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Quelle place pour la souveraineté du PQ dans la conjecture de 2026 ?

10 février, par Brandon Johnston — , ,
La place du Québec dans le monde est une question qui ambule dans les pensées de toute personne qui y vie ou qui lui porte attention. C'est une question qui, depuis le début du (…)

La place du Québec dans le monde est une question qui ambule dans les pensées de toute personne qui y vie ou qui lui porte attention. C'est une question qui, depuis le début du Génocide à Gaza et la réaction de l'Occident face à celui-ci, prend une grande place pour les gens consciencieux. Que ce soient des étudiants, des travailleurs, syndicats ou de grands capitalistes, tous y réfléchissent selon leur vision du futur.

Par Brandon Johnston

Les enjeux géopolitiques du présent, les crises sociales et la crise écologique sont les terrains de jeux sur lesquels un futur projet pour notre société se jouent. Pour nos dirigeants, il semble que la seule solution pour résoudre ces crises est de miser davantage sur les politiques qui nous ont menés ici. L'atteinte aux droits civiques et des minorités, la militarisation de la société, la dépendance aux énergies fossiles, l'austérité et la privatisation de ce qu'il reste de nos services publics et la bouc-émisiarisation des immigrants sont les tendances qu'ils préconisent. Dans notre belle province, la CAQ, dans ces derniers mois de son mandat vise : la réduction des effectifs l'État en « skeleton crew » à la DOGE (PL.7), assurer les profits des plus grandes compagnies énergétiques et minières (PL.5), empêcher le port du voile aux employés scolaires (PL.94), d'éliminer le droit de grève pour certains (PL.14), le projet de (pseudo-) constitution par en haut et j'en passe. Cette trajectoire autoritaire et antisociale sera fort probablement continuée et augmentée par notre prochain gouvernement, car les crises ne seront pas atténuées d'ici là. Si nous nous fions aux sondages d'intentions de vote de Qc1251, le PQ formera probablement le prochain gouvernement.

Dans cette perspective d'un Québec dirigé par le PQ venu octobre 2026, leurs propositions et leurs intentions, qui sont déjà en partie élaborés depuis quelque temps, serviront d'indice pour le futur. Pour ceux qui suivent les changements idéologiques du parti, le Parti Québécois a subi ce qu'Alexandre Dumas appelle la « trumpisation ». Simplement, il s'agit de l'alignement idéologique du Parti avec celle du Parti Républicain sous Trump. Dans un projet d'indépendance, PSPP a dit clairement que « Nos intérêts au Québec sont alignés sur ceux des États-Unis »2 dans une conversation avec leDevoir sur les adhésions internationales d'un Québec indépendant. Cette admission de l'alignement avec les impérialistes en chef d'un Québec indépendant pose beaucoup de questions sur le rôle que jouera le Québec dans la vision du PQ. Comment avouer que le Québec sera « pacifique » s'il adhère au racket de protection de l'OTAN ? Comment un Québec, pénétré et asservit par le capital canado-américain, puisse réellement être souverain ? Ces questions ne sont pas abordées, c'est simplement la balance budgétaire du gouvernement qui les intéresse3.

La conjecture géopolitique du séparatisme Québécois et Albertain, l'annexion du Groenland et du Canada sont les enjeux principaux qui concernent immédiatement la question de souveraineté. Les gens comme PSPP croient que l'alignement avec les États-Unis servira de police d'assurance pour un Québec libre, mais ils ignorent que cet alignement avec les mouvements séparatistes du Canada par les États-Unis est une stratégie pour diviser (physiquement) la confédération en vue de l'annexion. De plus, ils font preuve d'une étroitesse de vision et ignorent les objectifs réels de la politique étrangère américaine. Les Américains ne respectent pas le droit de souveraineté, ils cherchent le contrôle exclusif des ressources de l'hémisphère de l'Amérique en plus de l'accès au passage du Nord-Ouest. Une indépendance du Québec et sont alignement avec les États-Unis servira directement les intérêts trumpistes.

Il devient clair que l'approche du PQ en matière de relations internationales en est un d'apaisement. Leur pari est de se rapprocher idéologiquement de Trump et de laisser la porte ouverte pour les intérêts américains dans l'économie québécoise4 afin de diminuer la « friction » qu'il aura entre le Québec et les États-Unis. C'est une approche qui ne fonctionnera pas. Présentement, l'Europe envisage cette solution avec le Groenland. Malgré les protestations de l'annexion certains gouvernements européens, les gouvernement danois et groenlandais essaient de trouver un accord pour permettre aux États-Unis d'augmenter leur présence sans annexion du territoire arctique5 (ce nouvel accord se fondera sur la modification de l'accord de 1951 et de 2004 qui permet déjà aux États-Unis l'utilisation du territoire Groenlandais). Tu ne donne pas long comme le doigt pour empêcher qu'ils prennent long comme le bras. Les Danois et Groenlandais essaient de défendre leur souveraineté en offrant un doigt : plus grand accès à leur territoire et à leurs installations militaires6, en conséquence ils se retrouveront avec une souveraineté qui manque un bras : soumission aux américains. Il n'est pas farfelu du voir un futur ou ce sera pareil pour le Québec. La stratégie du PQ est vouée à l'échec tout comme celui du Groenland. Comment est-ce que tu peux être souverain s'il y a d'une présence militaire étrangère sur ton territoire ? De la même manière, comment est-ce que le Québec peut être souverain s'il demande une adhésion à l'alliance militaire qui donne le droit aux États-Unis de brimer la souveraineté de ses membres ? Ce sont des questions légitimes qui sembles être absentes du discours souverainiste dominant.

Enfin, l'alignement avec les intérêts des États-Unis est une problématique qui nécessite plus de réflexion de la part des souverainistes du PQ. Je crains que leur vision d'indépendance nous réduise à simplement à changer la puissance à laquelle nous sommes rattachée au lieu de lutter contre l'asservissement. Loin de me prononcer sur une solution fédéraliste vs souverainiste, il faut penser à la stratégie qui permettra un futur plus libre et démocratique pour tous qui vivent sur notre territoire. Au moment présent, le futur de souveraineté du Québec ne dépend pas de son inclusion ou exclusion de la confédération7 mais des mœurs aux Sud de la Frontière. Il faut penser sérieusement de la place du Québec dans un monde de grandes puissances et comment bâtir une société sans oppression, qu'elle vient d'ailleurs ou d'ici.

Notes

1.Fournier, C. par P. J. (s. d.). Qc125 | Sondages et projections électorales. Consulté 4 février 2026, à l'adresse https://qc125.com/
2. Carabin, F. (2025, novembre 6). Le PQ ébauche la place d'un Québec souverain dans le monde. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/politique/quebec/931680/pq-ebauche-place-quebec-souverain-monde
3. Pilon-Larose, H. (2023, octobre 23). Budget de l'an 1 d'un Québec souverain : Un pays « essentiellement à coût nul » dès 2027, dit le PQ. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2023-10-23/budget-de-l-an-1-d-unquebec-souverain/un-pays-essentiellement-a-cout-nul-des-2027-dit-le-pq.php
4. Bergeron, P. (2026, janvier 25). Le PQ ne ferme pas la porte aux nouveaux gazoducs ou oléoducs. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2026-01-25/le-pq-ne-ferme-pas-la-porte-aux-nouveaux-gazoducs-ou-oleoducs.php

5. News, A. B. C. (s. d.). Rubio says technical talks with Denmark, Greenland officials over Arctic security have begun. ABC News. Consulté 4 février 2026, à l'adresse https://abcnews.go.com/US/wireStory/rubio-technical-talks-denmark-greenland-officials-arctic-security-129644099

6. U.S. Security Cooperation with Denmark. (s. d.). United States Department of State. Consulté 4 février 2026, à l'adresse https://www.state.gov/u-s-security-cooperation-with-denmark/

7.« D'après les scénarios envisagés par l'armée canadienne, en cas d'offensive depuis le sud, les forces américaines seraient en mesure de neutraliser les principales positions stratégiques canadiennes en moins d'une semaine, voire

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Les Robins des ruelles frappent encore : vol de plusieurs milliers de dollars de nourriture redistribuée à la communauté

10 février, par Les soulèvements de la terre — , ,
Mardi soir, 6 février 2026, les « Robins des Ruelles » sont revenu_·_e_·_s en force et ont dévalisé une épicerie de l'enseigne Rachelle Béry pour une valeur de plusieurs (…)

Mardi soir, 6 février 2026, les « Robins des Ruelles » sont revenu_·_e_·_s en force et ont dévalisé une épicerie de l'enseigne Rachelle Béry pour une valeur de plusieurs milliers de dollars de nourriture. Une soixantaine d'individus, portant des chapeaux et tuques ornés d'une plume rouge, sont rentrés en masse dans l'épicerie pour y remplir des sacs qu'ils ont ensuite emportés sans passer à la caisse.

Des tracts distribués aux employé_·_e_·_s et aux client_·_e_·_s qui étaient présent_·_e_·_s dans l'épicerie pendant l'action expliquent que l'intégralité du butin récolté sera redistribué à la communauté. Le groupe précise dans son communiqué que la nourriture a été distribuée dans différents frigos communautaires et devant des logements de HLM dans Hochelaga .

Dans leur communiqué, le groupe déclare :

« Chaque jour, nous travaillons comme des acharné·e·s simplement pour pouvoir nous permettre d'acheter de la nourriture dans des supermarchés qui font des profits démesurés. Lorsqu'avoir deux emplois ne permet même plus de se nourrir, de se loger et de prendre soin de sa famille, tous les moyens deviennent légitimes. On a décidé de résister contre un système qui est corrumpu et d'encourager celleux qui sont écoeuré·e·s comme nous à faire de même. Être un·e Robin des ruelles, c'est simple, c'est refuser qu'une poignée de CEO
s'enrichissent sur notre dos, pendant que le reste de la population peine à se nourrir. » - Francis, membre des Robins des ruelles.

Les épiceries Rachelle Béry appartiennent à la chaîne de distribution Sobeys, sous la propriété de la Empire Company Limited. Cette compagnie-mère agit dans deux secteurs : l'alimentaire et le développement immobilier. Le nouveau PDG de l'Empire, Pierre St-Laurent, a enregistré un salaire et des primes de 3.42 millions de dollars canadien depuis novembre dernier._ _Le salaire moyen d'un canadien pour 2025 est de 65 300 $. Sur le site de l'Empire, on lit : « Une_ _famille qui nourrit les familles ». Ne nous laissons pas leurrer. La pauvreté est fabriquée par ceux qui détiennent le monopole du marché de l'alimentaire et de l'immobilier.

Dans leur communiqué, le groupe affirme d'ailleurs :

« _Voler un voleur et redistribuer par la suite la totalité du butin, n'est pas de la charité, ni un geste moral ou chrétien. C'est un geste politique. Voyez dans notre action un appel à s'organiser ensemble contre la mafia de l'alimentaire._ _Comme plusieurs autres l'ont fait
depuis l'action des pères Noël, participez vous aussi à reprendre à ceux qui profitent de notre faim._ » - Francis, membre des Robins des ruelles.

Cette action répond à l'appel lancé par les Soulèvements du fleuve à résister à l'empire alimentaire. Tant que le profit de quelques-uns primera, nous mangerons mal et trop peu, et certain.es n'auront plus de toit sur leur tête. Se défaire de l'emprise du marché sur notre subsistance, voilà l'horizon politique. Les Soulèvements du Fleuve sont clairs : pour nous donner les moyens de nos ambitions, il nous faut exproprier les chaînes d'épiceries, créer des cuisines collectives, changer les parkings en grands potagers, les champs de monoculture en garde-manger collectif, faire front contre les propriétaires. Ce monde ne leur appartient pas.

Les Soulèvements du fleuve ont reçu un communiqué de la part de Robin
des Ruelles avec la demande de le contextualiser et de le partager aux
médias. Les Soulèvements du fleuve jouent un rôle de diffusion.

À propos des Soulèvements du fleuve

Les Soulèvements du fleuve sont nés de la rencontre de plusieurs luttes locales disséminées sur les territoires avec comme volonté de résister au développement extractiviste et à l'accaparement capitaliste. Une tentative qui rassemble de multiples groupes, initiatives et usages. Une réponse à l'appel international des Soulèvements de la terre à rassembler les forces brutes et à s'en prendre directement à ceux qui exploitent et détruisent le vivant, à interrompre la continuité catastrophique du progrès, le rythme incessant de ses flux et la permanence des infrastructures qui le maintiennent.

Source : LesSoulèvementsdufleuve.org

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Une pétition contre la suppression du Programme De l’Expérience Québécoise

10 février, par Mohamed Lotfi — ,
Il se joue au Québec une bataille silencieuse, invisible. Elle prend racine dans une décision politique identitaire qui s'infiltre dans les vies, les attentes, les projets (…)

Il se joue au Québec une bataille silencieuse, invisible. Elle prend racine dans une décision politique identitaire qui s'infiltre dans les vies, les attentes, les projets d'avenir.

Dans mon entourage, je connais une jeune femme de 22 ans, appelons-la Amina. Originaire d'un pays lointain, elle a d'abord étudié pendant trois ans une matière scientifique à l'université, pour ensuite faire ce pas immense vers Montréal, vers le Québec, vers une école privée où elle s'est inscrite dans un programme en administration de la santé. Les délais d'inscription à cette formation l'ont obligée à quitter son pays natal quelques mois avant d'obtenir sa licence en chimie.

Après mûres réflexions, elle a pris une décision qu'elle ne regrette pas. Elle étudie depuis plusieurs mois, elle a déjà obtenu un permis de travail, elle s'efforce de conjuguer études et emplois, elle occupe deux jobs, prodigue son énergie, sa discipline, sa curiosité, dans un français impeccable qui se teinte d'accent québécois au fil des jours.

Elle envisage bien sûr de travailler dans le domaine de la santé et de faire une demande de résidence permanente à la fin de ses études, comme tant d'autres avant elle. Chez nous, au Québec, les permis d'étude et de travail sont souvent la première serrure qui s'ouvre vers un avenir plus stable, vers l'intégration durable dans la société, vers une contribution directe à l'économie, à la culture et à la démographie. Généralement, ces permis ouvrent la porte à une demande de résidence permanente qui permet de passer du statut de travailleur temporaire à celui d'immigrant, d'aspirant à citoyen, dans le respect des règles et des processus établis.

Aujourd'hui, Amina, comme beaucoup d'hommes et de femmes venus d'ailleurs, vit dans l'incertitude après la suppression du Programme de l'Expérience Québécoise (PEQ), qui permettait aux travailleurs étrangers temporaires et diplômés au Québec d'obtenir une sélection permanente. Ce programme a pris fin le 19 novembre 2025. Par son effet psychologique, cette décision suspend l'avenir de familles entières qui ont entamé leur cheminement d'intégration.

Jamais je n'aurais cru voir Jean-François Roberge, à son arrivée au pouvoir en 2018, capable d'une décision aussi violente. Pouvez-vous imaginer cet éducateur de formation, anciennement ministre de l'Éducation, devenu ministre de l'Immigration, expliquer son projet de loi à une classe du primaire ? Moi, je n'y arrive pas. Il a beau porter la signature de cette décision, ce n'est pas son projet, c'est celui d'un gouvernement en perte de popularité. C'est aussi le résultat d'une époque où les opinions publiques carburent à la peur, la peur de l'autre étant devenue un levier politique en soi.

Cette décision modifie en profondeur le cadre normatif de l'immigration au Québec et affecte des milliers de personnes, déjà ici, qui espèrent construire leur vie, leur travail, leurs liens sociaux et familiaux. Derrière les chiffres, derrière les consultations parlementaires, derrière l'intitulé administratif, il y a des rêves d'avenir, des trajectoires personnelles qui cherchent à prendre sens jour après jour.

Cette décision n'est pas une abstraction, c'est une violence institutionnelle. Une loi qui change subitement l'accès à l'immigration, qui efface des espérances, qui retarde des trajectoires, produit un effet de mise en danger des projets individuels et provoque un stress immense chez des milliers d'hommes et de femmes qui travaillent, qui étudient, qui contribuent à la richesse sociale du Québec.

Le ministre de l'Immigration, Jean-François Roberge, justifie cette décision comme une stratégie d'ajustement du nombre d'arrivées, une adaptation du marché du travail, mais pour les personnes affectées, déjà installées ici, c'est avant tout une rupture, un renversement, une remise en question de ce qui était devenu possible.

Alors, quelle est la raison d'être de cette décision qui devient, pour beaucoup, une source d'incertitude ? Les gouvernants affirment vouloir répondre aux besoins socio-économiques du Québec, prioriser certaines qualifications, améliorer l'intégration des personnes immigrantes en lien avec les besoins du marché du travail. Ils parlent d'harmonisation, de prospérité économique, d'efficacité administrative. Mais pour ceux qui vivent ces décisions au quotidien, pour ceux qui construisent pas à pas leur vie ici, ce projet de loi est perçu comme un obstacle, une menace aux droits acquis, un ralentissement de trajectoires qui étaient en marche.

Et c'est ici que la politique devient un art de se servir des gens au lieu de les servir. Pire, l'immigrant devient l'autre, l'étranger, c'est-à-dire moins important. Quand un gouvernement pense pouvoir gagner des points dans les sondages en restreignant l'immigration temporaire ou permanente, quand il oublie que ces mêmes travailleurs et étudiants ont rendu un service immense pendant la pandémie, qu'ils occupent des emplois essentiels, qu'ils enrichissent notre société par leur présence, leur diversité, leur engagement, alors la politique cesse d'être une force de cohésion humaine.

La violence de cette décision, elle est dans les cœurs qui s'inquiètent, dans les familles qui redoutent l'avenir, dans les jeunes qui se demandent si leur énergie et leur talent trouveront un foyer durable ici. Gérald Godin doit tourner dans sa tombe. Comme ministre de l'Immigration, jamais il n'aurait proposé un projet de loi aussi fascisant. Un projet qui est une violence en soi.

Le Québec accueille des immigrants chaque année, il a besoin de ces personnes pour faire face à des défis démographiques, pour revitaliser ses régions, pour enrichir sa vie économique et culturelle.

Alors pourquoi normaliser une chasse à des aspirants à l'immigration ? Pourquoi les accueillir pour, par la suite, les rejeter, les renvoyer et casser leurs rêves ?

Heureusement, tous les citoyens n'adhèrent pas à cette décision. Une pétition circule, des voix s'élèvent pour demander au gouvernement de revenir à la raison, pour respecter les droits acquis de ces travailleurs et étudiants dont le Québec a tant besoin, pour rejeter toute violence institutionnelle qui entrave les vies et les rêves.

Je pense à Amina. À quoi son diplôme obtenu ici, pour les besoins d'ici, va-t-il lui servir ailleurs ? Elle vit déjà la tension de l'incertitude, entre l'aspiration à construire sa vie et la peur d'être renvoyée à la case départ.

Et parce que nous sommes tous, d'une manière ou d'une autre, touchés par ces décisions politiques, parce que la liberté de se projeter dans l'avenir concerne chacun d'entre nous, il est essentiel de comprendre que derrière la décision de supprimer le Programme de l'expérience québécoise (PEQ), il y a des êtres humains. Il y a des histoires comme celle que je connais, il y a des espoirs qui se tissent au fil des jours, et il y a une société qui se mesure à sa capacité à accueillir, à respecter, à reconnaître la valeur de chacun. Il suffirait d'ajouter une simple clause de droit acquis à cette décision pour en changer la nature même.

Si vous êtes contre le projet cette décision, je vous invite à signer et à partager sans modération.

https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-11979/index.html?fbclid=IwY2xjawPy3xtleHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEeK3rNdD0jfognzFaO-CW1TcHOrLyEzHJBSJ6YWVtEEJtWkZL-amNdn88mdNc_aem__o5KA7D80fgfDy-0rvCsuA

Mohamed Lotfi
6 Février 2026

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La CAQ n’a plus la légitimité de… continuer !

10 février, par Collectif — ,
Ces derniers mois, le niveau d'insatisfaction envers le gouvernement a été particulièrement élevé. La grogne populaire a atteint des sommets, ce qui a forcé le premier ministre (…)

Ces derniers mois, le niveau d'insatisfaction envers le gouvernement a été particulièrement élevé. La grogne populaire a atteint des sommets, ce qui a forcé le premier ministre François Legault à démissionner de ses fonctions. De ce fait, il est inconcevable que la CAQ persiste dans ses projets de réformes et de compressions budgétaires, ainsi que dans l'adoption de projets de loi controversés, alors qu'elle n'a plus aucune légitimité.

Arrivé au pouvoir avec 8 milliards de dollars de surplus et maintenant embourbé dans le déficit, le gouvernement Legault ne peut expliquer son choix de se tourner vers des politiques d'austérité. D'un côté, il dilapide des millions de fonds publics dans des projets privés controversés (Northvolt, SAAQclic, etc.) ; de l'autre, il coupe dans les services publics et les programmes sociaux. Ses multiples tentatives de jeter la pierre aux immigrant·e·s, qu'il n'hésite pas à accuser d'être responsables de la crise du logement, du débordement des hôpitaux ou du déficit, ne parviennent jamais, au final, à le faire remonter dans les sondages.

Cet automne, plutôt que d'écouter les groupes sociaux, syndicaux, communautaires et citoyens qui s'organisent pour dénoncer les coupures, le gouvernement Legault, acculé au pied du mur, choisit de tirer à boulets législatifs sur à peu près tout le monde. Legault attaque les médecins avec le PL 2, les syndicats avec le PL 3 et les organismes communautaires avec le PL 7, dans une ultime tentative de renverser l'opinion publique. C'est dans la même veine qu'a été déposé le PL 1, projet de Constitution québécoise, qualifié de « dérive autoritaire » par le Barreau du Québec.

Après les annonces de départ en rafales, il est inconcevable que ce qu'il reste du gouvernement de la CAQ poursuive dans cette lancée sans prendre acte du verdict évident de la population. S'il décide de se maintenir en place jusqu'aux élections d'octobre, le gouvernement de la CAQ doit faire amende honorable et retirer au plus vite les projets de loi controversés.

Signataires

Naélie Bouchard-Sylvain, Regroupement d'éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches

Julie Corbeil, Table régionale des organismes d'éducation populaire de Montréal

Catherine Cartier Pouliot, Mouvement d'éducation populaire autonome de Lanaudière

Mylène Baril-Mantha, Regroupement d'éducation populaire en Abitibi-Témiscamingue

Michel Savard, Table des groupes populaires de la Côte-Nord

Geneviève Tremblay-Racette, Table ronde des organismes volontaires en éducation populaire de l'Outaouais

Gabriel Grégoire-Mailhot, Table ronde des organismes volontaires en éducation populaire de l'Estrie

Geneviève Latour, Table régionale des organismes volontaires d'éducation populaire de la Montérégie

Gabrielle Renaud, Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire du Québec (MÉPACQ)

Vanessa Gamboa, Association des groupes d'éducation populaire autonome (AGÉPA) Centre-du-Québec

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Les idées c’est comme les fruits ça pourrit

10 février, par Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec (GRFPQ), Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire du Québec (MÉPACQ) — ,
Guide sur la montée des discours toxiques d'extrême-droite Tiré de Le Nouvel R 4 février 2026 Infolettre de l'R des Centre s de femmes (…)

Guide sur la montée des discours toxiques d'extrême-droite

Tiré de Le Nouvel R 4 février 2026
Infolettre de l'R des Centre s de femmes
https://mail.google.com/mail/u/0/#inbox/WhctKLbvTWCmhXGKKwrTjzBclcJscHshmgCpbBRnJPXLzlPSvrqHQXfzdlzzhXXGgZqTnbq

Qui sommes-nous ?

Le Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec (GRFPQ) est un organisme communautaire autonome de formation. On réfléchit ensemble à comment créer une société égali-taire fondée sur le partage égal des richesses et sur l'autonomie et la dignité de toutes les per-sonnes.

Site web : grfpq.org

Le MÉPACQ, le Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire du Québec, est un mouvement national et multisectoriel qui travaille à la transformation sociale dans une perspective de justice sociale. Il regroupe 11 tables régionales en éducation populaire autonome (ÉPA) qui re-groupent 338 groupes populaires et communautaires autonomes.

Site web : mepacq.qc.ca

Introduction

Depuis quelques années, on voit des changements dans ce qu'on entend à la télévision et à la radio.

C'est de plus en plus acceptable d'haïr des gens et de les blâmer de tous les problèmes de la société.

À force d'entendre ces idées-là, on arrête de voir des humains. À la place, on voit des problèmes et des menaces. Ça devient correct de leur enlever des droits, de les insulter ou d'être violent avec elles.

C'est facile de penser « C'est pas de moi qu'on parle, ça ne me concerne pas ».

Mais quand on regarde le passé, on sait ce qui arrive : quand on enlève des droits à des gens, ça devient facile d'en enlever à tout le monde. Quand on accepte la violence et la surveillance dans notre société, c'est tout le monde qui est en danger.

