Presse-toi à gauche !
Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...

S’unir pour gouverner autrement
Depuis 2006, les occasions de trébucher ont été quotidiennes, entre les pièges du jeu médiatique et la nature des institutions dans lesquelles nous avons choisi d'entrer. Malgré de nombreux obstacles, l'ascension promise par les solidaires s'est tranquillement concrétisée et Québec solidaire est devenu une organisation irremplaçable pour la gauche québécoise.
Le départ d'Émilise est un choc pour l'ensemble de notre parti et une perte immense. Son départ, suivi de celui de membres de la direction, soulève des questionnements profonds pour notre organisation.
Cette crise met au jour la nécessité pour notre parti de mener les débats pour nous entendre sur notre vision d'une gauche prête à gouverner sans renoncer à elle-même, sur nos objectifs et sur les moyens à déployer pour réussir. Ce besoin ne s'est jamais fait aussi pressant. Pour affronter cette tempête, il est important de se rappeler pourquoi notre projet politique est essentiel et décider comment adresser ces questionnements fondamentaux.
Une histoire qui dépasse notre seul parti
Québec solidaire s'inscrit dans une longue tradition au Québec de luttes, de défaites, mais aussi de victoires face au saccage de nos services publics, à la destruction de nos tissus sociaux et de nos milieux de vie. Ce Québec rêve d'une société plus juste, égalitaire et solidaire.
QS a permis de faire cheminer des idées dans la société et de faire la démonstration que les partis traditionnels sont incapables de proposer des solutions aux crises que nous traversons. QS a imposé des débats jusque-là ignorés par la classe politique. Pensons aux questions d'inégalité de classe, de féminisme, d'antiracisme et d'écologie.
QS n'a pas accompli ce travail seul, mais accompagné et porté par des mouvements sociaux. Notre lien avec la rue est historique et ce lien devra être encore plus important si nous voulons prendre le pouvoir. Sans l'appui et la participation active de mouvements sociaux forts, la gauche solidaire ne peut aspirer à gouverner.
En plus des questions de fond, notre parti se distingue par la forme de son organisation. Contrairement aux autres partis, QS s'est construit sur une culture démocratique ancrée dans notre volonté de donner la voix au peuple. Pour incarner cette culture démocratique, nous nous sommes doté·e·s d'une structure à l'image de nos convictions. C'est pourquoi encore aujourd'hui nous avons un co-porte-parolat qui implique une direction collective et un partage de responsabilités égal entre une femme et un homme.
C'est grâce à notre message et à cette façon de faire que nous avons su convaincre des dizaines de milliers de Québécois·e·s de nous rejoindre. Rompre avec notre héritage non-conformiste ne saurait profiter ni à notre parti, ni au Québec.
La force de notre ADN hybride
L'aventure de QS est celle de gens très différents qui s'assoient à la même table et qui aspirent ensemble au renversement du dogme de la résignation. À notre fondation, lorsqu'Option Citoyenne portée par Françoise a fusionné avec l'UFP d'où venait Amir, nous avons choisi d'additionner nos forces. Cette volonté profonde de changer les choses nous a amené·e·s à travailler ensemble et à réconcilier des discours jusque-là parallèles. Ceux et celles qui pensent aujourd'hui que certains d'entre nous n'ont pas leur place au sein de la grande famille solidaire se trompent. L'histoire de notre parti nous montre que QS a puisé sa pertinence dans sa capacité à rallier les gens, pas à les diviser. Notre mouvement doit s'élargir, notre organisation doit continuer d'accueillir ceux et celles qui ont envie de changement.
Le départ de notre première porte-parole issue de la ruralité est un signal d'alarme. Sa démission nous rappelle l'importance d'apporter des changements à certaines de nos pratiques organisationnelles pour leur plein réancrage féministe et démocratique. Nous avons besoin de revoir nos façons de concevoir et d'exercer le pouvoir à l'intérieur même de notre parti, pour qu'il soit mieux partagé, plus inclusif, afin de se faire plus créateur.
Un projet possible et nécessaire
Cela a le mérite d'être clair, nous avons besoin de changements pour passer à la prochaine étape. Ces changements passent notamment par le renouvellement de notre ancrage dans les mouvements sociaux et par notre détermination à mener et remporter des batailles d'idées dans le débat public. Si nous voulons engranger de nouvelles victoires électorales, il nous faudra également une bonne dose de réalisme pour saisir les rapports de force et travailler à les changer à notre avantage, faute de quoi nos efforts seront anéantis. Ce travail peut et doit se faire sans jamais perdre de vue nos objectifs de transformation de la société.
Pour faire rêver le Québec, nous devons lui proposer un projet rassembleur. Nous devons créer les conditions de convergence entre les différentes tendances qui composent notre parti, pas en évacuer l'une au profit de l'autre. À Québec solidaire, on est à la fois rêveur et lucide, réaliste et audacieux.
La gauche n'a pas le luxe de se diviser. Nous sommes plus forts lorsque nous luttons ensemble malgré nos différences. Oui, nous devons aspirer à plus qu'être un parti de gouvernement, mais nous devons aspirer à gouverner autrement.
Premiers et premières signataires :
Victor Beaudet-Latendresse, membre du comité de coordination nationale
Maïka Sondarjee, membre du comité de coordination de Hull
Haroun Bouazzi, député de Maurice-Richard
Royse Henderson, membre du comité de coordination nationale pour la Commission nationale des femmes
Amir Khadir, ancien porte-parole et député de la circonscription de Mercier de 2008 à 2018
François Saillant, membre fondateur et ex-membre du comité de coordination nationale
Émilie Poirier, ex-membre du comité de coordination nationale
Benjamin Gingras, candidat solidaire dans Abitibi-Est en 2022 et membre du comité de coordination nationale pour la Commission nationale autochtone
Kenza Sassi, ex-membre du comité de coordination nationale et candidate dans Orford en 2022
André Frappier, ancien président et co-porte-parole de Québec solidaire
Élisabeth Germain, candidate dans Charlesbourg en 2018
Alexandre Legault, candidat solidaire dans Brome-Missisquoi en 2018 et 2022
Pour voir les autres signataires :
Signez la lettre en remplissant le formulaire ci-dessous.
https://docs.google.com/document/d/168oC_vDoH-Km-Z4KTlkwqza_HtpLuZOygsGeFv6bBvA/edit?usp=sharing

Feux de forêts : la qualité de l’air, une priorité
Le Ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs a publié cette semaine un rapport intitulé « Influence des feux de forêt de l'été 2023 sur la qualité de l'air au Québec ». Il indique notamment que pour la première fois, les feux de forêts qui sévissaient au Québec ont fait dépasser le seuil de 1000 microgrammes « même dans des conditions de suivi industriel, très près d'usines ».
De plus, c'est l'ensemble du Québec qui a été touché par la dégradation de la qualité de l'air, aucune région n'a été épargnée, sur une période beaucoup plus longue que les autres années.
Dans cet article, la Dre Johanne Elsener, membre de l'AQME, souligne les problèmes de santé qui ont prévalu en 2023, et qui risquent de continuer à le faire, désormais. Elle préconise aussi la gratuité du transport collectif et de faire diminuer la vitesse des véhicules motorisés sur les autoroutes urbaines lorsque des incendies de forêt font rage.
Dans un contexte de changements climatiques et alors que la saison des feux débute justement déjà en Colombie-Britannique et en Alberta, nous continuons, à l'AQME, avec notre Cadre de référence sur l'air, nos plaidoyers pour que le Gouvernement du Québec révise les normes québécoises de la qualité de l'air afin d'atteindre les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et adopte une Stratégie nationale de l'air sain qui prenne en compte les nouvelles réalités climatiques.
Afin que nos outils collectifs pour nous informer de la qualité de l'air ne nous donnent pas un faux sentiment de sécurité et nous permettent plutôt de nous adapter le mieux possible aux saisons des feux de forêts et aux changements climatiques dans lesquels ils s'inscrivent, c'est urgent !
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La suite des choses pour notre parti
Le départ d'Émilise Lessard-Therrien a suscité de nombreuses émotions et réactions et a soulevé des questionnements importants au sujet du fonctionnement et de l'avenir de Québec solidaire. Notre parti vit des moments difficiles. Aujourd'hui, nous - Christine, Roxane et Gabriel - nous exprimons d'une seule voix pour détailler la réponse du parti à cette crise.
6 mai 2024 | Lettre
Émilise a été claire dans son texte : son départ est lié à des problèmes dans notre organisation. Il faut tirer des leçons de cet échec collectif, dans lequel nous prenons notre part de responsabilité.
Ce processus de bilan est essentiel. Nous sommes ouvert·es aux remises en question et serons mobilisé·es pour changer les choses. Il ne faut pas qu'un tel échec se reproduise.
Dès le lendemain de la démission d'Émilise, Roxane Milot, présidente du parti, et Myriam Fortin, directrice générale, ont donc débuté un processus de bilan afin de comprendre les raisons profondes de la situation actuelle. Un plan d'action sera par la suite élaboré pour faire mieux à l'avenir.
Des constats seront tirés, les actions entreprises par le Comité de coordination national suite à la parution du livre de Catherine Dorion seront réétudiées, les réflexions d'Émilise seront examinées et des consultations seront entreprises pour trouver des solutions collectivement.
L'égalité entre les femmes et les hommes n'est jamais acquise. Les partis, comme toutes les organisations, doivent constamment rester vigilants pour que la place et la voix des femmes soit reconnue et mise en valeur de manière égalitaire. Il est normal que le départ de notre porte-parole féminine fasse ressurgir ces préoccupations. Nous souhaitons entendre les membres du parti sur cette question. Des rencontres avec les élues solidaires de nos instances auront lieu prochainement et le comité d'éthique sera mis à contribution. Les associations locales et autres instances du parti seront également conviées à une rencontre cette semaine, afin d'échanger sur la situation et, surtout, de partager des pistes de solutions.
Un plan d'action sera par la suite présenté au Conseil national de Saguenay. Nous allons en discuter ensemble et nous aurons une réflexion collective pour préparer l'avenir de notre organisation. Nous souhaitons que les militant·es et les élu·es nous alimentent dans ces réflexions, en proposant des pistes de solutions concrètes pour améliorer le fonctionnement de notre parti et faire en sorte que chacun·e puisse y trouver un espace sain d'engagement politique. Nous devons sortir grandi·es de cette situation douloureuse.
En parallèle de ces changements dans l'organisation, certains débats politiques sont devenus incontournables. Il faut le reconnaître : plusieurs des débats qui ont secoué Québec solidaire depuis 2022 sont le fruit de désaccords politiques qui doivent être tranchés démocratiquement. Que devons-nous faire pour que Québec solidaire passe à la prochaine étape ?
Il faut clarifier nos attentes envers nos porte-paroles et préciser nos objectifs stratégiques d'ici 2026 et au-delà. Les crises du logement, du coût de la vie et des changements climatiques nous imposent une responsabilité urgente : construire un mouvement politique qui pourra former rapidement un gouvernement et changer les choses en profondeur au Québec.
