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Fiscalité municipale : le rapport Jérôme-Forget et Marceau rate sa cible
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec) déplore qu'on présente les travailleuses et travailleurs municipaux comme faisant partie du problème dans le Rapport sur la fiscalité et les finances municipales rédigé par Monique Jérôme-Forget et Nicolas Marceau pour l'Union des municipalités du Québec (UMQ). Bien que le rapport pose certains constats justes sur les défis auxquels font face les municipalités, le SCFP-Québec estime que les auteurs font fausse route lorsqu'ils s'attaquent aux conditions de travail des employés municipaux.
En laissant entendre que les travailleuses et travailleurs seraient une cause importante des difficultés financières des municipalités, le rapport tente de leur faire porter le poids d'un problème dont ils ne sont pas responsables.
« Le problème du financement municipal, ce ne sont pas les travailleuses et travailleurs. Les employés municipaux ne sont pas responsables de l'élargissement des responsabilités des villes, de la crise de l'itinérance, des coûts liés aux changements climatiques ou de la hausse des contrats privés. Avant de leur faire porter le chapeau, il faudrait regarder sérieusement où va l'argent », a déclaré Robin Côté, président du Conseil provincial du secteur municipal du SCFP-Québec.
Selon le SCFP-Québec, deux grandes réalités sont pourtant absentes du rapport. La première est la sous-traitance, qui demeure la grande oubliée de cette analyse. Dans plusieurs municipalités, des travaux qui pourraient être réalisés à l'interne sont confiés au privé, souvent à coûts élevés, alors que l'expertise existe déjà dans les équipes municipales. Le recours grandissant à la sous-traitance affaiblit les services publics, entraîne une perte d'expertise à l'interne et contribue à une hausse des coûts pour les contribuables.
La deuxième réalité absente du rapport est la multiplication des postes de gestion. Dans plusieurs municipalités représentées par le SCFP, on observe une croissance du nombre de cadres et de gestionnaires, parfois pour superviser de très petites équipes. Pendant que l'on remet en question les conditions de travail des employés qui donnent directement les services à la population, le rapport reste silencieux sur cette inflation administrative.
« Les travailleuses et travailleurs municipaux sont au cœur des solutions. Ce sont eux qui possèdent l'expertise terrain nécessaire pour entretenir les infrastructures, assurer la qualité des services publics et répondre aux nouveaux défis auxquels les municipalités sont confrontées », renchérit Roxane L'Abbée, coordonnatrice du secteur municipal au SCFP-Québec.
Le rapport souligne avec raison que les municipalités doivent composer avec une augmentation importante de leurs responsabilités sans revenus équivalents, notamment en raison des coûts liés à l'adaptation aux changements climatiques, de la crise de l'itinérance, de l'état préoccupant des infrastructures et de la hausse des coûts des contrats.
Pour le SCFP-Québec, il est clair que le gouvernement du Québec doit faire sa part et donner aux municipalités les moyens de répondre adéquatement aux besoins de la population, entre autres en assurant un financement nécessaire pour l'entretien, la réparation et l'amélioration des infrastructures.
Mais une chose demeure claire : on ne réglera pas les défis du monde municipal en s'attaquant aux conditions de travail de celles et ceux qui font vivre les services publics au quotidien.
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États généraux du syndicalisme : votre point de vue compte
Comme vous le savez, les États généraux du syndicalisme, qui regroupent les neuf principales organisations syndicales du Québec (APTS, CSD, CSN, CSQ, FTQ, FAE, FIQ, SFPQ et SPGQ), constituent une démarche collective essentielle pour réfléchir à l'avenir de notre mouvement.
À la suite du colloque récent, les personnes participantes ont pu prendre connaissance de la synthèse des consultations menées partout au Québec à l'automne dernier. Une nouvelle étape s'ouvre maintenant : celle de valider et d'enrichir les pistes d'action qui en ont émergé.
C'est dans ce contexte que nous faisons appel à vous. Nous vous invitons à prendre quelques minutes pour compléter ce sondage en ligne. Merci de répondre d'ici au jeudi 4 juin 2026.
Votre participation est importante. Elle contribuera à orienter les actions à venir, afin de renforcer la solidarité et d'adapter nos pratiques syndicales aux réalités du monde du travail.
Le sondage est anonyme, ne recueille aucune donnée personnelle et prend moins de 10 minutes à compléter. La navigation se fait à l'aide des boutons « Suivant » et « Précédent » situés au bas de la page, et les questions marquées d'un astérisque (*) sont obligatoires.
Si vous rencontrez des difficultés techniques, vous pouvez contacter l'administrateur à l'adresse suivante : etatsgenerauxsyndicalisme@gmail.com.
Merci de votre participation à cet exercice tellement important.
Jennifer Genest
Pour l'équipe FTQ des États généraux du syndicalisme
jgenest@ftq.qc.ca
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L’IAG générative ne fait pas que voler des images, elle assassine des carrières
Le Regroupement pour l'Art Humain (RAH) tient à manifester tout son appui aux illustrateurices, bédéistes et artistes de tout le milieu des arts visuels dont l'identité artistique a été clonée par 𝗹𝗲 𝗿𝗲́𝗰𝗶𝗱𝗶𝘃𝗶𝘀𝘁𝗲 𝗲𝗻 𝗹𝗮 𝗺𝗮𝘁𝗶𝗲̀𝗿𝗲, 𝗠𝗮𝗿𝘁𝗶𝗻 𝗧𝗿𝗲𝗺𝗯𝗹𝗮𝘆. Nous sommes tous illustratrices et illustrateurs et nous pouvons imaginer le choc que ce doit être de retrouver le fruit de décennies de travail, volé puis réduit dans notre dos à une équation algorithmique pour générer des contrefaçons sur demande à partir de requêtes. On n'est plus dans le vol, mais bien dans l'usurpation d'identité. Voilà jusqu'où l'IA générative est prête à nous mener.
Depuis quelques années, nous assistons au pillage à échelle industrielle du travail de millions d'artistes à travers le monde pour entrainer les IA génératives. Une entreprise dont le but est de les remplacer par quelque chose de moins cher en s'appropriant illégalement leur expertise.
Dans le cas des artistes visuels, ce sont des portfolios entiers qui ont été digérés par cette machine à imiter. Or, un portfolio, c'est bien plus qu'une simple pile d'images. C'est le condensé de l'expertise d'un artiste. Voler un portfolio, c'est cloner à son insu l'ADN d'un créateur, le dépouiller du brevet de son œuvre, lui voler son style, sa signature graphique, voire son identité d'artiste et une partie de son âme.
Aujourd'hui, derrière une forme d'aveuglement volontaire, ce piratage permet à des agences publicitaires, des designers, des directeurs artistiques, des institutions culturelles, des éditeurs de générer des images à partir des portfolios usurpés à des artistes, dont des Québécois, ceux qu'ils engageaient autrefois pour effectuer le travail.
L'IAG générative ne fait pas que voler des images, elle assassine des carrières.
Illustration signée Mathilde Cinq-Mars Illustration=AZYzenApX_5FIhHIDHbkyPfAIYE72BUHiUqZahK_MddBPL-HTARn5zTprwsUMhHlm_mJm1Phi_pAYxZeWMbLVRsydNK_czmqe34Ev8gxmU9YnGmXzAsALahVC0-jGds3P0PL6ROOOR2ASG1aFsa23ppU89EwMa3JpblxSD1J5TLlmEY6get4sysBlRj5JZ8Y_oUmJmYexWQqZpUVkqpJ9Oah&__tn__=-]K-R]

Comment faire de son passage en prison, une œuvre d’art ?
(Résumé et suppléments de la conférence à laquelle j'ai participée au Salon International de l'Édition et du Livre de Rabat, le 9 mai 2026, sur le thème « Écrire, dialoguer, appartenir », en compagnie de l'écrivain Mustapha Fahmi, modérée par Mhani Alaoui.)
Je ne dirai jamais assez tout le bien que je pense de La Beauté de Cléopâtre de Mustapha Fahmi. Un livre qui vaut vraiment le détour. Essentiellement, il pose une question immense, shakespearienne. Comment faire de sa vie une œuvre d'art ?
Cette question a été la mienne durant 35 ans. Dans un contexte et un endroit particuliers qui m'ont servi, en quelque sorte, d'atelier. C'est derrière les murs d'une prison que j'ai construit, au fil du temps, un beau laboratoire de création, d'écriture, de dialogue, avec l'objectif de redonner aux détenus un sentiment d'appartenance. Une appartenance d'une autre nature que celle qui les a amenés en prison. J'ai accompagné les détenus dans leur cheminement avec la même question. Mais adaptée à l'endroit et au contexte carcéral, je devais lui apporter une petite nuance.
