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La progression de l’extrême-droite au Québec, un état des lieux par Montréal antifasciste

9 juin, par Montreal antifasciste — , ,
La plupart des observateur et observatrices conviendront que l'extrême-droite connaît une poussée au Québec et dans la plupart de pays de la planète, En connaître la portée (…)

La plupart des observateur et observatrices conviendront que l'extrême-droite connaît une poussée au Québec et dans la plupart de pays de la planète, En connaître la portée réelle, les acteurs et actrices de cette mouvance, leurs orientations et les mobilisations qu'elle organise nous semble important pour lutter efficacement contre ce fléau. Montréal anti-fasciste, un collectif de personnes préoccupées par la progression des discours et manifestations haineuses et exclusionnistes, présente périodiquement un « état des lieux » de la situation actuelle au Québec. Nous vous en présentons quelques extraits et vous invitons à lire l'intégral du document. (PTAG)

En résumé, jusqu'ici...

Sur le plan international, la guerre d'agression russe s'est enlisée en Ukraine ; le gouvernement israélien, contrôlé par ses éléments les plus fanatiques, a perpétré un génocide au vu et au su du monde entier, profitant de la complicité active des États-Unis et de la pitoyable inaction du monde occidental ; et 77 millions d'Américain·e·s ont réélu un violeur pédocriminel fasciste comme président, plongeant leur pays et le monde entier dans une instabilité chronique dont la brutale agression israélo-américaine en Iran et au Liban n'est que la plus grotesque des manifestations récentes. Dans le même temps, la caste des oligarques technofascistes a verrouillé son emprise sur les instruments du capitalisme algorithmique, y compris sur une « intelligence artificielle » dont il est impossible de prédire les conséquences.

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À l'échelle fédérale, le gambit national-populiste de Pierre Poilièvre s'est retourné contre lui au lendemain de l'élection de Donald Trump aux États-Unis. L'électorat canadien a préféré miser sur une valeur sûre en reconduisant au pouvoir un Parti libéral, désormais commandé par un banquier de carrière se présentant comme le sauveur du peuple face à la menace trumpiste. Depuis son arrivée au pouvoir, toutefois, Mark Carney ne cesse de confirmer le caractère résolument conservateur de son gouvernement, comme en fait foi la série de transfuges du Parti conservateur du Canada qui lui ont assuré une majorité au parlement. Au niveau de la rue, les mouvements suprémacistes blancs sont plus et mieux organisés au Canada anglais qu'ils ne l'ont été depuis au moins une génération, avec la prolifération d'organisations « nationalistes » comme Diagolon, Second Sons et le réseau néonazi des Active Clubs.

Nous constations en 2023 que l'extrême droite de type groupusculaire (Atalante Québec, Fédération des Québécois de souche, La Meute, Storm Alliance, Soldiers of Odin, etc.) était en repli au Québec, mais qu'en revanche — ou justement, parce que —, plusieurs des notions mises de l'avant par l'extrême droite en matière d'immigration et d'identité sont reprises de plus en plus explicitement dans les discours du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de l'opposition du Parti Québécois (PQ), tout comme dans le commentariat de certains médias. Cette tendance lourde, qui reflète une consolidation « culturelle » du bloc nationaliste conservateur – doublée d'une diabolisation constante et soutenue des idées progressistes – ne s'est pas démentie, et s'est même accélérée.

Le Parti conservateur du Québec d'Éric Duhaime porte quant à lui un conservatisme réactionnaire avant tout centré sur le démantèlement des services publics et la préservation des privilèges matériels d'une classe moyenne repliée sur ses intérêts. Sous son argumentaire « autonomiste », il reprend néanmoins des thèses nationalistes ethniques et identitaires, en particulier dans sa version islamophobe. Ceci s'effectue souvent au nom d'une majorité laïque, exigeant que prime sa volonté au nom d'une démocratie qui écrase les droits des minorités au moyen de la fameuse clause dérogatoire.
La partie émergée – et complètement normalisée – de cette extrême droite est le nationalisme identitaire conservateur/réactionnaire qu'incarnent des figures comme Mathieu Bock Côté (MBC). Ce dernier a exercé une influence considérable sur le gouvernement de la CAQ tout au long de ses deux mandats et reconduira sans doute cette influence sur un éventuel gouvernement péquiste. D'autres comme lui déversent dans les journaux et sur les plateaux du groupe Québecor un flot continu de chroniques mesquines, blâmant l'immigration pour tous les maux objectivement imputables aux décisions de la classe politique au fil des dernières décennies, répétant comme un mantra que le Québec a dépassé sa présumée « capacité d'accueil ».

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Le nationalisme conservateur bon chic bon genre du dandy MBC et de ses émules se déverse dans le nationalisme à caractère ethnique (l'ethnonationalisme), lequel contient presque toujours une dimension de « racisme scientifique ». Celle-ci le conduit à se déverser dans le fascisme bona fide sous ses diverses déclinaisons, y compris dans les cas extrêmes, dans le néonazisme et le nihilisme accélérationniste à prétention génocidaire. Il faut bien comprendre que toutes ces catégories se retrouvent sous une forme ou une autre au Québec, qu'il existe un degré important de porosité entre elles et qu'il est impossible de prédire l'ampleur que l'une ou l'autre peut prendre à tout moment ou la vitesse à laquelle cette expansion peut se produire.

En guise de porte d'entrée, l'organisation « jeunesse » Nouvelle Alliance (NA) représente aujourd'hui le pôle nationaliste identitaire/ethnique : une extension du discours des MBC et cie, pour l'essentiel dépouillé des pires excès de langage. Cela n'empêche pas ses militants de pousser régulièrement la limite de l'acceptable, avec des évocations répétées de la « submersion migratoire » et autres euphémismes ou dog whistles rappelant implicitement la thèse complotiste du « grand remplacement ». Le nationalisme de NA revendique ouvertement la priorité (ou la « préférence ») nationale et la défense des intérêts de la majorité historique canadienne-française, en projetant dans sa propagande une image d'Épinal rétrofuturiste d'un Québec indépendant où cette majorité pourra imposer sans partage sa domination culturelle et, surtout, ethnodémographique. La question de l'immigration est déjà présentée ici comme une menace à la survivance de la nation canadienne-française.

Viennent ensuite le projet de « réinformation » Nomos-TV et la communauté d'esprit qui s'est créée en ligne autour de ses principaux animateurs. Fièrement ethnonationaliste et très souvent ouvertement raciste (voir l'article de Montréal Antifasciste révélant la violence des propos tenus dans leur forum privé), le projet Nomos sert en quelque sorte de courroie de transmission entre les diverses tendances de l'extrême droite locale. Son principal animateur, Alexandre Cormier-Denis (voir l'article que Montréal Antifasciste lui a consacré et les passages à son sujet ci-dessous), est sans contredit héritier de la tradition néofasciste qui, depuis les années 1970, œuvre à la réhabilitation des thèmes de l'extrême droite historique sur le plan culturel. Cette tradition adopte une approche dite « métapolitique », en vue d'une éventuelle saisie du pouvoir politique. Est-il nécessaire de signaler que c'est précisément la dynamique à laquelle nous assistons de manière accélérée depuis plusieurs années, en Europe, aux États-Unis et ici même ?

Faisant figure d'idiots utiles à cet égard, de nombreux personnages publics leur prêtent leur notoriété ou les invitent sur leurs plateformes. C'est le cas notamment de la Radio X de Québec, où Philippe Plamondon et Sébastien de Crèvecœur de Nomos-TV tiennent chronique, de Richard Martineau, qui relaie régulièrement des éléments de propagande sur ses médias sociaux, ou de Benoît Dutrizac, qui reçoit à son émission sur QUB radio des individus clairement associés à l'extrême droite, dont Alexandre Cormier-Denis lui-même.

Il existe en outre toute une constellation d'influenceur·euse·s, de médias « alternatifs » et de podcasters moins connu·e·s qui se taillent une place dans l'écosystème et alimentent en permanence les chambres d'échos islamophobes/xénophobes/transphobes. Combinant leurs influences, tou·te·s ces intervenant·e·s participent activement à élargir la fachosphère, à amplifier la voix de ses porte-parole les plus strident·e·s et à impulser un certain mouvement, au point où beaucoup déclarent être en train de gagner la « bataille des idées » face à la gauche.

Bouclant la boucle, par calcul cynique, certains politiciens n'hésitent plus à racoler ce segment de l'électorat soumis à l'influence de l'extrême droite. C'est le cas notamment de Paul Saint-Pierre Plamondon qui a accordé une entrevue à Rebel News (voir le passage à ce sujet, ci-dessous) en avril dernier, et dont même d'ex-député·e·s et ministres de son parti s'inquiètent en secret que leur chef entretienne « une proximité idéologique inquiétante avec Mathieu Bock-Côté », selon l'analyste de la politique québécoise Michel David.

Puis enfin, à la frange de cet écosystème toxique, l'on retrouve des projets comme le Frontenac Active Club, qui épousent une éthique ouvertement suprémaciste blanche et se complaisent sans vergogne dans l'imaginaire néonazi. Les Active Clubs, comme le réseau White Lives Matter avant eux, ainsi que toute la constellation des groupuscules « nationalistes » canadiens comme Second Sons, Diagolon ou Loyalist Pioneers, s'inscrivent de façon claire dans la continuité du néonazisme nord-américain (voir le Patriot Front). Ces groupes combinent les codes boneheads (nationalisme blanc 1.0) à ceux de l'alt-right (nationalisme blanc 2.0) et à certains éléments des mouvements identitaires européens, à l'instar du maintenant défunt groupuscule Atalante Québec, qui se rattachait quant à lui à la tradition dite « nationaliste révolutionnaire ».

