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USA : offensive réactionnaire contre le contrôle des naissances
Après avoir réussi il y a deux ans à renverser l'arrêt Roe vs. Wade qui assurait la protection fédérale du droit à l'avortement, par la décision de la Cour suprême et après avoir adopté des restrictions à l'avortement dans plusieurs États qui ont pratiquement éliminé l'avortement, la droite préconise aujourd'hui l'élimination des pilules contraceptives.
Hebdo L'Anticapitaliste - 701 (28/03/2024)
Dan La Botz
Crédit Photo
Wikimedia Commons / Fibonacci Blue from Minnesota, USA - CC BY 2.0 Deed
Prétendant défendre les femmes qui pourraient être lésées par la contraception hormonale, et arguant qu'ils protègent également la dignité des femmes et la famille, les médias sociaux de droite ont lancé une campagne visant à mette fin à la « sexualité récréative ». Selon eux, l'élimination de la pilule contraceptive est une question féministe, bonne pour le corps et l'âme des femmes.
Offensive contre la « sexualité récréative »
Les arguments idéologiques de la droite contre la pilule, comme ceux contre l'avortement, sont formulés en termes de défense de la famille et des femmes elles-mêmes. La fondation conservatrice Heritage Foundation déclare que « ...les conservateurs doivent montrer la voie en redonnant à la sexualité sa véritable raison d'être et en mettant fin à la sexualité récréative et à l'utilisation insensée de la pilule contraceptive ».
Charles Rufo, militant de droite, affirme que « la pilule cause des problèmes de santé à de nombreuses femmes. Le “sexe récréatif” explique en grande partie pourquoi nous avons tant de familles monoparentales, ce qui favorise la pauvreté, la criminalité et les dysfonctionnements. Le but du sexe est de créer des enfants — c'est naturel, normal et bon ».
Une commentatrice de droite, s'exprimant sur X, suggère que la pilule contraceptive a souvent causé aux femmes de graves problèmes psychologiques et conduit à des relations sexuelles récréatives souvent « sans amour et dégradantes ». Elle affirme qu'il devrait y avoir « un mouvement féministe pour réapprivoiser le sexe et lui rendre son danger, son intimité et ses conséquences ». De cette façon, dit-elle, les femmes peuvent « renouer avec la plénitude de notre nature incarnée ». Les politiciens républicains ont repris ces arguments et certains proposent de restreindre ou d'interdire la pilule.
80 % des électeurEs jugent « très importante » la protection de la contraception
Il est peu probable que la plupart des femmes adhèrent à cet argument. La pilule contraceptive a été largement utilisée depuis 1960 par des dizaines de millions de femmes au cours des 60 dernières années, et bien qu'elle ne soit pas la meilleure forme de contraception pour toutes les femmes, et qu'un pourcentage relativement faible de femmes souffrent d'effets indésirables, la pilule a permis aux femmes de prendre le contrôle de leur propre vie. On parle souvent de la pilule en termes de « révolution sexuelle », mais elle a fait partie intégrante du mouvement de libération des femmes.
La pilule, largement utilisée par les femmes célibataires ou mariées, a permis aux femmes de planifier leur carrière et leur famille et, oui, d'avoir des relations sexuelles pour le plaisir quand elles le souhaitaient. Les femmes de la classe ouvrière et les femmes pauvres n'ont plus eu à avoir des enfants qu'elles ne pouvaient pas se permettre de prendre en charge, ou des enfants si nombreux qu'elles étaient submergées par le travail domestique et émotionnellement épuisées. La plupart des adolescentes ont leur premier rapport sexuel à l'âge de 16 ou 17 ans, mais certaines plus tôt, et c'est pourquoi les parents essaient souvent de les protéger contre les grossesses non désirées en prenant des dispositions avec un médecin pour qu'elles prennent la pilule contraceptive.
Un récent sondage national réalisé par Americans for Contraception, dont le New York Times s'est fait l'écho, a révélé que 80 % des électeurEs ont déclaré que la protection de l'accès à la contraception était « très importante » pour eux, et que même parmi les Républicains, 72 % considéraient le contrôle des naissances d'un œil favorable. Pourtant, les politiciens républicains tenteront probablement de restreindre l'accès aux pilules contraceptives. Ce mois-ci, dans l'État de l'Arizona, les Démocrates ont présenté un projet de loi visant à protéger l'accès à toutes les formes de contrôle des naissances, mais les Républicains l'ont rejeté. Les femmes et leurs alliés devront rester sur leurs gardes face à une nouvelle atteinte à leur liberté.
Traduction Henri Wilno
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Rompre avec la croissance capitaliste, pour une alternative écosocialiste
Introduction
INTR.1.1. Ce Manifeste est un document de la Quatrième Internationale, fondée en 1938 par Léon Trotsky et ses camarades pour sauver l'héritage de la Révolution d'Octobre du désastre stalinien. Refusant un dogmatisme stérile, la IVe Internationale a intégré dans sa réflexion et sa pratique les défis des mouvements sociaux et de la crise écologique. Ses forces sont limitées, mais elles sont présentes sur tous les continents et ont activement contribué à la résistance au nazisme, à Mai 68 en France, à la solidarité avec les luttes anticoloniales (Algérie, Vietnam), à l'essor du mouvement altermondialiste et au développement de l'écosocialisme.
La IVe Internationale ne se considère pas comme la seule avant-garde ; elle participe, dans la mesure de ses forces, à de larges formations anticapitalistes. Son objectif est de contribuer à la formation d'une nouvelle Internationale, à caractère de masse, dont elle serait l'une des composantes.
INTR.1.2. Notre époque est celle d'une double crise historique : la crise de l'alternative socialiste face à la crise multiforme de la "civilisation" capitaliste.
INTR.1.3 Si la IVe Internationale publie ce Manifeste en 2025, c'est parce que nous sommes convaincu·es que le processus de révolution écosocialiste à différentes échelles territoriales, mais à dimension planétaire, est plus que jamais nécessaire : il s'agit désormais non seulement de mettre fin aux régressions sociales et démocratiques qui accompagnent l'expansion capitaliste mondiale, mais aussi de sauver l'humanité d'une catastrophe écologique sans précédent dans l'histoire humaine. Ces deux objectifs sont inextricablement liés.
INTR.1.4. Cependant, le projet socialiste qui est à la base de nos propositions nécessite une large refondation nourrie par l'évaluation pluraliste des expériences et par les grands mouvements de lutte contre toutes les formes de domination et d'oppression (classe, genre, communautés nationales dominées, etc.). Le socialisme que nous proposons est radicalement différent des modèles qui ont dominé le siècle dernier ou de tout régime étatiste ou dictatorial : c'est un projet révolutionnaire, radicalement démocratique, nourri par l'apport des luttes féministes, écologiques, antiracistes, anticolonialistes, antimilitaristes et LGBTQI.
INTR. 1.5. Nous utilisons le terme d'écosocialisme depuis quelques décennies, car nous sommes convaincus que les menaces et les défis globaux posés par la crise écologique doivent imprégner toutes les luttes au sein de/ contre l'ordre globalisé existant et nécessitent une reformulation du projet socialiste. La relation avec notre planète, le dépassement de la "fracture métabolique" (Marx) entre les sociétés humaines et leur milieu de vie, le respect des équilibres écologiques de la planète ne sont pas seulement des chapitres de notre programme et de notre stratégie, mais leur fil conducteur.
INTR.1.6. La nécessité d'actualiser les analyses du marxisme révolutionnaire a toujours inspiré l'action et la pensée de la Quatrième Internationale. Nous poursuivons cette démarche dans notre travail de rédaction de ce Manifeste écosocialiste : nous voulons contribuer à la formulation d'une perspective révolutionnaire capable d'affronter les défis du XXIe siècle. Une perspective qui s'inspire des luttes sociales et écologiques, et des réflexions critiques authentiquement anticapitalistes qui se développent dans le monde.
1. La nécessité objective d'une révolution écosocialiste, antiraciste, antimilitariste, anticolonialiste et féministe
1.1. Le capital triomphe, mais son triomphe le plonge dans les contradictions insurmontables mises en évidence par Marx. Face à celles-ci, Rosa Luxembourg lance son avertissement en 1915 : "Socialisme ou barbarie". L'actualité de cet avertissement est plus brûlante que jamais, car la catastrophe qui se développe autour de nous est sans précédent. Aux fléaux de la guerre, du colonialisme, de l'exploitation, du racisme, de l'autoritarisme, des oppressions de toutes sortes, s'ajoute en effet un nouveau fléau, qui exacerbe tous les autres : la destruction accélérée par le capital de l'environnement naturel dont dépend la survie de l'humanité.
1.2. Les scientifiques identifient huit indicateurs mondiaux de durabilité écologique. Les limites du danger sont estimées pour sept d'entre eux. En raison de la logique capitaliste d'accumulation, sept d'entre elles au moins sont déjà franchis : (climat, intégrité fonctionnelle des écosystèmes, cycle de l'azote, cycle du phosphore, eaux douces souterraines, eaux douces de surface et superficie des écosystèmes naturels, dont six dépassent même le "plafond" (seul le climat ne le dépasse pas)). Les pauvres sont les principales victimes, surtout dans les pays pauvres.
1.3. Sous le fouet de la concurrence, la grande industrie et la finance renforcent leur emprise despotique sur les humains et la Terre. La destruction se poursuit, malgré les cris d'alarme de la science. La soif de profit, tel un automate, exige toujours plus de marchés et toujours plus de marchandises, donc plus d'exploitation de la force de travail et de pillage des ressources naturelles.Le capital légal, le capital dit criminel et la politique bourgeoise sont étroitement liés. La Terre est achetée à crédit par les banques, les multinationales et les riches. Les gouvernements étranglent de plus en plus les droits humains et démocratiques par la répression brutale et le contrôle technologique. Un nouveau fascisme offre ses services pour sauver le système par le mensonge, le racisme, le sexisme et la démagogie sociale.
1.5. C'est peu dire que les limites de la soutenabilité sont également franchies au niveau social.
1.6. Avec leurs yachts, leurs jets, leurs piscines, leurs immenses terrains de golf particuliers, leurs nombreux SUV, leur tourisme spatial, leurs bijoux, leur haute couture et leurs résidences luxueuses aux quatre coins du monde, les 1 % les plus riches possèdent autant que 50 % de la population mondiale. La "théorie du ruissellement" est un mythe. C'est vers les riches que la richesse "ruisselle", et non l'inverse. La pauvreté augmente même dans les pays "développés". Les revenus du travail sont comprimés sans pitié, les protections sociales - quand elles existent - sont démantelées. L'économie capitaliste mondiale flotte sur un océan de dettes, d'exploitation et d'inégalités.
1.7. La répartition inéquitable des ressources engendre des catastrophes environnementales parmi les différents groupes ethniques et raciaux. Par exemple, dans les sociétés capitalistes développées ou en développement, les pauvres et les personnes racisées habitent généralement les territoires les plus touchés par la pollution, avec une plus grande concentration de déchets, ainsi que les zones à risque dépourvues de planification urbaine, telles que les pentes et les collines. Le racisme environnemental est un autre visage de l'exclusion que le capitalisme impose aux personnes racisées et pauvres.
1.8. Les inégalités et les discriminations touchent particulièrement les femmes, qui continuent d'assurer la majeure partie du travail domestique et de soins, qu'il soit gratuit ou rémunéré. Elles ne perçoivent que 35 % des revenus du travail. Dans certaines régions du monde (Chine, Russie, Asie centrale), leur part diminue, parfois de manière significative. Au-delà du travail, les femmes sont attaquées sur tous les fronts en tant que femmes, par la violence sexiste et sexuelle, dans leurs droits à l'alimentation, à l'éducation, leurs droits d'être respectées et de disposer de leur propre corps.
1.9. Si les personnes âgées des classes populaires (et aussi d'une partie de la "classe moyenne") sont mises au rebut, la vie des générations futures est généralement mutilée à l'avance. La plupart des parents des classes populaires ne croient plus que leurs enfants vivront mieux qu'elle et eux. Un nombre croissant de jeunes observent avec effroi, rage, tristesse et chagrin, la destruction organisée de leur monde, violé, éventré, noyé dans le béton, englouti dans les eaux froides du calcul égoïste ; la destruction programmée de leur avenir.
1.10. Les fléaux de la famine, de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition avaient reculé à la fin du XXe siècle ; ils resurgissent aujourd'hui en raison de la convergence catastrophique du néolibéralisme, du militarisme et du changement climatique : près d'une personne sur dix a faim, près d'une sur trois souffre d'insécurité alimentaire, plus de trois milliards n'ont pas les moyens de se nourrir sainement. Cent cinquante millions d'enfants de moins de cinq ans souffrent d'un retard de croissance dû à la faim.