Les idées, c'est comme les légumes. Si on voit que ça commence à pourrir, il faut s'en débarrasser avant que la pourriture contamine tout le frigo.

On a fait ce petit guide pour nous aider à reconnaître des idées passées date et pour voir ce que ça peut donner si on les laisse pourrir.

Est-ce que vous en reconnaissez ?

Immigration

1- La crise du logement, c'est 100% de la faute des personnes immigrantes. Il faut accepter moins de personnes immigrantes et demandeuses d'asile.

2- Les personnes immigrantes vont finir par remplacer les vrais Québécois de souche. Il faut arrêter toute l'immigration.

3- Notre peuple et notre culture sont menacés par “les autres”. Il faut renvoyer dans leur pays ceux qui ne sont pas des "vrais Québécois".

Ouache ! La peur et la haine, ça lève le coeur.

Vive l'accueil et l'entraide !

Diversité sexuelle et de genre

1- Les personnes homosexuelles et les personnes trans ont le droit d'exister, mais il ne faut pas les encourager

2- Les personnes trans veulent convaincre nos enfants d'être trans aussi. Il faut empêcher ces personnes d'être avec nos enfants.

3- La biologie, c'est un homme et une femme qui font des bébés ensemble. Les personnes homosexuelles ou les personnes trans sont malades et on doit les forcer à se faire soigner.

Ouache ! La méfiance, c'est pas beau à voir.

Vive l'ouverture !

Femmes

1- Les féministes veulent contrôler les hommes et la société. Les femmes qui demandent plus d'égalité devraient se taire.

2- La société allait mieux quand les hommes et les femmes avaient des rôles séparés. Les femmes doivent retourner à la maison pour s'occuper des enfants et du ménage.

3- Les hommes ont toujours dominé les femmes, c'est l'ordre naturel des choses. Les femmes doivent obéir aux hommes.

Ouache ! La domination, ça pue !

Vive l'égalité !

Personnes assistées sociales

1- Il ne faut pas encourager les gens à se faire vivre par le gouvernement. Si une personne n'a pas d'emploi, c'est normal qu'elle doive aller à la banque alimentaire.

2- Les seules personnes qui méritent l'aide sociale sont celles qui ont un handicap ou une maladie grave. On devrait couper l'aide sociale pour les autres.

3- Le gouvernement ne devrait pas faire vivre les personnes qui ne rapportent rien à la société. Les personnes sans emploi devraient faire des travaux forcés.

Ouache ! Les préjugés, ça passe mal.

Oui au partage des richesses et à valoriser les contributions bénévoles à la société !


Personnes vivant avec un handicap

1- Certaines personnes avec un handicap ne sont pas capables de travailler. On doit les mettre dans des écoles spéciales et leur donner des tâches faciles pour les occuper.

2- Les personnes avec un handicap ont déjà de la misère à s'occuper d'elles-mêmes. Elles ne devraient pas avoir d'enfants.

3- Les personnes avec un handicap souffrent et leur vie ne vaut pas la peine d'être vécue. En plus, elles sont un poids pour la société. On devrait leur donner l'aide médicale à mourir.

Ouache ! Le mépris, ça a mauvais goût.

Vive la dignité et l'autonomie !

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Journée de mobilisation lors de la semaine de grève et de mobilisation en défense collective des droits

10 février, par Collectif — ,
Québec, 2 février. Plusieurs groupes des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches ferment les portes de leurs organismes pour toute une journée dans le but de revendiquer (…)

Québec, 2 février. Plusieurs groupes des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches ferment les portes de leurs organismes pour toute une journée dans le but de revendiquer un meilleur financement à la mission.

Cette grève a lieu dans le cadre de la Semaine de mobilisation en défense collective des droits. Deux autobus transportant des citoyennes et citoyens mobilisés ont entrepris ce matin une tournée de bureaux de députés de l'Assemblée nationale du Québec dans le but de remettre une lettre exposant leurs principales revendications. Les bureaux visités étaient ceux de Bernard Drainville, d'Éric Caire, de Geneviève Guilbault et de Martine Biron. Cette action a été suivie d'un vox pop sur la place publique, puis d'une manifestation organisée en début d'après-midi.

Les organismes en défense des droits au bout du rouleau

Annuellement, l'insuffisance financière des organismes en défense collective des droits s'accentue, ce qui se répercute sur leur travail et leur soutien aux populations marginalisées.

« On sait que la ministre Rouleau dispose des marges de manœuvre budgétaires à l'intérieur du Plan d'action gouvernemental en matière d'action communautaire pour accorder un soutien d'urgence aux groupes de défense de droits. C'est vraiment de la mauvaise foi de sa part de faire fi de nos demandes », dénonce Vania Wright-Larin, du Regroupement d'éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches (REPAC 03-12).

À cela s'ajoute l'actuel projet de loi 7 de la CAQ, qui propose entre autres une fusion de plusieurs organismes gouvernementaux et programmes. Cette nouvelle proposition de loi laisse entrevoir une entrave à la protection de l'autonomie politique des organismes, remettant en question la pérennité de l'ensemble des groupes communautaires en défense collective des droits (DCD).

Les groupes en DCD, une mission indispensable

Le secteur en DCD regroupe plus de 350 groupes ayant pour mission commune la protection des droits de la population. Acteurs de transformation sociale, ces organismes travaillent auprès des personnes concernées dans le but de vulgariser et de dénoncer les atteintes à leurs droits en s'attaquant aux causes structurelles qui maintiennent les injustices. Cependant, les priorités du gouvernement et les conséquences de leurs orientations politiques sont flagrantes : « Avec les moyens actuels, nous n'arrivons pas à nous mobiliser pour répondre à nos objectifs de justice sociale et climatique, qui subissent des attaques sans précédent. L'insécurité financière menace aussi la pérennité de nos postes de travail », dénonce la porte-parole des AmiEs de la Terre de Québec, Anne-Sophie Trottier. Bien décidés à se faire entendre, les groupes en DCD de Québec et de Chaudière-Appalaches poursuivront leurs actions dans le cadre de la Campagne nationale “les droits, ça se défend collectivement”.

Les principales revendications :

* Octroyer 155 millions $ supplémentaires annuellement pour la mission de l'ensemble des groupes en défense collective des droits actuellement financés. Cette somme tient compte des coûts de 1,4 million $ pour la pleine participation des personnes ayant des limitations fonctionnelles.

* Inclure un mécanisme permanent d'indexation basé sur l'indice des coûts de fonctionnement du communautaire. Pour 2025-2026, nous demandons 3.6% d'augmentation.

* Réclamer l'établissement d'un processus transparent d'accueil des groupes en attente de financement ; que leurs besoins soient mieux documentés, revendiquer l'ajout d'une enveloppe permanente pour financer les nouveaux groupes.

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Consultations prébudgétaires 2026 : 1,7 G$ pour soutenir la mission de plus de 3000 organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux

10 février, par Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) — ,
Consultations prébudgétaires 2026 : La Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles demande au ministère des Finances d'avoir l'audace (…)

Consultations prébudgétaires 2026 : La Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles demande au ministère des Finances d'avoir l'audace d'injecter 1,7 G$ pour soutenir la mission de plus de 3000 organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux par le Programme de soutien aux organismes communautaires

Montréal, le 2 février 2026 — La Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (Table) [1] a présenté, le 27 janvier dernier, son mémoire prébudgétaire [2] au cabinet du ministre des Finances du Québec, M. Éric Girard. Elle a alors mis de l'avant les revendications [3] de la campagne CA$$$H (Communautaire autonome en santé et services sociaux — Haussez le financement !) [4], qui visent l'amélioration significative du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) [5] au bénéfice de plus de 3 000 organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux (OCASSS).

La Table a notamment présenté deux outils qu'elle a développés pour améliorer le financement et l'administration du PSOC : les seuils planchers de la campagne CA$$$H [6] et l'Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC). [7]

Les avantages à les adopter sont nombreux. Les seuils planchers permettraient de financer adéquatement et équitablement les OCASSS. Quant à l'ICFC, il assurerait tout simplement que l'indexation fournisse aux groupes les ressources pour faire face à la hausse de leurs coûts réguliers, sans devoir couper dans des dépenses essentielles, comme les
ressources humaines ou les activités.

Insistant sur l'importance de remplacer la méthode d'indexation actuelle, particulièrement parce que les OCASSS sont des employeurs et non des ménages, la Table a constaté une ouverture plus grande en regard de l'ICFC que par les années passées. « Il faut dire que cette lutte initiée par la Table est maintenant portée par un nombre croissant
d'organisations communautaires diverses. Par exemple, lors des consultations prébudgétaires de 2025, 49 organisations ont demandé l'ICFC dans leurs mémoires. Ce n'est pas banal qu'une revendication soit reprise dans 13 % de l'ensemble des mémoires déposés, toutes provenances confondues. Devant la force de ce message, le gouvernement ne peut plus justifier son immobilisme
», souligne Stéphanie Vallée, présidente de la Table.

Le budget de 2026 étant le dernier avant les élections générales, les groupes communautaires fondent de grands espoirs sur les décisions que prendra le ministre de Finances. « Le gouvernement a l'opportunité de poser un geste significatif, les OCASSS étant restés sur leur faim lors des budgets précédents. Il a l'occasion de faire preuve d'audace en injectant 1,7G$ pour les subventions à la mission globale des OCASSS [8], afin qu'ils jouent pleinement leur rôle en faveur du droit à la santé », précise Mercédez Roberge, coordonnatrice de la Table.

Comme lors de nombreuses rencontres politiques, la Table constate que la gravité des conséquences du sous-financement des groupes n'est pas véritablement saisie par ce gouvernement, ni en regard des conséquences sur la population en général, ni sur les 25 000 personnes qui travaillent dans les OCASSS. « Pour rendre visibles leurs besoins, les
OCASSS sont justement actuellement invités à créer une affichette dans le cadre de l'action On s'affirme ! [9] de la campagne CA$$$H. Par ce moyen, ils illustrent d'importants besoins non comblés et les font connaitre. Voir de nombreux organismes souffrir de manques à gagner annuels de plus de 500 000 $, allant parfois jusqu'à un million, en dit long sur l'ampleur des besoins des communautés
», relève Karine Robinette, membre du comité de coordination de la CA$$$H.

À l'approche des élections, la Table invite tous les partis à consulter les mémoires prébudgétaires des groupes communautaires en vue de la préparation de leurs engagements électoraux. Quant au gouvernement de la CAQ, il doit reconnaitre que ses 7 budgets n'ont permis de rehausser lessubventions des 3000 OCASSS que de 9245 $ par année. En 2026, il doit avoir l'audace d'injecter des sommes beaucoup plus imposantes pour faire une réelle différence. L'exercice du droit d'association et la réalisation du droit à la santé méritent bien 1,7 G$.

SOURCE

Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et
bénévoles (TRPOCB)


À propos

* Stéphanie Vallée est co-coordonnatrice de l'R des Centres de femmes du Québec [11] et présidente de la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles
* Mercédez Roberge est coordonnatrice de la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles [1]
* Karine Robinette est directrice générale du Regroupement des popotes roulantes du Québec [12] et membre du comité de coordination de la campagne CA$$$H.

Fondée en 1995, la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) est formée de 47 regroupements nationaux [13], rejoignant plus de 3 000 groupes communautaires autonomes à travers le Québec. Ce sont, par exemple, des maisons de jeunes, des centres de femmes, des cuisines collectives, des maisons d'hébergement, des groupes d'entraide, des centres communautaires, des groupes qui
luttent contre des injustices ayant des répercussions sur la santé. Ceux-ci représentent les ¾ des organismes communautaires autonomes du Québec et abordent la santé et les services sociaux sous différentes perspectives (femmes, jeunes, hébergement, famille, personnes handicapées, communautés ethnoculturelles, sécurité alimentaire, santé mentale, violence, périnatalité, toxicomanie, etc.).

La Table coordonne de plus la campagne CA$$$H (Communautaire autonome en santé et services sociaux — Haussez le financement). [14] Lancée le 17 octobre 2017, cette campagne vise l'amélioration substantielle du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), au bénéfice de plus de 3 000 organismes communautaires autonomes subventionnés par le MSSS. Les revendications de la campagne CA$$$H [3] sont : l'atteinte de l'équité de financement et de traitement partout au Québec, notamment par l'application de seuils planchers communs et adaptés aux OCASSS, l'indexation annuelle des subventions en fonction de l'Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC) et l'ajout de 1,7 G$ à l'enveloppe annuelle du PSOC (mission globale).

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Liens du communiqué


[1] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszMFy6yAMheGnCTsyMsIgLVjcJ8nIQk64tesU3D5_J5luvzPnryWQRkjOypQzAGLG2T0KIlRLpsKJDDRE0QktovC6UlV1rSQm4IBEAgveJkxERog5z8iXCKNV-2hffpe2WR8-5zgvKxMvvp7_ia6vwW3l7M9Dl-vR72632sR320yG-VbLG25_cMF_IQDn4HrpVkXPdnxeIjy7jWF3-daHvTPj7Gb765-MgU1mr1HFx2zJU2L2ddZlWmVVoOB-SvgNAAD__6NhUDk
[2] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszDFywyAQheHTQIcHLRLsFhRudA3PAmubxIoUwDl_Rpm035v3lwiYZ-u1xCkEa50LbtHPCCjEwbO3QmkqPJH3njNJ4kKZSNfoCS2BQ2Sb3G1yHlHQuRAWR2q2vRb5rN9m4_qS1k0I85LuhJRMGR-Il3PQr_gc4-jKXRWsCtbRjj2ny94eCtZNtr02MUeT9C4GLHgFq96kVDZNXsJdTC3xD27_oNwVwFIA3WKTwnnU_UvN9mjSuzz4nZ9y9nUfTWQ7_17IkvBi8pzZzEG8QU9kypLTdOd7tgj6J8JvAAAA__8HelvE
[3] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszM3S2yAMheGrgR0ZWTJGLFhk49vICJATWuen4Ob6O-582_fMc2pCLjMsVtMUAgBRIG8fKWv0oFvYfAauGARE_URcSiXUSWxLS2SISMwCmW4TLczKRCF4imaG0ar-bn_cU9qufbgQZp-3yDG7evxivpyD3dPjOD7D0NXganA9-udd8uXd7wbXXYfr-tVXbUWO9n4Ng6t9am3iuu4qQ12r6X-4_QRDV0SIAW1PXauU05kZPl3H0Lv8LQ897-04uurz9ItGiCrelbmIm4MujpcYXfUlT5tsBRjtN-G_AAAA__9HjVyQ
[4] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszD1ywyAQxfHTQIcHLV-7BYUbXcODlpVFYtkKKDl_xpm0vzfvXzMgexu15Ckla51LLugtR3aAyNFPNlYvEWmdgKplIgohJN1yJLQEDrHYxd0mFxEFnUspOFLejlbls32ZvbSH9GFS8mFZCWkx9fxAvLwH_cjbeR5DuauCWcF89uPFy-XV7wpmLvtR7k_hMsbYFMx6l9qK6fKQMsS0mv_g9g_KXQEsJdA9d6mFz_Z6Km-PLmPIvXzzJu-0HmcX2d__KGRJSjDsuRifJBqMRKYGXqa1rGwR9E-G3wAAAP__YUtZqw
[5] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszEty6yAQheHVwAwXbl7NgIEn2oargZbNvVKkAMn6U0pl-p06f02AxWovOd1D0NqYYJx8JyjsgdaAWIvJqK33NbvVkcfVecyyJR9RRzCIpLN53o1HZDQmBGeisHq0yv_bp9qpbdyHCsG6vEaMWdX5D_F2DXJL7znPIcxDwCJgmf08Sr4d_SVgoZ23dnTuamN1jqMIWOTOtZHqvDENVq2mX3j-gTAPAB0DyJ46VyqzHR_C6rPzGPyir_Lmqy7H7Mz79fccdWRyqthCygb2Cn2MqrqS7yutRSPI7wQ_AQAA__96QVue
[6] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszDuS6yAQheHVQIYLNa_ugMCJtuFqQcviXtnWgDzrn_LUpN-p89cMWLyNWvKUkrXOJRf0ljGsFjgRB4gpIhElJPTFT3VdF-d1y5HQEjhEtou7TS4iCjqXUnCkvB2tyv_2ZR7cdunDpOTDshLSYur5D_HyGfSet_M8hnJXBbOC-ezHqyyXV78rmIe8226OnZ9lkz4UzPohtbHpsgsPMa3mX7j9gXJXAEsJdM9dKpezvZ7K26PLGHLnd9nk09bj7CKPzz8KWRIOpvjCxieJBiORqaEs08prsQj6O8NPAAAA___r61oy
[7] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszDtyKyEQheHVQIaK6ebRBARKZhsqaBqJeyVLhrHX75LL6Xfq_C0DsbNBS95itBYxote3XJztEKrnzVd2FIBdYpIKHZ3rxeqRQyKbAImKrXjZMBAJIcboMSln12jyf3yaRxl3mcvE6HztiVI17fhHdHoP-p5vx_FaCs8KdgX7MV9PrqfnvCrYB3dWsOuHtFHMlLuUJWa0_AuXP1B4BrApgp55Sit8jOeHcvY1ZS25li--yTuo1zFFHu9_kGSTFG_YcTEuSjAUUjLNc9166WwJ9HeGnwAAAP__a0xWdw
[8] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszTGS6yAQBNDTQIYLzYAYAgInuoZrBIPF_7bsBa3Pv6WtTV9Xd5cElJ2dtaQpBGsRA3q9Jb-uFZydKtZSJ5wg1-jZIfkIngPqluZINgISsV3xNuFMJIQYgseonB2tyP_2ZZ7cHtKHCcH5tUaKqynHP6LLGehH2o7jPRReFSwKlqO_X3m9vPpdwdLlI3tpmY_22k1tO--5SReTeYyxKVj0U0pj0-UhPMS0kn7h9gcKrwA2BtA9dSmczyHl7LvLGHLn77zJ-aXH0UWeZ3-WaKOwN9llNi7IbGiO0RSf16lyzZZAfxL8BAAA___IK2Dl
[9] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszUFywyAMheHTwI4MkWyQFiyy8TUyMhYxbRy74Pb8nXS6_d68-ZcElAcfrKZrjN4jRhztmuIYtIzeZ-RYBsIAqIyxsDB4D2RrCkyeAYnEz3i_YiBSQoxxRDaD73XRz_rlNqlPbd3FOIxzYeLZLecH0eU92Gdaz_PoBm8GJgPT2Y49z5e9PQxMWbZDHi_N0ntfDUz7q0sptW1qYLKbLlVc06dKV1eX9Af3fzB4A_AcwbbUdJF81v1lBn807V0f8p1XfXdsP5vq9v4HZc8qo8tDFjdEDY4Cs1vGPF-LlOwJ7E-C3wAAAP__Si9eZw
[10] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszUFuwyAQheHTwI5ozGBmWLDIxteIMIwT2jh2MO75q1Tdfk9Pf4mWswOvJQ5EAIiEo35EpISjgxEcDjxnh4m8yx4cLcSZFl2jDwzBInOCGW8DemZhRKIRg3Jw1CLf9W3WVJ_SDkPkxnkJHGZT-hfz5TPoZ3z0vh8Kr8pOyk697VueL1u7KzvlbV3PV32fYvYm81nu0o0F65Wd9CqlJtPkKekQU0v8g9s_KLxaC4GsbrFJSbnX7aUc7E2OQ-7pzA_5VPTRm8j6-XsJECSNJrucjCPxhn0Ipox5Hpa0ZGCrf6L9DQAA__9MlF0m
[11] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwsy01u4zAMQOHTRDsZtH7JhRZzkkAi6URTO2kkt-cvUnT7PTwpDjlAMlrWnAG8zz6aeyERgkarCoQ1OmwbKnBMnMQRODC9JEIg5xErNH9dfUJU9D7n6OkSYHbRj_6yR-27jmlzDrFthNSsnP8Rl3cwexmsj3PoXF68cDWHSq926K51qu1SfuH6Bxf_zzmg7MwoQ6Xy2Z-PS4DPoXPqrX7xXZfnuJl5DtXj_SclIK3RcuBqQ9ZkMRFZidzWrW4M6Mx3cT8BAAD__yQ9UKQ
[12] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszM1y6yAMxfGnCTsyMuJDWrC4T5IRICfcxrULbp-_k0y3vzPn37Kj6iEazUtKAIgJg3nkggQQoC6gJVJYffXViQMBbuwLmJ4jE7BDIoGCtwUjkRJiSgH54mH2ph_9y27SnzqmTcmHsjJxse38T3R9DeaZj_3YT53XfdzNpq2LHfpUmWp7y2-4_cEF_zkHnJwZeWiTevb98-LhGDqn3uW7PvSdmedQ3V7_qAysEmz1VaxPGi1FZttCLcsqawVy5ie73wAAAP__JgJPsA
[13] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszLFy6yAQheGngQ4PWgTsFhRu9BqeBVY290qxAyTPn3Em7Xfm_DUBltUGLWmJ0VrnovP6kTCTB97DgmIzEdccPAfPPjoHthbdUiC0BA6RbXa3xQVEQedi9I7Uaker8r99mpPbIX2YGFefd0LKps5_iJf3oI_0mPM1lLsq2BRss7-eJV-e_a5gO-XMXYaC7WhjioJNn1Ibmy6H8BDTavqF2x8odwWwFEH31KVyme35oVb76jKG3PmrPOTd1mN2kfP9D0KWhL0pa2GzRgkGA5GpvuRl571YBP2d4CcAAP__V4paZg
[14] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszEty6yAQheHViBmuNs9mwOBOvA1X07QsbiRLASXrTymV6Xfq_DUbZAdBSb7HCGBttF4tORgJDCZ45wJgDLPlCMRYPBVwTlTLISEkYxEJin3ebUAUtDZGb9PkYLQqH-1Tb9RW6UPH6HyZE6ai6_kf8XYNas1nP3Yut72_JvNg2g56vYVpjLFM5qE2qY10l1VoiG41_8LzDyb7zxhI0aieu1Tis-3vycHRZQx50RcvcqXVOLvIdv2DJEhCXrNj0i5K0BhS0tVzuc80M6BR39n8BAAA__9SKlYR
[15] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwsy0Fu6yAQgOHTmB0RZmyYWbB40lMPUHUfDcM4obHjFJyev0rV7ffrL8mjTC4YTWOMzgFEmM01KbGwLhkijOI4QhAqPLpMPrAImpoCoSMPiOwynEcIiIoAMc5Aw-R6LXqrX3bjumrrNsZpzgshZVuOT8TTK5g1LSya9_12kn0b_NsH51X_a3_XS9ufD930fnSzaalsm67KXW0t6RfOfzDAP-8dRW9aalpYjrrfh8k9mvauF37KVU97u5h-NNXt9QclR8qzlUnYTlGDxUBkyyx5XHgRh958J_8TAAD__9buWeg
[16] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszE1ywyAMxfHTmB0ZmU9pwaInyQgQCa0dp-D2_J1kuv29ef-aDBYHQUlaYwSwNlqv7im4YFZusUIrJgtlIyEH570YWzCw6ikQAhmLyJDtdbUBUdDaGL2lxcHsVb76t965bzKmjtH53Agp63p-Il5eg9pSf7RjcXCO51Hy5Rg3tUvtrIdswlN0r-kN139Y7IcxQNGokYZULmc_HouD55A55cY_5S7vzDyHyP76ByEgYa-LK6xdlKAxEOnqS14btwJo1G8yfwEAAP__VP9R4A
[17] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszEFuwyAQheHTmB0RZsDMLFhElaLuc4BoGMYJbZyk2O35K1fdfk_vr9mjBDcZzWNKzgEkiOaWiahiCq4oxFg8Sw0zSoRR1GFRNS1PhI48ILIrcBlhQlQESCkCDcGtrepn-7ILt7v21aYUYpkJqdi6fSAe9sHc89ZfTymHZ78O_iS8vPj60Lfj-Xx-H_zJLFob26535VVtq_kPLv8wwNF7R8mbnrtWlq09H0Nwr67rqlf-lpvuabNuXXXZ_5OSI-VoJQjbkHSyOBHZGqWMM8_i0Juf7H8DAAD__7WwViE
[18] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwsy01uwyAQQOHTmB0RZviZWbCIKlXd5wDRAOOEJo5TcHv-KlW339OryWJxJihJc4zGAETw6pqoWAoVIuRYs0h2Phs2s3PWQfbRqpYCoSELiGwynGcIiIIAMXqgyZnRqtzal1653aUPHaPzeSGkrOv-iXh4BXVPCxfJ23Y7lG2d7Hvh9cmXh7wdT6fTh1qlNtZd7sJDdKvpD87_MMHRWkPRqp66VC572x6TM88uY8iFv8tVDlu_qLF3kfX1ByFDwl4XV1i7KEFjINLVlzwvvBSDVv0k-xsAAP___I9Vhg
[19] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszM1y6yAMxfGnMTsyMuJDLFjcJ8kIISfcxnUKbp-_k0y3vzPn34oj8RCNljUlAMSEwdyLigbgiBt5qgAYFStzahxao3UT00vMBNkhEUPF64qRSAkxpYB58TB704_-ZXfuDx3TpuRD3TLlatv5n-jyGsyjCM8574uHczwPqZdj3MyurbMd-lCeansrb7j-wYL_nIOcnBllaGM5-_G5eHgOnVNv_C13fWfmOVT31z9qhqwcrHhh65NGSzFn24LUdeNNgJz5Ke43AAD__4sXU0A
[20] https://us.cisionone.cision.com/c/eJx8zruO2zAQheGnoToa1MyQwylULGDoNQxehismvkWU9_kDJ2m2Sf3j4Hx1gVjIhUmXmdk5REY_bUuefYkgiWom9jVTayKheZcYVGOa-hIkOgGMMbmMlxlDjBoRmT2KITd61Z_9l72lftV9WGbyuUmUbOvxI8bTO0zXZTuO5zD4YWA1sKZnP5U--uN-etzVwPo1G1hvWnu67HrVNHQYWF_38cqj7D2rwe_50qvBM4ATBgNB3zcGz7vWVI7-uBtyz13H0M_0KpueHvungbClsRk8E2pWJmLlVFsARmInJIpZMNegpeTS2HkKwUsgiZma-hRzaMFDm_5Q7D-K7XX5ZjP48Rc27cv_QNM4dtXbex9UnGjytlBJlliDjUHEVl_y3FIrLsL0tcDvAAAA__94cI1j

Des entreprises américaines vont démolir la carcasse radioactive d’un réacteur nucléaire (Gentilly-1) au bord du Saint-Laurent

10 février, par regroupement d'organismes environnementaux et citoyens en énergie (ROEÉ) — , ,
Depuis quarante-sept ans, le réacteur Gentilly-1 (G-1), propriété d'Énergie atomique du Canada limitée (EACL), est à l'arrêt au bord du fleuve Saint-Laurent à Bécancour, au (…)

Depuis quarante-sept ans, le réacteur Gentilly-1 (G-1), propriété d'Énergie atomique du Canada limitée (EACL), est à l'arrêt au bord du fleuve Saint-Laurent à Bécancour, au Québec, comme une carcasse radioactive.

