faire reconnaitre leur dignité.


En arrière-plan de la négociation

Les employé.e.s du secteur public ont subi diverses formes de régime d'austérité depuis 1982. Sous prétexte de couper dans le gras, de diminuer les impôts ou d'effectuer des réformes toujours plus centralisatrices, le gouvernement du Québec malmène les services offerts à la population autant que les personnes qui y travaillent. Depuis la monstrueuse coupure de 20% de René Lévesque, les salaires ont rarement augmenté à un taux qui suit le cours de l'inflation.

Depuis la fin de la Révolution Tranquille, les sommes d'argent versées en santé, en éducation et dans les autres domaines de la sphère publique ont permis d'ajouter des services ici et là mais ils n'ont pu empêcher une dégradation lente et permanente tant des édifices que des conditions de travail. Les uns après les autres, les gouvernements ont choisi de remodeler des structures plutôt que d'écouter les travailleuses et travailleurs qui vivent les problèmes au quotidien et qui auraient des solutions à proposer.

Les travailleuses et travailleurs du secteur public se rappellent que juste avant la pandémie, le gouvernement nageait dans les surplus. Qu'a-t-il fait de tous ces surplus ? Il a décidé d'envoyer des chèques à toutes et à tous sans égard à leur situation dans le but de se faire réélire.

Pendant la pandémie, le premier ministre et son gouvernement n'avait pas de mots trop forts pour remercier celles et ceux qui tenaient le système à bout de bras dans des conditions impossibles.

Actuellement le Québec vit une situation invraisemblable : malgré un taux de chômage relativement bas, le nombre de personnes qui ont recours à des banques alimentaires brise des records.

Dans ce contexte, on pouvait espérer que les négociations prennent un tour différent. Hélas ce n'est pas le cas. Diverses annonces ont montré que le gouvernement n'avait pas les mêmes priorités que les centaines de milliers de personnes qui font fonctionner le système. Les services publics sont en péril. Il est temps que le gouvernement considère ceux-ci comme un investissement nécessaire et non comme une dépense.

Nous dénonçons

Nous dénonçons le fait que le gouvernement négocie sur la place publique comme aucun ne l'a fait avant. Des négociations, c'est bien autre chose qu'une stratégie de communication.
Nous trouvons scandaleuses les offres salariales qui sont sous la barre de l'inflation pour le plus grand nombre. Personne ne souhaite s'appauvrir par son travail.

Nous sommes outré.e.s qu'en 2023, le gouvernement fasse des offres indignes à du personnel de milieux de travail constitués en majorité de femmes.

Nous déplorons le manque de vision du gouvernement. On savait depuis des mois que la ronde de négociation s'approchait. Or le gouvernement semble avoir procédé avec désinvolture en laissant traîner les choses, en attendant l'annonce de grèves avant de faire des propositions plus sérieuses. Les grèves étaient évitables.

Enfin, nous protestons contre le désinvestissement dans les services publics. Dans de nombreux corps d'emplois, en santé, en éducation, dans les services sociaux, non seulement les candidatures se raréfient, mais en plus il est de plus en plus difficile d'y retenir les personnes qui s'y risquent. Les offres actuelles ne nous semblent pas être de nature à améliorer la situation.

Notre appui

Nous, ex-employé.e.s des services publics, exprimons donc aujourd'hui notre solidarité à l'égards des revendications des travailleuses et travailleurs du secteur public et nous appuyons leur mouvement de grève.

