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L’entente d’aujourd’hui avec l’Alberta sape l’un des derniers piliers du plan climatique du Canada

26 mai, par Réseau action climat Canada — , ,
Territoires non cédés de la Nation algonquine anishinaabe [OTTAWA], 15 mai 2026 : Les organisations environnementales et de la société civile condamnent fortement l'annonce (…)

Territoires non cédés de la Nation algonquine anishinaabe [OTTAWA], 15 mai 2026 : Les organisations environnementales et de la société civile condamnent fortement l'annonce faite aujourd'hui concernant l'accord entre le Canada et l'Alberta, qui affaiblit la tarification du carbone industriel et réaffirme l'engagement à accélérer la construction d'un oléoduc vers la côte ouest de la Colombie-Britannique.

15 mai 2026 | Réseau Climat Canada

Cet accord repousse à 2040 la date à laquelle l'Alberta devra atteindre un prix effectif sur le carbone de 130 dollars la tonne — soit dix ans plus tard que prévu initialement. Cette mesure est désormais présentée comme un objectif plutôt que comme un seuil minimal.

« Avec l'annonce faite aujourd'hui, le Premier ministre Carney sape l'un des derniers piliers du plan climatique du Canada », a déclaré Caroline Brouillette, directrice exécutive du Réseau action climat Canada.

« Le premier ministre a été élu en promettant de renforcer le système de tarification du carbone industriel. Il en a fait le pilier de sa stratégie climatique et s'en est servi pour justifier la suppression d'autres mesures visant à responsabiliser les pollueurs. Au lieu de cela, il démantèle des protections essentielles pour les écosystèmes et les communautés et laisse l'industrie pétrolière et gazière, détenue par des intérêts américains, établir ses propres règles, alors que les Canadien.ne.s sont confronté.e.s à la hausse du coût des énergies fossiles et aux catastrophes climatiques.

« Accélérer la construction d'un oléoduc en 2027 — sans le consentement des Premières Nations, sans promoteur du secteur privé et alors que la demande en énergies fossiles s'effondre en Asie — défie véritablement toute logique. Ce projet ne serait pas viable sans subventions publiques — et les Canadien.ne.s ne veulent pas que leur argent soit gaspillé dans un autre oléoduc coûteux. »

Cet accord intervient après une année marquée par un recul constant des politiques climatiques. Tout récemment, le gouvernement fédéral a annoncé des modifications réglementaires qui videraient de leur substance les mesures de protection de l'environnement et les garanties procédurales au Canada, et a publié une stratégie d'électrification qui permettrait d'augmenter la part des énergies fossiles dans le réseau électrique.

« Le gouvernement Carney met en œuvre ces changements sous prétexte de construire des grands projets. Mais ne pas se demander si nous construisons les bonnes infrastructures, de la bonne manière, ne fera que créer de nouveaux obstacles et retards, tout en nous enlisant dans une économie d'une autre époque. Ce n'est pas ce dont le Canada a besoin — pour sa compétitivité, sa sécurité et une planète saine pour les générations futures », a ajouté Caroline Brouillette.

Citations :

Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales, Équiterre :

« Le premier ministre se sert de la guerre commerciale avec les États-Unis pour enfoncer le Canada dans la dépendance aux hydrocarbures, alors que le monde cherche par tous les moyens d'en sortir. S'il a fait un bon diagnostic des transformations géopolitiques, il reste étonnamment attaché aux vieilles solutions. Le gouvernement de l'Alberta et l'industrie pétrogazière qui se plaignent d'être désavantagés, même après s'être fait donné un pipeline de 34 milliards $ aux frais des contribuables, c'est un sport national au même titre que le hockey. Ce n'est pas une excuse pour affaiblir les protections environnementales et se priver des mesures fiscales nécessaires pour protéger les communautés contre les impacts des changements climatiques. »

Anne-Céline Guyon, analyste climat-énergie, Nature Québec :

« Ce recul sur la taxe carbone industrielle n'est qu'une pierre de plus à la voie que pave le gouvernement fédéral aux pétrolières et gazières depuis un an déjà. Mesures après mesures, nous assistons à l'orchestration d'un démantèlement précis et systématique de toutes les lois qui protégeaient la population et l'environnement au profit d'une industrie fossile obsédée par une seule chose : gonfler encore davantage les profits déjà colossaux de ses actionnaires avec l'argent des contribuables. S'il subsistait encore un doute sur les intérêts que sert réellement le gouvernement fédéral, il vient aujourd'hui de tomber. »

Louis Couillard, responsable de la campagne climat-énergie pour Greenpeace Canada :

« La seule chose qui progresse plus vite que le démantèlement des politiques climatiques canadiennes, c'est la révolution mondiale des énergies renouvelables ! Le gouvernement Carney, qui choisit les profits des grandes pétrolières au détriment de cette révolution, est en train de voler aux Canadiens la chance de bâtir un pays plus vert et plus sécuritaire. Un monde plus vert est logiquement un monde plus sûr et plus abordable, ne confondons donc pas ce qui est bon pour les compagnies pétrolières avec ce qui est bon pour le monde ordinaire. »

Dre Samantha Green, présidente, Association canadienne des médecins pour l'environnement (ACME) (dont fait partie l'Association québécoise des médecins pour l'environnement (AQME) :

« Les conclusions sont claires et cohérentes : la grande majorité de la population canadienne est préoccupée par les changements climatiques et souhaite que nos dirigeants agissent. Et pourtant, nous assistons à un démantèlement massif de la politique climatique par le gouvernement fédéral, précisément au moment où les répercussions de la crise climatique sur la santé s'accélèrent autour de nous. La tarification du carbone industriel est l'un des outils les plus efficaces dont dispose le Canada pour réduire la pollution. L'affaiblir tout en augmentant la production d'énergies fossiles envoie un message irresponsable selon lequel les accords politiques à court terme importent plus que la santé et la sécurité de la population canadienne. Le coût de ces décisions se mesurera en vies humaines. »

André Bélanger, directeur général Fondation Rivières :

« Jour de deuil pour la nature aujourd'hui. Ce nouveau recul du premier ministre Carney vient saboter les efforts du Québec en matière de transition énergétique. Pendant que la planète adopte à grande vitesse les sources d'énergie renouvelable, Ottawa accélère la course du Canada vers les hydrocarbures en déclin en faisant fi de la protection de l'environnement et de la réalité des changements climatiques. Pathétique. »

Climate Action Network – Réseau action climat (CAN-Rac) Canada est le plus vaste réseau d'organisations travaillant sur les questions liées aux changements climatiques et à l'énergie au Canada. Il s'agit d'une coalition de près de 200 organisations opérant d'un océan à l'autre. Nos membres rassemblent des groupes environnementaux, des syndicats, des Premières Nations, des organisations de justice sociale, de développement, de santé et de jeunesse, des groupes religieux et des initiatives locales.