Les idées et valeurs de l'extrême droite se retrouvent à tant d'endroits aujourd'hui qu'il nous est impossible de tout traiter en détail. Nous aurions pu, par exemple, présenter longuement Romain Gagnon (ing.), auteur raciste et masculiniste et vice-président des Sceptiques du Québec, pour qui il signe des textes dénonçant le port du hidjab et le prétendu « entrisme idéologique » islamique à l'Ordre des ingénieurs du Québec. L'intolérance des Sceptiques du Québec à l'égard des transidentités est si forte que l'association a été exclue, en 2022, de la Fédération des Initiatives pour le Développement de l'Esprit critique et du Scepticisme Scientifique. Sans nécessairement qualifier ces groupes d'« extrême droite », on peut tout de même constater de fortes crispations d'intolérance face aux personnes trans et aux communautés musulmanes dans le collectif féministe Pour le droit des femmes (PDF) et dans le Réseau éducation, sexe et identité (RÉSI), par exemple, qui s'affichent pourtant comme progressistes.

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Bilan de la CAQ

Le virage identitaire d'une partie de la classe politique québécoise ne date pas d'hier. De l'avis de plusieurs[1], le milieu indépendantiste a entamé un repli en ce sens dès le lendemain de la défaite référendaire de 1995, une dérive qui s'est accélérée au cours des années 2000 avec la crise des « accommodements raisonnables », stimulée à des fins électoralistes par Mario Dumont et l'Action démocratique du Québec (ADQ), et qui s'est poursuivie avec l'épisode de la « Charte des valeurs québécoises » pilotée par Bernard Drainville, alors ministre du Parti Québécois. Ce déplacement d'un nationalisme plus civique (« Quiconque vit au Québec est Québécois·e ») à un nationalisme surtout ethnique (« Nous », la majorité d'origine canadienne-française, contre « eux », les minorités) s'est confirmé avec la victoire de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et la mise en œuvre de son programme législatif liberticide.

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De tous les acteurs et actrices engagé·e·s dans cette course vers le bas, le chef du Parti Québécois (PQ), Paul Saint-Pierre-Plamondon, est peut-être le moins subtil et le plus irritant. Lui qui, quelques années à peine avant de prendre la direction du parti, vantait encore les vertus de l'ouverture et de l'inclusion, a opéré un retournement de veste complet et racole désormais ouvertement l'électorat d'extrême droite par soif du pouvoir. À quoi bon se priver d'être raciste, si cela permet de devenir premier ministre ? Par exemple, il savait exactement ce qu'il faisait lorsqu'il a accordé une entrevue de fond à Rebel News et, quelques jours plus tard, lorsqu'il a répondu à une question de Léo Dupire, le porte-parole de Québec Fier (proche du Parti conservateur du Québec), dans le cadre d'un townhall du Centre pour Israël et les affaires juives (CIJA) en brandissant la menace que ferait planer le « frérisme » (en référence aux Frères musulmans égyptiens) sur le Québec. Ce délire est tout droit sorti du répertoire de l'extrême droite européenne, ce qui n'a pas empêché le chroniqueur du Devoir et ancien chef du PQ, Jean-François Lisée, de le reprendre peu après pour justifier les propos douteux de PSPP. Les prises de position récentes et la rhétorique endurcie de ce dernier trahissent ainsi son intention de grappiller les votes des droitistes déçus pour qui la CAQ n'est pas allée assez loin dans les politiques anti-immigration, l'islamophobie et l'antiwokisme tous azimuts. Pour l'instant, le PQ continue de promettre un référendum sur l'indépendance dès un premier mandat s'il est élu, mais il est permis de se demander ce à quoi ressemblerait un Québec souverain sous une pareille direction.

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MBC et le nationalisme conservateur

Mathieu Bock-Côté (MBC), dont le fonds de commerce consiste depuis belle lurette à calomnier l'Islam, l'immigration, les « néoféministes » et les personnes trans, a poursuivi sa dérive fascisante, notamment en publiant l'an dernier un nouveau livre (Les deux Occidents, 2025) pour dénoncer — encore et toujours — le diabolique « régime diversitaire ». Il y critique les États libéraux comme la France, qu'il compare sans rire au système totalitaire de l'URSS, ce qu'il avançait déjà dans son livre précédent, Le totalitarisme sans le goulag (2023), mais qu'il réitère ici avec encore plus de hargne et d'hyperbole.

Il défend par ailleurs la ligne autoritaire du trumpisme, qui répondrait selon lui aux aspirations du « vrai » peuple… Ce dandy mondain se présente ainsi encore comme un « dissident » et continue de rejouer inlassablement la cassette qu'il use depuis presque 30 ans : l'extrême droite n'existe tout simplement pas (ses critiques seraient d'ailleurs incapables de la définir), et qualifier une personne ainsi n'a pour seul objectif que de la disqualifier de l'espace public par des moyens malhonnêtes.

Il a, dans le même esprit, défendu une grande manifestation xénophobe en Grande-Bretagne en septembre 2025, organisée par le militant anglais Tommy Robinson, et à laquelle Éric Zemmour (qui a servi de mentor à MBC dans l'écosystème médiatique français) a été invité à prendre la parole. À en croire MBC, tout cela n'a rien à voir avec l'extrême droite, car le bon peuple anglais ne fait que défendre son identité : « La manifestation de Londres n'avait rien de honteux. L'associer à “l'extrême droite” relève du salissage », a-t-il même osé déclarer. Pourtant, même les médias auxquels il collabore au Québec — Journal de Montréal et TVA — et en France — CNews et Le Figaro — qualifient Tommy Robinson de militant d'« extrême droite » !

Pour bien saisir l'état d'esprit de MBC, il est aussi intéressant de rappeler sa défense de Nigel Farage, un politicien d'extrême droite anglais qui a dirigé le parti Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) et qui est aujourd'hui à la tête du parti Reform UK. D'après Mathieu Bock-Côté, il s'agit d'« un homme tout à fait honorable, qu'il est scandaleux d'extrême-droitiser, [il] a été un acteur majeur de la longue campagne pour le Brexit et la restauration de la souveraineté britannique. […] Vrai tribun, homme de culture, drôle et éloquent, militant pugnace aux convictions inébranlables, il est parvenu à transformer le débat public ». Or, le journal The Guardian révélait, en mars 2026, que cet « homme tout à fait honorable » a accepté d'être payé par Diagolon, le groupe suprémaciste blanc canadien, pour enregistrer des vidéos en appui aux actions de ses leaders, dont le « Road Rage Terror Tour ».

S'il s'entête à répéter qu'il ne faut surtout jamais associer qui que ce soit à l'extrême droite, cette fameuse « catégorie fantomatique », Mathieu Bock-Côté ne se gêne pas pour sa part de qualifier régulièrement les « antifas » d'« ultra-gauche » et d'« effondrés psychiques » ultraviolents (et apparemment très riches), les désignant même comme les « vrais fascistes », reprenant une formule dont la profonde absurdité n'a pas empêché qu'elle devienne un cliché omniprésent dans les milieux réactionnaires. Bien d'autres l'ont remarqué avant nous : une partie du modus operandi de MBC consiste précisément à faire lui-même ce qu'il reproche constamment à ses adversaires.

Bock-Côté fait régulièrement la promotion de leaders de l'extrême droite française, comme Éric Zemmour et Marion Maréchal LePen (avec qui il a été récemment aperçu dans un chic restaurant parisien). Enfin, il n'est pas seulement le chouchou des milliardaires propriétaires de médias de masse, il est aussi l'enfant chéri de magazines d'extrême droite, faisant par exemple la Une du numéro de janvier 2026 de la revue Éléments : Pour la civilisation européenne, fondée par Alain de Benoist et qualifiée de revue de la « Nouvelle Droite », aujourd'hui proche de la Nouvelle librairie, établissement d'extrême droite logé à Paris.

MBC forme par ailleurs une relève, dont Étienne-Alexandre Beauregard (ÉAB) est sans doute la figure la plus en vue, après Philippe Lorange. MBC a notamment invité ÉAB à ploguer son livre sur « l'effondrement de la civilisation occidentale » (sous l'effet des valeurs de gauche, évidemment) à son émission sur CNews en octobre 2025. Celui-ci a aussi eu la chance d'être interviewé, dans la même tournée en France, par des journaux d'extrême droite comme Frontières et Causeur. Au Québec, ÉAB a aussi été le rédacteur des discours de François Legault pendant plusieurs années. Notons son invitation récente par le comité du PQ à l'Université Laval pour une conférence « sur la nation québécoise ».

Il est incontestable que MBC et son poulain ont exercé une influence sur les orientations de la CAQ et que par conséquent, la tendance nationaliste conservatrice que représentent Bock-Côté et Beauregard, laquelle garde un pied dans le libéralisme autoritaire et un autre dans l'extrême droite, a déteint sur la culture politique au Québec. C'est sans doute en partie de cette brèche politique, ou du moins de cet univers idéologique, qu'a notamment pu émerger une organisation comme Nouvelle Alliance.

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Médias « alternatifs », pseudo-journalistes, intellos et influenceur-euse-s

Il s'est développé au Québec, depuis quelques années, toute une constellation de pseudo-médias sur le web qui se targuent de défendre la liberté de penser « au-delà des dogmes et des tabous ». Ces derniers se contentent en réalité de régurgiter les dogmes de la droite dure, voire de l'extrême droite, surtout au sujet de l'immigration, de l'Islam et des transidentités, en plus de s'en prendre à la gauche progressiste et à la gauche radicale, toutes confondues dans la catégorie fourre-tout du « wokisme ».

Rebel News Québec

Rebel News Québec est une section locale de l'organisation d'extrême droite Rebel News (autrefois Rebel Media) fondée en 2015 par l'avocat et militant canadien Ezra Levant. La section québécoise a été lancée en avril 2017 ; en date de mai 2026, elle avait produit 430 vidéos, comptait 27 000 abonnés et revendiquait 2 700 000 visionnements. Ses principaux activistes sont Alexandra « Alexa » Lavoie, qui agit à titre de « reporter » de terrain, et Guillaume E. Roy, qui lui sert de caméraman.

Sur son site, le collectif militant se présente ainsi :
« Chez Rebel News Québec, nous suivons les faits peu importe où ils mènent — et quand ça va à contresens du récit de l'establishment, c'est notre mission de vous montrer l'autre côté de l'histoire ! Nous abordons les enjeux sociopolitiques qui affecteront la vie des Québécois dans les années à venir, sans filtre ni censure. »

Or, son nom est doublement trompeur, car ce projet n'est ni rebelle ni un véritable média d'information. D'abord plutôt marginal et méconnu, il a gagné en influence au cours des dernières années sur les médias sociaux, et même sur la scène politique à l'occasion des manifestations propalestiniennes, qu'il cherchait activement à discréditer.