Signatures

Martin Godon, retraité de l'enseignement collégial.
France Demers, retraitée de l'enseignement collégial.
Sylvain Chamberland, retraité de l'enseignement collégial.
Nathalie Cloutier, retraitée de l'enseignement collégial.
Sylvie Taillon, infirmière clinicienne cadre retraitée.
Danielle Carbonneau, retraitée de l'enseignement collégial.
Guido Conti, retraité de l'enseignement collégial.
Manon Ann Blanchard, retraitée.
Denis Payette, retraité de l'enseignement collégial.
Jean-Claude St-Pierre, retraité de l'enseignement collégial.
Ronald Cameron, retraité de l'enseignement collégial.
Michel Lalonde, retraité de l'enseignement collégial.
Hélène F. Lepage, technicienne en travaux pratique, retraitée.
Monique Nadon, retraitée de l'enseignement collégial.
Gilbert Lachaine, retraité.
Christiane Mignault, retraitée du cégep Édouard-Montpetit.
Francine Gravel, retraitée de l'enseignement collégial.
Jean-Guy Lacroix, retraité de l'enseignement collégial.
Gaétanne Beauchesne, enseignante retraitée.
Flavie Achard, retraitée de l'enseignement collégial.
Guy Ferland, retraité de l'enseignement collégial.
Pierre Després, retraité de l'enseignement collégial.
Louise Corriveau, retraitée.
Wedad Antonius, retraité du collège Édouard-Montpetit.
Marie Brosseau, retraitée de l'enseignement collégial.
Janice Paquette, retraitée de l'enseignement collégial.
Jean-Marie-Dion, retraité du personnel de soutien du collégial.
Charles de Mestral, retraité de l'enseignement collégial.
Marie-Josée Rhéaume, retraitée de l'enseignement collégial.
Magda Sayad, retraitée.
Claire-Andrée Leclerc, retraitée de l'enseignement collégial.
Raymond Gravel, retraité de l'enseignement collégial.
Réjean Larouche, retraitée de l'enseignement collégial.
Annette Beauvais, retraitée.

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La CSN dénonce l’usage du bâillon pour l’adoption de la réforme Dubé

12 décembre 2023, par Confédération des syndicats nationaux (CSN) — , ,
« Le Québec est pris dans une relation toxique avec le privé, particulièrement dans le domaine de la santé et des services sociaux. » La Confédération des syndicats nationaux (…)

« Le Québec est pris dans une relation toxique avec le privé, particulièrement dans le domaine de la santé et des services sociaux. » La Confédération des syndicats nationaux (CSN) dénonce l'usage du bâillon pour forcer l'adoption de la réforme Dubé, la plus vaste réforme que le réseau de la santé et des services sociaux n'a jamais vue.

Tiré du site CSN

« S'il y a une chose que je peux vous assurer, c'est que la CSN va se battre pour que les travailleuses et les travailleurs du réseau ne fassent pas les frais des réformes nocives du gouvernement », a expliqué Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Le projet de loi, vivement critiqué par la CSN, ouvre la porte toute grande à l'usage du privé en santé, de même qu'à la centralisation du réseau. La centrale syndicale craint notamment que ces transformations n'exacerbent les problèmes criants de pénurie de main-d'œuvre dans le milieu.

« Le Québec est pris dans une relation toxique avec le privé, particulièrement dans le domaine de la santé et des services sociaux. Plus on va donner de la marge de manœuvre aux cliniques privées, plus on va créer des fuites de personnel vers ce secteur, plus on va augmenter la pression sur le public et surtout, sur les travailleuses qui le tiennent à bout de bras », a ajouté Caroline Senneville.

En plus d'un rebrassage inutile des structures syndicales, la réforme verra aussi la création d'un employeur unique pour les 310 000 travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux. À plusieurs reprises, le ministre Dubé a présenté sa réforme comme l'achèvement des transformations entamées par les ministres Couillard et Barrette. Ces réformes ont d'ailleurs elles aussi été adoptées sous bâillon.

Récemment, une coalition de plus de 300 organisations syndicales, communautaires et médicales, dont la CSN fait partie, remettait en question l'adoption précipitée et antidémocratique de la réforme.

« Pour un gouvernement qui gouverne à coups de sondages, je trouve qu'il ignore pas mal ce que la société civile pense de sa réforme. Une chose est certaine, les Québécoises et les Québécois ne veulent pas d'une américanisation du réseau », a conclu Mme Senneville.
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Adoption précipitée de la réforme Dubé sous bâillon | La santé et le filet social des Québécois·es en péril

12 décembre 2023, par Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) — , , ,
L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) réagit à l'adoption sauvage sous bâillon du projet de loi n° 15, marquant (…)

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) réagit à l'adoption sauvage sous bâillon du projet de loi n° 15, marquant l'avènement de l'agence Santé Québec. Cette dernière constituera le plus gros employeur au Canada, avec plus de 300 000 employé·e·s.