Au départ, mon outil de travail était un micro. Et le résultat de chaque rencontre avec les détenus donnait lieu à une émission de radio fondée sur une idée simple. Donner voix à des sans-voix dans le cadre d'une émission radiophonique où des gens connus et populaires venaient écouter des hommes inconnus et impopulaires. Je me demandais alors simplement, comme journaliste, qu'est-ce qu'un détenu peut dire devant un micro de radio ? Que peut-il m'apprendre sur la prison ?
Et puis, très vite, dès la première rencontre, quelque chose est arrivé. Ce sont les détenus qui m'ont amené à transformer une question journalistique en une autre, plus intéressante. Comment l'art, la culture et la création pourraient-ils contribuer à l'épanouissement d'une personne incarcérée ? Un peu plus tard, la question deviendra plus théâtrale, shakespearienne, existentielle. Comment faire de son passage en prison une œuvre d'art ?
Faire une œuvre d'art de son passage en prison suppose un grand effort d'imagination. L'imagination, ce n'est pas ce qui manque en dedans. Les prisons sont des fabriques de création qui tournent 24 heures sur 24. Mais sans encadrement, sans orientation, sans programmes, l'imaginaire des détenus ne les amène pas nécessairement là où il faut pour réintégrer une vie socialement plus acceptable. Voilà pourquoi, le 11 décembre 1989, je suis arrivé à la prison de Bordeaux avec un micro de radio, pour essayer de donner un certain sens à cette imagination.
Dix jours après la chute du mur de Berlin. Pendant que des Allemands de l'Est et de l'Ouest célébraient leurs retrouvailles, moi, je franchissais le mur de la prison de Bordeaux, à Montréal. La plus grande prison du Canada. Une des plus emblématiques en Amérique du Nord.
On m'a conduit dans une grande salle que je trouvais un peu sombre, un peu lugubre. Ce n'était pas encore un studio, encore moins un théâtre. Avant que je puisse installer mon matériel d'enregistrement, un détenu se précipita sur le micro. Il s'isola dans un coin et commença à parler. Doucement. Comme au confessionnal. Nous étions plusieurs à observer la scène. Fascinés. Moi, un peu agacé, puisque le micro n'était pas branché. Je sentais déjà que je n'étais pas là seulement pour rapporter, pour enregistrer. Peut-être étais-je là pour autre chose.
Cet homme parlait au micro comme on parle à quelqu'un. Puis sa voix monta. Elle se transforma. Elle devint urgence. Il se mit à crier. Il exigeait du micro qu'il fasse apparaître un dentiste, avec une intensité digne d'une tragédie grecque. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit. Un gardien apparut. Il appela son nom. Debel que les gars appellait affectueusement, Débile. Surpris, l'homme ouvrit grand les yeux. Déjà. Le gardien ajouta un mot. Dentiste.
Silence. Puis révélation.
Cet homme venait d'inventer une stratégie. Un monologue. Une performance. Un cri organisé. Il nous avait joué un tour, il nous avait fait marcher. Il avait fait, avec un micro non branché, un tour de magie. Une œuvre, une petite œuvre. Il y avait dans ce premier jeu de micro un potentiel à exploiter et un monde imaginaire à explorer.
Plus tard, les choses allaient prendre forme. Avant les séances d'enregistrement, avant d'être branchée à un micro, avant d'être diffusée, la parole des Souverains devait d'abord être pensée. Écrite. Préparée. C'est de cette façon que l'écriture est devenue une étape de création fort importante.
Et dans ce processus créatif, l'écriture allait s'imposer comme une évidence, autant pour les détenus que pour moi. Avant de parler, il fallait écrire. Pour dire juste, il fallait d'abord chercher. Et cette recherche passait par les mots. Souverains anonymes est née, beaucoup plus qu'une émission de radio.
Je n'étais ni professeur de littérature ni écrivain installé. J'étais journaliste. J'avais beaucoup écrit, oui, mais sans imaginer que cela me servirait là, dans cet endroit où les mots sont souvent enfermés avec les hommes. Souverains anonymes est née, beaucoup plus qu'une émission de radio.
Un jour de 1992, un autre de mes Souverains, Stéphane, avait beaucoup de larmes et pas assez de mots pour dire tout le chagrin d'avoir été quitté par sa blonde. Comme il était particulièrement démonstratif, je l'ai invité à écrire son chagrin au lieu de déverser toutes ses larmes sur mon épaule. Avec quelques papiers et un crayon, il s'était installé dans un coin de la salle et, en quelques minutes, il venait de noircir trois pages. « Elle est partie », répété une centaine de fois, et une dernière phrase en guise de conclusion. « Je la retrouverai à ma sortie. »
Il n'arrivait pas à dire plus. Mais dans cette répétition obsessive, je trouvais qu'il y avait là la matière d'une histoire à raconter. Pour lui donner un exemple de ce qu'il pourrait faire avec ces deux phrases, je me suis permis de développer son idée en quelques vers.
J'ai levé les yeux au ciel
Et j'ai vu naître une étoile
Elle était unique et très belle
Tous les soirs, je la contemplais
Par des soirs gris, elle se cachait
Quand je lui parlais, elle réapparaissait
Une fois, j'ai passé la nuit à la chercher
Elle était partie vers une autre galaxie
Le ciel est plein d'étoiles
Mais la plus belle est partie
Elle est peut-être sur terre
Je la retrouverai à ma sortie.
Quelques instants plus tard, Stéphane criait son poème à qui voulait l'entendre partout dans son secteur. Même les gardiens tendaient l'oreille. Il ne pleurait plus. Il jubilait d'avoir trouvé les mots pour dire son chagrin et son espoir.
Mais à force de crier les mots du poème, Stéphane a provoqué chez d'autres détenus un étrange sentiment d'identification, d'appartenance. La plupart des détenus avaient vécu l'expérience d'être quittés, abandonnés par leurs femmes, et voilà qu'en quelques mots ils se sentaient représentés. Ce petit et modeste poème a connu un destin inattendu. Il a été vendu, revendu, dans une vente aux enchères aux prix de petits morceaux de hachich. Le plus offrant a eu le privilège de le dire de sa propre voix devant un micro et un invité. Plus tard, quand j'ai appris le stratagème, j'ai exigé qu'on reconstitue devant moi la scène de la vente aux enchères d'un poème.
Aussitôt, j'ai lancé un concours de poésie à l'ensemble de la prison. Quatre ans plus tard, je me suis retrouvé avec quelque mille textes. J'en ai affiché quelque deux cents sur les portes des cellules. Quand les gardiens faisaient leur tournée le soir avec leurs lampes de poche, ils tombaient sur des poèmes et, pendant quelques instants, ce sont les détenus qui libéraient les gardiens.
De cette abondance de textes, un album de chansons est né, Libre à vous, ou on peut entendre des voix de chanteurs connus interpréter les paroles des hommes de passage en prison. Il suffisait d'écrire pour faire de son passage en dedans une œuvre d'art.
— -
J'ai passé 35 ans de ma vie à encourager l'écriture de chansons et de poèmes en prison. J'ai fait le choix de ne diffuser de cette imagination fertile des détenus que ce qui brille, ce qui prépare une belle sortie, ce qui augure d'un bel avenir, ce qui raconte de belles histoires. J'ai fait entrer la culture en prison par des artistes importants pour donner aux détenus un sentiment d'importance, pour qu'ils cultivent l'estime de soi, pour qu'ils entament un chemin de guérison, pour qu'ils se débarrassent du réflexe victimaire qui les habite depuis l'enfance, pour que leur imagination et leur création soient au service de leur épanouissement, pour qu'ils apprennent à construire une parole responsable, pour qu'ils se sentent appartenir au monde.
Et à force de rappeler à ces hommes ce qu'ils ont de beau et de bien, j'ai souvent été le témoin privilégié de leur transcendance. J'ai vu un détenu réaliser son rêve de devenir ingénieur aéronautique. Je l'ai suivi dans son parcours, passant d'une classe du centre de formation de Bordeaux à un cours à l'université. Je l'ai entendu dans mon programme radiophonique exprimer ses rêves en poésie. Oui, j'ai vu le meilleur se manifester au cœur du pire. J'en parle largement dans le livre Vols de temps que j'ai publié en 2019 à l'occasion du 30me de Souverains anonymes.
Mais j'ai vu aussi le pire se manifester au cœur du pire. J'ai vu l'imagination prendre des raccourcis pour atteindre ce qu'il y a de plus sombre en l'homme. Mais j'ai fait le choix de ne retenir que ce qui brille.
