Presse-toi à gauche !
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Lettre ouverte à Québec solidaire et à ses membres
Québec solidaire, précieux parti indépendantiste de gauche de mon cœur, Courageux parti-mouvement tissé d'espoir et de rêves porteurs, Parti d'humains à l'écoute des solutions terrain, faites maison et locales, pleines de bon sens et d'audace, Parti de révolution tranquille ou pas, mais pleine d'amour vrai, parti rempart contre la honte d'être qui nous sommes, Parti de la beauté qui sauvera le monde, Parti de la liberté contagieuse, Je t'aime.
Sol Zanetti, 4 mai 2014
C'est la crise. Ben oui. C'est douloureux, mais ce n'est pas désespérant : c'est l'occasion de faire des choix.
Le départ d'Émilise est une immense perte pour notre organisation et le minimum que nous puissions faire pour honorer son engagement lumineux et inspirant des six dernières années à nos côtés, c'est de faire les bilans politiques qui s'imposent afin d'émerger de cette crise collectivement plus sages.
Depuis le jour 1, je veux qu'on soit un parti de gouvernement, mais pas un parti ni un gouvernement comme les autres. Tout le monde que je connais à QS veut qu'on forme le gouvernement. Pour moi, il faut surtout discuter en profondeur de la manière d'y arriver.
La crise qui suit le départ d'Émilise nous force à trouver des solutions pour assurer l'égalité entre nos porte-parole féminin et masculin. Le problème que nous avons vécu dans les derniers mois, c'est qu'il y avait une grande inégalité de moyens et d'influence entre nos deux porte-parole. Ce n'est pas un problème insoluble. Notre présidente et notre directrice générale s'occupent de ce chantier et j'ai pleinement confiance en elles pour consulter la base militante et proposer les changements requis.
Lorsque notre parti-mouvement est entré au Parlement, il est entré dans le cadre de la monarchie parlementaire canadienne. Ce système est patriarcal et colonial, centralisateur et peu démocratique. Qu'avons-nous mis en place pour protéger nos valeurs féministes et démocratiques, et éviter de nous faire avaler par ce système ? Quelques coutumes démocratiques informelles de bonne foi, mais ce n'est pas suffisant, les événements des dernières semaines en témoignent.
Comment assurer une égalité entre nos porte-parole dans un pareil système ? Si nous sommes sérieux dans notre approche politique de transformation, nous allons au moins poser ces questions et doter l'aile parlementaire de statuts démocratiques. Créons notre propre cadre plutôt que de nous conformer à celui qui est là.
Un autre choix difficile nous attend : un choix que nous avons à faire pour ne plus perdre des Catherine et des Émilise. Il relève d'un enjeu plus fondamental, mais aussi plus difficile à nommer. Je vais faire de mon mieux, mais je compte sur notre intelligence collective pour le cerner dans les prochaines semaines.
Cet enjeu, c'est notre rapport au système politique dans lequel nous baignons et que nous voulons changer. Devons-nous nous conformer à ses exigences ou les questionner ? Devons-nous devenir bons dans ce cadre-là ou le faire évoluer en prenant le risque de mettre régulièrement un pied en dehors ? Je pense qu'il ne faut pas laisser le cadre nous araser. Il faut prendre la liberté de le dépasser. Si le fondement de notre action politique vise à changer un système que nous trouvons vicié et aliénant pour l'être humain, qu'avons-nous à gagner en nous soumettant toujours à ses exigences ? Ne risquons-nous pas ainsi de lui donner de la légitimité ? De lui donner une apparence de valeur ? N'allons-nous pas renforcer le système que nous voulons transformer ? S'il est évident que l'indépendance nécessitera de mettre un pied en dehors du système politique canadien, c'est aussi vrai pour la gauche.
Manon a fait évoluer le cadre étroit de la politique québécoise en prenant le risque d'être elle-même. C'est d'ailleurs lors de sa campagne comme aspirante première ministre que nous avons vécu la croissance la plus phénoménale. C'est à ce moment que je suis devenu député avec ma pote Catherine et le reste de la bande des 10. Un petit miracle politique.
On n'essayait pas de répondre aux exigences de la machine à temps plein. On a pris le risque d'assumer ce qui nous mobilisait pour vrai en sachant que certains allaient trouver ça ridicule, mais en espérant que d'autres salueraient notre courage, notre authenticité et notre sincérité.
Nous avons remporté ce pari et nous pouvons le remporter encore. Avec Gab, Christine, Ruba, Manon, tout le caucus. Avec les militantes et militants de 2006 et de 2024. Avec la gang qui a travaillé si fort pour faire élire Émilise. Les débats et les discussions s'en viennent à l'interne, la parole est à nous.
On est capables. J'y crois.
Nous sommes des bêtes féroces de l'espoir
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La crise à Québec Solidaire
Que ce soient les pragmatiques qui l'emportent ou les plus « idéalistes », i.e. le courant le plus à gauche, le problème de Québec Solidaire restera la social-démocratie.
Ce qui s'est avéré être la tare du PQ, c'est que, des courants qui cohabitent à l'intérieur, la droite peut l'emporter et c'est la trahison. Et quand la gauche l'emporte et que le parti se hisse au pouvoir, il n'a pas la référence de classe pour envisager un changement profond dans les rapports de production. Ce qui le guide, sans un parti communiste fort pour l'influencer, c'est l'idéologie petite bourgeoise qui vacille entre le capitalisme et le socialisme, entre des mesures qui confortent le statu quo ou l'ébranle, entre des mesures qui affrontent le patronat ou des politiques qui lui cèdent du terrain pour le maintenir au pouvoir, des décisions qui font reculer le capitalisme ou des aspiration à changer le système du tout au tout en direction d'un pouvoir sur leur vie plus grand pour les ouvriers.