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Alors que le Canada semble s’accrocher aux énergies fossiles, une grande partie du monde va de l’avant

26 mai, par Seth Klein — , ,
On pourrait pardonner aux observateurs internationaux peu avertis de croire que le Canada est entre les mains rassurantes d'un champion du climat. Après tout, alors que les (…)

On pourrait pardonner aux observateurs internationaux peu avertis de croire que le Canada est entre les mains rassurantes d'un champion du climat. Après tout, alors que les reculs en matière de politique climatique règnent en maître dans l'Amérique de Donald Trump, le Canada est aujourd'hui dirigé par un homme qui, alors qu'il occupait le poste de gouverneur de la Banque d'Angleterre, a prononcé en 2015 un discours salué par la critique, « Breaking the tragedy of the horizon », mettant en garde la communauté financière mondiale contre les risques financiers du changement climatique ; qui a ensuite occupé le poste d'envoyé spécial des Nations unies pour l'action climatique et le financement ; et dont le livre de 2022, Value(s), traitait longuement de la « menace existentielle » que représente le changement climatique. Un homme qui a récemment ébloui le monde avec son discours à Davos sur la manière dont les puissances moyennes peuvent tenir tête aux tyrans mondiaux.

tiré du site ecosocialist Vancouver | [Photo du haut : « Versez une petite larme pour nous. Puis reprenez le combat. » Photo : Roger Lemoyne/Reuters]

Écoutez, on comprend. À côté de Trump, Carney semble si affable, réfléchi et calme – une bouée de sauvetage de stabilité dans un nouveau monde instable.

Beaucoup au Canada partageaient encore récemment ce point de vue. En effet, il y a à peine plus d'un an, des centaines, voire des milliers de militants pour le climat ont rejoint le Parti libéral du Canada pour aider à faire élire Carney comme successeur de Justin Trudeau. Quelques mois plus tard, des centaines de milliers d'électeurs préoccupés par le climat ont voté en faveur de Carney au poste de premier ministre.

Malheureusement, cependant, une réalité bien différente se dessine. À mesure que les différents volets de la stratégie climatique du Canada sont démantelés, de plus en plus de ces électeurs inquiets pour le climat ressentent un profond remords, désorientés par le décalage entre la personne qu'ils pensaient soutenir et un plan climatique désormais en ruines.

Carney ne parle presque plus de la crise climatique, contribuant ainsi à la quasi-disparition du sujet des conversations courantes et renforçant le sentiment d'isolement de la majorité silencieuse des personnes préoccupées par le climat (une dynamique inquiétante sur laquelle The Guardian a déjà écrit). Mais la rupture va bien au-delà du silence radio de Carney.

Le démantèlement du plan climatique du Canada

Parmi ses premières mesures en tant que Premier ministre, Carney – qui, dans sa vie antérieure, ne jurait que par les solutions fondées sur le marché – a supprimé le prix du carbone pour les consommateurs au Canada.

La nouvelle Stratégie de compétitivité climatique de Carney adopte une approche « fondée sur la stimulation des investissements, et non sur les interdictions ». Conformément à cette orientation, son gouvernement s'est attelé à abroger ou à affaiblir pratiquement tous les mandats climatiques mis en place par son prédécesseur. Les réglementations sur le méthane ont été affaiblies et reportées. Le Règlement sur l'électricité propre du Canada (initialement conçu pour rendre notre réseau entièrement exempt de combustibles fossiles d'ici 2035) a été considérablement repoussé (à 2050) et a rouvert la porte à de nouvelles centrales électriques au gaz.

Un plafond prévu pour les émissions du secteur pétrolier et gazier (sur lequel le mouvement pour le climat a passé des années à mener des consultations) a désormais été supprimé. La législation anti-greenwashing a été signalée pour être abrogée. Et les obligations relatives aux véhicules à zéro émission (ZEV) ont été considérablement retardées et affaiblies, contribuant à une chute spectaculaire des ventes de véhicules électriques au Canada.

Carney s'est également engagé à fond dans le soutien aux nouvelles infrastructures liées aux combustibles fossiles. Le premier ministre est résolu à déréglementer l'environnement, en exemptant de certaines lois environnementales les projets jugés « essentiels à la construction de la nation ». De grands projets de nouvelles installations de GNL et de gazoducs ont été accélérés et seront probablement subventionnés par le gouvernement fédéral (le GNL a déjà bénéficié de nouveaux crédits d'impôt).

Il a doublé les crédits d'impôt pour les projets de capture et de stockage du carbone, et a désormais étendu la subvention à la « récupération assistée du pétrole » – ce qui signifie que le crédit est désormais accessible aux projets qui utilisent le carbone capturé pour extraire encore plus de pétrole par fracturation hydraulique.

Et un nouveau « fonds souverain » fédéral a été annoncé, qui utilisera probablement l'argent public pour subventionner de nouveaux projets d'infrastructures liés aux combustibles fossiles (en gros, l'exact opposé du fonds norvégien, qui a fait ses preuves).

Tout cela en refusant catégoriquement d'envisager un impôt sur les bénéfices exceptionnels des compagnies pétrolières et gazières qui, dans le sillage de la guerre en Iran, s'apprêtent à engranger des profits records aux dépens de la majorité de la population.

Au début du mois, tous les sentiments refoulés de chagrin et de trahison ont éclaté au grand jour lorsque Carney et la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, ont annoncé un nouvel accord énergétique visant à ouvrir davantage la voie à un énième pipeline de bitume et, plus précisément, à permettre à l'Alberta – qui abrite la plus grande source d'émissions du Canada, les sables bitumineux – d'affaiblir considérablement son prix du carbone industriel. Le Réseau Action Climat Canada a qualifié cet accord de « coup de massue porté à l'un des derniers piliers du plan climatique canadien. »

Alors que le prix du carbone industriel au Canada devait atteindre 170 dollars la tonne d'ici 2030, en vertu de cette dernière capitulation, le prix en Alberta n'atteindra désormais que 130 dollars d'ici 2040, réduisant cet outil climatique à une quasi-insignifiance. Lorsque Carney a supprimé le prix du carbone pour les consommateurs immédiatement après son accession au poste de premier ministre, il avait promis de renforcer le prix du carbone industriel (et plus déterminant). Il a choisi de faire le contraire.