La « plus grande opération de centralisation en santé de l'histoire du Québec »

« Encore aujourd'hui, j'ai du mal à m'expliquer une telle orientation alors que les expériences passées devraient nous pousser dans la direction diamétralement opposée. La réforme Barrette est connue aujourd'hui comme un échec retentissant, en majeure partie parce que la concentration des pouvoirs a pavé la voie à une bureaucratie centrale lourde et inefficace, qui ralentit les décisions sur le terrain de façon significative et mine par conséquent l'efficacité des soins et services offerts. Ça dépasse l'entendement qu'on renchérisse là-dessus », a déclaré Robert Comeau, président de l'APTS.

La démocratie en berne dans le réseau

« L'APTS a voulu collaborer dès le début pour bonifier ce projet de loi. Nous nous sommes prêté·e·s à l'exercice de bonne foi, mais nous avons constaté que cela donnait des résultats mitigés. Pour qu'une réforme fonctionne, elle doit être acceptée par le milieu dans lequel elle doit être implantée. Je trouve inconcevable que la finalité soit l'adoption sous bâillon alors que l'objectif même est d'améliorer le réseau de la santé et des services sociaux. Le seul consensus qui émane de la réforme Dubé, c'est qu'il n'y en n'a pas ! », a dénoncé Émilie Charbonneau, vice-présidente de l'APTS.

Une période de transition cruciale

« Il faut absolument que des forums soient mis en place durant la transition. Il en va de la survie de notre réseau. Légiférer dans son coin et n'en faire qu'à sa tête, surtout quand il s'agit de la santé de la population et du filet social dont dépend la très grande majorité des Québécois·es, c'est irresponsable et irrespectueux. Personne ne sait encore quelles seront les véritables conséquences de la réforme en question. M. Dubé est en train de retirer de l'oxygène à un réseau qui est déjà sur le respirateur artificiel », a conclu Robert Comeau.

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Les syndicats du Canada : affronter la haine est une responsabilité partagée

12 décembre 2023, par Congrès du travail du Canada (CTC) — , ,
En cette Journée internationale des droits de la personne, les syndicats du Canada incitent les gouvernements et les individus à affronter collectivement la montée de la haine. (…)

En cette Journée internationale des droits de la personne, les syndicats du Canada incitent les gouvernements et les individus à affronter collectivement la montée de la haine.

Le Canada fait face à une crise : selon des données de Statistique Canada publiées plus tôt cette année, les crimes haineux contre des personnes 2SLGBTQI+, musulmanes et juives ont atteint un nombre record en 2021. Ce nombre continue d'augmenter. Il comprend une augmentation alarmante des incidents et des crimes haineux, des idéologies clivantes et des actes racistes, empreint de préjugés et discriminatoires, tant en ligne que hors ligne. Il est d'une importance cruciale que tous les Canadiens et Canadiennes s'unissent pour luter de front contre cette haine.

Les syndicats du Canada incitent le gouvernement fédéral à agir sur-le-champ pour freiner la montée de la haine dans notre pays. Il doit notamment publier son Plan d'action national de lutte contre le haine, outil très nécessaire pour aider à combattre l'augmentation et la propagation rapides de la haine.

Les discours haineux continuent de se répandre en ligne. Cela permet aux groupes fascistes, d'extrême droite et militant pour le suprémacisme blanc de s'organiser et de diffuser les discours et les idéologies fondées sur la haine rapidement et efficacement. Le gouvernement fédéral doit déposer le projet de loi sur les méfaits en ligne qu'il promet depuis longtemps pour contrer la très inquiétante tendance de la haine, du harcèlement et de la violence en ligne.