Par exemple, ces paroles qui ont fait l'objet d'une belle chanson composée et interprétée par Michel Rivard. Des paroles écrites par un ancien détenu, un Souverain, un poète et un auteur reconnu, aujourd'hui décédé, Christian Mistral. Comme Jean Genet, lui aussi, il a fait de son très court passage en prison, comme dans ce magnifique poème, un territoire de langage, de théâtre et de métamorphose :
Y'a pas de poésie en prison.
La dame aveugle soupesait
Tout ce que les gens lui disaient
Que j'avais fait, n'avais pu faire
Dans une balance de fer
Où l'innocence et son contraire
L'une dans l'autre se déguisaient
Y'a pas de poésie en prison
Y'a rien qui rime avec la mort
Que le parfum des pendaisons
Qui flotte sous les miradors...
J'ai dessiné des libellules
Des papillons, des femmes nues
Sur tous les murs de ma cellule
Et je leur ai donné des noms
Avant de m'y frapper le front
Mon âme est une plaie décousue
Y'a pas de poésie en prison
Ça nous rendrait trop malheureux
Y'a pas de gazon, y'a pas d'saison
Le temps est immobile et creux
Quand l'acier de la porte claque
Sur mon palais de pénitence
Tout c'que je possède est dans un sac
Tous mes amis ont disparu
Tout c'que j'connais n'existe plus
J'épouse l'ombre et le silence
Y'a pas d'poésie en prison
Les mots sont des bêtes farouches
J'peux pas sauter le mur du son
J'ai des barbelés dans la bouche
— -
J'avais douze ans quand j'ai commencé à écrire. J'écrivais pour ma grand-mère quand la solitude lui pesait. Je lui prêtais des phrases comme on prête une épaule pour s'adresser à son fils, et je m'amusais toujours à en rajouter un peu. Moi aussi, j'aimais mon oncle.
Et puis, à l'école, j'étais ce qu'on pourrait appeler un Cyrano discret. J'écrivais des lettres d'amour pour ceux qui avaient trop peu de mots pour dire leur amour, leur désir, à l'attention d'une voisine ou d'une cousine. Je transformais des silences en déclarations enflammées. Et je dois l'avouer, j'en faisais toujours un peu trop en y ajoutant une petite étincelle. C'était ma manière d'être fidèle et généreux avec le client.
Des années plus tard, j'allais devenir un écrivain public en prison. J'écris pour appartenir, mais surtout pour comprendre.
Mohamed Lotfi
12 Mai 2026
PS : Je remercie mon ami Mustapha Fahmi d'avoir suggéré mon nom pour participer à cette présentation sur l'invitation du Conseil de la Communauté Marocaine à l'Étranger. Merci pour l'accueil. Merci à Mhani Alaoui pour la brillante modération. Je regrette l'absence de Taha Adnan, pour des raisons de santé.
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Renaissance
Dans mon jardin secret
en toute confidence
une graine se nourrit de mes dépendances
grandit à l'abri des regards indiscrets
Dans ma cour intérieure, en floraison
cultivée au fil des saisons
une semence
s'agrippe à mes rêves en dormance
Dans mon champ de regrets
sur ce terrain miné, en retrait
une souche pousse d'un trait
s'abreuve de mon envie éphémère
de sombrer dans mes chimères
Dans mon verger
une essence
en croissance
à protéger
Dans mon corps victime
s'imprime ce que je réprime
s'enracine ce fruit illégitime
Dans ma clairière dégarnie
privée de lumière
s'étiole ma matière première
trop affaiblie pour éclore de son nid
Dans ma forêt vierge d'écueil
avorter entre les branches qui accueillent
tout ce qui me brime
tout ce qui m'abîme
Dans mon cycle lunaire
quand ma flore intime
se régénère
accoucher le jour ultime
Dans mes rimes
de celle qui s'estime
qui s'affirme
ÊTRE sublime
Zaz pitit Dessalines
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Gustave Le Bon (1841-1931)
Quand il s'agit de trouver une unité sémantique pertinente ou appropriée pour désigner un grand nombre de personnes, une myriade de badauds, un attroupement de contestataires, une affluence de sympatisantEs ou d'opposantEs à un événement politique particulier, un groupe d'individus spécifique vivant dans un lieu ou partageant une condition, une origine, une culture, un territoire, etc., la langue française ne manque pas de mots : population, habitantEs, gens, citoyenNEs, demos, résidentEs, nation, peuple, peuplade, ethnie, tribu, pays, État, patrie, communauté, foule, collectivité, société, association, classe, caste, groupement, masse, masse populaire, commun des mortels, grand public, populace, plèbe, vulgum pecus, populus, commun, multitude, public, société, collectivité, association, affluence, cohue, rassemblement, monde, troupe, attroupement, flot, avalanche, cascade, déluge, fatras, flot, flux, infinité, kyrielle, légion, piétaille, myriade, pléiade, profusion, prolifération, quantité, ramassis, lie, tas, torrent, etc.
Ajoutons à cela qu'en termes de classes sociales, on parlait, à une certaine époque – et encore aujourd'hui, mais beaucoup moins – du prolétariat, des travailleuses et des travailleurs salariéEs, des classes laborieuses, des ouvrières et des ouvriers, de la plèbe, des classes populaires, du bas peuple, de la roture, du populo, etc.
De cette longue énumération nous retiendrons ici seulement deux mots : foule et masse. Quelles observations pouvons-nous formuler au sujet de ces deux concepts en vue d'y voir un peu plus clair dans certains comportements aux apparences ou réellement erratiques ou hérétiques, c'est selon et surtout à partir de quel auteur canonique pouvons-nous amorcer et entreprendre notre réflexion critique ? Un nom précis nous vient immédiatement en tête, du moins pour ceux et celles qui s'en souviennent (ou veulent s'en souvenir) : Gustave Le Bon, l'auteur du célèbre ouvrage, aujourd'hui dépassé à certains égards, intitulé La psychologie des foules (1895).
Le présent texte comporte trois parties : dans un premier temps, il sera brièvement question de Gustave Le Bon. Dans un deuxième temps, nous présenterons un bref résumé du livre La psychologie des foules et, dans un dernier temps, avant de conclure, nous tenterons de différencier les notions de foule et de masse.
Gustave Le Bon
Gustave Le Bon (1841-1931) est un homme dont l'existence a chevauché les XIXe et XXe siècles. Auteur prolifique[1], et ce dans plusieurs champs disciplinaires, Le Bon peut être considéré comme un esprit universel. De formation médicale, il a rédigé d'abord des travaux en biologie et en médecine. Il est le fondateur de la Bibliothèque de philosophie contemporaine, dans laquelle plusieurs de ses œuvres, qui portaient sur la politique, la sociologie et la psychologie sociale, ont été publiées. Il a également commis des travaux en physique théorique. La Psychologie des foules est toujours considérée comme l'œuvre d'un brillant précurseur.
Le Bon soutient que la « foule » absorbe, en l'engouffrant quasiment intégralement parfois, l'individu. Il faut, selon lui, envisager l'influence grandissante de ce genre de regroupement d'individus dans un même lieu, car, anticipation qu'il dégageait erronément au début du XXe siècle, « nous entrons » dans l'« ère des foules » :
« Alors que nos antiques croyances chancellent et disparaissent, que les vieilles colonnes des sociétés s'effondrent tour à tour, l'action des foules est l'unique force que rien ne menace et dont le prestige grandisse toujours. L'âge où nous entrons sera véritablement l'ère des foules (en italique dans le texte). » (Le Bon, 2002[1895], p. 2).
Permettons-nous un aparté ici : son affirmation reste toujours à prouver tant l'initiative des dirigeantEs politiques de ce bas monde ne semble pas véritablement ralentie ou réellement érodée par l'action ou (et) les actions des foules et des masses. Passons.
Principalement connu pour ses analyses sur la psychologie des foules, il a été l'un des premiers à avoir étudié comment les comportements humains changent surtout lorsqu'ils agissent en groupe.
Bref résumé du livre Psychologie des foules (1895)
Psychologie des foules est un ouvrage fondateur de la psychologie sociale dans lequel Le Bon analyse les caractéristiques psychologiques propres aux foules, vues non pas comme de simples agrégats d'individus, mais comme des entités dotées d'une « âme collective », capable même de « contagion mentale » (Torris, 1998, p. 429). Le livre est divisé en trois parties qui décortiquent et détaillent l'âme de la foule (Livre premier), les opinions et les croyances des foules (Livre II) et la classification et description des diverses catégories de foules (Livre III).