Même pour le très posé Canadian Climate Institute, qui fait habituellement preuve d'une patience exaspérante face au gradualisme du gouvernement fédéral, c'était un pas de trop, déclarant que le nouvel accord entre le gouvernement fédéral et l'Alberta « rend l'engagement du Canada d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 définitivement hors de portée ».

Rationaliser l'inexplicable

Certains restent disposés à laisser passer tout cela à notre premier ministre, arguant qu'il doit faire face à un mouvement séparatiste de taille en Alberta. Ce mouvement soutenu par Trump reste minoritaire, représentant environ un quart des Albertains, mais ses partisans se font entendre. Les défenseurs de Carney affirment que toutes les concessions susmentionnées sont nécessaires pour apaiser l'Alberta et « plaider en faveur d'un Canada uni ».

Mais les antécédents de ce raisonnement renforcent tous les risques habituels liés à l'apaisement. C'est cette même logique qui a justifié la décision de l'ancien premier ministre de dépenser 34 milliards de dollars pour construire l'extension du pipeline Trans Mountain afin de transporter davantage de bitume de l'Alberta vers la côte Pacifique, sans qu'aucune récompense politique n'en découle.

Certes, certains continuent de penser que Carney se livre à une partie d'échecs en quatre dimensions d'une grande finesse, déconcertant le secteur pétrolier et ses soutiens politiques tout en préparant le terrain pour une grande transition, sans les absurdités théâtrales de Trudeau.

Mais un an après, nous abandonnons cette idée. Il n'existe aucun scénario dans lequel ces changements de politique n'augmenteraient pas à la fois les émissions nationales du Canada et, plus encore, la pollution carbone en aval ailleurs, par l'expansion des exportations de pétrole et de gaz.

Désolé d'être porteur de mauvaises nouvelles. Versez une petite larme pour nous. Puis reprenons le combat. Le mouvement climatique canadien retrouve ses repères. Il n'y a aucune garantie que ces nouveaux projets liés aux combustibles fossiles au Canada trouveront les investisseurs et les acheteurs dont ils ont besoin pour se concrétiser. De nombreuses nations autochtones affirment qu'elles feront tout leur possible pour en bloquer la réalisation. Et tandis que le Canada s'accroche peut-être aux combustibles fossiles, une grande partie du monde passe à autre chose.

Seth Klein est un écrivain et militant canadien pour le climat, auteur du livre A Good War : Mobilizing Canada for the Climate Emergency, et ancien chef d'équipe de la Climate Emergency Unit. Vous pouvez consulter sa newsletter ici.

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La nouvelle stratégie énergétique de Carney privilégie les emplois d’hier plutôt que ceux de demain

26 mai, par Karl Nerenberg — , ,
Mark Carney multiplie les annonces liées à l'énergie à un tel rythme qu'il est difficile de s'y retrouver. En fin de compte, ses nouvelles politiques et initiatives favorisent (…)

Mark Carney multiplie les annonces liées à l'énergie à un tel rythme qu'il est difficile de s'y retrouver. En fin de compte, ses nouvelles politiques et initiatives favorisent largement les combustibles fossiles, au détriment non seulement de l'environnement et des intérêts des Autochtones, mais aussi du secteur vital des énergies propres.

https://rabble.ca/politics/canadian-politics/carneys-new-energy-approach-favours-jobs-of-the-past-not-the-future/

14 mai 2026

Le premier ministre canadien Mark Carney utilise une stratégie d'assaut tous azimuts pour mettre en œuvre un changement majeur en matière de politique environnementale et énergétique.

En l'espace de quelques jours, son gouvernement a publié un document de travail décrivant un nouveau processus d'approbation beaucoup plus rapide pour les grands projets, et a annoncé une nouvelle stratégie nationale en matière d'électricité, dont l'objectif ambitieux est de doubler la capacité du réseau électrique canadien d'ici 2050.

Plus tôt dans la semaine, le premier ministre s'est entretenu avec la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, du Parti conservateur uni, et a laissé entendre que le gouvernement fédéral était disposé à ralentir la hausse prévue de la taxe industrielle sur le carbone, principal outil politique du Canada contre les émissions de gaz à effet de serre.

La taxe industrielle sur le carbone s'élève actuellement à 95 $ la tonne et devait passer à 170 $ la tonne d'ici quatre ans, soit d'ici 2030.

Selon des sources gouvernementales anonymes, M. Carney a accepté de ramener le prix prévu pour 2030 à 130 $ la tonne.

Dans le cadre de cet accord, M. Carney a également accepté d'ouvrir la voie à la construction d'un autre pipeline destiné à acheminer le bitume de l'Alberta vers la côte ouest – et de là, par pétrolier, vers des clients étrangers.

Le premier ministre et le premier ministre Smith se réuniront à nouveau le vendredi 15 mai pour officialiser cet accord.

Tout cela a de quoi inquiéter ceux qui se soucient de l'avenir de la planète.

Alerte aux espèces menacées

Le document sur les grands projets, par exemple, mentionne la possibilité de permettre le démarrage anticipé de la construction avant même que la décision relative aux répercussions ne soit prise. Agir ainsi pour un projet créerait un fait accompli et rendrait le processus d'évaluation inefficace.

Le document fait également écho au projet de loi C-5 de 2025 en accordant aux ministres du Cabinet le droit d'« ajuster les conditions d'évaluation et les conditions environnementales » lorsque cela est nécessaire, « dans l'intérêt national ».

De plus, le document propose de conférer au Cabinet un « pouvoir limité » non défini pour exempter certains projets de l'application de ce qu'il appelle « le critère de mise en péril des espèces en péril ».

Cette expression qui semble anodine signifie que même si un projet, tel qu'une mine ou un pipeline, risquait de menacer l'existence même d'une espèce menacée ou en voie de disparition, il pourrait néanmoins être mis en œuvre – à condition, bien sûr, que le projet soit dans « l'intérêt national ».

Concrètement, une telle disposition pourrait permettre à une exploitation minière de déverser ses résidus dans des lacs et autres plans d'eau, tuant, par exemple, une espèce rare de truite ou une autre créature aquatique.

La Stratégie en matière d'électricité, quant à elle, rendrait l'électricité produite par les quatre provinces qui sont les principaux producteurs d'hydroélectricité propre plus largement accessible à travers le pays.

