Presse-toi à gauche !
Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...

La conférence de Porto Alegre et au-delà — Quelques réflexions
Je partage les arguments avancés par les camarades de la Coordination ENSU concernant les modalités et les objectifs de la participation du RESU/ENSU — le Réseau européen de coordination avec l'Ukraine — à la Conférence de Porto Alegre (POA), en réponse aux camarades de la Fédération syndicale Solidaires qui ont contesté cette décision.
25 avril 2026, par SAMARY Catherine
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article78631
« La décision de participer à la conférence de Porto Alegre, qui a reçu un large soutien au sein du réseau, a été prise uniquement en raison de l'opportunité précieuse qu'elle offrait aux milliers de militant.es présents d'entendre directement la délégation ukrainienne composée de syndicalistes et de militants de gauche. Ceux qui ne connaissent que peu, voire pas du tout, la réalité en Ukraine ont pu découvrir sa double lutte – contre l'envahisseur russe et contre les politiques néolibérales du gouvernement – grâce à des militant.es pleinement engagés dans ce combat. »
Je voudrais souligner ici deux séries de points liés aux évaluations manifestement nécessaires de cette conférence de Porto Alegre – qui sont importantes pour les décisions futures.
1) Les objections les plus radicales à notre participation s'accompagnaient d'une prédiction/crainte que notre présence et celle de nos camarades ukrainiens et russes soient purement exploitées par les factions pro-gouvernementales et pro-régime. Cependant, même si elles étaient clairement minoritaires, ces présences et interventions ont compté et ont en partie influencé la déclaration finale, même si ce texte reste, pour nous, manifestement insatisfaisant quant à la condamnation explicite de l'agression de la Russie contre l'Ukraine.
2) Nous devons tenir compte des aspects évolutifs et imprévisibles de cette conférence :
• en particulier, nous devons bien sûr critiquer la présence inattendue, lors d'une table ronde de cette conférence « antifasciste », d'un représentant du régime iranien — une évolution clairement catalysée par l'intensification des positions campistes dans le contexte de la récente flambée de violence en Iran.
• Notre critique de cette présence ne précise pas explicitement ce que nos camarades auraient dû faire sur place : quitter la tribune ? Ou intervenir, comme ils l'ont fait en critiquant explicitement ce régime et en soutenant les luttes menées contre lui et contre tous les régimes oppressifs.
• Nous devons tenir compte du manque de consensus et de clarté dans les débats (au sein des courants de gauche et progressistes) concernant les « concepts » et les notions, et même concernant l'analyse d'un contexte « chaotique », en évolution rapide et confus. D'où l'importance des exigences pratiques : 1) l'indépendance vis-à-vis de tout pouvoir étatique dans l'organisation des futures conférences : d'où l'importance des liens de base avec des organisations progressistes égalitaires dans les pays concernés. 2) Conditions pour des débats pluralistes : nous devons évaluer concrètement si une coalition est envisageable dans le cadre d'une conférence éclectique où nous cherchons à faire valoir nos points de vue sans rester « parmi les convaincus ».
• Nous devons organiser des débats ad hoc sur ce qu'impliquent aujourd'hui les divers régimes d'extrême droite et fascistes ainsi que toutes les formes de néocolonialisme « impérialiste », en nous appuyant sur des analyses concrètes qui donnent la priorité aux voix des représentant.es des populations opprimées plutôt que de partir de débats « conceptuels ». Le critère pour les fronts et les conférences-débats n'est en effet pas un accord préalable sur des « concepts », mais avant tout l'indépendance vis-à-vis des pouvoirs étatiques et la dénonciation de leur répression des associations et mouvements égalitaires.
• Une analyse concrète des convergences et des liens entre les régimes réactionnaires à l'échelle internationale doit être menée, de manière pluraliste, dans le cadre de ces rassemblements internationalistes de la résistance populaire, indépendants de tout pouvoir étatique, contre toutes les formes de « campisme » : « de l'Ukraine à la Palestine, en passant par l'Iran, l'occupation est un crime ». Nous préconisons une telle approche soit comme base pour de futures conférences, soit comme plateforme de collaboration au sein de conférences plus éclectiques où nous estimons que les débats sont possibles et utiles.
Catherine Samary

Investissements de 26 milliards $ de La Caisse en 2025 : le bas de laine des Québécois·es toujours complice des crimes en Palestine
Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal, le jeudi 7 mai 2026 – La Coalition du Québec URGENCE Palestine et Just Peace Advocates/Mouvement pour une paix juste (JPA) rendent publique leur analyse préliminaire du rapport annuel 2025 publié hier par la Caisse de dépôt et placement du Québec (La Caisse). L'analyse révèle qu'au 31 décembre 2025, le bas de laine des Québécois·es investissait 25,6 milliards $ dans 80 entreprises* complices du génocide, de l'occupation, de la colonisation et des violations des droits du peuple palestinien, ce qui représente 4,9 % de son actif total. Après avoir été épinglée dans un rapport de l'ONU, « D'une économie d'occupation à une économie de génocide », en juin 2025, La Caisse maintient largement sa complicité. La Coalition et JPA exigent une action immédiate concernant ces investissements.