Le Bon postule d'entrée de jeu que la foule est nettement distincte de la somme des individus qui la composent. Elle constitue une sorte d'unité mentale à dominante fortement émotive conduite par un inconscient collectif (qu'il qualifie « (d')âme » des foules). Cette loi de l'unité mentale des foules (Le Bon, 2002[1895], p. 9) comporte minimalement les particularités et les caractéristiques suivantes : la foule est « impulsive » et « mobile » (p. 18), « irritable » (p. 19), voir même, soutient-il, « féminine » (p. 19). Elle « diffère de l'individu isolé » (p. 11), car elle peut se mettre rapidement à agir sous l'emprise « (d')émotions violentes » (p. 10). Dominée par l'irrationnalité, la foule n'est pas le lieu où triomphe la raison et la réflexion morale. Elle est plutôt le lieu de l'action, voire même l'action brute et parfois brutale. Le Bon la considère comme illogique, irresponsable, excessive, crédule, imprévisible. Elle agit sous l'influence des chefs.
Le Bon est convaincu que la « contagion mentale » est, avec « l'hérédité », à la base des collectivités humaines que sont les peuples, les races (p. 112) et les civilisations (p. 111), lesquels ont, selon lui, une « âme collective » (p. 12). Convenons d'entrée de jeu qu'il s'agit là d'une caractéristique pour le moins difficile à dégager et à établir avec netteté dans les sociétés contemporaines.
Quoi qu'il en soit, il avançait une explication de certains phénomènes sociaux à partir de mécanismes psychologiques. Sa thèse centrale à ce sujet se formule comme suit : le quotient intellectuel individuel baisse dans les foules et certains individus, pris dans le tourbillon de la cohue de la multitude, sont prêts à abandonner les notions de bien et de mal pour un sentiment d'appartenance et de sécurité. Ce qui maintes fois a pu être observé.
Par « foule » Le Bon entend ceci :
« Au sens ordinaire, le mot foule représente une réunion d'individus quelconques, quels que soient leur nationalité, leur profession ou leur sexe, quels que soient aussi les hasards qui les rassemblent.
Au point de vue psychologique, l'expression foule prend une signification tout autre. Dans certaines circonstances données, et seulement dans ces circonstances, une agglomération d'hommes possède des caractères nouveaux fort différents de ceux de chaque individu qui la compose.
La personnalité consciente s'évanouit, les sentiments et les idées de toutes les unités sont orientés dans une même direction. Il se forme une âme collective, transitoire sans doute, mais présentant des caractères très nets. La collectivité devient alors ce que, faute d'une expression meilleure, j'appellerai une foule organisée, ou, si l'on préfère, une foule psychologique. Elle forme un seul être et se trouve soumise à la loi de l'unité mentale des foules (en italique dans le texte).
Le fait que beaucoup d'individus se trouvent accidentellement côte à côte ne leur confère pas les caractères d'une foule organisée. Mille individus réunis au hasard sur une place publique sans aucun but déterminé, ne constituent nullement une foule psychologique. Pour en acquérir les caractères spéciaux, il faut l'influence de certains excitants […] » (p. 9).
La foule est nécessairement composée d'un rassemblement d'individus qui, toujours selon Le Bon, agit sous « l'autorité d'un chef » :
« Dès qu'un certain nombre d'êtres vivants sont réunis, qu'il s'agisse d'un troupeau d'animaux ou d'une foule d'hommes, ils se placent d'instinct sous l'autorité d'un chef, c'est-à-dire d'un meneur.
Dans les foules humaines, le meneur joue un rôle considérable. Sa volonté est le noyau autour duquel se forment et s'identifient les opinions. La foule est un troupeau qui ne saurait se passer de maître. » (p. 69). « L'autorité des meneurs est très despotique […] Ce n'est pas le besoin de la liberté, mais celui de la servitude qui domine toujours l'âme des foules. Leur soif d'obéissance les fait se soumettre d'instinct à qui se déclare leur maître. » (p. 71).
Trois causes agissantes sont à l'origine des métamorphoses qui se produisent chez un ou plusieurs individus dans une foule :
« Diverses causes déterminent l'apparition de ces caractères spéciaux aux foules. La première est que l'individu en foule acquiert, par le seul fait du nombre, un sentiment de puissance invincible lui permettant de céder à des instincts que, seul, il eût forcément refrénés. Il y cédera d'autant plus volontiers que, la foule étant anonyme, et par conséquent irresponsable, le sentiment de la responsabilité, qui retient toujours les individus, disparaît entièrement.
Une seconde cause, la contagion mentale, intervient également pour déterminer chez les foules la manifestation de caractères spéciaux et en même temps leur orientation. La contagion est un phénomène aisé à constater, mais non expliqué encore, et qu'il faut rattacher aux phénomènes d'ordre hypnotique […]. Chez une foule, tout sentiment, tout acte est contagieux, et contagieux à ce point que l'individu sacrifie très facilement son intérêt personnel à l'intérêt collectif. C'est là une aptitude contraire à sa nature, et dont l'homme ne devient guère capable que lorsqu'il fait partie d'une foule.
Une troisième cause, et de beaucoup la plus importante, détermine dans les individus en foule des caractères spéciaux parfois fort opposés à ceux de l'individu isolé. Je veux parler de la suggestibilité, dont la contagion mentionnée plus haut n'est d'ailleurs qu'un effet. » (p. 13).
Le Bon avance que la personnalité consciencieuse des individus s'évanouit au sein de la foule, entraînant une homogénéisation des sentiments et des idées sous l'effet de ces trois causes principales exposées ci-haut, répétons-les à nouveau : le sentiment d'une puissance invincible, la contagion mentale et la suggestibilité. Ce sont ces causes qui sont susceptibles d'expliquer pourquoi la foule adopte parfois des comportements impulsifs, irrationnels, émotionnels et souvent extrêmes. Il souligne que les foules perdent leur capacité de raisonnement critique, elles croient sans preuves et sont sujettes à des sentiments exacerbés sans nuances, ce qui peut les mener tant à des actes de barbarie qu'à des actions audacieuses, courageuses ou des envolées héroïques sous l'influence, dans ce dernier cas, de meneurs charismatiques. À ce sujet, il précise : « Criminelles, les foules le sont souvent, certes, mais, souvent aussi, héroïques. » (p. 15). La psychologie des foules montre ainsi la puissance et aussi les dangers du comportement collectif, révélant un niveau de pensée souvent, tristement, « inférieure à l'homme isolé » (p. 15).
Sur la différence entre masse et foule
La différence entre « masse » et « foule », en sciences humaines et sociales, tient principalement à la nature des interactions et au type de comportement collectif observé.
La foule, selon une pléiade d'auteurs du XIXe siècle, est définie comme un regroupement provisoire d'individus dans un même lieu où lesdits individus perdent souvent leur conscience individuelle et deviennent impulsifs, guidés par des leaders charismatiques ou (et) leurs instincts et leurs émotions irrationnelles. Elle est capable de gestes et d'actions qui vont au-delà de ce qui est autorisé par les normes sociales[2].
La masse est un concept plus large et plutôt ambiguë. Il s'agit d'un « [e]nsemble constitué d'un grand nombre d'individus (en italique dans le texte) d'origine et de position sociales diverses, qui ne sont pas en interactions (en italique dans le texte). Une masse est peu structurée, ses membres sont anonymes. […] En ce sens, la masse se distingue de la foule (en italique dans le texte) qui est un ensemble d'individus rassemblés et en interaction » (Alpe, Beitone, Dollo, Lambert et Parayre, 2007, p. 182).
Il peut inclure les foules mais aussi d'autres formes de regroupements sociaux diffus et moins liés à la présence physique.
La masse désigne donc souvent une population atomisée et parfois désorganisée, où les individus sont psychologiquement fusionnés dans un ensemble unique, perdant parfois leur individualité au profit d'une identité collective. La masse est associée à une notion quantitative à la fois sociologique et psychologique. Les individus peuvent être décrits comme appartenant à une catégorie homogène et où les consciences individuelles sont gommées. On confond ou associe parfois cette notion aux mots suivants : peuple, classes sociales (Grawitz, 1988, p. 247). La rhétorique révolutionnaire souligne l'importance, dans sa lutte pour l'émancipation, de l'action de masse.
La foule est une forme spécifique de masse. Elle a comme caractéristique d'être généralement temporaire et localisée. La masse, par contre, peut être une entité sociale plus large, intégrant des dimensions psychologiques et sociales durables à moyen ou long terme, mais non nécessairement permanentes dans le temps.