Comme Gabriel Nadeau-Dubois l'a rappelé en point de presse mercredi, trois grands chantiers étaient déjà en cours pour finaliser les bilans de la dernière élection et préparer notre plan de match pour 2026 : l'adoption de la Déclaration de Saguenay (issue de notre tournée des régions), la possible modernisation du programme et la révision de nos statuts nationaux. Ces trois rendez-vous démocratiques sont essentiels pour continuer à faire grandir Québec solidaire et ils étaient prévus de longue date. Le départ d'Émilise, et les questionnements qui ont ensuite émergé, ne font que les rendre plus pertinents.
Dans les derniers jours, la notion de « parti de gouvernement » a beaucoup fait réagir. Mais qu'est-ce qu'un parti de gouvernement ? Il est important pour nous de vous partager les grandes lignes de la vision que nous portons. Visionnez l'entrevue de Gabriel Nadeau-Dubois avec Paul Larocque au sujet de notre vision pour en savoir plus.
Visionner l'entrevue
D'abord, entendons-nous sur l'objectif. Nous sommes un parti indépendantiste de gauche et nous voulons changer les choses au Québec – les changer en profondeur. Le travail que nous faisons face au gouvernement est remarquable, mais la vision ambitieuse de Québec solidaire ne pourra pas se réaliser à partir des banquettes de l'opposition. C'est notre raison d'être et pour y arriver, il faut être au pouvoir.
Un parti de gouvernement, c'est un parti qui fait des choix, des choix difficiles, mais faits collectivement. Nous devons arriver aux élections de 2026 avec un plan pour un gouvernement qui aura 4 ans pour changer les choses au Québec. Le pragmatisme n'est ni un renoncement ni une trahison de nos idéaux, bien au contraire. C'est un exercice de clarification et de priorisation. Une gauche pragmatique dresse la liste des urgences, dresse la liste de ses politiques, et fait un vrai travail de priorisation. Prioriser maintenant est une condition pour pouvoir tenir parole une fois élu. C'est un engagement envers les Québécois·es. C'est aussi une façon de se donner collectivement une feuille de route et de ne pas décevoir nos membres lorsque nous prendrons le pouvoir et débuterons nos réformes.
Cette volonté de former rapidement un gouvernement n'implique pas de tourner le dos aux mouvements sociaux et aux luttes citoyennes. Nous pouvons devenir une alternative crédible tout en enracinant notre action politique et parlementaire dans les mobilisations sociales, que ce soit celles des locataires précaires, des femmes de nos services publics ou des producteurs et productrices agricoles.
C'est la motivation derrière plusieurs des propositions qui seront débattues lors de notre Conseil national des 24, 25 et 26 mai à Saguenay. Lors de ce Conseil national, c'est vous qui trancherez ces questions importantes. D'ici là, c'est aussi à vous d'en débattre dans vos Assemblées générales. Nous avons hâte de vous entendre.
Consulter le cahier de propositions du Conseil national
Aux solidaires qui craignent que nous devenions un parti comme un autre, nous vous entendons et nous vous invitons à faire un pari : celui que notre parti forme un gouvernement différent, un gouvernement comme aucun autre dans les 50 dernières années de l'histoire du Québec. En se mettant au travail maintenant, on se donne les moyens d'y arriver.
Le Québec a besoin d'un gouvernement solidaire, pas dans 30 ans ni dans 20 ans, mais maintenant. La crise du logement n'attendra pas, la crise climatique n'attendra pas, la crise dans nos services publics n'attendra pas. Nous avons besoin d'un parti qui rend les gens fiers de se dire solidaires et qui fait de nous une option crédible pour remplacer François Legault en 2026.
Nous basons nos actions sur la confiance en notre parti et l'espoir d'en sortir encore plus fort·es. Nous devons sortir grandi·es de ce moment difficile.
Nous vous remercions pour votre appui,
Christine Labrie
Porte-parole par intérim
Roxane Milot
Présidente
Gabriel Nadeau-Dubois
Porte-parole
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Messages de Christine Labrie sur la place des femmes à Québec solidaire
Depuis ses tout débuts, Québec solidaire a mis de l'avant le féminisme comme une de ses valeurs fondatrice. Les membres ont continuellement innové sur le plan des pratiques féministes, par exemple en présentant des candidatures paritaires depuis 2006, en mettant en place des micros séparés, l'alternance des tours de parole, ainsi que des services de garde gratuits dans ses instances. Québec solidaire a également fait le choix d'avoir deux co-porte-paroles, afin d'assurer la parité à la direction du parti, et également dans notre présence au sein de l'espace public.
Au fil du temps, nos pratiques ont permis à des milliers de femmes de faire leur place en politique. C'est mon cas, c'est le cas de mes collègues députées, Manon, Ruba et Alejandra, c'est le cas des femmes qui exercent leur leadership à tous les niveaux de notre parti, dont notre présidente, notre directrice générale et les cadres qui coordonnent nos équipes à l'Assemblée nationale et à la permanence, dont sept sur neuf sont des femmes. C'est le cas de militantes partout sur le territoire du Québec, qui gagnent confiance sur la pertinence de leur voix en politique en s'engageant avec nous.
Cependant, au cours des dernières années, il y a eu plusieurs témoignages de femmes démobilisées qui déploraient le manque de soutien et d'écoute envers les femmes au sein de notre parti. Il y a également eu de grandes tensions sur les questions de parité, en particulier concernant les investitures et les élections partielles. Le départ d'Émilise s'ajoute à ces signaux préoccupants, comme le souligne d'ailleurs la récente lettre de la Commission nationale des femmes (CNF). Ce sont tous de tristes rappels que l'égalité entre les hommes et les femmes n'est jamais acquise, même au sein d'une organisation qui en a fait une de ses valeurs phares.
Ces dénonciations appellent à l'action, car nous ne pouvons tolérer que des femmes s'épuisent à défendre les principes féministes au sein de notre organisation, ou sentent que leur voix n'est pas prise au sérieux. J'invite les femmes ayant vécu des situations qui ne répondent pas à leurs attentes en matière de pratiques féministes à écrire au comité d'éthique à l'adresse suivante : ethique@quebecsolidaire.net De plus, le Comité de coordination national demandera l'élaboration d'un diagnostic interne sur le climat de la militance et de la place des femmes au parti, en collaboration avec la CNF et le comité d'éthique. Nous souhaitons dans les prochains mois identifier et mettre en place de meilleures pratiques féministes dans le fonctionnement de Québec solidaire, et vous serez invité.e.s à collaborer à cette réflexion.
Nous fixons la barre haute dans la société, et nous avons la responsabilité de fixer la barre haute au sein de notre parti. Nous avons du travail à faire pour améliorer l'expérience des femmes qui militent à Québec solidaire. Or, la responsabilité de veiller au respect des meilleures pratiques féministes et à leur constante amélioration ne peut pas retomber sur les épaules de la CNF et de la porte-parole femme à elles seules. Cette responsabilité est collective.
J'ai choisi notre parti parce que je suis féministe. Vous m'avez vu saisir toutes les occasions comme députée pour dénoncer et mettre en lumière les injustices vécues par les femmes, et proposer des solutions pour y remédier. Forte de votre confiance, ça sera ma mission, comme porte-parole par intérim de notre parti, de m'assurer que les femmes ont non seulement le goût de venir militer à Québec solidaire, mais qu'elles ont aussi le goût d'y rester. Ce n'est pas une mince tâche, et je n'y arriverai pas seule. Je compte sur vous.
Christine Labrie
Porte-parole par intérim
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Plus que jamais, nous avons besoin d’un gouvernement solidaire
Presse toi à gauche publie cette lettre mais tient à souligner son désaccord avec le projet proposé par Gabriel Nadeau Dubois. Notre analyse de la situation ne pose pas la nécessité de devenir un parti de gouvernement ni de changer le programme du parti. Nous nous situons dans la nécessité d'un réel débat sur la démocratie dans le parti, la remise en question des pôles de pouvoir, le délestage du féminisme, la droitisation du programme. Nous tenons compte des propos de Catherine et d'Émilise.
Mais nous pensons qu'un réel débat oblige à bien connaître les différentes positions. C'est pourquoi nous publions ce texte.
« Nous croyons non seulement que Québec solidaire peut prendre le pouvoir, mais qu'il doit former le gouvernement », écrivent les signataires.
Milan Bernard, Élodie Comtois, Ludvic Moquin-Beaudry et Josée Vanasse
Les auteurs sont respectivement ancien candidat dans Gatineau (2018) et ancien membre de la Commission politique (2020-2023) ; militante solidaire dans Gouin et ancienne membre de la Commission politique, responsable culture (2020-2022) ; militant solidaire dans Sainte-Marie–Saint-Jacques et ancien responsable national aux élections (2016-2018) ; militante de Québec solidaire depuis 2006, première attachée politique d'Amir Khadir et directrice de plusieurs campagnes électorales, dont celles de Mercier en 2008 et Rosemont en 2018. Ils cosignent cette lettre avec 76 autres militants.*
Les dernières semaines ne furent pas de tout repos pour Québec solidaire (QS). Le départ de notre co-porte-parole Émilise Lessard-Therrien et les circonstances qui y ont mené sont tristes et regrettables. Nous souhaitons de tout coeur qu'elle se remette sur pied et qu'elle nous revienne en santé. Sa voix est indispensable au succès de notre parti.
Nous souhaitons aussi que Québec solidaire continue à faire les efforts nécessaires pour éliminer les obstacles structurels à la participation des femmes. Nous sommes convaincus que le comité de coordination national actuel, mené par notre présidente, Roxane Milot, épaulée par la directrice générale du parti, Myriam Fortin, et incluant nos deux porte-parole, est à la hauteur de la situation. Ces personnes ont notre pleine confiance.
On a vu éclore au grand jour certains questionnements au sein de notre parti, portant sur la manière de réaliser notre projet de société. Pourtant, sans nier l'importance de cette tension, nous remarquons que la gravité de la situation a été quelque peu exagérée. Plusieurs observateurs de la joute politique ont présenté ces débats comme radicalement nouveaux ou complètement polarisés. Nous sommes en désaccord.
Ces débats ne sont pas nouveaux ; non seulement ils précèdent l'arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois comme porte-parole masculin, mais on les retrouve dans plusieurs autres partis de gauche à travers le monde, et ce, depuis des décennies. Depuis 2018, ces questionnements ont généré de plus en plus d'écho à mesure que Québec solidaire devait gérer sa croissance. Or, les différentes visions qui s'expriment ne sont pas incompatibles. Nous avons tous et toutes différentes sensibilités, mais nous savons que c'est ensemble, rassemblés, que nous pouvons mieux les exprimer.
Force politique incontournable et inédite dans notre histoire, Québec solidaire est le plus important instrument que la gauche québécoise a créé pour réaliser son projet de transformation sociale et d'émancipation nationale et populaire.
Nous croyons non seulement que Québec solidaire peut prendre le pouvoir, mais qu'il doit former le gouvernement. C'est une condition nécessaire pour mettre de l'avant notre projet de société rassembleur et novateur, et rompre avec les cycles de dépossession, de déconstruction et de division mis en place par les partis traditionnels.
Pour accomplir cet objectif, nous avons entrepris une modernisation du parti pour nous assurer que notre instrument est adapté à l'ampleur de la tâche. Il n'est nullement question de diluer ce qu'est Québec solidaire. Il s'agit plutôt de se concentrer sur l'essentiel et les urgences ; de canaliser nos forces et nos énergies dans la construction de nouvelles majorités sociales afin de prendre le pouvoir. Voilà ce qu'impose le fait d'être un « parti de gouvernement », les pieds bien plantés dans les mobilisations et les préoccupations des gens et des peuples du Québec, afin que nos aspirations collectives deviennent réalité.