En décembre dernier, EACL a attribué à des multinationales américaines – opérant sous le nom trompeur de Canadian Nuclear Laboratory Partners – un contrat de 24 milliards de dollars (provenant des contribuables) sur 20 ans pour la gestion de ses installations nucléaires et de ses déchets radioactifs. Ce contrat concerne cinq autres réacteurs à l'arrêt : un sur la rivière Winnipeg, un sur le lac Huron et trois sur la Rivière des Outaouais.

En 2016, un précédent consortium américain, également engagé par EACL, avait proposé de remplir deux de ces réacteurs de béton et de coulis et d'abandonner les structures contaminées par une radioactivité persistante à proximité de la rivière Winnipeg et la rivière des Outaouais. Les agences internationales de sécurité déconseillent cette approche, appelée « inhumation », sauf dans des circonstances extrêmes comme à Tchernobyl. Ces deux projets d'inhumation sont actuellement au point mort.

Le consortium américain nouvellement engagé souhaite désormais démanteler et démolir les parties les plus radioactives du réacteur G-1. Il s'agirait du tout premier démantèlement complet d'un réacteur nucléaire CANDU.

Le Dr Gordon Edwards, du Regroupement pour la surveillance du nucléaire, déclare : « Le démantèlement des réacteurs signifie que du béton et de l'acier fortement contaminés par la radioactivité seront stockés sur place ou transportés par camion sur les routes et les ponts publics, à travers de nombreuses communautés du Québec et de l'Ontario, jusqu'au site de Chalk River situé en face du Québec, de l'autre côté de la rivière des Outaouais. Les risques pour les travailleurs, l'environnement, les rivières et les citoyens ordinaires sont réels et nécessitent un examen public et une transparence totale. »

En décembre 2025, Patrick Bonin, du Bloc québécois, a demandé au gouvernement du Canada de mettre fin à tous les transports de matières radioactives vers Chalk River, situé sur le territoire non cédé des Algonquins, sans notification, consultation ou justification. M. Bonin a également demandé une enquête publique sur les importations des déchets radioactifs au Canada et sur le transport de déchets radioactifs sur les routes publiques.

Le projet de démantèlement de G-1 a été discrètement publié dans le Registre fédéral d'évaluation d'impact juste avant Noël, avec un délai très court pour les commentaires publics, qui se termine le 5 février. Le Dr Ole Hendrickson, de l'association Concerned Citizens of Renfrew County and Area, met en garde : « En raison d'une loi inefficace, EACL pourrait prendre une décision en vertu de la Loi sur l'évaluation des impacts permettant aux entreprises américaines de poursuivre leurs activités sans audience publique devant un comité d'évaluation, et donc sans obligation de rendre des comptes au public et sans contrôle gouvernemental. »

Le réacteur G-1 se trouve sur un terrain provincial, à côté du réacteur Gentilly-2 d'Hydro-Québec, qui a été mis hors service. M. Edwards suggère qu'une remise en état coordonnée de l'ensemble du site de Gentilly, avec la pleine participation du gouvernement du Québec, créerait des emplois et apporterait des avantages environnementaux aux Canadiens, fournirait des connaissances et des compétences utiles à Hydro-Québec (car le réacteur G-2 devra également être bientôt démantelé) et garantirait la protection de l'intérêt public.

Pour plus d'informations :

*ROEÉ - Regroupement des organismes environnementaux en énergie

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Le NPD et l’illusion parlementaire

10 février, par Ali Terrenoire — , ,
Pourquoi il faut détourner une partie de la puissance intellectuelle de la gauche du fétichisme des politiques publiques pour la diriger vers l'action collective Février (…)

Pourquoi il faut détourner une partie de la puissance intellectuelle de la gauche du fétichisme des politiques publiques pour la diriger vers l'action collective

Février 2026| tiré de Canadian dimension | Photo : Matt Jiggins / Flickr

Bien qu'elle soit nettement plus animée que la transition à la direction qui a suivi l'accession sans opposition de Jagmeet Singh en 2017, l'actuelle course à la direction du NPD demeure enfermée dans une conception étroite de ce que sont les partis politiques — et de ce qu'ils peuvent faire. Tant que les progressistes n'élargiront pas cette conception, la gauche continuera vraisemblablement d'échouer, même lorsqu'elle parvient à remporter occasionnellement une victoire électorale.

L'approche dominante considère la réussite des partis comme le produit de deux variables : le degré de radicalité (ou de modération) de la plateforme, et le charisme personnel du chef. Il est frappant de constater à quel point les commentaires politiques restent obsédés par ces deux facteurs, souvent au détriment de questions plus profondes liées au pouvoir, à l'organisation et à la stratégie.
Une grande partie des débats contemporains est dominée par des affirmations péremptoires selon lesquelles la victoire — voire l'utopie — serait à portée de main, pour peu que l'on propose la bonne plateforme. Le camp opposé avance des arguments tout aussi creux, affirmant que la victoire n'est possible que si le NPD se modère afin de séduire l'électorat centriste. En comparaison de ces mantras ressassés, les débats sur la « sympathie » ou la « popularité » des candidats peuvent sembler une forme d'analyse plus concrète — bien que toujours limitée.

La voie parlementaire vers l'échec

Cette approche dominante repose implicitement sur une foi étonnamment optimiste dans le pouvoir de l'État. Toute la politique — c'est-à-dire la manière dont nous organisons et ordonnons nos sociétés et nos vies — se trouve aplatie dans les élections, perçues comme une sorte de boîte noire magique. Il suffirait d'introduire la bonne plateforme progressiste dans le NPD, le parti gagnerait une élection et, voilà, les résultats progressistes suivraient. À la base de chaque campagne à la direction se trouve l'hypothèse que les élections se traduisent directement en pouvoir. Cette croyance réduit la politique à une séquence étroite d'intrants de campagne et de résultats politiques.

En réalité, la lutte politique se poursuit entre les élections. Les résultats politiques sont déterminés par le rapport de forces, qui est une question distincte de la composition partisane du Parlement. Par exemple, la plateforme d'Avi Lewis propose une option publique en télécommunications afin de concurrencer le pouvoir de fixation des prix monopolistique des transporteurs privés canadiens. Il s'agit d'une idée bienvenue, mais qui se heurte de plein fouet au pouvoir de Bell, Rogers et Telus.

Bell, à elle seule, a enregistré des revenus annuels de 24 milliards de dollars en 2024. L'entreprise emploie également 45 000 personnes à temps plein pour faire avancer ses intérêts. De l'autre côté, le NPD dispose d'un budget annuel d'environ 6 millions de dollars, de quelques dizaines d'employés et d'environ 100 000 membres sur papier. Selon quel modèle politique pourrait-on croire que les seconds pourraient vaincre les premiers — et encore moins vaincre tous les autres monopoles économiques enracinés ? La seule manière de résoudre cette contradiction est de croire que le pouvoir étatique est entièrement neutre et facilement mobilisable : une vision de l'État comme instrument neutre et hautement efficace, prêt à être utilisé par quiconque en prend le contrôle.

Or, dans les faits, les bureaucraties publiques modernes sont gigantesques et notoirement difficiles à manœuvrer. Pour les acteurs extérieurs et les contre-élites, il peut falloir tout un mandat politique simplement pour comprendre leur fonctionnement. Pendant ce temps, l'élite en place, déjà bien organisée, peut mobiliser son pouvoir économique, social et médiatique afin de briser la coalition au pouvoir. L'histoire regorge d'exemples de gouvernements progressistes — de SYRIZA en Grèce aux gouvernements néo-démocrates provinciaux plus près de chez nous — qui ont connu des percées électorales avant d'être sapés et défaits par des élites bien enracinées.

Il existe un paradoxe curieux dans la pensée progressiste contemporaine : une vision critique à l'égard de nos élites capitalistes brutales coexiste avec une foi profonde dans des institutions politiques qui dépasse souvent leur capacité démontrée à produire des transformations profondes — comme si quelque chose pouvait être invoqué à l'existence simplement parce que 172 personnes réunies dans une salle froide de la Colline du Parlement en ont décidé ainsi.

Des forces politiques à spectre complet

Une approche plus féconde consiste à comprendre les partis comme une technologie sociale de l'action collective. À moins d'être milliardaire, l'action individuelle n'est pas le terrain pertinent de la politique.

Les gens ordinaires ne disposent pas de ressources suffisantes pour que leurs actions individuelles aient un impact significatif. En élargissant cette logique, la croyance selon laquelle l'agrégation d'actions individuelles spontanées et non coordonnées pourrait mener au pouvoir ou au changement social est également une chimère. En pratique, les partis sont des véhicules d'action collective organisée : ils permettent aux individus de se connecter, de mutualiser et de faire croître leurs ressources à travers des hiérarchies prévisibles et démocratiques, et d'instaurer une division du travail au service d'objectifs collectifs.

Théoriquement, les masses de travailleurs ordinaires pourraient faire avancer leurs intérêts par l'entremise d'un ensemble d'institutions distinctes : une organisation axée sur le logement, une autre sur le travail, une autre sur la santé, etc. Cet écosystème institutionnel permettrait à des individus impuissants isolément de se renforcer et de poursuivre leurs intérêts collectifs dans de multiples sphères. Cette vision reflète en partie la richesse de la vie associative de la classe ouvrière du XXᵉ siècle au Canada et dans d'autres démocraties libérales. Les prédicateurs de l'évangile social s'organisaient par leurs églises, les syndicats avaient leurs salles et leurs sections locales, les communautés ukrainiennes et finlandaises progressistes construisaient leurs maisons du travail, et des générations de prolétaires ambitieux passaient par les programmes de formation de cadres du Parti communiste, devenant au passage des organisateurs plus aguerris (même si plusieurs quittaient ensuite le parti).

Comme la partie immergée d'un iceberg, tout un écosystème de coordination de la classe ouvrière soutenait les gouvernements réformistes de gauche dans des régions comme l'Ouest canadien. Dans ce contexte, le CCF/NPD pouvait fonctionner simplement comme une force parlementaire représentant cet écosystème élargi. Mais nous sommes en 2026, et cet écosystème a en grande partie disparu, érodé par des décennies de désindustrialisation, d'inégalités croissantes et de démantèlement délibéré des institutions ouvrières. Les marchés du travail fragmentés d'aujourd'hui, l'affaiblissement des syndicats et l'atomisation sociale rendent irréaliste toute reconstitution de cet ancien écosystème. Toute stratégie progressiste sérieuse doit tenir compte de cette réalité. Il ne suffit plus d'être un parti des urnes et de la rue (le parti des urnes et de la rue étant un slogan forgé par le parti de gauche québécois Québec solidaire), puisque la seconde composante de cette formule s'est affaiblie.

Reconnaissant le caractère creux des partis progressistes contemporains, certains appellent à reconnecter les partis aux mouvements sociaux, ou à créer de nouvelles formations comme Québec solidaire, conçues comme des partis des urnes et de la rue. Mais ce cadrage passe à côté du problème fondamental. Les « mouvements sociaux » souffrent de bon nombre des mêmes défaillances de coordination que les partis parlementaires eux-mêmes. Lorsque les conditions sont favorables, ces mouvements peuvent croître rapidement, portés par des moments de crise ou d'indignation. Mais faute de structures durables, de mécanismes solides de discipline interne et de coûts réels à la sortie, ils sont tout aussi susceptibles de s'effondrer rapidement — ou de se fossiliser au sein de l'écosystème des ONG et du plaidoyer une fois le moment passé.

Plutôt que de s'engager dans la tâche vouée à l'échec de reconstruire cet écosystème, une voie plus efficace consiste à organiser les partis politiques eux-mêmes comme des forces politiques à spectre complet. Nous vivons en tant que locataires, travailleurs, consommateurs, patients, etc. Notre véhicule d'action collective — notre parti — devrait être en mesure de contester le pouvoir dans toutes ces sphères. Les questions stratégiques réellement intéressantes sont celles qui portent sur la manière de bâtir un parti ayant la profondeur et l'ampleur nécessaires pour y parvenir. Comment accumuler des ressources ? Comment recruter des membres ? Comment nous former à diriger et à être dirigés ?

Les masses de gens ordinaires ne peuvent accroître leur pouvoir si leur parti n'est qu'une marque parlementaire : il doit être transformé en un État-en-devenir, une contre-hiérarchie qui construit une société alternative dans la coquille de l'ancienne. Les plateformes et les chefs parlementaires sont des éléments d'une stratégie plus large, mais ne constituent pas les enjeux les plus importants. Notre problème n'est pas que nos structures d'action collective suivent la mauvaise idéologie ou soient dirigées par les mauvaises personnes, mais que nos structures existantes sont fragmentées, inégales et souvent inadéquates à l'ampleur du défi. Les débats entre révolution et réformisme, ou autres différenciations idéologiques, n'ont de portée que dans le cadre d'une hiérarchie organisée pouvant être orientée dans une direction donnée.

Des commentaires récents sur la candidature d'Avi Lewis à la direction ont soutenu que sa plateforme sur le travail jetait les bases d'un renouveau de la construction de mouvements au sein et autour du NPD. Et il est vrai que ce document est exceptionnellement ambitieux, tant par son ampleur que par sa substance, abordant non seulement la démocratie en milieu de travail et la réforme de l'assurance-emploi, mais aussi l'IA, la justice migrante, les services publics et la démocratie économique au sens large.

Mais cela ne fait que renforcer le problème central. Même le plan de politiques le plus complet et le plus favorable aux travailleurs reste inerte sans un appareil organisationnel capable de mobiliser les travailleurs, de soutenir des conflits prolongés et de coordonner l'action au-delà des moments électoraux sporadiques. Les politiques peuvent esquisser une orientation vers la construction de mouvements, mais elles ne peuvent se substituer au travail ardu de création de hiérarchies durables, de discipline et de capacités partagées d'action collective. Sans cette infrastructure, même le meilleur plan de travail risque de devenir un autre document admirable circulant parmi les militants, les syndicats et les commentateurs — plutôt qu'un levier capable de modifier le rapport de forces.

Une classe pour soi

Plutôt que de se concentrer principalement sur des visions politiques à long terme détachées des questions de pouvoir et d'organisation, nous devrions mettre l'accent sur des voies intermédiaires permettant d'accroître notre pouvoir. Pour fonctionner comme une force à spectre complet, le parti doit s'implanter partout où les gens vivent, travaillent et luttent. Pourquoi le NPD n'aurait-il pas son propre journal, voire éventuellement sa propre chaîne de télévision ? Pourquoi ne gérerait-il pas des salles de parti servant de centres communautaires à travers le pays ? Pourquoi le parti ne créerait-il pas son propre milieu d'organisations, comme des syndicats de locataires, voire ne lancerait-il pas ses propres efforts d'organisation syndicale ?

Bien que le NPD soit encore formellement lié au mouvement syndical canadien, une approche plus intégrée est nécessaire — une approche dans laquelle syndicats et parti se chevauchent et coopèrent au sein d'une même hiérarchie organisée, plutôt que d'exister avec des priorités disjointes qui ne se coordonnent que de manière épisodique. Pourquoi ne pas lancer son propre service de conseil en procurations d'actionnaires, afin d'orienter les fonds de pension et autres véhicules d'investissement contrôlés par les membres vers une transformation du comportement des entreprises ? Pourquoi ne pas créer ses propres coopératives de consommation, voire des entreprises appartenant au parti ?

Nous devrions chercher dès maintenant à utiliser l'une des rares institutions ouvrières encore existantes — le NPD — pour faire progresser notre pouvoir collectif. Il est tout à fait possible d'accroître notre pouvoir dans ce pays sans remporter d'élections. À partir d'un certain seuil, davantage de pouvoir exigera des victoires électorales comme condition nécessaire — mais jamais comme condition suffisante. Ces voies ne sont même pas opposées : la construction d'un État alternatif en gestation est bénéfique à la réussite électorale. Bien sûr, nous ne devons pas simplement présumer de victoires électorales, mais nous ne pouvons pas non plus supposer que nous résoudrons facilement les problèmes d'action collective inhérents à toutes les entreprises évoquées ci-dessus. Mais nous devrions au moins déplacer une partie de la puissance intellectuelle de la gauche du fétichisme des politiques publiques vers le véritable problème : la difficulté croissante de l'action collective.

Il est éclairant d'inverser le cliché clausewitzien : la politique est la guerre par d'autres moyens. Mais l'asymétrie particulière de l'inégalité fausse le champ de bataille. Les riches disposent déjà d'une armée permanente : leur argent, leurs institutions, leurs entreprises. Les partis peuvent être utiles, mais les riches n'en ont pas besoin. Ils sont moins nombreux, disposent de plus de ressources et se connaissent déjà tous. Ils n'ont pas besoin de la technologie sociale des partis politiques pour assurer la coordination, l'action collective et la construction d'un soutien populaire. Pour les riches, la coordination est automatique. Pour le reste d'entre nous, elle doit être construite.

La grande masse d'individus atomisés de la classe ouvrière et de la classe moyenne ne peut pas se coordonner aussi facilement. Les partis sont un outil nécessaire pour connecter les individus et transformer leurs intérêts communs en un intérêt de classe collectif. La gauche ne gagnera pas simplement en votant pour de meilleurs politiciens, mais en forgeant un instrument politique à la hauteur du monde qu'elle cherche à créer — un instrument qui fonctionne au-delà des élections. Voilà la promesse d'un parti : non pas une simple ligne sur un bulletin de vote, mais le moyen par lequel le grand nombre peut l'emporter sur le petit nombre.

L'auteur est commentateur et organisateur et écrit sous le nom d'Ali Terrenoire. On peut le trouver sur X sous le pseudonyme @AliTerrenoire, sur Bluesky à @aliterrenoire.bsky.social, et sur Instagram à @ali.terrenoire.

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Affaire Sosa Orantes : le Canada se dérobe face aux crimes contre l’humanité

10 février, par Avocats sans frontières Canada (ASFC) — , ,
Québec, le 6 février 2026 – Avocats sans frontières Canada (ASF Canada) déplore le choix des autorités canadiennes de ne pas engager de poursuites criminelles à l'encontre de (…)

Québec, le 6 février 2026 – Avocats sans frontières Canada (ASF Canada) déplore le choix des autorités canadiennes de ne pas engager de poursuites criminelles à l'encontre de Jorge Vinicio Sosa Orantes, alors qu'il a tous les outils pour le faire.

Cet ancien sous-lieutenant de l'armée guatémaltèque, installé au Canada depuis près de 40 ans, a participé au massacre de Las Dos Erres en 1982, au cours duquel plus de 200 civils, dont de nombreux enfants, ont été tués. En choisissant de mettre fin à son statut par des procédures administratives – plutôt que d'engager des poursuites criminelles pour crimes contre l'humanité – le Canada manque à ses obligations internationales en matière de lutte contre l'impunité.

« Tout ce qu'ils vont faire, c'est lui retirer sa citoyenneté et le renvoyer du Canada. Il n'y aura pas de justice. En réalité, rien n'a été fait, ou presque. De mon point de vue, en tant que témoin des faits, je constate qu'il n'y a pas de justice. Ce que nous voulions, c'est qu'il paie pour ses actes et qu'il soit jugé pour ses crimes. » (trad. libre) — Ramiro Osorio Cristales, l'un des survivants du massacre de Las Dos Erres, aujourd'hui réfugié au Canada. Il avait 5 ans au moment du massacre.

Trop peu, trop tard

Le 5 février 2026, la Cour fédérale du Canada a déchu Jorge Vinicio Sosa Orantes de sa citoyenneté canadienne pour avoir omis consciemment de déclarer son passé militaire lors de sa demande d'immigration ; et l'a déclaré inadmissible au statut de réfugié, en raison de sa participation dans des crimes contre l'humanité commis à Las Dos Erres en 1982. Cette procédure, amorcée en 2017, pourrait mener à son expulsion du territoire canadien sans assurance que justice soit faite.

« Le Canada avait une occasion bien réelle de faire entendre la voix de la justice internationale, alors qu'elle est attaquée de toute part. En choisissant de ne pas juger au criminel M. Sosa Orantes pour ses actes ou de l'extrader dans un pays aux fins de jugement, il renonce à son engagement de lutte contre l'impunité des crimes internationaux. » — Karine Ruel, directrice générale d'ASF Canada.

Pourtant, le Canada dispose d'une loi fondée sur le principe de compétence universelle, qui lui permet de poursuivre les auteurs de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre ou de génocide, se trouvant sur son territoire, peu importe où ces crimes ont été commis ou la nationalité de l'auteur présumé.

Dans le cas de M. Sosa Orantes, le gouvernement a délibérément évité la voie judiciaire, malgré les outils juridiques à sa disposition et l'investissement financier et en temps important d'une procédure administrative. Ce choix s'inscrit dans un contexte plus large d'inaction : l'unité fédérale responsable de ce programme n'a publié aucun rapport public depuis 2015, révélant un grave déficit de transparence et d'engagement envers la justice internationale.

Silence et inaction malgré des appels répétés à la justice

Depuis plusieurs années, ASF Canada, en collaboration avec le Partenariat canadien pour la justice internationale, multiplie les démarches auprès du gouvernement canadien à propos du cas de M. Sosa Orantes. L'organisation a transmis des analyses juridiques, organisé des rencontres avec des parlementaires et lancé plusieurs appels publics pour que des poursuites criminelles soient engagées. Malgré ces efforts soutenus, le gouvernement est resté silencieux.

« Dans la période actuelle, où la loi du plus fort, les intérêts politiques et les doubles standards polluent les conversations diplomatiques, il est plus important que jamais pour les États de jouer le rôle qu'ils se sont eux-mêmes donné à Rome en 1998 : ils doivent prendre des mesures concrètes visant à refermer les espaces où l'impunité s'infiltre et survit, y compris sur le territoire canadien. » — Fannie Lafontaine, directrice du Partenariat canadien pour la justice internationale.

Le Canada se présente comme un défenseur de la justice internationale. Il soutient les enquêtes de la Cour pénale internationale et affirme qu'il exécutera ses mandats d'arrêt, même contre des chefs d'État. La crédibilité de ce rôle dépend d'abord de ses actions à l'intérieur de ses frontières.

ASF Canada salue les efforts pour retirer la citoyenneté obtenue de façon frauduleuse. Mais cela ne peut pas remplacer un procès pour des crimes d'une telle gravité.