La référence de classe n'est pas anodine puisque c'est elle qui décide qu'elle direction prendra le parti une fois au pouvoir. Déjà avant même la prise du pouvoir, on peut assister aux hésitations de la petite bourgeoisie dans les fondements même du parti. S'il n'y a pas de volonté au départ d'exproprier les capitalistes, on peut se demande à quoi rime un régime qui laisse intouchée la propriété des moyens de production. Maus encore là, on peut vouloir nationaliser les grands moyens de production et d'échange et se placer entre le capitalisme d'État et une gestion ouvrière de la production. C'est toute la différence entre une position de classe et un réformisme de bon aloi qui ne va pas plus loin qu'une adaptation du capitalisme à ce que la compétition engendre comme nouveauté dans le mode de production pour maintenir les rapports entre les classes ouvrière te bourgeoise. Sans ce bouleversement dans les structures de la société, la classe dominante l'emporte et se maintient toujours au pouvoir.
Ainsi que Québec Solidaire aille au pouvoir pace que les pragmatiques l'auront emporté dans la crise actuelle, la question de la classe et de l'histoire de la prise du pouvoir par cette classe restera en plan parce que le programme de Québec Solidaire reste celui de « dépasser le capitalisme » et non d'en finir avec celui-ci.
Bien sûr, comme pour le PQ, on peut s'attendre de Québec Solidaire qu'il provoque certaines réformes qui constitueront des progrès de société, mais les désistements enregistrés à la suite des démissions annoncent des dissentions insolubles entre une gauche réformiste qui est pressée d'exercer le pouvoir et une autre qui se concentre sur les luttes politiques qui forcent les changements indépendamment de qui exerce le pouvoir. On peut penser que la dernière lutte du Front Commun, si elle avait été menée à terme et conduite de manière à forcer le gouvernement par la grève, ou autrement grâce à l'opinion, à reculer pour des réinvestissements massifs dans le public, qu'elle aurait constitué une victoire notable de la classe ouvrière québécoise. Elle n'aurait pas en elle-même changé les rapports de pouvoir, mais elle aurait été une avancée majeure dans la façon dont les décisions se prennent à la tête de l'État de manière à renforcer la situation d'égalité entre les citoyens. Elle aurait ainsi accordé une plus grande marge de manœuvre aux travailleurs et aux autres classes dans la société.
Même si Québec Solidaire appuyait les travailleurs (le PQ le faisait aussi) il n'est pas dit que ce parti au pouvoir aurait consenti aux revendications de syndicats puisqu'il aurait été pris entre une volonté patronale, i.e. des propriétaires des grands moyens de production, de ne pas y céder et une volonté populaire d'y donner suite. Sur une lancée de mobilisation de la population peut-être y aurait-il acquiescer, mais ce serait immédiatement poser la question des revenus pour payer ces augmentations de salaires et d'investissements dans le public. Ce serait en même temps poser la question de la démocratisation des moyens de production pour consolider ces revenus. Qu'aurait fait Québec Solidaire ? On ne peut présupposer des résultats sans prêter mauvaise foi à la social-démocratie. Mais on peut supposer que sans la pression des communistes et d'une aile gauche radicale, les sociaux-démocrates auraient à nouveau penché en faveur du patronat. C'est l'éternelle question de classe qu'il y a à trancher.
Et le débat qui s'annonce à Québec Solidaire ne se posera pas en terme de quelle classe ce parti représente sinon pour répéter les bonnes intentions de ne jamais trahir et d'assurer à tout le monde que des réformes majeures suivront l'accession au pouvoir, mais la trace est déjà là pour confirmer que l'on restera entre la capitalisme et le socialisme que l'on conditionnera les réformes à la capacité de convaincre le patronat que celles-ci seront à son avantage pour maintenir son pouvoir intact.
De plus on peut se demander si, dans la compétition avec le PQ pour accéder au pouvoir, où le sectarisme de Québec Solidaire le conduira. Amènera-il ce parti vers une radicalisation qui irait dans le sens des expropriations ? On peut en douter, mais il ne faut jurer de rien et penser que la gauche radicale du parti réussira à convaincre du bien fondé de nationaliser, comme la démocratisation l'exige, les grands moyens de production et d'échange ainsi que le parc immobilier pour assurer le droit à un logement public.
Inscrit à son programme, la nationalisation serait la démarcation d'une social-démocratie à l'offensive qui marquerait une tournant en faveur des couches populaires. Et si les pragmatiques devaient l'emporter, ils n'iraient pas au pouvoir sans un programme à réaliser qui laisserait une marque historique sur un Québec indépendant.
Guy Roy

Stephen Harper et Israël à Gaza
L'ancien premier ministre contrôle des fonds. Il est l'investisseur principal dans une compagnie israélienne qui a développé un système de reconnaissance faciale par IA qui est utilisé pour identifier les Palestiniens.nes.
Tim Graves et Martin Lukacs,
The Breach, 10 avril 2024
Traduction, Alexandra Cyr
Un fonds d'investissement dirigé par l'ancien Premier ministre conservateur, Stephen Harper, qui doit lancer des entreprises de sécurité en Israël a du succès : il aide les militaires de ce pays a opérer une surveillance de masse de la population de Gaza en total secret.
Selon le New York Times, des centaines de Palestiniens.nes ont été ciblés.es durant une opération d'espionnage « étendue et expérimentale pour constituer un catalogue » de leurs figures. Certains.es ont été « identifiés.es par erreur » comme des militants.es du Hamas, ce qui n'a pas empêché qu'ils et elles soient interrogés.es et torturés.es.
Israël utilise le système créé par Corsight. Elle a été fondée en 2019 et officiellement lancée après un investissement de cinq millions de dollars par Awz Ventures, la compagnie où S. Harper joue un rôle de premier plan à titre de président du comité conseil.
Trois des cinq membres de la compagnie israélienne qui siègent au bureau de direction sont des partenaires de M. Harper dans Awz Ventures. Donc, la compagnie de l'ancien premier ministre contrôle effectivement Corsight.
Avec cette technologie l'armée israélienne a pu arrêter le poète palestinien, Mosab Abu Toha à un point de contrôle à la mi-novembre. Il s'apprêtait à partir en Égypte avec sa famille. Il a été détenu et battu.
C'est l'élite de la cyber surveillance de l'armée israélienne qui opère ce programme, l'Unité 8200. Le brigadier général Ehud Schneorson, retraité de l'armée israélienne, est aussi conseiller partenaire de la firme de M. Harper, Awz Ventures. Selon un reportage du magazine israélien +972, cette unité supervise aussi le système de ciblage par IA qui a identifié des dizaines de milliers de Gazaouis pour mise à mort.