Cette modernisation n'est pas l'oeuvre d'une seule personne. C'est un processus s'inscrivant dans les traditions démocratiques de Québec solidaire, avec des décisions prises par les délégués des associations de circonscriptions, des mandats confiés à diverses instances exécutives avec l'imputabilité qui y est associée, et suivant de larges consultations à travers les régions du Québec.
Par exemple, la Déclaration de Saguenay est le fruit d'une grande tournée, menée en collaboration avec les associations locales. Le résultat final de cette modernisation reste encore à déterminer, mais une chose est sûre, ce sera le produit de la démocratie participative de Québec solidaire. Nous parions que nous saurons éviter le faux dilemme qui consiste à choisir entre la marginalité d'une part et la trahison de nos idéaux et le social-libéralisme d'autre part. Notre imagination est plus puissante que cela : nous déterminerons ensemble la manière de passer à la prochaine étape.
Les solidaires ne seront jamais comme les autres, même au pouvoir. Nous sommes fougueux, audacieux, incisifs et ambitieux, toujours de colère et d'espoir. C'est dans ces caractéristiques que se trouvent la clé de notre victoire et le reflet de notre authenticité.
Former le gouvernement ne signifie en rien renoncer à l'ancrage solidaire dans les mouvements sociaux. Cet ancrage est aussi nécessaire que la victoire électorale pour mettre en oeuvre notre projet. Cela s'est notamment déployé depuis 2018 par de nombreux efforts de mobilisation de terrain, pour les luttes environnementales, dans les actions sur le logement et contre le Far West des claims miniers, de même que par la présence constante de membres de l'aile parlementaire dans les luttes citoyennes : dans la rue, sur les lignes de piquetage, avec ceux et celles que l'on réduit au silence.
L'état du monde et du Québec est grave. Les gouvernements successifs libéraux, péquistes et caquistes et leurs alliés à Ottawa ont ignoré la crise climatique, démantelé les services publics et attaqué les droits fondamentaux des Québécoises et des Québécois. Sur trop d'enjeux, ils ont fait reculer le Québec. Plus que jamais, nous avons besoin de Québec solidaire pour répondre aux crises multiples qui affligent le Québec.
Nous, membres de Québec solidaire, avons pris la résolution en instance nationale de préparer l'élection du premier gouvernement solidaire. Tous les jours, nos élus et des dizaines de bénévoles travaillent d'arrache-pied pour y arriver et nous rendre des comptes en même temps. Ces personnes méritent notre confiance et notre soutien. C'est ensemble que nous arriverons à la victoire
Ensemble, construisons le Québec de demain. Donnons-nous un gouvernement solidaire.
*Ont cosigné cette lettre : Monique Moisan, membre fondatrice de Québec solidaire et ancienne responsable nationale de la formation (2012-2014) ; Ghislain Pelletier, membre fondateur de Québec solidaire, ancien membre du comité de coordination national et ancien membre du comité de coordination de Mercier ; Katy Borges, coordonnatrice de l'association régionale de Montréal de Québec solidaire ; Simon Mongeau-Descôteaux, militant solidaire dans Sherbrooke, responsable du pointage dans Sherbrooke (2022) et membre du comité de coordination de Sherbrooke depuis 2023 ; Martin Godon, responsable du comité de coordination de Marie-Victorin ; Stéphane Morin, fier militant de terrain dans Gouin ; Annie Pouliot, membre fondatrice, Québec solidaire Montmorency ; Chantal Plamondon, militante dans Sainte-Marie–Saint-Jacques ; Vincent Courteau-Hébert, militant solidaire dans Gouin et membre de l'équipe des communications de la campagne de 2022 ; Joëlle Naud, militante de Québec solidaire, responsable des bénévoles pour Laurier-Dorion (2018) et responsable du Jour J pour Verdun (2022) ; Anne B-Godbout, candidate dans Terrebonne (2018) et LaFontaine (2022) ; Chloé Domingue-Bouchard, militante solidaire dans Gouin et ancienne membre de la commission politique, responsable éducation (2020-2022) ; Philippe Lapointe, militant solidaire dans Gouin et ancienne membre de la commission politique, responsable travail (2020-2022) ; Stéphane Thellen, ancien candidat (2008) et membre du comité de coordination dans Huntingdon ; Philippe Jetten-Vigeant, ex-candidat dans Iberville (2018 et 2022) ; Mario Jodoin, membre de la commission thématique sur l'économie, la fiscalité et la lutte à la pauvreté depuis 15 ans ; Pierre-Paul St-Onge, secrétaire général de 2013 à 2016, candidat en 2012, 2014 et 2018 ; Kévin St-Jean, militant dans Portneuf et ancien candidat dans Les Plaines (2018) ; Pierre Alarie, membre fondateur, militant dans Anjou–Louis-Riel et Hochelaga-Maisonneuve ; Anne-Marie David, responsable à la liaison avec les associations de 2016 à 2020, ex-coordonnatrice de QS Montérégie et présentement co-coordonnatrice de QS Verchères ; Léonie Thibault Rousseau, co-coordonnatrice de QS Verchères, étudiante au baccalauréat en géographie environnementale ; Jordan Raymond, militant solidaire dans Johnson ; Julie Dionne, responsable des élections au comité de coordination national ; Barbara Gagnon, responsable des communications dans Sherbrooke ; Steve McKay, militant solidaire dans Saint-François ; Marie-France Hétu, militante solidaire dans Sherbrooke ; Chantal Dubuc, militante solidaire dans Johnson ; Siham Zouali, militante solidaire dans Sainte-Marie–Saint-Jacques ; Simon Richer, bénévole dans la partielle Gouin (2017), responsable des communications au comité de coordination de Laurier-Dorion (2017-2018), responsable de l'accueil pour Laurier-Dorion (2018), bénévole pour Verdun (2022) ; Sophie Brochu, militante solidaire ; David Touchette, candidat dans LaFontaine (2018) et candidat dans Westmount–Saint-Louis (2022) ; Pierre Gauthier, porte-parole masculin de QS Verdun ; Lauréline Manassero, militante depuis 2014 et porte-parole femme de QS Marie-Victorin ; Amélie-Hélène Rheault, militante depuis 2006, anciennement membre de QS Estrie, membre du comité de coordination de QS Saint-François ; Marie Bélanger, cofondatrice de QS Verchères et militante dès la fondation de QS ; Catherine Ladouceur, militante solidaire dans Saint-François ; Claude Lefrançois, candidate dans Laporte aux élections de 2018 et de 2022 ; Gilles Sabourin, coordonnateur de l'association de Laporte ; Pierre-Luc Lavertu, candidat dans Saint-Jean en 2022 ; Christian Montmarquette, membre fondateur et militant de Québec solidaire depuis ses origines ; Jean-Léon Rondeau, militant solidaire dans Laporte ; Blanche Paradis, membre fondatrice de QS, ancienne responsable de la commission nationale des femmes et ancienne membre du comité de coordination nationale de Québec solidaire ; Myriam Leduc, membre des comités de direction de campagne dans Gouin en 2017 et Laurier-Dorion en 2018, codirectrice de campagne dans Verdun en 2022 et militante solidaire dans Mercier ; Manon Blanchard, co-porte-parole de QS Taillon, membre fondatrice et candidate dans Taillon ; Pierre Parker, coordonnateur de QS Verdun ; Luc Harbour, représentant officiel de QS Sherbrooke ; Anne Blouin, responsable des communications de l'association de QS Verdun ; Maïté Girard-English, militante solidaire dans Pontiac ; Nadine Beaudoin, co-organisatrice du congrès de fondation et coordonnatrice générale du parti 2006-2023, directrice des élections générales de 2008 à 2022 ; Gaétan Châteauneuf, co-organisateur du congrès de fondation de Québec solidaire, ex-porte-parole de l'association de QS Bourget (Camille-Laurin), candidat dans Bourget (Camille-Laurin) en 2014, secrétaire général de 2016 à 2020 au comité de coordination national, représentant officiel par intérim de l'association de QS Bertrand ; Ginette Langlois, militante au comité de coordination de QS Montérégie ; Mike Owen Sebagenzi, co-coordonnateur du Réseau militant jeunesse, militant dans Hull, candidat dans Pontiac en 2022 ; Maxime Larue, responsable à la mobilisation au comité de coordination national (2019-2023) ; William Lemieux, bénévole de campagne dans Blainville (2022), responsable aux communications du comité de coordination de Blainville (2023) ; Joëlle St-Arnault, responsable des bénévoles de QS Laporte ; Jacques Tanguay, représentant officiel de QS Laporte ; Danielle Champagne, militante solidaire dans Laporte ; Pascal Lavoie, militant solidaire dans Sainte-Marie–Saint-Jacques ; Nora Robichaud, militante solidaire dans Maurice-Richard ; Bernard Gauvin, ex-coordonnateur de QS Maurice-Richard ; Philippe Badenas, militant solidaire dans Maurice-Richard ; Thomas Poulin, militant depuis 2012, ancien membre du comité de coordination de Gouin, Porte-Parole du comité de coordination de Gaspé ; Geneviève Fortier-Moreau, membre du comité de coordination de Verdun et ex-candidate en 2012-2013-2014 dans Viau ; Brian Harvey, militant solidaire dans Abitibi-Ouest ; Suzanne Brais, militante solidaire dans Abitibi-Ouest ; Émile Bellerose-Simard, candidat dans Masson en 2022 ; Véronique Painchaud, militante solidaire dans Berthier ; Isabelle Gonthier, militante solidaire dans Mercier, ancienne attachée au bureau d'Amir Khadir et employée aux campagnes électorales de 2007 à 2022 ; Jérémie Vachon, militant solidaire ; Julien St-Pierre, militant solidaire dans Richmond ; Mathieu Sabourin, militant solidaire ; Michael Ottereyes, militant autochtone, ex-candidat dans Roberval ; Nika Deslauriers, militante depuis 2006, attachée politique d'Amir Khadir de 2011 à 2017 et présidente de Québec solidaire de 2017 à 2021 ; Jean-Bernard Rose, militant dans Sainte-Marie–Saint-Jacques ; Véronique Tessier, membre solidaire dans Taschereau ; Jordan Larochelle, membre du comité de coordination dans Hull.
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Un Musée d’histoire du Québec....une grosse blague
Le gouvernement Legault a annoncé la semaine dernière la création d'un Musée d'histoire du Québec...vraiment ?
Un Musée...vraiment ?
Monsieur Legault précise dans son annonce que le musée sera situé au Petit séminaire de Québec, Pavillon Camille Roy en plein dans la vieille ville de Québec et commencera avec l'histoire de Champlain. Des précisons ont été apportées expliquant que le Musée serait axé sur l'histoire de la nation québécoise. Plusieurs réticences ont été soulevées dont certaines en lien avec le Musée de la Civilisations à proximité de ce nouveau musée. D'autres visent clairement les conceptions historiques que présupposent une telle initiative.
Pourquoi partir de Champlain ? Et pas Jeanne Mance ?
Les hommes font l'histoire...pas les femmes...