En avril 2025, lors des élections fédérales, les agitateur·trice·s de Rebel News ont aussi attiré l'attention en perturbant la conférence de presse qui suivait le débat des chefs en français, en posant des questions pour le moins orientées. Par exemple, ils ont demandé au chef du NPD ce qu'il pensait des « attaques répétées contre les chrétiens » et les « églises ciblées par du vandalisme ». Cette situation a convaincu la Commission des débats d'annuler le débat en anglais. Radio-Canada et même le Journal de Montréal ont alors qualifié le groupe comme appartenant à l'« extrême droite », à l'instar du Conseil de presse, qui a précisé dans une décision rendue en mars 2026 [#D2025-12-193] que Rebel News : « […] ne constitue pas un média d'information tel que défini par le Conseil de presse du Québec. La plateforme Rebel News peut plutôt être qualifiée d'organisation militante proche des milieux d'extrême droite ». Le Journal de Montréal avait aussi rapporté, à cette occasion, que Rebel News avait reçu environ 200 000 $ pour influencer la campagne électorale, en particulier pour encourager la mobilisation contre le Parti libéral du Canada.

Rebel News Québec a récemment profité de l'appétit des animateurs de Qub Radio pour les opinions d'extrême droite en se faisant inviter par Benoit Dutrizac (par exemple, le 16 avril 2025) ou encore par Richard Martineau (le 1er décembre 2025). La pseudo-journaliste Alexandra Lavoie a notamment pu y affirmer qu'elle « redoute ceux avec des keffiehs où on ne voit que les yeux […], souvent ils deviennent violents ». Richard Martineau s'est ainsi désolé que Rebel News soient « les seuls » à parler des prières de musulman·e·s dans les rues de Montréal (9 avril 2026).

Les activistes de Rebel News manquent aussi cruellement de décence élémentaire. Pour ne citer qu'un exemple, Alexandra Lavoie a notamment poursuivi dans les rues la députée libérale Nathalie Provost pour lui demander si son objectif au gouvernement était de « pousser l'agenda du lobby Poly-se-souvient » pour le contrôle des armes à feu, évoquant la prétendue répression contre les membres de la Canadian Coalition for Firearms Rights (CCFR). Sans rire, Lavoie a alors accusé de « fascisme » un attaché politique accompagnant la députée qui levait la main pour cacher la lentille de la caméra. Pour mémoire, Nathalie Provost a certes milité pour le contrôle des armes à feu, mais il faut aussi noter qu'elle est elle-même l'une des étudiantes de Polytechnique ayant survécu aux tirs du tueur de l'attentat antiféministe du 6 décembre 1989 et qu'elle porte encore du plomb dans son corps.

Dans le même esprit d'agitation « avec pas d'classe », le 27 septembre 2025, Lavoie et son caméraman se sont disgracieusement pointé·e·s à la marche silencieuse pour Nooran Rezayi, le jeune homme assassiné par la police de Longueuil, visiblement dans le but d'en harceler les participant·e·s. Leur réaction délirante face aux antifascistes qui ont tenté de les repousser a provoqué une escalade policière contre la foule endeuillée.

Le modus operandi des têtes de Rebel News consiste ainsi à pratiquer un « journalisme d'embuscade », à harceler leurs opposantes idéologiques sous couvert de liberté de presse, et se poser ensuite en victimes lorsqu'elles sont repoussées. Cette formule éprouvée (d'ailleurs très répandue en Europe et aux États-Unis), exploitant l'appétit des algorithmes pour les chocs sensationnalistes, leur permet à la fois de gagner en popularité dans les médias sociaux et de recueillir toujours plus de dons en tirant profit de la crédulité de leur base. Nous restons de l'avis que la meilleure approche reste de les éloigner de nos activités et mobilisations, mais par des moyens tactiques et stratégiques réfléchis en conséquence.

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Du côté des médias traditionnels

Comme nous l'avons vu tout au long de cet état des lieux, une partie des médias institutionnels fait montre d'un véritable « problème facho ». C'est le cas bien sûr de la Radio X, mais aussi de Qub Radio (99,5), dont les animateurs vedettes (Benoît Dutrizac, Richard Martineau, Sophie Durocher, etc.) reçoivent régulièrement plusieurs des personnalités présentées dans le présent document. Le Journal de Montréal compte quant à lui un grand nombre de chroniqueurs (Bock-Côté, Joseph Facal, Richard Martineau, Sophie Durocher, Nathalie Elgrably-Lévy, etc.) qui ressassent à longueur de temps les mêmes obsessions réactionnaires, dont l'antiwokisme.

Jacinthe-Ève Arel est une ancienne de la CAQ qui s'est présentée pour le PCQ en 2022. Elle est devenue une figure médiatique régulièrement appelée à commenter l'actualité du point de vue de la droite conservatrice « libertarienne », notamment à Radio-Canada. Depuis février 2025, elle anime sa propre émission au 99,5 (Qub Radio), où elle sert de courroie de transmission pour la « droite économique » et le PCQ d'Éric Duhaime. Elle coanime aussi une émission les week-ends avec Rémi Villemure.

Christian Rioux — Seul correspondant à Paris du journal Le Devoir, Christian Rioux y distillait depuis des années les idées de l'extrême droite française, entre autres une islamophobie pugnace et des critiques vilaines de l'« immigration de masse » qu'il associait à une « submersion migratoire », des féministes et des trans, en plus de dénoncer le « théâtre antifasciste ». Il a *finalement* été remercié de ses services en décembre 2025 pour être immédiatement recruté par le Journal de Montréal, où il a signé pas plus tard qu'en février 2026 une première chronique… contre la nourriture halal ! On peut trouver ici un aperçu de la qualité de ses chroniques excessivement répétitives et prévisibles.

Malgré le départ de Rioux, cela dit, Le Devoir ne donne pas sa place en matière de commentaire antiwoke, notamment sous la plume de Patrick Moreau (enseignant à Ahuntsic et collaborateur au 99,5 Qub Radio), et de l'éternelle éminence grise du PQ, Jean-François Lisée, lequel sévit également comme commentateur-analyste à l'émission « Mordus de politique » à Radio-Canada.
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Conclusion : vers un nouveau consensus antifasciste

Nous le répétons sans cesse, le seul rempart à la progression de l'extrême droite, c'est la solidarité, la mobilisation populaire et la consolidation du camp de l'émancipation sur tous les plans.

Le principal champ d'action d'un projet comme Montréal Antifasciste est celui de l'information. Lorsque cela s'est avéré nécessaire au fil des ans, nous avons activement contribué aux mobilisations et autres types d'intervention contre les manifestations les plus explicites de l'extrême droite.

Mais lorsque cette dernière devient mainstream, ces modes d'action ne suffisent plus. C'est tout le champ progressiste, radical ou non, qui doit s'organiser pour réaffirmer, quitte à le redéfinir, le consensus antifasciste et le déployer en mode populaire. C'est précisément à cette tâche que se consacre le Front antifasciste populaire (Front Pop), créé au courant de 2025.

Nous saurons bientôt quels seront les thèmes centraux du prochain cycle électoral, et cela s'annonce fort désolant. Les libéraux se livreront aux discours libéraux, progressistes de surface ; la CAQ et le PQ se disputeront le champ nationaliste ; et le PCQ est en voie de faire des gains importants en misant sur l'éthos hyper individualiste qui fait sa réussite dans la couronne de Québec. Quant à QS, une formation progressiste qui s'est fondée dans le compromis et ne s'en est jamais éloignée, on peut espérer qu'elle se ressaisisse et adopte une posture combative, mais rien n'indique pour l'instant que ce tournant est sur le point d'arriver.

Quoi qu'il en soit du processus électoral, notre mission reste la même au jour le jour : faire barrage par tous les moyens nécessaires au fascisme, à l'extrême droite et à tous ceux qui leur ouvrent la voie par complaisance ou complicité.

Dans le combat qui nous attend, il faudra faire preuve de clarté morale et ne jamais perdre de vue l'horizon de nos espoirs les plus radicaux. Se rappeler, par exemple, et rappeler sans cesse autour de nous, que la haine n'est jamais acceptable et doit être combattue partout où elle s'exprime.

Et enfin, dans un contexte international où la notion même d'« antifa » est diabolisée par les pires ordures qui soient, ne jamais, jamais demander la permission d'être antifascistes, ici et maintenant.

Le Québec a les moyens de prendre soin de son monde, rappellent des groupes sociaux devant l’Assemblée nationale

9 juin, par Coalition Main rouge — , ,
Québec, 5 juin 2026 – Alors que se termine une année parlementaire minée d'attaques antidémocratiques, des groupes sociaux, communautaires et syndicaux de divers horizons (…)

Québec, 5 juin 2026 – Alors que se termine une année parlementaire minée d'attaques antidémocratiques, des groupes sociaux, communautaires et syndicaux de divers horizons manifestent sur la Colline parlementaire à l'invitation de la Coalition Main Rougepour dénoncer les inégalités sociales qui s'accroissent et rappeler que l'austérité et le néolibéralisme ne sont pas des fatalités.

Les manifestants et manifestantes réclament notamment :

● Une plus grande justice fiscale

● Un réinvestissement massif dans nos services publics, nos programmes sociaux et l'action communautaire autonome

● Le plein respect des droits et libertés

À l'approche de la campagne électorale, un message clair a été lancé également aux aspirants et aspirantes au pouvoir : renforcer le filet social est une question de choix politiques. Selon la Coalition Main rouge, il est urgent de réinvestir massivement dans les services publics, les programmes sociaux et l'action communautaire autonome. La Coalition Main Rouge propose des mesures fiscales totalisant 20 milliards $ annuellement.

