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Une nouvelle organisation socialiste en Afrique du Sud

2 avril 2024, par Inprecor — , ,
120 délégués se sont réunis à l'Université de Wits du 14 au 17 décembre 2023 pour lancer Zabalaza for Socialism (ZASO, Zabalaza signifie lutte), une organisation écosocialiste, (…)

120 délégués se sont réunis à l'Université de Wits du 14 au 17 décembre 2023 pour lancer Zabalaza for Socialism (ZASO, Zabalaza signifie lutte), une organisation écosocialiste, féministe et antiraciste.

Tiré de Inprecor 719 - avril 2024
26 mars 2024

Par Inprecor

Les militant·es qui s'étaient regroupé·es au sein de Dialogues for an Anti-Capitalist Future – après la dégénérescence politique du « NUMSA Moment » (une opportunité pour un large regroupement de la gauche suite à l'expulsion du NUMSA, le syndicat de gauche National Union of Metalworkers of South Africa, du COSATU, le Congrès des syndicats sud-africains, et la décision du NUMSA d'explorer la construction d'un mouvement pour le socialisme avec d'autres forces de gauche) – ont pris l'initiative audacieuse de lancer une organisation révolutionnaire. La majorité des délégués provenaient de divers syndicats et mouvements sociaux, ce qui a permis à la ZASO d'avoir une base solide dans le mouvement populaire. La ZASO a été renforcée par l'implication d'un certain nombre d'activistes érudits ayant une longue expérience de la politique de gauche.

Le lancement de ZASO a lieu à un moment très difficile pour la gauche fragmentée en Afrique du Sud. À la veille de célébrer 30 ans de démocratie, le pays s'effondre sous l'impact de l'austérité, de la privatisation et d'autres politiques néolibérales, ainsi que de la corruption systémique. Le 29 mai, des élections nationales et provinciales doivent avoir lieu sans qu'aucun parti de gauche crédible ne soit en lice.

Gilbert Achcar est intervenu à cette conférence et y a présenté un discours sur la situation politique et les perspectives de la gauche.

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Au Chili, « le décrochage est total au sein des classes populaires »

2 avril 2024, par Franck Gaudichaud, Luis Reygada — , ,
À mi-mandat, le président Gabriel Boric n'a pas encore été en mesure de mener les profondes réformes attendues, nous explique Franck Gaudichaud, spécialiste de l'Amérique (…)

À mi-mandat, le président Gabriel Boric n'a pas encore été en mesure de mener les profondes réformes attendues, nous explique Franck Gaudichaud, spécialiste de l'Amérique latine. À la tête de l'État depuis mars 2022 et élu avec l'espoir de réorienter son pays sur la voie du progressisme, le jeune président Gabriel Boric (38 ans) semble plutôt avoir recentré sa politique, incapable de faire le poids face au bloc conservateur ni de fédérer la gauche autour de son gouvernement.

28 mars 2024 | tiré du journal l'humanité.fr
https://www.humanite.fr/monde/chili/au-chili-le-decrochage-est-total-au-sein-des-classes-populaires

Luis Reygada : À mi-mandat, quel est le bilan de celui qui avait promis de « rouvrir les grandes avenues » du président socialiste Salvador Allende ?

Franck Gaudichaud : Gabriel Boric est arrivé au pouvoir en incarnant l'espoir d'un tournant postnéolibéral, dans un contexte très particulier puisqu'il fait suite à l'explosion sociale de 2019. Il était porté par des demandes très fortes, sociales notamment, et à la tête d'une coalition incluant des partis bien plus à gauche que lui (comme le Parti communiste chilien) et fondamentalement critique des vingt années de gouvernement de la période post-dictature, la Concertation (entre 1990 et 2010), marquée par des compromissions, voire une gestion néolibérale du pouvoir par les gouvernements de gauche durant cette période.

Boric arrive donc avec des promesses de réformes profondes dans un pays où le privé représentait le socle structurant de la société, avec une mainmise sur d'amples secteurs largement libéralisés (éducation, santé, retraites, etc.). De façon générale, c'est donc l'espoir d'un « nouveau Chili » dans lequel le public réussirait à reprendre le dessus sur les forces du marché que Boric avait laissé entrevoir. Sur tous ces aspects, le bilan est extrêmement décevant.

Luis Reygada : Faute de majorité au Congrès ?

Franck Gaudichaud : Oui mais pas seulement. Le gouvernement n'est pas en position de force au sein des institutions, il doit donc négocier en permanence et a fini par gouverner à « l'extrême-centre », en réintégrant y compris des figures centrales du PS au pouvoir. Le président n'a pas su tirer profit de la lune de miel des six premiers mois de son mandat : il a tout misé sur l'approbation du premier projet de Constitution pour consolider une dynamique politique d'orientation progressiste. Son rejet (à 62 %, en septembre 2022 – NDLR) a été une douche froide. Cette défaite a fait du mal à l'ensemble de la gauche et aux mouvements sociaux, ceux-ci sont d'ailleurs aujourd'hui à la peine après un long cycle électoral assez chaotique qui a débouché sur un second processus constituant, dominé par l'extrême droite. Ce second projet constitutionnel a finalement aussi été rejeté – par plus de 55 % des votants. Le gouvernement est apparu comme neutralisé, incapable de reprendre l'initiative politique.