En y pensant bien, pourquoi ne pas plutôt en venir à ceci : la masse est à la physique, ce que la foule est à la psychologie… Soyons plus précis. Il est possible de « refouler » une foule, ou de refouler des sentiments, des émotions, pour évoquer un « refoulement ». On ne dit toutefois pas « remasser » ou « remassement ». Mais la masse peut-elle être refoulée ? Oui. Si c'est le cas, la raison d'agir de la sorte envers elle suppose un état d'esprit qui l'habite et va à l'encontre du maintien de l'ordre qui sévissait avant ses « effluves ». En un sens, on dit refouler la masse, justement parce qu'elle est devenue foule (ou folle…). À noter une critique à ce qui vient d'être exposé, toujours au sujet de la masse, puisque le « re » peut être remplacé par un « ra », d'où l'allusion à « ramasser », au « ramassis » et au « ramassage ». Contrairement alors à la foule à disperser par le « re »(fouler) et qui incite même, à l'extrême, au repli dans la profonde intériorité individuelle (en songeant à la psychologie), le « ra »(masser) sert à concentrer, à rassembler les petites choses, et donc à réunir la masse. D'ailleurs, le ramassis désigne, d'après le sens commun, un ensemble de petits éléments, ou de petites unités, jugés sans valeur, mais qui en détiennent justement une parce que devenus une « masse ». Selon le Dictionnaire de l'Académie de la langue française, le « re » (qui inclut le « ra ») peut marquer un retour dans un état antérieur, de la même façon que nous l'insinuons ici.
Ainsi, le corps a besoin d'un esprit pour se mouvoir. La masse, comme corps collectif, demeure statique sans l'esprit de la foule. Et pour créer cet entrain commun, chaque unité de la masse doit joindre sa conscience à celle des autres. Un élément générateur et agitateur sert ensuite à créer une onde qui se répand. D'où l'idée de la contagion sociale que Le Bon peut avoir empruntée des Lois de l'imitation de Gabriel Tarde (1890).
On notera au passage que Le Bon, à la toute fin de son livre, étend, de manière confuse et abusive, le concept de foule à des groupements qui n'en sont pas véritablement (comme « les jurys de cour d'assises » et les « assemblées parlementaires »).
Conclusion
Le Bon a appliqué sa thèse centrale au sujet des foules (qu'il définit comme une unité mentale à dominante fortement émotive conduite par un inconscient collectif) à des événements historiques, débouchant sur une proposition théorique nécessairement controversée mêlant des idées élitistes, racistes, sexistes et également antisocialistes. Nonobstant ces biais, absolument contestables et inacceptables dans sa démonstration, son livre mérite quand même d'être lu tant il comporte certaines intuitions intéressantes dans les différences à établir entre certains concepts comme, entre autres choses, la masse et la foule.
La Psychologie des foules est considérée comme l'œuvre d'un « précurseur à la fois génial et naïf » (Torris, 1998, p. 429). Pour Le Bon, le social ne peut, à lui seul, expliquer le social. Il y a nécessairement du psychologique que l'analyste doit prendre en considération, à l'occasion, dans l'étude et l'analyse de certains phénomènes sociaux, comme les comportements et les exactions des « foules ». Nous le savons, l'être humain est un curieux mélange de rationalité et d'irrationnalité et le peu de rationalité qu'il recèle ne lui permet pas toujours de domestiquer en entier son irrationnalité, surtout dans ces moments où la masse se métamorphose en foule…. C'est quand la foule absorbe et engloutit l'individu, que les pertes de repères et les risques de dérapages sont réels.
Quoi qu'il en soit, c'est plutôt sur une note pessimiste que Le Bon conclut sa démonstration. Il expose en peu de mots sa vision qui relève à la fois du déterminisme rigide et du fatalisme implacable, ce qu'il considère comme le cycle inévitable de la vie d'un peuple : « Passer de la barbarie à la civilisation en poursuivant un rêve, puis décliner et mourir dès que ce rêve a perdu sa force, tel est le cycle de la vie d'un peuple » (Le Bon, 2002[1895], p. 125).
Bref, là comme ailleurs, pour lui comme pour d'autres, « Le rêve passe »… Pourquoi rêver alors ?
Il n'y a pas unanimité sur les violences sociales et politiques – symboliques ou non – qui doivent être condamnées. Nous pensons ici plus particulièrement aux violences économiques que subissent très injustement les personnes qui ont faim et qui ont à peine de quoi dans leurs poches ou leur gousset pour se loger, se nourrir, vivre ou encore survivre. Mais ça, c'est un autre débat, nous dirons certaines personnes membres de la classe dirigeante ou alignées sur les positions de cette minorité dirigeante qui appartient à la société des biens-pensantEs. Ne perdons jamais de vue que derrière la misère des personnes exclues, exploitées, dominées et opprimées il y a les longues racines et les explications, en grande partie ou non, des choix politiques des membres de la classe dirigeante. Il est où, madame ou monsieur le ministre, le bureau des plaintes à ce sujet ?
Le livre de Gustave Le Bon, Psychologie des foules, peut être lu par celles et ceux qui s'intéressent – avant de condamner ce qui les choque ou ne fait pas leur affaire – à certains aspects de la vie collective.
Guylain Bernier
Yvan Perrier
14 mai 2026
12h45
Notes
[1] Georges Le Bon est l'auteur notamment des ouvrages suivants : Traité de physiologie humaine (1875) ; Histoire des origines et du développement de l'homme et des sociétés (1877) ; L'Homme et les sociétés : Leurs origines et leur histoire (1881) ; La Civilisation des Arabes (1884) ; Les Civilisations de l'Inde (1887) ; Les Premières Civilisations (1889) ; Lois psychologiques de l'évolution des peuples (1894) ; La Psychologie des foules (1895) ; Psychologie du socialisme (1898) ; L'Évolution de la matière (1905) ; La Psychologie politique et la Défense sociale (1910) ; Les Opinions et les Croyances (1911) ; La Révolution française et la psychologie des révolutions (1912).
[2] « Foules (théorie des) : Dans la seconde moitié du XIXe siècle, en réaction contre les conséquences de l'industrialisation et celles de l'urbanisation, on a vu apparaître de nombreuses théories annonciatrices du règne inéluctable des foules dans des espaces sociaux atomisés, dépourvus désormais de toute solidarité communautaire. Dans ces ‘‘sociétés'' qui remplacent les ‘‘communautés'' d'autrefois, selon la dichotomie de Tönnies, les structures de sociabilité disparaîtraient laissant les hommes désemparés, solitaires, capables dès lors de s'engager dans n'importe quelle aventure idéologique leur fournissant un nouveau cadre de pensée et d'intégration collective. De Tocqueville annonçant la venue ‘‘d'une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes'' à Taine ou encore Gustave Le Bon, on dénonce la formation de ces foules à la psychologie émotive, prêtes à suivre n'importe lequel des leaders charismatiques, à entrer derrière lui dans des cycles interminables de violence et de mobilisation désordonnée. Dans ce contexte de foule, l'acteur perdrait de suite ses valeurs propres ainsi que sa rationalité en s'abandonnant aux émotions les plus irrationnelles, aux modes de pensée éloignés des traditions solidement ancrées dans le passé. Pour Gabriel Tarde, il se comporterait comme un somnambule dépourvu de toute conscience, suivant les comportements d'autres somnambules et adoptant, par imitation, ses valeurs et ses manières d'agir. » (Hermet,Badie, Birnbaum et Braud, 2015, p. 128-129).
Sources
Alpe, Yvex, Alain Beitone, Christine Dollo, Jean-Renaud Lambert et Sandrine Parayre. 2007. « Masse ». Lexique de sociologie. Paris : Dalloz, p. 182.
Bedin, V. et M. Fournier (dir.). 2008. La bibliothèque idéale des sciences humaines. Paris : Éditions sciences humaines, p. 212-215.
Grawitz, Madeleine. 1988. « Masse ». Lexique des sciences sociales. Paris : Dalloz, p. 247.
Hermet, Guy, Bertrand Badie, Pierre Birnbaum et Philippe Braud. 2015. « Foule ». Dictionnaire de la science politique et des institutions politiques. Paris : Armand Colin, p. 128-129.
Le Bon, Gustave. 2002. (1895). Psychologie des foules. Paris : Quadrige/PUF, 132 p.
Torris, Georges. 1998. « Le Bon Gustave (1841-1931) ». Encyclopaedia Universalis. Paris : Albin Michel, p. 429-430.
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Les Maîtres du chaos
Depuis tous ces siècles à tisser la toile de notre odyssée avec ses 600 ans d'inquisition, 600 ans de colonialisme esclavagiste et le triomphe des régimes capitalistes et autocratiques, si l'on pouvait en occire certains, le couperet tomberait sur le 20e siècle et son successeur le 21e.