Ces entreprises sont dans l'une ou plusieurs des six (6) listes reconnues qui fournissent des informations concernant des entreprises ayant des activités économiques en lien avec les crimes commis par Israël en Palestine : (1) base de données des Nations unies sur les entreprises engagées dans certaines activités de colonisation israélienne dans le Territoire palestinien occupé, mise à jour le 26 septembre 2025 ; (2) AFSC Investigate, incluant Companies Profiting from the Gaza Genocide ; (3) Canada : Stop Arming Israel de World Beyond War ; (4) Who Profits Database of Complicit Companies ; (5) Don't Buy Into Occupation ; (6) Campaign Against Arms Trade.
Investissements complices dans L3Harris et Caterpillar
Au 31 décembre 2025, La Caisse investissait 153,7 millions $ dans L3Harris Technologies, presque 7 fois plus que l'an dernier. L3Harris fabrique des composants qui sont intégrés dans de nombreux systèmes d'armes de l'armée israélienne, notamment dans les bombes air-sol et dans ses avions, chars et navires de guerre. Ces armes ont été utilisées lors d'attaques contre des zones civiles densément peuplées, faisant des milliers de morts à Gaza et au Liban. L3Harris possède plusieurs succursales au Canada, dont une à Mirabel.
La Caisse investit également 377 millions $ dans la compagnie Caterpillar. Cette entreprise a été la cible de campagnes d'Amnistie Internationale et Human Rights Watch pour son implication dans la destruction de milliers de maisons et la construction de colonies illégales en Palestine occupée. Plus récemment, les bulldozers blindés D-9 de Caterpillar ont servi à raser des quartiers et des villes entières lors de l'assaut génocidaire israélien contre Gaza.
WSP aurait quitté Israël
La Caisse est le principal actionnaire de WSP, une multinationale québécoise de génie-conseil, avec un investissement de 4,6 milliards $ en 2025. Pendant de nombreuses années, WSP a été complice des crimes que constituent le maintien et l'expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. Jusqu'à récemment, elle supervisait directement la réalisation de l'extension du train léger de Jérusalem vers les colonies israéliennes illégales de Jérusalem-Est.
En septembre dernier, le magazine d'affaires israélien Globes a annoncé que WSP quittait Israël. Puis, en décembre, la filiale israélienne de WSP a changé de nom, passant de « WSP Consulting Engineers Israel LTD » à « PBIL Consulting Engineers LTD », ou simplement « PB Israel ». Ces changements ne sont évidemment pas sans lien avec la mobilisation locale et internationale visant WSP et La Caisse depuis des années. Toutefois, des zones d'ombre subsistent (voir article Pivot, 24 février 2026). La Coalition et le Mouvement pour une paix juste exigent que WSP et La Caisse fassent preuve d'une complète transparence envers les Québécois·es quant à la cessation complète de toute activité qui viole les prescriptions du droit international en Palestine. Nous demandons aussi à WSP de prendre des mesures concernant les violations des droits humains commises dans le cadre de sa participation à des projets en Palestine occupée, comme le prévoit sa politique en matière de droits humains.
Larges appuis à la campagne de désinvestissement
Depuis le lancement de la campagne Sortons la Caisse des crimes en Palestine le 17 mars 2025, plus de 20 organisations syndicales locales et nationales, dont la CSN et la FAE, ont adopté des résolutions demandant à La Caisse de désinvestir des entreprises complices, en solidarité avec la lutte de libération du peuple palestinien. Cette mobilisation se poursuit et prend de l'ampleur. Des municipalités se sont aussi jointes au mouvement, dont celles de Price, Saint-Cuthbert, Saint-Germain-de-Kamouraska, Saint-Valérien et Sainte-Angèle-de-Mérici.
Citations
« Le droit international interdit de fournir des armes, de la machinerie, de l'équipement, des matériaux, des produits et des services de quelque nature que ce soit qui contribuent au génocide à Gaza, à l'établissement, au maintien ou à l'expansion des colonies israéliennes, au régime d'apartheid israélien et à l'occupation militaire en Palestine. Quand la CDPQ prendra-t-elle au sérieux les activités criminelles des compagnies dans lesquelles elle investit notre argent ? » déclare Raymond Legault, porte-parole de la Coalition du Québec URGENCE Palestine.