La fin de mandat de la CAQ a été le théâtre de trop nombreuses manœuvres contre la démocratie et les contre-pouvoirs dénoncent les groupes sociaux. « Non seulement les projets de lois contenant des entraves aux droits se sont suivis dans une cadence inédite, mais les processus de consultation les entourant ont été souvent trop courts, même vidés de leur sens, toujours au détriment de la participation citoyenne. Sans parler des nouveaux recours au bâillon qui pourraient venir dans les prochains jours. Le contexte social justifierait pourtant qu'on fasse une plus grande place à la population et qu'on renforce le filet social. Que toutes les personnes entrevoyant se lancer dans la course l'entende : nous voulons une réelle démocratie et le respect des droits fondamentaux », rappelle Marie-Line Audet, co porte-parole de la Coalition Main rouge pour la manifestation.

Face à la multiplication des crises, il est plus urgent que jamais de prioriser le bien commun, insiste la Coalition. Dans cet objectif, la Coalition Main Rouge a identifié des solutions fiscales totalisant 20 milliards $ annuellement. « Nous proposons 6 mesures fiscales qui permettraient de renflouer les coffres de l'État dans le but de réinvestir massivement dans les programmes sociaux, les services publics et l'action communautaire autonome. Non seulement elles apporteraient des ressources financières permettant à l'État de réellement assumer ses responsabilités et d'agir sur les causes des crises, mais en plus elles amélioreraient la justice fiscale de manière structurante », souligne Émilie Charbonneau, également porte-parole de la manifestation.

Les mesures concrètes proposées par la Coalition sont :

● mettre en place d'un nouvel impôt sur l'actif net (patrimoine) du 1% des personnes les plus riches,

● mettre fin de l'inclusion partielle du gain en capital,

● une plus grande contribution fiscale des entreprises financières notamment des banques en rétablissant une taxe sur le capital

● la révision des paliers d'imposition sur le revenu

● lutter plus sérieusement contre les paradis fiscaux

Pour que les prochaines générations bénéficient du filet social qu'elles méritent, des choix audacieux s'imposent. À l'approche de la campagne électorale, les membres de la Coalition Main Rouge feront connaître leurs solutions fiscales et interpelleront les partis politiques afin qu'ils parlent de fiscalité.

À propos

La Coalition Main rouge est une coalition nationale d'organisations syndicales, féministes, communautaires et populaires. Elle s'oppose aux politiques néolibérales et revendique un financement adéquat des services publics, des programmes sociaux et de l'action communautaire autonome. Afin d'y arriver, elle propose des mesures fiscales progressives. En sont notamment membres le Collectif pour un Québec sans pauvreté, le FRAPRU, le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec, la Table nationale des Corporations de développement communautaire (TNCDC), le Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire du Québec (MÉPACQ), la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), ATTAC-Québec, L'R des centres de femmes du Québec, le Conseil central du Montréal métropolitain - CSN (CCMM-CSN), le Syndicat de la fonction publique et parapublique de Québec (SFPQ), la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles, le Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA) et Union des consommateurs.

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Les Robins des Ruelles vident l’épicerie Métro Bigras et redistribuent à la communauté de Cote-des-neiges

9 juin, par Les soulèvements du fleuve — , ,
« Vous croyiez que c'était fini ? La faim nous tenaille encore » : les Robins des Ruelles vident l'épicerie Métro Bigras et redistribuent à la communauté de Cote-des-neiges

« Vous croyiez que c'était fini ? La faim nous tenaille encore » : les Robins des Ruelles vident l'épicerie Métro Bigras et redistribuent à la communauté de Cote-des-neiges

Le 3 juin 2026 en soirée, une cinquentaine de Robins, on fait irruption dans l'épicerie Métro Bigras dans le quartier Centre-Sud de Montréal, pour en ressortir presque aussitôt les bras chargés de denrées « libérées » et disparaitre dans les ruelles d'où ils et elles étaient venus. L'intégralité du butin a été redistribué le soir même dans le quartier Côte-des-neiges, aux abords du parc Martin Luther King. Le contenu de la quarantaine de sacs fut étalé sur une grande nappe et une bannière arborant « FREE FOOD, SERVEZ-VOUS » invitait les passant.e.s à se servir selon leurs besoins. En guise de signature, les Robins des Ruelles avait laissé, avec la nourriture, plusieurs exemplaires de leur manifeste La Faim justifie les moyens : récit de liberté paru la semaine dernière.​​

C'est la quatrième action « d'auto-rabais » (vol politique) de ce type revendiqué depuis le premier coup d'éclat le 16 décembre dernier. C'est aussi la deuxième fois que la chaine de supermarché Métro fait les frais de son avarice.

« C'est en quelque sorte un impôt en nature, sous forme de bouteilles d'huile d'olive, de sacs de café et de fromages. On récupère ce que les mafieux de l'alimentation extorquent aux ventres vides en attendant de les exproprier pour de bon. C'est obscène ! Les épiceries jettent chaque semaine plus qu'on pourrait mettre dans nos sacs. Pour maintenir l'illusion de l'abondance dans ce système détraqué, il faut toujours des surplus, donc des pertes. » témoigne Jean Lepetit, ayant pris part à l'action de mercredi. »

Après s'être fait cambriolé par trois Pères Noels et leur horde de lutins, Métro s'était défendu de faire fortune sur la misère des autres en faisant miroiter leur don de 26 millions. Mais la charité des riches et puissants ne parvient plus à camoufler leur responsabilité directe dans la hausse artificielle du coût de la vie, en particulier du panier d'épicerie depuis la pandémie. Ceux qui ont faim ont commencé à s'organiser et la peur à changer de camp.
Par leurs actions, les Robins revendiquent une véritable dé-marchandisation de la subsistance donc de l'alimentation. Se contenter de détaxer certains produits et permettre a une famille de quatre d'économiser 50$ en épicerie sur une année, comme planifie la première ministre Christine Fréchette, parait insultant ou risible à la vue des profits records réalisés sur le dos de la population par les géants de l'alimentation. Ce n'est ni ce que la situation exige ni ce que nous accepterons.

Dans leur communiqué, les Robins des Ruelles déclarent :

« La guerre impérialiste, la crise écologique et l'appauvrissement généralisé sont le fait d'une même clique d'oligarques qui nous rend la vie impossible. Il nous faut nous organiser et reprendre ce que nous savons nous revenir de droit : un avenir, l'autonomie et de quoi subvenir à nos besoins. »

Les actions des Robins des Ruelles répondent à l'appel des Soulèvements du Fleuve à résister à la marchandisation de la subsistance.

À ce propos, ils concluent :

"Bien au delà de l'aide concrète qu'elle a pu apporter a un nombre très restreint, cette séquence d'action vise avant tout a dénoncer les fausses solutions qu'on nous sert tiède depuis quelques années face à la montée du coût de la vie. Cest pourtant simple : il n'est pas acceptable de mettre un prix sur la survie. Il nous faut mettre fin au règne de l'Économie. Nos actions entendent aussi montrer par l'exemple qu'il est encore possible d'agir en ce monde : sa dérive vers le pire n'est pas inévitable. Nous nous soulevons parce qu'il est toujours possible / pour qu'il soit toujours possible de résister / de subsister. »

Information sur le groupe d'action autonome Les robins des Ruelles :

Les Soulèvements du fleuve ont reçu un communiqué de la part de Robins des Ruelles avec la demande de le contextualiser et de le partager aux médias. Les Soulèvements du fleuve jouent un rôle de diffusion. Les Robins des Ruelles sont des groupes automones et anonymes qui sont passés à l'action contre Métro le 15 décembre 2025, puis contre Rachelle-Béry le 3 février 2026 et contre un Maxi le 30 avril 2026.

À propos des Soulèvements du fleuve :

Les Soulèvements du fleuve rassemblent des personnes révoltées par l'état du monde qui, à travers leurs gestes et leur discours, tentent d'ébranler le règne de l'Économie, de créer des brèches dans sa domination. L'Économie, c'est ce qui cherche à exploiter chaque forêt, chaque rivière et chaque être vivant, à transformer chaque moment de nos existences en travail et à faire de toute chose une marchandise. Nous aspirons à construire une force politique qui vise à se libérer de l'Économie et de son emprise, à s'opposer aux géants industriels, à la mafia alimentaire et aux grands propriétaires. Partout et tout le temps, s'organiser contre ses rouages, créer du commun, expérimenter d'autres manières d'être au monde. Nos ennemis sont ceux qui nous ont dépossédé-es de nos moyens de subsistance - de notre capacité collective à nous nourrir, à nous loger, à nous soigner, à nous amuser. Leur expropriation est notre horizon. Nés en réponse à l'appel international des Soulèvements de la terre, les Soulèvements du fleuve ont, depuis, traversé des luttes et des saisons. Nous résistons, car nous savons que d'autres mondes sont possibles. Il est venu le temps de se soulever.

Source : LesSoulèvementsdufleuve.org

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Des défenseurs des travailleurs agricoles migrants vont déposer une plainte auprès du Comité des droits de l’homme des Nations unies

9 juin, par Gabriela Calugay-Casuga — , ,
Cette initiative vise à faire pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il mette fin à la précarité dont souffrent les travailleurs migrants. Tiré de The rabble (…)

Cette initiative vise à faire pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il mette fin à la précarité dont souffrent les travailleurs migrants.

Tiré de The rabble
Traduction de Johan Wallengren
Le 1er juin 2026 / De : Gabriella Calugay-Casuga

Les défenseurs des travailleurs agricoles migrants ont informé le Premier ministre Mark Carney qu'ils déposeraient une plainte auprès du Comité des droits de l'homme des Nations unies en décembre, à l'occasion de la Journée internationale des migrants. La plainte mettra en évidence ce que ces défenseurs qualifient d'inaction du gouvernement face aux décès évitables de travailleurs agricoles migrants.

La plainte sera déposée par Justice for Migrant Workers (J4MW), un collectif politique bénévole basé à Toronto et Vancouver fort de plus de 20 ans d'expérience dans le domaine de la mobilisation.

« Ce que nous constatons, c'est que le travail agricole, de par sa nature même, est violent, dangereux, déshumanisant et salissant », déplore Chris Ramsaroop, organisateur de longue date au sein de J4MW. « Structurellement, nous créons des lieux de travail, comme dans l'agriculture, où la vie des gens – en particulier celle des travailleurs issus de minorités ethniques – n'est pas valorisée. Nous voulons mettre en lumière cette réalité. »

L'Organisation internationale du travail (OIT) classe le travail agricole parmi les professions les plus dangereuses au monde. Les travailleurs sont exposés aux produits agrochimiques et peuvent également subir des blessures lors de la manipulation de machines lourdes. L'OIT estime que 170 000 personnes travaillant dans l'agriculture meurent chaque année.