Pour lutter contre la flambée des campagnes anti-2SLGBTQI+, anti-inclusion et pro-violence dans l'ensemble du pays, les syndicats du Canada appellent à la mise en œuvre des 29 recommandations sur les politiques que comprend le Livre blanc sur le statut des personnes trans et de diverses identités de genre.

« Cette année marque le 75e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de la personne et, pendant que nous réfléchissons à cet important fait, nous devons nous unir contre la haine sous toutes ses formes. La haine – qu'elle soit fondée sur le racisme, la xénophobie, l'homophobie, la transphobie ou une autre forme de préjugés et de discrimination – n'a pas sa place dans notre société. Elle compromet les principes des droits de la personne et menace l'étoffe même de notre société », déclare Larry Rousseau, vice-président exécutif du Congrès du travail du Canada (CTC).

Les syndicats du Canada sont depuis longtemps à l'avant-garde des dossiers des droits de la personne et continueront à lutter pour un avenir plus juste et plus équitable pour tous.

« Nous ne laisserons personne réduire les droits humains que nous avons obtenus de haute lutte. Chaque travailleur ou travailleuse mérite de vivre sans peur, préjugés et fanatisme. Nous demeurons fermement résolus à affronter la haine dans nos lieux de travail, nos syndicats et nos collectivités », affirme Bea Bruske, présidente du CTC. « La montée de la haine qui se poursuit exige une réponse urgente, et nous incitons le gouvernement fédéral à prendre des mesures concrètes pour défendre et préserver les droits de la personne au Canada. Mais nous avons en outre un rôle collectif à jouer pour dénoncer et combattre la haine. Il revient à chacune et à chacun d'entre nous de dénoncer la haine quand nous la voyons et l'entendons. Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons rendre nos lieux de travail et nos collectivités plus sécuritaires pour tous. »

Tous les membres de la population canadienne doivent faire leur part pour affronter et éliminer la haine. Joignez-vous à la lutte en :

téléchargeant notre guide intitulé Travailleuses et travailleurs en transition pour en savoir plus sur les moyens d'appuyer les personnes trans dans votre lieu de travail.

téléchargeant notre rapport sur l'élimination de l'islamophobie dans nos lieux de travail et nos collectivités intitulé L'islamophobie au travail : défis et occasions.

vous renseignant sur la propagation de l'extrémisme de droite et du populisme en ligne et dans les collectivités de tout le Canada.

signant la pétition de #TransEqualityNow pour faire savoir au gouvernement fédéral qu'il doit agir sans tarder.

* Certains des liens ne sont disponibles qu'en anglais

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À propos de la poésie de Lenous Guillaume-Suprice (Nounous)

12 décembre 2023, par Alain Saint Victor — , ,
La poésie n'est pas forcément du vers et des rimes (…). Un poème est une tentative de nous ouvrir les yeux pour voir ce qu'on ne regarde plus. - Jean Cocteau Il y a une (…)

La poésie n'est pas forcément du vers et des rimes (…). Un poème est une tentative de nous ouvrir les yeux pour voir ce qu'on ne regarde plus. - Jean Cocteau

Il y a une mémoire d'au-delà de la mémoire : c'est ce qui remonte à la surface grâce à ces grands coups de sonde que constituent l'acte poétique. Aimé Césaire

Un jour, alors que je faisais part à Nounous de ma difficulté à comprendre la poésie, il m'a tout simplement répondu d'un air ponctué d'une franche candeur : « Laisse-toi aller ! »

Ce « Laisser-aller », je l'ai appliqué non sans difficulté et sans risques en lisant et relisant son dernier recueil de poèmes Nuit Rhapsodie (1).