« Ce qu'on voit avec la vente par WSP de sa filiale israélienne, c'est que la pression fonctionne. Depuis 2024, la pression ne fait que s'accroître sur la Caisse, et nous allons poursuivre nos actions jusqu'à ce que le bas de laine des Québécois-es coupe tous ses liens avec l'occupation et le génocide en Palestine. » déclare Benoît Allard, porte-parole du collectif Désinvestir pour la Palestine qui a organisé un campement au Square-Victoria, à Montréal, à l'été 2024 pour exiger le désinvestissement de La Caisse.
« Alors qu'Israël continue d'intensifier ses violences génocidaires en Palestine occupée, dans le Golan syrien occupé et au Liban, La Caisse continue de financer ses crimes. Il est grand temps de désinvestir des entreprises qui soutiennent les crimes d'Israël. Même si La Caisse aime à prétendre qu'elle est « indépendante » des activités réelles de ces entreprises complices, elle peut et doit être tenue responsable de ses investissements. Il ne s'agit pas d'un appel moral, mais d'une exigence juridique », déclare Becca Steckle, porte-parole de Just Peace Advocates.
Demandes de la campagne
Nous exigeons que La Caisse entreprenne sans délai les démarches nécessaires pour mettre fin à tous ses liens avec des entreprises complices de violations des droits humains en Palestine. Concrètement, cela signifie :
Exiger de l'ensemble des entreprises ciblées qu'elles cessent toutes leurs activités liées à des violations des droits de la personne en Palestine ;
Advenant un refus, retirer l'ensemble des investissements de La Caisse de ces entreprises.
Nous exigeons également que La Caisse se dote d'un processus transparent de contrôle pour s'assurer qu'aucun de ses investissements présents ou futurs ne soit lié à des violations des droits humains et du droit international. La mise en place d'un tel processus doit se faire en concertation avec la société civile.
Ligne du temps
Ligne du temps complète
30 avril 2025. Analyse du rapport annuel 2024 de la CDPQ par la Coalition et JPA : 27,4 milliards $ dans 76 entreprises complices des crimes contre les Palestinien-nes par Israël.
30 juin 2025. Rapport « D'une économie d'occupation à une économie de génocide », Conseil des droits humains, 57e session, A/HRC/59/23, La Caisse mentionnée au par. 77.
15 juillet 2025. Lettre ouverte de 125 enseignant·es, syndicalistes, étudiant·es et citoyen·nes, Sortez nos caisses de retraite de « l'économie du génocide » (La Presse).
15 juillet 2025. Lettre ouverte de Charles Émond, président et chef de la direction de La Caisse, Nous nous préoccupons de la crise humanitaire en Palestine (La Presse).
16 juillet 2025. Lettre ouverte de 15 expert·es en droit international, Palestine : pourquoi l'ONU a raison et la CDPQ a tort (Le Soleil).
12 mai 2026. Charles Émond répond aux questions des oppositions – Étude des crédits budgétaires 2026-2027 du ministère des Finances, volet Finances, La Caisse.

La Caisse de dépôt : un déshonneur pour tout le Québec !
Lettre ouverte à Monsieur Charles Emond, président et chef de la direction
La Caisse de dépôt : un déshonneur pour tout le Québec !
En tant qu'enseignante retraitée du secteur public en Outaouais, je ne souscris pas à ce que mon épargne-retraite soit liée de quelque manière que ce soit, ne serait-ce que par un seul boulon, au génocide palestinien, génocide actuellement exécuté, comme jamais, à ciel ouvert, à la face du monde entier et en toute impunité. J'ai un haut le cœur à encaisser mon chèque de pension en sachant qu'une portion, soit-elle minime, de mes dividendes, proviendrait d'investissements qui serviraient à construire une cité sur la souffrance incommensurable d'un peuple en cendre ; je refuse qu'un seul sous de l'argent que j'ai investi durant toutes ces années, pour mes vieux jours, puisse aujourd'hui servir à éteindre toute lueur dans les yeux d'humains entassés dans un coin de leur propre terre à Gaza, devenue prison, lieu de famine et de détresse infinie, où une folie sans nom s'est emparée d'un agresseur qui fait subir à l'autre la même horreur qu'ont subi ses propres ancêtres. J'ai le droit d'exiger que la Caisse de dépôt replace immédiatement mon argent ailleurs et je m'attends à ce que la Caisse obtempère. La Caisse de dépôt, jadis notre fierté, est aujourd'hui devenue, pour nous tous et toutes au Québec, un véritable déshonneur.
À noter que tous les enseignant.es du secteur public au Québec, soient-ils retraité.es ou en exercice, se trouvent dans ce même triste bateau, comme nous partageons le même fonds d'épargne-retraite (le RREGOP), géré par ladite Caisse, et ce, à hauteur de quelque 6,5 millions d'autres Québécois.es.