Ce serait une issue salutaire, du point de vue des changements climatiques.

Mais, « à court terme », la Stratégie favoriserait également l'électricité produite à partir du gaz naturel – qui, bien que plus propre que d'autres combustibles fossiles, n'est pas une source d'énergie renouvelable. À cette fin, Carney a annoncé que son gouvernement allait « adapter la réglementation sur l'électricité propre ».

Le secteur des énergies renouvelables n'est pas du tout satisfait

Malgré le discours conciliant du gouvernement en public, de nombreux partisans de Carney rejettent en privé les objections des groupes environnementaux et autochtones.

Loin des micros, ils se plaignent que le Canada soit à la traîne par rapport à des concurrents sur les marchés mondiaux comme l'Australie – en raison du processus d'approbation rigide, lent, excessivement déférent et inefficace de ce pays.

Mais certains secteurs du monde des affaires sont également en ébullition. Et ils font valoir que la nouvelle approche énergétique et environnementale du gouvernement Carney sera contre-productive et, à long terme, néfaste pour l'économie canadienne.

Une organisation représentant les industries renouvelables et propres au Canada, Canada's Clean50, affirme que le « cadeau de Carney à l'Alberta » (en référence aux modifications de la taxe industrielle sur le carbone) « démantèle activement un secteur à forte croissance ».

Gavin Pitchford, directeur général de Clean50, déclare :

« Un plafond de 130 $ la tonne d'ici 2040 décimera le secteur des industries propres qui contribue actuellement à hauteur de plus de 200 milliards de dollars à notre PIB et représente environ 700 000 emplois, et qui connaît une croissance rapide. « Si on la soutient, cette contribution pourrait tripler, alors que l'industrie pétrolière est en déclin constant. »

Le choix du gouvernement de privilégier apparemment le pétrole, le charbon et le gaz non renouvelables au détriment des énergies propres fait fuir les investissements et les compétences, met en garde M. Pitchford.

Les « esprits les plus brillants » et les capitaux les plus avisés du secteur des énergies renouvelables sont déjà à la recherche d'opportunités d'investissement et d'emploi dans des pays d'Europe et d'Asie plus favorables aux énergies renouvelables.

« Je reçois des témoignages de jeunes professionnels titulaires d'une maîtrise de l'Université Western et de l'Université de Toronto qui cherchent activement un emploi au Royaume-Uni, au Danemark et à Rome », rapporte M. Pitchford de Clean50.

Les partisans de l'approche de M. Carney, qui consiste à faire marche arrière en matière de droits des Autochtones et d'environnement, soutiennent que l'économie et l'emploi doivent primer sur d'autres considérations « moins concrètes » – compte tenu du dilemme actuel du Canada.

Le mouvement environnemental et les communautés autochtones entendent ce genre d'argument depuis plus d'un an maintenant.

Mais quel argument ces partisans de Carney peuvent-ils opposer aux membres du milieu des affaires canadien qui affirment que le gouvernement fait preuve de myopie en favorisant les emplois et les investissements dans un secteur énergétique en déclin, alors qu'il risque de les perdre dans les secteurs des énergies propres de l'avenir ?

Rapport : Les préjugés envers les personnes en situation de pauvreté au Québec

26 mai, par Collectif pour un Québec sans pauvreté — , ,
L'Institut de la statistique du Québec (ISQ) a publié le rapport suivant : « Les préjugés envers les personnes en situation de pauvreté au Québec : Portrait statistique à (…)

L'Institut de la statistique du Québec (ISQ) a publié le rapport suivant : « Les préjugés envers les personnes en situation de pauvreté au Québec : Portrait statistique à partir de l'Enquête québécoise sur la perception de la pauvreté 2024 ».

Il est en pièce jointe.

Ce rapport fait notamment suite à un avis du Centre d'étude sur la pauvreté et l'exclusion qui a « mis en lumière l'absence d'indicateurs quantitatifs sur les perceptions de la pauvreté à l'échelle de la population québécoise ». Le rapport de l'ISQ « présente des résultats sur les croyances quant aux causes de la pauvreté et sur les attitudes, tant négatives et que positives, envers les personnes en situation de pauvreté » et il traite « des situations discriminatoires auxquelles ces personnes sont confrontées, de même que des conséquences que les préjugés peuvent avoir sur leur vie quotidienne ».

Nous vous reviendrons dans les prochaines semaines sur son contenu.
Solidairement.

L'équipe
Collectif pour un Québec sans pauvreté

Voici l'avant propos du rapport

Avant-propos

La pauvreté est une réalité complexe et persistante au Québec, qui touche un grand nombre de per sonnes et de familles. Elle a des répercussions profondes sur la qualité de vie, la santé et le bien-être des personnes concernées. Depuis l'adoption, en 2002, de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale, le gouvernement du Québec s'est engagé à bâtir une société plus solidaire et inclusive, notamment en combattant les préjugés auxquels peuvent être confrontées les personnes en situation de pauvreté. Dans la continuité des travaux réalisés par le Centre d'étude sur la pauvreté et l'exclusion (CEPE), qui ont mis en lumière l'absence d'indicateurs quantitatifs sur les perceptions de la pauvreté à l'échelle de la popu lation québécoise, l'Enquête québécoise sur la perception de la pauvreté au Québec 2024 (EQPP 2024) marque une étape importante. Réalisée par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) à la demande du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MESS), elle vise à mieux comprendre l'ampleur des préjugés à l'égard des personnes en situation de pauvreté. L'EQPP 2024 permet également d'identifier, à l'échelle de la province, les caractéristiques des personnes qui entretiennent de tels préjugés ainsi que celles qui en sont la cible.

Dans ce rapport, on présente des résultats sur les croyances quant aux causes de la pauvreté et sur les attitudes, tant négatives et que positives, envers les personnes en situation de pauvreté. On y traite aussi des situations discriminatoires auxquelles ces personnes sont confrontées, de même que des consé quences que les préjugés peuvent avoir sur leur vie quotidienne.

Grâce à l'EQPP 2024, le Québec dispose pour la première fois de données populationnelles au sujet des préjugés à l'égard de la pauvreté. En plus de répondre aux besoins d'information du MESS, ces données seront précieuses pour les équipes de recherche, les organismes communautaires et les personnes en gagées auprès des personnes en situation de pauvreté.