Ces risques, combinés au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) du Canada, qui a été qualifié de terreau fertilepour les formes contemporaines d'esclavage, ont rendu les travailleurs agricoles migrants particulièrement vulnérables aux risques de blessures et de décès. En plus d'être exposés aux dangers du travail agricole, les travailleurs agricoles migrants sont aux prises avec des niveaux élevés d'anxiété et de stress en raison de la séparation familiale, de la précarité et des conditions de travail qui sont susceptibles de porter atteinte à leur intégrité et à leur dignité et de la précarité de leur emploi à bas salaire et de leur statut d'immigrant.

« Le racisme et la suprématie blanche sont au cœur de la création de ces programmes », a déclaré Monsieur Ramsaroop. « Dans les années 60, quand la question de la pénurie de main-d'œuvre était débattue, les politiciens prônaient la liberté, la dignité et le respect. Ils expliquaient que quand il s'agissait des Européens blancs, ils n'étaient pas en mesure d'exercer un contrôle sur la main-d'œuvre, ni d'imposer des restrictions ou de gérer le recrutement. Nous n'avons eu aucun scrupule à créer les conditions que nous savons, d'abord pour les travailleurs noirs de la Jamaïque, puis pour les travailleurs du monde entier. »

Dans sa lettre adressée au bureau du Premier ministre, J4MW a indiqué qu'il continuerait à exiger des enquêtes sur les décès de travailleurs agricoles migrants, à réclamer des investigations et à se battre pour la justice.

« Nous refusons d'accepter un système où la servitude par contrat n'est pas seulement un héritage, mais une pratique claire et assumée à travers tout le pays », a écrit l'organisation dans sa lettre.

Le bureau du Premier ministre a reçu la demande de commentaires de rabble.ca, mais n'a pas été en mesure de répondre dans les délais.

M. Ramsaroop a déclaré qu'il n'avait pas été impressionné par les réponses passées du gouvernement aux doléances de J4MW.

« Les réponses qu'on reçoit sont génériques et il n'y a pas eu de changement réel », a-t-il déclaré. « Ce n'est pas seulement que le gouvernement refuse d'agir. Le gouvernement soutient fortement le complexe agro-industriel. »
Il a formulé le vœu que la plainte auprès du Comité des droits de l'homme des Nations unies pousse le gouvernement à enfin prendre les mesures nécessaires.

« Historiquement, les progressistes ont échoué et ont succombé aux clichés de la suprématie blanche », a ajouté M. Ramsaroop. « À l'heure actuelle, alors que nous réclamons des changements, il s'agit de garantir que les gens puissent vivre libres et égaux. Ce n'est pas juste parce qu'ils viennent de pays du Sud ou qu'ils sont racialisés qu'ils doivent être confrontés à un ensemble d'exclusions différenciées et profondément racistes. »
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Retroussons-nous les manches pour le climat

9 juin, par Coalition Retroussons-nous les manches — , ,
Des élu.e.s de partout au Canada lancent un message urgent au premier ministre Carney : « Nous voulons des projets qui bâtissent le pays, pas qui le réduisent en cendres » À (…)

Des élu.e.s de partout au Canada lancent un message urgent au premier ministre Carney : « Nous voulons des projets qui bâtissent le pays, pas qui le réduisent en cendres »
À l'issue d'un sommet d'urgence de Retroussons-nous les manches pour le climat, des mairesses, maires et conseiller.ère.s réclament une action climatique fédérale immédiate et créatrice d'emplois : « Des communautés seront réduites en cendres cet été pendant que nous misons toujours plus sur l'expansion des énergies fossiles »

Edmonton, Alberta, 4 juin 2026 – Une alliance de près de 300 mairesses, maires et conseiller.ère.s, représentant plus de la moitié de la population canadienne, a tenu aujourd'hui un sommet d'urgence sur le climat à huis clos et publié une déclaration commune (voir plus bas) afin de ramener le climat au premier plan de l'actualité politique. À l'approche d'une saison des feux de forêt qui s'annonce intense, la coalition réclame des investissements fédéraux massifs dans des projets propres qui réduisent la pollution et renforcent l'économie.

Les élu.e.s ont aussi lancé la Carte des impacts climatiques 2026,qui suivra en temps réel les catastrophes climatiques partout au pays cet été, et dévoilé un nouveau rapport selon lequel les changements climatiques coûtent déjà à l'économie canadienne entre 1 et 5 % de son PIB.

Les élu.e.s municipaux.ales lancent un cri de cœur dans une déclaration commune

Les élu.e.s municipaux.ales ont fait cette annonce après avoir tenu aujourd'hui un sommet d'urgence sur le climat, à l'approche d'une saison des feux de forêt qui s'annonce intense. Ils ont publié une déclaration commune (voir plus bas) pour reconnaître la crise et les coûts croissants des impacts climatiques partout au Canada, et pour remettre le climat à l'avant-plan en réclamant des projets d'envergure qui rendent la vie plus abordable, créent des emplois et réduisent la pollution.

« D'autres communautés risquent de partir en fumée cet été pendant que le premier ministre persiste à vouloir étendre l'industrie des énergies fossiles. Alors que d'autres pays descendent des montagnes russes du pétrole et du gaz en investissant dans les énergies renouvelables et la résilience, nous versons de l'essence sur nos feux de forêt avec des subventions publiques à une industrie qui engrange déjà des profits de plusieurs milliards de dollars », a déclaré Richard Ireland, maire de Jasper, en Alberta, dont la ville a été dévastée en 2024 par l'une des catastrophes naturelles les plus coûteuses de l'histoire du Canada. « Nous avons besoin de leadership fédéral en matière de climat, pas d'un recul. »

Le groupe a également lancé la Carte des impacts climatiques 2026afin de suivre en temps réel les catastrophes climatiques à mesure qu'elles surviennent au cours de l'été, et a révélé qu'à la fin de mai, près de 7,6 millions de personnes au Canada (soit 1 sur 5) avaient déjà vécu des événements météorologiques extrêmes cette année.

Une nouvelle carte rend les catastrophes climatiques de l'été impossibles à ignorer

« Dans le Nord, c'est une urgence après l'autre depuis des années. En tant qu'élu.e.s municipaux.ales, c'est nous qui faisons face à ces menaces pour la santé, l'économie et la sécurité de nos communautés » a déclaré Ben Hendriksen, maire de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest. « Cette carte vise à rendre ces impacts visibles et indéniables, pour que le gouvernement fédéral soit contraint d'agir sérieusement. »

https://www.pressegauche.org/ecrire/?exec=article_edit&new=oui&id_rubrique=67#

Les élu.e.s ont réclamé une action fédérale immédiate pour renverser la vapeur sur l'expansion des énergies fossiles et ont mis de l'avant leurs cinq demandes phares en matière de politiques fédérales, qui pourraient créer des millions d'emplois au Canada et aider à protéger le pays contre les chocs économiques :

Un réseau électrique propre est-ouest-nord à l'échelle du pays, alimenté par des énergies renouvelables plutôt que par le gaz fossile, pour faire du Canada une superpuissance de l'énergie propre ;

Au moins deux millions de logements hors marché à pollution nulle, écoénergétiques et construits selon les normes les plus élevées, avec de l'acier, de l'aluminium et du bois d'œuvre canadiens ;

● Des rénovations résidentielles ainsi que l'installation massive de thermopompes et de panneaux solaires partout au pays, pour réduire les factures d'énergie et la pollution et stimuler l'activité économique dans chaque communauté ;

Un système de transport propre doté d'un réseau ferroviaire à grande vitesse pancanadien, prolongé par des autobus électriques fabriqués au Canada, et l'annulation des compressions fédérales dans le transport collectif local ;

Une stratégie pancanadienne de résilience, d'intervention et de rétablissement pour reconstruire après les catastrophes à venir, financée par une nouvelle taxe sur les profits excédentaires du pétrole et du gaz tirés de la guerre en Iran.

« Les idées politiques que nous proposons sont populaires et réalisables » a déclaré David Miller, ancien maire de Toronto et coprésident de Retroussons-nous les manches pour le climat. « La plupart des gens au Canada estiment que le pays serait plus sécuritaire s'il produisait davantage d'énergie renouvelable ; les deux tiers préfèrent le développement de l'énergie propre à celui des énergies fossiles, et les deux tiers appuient une taxe sur les profits excédentaires des sociétés pétrolières et gazières, qui pourrait financer d'énormes investissements dans des infrastructures favorables au climat. Ce sont là d'importantes majorités, que le gouvernement aurait tout avantage à écouter. »


Un nouveau rapport chiffre la facture : jusqu'à 5 % du PIB

L'alliance a également dévoilé un nouveau rapport qui estime que les changements climatiques coûtent à l'économie canadienne de 1 à 5 % de son PIB, une proportion stupéfiante, et dont les répercussions financières devraient s'accroître dans les années à venir. Les impacts climatiques ont ajouté 8,8 milliards de dollars par année au coût d'entretien des routes, des ponts, des réseaux d'eaux usées et des autres infrastructures publiques du pays, et les municipalités assument les deux tiers de cette facture.