Claire Charron
Enseignante retraitée du Centre de service scolaire des Portages-de-l'Outaouais (2022), La Pêche, Qc
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Chronique d’une gauche en tension
Il y a une polémique au Québec qui m'étonne profondément. Le samedi 2 mai, des milliers de personnes sont descendues dans la rue à l'appel des principaux syndicats pour commémorer le 1er mai. Lors de cette manifestation, un groupe de militant·e·s sous la bannière d'Alliance Ouvrière a défilé avec une guillotine, simulant la décapitation d'un mannequin représentant le ministre de l'Économie.
Les médias se sont rapidement emparés du geste en le qualifiant d'acte violent, et la porte-parole d'un parti de gauche, Québec solidaire, l'a immédiatement dénoncé, ainsi que « toute violence politique ». Aujourd'hui, la Centrale des syndicats du Québec, très présente dans le secteur public, s'est exprimée dans le même sens.
Mais qui sont Alliance Ouvrière ? Il s'agit d'un collectif militant combatif, ancré dans des traditions plus radicales de lutte ouvrière et dans des formes d'action directe. En somme, une organisation qui s'inspire — du moins en théorie et en pratique — de celles et ceux qui ont conquis les droits dont nous bénéficions aujourd'hui.
Alors pourquoi cette critique de leur action symbolique ? Ce qui se passe au Québec reflète une fracture de plus en plus nette entre deux lignes d'action populaire qui ne cessent de s'éloigner. D'un côté, les institutions — syndicats et partis politiques compris — qui recherchent la respectabilité à travers des tactiques modérées, mais dont les résultats concrets sont souvent nuls ou insignifiants. De l'autre, un renouveau des mouvements sociaux qui optent pour la confrontation directe : occupation d'entreprises, soutien aux locataires menacés d'expulsion, recours à des performances provocatrices pour rendre visibles les conflits et porter des messages clairs.
Ces actions ne se traduisent peut-être pas aujourd'hui en victoires législatives, mais elles démontrent une grande capacité à attirer et former de nouveaux militants, en élargissant une base sociale qui s'organise, se politise et apprend à défendre ses droits dans la pratique.
La polémique de la guillotine n'est que l'expression de cette tension. D'un côté, la respectabilité exigée par l'establishment, à laquelle se conforment Québec solidaire et la CSQ pour préserver leur légitimité dans les limites acceptables du système. De l'autre, l'irrévérence de celles et ceux qui confrontent directement les responsables de leurs conditions matérielles, en recherchant non pas l'approbation des élites, mais la légitimité auprès de celles et ceux qui vivent ces réalités.
Les partis de l'establishment, ainsi que les syndicats qui se sont joints à cette chasse aux sorcières contre les jeunes militant·e·s, agissent non seulement contre leurs propres intérêts, mais se couvrent également de ridicule. Se désolidariser de sa base, c'est se placer face à elle — et montrer clairement au grand public qu'on n'est pas digne de confiance. Imaginez que de telles personnes, qui prétendent vous défendre, accèdent un jour au pouvoir : gouverneraient-elles pour la majorité sociale ou selon les diktats de l'opinion médiatique ?
Dans ce spectacle, l'élite est toujours gagnante. Mais peut-être que les militant·e·s le sont aussi : face à ces prises de distance, ils et elles ont suscité des sympathies bien au-delà des cercles restreints où ils étaient jusque-là connus.
Manuel Tapial
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Un PQ au pouvoir perdrait le référendum
Le Parti québécois de Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) va sans doute accéder au pouvoir le 5 octobre prochain, à moins d'un retournement des intentions de vote de dernière minute, fort improbable.
Il sera suivi de près par le Parti libéral de Charles Milliard. On ne peut exclure l'hypothèse d'un gouvernement péquiste minoritaire, surtout si l'on tient compte de la force actuelle du parti conservateur du Québec (14% d'intentions de vote, selon le dernier sondage Léger), ce qui devrait se traduire par un certain nombre de députés à l'Assemblée nationale. Dans ce tableau, Québec solidaire fait piètre figure avec ses 8%.
Par contre, lors du référendum promis par PSPP, une majorité d'électeurs et d'électrices va sans doute voter NON à l'indépendance. Depuis l'introduction de la stratégie référendaire par René Lévesque en 1974, laquelle consiste à séparer l'accès au pouvoir du Parti québécois de sa raison d'être, la souveraineté, le parti a perdu son pari de gagner une majorité d'électeurs à sa cause lors des référendums de mai 1980 et d'octobre 1995, quoique dans ce dernier cas, de peu. Une troisième défaite de l'option souverainiste en 2028 ou 2029 paraît probable, vu le déclin au moins apparent de « l'Option ». Bref, PSPP a toutes les chances de gagner ses élections mais aussi de perdre son référendum.