1.11. L'espoir d'un monde pacifique à court terme s'évanouit. Plus de 30 pays du monde sont ou ont été récemment en proie à des guerres de grande ampleur, notamment le Soudan, l'Irak, le Yémen, la Palestine, la Syrie, l'Ukraine, la Libye, la République Démocratique du Congo et le Myanmar. La crise climatique elle-même, les phénomènes météorologiques et les flux migratoires intenses qui en résultent alimentent de nombreux conflits dans le monde. Les souffrances, les déplacements et la mort de populations sont immenses.
1.12.. Alors que les impérialismes se chamaillent, les mesures urgentes pour la transition climatique et un avenir durable sont remises en question. Les guerres, outre le fait qu'elles sont calamiteuses en termes de vies humaines, qu'elles s'attaquent au corps des femmes, qu'elles utilisent le viol comme instrument de terreur et qu'elles déshumanisent la vie collective, sont néfastes pour la planète sur laquelle nous vivons. Elles détruisent les habitats, provoquent la déforestation, empoisonnent les sols, les eaux et l'air, et sont des sources majeures d'émissions de carbone.
1.13. La guerre brutale de la Russie contre l'Ukraine en 2022 et le nouveau degré de nettoyage ethnique perpétré dans la guerre de Gaza en 2023/24 contre le peuple palestinien sont des crimes majeurs contre l'humanité. Ces deux cas confirment la nature barbare du capitalisme actuel. L'agression impérialiste russe contre l'Ukraine en 2022 a favorisé les tensions géopolitiques à l'échelle mondiale. Elle confirme l'entrée dans une nouvelle ère de compétition inter-impérialiste pour l'hégémonie mondiale, avec les États-Unis et leurs alliés d'un côté, la Chine et ses alliés de l'autre. Les ressources foncières, énergétiques et minérales sont au centre de cette compétition inter-impérialiste.
1.14. Tout le monde pourrait avoir une bonne vie sur la Terre, mais le capitalisme est un mode de prédation exploiteur, machiste, raciste, guerrier, autoritaire et mortifère. Le productivisme est un destructivisme. En deux siècles, il a conduit l'humanité dans une profonde impasse écosociale.
1.15. Le changement climatique est l'aspect le plus dangereux de la destruction écologique, c'est une menace pour la vie humaine sans précédent dans l'histoire. La Terre risque de devenir un désert biologique inhabitable pour des milliards de pauvres qui ne sont pas responsables de ce désastre. Pour arrêter cette catastrophe, nous devons réduire de moitié les émissions mondiales de dioxyde de carbone et de méthane avant 2030, et les éliminer avant 2050. Il faut donc en priorité bannir les énergies fossiles, l'agro-industrie, l'industrie de la viande et l'hyper-mobilité... c'est-à-dire produire moins globalement.
1.16. D'une part, la folie de l'accumulation capitaliste confronte l'humanité au besoin urgent d'une décroissance globale de la consommation d'énergie finale et, par conséquent, de la production matérielle et du transport. D'autre part, trois milliards de personnes, principalement dans les pays du Sud Global , vivent dans des conditions épouvantables, du fait du capitalisme et de l'impérialisme. La justice sociale exige de développer certaines productions pour répondre à leurs immenses besoins insatisfaits : de bons systèmes de santé, des logements décents, une bonne alimentation, une bonne éducation, des transports publics, de l'eau propre, une sécurité sociale pour tou·tes…
1.17. Existe-t-il un moyen de sortir de cette contradiction ? Oui. Il est désormais possible pour les humains de vivre bien tout en consommant beaucoup moins qu'auparavant grâce aux progrès technologiques dans les domaines de la médecine, de la construction, de l'efficacité énergétique, entre autres. L'impact sur le climat des productions destinées à satisfaire les besoins humains - surtout lorsqu'elles sont planifiées démocratiquement et assumées par le secteur public dans un contexte d'égalité sociale - est bien moindre que celui des productions destinées à satisfaire les besoins des riches par la croissance du PIB et la concurrence aveugle du marché pour le profit. Le 1% le plus riche émet près de deux fois plus de CO2 que les 50% les plus pauvres. Les 10 % les plus riches sont responsables de plus de 50 % des émissions de CO2. Les pauvres émettent beaucoup moins que 2-2,3 tonnes de CO2 par personne et par an (le volume moyen à atteindre en 2030 si nous voulons parvenir à des émissions nettes nulles en 2050 avec une probabilité de 50 %). Répondre à leurs besoins aurait un impact écologique limité. En fait, pour arrêter la catastrophe, il faut une société qui assure le bien-être et garantisse l'égalité comme jamais auparavant. Une perspective souhaitable, mais les 1% de riches devraient diviser leurs émissions par trente dans quelques années. Mais ils refusent de faire le moindre effort ! Au contraire : ils veulent toujours plus de privilèges !
1.18. Les gouvernements se sont engagés à rester en dessous de +1,5°C, à préserver la biodiversité, à atteindre un soi-disant "développement durable" et à respecter le principe des "responsabilités et capacités communes mais différenciées" dans la crise écologique,... tout en produisant toujours plus de marchandises et en utilisant toujours plus d'énergie. Il est exclu que ces promesses conjuguées soient tenues par le capital. Les faits le montrent :
1.18.1. - Trente-trois ans après le Sommet de la Terre de Rio (1992), le bouquet énergétique mondial est encore entièrement dominé par les combustibles fossiles (84 % en 2020). La production totale de combustibles fossiles a augmenté de 62 %, passant de 83 térawattheures (TWh) en 1992 à 136 TWh en 2021. Les énergies renouvelables viennent s'ajouter au système énergétique principalement fossile, offrant davantage de capacités et de nouveaux marchés aux capitalistes.
1.18.2. - Avec la crise énergétique déclenchée par la pandémie et aggravée par la guerre impérialiste russe contre l'Ukraine, toutes les puissances capitalistes ont relancé le charbon, le pétrole, le gaz naturel (y compris le gaz de schiste) et l'énergie nucléaire.
1.18.3. - Principal responsable historique du dérèglement climatique, l'impérialisme américain dispose d'énormes moyens pour lutter contre la catastrophe, mais ses représentants politiques subordonnent criminellement cette lutte à la protection de leur hégémonie mondiale, quand ils ne la refusent pas tout simplement.
1.18.4. - Les mesures que les grands pollueurs mettent en œuvre sous le label "décarbonisation" non seulement ne répondent pas à l'ampleur de la crise climatique mais accélèrent l'extractivisme, principalement dans les pays dominés, mais aussi au Nord et dans les océans, au détriment des populations et des écosystèmes.
1.18.5. - Cette soi-disant "décarbonisation" exacerbe l'accaparement impérialiste des terres et l'exploitation de la main-d'œuvre dans le Sud, avec la complicité des bourgeoisies locales (comme l'illustrent différents projets d'investissement basés sur l'utilisation de l'énergie solaire et éolienne, en particulier dans les "zones franches" des pays pauvres, afin de produire de "l'hydrogène vert" destiné à approvisionner les industries des pays développés).
1.18.6. - Les "marchés du carbone", les "compensations carbone", les "compensations biodiversité" et les "mécanismes de marché", fondés sur la compréhension de la nature comme un capital, pèsent sur les moins responsables, les pauvres, en particulier les populations autochtones, les populations racisées et les populations du Sud en général.
1.19. Valables en théorie, les concepts abstraits tels que " économie circulaire ", " résilience ", " transition énergétique ", " biomimétisme " deviennent en pratique des formules creuses dès lors qu'ils sont mis au service du productivisme capitaliste. S'il n'y a pas de plan de reconversion de la production mis en œuvre par l'ensemble de la société, les améliorations techniques (par exemple pour rendre la production d'énergie moins chère) ont souvent un effet rebond : une réduction du prix de l'énergie entraîne généralement une augmentation de la consommation d'énergie et de matières.
1.20. Face à la crise climatique, le fétichisme capitaliste de l'accumulation ne laissera finalement que deux options : déployer des technologies d'apprentis sorciers (nucléaire, capture-séquestration du carbone, géo-ingénierie...)... ou laisser la "nature" éliminer quelques milliards de pauvres dans les pays pauvres.
1.21. Politiquement, l'impuissance et l'injustice du capitalisme vert font le jeu d'un néo-fascisme fossile, complotiste, colonialiste, raciste, violemment machiste et LGBTQIphobe, que cette seconde possibilité ne rebute pas. Une fraction des riches marche vers un immense crime contre l'humanité, pariant cyniquement que sa richesse la protégera, laissant mourir les pauvres.
1.22. Le capitalisme vert néolibéral et le néofascisme fossile ne sont pas la même chose, le second étant bien pire, mais aucun de ces régimes ne pourra empêcher le réchauffement climatique de se poursuivre, avec des conséquences désastreuses, et le premier nourrit le second. Si les victimes sont plus nombreuses dans les pays pauvres, les pays riches subiront également des pertes dramatiques. Le capitalisme mondial ne progresse pas graduellement vers la paix et le développement durable, il régresse à grands pas vers la guerre, le désastre écologique, le génocide et la barbarie néo-fasciste.
1.23. Face à ce défi, il ne suffit pas de remettre en cause le régime néolibéral et de revaloriser le rôle de l'État. Il ne suffirait même pas d'arrêter la dynamique d'accumulation (un objectif impossible sous le capitalisme !) La consommation finale mondiale d'énergie doit diminuer radicalement, ce qui signifie produire moins et transporter moins à l'échelle mondiale.
1.24. Pour respecter cette contrainte éco-climatique, l'orientation même de l'économie doit changer de fond en comble : la science et les avancées technologiques doivent être utilisées pour satisfaire les besoins sociaux de l'humanité et régénérer l'écosystème global, au lieu de satisfaire la course au profit des capitalistes. C'est la seule solution qui permette de concilier le besoin légitime de bien-être pour tou·tes et la régénération de l'écosystème mondial. La juste suffisance et la juste décroissance - la décroissance écosocialiste - est une condition sine qua non du sauvetage.
1.25. Sortir de l'impasse productiviste n'est possible qu'aux conditions suivantes :
1.25.1. - abandonner le "technosolutionnisme", c'est-à-dire l'idée que la solution viendra des nouvelles technologies (consommatrices d'énergie et de ressources). Dans un souci de sagesse écologique, décider d'utiliser les moyens dont nous disposons, ils suffisent à répondre aux besoins de tou·tes
1.25.2. - réduire radicalement l'empreinte écologique des riches pour permettre une bonne vie à tou·tes
1.25.3. - remplacer la production de marchandises par la production de valeurs d'usage ;
1.25.4. - déterminer démocratiquement quels besoins ces valeurs d'usage doivent satisfaire et comment ;
1.25.5. - placer au centre de cette délibération démocratique la prise en charge des humains et des écosystèmes, le respect attentif du vivant et des limites écologiques ;
1.25.6. - supprimer en conséquence les productions et les transports inutiles, refonder toute l'activité productive, sa circulation et sa consommation.
1.26. Ces conditions sont nécessaires mais pas suffisantes. La crise sociale et la crise écologique ne font qu'une. Il faut reconstruire un projet émancipateur pour les exploité·es et les opprimé·es. Un projet de classe qui, au-delà des besoins fondamentaux, privilégie l'être au lieu de l'avoir. Un projet qui modifie en profondeur les comportements, la consommation, le rapport au reste de la nature, la conception du bonheur et la vision que les humains ont du monde. Un projet anti-productiviste pour vivre mieux en prenant soin du vivant sur la seule planète habitable du système solaire.
1.27. Le capitalisme a déjà plongé l'humanité dans une situation aussi sombre, notamment à la veille du premier conflit mondial. L'hystérie nationaliste s'est emparée des masses et la social-démocratie, trahissant sa promesse de répondre à la guerre par la révolution, a donné le feu vert aux pires tueries de l'histoire de l'humanité. Néanmoins, Lénine définissait la situation comme "objectivement révolutionnaire" : ”seule la révolution peut arrêter le massacre”, dit-il. L'histoire lui a donné raison : la révolution en Russie et la crainte de son extension ont contraint les bourgeoisies à mettre fin au massacre. La comparaison a évidemment ses limites. Les médiations vers l'action révolutionnaire sont aujourd'hui infiniment plus complexes. Mais le même sursaut des consciences est nécessaire. Or, face à la crise écologique, une révolution anticapitaliste est encore plus objectivement nécessaire. C'est ce jugement fondamental qui doit servir de base à l'élaboration d'un programme, d'une stratégie et d'une tactique, parce qu'il n'y a pas d'autre moyen d'éviter la catastrophe.
1.28. Tout dépend des résultats des luttes. Quelle que soit l'ampleur du désastre, à chaque étape, les luttes feront la différence. Au sein des luttes, tout dépend de la capacité des militant·es écosocialistes à s'organiser pour s'orienter dans la pratique selon la boussole de la nécessité historique objective.