Inutile de chercher une versification qui laisse transparaitre à ciel ouvert et dans sa totalité le sens du poème. Tel est l'écrit de Nounous, et dès Alcool d'une nuit et d'autrefois l'on se trouve plongé dans l'histoire qui semble celle d'une payse encastrée dans la mémoire peut-être d'un voyageur cherchant sa route, peut-être dans la conscience d'un aventurier en quête de liberté, mais en bute à de multiples obstacles :

« À l'inverse du rapprochement
sa solitude son ennui laissés
sans épanchement

À l'échelle du quotidien
ses nuits ses heures passées
à craindre des complots

Au tableau des attentes
sa fougue sa passion émasculées
à grands coups de mépris »

Ainsi se suivent plusieurs strophes où le poète passe en revue à l'aide de puissantes métaphores les turpitudes et affres d'une conscience éclaboussée :

« Assez souvent
on doit éteindre la clarté des oreilles
pour ne pas entendre la cacophonie des maitres
d'hier et d'aujourd'hui
en leur démoniaque huis clos
au démantèlement de son édifice à distinction »

Le poète trace et cherche sa voie dans la tourmente : avant de se (re)trouver, il doit briser les chaines de toutes « ces nuits d'angoisse » et se débarrasser « des chiennes de puces ». Le chemin est long et les strophes ne se suivent pas, pourtant l'idée d'une quête de soi (et peut-être sur soi) les traverse, et cette quête prend vie grâce à ce puissant souffle poétique, mais elle n'est pas simplement repli sur soi, elle est surtout constat d'un monde en quête de « survivance » où

« il y aura des voix ignées, d'autres
indignées, et certains, malgré tout le ramdam
autour, se réveilleront longtemps après la chouette
de Minerve, tout juste le temps d'être bien au fait
des largesses du malheur… »

Sartre dans son Mallarmé voyait les poètes de la génération de l'après 1848 comme des « orphelins de Dieu »(2) Dieu étant mort, « ils ont ressenti le Grand Naufrage comme une mutilation. Tout étourdis d'être sur terre, ils ne savent pourquoi ils sont nés et ils détestent leur contingence. » La Poésie est devenue seul repère, force créatrice, dans un monde vide, dépourvu de sens. Mais les événements de 1848 ne consacraient pas uniquement la mort de Dieu, la bourgeoisie triomphante n'avait cure de cette quête d'une nouvelle « spiritualité » et n'offraient aucun repère à ces poètes, dont certains se sont assumés « maudits ».

Pour Nounous, la question est tout autre : la poésie est ancrage dans un monde réel, sans une quelconque « nostalgie divine ». Elle exprime de part et d'autre un désir d'émancipation de soi. Mais aussi à l'égard d'une certaine emprise sociale :

« Il n'y a peut-être pas pire asservissement
que celui que l'on réserve à soi-même
et le malheur est dans le vide
autour de soi provoqué par agacement
non dans la verdure de l'accomplissement
au fond de la joliesse des mains en marche par jonction
non plus dans le territoire des souvenirs
quand l'humour se fait en largesse
car en riant l'on s'enrichit d'un peu d'amnésie
face à l'intransigeance des tourments »

Nuit Rhapsodie termine par un message d'espérance, qui ne relève pas de l'optimisme, mais plutôt de la conscience de l'importance du combat à mener

« …pour ouvrir une aire d'opiniâtreté, d'apprentissage du bonheur
dans la plus ancienne et les nouvelles écoles du faubourg, où
cœurs qui s'y activent s'engagent à polir la pierre d'un idéal… »

Selon moi, il ne fait aucun doute que la poésie de Nounous s'inscrit dans le grand courant littéraire qui depuis Maïakovski en passant, près de chez nous, par Magloire-Saut-Aude, Davertige, Cavé, bouleverse « les valeurs d'ordre » (Barthes).