En dépit de la polémique parfois très vive et qui a entraîné bien des soubresauts politiques entre fédéralistes et indépendantistes depuis 1968, ces défaites paraissent indiquer, en dépit de l'adhésion d'une importante minorité de la population à l'idéal souverainiste, la persistance d'un vieux fond majoritaire canadien-français au sein de l'électorat. Le qualificatif de Québécois aujourd'hui couramment utilisé par les gens du Québec pour se désigner n'implique pas pourtant que ces derniers se voient comme exclusivement québécois au sens de citoyens et citoyennes du Québec. On discerne encore la vieille mentalité canadienne-française qui se profile sous ce terme.
Évidemment, dans le refus majoritaire d'appuyer l'indépendance entrent bien des appréhensions sociales et économiques causées par la crainte d'un conflit majeur et prolongé avec Ottawa en cas de victoire indépendantiste ; et ce d'autant plus que depuis 1981, le Parti québécois, comme la plupart des autres formations politiques représentées à l'Assemblée nationale, adhère au néolibéralisme et donc aux politiques qui en découlent : équilibre budgétaire à tout prix, même au prix de compressions douloureuses et lutte forcenée contre la dette, toujours présentée comme une menace majeure pour l'avenir du Québec. On note une nette coupure entre les attentes des gens sur le plan social et économique d'un côté, et l'orientation budgétaire restrictive, à divers degrés, de la classe politique de l'autre.
Mais conserver l'identité canadienne-française ne signifie toutefois pas adhérer au trudeauisme, avec son nationalisme canadien exalté et sa vision d'un Canada formé d'une mosaïque de minorités, dont les francophones. Il faudrait apporter bien des nuances à l'identité canadienne-française, qui vont d'un nationalisme proche de l'indépendance, à un nationalisme presque canadien. Donc, parmi les adhérents au nationalisme canadien-français il existe bien des divergences qui vont d'une augmentation marquée de l'autonomie du Québec au sein de la fédération au statu quoi constitutionnel. Les indépendantistes n'ont pas le monopole des divisions profondes, il y en a aussi chez les fédéralistes.
Mais les deux options n'en demeurent pas moins incompatibles. Lors du prochain et sans doute dernier référendum sur la question, le résultat sera décisif. La souveraineté-association ne se relèvera pas d'une éventuelle troisième défaite, en tout cas pas dans un avenir prévisible. Toutefois, le long débat indépendantisme-fédéralisme aura marqué l'histoire du Québec et s'incrustera dans la mémoire collective pour longtemps. Et puis, sait-on jamais, il ressurgira peut-être beaucoup plus tard, à un moment inattendu. Les retournements de l'histoire...
Jean-François Delisle
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Début de la commission parlementaire sur le PL23 : les voix des personnes premières concernées ne seront pas entendues
Gatineau, 6 mai 2026— Les audiences publiques de la Commission parlementaire sur le projet de loi 23, Loi visant principalement à mieux accompagner les personnes dont l'état mental pourrait représenter un danger pour elles-mêmes ou pour autrui, s'ouvrent ce matin. Les inscriptions se sont faites sur invitation seulement, et les personnes premières concernées par les enjeux discutés n'ont pas été convoquées.
Le collectif des personnes survivantes de la P-38 est une nébuleuse composée uniquement de personnes premières concernées par les services en santé mentale, mise sur pied à leur initiative. L'intention derrière le collectif est de permettre que la voix des personnes premières concernées soit entendue, et que l'on prenne leur perspective sur les soins et services en santé mentale au sérieux. Elles réclament plus d'écoute, d'accompagnement, d'accueil et de soutien : pas plus de répression et de mesures coercitives.
« L'hospitalisation forcée est très traumatisante. Depuis que je l'ai vécue, j'hésite à demander de l'aide quand j'en ressens le besoin » - une personne du Collectif.
Le projet de loi 23 risque d'augmenter la stigmatisation des personnes qui vivent avec des troubles de santé mentale, en renforçant l'association fautive entre santé mentale et violence. Plutôt que de proposer plus de soins et de services en santé mentale, d'investir dans le système de santé et le milieu de l'action communautaire autonome, d'offrir des alternatives à l'hospitalisation et des suivis dans la communauté, le gouvernement investi dans la répression.
« On veut plus de soins, pas des soins forcés » - une personne du Collectif.
Le Collectif des personnes survivantes de la P38
Droits-Accès de l'Outaouais
ReprésentACTION santé mentale Québec[1]
[1] ReprésentACTION santé mentale Québec est une structure provinciale qui soutient, régionalement, la participation active des personnes utilisatrices de services en santé mentale, en préconisant une prise de parole collective issue d'un processus démocratique.
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Indexation des subventions : Consternation chez les OCASSS
Montréal, le 4 mai 2026 - Le 1er mai, la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles a appris avec consternation que les subventions du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC)
pour la mission globale ne seraient indexées que de 1.8% pour l'année 2026-2027.