Le voyage de solidarité de S. Harper en Israël
Depuis le 7 octobre (2023) l'armée israélienne a tué plus de 33,000 Palestiniens.nes à Gaza. Des centaines font face à la famine à cause du blocus israélien sur les biens essentiels.
Dans une précédente enquête, The Breach avait constaté que Awz Ventures avait investi un total de 350 millions de dollars dans les compagnies qui soutiennent l'industrie de sécurité et militaire israélienne.
S. Harper soutenait avec ardeur Israël durant son mandat de premier ministre. Il a fait la promotion de Awz Ventures dans les journaux israéliens en disant que la compagnie était une chance de « poursuivre ce que j'ai fait au gouvernement ».
Il a fait une visite « de solidarité » en Israël en février dernier où il a été reçu à la Knesset par son Président, M. Amir Ohana qui l'a qualifié « d'un des meilleurs amis d'Israël de tous les temps ».
Il a aussi rencontré le Premier ministre Nétanyahou et le ministre du renseignement, M. Gila Gamliel. Dans une lettre ouverte dans le National Post à ce moment-là, S. Harper compare le Hamas aux nazis et déclare que les attaques sur Gaza « devraient finir de la même façon que notre guerre contre les nazis, par la capitulation compète des auteurs (des crimes) ».
Fin mars, le New York Times rapportait que Corsight et sa technologie de reconnaissance faciale avait été utilisée pour la première fois pour rechercher les otages capturés le 7 octobre (2023) par le Hamas. Elle a aussi été introduite par l'armée durant l'offensive terrestre à Gaza pour créer un programme de reconnaissance faciale.
Après s'être rendu compte que Corsight donnait des faux positifs, les militaires ont ajouté le programme gratuit de partage de photos de Google à leur arsenal.
Membre du comité de direction de Corsight le major général retraité, Giora Eiland, a plaidé en faveur du nettoyage ethnique de Gaza dans des journaux israéliens. En octobre il écrivait qu'Israël : n'a le choix que de faire de Gaza un lieu où, temporairement ou de façon permanente, la vie sera impossible, et créer une crise humanitaire est nécessaire pour y arriver ». Plus tard, il ajoutait que « Gaza deviendra un endroit où aucune vie humaine ne pourra exister ».
Constats
La compagnie de Stephen Harper investi 350 millions pour développer la technologie militaire d'Israël.
Les compagnies canadiennes partenaires d'Israël, ont vendu plus d'armes létales qu'annoncé.
BMO (la banque de Montréal) a prêté 90 millions à des fabricants d'armes israéliens.
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Les premiers pas de la longue marche vers la grève climatique
Samedi le 27 avril à l'UQÀM, les Travailleuses et travailleurs pour la justice climatique (TJC) tenaient leur première assemblée générale en présentiel (avec possibilité de zoom) depuis leur fondation en 2021 en pleine pandémie. Y ont participé une trentaine de membres provenant très majoritairement de syndicats de professeur-e-s de cégeps. On a d'abord constaté que TJC recense comme membres 11 syndicats comptant en tout 10 000 personnes, qu'un noyau militant du secteur de la santé a été organisé, qu'un autre est en cours d'organisation pour le secteur privé, qu'un manifeste a été rédigé (et quelques tracts) et qu'on a obtenu une subvention d'une fondation privée. L'assemblée a ensuite fait le point sur ses quatre « axes stratégiques ».
Des conventions collectives à la grève climatique en passant par les lieux de travail
Côté inclusion de clauses climatiques dans les conventions collectives, TJC a réussi à faire inscrire « une clause écologique dans le cahier des demandes du secteur cégep et la prioriser » mais n'est pas arrivé à la faire inscrire dans la convention collective malgré une lettre ouverte signée par une quinzaine de syndicats de l'éducation et associations étudiantes publiée par La Presse. TJC compte étudier des parcours ayant mené à des victoires similaires dont Healthy Green Schools à Los Angeles et aussi de se former au potentiel des « négociations ouvertes », mises en pratique par des syndicats des universités McGill et Concordia. Celles-ci permettent à la militance d'influencer directement les négociations et d'accélérer la circulation de l'information vitale pour un fonctionnement plus démocratique.
L'axe de transformation des lieux de travail s'est traduite par l'initiation de la campagne « Sortons le gaz » des lieux de travail en association avec la campagne plus connue de sortir le gaz des municipalités à laquelle a récemment adhéré partiellement la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). La campagne a été récemment lancée et un argumentaire développé mais elle n'a pas encore été enracinée dans un lieu de travail bien qu'elle ait été adoptée en principe par cinq syndicats d'enseignement de cégep. L'atelier lui étant consacré a aussi constaté la difficulté de construire une campagne au niveau primaire et secondaire étant donné le grand nombre d'intervenants malgré la centralisation des décisions. Pour percer quelque part, au-delà des résolutions, il faudra un noyau de gens sur le terrain qui prennent le dossier à bras-le-corps.
Cet axe comprend aussi la préparation d'États généraux pour une éducation environnementale cohérente visant le milieu de l'éducation et prévus pour la fin du printemps 2025. Comme outil de mobilisation, un plaidoyer a été développé. Une proposition de soutien en vue des prochains congrès FNEEQ-CSN et du conseil général FEC-CSQ y sera présentée et dont l'adoption semble très probable. Un autre axe vise l'étude des opportunités de collectivisation économique ou de nationalisation pour réduire le pouvoir de l'entreprise privée. Le comité de travail de cet axe étudie la faisabilité de construire un fonds de collectivisation pour ce faire. (N'y a-t-il pas là une fausse piste qui cherche à mobiliser le capitalisme — car d'où viendront les fonds ? — contre le capitalisme alors qu'il y faudrait une mobilisation proprement politique pour forcer la socialisation des entreprises visées ?)