Guernica de Pablo Picasso
La fabrique du chaos
Le chaos devient la pierre angulaire de l'hégémonie politique
tuer des milliers d'êtres humains pour la gloriole d'un seul dirigeant
jeter les besoins sociaux dans une poubelle remplie de promesses
créer le chaos pour mieux légitimer la répression
provoquer la colère pour justifier l'autoritarisme
griffonner des décrets pour imposer la soumission
proclamer le chaos comme nouvel ordre mondial
outrepasser honteusement les conventions internationales
cracher du venin sur des civilisations millénaires
cautionner et contrôler les campagnes de désinformation
souffler froidement sur les braises de la haine
militariser la paix pour mieux défendre la guerre
abolir les systèmes de protection réglementaire
laisser les entreprises de l'IA jouer avec notre avenir
déterminer et plastifier des conditions factices du bien-être
hypothéquer sans vergogne les générations futures
décréter arbitrairement des mises à pied de gratte-ciel
créer de la richesse aux seules fins de nantis
patronner fébrilement des réseaux de copinage
instrumentaliser les cycles des crises financières
consacrer mondialement le sacro-saint profit
pérenniser et blanchir les actions des ultrariches
convertir les valeurs universelles en indices des Marchés
troquer le sort du monde sur le parquet des Bourses
tremper les actions boursières dans le calice du capitalisme
La stratégie de la provocation et la tactique de la peur
Semer insidieusement les graines de la peur
embrigader méthodiquement les comportements
glorifier outrageusement les croyances mensongères
diaboliser les faits et la vérité sous le couvert de Dieu
ancrer perfidement les préceptes de la pensée unique
ignorer sciemment les inégalités pour les faire disparaître
masquer magiquement la misère par des statistiques
chloroformer furtivement les voix de la dissidence
javelliser aseptiquement les discours de la critique
diaboliser férocement les idéologies divergentes
balayer honteusement les aspirations légitimes
détruire et détourner la vocation des institutions
bafouer ouvertement les lois et les droits fondamentaux
assaillir frontalement les structures de l'état de droit
« Conquérir la peur est le début de la sagesse ». Bertrand Russel
Les ficelles de la manipulation
Populisme et démagogie sur l'échiquier de la terreur
propagande au menu et servitude au dessert
effacement des enseignements du passé
falsification des faits et vérités du présent
citoyen encagé sous les barreaux de la duperie
consommateur confiné dans ses rêves chimériques
confort hypothéqué et indifférence larvée
règles de justice naturelle sous le joug de l'arbitraire
déchéance morale et triomphe de la corruption
vérité ensevelie et fourberie ressuscitée
fausseté et propagande placardées à la une
pensée de blockhaus et politique de bunker
dignité écorchée au sang et paix arnaquée
« Ils savent que nous savons qu'ils mentent. Et pourtant, ils continuent de mentir ». Alexandre Soljenitsyne
La banalisation de la répression
Liberté de parole censurée et de presse cadenassée
sécurité omniprésente au service du contrôle subversif
écoute de conversations privées et stockage de données
atteinte à la vie privée et surveillance sans frontières
transparence voilée et opacité généralisée
itinérance judiciarisée et bannissement de l'espace public
droit de cité avalé par l'anthropophagie touristique
main-d'œuvre exploitée et esclavage garanti
entassement abject des réfugié-es dans des camps
expulsion illégale et condamnation des minorités
répression brutale des contestations légitimes
emprisonnement illicite et torture banalisée
enfance sacrifiée et guerre injustifiée
massacres et génocides commis en toute impunité
de milliers de personnes tuées sur un ordre banal
féminin singulier atrocement violée au pluriel
violence au quotidien et absence de sanctions
aide magouillée et misère mondialisée
espoirs déchus et illusions perdues
espérance assoiffée et famine provoquée
pillage à grande échelle planifié et appropriation forcée
climat déréglé et réglementation évaporée
« La triste vérité, c'est que la plupart du mal est fait par des gens qui ne se décident jamais à être bons ou mauvais ». Hannah Arendt
Les mystifications du pouvoir
Substituer du pain et des jeux par du McDo et du Football
plagier les créations et usurper les droits d'auteur
subjuguer la réalité par d'ineptes téléréalités
marivauder superficiellement l'amitié et l'amour
instantgrammer les illusions d'un bonheur factice
reconnaître béatement les balises de la médiocrité
magnifier dogmatiquement une démocratie bancale
laisser honteusement libre cours aux autocrates
maquiller sordidement les visages de la tyrannie
tuer à distance par drones pour se donner bonne conscience
invisibiliser traitreusement les souffrances de la guerre
nucléariser l'avenir en radiant le danger de radiations
Le génome de la duplicité et de la répression
En plus des forces dévastatrices de la colère du climat, l'existence de nombreux conflits et guerres et des centaines de millions de personnes vivant dans conditions de vie totalement inacceptables ; le désespoir et la désolation se retrouvent dans tous les coins de la terre. Les vagues d'attaque à la magnificence de la vie par ces impénitents rapaces s'annoncent ignoblement scélérates. Ces exploiteurs du Genre humain, les gérants d'estrade des banques, des conglomérats et des multinationales de tout acabit et des marchands d'armes secondés par leurs vassaux lobbystes ainsi que leurs complices grammairiens de la guerre sont attablés sur les ruines d'un monde en effondrement et conviés à un privé et fastueux festin composé des nourritures terrestres pillées et confisquées sans remords. Tous ces chantres du chaos, pourfendeurs de libertés et actionnaires du premier conglomondiotecnomilitaromérat ont réussi à décoder et exploiter le génome « DR » de la duplicité et de la répression. Ils sont ainsi parvenus à implanter dans un climat délétère, et parfois par la force létale, la banalisation de l'abc de la duplicité composé de l'asservissement, de la bêtise et de la cupidité.
« Il est plus facile de tromper les gens que de les convaincre qu'ils ont été trompés ». Mark Twain
Les piliers du nouvel échiquier dystopique
Ce rêve fou de bonheur et de prospérité qu'on nous a tant vanté et qu'on vante encore, il n'est pas mort. Mais en vérité, il n'a véritablement existé qu'au seul bénéfice d'une minorité de privilégiés car sous les illusions marchandes universelles de la « Mélodie du bonheur » ou de « The Star-Spangland Banner » se cache une angoissante symphonie du chaos, du contrôle et de la misère. Ainsi, en ce terrible premier quart du 21e siècle, la duplicité de ces prédateurs apparaît plus que jamais présente et soutenue par ses dogmatiques piliers : l'ultracapitalisme, la cupidité sans borne, la tyrannie des puissants, les prises d'assaut du pouvoir et les guerres impérialistes. Ils sèment à tout vent les graines de la convoitise et de la haine de l'autre. Cette haine fécondée par sa terrible alliée la peur contribue à déshumaniser les êtres, terroriser les esprits, troubler la paix sociale et embrigader la marche des peuples. Un fait troublant, près des trois-quarts de la population mondiale, soit un peu plus de 6 milliards de personnes, vit maintenant sous des régimes autocratiques. En plus de devoir affronter ces libertariens et ces oligarques affamés de pouvoir et de richesses et armés de leur fer de lance destructeur, nous sommes aux prises avec ces nouveaux techno-oligarques ou prophètes de l'Intelligence Artificielle (AI) qui traficotent notre avenir dans le secret de leur Silicon Valley privée à l'ombre de leur gargantuesques machines Deus ex machina« Dieu sorti de la machine » bouffeuses de données, d'énergie et d'eau. Pire encore, ils mentent effrontément concernant leurs intentions hégémoniques. Tous ces prédateurs et les soi-disant libérateurs poursuivent inexorablement le pillage de nos ressources et l'accélération de la destruction de la planète, les campagnes de camouflage de la vérité et les assauts répétés et violents aux droits humains ainsi que l'oblitération caractérisée des valeurs universelles. Ils veulent établir un nouvel ordre mondial et dont ils seront les seuls maîtres. Ainsi, à partir de maintenant : il n'y a plus de reine, de roi ou de cavaliers sur l'échiquier mondial ; seuls restent des pions mis échec et mat par la stratégie des fous, maîtres du chaos.
La spirale du silence
Cessons d'abandonner l'exercice de nos droits, de dissimuler nos valeurs et d'avoir peur de nos convictions et clamons haut et fort notre dissidence car nous avons le devoir d'agir et disposons du réel pouvoir d'ouvrir nos cœurs et nos esprits. Sinon, nous nous retrouverons à nouveau complices de leur horrible perfidie et coupables de nos frileux silences et de l'abandon de notre empathie sur les honteux sentiers de l'indifférence et de la lâcheté. Certes, nous sommes responsables de notre propre destin éphémère, mais aussi coupables collectivement de non-assistance à de millions de personnes abandonnées dans les méandres de l'incompréhension et de la souffrance et ensevelies dans les fosses communes de l'amnésie planétaire.
