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Regroupement des médias critiques de gauche (RMCG)

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2008-2013 : À la défense des services publics

19 janvier, par Claude Vaillancourt — , ,
La période allant de 2008 à 2013 a été fortement marquée par la nécessité de défendre les services publics. S'il s'agit-là d'une préoccupation récurrente à la revue, le moment (…)

La période allant de 2008 à 2013 a été fortement marquée par la nécessité de défendre les services publics. S'il s'agit-là d'une préoccupation récurrente à la revue, le moment était particulièrement propice pour développer une solide réflexion sur la question, alors que le modèle québécois était attaqué de front par le gouvernement de Jean Charest, puis par celui de Philippe Couillard, ceux-ci adoptant différentes formules pour justifier leur offensive : réingénierie, révolution tarifaire, principe de l'utilisateur payeur, rigueur budgétaire.

C'est d'ailleurs le numéro incluant le dossier Nos services publics, un trésor collectif en péril, qui a été le plus vendu de notre histoire. Commandé par le Front commun, en pleine période de négociations du secteur public et parapublic, ce dossier a été rédigé en toute liberté éditoriale, avec la même rigueur et le même sentiment d'indignation qui caractérise une grande partie de notre travail.

Il a été précédé de quelques mois par L'Université entre déclin et relance, qui présentait des menaces concernant nos universités : mauvais financement, type de gestion inspiré du privé, limitations de la liberté académique, etc. Les idées de ce dossier ont d'autant plus circulé qu'on en a imprimé un tiré à part largement distribué. Le texte que nous avons retenu de Normand Baillargeon, tiré de sa chronique sur l'éducation, élabore une réflexion plus générale, et qui reflète bien, en partie, l'essence de débats si bien ancrés dans l'air du temps. La santé n'a pas été négligée et le dossier Santé, état d'urgence l'abordait sous l'ange de la privatisation, une tendance hélas toujours prévalente aujourd'hui.

La bataille pour les services publics a atteint un point culminant avec les manifestations étudiantes contre la hausse des droits de scolarité. La rapidité avec laquelle le mouvement a trouvé un très large appui dans la population et l'ampleur des revendications — qui ont débordé sur la piètre question de la gestion de l'État par les libéraux — tout cela donc, nous a forcé à réagir rapidement. Ce qui n'est pas évident dans une revue, alors que les numéros sont préparés très longtemps d'avance !

Nous avons alors préparé, aussi vite que nous l'avons pu, le court dossier Grève étudiante et lutte sociale, en parallèle à celui qui était prévu sur le sport dans son appropriation citoyenne, puis, dans le numéro suivant, Le printemps érable, ses racines et sa sève, plus élaboré et réalisé en partie avec des acteurs et actrices de la grève. Le texte de Diane Lamoureux sélectionné ici rend bien compte d'un des choix que les étudiant·es et les personnes qui les appuyaient ont faits, celui de désobéir, de refuser de se laisser mater par une loi spéciale mal ciblée et antidémocratique.

Bien sûr, cette préoccupation de défendre les services publics ne doit pas occulter la variété des sujets abordés pendant cette période, surtout ceux portant sur des préoccupations récurrentes chez nous, comme le féminisme, la culture, l'industrie numérique.

Comme toujours, À bâbord ! aime commémorer le passé et les luttes militantes, en présentant des dossiers sur 1968, sur la contribution de « femmes inspirées et inspirantes » et l'œuvre d'un penseur aussi marquant que Noam Chomsky. Et cela tout en plongeant un regard vers l'avenir, en abordant un sujet qui prendra par la suite une grande place, soit l'éthique animale, ou en réfléchissant sur les « promesses et les périls du numérique » sur la « démocratisation de l'économie » ou sur les « mutations de l'univers médiatique ». « Facebook, un ami qui vous veut du bien », de Philippe de Grosbois, l'un des collaborateurs les plus actifs de la revue et membre du collectif, montre que dès le départ, les intentions de cette multinationale ont été bien dévoilées, par une explication de son fonctionnement encore très pertinente aujourd'hui. Relire ces numéros permet de constater à quel point notre revue a su s'intéresser à quelques grandes tendances qui seront largement abordées par la suite.

Nous tenons finalement à signaler deux dossiers intemporels et très particuliers, d'abord Apocalypse et politique, et pour contrer la noirceur de ce sujet, L'utopie a-t-elle un avenir ? Entrevoir le pire (l'apocalypse), puis imaginer le mieux (l'utopie), en toute lucidité, n'est-ce pas en quelques mots une façon frappante de résumer l'orientation d'À bâbord ! ?