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à toutes les personnes qui ont pris le temps de répondre au questionnaire de l'EQPP 2024. Leur participation a été essentielle à la réalisation de cette enquête. Je remercie également les membres du personnel de l'ISQ, les membres du comité d'orientation de projet et les représentants et représentantes du MESS, dont la collaboration a grandement contribué au succès de ce projet et à la production de ce rapport.

Le statisticien en chef, Marc Sirois

Le statisticien en chef,
Marc Sirois
https://statistique.quebec.ca/fr/fichier/prejuges-personnes-situation-pauvrete-2024.pdf

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« Le discours doit changer : parlons de pauvreté ! »

26 mai, par PTAG ! — , ,
« Le Collectif pour un Québec sans pauvreté, accompagné du FRAPRU, du Regroupement des cuisines collectives du Québec et de l'Union des consommateurs, appelle les candidates et (…)

« Le Collectif pour un Québec sans pauvreté, accompagné du FRAPRU, du Regroupement des cuisines collectives du Québec et de l'Union des consommateurs, appelle les candidates et candidats aux élections provinciales à faire de la lutte contre la pauvreté une priorité nationale. Cet appel s'inscrit dans le cadre de sa tournée panquébécoise, Le discours doit changer, parlons de pauvreté !, amorcée en septembre dernier et dont l'Agora pour un Québec sans pauvreté constitue l'aboutissement. Cette Agora a rassemblé des centaines de personnes de partout au Québec au cours des deux derniers jours.
À l'automne, le Collectif a publié le Manifeste pour un Québec sans pauvreté, un document qui a été au cœur de la tournée. Ce manifeste met de l'avant quatre principes indissociables qui doivent guider l'action gouvernementale en matière de lutte contre la pauvreté : améliorer le revenu des personnes les plus pauvres avant celui des plus riches, renforcer l'accès universel aux services publics, placer les personnes en situation de pauvreté au cœur des décisions qui les concernent et lutter contre les préjugés. Il a depuis été appuyé par près de 1 400 organisations — communautaires, syndicales, étudiantes, féministes et issues du milieu de la santé et des services sociaux — à travers tout le Québec. »(Extrait du communique du Collectif pour un Québec sans pauvreté)

L'agora, d'envergure nationale, s'est tenue au Par Cartier-Brébeuf à Québec. Le vendredi 22 mai fut une journée de réflexion collective où des ateliers ont abordé des sujets variés comme le droit à l'alimentation, la précarité énergétique, la pauvreté en milieu rural et le droit à la « vie bonne ».

Le samedi 23 mai, la manifestation qui a rassemblé des centaines de personnes de toutes les régions du Québec a parcouru les rues de Limoilou. Avant le départ de la manifestation, des intervenantes et des intervenants du Collectif pour un Québec sans pauvreté, du FRAPRU, du Regroupement des cuisines collectives du Québec et de l'Union des consommateurs ont dénoncé les différentes facettes de la pauvreté et ont demandé aux partis politiques de s'engager sur ces enjeux lors de la prochaine campagne électorale.

Nous présentons ci-dessous, des extraits vidéos de ces interventions :

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Pour lire le manifeste, cliquez sur l'icône

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Retour sur une année de mobilisation au Cégep de Saint-Laurent

26 mai, par Comité de Montréal — , ,
Alors que la session d'hiver se termine et qu'un mandat de grève a été exercé, les étudiants du Cégep de Saint-Laurent, à Montréal, concluent une année importante de (…)

Alors que la session d'hiver se termine et qu'un mandat de grève a été exercé, les étudiants du Cégep de Saint-Laurent, à Montréal, concluent une année importante de mobilisation contre la dégradation des services et des bâtiments de leur école. Ancien épicentre du mouvement étudiant de 2012, le cégep a aussi vu des organisateurs tenter de relancer une culture de mobilisation qui s'était affaiblie ces dernières années.

22 mai 2026 | tiré de l'Étoile du Nord
https://etoiledunord.media/2026/05/22/retour-sur-une-annee-de-mobilisation-au-cegep-de-saint-laurent/

Les étudiants ont tenu leurs premières journées de grève en novembre 2025, suivies d'une semaine complète de débrayage en mars 2026, puis d'une dernière journée de grève le 1er mai. Présente sur la ligne de piquetage le 1er mai, L'Étoile du Nord a rencontré Nour El-Hage, organisateur au sein de l'association étudiante, pour faire le bilan de l'année et des gains réalisés.

« Je pense que ça a été incroyable. Pendant la semaine de grève, on était peut-être cinq personnes à faire tout le travail, puis c'était correct. Mais après la grève, on s'est retrouvés avec des comités de 20 personnes. Pour moi, c'est une énorme victoire. Peut-être qu'on n'a pas obtenu des gains immédiats de la direction, mais honnêtement, réussir à relancer l'association étudiante, redonner de l'intérêt aux étudiants, faire revivre cette communauté et redonner le goût au monde de s'impliquer, ça vaut plus qu'une petite victoire ponctuelle. »

Selon El-Hage, même si l'administration a réussi à repousser les négociations à la session suivante, sa façon de gérer le conflit a aussi poussé davantage d'étudiants à se mobiliser.

« Le fait que les gens aient vu que la direction ne représentait pas forcément leurs intérêts a vraiment aidé à rallier des centaines d'étudiants. Avant, il y avait surtout un sentiment d'impuissance. Tout le monde voyait bien que le cégep allait mal, mais les gens n'avaient pas d'exemple concret. Comment faire une grève ? Quel genre d'action organiser ? Le fait de montrer que c'était possible, je pense qu'aujourd'hui ça donne envie au monde de s'impliquer et d'arriver avec des idées. »

« On a maintenant une bonne base. On peut continuer et monter d'un cran dès la prochaine session. Bien sûr, ça aurait été le fun d'obtenir nos revendications tout de suite. Mais le potentiel qu'a maintenant l'association étudiante nous permet d'aller beaucoup plus loin. »

Le mandat de grève est arrivé dans la foulée des compressions de 151 millions de dollars imposées aux cégeps par le gouvernement de la CAQ, de la détérioration des services et des infrastructures du cégep, ainsi que de la sous-traitance de certains emplois d'entretien. Parmi les revendications étudiantes figuraient un local permanent pour l'infirmière de l'école, des postes permanents pour les employés, un accès complet aux espaces d'étude et une prise de position du cégep contre l'austérité du gouvernement Legault.

Le 1er mai, L'Étoile du Nord a aussi rencontré Jess Corneau, travailleur de soutien au cégep et délégué syndical, afin de recueillir son regard sur le mouvement étudiant de cette année.