En fait cette annonce c'est le symbole d'une conception d'hommes blancs coloniaux qui pour eux (et je dis bien eux, pour cette annonce) sont d'accord avec une approche identitaire de la nation québécoise. En fait monsieur Legault a voulu polir son image face au baisse dans les sondages en relançant les idéologies du « Québécois pure laine » et jouer ainsi sur le terrain politique du PQ en plein succès électoraux. Les personnes immigrantes ne seront certes pas au centre de cette conception historique. Pourtant Champlain et Jacques Cartier venaient de France.
C'est cette même approche qui l'empêche de reconnaître le génocide palestinien, d'accorder un appui inconditionnel à Israël et à ouvrir un bureau du Québec à Jérusalem.
Et les Nations autochtones ?
Elles font partie de la préhistoire ? Selon les propos de l'historien Éric Bébard, consultant sur le projet. Les Premières Nations ont évidemment émis des critiques d'une telle approche.
Et il y a un lien clair entre la marginalisation des nations autochtones et le refus du gouvernement Legault de reconnaître le racisme systémique et d'appuyer le Principe de Joyce.
TVA rapportait ainsi la nouvelle :
(https://www.tvanouvelles.ca/2024/05/08/nouveau-musee-lhistoire-de-la-nation-quebecoise-a-commence-avec-champlain-maintient-legault)
« Face aux critiques, François Legault assure qu'il sera question aussi des Autochtones au Musée national de l'histoire du Québec (MNHQ). Le premier ministre maintient toutefois que l'histoire de la nation québécoise « a commencé avec Champlain ».
Mardi, le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, a accusé François Legault d'essayer d'effacer les Premières Nations de l'histoire du Québec en affirmant que l'histoire de la nation québécoise a « débuté avec Champlain ».
M. Picard faisait référence à des propos tenus par le premier ministre lors de l'annonce de la création du MNHQ, le 25 avril dernier.
Lors de cette même conférence de presse, l'historien Éric Bédard, qui accompagne le Musée de la civilisation dans la préparation des premières expositions, a laissé tomber « que les Autochtones représentent un peu la préhistoire du Québec ».
« Nous sommes indissociables de l'histoire de cette terre, et l'arrivée de Champlain ne définit pas le Québec », a dénoncé le chef Picard, en dénonçant ces propos « inacceptables ».
Relancé à ce sujet, le chef caquiste a nuancé sa position, qu'il maintient. « Le Musée national de l'histoire du Québec, donc c'est le musée de la nation québécoise », a-t-il réitéré.
Et les écomusées…
Pourquoi favoriser d'immenses musées au lieu de financer et soutenir tout le réseau des écomusées. Toute cette chaîne de petits musées mettent en valeur des aspects intéressants de l'art, de l'artisanat, du folklore des régions. Elle participent à l'écotourisme. Ils sont bien implantés régionalement. Ils sont inclusifs de la nation québécoise et permettent aussi la visibilité des cultures autochtones.
La culture doit être partagée et non objet de consommation pour les personnes riches, blanches et coloniales.
Chloé Matte Gagné
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S’unir pour gouverner autrement
Depuis 2006, les occasions de trébucher ont été quotidiennes, entre les pièges du jeu médiatique et la nature des institutions dans lesquelles nous avons choisi d'entrer. Malgré de nombreux obstacles, l'ascension promise par les solidaires s'est tranquillement concrétisée et Québec solidaire est devenu une organisation irremplaçable pour la gauche québécoise.
Le départ d'Émilise est un choc pour l'ensemble de notre parti et une perte immense. Son départ, suivi de celui de membres de la direction, soulève des questionnements profonds pour notre organisation.
Cette crise met au jour la nécessité pour notre parti de mener les débats pour nous entendre sur notre vision d'une gauche prête à gouverner sans renoncer à elle-même, sur nos objectifs et sur les moyens à déployer pour réussir. Ce besoin ne s'est jamais fait aussi pressant. Pour affronter cette tempête, il est important de se rappeler pourquoi notre projet politique est essentiel et décider comment adresser ces questionnements fondamentaux.
Une histoire qui dépasse notre seul parti
Québec solidaire s'inscrit dans une longue tradition au Québec de luttes, de défaites, mais aussi de victoires face au saccage de nos services publics, à la destruction de nos tissus sociaux et de nos milieux de vie. Ce Québec rêve d'une société plus juste, égalitaire et solidaire.
QS a permis de faire cheminer des idées dans la société et de faire la démonstration que les partis traditionnels sont incapables de proposer des solutions aux crises que nous traversons. QS a imposé des débats jusque-là ignorés par la classe politique. Pensons aux questions d'inégalité de classe, de féminisme, d'antiracisme et d'écologie.
QS n'a pas accompli ce travail seul, mais accompagné et porté par des mouvements sociaux. Notre lien avec la rue est historique et ce lien devra être encore plus important si nous voulons prendre le pouvoir. Sans l'appui et la participation active de mouvements sociaux forts, la gauche solidaire ne peut aspirer à gouverner.
En plus des questions de fond, notre parti se distingue par la forme de son organisation. Contrairement aux autres partis, QS s'est construit sur une culture démocratique ancrée dans notre volonté de donner la voix au peuple. Pour incarner cette culture démocratique, nous nous sommes doté·e·s d'une structure à l'image de nos convictions. C'est pourquoi encore aujourd'hui nous avons un co-porte-parolat qui implique une direction collective et un partage de responsabilités égal entre une femme et un homme.
C'est grâce à notre message et à cette façon de faire que nous avons su convaincre des dizaines de milliers de Québécois·e·s de nous rejoindre. Rompre avec notre héritage non-conformiste ne saurait profiter ni à notre parti, ni au Québec.
La force de notre ADN hybride
L'aventure de QS est celle de gens très différents qui s'assoient à la même table et qui aspirent ensemble au renversement du dogme de la résignation. À notre fondation, lorsqu'Option Citoyenne portée par Françoise a fusionné avec l'UFP d'où venait Amir, nous avons choisi d'additionner nos forces. Cette volonté profonde de changer les choses nous a amené·e·s à travailler ensemble et à réconcilier des discours jusque-là parallèles. Ceux et celles qui pensent aujourd'hui que certains d'entre nous n'ont pas leur place au sein de la grande famille solidaire se trompent. L'histoire de notre parti nous montre que QS a puisé sa pertinence dans sa capacité à rallier les gens, pas à les diviser. Notre mouvement doit s'élargir, notre organisation doit continuer d'accueillir ceux et celles qui ont envie de changement.
Le départ de notre première porte-parole issue de la ruralité est un signal d'alarme. Sa démission nous rappelle l'importance d'apporter des changements à certaines de nos pratiques organisationnelles pour leur plein réancrage féministe et démocratique. Nous avons besoin de revoir nos façons de concevoir et d'exercer le pouvoir à l'intérieur même de notre parti, pour qu'il soit mieux partagé, plus inclusif, afin de se faire plus créateur.
Un projet possible et nécessaire
Cela a le mérite d'être clair, nous avons besoin de changements pour passer à la prochaine étape. Ces changements passent notamment par le renouvellement de notre ancrage dans les mouvements sociaux et par notre détermination à mener et remporter des batailles d'idées dans le débat public. Si nous voulons engranger de nouvelles victoires électorales, il nous faudra également une bonne dose de réalisme pour saisir les rapports de force et travailler à les changer à notre avantage, faute de quoi nos efforts seront anéantis. Ce travail peut et doit se faire sans jamais perdre de vue nos objectifs de transformation de la société.
Pour faire rêver le Québec, nous devons lui proposer un projet rassembleur. Nous devons créer les conditions de convergence entre les différentes tendances qui composent notre parti, pas en évacuer l'une au profit de l'autre. À Québec solidaire, on est à la fois rêveur et lucide, réaliste et audacieux.
La gauche n'a pas le luxe de se diviser. Nous sommes plus forts lorsque nous luttons ensemble malgré nos différences. Oui, nous devons aspirer à plus qu'être un parti de gouvernement, mais nous devons aspirer à gouverner autrement.
Premiers et premières signataires :
Victor Beaudet-Latendresse, membre du comité de coordination nationale
Maïka Sondarjee, membre du comité de coordination de Hull
Haroun Bouazzi, député de Maurice-Richard
Royse Henderson, membre du comité de coordination nationale pour la Commission nationale des femmes
Amir Khadir, ancien porte-parole et député de la circonscription de Mercier de 2008 à 2018
François Saillant, membre fondateur et ex-membre du comité de coordination nationale
Émilie Poirier, ex-membre du comité de coordination nationale
Benjamin Gingras, candidat solidaire dans Abitibi-Est en 2022 et membre du comité de coordination nationale pour la Commission nationale autochtone
Kenza Sassi, ex-membre du comité de coordination nationale et candidate dans Orford en 2022
André Frappier, ancien président et co-porte-parole de Québec solidaire
Élisabeth Germain, candidate dans Charlesbourg en 2018
Alexandre Legault, candidat solidaire dans Brome-Missisquoi en 2018 et 2022
Pour signer la lettre 👉 https://forms.gle/CocGxH6DY5fWgsmv6
Signataires suivant.e.s :
Carol-Ann Kack, candidate 2018 et 2022 dans Rimouski, Pp femmes coco Rimouski
Katy Borges, Coordonnatrice de l'asso régionale de Montréal
Élisabeth Béfort-Doucet, Membre de comité de coordination de Bourassa-Sauvé
Amélie Drainville, Ex-membre du comité de coordination et candidate en 2022 dans la circonscription de Berthier
La Rocque, bénévole dans Maurice-Richard
Sylvain Benoit
Mario Jodoin, membre de la Commission thématique sur l'économie, la fiscalité et la lutte à la pauvreté
Hélène Cliche, membre du coco Lotbinière-Frontenac
Jimena Aragon, candidate dans Chauveau 2022
Laura Avalos, Candidate 2022 à Gatineau et 2014 à Chapleau, Outaouais
Louise Foisy
Patrick Laplante, ex porte-parole masculin circonscription Bourget (actuellement Camille Laurin)
Édith Laperle, ancienne candidate dans Outremont en 2012, 2013 et 2014.
Myriam St-Pierre, membre du comité de coordination de Papineau
Pier-Luc Brault, membre du comité de coordination, QS Saint-François
Michelle Corcos, responsable de la Commission thématique Santé, Conditions de vie et Services sociaux
Nadia Blouin, candidate en 2014 dans Lotbinière-Frontenac et membre du coco de Lotbinière-Frontenac
Marie-Claude Latourelle, membre du comité de coordination de Papineau et candidate de Papineau en 2022
Serge Bruneau, membre
Audrey Givern-Héroux, représentante de la Côte-Nord à la Commission nationale des femmes et candidate en 2022 dans René-Lévesque
Brigitte Morin, membre
Marie-Josée Doucet, membre de la Commission nationale des femmes (représentante régionale de l'Estrie)
Josiane Richer, membre
François Godbout, membre
Goulimine Cadoret, ex candidate Rivière du Loup, Témiscouata Les Badques
Alexandre Clément, Co-porte-parole de QS Papineau
Mathilde Moussu-Lussier, Membre de Québec solidaire Laval-des-Rapides
Michelle Sirois, Membre du comité de coordination Saint-Jean-Iberville
Antoine Côté, Membre du comité de coordination de Québec solidaire dans Mont-Royal–Outremont
Guillaume Lajoie, candidat dans Mille-Îles 2022, membre de la commission thématique économie, travail et lutte contre la pauvreté
Salem Tajeddine, Membre
Angélique Soleil Lavoie, Représentante femmes de la région de Montréal
Zachary Robert, Candidat de 2022 dans Chomedey et membre du comité de coordination de la région de Laval
André Querry, Membre
Karine Cliche, Candidate dans Sainte-Rose 2022 et membre du comité de coordination de Sainte-Rose et de Laval
David Poulin, Membre du coco Lotbinière-Frontenac
Jean Pierre Roy Valdebenito, Membre du comité de coordination de Québec solidaire Jean-Lesage, membre de la CT santé
Jonathan Durand Folco, Membre de Hull et ancien responsable des orientations
Gabriel Masi, Militant solidaire dans Vimont
Geru Schneider, Ex-membre du comité de coordination de Laval, membre
Flavie Achard, Membre de la CT éducation
Louis-Philippe Durbet, Membre bénévole de la circonscription de Verchères et du réseau militant jeunesse
Steven Roy Cullen, Candidat à Trois-Rivières en 2022 et co-porte-parole de l'Association de Québec solidaire Trois-Rivières
Daniel Di Raddo, Membre fondateur. Militant de la base.