Un dernier axe et pas le moindre puisqu'il justifie en dernière analyse la raison d'être des TJC, fut la « revendication du droit à la grève climatique ». Force d'admettre que pour cet axe, les objectifs ne sont pas atteints soit « créer un comité de travail » et « proposer un plan de campagne ». La situation objective est même en recul comme l'a admis le responsable de cet axe. Une telle grève hors convention collective est illégale. La dernière en date de 24 heures en septembre 2022 concernait 15 000 travailleuses et travailleurs, essentiellement des professeur-e-s de cégeps et des étudiant-e-s employé-e-s, et près de 146 000 étudiant-e-s d'universités et de cégeps. L'absence de sanction et de poursuite s'expliquait sans doute par la campagne électorale alors en cours. En plus de sortir du monde de l'éducation, le défi clef consiste à gagner le droit de grève sociale y compris pour le climat. On ne peut que réaliser que le sentiment d'échec de la grève du secteur public dénoté par un vote scindé par le milieu a créé une démobilisation peu propice à un nouvel essai.
Investir le transport en commun et considérer une panoplie de revendications
Subséquemment aux rapports sur les axes, l'assemblée a planché sur certaines thématiques particulières. On a souligné qu'en plus de sortir le gaz des lieux de travail, l'enjeu du transport en commun, en particulier de sa gratuité totale ou partielle mais aussi du service hors centres urbains y compris la nationalisation du transport interurbain en chute libre, est susceptible de mobiliser tant la gent travailleuse que celle étudiante. On note un intérêt dans certains cégeps pour cette lutte. La revendication de la gratuité peut mettre à contribution autant l'employeur que l'État. On a souligné la liaison avec les syndicats du transport en commun, surtout en temps de grève, comme l'a fait en Allemagne Fridays for Future vis-à-vis les syndicats de ce secteur.
Un autre atelier s'est attaqué au défi de la mobilisation du secteur privé dont plusieurs sous-secteurs devront accepter une décroissance y compris de l'emploi. À cet égard, il faut dans les revendications distinguer l'emploi du travailleur ou de la travailleuse. On pense ici au syndicat de la fonderie Glencore à Rouyn-Noranda. La culture hermétique de TJC n'est pas toujours propice à l'inclusion du secteur privé comme l'ont montré certaines prises de bec lors d'assemblées pluri-syndicales. Il faut d'abord s'informer de ce que pensent les membres du syndicat quitte à faire des contacts un à un comme l'a fait un syndicat UNIFOR, et aussi de ce que font déjà ces syndicats en matière d'environnement. Cette démarche permet en plus d'identifier les meneurs naturels.
Cet atelier a en quelque sorte été relayé par celui sur la tactique d'introduction de clause écologique dans les conventions collectives. La porte d'entrée est souvent l'enjeu de la santé-sécurité ou celui à la mode de l'ESG (environnement, social, gouvernance) lequel, par exemple, donne lieu à trois rencontres annuelles paritaires dans un syndicat UNIFOR. Les deux enjeux peuvent être combinés, ce qui facilite la libération d'un travailleur ou travailleuse et même la mise sur pied d'un fonds d'éducation. Dans le secteur santé mais pas seulement, on peut mettre sur la table la conséquence des pandémies souvent provenant de zoonoses, des canicules et même des impacts des feux de forêt. Les enjeux spécifiques peuvent varier, de la carboneutralité des lieux de travail jusqu'au transport en commun en passant par des points spécifiques comme le retour à la stérilisation au lieu du jetable et une option végétarienne à la cafétéria.
L'austérité contre l'adaptation climatique et sauver les travailleurs, pas leur emploi
Plus globalement au niveau de l'argumentaire, particulièrement dans le secteur de la santé mais aussi de l'éducation, on peut attirer l'attention sur la contradiction entre austérité, conséquence en grande partie de la générosité gouvernementale gargantuesque pour la filière batterie, et l'augmentation de la lourdeur de la tâche due à la crise climatique. Du côté secteur privé, surtout pour les emplois qui doivent disparaître et donc les travailleurs recyclés, on peut soulever l'enjeu de la reconversion industrielle dont le fer de lance actuel est sans doute la lutte- reconversion contre la fermeture de GKN Driveline (ex-FIAT) à Florence.
(Lors de la dernière campagne électorale, Québec solidaire avait proposé, pour la fonderie Glencore, en cas d'un refus ou de l'impossibilité d'une modernisation écologique que ce soit par l'entreprise elle-même ou par l'État suite à une nécessaire expropriation, une reconversion par exemple pour fabriquer du matériel pour la rénovation écoénergétique des bâtiments ou des pièces pour des moyens de transport en commun, le syndicat se serait peut-être rallié à cette proposition entraînant derrière elle la population laborieuse de Rouyn-Noranda. La circonscription serait probablement restée dans le giron Solidaire… et la présente crise existentielle aurait pu être évitée. Cette heureuse issue aurait été causée par une radicalisation de la plateforme à l'encontre de son centrisme pragmatique.)
Dans l'atelier concernant les liens avec la population étudiante, il a été constaté que le mouvement étudiant est passablement démobilisé et qu'il est à se restructurer. En l'absence de fédération forte, il faudrait mettre l'emphase sur les liaisons locales. Il a été suggéré que TJC, dans ces circonstances, accueille les organisations étudiantes en son sein. Cette proposition a soulevé des réticences dans le sens de confondre des sensibilités et problématiques trop dissemblables. Il faudra en rediscuter. Ce pourrait être à l'occasion de la prochaine assemblée générale de la mi-juin qui sera aussi en mode hybride, à la demande générale, car il faudra discuter et adopter le plan d'action que les riches et prolongés débats de cette assemblée-ci n'ont pas permis d'adopter. Voilà une première tâche pour la nouvelle coordination élargie de cinq à sept personnes dont toutes les personnes sortantes qui ont renouvelé leur mandat. Pour terminer, il a été décidé de faire enquête sur ce qui se fait au niveau du transport en commun et de contacter les syndicats de ce secteur ; de considérer les liens avec le privé ; un plaidoyer pour le secteur santé ; et la possibilité de tenir des états généraux décentralisés sur l'éducation en préparation de ceux généraux.