Cette nouvelle crée une grande indignation chez les organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux (OCASSS), ainsi que dans l'ensemble du mouvement communautaire. En plus d'être insuffisante pour maintenir la valeur des subventions, ce qui est l'objectif d'une indexation, cette annonce pose plusieurs questions importantes quant à la méthode utilisée et au manque de transparence de l'opération.
Pour mémoire, la Table a obtenu pour la première fois, en 2021, que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) dévoile, dans le cadre de l'étude des crédits budgétaires, la méthode utilisée pour établir l'indexation annuelle des subventions du PSOC. Depuis, les cahiers des réponses du MSSS fournissent la base de calcul du taux d'indexation versé aux OCASSS, la référence statistique utilisée et le calcul effectué par le ministère des Finances. Cela a révélé que celui-ci procède à différents calculs et projections à partir de l'Indice des prix à la consommation (IPC) uniquement, alors que les groupes ne sont pas des ménages.
Les taux d'indexations versés ces dernières années correspondaient de fait à l'évaluation de l'inflation, inscrite dans la Mise à jour économique déposée par le ministre des Finances. Or, ce document de l'automne 2025 permettait d'anticiper un taux de 2.1% et non de 1.8%[1]. « La Table veut connaitre la référence statistique utilisée, le calcul effectué, le nom de l'instance l'ayant établi, ainsi que les raisons ayant mené à la décision de fixer à 1.8% le taux d'indexation appliqué aux subventions du PSOC. Il serait inadmissible de revenir au temps où le taux d'indexation relevait d'une décision arbitraire, qu'elle soit prise par le ministère ou par Santé Québec » s'insurge Stéphanie Vallée, présidente de la Table.
Si la méthode du ministère des Finances a toujours été hautement questionnable, puisque causant l'appauvrissement des groupes, elle était appliquée dans la transparence, ce qui est loin d'être le cas avec le taux de 1.8% récemment annoncé. Pourtant, ces derniers ont à maintes reprises réitéré une proposition des plus pertinentes.
Les OCASSS revendiquent depuis plusieurs années que les subventions soient indexées selon l'Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC), indice qui a été créé en 2023 grâce à un partenariat entre leSAC-UQAM et la TRPOCB. Reconnue par le monde politique, notamment par le Conseil du trésor et la ministre Chantal Rouleau, en vue d'une application à tous les programmes, l'utilisation de cet indice maintiendrait la valeur des subventions, soit l'objectif d'une indexation. « L'ICFC est calculé à partir de statistiques fiables et transparentes et il tient compte des dépenses des OCASSS, dont la majeure partie est constituée de la masse salariale. Le calcul produit un taux de 4% pour les subventions de 2026-2027 », souligne Karine Robinette du comité de coordination de la campagne CA$$$H. « Appliquée sur la subvention moyenne attribuée aux OCASSS, qui environne les 207 000$, la différence entre le 4% d'indexation, selon l'ICFC, et 1.8% est de 4 500 $, ce qui ne couvre même pas la moitié de l'ICFC », dénonce madame Robinette.
La Table demande des explications au ministre responsable des Services sociaux et de la lutte à l'itinérance, Monsieur Lionel Carmant, de même qu'au ministre des Finances, Monsieur Éric Girard et à la Vice-présidente Opérations et Coordination Santé et services sociaux, pour Santé Québec, Madame Maryse Poupart.
Dans une lettre datée du 4 mai, la Table s'adresse à ces trois entités, afin de connaitre les contributions spécifiques de chacune d'elles dans cette décision. « La Table y demande de recevoir sans délai les raisons du rejet de l'ICFC comme base de calcul, ainsi que la référence statistique utilisée, le calcul effectué, le nom de l'instance l'ayant établi, ainsi que les raisons ayant mené à la décision de fixer à 1.8% le taux d'indexation. Faudra-t-il transmettre une deuxième mise en demeure pour obtenir de la transparence » questionne Mercédez Roberge, coordonnatrice de la Table.
L'annonce d'une indexation si réduite créé une onde de choc au sein des OCASSS au moment où ils élaborent leurs prévisions budgétaires pour 2026-2027. Les organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux sont non seulement en droit de savoir à quoi s'en tenir, mais aussi d'obtenir une indexation qui empêche leur appauvrissement.
SOURCE Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB)
Pour consulter ce communiqué de presse en ligne : trpocb.org/reactions-taux-indexation-2026-2027/
À propos
● Stéphanie Vallée est co-coordonnatrice de l'R des Centres de femmes du Québec et présidente de la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles
● Karine Robinette est directrice générale du Regroupement des popotes roulantes du Québec et membre du comité de coordination de la campagne CA$$$H.