2. Le monde pour lequel nous nous battons
2.1. Notre projet de société future articule l'émancipation sociale et politique avec l'impératif d'arrêter la destruction de la vie et de réparer autant que possible les dégâts déjà causés.
2.2. Nous voulons (tenter d') imaginer ce que serait une vie bonne pour tou·tes et partout en réduisant la consommation de matière et d'énergie, et donc en réduisant la production matérielle. Il ne s'agit pas de donner un modèle tout fait, mais d'oser penser un autre monde, un monde qui donne envie de se battre pour le construire en se débarrassant du capitalisme et du productivisme.
« Oui, c'est pour le pain que nous nous battons, mais nous nous battons aussi pour les roses. »
2.3. Une vie bonne pour tou·tes exige que les besoins humains fondamentaux - alimentation saine, santé, logement, air pur et eau propre - soient satisfaits.
2.4. Une bonne vie est aussi une vie choisie, épanouissante et créative, engagée dans des relations humaines riches et égalitaires, entourée de la beauté du monde et des réalisations humaines.
2.5. Notre planète dispose (encore) de suffisamment de terres arables, d'eau potable, de soleil et de vent, de biodiversité et de ressources de toutes sortes pour répondre aux besoins humains légitimes en renonçant aux combustibles fossiles nuisibles au climat et à l'énergie nucléaire. Cependant, certaines de ces ressources sont limitées et donc épuisables, tandis que d'autres, bien qu'inépuisables, nécessitent pour leur consommation humaine des matières épuisables voire rares et dont l'extraction est écologiquement dommageable. En tout état de cause, leur utilisation ne pouvant être illimitée, nous les utilisons avec prudence et parcimonie, dans le respect de l'environnement.
2.6. Indispensables à notre vie, ils sont exclus de l'appropriation privée, considérés comme des biens communs car ils doivent bénéficier à l'ensemble de l'humanité aujourd'hui et à long terme. Afin de garantir ces biens communs dans le temps, des règles collectives définissant les usages mais aussi les limites de ces usages, les obligations d'entretien ou de réparation, sont élaborées.
2.7. Parce qu'on ne soigne pas une mangrove comme une calotte glaciaire, une zone humide comme une plage de sable, une forêt tropicale comme une rivière, parce que l'énergie solaire n'obéit pas aux mêmes règles, n'impose pas les mêmes contraintes matérielles que l'éolien ou l'hydraulique, l'élaboration de règles ne peut être que le fruit d'un processus démocratique impliquant les premier·es concerné·es, travailleur·ses et habitant·es.
2.8. Notre commun, c'est aussi l'ensemble des services qui permettent de répondre de manière égalitaire, et donc gratuite, aux besoins d'éducation, de santé, de culture, d'accès à l'eau, à l'énergie, à la communication, aux transports, etc. Ils sont eux aussi gérés et organisés démocratiquement par l'ensemble de la société.
2.9. Les services consacrés aux personnes et aux soins dont elles ont besoin aux différentes étapes de leur vie, brisent la séparation entre le public et le privé, l'assignation des femmes à ces tâches en les socialisant, c'est-à-dire en faisant en sorte qu'elles soient l'affaire de l'ensemble de la société. Ces services de reproduction sociale sont des outils essentiels, parmi d'autres, pour lutter contre l'oppression patriarcale.
2.10. Tous ces "services publics" décentralisés, participatifs et communautaires constituent la base d'une organisation sociale non autoritaire.
2.11. À l'échelle de la société dans son ensemble, la planification écologique démocratique permet aux populations de se réapproprier les grands choix sociaux relatifs à la production, de décider, en tant que citoyen·nes et usager·es, de ce qu'il faut produire et comment le produire, des services qui doivent être fournis, mais aussi des limites acceptables pour l'utilisation des ressources matérielles telles que l'eau, l'énergie, les transports, le foncier, etc. Ces choix sont préparés et éclairés par des processus de délibération collective qui s'appuient sur l'appropriation des connaissances, qu'elles soient scientifiques ou issues de l'expérience des populations, sur l'auto-organisation des opprimé·es (mouvements de libération des femmes, peuples racisés, personnes handicapées, etc).
2.12. Cette démocratie économique et politique globale s'articule avec de multiples collectifs/commissions décentralisés : ceux qui permettent de décider au niveau local, dans la commune ou le quartier, de l'organisation de la vie publique et ceux qui permettent aux travailleur·ses et aux producteur·rices de contrôler la gestion et l'organisation de leur unité de travail, de décider de la manière de produire et donc de travailler. C'est la combinaison de ces différents niveaux de démocratie qui permet la coopération et non la concurrence, une gestion juste d'un point de vue écologique et social, épanouissante d'un point de vue humain, au niveau de l'atelier, de l'entreprise, de la branche... mais aussi du quartier, de la commune, de la région, du pays et même de la planète !
2.13. Toutes les décisions relatives à la production et à la distribution, à la manière dont nous voulons vivre, sont guidées par le principe suivant : décentraliser autant que possible, coordonner autant que nécessaire.
2.14. Prendre sa vie en main et participer à des collectifs sociaux demande du temps, de l'énergie et de l'intelligence collective. Heureusement, le travail de production et de reproduction sociale n'occupe que quelques heures par jour.
2.15. La production est exclusivement consacrée à la satisfaction des besoins démocratiquement déterminés. La production et la distribution sont organisées de manière à minimiser la consommation de ressources et à éliminer les déchets, les pollutions et les émissions de gaz à effet de serre, elle vise en permanence la sobriété et la "durabilité programmée" (par opposition à l'obsolescence programmée du capitalisme, qu'elle soit planifiée ou simplement due à la logique de la course au profit). Produire au plus près des besoins à satisfaire permet de réduire les transports et de mieux appréhender le travail, les matériaux et l'énergie nécessaires.
2.16. Ainsi, l'agriculture est écologique, paysanne et locale afin d'assurer la souveraineté alimentaire et la protection de la biodiversité. Des ateliers de transformation et des circuits de distribution permettent de produire la plupart des aliments en circuit court.
2.17. Le secteur de l'énergie basé sur les sources renouvelables est aussi décentralisé que possible afin de réduire les pertes et d'optimiser les sources. Les activités liées à la reproduction sociale (santé, éducation, soins aux personnes âgées ou dépendantes, garde d'enfants, etc.) sont développées et renforcées, en veillant à ne pas reproduire les stéréotypes de genre.
2.18. Bien que le travail occupe moins de temps, il occupe une place essentielle car, avec la nature et en prenant soin d'elle, il produit ce qui est nécessaire à la vie.
2.19. L'autogestion des unités de production combinée à la planification démocratique permet aux travailleur·ses de contrôler leur activité, de décider de l'organisation du travail et de remettre en cause la division entre travail manuel et travail intellectuel. La délibération s'étend au choix des technologies selon qu'elles permettent ou non au collectif de travail de maîtriser le processus de production. En privilégiant la connaissance concrète, pratique et réelle du processus de travail, les savoir-faire collectifs et individuels, la créativité, elle permet de concevoir et de produire des objets robustes, démontables et réparables, réutilisables et, le cas échéant, recyclables, et de réduire les consommations de matières et d'énergie de la fabrication à l'utilisation.
2.20. Dans tous les domaines, la conviction de faire quelque chose d'utile et la satisfaction de le faire bien se conjuguent. En ce qui concerne les tâches fastidieuses comme le ramassage des ordures, chacun veille à en réduire la lourdeur et la pénibilité. Il reste cependant une part incontournable que chacun·e accomplit à tour de rôle.
2.21. Une grande partie de la production matérielle, parce que le volume en est fortement réduit, peut être désindustrialisée (tout ou partie de l'habillement ou de l'alimentation) et les savoir-faire artisanaux, auxquels tout le monde pourrait être formé, devraient être valorisés.
2.22. Libérer le travail de l'aliénation permet d'abolir la frontière entre l'art et la vie dans une sorte de "communisme du luxe". Nous pouvons garder ou partager des outils, des meubles, un vélo, des vêtements... toute notre vie parce qu'ils sont ingénieusement conçus et beaux.
Être plutôt qu'avoir
"Seul ce qui est bon pour tous est digne de vous. Seul mérite d'être produit ce qui ne privilégie ni n'abaisse personne. » (A. Gorz).
2.23. La liberté ne réside pas dans une consommation illimitée, mais dans une autolimitation choisie et comprise, conquise contre l'aliénation consumériste. La délibération collective permet de déconstruire les besoins artificiels, de définir des besoins "universalisables", c'est-à-dire non réservés à certaines personnes ou à certaines parties du monde, qui doivent être satisfaits.
2.24. La véritable richesse ne réside pas dans l'augmentation infinie des biens - avoir - mais dans l'augmentation du temps libre - être. Le temps libre ouvre la possibilité de s'épanouir dans le jeu, l'étude, l'activité civique, la création artistique, les relations interpersonnelles et avec le reste de la nature.
2.25. Nous ouvrons donc la voie à de nombreux travaux parce que nous avons le temps d'y réfléchir et parce que nous pouvons le faire en mettant au centre l'attention portée aux personnes et au reste de la nature.
2.26. Les lieux où nous vivons, chaque espace dans lequel nous nous socialisons, nous appartiennent pour construire d'autres relations sociales interpersonnelles. Libérés de la spéculation foncière et de la voiture, nous pouvons repenser l'usage des espaces publics, combler la séparation entre le centre et la périphérie, multiplier les espaces récréatifs, de rencontre et de partage, désartificialiser les villes avec l'agriculture urbaine et le maraîchage de proximité, restaurer les biotopes insérés dans le tissu urbain... Et au-delà, mettre en œuvre une politique à long terme visant à rééquilibrer les populations urbaines et rurales et à dépasser l'opposition entre ville et campagne afin de reconstituer des communautés humaines vivables et durables à une échelle permettant une réelle démocratie.
2.27. Nos désirs et nos émotions ne sont plus des choses qui s'achètent et se vendent, l'éventail des choix est considérablement élargi pour chacun·e. Chacun·e peut développer de nouvelles façons d'avoir des relations sexuelles, de vivre, de travailler et d'élever des enfants ensemble, de construire des projets de vie de manière libre et diverse, dans le respect des décisions personnelles et de l'humanité de chacun·e, avec l'idée qu'il n'y a pas une seule option possible, ou une option meilleure que les autres. La famille peut cesser d'être l'espace de reproduction de la domination, et cesser d'être la seule forme possible de vie collective. Nous pouvons ainsi repenser la forme de la parentalité de manière plus collective, politiser nos décisions personnelles en matière de maternité et de parentalité, réfléchir à la manière dont nous considérons l'enfance et le rôle des personnes âgées ou handicapées, aux relations sociales que nous établissons avec elles, et à la manière dont nous sommes capables de briser les logiques de domination que nous avons intériorisées, héritées des sociétés antérieures.
2.28. Nous construisons une nouvelle culture, à l'opposé de la culture du viol, une culture qui reconnaît les corps de toutes les femmes cis et trans, ainsi que leurs désirs, qui reconnaît chacun·e comme un sujet capable de décider de son corps, de sa vie et de sa sexualité, qui rend visible le fait qu'il y a mille façons d'être une personne, de vivre et d'exprimer son genre et sa sexualité.
2.29. Une activité sexuelle librement consentie et agréable pour toutes celles et tous ceux qui y prennent part est en soi une justification suffisante.
2.30. Nous devons apprendre à penser l'interdépendance des êtres vivants et développer une conception des rapports de la relation entre l'humanité et la nature qui ressemblera probablement à certains égards à celle des peuples indigènes, mais qui sera néanmoins différente. Une conception selon laquelle les notions éthiques de précaution, de respect et de responsabilité, ainsi que l'émerveillement devant la beauté du monde, interféreront constamment avec une compréhension scientifique à la fois de plus en plus fine et de plus en plus consciente de son incomplétude.
3. Notre méthode transitoire
3.1. Notre analyse du capitalisme, et plus particulièrement des politiques de la classe dirigeante en relation avec les dangers écologiques et le changement climatique, nous conduit à affirmer ce qui suit :
3.2. Premièrement, la nécessité d'une alternative globale et d'un projet de société basé sur la production de valeur d'usage plutôt que sur la valeur d'échange. Tourner telle ou telle vis à l'intérieur du système et sans changer le mode de production ne permettra pas d'éviter ni même d'atténuer de manière significative les crises actuelles et les catastrophes auxquelles nous sommes confrontés et qui surviendront en raison de la persistance du système capitaliste. L'une des tâches importantes de la politique révolutionnaire est de transmettre cette idée.
3.3. La compréhension de la nécessité d'un changement révolutionnaire global est une tâche qui ne peut être résolue directement et sans difficulté dans la pratique. C'est pourquoi, deuxièmement, il est important de combiner la présentation de la perspective globale avec la diffusion de revendications immédiates pour lesquelles des mobilisations peuvent effectivement être développées ou promues.