« Mark Carney a dit à ses détracteurs qu'il voulait entendre ce pour quoi ils se battent, pas ce contre quoi ils s'opposent. Alors voici : les élu.e.s municipaux.ales veulent des projets qui bâtissent le pays, pas qui le réduisent en cendres » a déclaré Merlin Blackwell, maire de Clearwater, en Colombie-Britannique. « Ma ville a été désignée comme la plus susceptible au Canada de subir un feu de forêt catastrophique dans un avenir rapproché ; c'est ce qui m'empêche de dormir. Mais nous pouvons protéger nos communautés et bâtir une économie forte grâce à des investissements dans l'éolien, le solaire et l'hydroélectricité durable. La vie peut être belle avec un véritable réseau électrique pancanadien, alimenté par des énergies renouvelables plutôt que par des combustibles fossiles comme le GNL. »

À propos de Retroussons-nous les manches pour le climat

Retroussons-nous les manches pour le climat est une alliance pancanadienne de près de 300 mairesses, maires et conseiller.ère.s qui représentent plus de la moitié de la population canadienne. L'alliance milite pour des projets propres et structurants qui protègent le Canada de la double crise du dérèglement climatique et de l'instabilité économique, et qui rendent nos communautés plus sécuritaires, plus abordables et plus prospères. Nous nous sommes associés auClimate Caucus, un organisme sans but lucratif national qui aide les élues et élus municipaux à mettre en œuvre des politiques climatiques dans leurs collectivités et à faire valoir leurs positions auprès de tous les ordres de gouvernement.

Déclaration commune des maires, mairesses et leaders municipaux de partout au pays, dans le cadre du sommet sur le climat de l'alliance Retroussons-nous les manches pour le climat, le 4 juin

Le 4 juin 2026 Edmonton (Alberta)

Aujourd'hui, les membres de Retroussons-nous les manches pour le climat, une alliance grandissante de près de 300 maires et mairesses, conseillers et conseillères municipaux qui représentent plus de la moitié de la population canadienne, se sont réunis à Edmonton pour un Sommet d'urgence sur le climat, à l'aube d'une autre saison dévastatrice d'événements climatiques extrêmes. Ensemble, ils ont cherché comment protéger leurs communautés des catastrophes alimentées par les énergies fossiles et des chocs économiques qui viennent avec. Au terme de leurs échanges, ils ont adopté la déclaration commune suivante. D'autres signatures seront ajoutées tout au long du Sommet.

Épuisement. Peur. Frustration. Inquiétude. Colère. C'est ce que nous ressentons, nous, les élues et élus municipaux, comme le ressentent les gens de nos communautés, alors que celles-ci encaissent les catastrophes climatiques les unes après les autres, sans répit.

Sécheresse dans l'intérieur de la Colombie-Britannique. Inondations dans le nord-est de l'Ontario et l'ouest du Québec. Avertissements de chaleur en Nouvelle-Écosse. Feux de forêt incontrôlables en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba.

Et ce n'est qu'un aperçu de ce qui a frappé le pays durant les cinq premiers mois de 2026. Une personne sur cinq en a déjà été touchée, un chiffre vertigineux, et une autre saison de feux, de fumée toxique, de canicules et d'inondations s'annonce déjà.

Comme maires et mairesses, conseillers et conseillères municipaux de partout au pays, nous avons un message clair pour le premier ministre : nos communautés et nos économies locales brûlent. Ce qu'il nous faut, c'est un vrai leadership fédéral sur le climat, pas un recul.

Le gouvernement actuel semble voir les changements climatiques comme un problème lointain, qu'on finira bien par régler un jour, plus tard.

Mais sur le terrain on vit une tout autre réalité. Les changements climatiques, c'est notre quotidien : air vicié, manques d'eau, évacuations bouleversantes, familles déracinées par milliers. Chaque année, les changements climatiques nous forcent à débourser des milliards de dollars[1] de plus pour réparer nos routes, nos ponts, nos réseaux d'eaux usées et nos infrastructures. Les deux tiers de cette facture retombent sur les budgets municipaux, ce qui fait encore grimper le coût de la vie des gens, par-dessus la flambée des prix de l'énergie et de l'essence.

On ne peut pas juste reconstruire, encore et encore, après chaque feu, chaque inondation, chaque tempête, chaque sécheresse. Il faut les prévenir. Notre façon de vivre, qu'on soit Québécoises et Québécois ou Canadiennes et Canadiens, tient à la santé de nos terres, de notre eau, de notre air et de nos communautés.

C'est pour ça que nous pressons le gouvernement fédéral d'investir sans tarder dans des projets qui bâtissent le pays au lieu de le brûler, des projets qui allègent les factures des ménages, créent des centaines de milliers d'emplois et mettent nos communautés à l'abri :

Un réseau électrique propre reliant l'est, l'ouest et le nord du pays, alimenté par les énergies renouvelables plutôt que par le gaz fossile, pour faire du pays un chef de file de l'énergie propre et asseoir sa souveraineté énergétique ;

Au moins deux millions de logements hors marché, sans pollution, écoénergétiques et bâtis selon les normes les plus élevées, pour des milieux de vie plus abordables et bien desservis par le transport en commun ;

Des rénovations et l'installation massive de thermopompes et de panneaux solaires d'un bout à l'autre du pays, de quoi réduire les factures d'énergie et la pollution tout en faisant rouler l'économie de chaque communauté ;

Un système de transport propre, appuyé sur un réseau national de train à grande vitesse, prolongé par des autobus électriques fabriqués ici et arrimé au transport en commun local. Ça commence par annuler les compressions au financement fédéral du transport collectif et par investir davantage ;

Une stratégie nationale de résilience, d'intervention et de rétablissement pour faire face aux catastrophes désormais inévitables, financée par une taxe sur les profits excédentaires que le pétrole et le gaz ont tirés de la guerre en Iran. En emboîtant le pas à nos alliés de l'Union européenne, on ferait en sorte que les pollueurs assument les dommages causés par leurs activités, ce qui pourrait rapporter jusqu'à 46 milliards de dollars.

Nous demandons au gouvernement fédéral de faire front commun avec nous : de tourner le dos aux projets de combustibles fossiles qui nous divisent et de se retrousser les manches pour des projets concrets et rassembleurs qui, loin de brûler notre pays, vont le bâtir et le rendre plus fort.

Signataires

● Vivian Birch-Jones, Regional Director, Lillooet, BC

● Merlin Blackwell, Mayor, Clearwater, BC

● Phil Brennan, Councillor, Township of Severn, ON

● Sue Cairns, Councillor, Kimberley, BC

● William Cole-Hamilton, Courtenay, BC

● Leila Copti, Conseillère et mairesse suppléante, Val-des-Lacs, QC

● Spencer Coyne, Mayor, Princeton, BC

● Catherine Craig-St-Louis, Conseillère, Gatineau, QC

● Mike Derbyshire, Councillor, Strathcona County, AB

● Justine Gabias, Regional Director, Sunshine Coast Regional District, BC

● Joe Gowing, Councillor, Region of Waterloo, ON

● Wendy Hall, Councillor, Jasper, AB

● Bob Hawkesworth, Former Councillor, Calgary, AB

● Ben Hendriksen, Mayor, Yellowknife, NWT

● Richard Ireland, Mayor, Jasper, AB

● Michael Janz, Councillor, Edmonton, AB

● Susan Kim, Councillor, Victoria, BC

● Rawlson King, Councillor, Ottawa, ON

● Gerry Leibel, Councillor, District of Kitimat, BC

● Leah Main, Councillor, Silverton, BC

● Jessica Mcilroy, Councillor, North Vancouver, BC

● Jenn Meilleur, Councillor, Comox, BC

● David Miller, former Mayor, Toronto, ON

● Lenore Morris, Councillor, Whitehorse, YK

● Joy-Anne Murphy, Councillor, Camrose, AB

● Jasmin Parker, Councillor, Saskatoon, SK

● Leslie Payne, Councillor, Nelson, BC

● Philip Penrod, Councillor, Beaumont, AB

● Chris Pettingill, Councillor, District of Squamish, BC

● Valérie Plante, former Mayor, Montreal, QC

● Sherri Rollins, Councillor, Winnipeg, MB

● Ashley Salvador, Councillor, Edmonton, AB

● Dianne Saxe, Councillor, Toronto, ON

● Wayne Stetski, Councillor, Cranbrook, BC

● Anne Stevenson, Councillor, Edmonton, AB

● Keren Tang, Councillor, Edmonton AB

● Dave Thompson, Councillor, Victoria, BC

● Pat Warren, Councillor, Kawartha Lakes, ON

● David West, Mayor, Richmond Hill, ON

● Pamela Wolf, Councillor, Waterloo, ON

● Jesse Wright, Councilor, District of Mackenzie, BC

● Shanon Zachidniak, Councillor, Regina, MB

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Le projet de loi C-22 : une menace à la vie privée

9 juin, par Ligue des droits et libertés - section de Québec — , , ,
Québec, le 3 juin 2026 — La Ligue des droits et libertés - Section de Québec (LDL-Qc) s'oppose fermement à l'adoption du projet de loi C-22, Loi 2026 sur l'accès légal, (…)

Québec, le 3 juin 2026 — La Ligue des droits et libertés - Section de Québec (LDL-Qc) s'oppose fermement à l'adoption du projet de loi C-22, Loi 2026 sur l'accès légal, présenté en mars 2026.

Cette loi reprend des éléments inquiétants du projet de loi C-2, Loi visant une sécurité rigoureuse à la frontière. Proposé il y a un an, il avait été critiqué par plus de 300 organisations et des dizaines de milliers de Canadien·ne·s.

Essentiellement, certaines dispositions du projet de loi C-22 réduisent le seuil à partir duquel la police et les agences de renseignement peuvent se prévaloir des renseignements personnels des citoyen·ne·s et obligent les entreprises à conserver les communications et données personnelles des citoyen·ne·s pour une période allant jusqu'à un an. Les données accessibles par les forces de l'ordre en vertu de cette loi représentent une véritable « cartographie
de la présence numérique
», comme le soutient Marie-Élaine Guay dans son article Projet de loi C-22 :Surveiller et punir

Ces mesures augmentent considérablement les risques de fuites de données, de piratage
et d'utilisation abusive des informations personnelles.

Comme le rappelle Simon du Perron, avocat en droit de la vie privée, les dispositions du projet de loi C-22 contreviennent à l'article 8 de la Charte canadienne des droits et libertés, voulant que les renseignements permettant d'identifier une personne en ligne doivent être protégés de toute fouille abusive.

De plus, comme le soulignait la Ligue de droits et libertés et plusieurs autres signataires dans un appel conjoint à retirer ceprojet de loi, certaines de ses dispositions ouvrent également la porte à une surveillance accrue de la population par l'État. Les paragraphes 5(2) et 7(1) de la partie 2 permettraient en effet au gouvernement d'imposer à tous les fournisseurs électroniques, d'intelligence artificielle (IA) et d'appareils intelligents l'installation d'outils de surveillance et de portes dérobées
dans leurs architectures.