● Mercédez Roberge est coordonnatrice de la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles
Fondée en 1995, la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) est formée de 47 regroupements nationaux,rejoignant plus de 3 000 groupes communautaires autonomes à travers le Québec. Ce sont, par exemple, des maisons de jeunes, des centres de femmes, des cuisines collectives, des maisons d'hébergement, des groupes d'entraide, des centres communautaires, des groupes qui luttent contre des injustices ayant des répercussions sur la santé. Ceux-ci représentent les ¾ des organismes communautaires autonomes du Québec et abordent la santé et les services sociaux sous différentes perspectives (femmes, jeunes, hébergement, famille, personnes handicapées, communautés ethnoculturelles, sécurité alimentaire, santé mentale, violence, périnatalité, toxicomanie, etc.).
La Table coordonne de plus la campagne CA$$$H (Communautaire autonome en santé et services sociaux — Haussez le financement). Lancée le 17 octobre 2017, cette campagne vise l'amélioration substantielle du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), au bénéfice de plus de 3 000 organismes communautaires autonomes subventionnés par le MSSS. Les revendications de la campagne CA$$$H sont : l'atteinte de l'équité de financement et de traitement partout au Québec, notamment par l'application de seuils planchers communs et adaptés aux OCASSS, l'indexation annuelle des subventions en fonction de l'Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC) et l'ajout de 1,7 G$ à l'enveloppe annuelle du PSOC (mission globale)
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La plupart des entreprises publicitaires canadiennes refusent les annonces sur le droit à l’avortement
NATIONAL — Un sondage informel mené par la Coalition pour le droit à l'avortement Canada (CDAC) révèle que la majorité des entreprises de publicité au Canada refusent de diffuser une annonce affirmant que « l'avortement est un soin de santé ».
45 % ont refusé et 30 % n'ont pas répondu
Sur 33 entreprises sondées, 15 ont refusé l'annonce et 10 n'ont pas répondu aux demandes. Seulement 8 entreprises ont accepté de la diffuser.
Le sondage a été réalisé à l'automne 2025, en lien avec une campagne publicitaire lancée en mars 2026, comprenant des annonces en français et en anglais (voir le communiqué du 12 avril).
La CDAC a publié uncourt rapport (en anglais) présentant les résultats du sondage ainsi que les réponses de chaque entreprise.
« Nous avons choisi de contacter un grand nombre d'entreprises publicitaires, car il était difficile d' en trouver une prête à diffuser notre annonce », explique Joyce Arthur, directrice générale de la CDAC. « On nous a dit que notre message était trop controversé ou qu'il risquait d'être vandalisé. Une entreprise a même soutenu que les annonces liées à l'avortement créaient un « environnement de marque non sécuritaire » pour sous clients. »
« Neuf entreprises qui ont refusé notre annonce ont précisé qu'elles n'acceptent pas non plus de publicités anti-avortement », ajoute Arthur. La plus grande entreprise d'affichage extérieur au Canada, Pattison Outdoor, a déclaré à la CDAC : « Notre expérience démontre que l'acceptation de messages provenant de l'un ou l'autre côté de cet enjeu entraîne souvent des défis et des disputes qui exigent beaucoup de temps et de ressources à gérer. »
Par ailleurs, plusieurs entreprises ont indiqué être liées par des ententes avec des municipalités ou des propriétaires fonciers qui interdisent les publicités de nature militante ou liées à l'avortement.
« De façon générale, les réponses négatives montrent que plusieurs entreprises souhaitent éviter les complications ou les tensions publiques pouvant découler de ce type d'annonce. Cela reflète la stigmatisation persistante de l'avortement », affirme A.J. Lowik, à la présidence de la CDAC. « Bien que nous soyons reconnaissants envers les huit entreprises qui ont accepté de diffuser notre message, il est préoccupant de constater que tant d'entreprises, ou leurs clients, hésitent à présenter une annonce simple qui énonce un fait. L'avortement est un soin de santé. C'est aussi un droit fondamental que notre société devrait reconnaître ouvertement. »
Abortion Rights Coalition of Canada | Coalition pour le droit à l'avortement au Canada
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Discours d’ouverture : protéger les femmes exige plus que des annonces
À la suite du discours d'ouverture prononcé aujourd'hui par la première ministre Christine Fréchette, L'R des centres de femmes du Québec salue la volonté gouvernementale d'agir pour mieux protéger les femmes victimes de violence, notamment par l'annonce d'une future loi Gabie Renaud inspirée de la loi Clare.
Cependant, L'R rappelle qu'aucune loi ne pourra, à elle seule, mettre fin aux violences faites aux femmes si le gouvernement refuse d'investir sérieusement dans la prévention, le travail de proximité et les conditions concrètes permettant aux femmes de reprendre du pouvoir sur leur vie.