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Le nouveau conseil de direction de Pierre Poilievre noyauté par des lobbyistes d’entreprises

10 février, par Harrison Samphir, Martin Lukacs — , ,
Des lobbyistes et des militant·e·s anti-avortement siégeant à un organe influent contrastent avec le discours public du Parti conservateur. Alors que le chef conservateur (…)

Des lobbyistes et des militant·e·s anti-avortement siégeant à un organe influent contrastent avec le discours public du Parti conservateur. Alors que le chef conservateur Pierre Poilievre promettait de se battre pour les « gens ordinaires » du Canada lors d'un congrès national tenu le week-end dernier à Calgary, son parti a élu un conseil de direction rempli de lobbyistes travaillant pour certaines des plus puissantes entreprises du pays.

4 février 2026 | tiré et traduit de Breach.media

La moitié de son nouveau conseil de 20 personnes — un organe influent qui supervise les affaires internes du parti, notamment les investitures et la préparation électorale — sont des lobbyistes d'entreprises actuels ou récents, révèle une analyse des registres de lobbyisme effectuée par The Breach.

Cela n'a pas empêché le député conservateur Aaron Gunn de décrire les conservateurs comme le « parti des travailleurs canadiens ». « Nous sommes le parti des gens de métier, des travailleurs des ressources et de celles et ceux qui jettent les bases de la prospérité et du succès futurs du Canada », a-t-il déclaré dans un discours au congrès.

Mais si la composition du conseil de direction est un indicateur fiable, les conservateurs ressemblent davantage au parti des PDG, des entreprises extractives et de ceux qui pavent la voie à l'accaparement des profits et à l'explosion des inégalités.

Des membres du conseil ont fait du lobbyisme pour des entreprises pétrolières, gazières et minières, pour les grandes entreprises technologiques, les géants des télécommunications, les associations pharmaceutiques et le secteur financier.

Plusieurs des membres réélus ont continué à faire du lobbyisme auprès du gouvernement fédéral pendant leur précédent mandat de trois ans au sein du conseil, tout en bénéficiant de leur proximité avec Pierre Poilievre.

Le chef du Parti conservateur est membre de droit du conseil national et est censé assister à ses réunions, mais il a délégué sa plus proche confidente et ancienne directrice de campagne, Jenni Byrne, pour le représenter.

Byrne est elle-même à la tête d'un cabinet de lobbyisme qui a représenté des entreprises comme Loblaw et un promoteur immobilier.

Plusieurs membres nouvellement élus du conseil sont également alignés sur le mouvement fondamentaliste chrétien anti-avortement.

Cela rappelle que, malgré les efforts de Poilievre pour rebrander les conservateurs en champions anti-élites de la classe ouvrière, la machinerie interne du parti demeure profondément imbriquée dans la classe capitaliste canadienne, ainsi que dans le conservatisme social organisé.

Une porte tournante de lobbyistes d'entreprises

Parmi les membres nouvellement élus et reconduits au conseil figurent de nombreuses personnes ayant des liens étroits avec le monde des affaires canadien.

Plusieurs membres du conseil sont liés à Capital Hill Group, un important cabinet de lobbyisme d'Ottawa qui a représenté des clients allant de X Corp. (anciennement Twitter) à une entreprise européenne d'armement. Aaron Scheewe est aujourd'hui directeur général du cabinet. Wes McLean, un autre consultant de l'entreprise, continue de faire du lobbyisme aux niveaux fédéral et provincial après un passage comme député provincial au Nouveau-Brunswick (il a été déchu de ses fonctions à la suite d'une accusation de conduite avec facultés affaiblies en 2013).

Matthew Conway a auparavant travaillé pour Maple Leaf Strategies, un cabinet de lobbyisme qui a représenté des clients comme Enbridge, d'importants intérêts miniers et bancaires, ainsi que Facebook. Selon les registres fédéraux, Conway a lui-même fait du lobbyisme pour le fabricant d'armes General Dynamics aussi récemment qu'en 2024.

Anthony Matar, consultant chez Crestview Strategy, a fait du lobbyisme pour des entreprises extractives, ainsi que pour McDonald's.

D'autres entretiennent des liens tout aussi étroits avec le secteur de l'énergie. Heather Feldbusch est une ancienne lobbyiste de l'Association canadienne du gaz et est associée à Alberta Counsel, une firme qui représente des compagnies pétrolières et des promoteurs immobiliers.

Amber Ruddy, vice-présidente chez Counsel Public Affairs, continue de faire du lobbyisme pour Telus ainsi que pour des entreprises pétrolières et gazières, et compte parmi ses clients les principaux groupes de pression des secteurs technologique et pharmaceutique.

Christina Mitas, ancienne députée provinciale ontarienne, lobbyiste active et participante à des rassemblements anti-avortement, a été élue au conseil de direction du Parti conservateur.
Crédit : Christina Mitas/Instagram

Les militant·e·s anti-avortement gagnent en influence

Aux côtés des lobbyistes d'entreprises, un second bloc est devenu plus visible après le congrès de Calgary : les militant·e·s socialement conservateurs, en particulier ceux et celles liés au mouvement fondamentaliste chrétien anti-avortement.

Parmi les nouveaux membres du conseil figure Colette Stang, ancienne présidente de la Saskatchewan Pro-Life Association, qui a soutenu une législation imposant l'implication parentale lorsque des mineures demandent un avortement.

Stang a également été appuyée par RightNow, une organisation anti-avortement qui a exhorté ses partisan·e·s à « s'assurer que des pro-vie siègent aux conseils nationaux » en raison de leur « incroyable influence sur le fonctionnement du parti ».

Kinsey Schurm et Dheeraj Jha ont tous deux reçu l'appui du président de la Campaign Life Coalition, Jack Fonseca, avant le congrès.

Si ces militant·e·s ont été élus au conseil national, d'autres tentatives de l'aile anti-avortement du Parti conservateur ont échoué lors du congrès.

Une résolution visant à revenir sur l'engagement figurant dans le programme du parti selon lequel celui-ci « ne soutiendra aucune législation visant à réglementer l'avortement » n'a pas été soumise au vote à Calgary.

Lors de l'élection de 2025, Poilievre avait réaffirmé cette position, promettant qu'un gouvernement conservateur n'introduirait pas de « lois ou autres restrictions » portant atteinte « au droit d'une femme de décider de ce qu'elle souhaite faire de son corps ».

Lors de son dernier congrès, en 2023 à Québec, des membres conservateurs avaient organisé une résolution issue de la base qui aurait interdit aux lobbyistes de siéger au conseil. Elle n'a pas été adoptée, et aucune résolution de ce type n'a été présentée cette fois-ci.

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Prioriser notre santé et notre bien-être : et si on osait pour vrai ? L’APTS propose un bouclier budgétaire pour protéger le réseau public

10 février, par Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) — , ,
À l'approche du dépôt du prochain budget du Québec et dans le cadre de l'édition Agenda 2026 de sa campagne Un réseau fort : et si on osait pour vrai ?, l'Alliance du personnel (…)

À l'approche du dépôt du prochain budget du Québec et dans le cadre de l'édition Agenda 2026 de sa campagne Un réseau fort : et si on osait pour vrai ?, l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dévoile son deuxième thème de l'année : Prioriser notre santé et notre bien-être : et si on osait pour vrai ? Au cœur de cette proposition : la mise en place d'un bouclier budgétaire afin d'assurer un financement stable, prévisible et suffisant du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS).

Depuis plus de 30 ans, le Québec s'est doté de lois budgétaires parmi les plus restrictives au pays, notamment en matière d'équilibre budgétaire et de réduction de la dette. Résultat : malgré l'augmentation constante des besoins de la population, le réseau public est régulièrement soumis à des compressions qui fragilisent l'accès, la continuité et la qualité des soins et des services.

« On demande au réseau de faire toujours plus, avec toujours moins. En 2025-2026 encore, le financement accordé ne couvrait même pas l'évolution des besoins. Ce n'est pas une question de structure ; c'est un problème de priorités politiques », affirme Robert Comeau, président de l'APTS.

En février : faire de la santé une priorité non-négociable

L'APTS rappelle que le Québec traverse actuellement une troisième période d'austérité budgétaire en 30 ans, sous couvert de gestion « responsable » des finances publiques. Cette année encore, le personnel du réseau devra répondre aux besoins croissants de la population sans que le financement accordé par le ministère des Finances ne soit à la hauteur.

Pour le seul budget 2025-2026, l'APTS évalue à 1,1 G$ l'écart entre le financement réel du réseau et ce qui aurait été nécessaire pour mitiger l'impact de la croissance et du vieillissement de la population, de l'inflation et de l'évolution des pratiques cliniques. Un sous-financement qui se traduit directement par des services fragilisés, des listes d'attente qui s'allongent et une pression accrue sur le personnel.

Face à ce constat, l'APTS propose l'instauration d'un bouclier budgétaire : un cadre légal obligeant le gouvernement à financer la santé et les services sociaux à la hauteur des besoins réels de la population. Concrètement, ce bouclier repose sur trois piliers :

· l'évaluation annuelle de l'impact budgétaire de l'évolution des besoins, en tenant compte des changements démographiques, des pratiques cliniques et des projections d'inflation ;

· l'attribution de ce mandat à une instance indépendante, comme le bureau de la Vérificatrice générale ;

· l'obligation pour le ministère des Finances de rendre disponibles, à chaque budget, les sommes identifiées comme nécessaires.

« Instaurer un bouclier budgétaire, c'est envoyer un message clair : au Québec, la santé et le bien-être de la population ne sont pas des variables d'ajustement. Ce sont des priorités absolues, qui doivent être protégées contre les cycles d'austérité », souligne Émilie Charbonneau, 1re vice-présidente de l'APTS.

Et si on osait pour vrai ?

Pour l'APTS, il est temps de sortir du faux dilemme entre rigueur budgétaire et qualité des services. Si le Québec accepte depuis des décennies de se doter de règles strictes pour encadrer le déficit et la dette, il doit désormais faire preuve de la même rigueur pour protéger l'accès aux soins et aux services.

« Oser pour vrai, c'est reconnaître que la santé et le bien-être de la population méritent au minimum le même niveau de protection que les impératifs financiers. Le bouclier budgétaire est un choix politique clair, responsable et nécessaire », conclut Robert Comeau.

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115 abolitions de postes à la CNESST

10 février, par Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) — , ,
Québec, le 4 février 2026 — Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) dénonce l'intention de la CNESST d'abolir l'équivalent d'environ (…)

Québec, le 4 février 2026 — Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) dénonce l'intention de la CNESST d'abolir l'équivalent d'environ 115 postes additionnels à la CNESST dans la prochaine année. Rappelons que 250 postes avaient déjà été supprimés l'été dernier.

« C'est totalement indécent qu'on réduise encore le personnel alors que les délais ne cessent de s'allonger pour les accidentés du travail et les victimes d'actes criminels. On ne coupe pas dans de la bureaucratie, on sabre dans les services à la population. Est-ce que la CAQ aura enfin le courage de l'admettre ? », questionne Guillaume Bouvrette, président du SPGQ.

Les coupures font grimper la facture

Cette situation est d'autant plus déplorable qu'elle n'améliorera en rien les finances de l'État, puisque la CNESST est autofinancée. « Le fonctionnement de la CNESST est essentiellement payé par les employeurs. Or, les compressions allongent les délais et retardent le retour au travail des travailleurs et des travailleuses. Résultat : malgré les coupures, ça va coûter plus cher parce qu'on va devoir indemniser les gens plus longtemps », dénonce M. Bouvrette.

Plus de délais

À titre d'exemple, la durée moyenne de traitement des plaintes pour harcèlement psychologique ou sexuel est passée de 58 jours en 2022 à 95 jours en septembre 2025. Du côté de l'Indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC), qui relève aussi de la CNESST, les délais de traitement des demandes d'aide financière explosent. Ils étaient de 139 jours en septembre 2025 comparativement à 51 jours en 2022.

« Le gouvernement laisse tomber les victimes, c'est une vraie honte ! Nos membres travaillent d'arrache-pied et ils mettent leur santé à risque. C'est quand même ironique, sachant que la CNESST a déployé cet automne une campagne sur la santé psychologique », indique M. Bouvrette.

Sondage

Sondés avant la période des Fêtes, les professionnelles et professionnels de la CNESST tracent un portrait sombre des impacts des compressions.

* Près de la moitié des personnes répondantes (49 %) ont constaté une hausse des insatisfactions de la clientèle. Cette situation n'est certainement pas étrangère au fait que le quart d'entre elles ont été victimes ou témoins de manifestations de violence verbale ou physique envers le personnel.

* Quelque 38 % témoignent de l'allongement des délais pour verser des sommes à la clientèle. Dans bien des cas, cela contribue à augmenter la vulnérabilité de la clientèle, une situation constatée par environ le tiers des personnes répondantes).

* Près de 29 % des personnes répondantes ont constaté des bris de services.

Le sondage a été réalisé sur la plateforme SurveyMonkey du 27 novembre au 15 décembre 2025 auprès des membres du SPGQ. Au total, 5 182 personnes, dont 456 de la CNESST, ont rempli le questionnaire d'enquête, portant le taux de réponse à 18,2 %.

À propos du SPGQ

Le SPGQ est le plus grand syndicat de personnel professionnel du Québec. Créé en 1968, il représente plus de 34 000 spécialistes, dont environ 25 000 dans la fonction publique, 6 000 à Revenu Québec et 3 000 répartis dans les secteurs de la santé, de l'enseignement supérieur et au sein de diverses sociétés d'État.

Source
Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec

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Y’a le feu ! AGISSONS contre les féminicides MAINTENANT !

10 février, par Centre Au Cœur des Femmes de St-Jean-de-Matha — , ,
C'est l'appel à l'action spontanée lancé le 4 février par le Comité de la Brigade des rubans blancs du Centre Au Cœur des Femmes de St-Jean-de-Matha suite à l'annonce d'un 6e (…)

C'est l'appel à l'action spontanée lancé le 4 février par le Comité de la Brigade des rubans blancs du Centre Au Cœur des Femmes de St-Jean-de-Matha suite à l'annonce d'un 6e féminicide en un mois au Québec. Plusieurs personnes se sont mobilisées rapidement devant la caserne d'incendie du village de Lanaudière pour dénoncer l'inaction gouvernementale en matière de violences faites aux femmes.

Depuis le début de l'année 2026, six femmes ont été tuées par leurs partenaires ou ex-partenaires intimes en contexte de violence conjugale. Alors que les groupes de femmes appellent à l'action depuis plusieurs années face à l'augmentation des violences à leur encontre, les chiffres ne cessent d'augmenter. En 2025, il y a eu 16 féminicides au Québec.

Les manifestant·es scandaient « Stop aux féminicides ! La prochaine est encore en vie ! » en bordure de la route 131 à l'heure de pointe. « Au son des klaxons sur la route, on sent bien l'urgence d'agir de la population aussi ! », s'exclame une manifestante.

On peut lire, le même jour, dans une publication Facebook de la Coalition féministe contre la violence faite aux femmes « le Québec est confronté à une vague importante de féminicides intimes de type conjugal. Six femmes sont mortes dans un contexte de violence conjugale, et ce, en cinq semaines. Ces meurtres s'inscrivent dans une violence misogyne qui traverse et gangrène notre société. »

On a aussi pu entendre Véronique Potvin, travailleuse au Centre Au Cœur des Femmes, dire « Y'a le feu ! Il doit y avoir des actions maintenant pour lutter contre les violences faites aux femmes ! Pour que la prochaine reste en vie ! Pour que toutes les prochaines soient en sécurité ! ». L'organisme a choisi de tenir l'action devant la caserne d'incendie pour symboliser l'urgence d'agir.

Les centres de femmes, maisons d'hébergement, leurs regroupements et autres groupes communautaires et féministes partout à travers le Québec réclament, depuis des années, des investissements massifs auprès des organismes communautaires qui travaillent en prévention et en soutien aux victimes de violences. Il faut plus de maisons d'hébergement et que celles qui existent obtiennent un meilleur financement. Il faut soutenir tout le travail de prévention et d'éducation réalisé par les centres de femmes et l'ensemble des organismes communautaires pour éliminer les comportements violents et les violences systémiques genrées.

En plus d'offrir écoute, soutien et accompagnement, le Centre Au Coeur des Femmes effectue un travail de sensibilisation et de conscientisation par le biais de l'éducation populaire autonome féministe intersectionnelle (ÉPAFI) ce qui permet de trouver des moyens d'action visant la transformation sociale. Parce que oui, la violence faite aux femmes est un problème de société !

Pour reprendre les mots du Centre de femmes La mouvance de Deux-Montagnes : Tant que des femmes mourront, nous serons là pour le dénoncer !

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PL101 | Un affront à la santé et à la sécurité des femmes

10 février, par Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) — , ,
Le gouvernement caquiste est allé de l'avant avec l'adoption du projet de loi 101 en octobre 2025, contesté depuis le printemps dernier par la FIQ et d'autres syndicats en (…)

Le gouvernement caquiste est allé de l'avant avec l'adoption du projet de loi 101 en octobre 2025, contesté depuis le printemps dernier par la FIQ et d'autres syndicats en raison de ses impacts sur la santé des travailleuses. Ce projet de loi de la CAQ vient directement bafouer les droits des travailleuses du réseau public de la santé et de l'éducation en matière de santé et sécurité au travail (SST).

Comprendre le projet de loi no 101

En juillet 2020, une infirmière a subi une violente agression dans une unité de psychiatrie improvisée en Montérégie-Est. Elle a été étranglée durant de longues minutes avant l'arrivée des policiers.

Ce triste cas fait malheureusement partie du nombre croissant de lésions professionnelles chez les travailleuses de la santé et de l'éducation. Alors qu'elles ne constituent que 19,2 % de l'emploi total au Québec, ces travailleuses subissent 35,7 % de toutes les lésions professionnelles reconnues.

Face à cette donnée alarmante, la logique voudrait que le gouvernement leur offre une meilleure protection en matière de santé et sécurité au travail. Or, malgré ses promesses, c'est tout le contraire que propose le ministre du Travail Jean Boulet avec son projet de loi 101.

Le PL101 réduit de façon considérable les fonctions des comités de santé et de sécurité (CSS) et des représentantes en santé et sécurité (RSS) dans les secteurs de la santé et de l'éducation en plus de retirer les exigences de délais pour les programmes de prévention.

Le réseau de la santé étant composé de 81 % de femmes, il s'agit d'un affront à la santé et à la sécurité au travail des femmes.

Pourquoi la FIQ s'y oppose ?

Les travailleuses de la santé et des services sociaux sont parmi les plus touchées par les lésions professionnelles. En 2022, elles représentaient 13,6 % de l'emploi total, mais près de 38 % des lésions professionnelles indemnisées. Il est totalement insensé de réduire les mécanismes de prévention les touchant.

Une atteinte systémique aux droits des femmes. Ce projet de loi vient modifier et retirer certains mécanismes de prévention dans les secteurs de la santé et de l'éducation, composés à grande majorité de femmes. Cela crée une inégalité flagrante avec d'autres secteurs majoritairement masculins, comme celui de la construction, où ces protections sont maintenues.

La CAQ refuse le dialogue. La FIQ a déposé un mémoire sur le projet de loi, mais n'a pas été invitée à le présenter à la commission parlementaire chargée de l'étudier. Exclure la FIQ des consultations, c'est écarter la voix de plus de 80 000 professionnelles en soins du débat. En 2025, les travailleuses du réseau public doivent être entendues.

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Panne de courant et catalogue des inquiétudes

10 février, par Denise Campillo — , ,
Montréal, vendredi, 16:47. Panne de courant. Le ciel est encore clair, mais il faut trouver les chandelles, les lampes de poche, un gros chandail, une tuque. La maison (…)

Montréal, vendredi, 16:47. Panne de courant. Le ciel est encore clair, mais il faut trouver les chandelles, les lampes de poche, un gros chandail, une tuque. La maison refroidit vite quand il fait moins 15 dehors.

On pense à Kiev, à Gaza, on se dit que ce n'est pas si grave.

Mais l'obscurité grandissante éveille des inquiétudes de toutes sortes.

Le délire des ambitions territoriales et totalitaires de Donald Trump et de Vladimir Poutine nous rapproche-t-il d'une confrontation ? Sont-ce des bruits de bottes que nous entendons ? Ou plutôt des bourdonnements de drones ?

On parle avec enthousiasme d'augmentation des budgets de défense, de fabrication de matériel militaire, de création d'emplois dans ces domaines pointus.

Sommes-nous entrés dans le temps de la guerre ? Le capitalisme néolibéral trouve-t-il là une autre voie pour continuer sa course folle vers la fin de notre monde ? Quel est le bilan carbone de la guerre ?

Car la perspective de la guerre ne peut que conforter la mécanique de la fuite en avant économique, que renforcer les politiques de croissance, de développement infini, d'exploitation illimitée des ressources.

Pourtant, nous le savons bien, l'humanité court à sa perte si elle ne replace pas en tête de ses priorités le ralentissement du réchauffement climatique, la décroissance planifiée des activités génératrices de gaz à effet de serre, la recherche du bien commun et de l'équité.
Nous en sommes loin, au Canada et même ici au Québec, où on ne parle que de favoriser les grands projets en soutenant la construction de pipelines, l'exploitation des ressources fossiles, et même en réservant de grandes quantités d'électricité à des investissements pharaoniques qui tournent court, ou à la construction de centres de données avides
d'énergie et d'eau.

Voilà un autre sujet d'inquiétude : où nous mène le technocapitalisme sans entraves ? Les progrès technologiques, qui devraient être un outil mis au service du bien commun, sont entre les mains de quelques milliardaires l'instrument de la plus belle opération de décervelage dans l'histoire de l'humanité.

Comment garder le moral ? Par l'action, la protestation, la collaboration, l'entraide, la conscience de notre privilège de vivre ici, et de notre responsabilité à l'égard des autres humains qui souffrent plus que nous de notre gaspillage éhonté.

Par l'appel, une fois de plus, à nos élus : ouvrez les yeux, enlevez vos œillères, arrêtez de ne penser qu'en termes de profit immédiat. Même pour des comptables, voir un peu plus loin peut ouvrir des perspectives dans tous les aspects de la transition énergétique et socio-économique.

Le courant est revenu. Je vais souffler les chandelles, les économiser pour la prochaine panne ?

Denise Campillo
Montréal

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L’Erreur éolienne

10 février, par Claude Charron — , ,
Hydro-Québec veut lancer au printemps 2026 un appel d'offres pour un approvisionnement de 6 400 MW d'énergie éolienne supplémentaire. Confiée à des promoteurs privés depuis 25 (…)

Hydro-Québec veut lancer au printemps 2026 un appel d'offres pour un approvisionnement de 6 400 MW d'énergie éolienne supplémentaire. Confiée à des promoteurs privés depuis 25 ans au nom du développement régional, la filière éolienne coûte des milliards aux abonnés de la société d'État, en plus d'impacter négativement les populations riveraines.

Pas à n'importe quel prix

Contrairement à ce qu'affirme l'industrie, l'éolien coûte cher. Les 45 parcs éoliens actuels, d'une capacité de 4 000 MW, ne peuvent produire plus de 1 350 MW compte tenu d'un facteur d'utilisation (F.U.) maximal de 35%. Cette production a généré jusqu'à présent des pertes de $10 milliards, lesquelles s'élèveront à terme, en 2041, à plus de $25 milliards selon Hydro-Québec.(1) Depuis plus de dix ans, 10-15% de notre facture d'électricité sert à éponger une partie de la dette éolienne ; HQ en assume le reste en diminuant ses transferts vers le Trésor public. Cela n'est d'ailleurs pas étranger au fait que sa dette soit passée de $46 milliards à $65 milliards (+40%) au cours des 5 dernières années. Les coûts de transport et d'équilibrage ne cessent de grimper à mesure que l'énergie éolienne menace la stabilité et la sécurité du réseau. Lors des vagues de froid de janvier 2026, les éoliennes étaient à l'arrêt, obligeant HQ à puiser dans ses réserves ou à s'approvisionner à fort coût sur les marchés. Enfin, les coûts d'opportunité reflètent l'ampleur des pertes : des milliards qui pourraient servir à réparer nos infrastructures qui tombent en ruine (hôpitaux, écoles, routes, etc.) ou à dépolluer nos cours d'eau.

Le gouvernement et HQ affirment que l'appel d'offres contribuera à rapprocher la production des centres de consommation et donc à en réduire les coûts. Pourtant le facteur d'utilisation dans les régions agricoles n'est que de 20-25% comparativement à plus de 35% pour les meilleurs gisements éoliens déjà identifiés (Baie-James, Côte-Nord, etc.), qui présentent en plus des économies d'échelle importantes. Encore faut-il en démontrer la nécessité et l'acceptabilité sociale... Depuis longtemps réclamée, la propriété publique de l'énergie éolienne permettrait de renouer avec la nationalisation de l'électricité pour assurer de nouveau la cohésion et la prospérité collective, contrairement à la formule actuelle, qui génère une dette profitant exclusivement aux promoteurs privés.