Le combat contre le chaos
Combien de temps des générations entières devront souffrir de cette déshumanisation et de l'effondrement de certains pans de notre civilisation. Combien d'autres vont mourir de faim et de maladie ou d'abandon et de désespoir. Combien de victimes innocentes succomberont sous la virulence destructrice des attaques surprises de drones et des bombardements à l'aveugle meurtriers avec pour unique épitaphe des amoncellements de gravats marqués du sceau ensanglanté de la cruauté et de l'indifférence. Quand parviendrons-nous à stopper les politiques cupides, assassines et dévastatrices de ces non-civilisés et d'essoucher les racines profondes de cette abjecte duplicité et intolérable répression humaine et guerrière à échelle continentale ? La réponse est gravée au plus profond de l'incandescence de nos cœurs, de l'illumination de nos pensées, de la colère de nos convictions, de la certitude de nos droits et de la communauté de nos âmes. Il ne tient alors qu'à nous d'effectuer une prise de conscience et d'en faire une lecture bienveillante et partagée pour la suite du monde. Puis, au nom du bien commun et dans un grand élan de solidarité d'avoir la volonté de changement et de créer un formidable assommoir au-dessus de la porte de la muraille de la civilisation humaine. Ainsi, cette solide colonne humaine de résilience pourra alors chasser ces maîtres d'œuvre du chaos qui affichent leurs ostentatoires étendards d'oligarques et d'autocrates semeurs de destruction et voleurs de destinées. Après cela, nous prendrons tout le temps voulu pour panser les plaies, réparer les torts, célébrer ensemble notre triomphe ainsi que la mainmise à nouveau sur nos destinées et la reconstruction d'une civilisation à hauteur humaine. Et souvenons-nous que le changement n'a de sens que s'il apporte à la vie un sens novateur, signifiant, partageable et transmissible.
« La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent ». Albert Camus
Gaétan Roberge
PS Comme le disait si bien Emmanuel Mounier : « Si la politique n'est pas tout, elle est en tout ».
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Coup de fil de Mouloud à Trump
Photo Sonia Mitralias
– Allo, Blond Blond ?
- Moulouuuuud !
– Oui, c'est moi. Ton pote que tu affectionnes particulièrement.
– J'ai reconnu ta touche de farceur.
– Wech ? Il parait que t'as fait une virée au Centre Médical Walter Reed ?
– Yes man ! Mais j'ai la peau dure.
– Je t'avais prévenu, Blond-Blond ! Ta Santé avant tout ! Tu peux me rappeler, Washington c'est pas la porte d'à côté.
– Attends ! J'effectue un dernier lancer : ( Vlaan ! )
– T'es où ?
– Sur le green, my freind, sur le green. Yeees ! PAR ! Mouloud, PAR !
– C'est quoi PAR ?
– J'ai scoré. Tu n'connais pas ?
– Non !
– Il va falloir que je t'invite pour un cours initiatique.
– Je préfère « La Princesse »
– La Princesse ? Ha, ha, ha !
– Tranquillise-toi ! C'est un jeu en Afrique du Nord. Ici c'n'est pas l'affaire Epstein. Chacun y tient à sa moitié. Sacrée boite de Pandore, vos turpitudes mondaines bien arrosées avec feu Jeffrey et les célébrités aux moeurs débridées. Vous êtes les honorables ambassadeurs de la Foi catholique ! Vite le « movie ! »
– T'as fumé un joint Mouloud ?
– Non, bu du Selecto !
– Qu'est que tu racontes Mouloud ? C'est révolu tout ça !
– Eh, j'ai ouï dire que ton défunt Milliardaire aurait une Collection des yeux en verre ?
– I don't know. D'où tiens-tu cette information.
– Un vieux de la vieille. Ferré en politique étrangère.
– Il est où le problème d'entretenir une telle passion, Mouloud ?
( Mouloud simule un toussotement pour souligner l'importance des propos qu'il va débiter avec gravité ) :
– Le problème est que dans sa collection, il n'y aurait que des yeux bleus ou verts !
– Nigauderie ! Mouloud, nigauderie ! Je ne vais pas me fâcher. J'aime ton impertinence.
– Eh, Blond Blond, tu peux me rappeler j'ai un forfait anémié !
– (…)
(Le Président le rappelle, séance tenante)
– Mouloud ?
– Oui Blond-Blond, je t'entends parfaitement.
– Perfect ! Attends ! Je range ma canne…
– Alors si j'ai bien compris, le matin, Mister Trump joue au Golf, et l'après-midi c'est séance Piraterie dans le détroit d'Ormuz ?
– Aaah Mouloud ! You desappoint me !
– Dis-moi ! Ta dysenterie impérialiste sévère et celle des Européens qui nous empoisonnent l'existence, elles s'arrêteront quand, hein ? Quand mettras-tu un terme à ton épandage despotique. Et puis tu nous saoule avec tes Prêchi- Prêcha : « Nous sommes la Nation la plus puissante ! ». On en a rien à fiche de cette domination suintant l'Injustice.
– Mouloud, Mouloud ! Les ennemis de la Démocratie sont une menace factuelle qu'on se doit de combattre quel qu'en soit le prix.
– Et comme par hasard, ces ennemis se trouvent là où il y a du pétrole à pomper, des territoires féconds à conquérir.
– ( Trump botte en touche par un silence pesant )
– Avoue qu'avec l'Iran, tu pognes un nœud ! Il n'est pas aussi malléable qu'il y parait, Blond, Blond ?
– Je l'épuise comme le matador le taureau dans une Corrida.
– Pour le moment ce sont les érudits Mollahs qui te mènent en bateau sur le nucléaire et dans le même temps te dictent les préalables et les clauses sur le détroit d'Ormuz.
– Je vais la gagner cette guerre Mouloud !
– T'es entrain de la perdre à mi-mandat, men ! Comme t'as perdu la traçabilité de l'itinéraire des 440 kilos d'Uranium enrichi à 60 % à Ispahan et Natanz.
– J'obtiendrai la capitulation du Régime des Gardiens de la Révolution et tu verras la suite.
– Eh ! Ton engagement militaire depuis le 28 février avec Bibi au Moyen-Orient, c'est la cigogne au bec coincé dans le goulot de la bouteille !
– Ecoute-moi bien Mouloud ! La circulation dans le détroit d'Ormuz sera rétablie ! J'empêcherai l'Iran de posséder l'arme nucléaire et ma visite en Chine pour des échanges bilatéraux, rebattra géopolitiquement les cartes.
– « D'une pierre deux coups ! ». 17 entreprises chinoises de la high tec' seront implantées « chez toi » pour minimiser les coûts. Sans parler des lourds investissements américains des grands patrons comme Musk, Goldman Sachs, Tim Cook, etc.
– Exactly ! T'as oublié la commande historique par la Chine des 500 avions 737 MAX et une centaine de gros porteurs, 787 Dreamliner et 777.
– Blond- Blond ! T'es pire qu'un un Trou noir ! Revenons à nos tristes moutons ! L'Iran, par la voix de son Parlement, s'est dit hier lundi 11 mai « prêt à toutes les options ! Et que tu seras surpris ! »
– Je crois que tu roupillais quand le sous-marin thermonucléaire USS ALASKA faisait surface à Gibraltar.
– « Ya Latif ! » Ne joue-pas avec ça Blond- Blond ! C'est 100 fois Hiroshima !
– Le cessez-le feu tient à un fil, Mouloud. L'Iran est sous assistance respiratoire ! Je déciderai du jour pour récupérer les poussières d'Uranium et la poursuite du démantèlement de ses capacités balistiques.
– Attends ! Le Régime vient de déclarer être prêt à « donner une leçon en cas d'agression ! »
– Ha, ha, ha ! Ses dirigeants vont céder et je les affronterai un par un jusqu'à la fin ! J'attendais un accord, j'ai eu droit à « UN TORCHON ! » C'est inacceptable est stupide !
– Ils sont comme ça les Iraniens (es) Blond-Blond. On n'est pas au Groenland, ni au Venezuela encore moins à Cuba.
– Cet Uranium, on l'aura quand on voudra !
– Il est sous une montagne, Blond-Blond. Et Poutine vient d'annoncer qu'il a un plan secret ! Alors, je vais de ce pas prendre une rasade de « Selecto » avant l'Apocalypse !
Omar HADDADOU
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Melenchon, la der des der !
Au grand dam d'une Union fragilisée faisant le lit de la Droite et l'Extrême Droite, la Gauche risque de partir en ordre dispersé vers la Présidentielle d'avril 2027. Pas question de parler de Primaire disent les uns (es), pendant que d'autres exhortent « la famille » à un choix commun.