Depuis des décennies, les centres de femmes du Québec travaillent en prévention, en sensibilisation, en accompagnement et en intervention féministe. Chaque jour, ils accueillent des femmes vivant de la violence conjugale, sexuelle, économique, psychologique ou institutionnelle. Ce travail essentiel demeure pourtant sous-financé et insuffisamment reconnu.
« Si le gouvernement veut réellement protéger les femmes, il doit reconnaître que la prévention sauve des vies. Les centres de femmes sont en première ligne depuis longtemps. Il est temps que ce travail soit pleinement financé », affirme Julie Drolet, présidente de L'R.
L'R rappelle également qu'il est impossible de parler de sortie de la violence sans parler de logement. Les ressources d'hébergement jouent un rôle crucial, mais elles ne constituent qu'une étape temporaire. Pour quitter durablement une situation de violence, les femmes doivent pouvoir accéder à des logements disponibles, sécuritaires et réellement abordables.
« Une femme ne peut pas reconstruire sa vie si elle n'a nulle part où aller ensuite. La crise du logement fragilise directement la sécurité des femmes et limite leurs possibilités de quitter des milieux violents. » - Stéphanie Vallée, co-coordonnatrice de L'R.
Enfin, L'R des centres de femmes du Québec demande au gouvernement de respecter pleinement les processus démocratiques parlementaires. Dans un contexte social et politique préoccupant, le recours au bâillon pour le projet de loi no 1 ou tout autre projet de loi constituerait un recul démocratique important.
Les enjeux qui touchent les droits, les conditions de vie et la sécurité des femmes méritent des débats complets, transparents et démocratiques.
À propos de L'R des centres de femmes du Québec
L'R des centres de femmes du Québec regroupe des centres de femmes présents dans toutes les régions du Québec. Les centres de femmes agissent avec les femmes pour améliorer leurs conditions de vie, lutter contre les violences et les inégalités, et bâtir une société plus juste et égalitaire.
Source :
L'R des centres de femmes du Québec
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La prochaine est toujours en vie
La Mouvance et ses membres se sont réunis une fois de plus pour dénoncer le dixième féminicide survenu au Québec depuis le début de l'année 2026. En moins de cinq mois, la violence faite aux femmes continue de frapper avec une intensité alarmante. Nous rendons hommage à cette femme tuée dans un contexte conjugal ou post-conjugal et réaffirmons l'urgence d'agir.
Féminicides : l'inaction gouvernementale tue
– Dix féminicides en moins de cinq mois au Québec.
– Dix femmes assassinées, dont neuf par un conjoint ou ex-conjoint violent.
– Dix familles brisées. Des enfants orphelins. Des proches endeuillés.
Ces morts ne sont pas des tragédies imprévisibles. Elles sont le résultat direct de choix politiques, d'une inaction répétée de l'État et d'un sous-financement chronique des ressources dédiées à la prévention et à la protection des femmes.
Qu'attend le gouvernement pour agir concrètement ?
Combien de femmes devront encore mourir avant la mise en place de mesures structurantes, durables et contraignantes ?
Combien d'alertes faudra-t-il encore pour que la sécurité des femmes devienne une véritable priorité politique, au-delà des discours de circonstance ?
Aujourd'hui, une lettre signée par des femmes fréquentant notre organisme a été remise en main propre au bureau de notre député. Après dix féminicides, il était impératif d'intensifier nos actions. Le silence et l'attentisme ne sont plus acceptables.
Dans notre territoire, faute de maison d'hébergement ou par manque de places disponibles, notre centre de femmes a accompagné cette année 40 femmes victimes de violence conjugale ou post-séparation. Quarante femmes vivant avec des traumatismes, de la peur et des conséquences qui les marqueront parfois toute leur vie. Cet accompagnement repose sur seulement deux intervenantes. Deux femmes qui portent une charge humaine immense, dans un contexte d'épuisement chronique et de sous-financement structurel.
Agir maintenant
Soyons claires : tant que des femmes continueront d'être assassinées, nous continuerons de nous mobiliser. Nous continuerons de dénoncer publiquement l'inaction gouvernementale. Nous exigerons des changements profonds au système de justice, qui échoue trop souvent à protéger les femmes malgré des signaux clairs de danger. Nous réclamerons des investissements majeurs, récurrents et adéquats dans les organismes communautaires œuvrant en prévention, en accompagnement et en protection des victimes de violence.
Depuis quelques semaines, notre organisme participe à une mobilisation régionale lors de chaque féminicide. À chaque nouvelle tragédie, une chaise blanche sera déposée à côté de notre monument. Ce symbole deviendra un marqueur fort de notre région. Nous invitons la population et les commerçants à faire de même.
Il faut continuer de dire haut et fort : PAS UNE DE PLUS.