3.4. Troisièmement, il faut le souligner : Convaincre les gens ne peut se faire uniquement par l'argumentation. Pour convaincre les gens de se détourner du système capitaliste et les encourager à résister, il faut des luttes réussies qui donnent du courage et démontrent que des victoires partielles sont possibles.
3.5. Quatrièmement, pour que les luttes soient couronnées de succès, il faut une meilleure organisation. C'est toujours vrai en principe, mais aujourd'hui - à une époque où les syndicats ont (dans de nombreuses parties du monde) largement disparu politiquement et où la gauche est fragmentée - il est important de promouvoir la coopération pratique de manière non sectaire, en particulier au sein de la gauche anticapitaliste, et en même temps de soutenir les travailleur·ses dans leur auto-organisation.
3.6. D'une part, le temps presse si nous ne voulons pas voir des points de basculement cruciaux franchis et le réchauffement climatique s'accélérer de manière incontrôlable. D'autre part, la grande majorité des gens ne sont pas prêts à se battre pour un autre système, c'est-à-dire pour renverser le capitalisme. Cela est dû en partie à un manque de connaissance de la situation générale, mais plus encore à un manque de vision de ce à quoi l'alternative pourrait ou devrait ressembler. En outre, le rapport de forces social et politique entre les classes n'encourage pas vraiment la confrontation avec les dirigeants et les profiteurs de l'ordre social capitaliste.
3.7. Par ailleurs, un programme qui veut réformer le capitalisme ou le dépasser au coup par coup (de surcroît avec une politique venant d'en haut) n'a pas non plus de chance de réussir. Les réformes qui respectent les règles du système capitaliste ne sont pas en mesure de relever les défis de la crise écologique. Et les changements progressifs dans l'économie et l'État n'ont jamais conduit à un changement de système. Les propriétaires et les profiteurs du capitalisme n'assisteront pas tranquillement à la confiscation de leurs richesses et à la privation de leur mode d'enrichissement, morceau par morceau.
3.8. Le temps presse et des mesures urgentes s'imposent. Certains opposants à l'écosocialisme plaident pour des réformes légères "parce que nous ne pouvons pas attendre la révolution mondiale". Les partisan·es de l'écosocialisme n'ont pas l'intention d'attendre ! Notre stratégie est de commencer MAINTENANT, avec des revendications transitoires concrètes. C'est le début d'un processus de changement global. Il ne s'agit pas d'étapes historiques distinctes, mais de moments dialectiques dans un même processus. Chaque victoire partielle ou locale est une étape dans ce mouvement, qui renforce l'auto-organisation et encourage la lutte pour de nouvelles victoires.
3.9. Dans les luttes de classes à venir - qui constituent la base de la bataille pour l'hégémonie impliquant des couches plus larges de la classe ouvrière, les jeunes, les femmes, les indigènes, etc. - il doit être clair qu'en fin de compte, il n'y a aucun moyen d'échapper à un véritable changement de système et à la question du pouvoir. La classe dirigeante doit être expropriée et son pouvoir politique renversé. Pour un programme de transition anticapitaliste
3.10. La méthode transitoire était déjà suggérée par Marx et Engels dans la dernière section du Manifeste communiste (1848). Mais c'est la Quatrième Internationale qui lui a donné sa signification moderne, dans le Programme de transition de 1938. L'hypothèse de base est la nécessité pour les révolutionnaires d'aider les masses, dans le processus de la lutte quotidienne, à trouver le pont entre les revendications actuelles et le programme socialiste de la révolution. Ce pont devrait inclure un système de revendications transitoires, découlant des conditions actuelles et de la conscience actuelle de larges couches de la classe ouvrière, l'objectif est de conduire les luttes sociales vers la conquête du pouvoir par le prolétariat.
3.11. Bien entendu, les révolutionnaires n'écartent pas le programme des vieilles revendications "minimales" traditionnelles : ils défendent évidemment les droits démocratiques et les conquêtes sociales des travailleur·ses. Cependant, ils proposent un système de revendications transitoires, qui peut être compris de manière appropriée par les exploité·es et les opprimé·es, mais qui est en même temps dirigé contre les bases mêmes du régime bourgeois.
3.12. La plupart des revendications transitoires mentionnées dans le Programme de 1938 sont toujours d'actualité : échelle mobile des salaires et échelle mobile des heures de travail ; contrôle ouvrier des usines, ouverture des comptes "secrets" des entreprises ; expropriation des banques privées ; expropriations de certains secteurs capitalistes… L'intérêt de telles propositions est d'unir dans la lutte les masses populaires les plus larges possibles, autour de revendications concrètes qui sont en contradiction objective avec les règles du système capitaliste.
3.13. Mais nous devons mettre à jour notre programme de revendications transitoires, afin de prendre en compte les nouvelles conditions du XXIe siècle, et en particulier la nouvelle situation créée par la crise écologique et le danger imminent d'un changement climatique catastrophique. Aujourd'hui, ces revendications doivent avoir une nature socio-écologique et, potentiellement, écosocialiste.
3.14. L'objectif des revendications écosocialistes transitoires est stratégique : pouvoir mobiliser de larges couches de travailleur·ses urbains et ruraux, de femmes, de jeunes, de victimes du racisme ou de l'oppression nationale, ainsi que les syndicats, les mouvements sociaux et les partis de gauche dans une lutte qui remette en cause le système capitaliste et la domination bourgeoise. Ces revendications, qui combinent des intérêts sociaux et écologiques, doivent être considérées comme nécessaires, légitimes et pertinentes par les exploité·es et les opprimé·es, en fonction de leur niveau de conscience sociale et politique. Dans la lutte, les gens prennent conscience de la nécessité de s'organiser, de s'unir et de se battre. Iels commencent également à comprendre qui est l'ennemi : non seulement les forces locales, mais le système lui-même. L'objectif des revendications écosociales transitoires est de renforcer, grâce à la lutte, la conscience sociale et politique des exploité·es et des opprimé·es, leur compréhension anticapitaliste et, espérons-le, une perspective révolutionnaire écosocialiste.
3.15. Certaines de ces demandes ont un caractère universel : par exemple, la gratuité des transports publics. C'est une revendication à la fois écologique et sociale, qui porte en elle les germes de l'avenir écosocialiste : services publics contre marché, gratuité contre profit capitaliste. Cependant, leur signification stratégique n'est pas la même selon les sociétés et les économies. Les revendications écosocialistes de transition doivent prendre en compte les besoins et les aspirations des masses, en fonction de leur expression locale, dans les différentes parties du système capitaliste mondial.
4. Les grandes lignes d'une alternative écosocialiste à la croissance capitaliste
INTR.4.1. Satisfaire les besoins sociaux réels tout en respectant les contraintes écologiques n'est possible qu'en rompant avec la logique productiviste et consumériste du capitalisme, qui creuse les inégalités, nuit au vivant et « ruine les deux seules sources de toute richesse : la Terre et les travailleurs » (Marx). La référence ne doit pas être le PIB, mais la consommation de matières et d'énergie et l'émission de gaz à effet de serre. Pour parvenir à un renversement global, il faut mettre en œuvre un mode de vie différent - basé sur une structure sociale modifiée - afin de permettre à tous les membres de la société de jouir d'une bonne vie.
INTR.4.2. Au niveau mondial, briser cette logique implique de lutter en priorité pour les lignes de force suivantes. Elles forment un ensemble cohérent, à compléter et à décliner selon les spécificités nationales et régionales. Bien sûr, dans chaque continent, dans chaque pays, il y a des mesures spécifiques à proposer dans une perspective de transition.
4.1. Contre les catastrophes, des plans publics de prévention adaptés aux besoins sociaux, sous contrôle populaire
Certains effets de la catastrophe climatique sont irréversibles (élévation du niveau de la mer) ou dureront longtemps (canicules, sécheresses, précipitations exceptionnelles, tornades plus violentes, etc.) Les compagnies d'assurance capitalistes ne protègent pas les classes populaires, ou (au mieux) les protègent mal. Face à ces fléaux, les riches n'ont que le mot "adaptation" à la bouche. "L'adaptation au réchauffement, pour eux, sert 1°) à détourner l'attention des causes structurelles, dont leur système est responsable ; 2°) à poursuivre leurs pratiques néfastes axées sur le profit maximum, sans se soucier du long terme ; 3°) à offrir de nouveaux marchés aux capitalistes (infrastructures, climatisation, transports, compensation carbone, etc.) Cette "adaptation" capitaliste technocratique et autoritaire est en fait ce que le GIEC appelle une "maladaptation". Elle accroît les inégalités, les discriminations et les dépossessions. Elle accroît également la vulnérabilité au réchauffement, au risque de compromettre gravement la possibilité même de s'adapter à l'avenir, en particulier dans les pays pauvres. A la "maladaptation" capitaliste, nous opposons l'exigence immédiate de plans publics de prévention adaptés à la situation des classes populaires. Elles sont les principales victimes des phénomènes météorologiques extrêmes, surtout dans les pays dominés. Les plans publics de prévention doivent être conçus en fonction de leurs besoins et de leur situation, en dialogue avec les scientifiques. Ils doivent concerner tous les secteurs, notamment l'agriculture, la sylviculture, le logement, la gestion de l'eau, l'énergie, l'industrie, le droit du travail, la santé et l'éducation. Ils doivent faire l'objet d'une large consultation démocratique, avec un droit de veto des communautés locales et des collectifs de travail concernés.
4.2. Partager les richesses pour prendre soin des humains et de notre environnement de vie, gratuitement
4.2.1. Des soins de santé de qualité, une bonne éducation, une bonne prise en charge des jeunes enfants, une retraite digne et une prise en charge respectueuse de la dépendance, un logement accessible, permanent et confortable, des transports publics efficaces, des énergies renouvelables, une alimentation saine, une eau propre, un accès à internet et un environnement naturel en bon état : tels sont les besoins réels qu'une civilisation digne de ce nom devrait satisfaire suffisamment pour tous les humains, indépendamment de leur couleur de peau, de leur sexe, de leur appartenance ethnique, de leurs convictions. Ceci est possible tout en diminuant de manière significative la pression globale sur notre environnement. Pourquoi ne l'avons-nous pas ? Parce que l'économie est réglée sur la consommation induite créée en tant que sous-produit industriel par les capitalistes. Ils consomment et investissent toujours plus pour le profit, s'approprient toutes les ressources et transforment tout en marchandises. Leur logique égoïste sème le malheur et la mort.
4.2.2. Un virage à 180° s'impose. Les ressources naturelles et les connaissances constituent un bien commun à gérer prudemment et collectivement. La satisfaction des besoins réels et la revitalisation des écosystèmes doivent être planifiées démocratiquement et soutenues par le secteur public, sous le contrôle actif des classes populaires, et en étendant le plus possible le libre accès. Ce projet collectif doit mettre l'expertise scientifique à son service. La première étape nécessaire est la lutte contre les inégalités et les oppressions. La justice sociale et le bien vivre pour tous sont des exigences écologiques !
4.3. Développer les biens communs et les services publics contre la privatisation et la marchandisation
4.3.1. C'est l'un des aspects clés d'une transition sociale et écologique, dans de nombreux domaines de la vie. Par exemple :
4.3.2. - L'eau : la privatisation, le gaspillage et la pollution actuels de l'eau - rivières, lacs et nappes phréatiques - constituent un désastre social et écologique. La pénurie d'eau et les inondations dues au changement climatique sont des menaces majeures pour des milliards de personnes. L'eau est un bien commun et devrait être gérée et distribuée par des services publics, sous le contrôle des consommateurs. Les paysages et les villes devraient être désimperméabilisées, capables de stocker l'eau afin d'éviter les inondations massives.
4.3.3. - Le logement : Le droit fondamental de toutes les personnes à un logement décent, permanent et écologiquement durable ne peut être garanti sous le capitalisme. La loi du profit implique des expulsions, des démolitions et la criminalisation de celleux qui résistent. Elle implique également des factures d'énergie élevées pour les pauvres et des énergies renouvelables subventionnées pour les riches. Le contrôle public du marché immobilier, l'abaissement et le gel des intérêts et des profits des banques, l'augmentation radicale du nombre de logements sociaux et coopératifs, un processus public d'isolation climatique des habitations et un programme massif de construction de bâtiments énergétiquement autonomes sont les premières étapes d'une politique alternative.
4.3.4. - La santé : le bilan de la pandémie de COVID-19 est limpide : les privatisations et les coupes dans le secteur des soins fragilisent les classes populaires - en particulier les enfants, les femmes et les personnes âgées - et font peser de lourdes menaces sur la santé publique en général. Ce secteur doit être refinancé massivement et remis intégralement entre les mains de la collectivité. Les investissements doivent aller en priorité à la médecine de première ligne. L'industrie pharmaceutique doit être socialisée.