Elie Presseault, membre et militant sourd
Ronald Cameron, membre de Mercier et du Réseau militant en solidarité internationale
Ananda Proulx, responsable des communications de la CNF
Ricardo Gustave, candidat 2022 et membre du comité de coordination de la circonscription de Bourassa-Sauvé
Alice Paquet, Bénévole dans la circonscription de Roberval en 2018
Marie-Josée Béliveau, Responsable de la CT Altermondialisation et solidarité internationale
Marie Céline Domingue, Candidate dans Charlesbourg en 2012 et 2014, ancienne responsable de la Commission nationale des femmes
Jocelyne Dupuis, membre fondatrice de QS, élue au premier CCN et membre active de berthier
Francine Boucher, CT Santé, conditions de vie, services sociaux
Danielle Adam, Membre du comité des femmes région Québec
France Cormier, Coporte-parole équipe régionale Mauricie pendant 10 ans et membre fondateur 4 circonscriptions.
Ismaël Seck, Candidat dans Jeanne-Mance-Viger en 2018
Stella Bourgon-Germain, Membre du comité de coordination de Laval
Jessica Squires, Membre du comité de coordination de QS-Hull, ancienne membre du comité démocratie participative de QS, ancienne responsable de la CT Justice
Benoit Renaud, Ancien membre du comité de coordination national (secrétaire général 2008-2010, mobilisation 2011-2012, orientations 2017-2019
Stéphane Thellen, Membre du comité de coordination de Québec solidaire Huntingdon
Benoît Landry, Candidat dans Borduas en 2022
Mathilde Chouinard, membre
Aeme Benali, Ex membre de Québec Solidaire et militant.e
Kim St-Pierre, Membre du comité de coordination de Rosemont et membre de la Commission thématique Culture
Jean-Pierre Daubois, Syndicaliste membre de QS
Adrien Guibert-Barthez, Candidat dans Chicoutimi en 2022
Gérard Séguin, Ex-coordonnateur Qs Huntingdon
André David, Coordonnateur de QS Louis-Hébert
Audrey Sigouin, Conseillère, comité local de Trois-Rivières
Isabelle Larrivée, Membre
Lucie Mayer, Responsable CT Agro (2013-2020) ; Responsable CT Culture (2018-2020) ; Candidate et co-porte-parole femme (Bertrand, 2014 et Prévost, 2018) ; Membre co-fondatrice Asso de circo de Prévost (2018-2024) ; Responsable Collectif Accessibilité universelle (2019-2021)
Philippe Jetten, candidat dans Iberville en 2018 et 2022
Pier-Yves Champagne, Membre de QS Jean Lesage
Bruno Apari Lauzier, Membre Coco Ste-Rose/Laval
Rabah Moulla, Membre du CCN entre 2020 et 2022 et ex-candidat en 2018
Marc Sarazin, Membre
Antoine Casgrain, Recherchiste et directeur du service de recherche parlementaire 2015-2024
Roger Rashi, Comité de coordination du Réseau militant intersyndical
Etienne Marcoux, Membre du comité de coordination de la circonscription de Saint-François
David Cormier, Membre du comité de coordination de la circonscription de Trois-Rivières
Matthew Brett, Membre
Josée Chevalier, Membre du comite de coordination de Laval. Cnf et RMI.
Joanne Boutet, membre du comité de coordination de Jean-Lesage
Ginette lewis, membre
Susan Caldwell
André Doucet, Membre dans Lafontaine
Daryl Hubert, Coordonnateur du Réseau militant intersyndical
Maude Laplante-Dubé, Membre du comité de coordination de Taschereau
Bernard Rioux, membre du Réseau Militant Écologiste (RMÉ)
Charles-Émile Fecteau, Militant dans la circonscription de Jean-Talon
Georges Goma, Porte-parole « H » QS Charlesbourg ; Candidat à l'investiture QS de Charlesbourg en 2022 et Candidat QS dans Lévis en 2018
Madeleine Ferland, Membre de QS Laval-des-Rapides
Marjolaine Bougie, Bénévole campagne électorale
Nicole Jetté, membre
Laurent Thivierge, Réseau militant intersyndical de QS
Rosa Pires, Militante et candidate dans Verdun en 2014
Émilie Lambert-Dubé, Membre de l'exécutif Régional de Qs Capitale-Nationale et membre du Comité des femmes de QS Capitale-Nationale
Isabelle Vallée, Ex-membre du comité de coordination Taschereau et ex-membre de la CT Altermondialiste
Pierre Dostie, Membre du comité de coordination de QS Chicoutimi, ancien porte-parole du RAP, ancien co-porte-parole de l'UFP, ancien membre du Comité de coordination national de QS, ancien candidat de l'UFP en 2003 et de QS en 2012, 2016 et 2018 dans Chicoutimi.
Charles Lantin, Membre du comité de coordination de Chicoutimi
Raphael Simard, Ex membre du comité de Hull
Francis Landry, Membre du comité de coordination de la circonscription de Sherbrooke
Lucas Bergeron, Membre du comité de coordination de la circonscription de Chicoutimi
Pierre-Louis Cauchon, Membre du comité de coordination de Taschereau
Josianne Dubé, Membre du comité de coordination de la circonscription de René Lévesque
Aurélie Chouinard, membre du comité de coordination de Taschereau
Louis Horvath, Membre
Gérard Pollender, Membre
Marie-Eve Rancourt, Membre de QS depuis sa fondation, ancienne candidate et ancienne membre du CCN et de la CP
Denis Roy, Comité coordination Laval-des-Rapides
Audrey Gosselin Pellerin, Membre de Québec solidaire dans Taschereau
Andrée-Anne Brillant, Ancienne candidate dans Dubuc, Saguenay
Marie Lauzon, Membre et bénévole
Mégane Tremblay, Membre du comité de coordination de Chicoutimi
Mike Owen Sebagenzi, Co-coordonateur du Réseau Militant Jeunesse, ancien candidat dans Pontiac
Michael Ottereyes, Ex-candidat dans Roberval, ex-coordonnateur de la CNA
Mario Diraddo, Militant de Mercier
Denis Casselot, ex membre de l'exécutif de mercier
Corinne Boutterin, Membre du comité de coordination Chicoutimi
Marie-Soleil Drouin, Coco trois-rivières
Réjean Fournier, Membre du comité de coordination Louis-Hébert
Catherine Cyr Wright, Représentante GÎM à la CNF et porte-parole femme de Bonaventure
Pierre Mouterde, Membre de la commission altermondialiste
Vincent Munger Simard, RO Papineau
Annie Pouliot, Membre fondatrice, QS Montmorency
Louise Constantin, Membre fondatrice, ancienne membre du coco de l'association de Verdun et membre de la commission sur l'altermondialiste et la solidarité internationale
Samuel Yergeau, Membre et militant
Philippe Badenas, Militant de Maurice-Richard
Thomas Poulin, Thomas Poulin, militant depuis 2012, ancien Porte-Parole du Comité de coordination de Gouin, Porte-Parole du comité de coordination de Gaspé
Catherine Browne, membre
Mireille Viau, Membre du comité de coordination de la circonscription Laval-des-Rapides
France Lussier, Membre
David-Alexandre, Représentant Officiel de Taschereau
Christian Montmarquette, Membre fondateur et militant de Québec solidaire depuis ses origines
Louise Morin, membre fondatrice et bénévole
Line Bouchard, Responsable régionale ATU de la CNF QS, Membre coco RNT, et RNt et nord du Québec, représentante CNF
Élise Brunet, Membre du coco de Ste-Rose
Victorien Pilote, Membre fondateur et candidat dans Lafontaine en 2007
Julie Francoeur, Candidate dans Bertrand aux élections 2022, membre du comité de coordination de Bertrand et de la commission thématique Économie
Pour signer la lettre 👉 https://forms.gle/CocGxH6DY5fWgsmv6
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La Déclaration de Saguenay définit la crise de Québec solidaire
La crise du parti déclenchée par la démission de sa porte-parole s'étale sur la place publique alimentée par les déclarations et prises de position de la députation d'aujourd'hui et d'hier que relaient à l'interne médias sociaux, moult réunions formelles et informelles et finalement des lettres aux membres reproduites médiatiquement auxquelles répondent des lettres ouvertes dissidentes tout aussi médiatisées. La direction du parti n'a manifestement pas été capable de remettre dans la bouteille le (mauvais) génie de la contestation.
La partie, ou du moins sa première manche, se jouera au Conseil national (CN) de Saguenay à la fin mai. À moins d'un improbable revirement stratégique, la direction du parti tentera d'imposer cette orientation dite pragmatique qu'elle a été contrainte à étaler en plein jour plus vite qu'elle ne le souhaitait avant de la cristalliser par le détour de la Déclaration de Saguenay tenant lieu de programme jusqu'à sa révision. Sinon la crise va s'étendre jusqu'au congrès de l'adoption de ce programme en 2025, ce à quoi doit tendre la gauche contestataire du parti.
La direction du parti a vite compris que crise, en caractères chinois, combine les sinogrammes de menace et d'opportunité. Après avoir tenté de minimiser la crise sans succès, elle a vacillé paressant se diviser. Puis ce fut la grande manœuvre de Gabriel Nadeau-Dubois (GND) rentrant dans ses terres pour mieux rejaillir en transformant la menace en opportunité tout en tentant de balayer sous le tapis l'interprétation féministe de la crise par la nomination de la députée de Sherbrooke comme porte-parole intérimaire. Une fois son caucus réunifié, toutes femmes comprises, les intérêts matériels et le carriérisme y jouant peut-être un certain rôle, la direction avance à visage découvert pour faire de Québec solidaire (QS) un « parti de gouvernement » avec à l'avenant « une refonte complète de son programme » et « la structure du parti "plus efficace, moins lourde et plus simple" ».
Appelons cette orientation proposée la finalisation de la NPDisation de QS dont l'indépendance serait le cache-sexe. Elle est pleinement explicitée dans la Déclaration de Saguenay que doit adopter, une fois amendée, le prochain CN et laquelle doit tenir lieu de « discours politique lors des prochaines années ». C'est donc dire que cette Déclaration se substituera « pragmatiquement » au programme. Si, avant la crise, la meilleure tactique, étant donné le rapport de forces très défavorable à la gauche anticapitaliste, était de tenter d'amender cette Déclaration pour le ramener tant que faire se peut dans le chemin des points saillants du programme, le surgissement de la crise du parti permettrait maintenant de la supprimer de l'ordre du jour tout en lui substituant un débat de fond sur la crise.