La grève de masse climatique, une tâche gigantesque et indispensable
Comme membre non-votant de TJC — seuls les syndicats membres peuvent voter mais les individus peuvent être membres et pleinement participer — même si je suis à la retraite depuis belle lurette, je tiens à cette participation. Comment en effet renverser le rapport de forces entre la gouvernance du monde par le 1%, la bourgeoisie financière-oligopolistique, qui mène allègrement le monde vers la catastrophe de la terre-étuve en passant par de grandes guerres, et le 90%, le peuple travailleur. Autant l'histoire révolutionnaire du XXe siècle dans les pays industrialisés a démontré qu'on ne saurait concevoir un renversement du capitalisme sans une grève de masse pro-active bloquant tant l'accumulation du capital que visant la prise du pouvoir, autant cette grève au XXIe siècle sera une grève de masse, une grève sociale comme on dit au Québec, climatique. Il y a bien sûr loin, très loin, de la coupe aux lèvres tant au Québec qu'ailleurs. Les TJC ont entrepris de faire les premiers pas pour l'accomplissement de cette tâche gigantesque et indispensable.
Marc Bonhomme, 5 mai 2024
www.marcbonhomme.com ; bonmarc@videotron.ca
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Dévoilement de la stratégie caribou : entre compromis et cafouillages
Nouvelle (Gaspésie), Val-d'Or (Abitibi), 30 avril 2024 -Environnement Vert Plus et l'Action Boréale condamnent la stratégie divulguée aujourd'hui par M. Charette et Mme Blanchette-Vézina, respectivement ministres de l'environnement et des forêts du Québec.
La CAQ aura attendu à la dernière minute de l'échéance fixée par le ministre fédéral de l'environnement, Steven Guilbeault, pour divulguer, lors d'une visite en Gaspésie presque sans communiqué officiel, un projet de stratégie amputé de la plupart des hardes prioritaires.
Les retards dans la divulgation de la stratégie et son amputation de la harde de Pipmuacan/Péribonka résultent selon nos informations des pressions de l'Alliance forêt boréale. Ces pressions s'appuient sur des craintes que
les industriels du Lac St-Jean et de la Côte-Nord subissent une diminution de la disponibilité de bois, en lien avec la protection d'un territoire suffisant pour conserver les hardes menacées. On présente maintenant la
partie gaspésienne de la stratégie comme une démonstration pour amadouer les industriels jeannois et nord-côtiers.
“Ce énième compromis en faveur des industriels est inacceptable. Le forestier en chef a choisi de maintenir artificiellement élevée la possibilité forestière au Lac et sur la Côte-Nord, malgré les feux
historiques de l'été 2023, comme s'il ne s'agissait que d'un épisode isolé. L'histoire récente de la côte ouest nord-américaine(1) nous a pourtant montré que les premiers feux records liés au réchauffement global n'étaient
que le prélude d'une série exponentielle.
Le forestier en chef reporte de l'ajustement de la possibilité forestière jusqu'en 2029(2) et, ce faisant,
refuse toujours la création d'une réserve pour ce type “d'imprévus”. Les travailleurs du secteur ne seront que plus durement touchés lorsqu'on devra d'urgence réduire la capacité industrielle suite aux prochains feux.
L'amputation actuelle de la stratégie caribou au service des industriels se fait donc aussi au détriment des travailleurs” explique Pascal Bergeron, porte-parole d'Environnement Vert Plus.
“L'absence des hardes de Val-d'Or et de Pipmuacan du projet de stratégie est de mauvais augure. Chaque harde qui disparaît menace toutes les autres de disparaître plus facilement. La harde gaspésienne, dernier vestige de la
population de caribous du sud du St-Laurent, qui s'étendait auparavant jusqu'au Maine, pourrait subir le même sort sans une stratégie globale et solide pour protéger toutes les hardes menacées du Québec. Il faut manquer
de courage politique pour céder encore une fois aux chantages de l'Alliance boréale” conclut Henri Jacob, président de l'Action Boréale.
(1)
https://www.nationalobserver.com/2021/08/12/analysis/dixie-fire-latest-town-eating-monster-californias-exploding-megafire-crisis
(2)
https://forestierenchef.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/Effet-des-feux-de-foret-2023-sur-les-possibilites-forestieres-2023-2028.pdf
Environnement Vert Plus
Action Boréale
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Trois-Rivières, Bti et girouette
Depuis un moment déjà, l'intelligence artificielle (IA) est sur toutes les lèvres. Et elle semble servir dans un nombre grandissant de domaines. Des interfaces IA sont accessibles en ligne et quiconque le souhaite peut poser LA ou LES questions qui lui brûle.
Le larvicide Bti contre les moustiques et ChatGPT
C'est ce qu'a fait une entreprise de contrôle des insectes piqueurs, la plus grosse entreprise en fait, qui arrose nos milieux humides au larvicide Bti, pour détruire les moustiques et les mouches noires. Voici la question que l'entreprise a posée à ChatGPT, le robot conversationnel vedette ces jours-ci :
« Le Bti est-il dangereux pour l'environnement ? » La réponse, en gros, du système d'intelligence, toute artificielle, fut ceci :
« Le Bti est largement utilisé pour le contrôle des larves de moustiques, de moucherons et d'autres insectes nuisibles dans les zones où les larves d'insectes aquatiques posent un problème de santé publique ou agricole. Il agit de manière sélective en ciblant spécifiquement les larves aquatiques. Il ne nuit généralement pas aux autres organismes aquatiques tels les poissons, amphibiens ou microorganismes, est biologique, non persistant et il réduit l'utilisation des insecticides chimiques. »
On croirait lire une information sur le site de la compagnie.