4.3.5. - Les transports : Le transport individuel dans le capitalisme privilégie les voitures individuelles, ce qui a des conséquences désastreuses sur la santé et l'écologie. L'alternative est un système large et efficace de transports publics gratuits, ainsi qu'une grande extension des zones piétonnes et cyclables. Les marchandises sont transportées sur de grandes distances par des camions ou des porte-conteneurs, avec d'énormes émissions de gaz ; la réduction du gaspillage, la relocalisation de la production et le transport des marchandises par le train sont des mesures immédiates et nécessaires. Le transport aérien devrait être réduit de manière significative et supprimé pour les distances qui peuvent être couvertes par le train.
4.4. Prendre l'argent là où il est : les capitalistes et les riches doivent payer
Une stratégie globale de transition digne de ce nom doit articuler le remplacement des énergies fossiles par des énergies renouvelables, la protection contre les effets déjà perceptibles du changement climatique, la compensation des pertes et préjudices, l'aide à la reconversion (notamment la garantie de revenu des travailleur·ses concerné·es) et la réparation des écosystèmes. Les besoins financiers nécessaires d'ici 2050 s'élèvent à plusieurs milliers de milliards de dollars. Qui doit payer ? les responsables du désastre : les multinationales, les banques, les fonds de pension, les États impérialistes et les riches du Nord et du Sud. L'alternative écosocialiste passe par un vaste programme de réforme fiscale et de réduction radicale des inégalités pour aller chercher l'argent là où il se trouve : imposition progressive, levée du secret bancaire, cadastre des actifs, taxation du patrimoine, impôt unique exceptionnel à taux élevé sur le patrimoine foncier, élimination des paradis fiscaux, abolition des privilèges fiscaux des entreprises et des riches, ouverture des livres de comptes des entreprises, plafonnement des hauts revenus, abolition des dettes extérieures reconnues comme "illégitimes", abolition de la dette publique détenue par l'oligarchie financière (sans compensation, sauf pour les petits investisseurs), compensation par les pays riches du coût de la renonciation à l'exploitation de leurs ressources fossiles par les pays dominés (projet de parc Yasuni).
4.5. Liberté de circulation et de séjour sur Terre ! Personne n'est illégal !
La catastrophe écologique est un facteur de migration de plus en plus important. Entre 2008 et 2016, une moyenne annuelle de 21,5 millions de personnes ont été déplacées de force en raison d'événements météorologiques. La plupart d'entre elles sont des personnes pauvres venant de pays pauvres. Les migrations climatiques devraient s'intensifier au cours des prochaines décennies : 1,2 milliard de personnes pourraient être déplacées dans le monde d'ici à 2050. Contrairement aux demandeur·ses d'asile, les "réfugié·es climatiques" n'ont même pas de statut. Ils ne portent aucune responsabilité dans la catastrophe écologique mais le vrai responsable, le système capitaliste, les condamne à venir grossir les rangs des 108,4 millions de personnes dans le monde qui ont été déplacées de force en 2020 en raison de persécutions, de conflits, de violences, de violations des droits de l'homme. Les droits fondamentaux de ces personnes sont constamment attaqués : le droit d'être protégé contre la violence, d'avoir suffisamment d'eau et de nourriture, de vivre dans un logement sûr, de garder sa famille unie, de trouver un emploi décent. Un nombre croissant d'entre elles (10 millions) sont même considérées comme apatrides par l'UNHDR. Tout cela est contraire à la justice la plus élémentaire. Il nourrit les fascistes qui font des migrant·es des boucs émissaires et les déshumanisent. C'est une menace énorme pour les droits démocratiques et sociaux de tou·tes. En tant qu'internationalistes, nous nous battons pour des politiques restrictives contre le capital, pas contre les migrant·es. Nous nous opposons à la construction de murs, à l'enfermement dans des centres, à la construction de camps, aux expulsions, aux déportations et à la rhétorique raciste. Personne n'est illégal sur Terre, tout le monde doit avoir le droit de se déplacer et de partir partout. Les frontières doivent être ouvertes à tou·tes celleux qui fuient leur pays, que ce soit pour des raisons sociales, politiques, économiques ou environnementales.
4.6. Éliminer les activités économiques inutiles ou nuisibles
L'arrêt de la catastrophe climatique et du déclin de la biodiversité passe impérativement par une réduction très rapide et significative de la consommation d'énergie finale au niveau mondial. Cette contrainte est incontournable. Les premières étapes consistent à réduire drastiquement le pouvoir d'achat des riches, à abandonner la fast fashion, la publicité et la production/consommation de luxe (croisières, yachts et jets ou hélicoptères privés, tourisme spatial, etc.), à réduire la production de masse de viande et de produits laitiers et à mettre fin à l'obsolescence accélérée des produits, en allongeant leur durée de vie et en facilitant leur réparation. Le transport aérien et maritime des marchandises devrait être réduit drastiquement par la relocalisation de la production, et remplacé par le transport ferroviaire chaque fois que cela est possible. Plus structurellement, la contrainte énergétique ne peut être respectée qu'en réduisant le plus rapidement possible les activités économiques inutiles ou nuisibles. Les principaux secteurs productifs à considérer sont : la production d'armes, l'énergie fossile et la pétrochimie, l'industrie extractive, la fabrication non durable, l'industrie du bois et de la pâte à papier, la construction de voitures personnelles, les avions et la construction navale.
4.7. Souveraineté alimentaire ! Sortir de l'agro-industrie, de la pêche industrielle et de l'industrie de la viande
Ces trois secteurs font peser de graves menaces sur le climat, la santé humaine et la biodiversité. Leur démantèlement nécessite des mesures au niveau de la production mais aussi des changements importants au niveau de la consommation (dans les pays développés et chez les riches de tous les pays) et de la relation avec le vivant. Des politiques volontaristes sont nécessaires pour stopper la déforestation et remplacer l'agro-industrie, les plantations industrielles et la pêche à grande échelle respectivement par l'agroécologie paysanne, l'écoforesterie et la pêche artisanale. Ces alternatives consomment moins d'énergie, emploient plus de main-d'œuvre et sont beaucoup plus respectueuses de la biodiversité. Les agriculteur·ices et les pêcheur·ses doivent être correctement indemnisé·es par la communauté, non seulement pour leur contribution à l'alimentation humaine, mais aussi pour leur contribution écologique. Les droits des peuples premiers sur la forêt et les autres écosystèmes doivent être protégés. La consommation mondiale de viande doit être réduite de manière drastique. L'industrie de la viande et des produits laitiers doit être démantelée et il faut promouvoir une alimentation basée principalement sur la production locale de légumes. Ce faisant, nous mettons fin au traitement abject des animaux dans l'industrie de la viande et la pêche industrielle. La souveraineté alimentaire, conformément aux propositions de la Via Campesina, est un objectif clé. Elle passe par une réforme agraire radicale : la terre à celleux qui la travaillent, en particulier les femmes. Expropriation des grands propriétaires terriens et de l'agro-industrie capitaliste qui produisent des biens pour le marché mondial. Distribution de la terre aux paysan·nes et aux paysan·nes sans terre (familles ou coopératives) pour la production agrobiologique. Abolition des anciennes et des nouvelles cultures OGM en plein champ et élimination des pesticides toxiques (à commencer par ceux dont les pays impérialistes interdisent l'usage mais dont ils autorisent l'exportation dans les pays dominés !)
4.8. Réforme urbaine populaire
Plus de la moitié de la population mondiale vit aujourd'hui dans des villes de plus en plus grandes. Dans le même temps, les régions rurales se dépeuplent, sont ruinées par l'agro-industrie et l'exploitation minière et sont de plus en plus privées de services essentiels. Les pays dominés possèdent certaines des plus grandes mégapoles de la planète (Jakarta, Manille, Mexico DF, New Delhi, Bombay, Sao Paulo, et d'autres), un nombre croissant de sans-abri et des bidonvilles où des millions d'êtres humains (autour de Karachi, Nairobi, Bagdad,...) survivent et travaillent de manière informelle dans des conditions indignes. C'est l'une des plaies les plus hideuses laissées par le développement capitaliste et la domination impérialiste. Outre la violence, les vagues de chaleur rendent la survie de plus en plus difficile dans les bidonvilles et les quartiers pauvres, surtout dans les climats humides. L'alternative écosocialiste revendique le lancement d'un vaste programme de construction de logements sociaux accompagné d'une réforme urbaine populaire qui modifie l'organisation des grandes villes, conçue en coopération avec les associations de sans-abri. Elle doit s'articuler sur une législation du travail qui protège les travailleur·ses, d'une part, et sur l'attractivité de la réforme agraire, afin d'initier un mouvement de contre-émigration rurale, d'autre part.
4.9. Socialiser l'énergie et la finance sans compensation ni rachat pour sortir au plus vite des énergies fossiles et du nucléaire
Les multinationales de l'énergie et les banques qui les financent veulent exploiter jusqu'à la dernière tonne de charbon, jusqu'au dernier litre de pétrole, jusqu'au dernier mètre cube de gaz. Elles ont d'abord caché et nié l'impact du CO2 sur le changement climatique. Aujourd'hui, pour continuer à exploiter ces ressources malgré tout, et alors que la flambée des prix leur assure de gigantesques surprofits, elles promettent toutes sortes de techniques bidon (greenwashing, échange de "droits à polluer", "compensation des émissions", "capture, séquestration et utilisation du carbone") et promeuvent l'énergie nucléaire comme étant "à faible teneur en carbone". Aucun doute n'est possible : ces groupes avides de profits mènent la planète de catastrophe climatique en cataclysme. En même temps, ils sont à la pointe des attaques capitalistes contre les classes laborieuses. Ils doivent être socialisés par l'expropriation, sans compensation ni rachat. Pour stopper la destruction sociale et écologique, pour déterminer collectivement notre avenir, rien n'est plus urgent que de constituer des services publics de l'énergie et du crédit, décentralisés et interconnectés, sous le contrôle démocratique des populations.
4.10. Pour la libération et l'autodétermination des peuples ; contre la guerre, l'impérialisme et le colonialisme
Nous défendons un programme internationaliste basé sur la justice sociale, pour une transition écosocialiste menée par des forces collectives et libératrices, et pour la paix entre les peuples, en affrontant les politiques oppressives. Nous nous opposons à l'OTAN et aux autres alliances militaires qui conduisent le monde vers de nouveaux conflits inter-impérialistes, nous luttons contre l'augmentation des budgets militaires, pour le démantèlement de la fabrication et des stocks de tous les armements nucléaires, chimiques et bactériologiques et des cyber-armes ; pour le démantèlement de toutes les entreprises militaires privées.
La seule voie vers la paix passe par les luttes victorieuses pour le droit à l'autodétermination, la fin de l'occupation des terres et le nettoyage ethnique. En tant qu'internationalistes, nous sommes solidaires des peuples opprimés qui luttent pour leurs droits, notamment en Palestine et en Ukraine.
4.11. Garantir l'emploi pour tou·tes, assurer la reconversion nécessaire dans des activités écologiquement durables et socialement utiles
Les travailleur·ses engagé·es dans les activités gaspilleuses et nocives des combustibles fossiles, dans l'agro-industrie, la grande pêche et l'industrie de la viande n'ont pas à payer le prix de la gestion capitaliste. Une garantie d'emplois verts doit

« Le FSM reste le seul espace de rencontre au niveau mondial »
Au terme d'une nouvelle édition du Forum social mondial (FSM) qui s'est déroulée à Katmandou, au Népal, du 15 au 19 février, l'heure est au bilan. Entretien avec Eric Toussaint, historien et économiste belge qui a participé au forum.
Tiré de Europe Solidaire Sans Frontières
8 mars 2024
Par Sergio Ferrari et Éric Toussaint
Marche d'ouverture du FSM, Katmandou, 15 février 2024 Ofxam Asia
Sergio Ferrari - Quel bilan tirez-vous de cette nouvelle édition du Forum social mondial ?
Eric Toussaint - Il a été très positif, principalement en raison de la participation de secteurs populaires très divers et parmi les plus opprimés. Je pense notamment aux Dalits, la caste des intouchables, aux peuples natifs et indigènes, historiquement marginalisés mais très organisés, aux forces syndicales, à de nombreuses féministes issues des classes populaires.
La majorité était originaire du Népal et d'Inde. Les organisateur·ices ont compté 18 000 inscriptions (de plus de 90 pays, ndlr) et lors de la manifestation d'ouverture du jeudi 15, entre 12 et 15 000 participant·es se sont mobilisé·es.
Cependant, le FSM en tant que tel n'a pas atteint la même représentation qu'au cours de sa première décennie d'existence, depuis sa fondation à Porto Alegre, au Brésil, en 2001. Il y avait très peu de participant·e·s venant d'Europe, d'Amérique latine ou d'Afrique. Bref, un bon niveau de participation régionale mais une faible présence des autres continents. Cela montre les difficultés du FSM à prendre des initiatives globales ayant un impact réel.
Où en est le FSM aujourd'hui ?