HQ et la CAQ tentent de justifier cet appel d'offres en arguant d'une pénurie d'énergie. Si pénurie il y a, pourquoi signe-t-on avec le Massachusetts et New-York des contrats de livraison totalisant 20 TWh/année, soit l'équivalent de la production combinée de tout le parc éolien québécois et du barrage La Romaine, et cela à un prix inférieur au prix de revient total de l'éolien ? Nous payons ainsi plus cher notre électricité pour que les Américains puissent continuer de consommer à rabais pendant que des entreprises québécoises réclament une partie de cette énergie pour se développer. De plus, HQ se dit prête à octroyer d'importants blocs d'énergie à des compagnies étrangères pour produire de l'hydrogène à un coût sept fois plus élevé que l'hydro-électricité. (TES, Hy2gen)

L'appel d'offres fait également miroiter d'alléchantes redevances aux municipalités, sous réserve d'une participation financière du milieu. Les riverains, eux, dénoncent plutôt une tentative d'acheter l'acceptabilité sociale. Une étude menée par l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques, l'IRIS, (2) conclut pourtant que le jeu n'en vaut pas la chandelle. Ces redevances, sauf exceptions, ont peu d'impact sur le budget municipal et entrent en contradiction directe avec les intérêts des citoyens, qui financent ce transfert de richesse par une hausse de leur facture d'électricité. La création d'un Fonds National Éolien permettrait de combler les besoins des municipalités en situation précaire. Il n'est pas normal de perdre de l'argent en confiant à l'entreprise privée le vent, une richesse collective au même titre que l'eau des barrages. Le rôle de nos élus n'est pas de promouvoir, de financer et d'imposer des projets diviseurs et coûteux.

Pas n'importe où

De la frontière américaine jusqu'à Lotbinière, l'appel d'offres cible les terres les plus productives de la vallée du Saint-Laurent, dans des régions habitées de façon extensive. L'Union des producteurs agricoles (UPA-Montérégie) a dénoncé cette pratique comme étant incompatible avec la priorité stratégique du gouvernement d'accroître l'autonomie alimentaire (Politique bioalimentaire 2025-2035). La Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) a également rendu une décision défavorable au promoteur éolien dans le projet des Jardins de Napierville vu son emprise sur le territoire agricole qui ne représente que 2% du territoire québécois. Les éoliennes industrielles projetées (6-7 MW) culminent à plus de 200 mètres (660 pieds, plus haut que la Place Ville-Marie) et sont visibles à plus de 30 km, sans aucune mesure d'atténuation possible. L'effet d'encerclement, l'effet d'écrasement et la covisibilité de ces projets sont autant de situations menaçantes pour les riverains, qui voient les paysages auxquels ils s'identifient disparaître sous les turbines. Pour ajouter à la balafre paysagère, des milliers de kilomètres de nouvelles lignes de transport seraient nécessaires pour transporter cette énergie, transformant ainsi des milieux de vie de qualité en une vaste zone industrielle. De surcroît, le bruit généré par les éoliennes de grande puissance voyage plus loin, en plus de multiplier la production d'infrasons aux effets délétères pour l'homme et les animaux. Pourtant, les distances minimales de protection, déjà insuffisantes pour les éoliennes de 2 MW, restent pratiquement inchangées. Quant aux impacts psycho-sociaux, majeurs et accablants, ils ne sont pas non plus pris en compte dans les études environnementales, une triste réalité rencontrée dans plusieurs communautés aux prises avec des éoliennes industrielles. C'est donc en toute connaissance de cause qu'Hydro-Québec privilégie un scénario catastrophe : voisins qui ne se parlent plus, familles déchirées, amitiés brisées, élus divisés, commerces boycottés... ; même les enfants s'insultent dans les cours d'école. Et que dire de cette autre source de stress que constitue la dévaluation marchande des résidences ? À la question « Habiteriez-vous à moins de 2 km d'une ou de plusieurs éoliennes de 200 mètres de haut ? », la municipalité de Kingsey Falls, fief des frères Lemaire, fondateurs de Boralex, le promoteur éolien qui se vantait de ne pas implanter d'éoliennes en milieu habité, la MRC de Memphrémagog et ses grosses fortunes rassemblées autour du lac, et la famille Desmarais, propriétaire du Domaine Sagard dans Charlevoix, ont toutes répondu non.

Les MRC arguent qu'elles n'ont pas le choix de tenir compte des orientations gouvernementales visant à favoriser la transition énergétique. Quand le territoire devient méconnaissable, que la communauté s'entredéchire et perd son âme, la principale préoccupation de nos élus doit être de rétablir la cohésion sociale et d'appliquer le premier principe de la Loi sur le développement durable : « la protection et l'amélioration de la santé et de la qualité de vie ».

Pas n'importe comment

Des dizaines de lobbyistes de l'éolien investissent tous les paliers de gouvernement, occupant plus de 95% de l'espace décisionnel qui échappe au simple citoyen. Pour définir ce qui est bon pour leurs citoyens, les élus font ainsi confiance à des personnes pour qui le profit est le motif principal. Les promoteurs exigent des conseils municipaux un cadre légal calqué sur leurs besoins. Les MRC créent et intègrent des régies privées qui utilisent la richesse foncière des citoyens pour financer des projets éoliens, sans mandat de la population, sans information, sans consultation. Sourdes aux doléances de leurs citoyens, les municipalités se placent dans une position de soumission contraire à la recherche constante de l'intérêt public. Elles s'en remettent exclusivement au discours des promoteurs et à la politique de l'État, qui a érigé l'éolien en dogme. « La filière éolienne démontre que l'État a mis tout son poids afin de s'assurer de trouver la formule la plus flexible et implacable pour forcer l'implantation d'une production privée d'énergie renouvelable au Québec. Le citoyen se trouve ainsi éjecté du triangle de la justice négociée entre les trois parties que sont l'État, la municipalité et le promoteur, ce qui remet en question les fondements mêmes de la démocratie municipale. » (3)

Plusieurs mauvaises décisions du gouvernement actuel ont miné sa crédibilité. La vision affairiste et productiviste des élus en place s'est incrustée jusqu'au sein de la direction d'HQ, créant un problème de gouvernance. À preuve les nombreux pdg qui ont récemment quitté la direction d'HQ, la dette qui explose, les pannes qui se multiplient, nos ressources bradées à vil prix. HQ nous expose non seulement à un fiasco environnemental et à un élargissement du gouffre financier, mais à un drame humain inacceptable. L'éolien a certes une place dans le bouquet énergétique du Québec, mais pas à n'importe quel prix, n'importe où et n'importe comment.

Un moratoire immédiat sur l'éolien s'impose. Une transition énergétique réfléchie ne peut être ni bousculée, ni enfoncée dans la gorge des citoyens. Autant le Québec a besoin d'une nouvelle direction politique, autant il a besoin d'une consultation élargie sur son avenir énergétique (PGIRE, BAPE générique, etc.) afin de faire des choix éclairés qui tiennent compte des aspirations, des valeurs et des besoins de ses citoyens.

Nous voulons que nos enfants grandissent dans un milieu de vie accueillant, qu'ils souhaitent y demeurer et qu'ils n'aient pas un jour à nous dire : « Ne prétendez pas que vous ne saviez-pas. »

Claude Charron, comité des riverains des éoliennes de L'Érable (CRÉÉ)
Membre de Vent d'élus

(1)Michel Morin, $23 milliards sur 25 ans pour l'éolien déjà en place, JDM, 9 avril 2016
Pierre Couture, $2.7 milliards pour brancher les éoliennes au réseau d'Hydro-Québec, TVA Nouvelles, 28 novembre 2018,
(2) IRIS, Énergie éolienne au Québec : une filière en manque de planification et de transparence, 26 novembre 2025
(3) Marie -Claude Prémont, La justice négociée de l'énergie éolienne au Québec, Cahiers de droit, juin 2019, page 365

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Consultation sur le PL1

10 février, par Climat Québec — , ,
Climat Québec dénonce la constitution provincialiste de la CAQ qui deviendrait une reconnaissance, de facto, de la Constitution canadienne Québec, le mercredi le 4 février (…)

Climat Québec dénonce la constitution provincialiste de la CAQ qui deviendrait une reconnaissance, de facto, de la Constitution canadienne

Québec, le mercredi le 4 février 2026 — Climat Québec a présenté aujourd'hui son mémoire sur le projet de loi 1 du ministre Jolin-Barrette de la CAQ, portant sur la Constitution de la province du Québec. Martine Ouellet, cheffe de Climat Québec, accompagnée de Marie-Claude Archambault et Jean Cloutier, ont pris part aux travaux de la commission parlementaire.

Traitement discriminatoire lors des consultations parlementaires

D'entrée de jeu, Climat Québec dénonce le traitement discriminatoire réservé par la commission à certains intervenants. Pourquoi Climat Québec n'a-t-il pas bénéficié d'une plage complète de 30 minutes, comme plusieurs autres groupes ? Pourquoi le parti avait-il été jumelé, sans son consentement, à un autre parti avec lequel il ne partage ni la vision ni l'analyse. Il a fallu des démarches répétées pour éviter cette association. Sur quels critères objectifs la commission se base-t-elle pour décider qui mérite plus de temps de parole et qui en mérite moins ? Est-ce que les élus des partis siégeant à l'Assemblée nationale utiliseraient leur pouvoir pour minimiser voire bloquer l'espace parlementaire aux partis émergents pour freiner la concurrence ? Ces pratiques fragilisent la qualité du débat démocratique et la crédibilité des consultations.

Une constitution provinciale juridiquement subordonnée

Sur le fond, Climat Québec a rappelé un élément central largement occulté dans le débat public : pour être légale, une constitution provinciale doit être compatible avec la Constitution canadienne. Ainsi, l'adoption d'une constitution de la province du Québec équivaut implicitement à reconnaître la Constitution canadienne, un geste politique majeur qu'aucun gouvernement du Québec n'a posé jusqu'à présent, tous partis confondus.

« Le projet de loi 1 pose un geste lourd de conséquences. En adoptant une constitution provinciale, le gouvernement reconnaît de facto la Constitution canadienne, sans jamais l'assumer clairement. Pour Climat Québec, c'est une entourloupe dangereuse pour l'avenir de la libération du Québec. » a déclaré Martine Ouellet, cheffe de Climat Québec.


Une constitution en 2026 ne peut ignorer la crise climatique

« En 2026, une constitution qui ne reconnaît pas explicitement la crise climatique passe à côté de sa responsabilité première : protéger l'avenir collectif. Inscrire la lutte aux changements climatiques dans la constitution, c'est donner une boussole claire à l'État pour toutes ses décisions. » a déclaré pour sa part Marie-Claude Archambault

Climat Québec a également insisté sur un enjeu incontournable : une constitution adoptée en 2026 ne peut faire abstraction du dérèglement climatique. Cette crise est une réalité tangible. S'il est trop tard pour l'empêcher, il est encore possible d'éviter le pire, à condition d'agir maintenant. À l'instar de nombreuses organisations signataires d'une lettre ouverte, Climat Québec a inscrit explicitement cette responsabilité dans son Projet de Constitution initiale et transitoire de la République du Québec.

L'article 29 y stipule que :

« Le gouvernement et l'Assemblée nationale doivent favoriser la réduction de la crise climatique, la pérennité du vivant et le maintien de la biodiversité lors de leurs prises de décision. »

En conclusion, Climat Québec réaffirme que le Québec mérite mieux qu'une constitution provinciale juridiquement subordonnée au Canada. Le parti propose une démarche en trois période : un Projet de Constitution initiale et transitoire de la République du Québec, assumé et cohérent, qui place la démocratie, le bien commun et la responsabilité climatique au cœur de l'action publique, voté à l'Assemblée nationale. Une Assemblée constituante indépendante parcourant toutes les régions du Québec pour élaborer la Constitution définitive et permanente de la République du Québec ; Une Constitution définitive et permanente de la République du Québec, soumise au peuple par référendum.


À propos de Climat Québec : Climat Québec est un parti politique indépendantiste dédié à la justice climatique qui propose que l'État de la République du Québec prenne toutes ses décisions à travers le prisme du climat dans une perspective d'équité sociale et économique.

Hyperlien :Mémoire de Climat Québec sur le PL1 sur la Constitution de la province du Québec soumis à la Commission des institutions.

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La complainte de l’illustre inconnu qui fait écran à la mobilisation sociale

10 février, par Marie-Ève Mathieu — , ,
Le CAP écologique (comité d'action politique) de QS entend proposer une motion d'urgence, reproduite ici en fin de texte, lors du prochain CN (conseil national) qui aura lieu (…)

Le CAP écologique (comité d'action politique) de QS entend proposer une motion d'urgence, reproduite ici en fin de texte, lors du prochain CN (conseil national) qui aura lieu le 21 février prochain. Le but est d'infléchir le cours de la discussion durant une des rares instances regroupant un nombre important de membres du parti.

Pour les lecteurs et lectrices qui sont moins familiers avec les structures, le Conseil national se tenait traditionnellement en alternance avec le congrès se réunissant généralement aux deux ans. Si un congrès pouvait permettre la rencontre de plus de cinq cents personnes, le conseil, quant à lui, avait des visées plus modestes et pouvait en réunir environ la moitié. Depuis la réforme des statuts qui a lieu en novembre 24, on tient les conseils nationaux en ligne et avec un nombre encore plus restreint de membres délégués.

Le prochain CN de février devrait recevoir, si tout va bien, une centaine de personnes. On aura droit à un mot du comité d'éthique, au discours des porte-paroles, au rapport du comité de coordination central (CCN), de l'aile parlementaire et finalement du comité électoral. Le premier moment où on pourra entendre la parole venant de la base commence à 14h. Il s'agit d'un vague atelier sur la conjoncture. Et le seul vote que l'on tiendra concerne le bloc 1 sur les cibles de représentativité des candidatures. Il y sera demandé que l'on autorise une exception à une décision de prioriser les femmes et les personnes non binaires pour donner Gouin à une vedette inconnue. Quel oxymore renversant ! On demande aux membres un chèque en blanc, car si le membre ordinaire est laissé dans l'ignorance, le comité électoral, lui, a tout réfléchi. Comprenez, ce monsieur doit mettre sa vie entre parenthèses, c'est pour cela qu'il a besoin d'un château fort, sinon sa carrière pourrait en souffrir. Si ce n'est pas une gifle à toutes les femmes qui se sont présentées en 2022, je ne sais pas ce que c'est. Ces femmes étaient infirmières, médecins, professeures, avocates, entre autres. Ce n'étaient pas des carrières assez prestigieuses ? Et, le parti compte refaire le pari Marissal ?

Cette base qui, depuis 2006, posait les pancartes, faisait les téléphones et le porte-à-porte et qui, aussi, contribuait au financement en donnant son 100$, en plus de son temps et de bonne volonté.
Depuis Saguenay, il est de bon ton de nous peindre comme des récalcitrants ou de nous diminuer comme faisant partie d'une franche extrémiste. Parmi ces « radicaux » se trouvent des membres fondateurs qui ont donné 20 ans de militance au parti pour se rendre compte que des postures traditionnelles de la gauche, comme de vouloir contrôler ses ressources premières, protéger l'environnement, miser sur le transport collectif et défendre une véritable égalité entre les genres sont devenues des anathèmes. Ils et elles n'ont pas changé de posture, c'est simplement que la course vers la respectabilité électoraliste, censée nous permettre de gagner tellement de sièges, a déplacé tout le parti plus à droite.

Donc, la tentative de faire voter la motion d'urgence cherche à recréer un semblant de discussion entre les membres, mais surtout de permettre de renouer avec ce qui préoccupe les mouvements sociaux. Cette motion a été écrite en parallèle de celle que vient de se voter le conseil central du Montréal métropolitain de la CSN. La leur comprend deux parties, d'abord une lutte contre les projets de lois autoritaires et antisyndicales (la loi 1, 3, 7, 9, entre autres), ensuite, une demande de réinvestissement massif dans le filet social. Celle du CAP écologiste touche la question des lois liberticides. Il est à noter que le conseil central va plus loin que nous dans ses revendications. Nous sommes conscients du fossé qui le sépare des positions présentes de QS, lequel n'a demandé que le retrait de la loi 1 et aimerait qu'on gèle les augmentations de loyer au niveau de l'inflation et qu'on détaxe les produits d'hygiène. Avec les économies sur le savon, je pense que je vais pouvoir m'acheter un capuccino.

Si les syndicats se lancent dans une démarche de grève sociale pour défendre les droits des travailleurs et des travailleuses, leur liberté d'association, voire leur liberté d'expression, nous devons les appuyer. C'est à côté d'eux qu'il faut se tenir, bien plus que dans les couloirs de l'Assemblée nationale où nous n'arrivons pas à faire des gains signifiants devant une CAQ encore fortement majoritaire.

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Proposition du COCO du CAP ÉCOLOGISTE.

1. Proposition d'urgence : Pour une campagne nationale de Québec solidaire contre les lois liberticides du gouvernement Legault
a. ATTENDU QUE :
i. Depuis 2025, le gouvernement de la Coalition avenir Québec a multiplié les lois et projets de loi portant atteinte aux droits fondamentaux, notamment : le projet de loi 1, dit « loi constitutionnelle », qui vise à affaiblir les contre-pouvoirs juridiques et à restreindre la capacité de contestation démocratique ; les projets de loi 3 et 9, qui s'attaquent directement au droit syndical, à l'autonomie des organisations des travailleuses et des travailleurs ainsi qu'au droit de grève ; les réformes touchant l'intégration et l'immigration, qui renforcent une logique coercitive et assimilationniste au détriment des droits des personnes migrantes ;
ii. Face à cette offensive, une mobilisation sociale réelle s'est développée, notamment par l'action des syndicats, des regroupements communautaires, des organisations féministes, écologistes et de défense des droits. Celle-ci s'est concrétisée par la grande manifestation du 29 novembre réunissant plus de 50 000 personnes, ainsi que par l'émergence d'appels à une escalade des moyens de pression, incluant la perspective d'une grève sociale ;
iii. Dans le contexte actuel, l'absence d'une initiative politique claire de Québec solidaire risquerait de laisser le terrain à la droite, à la démobilisation ou à la récupération institutionnelle du mécontentement social ;
iv. Le renforcement de la crédibilité de Québec solidaire passe par son implication dans un soutien actif aux luttes de la majorité populaire contre les lois liberticides du gouvernement Legault ;
v. Québec solidaire a un rôle unique à jouer pour relier les mobilisations sociales à une alternative politique crédible, sans se substituer aux mouvements, mais en amplifiant leur portée et en contribuant à faire reculer le gouvernement ;
vi. Cette implication concrète dans les luttes sociales constitue un instrument essentiel pour permettre à Québec solidaire d'élargir ses appuis électoraux.
b. IL EST PROPOSÉ QUE QUÉBEC SOLIDAIRE :
i. Lance une campagne nationale contre les lois liberticides du gouvernement Legault. Cette campagne visera la dénonciation du virage autoritaire du gouvernement de la CAQ et le retrait complet des lois liberticides (PL 1, PL 3, PL 7 et PL 9). Elle permettra à Québec solidaire de s'inscrire activement dans la construction d'un front social et populaire de résistance pour la défense des droits collectifs. Elle positionnera Québec solidaire comme le pôle politique de la résistance sociale et démocratique face aux politiques autoritaires et antisyndicales du gouvernement Legault.

La bestialité coloniale en Algérie !

10 février, par Omar Haddadou — , , ,
Que le lecteur (trice) m'absolve de circonscrire cet écrit, pondu promptement, et lui conférer le caractère d'un commentaire, un ressenti émanant de mon for intérieur. Que (…)

Que le lecteur (trice) m'absolve de circonscrire cet écrit, pondu promptement, et lui conférer le caractère d'un commentaire, un ressenti émanant de mon for intérieur. Que suggèrent ces 2 photo-archives poignantes, prises pendant la guerre d'Algérie 1954-1962 ?

De Paris, Omar HADDADOU

Gardons-nous de revenir sur les tenants et les aboutissants de la violence de cette guerre que d'aucuns continuent à qualifier abjectement « d'Evénements ». Si tel est le cas, les Historiens logeraient alors les barbaries du Nazisme en France (1939-1945) à la même enseigne ! Anthropologiquement, l'Homme persécuté se mue toujours en oppresseur, colon prédateur, despote insatiable, une fois affranchi du joug qui le condamnait auparavant à l'asservissement.

Revenons à ces photos !
On y voit, sur la première, un jeune algérien torse nu (On aurait dit Marlon Brando) ligoté comme une bête sauvage par des Parachutistes français, fiers d'exhiber leur proie aux photographes. Indéniablement, c'est séquence passage à tabac pour lui faire cracher le morceau. Car une bataille urbaine ne se gagne que par l'efficacité d'un Service de Renseignements agissant.

Le Résistant (e) obéit à la logique de la lutte contre l'envahisseur. L'Envahisseur aux dispositions de la colonisation ! Dont la torture pratiquée en Algérie avec ignominie. Le captif est sommé par le Front de Libération Nationale (FLN) de ne pas passer aux aveux au minimum 24 heures après sa chute.

Cela permet au Réseau clandestin de disparaitre dans la nature. Les tortionnaires que l'on voit sur la photo le savent et n'hésitent pas à passer à la vitesse supérieure par des méthodes épouvantables pour lui tirer les vers du nez.

En Algérie, dans chaque immeuble, il y a des mémoires vivantes qui vous racontent cette horreur ! Des voisins (es) portent encore les cicatrices de la torture. Il suffit d'exhumer le contexte pour qu'ils vous exhibent la traçabilité de l'atrocité.

Sur ce support historique poussiéreux en noir et blanc, il y a le Donneur d'ordres et les Exécutants de la sale besogne. Le chef n'a pas jugé utile de se mettre en face le photographe. Il est conscient de l'ignominie dont il est l'artisan. Une protection contre son intégrité physique ? Un cas de conscience ? Ce qui demeure patent, est le fait qu'il Il torture un mortel, lui le mortel !

Sa posture de Cowboy suffisant rappelle fidèlement celle des SS dans la même circonstance. Le jeune conscrit qui se trouve derrière, scrute le sol, méditatif, refusant de cautionner la cruauté. Ce pays où les gens s'abreuvent des vertus psychologiques vivifiantes du soleil, de la mer et du paysage, n'est pas le sien ! Il s'y trouve embaqué pour trucider sa population et baliser la campagne de domination et de spoliation.

La deuxième photo est l'indice imprescriptible par excellence de « la civilisation » introduite en Algérie par la France. En la considérant, on comprend pourquoi elle se garde de regarder son passé colonial en face. La Gégène ! Phonétiquement, ça donne déjà des frissons.

Le Peuple algérien d'alors l'a subie ! Son évocation est déjà un trépas ! Une abomination de la culture occidentale que les médias français et les Politiques éludent, tant elle est infamante ! Une métastase dans la République !

La boite qui fait souffrir le sujet par une forte décharge électrique. Le corps de la victime bien ligoté, les bourreaux l'incrustent dans le creux des pneus, faisant office de bassin, et déclenchent la Gégène !
A y voir de plus près, le Parachutiste ployé au milieu de la chambre semble se délecter de la prise de photo. Son regard traduit sa volonté à se mettre fièrement en évidence et à immortaliser ce moment de persécution et de domination. Les photos de ces péripéties sinistres, comme des milliers d'autres, ne figureront jamais dans les manuels scolaires des enfants en Hexagone.

Je pensais que la grandeur d'une Nation est celle qui se consigne avec ses gloires et ses tares !
Voilà un avant-goût des « bienfaits » du colonialisme français en Algérie.
O.H

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Le fantôme de Hannah Arendt peut-il nous aider à comprendre ce qui se passe avec Mister Cheetos Univers ? Quelques extraits ici et là.

10 février, par Marc Simard
Probablement pas en ce qui concerne la psychologie du personnage. Cependant, son œuvre peut nous permettre de questionner notre manière de comprendre le totalitarisme du 20e (…)

Probablement pas en ce qui concerne la psychologie du personnage. Cependant, son œuvre peut nous permettre de questionner notre manière de comprendre le totalitarisme du 20e siècle et, qui sait, peut-être celui du 21e siècle. Commençons par quelques points. Pour Arendt, le système totalitaire (…)

Allemagne - Siemens Energy : une déléguée du personnel indésirable

Le Conseil du travail de Nuremberg aurait dû se prononcer dès le 9 janvier sur une injonction provisoire qui aurait permis à Isabella Paape, déléguée du personnel et membre du (…)

Le Conseil du travail de Nuremberg aurait dû se prononcer dès le 9 janvier sur une injonction provisoire qui aurait permis à Isabella Paape, déléguée du personnel et membre du syndicat IG Metall, d'accéder à nouveau aux locaux de l'entreprise et à l'intranet. Elle avait été licenciée sans préavis en novembre, sans motif, et s'était vu interdire l'accès à l'entreprise.

3 février 2026 | tiré d'Inprecor.fr

De toute évidence, l'approche des élections professionnelles n'y est pas pour rien, tout comme la volonté de jouer la montre : sans accès aux locaux de l'entreprise, Mme Paape ne peut mener une campagne efficace pour les élections du comité d'entreprise du 3 mars chez Siemens Energy Global GmbH à Erlangen.