« On a vu une mobilisation très rapide et très grosse. Pendant la semaine de grève en mars, il y avait quasiment 300 personnes, juste des étudiants. Puis ce matin, il y en avait encore facilement 150. Il n'y a pas si longtemps, le piquetage devant le cégep, c'était surtout une centaine d'étudiants en résidence, puis même ça, c'était difficile. Là, tout le monde débarque. On voit que les jeunes font leur part et apprennent vite. Mais ce qui est triste, c'est qu'ils apprennent vite parce qu'ils n'ont pas le choix. Le réseau des cégeps est en train de s'effondrer. En ce moment, tous les cégeps de Montréal ont l'air de ça. »

L'année a aussi été marquée par la mobilisation des syndicats du personnel professionnel et de soutien, qui font eux aussi face à leurs propres défis, notamment les gels d'embauche et la menace de sous-traitance. Selon Corneau, un effort plus grand a été fait pour rapprocher les luttes des différents groupes du cégep.

« On a mis sur pied un comité de mobilisation intersyndical au lieu que chacun reste dans son coin à faire ses activités et sa campagne. On parle de tout le monde dans le cégep : les étudiants, les profs, les professionnels. On a uni nos efforts. On a même fait un journal ensemble, avec la participation des étudiants. Ça a vraiment changé la nature de la lutte, parce que la direction est très déstabilisée. Ils ne sont pas habitués à nous voir aussi organisés. Le patronat a toujours peur de l'organisation au travail. Ça fonctionne très bien. Notre direction panique un peu. Ils ne savent pas trop quoi faire avec ça. »

El-Hage dit que cette collaboration entre étudiants et travailleurs a aussi eu un effet positif sur le moral et la vision des étudiants.

« C'était vraiment fort, surtout pour les étudiants qui voyaient leurs profs sur les lignes de piquetage. Ce n'était plus juste l'association étudiante qui faisait grève comme d'habitude. Là, ça devenait clair que c'était un vrai problème, un front commun pour un service public qu'on partage tous. Les profs donnent les cours, les professionnels les soutiennent et font rouler le cégep. On fait tous partie de cette institution. C'est normal qu'on se batte ensemble pour elle. »

Pour la suite, El-Hage insiste sur l'importance de continuer le travail de mobilisation pendant l'été afin d'être prêts pour la session d'automne et une semaine de grève prévue en novembre, déjà votée dans plusieurs cégeps montréalais. Il voit aussi un potentiel plus large pour l'association étudiante, alors que différentes luttes commencent à se rapprocher, comme l'a montré la participation de certains étudiants à une action des cols bleus de Montréal en grève le matin du 1er mai.

« Idéalement, j'aimerais voir l'association étudiante devenir — pas un centre d'organisation nécessairement — mais un endroit où des étudiants mobilisés peuvent ensuite appuyer des campagnes et des luttes dans le quartier. Ça voudrait dire qu'ils jouent un vrai rôle dans leur communauté et qu'ils participent concrètement à l'organisation. Les voir aller à l'action des cols bleus, les voir prêts à travailler avec les syndicats d'enseignants… Ça me donne vraiment l'impression qu'il y a un chemin intéressant à suivre. »

Coupes massives dans le secteur public québécois

Après des années de coupes sous les gouvernements libéraux de Charest et Couillard, la CAQ continue dans la même direction. Mais couper ne fait pas disparaître les besoins. Les réformes de Legault, sous prétexte d'efficacité, ouvrent surtout la voie au privé, qui tire maintenant des profits d'une part croissante des services publics.

1. « Coupes » budgétaires
2.La CAQ laisse les écoles et CÉGEPs s'effondrer
3. Legault prétend que les coupures en santé n'affecteront pas les services
4. La CAQ impose l'austérité aux étudiants et travailleurs des écoles
5. Budget 2025 du Québec—Aides pour les patrons, coupes pour les autres
6. Des étudiants en grève parce que leur cégep s'effondre
7.Bureaucratie et coûts en santé explosent, la CAQ trahit ses engagements
8. Des travailleurs et des étudiants condamnent les coupes dans les Cégeps
9. Les ambulanciers en grève générale dénoncent le « mépris » du gouvernement
10. Témoignages et contestation suivent la rentrée au Québec
11.Incertitude pour les employés de soutien d'un Cégep sous-financé
12. Des étudiants en grève contre le sous-financement, les suppressions d'emplois
13. Un groupe de travailleurs organise une riposte à l'austérité
14. 12 travailleurs perdent leurs emplois au Cégep de Saint-Laurent
15. Retour sur une année de mobilisation au Cégep de Saint-Laurent

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Projet de loi n° 4 : Sans prévention, les femmes subiront toujours de la violence

26 mai, par L'R des centres de femmes du Québec — , ,
L'R des centres de femmes du Québec salue la présentation du projet de loi n° 4, Loi sur la communication de renseignements aux fins de protection contre la violence d'un (…)

L'R des centres de femmes du Québec salue la présentation du projet de loi n° 4, Loi sur la communication de renseignements aux fins de protection contre la violence d'un partenaire intime et modifiant diverses dispositions législatives, aussi appelée Loi Gabie Renaud et inspirée de la loi Clare.

L'R considère qu'il est essentiel de développer des outils permettant aux femmes d'avoir accès à des informations susceptibles de contribuer à leur sécurité. Dans un contexte où les féminicides et les violences envers les femmes continuent de faire des victimes partout au Québec, toute mesure visant à renforcer la protection des femmes mérite d'être prise au sérieux.

L'R souhaite participer aux consultations particulières entourant ce projet de loi afin de contribuer à la réflexion collective sur les moyens à mettre en place pour prévenir les violences faites aux femmes. « Les centres de femmes veulent faire partie de la solution. Depuis des décennies, nous travaillons partout sur le territoire à prévenir les violences, à briser l'isolement, à accompagner les femmes et à renforcer leur pouvoir d'agir. Cette expertise terrain doit être entendue », affirme Julie Drolet, présidente de L'R.

L'R rappelle que les centres de femmes interviennent quotidiennement auprès de femmes vivant différentes formes de violence, notamment la violence conjugale, sexuelle, psychologique, économique et structurelle. Ce travail de prévention, de sensibilisation, d'éducation populaire et d'accompagnement est essentiel, mais insuffisamment reconnu et financé.