Nous percevons une réalité contradictoire. D'une part, le Forum social mondial ne constitue plus une véritable force d'attraction et de propulsion. D'autre part, c'est le seul espace de rencontres altermondialistes qui perdure au niveau mondial. C'est pourquoi il est encore important pour des réseaux internationaux comme le CADTM (Comité pour l'abolition des dettes illégitimes, ndlr) d'y participer.
Je suis convaincu que, si le FSM avait une force réelle – telle que nous l'avons obtenue en février 2003, lorsque nous avons appelé à de grandes mobilisations pour la paix et contre la guerre en Irak – son pouvoir serait aujourd'hui significatif : à la fois pour faire face au génocide en Palestine et pour aider à construire un large frein à la croissance de l'extrême droite que l'on peut observer dans de nombreuses régions du monde.
Si le FSM ne parvient pas à être une telle force, que devraient faire les secteurs progressistes ?
Je pense que la formule d'un FSM avec seulement des mouvements sociaux et des ONG mais sans partis politiques progressistes (comme défini dans la Charte de principe de 2001) ne permet pas une organisation adéquate de la lutte contre l'extrême droite.
Face à la montée de l'extrême droite et des projets fascistes, il faut chercher un autre type de convergence internationale. Dans ce sens, le CADTM, avec d'autres acteurs sociaux, a contacté le PSOL (Parti Socialisme et Liberté) et le PT (Parti des Travailleurs) de Porto Alegre, berceau du Forum Social Mondial depuis 2001, pour proposer la création d'un Comité d'organisation qui convoquerait une réunion internationale en mai pour discuter de la marche à suivre, en vue d'une grande réunion dans un an.
Des acteurs importants, tels que le mouvement brésilien des travailleurs sans terre (MST), pourraient y participer activement. S'ils ont réussi à se libérer de Jair Bolsonaro au Brésil, avec une large alliance politique et sociale, il est essentiel d'en tirer des leçons politiques concrètes. Le Forum social mondial pourrait continuer, mais nous sommes convaincu·es qu'un nouveau cadre unifiant toutes les forces capables de se mobiliser est nécessaire.
Il y a des initiatives comme l'Assemblée mondiale des peuples qui réfléchissent déjà dans ce sens…
Bien sûr, elle devrait être impliquée et jouerait un rôle. Mais nous avons besoin d'une nouvelle initiative de front uni plus large. Sa construction serait large et diverse, incorporant des courants allant de la 4e Internationale à la social-démocratie, en passant par l'Internationale progressiste, à travers toute la gamme des sensibilités de gauche. Ainsi que des organisations et personnalités progressistes aux États-Unis (par exemple Bernie Sanders, Alexandria Ocasio-Cortez, le syndicat automobile UAW qui a remporté une victoire importante en 2023). Et des partis et mouvements de gauche d'Europe, d'Afrique, d'Asie et de la région arabe.
Il est nécessaire de convaincre le plus grand nombre de forces possible, y compris celles qui doivent surmonter les différences et les divisions historiques, et qui comprennent et acceptent le grand défi prioritaire du moment, à savoir la lutte contre l'extrême droite.
Nous savons qu'un tel appel ne sera ni simple ni facile à concrétiser : il exige une grande générosité et une forte volonté politique. La complexité du moment historique et les dangers qui pèsent sur l'humanité et la planète nous imposent d'essayer d'y arriver.
Sergio Ferrari
P.-S.
• Paru dans le n° 432 de solidaritéS 8 mars 2024 :
https://solidarites.ch/journal/432-2/le-forum-social-mondial-reste-le-seul-espace-de-rencontre-au-niveau-mondial/
• Titres et coupes par la rédaction.
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« Québec solidaire pourrait dépasser la CAQ »
C'est le titre du dernier courriel envoyé aux membres par QS ce 21 mars. Et puis après… ? Est-ce réellement un objectif mobilisateur pour QS ? Sommes-nous renduꞏes à ce point électoralistes que la perspective de peut-être dépasser la CAQ dans les sondages nous émoustille, à presque trois ans des élections ?
Élisbeth Germain, 2024-03-21
« Québec solidaire pourrait dépasser la CAQ. »
Est-ce sérieux de nous bercer de l'illusion que nous pouvons « prendre le pouvoir » à Québec et de subordonner nos communications (et nos actions ?) à ce but trompeur ?
Comme beaucoup de militantꞏes que je côtoie, je rêve plutôt de constituer une opposition forte, bien argumentée, bien connectée à la population québécoise dans sa diversité humaine et territoriale, en mesure d'infléchir les politiques en gestation dans ce gouvernement de droite et d'en proposer de plus aptes à promouvoir notre projet de société.
C'est à l'opposé d'une perspective électoraliste, c'est une perspective proprement politique.
On dirait qu'il y a un choix de plus en plus évident chez QS de chercher à conquérir de la popularité en séduisant la population par un discours qui montre qu'on est de son côté, qu'on est les bons gardiens de ses intérêts face aux méchants exploiteurs, qu'un gouvernement de QS ferait ceci et cela – tandis que les trois-quarts des gens nous regardent d'un œil narquois ou indifférent, persuadés qu'on va rester un parti marginal, revendicateur et stérile.
Est-ce que notre aspiration au pouvoir est actuellement réaliste ? À mon avis, elle l'est tellement peu que nous perdons de la crédibilité à la cultiver ou à faire semblant d'y croire. Un parti politique comme QS est un parti de conviction, pas un parti d'élection. C'est un parti d'influence et de transformation sociale en profondeur, pas un parti de victoire électorale qui, propulsant à la tête un groupe qui n'est pas équipé pour gouverner, est forcé à l'improvisation, aux compromis et à l'inefficacité.
Sommes-nous prêtꞏes à gouverner ? L'exercice du gouvernement est-il une stratégie gagnante pour notre projet de société ?
Je ne crois pas. Nos forces comme parti sont bien plus dans la critique du système actuel et dans l'expression des intérêts de la population urbaine du Québec (il nous en manque un bout avec la rurale) que dans la prise en charge et la direction de trente ministères qui administrent les multiples aspects de la vie des Québécoisꞏes.
Nos forces sont dans notre capacité de vision et d'éducation populaire plutôt que dans notre outillage (publicitaire et affairiste) pour gagner le pouvoir. Pire, si nous arrivons au pouvoir de cette façon, nous risquons de stériliser ces forces vives pour nous retrouver absorbés par des nécessités de gouvernance et de compromis qui vont désagréger notre cohérence et notre cohésion.
Heureusement, nous n'avons pas fait une montée de popularité dans la population comme la défunte ADQ (1994-2012) et la peut-être future défunte CAQ. L'ADQ a connu son pic en 2007-2008 avec 41 députés élus. Elle s'est ensuite enterrée dans la CAQ (2011-xxxx) qui a rapidement monté pour prendre le pouvoir sept ans plus tard avec 74 sièges ; elle a ensuite grimpé à 89 sièges en 2022 grâce à de multiples promesses et contorsions qui, aujourd'hui, président à sa dégringolade dans les sondages.
Ce n'est pas ce genre de naissance et déclin rapides que nous voulons pour QS. Nous voulons un travail en profondeur, qui change réellement les choses plutôt que d'alimenter les modes politiques accentuant les avancées ruineuses du néo-libéralisme. Nous en sommes capables, et l'intérêt grandissant des Québécoisꞏes pour l'écologie et la nécessaire transition vers un autre monde en est à mon avis un effet et un signe important.
Cet État est capitaliste, patriarcal et raciste. QS se veut féministe et intersectionnel ? Alors apprenons du féminisme à viser collectivement le pouvoir de changer les choses plutôt que de viser le pouvoir tout court, qui perpétue les dominations.
Continuons dans notre genre de travail, accentuons-le, plutôt que de laisser l'électoralisme coopter et breveter notre ADN.
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Écoeuré·e·s d’être méprisé·e·s : Ensemble vers la grève sociale (collectif)
En riposte à des politiques concertées de saccage du bien commun, plusieurs groupes, organismes et associations se concertent en vue de l'organisation d'une semaine de grève sociale et d'actions du 29 avril au 3 mai.
Pour lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale dans une perspective féministe intersectionnelle, nous réclamons :
✊🏿 La reconnaissance et l'élimination des violences systémiques vécues par les femmes et les personnes marginalisées !
✊🏼 Un statut pour toutes et tous !
✊🏽 L'accès à un revenu qui permet de sortir de la pauvreté !
✊🏻 Le droit au logement pour toutes et tous !
✊🏾 Le renforcement du filet social et des services publics bien financés, accessibles et gratuits pour toutes et tous !
L'appel initial
Nous lançons , au nom de plusieurs groupes, d'organismes et d'associations qui se concertent un appel en vue de l'organisation d'une semaine de grève sociale et d'actions sur le thème de la lutte à la pauvreté, entre le 29 avril et le 3 mai 2024.
Plus précisément, cette grève prendra la forme « d'un arrêt ou d'un réaménagement des activités/ services réguliers en vue de libérer du temps pour l'organisation et la participation à des activités/mobilisations/perturbations en lien avec nos objectifs communs. »
Nous croyons fortement qu'en riposte à des politiques concertées de saccage du bien commun, nous devons nous organiser avec le plus grand nombre possible et des groupes divers (organismes communautaires, syndicats, comités logement, associations étudiantes, collectifs autonomes, groupes féministes, groupes de personnes migrantes, groupes LGBTQ2+, etc.)
Nous avons déjà tenu plusieurs rencontres larges avec des groupes de différents secteurs. Les procès-verbaux de ces rencontres sont disponibles sur demande. Ensemble, nous avons déterminé des revendications qui visent la lutte à la pauvreté et à l'exclusion sociale, dans une perspective féministe intersectionnelle, et qui répondent à des besoins criants et à des droits sociaux allègrement mis de côté par les gouvernements.
Lors de notre dernière rencontre, nous avons décidé qu'une journée d'action sera dédiée à chaque revendication, chacune des journées étant prise en charge par un ensemble de groupes volontaires. Nous avons aussi une proposition préliminaire (rien n'est fixé dans le béton !) de calendrier avec des journées thématiques pour la semaine :
– Lundi 29 avril 2024 : La reconnaissance et l'élimination des violences systémiques, notamment économiques, faites aux femmes et aux personnes marginalisées
– Mardi 30 avril 2024 : Un statut pour toutes et tous
– Mercredi 1er mai 2024 : L'accès à un revenu qui permet de sortir de la pauvreté
– Jeudi 2 mai 2024 : Le droit au logement pour toutes et tous
– Vendredi 3 mai 2024 : Le renforcement du filet social et des services publics bien financés, accessibles et gratuits pour toutes et tous
Plusieurs groupes ont déjà fait part de leur volonté de co-organiser certaines des journées thématiques. Nous vous invitons donc à adopter un mandat d'appui à ce projet revendicateur ! Nous vous invitons également, si vous le pouvez, à donner un coup de main dans l'organisation des journées thématiques selon les enjeux qui vous interpellent le plus.
Notre comité de mobilisation et d'élargissement peut venir dans une de vos instances pour expliquer le projet et répondre à vos questions. Invitez-nous !
Cette semaine est l'occasion d'organiser des événements (ensemble ou en toute autonomie au sein de vos groupes) et d'obtenir une solide visibilité vue la quantité de groupes qui vont se coordonner pour brasser la cage et faire valoir leurs revendications. On espère vous voir lutter à nos côtés, de la manière qui vous conviendra !
SOLIDARITÉ !
Infos
Pour vous tenir au courant, mobiliser vos groupes (calendrier provincial des actions, matériel de mobilisation papier et réseaux sociaux, etc.), ajouter le nom de votre organisme à la liste des groupes appuyant la semaine de grève et d'action et/ou pour vous impliquer activement dans un des comités d'organisation des journées thématiques, allez sur : www.grevesociale.com ou écrivez-nous à info@grevesociale.com. Vous pouvez également nous appeler au 514-527-0700 (bureau de l'OPDS).
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« L’humanitarisme de salon » : le problème du corridor d’aide maritime de Gaza
Bien que l'aide soit désespérément nécessaire, les experts mettent en garde contre le fait que le plan dirigé par les États-Unis ne tient pas compte de la cause fondamentale de la famine dans la bande de Gaza : le contrôle total d'Israël sur la bande de Gaza.
Tiré d'Agence médias Palestine. Source : +972. Photo : Des Palestiniens vus au port de la ville de Gaza, le 13 juin 2019. (Hassan Jedi/Flash90) Traduction ED pour l'Agence Média Palestine.