2013-2018 : Austérité et crise démocratique

19 janvier, par Valérie Beauchamp — , ,
Un an après la grève étudiante de 2012, les impacts de ce mouvement social historique continuent de se faire sentir. Riche d'une expérience politique qui a permis à plusieurs (…)

Un an après la grève étudiante de 2012, les impacts de ce mouvement social historique continuent de se faire sentir. Riche d'une expérience politique qui a permis à plusieurs citoyen·nes de se familiariser avec le fonctionnement de la démocratie directe, la rue demeure un lieu actif de prise de pouvoir pour revendiquer des changements sociaux.

Par contre, plusieurs sont sorti·es de cette grève désabusé·es du système de démocratie représentative : l'élection de septembre 2012 aura mis fin à la grève sans apporter de changements significatifs. Les cinq années présentées ici sont porteuses de cette tension qui émerge entre les revendications des mouvements sociaux exprimées dans la rue et un désabusement face à l'état de notre système démocratique qui n'arrive pas à donner un sens à cette grogne populaire contre le néolibéralisme. Cette réflexion sur l'état de la démocratie en Occident est un thème important à À bâbord ! entre 2013 et 2018, avec plusieurs dossiers qui se penchent directement sur l'enjeu du déficit démocratique. La question est posée à savoir comment la rue et les urnes peuvent apparaître aussi déconnectées l'une de l'autre.

De fait, autant au Québec qu'à l'international, les mouvements sociaux s'organisent contre les attaques au filet social portés par des régimes autoritaires. Au Québec, les années 2015 et 2016 sont marquées par une forte mobilisation contre les mesures d'austérité du gouvernement Couillard. À chaque numéro paru durant cette période, plusieurs articles font état du saccage de nos services publics et la revue a organisé en avril 2016 un colloque sur notre système de santé. Dans cette période, des dossiers d'À bâbord ! abordent directement ce repositionnement de l'appareil étatique qui délaisse sa mission de protection sociale sous l'excuse de l'austérité.

Les années 2013-2018 représentent aussi une période de luttes contre les hydrocarbures, particulièrement contre des projets de pipelines sur le territoire. Rappelons que c'est en 2013 que TransCanada a proposé le projet d'oléoduc Énergie Est dont une des composantes centrales était la construction d'un port pétrolier à Cacouna, à un endroit réputé pour être la pouponnière des bélugas. La modification du projet en 2015 représente une victoire marquante pour la justice climatique et la mobilisation des groupes de la société civile autour de cet enjeu. Finalement, cette période est marquée par une mobilisation historique des peuples autochtones au Canada qui s'organise autour de revendications pour leurs droits territoriaux ainsi que pour la protection de l'environnement. Parallèlement, c'est en 2015 que la de Commission vérité et réconciliation conclue au génocide culturel des peuples autochtones par l'État canadien. En mai 2014, À bâbord ! se penche spécifiquement sur ces luttes avec un dossier consacré aux résistances autochtones, bien que plusieurs articles publiés entre 2013 et 2018 font état de leurs revendications et stratégies de mobilisation.

Les deux textes choisis pour illustrer cette période témoignent de la continuité de certaines luttes. Le premier, publié en 2015 et écrit par Nadine Lambert et Jean-Pierre Larche, porte sur la réforme Barrette du Parti libéral du Québec (PLQ) en démontrant en quoi il s'agit d'un virage vers la privatisation de nos services sociaux et de santé. La nouvelle réforme qui nous sera imposée dans le système de santé par le projet de loi 15 apparaît en continuité avec cette tendance. Nous nous retrouvons devant le même constat, soit une place toujours plus grande accordée au privé dans l'organisation de notre filet social. Le deuxième texte fait écho au mouvement #MeToo qui marque un tournant sur la notion de consentement, notamment pour le harcèlement de rue que subissent les femmes au quotidien. Martine Delvaux, dans sa chronique féministe d'hiver 2014, s'interroge sur les réactions suscitées par les propos de Judith Lussier qui a dénoncé, dans un numéro d'Urbania de 2013, les micro-agressions qu'elle subit dans la rue. Ce texte est inspirant, car il montre le changement de ton qu'il est possible d'observer aujourd'hui dans la réception de ces témoignages. Bien qu'il reste des luttes à mener pour faire en sorte que l'espace public soit un lieu sécuritaire pour toutes, ce texte témoigne des changements sociaux que le mouvement #MeToo a provoqués.