L'R tient également à souligner l'importance du travail réalisé par les maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, les maisons de deuxième étape ainsi que SOS violence conjugale. L'organisation souhaite que les discussions entourant le projet de loi se poursuivent de manière concertée avec l'ensemble des groupes de femmes concernés. « La protection des femmes ne peut pas reposer uniquement sur des mécanismes de communication de renseignements ou sur des interventions après coup. Si nous voulons réellement prévenir les violences, il faut aussi investir dans la prévention, le logement, la lutte à la pauvreté et le financement adéquat des Centres de femmes », ajoute Stéphanie Vallée, co-coordonnatrice de L'R.

L'R des centres de femmes du Québec réitère sa volonté de collaborer aux travaux entourant ce projet de loi afin de contribuer au développement d'une approche globale de prévention et de lutte aux violences faites aux femmes. L'organisation souhaite également faire partie des espaces de discussion actuels et futurs réunissant le gouvernement et les groupes de femmes autour des enjeux liés à la violence envers les femmes.

> Entrevue avec Stéphanie Vallée de L'R, 104,7 Outaouais, 20.05.2026

La Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes est solidaire avec les femmes et le peuple de cuba

26 mai, par Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes (CQMMF) — ,
À partir des valeurs inspirées de notre féminisme populaire, nous dénonçons et nous nous opposons au plan impérialiste des États-Unis visant à recoloniser le continent (…)

À partir des valeurs inspirées de notre féminisme populaire, nous dénonçons et nous nous opposons au plan impérialiste des États-Unis visant à recoloniser le continent américain et à le mettre au service des intérêts des multinationales qui accumulent des capitaux par le pillage violent du bien commun des peuples.

Tiré de l'infolettre de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes CQMMF
https://cqmmf.org/appui-cuba-mai-2026.html?utm_source=Cyberimpact&utm_medium=email&utm_campaign=Infolettre-large--Solidarite-internationale-mai-2026
20 mai 2026

Pourquoi Cuba ? Pendant plus de 60 ans, une petite île sans pétrole, sans terres rares, sans armes de destruction massive a réussi malgré le blocus exercé par l'impérialisme américain à faire des avancées sociales pour le peuple. La réponse est simple : Cuba est un territoire riche de rêves, de solidarité, d'amitié et d'exemples prouvant qu'il est possible de bâtir des relations fondées sur le respect et l'amour. Cuba regorge de professionnels de la santé, de l'agriculture et de la culture. Tout cela témoigne d'une implication des hommes et des femmes et dérange de personnages comme Trump, qui entend imposer un seul type de relation, celle d'oppresseur et d'opprimé, de territoires qui méritent d'être habités et d'autres sacrifiés.

Nous joignons notre voix à celle de la région des Amériques qui exige la levée du blocus contre Cuba et la fin de toutes les hostilités contre ce peuple digne. La véritable solidarité exige que nous ne détournions pas le regard. En tant que citoyennes et citoyens, notre responsabilité est de tendre la main et de défendre collectivement la dignité humaine, la justice sociale et l'égalité. Nos différences sont des richesses, mais notre unité est notre pouvoir.

Agissons ensemble pour transformer l'indifférence en action concrète et pour bâtir une société réellement inclusive.

Nous réaffirmerons toute notre solidarité envers le peuple et les femmes de Cuba. Nous, de la Marche mondiale des femmes, disons NON aux projets du gouvernement trumpiste qui veut remettre en question la souveraineté du peuple cubain.

Nous lançons un appel aux groupes de femmes, aux organisations populaires et syndicales à poursuivre leurs actions de défense de la souveraineté et de l'autonomie de nos peuples, et en particulier du peuple cubain.

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La révolution cubaine, c’est nous, les peuples, qui la défendons

26 mai, par Marche mondiale des femmes — , ,
Nous, la Marche mondiale des femmes, disons NON aux plans du gouvernement trumpiste visant à agresser la souveraineté d'un peuple qui ne cède pas et qui, avec une cohérence de (…)

Nous, la Marche mondiale des femmes, disons NON aux plans du gouvernement trumpiste visant à agresser la souveraineté d'un peuple qui ne cède pas et qui, avec une cohérence de classe, continue de résister et de défendre l'héritage de Vilman Espín, de Fidel Castro et de tant de combattantes et de combattants qui n'abandonnent pas la lutte.

Tiré de l'infolettre de la Coordination du Québec de la Marche Mondiale des Femmes

Le féminisme populaire dénonce et s''oppose au projet impérialiste des États-Unis visant à recoloniser le continent américain et à le mettre au service des intérêts corporatistes des transnationales qui accumulent du capital par la spoliation violente des biens communs des peuples.

Nombreux.euses sont ceux, celles et celleux qui se demandent : « Pourquoi Cuba ? » Pourquoi, depuis si longtemps, une petite île sans pétrole, sans terres rares, sans armes de destruction massive ni accusations de faux cartels de la drogue, est-elle si cruellement étouffée depuis plus de 60 ans ? La réponse est simple : Cuba est un territoire riche en rêves, en solidarité, en amitié et en nombreux exemples qui prouvent que nous pouvons établir des relations fondées sur le respect et l'amour. Cuba regorge de professionnels de la santé, de l'agriculture et de la culture qui se rendent aux quatre coins de la planète pour apporter le Buen Vivir et droits fondamentaux. Bien sûr, tout cela représente une énorme menace pour un système, pour un État et pour un président comme Trump qui prétend nous imposer une relation où il n'y a que des oppresseurs et des opprimés.ées, des territoires qui méritent tout et d'autres qui sont sacrifiés.

Depuis la Marche mondiale des femmes de la région des Amériques, nous exigeons la fin du blocus contre Cuba et de toutes les hostilités envers ce noble peuple.

Nous appelons toutes les organisations populaires à continuer d'organiser des actions pour défendre la souveraineté et l'autonomie de nos peuples, en particulier du peuple cubain.

Nous exigeons que les Caraïbes redeviennent un territoire de paix et de dignité pour tous les peuples.

À nos sœurs cubaines, nous disons : sœurs, camarades, nous sommes avec vous et pour vous.

Nous continuerons à marcher contre les guerres et le capitalisme.

Pour le « Buen Vivir » et les souverainetés des peuples

Signer la pétition ici

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Malgré leur pollution numérique considérable, les grandes banques canadiennes divulguent de moins en moins d’informations sur le sujet

26 mai, par Sylvain Amoros, Sylvain Senecal — , ,
Au début de l'année 2025, quelques-unes des plus grandes banques canadiennes, notamment celles qui génèrent le plus d'émissions numériques et qui ont la responsabilité la plus (…)

Au début de l'année 2025, quelques-unes des plus grandes banques canadiennes, notamment celles qui génèrent le plus d'émissions numériques et qui ont la responsabilité la plus importante, se sont retirées de l'alliance bancaire Net Zéro.