Une panne démocratique-féministe qui a permis la centralisation pour recentrer
Ce qui est crucial et essentiel est de libérer la parole militante dans le parti afin de faire apparaître les fondements féministe et démocratique de la crise quitte à accepter et même à se réjouir d'une cacophonie momentanée quant à la remise sur table du programme du parti. C'est le succès relatif de l'inavouable politique chauvine et verticaliste de la direction du parti, au point d'autonomiser l'aile parlementaire, qui lui a permis de « recentrer » le message politique du parti jusqu'à tenter au CN de présenter un document qui a comme vocation de remplacer en catimini son programme. Ensuite, la direction prévoit de le chambouler de fond en comble en 2025 après que la structure du parti eut été, l'automne prochain, rendue plus « efficace » c'est-à-dire verticalisés par la refonte des statuts.
Le recentrage pragmatique est l'art politicien de la fuite en avant et du subterfuge dont l'aile parlementaire est déjà devenue experte. Pour avoir une idée de ce à quoi ça ressemble, il suffit de considérer la prise de position du parti à propos du démantèlement ou non du camp pro-Palestine de l'université McGill. D'abord ce n'est pas le porte-parole qui porte la parole du parti sur ce point majeur de la conjoncture du moment tant nationale que mondiale mais son leader parlementaire. Bien campé au centre-gauche, le parti s'oppose au démantèlement « sauvage » du camp Palestine de McGill. Fort bien. Mais cette déclaration n'appuyait pas pour autant cette occupation ni ses demandes envers l'administration universitaire se contentant de porter ailleurs le regard vers le bureau de Tel-Aviv de la CAQ (ou les propos provocateurs du Premier ministre). Estce que cette déclaration signifiait que QS resterait silencieux face à un démantèlement « civilisé » ? Le site web du parti reste coi sur le camp. Le 11 mai à l'occasion de la commémoration de la Naqba, trois députés, mais non les porteparole, visitaient enfin le camp qu'ils disent appuyer, sans plus. Appelons ça une prise de position évolutive. On constate ici le même flottement que vis-à-vis le Front commun dont on visitait les lignes de piquetage mais sans jamais appuyer ses revendications salariales ou encore vis-à-vis le logement social mais sans appuyer la revendication-phare du FRAPRU de la construction de 50 000 logements sociaux sur cinq ans ce qui est pourtant largement insuffisant.
Moins d'électoralisme lors de la dernière campagne aurait peut-être permis d'éviter la présente crise. Québec solidaire aurait pu proposer, à l'encontre de la pollution par la fonderie Glencore de Rouyn-Noranda, en cas d'un refus ou de l'impossibilité de sa modernisation écologique que ce soit par l'entreprise elle-même ou par l'État suite à une nécessaire expropriation, une reconversion par exemple pour fabriquer du matériel pour la rénovation écoénergétique des bâtiments ou des pièces pour des moyens de transport en commun ou en cas de fermeture inévitable un recyclage des travailleurs vers la restauration écoénergétique des bâtiments existants financée par Hydro-Québec. Le syndicat local, au lieu de se ranger derrière le patron, se serait peut-être rallié à cette proposition entraînant derrière lui l'électorat travailleur de Rouyn-Noranda. La circonscription serait probablement restée dans le giron Solidaire… et la présente crise existentielle aurait pu être évitée. Cette heureuse issue aurait été causée par une radicalisation de la plateforme électorale à l'encontre de son centrisme pragmatique qui ne proposait aucune alternative à la menace de fermeture par la multinationale.
Amende honorable aux femmes pour mieux faire passer la Déclaration de Saguenay
On revient au problème de la démocratie interne dont le comité du même nom de quelques dizaines de membres, il y a quelques années, avait fini en queue de poisson à force de s'aplatir devant le Comité de coordination nationale (CCN) devenu le porte-parole de l'aile parlementaires au sein du parti. Le CCN a manœuvré ce comité en lui proposant un grandiloquent rapport débité en congrès sans débat ni vote lequel rapport ramasse la poussière quelque part sur une tablette. La crise démocratique du parti resurgit cette fois-ci par la porte de l'égalité femme-homme. Le malaise créé par la démission de la députée de Taschereau ne se représentant pas et à laquelle succéda un homme, suivi par l'élection en 2022 d'une députation à nette prédominance homme, dans un cadre de stagnation électorale, renforcée par l'élection d'un homme lors de la partielle subséquente, au lieu d'avoir choisi une candidate femme pour quelque peu rétablir l'équilibre, aboutit au livre-choc de Catherine Dorion osant nommer le problème. L'élection de la nouvelle porte-parole mit un baume sur la plaie. Par réaction sa démission fit publiquement éclater la crise.
La manœuvre de la direction (appel au pragmatisme, porte-parole intérimaire) s'étant fracassée contre le mur de la dissidence dont la déclaration de la Commission nationale des femmes (CNF) est l'épine dorsale, la lutte de tendances devient plus ouverte. Dans sa tentative de discréditer cette déclaration, la nouvelle porte-parole s'est tirée dans le pied. Dans son mot envoyé à tous les membres, conjointement avec la Déclaration de la CNF, elle souligne que le personnel rémunéré soutenant la députation, soit une majorité homme dirigée de facto par un homme ce qu'elle ne dit pas, est très majoritairement féminin. Elle révèle ainsi le syndrome bien connu de maintes organisations où les femmes servent les hommes. Bien sûr, pour mieux faire passer l'amère pilule du pragmatisme, elle avoue que l'égalité n'est pas atteinte — comment faire autrement ? — et elle invite les écorchées à « écrire au comité d'éthique » où elles seront suavement ramollies et surtout éloignées de tout groupe dissident.
L'aile parlementaire s'arcboute derrière sa « pragmatique » Déclaration de Saguenay tout en faisant les nuances récupératrices nécessaires pendant que la haute direction du parti y va d'une apaisante lettre aux membres promettant un bilan et un plan d'action soumis au prochain CN pour se sortir de cette « situation douloureuse ». Amende honorable faite, est réitérée « l'adoption de la Déclaration de Saguenay (issue de notre tournée des régions), la possible modernisation du programme et la révision de nos statuts nationaux […] essentiels […l]e départ d'Émilise, et les questionnements qui ont ensuite émergé, ne font que les rendre plus pertinents. » On aura compris que les deux derniers points servent d'alibi pour l'indispensable Déclaration de Saguenay, promue comme jamais sur le site web du parti, se transformant miraculeusement en remède à la démission de la porteparole élue. Tant qu'à y être cette longue lettre aux membres fait l'éloge du pragmatique parti de gouvernement comme si ses critiques étaient d'éternels rêveurs oppositionnels.
Une déclaration dissidente se démarquant et affrontant, l'autre se soumettant
La dissidence au départ inorganisée et qui tâche de se rejoindre en réseaux a jusqu'ici accouchée de deux déclarations fort différentes si ce n'est contradictoires.Celle des « quarante » plus médiatisée et, sauf erreur, malheureusement fermée se pose clairement en opposition à la direction Solidaire dans une perspective anticapitaliste :
Comme l'expliquait Émilise Lessard-Therrien, un gouvernement solidaire ainsi élu se retrouverait très faible face aux puissants lobbys qui attendent de pied ferme tous les gouvernements du Québec. Pour apporter des changements qui ne soient pas qu'une succession de « mesurettes » (le mot est d'Amir Khadir), il faudra donc absolument, derrière l'élection d'un gouvernement de QS, toute la puissance du « lobby du peuple » (Catherine Dorion) : un peuple bien mobilisé et bien réveillé, prêt à affronter la déroute capitaliste avec son gouvernement.
Parlant pragmatisme elle rappelle cet élément fondamental de la conjoncture politique mondiale. Elle aurait aussi pu rappeler que le pragmatisme abandonne au gauchisme la jeunesse québécoise en voie de radicalisation devant un monde en profonde crise dérivant vers la terre-étuve :
Or il faut se rappeler que la gauche « pragmatique », « efficace » et calculatrice, celle qui traite les autres de rêveurs et d'idéalistes – comme si c'était des défauts –, se fait doubler à l'heure qu'il est. Elle se fait doubler partout en Occident par une droite qui n'a pas peur de soulever des foules et de déplacer le cadrage du débat politique vers la droite. Bien sûr que nous voulons prendre le pouvoir. Mais ce n'est pas pour l'occuper tranquillement en y passant les
quelques projets de loi que les élites dominantes voudront bien nous laisser passer.
D'un tout autre acabit est celle s'intitulant « S'unir pour gouverner autrement » qui pose le parti comme « irremplaçable » — hors du parti point de salut ! — coresponsable « de victoires face au saccage de nos services public » — ah oui, lesquelles ! — capable de « proposer des solutions aux crises que nous traversons » — comme la loi dite Françoise David ! — « se distingu[ant] par la forme de son organisation » — un chef réellement existant masqué par l'égalité formelle des deux porte-parole ! Cette déclaration veut « proposer un projet rassembleur » et « créer les conditions de convergence entre les différentes tendances » sur la base de « gouverner autrement ». Ce serait la moindre des choses de ne pas gouverner comme les partis de droite ! Cette déclaration de la grande réconciliation, signée autant par des défenseur-e-s mur-à-mur de la direction du parti que par des « révolutionnaires écosocialistes » annonce-t-elle la victoire de l'aile parlementaire lors du CN de la fin mai ?
Quant au « renouvellement de notre ancrage dans les mouvements sociaux », attention ! Nos députés et leurs bureaux de comté le font déjà et iels sont de plusieurs manifestations. Comme le montrent les exemples déjà cités (McGill, Front commun, logement social, Glencore), le parti appuie les mouvements en faisant le service minimum, parfois en relayant à l'Assemblée nationale, mais sans faire de critiques constructives et sans tenter de fédérer les luttes et revendications populaires sur de concrets objectifs communs. Et surtout sans allumer cette lumière au bout du tunnel, cette société alternative d'un Québec indépendant, sobre et solidaire libéré de la finance, des hydrocarbures et de la filière batterie, qui donne à la militance le courage d'entamer une lutte, d'encaisser les coups et de durer. En un mot, le parti est derrière mais jamais devant, plus préoccupé des urnes que de la rue ce qui implique de ne pas froisser petites et grandes bureaucraties et autres directions autoproclamées et au diable la base militante.
La manœuvre de la direction est à déjouer pour rejeterla Déclaration de Saguenay
Pour éviter l'implosion du parti, mais en acceptant d'avance un certain nombre de départs comme jadis certains fédéralistes à la couenne dure et certaines laïcistes ennemies jurées du voile, la direction du parti a astucieusement modifié substantiellement l'ordre du jour du CN en donnant au débat sur la crise du parti une place majeure mais sans aucunement supprimer les cruciaux débat et vote sur la Déclaration de Saguenay refoulés en fin d'après-midi. La tactique de la dissidence serait de quand même provoquer un débat d'ordre du jour pour déployer l'argumentaire quitte à suggérer un vote seulement après le point sur la crise du parti afin d'y voir plus clair, et ensuite susciter un débat sur la question dans les ateliers et plénière portant sur la crise du parti afin d'aboutir à une proposition de dépôt de la Déclaration à la Commission politique (CP) qui la prendrait en compte dans le processus de révision du programme. L'épine dorsale de l'argumentaire est le court-circuitage anti statutaire du processus de révision du programme par une Déclaration votée à la va-vite par un CN, et non par un congrès qui seul peut changer un programme, et que par euphémisme la direction définit comme « discours politique lors des prochaines années » … c'est-à-dire comme substitut au programme jusqu'au moins en 2025.