Notre question à ChatGPT
L'entreprise mentionne sur sa page avoir posé la question par curiosité. Par curiosité, nous avons, nous aussi, posé une question sur ce larvicide au tout-puissant ChatGPT, mais avec une tournure un brin différente :
« Quels sont les dangers du Bti pour l'environnement ? » La réponse, essentiellement :
« Le Bti peut encore présenter certains risques potentiels, dont : impacts sur les espèces non-cible, dégradation de l'habitat, résistance des insectes, effets sur les organismes terrestres et effets sur la chaîne alimentaire. »
Pas tout à fait la même réponse… pour ne pas dire, à peu près le contraire que la réponse version 1. Dans les 2 cas par contre, la réponse faisait dans le flou, manquait de précision. En fait, avec ChatGPT, la seule phrase qui nous paraît rigoureuse est celle inscrite tout en bas des réponses que génère le nébuleux cafouilleur automatique : « ChatGPT can make mistakes. Consider checking important information. »
Étant donné que nous considérons le sujet des pesticides comme étant important - leur impact sur le vivant surtout - plutôt que de nous tourner vers une girouette artificielle, nous jugeons préférable de nous informer, dans le cas du Bti et de tout autre sujet jugé important, auprès de sources basées sur la science indépendante.
ChatGPT ou virer à tout vent
N'en déplaise à la nouvelle star, ChatGPT, études à l'appui depuis plus de 15 ans maintenant : le Bti n'est pas sélectif, car il s'attaque à n'importe quelle larve sur son passage qui fait partie des nématocères (un des groupes d'insectes vitaux pour assurer l'intégrité de la chaîne alimentaire) ; il détruit notamment les proches cousins non-piqueurs des moustiques, soit les chironomes, une copieuse et précieuse source de nourriture pour la vie aquatique et terrestre ; il nuit aux poissons, qui se gavent de chironomes là où ils en trouvent ; le Bti affecterait aussi le développement et le microbiote des grenouilles ; et il est loin d'être biologique puisque plus de 80% des produits Bti sont composés d'une soupe d'additifs divers.
La COP 15 a vivement sonné l'alarme par rapport à la crise de la biodiversité et le déclin généralisé des insectes. Le ministère de l'Environnement, de la lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs recommande d'appliquer le principe de précaution concernant le Bti (c.-à-d., dans le doute, s'abstenir d'en utiliser). Il existe des solutions simples et sans impacts sur l'eau et sur la diversité de la vie pour éviter les moustiques (protections personnelles, bornes à base de CO2 recyclé). Alors qu'est-ce que la municipalité de Trois-Rivières attend pour rompre avec cette pratique des années 80 ? Une réponse claire de ChatGPT peut-être ?
Danièle Dugré
Christiane Bernier
Coalition biodiversité-Non au Bti
https://www.nonaubti.org
https://www.facebook.com/NonBti
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Crise du financement des transports collectifs : l’électrification doit se faire à bon rythme
Un regroupement d'organismes environnementaux appelle le gouvernement du Québec à revoir son échéancier pour l'électrification des autobus, afin de réallouer ces montants dans la qualité et la bonification des services.
Alors que l'offre de service de transport collectif a stagné voire diminué au cours des dernières années, et que le manque à gagner pour l'année à venir seulement est de plus de 600M$ pour l'ensemble du Québec, ce qui pourrait mener à de graves réductions de service, le Plan pour une économie verte prévoit actuellement des dépenses 524,6 M$ au cours des quatre prochaines années pour l'électrification des autobus urbains. Les investissements totaux nécessaires d'ici 2030 s'élèveraient quant à eux à 13 G $ d'ici 2030.
Bien qu'elles saluent que le Québec soit un leader nord-américain de l'électrification des transports, les organisations soulignent que l'objectif premier pour chacune des sociétés de transport au Québec doit être la qualité et la croissance de l'offre de service. D'ailleurs, jeudi dernier, le ministre de l'Économie et de l'Énergie « Pierre Fitzgibbon a affirmé qu'il préférerait retarder l'électrification des autobus au Québec plutôt que de donner davantage de subventions ».
« Pour l'atteinte de nos cibles de réduction de GES et économiser de l'énergie renouvelable, il faut donner des alternatives aux personnes qui désirent diminuer l'utilisation de leur voiture, en répondant à leurs besoins de mobilité, que ce soit avec des autobus électriques ou hybrides. Bien qu'il soit pertinent de substituer des autobus en fin de vie par des autobus électriques, les fonds très importants qu'on dédie à l'électrification de nos autobus pourraient donc avoir un plus grand impact s'ils étaient alloués à une augmentation de l'offre, et c'est ce qu'on demande au gouvernement de permettre », déclarent les représentants d'organisations réunis.
« Pour le dire de manière imagée, mieux vaut deux autobus hybrides sur nos routes, plutôt qu'un seul 100% électrique. Présentement, la priorité doit être de transférer des déplacements réalisés en voitures et camions légers (17,2 % de nos émissions de GES) vers les transports en commun, et non de décarboner au plus vite nos flottes de bus urbains qui ne comptent que pour 0,4% de nos émissions de GES. Il est inacceptable que l'on parle actuellement de coupures de service alors qu'un important surplus dort actuellement au Fonds vert. Le gouvernement du Québec peut en faire plus pour assurer la qualité de l'offre à court terme. »
Un rythme adapté en fonction de chaque région
Les organismes environnementaux n'appellent évidemment pas à suspendre en totalité l'électrification des autobus qui présentent à long terme des avantages non négligeables en réduction des coûts d'entretien et de carburant. « Nous demandons donc au gouvernement de s'asseoir avec les sociétés de transport et de convenir d'un plan d'électrification qui reste ambitieux, mais qui respecte un rythme plus réaliste compte tenu des réalités propres à chacune d'elles. Surtout, un plan qui mise sur une croissance soutenue des services, afin de réduire les émissions de GES. » soulignent-ils.
La qualité et la croissance de l'offre, une responsabilité partagée
La rencontre prévue ce lundi entre la ministre Geneviève Guilbault et les maires et mairesses des grandes villes du Québec devra mener à des objectifs minimums de croissance de l'offre à atteindre dans chacune des sociétés de transport. Aux yeux des groupes, la ministre doit faire preuve de vision et adopter une cible d'augmentation de l'offre de service, tout en s'assurant de contribuer financièrement à l'atteinte de cette cible et en appuyant les élus municipaux. Il est de leur responsabilité conjointe d'atteindre et de financer une croissance des services dès cette année.
Se satisfaire d'une stagnation de l'offre serait inacceptable et irresponsable, c'est pourquoi aux yeux des groupes il est pertinent de réorienter les fonds destinés à l'électrification vers la qualité et la croissance de l'offre .