De Paris, Omar HADDADOU
La Gauche face au péril extrémiste !
Mathilde Panot, Présidente pugnace du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale, est formelle. Hier, elle annonçait avec aplomb : « En cas de duel RN-LFI, elle ne croirait pas une seconde à une victoire du Rassemblement National ! »
Par ailleurs, sur un ton excessivement optimiste, son collègue Député abonde dans la même direction : « Mélenchon est le mieux préparé ! ». Faut-il y voir un clin d'œil au futur Président ? Peut-être une vérité sincère, émanant d'un jeune visionnaire doté d'une acuité du sens de discernement politique.
A moins d'un an de la Présidentielle, l'actualité s'emballe en Hexagone, nous susurrant à l'oreille que le Pouvoir est un breuvage succulent à double tranchants.
Jordan Bardella, en couple avec une Princesse héritière d'une grosse fortune, est rattrapé par un scandale de 600 millions d'euros. Avec en toile de fond des manœuvres de corruption, de magouilles et d'œuvres d'art. Voici venu le temps des déballages, bons à prendre !
Le paradigme factuel de la déficience d'une prise de conscience collective en France, rend tout effort spirituel, toute argumentation, lamentablement stérile. La crédulité prospère là où le semis de la diabolisation s'épanouie aisément dans le terreau riche en Minéraux de la peur.
D'où l'impossibilité d'avancer quelque pronostic pour le perchoir du Faubourg Saint Honoré. Les échéances présidentielles dévoilent, d'ores et déjà, des pulsions circonstancielles purement racistes. Le sénateur Bruno Retailleau, tailleur des référendums assassins sur l'Immigration et l'Islam, et son obsession (empreinte carbonée de haine), lorgne l'Elysées.
Idem pour Eric Zemmour (Reconquête) – même son slogan appelle à la colonisation – lui qui a oublié qu'étymologiquement son nom patronymique tire sa quintessence de l'Immigration. Et au-dessus de cette tête de pont amarrée au Bloc central du sémillant Gabriel Attal (Ensemble) et son Chalenger Edouard Philippe, partisan de la ligne gauche, il y a le duo de l'Extrême Droite, Marine le Pen et Jordan Bardella (RN).
Tous deux chevillés à des démêlés judiciaires. Mais, les exclure de cette élection cruciale, conduirait à la conclusion simpliste de vider ce rendez-vous de sa substance. Dès lors, il est fort à parier qu'ils pourraient bénéficier d'une voie de sortie salutaire où d'un atermoiement, taillé sur mesure.
Après avoir savamment entretenu le suspense - stature politique oblige - Jean Luc Mélenchon se lance dans la bataille. Le mentor de La France Insoumise (LFI) déclarait, début mai, à propos de sa candidature : « Nous c'est carré : Une équipe, un programme, un seul candidat ! Nous sommes prêts ! ». De quoi s'interroger sur quel pied son Excellence, François Hollande et son protégé le Premier Secrétaire (PS), Olivier Faure, danseront ? Ce dernier avance à couteau tiré contre son collègue Boris Vallaud. La crise de légitimité, est de toute évidence, endémique à gauche et se cristallise autour des positionnements de François Ruffin (Moi j'y vais), Yannick Jadot, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier, etc. L'irréductible Mélenchon, aura affronté toutes les bourrasques de la vie politique ! Et ce, dans l'unique espoir de faire entendre la voix des vulnérables : Le Peuple ! La diabolisation, distillée par ses rivaux à une strate électorale gogo, assommée à coup d'éthanol, de jeux du hasard et d'hédonisme, aura raison de ses luttes précédentes. Comment la Gauche pourrait- elle circonscrire les amalgames, éteindre les bûchers et briser les gibets « agencés » aux Etrangers (ères), accusés de la faillite d'une gouvernance absorbée par l'interventionnisme et effort de guerre honteusement dispendieux ?
Jean Luc Mélenchon 74 ans Fondateur du mouvement sus-cité, aura fort à faire dans cette course à l'Elysées, prévue entre le 11 avril et le 2 mai 2027. Frappée du sceau de l'incertitude, elle suscite moult supputations. Les quartiers généraux sont à présent sur le pied de guerre.
On dénombre pas moins de 19 candidats (es) en lice. Jamais la vie politique française n'aura connu une telle cohue, un tel à coup spasmodique, émaillé de tiraillements, de trahisons et de combines. Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont les deux grosses pointures à scruter dans ce duel.
Des chevronnés de la politique française, derrière lesquels s'attèlent des prétendant à moindre envergure. A Droite comme à Gauche, les alliances se dessinent et les appels du pied se négocient laborieusement à prix fort. Les ténors se réclament d'une légitimité et les jeunes rivaux, encore sous « biberonnage », ferraillent pour peser dans la balance.
Hier lundi, Jean-Luc Mélenchon catalyseur d'une Gauche en proie à des divergences, a lancé une campagne de « Parrainages citoyens » pour l'échéance d'avril 2027.
Les candidats officiellement déclarés (es) sont :
Edouard Philippe, Nathalie Arthaud, Delphine Batho, Xavier Bertrand, Jérôme Guedj, Marine le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Bruno Rettailleau.
La guerre au Moyen-Orient et son impact sur le quotidien des Français (es), à laquelle le belliqueux et pirate de la ressource, Donald Trump, vient d'accoler, ces dernières heures, un point d'orgue de lancer une offensive, pourrait faire basculer la Présidentielle en faveur de la Gauche !
O.H
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Viols sur les Palestinien.nes : Israël poursuit le New York Times pour « diffamation »
Un article publié le 11 mai par The New York Times a suscité la fureur d'Israël en abordant (enfin !) les accusations de violences sexuelles systématiques commises contre des détenu.es palestinien.nes par les forces israéliennes. L'article, intitulé “The Silence That Meets the Rape of Palestinians” (Le silence qui entoure le viol des Palestiniens), a été écrit par Nicholas Kristof, chroniqueur et grand reporter du New York Times.
Tiré d'Agence média Palestine.
Dans ce texte, Kristof rapporte les témoignages d'anciens détenu.es palestinien.nes affirmant avoir subi des violences sexuelles, des humiliations et des agressions dans des centres de détention israéliens. Il décrit « un schéma de violences sexuelles israéliennes généralisées » contre les Palestiniens commises par des gardiens de prisons, des membres des forces de sécurité et des colons, en s'appuyant sur des témoignages recueillis en Cisjordanie occupée.
Outre les entretiens avec d'anciens détenu.es palestinien.nes, l'article s'appuie notamment sur des rapports d'organisations de défense des droits humains et sur des documents et conclusions d'instances des Nations unies. Des informations largement documentées depuis plus de deux ans par de très nombreux médias internationaux et que l'Agence Média Palestine a publiées à de nombreuses reprises. Mais lorsque ces mêmes informations sont maintenant relayées par le New York Times, journal qui a la réputation d'être plutôt pro-israélien et qui a été pointé du doigt pour avoir facilité de par sa couverture biaisée le génocide à Gaza, cela prend une toute autre dimension.
L'article a provoqué une réaction immédiate du gouvernement israélien. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d'autres responsables ont dénoncé ce qu'ils considèrent comme une « diffamation » et une « calomnie sanglante ». Le 14 mai, le bureau de Netanyahou et celui de son ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar ont annoncé déposer plainte pour « diffamation » contre leNew York Times. « Aujourd'hui, j'ai demandé à mes conseillers juridiques d'envisager l'action en justice la plus sévère qui soit contre le New York Times et Nicholas Kristof », a annoncé sur X jeudi 14 mai Benyamin Netanyahou.
Le quotidien newyorkais a défendu son journaliste et dénoncé une volonté d'étouffer le journalisme. Il a assuré que le travail avait été rigoureusement vérifié, affirmant que les témoignages et documents utilisés ont été recoupés auprès de plusieurs sources indépendantes.
« Le gouvernement israélien tente d'intimider le New York Times en annonçant poursuivre le média en diffamation pour un article sur les abus sexuels commis par des soldats israéliens sur des détenus palestiniens. RSF dénonce une méthode pour étouffer le travail journalistique », a réagi Reporter sans frontières. D'autres organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch ont également exprimé leur inquiétude et estimé que les menaces contre la presse étaient préoccupantes et qu'elles risquaient d'intimider les journalistes enquêtant sur de possibles violations des droits humains. Plusieurs associations de défense de la liberté de la presse ont également dénoncé les pressions exercées contre le quotidien américain.
Lire aussi : “Un autre génocide” : Euro-Med dénonce les violences sexuelles dans les prisons israéliennes