Bien sûr, comme politique de repli si le débat sur la Déclaration ne peut être évité, il sera nécessaire d'appuyer les amendements à la Déclaration qui l'inclinent plus à gauche. On pense en particulier aux amendements concernant la décroissance, la gratuité du transport en commun et que l'ensemble de la population puisse y accéder, le renforcement des pouvoirs du BAPE et des syndicats dans l'entreprise, contre la privatisation du système de santé, le développement des logements sociaux, une taxe sur la malbouffe, pour (l'imprécise) production végétale à défaut de mentionner l'agrobiologie, le rejet du monopole de l'UPA, la nationalisation de la filière batterie (je souligne à double trait), le non-financement des multinationales, (l'imprécise) nationalisation de l'industrie du logement.
Reste qu'il faudra se souvenir de la critique acerbe mais non moins essentiellement dans le mille du persifleur et revanchard Lisée mais non pas moins futé. En ce qui concerne le processus de modification du programme, substituer « actualisation » à « modernisation » envoie un signal de défense des éléments clefs du programme qui définissent sa radicalité. Une vingtaine de minutes est prévu pour un compte-rendu sur la révision des statuts. C'est court mais serait la bienvenue une claire intervention sur la nécessité de ramener dans le parti hors aile parlementaire sa direction réellement existante en renforçant le CN qui, par exemple, serait élu pour un an avec droit de rappel et se réunirait quatre fois l'an avec droit de constituer des comités de travail et même d'élire le CCN.
Il serait enfin temps de construire un pôle anticapitaliste qui a trop attendu
Peu importe la fin tôt ou tard de cette lutte des tendances sans doute la plus aiguisée que le parti ait connu depuis sa naissance il y a 18 ans, il ne faudra pas que la gauche anticapitaliste et radicale se débobine si elle ne se termine pas joyeusement. Le signal fort aura sonné, s'il n'est pas trop tard, pour la construction d'un pôle ACIDE dans le parti, Anti-Capitaliste, Indépendantiste Internationaliste, Démocratique radicale jusqu'à et y compris l'économie, Écosocialiste et Égalitaire dans ses dimensions genrées et nationales, l'acidité étant la méthode critique. Si cette construction avait débuté il y a plus de vingt ans, lors de la fondation de l'Union de forces progressistes (UFP), on en serait pas là aujourd'hui. Plus que jamais s'impose cette fédération des anticapitalistes et radicaux non sectaires que ce soit à l'intérieur de QS, en dehors ou un pied dedans et un pied dehors.
Marc Bonhomme, 12 mai 2024
www.marcbonhomme.com ; bonmarc@videotron.ca
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Réflexion sur trois tendances au sein de QS
Un départ soudain d'une porte-parole, une onde de choc, un point de presse de l'autre porte-parole qui invite à prendre un virage pragmatique pour créer un « parti de gouvernement », quelques démissions au passage, et différentes lettres ouvertes publiées cette semaine. Ça brasse pas mal au sein de Québec solidaire, c'est le moins qu'on puisse dire.
Cela dit, il ne faut pas non plus craindre les débats, la divergences de visions ou l'implosion potentielle du parti. Comme le disait Simonne Monet-Chartrand (je reprends la citation partagée hier par Carol-Anne Kack) : « À mon sens, les inévitables tensions et honnêtes affrontements entre les tenants d'idées, d'objectifs différents, tant au sein des couples que des groupes socio-politiques et nationaux peuvent avoir une fonction positive de déblocage, d'éclairage et de libération. »
Depuis la semaine dernière, trois tendances se distinguent au sein de Québec solidaire : 1) une tendance « gouvernementiste », mise de l'avant par Gabriel Nadeau-Dubois mais aussi plusieurs membres à l'interne (une lettre ouverte à ce sujet est en préparation) ; 2) une tendance « équilibriste » exprimée par la lettre d'Haroun Bouazzi et consignée par Amir Khadir) ; 3)une tendance « mouvementiste » rendue visible par la lettre ouverte publiée dans La Presse qui a fait beaucoup jaser, notamment en raison de la signature de Catherine Dorion.
La première tendance fait entièrement confiance à la direction du parti, invite les membres à embrasser les grands chantiers de QS et le virage modernisateur de la Déclaration de Saguenay, regrette le départ d'Émilise mais appelle surtout les membres à aller de l'avant avec l'objectif central de former le gouvernement. La deuxième tendance, plus critique, cherche à trouver un terrain d'entente entre l'aile modérée et l'aile radicale du parti, invite à ne pas oublier le besoin de garder un ancrage fort dans les mouvements sociaux, et reconnaît le besoin d'une introspection plus importante sur les problèmes organisationnels internes, sans remettre en question les chantiers de la Déclaration de Saguenay ou le leadership de GND. La troisième tendance, de son côté, met de l'avant la nécessité d'un virage plus radical au niveau du discours et des positions de QS, questionne plus frontalement la centralisation du pouvoir à l'interne et le discours pragmatique/modernisateur, et invite à retrouver un côté plus subversif sans se positionner clairement sur les enjeux du prochain CN.
Ces trois tendances peuvent-elles cohabiter au sein du même parti ? Elles ont réussi à le faire jusqu'à la plus récente crise, et maintenant on voit que les bouleversements internes créent une situation d'incertitude qui réactive les réflexion collectives et les mobilisations en courants distincts autour de textes co-signés. À mon avis, cela est un signe de « santé démocratique », et que l'unité autour de la vision de GND ne va plus de soi. Mais il y a bien des risques de déchirures internes et de membres déçu.e.s qui pourraient avoir envie de quitter le bateau.
Bien que le souhait de GND, de Manon et de plusieurs soit que cette crise interne se résorbe avec le prochain Conseil national à la fin mai, je crois plutôt que ces trois tendances continueront de coexister et de se chamailler dans les mois à venir ? Pourquoi ? Car même si on pourrait croire que la position de GND se trouve exprimée dans la Déclaration de Saguenay et que l'adoption de celle-ci serait l'indicateur de la victoire du camp « gouvernementiste », en réalité il y a bien des chances que cette déclaration soit amendée par des propositions des deux autres courants.
Par ailleurs, les autres grands chantiers, dont la révision/refonte du programme et la modification des statuts et règlements du parti, ne seront pas des enjeux réglés au prochain CN ; le processus ne fera que commencer. Pour ma part, me trouvant quelque part à mi-chemin entre le courant équilibriste et mouvementiste, je n'ai rien contre le fait de revoir le programme ou d'améliorer les structures démocratiques de QS. Mais tant qu'on n'aura pas de proposition claire, concrète et détaillée sous les yeux, il est difficile de prendre une position ferme sur ces dossiers.
Autrement dit, lors du prochain CN, rien ne sera définitivement réglé, bien que la crise et les tensions internes seront peut-être apaisées momentanément. Les membres de différents courants vont certainement prendre la parole, exprimer leur mécontentement, inquiétudes et espoirs pour la suite, les délégué.e.s débattront des amendements à la Déclaration de Saguenay, GND et Christine Labrie feront un appel à l'unité, et à mon avis il n'y aura pas de grandes décisions controversées, outre quelques prises de paroles qui seront doute plus senties.
Cela étant dit, la prochaine année pour QS sera haute en débats ; un procesus d'enquête interne et un plan d'action lié au départ interne d'Émilise seront mis en oeuvre, il y aura une course pour le poste de porte-parole féminin (la deuxième en deux ans), et un chaud débat sur la révision des statuts et structures de QS, avec en toile le fond la tension entre la critique de la centralisation du pouvoir (tendance mouvementiste) et le besoin d'allègement/efficacité (tendance gouvernementiste), avec des positions qui essayeront d'équilibrer ces deux tendances (tendance équilibriste).
Pour la suite des choses, je ne sais pas quelle tendance aura le dessus sur les autres. La tendance gouvernementiste a une certaine avance avec plusieurs cadres, élu.e.s et militant.e.s de longue date qui y adhèrent, mais le leadership de GND est légèrement affaibli depuis la crise. La tendance équilibriste aura un rôle certain à jouer, notamment avec la présence d'ancien.ne.s qui ont à coeur d'éviter l'éclatement de la gauche et de trouver des positions consensuelles qui rallient le plus grand nombre. Enfin, la tendance mouvementiste a un destin plus incertain, car elle inclut des gens très mobilisés à l'interne, mais aussi plusieurs personnes qui ont quitté le navire de QS dans les dernières années.
À mon humble avis, si un rééquilibrage doit avoir lieu pour éviter un virage gouvernementiste trop prononcé, il faudrait une sorte de coalition plus large entre la tendance équilibriste et mouvementiste, afin de créer un contre-pouvoir à la dynamique hyper-modernisatrice. Concrètement parlant, cela impliquera un travail sérieux d'amendement ou contre-proposition concernant la révision des statuts afin que l'impératif d'efficacité ne prenne pas trop le dessus sur le besoin de décentraliser le pouvoir. Le tout se complique par le fait que la tendance mouvementiste est composée de plusieurs ex-solidaires qui ne sont pas intéressés à revenir s'impliquer dans le climat actuel.
Par ailleurs, les gros débats viendront au moment de la refonte du programme, surtout si les membres décident de mettre de côté le programme actuel au profit d'une table rase, avec la réécriture d'un nouveau programme concis avec seulement 4 mois de consultation et un congrès pour adopter le tout.
De mon côté, pour le moment, j'ai besoin d'un pas de recul par rapport à tout ceci. J'ai été fortement impliqué dans les instances de QS de 2012 à 2016, j'ai ensuite pris mes distances, je suis revenu au dernier congrès de novembre 2023 au moment même où Catherine Dorion sortait son livre et qu'Émilise a été élue porte-parole. J'ai noué des amitiés plus fortes avec des gens de l'aile mouvementiste, même si j'ai aussi des liens de camaraderie et d'amitié avec des personnes de la tendance équilibriste, et un respect pour plusieurs personnes de le tendance gouvernementiste qui ne se résument pas à la seule figure de GND.
Mais il faut avouer que tous ces débats sont très prenants. De mon côté je ne pourrai pas être au prochain CN pour des raisons familiales et logistiques, bien que j'aurais aimé y être pour observer, écouter, m'exprimer et voir les choses évoluer de l'intérieur. Je reste membre du parti malgré tout, je ne suis pas du genre à déchirer ma carte pour une position ou un désaccord, bien que je sente pour l'instant que le virage gouvernementiste ne m'inspire guère confiance s'il se concrétise dans les deux prochaines années.
C'est pourquoi, à court terme du moins, je resterai en quelque sorte à la marge, comme sympathisant et observateur critique, et m'impliquerai davantage dans des projets et initiatives plus alignées avec mes orientations politiques : communs, municipalisme, décroissance, critique de l'IA, démocratie radicale. C'est aussi un phénomène étrange, car QS ne s'intéresse pas, ou très peu, à ces thématiques si chères à mes yeux, et qui sont essentielles à la construction d'une société postcapitaliste digne de ce nom.