Évidemment, il ne s'agit pas de la seule solution à la crise du financement des transports collectifs. Pour en connaître davantage, consultez les recommandations de l'Alliance TRANSIT.
Signataires du communiqué
Anne-Catherine Pilon, analyste - mobilité durable, Équiterre
Christian Savard, directeur général, Vivre en Ville
Sarah V. Doyon, directrice générale, Trajectoire Québec
Charles Bonhomme, responsable affaires publiques et communications, Fondation David Suzuki
Martin Vaillancourt, directeur général, Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec (RNCREQ)
Patrick Bonin, responsable de la campagne climat-énergie, Greenpeace Canada
Patricia Clermont, organisatrice-coordonnatrice, Association québécoise des médecins pour l'environnement (AQME)
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Action de visibilité : 10 féminicides en 2024
Québec, 2 mai 2024 - Le Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale (RGF-CN) a organisé une action de visibilité suite à l'annonce du 10e féminicide depuis le début de l'année. Suzanne Fortin a été tuée le 25 avril à Montmagny. L'action, qui a réuni plusieurs militantes au coin des rues Cartier et René-Lévesque sur l'heure du midi, visait à briser le silence, exprimer notre colère, visibiliser les féminicides et exiger du gouvernement de faire de la lutte aux violences faites aux femmes et aux enfants une priorité.
Les féminicides : des violences banalisées et normalisées
Ces violences sont le fruit d'un rapport de domination des hommes sur les femmes que la société tolère et banalise. L'agresseur était connu des policiers pour harcèlement criminel et vivrait avec un trouble de santé mentale et. « Nous dénonçons les lacunes au niveau des services et de l'encadrement pour les personnes vivant avec une problématique de santé mentale. Ces trous de services laissent les personnes vivant avec un trouble livrées à elles-mêmes. Nous devons à tout prix éviter que certaines personnes se désorganisent et en viennent à poser des gestes d'une telle violence » soutient Catherine Gauthier co-coordonnatrice au RGF-CN.
Les femmes aux intersections de plusieurs systèmes d'oppression tels les femmes immigrantes, les femmes autochtones, celles en situation de handicap, les jeunes femmes, les femmes des communautés LGBTQIA, les femmes âgées, en situation d'itinérance, en situation de dépendance économique, et les femmes que la société racise sont parmi les plus à risque de subir une ou plusieurs formes de violences, elles sont surreprésentées dans les victimes de féminicides.
Pas une de plus
Il faut refuser de baisser les bras et d'accepter que d'autres femmes et enfants soient agressées, violentées, tuées. Des solutions pour mettre fin à la violence envers les femmes, il en existe ! Ça passe notamment par l'augmentation du financement en prévention, en accompagnement et en hébergement des femmes victimes de violences conjugales, sexuelles et genrées, par des formations obligatoires et continues sur la violence conjugale pour tous les acteurs et les actrices qui interviennent auprès des femmes et des enfants, par des changements en profondeur de la
culture de notre système de justice où les agresseurs peuvent récidiver en attente de leur procès,
par une éducation à la sexualité axée sur des modèles de relations positifs basés sur l'égalité entre
les femmes et les hommes. Les solutions sont multiples et doivent dénoncer le caractère
inacceptable et criminel de la violence envers les femmes et renforcer la confiance des victimes et
du public dans l'administration de la justice.
Le RGF-CN regroupe des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale et travaille la
défense des droits et des intérêts de toutes les femmes, l'égalité des femmes entre elles, l'amélioration des conditions de vie.
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Prise de parole 1er mai 2024
Le revenu viable pour 2024 a été dévoilé. C'est quoi le revenu viable ? C'est le revenu nécessaire pour vivre hors de la pauvreté. Pour la région de Québec, le revenu viable pour une personne seule est de 35 000$. C'est 13 % de plus que l'année dernière. Ça veut dire que ça nous prendrait 13% de plus de revenus que l'année dernière pour faire face à l'explosion du coût de la vie et vivre en dehors de la pauvreté. Est-ce que qu'une personne ici a vu ses revenus augmenter de 13 % depuis l'année dernière ?
Et ce n'est pas avec le maigre 0,50$ d'augmentation du salaire minimum que les gens vont pouvoir sortir la tête de l'eau. On le sait, travailler n'est pas synonyme de sortie de la pauvreté. Un salaire minimum à temps plein ne permet pas une vie sans pauvreté. Une vie de travail à temps plein ne permettra pas, pour tant d'entre nous, une retraite sans pauvreté. Survivre avec un indécent chèque d'aide sociale ne permet pas de vivre dignement et de couvrir les besoins de base.
Le fonctionnement de notre société, son organisation sociale et familiale, se basent sur l'exploitation économique et sociale des femmes. Les femmes occupent la majorité des emplois précaires, sous-payés, sans protection, la majorité des emplois à temps partiel, au salaire minimum. Ce sont elles qui portent jour après jour nos organismes communautaires. Ce sont elles qui se sont levées dans les derniers mois pour la sauvegarde de nos écoles et notre système de santé publics.
C'est au péril de leur santé physique et mentale que les femmes maintiennent à bout de bras le tissu social et familial. Les femmes consacrent, encore aujourd'hui, 54 minutes/jour de plus que les hommes pour les tâches ménagères, une heure/jour de plus de soins aux enfants.
La pauvreté vécue par les femmes s'accentue lorsqu'elles sont âgées de plus de 65 ans, lorsqu'elles sont immigrantes, proches aidantes, autochtones, en situation de handicap, responsables de famille monoparentale.
La crise du logement affecte directement les femmes qui constituent la majorité de la liste d'attente d'un logement subventionné (tout particulièrement les femmes seules). La pénurie des logements abordables, salubres, sécuritaires, de qualité, à proximité des services et du transport, adaptés aux personnes à mobilité réduite…cette pénurie de logements peut faire basculer plusieurs femmes au bord du gouffre. Quels sont leurs choix ? Retourner avec un conjoint violent ? S'épuiser à faire le tour de toutes les banques alimentaires ? Être contrainte de rendre des services sexuels pour boucler leur fin de mois ? Couper dans leurs besoins essentiels ? Éviter tout déplacement coûteux et donc s'isoler ? Bien qu'elle soit souvent cachée et invisible, l'itinérance des femmes, trop souvent associée à des vécus de violence, est bien réelle et présente dans notre région.