Lorsque Huwaida Arraf a participé à l'organisation du premier voyage maritime « Free Gaza » au départ de Chypre en 2008, elle savait que cet effort était essentiellement symbolique. Cela faisait deux ans qu'Israël avait commencé à imposer des restrictions qui allaient finalement se transformer en un siège quasi total de la bande de Gaza, interdisant tout trafic maritime entrant et interdisant la pêche au-delà d'un maximum de six miles nautiques. Le blocus a sévèrement limité une source essentielle de nourriture et de moyens de subsistance pour de nombreux résidents palestiniens, mais l'objectif du voyage Free Gaza – qui ne transportait qu'une seule boîte d'appareils auditifs pour une organisation caritative travaillant avec des enfants sourds – n'était pas d'apporter de l'aide.
« Nous avions deux bateaux de pêche qui nous ont à peine permis de traverser la Méditerranée », explique Arraf, avocat et militant des droits de l'homme, à +972. « Le véritable objectif était d'affronter et de contester le blocus illégal d'Israël. »
Aujourd'hui, cinq mois après le début de la guerre dévastatrice d'Israël contre Gaza, M. Arraf travaille avec la Coalition de la flottille de la liberté pour organiser un nouveau voyage. La nouvelle flottille, qui n'a pas encore annoncé de date de départ, transportera certainement de l'aide, mais sa mission à long terme, a expliqué M. Arraf, consiste à « remettre en question les politiques de contrôle ».
Ces politiques, selon les critiques, sont au cœur d'un nouveau « corridor maritime » pour Gaza, comprenant un port offshore, annoncé par les États-Unis, l'Union européenne et le Royaume-Uni. Bien que ce projet soit présenté comme un moyen d'acheminer rapidement l'aide humanitaire dans la bande de Gaza assiégée, il laisse essentiellement les Palestiniens de Gaza à la merci des mêmes gouvernements qui soutiennent et encouragent l'assaut d'Israël contre l'enclave.
Elle révèle également l'impuissance des bailleurs de fonds d'Israël. Après tout, le bain de sang qu'ils continuent de financer ne se mesure pas seulement en corps palestiniens mutilés et en paysages ravagés, mais aussi par une campagne de famine délibérée qui se déroule sous leur surveillance – une campagne qui, de l'aveu même des responsables américains, ne peut être annulée par des mesures palliatives. Dans le même temps, alors que des centaines de milliers de Palestiniens sont aux prises avec la faim, le corridor maritime proposé pourrait être leur seule chance de survie à court terme.
« Les enfants qui sont déjà morts de faim à Gaza avaient survécu à d'innombrables bombardements et déplacements avant de mourir dans l'angoisse », a déclaré Yara M. Asi, professeur adjoint de santé mondiale à l'université de Floride centrale et auteur de « How War Kills » (Comment la guerre tue). « Personne ne veut voir un autre enfant mourir de faim. »
En même temps, Mme Asi prévient que le niveau de désespoir à Gaza signifie que les Palestiniens devront faire des choix déchirants pour déterminer qui recevra l'aide en premier. « Comment établir un ordre de priorité entre les mères âgées, les enfants et les adultes en bonne santé ? » a-t-elle déclaré à +972. « C'est un choix impossible pour les familles. »
C'est aussi un choix qui a été « annoncé depuis des mois », ajoute Asi. En décembre, l'Office de secours et de travaux des Nations Unies (UNRWA) a averti que l'insuffisance de l'aide mettait 40 % de la population de Gaza « en danger de famine ». Trois mois plus tard, le Programme alimentaire mondial estime que l'ensemble de la population de Gaza, soit 2,2 millions de personnes, se trouve « en situation de crise » ou à un niveau pire d'insécurité alimentaire aiguë.
Malgré l'urgence, des sources impliquées dans la planification du corridor maritime, qui ont requis l'anonymat, ont déclaré à +972 que des détails clés de son exécution restent en suspens – y compris, de manière cruciale, la manière dont l'aide sera distribuée une fois qu'elle sera arrivée dans la bande de Gaza. En particulier, le manque de coordination avec l'UNRWA, qui a été la cible d'une campagne de diffamation et de financement menée par Israël au cours des deux derniers mois, est presque sûr d'entraver l'effort international, ce qui soulève de sérieuses questions quant à son intention.
Distraction flagrante
Une grande partie de l'incertitude entourant le corridor maritime tourne autour de la dernière partie de ce qu'une source a appelé une « approche en trois phases ».
La première phase est menée par l'organisation caritative espagnole Open Arms et son partenaire World Central Kitchen (WCK), qui gère des dizaines de sites de préparation de nourriture à Gaza. Vendredi, un navire lié à Open Arms est arrivé de Chypre au large de la côte de Gaza, transportant quelque 200 tonnes de dons alimentaires sécurisés par l'organisation caritative et WCK.
Les organisateurs, selon la source, avaient engagé des travailleurs palestiniens pour construire une « jetée flottante » afin de recevoir les cargaisons, un effort « étroitement coordonné avec le gouvernement d'Israël ». WCK a publié une vidéo sur X montrant le déchargement de l'aide – bien qu'à l'heure où nous écrivons ces lignes, la manière dont l'aide est distribuée n'est pas claire. Entre-temps, l'organisation caritative indique qu'un deuxième navire est en train d'être préparé pour partir de Chypre.
Au cours des deuxième et troisième phases, l'armée américaine construirait une jetée au large de la côte de Gaza et superviserait le transfert d'une quantité d'aide suffisante pour préparer deux millions de repas par jour, selon la Maison-Blanche. Mais même si les expéditions maritimes devaient arriver à terre comme prévu, le Pentagone estime qu'il faudra deux mois pour les acheminer – une attente trop longue pour la population affamée de Gaza, avertissent les experts de l'aide humanitaire. On estime que 300 000 personnes sont confrontées à une famine imminente dans le nord de Gaza et, selon les Nations Unies, la faim a atteint des « niveaux catastrophiques » dans l'ensemble de la bande.
Entre-temps, les organisations humanitaires critiquent déjà le plan maritime qui ne s'attaque pas à la cause fondamentale de la crise de la faim à Gaza. Médecins sans frontières (MSF) a averti que les projets américains concernant la jetée constituaient une « distraction flagrante » face au refus persistant d'Israël de faciliter l'acheminement de l'aide dans l'enclave, en particulier dans le cadre d'un assaut qui a déjà tué plus de 31 000 personnes.
Des critiques similaires ont été formulées à l'encontre des largages de vivres effectués par les États-Unis, qui ne fournissent qu'une petite partie de l'aide nécessaire au nord de Gaza et qui, en tout état de cause, ne peuvent garantir une distribution sûre. Le 8 mars, par exemple, cinq personnes ont été tuées et dix autres blessées par la chute de colis d'aide humanitaire lorsque les parachutes auxquels ils étaient attachés ne se sont pas ouverts.
Selon les Nations Unies, au cours des cinq derniers mois, les livraisons d'aide à Gaza ont été bloquées à un maximum de 150 camions par jour en moyenne, soit plus de trois fois le nombre de camions qui entraient chaque jour avant le 7 octobre. Les pénuries alimentaires croissantes ont eu pour conséquence que le flux de camions est devenu une fraction de plus en plus petite de ce qui est nécessaire – un fait reconnu par nulle autre que Samantha Power, directrice de l'Agence américaine pour le développement international (USAID). Même lorsque l'aide alimentaire parvient à atteindre les zones les plus durement touchées, les forces israéliennes ouvrent parfois le feu sur les affamés, comme ce fut le cas lors du « massacre de la farine » du 29 février, au cours duquel au moins 110 Palestiniens ont été tués.
Saper l'UNRWA
Cette spirale de l'urgence est étroitement liée aux efforts agressifs déployés pour affaiblir l'UNRWA, une agence depuis longtemps prise pour cible par les responsables israéliens. Selon l'ancien porte-parole de l'UNRWA, Chris Gunness, le convoi qui a conduit au massacre de la farine « a été réalisé par des mercenaires, des chauffeurs de camion coordonnés par les autorités israéliennes », qui ont cherché à contourner l'agence des Nations Unies. Selon lui, ces chauffeurs ne connaissaient pas la région ni la logistique de l'acheminement de l'aide dans la bande de Gaza.
La tentative désastreuse du 29 février, selon Gunness, a montré que l'UNRWA est « la seule organisation ayant l'expérience, le personnel et l'infrastructure nécessaires pour distribuer l'aide en toute sécurité » dans l'enclave – en particulier dans les quantités annoncées par le président Joe Biden la semaine dernière.
« Il est impensable de reconstituer une nouvelle organisation d'aide comme l'UNRWA pour superviser la distribution de nourriture à cette échelle », a déclaré M. Gunness à +972. « C'est de l'humanitarisme de salon, de la part de personnes qui ne sont jamais allées à Gaza ou qui ne comprennent pas les complexités de l'acheminement de l'aide dans cette situation hautement volatile. »
Reconnaissant le rôle vital de l'UNRWA, le Canada, l'Union européenne, la Suède et l'Australie ont récemment repris le financement de l'agence après l'avoir brièvement suspendu à la suite d'allégations israéliennes non vérifiées selon lesquelles une douzaine des 13 000 employés de l'UNRWA basés à Gaza étaient impliqués dans l'attaque du 7 octobre menée par le Hamas contre le sud d'Israël. Malgré une évaluation des services de renseignement exprimant une « faible confiance » dans les affirmations d'Israël, les États-Unis n'ont pas encore rétabli leur financement, ce qui obscurcit encore les projets de l'administration Biden concernant les expéditions d'aide par voie maritime.
Et bien que les experts s'accordent à dire que l'UNRWA est la seule organisation disposant des entrepôts, des véhicules et du personnel nécessaires pour stocker et livrer en toute sécurité des denrées alimentaires à cette échelle, Juliette Touma, directrice de la communication de l'UNRWA, a déclaré à +972 que l'agence « n'est pas impliquée et n'a pas été approchée » au sujet de cet effort. Pendant ce temps, les attaques israéliennes, qui ont jusqu'à présent détruit ou endommagé 157 installations de l'UNRWA à Gaza et coûté la vie à 165 membres du personnel de l'agence, se poursuivent sans relâche.
Malgré les projets de corridor maritime, la situation humanitaire à Gaza continue de se détériorer rapidement. L'UNRWA a annoncé cette semaine qu'en moyenne, seuls 168 camions d'aide étaient entrés chaque jour ce mois-ci. Le 11 mars, le commissaire général de l'UNRWA, Philippe Lazzarini, a déclaré dans une publication sur X que les restrictions israéliennes sur les produits dits « à double usage » s'étaient renforcées, les « produits vitaux » tels que les anesthésiques, les ventilateurs et les médicaments contre le cancer étant interdits d'entrée. Le 2 mars, une enquête de CNN a révélé que l'armée israélienne avait interdit l'accès à des camions entiers d'aide essentielle si l'un de ces articles interdits se trouvait à bord.
Et avec une telle impunité, pourquoi ne le feraient-ils pas ? Les responsables israéliens continuent d'affirmer qu' »il n'y a pas de pénurie alimentaire à Gaza », même si la majorité des Israéliens souhaitent qu'il y en ait une : un récent sondage réalisé par la chaîne israélienne Channel 12 a révélé que 72 % des Israéliens étaient favorables à la poursuite de la suspension de l'aide alors que le Hamas et d'autres groupes détenaient toujours des otages à Gaza. Le ministre israélien des finances, Bezalel Smotrich, a ordonné aux entrepreneurs du port d'Ashdod de ne pas livrer à l'UNRWA les cargaisons de farine dont elle a tant besoin. Un jour plus tard, la Knesset a adopté un projet de loi interdisant à l'agence d'opérer sur le « territoire souverain » d'Israël.
« Les Palestiniens ne veulent pas vivre que de l'aide humanitaire »
Il est difficile d'imaginer une tragédie plus emblématique de l'échec de la politique des États-Unis au cours des cinq derniers mois que la proposition de corridor maritime. Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, s'est à maintes reprises opposé aux demandes timides de la Maison Blanche pour qu'il mette un frein à ce que M. Biden a qualifié avec désinvolture de massacre d'innocents « à outrance ». La protection des enfants palestiniens – dont plus de 13 000 ont péri à ce jour – n'a manifestement jamais figuré parmi les priorités de l'administration américaine ; cela aurait signifié l'annulation d'une partie au moins de la centaine de ventes de matériel militaire approuvées par Washington depuis le 7 octobre. Se prémunir contre la famine ne semble pas moins être une réflexion après coup.
« Les Palestiniens de Gaza ont souffert de l'insécurité alimentaire bien avant le 7 octobre », a déclaré M. Asi. « Mais cette fois-ci, le traumatisme est différent. Les Palestiniens savent très bien que le fait de mourir de faim ou non est une décision prise selon les caprices de puissances qui échappent totalement à leur contrôle. »
Alors pourquoi un pays qui a l'intention d'affamer les Palestiniens de Gaza fait-il soudain volte-face lorsque l'aide alimentaire arrive par bateau et non par camion ? À entendre les responsables israéliens, le corridor maritime a pour but d'obtenir une « légitimité internationale » afin de poursuivre la guerre contre Gaza, dont Israël continue d'affirmer qu'elle vise à mettre le Hamas en déroute.