« En plus de créer de nouveaux accès piratables compromettant la sécurité des systèmes, ces outils octroient aussi à l'État une capacité de surveillance de la population hors du raisonnable. C'est le droit à la vie privée de tous les canadiennes et canadiens qui est compromis » souligne Mélina Chasles, présidente de la LDL-Qc.

La ligue des droits et libertés - Section de Québec encourage ses membres et ses allié·e·s à exprimer leur désaccord avec cette proposition en participant à l'appel à l'action proposé par la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles. Nous encourageons vivement les député·e·s, les membres du comité SECU, le premier ministre du Canada et le ministre de la Sécurité publique à s'opposer fermement à l'adoption de ce projet de loi, dans la défense des droits et libertés des citoyen·ne·s qui leur ont confié ce mandat.

Ligue des droits et libertés -Section de Québec

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Projet de loi no 4 : Prévenir la violence ne doit jamais se faire au détriment des droits et de la sécurité des femmes

9 juin, par L'R des centres de femmes du Québec — , ,
Montréal, le 3 juin 2026 — L'R des centres de femmes du Québec a été entendu le 2 juin 2026 dans le cadre des consultations particulières de la Commission de l'aménagement du (…)

Montréal, le 3 juin 2026 — L'R des centres de femmes du Québec a été entendu le 2 juin 2026 dans le cadre des consultations particulières de la Commission de l'aménagement du territoire sur le projet de loi no 4, portant sur la communication de renseignements afin de prévenir la violence d'un partenaire intime.

Si l'urgence d'agir face à la violence conjugale est indéniable, L'R avertit clairement : des mesures mal encadrées peuvent mettre les femmes davantage en danger plutôt que de les protéger.

La prévention ne peut pas se faire au prix des droits des femmes

Dans son mémoire et sa présentation, L'R a dénoncé les risques réels liés à l'élargissement de la communication de renseignements personnels, notamment en matière de sécurité, de surveillance et de rupture de confiance envers les institutions. Les femmes qui vivent des violences ont besoin de protection, pas de nouvelles formes de contrôle.

L'R exige notamment :

un encadrement strict, clair et limitatif de toute communication d'information ;

le refus de mécanismes qui pourraient exposer les femmes à des représailles ou à une surveillance accrue ;

le respect absolu du consentement, de l'autonomie et du pouvoir d'agir des femmes.

« Les femmes ne doivent jamais payer le prix des failles du système. La prévention de la violence ne peut pas reposer sur des mécanismes qui fragilisent leurs droits ou les responsabilisent des violences qu'elles subissent », affirme Josée Larouche, membre du comité de coordination de L'R et coordonnatrice du centre Ressources pour femmes de Beauport. « Sans accès à des logements sécuritaires et abordables, parler de prévention demeure un discours vide pour trop de femmes qui n'ont littéralement nulle part où aller. » ajoute-t-elle.

Les centres de femmes : une expertise incontournable, trop souvent ignorée

L'R a rappelé que les centres de femmes jouent un rôle central et irremplaçable dans la prévention des violences, l'accompagnement des femmes et la défense de leurs droits. Ils sont des lieux de confiance, construits par et pour les femmes : une réalité que le projet de loi doit reconnaître concrètement.

« Les centres de femmes ne sont pas des ressources périphériques : ils sont au cœur de la prévention. Leur expertise féministe doit être reconnue, financée et intégrée à toute mesure législative qui prétend protéger les femmes », souligne Stéphanie Vallée, co-coordonnatrice à L'R des centres de femmes du Québec.

Sans égalité réelle, la violence persistera

L'R a également rappelé que l'égalité entre les femmes et les hommes est loin d'être atteinte. Tant que les inégalités structurelles seront maintenues, les violences continueront et des femmes continueront d'en mourir.

Le gouvernement ne peut se contenter de mesures ponctuelles ou technocratiques : il a la responsabilité d'agir sur les causes profondes de la violence, par des politiques féministes, cohérentes et structurantes.

Poursuivre les travaux dans une perspective féministe et préventive

L'R réitère sa volonté de collaborer aux suites du projet de loi afin de contribuer à l'adoption de mesures réellement efficaces pour prévenir les violences faites aux femmes. Pour L'R, cette lutte exige une cohérence d'ensemble : les mécanismes de prévention, de protection, d'accompagnement et de justice doivent tous reconnaître la gravité des violences conjugales et sexuelles. On ne peut fournir aux femmes un outil pour se protéger davantage tout en envoyant, dans d'autres sphères de notre réponse collective, des signaux qui minimisent la gravité des violences. La prévention doit devenir une priorité nationale.

À propos de L'R des centres de femmes du Québec

L'R des centres de femmes du Québec regroupe des centres de femmes présents dans toutes les régions du Québec. Les centres de femmes agissent avec les femmes pour améliorer leurs conditions de vie, lutter contre les violences et les inégalités, et bâtir une société plus juste et égalitaire.

Source :
L'R des centres de femmes du Québec

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Un rassemblement « Riposte pro-choix » : "la question du droit à l’avortement est une question syndicale"

9 juin, par Confédération des syndicats nationaux (CSN) — , ,
Un rassemblement « Riposte pro-choix » (30 mai 2026 PTAG) se tient aujourd'hui, devant l'Assemblée nationale du Québec. Initié par la CSN, et soutenu par de nombreuses (…)

Un rassemblement « Riposte pro-choix » (30 mai 2026 PTAG) se tient aujourd'hui, devant l'Assemblée nationale du Québec. Initié par la CSN, et soutenu par de nombreuses organisations féministes, le rassemblement se voulait une réponse à la « marche pour la vie », une manifestation contre le droit à l'avortement organisée pour la troisième année consécutive par un groupe intégriste chrétien.

Tiré de l'infolettre de la CSN En Mouvement

« Il y a quelques semaines, « Campagne Québec Vie » a annoncé qu'elle renonçait à organiser sa manifestation anti-avortement. C'est une grande une victoire pro-choix ! Nous avons quand même décidé de maintenir le rassemblement « Riposte pro-choix » pour célébrer nos victoires et rappeler haut et fort que Québec est une ville pro-choix et va le rester. Si on pouvait leur enlever à jamais l'envie de revenir, ce serait parfait ! » a déclaré Mélanie Pelletier, vice-présidente à la condition féminine du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN).

« N'en déplaise à certains, la question du droit à l'avortement est une question syndicale. Le droit à l'avortement est indissociable du droit au travail des femmes, car pour elles, contrôler sa force reproductrice est une condition cruciale pour atteindre une autonomie réelle et une égalité dans les études, l'emploi ou la carrière ! » rappelle Jessica Goldschleger, la nouvelle secrétaire générale de la CSN tout juste élue mercredi dernier par le congrès de la centrale qui se tenait à Québec. Pour la secrétaire générale, il est essentiel que la CSN, qui représente une majorité de femmes rappelons-le, continue de Faire front pour les droits des travailleuses.

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Le laisser-faire débridé de l’industrie du camionnage pour réduire les coûts

9 juin, par Marc Bonhomme — , , ,
Le Canada et le Québec connaissent une forte détérioration des conditions de travail de l'emploi de camionneur, un des plus importants chez les hommes. Cette détérioration se (…)

Le Canada et le Québec connaissent une forte détérioration des conditions de travail de l'emploi de camionneur, un des plus importants chez les hommes. Cette détérioration se remarque au point que le Globe and Mail, le quotidien phare du patronat canadien, en a fait l'objet d'une enquête spéciale intitulée « L'absence de contrôle laisse les camionneurs sans protection ».

Il faut avoir à l'idée que le camionnage est un cœur de la logistique dont la mondialisation a fait le lien de la matrice économique, encore plus au Canada à cause de l'importance du commerce internationale avec les ÉU se faisant surtout par la route. De dire le résumé de l'enquête, « [l]'un des symptômes d'une application insuffisante de la réglementation est l'essor d'un modèle économique illégal connu sous le nom de “classification erronée des salariés”. Il s'agit de présenter à tort les chauffeurs comme des travailleurs indépendants, une catégorie de travailleurs qui ne bénéficie d'aucun droit fondamental en vertu de la législation fédérale du travail qui régit actuellement le transport routier interprovincial. […] Au cours des années 2010, ce phénomène s'est considérablement étendu à l'ensemble du pays. Dans certaines régions, l'augmentation du nombre de conducteurs appartenant à cette catégorie a dépassé les 300 %. » Le salaire en a été fort impacté :

Les chauffeurs de camion à leur propre compte sans aides rémunérés versus ceux salariés
Revenu annuel médian, 2011 à 2021, Canada, Statistique Canada

Autrefois, le transport routier était la voie d'accès à la classe moyenne au Canada. […] Dans le même temps, dans certaines villes, les chauffeurs ont vu leurs revenus chuter jusqu'au seuil de pauvreté. Et lorsque les employeurs ne versent tout simplement pas leur salaire, le système de réclamation ne leur vient souvent pas en aide, comme l'a révélé notre enquête. […] Raminderjit Singh, qui a parcouru 29 000 kilomètres en deux mois, mais n'a touché que 1 000 dollars. […]

Tout cela soulève des questions de sécurité, non seulement pour les chauffeurs routiers, mais aussi pour tous les usagers de la route. […] Les longues heures passées sur la route sont source de tensions familiales, de solitude et de stress. […] Ce problème exaspère non seulement les chauffeurs qui se sentent lésés, mais aussi les entreprises de transport routier qui affirment être contraintes de rivaliser avec des sociétés recourant à cette pratique illégale pour réduire leurs coûts salariaux.

Ottawa a déjà pris des mesures, notamment en renforçant les contrôles de l'Agence du revenu du Canada (ARC) sur les paiements versés par les entreprises de transport routier à leurs soustraitants, et en lançant des campagnes d'inspection éclair auprès des entreprises de transport routier de la région du Grand Toronto. […] Comme me l'a dit un défenseur des chauffeurs, « les entreprises inventent leurs propres règles ». […] Alors que le travail précaire se généralise, les défenseurs des droits des travailleurs estiment que les mesures prises pour contrôler les entreprises de transport routier sont insuffisantes. Après avoir analysé des milliers d'entreprises de transport routier dans quatre provinces, nous avons constaté que seule une infime partie d'entre elles avait déjà fait l'objet d'un audit de sécurité approfondi.