Si elle devait attendre que son recours contre son licenciement abusif soit examiné, dont l'audience de conciliation est prévue début février, une grande partie de la campagne électorale serait déjà terminée. « Je serais de fait exclue de la campagne électorale au sein de l'entreprise », explique la tête de liste « Gemeinsam aktiv » (Actifs ensemble). Son affaire donne déjà le ton pour les élections nationales des comités d'entreprise, qui doivent avoir lieu entre mars et mai 2026.

Le juge du tribunal du travail s'était déclaré en arrêt maladie le 9 janvier, mais avait auparavant proposé un accord à l'amiable, que Isabella Paape et son avocat avaient toutefois refusé, car il n'apportait guère d'amélioration par rapport à la situation actuelle. Le 15 janvier, le tribunal du travail a finalement donné partiellement raison à Isabella Paape. Jusqu'au 5 mars, Siemens doit lui permettre à nouveau d'accéder à l'entreprise les jours ouvrables entre 11 h et 14 h sur les sites d'Erlangen et de Forchheim. « Je je suis très heureuse de pouvoir à nouveau parler en personne avec mes collègues au sein de l'entreprise », déclare Isabella Paape.

Toutefois, elle ne bénéficie pas encore d'une égalité totale de traitement elle n'est toujours pas autorisée à utiliser les moyens de communication numériques de l'entreprise. Sur des sites comme Erlangen, cela représente un inconvénient majeur, car moins d'un tiers des salarié.e.s sont régulièrement présents au bureau, les autres travaillent à domicile ou sont en déplacement à travers le monde. Mme Paape a donc décidé de déposer un recours auprès du tribunal régional du travail par l'intermédiaire de son avocat.

Une sanction ?

Isabella Paape, qui travaille chez Siemens depuis 2002 et militait activement au sein du comité d'entreprise et du syndicat sur le site d'Erlangen, qui compte plus de 7 000 salarié·e·s, a reçu mi-novembre son deuxième congédiement sans préavis, sans qu'aucune raison concrète ne lui soit donnée.

Elle a dû rendre ses outils de travail, tels que son ordinateur portable et son téléphone professionnel, et s'est vu interdire l'accès à l'entreprise. Elle avait déjà reçu un premier avis de licenciement en juin 2025. Cependant, le comité d'entreprise n'ayant pas donné son accord à ce licenciement, la direction n'a pas poursuivi sa démarche. Siemens aurait dû saisir le tribunal du travail afin de substituer à l'opposition du comité d'entreprise une décision d'approbation du tribunal. Mais l''affaire aurait alors été rendue publique.

Ce n'est qu'en novembre que le deuxième licenciement sans préavis d'Isabella Paape a reçu une l'approbation du comité d'entreprise. La question de savoir si le comité d'entreprise a été consulté dans les règles n'est apparemment pas encore tranchée. À ce jour, Isabella Paape n'a toujours pas été informée des motifs de son licenciement.

Motif de licenciement inconnu

I.Paape et ses nombreux soutiens reprochent à l'entreprise de vouloir la réduire au silence en raison de son implication au sein du comité d'entreprise et de son engagement critique au sein de l'entreprise.

I.Paape est membre du comité d'entreprise depuis plus de dix ans. En 2022, elle a lancé la liste syndicale « Gemeinsam aktiv » (Actifs ensemble) pour les élections au comité d'entreprise qui a remporté deux sièges dès le premier tour. Depuis, ces élu·es se sont imposé·es par leur sérieux et leur compétence comme des représentant.e.s à l'écoute des préoccupations des travailleuses et des travailleurs. Ils ont par exemple obtenu que le montant de la prime de rendement soit nettement revu à la hausse, ce qui a permis à nombre de salarié.es de toucher davantage d'argent. Avec des événements en ligne, des consultations des collègues et via l'intranet, la liste a su s'imposer auprès du personnel et pourrait remporter d'autres sièges encore au comité d'entreprise lors des prochaines élections en mars.

Est-ce pour cette raison qu'Isabella Paape a été licenciée ? « À notre connaissance, aucun incident ne justifie objectivement une mesure aussi extrême », déclarent ses collègues de la liste. « Nous considérons donc ce licenciement comme une attaque contre le travail engagé du comité d'entreprise et comme une tentative d'affaiblir les voix critiques et actives au sein de cette instance. »

MCis comme certains membres du comité d'entreprise du site d'Erlangen ont manifestement approuvé la demande de licenciement présentée par l'employeur, les voix critiques qualifient ces derniers de « jaunes » qui ont préféré défendre les intérêts de la direction plutôt que de représenter de manière indépendante les intérêts des salariés.

Le fait qu'un comité d'entreprise approuve le licenciement de l'un de ses propres membres sans en exposer les raisons de manière transparente et sans les soumettre à un examen public est considéré dans les milieux syndicaux comme une violation du principe de solidarité. Dans sa prise de position sur cette affaire, le syndicat GEW (éducation et sciences) d'Erlangen dénonce une « attitude contraire à la solidarité et juridiquement contestable ».

Solidarité

Le GEW a déjà condamné publiquement ce licenciement fin novembre, y voyant un « coup porté à ceux et celles, qui sont la grande majorité, qui n'ont rien d'autre à vendre pour gagner leur vie que leur force de travail ».

Une pétition a également été lancée dans le but de faire annuler ce licenciement et de permettre à Isabella Paape de se présenter aux prochaines élections du comité d'entreprise. La fédération régionale du DGB de Moyenne-Franconie lui a emboîté le pas début décembre. Estimant notamment que « certaines dispositions importantes régissant la cogestion n'avaient pas été correctement appliquées », elle a exigé « l'annulation immédiate du licenciement sans préavis d'Isabella Paape ». Mi-décembre, le syndicat IG Metall Erlangen a suivi le mouvement après un vote unanime de son assemblée des délégué·es et a « instamment appelé les parties concernées à respecter les dispositions légales ».

Malgré son licenciement, Mme Paape a finalement confirmé fin décembre sa nouvelle candidature au comité d'entreprise et se présente en tête de liste. « Même dans des conditions difficiles, nous continuerons à travailler activement sur les questions qui préoccupent beaucoup d'entre nous au quotidien, qu'il s'agisse de la garantir la rémunération tarifaire prévue par la convention collective, de l'augmentation de la charge de travail, des questions relatives au temps partiel pour les salarié.e.s âgé.s. et au régime de retraite complémentaire de l'entreprise, ou encore de la pérennité des sites et des réorganisations », explique la liste « Gemeinsam aktiv » (Actifs ensemble).

« Notre mobilisation », ajoutent les autres membres de la liste, « suscite de plus en plus l'attention des médias ». Selon eux, de nombreuses personnes, tant au sein de Siemens Energy qu'à l'extérieur, « observent attentivement ce qui se passe et comment la direction réagit face à un comité d'entreprise critique et mobilisé. Cela nous encourage à continuer dans cette voie ». Cependant, le harcèlement dont Isabella Paape est victime de la part du comité d'entreprise intimide beaucoup d'autres collègues. « S'ils parviennent à la licencier, plus personne n'osera ouvrir la bouche ici », pronostique l'élue au comité d'entreprise.

Pour signer la pétition : www.openpetition.de/petition/online/betriebsraetin-isabella-paape-kuend….

Publié le 1er février 2026 par Sozialistische Zeitung, traduit pour ESSF par pierre Vandevoorde.

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Lancement du Journal d’Alter, présentation des stagiaires 2026 et de deux correspondant.es à l’étranger

10 février, par Ronald Cameron — , ,
Le 29 janvier dernier avait lieu le lancement de la nouvelle signature du Journal d'Alter, de son bulletin les Actus d'Alter et de la présentation de sa page. Une vingtaine de (…)

Le 29 janvier dernier avait lieu le lancement de la nouvelle signature du Journal d'Alter, de son bulletin les Actus d'Alter et de la présentation de sa page. Une vingtaine de personnes, dont plusieurs stagiaires de l'hiver-printemps 2026, et aussi des anciennes de 2023, de 2024 et de 2025, étaient au rendez-vous.

Le défi est important dans la période qui vient pour le Journal d'Alter. Le financement est un enjeu de premier plan et nous allons compter sur votre soutien pour réussir à le relever.

Nous avons également annoncé l'heureuse collaboration de Martin Godon, professeur de philosophie à la retraite du cégep du Vieux Montréal et qui a enseigné aussi en communication, qui sera en soutien à la rédaction.

Pour l'occasion, nous avons présenté trois petits vidéos, la correspondante à Beyrouth, Amélie David, le correspondant de Dakar, Serigne Sarr, ainsi que la présentation de l'équipe actuelle de stagiaires. Vous les trouverez ci-dessous (vidéo).

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Vida. Journal de la peur

10 février, par Nicholas Dawson — , ,
Vida. Journal de la peur Nicholas Dawson | récit Parution le 10 février 2026 au Québec Parution le 3 avril 2026 en Europe **** « Un partage courageux dont les élans (…)

Vida. Journal de la peur
Nicholas Dawson | récit
Parution le 10 février 2026 au Québec
Parution le 3 avril 2026 en Europe

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« Un partage courageux dont les élans d'intimité ne prétendent pas à l'universel, mais célèbrent plutôt la singularité de chacune des histoires qui nous constituent, pour mieux embrasser les multitudes dans lesquelles existent l'injustice, la peur, l'amitié, la mort, mais surtout la vie. » Anne-Frédérique Hébert-Dolbec, Le Devoir

En couverture :
Un chant peut traverser l'océan. 09, Leila Zelli
Encre, graphite aquarelle, crayon de couleur, estampe
[avec les mots « femme, vie, liberté » en persan]

Montréal, 16 juillet 2022. Première entrée dans le journal de l'écrivain Nicholas Dawson. Un journal qui l'accompagnera durant les deux dernières années de la vie de sa sœur Caroline, brutalement emportée par le cancer. Quels mots pour appréhender la peur, pour canaliser l'effroi, pour célébrer la vie ? Au cœur d'une expérience de maladie et de mort, Vida redit la liberté d'une écrivaine partie trop tôt, et la force du lien qui l'unit à son frère.

« Je décide aujourd'hui de raconter ce petit récit de ma peur, parce que Caroline, dans un acte de partage courageux et féministe, a rendu sa maladie publique pour inviter les autres à faire partie de son histoire. Ce faisant, elle nous a invité·es à notre tour à raconter nos histoires, qu'elles soient de maladie, de peur, de mort ou de deuil, aussi bien que de joies et de fêtes, pour sortir coûte que coûte d'un silence qui serait, d'après ses dires, un silence de mort. »

Né au Chili et établi à Tiohtià:ke (Montréal), Nicholas Dawson est écrivain, commissaire, chercheur et directeur littéraire des éditions Triptyque. Il a notamment fait paraître Vueltas. Affects diasporiques (Nota Bene, 2025), Peur pietà (Noroît, 2024) et Désormais, ma demeure (Triptyque, 2020), lauréat du Grand prix du livre de Montréal 2021. Au Remue-ménage, il a codirigé avec Marie-Claude Garneau Savoir les marges. Écritures politiques en recherche-création (2022).

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« L’écocide capitaliste »

10 février, par Alain Bihr — ,
Professeur honoraire de sociologie, auteur de nombreux ouvrages dont Le premier âge du capitalisme (Page 2 / Lausanne et Syllepse / Paris, 2018-2019) qui a déjà fait l'objet (…)

Professeur honoraire de sociologie, auteur de nombreux ouvrages dont Le premier âge du capitalisme (Page 2 / Lausanne et Syllepse / Paris, 2018-2019) qui a déjà fait l'objet d'une recension dans lundimatin, Alain Bihr présente ici son dernier ouvrage, L'écocide capitaliste, à paraître dans les prochains jours chez les mêmes éditeurs. Cet ouvrage se compose de trois tomes réunis en un même coffret. Son enjeu est d'élucider l'antagonisme entre capitalisme et écologie.

9 février 2026 | alencontre.org | À paraître au Québec le 7 mars

Alain Bihr, vous publiez un volumineux ouvrage divisé en trois tomes, l'ensemble formant 1 250 pages, sous le titre de L'écocide capitaliste, coédité par Page 2 (Lausanne) et Syllepse (Paris). Avant d'en aborder le contenu, pouvez-vous nous dire quelques mots des raisons personnelles qui vous ont poussé à l'écrire ?

Alain Bihr : Comme tout un chacun aujourd'hui, plus ou moins, j'étais déjà conscient et soucieux de la gravité des problèmes écologiques auxquels nous faisons face. Mais l'origine immédiate de cet ouvrage a été le choc psychologique produit par la pandémie de la Covid-19. Elle m'a surpris en pleine élaboration de la suite que je comptais donner au Premier âge du capitalisme, qui devait d'ailleurs comprendre un chapitre sur la catastrophe écologique généré par le devenir-monde du capitalisme. J'ai immédiatement identifié cette pandémie comme une nouvelle zoonose, dont la multiplication depuis une quarantaine d'années fait intégralement partie des problèmes écologiques. C'est ce qui m'a alors décidé à me pencher, toutes autres affaires cessantes, sur ces derniers. Cependant, mon intérêt pour les questions écologiques est antérieur. Ainsi ma thèse de doctorat, rédigée dans les années 1980, comprend un chapitre consacré à analyser la manière dont la crise écologique impacte le mouvement ouvrier. Et un chapitre de mon premier ouvrage, L'économique fétiche (1979), inclut déjà un développement intitulé « la réduction-destruction de la poïèsis naturelle dans et par le devenir-monde de l'économique ». Mais, jusqu'alors, je n'avais jamais abordé frontalement la thématique et la problématique écologiques.

Comment avez-vous procédé pour l'aborder frontalement ? D'où êtes-vous parti ? Sur quoi vous êtes-vous appuyé ?

Etant donné que je suis tombé tout petit dans le bain du marxisme et que son effet est permanent chez moi, je me suis d'abord tourné vers Marx et vers ce que la tradition marxiste avait à me proposer pour aborder cette thématique et problématique. Mais, tout en y trouvant des éléments intéressants et valables, j'ai été rapidement amené à me détourner de ceux – ils sont légion – qui reprochent à Marx de ne pas s'être intéressé à cette thématique et problématique, de n'avoir pas grand-chose d'intéressant et de valable à nous en dire, ou encore de pécher par un prométhéisme industrialiste qui le rendait définitivement inutilisable et même infréquentable. Mais aussi de ceux qui, inversement, à la manière de Paul Burkett et de John Bellamy Foster, plus récemment, de Kohei Saito, pensent que tout (ou du moins l'essentiel) se trouve déjà chez Marx qui nous permettrait de penser directement la thématique et la problématique écologique. D'une manière générale, m'importe peu ce que Marx a dit ou n'a pas dit, a fait ou n'a pas fait. M'importe au contraire ce que nous pouvons dire et faire à partir de ce qu'il a dit et fait, autrement dit de son héritage théorique et politique, dont il nous appartient sans doute de dresser l'inventaire mais qu'il nous appartient surtout de faire fructifier, en le confrontant aux problèmes qui sont les nôtres et qui étaient déjà partiellement, mais partiellement seulement, les siens.

Mais, précisément, qu'avez-vous trouvé chez Marx qui puisse servir à aborder aujourd'hui les problèmes écologiques ?

Pour commencer, le concept de rapports sociaux de production, que Marx présente lui-même, dans la célèbre préface à sa Contribution à la critique de l'économie politique comme son principal apport à la compréhension de la structure et du devenir des sociétés humaines. Or que nous dit ce concept ? Que les rapports sociaux, les rapports des humains entre eux, s'articulent directement avec les rapports qu'ils entretiennent avec la nature au sein du procès social de travail, et réciproquement. Autrement dit, qu'on ne peut donc pas saisir les uns sans les autres. Ce qui signifie qu'il est impossible de comprendre les problèmes qui surgissent au sein des rapports que nous entretenons avec la nature si on les isole des rapports sociaux qui structurent aujourd'hui le procès social de travail. Et c'est là que Marx est utile à nouveau parce qu'il nous a laissé une riche analyse des rapports capitalistes de production qui reste sans équivalent de nos jours.

Comment avez-vous utilisé l'analyse marxienne des rapports capitalistes de production pour procéder à l'analyse des problèmes écologiques contemporains ?

En fait, j'ai procédé en trois temps qui correspondent aux trois tomes qui, de manière indissociable, composent l'ouvrage. Dans le premier tome, intitulé « Une catastrophe écologique planétaire », je ne me contente pas seulement de dresser un état des lieux de cette catastrophe en passant en revue ses principales manifestations : changement climatique, atteinte aux milieux naturels globaux (océans, zones humides, forêts), épuisement des éléments (terre, eau, air, feu), appauvrissement de la biodiversité, multiples menaces sur la santé humaine. J'analyse aussi la manière dont « nos » instances dirigeantes (directions des grandes entreprises, chefs d'Etat, instances multinationales telles que la Banque centrale, le FMI, l'OMC, l'ONU, etc.) ont réagi à cette catastrophe. Je dénonce le peu d'effet et même quelquefois l'échec complet de ce qu'ils ont pu entreprendre sous l'égide du paradigme du « développement durable ». Pensons par exemple aux résultats de leur soi-disant lutte contre le changement climatique dans le cadre de la Convention cadre des Nations unies adoptée en 1992 à Rio. Et je mets en garde contre leurs tentatives de répondre à cette catastrophe en « redoublant la mise », en prétendant que la solution consisterait à pousser à bout la logique capitaliste en actionnant les moyens à la fois économiques, technologiques et idéologiques qui sont les siennes. Autrement dit, ce qui a créé le problème, provoquer la catastrophe écologique, est censé nous permettre de le résoudre, de nous extirper de la catastrophe.

Par exemple, pour tenter de réduire les émissions des gaz à effet de serre, notamment du principal d'entre eux, le dioxyde de carbone, on a mis en place des marchés de droits à émettre ce gaz dans le cadre d'un quota global d'émission qu'on se propose de diminuer – ce qui a en principe pour effet d'accroître le prix de ces droits – de manière à contraindre économiquement les émetteurs à réduire leurs émissions. De même, on a développé des marchés de droits à compenser des atteintes aux milieux naturels pour garantir que les projets de développement industriels ou commerciaux responsables de pareilles atteintes puissent se réaliser sans perte nette de biodiversité. Et je montre que ces mécanismes de marché non seulement sont inefficaces, ils n'atteignent pas leurs objectifs, mais qu'ils sont dans le cas des marchés de compensation écologique totalement dépourvus de sens. Et il en va de même de la plupart des solutions technologiques auxquelles on recourt. Au mieux, elles ne sont pas à la hauteur des enjeux, telles les énergies dites renouvelables. Ou bien, elles aggravent même les problèmes qu'elles prétendent résoudre, tels le nucléaire, les biocarburants, la voiture électrique. Et il arrive même d'être proprement délirantes, comme dans le cas de la géo-ingénierie.

Quel rôle attribuez-vous aux rapports capitalistes de production dans l'écocide ?

C'est l'objet du deuxième tome intitulé « La nature en proie au capital ». En reprenant une à une les principales caractéristiques de ces rapports, je cherche à expliquer en quoi et pourquoi elles ne peuvent qu'être écocidaires, en générant les différents problèmes et phénomènes qui sont parties prenantes de la catastrophe écologique actuelle.

A ce sujet, convient-il de cibler le productivisme capitaliste ?

Certes, mais ce n'est pas la seule ni même la première des caractéristiques des rapports capitalistes de production sur laquelle je m'arrête. En effet, elle a déjà été souvent mise en évidence et dénoncée par des auteurs marxistes, qui ont eu cependant le tort de s'arrêter à elle quand ils ont traité des problèmes écologiques. Je me contente pour ma part d'insister sur le fait que le productivisme est inhérent au capital : il tient à la nécessité dans laquelle il se trouve de se reproduire en élargissant constamment l'échelle écologique et sociale de sa reproduction comme en accélérant non moins constamment le rythme de sa reproduction. Je rappelle aussi que ce productivisme est prolongé et soutenu par un consumérisme non moins débridé qu'assure l'obsolescence des produits. Obsolescence matérielle (souvent programmée) et surtout l'obsolescence sociale, à coups de campagnes publicitaires, des différentes techniques du marketing, de phénomènes de mode – ce qui, soit dit en passant, nous rend tous et toutes plus ou moins complices de l'écocide capitaliste. Je montre enfin que cette dynamique infernale n'a aucune chance d'être enrayée par le développement de la soi-disant « économie immatérielle » qui n'a d'immatérielle que le nom, de l'économie dite circulaire (le recyclage notamment) et des efforts visant à accroître la sobriété matérielle et l'efficacité énergétique, du fait notamment des effets rebond qu'ils entraînent.

Quelles sont alors les autres caractéristiques des rapports capitalistes de production porteuses d'effets écocidaires ?

On oublie trop souvent que le fondement premier du capital comme rapport de production est, comme Marx n'a cessé d'y insister, l'expropriation des producteurs : leur séparation de fait et de droit de tout moyen social de production ; leur incapacité à produire par eux-mêmes leurs moyens de subsistance ; leur réduction par conséquent au statut d'« individus nus » comme dit Marx, dont la seule propriété immédiate est celle de leur propre personne et de sa force ou puissance de travail ; une puissance de travail qu'ils se trouvent contraints de mettre en vente auprès de ceux qui peuvent en avoir besoin.

Or cette expropriation a également une portée écocidaire. En effet, le premier et le principal moyen de production étant la terre, sol et sous-sol, cette expropriation institue une véritable aliénation de la nature : elle rend les hommes étrangers à la nature et la nature étrangère à eux. Cette aliénation prend de multiples formes, toutes écocidaires en un sens. Par exemple, elle est responsable de la disparition tendancielle des sociétés paysannes traditionnelles, reposant sur une agriculture alliant polyculture, polyélevage et artisanat domestique, vivant en symbiose avec la nature, donc plus ou moins respectueuses des écosystèmes locaux dans lesquels elles sont insérées. Elle a favorisé, inversement, le développement d'une agriculture capitaliste, impliquant la monoculture intensive, basée sur la mécanisation et la chimisation du procès de travail agricole, recourant à force engrais et pesticide, dans le but d'accroître la productivité du travail agricole et d'augmenter le rendement agricole, la terre n'étant plus qu'un facteur de production. Mais elle a alimenté tout aussi bien l'exode rural : l'entassement des populations dans des agglomérations urbaines de plus en plus gigantesques, où elles n'ont plus de contact direct avec la nature vivante, plus d'expérience de la poïésis naturelle. Enfin, avec d'autres facteurs, on la retrouve à la source de la modification des pratiques alimentaires, avec le développement de la malbouffe aux conséquences sanitaires désastreuses : la prévalence croissante du surpoids et de l'obésité, partant du diabète et des maladies cardiovasculaires. Car le capital ne s'attaque pas seulement à la nature externe, l'œcumène, la biosphère, mais aussi bien à la nature interne, notre corps, notre corporéité.

Y a-t-il encore d'autres caractéristiques des rapports capitalistes de production auxquelles vous prêtez des effets écocidaires et sur lesquelles vous vous êtes penché ?

Oui, il y en a au moins une autre qui mérite d'être mentionnée. C'est l'appropriation capitaliste de la nature : les formes et modes sous et par lesquels le capital se rend « maître et possesseur » de la nature, pour parler comme Descartes. Dans tout mode de production, l'appropriation de la nature s'opère dans et par le procès de travail dont elle constitue la finalité. Par conséquent, l'appropriation capitaliste de la nature s'opère par l'intermédiaire de l'appropriation capitaliste du procès de travail. Et Marx, lui encore, nous en a fourni l'analyse canonique en montrant que l'enjeu en est la subordination du procès de travail au procès de valorisation du capital, moyennant la transformation du travail concret en travail abstrait, substance de la valeur. Et il distingue deux moments, deux modalités et étapes en même temps, dans ce processus : un moment d'appropriation formelle et un moment d'appropriation réelle. J'ai tenté de montrer que l'on pouvait prolonger l'analyse marxienne de l'appropriation du procès de travail à l'appropriation de la nature qui s'opère au sein du procès de travail.

Pourriez-vous préciser davantage ce point ?

Je parle d'appropriation formelle de la nature tant que le capital ne peut pas ou ne veut pas transformer les propriétés naturelles, physiques, chimiques, biologiques, etc., des matières qu'il s'approprie. Il les prend en quelque sorte telles qu'elles sont produites par la nature, offertes par elle. Au contraire, l'appropriation de la nature devient réelle dès lors que le capital cherche à adapter le plus étroitement possible la matérialité même des ressources naturelles aux exigences de sa valorisation. Il cherche en somme à engendrer une matérialité spécifiquement capitaliste, qu'il s'agisse d'actualiser des potentialités de la matière que la nature n'a pas réalisées ou, au contraire, de virtualiser, de rendre ineffectives, des potentialités matérielles actualisées par la nature.