Il y a là un certain paradoxe ou une tension que je vis en moi : je suis en quelque sorte un "social-démocrate radical" qui prône aussi le "communalisme", et je reste accroché à un parti de gauche à l'échelle nationale même si à chaque année je deviens de plus en plus critique de l'État et des dynamiques de centralisation du pouvoir qui sont inextricablement liées à la conquête de cet appareil bureaucratique.
Nous portons tous des contradictions en nous, je ne crois pas qu'il y a des gens purement "gouvernementistes" ou des personnes purement "mouvementistes" ; ces différents courants cohabitent à l'intérieur d'un parti comme QS et dans le cerveau de chaque militant.e. Cela dit, certaines tendances s'expriment plus fortement chez certaines personnes, GND et Dorion représentant les deux pôles d'un spectre entre lesquels il y a beaucoup d'entre-deux et de multiples milieux. Et les crises comme nous vivons en ce moment a tendance à mettre en lumière de façon plus nette ces différentes tendances qui coexistaient de façon souterraine.
Pour reprendre les mots de Monet-Chartrand, puisse cette crise servir à de « fonction positive de déblocage, d'éclairage et de libération ». Comme le pôle mouvementiste s'exprime davantage en moi depuis quelques années, je crois que cette tendance va continuer à s'exprimer tant dans l'aile gauche de QS, et de plus en plus à l'extérieur, dans d'autres initiatives, groupes et prises de parole plus décomplexées cherchant à expérimenter d'autres manières de voir, d'agir et de sentir au-delà des impératifs de la conquête des urnes.
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De l’interdiction du keffieh et de la fragilité des supporters de l’apartheid
La panique morale autour d'un simple morceau de tissu représente le caractère défensif et paranoïde de la réponse à l'isolation grandissante d'Israël.
Owen Schalk, Canadian Dimension, 27 avril 2024
Traduction, Alexandra Cyr
Le 25 avril, durant la période de question au parlement ontarien, la députée indépendante Sarah Jama arborait un keffieh, un foulard porté traditionnellement dans certaines parties de Proche Orient. Le président de la législature, M. Ted Arnott, lui a demandé de sortir ; elle a refusé. Selon CBC, M. Arnott aurait dit qu'il n'était quand même pas prêt à utiliser la force pour être obéi.
Après l'incident, le président a signifié à Mme Jama, que : « pour le reste de la journée elle perdait son droit de vote sur tout sujet débattu dans l'assemblée, qu'elle n'avait plus droit de siéger à aucun comité, d'utiliser les installations médias du parlement, de faire reporter des résolutions, de rédiger des questions et des pétitions ». Mme Jama est députée d'Hamilton centre depuis 2023. Elle a été élue avec 54% des voix exprimées.
Cette opération punitive était justifiée par le bannissement du port du keffieh dans l'enceinte du parlement. Ce bannissement s'applique aux élus.es et au public. On a déjà refusé l'entrée à des visiteurs parce qu'ils portaient ce foulard.
Même s'il s'agit d'un symbole important de la culture palestinienne, le président Arnott affirme qu'il s'agit dans ce cas, « d'une prise de position politique » ce qui justifie le bannissement selon lui. Cette explication parait si douteuse que tous les chefs de partis y compris le Premier ministre conservateur Doug Ford lui ont demandé de retirer ce bannissement des règles de conduite. Mais, alors qu'il s'oppose publiquement à la règle, le Premier ministre Ford a aussi autorisé son caucus à s'opposer aux efforts du NPD pour la renverser à deux reprises.
Mais, il faut se rappeler que même si le NPD ontarien veut en finir avec ce bannissement, il a expulsé Mme Jama de son caucus parce qu'elle critiquait Israël pour ses attaques après celles du Hamas le 7 octobre (2023). Sa leader, Mme Marit Stiles lui a ordonné de retirer ses commentaires ce qu'elle a refusé. Doug Ford, dans la foulée, a affirmé faussement, qu'elle « soutenait publiquement le viol et les meurtres de juifs.ves innocents.es ». Mme Jama l'a poursuivi pour libelle.
À l'époque de ces faits, j'ai écrit : « Au lieu de soutenir ses membres, la direction du NPD ontarien a abandonné Mme Jama aux basses œuvres de D. Ford. Le Parti l'a expulsé parce qu'elle a eu l'audace de se défendre et de défendre ses positions. … Le NPD n'a pas le droit d'oublier cela alors qu'un génocide se produit probablement à Gaza. Il expulse une critique de la violence israélienne alors que sa cheffe converse avec un homme qui compare les Palestiniens.nes à de cafards. Il faut nous souvenir de qu'elles alliances le NPD valorise ou non ».
L'interdiction du port du keffieh à Queen's Park se situe dans une campagne plus importante dans le monde pour empêcher toute expression publique d'appui au peuple palestinien. C'est en Allemagne que la situation est la plus agressive. Le 12 avril, par exemple, la police allemande a arrêté et expulsé Ghassan Abu Sitta, un médecin anglais d'origine palestinienne qui a pratiqué bénévolement à Gaza. Il allait donner une conférence sur la Palestine à Berlin durant laquelle il prévoyait donner des exemples de génocide comme témoin direct. La conférence n'a pas eu lieu, la police de Berlin l'a interdite.
Aux États-Unis, des professeurs.es comme Jodi Dean et des étudiants.es comme Asna Tabassum ont été sanctionnés.es par les administrateurs.trices de leurs universités pour avoir pris parti en faveur des positions palestiniennes. Comme les protestations sur les campus se répandent à toute vitesse contre le génocide à Gaza, l'administration Biden, les gouvernements dans les États et les directions des collèges et universités ont répondu en diabolisant les protestataires et en envoyant la police lourdement armée sur les campus, mettant ainsi en danger le personnel et la population étudiante.
Le grand public est témoin de cette répression par l'État, sont visibles : l'utilisation des « Tasers » le poivre de Cayenne et les arrestations violentes. Mais ça n'affecte pas l'esprit des protestataires.
L'incapacité de l'État à mettre fin aux campements a suscité une marée de mensonges à propos des demandes des manifestants.es en plus de les accuser d'antisémitisme et de soutien aux terroristes ; ce qui est absurde. On les tient aussi d'idiots.es utiles des adversaires des États-Unis. L'ancienne présidente de la Chambre des représentants, Mme Nancy Pelosi a suggéré que le mouvement avait « des liens avec la Russie » et M. Jonathan Greenblatt, directeur de la Ligue contre la diffamation, proche d'Israël, a soutenu que les groupes étudiants étaient des « supplétifs de l'Iran sur les campus ».
En Occident, l'acharnement à empêcher l'expression publique de solidarité avec la Palestine s'accompagne d'autant d'efforts de la part des médias à chercher à masquer les épouvantables crimes d'Israël contre les Palestiniens.nes.
Une fuite nous a appris que le New York Times a donné instruction à son personnel de ne pas utiliser les termes « génocide, nettoyage ethnique et territoires occupés » dans leurs rapports sur Gaza, même si la Cour de justice internationale a trouvé plausible la preuve que c'est ce que fait Israël contre le peuple palestinien. Et même, malgré le fait que les Nations Unies considèrent Israël comme un pouvoir occupant à Gaza, en Cisjordanie et sur les hauteurs du Golan.
La situation est la même au Canada. Des personnes qui ont exprimé des vues en faveur de la Palestine ont été suspendues de leur travail ou de leurs écoles. Et la CBC a constamment invité dans ses programmes plus de personnes en faveur d'Israël que des Palestiniens.nes. Elle a utilisé un langage épuré pour décrire les tueries indiscriminées des Palestiniens.nes par l'armée israélienne. Mais en même temps, elle n'a cessé de décrire les attaques du Hamas le 7 octobre (2023) comme « brutales, vicieuses » motivées par « le barbarisme et l'inhumanité ».
Le 26 avril, le National Post publiait un article de Michael Higgins qui décrivait les corps de Palestiniens.nes trouvés dans des charniers découverts près de deux hôpitaux à Gaza (après qu'ils aient été attaqués par l'armée israélienne n.d.t.) comme « un mensonge éhonté de la part du Hamas ». Durant six jours, la Défense officielle palestinienne a creusé autour des hôpitaux Nasser et al-Shifa et découvert presque 400 cadavres, principalement de femmes, d'enfants et de personnes âgées. On a trouvé sur ces dépouilles, des traces de torture et d'exécution et il semble que certains.es aient été brulés.es vifs et vives.
Que révèle cet acharnement à diaboliser les Palestiniens.nes, leur culture et ceux et celles qui affichent leur solidarité devant tant de souffrances ? Le manque de sincérité de ceux et celles qui profèrent de telles accusations c'est sûr, mais aussi autre chose.
Ceux et celles qui soutiennent l'apartheid ont terriblement peur.
Qu'y a-t-il à craindre d'une conférence sur la Palestine à Berlin ? Et d'étudiants.es qui exercent leur droit à demander la fin d'un génocide ? Et d'un bout de tissu dans la législature ontarienne ?
Les Occidentaux qui soutiennent Israël savent que la bataille est perdue. Ils le savent malgré le carnage que l'armée israélienne pratique à Gaza qui n'est pas prêt de défaire le Hamas. Ils savent qu'Israël est en train de vite devenir un État paria et que sa réputation dans le monde sombre en emportant la crédibilité occidentale avec elle.
En plus, les gouvernements occidentaux savent que leurs populations s'objectent aux politiques qui s'attaquent aux Palestiniens.nes. La plupart des Canadiens.nes veulent que la tuerie cesse. La plupart des Américains.nes sont contre l'action israélienne à Gaza.
Que ce soit en Amérique du nord ou en Europe, les rassemblements sont toujours plus importants. Au Canada, cette mobilisation populaire a poussé la Chambre des Communes à voter une résolution en faveur de l'arrêt de la vente d'armes à Israël. Même si le texte original du NPD a été dilué par le gouvernement Trudeau et qu'il ait annoncé par la suite que les exportations d'armes déjà approuvées seraient expédiées. Elles se comptent par centaines.
Les gouvernements occidentaux et les supporters de l'apartheid ont peur parce que la plupart des peuples en Occident ne soutiennent pas leurs politiques et actions pro israéliennes. Cette peur les a poussés à commettre des actes brutaux comme les attaques contre les protestataires dans les Universités et à des tracasseries comme l'interdiction du keffieh au Parlement ontarien.
La simultanéité de la brutalité et des tracasseries de ceux et celles qui soutiennent l'apartheid révèle un fait déterminant : ils savent qu'il y a une majorité contre leur position et ils savent à quel point elle est fragile.
Mais fragilité ne veut pas dire faiblesse. Les supporters d'Israël ne sont pas faibles. Après tout ce sont la classe des médias et des appareils répressifs de la plupart des pays occidentaux qui les composent. Mais, néanmoins, ils sont fragiles. La majorité de la planète voit leur cruauté, leur inhumanité qui provoquent des fissures dans l'État israélien.
Au fur et à mesure que la pression publique s'exprime, que nous refusons de laisser la brutalité et les tracasseries non réduire au silence, ces fissures s'étendront.
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