2018-2024 : De nouveaux horizons

19 janvier, par Samuel Raymond — , ,
Les années 2018 à 2024 ont été animées pour À bâbord !. Nous sommes passés de cinq numéros par années à quatre, nous avons profité du retour progressif d'une équipe régulière (…)

Les années 2018 à 2024 ont été animées pour À bâbord !. Nous sommes passés de cinq numéros par années à quatre, nous avons profité du retour progressif d'une équipe régulière de création d'images originales et poursuivi la série des numéros sur les régions. À ces éléments s'ajoutent les chroniques régulières qui maintiennent le cap depuis des années. Signalons aussi deux séries d'articles notables : celle sur les États généraux en éducation (Wilfried Cordeau) et celle sur les GAFAM (Yannick Delbecque).

Mentionnons aussi la précieuse collaboration d'Anne-Laure Jean au graphisme. Elle a grandement contribué au façonnement de la nouvelle image de la revue, une étape marquante qui nous a donné un nouvel élan. Nous sommes absolument reconnaissant de tout son travail régulier et de qualité.

Sur une note moins joyeuse, deux camarades de la revue sont décédés durant ces années. Il s'agit de Léa Fontaine et Jean-Marc Piotte. Tous deux ont crucialement travaillé au développement de la revue. Nous avons célébré leur mémoire dans nos pages à travers plusieurs articles hommages.

Dans un autre ordre d'idées, la revue a connu des difficultés financières majeures en 2019. Les efforts du collectif et la mobilisation du lectorat ont favorisé une stabilité, mais il n'en demeure pas moins qu'aujourd'hui, les défis sont toujours présents.

Malgré ces défis, À bâbord ! a accompagné les réflexions sur les enjeux sociaux de l'heure comme la pandémie de COVID-19, la crise des médias, la crise du logement, le racisme et bien plus. Par ailleurs, bien que les angles d'analyse suivants figuraient régulièrement dans les pages des périodes antérieures de la revue, la période allant de 2018 à 2024 a créé une place plus prégnante pour l'analyse intersectionnelle des oppressions et la pensée décoloniale. Ces éléments ont amené un approfondissement de la couverture des luttes autochtones, des luttes LGBTQ+ et de la justice climatique.

Finalement, en 2022 le collectif d'À bâbord ! a été particulièrement impliqué dans la création du Regroupement des médias critiques de gauche. Un espace pour s'entraider et favoriser la mise en commun des forces et ressources de plusieurs médias alternatifs.

Le premier texte sélectionné est la chronique initiale « Sortie des cales » de Jade Almeida : « Racisme systémique. Pirouettes et bistouri » paru dans le numéro 86. L'autrice fait la lumière sur l'hypocrisie d'un gouvernement voué à maintenir le statu quo sur la question coloniale et raciste. Alors que la décennie semblait paver la voie à une remise en question du système par la conjugaison de mouvements de lutte tel qu'Idle no more et la création d'enquêtes d'envergures sur la situation coloniale, l'article montre l'impasse de la situation coloniale.

Le deuxième texte, paru dans le numéro 80 et rédigé par Frédéric Legault, illustre l'attention portée à ce qui s'annonce l'un des plus grands défis des prochaines décennies : la crise climatique. Il met la table sur ce qui nous attend, mais aussi sur une option possible pour espérer changer la donne : la grève climatique. Ce texte, « Pourquoi faire la grève climatique ? », s'interroge sur l'escalade des moyens de pression à utiliser pour forcer les élites économiques et politiques à répondre concrètement à l'urgence de la situation.

Finalement, le texte « L'illibéralisme, le nouvel encerclement », rédigé par Claude Vaillancourt et paru dans le numéro 96, aborde la montée d'un phénomène politique d'une ampleur mondiale, celui de l'illibéralisme, « une forme hybride entre la dictature et la démocratie ». Le texte nous amène à en cerner les influences jusqu'au Québec et au Canada. Au final, c'est à une considération profonde sur l'avenir de nos systèmes politiques que nous sommes convié·es.

Lancement du dossier « Épiceries. Faim de justice » le 10 février

Le collectif de la revue À bâbord ! vous invite au lancement de son numéro 106 106 et du dossier « Épiceries. Faim de justice ». Plusieurs auteurs et autrices du numéro (…)

Le collectif de la revue À bâbord ! vous invite au lancement de son numéro 106 106 et du dossier « Épiceries. Faim de justice ».

Plusieurs auteurs et autrices du numéro seront sur place pour prendre parole et présenter leur article !

Ça se passe à la librairie N'était-ce pas l'été (6702 St-Laurent, Montréal), le mardi 10 février à 18h30.

Entrée libre, bienvenue à toutes et à tous !

Déroulement de la soirée : présentation du dossier, présentations de divers articles du numéro 106 par des auteur.trices. Par la suite, breuvages et discussions informelles !

Vente sur place des numéros. Breuvage disponible sur place (alcool/sans alcool).

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