Pourriez-vous donner des exemples ?

Je mets en évidence au moins trois modalités différentes de l'appropriation réelle. Première modalité : forcer la nature à ne pas produire ce qu'elle produit spontanément. Par exemple au sein de l'agriculture capitaliste, cela consiste à séparer les espèces les unes des autres – c'est ce qui se passe dans la monoculture – ou à séparer les espèces de leur biotope, comme c'est le cas par exemple avec l'élevage en stabulation qui conduit jusqu'aux monstruosités de l'élevage hors sol. Deuxième modalité inverse de la précédente : forcer la nature à produire ce qu'elle ne produit pas spontanément. Par exemple des matériaux artificiels : le béton, le plastique, les semi-conducteurs ; des êtres vivants artificiels, les fameux OGM ; et même des êtres humains artificiels, des humains technologiquement « augmentés » : des cyborgs. Dernière modalité de l'appropriation réelle : reproduire artificiellement la nature. C'est ce qui se passe par exemple dans la reconstitution artificielle des milieux naturels dégradés ou détruits ; ou, plus encore, dans la constitution d'écosystèmes artificiels, tels par exemple les monocultures sylvestres qui ne sont pas des forêts mais des plantations d'arbres.

Mais en quoi est-ce que « forcer la nature » serait regrettable ? A l'exception des chasseurs-cueilleurs, toute société humaine, dès lors qu'elle est productive, ne force-t-elle pas la nature d'une manière ou d'une autre ? Vous avez souligné plus haut, au sujet de l'expropriation capitaliste des producteurs, qu'elle « a également une portée écocidaire ». Il semble donc que l'essentiel, à vous suivre, soit de repérer le lien entre le rapport social de production et l'écologie. Diriez-vous que seule une société réellement « socialiste » serait écologique, ou plutôt que seul le capitalisme est écocidaire ?

Il est vrai que le travail humain consiste toujours, en un sens, à forcer la nature. Et ce forçage comporte nécessairement un risque d'écocide. En témoigne le fait que de grandes civilisations précapitalistes (pensons par exemple à la Mésopotamie antique ou aux Mayas) sont entrées en décadence pour n'avoir pas su maîtriser ce risque. Mais, dans leur cas, l'écocide est resté régional à l'échelle planétaire et a mis un bon millénaire à produire ses effets, sans d'ailleurs pour autant radicalement ravager, rendre inhabitable, leur œcumène : on vit encore en Irak et dans le Yucatan. La radicalité de la dimension écocidaire du capitalisme, tel qu'il résulte du procès de reproduction de ce rapport social de production qu'est le capital, se mesure à l'ampleur et à la rapidité de ses ravages écocidaires : en à peine trois-quatre siècles, il s'est mis en mesure de bouleverser des équilibres écologiques planétaires, au point de menacer de rendre la planète inhabitable par l'humanité. Par exemple, il n'est pas certain qu'elle puisse s'adapter au scénario d'une « planète étuve » si l'augmentation de la température moyenne du globe s'élève de 5°C ou même 6°C au-dessus de sa moyenne pendant toute la durée de l'holocène, un scénario extrême que n'excluent pas les derniers rapports du GIEC. En ce sens, si le capital n'est certes pas le seul rapport de production à avoir été écocidaire, il l'a été à une dimension jusqu'alors totalement inconnue dans l'histoire. Quant à savoir si, à quelles conditions et sous quelles formes une société socialiste est en mesure de relever le défi de faire face à la catastrophe écologique actuelle et d'instaurer un mode de développement de l'humanité qui ne soit pas écocidaire, c'est une question qui reste ouverte mais que je n'aborde pas dans cet ouvrage.

Vous nous avez parlé d'un troisième tome. Que contient-il ?

Sous le titre « Perspectives historiques », il réunit toute une série d'analyses qui concernent l'écocide capitaliste mais qui n'ont pas trouvé leur place dans les deux tomes précédents. En premier lieu, j'esquisse une histoire de l'écocide capitaliste pour montrer comment le processus écocidaire n'a cessé de gagner en ampleur tout au long du devenir-monde du capitalisme, tant en en étendant le champ social et spatial qu'en intensifiant l'emprise du capital sur la nature, notamment sous la forme d'une quête constante de puissance, au double sens physique et politique du terme. Je m'arrête aussi sur le rôle qu'a joué l'économie politique, la science économique, dans ce processus écocidaire, en montrant que, dans son ensemble, soit elle a ignoré ou du moins méconnu la thématique et la problématique écologiques ; soit, quand elle s'y est intéressée, elle s'est montrée incapable d'apporter des réponses adéquates à l'écocide capitaliste. Et la même raison prévaut à chaque fois : sa méconnaissance des rapports capitalistes de production. Enfin, dans une dernière partie de ce tome, j'inverse en quelque sorte la perspective antérieurement suivie par l'ouvrage. Après avoir montré en quoi le capital met la nature en crise, engendre une catastrophe écologique, je me demande si et dans quelle mesure cette catastrophe est susceptible à son tour de mettre le capital en crise, plus exactement si et dans quelle mesure elle est susceptible d'aggraver la crise structurelle qui affecte l'économie capitaliste depuis un demi-siècle déjà. Ce qui m'amène à envisager l'hypothèse selon laquelle la catastrophe écologique pourrait fournir un nouveau tremplin au capital, soit l'occasion de relancer sa dynamique de reproduction élargie, en discutant différents projets de Green New Deal(notamment ceux de Naomi Klein et de Jeremy Rifkin) mais pour conclure que, plus probablement, la catastrophe écologique risque d'aggraver encore et aggrave de fait d'ores et déjà la crise structurelle dans laquelle se débat le capital en dégradant encore davantage ses conditions de valorisation. Notamment sous l'effet d'une hausse tendancielle continue du prix des matières premières et de l'énergie, qui ne pourra aller qu'en s'amplifiant au fur et à mesure où ces dernières vont se raréfier sous l'effet de la poursuite de l'accumulation capitaliste.

En vous écoutant, j'ai bien peur que votre lecteur ne sorte désespéré de votre ouvrage. Lui laissez-vous malgré tout entrevoir quelque porte de sortie dans votre conclusion ?

Pas vraiment ou, du moins, pas tout de suite. Ma conclusion est que, laissé à lui-même, le capitalisme ne peut que continuer à s'enfoncer dans sa crise structurelle désormais aggravée d'une catastrophe écologique qu'il a engendrée et qu'il n'a vocation qu'à aggraver. A l'horizon de ce devenir funeste, il y a l'apocalypse dont les cinq – et non pas quatre : tant pis pour les Ecritures ! – seront un chaos écologique grandissant, la paupérisation des populations se généralisant, la maladie engendrée par les deux facteurs précédents, la guerre comme issue des tensions grandissantes pour l'accession à des ressources naturelles exploitables allant se raréfiant, enfin la dictature (l'écofascisme) pour tenter de maintenir un semblant d'ordre. Soit la mort sous différentes formes. En face, le parti de la vie ne peut qu'être, encore et toujours, celui du socialisme. Mais d'un socialisme qui doit désormais lui-même se confronter à la catastrophe écologique, prendre en charge ses enjeux et ses exigences, en se redéfinissant en conséquence. Soit un écosocialisme. Ma conclusion n'en dit pas plus parce que j'en réserve le développement à un prochain ouvrage déjà en cours de préparation.

Pouvez-vous toutefois nous résumer brièvement la raison pour laquelle vous préférez le mot « socialisme » à celui, par exemple, de « communisme » ?

Je parle d'écosocialisme parce que je conserve la thèse qu'entre le capitalisme et le communisme figure nécessairement cette phase de transition qu'est le socialisme. Si cette transition est en fait, sous certains rapports, déjà engagée au sein même du capitalisme, le communisme ne serait pas pour autant réalisé aux lendemains immédiats d'une révolution politique qui aurait renversé la domination capitaliste. Pour autant, le but reste bien l'avènement d'une société communiste : Marx lui-même parle quelquefois du socialisme comme de « la phase inférieure » de la société communiste. Mais parler d'écosocialisme a encore une autre vertu : celle de nous rappeler que, comme n'a cessé de le rappeler Henri Lefebvre, il existe deux versions qui sont en même temps deux versants du communisme. Une version éthique, qui implique la réconciliation de l'humanité avec elle-même, la fin de toutes les formes d'oppression, de domination et d'exploitation de l'homme par l'homme, donc la fin de la division de la société en classes et de la lutte des classes, la fin de l'Etat, etc. Mais aussi une version esthétique – c'est précisément celle vers laquelle pointe le préfixe éco dans écosocialisme – qui implique la réconciliation de l'humanité avec la nature, tant la nature interne que la nature externe. C'est ainsi que l'on peut comprendre, à mon sens, ces formules quelque peu énigmatiques que Marx a employées dans ses manuscrits parisiens de 1844, disant que le « communisme en tant que naturalisme achevé = humanisme, en tant qu'humanisme achevé = naturalisme ». Ce qui semble suggérer que, sous ce rapport, le communisme implique aussi bien la naturalisation de l'homme que l'humanisation de la nature. Autant de formules sur lesquelles je me propose de revenir dans mon prochain ouvrage.

(Entretien paru dans lundimatin#507, le 2 février 2026)

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Comptes rendus de lecture du mardi 10 février 2026

10 février, par Bruno Marquis — , ,
Les gens du pays viennent aussi d'ailleurs Ruba Ghazal La porte-parole féminine de Québec Solidaire et députée de Mercier à l'Assemblée nationale Ruba Ghazal nous raconte (…)

Les gens du pays viennent aussi d'ailleurs
Ruba Ghazal

La porte-parole féminine de Québec Solidaire et députée de Mercier à l'Assemblée nationale Ruba Ghazal nous raconte dans cet essai son cheminement depuis son arrivée au Québec avec ses parents et sa famille, anciens réfugiés palestiniens, à l'âge de dix ans, jusqu'à aujourd'hui, son apprentissage du français, son intégration à sa nouvelle culture, ses relations familiales et de couple, son parcours professionnel, sa volonté de faire du Québec un pays et ses valeurs nettement progressistes. Elle nous rappelle que nous ne saurions envisager démographiquement l'avenir économique et politique du Québec sans l'immigration. C'est en somme seulement de manière inclusive, avec les Québécois et Québécoises de toutes les origines, que nous parviendrons un jour à faire l'indépendance. J'ai beaucoup aimé.

Extrait :

Si je suis devenue souverainiste convaincue, moi, l'enfant de la loi 101 qui ne parlait pas un mot de français en arrivant au Québec, c'est parce que j'ai été entourée, tout au long de mon parcours d'intégration, de gens bienveillants qui m'ont offert des clés pour comprendre l'importance de l'avoir, ce pays.

Pour elles toutes
Gwenola Ricordeau

Cet ouvrage ouvertement engagé à l'endroit des femmes et qui s'articule autour de l'abolitionnisme pénal et de la prison m'a ouvert les yeux sur des réalités que je n'avais jusqu'alors qu'entrevues : le caractère récent et essentiellement punitif de la prison, les effets négatifs du système pénal sur les femmes, comme victimes directes ou indirectes, son manque de résultats au regard de la criminalité, et les avenues que nous devrions envisager en matière de justice. C'est un ouvrage un peu technique qui mériterait d'être vulgarisé, mais c'est très instructif.

Extrait :

Mon cœur se serre avec elles toutes qui ne disent rien. Celles qui ne disent rien parce que la police n'a rien fait la dernière fois, parce qu'on ne les a pas crues lorsqu'elles étaient enfants, parce que ce n'est pas si grave et qu'il avait peut-être le droit. Celles qui ne disent rien car elles savent qu'on ne les croira pas, car elles sont trop tox, trop vieilles, pas assez jolies, pas assez sexy, trop grosses, trop handicapées, pas assez féminines. Celles qui ne disent rien car elles ont peur qu'on ne les croie pas, parce qu'elles n'écrivent pas assez bien, parce qu'elles ne sont pas blanches, parce qu'elles ne se souviennent plus très bien. Celles qui ne disent rien parce que c'est leur père, parce qu'il est policier, parce qu'il est riche et qu'il prendra un avocat, parce qu'il est français et qu'elles ne le sont pas. Celles qui ne disent rien parce qu'elles ont peur qu'on leur réponde qu'il n'y a pas idées de sortir la nuit, de sortir dans cette tenue, de sortir toute seule. Qu'il n'y a pas idée de boire, d'inviter un homme chez soi, d'aller sur un site de rencontres. Celles qui ne disent rien parce que « pourquoi le dire maintenant » ? Celles qui ne disent rien car elles se demandent si ce n'est pas un peu leur faute, celles qui ne disent rien parce qu'elles l'aiment. Mon coeur se serre avec elles toutes qui ne disent rien.

Au nom de la race
Marc Hillel

Je ne sais plus depuis combien de temps ce livre, acheté d'occasion, reposait dans ma bibliothèque. Publié plus de trente ans après la Seconde Guerre mondiale, il nous décrit comment la Schutzstaffel (SS) se livrait sous l'Allemagne nazie à l'élevage humain et au rapt des enfants de « sang pur » à travers l'Europe. Le Lebensborn nazi avait alors pour but d'accélérer la création et le développement d'une race aryenne parfaitement pure et dominante… Un ouvrage fouillé avec de nombreux témoignages durs et poignants. J'ai bien aimé.

Extrait :

On commença à murmurer qu'il s'agissait, en réalité, d'une organisation ultra-secrète de la SS, créée par Himmler dans le dessein de fabriquer des enfants blonds aux yeux bleus, à partir d'hommes et de femmes sélectionnés parmi les meilleurs spécimens nordiques de l'Allemagne – rumeur qui naturellement s'amplifia au fur et à mesure qu'augmentèrent le nombre des cliniques et l'importance de l'Office L, finalement installé à Munich. Bientôt « chacun connaissait quelqu'un qui avait entendu parler d'une fille ayant accepté d'offrir un enfant au Führer grâce à un arrangement avec le Lebensborn ».

Écrits profanes
Sor Juana Inés de la Cruz
Traduit de l'espagnol

Née au Mexique en 1645, Sor Juana Inés de la Cruz fut une poète et une grande intellectuelle de son temps, l'une des premières américaines sûrement à revendiquer le droit à l'éducation pour les femmes. Ses écrits, comme le récit de son existence, nous illustrent une fois de plus combien affligeante aura été la condition des femmes pendant très longtemps. Ces écrits profanes regroupent surtout des poèmes, mais un peu de prose aussi.

Extrait :

Le gentil page vous dira
qu'après avoir lu votre message
je l'ai déchiré
pour ne pas révéler son secret.
J'ai même fait plus, je vous assure,
puisque j'ai aussi avalé
bravement les morceaux de papier
car je respecte les secrets
et même en morceaux
je les veux près de mon cœur.

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La gauche n’est pas un gros mot

10 février, par Mohamed Lotfi — ,
Je suis de gauche et je l'assume pleinement. Je ne m'en suis jamais caché. Je ne planque pas mes convictions dans une enveloppe brune, coincée au fond d'un tiroir, entre un (…)

Je suis de gauche et je l'assume pleinement. Je ne m'en suis jamais caché. Je ne planque pas mes convictions dans une enveloppe brune, coincée au fond d'un tiroir, entre un vieux passeport périmé et une vieille facture d'Hydro. Je n'ai jamais compris cette façon de garder un mystère sur ses positions politiques. Mais je n'ai jamais compris non plus cette étrange volonté de marginaliser celles et ceux qui affirment leurs convictions. Ceux et celles dont les idées dérangent.

Être de gauche aujourd'hui dérange, manifestement. Comme si défendre le bien commun au-dessus des intérêts particuliers relevait d'un vice ou d'une faute idéologique. Comme si s'inquiéter des inégalités, des solidarités et du vivre ensemble était devenu suspect. Comme si exiger que les riches paient leur juste part d'impôt n'était pas l'une des exigences les plus responsables d'une démocratie. Comme si évoquer le conflit de classe qui explique nos rapports sociaux, politique et économique, menaçait de provoquer une révolution dans nos rues. La politique pourtant n'est rien d'autre qu'une manière d'habiter le monde ensemble et avec toutes et tous.

Alors pourquoi vouloir réduire au silence ce qui dérange ?

C'est dans cet esprit que, dans le balado de Rémi Villemure, bientôt en ligne, j'affirmais que par les temps qui courent, ou la droite surdomine largement la scène politique et les tribunes, toutes les gauches sont les bienvenues. Toutes. Même celles qui dérangent. Même celles qui trébuchent. Même celles qui parlent fort dans les réseaux sociaux, selon certains, ou pas comme il faut selon d'autres. La barque sur laquelle nous avançons collectivement, au Québec comme presque partout en occident, penche tellement vers la droite que l'équilibre devient précaire. On peut se demander si nous ne frôlons pas déjà le naufrage. Certains diront que l'eau est entrée depuis longtemps. L'avènement de Trump n'en serait que le résultat.

Dans un tel contexte, ou plusieurs discours dominants flirtent avec la simplification brutale, la désignation de boucs émissaires et une obsession quasi maladive pour la peur de l'autre, il est parfaitement normal que des voix de gauche paraissent plus radicales qu'avant. Depuis un certain 11 septembre, le décor a changé. Le centre s'est déplacé. Quand la norme glisse vers la droite, une droite identitaire, ce qui hier semblait raisonnable apparaît aujourd'hui comme excessif. Ce n'est pas nécessairement la gauche qui se radicalise, c'est souvent le cadre qui se resserre autour d'elle. Dans des temps marqués par des accents qui se trumpisent et parfois se fascisent, sonner l'alarme n'est pas un excès, c'est un réflexe de survie démocratique.

Or, que fait-on trop souvent de ces voix qui alertent ? On les caricature. On les diabolise. On les marginalise. On les exclut subtilement du débat public en parlant à leur place, sur elles, mais rarement avec elles. Le résultat est prévisible. Plus on tente de les faire taire, plus elles paraissent radicalisées. Non pas parce qu'elles changent fondamentalement de discours, mais parce que l'espace pour l'exprimer se rétrécit dangereusement.

L'exemple récent de l'émission Zone Info, animée par Gérald Fillion, est révélateur. On y a demandé à deux panelistes, Karima Brikh et Christine St-Pierre de commenter les propos de trois voix de la gauche qui soupçonne le chef du PQ de trumpisation. Peu importe la qualité des réponses offertes, ce n'est pas mon sujet, il manquait l'essentiel. Les principaux concernés. Il aurait fallu inviter Alexandre Dumas, Marie Eve Cotton ou Jonathan Durand Folco. Trois figures crédibles de l'espace public, reconnues pour leurs parcours, leurs livres, leurs diplômes et surtout la rigueur de leurs arguments. En leur absence, l'émission n'a pas seulement manqué d'équilibre, elle a ouvert la porte à la confusion et à la chicane. Une chicane inutile.

Un vrai débat, un débat sérieux, dans cette même émission, aurait simplement mis en scène les deux visions. À chacune de défendre le fonds de son hypothèse, par des arguments, des faits, des comparaisons, des citations, des dates. Un débat peut être houleux, sans jamais tomber dans le manque de respect, dans le mépris. Or, juste le fait de ne pas inviter les personnes, ou du moins une des trois personnes qualifiées comme appartenant à la gauche radicale, au panel, c'est un mépris en soi. Tous les spectateurs de cette émission ne connaissent pas nécessairement Dumas, Cotton et Durand Folco.

Ce genre d'erreur n'est jamais anodine. Il traduit une méfiance. Donner la parole à la gauche, qualifiée de radicale, serait un danger. Depuis la pandémie, cette façon sélective de donner la parole, dans nos grands médias, a pris des proportions inégalées. Cette exclusion prive le Québec des voix importantes, différentes mais riches d'enseignement. Le public aurait gagné à l'entendre et l'écouter pour faire des choix plus éclairés.

L'histoire déborde de moments où l'on a laissé faire l'instrumentalisation des peurs, au nom du calme, de la modération ou d'une prétendue neutralité. On sait très bien ce que cela a donné. Les pires horreurs du vingtième siècle ne sont pas nées d'un excès de vigilance, mais bien de son absence. La plupart des guerres, des dérives autoritaires et des catastrophes politiques sont le fruit d'opinions publiques endormies, rendues manipulables dès que la pluralité des voix n'est plus la règle d'une information.

Tout étant relatif, il devient alors légitime de se demander si ce n'est pas la droitisation galopante des discours dominants qui brouille nos repères. Nos définitions de ce qui est raisonnable, extrême ou acceptable, semblent de plus en plus déformées. Ce qui relevait hier d'une social-démocratie assumée est aujourd'hui soupçonné d'extrémisme. Ce glissement n'est pas neutre. Il redessine les frontières du débat et pousse la gauche à se justifier d'exister.

La question mérite donc d'être posée clairement. Est-ce qu'une pluralité des voix, peu importe ses appartenances idéologiques, est réellement la bienvenue dans les débats publics dans nos grands médias ? Ces voix existent parce qu'elles représentent une partie bien réelle de l'opinion publique. Elles représentent celles et ceux qui refusent que la peur dicte l'ensemble de nos débats, de nos décisions politiques et de nos interventions médiatiques. Les ignorer, c'est nier une réalité sociale et politique incontournable.

Nos grands médias accordent-ils à la gauche la place qui lui revient pour assurer des débats équilibrés ? La réponse est clairement non. Tellement non que ce constat devrait, en soi, devenir un sujet de débat public. Non pas pour flatter un camp, mais pour préserver ce qui reste d'un espace démocratique vivant, pluraliste et capable de se regarder lucidement dans le miroir.

Si QS, un parti progressiste de gauche, est si bas dans les sondages, ce n'est pas à cause qu'il est déconnecté de la réalité des québécois, bien au contraire. Ce n'est pas non plus parce que la gauche n'a pas encore trouvé la bonne stratégie pour toucher un plus grand nombre d'électeurs. Au-delà du parti, partout dans le monde, les idées de gauches souffrent d'un manque de visibilité, souffrent d'une marginalisation, voire de diabolisation, savamment voulues. L'exemple de Zone info nous a donné une petite démonstration.

À cette émission, comme à pleines d'autres, de me donner tort.

Mohamed Lotfi
2 Février 2026

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Environnement « Et » la pollution mentale ?

10 février, par Bruno Marquis — ,
Il est une forme de pollution dont on parle peu en matière d'environnement, et qui pourtant subordonne toutes les autres. La pollution mentale, parce qu'elle nous empêche de (…)

Il est une forme de pollution dont on parle peu en matière d'environnement, et qui pourtant subordonne toutes les autres. La pollution mentale, parce qu'elle nous empêche de prendre les mesures nécessaires pour lutter efficacement contre les graves défis et problèmes environnementaux qui nous assaillent, devrait aussi se retrouver au sommet de nos préoccupations quant à notre avenir.

(Ce texte a d'abord été publié dans l'édition de février du journal Ski-se-Dit.)

Cette pollution de l'esprit a d'importantes conséquences sur notre capacité à comprendre le monde, par le raisonnement, à discerner le vrai du faux, à prendre la juste mesure des choses. Si elle se décline sur plusieurs formes, à différents niveaux, c'est d'abord sous son aspect scientifique que nous allons l'aborder.

De façon générale, la pollution mentale désigne l'excès d'informations, de stimulations négatives ou de sollicitations inutiles qui surchargent le cerveau, générant des idées confuses et créant un état d'épuisement qui rendent la concentration difficile. Elle a d'abord des impacts sur la santé, engendrant du stress, de l'anxiété et éventuellement des troubles cognitifs, mais aussi, comme mentionné plus haut, sur notre façon d'appréhender le monde.

Un article publié sur le sujet l'été dernier dans le trimestriel Confluence Magazine nous explique que « malgré le principe selon lequel nous n'utilisons que 8 à 10 % de nos capacités mentales, la quantité de données visuelles à laquelle le cerveau humain est de nos jours exposé en permanence ne doit pas être sous-estimée, alors que tant de personnes, en particulier les enfants, regardent la télévision, jouent à des jeux vidéo et surfent sur Internet ». (Les images et le contenu violents diffusés en grande quantité sur les réseaux sociaux et à la télévision auraient même des effets néfastes sur la mémoire selon l'universitaire Brad Bushman qui s'est beaucoup penché sur les agressions et la violence dans les médias.)

Surdose d'informations

Nous sommes en effet bombardés au quotidien d'images, de vidéos et d'informations, très souvent de façon fragmentaire, sans que nous ayons le temps, l'énergie ou l'intérêt de nous y arrêter. L'abondance d'informations de tout genre et de tout horizon, parfois offensante, la plupart du temps non sollicitées et superflues, surcharge notre cerveau, nous rendant difficile la mémorisation, dans ce fouillis, d'éléments dont nous aimerions nous rappeler. Leur analyse aussi, ce qui est d'autant plus grave.