Cela pourrait expliquer pourquoi les autorités israéliennes ont mis en place des installations d'inspection dans la ville portuaire chypriote de Larnaca, et pourquoi le porte-parole militaire israélien Daniel Hagari a annoncé un « afflux d'aide » à Gaza. Mais ces points de discussion n'ont aucun sens tant qu'Israël continue de bloquer l'accès par voie terrestre, en particulier au nord de Gaza.
« Cette initiative maritime n'enlève rien à l'obligation d'Israël, en tant que puissance occupante, d'ouvrir totalement les points de passage terrestres et de permettre un accès humanitaire sans entrave », a averti M. Gunness, qui a souligné que la Cour internationale de justice avait réaffirmé ces obligations contraignantes dans ses mesures provisoires du 26 janvier. Et rien de tout cela ne sera possible, a-t-il ajouté, sans un « cessez-le-feu stable et crédible ».
Cependant, même avec un cessez-le-feu, le corridor maritime tant vanté par les États-Unis souffre d'un problème structurel, enraciné dans le long siège israélien de Gaza. Dov Weisglass, ancien conseiller principal du Premier ministre de l'époque, Ehud Olmert, a décrit de manière infâme le blocus comme une « mise au régime » des Palestiniens. Le fait que les politiques qui en ont découlé, accompagnées de calculs caloriques pour chaque Palestinien, aient été mises en place il y a près de vingt ans devrait être une raison suffisante pour douter des intentions d'Israël aujourd'hui.
« Il est absurde que l'aide humanitaire soit coordonnée avec l'entité qui a publiquement annoncé son intention d'affamer les Palestiniens de Gaza », a déclaré M. Arraf. « En fin de compte, les Palestiniens ne veulent pas vivre de l'aide. Ils veulent, ont besoin et méritent la liberté ».
Samer Badawi, le 16 mars 2024
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Victoire historique à l’UQAM en solidarité avec la Palestine !
Un groupe étudiant pour la solidarité avec les droits humains des Palestiniens a été le moteur de l'adoption de mandats de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) à l'égard d'Israël au sein de toutes les associations étudiantes facultaires de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).
21 mars 2024
La communauté étudiante de l'UQAM devient ainsi la première au Canada à
avoir adopté le mandat BDS
<https://drive.google.com/file/d/1yH...>
.
« *Je suis fière de voir notre communauté se lever contre les crimes contre l'humanité perpétrés par Israël depuis plus de 75 ans, affirme Sarah, une étudiante au baccalauréat en administration qui réagit émue par cette
victoire. Je considère que c'est une avancée importante pour l'ensemble de la communauté étudiante.* »
Depuis 2017, le groupe étudiant Solidarité des droits humains des Palestiniennes et Palestiniens (SDHPP) a joué un rôle important dans l'éducation et la sensibilisation aux réalités palestiniennes au sein de l'université, coordonnant ainsi l'effort de la campagne BDS. Grâce à ces efforts, sept associations étudiantes de l'UQAM ont progressivement adopté
des mandats BDS ; l'Association facultaire étudiante de science politique et droit (AFESPED) et l'Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH) en février 2017, suivies par l'Association des étudiantes et
étudiants en sciences de l'éducation (ADEESE) en septembre 2017, l'Association facultaire étudiante des arts (AFÉA) en février 2019, l'Association facultaire étudiante des langues et communication (AFELC) en
avril 2019, et l'Association étudiante du secteur des sciences (AESS) en janvier 2022.
Hier, le 20 mars 2024, l'Association étudiante de l'École des sciences de la gestion (AÉESG), s'est jointe aussi au nombre croissant d'associations étudiantes et d'entités académiques ayant adopté un mandat BDS.
Dans le cadre de la campagne institutionnelle déjà entamée depuis octobre 2023, les associations étudiantes visent à présenter des résolutions au sein de leurs instances académiques respectives. Le but de cette campagne
est d'amener l'UQAM a adopté aussi en tant qu'institution un mandat de boycott académique à l'égard les universités israéliennes complices. Déjà, plusieurs comités de programme ont adopté de tels mandats, tandis que
d'autres examinent encore la question.
*Qu'est-ce qu'un boycott académique ?*
<https://drive.google.com/file/d/1yH...>
Selon la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d'Israël (PACBI), qui s'inscrit dans une campagne plus large du BDS, "*Les universités israéliennes sont des complices majeurs, volontaires et
constants du régime israélien d'occupation, de colonialisme et d'apartheid.*"
Cette complicité se manifeste par la production de connaissances qui alimente la propagande israélienne et justifie l'oppression coloniale ainsi que le nettoyage ethnique en Palestine. De plus, les unive rsités
israéliennes contribuent au développement des technologies pour l'armement, les doctrines militaires et juridiques, employées lors des guerres coloniales.
Dans cette optique, le SDHPP œuvre pour que l'UQAM mette fin à tout programme d'échange, projets communs ou autre lien avec les universités israéliennes ou le gouvernement israélien.
Solidarité pour les droits Humains des Palestiniennes et Palestiniens (SDHPP) basé à l'UQAM
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Les dérapages liés au lobbyisme inquiètent un grand nombre d’organismes et d’individus
Montréal, le 24 mars 2024. La déclaration “Lobby : halte aux dérapages” franchit aujourd'hui une nouvelle étape en dévoilant l'ampleur des premiers appuis recueillis [1] et en réunissant des sommités dans le cadre d'une table ronde.
Depuis son lancement en novembre dernier, plus de 200 organisations et près de 1 100 personnes ont déjà appuyé cette déclaration pour contrôler la recherche de profits et garantir le droit d'association. Et la collecte de signatures se poursuit. Des groupes communautaires locaux, régionaux et nationaux, actifs dans différents domaines, notamment en matière d'éducation et de santé, pour la protection de l'environnement et la défense des droits, y côtoient des organisations syndicales importantes.
Cette déclaration souligne à quel point la _Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme [2] requiert un recentrage pour servir la démocratie. D'une part, les lobbyistes des grandes entreprises ne sont pas suffisamment contrôlés, alors que leurs interventions systématiques auprès des gouvernements placent leurs intérêts économiques au-delà du bien commun. D'autre part, les OSBL subissent des pressions constantes visant à les assujettir à la Loi, alors que cela menacerait leur droit d'association.
Mieux encadrer le lobbyisme est donc une nécessité pour toutes les personnes et les organisations qui ont signé la déclaration. La table ronde réunissant l'ex-politicienne Louise Harel, la professeure de droit de l'UQÀM, Lucie Lamarche et le journaliste André Noël permettra d'entendre différentes visions de la déclaration, en regard des enjeux
politiques, du respect des droits et du rôle des médias.
Claude Vaillancourt d'Attac Québec [3] souhaite que cette déclaration provoque une importante réflexion sur le rôle des lobbys et celui des organisations : « Il existe actuellement un trop grand déséquilibre entre le pouvoir d'intervenir publiquement des grandes entreprises et celui des associations qui défendent des intérêts citoyens. Il faut établir un rapport de force plus sain pour vaincre les inégalités et mieux protéger l'environnement. »
Les lobbyistes ont montré leur capacité d'influence dans le domaine de l'agriculture, plus spécifiquement, comme le dénonce Thibault Rehn de Vigilance OGM [4] : « Il est urgent d'encadrer l'influence des lobbys de l'agrochimie sur notre système alimentaire afin de permettre aux agricultrices et agriculteurs de nous nourrir, tout en diminuant les impacts sur notre santé et celle de notre environnement. C'est primordial dans le contexte actuel ».
La _Loi_ ayant été créée pour assurer la transparence des pratiques des lobbyistes ayant des visées lucratives, c'est la surveillance de ces derniers qui doit être renforcée. Selon Mercédez Roberge de Mon OSBL n'est pas un lobby [5] « Le Commissaire au lobbyisme et le gouvernement du Québec ont tenté à [6]6 reprises [6] d'assujettir tous les OSBL à la Loi. Pourtant, leurs actions de représentation collective n'ont
rien de commun avec les pratiques des lobbyistes devant s'inscrire au Registre. Ce dérapage doit cesser pour garantir l'exercice du droit d'association des OSBL, en tant qu'associations citoyennes. Il en va du respect de la démocratie. »
Prélude à l'accroissement du rayonnement de cette campagne, les appuis des premiers mois à cette déclaration constituent une base solide et diversifiée, notamment en vue d'émettre des propositions de modifications à la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme et à mettre davantage ce sujet sur la place publique.
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Tout le monde le sait : au Québec, l’école est injuste.
Les écoles privées subventionnées et les écoles publiques sélectives font leur marché parmi les élèves qui ont de la facilité. Les écoles publiques ordinaires, elles, doivent accueillir les exclus.Les conséquences de cet écrémage sur la réussite scolaire et notre cohésion sociale sont catastrophiques. Mais cette école à 3 vitesses, Bernard Drainville vit très bien avec. Il a même décidé qu'il voulait ajouter l'injure à l'injustice en créant un Palmarès gouvernemental des écoles. Humilier officiellement les « mauvaises écoles » : notre marché scolaire n'était jamais allé jusqu'à ce niveau d'indécence.
tiré du site École ensemble
Défendons l'école commune !
Le cercle vicieux du tri des enfants est renforcé par des organisations libertariennes comme le Fraser Institute qui fait déjà publier son Palmarès des écoles par les médias de Québecor.
L'objectif de l'exercice est de faire peur aux parents et de nourrir la concurrence entre eux. Le Fraser Institute fait l'apologie de la « liberté de choisir ». Cette posture hypocrite trompe de moins en moins de citoyens : on sait que le choix, ce sont les écoles sélectives qui l'ont, pas les parents.
Mobilisons notre entourage, faisons circuler la pétition !
Si comme vous, des membres de votre entourage sont concernés par l'état de notre système d'éducation, envoyez-leur cette page et invitez-les à se mobiliser avec nous !
Pour signer la pétition, allez sur cette page du site École ensemble
https://www.ecoleensemble.com/palmares
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L’ARLPHL s’engage dans le Projet circonflexe – Prêt-pour-bouger
Saint-Jérôme, 15 mars 2024 - L'Association régionale de loisirs pour personnes handicapées des Laurentides (ARLPHL) est fière d'annoncer sa participation au Projet circonflexe – Prêt-pour-bouger, une initiative novatrice visant à renforcer l'accessibilité à la pratique de sports et d'activités de plein air pour les personnes handicapées et en situation de vulnérabilité sur le territoire des Laurentides.
Le Projet circonflexe, mené par Loisirs Laurentides, deux parcs régionaux et dix nouvelles municipalités et villes des Laurentides récemment annoncées et auxquels s'ajouteront d'autres milieux au cours des trois prochaines années, vise à établir des centrales d'équipement accessibles et adaptées aux besoins spécifiques de la population québécoise. Ces centrales seront des ressources essentielles pour fournir des équipements spécialisés, offrir des conseils personnalisés et promouvoir l'inclusion dans les activités de loisirs pour tous.
En tant qu'organisme reconnu pour son engagement en faveur de l'inclusion et de l'accessibilité, l'ARLPHL jouera un rôle crucial en tant que ressource conseil pour les différentes centrales d'équipement qui seront établies dans la région des Laurentides. Son expertise et son dévouement à soutenir les personnes handicapées seront essentiels pour garantir que les équipements fournis répondent précisément aux besoins individuels de chaque utilisateur. De plus, l'ARLPHL agira en tant que point de service pour le prêt d'équipements adaptés, offrant ainsi un accès direct et pratique à la population.
« Nous sommes ravis de collaborer avec le Projet circonflexe – Prêt-pour-bouger pour renforcer l'accessibilité et l'inclusion dans notre région », a déclaré Raphaëlle Morin, responsable des programmes à l'ARLPHL. « En travaillant ensemble, nous pouvons créer un environnement où chaque personne, peu importe ses capacités, a l'opportunité de participer pleinement aux activités de loisirs et de bénéficier d'une qualité de vie améliorée. »
« Loisirs Laurentides est fier de compter sur le partenariat et l'expertise de l'ARLPHL en matière d'équipements adaptés. Cet organisme saura guider les futures centrales d'équipement qui choisiront de rendre accessible ce type d'équipement dans l'un des points de services qu'elles développeront au cours des prochaines années et que nous avons récemment annoncés lors d'une conférence de presse », de mentionner Élaine Lauzon, directrice générale de Loisirs Laurentides.
Le Projet circonflexe – Prêt-pour-bouger représente une étape significative vers la création d'une société plus inclusive et équitable pour tous. En collaborant avec des partenaires locaux et régionaux, l'ARLPHL, aux côtés de Loisirs Laurentides, s'engage résolument à promouvoir l'accessibilité et à renforcer l'autonomie des personnes handicapées dans les Laurentides et au-delà.
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