Tiré de The conversation.

Ces institutions, dont l'empreinte carbone numérique est disproportionnée, ont invoqué la complexité réglementaire et les pressions concurrentielles pour justifier leur choix. Cette décision a suscité de nombreuses interrogations de la part des investisseurs, des décideurs politiques et du grand public quant à l'engagement des banques en faveur du développement durable.

Parallèlement, le projet de loi C-59, adopté fin 2024, a introduit de nouvelles dispositions dans la Loi sur la concurrence afin de renforcer l'imputabilité en matière d'écoblanchiment et d'allégations environnementales trompeuses.

Cette coïncidence est frappante : juste au moment où Ottawa resserre les règles de divulgation, les grandes banques qui dominent les émissions numériques se retirent des engagements climatiques volontaires. Cette tension entre les mesures volontaires et l'imputabilité exigée par le gouvernement fédéral souligne la pression croissante exercée sur les institutions financières pour qu'elles prouvent — plutôt que de simplement promouvoir — leur performance environnementale.

Emprunte carbone numérique

Pendant des décennies, les banques se sont présentées comme des chefs de file en matière de développement durable, grâce au financement d'énergies renouvelables et à des engagements ambitieux sur les plans environnementaux, sociaux et de gouvernance. Pourtant, leur récente sortie des coalitions climatiques, associée à leur empreinte carbone numérique disproportionnée, constitue un revirement alarmant.

Nous avons mené une étude sur l'impact environnemental de neuf banques canadiennes, dont les cinq plus grandes : la CIBC, la Banque TD, la Banque Scotia, la Banque Royale du Canada et la BMO. Notre recherche visait à quantifier leur impact environnemental par le calcul de leur empreinte carbone numérique.

Les banques sont des piliers de notre économie et de notre société. Elles ont le pouvoir et la responsabilité de mener la transition vers une économie plus durable. Cependant, leur récent retrait de l'alliance bancaire Net Zéro, associé aux préoccupations concernant l'écoblanchiment, soulève des questions légitimes quant à leur engagement réel en faveur du développement durable.

Notre objectif, en tant que chercheurs, est de fournir aux clients des banques et aux institutions financières des informations sur leur incidence environnementale. Il est essentiel de comprendre l'empreinte environnementale des opérations numériques des banques, car cet aspect, souvent négligé, représente une part importante de leur empreinte carbone globale.

Nous avons analysé les données publiques de 2024 afin de mesurer l'impact carbone des pratiques numériques des banques canadiennes. Notre étude s'est concentrée sur deux aspects principaux :

1) l'utilisation des sites Web (l'énergie consommée par le chargement des sites, les transferts de données et l'hébergement), et

2) l'acquisition de trafic, qui englobe l'ensemble des activités marketing visant à attirer des visiteurs sur les sites, qu'il s'agisse de courriels, de publicités payantes, d'optimisation des moteurs de recherche ou de campagnes sur les réseaux sociaux.

Notre objectif était de comparer les émissions de carbone entre les banques, d'évaluer leur efficacité par visite et de fournir des informations transparentes au public. En ciblant les opérations numériques les plus polluantes, nous formulons des recommandations d'amélioration.

Médias sociaux

Notre étude a permis de tirer des conclusions intéressantes sur l'impact environnemental numérique des banques canadiennes. La plus frappante est l'écart de performance entre la banque ayant obtenu le moins bon résultat et la meilleure : la première émet deux fois plus de carbone par visiteur que la seconde. Trois banques sont responsables à elles seules des deux tiers des émissions totales.

Afin de clarifier la suite, le terme « acquisition de trafic » désigne le processus consistant à attirer des visiteurs sur un site, que ce soit par des publicités payantes, des résultats de recherche organiques ou du contenu sur les réseaux sociaux. Le trafic organique provient des internautes qui trouvent naturellement le site d'une banque par le biais de moteurs de recherche, de réseaux sociaux ou de marketing de contenu, tandis que le trafic payant est généré par le placement de publicités.

Les données révèlent que 77 % des émissions numériques sont liées à l'acquisition de trafic, contre seulement 23 % pour l'utilisation des sites Web. Bien qu'il ne représente qu'une petite fraction du trafic total, le trafic payant engendre 95 % des émissions liées au trafic, tandis que le trafic organique n'en représente que 5 %.

Le marketing payant sur les réseaux sociaux est particulièrement problématique : il est responsable de 58 % des émissions, alors qu'il ne constitue que 1 % du trafic total.

Autrement dit, les publicités sur les réseaux sociaux manquent d'efficacité si on tient compte des émissions de carbone : un visiteur provenant d'une publicité en ligne émet 418 fois plus de dioxyde de carbone qu'un visiteur provenant de sources organiques.

Ces résultats révèlent que la publicité en ligne, en particulier les campagnes sur les réseaux sociaux, représente une source importante de pollution cachée.

Une source de pollution cachée

Nos conclusions montrent à quel point la publicité en ligne, notamment sur les réseaux sociaux, constitue une source importante de pollution numérique. La réalité est claire : chaque clic a un coût carbone.

Les banques peuvent améliorer leur marketing entrant, c'est-à-dire les stratégies qui attirent les utilisateurs de manière organique, en proposant un contenu pertinent, en optimisant les recherches et en bonifiant l'expérience utilisateur, plutôt que d'avoir recours à des publicités payantes.

La transparence et les pratiques numériques durables sont essentielles pour des services bancaires écologiques qui permettent de réduire les émissions sans sacrifier l'innovation ou la compétitivité.

Après s'être retirées de l'Alliance bancaire Net Zéro et avoir maintenu leurs engagements publics en matière de neutralité carbone, de nombreuses banques continuent de générer des émissions importantes dans le cadre de leurs activités numériques.

Cette situation soulève une question cruciale pour les autorités de réglementation, les investisseurs et les consommateurs : les banques utiliseront-elles leurs ressources considérables pour montrer l'exemple en matière de durabilité, ou retarderont-elles encore la prise de mesures significatives ?

Notre prochaine étude évaluera si ces institutions tiennent leurs engagements ou persistent dans leurs pratiques actuelles, alors que l'urgence climatique ne cesse de croître.


Victor Prouteau, qui était étudiant à la maîtrise à HEC Montréal à l'époque de cette étude, est coauteur de cet article.

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