Incapables bien souvent, dans ce contexte, de filtrer l'information, en conservant d'une part ce qui nous est utile et en rejetant le reste, et d'autre part en conservant ce qui est crédible et en rejetant ce qui ne l'est pas, nous pouvons ainsi tomber dans un relativisme qui nous amène à penser que tous les points de vue s'équivalent et que les données empiriques, utiles à la connaissance et à l'analyse, ne constituent qu'une opinion parmi tant d'autres.

Outre la quantité grandissante d'images, de vidéos ou d'informations de tout genre qui pullulent dans les médias sociaux, mais aussi dans les médias en général, l'augmentation de la désinformation et de la mésinformation au cours des dernières années dans les médias sociaux et sur le Web vient aussi amplifier cette forme de pollution. Les algorithmes, aussi, bien sûr.

Négationnisme

Que l'on ait porté au pouvoir, aux États-Unis et dans certains autres pays, des gens qui nient l'impact des changements climatiques et la crise écologique en général, constitue un problème majeur en matière d'environnement, le premier obstacle en fait, mais non le seul, à l'urgente mise en place de solutions viables pour assurer notre survie sur la planète.

Le consensus scientifique sur le changement climatique est pourtant extrêmement élevé, avec des études récentes indiquant que plus de 99 % des climatologues dans le monde affirment que le réchauffement observé depuis l'ère préindustrielle est d'origine humaine. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) nous confirme depuis 1988 que l'activité humaine en est la cause principale, un point de vue soutenu par des milliers d'études évaluées par des pairs et des organisations scientifiques mondiales. Ce consensus, basé sur de fortes preuves, comme l'augmentation rapide des températures et des concentrations de gaz à effet de serre, n'a même cessé de se renforcer au fil du temps.

Malgré ce fort consensus, le pourcentage de ce qu'on appelle les climato-sceptiques – qui sont en fait des climato-négationnistes – continuerait de croître dans le monde, selon des données colligées à la fin de 2024, et atteindrait les 39 %. S'il est en général moins élevé dans les pays occidentaux, il n'a tout de même pas empêché des dirigeants climato-négationnistes, comme Donald Trump aux États-Unis, d'y accéder au pouvoir. Avec les conséquences que l'on sait sur la lutte aux changements climatiques, entre autres aspects de la crise écologique, avec la revalorisation des énergies polluantes, les déréglementations, le retrait des États-Unis de nombreuses organisations lies à l'environnement, incluant la Convention-cadre sur les changements climatiques (CCNUCC), et l'augmentation des dépenses militaires.

La réalité du réchauffement climatique et de la crise écologique en général bute, chez de trop nombreuses personnes, sur la difficulté de faire le tri parmi une trop grande quantité d'informations, et d'accorder aux faits, aux sources crédibles et valables, une place centrale dans leur raisonnement. Ce n'est bien sûr rien d'irréversible…

Que faire ?

Eh bien d'abord prendre conscience que cette pollution des esprits constitue un obstacle important à la mise en place de solutions pour lutter contre la crise écologique. Il nous faut agir, comme nous le pouvons, pour que les populations ne constituent pas elles-mêmes, par cette pollution mentale, un soutien à des politiciens climato-négationnistes ; puis, dans la même veine, en poussant plus loin cette logique, qu'ils réalisent que les mesures qui s'imposent pour faire face aux changements climatiques et à la crise écologique, sont des mesures radicales qui nécessitent un changement de paradigme. Bref, qu'il nous faut sortir du capitalisme, de la croissance sans fin et sans buts du capital, et envisager sérieusement des mesures de décroissance, des mesures de décroissance qui visent un juste partage des ressources entre les pays et les populations riches et pauvres.

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Montée des eaux : comment l’Antarctique fait planer la menace du pire

10 février, par Vincent Lucchese — ,
Le niveau des mers augmente, et va encore s'intensifier avec la fonte des glaciers. À quel point ? La réponse à cette question dépend d'une source d'incertitude majeure, (…)

Le niveau des mers augmente, et va encore s'intensifier avec la fonte des glaciers. À quel point ? La réponse à cette question dépend d'une source d'incertitude majeure, étudiée par les scientifiques : le cas de l'Antarctique.

2 février 2026 | tiré de reporterre.net | Illustration : En Antarctique, l'écoulement de la glace vers l'océan est l'un des facteurs majeurs de l'élévation à venir du niveau de la mer. - © Cécile Guillard / Reporterre
https://reporterre.net/Montee-des-eaux-comment-l-Antarctique-fait-planer-la-menace-du-pire

Jusqu'à quelle hauteur la mer va-t-elle monter ? Et, surtout, à quel point le changement climatique va-t-il accélérer cette élévation du niveau des océans, qui a déjà commencé ? La question taraude les climatologues et glaciologues, dont les regards convergent vers une source d'incertitude massive pour l'avenir : l'Antarctique.

Des millions de milliards de tonnes de glace recouvrent le continent polaire. Elles forment une calotte dont la structure et les dynamiques sont d'une très grande complexité. Or, l'écoulement de cette glace vers l'océan constitue l'un des facteurs majeurs de l'élévation à venir du niveau de la mer. Si l'ensemble de la calotte antarctique fondait, la mer monterait de 58 mètres.

Un tel scénario est fort heureusement totalement exclu. Pour autant, de nombreuses inconnues entourent la fonte partielle en cours du continent, et notamment la vitesse d'écoulement et les mécanismes de déstabilisation de certains glaciers. Ce sont ces inconnues qui expliquent que les projections pour 2100 soient très incertaines.

1 milliard d'humains bientôt concernés

Si l'on suit notre trajectoire climatique actuelle, menant à 2,7 °C de réchauffement en 2100, la mer devrait monter de 44 à 76 cm en fin de siècle, selon les projections du Giec, par rapport au niveau de référence de la période 1995-2014. Dans le scénario pessimiste de très fortes émissions, la hausse serait comprise entre 63 cm et 1,01 m. Voire, en prenant en compte le déclenchement d'éléments jugés très improbables, de 1,6 m. Et encore : des experts du sujet sondés dans une étude en 2019 estimaient plausible que l'élévation dépasse les 2 mètres dès 2100.

De tels écarts d'estimation sont d'autant plus problématiques qu'une dizaine de centimètres d'élévation supplémentaire est déjà catastrophique. Si le réchauffement planétaire atteint 2 °C plutôt que 1,5 °C en 2100, la mer monterait en moyenne d'environ 10 cm de plus, estime le Giec, avec pour conséquence de rendre 10 millions de personnes supplémentaires vulnérables à cette hausse.

Plus la mer monte, plus s'accroissent les risques de submersion, d'érosion côtière, de salinisation des sols et des ressources en eau douce, et de destructions catastrophiques provoquées par des événements climatiques extrêmes. Dès 2050, 1 milliard d'habitants des régions côtières dans le monde seront vulnérables à de tels risques, d'après la synthèse des connaissances établie par le Giec.

Les mystères de la calotte Antarctique font partie des « lacunes majeures dans les connaissances des processus critiques » qui « entravent l'adaptation au changement climatique », alertait une étude publiée en février 2025 dans le journal Science.

Des mystères de glace multimillénaires

Combler ces lacunes est donc crucial, mais les scientifiques se heurtent à des défis colossaux en Antarctique. À commencer par l'ampleur des échelles de temps concernées. « Les calottes polaires réagissent à la fois à l'échelle des cycles glaciaires/interglaciaires [de l'ordre de 100 000 ans] et à très court terme », dit Hélène Seroussi, glaciologue et professeure associée au Dartmouth College, aux États-Unis. La plateforme de glace antarctique appelée Larsen B s'est, par exemple, effondrée soudainement,en moins de deux mois, en 2002. « Comprendre les phénomènes sur ces deux échelles de temps à la fois est difficile », souligne la chercheuse.

L'évolution au long cours de ces glaciers multimillénaires est d'autant plus complexe à comprendre que les observations directes ne remontent souvent qu'aux années 1990 et aux premiers satellites dédiés à ces questions. Une trentaine d'années dérisoires comparé à l'immense inertie de ces géants de glace.

« Certains chercheurs pensent que le recul actuel des glaciers serait influencé par un épisode fort d'El Niño ayant eu lieu... dans les années 1940 ! Mais on ne sait pas du tout quelle était la forme de la calotte à cette époque », illustre Frank Pattyn, glaciologue à l'Université libre de Bruxelles.

Deuxième défi : les processus en jeu ne sont pas linéaires. La déstabilisation des glaciers peut être déclenchée soudainement. Une fois passé un certain seuil de réchauffement global, cela peut entraîner ce qu'on appelle un point de bascule climatique. Par exemple, lorsque la fonte fait reculer le glacier, il peut atteindre un point où la pente du socle rocheux sur lequel il repose devient défavorable. Le glacier est alors irréversiblement entraîné en arrière, même si le réchauffement était miraculeusement interrompu.

Les inconnues sous la glace

Ce mécanisme d'instabilité de la calotte marine, appelé Misi (pour Marine Ice Sheet Instability), est bien connu, mais de nombreuses incertitudes entourent le moment de son déclenchement puis sa vitesse. Comme le devenir des plateformes de glace flottante : ce terme désigne la glace qui flotte sur l'océan, au bord des glaciers du continent et y est rattachée. Elle agit un peu comme un contrefort et aide à stabiliser le glacier, mais ces plateformes sont elles-mêmes instables et leur rupture incertaine…

La température à laquelle les scientifiques estiment que ces points de bascule peuvent être franchis est elle-même entourée d'incertitude. Une étude publiée en mai 2025 dans Communications Earth & Environment estimait ainsi que la limite de 1,5 °C de réchauffement était déjà trop élevée pour éviter ces points de bascule et une élévation de plusieurs mètres du niveau des mers dans les prochains siècles.

Pour mieux anticiper ces phénomènes, les glaciologues doivent réussir à modéliser ce qu'ils ne peuvent pas voir. C'est-à-dire ce qui se trame sous cette calotte, parfois épaisse de plusieurs kilomètres, et dont seule la surface est observable par satellite.

« La glace est un matériau visqueux, un peu comme du miel. Plus elle est chaude, plus elle s'écoule facilement. Mais on n'a aucune information sur son état sous la surface lorsqu'on se rapproche du socle rocheux. À quel point elle se réchauffe en divers endroits sous l'effet de la friction, de la pression, des flux géothermiques venus de la roche ? » questionne Hélène Seroussi.

Anticiper l'évolution du glacier implique de comprendre la déformation interne de la glace, mais aussi son glissement sur la roche, donc la nature et la morphologie de cette roche, la présence éventuelle de sédiments ou d'eau liquide. Autant d'inconnues avec lesquelles doivent composer les scientifiques pour concevoir leurs modèles de glaciers.

L'hypothèse Mici : très improbable mais très grave

Et encore, à ces incertitudes dans les processus connus s'ajoute l'incertitude de processus hypothétiques. C'est le cas de l'instabilité des falaises de glace ou Mici (Marine Ice Cliff Instability). À ne pas confondre avec le Misi évoqué plus haut...

Ces deux acronymes désignent deux types d'instabilité différente de la glace. Le Misi concerne le risque d'effondrement des plateformes de glace, qui flottent devant le continent. Mais en l'absence de celles-ci, les falaises de glace qui constituent l'extrémité des glaciers, face à l'océan, seraient fragilisées et pourraient à leur tour s'effondrer. C'est ce que désigne le Mici.

Ce dernier est à la base des estimations les plus pessimistes, qui envisagent 1,6 ou 2 mètres d'élévation du niveau des mers en 2100. « C'est un processus très controversé, qui a été proposé par un groupe limité de chercheurs, tempère Violaine Coulon, glaciologue à l'Université libre de Bruxelles. Le problème est que ce phénomène n'a encore jamais été directement observé, il reste hypothétique. Et il pourrait être contrebalancé par des phénomènes contraires. »

Ce scénario d'une élévation de 2 mètres dès 2100 faisant intervenir le Mici correspond à ce que les auteurs du Giec appellent un scénario « peu probable mais à haut impact ». En d'autres termes, même très incertains, des scénarios seraient tellement catastrophiques qu'ils mériteraient d'être pris en considération dans les choix ou les évaluations des politiques climatiques.

D'autant que les conséquences du Mici n'ont été modélisées par les chercheurs que pour les scénarios d'émissions extrêmes de gaz à effet de serre. Pas pour le scénario climatique médian sur lequel nous nous trouvons actuellement. Est-il possible que ce mécanisme Mici se déclenche dans un scénario médian, et entraîne une montée des eaux qui dépasse la fourchette des projections actuelles ? « Honnêtement, je ne sais pas répondre à cette question, dit Frank Pattyn. Ce qui est sûr, c'est que la mer va continuer de monter. Une hausse de 1,6 m en 2100 me paraît très peu probable, mais en 2150 ou 2200 cela devient plus plausible. L'important pour s'adapter, ce n'est pas le niveau atteint dans l'absolu, mais la vitesse à laquelle la mer monte. »

Encore des trous dans les modèles

De fait, les scientifiques s'accordent à dire qu'une montée de la mer de 2 mètres est dorénavant presque inéluctable après 2100. Le seuil pourrait être dépassé dès 2120 dans un scénario d'émissions extrêmes de gaz à effet de serre, et atteindre plus de 5 mètres en 2300. Les contraintes d'adaptation pour les générations — pas si lointaines — postérieures à 2100 s'annoncent abyssales.

Quant au risque de mauvaises surprises au cours de notre siècle, il est alimenté par une dernière catégorie d'incertitudes concernant l'Antarctique : celles qui concernent les processus que nous ne connaissons pas du tout, mais que les scientifiques s'attendent à voir surgir à l'avenir.

« On sait qu'au-delà de 2 °C de réchauffement, nos modèles ne sont pas complets. Au-delà de ce seuil, il y aura des processus qu'on ne connaît pas », souligne Benoit Meyssignac, chercheur au Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales (Legos) de Toulouse.

« Il y a des limitations liées à nos capacités de calcul. Et on sait qu'on a de grosses incertitudes sur les interactions avec l'océan, par exemple. Mais on paramétrise nos modèles pour essayer d'intégrer cette marge d'incertitude. On progresse et nos modèles reproduisent de mieux en mieux la fonte observée aujourd'hui », assure Violaine Coulon.

De tous ces éléments ressort tout de même une certitude : nous ne maîtrisons absolument pas les conséquences de nos actes lorsque nous déstabilisons le climat. La gravité absolue des désastres à venir, quelles que soient les incertitudes entourant leur ampleur et leur vitesse, mériterait de servir d'étalon pour jauger de toutes les décisions politiques.

« Même sans inclure les scénarios les plus extrêmes et improbables, 80 cm ou 1 m d'élévation, c'est déjà catastrophique et dramatique », dit Hélène Seroussi. « Cela pourrait être contre-productif de trop insister sur les scénarios extrêmes. Ça nourrit l'argumentaire de ceux qui prônent le recours aux projets dangereux de géoingénierie glaciaire », abonde Violaine Coulon.

Les scientifiques continuent, quoi qu'il en soit, d'améliorer leurs modèles et leurs connaissances de l'Antarctique. Notre capacité à comprendre et appréhender les catastrophes à venir dépendra des moyens alloués à la science, brutalement attaquée par Donald Trump et par un capitalisme radicalisé qui semble s'accommoder du désastre dont il continue de tirer profit.

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Les biocarburants, la grande hypocrisie du lobby aérien

10 février, par Erwan Manac'h — , ,
Les compagnies aériennes promettent une décarbonation grâce aux carburants dits « durables ». Mais le prix à payer pour y parvenir et la croissance du secteur rendent cette (…)

Les compagnies aériennes promettent une décarbonation grâce aux carburants dits « durables ». Mais le prix à payer pour y parvenir et la croissance du secteur rendent cette hypothèse illusoire, selon plusieurs expertises.

4 février 2026 | tiré de reporterre.net

Non, l'aviation ne pourra pas compter sur les biocarburants pour atteindre la « neutralité carbone ». Une nouvelle étudedu Shift Project et de l'association Aéro Décarbo, collectif de salariés du secteur aérien, publiée le 3 février, apporte un nouveau verdict sans appel.

Même en retenant les hypothèses les plus optimistes, il faudrait limiter les déplacements en avion à 1 000 km par an et par personne pour respecter l'Accord de Paris sur le climat. Cela constituerait une rupture radicale avec la tendance actuelle de développement du trafic aérien.

Brûler des plantes en (très) grande quantité

Les carburants d'aviation durables (CAD ou SAF, en anglais) constituent une grande famille regroupant deux principales techniques et une large déclinaison de procédés industriels. La première catégorie consiste à brûler de la biomasse, c'est-à-dire des arbres, des résidus agricoles, des huiles de friture usagées ou graisses animales, des boues d'épuration. L'Europe a exclu les biocarburants dits de première génération, fabriqués à partir de cultures dédiées comme le colza ou l'huile de palme, pour ne pas encourager la déforestation.

Ces « biokérosènes » affichent un rendement particulièrement médiocre : pour parcourir 12 000 km en avion, soit la distance entre Paris et Montréal, grâce à des bio-SAF, il faudrait cultiver une surface équivalente à quatre terrains de tennis, pour une personne, selon les calculs du Shift Project et d'Aéro Décarbo.

Lire aussi :Biokérosène, pellets : ces mégaprojets qui dévorent la forêt

Rappel utile : le raffinage de la biomasse est en tant que tel néfaste pour l'environnement et la combustion de kérosène, fusse-t-il « bio », émet bel et bien du carbone dans l'atmosphère. C'est sur le temps très long que l'opération peut être considérée comme « neutre », lorsque la végétation repousse et capte ainsi du CO2. Au final, « la plupart des biocarburants avancés ont une intensité carbone peu intéressante, sur l'ensemble de leur cycle de vie, voire parfois proche du niveau d'émission du kérosène fossile », résume à Reporterre Jérôme du Boucher, responsable aviation pour l'ONG Transport & Environment (T&E) France.

Lire aussi : Couper la forêt pour faire voler les avions : dans les Pyrénées, la résistance s'organise

Aéro Décarbo et le Shift Project ont analysé l'hypothèse la plus ambitieuse, colportée par les industriels, selon laquelle la France disposerait d'un potentiel de biomasse de 10 millions de tonnes. Pour parvenir à produire une telle quantité, il faudrait construire 30 usines comme le projet contesté d'unité E-Cho à Lacq (Pyrénées-Atlantiques), dont la zone d'approvisionnement en bois couvre tout le quart sud-ouest de la France.

Capter du CO2, moyennant une quantité d'électricité colossale

La seconde grande technique, aujourd'hui marginale mais considérée comme prometteuse, consiste à récupérer du CO2 dans l'atmosphère, en y ajoutant de l'hydrogène, pour produire un kérosène de synthèse, ou e-SAF. Cette solution épargne la biomasse et reste compatible avec les limites planétaires, mais elle nécessite énormément d'électricité. « Ces carburants de synthèse sont incontournables pour avancer sur la décarbonation, sans être pour autant la solution miracle. C'est un des principaux enseignements du rapport conjoint », résume Jérôme du Boucher.

Là aussi, il faut avoir en tête un ordre de grandeur : remplacer l'ensemble du kérosène mondial consommé aujourd'hui par du e-SAF nécessiterait la totalité de l'électricité renouvelable produite dans le monde aujourd'hui, soit un tiers de toute la production électrique planétaire (10 000 TWh), selon les deux associations. Un simple trajet Paris-Montréal nécessiterait 8 000 kWh d'électricité, pour produire le e-SAF essentiel au voyage, soit le double de la consommation électrique moyenne d'un foyer français.

Lire aussi : Stocker le CO2 dans le sous-sol, une diversion pour polluer encore

Produire du e-SAF est également bien moins rentable, énergétiquement, que les autres modes de transport électrique. 1 MWh d'électricité permet de parcourir 5 000 km en voiture électrique et 1 400 km en avion alimenté en e-SAF.

Autre écueil, le procédé coûte extrêmement cher. Sur les onze projets industriels comptabilisés par T&E, aucun ne sera opérationnel avant 2030, faute de rentabilité — et donc d'investissement — pour les majors pétrolières.

Deux tours du monde au cours d'une vie

Le développement à grande échelle des carburants « durables » — qui représentent en 2024 seulement 0,53 % de la consommation mondiale de carburant pour l'aviation — est donc plus qu'improbable, comprend-on entre les lignes de cette expertise qui fait écho à de nombreux travaux similaires avant elle. Sans compter que le secteur aérien n'est pas le seul à lorgner sur la biomasse pour s'imaginer un avenir sans pétrole. Les transports maritimes et routiers, ainsi que l'agriculture, comptent également sur cette ressource limitée.

Les deux associations ont néanmoins joué le jeu jusqu'au bout, retenant des « hypothèses volontairement optimistes » [1] pour évaluer la crédibilité d'une décarbonation du transport aérien grâce aux SAF. Dans ce scénario, les émissions de l'aviation commenceraient par augmenter fortement avant de diminuer, pour rejoindre, en 2050, leur niveau d'aujourd'hui grâce à un remplacement massif du kérosène par des SAF.

Même en imaginant que l'aérien dispose d'une électricité renouvelable en quantité illimitée — ce qui est impossible —, cette projection nous ramène à une idée qui fait largement consensus : le trafic aérien doit baisser, fortement, le plus rapidement possible. Au moins 15 % de baisse d'ici cinq ans pour limiter leréchauffement climatique à +1,7 °C, selon Aéro Décarbo et le Shift Project. « Le choix devient explicite : maintenir les perspectives de croissance annoncées par le secteur ou respecter les objectifs climatiques », écrivent les experts.

La limitation du trafic est le « seul levier qui n'apparaît pas dans leur feuille de route »

En refaisant leurs calculs avec des hypothèses plus crédibles de développement des SAF [2], les deux associations estiment que le trafic aérien devrait diminuer de moitié pour atteindre la neutralité carbone en 2050. C'est loin des estimations du secteur (1,1 % de croissance par an) et de la tendance constatée (+3 % par an).

« La limitation du trafic reste un gros tabou pour le secteur aérien. C'est le seul levier qui n'apparaît pas dans leur feuille de route, alors que toutes les études indépendantes montrent qu'elle est nécessaire », dit à Reporterre Alexis Chailloux, responsable aérien au Réseau Action Climat. « Ils ne peuvent pas se permettre d'anticiper une baisse, car leur modèle économique est fondé sur la croissance. Leurs actionnaires ne permettraient pas un autre scénario », dit Jérôme du Boucher.

Un voyage en Australie tous les 30 ans

Diviser le trafic actuel par deux, « c'est rejoindre le niveau de trafic de l'an 2000, qui était tout de même une période où nous voyagions en avion », souligne Timon Vicat-Blanc, d'Aéro Décarbo. En imaginant que chaque personne, dans le monde, puisse avoir un accès équitable à l'aviation en 2040, chaque individu pourra parcourir 1 000 km par an, contre 3 000 en moyenne aujourd'hui pour un Français. Cela représente un aller-retour Paris-Montréal tous les douze ans, un voyage en Australie tous les trente ans, ou deux tours du monde au cours d'une vie, écrivent le Shift Project et Aéro Décarbo.

Un lobby très puissant

Un tel tableau n'empêche pas les acteurs du secteur aérien de nourrir le mirage d'une aviation décarbonée, sans stagnation du trafic. Avec succès : alors que l'aérien est l'un des rares secteurs dont la contribution au réchauffement climatique continue d'augmenter année après année, la Stratégie nationale bas carbone, feuille de route de la France pour atteindre la neutralité carbone en 2050, prévoit une augmentation des émissions de gaz à effet de serre entre 2023 et 2030 de l'aérien international (17 contre 18 MtCO2e), « à rebours de tous les autres secteurs », souligne le Réseau Action Climat.

« Les lobbies du secteur sont très puissants et ont la promesse facile. En 2007, l'Association du transport aérien international (Iata) nous promettait 10 % d'incorporation de SAF en 2017. Nous sommes à peine à 1 % aujourd'hui. C'est à se demander pourquoi les gouvernements continuent de croire à ces beaux discours », dit Alexis Chailloux.

Le lobby déploie désormais des efforts pour tenter d'affaiblir les critères de durabilité des SAF, afin de faciliter leur développement quitte à les vider de toute cohérence écologique. Il a abandonné la promesse de faire voler des avions à l'hydrogène et le mirage de l'avion électrique ; promet de nombreux projets d'extension aéroportuaire [3] et milite activement contre toute augmentation de taxe.

Pour inverser cette tendance, le Shift Project et Aéro Décarbo formulent, avec leurs mots feutrés, des propositions radicales : interdire les programmes de fidélité des compagnies aériennes ; réguler la publicité pour l'avion ; augmenter les taxes sur les billets d'avion ; instaurer des quotas ou taxes sur le CO2, sur le kérosène ou sur les kilomètres parcourus à l'échelle individuelle ou/et des entreprises ; limiter la taille des aéroports ; supprimer les liaisons disposant d'alternatives efficaces…

Un an et demi avant l'élection présidentielle, les deux associations soulignent que des « arbitrages sociétaux forts » sont nécessaires.

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