Au Québec, on a pu constater l'ineptie du gouvernement pour contrôler cette industrie. De titrer Radio-Canada : « Pollution des camions : Québec enquête sur des garages avec quatre ans de retard » puis de commenter « Le gouvernement était informé d'une fraude depuis 2022, mais il a attendu un reportage d'Enquête pour agir. […] on découvre qu'aucun contrevenant n'a été inquiété durant toutes ces années. » Cette enquête avait révélé « que des dizaines de milliers de camionnettes et de camions circulent sur les routes avec un système antipollution désactivé par des garages délinquants. […] Désactiver le système antipollution d'un camion équivaut à ajouter
34 camions sur les routes, selon une étude de l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis. »
Ce ne sont pas seulement les garages qu'on néglige d'inspecter mais aussi les camions sur les routes car « [s]ans contrôles routiers, les constats d'infraction liés aux poids lourds sont en chute libre. Les contrôleurs routiers n'effectuent plus d'interventions non planifiées depuis bientôt 15 mois » faute de moyens et de pouvoirs que Québec tarde à leur accorder.

Il ne faut pas chercher de midi à quatorze heure le pourquoi de cette débandade qui inquiète même la patronat. Il s'agit d'arbitrer une contradiction. D'un côté se trouve la minimisation des frais de transport, si vitaux à la mondialisation, d'autant que le coût de l'essence et du diésel grimpe pour cause de guerre au Moyen-Orient. Il n'y a ici que deux facteurs essentiels variables, soit la main-d'œuvre et l'énergie, sur lesquels jouer. De l'autre il faut assurer le bon fonctionnement du système de transport que menace le far west du camionnage débridé au point que la circulation sur les autoroutes pour M. et Mme Tout-le-monde s'en trouve épeurante. Ajoutons-y une dose de poids lourds qui s'alourdissent, question de minimiser les coûts fixes, et en conséquence détériorent l'état de routes jusqu'à et y compris les nids-depoule.

À court terme, travailleurs et réformateurs patronaux vont vouloir atténuer la contradiction. Les premiers le voudront pour améliorer leurs conditions de travail afin de gagner décemment leur vie sur la base d'un horaire qui garantisse à la fois vie familiale et sécurité routière avec un outil de travail qui tient bien la route. Les réformateurs vont plutôt insister sur le recours à la main-d'œuvre immigré et temporaire et sur la répression tout faisant miroiter le camionnage sans chauffeur. C'est l'intensité de la syndicalisation et de son combat qui fera la différence. La voie syndicale pourrait se déployer politiquement jusqu'à l'écosocialisme. Pour résoudre structurellement le dilemme, pourquoi pas développer un système parallèle de transport des marchandises basé sur le rail facile à électrifier lequel en plus minimise les émanations de gaz à effet de serre. Et encore mieux : basculer dans une société du soin et du lien en décroissance matérielle qui réduit au minimum la circulation des marchandises tout en assurant le plein emploi par le recyclage de la main-d'œuvre et la réduction du temps de travail à niveau de vie égal si ce n'est supérieur.

Marc Bonhomme, 4 juin 2026
ww.marcbonhomme.com ; bonmarc1@gmail.com

Journée de l’air pur : pourquoi Rouyn-Noranda devrait-elle attendre jusqu’en 2033 ?

9 juin, par Mères au front — , ,
Québec, le 3 juin 2026 – En cette Journée de l'air pur, Mères au front demande au gouvernement du Québec de suspendre l'adoption de l'article 70.16 du projet de loi 11 et de (…)

Québec, le 3 juin 2026 – En cette Journée de l'air pur, Mères au front demande au gouvernement du Québec de suspendre l'adoption de l'article 70.16 du projet de loi 11 et de mandater le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) afin qu'une évaluation indépendante, rigoureuse et transparente soit réalisée avant toute décision.

Pour Mères au front, l'enjeu dépasse largement le cadre d'un simple allègement réglementaire. L'article 70.16 aurait pour effet de prolonger jusqu'en 2033 un régime d'exception environnemental et sanitaire accordé à la Fonderie Horne, une situation unique au Québec.

Un régime d'exception qui se prolonge

Ce régime d'exception permettrait à l'exploitant de la Fonderie Horne, la multinationale Glencore, de continuer à bénéficier jusqu'en 2033 de normes d'émissions atmosphériques distinctes de celles applicables ailleurs au Québec. Alors que la norme québécoise d'arsenic dans l'air ambiant est fixée à 3 ng/m³, les concentrations mesurées atteignaient encore 40,9 ng/m³ en 2025, soit plus de treize fois la norme provinciale. Le maintien de ce régime d'exception soulève des préoccupations persistantes quant à l'exposition de la population aux contaminants atmosphériques et à l'équité des protections environnementales offertes aux citoyennes et citoyens de Rouyn-Noranda.

« Les citoyennes et citoyens de Rouyn-Noranda ont droit au même niveau de protection environnementale et sanitaire que l'ensemble de la population québécoise. Après plus de trente ans de reports successifs, la question n'est plus seulement industrielle : elle est devenue politique. Le gouvernement devra expliquer publiquement pourquoi il juge acceptable que les résidentes et résidents de Rouyn-Noranda continuent d'être soumis à des normes différentes de celles qui protègent le reste de la population », affirme Jennifer Ricard Turcotte, porte-parole Mères au front à Rouyn-Noranda.


Trente ans de reports successifs

Depuis l'entrée en vigueur du Programme de réduction des rejets industriels en 1988, les cibles de réduction des émissions de la Fonderie Horne ont été reportées à maintes reprises. Alors que plusieurs entreprises ont investi afin de moderniser leurs installations et de respecter les normes environnementales en vigueur, Glencore, une multinationale multimilliardaire comptant parmi les plus importantes sociétés minières au monde, a bénéficié d'un régime d'exception prolongé au fil des décennies. Pourtant, des recommandations visant une réduction substantielle de la pollution atmosphérique étaient déjà formulées au début des années 2000. Plus de vingt ans plus tard, malgré les moyens financiers dont dispose l'entreprise pour mettre en œuvre les technologies nécessaires à la réduction de ses émissions, le gouvernement s'apprête à accorder un nouveau délai avant l'atteinte des objectifs de protection de la santé publique et de l'environnement.

Ce choix de reporter encore l'atteinte des objectifs de réduction des émissions ne constitue pas seulement un enjeu réglementaire. Il comporte également des conséquences bien réelles pour la santé de la population.

Des impacts sanitaires documentés

Mères au front rappelle que plusieurs autorités et organisations du domaine de la santé ont exprimé, à maintes reprises, des préoccupations quant à la prolongation des délais accordés à l'entreprise, notamment la Direction régionale de santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue, le Collège des médecins du Québec, l'Association québécoise des médecins pour l'environnement et le collectif IMPACTE.

« Des risques graves, inacceptables, connus et documentés commandent l'application, en toute urgence, de mesures pour protéger la santé de la population de Rouyn-Noranda. Nous savons que le risque cancérigène associé à l'exposition à l'arsenic est environ 100 fois supérieur à ce qui est considéré comme acceptable ailleurs au Québec. Les études de biosurveillance menées auprès d'enfants de Rouyn-Noranda ont également démontré une exposition accrue à l'arsenic, notamment par l'analyse de la concentration de ce contaminant dans leurs ongles, démontrant une contamination mesurable chez les enfants vivant à proximité de la Fonderie Horne. Face à de tels constats, il est difficile de justifier un nouveau report des mesures de réduction des émissions », affirme Maryse Bouchard, professeure titulaire de santé environnementale à l'INRS et chercheuse affiliée au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.

Pourquoi un BAPE est nécessaire

Au-delà de la question environnementale, c'est aussi un enjeu d'équité, de transparence et de confiance envers les institutions publiques. Les normes environnementales et sanitaires existent pour protéger l'ensemble de la population. Lorsqu'une communauté est soumise pendant des décennies à un régime d'exception, il appartient au gouvernement de démontrer publiquement pourquoi cette situation demeure justifiée.

« Les citoyennes et citoyens de Rouyn-Noranda ne demandent pas un traitement privilégié. Ils demandent le même niveau de protection que celui accordé partout ailleurs au Québec », ajoute Anaïs Barbeau-Lavalette, réalisatrice, autrice et co-fondatrice de Mères au front.

Compte tenu des enjeux de santé publique documentés, des préoccupations exprimées par de nombreuses autorités médicales et scientifiques, ainsi que des arguments économiques invoqués pour justifier la prolongation du régime actuel, Mères au front estime qu'une évaluation indépendante et transparente s'impose avant toute décision.

Un mandat confié au BAPE permettrait notamment d'examiner :

les impacts sanitaires associés à la prolongation du régime d'exception ;
les coûts collectifs assumés par la population et le système de santé ;
les retombées économiques réelles de la Fonderie Horne pour Rouyn-Noranda, l'Abitibi-Témiscamingue et le Québec ;
les scénarios et solutions permettant de concilier activité économique, protection de la santé publique et respect des normes environnementales.

Demander un BAPE, ce n'est pas opposer l'économie à la santé. C'est reconnaître que lorsqu'une décision publique comporte des conséquences aussi importantes pour une population, elle doit être prise à la lumière d'une information complète, indépendante et accessible à toutes et tous.

Avant de prolonger jusqu'en 2033 un régime d'exception unique au Québec, le gouvernement a la responsabilité de démontrer que sa décision repose sur l'intérêt public et sur l'ensemble des faits. Dans un dossier qui touche à la santé, à l'environnement et à la confiance du public envers ses institutions, la transparence ne devrait jamais être facultative.



À propos de Mères au front

Mères au front est un mouvement citoyen regroupant des milliers de mères, de grand-mères et d'allié·es qui agissent pour protéger les conditions de vie des générations présentes et futures face à la crise climatique et environnementale.

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