Notes

1- Lenous Guillaume-Suprice, Nuit Rhapsodie (Poésie). Les Éditions du CIDHICA, Montréal 2023

2- Jean-Paul Sartre, Mallarmé. La lucidité et sa face d'ombre. Éditions Galimard, 1986

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Nouveau numéro de la revue Relations : La transmission au Québec : entre désir et refus

12 décembre 2023, par Revue Relations — , ,
Thème anthropologique et sociologique fondamental, au cœur de la culture comme de la vie humaine, la transmission ne va pourtant pas de soi. Elle peut se faire de manière (…)

Thème anthropologique et sociologique fondamental, au cœur de la culture comme de la vie humaine, la transmission ne va pourtant pas de soi. Elle peut se faire de manière consciente ou inconsciente, elle peut être recherchée ou fuie. Elle peut aussi se rompre, lorsque le refus d'un héritage est si fort qu'il conduit au rejet des institutions par lesquelles il se transmet, ou encore lorsque celles-ci sont affaiblies, voire détruites, par la colonisation ou les guerres, par exemple. Néanmoins, le besoin, sinon le désir de transmettre demeure toujours au centre du lien entre les générations et les époques. Regard sur un Québec où la transmission se pose entre désir et refus.

Sommaire

La transmission au Québec : entre désir et refus 📖
Julie Perreault

L'horizon long de la transmission
Gilles Bibeau

Le sacrifice des cultures religieuses en éducation
Louis Rousseau et Georges Leroux

De la transmission naturelle
à la réappropriation de la culture
Table ronde avec Stacy Bossum et Alice Germain

Transmettre l'élan
Jean-Philippe Pleau

L'engagement social en héritage
Suzanne-G. Chartrand

Transmettre ce qui fait vivre. Rencontre avec Caroline Dawson
Emiliano Arpin-Simonetti

Artiste invitée : Nathalie Ampleman

À découvrir aussi

Édito

Garder audible l'espérance 📖
Catherine Caron

Débat

L'électrification au Québec : piège ou priorité ? 📖
Normand Mousseau et Éric Pineault

Grand entretien avec Lucie Lamarche

Près de 50 ans dans l'aventure du droit social

La Série sur les domaines émergents du droit

Le droit, un outil pour la transition écologique
Camille Cloutier

Aux frontières

Danaëlle : une liberté radicale
Jean-Lou David

Et retrouvez : le Carnet de Nathalie Plaat et la chronique poétique de Emné Nasereddine

Pour le temps des fêtes, offrez-vous du temps pour lire !

C'est l'autrice et psychologue Nathalie Plaat qui tient le Carnet dans nos pages cette année, dans lequel elle déploie une réflexion en quatre volets sur la famille, la filiation et la quête des origines. Si vous aimez sa prose, ne manquez pas les prochaines livraisons de sa chronique : abonnez-vous !

Vous pourriez en plus gagner un exemplaire dédicacé de son plus récent livre, Chroniques d'une main tendue, paru aux Éditions Somme toute (2023).

ABONNEZ-VOUS AVANT LE 15 DÉCEMBRE (9H) POUR PARTICIPER AU TIRAGE

Code promo : NOËL

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Dans la prochaine année, nos dossiers porteront sur des sujets aussi variés que la guerre et la paix, les arbres, la nation et les imaginaires politiques, ainsi que les nouvelles réalités amoureuses et familiales. Le tout, toujours avec la même rigueur et le même engagement solidaire qui caractérisent le travail de Relations.

Pour nous soutenir, la meilleure façon reste de s'abonner ou de vous réabonner !

Joyeuses fêtes 2023 !

Livre : Critique du « colonialisme vert »

12 décembre 2023, par Laurent Bonnefoy — ,
Un stimulant ouvrage collectif questionne les impasses des politiques de transition énergétique en Afrique du Nord. Ses chapitres successifs illustrent, études de cas à (…)

Un stimulant ouvrage collectif questionne les impasses des politiques de transition énergétique en Afrique du Nord. Ses chapitres successifs illustrent, études de cas à l'appui, combien le discours sur l'environnement est fréquemment corrélé à des logiques d'accaparement des terres et des ressources par les économies occidentales. Il se trouve alors à l'origine d'un véritable « colonialisme vert ».

Tiré d'Orient XXI.