Il faut profiter du prochain plan de lutte à la pauvreté pour mettre en place des mesures structurantes pour lutter contre la pauvreté. Il faut un revenu qui permette de vivre dignement. Il faut un réinvestissement massif dans nos services publics et nos programmes sociaux, qui sont un rempart essentiel contre les inégalités sociales. Il faut investir dans le logement social. Il faut une véritable répartition de la richesse et, pour ça, il faut que les plus riches et les grandes entreprises paient leur juste part. C'est en s'attaquant au capitalisme tant défendu par les gouvernements qui se succèdent ici et ailleurs dans le monde qu'on va pouvoir rêver d'une société plus juste, plus égalitaire, plus verte et inclusive !

Iran : 26 personnes dont le rappeur Toomaj Salehi risquent d’être exécutées en lien avec les manifestations
Au moins 26 personnes risquent d'être exécutées en lien avec la vague de soulèvement qui balaie le pays, alors que les autorités iraniennes ont déjà exécuté arbitrairement deux personnes condamnées à l'issue de parodies de procès iniques, dans le but d'instiller la peur parmi la population et de mettre fin aux manifestations. Sur ces 26 personnes, au moins 11 sont condamnées à mort et 15 sont inculpées d'infractions punies de la peine capitale, et attendent leur procès ou comparaissent devant les tribunaux.
Tiré du site d'Amnistie internationale Canada.
Une lettre à envoyer
Monsieur le Responsable du pouvoir judiciaire,
Je suis vivement préoccupé·e par le fait qu'au moins 26 personnes risquent d'être exécutées par les autorités iraniennes à l'issue de parodies de procès manifestement iniques, pour des accusations telles que « inimitié à l'égard de Dieu » (mohareb), « corruption sur terre » (ifsad fil Arz) et « rébellion armée contre l'État » (baghi), en lien avec les manifestations d'ampleur nationale. Au moins 11 d'entre elles ont été condamnées à mort : Sahand Nourmohammad-Zadeh, Mahan Sadrat (Sedarat) Madani et Manouchehr Mehman Navaz, jugés séparément par des tribunaux révolutionnaires à Téhéran ; ainsi que Mohammad Boroughani, Mohammad Ghobadlou et le rappeur kurde Saman Seydi (Yasin), jugés collectivement par un tribunal révolutionnaire à Téhéran. Les autorités ont aussi condamné à mort pour « corruption sur terre » Hamid Ghare-Hasanlou, Mohammad Mehdi Karami, Seyed Mohammad Hosseini, Hossein Mohammadi et une personne dont on ignore le nom lors du procès collectif de 16 accusés devant un tribunal révolutionnaire à Karaj, dans la province d'Alborz. Au moins 15 autres risquent elles aussi d'être exécutées. Il s'agit d'Abolfazl Mehri Hossein Hajilou, Mohsen Rezazadeh Gharagholou et Saeed Shirazi, jugés pour des infractions passibles de la peine capitale. Toutefois, aucune information n'a été rendue publique sur le verdict ni l'avancement de leur affaire. Les autres attendent leur procès ou comparaissent actuellement en justice pour des infractions passibles de la peine capitale. Il s'agit d'Akbar Ghafari et Toomaj Salehi à Téhéran ; Amir Nasr Azadani, Saleh Mirhashemi et Saeed Yaghoubi dans la province d'Ispahan ; Ebrahim Rigi (Riki), membre de la minorité baloutche d'Iran, et les frères Farzad (Farzin) Tahazadeh et Farhad Tahazadeh, Karwan Shahiparvaneh, Reza Eslamdoost, Hajar Hamidi et Shahram Marouf-Mola, de la minorité kurde d'Iran, dans la province de l'Azerbaïdjan occidental.
Ces 26 personnes n'ont pas bénéficié d'un procès équitable, qui englobe le droit à une défense adéquate, le droit de consulter l'avocat de son choix, d'être présumé innocent, de garder le silence et de bénéficier d'un procès public et équitable. D'après les informations dont dispose Amnesty International, au moins 10 d'entre eux, dont Hamid Ghare-Hasanlou, Toomaj Salehi et Mohammad Ghobadlou, ont été torturés et leurs « aveux » entachés de torture, comme ceux d'autres accusés, ont été retenus à titre de preuves. Les médias d'État ont diffusé les « aveux » forcés de plusieurs accusés avant leur procès.
Je vous prie instamment d'annuler immédiatement toutes les condamnations et les peines de mort, de vous abstenir de requérir de nouvelles condamnations à mort et de veiller à ce que toute personne accusée d'une infraction pénale prévue par la loi soit jugée dans le cadre d'une procédure conforme aux normes internationales d'équité, sans recours à la peine de mort. Je vous demande instamment de libérer toutes les personnes détenues pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux et de permettre aux détenu·e·s de voir leur famille et les avocats de leur choix, de les protéger contre la torture et les mauvais traitements et d'enquêter sur les allégations de torture, en vue de traduire les responsables de ces actes en justice dans le cadre de procès équitables. Par ailleurs, je vous demande d'accorder aux observateurs indépendants des ambassades en Iran l'accès aux procès des personnes passibles de la peine de mort en lien avec les manifestations. Enfin, je vous prie d'instaurer sans attendre un moratoire officiel sur les exécutions, première étape vers l'abolition de la peine capitale.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Responsable du pouvoir judiciaire, mes salutations distinguées.
Appels à :
Responsable du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei
c/o Ambassade d'Iran auprès de l'Union européenne
Avenue Franklin Roosevelt No. 15, 1050 Bruxelles, Belgique
Copies à :
Mélanie Joly
Ministre des Affaires étrangères
111, rue Wellington
Ottawa (Ontario) K1A 0A6
Aucun timbre requis
Courriel : melanie.joly@parl.gc.ca
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