L'unanimisme apparent des discours internationaux sur le dérèglement climatique et la nécessité d'y faire face occulte bien des enjeux. Il néglige notamment d'interroger les mécanismes de domination que les politiques de transition à l'œuvre préservent largement, voire réinventent. Depuis la COP 27, et au cours de la préparation de la COP 28 de Dubaï, la question de la justice climatique à travers la mise en place de mécanismes de compensation (liés aux dites « pertes et dommages ») pour les pays du Sud a pu être discutée, mais manque indéniablement d'ambition.

LES IMPENSÉS DE LA TRANSITION
À point nommé, l'intérêt de l'ouvrage collectif dirigé par Hamza Hamouchene, chercheur et militant rattaché au Transnational Institute, et Katie Sandwell, chargée de programme dans ce même centre basé à Londres, est d'éclairer les angles morts des politiques de transition climatique, apparemment généreuses, progressistes et « justes ». À travers neuf études de cas du Maroc au Soudan, les autrices et auteurs, quasiment tous issus des sociétés concernées, invitent en quelque sorte leur lectorat à penser contre lui-même, c'est-à-dire à considérer les limites de politiques dites « vertes » telles que développées en Afrique du Nord. Ils déploient ainsi une approche volontiers critique qui remet en question l'eurocentrisme de récits écologistes souvent simplificateurs.

Prendre au sérieux l'urgence de la justice climatique et souligner les effets pervers de la transition énergétique sur les sociétés de cette région du monde est un impératif autant moral que pratique. Les chapitres successifs de l'ouvrage illustrent en particulier combien les discours portés par les gouvernements et multinationales sur ces sujets servent aussi en réalité à entretenir, parfois même à relégitimer, la domination néocoloniale. Ils justifient par exemple en Algérie les logiques extractivistes de pillage des ressources naturelles aux dépens des populations, et en particulier des agriculteurs, tout en alimentant les politiques autoritaires qui servent surtout les intérêts des plus riches.

Un « orientalisme environnemental »

Le procès du « greenwashing » qui est mis en œuvre par les programmes d'énergies renouvelables, qu'ils soient solaires ou axés sur l'hydrogène, est ici fort convaincant. Les cas d'études s'appuient sur des données concrètes et incarnent un souci remarquable pour les expériences quotidiennes des « premiers concernés » : usagers des services publics de l'électricité au Soudan, anciens travailleurs d'une mine au Maroc ou militants œuvrant pour la justice. Par-delà ces cas individuels se dessinent des politiques climatiques marquées par un « orientalisme environnemental », c'est-à-dire la construction d'un environnement nord-africain perçu comme dégradé et vide qu'il conviendrait de corriger en l'exploitant convenablement. Cette logique, comme l'expliquent Hamza Hamouchene et Katie Sandwell dans leur introduction, sert à légitimer les structures de domination et de dépossession qui se trouvent toujours à l'œuvre dans les projets énergétiques. À cet égard, que l'énergie soit dite « verte » ne change rien à l'affaire. L'exemple le plus éloquent est celui de la Tunisie où la transition s'inscrit dans des logiques de privatisation faisant intervenir des capitaux étrangers qui accroissent la dépendance, sans réduire la consommation de CO2 ni les atteintes à l'environnement.

La réflexion transversale sur la justice climatique est ici stimulante dans la mesure où elle fait appel à des voix militantes actives dans les sociétés nord-africaines. Mais le discours qui a valeur de programme apparait parfois marqué par une certaine abstraction. On regrettera que la construction et l'isolation des bâtiments, essentielle aussi dans les pays où la climatisation se répand, soit ici ignorée. La question des aspirations variées des populations d'Afrique du Nord, et l'attrait exercé auprès d'un nombre significatif d'entre eux par des modèles de développement peu sobres, tel celui de Dubaï où se tient la COP 28, reste une aporie. L'enjeu dépasse certes l'ouvrage lui-même et vient interroger la nécessité, parallèlement à la justice, de construire un imaginaire écologiste réellement désirable pour toutes et tous.

Hamza Hamouchene et Katie Sandwell (dir.)
Face au colonialisme vert. Transition énergétique et justice climatique en Afrique du Nord
Syllepse/Transnational Institute, 2023
245 p.

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