Par ailleurs, le manque de capacité à mobiliser les bases sociales et les mouvements sociaux fait que le gouvernement ne compte pas sur un soutien large et structuré qui lui permette de faire le poids face aux forces de l'opposition. Encore moins de défier l'oligarchie chilienne, qui elle peut compter sur les partis les plus conservateurs et traditionnels pour représenter ses intérêts.

Luis Reygada : Des avancées ont tout de même été réalisées, et les sondages donnent au président un taux d'approbation entre 26 et 30 % ?

Franck Gaudichaud : Tout à fait, ce qui est plus que ses prédécesseurs. Au bout de deux ans, il peut toujours compter sur un socle et il est indéniable qu'il dispose d'un certain ancrage au sein des classes moyennes progressistes diplômées. Mais le décrochage est total au sein des classes populaires.

Il y a eu des avancées en matière sociale (baisse à quarante heures de la durée hebdomadaire du travail, mais avec de nouvelles flexibilisations du travail, hausse des salaires minimums, accès à la santé primaire gratuite facilité…) mais les grandes réformes structurelles (notamment fiscale) n'ont pu voir le jour, et le cadre dominant reste totalement capitaliste et dominé par la même oligarchie. La déception est très grande et renforce l'extrême droite.

Luis Reygada : Une montée aussi favorisée par un contexte sécuritaire défavorable, avec une hausse de la criminalité ?

Franck Gaudichaud : Il est vrai que, en à peu près six ans, le Chili a vu multiplier par deux son taux de crimes les plus violents, avec une claire intensification de l'activité des groupes liés aux cartels de la drogue (comme le cartel vénézuélien nommé « El tren de Aragua »). Cette violence, parfois tristement spectaculaire, frappe beaucoup les couches populaires et moyennes. Toutefois, les chiffres montrent une légère amélioration depuis quelques mois, et nous sommes là face à un autre problème difficile à surmonter, aiguisé par la capacité des médias dominants à imposer dans le débat public les thématiques sécuritaires, sous un angle défavorable à la gauche.

Pour autant, la réponse de Boric au problème de la violence des cartels a aussi beaucoup déçu parmi les siens. La réforme du corps des carabiniers, responsable de graves violations des droits humains notamment en 2019, n'a jamais eu lieu. Boric avait toujours refusé de militariser la question de l'ordre public, c'est désormais chose faite, dans le cadre de la lutte contre la criminalité, mais aussi du conflit avec le peuple Mapuche, dans le Sud du pays. Il y a là un vrai problème de politique publique au sujet d'une thématique bien plus facile à gérer pour l'extrême droite, qui prône évidemment une militarisation à tout-va, appuyée sur un discours xénophobe et raciste.

Luis Reygada : Nous sommes bien loin du président « de gauche radicale » que la droite aime présenter ?

Franck Gaudichaud : Le président Boric s'est toujours montré disposé à dialoguer, voire à chercher à créer une certaine unité nationale, comme on a pu le voir lors de la commémoration des cinquante ans du coup d'État de 1973. Une stratégie peu payante quand on a affaire à une droite qui n'en veut pas, qui continue à revendiquer – au moins en partie – l'héritage de la dictature, qui s'oppose systématiquement à tout compromis et cherche, au contraire, à « hystériser » en permanence tout débat politique, en pointant par exemple du doigt l'aile gauche du gouvernement dans un pays où l'anticommunisme primaire reste présent. Le récent décès accidentel de l'ex-président Sebastian Piñera, l'un des responsables de la répression de la révolte de 2019, et la façon dont Boric a malgré tout mis en avant sa figure « républicaine », a aussi étonné ou même choqué une partie de sa base militante.

Dans les faits, le président Boric a multiplié les gestes symboliques qui ont montré une évolution de son positionnement idéologique, au point de revendiquer récemment l'héritage du président démocrate-chrétien Patricio Aylwin (1990-1994), figure majeure de l'époque de la transition dans les années 90.

Boric s'était pourtant construit politiquement en opposition à cette période historique. À ce jour, nous pouvons dire que son mandat s'inscrit plus dans une continuité de ce qu'a représenté l'époque de la transition et ses « consensus ». À cinquante ans du coup d'Etat, si l'on doit faire une comparaison, c'est plus à Michelle Bachelet que son administration pourrait ressembler plutôt qu'à celle du gouvernement de l'Unité populaire des années 1970.

Contre le coup d’État judiciaire à Porto Rico, laissez le peuple décider dans les urnes !

2 avril 2024, par Democracia Socialista de Puerto Rico — , ,
Jeudi dernier, le 21 mars, un tribunal de Porto Rico a disqualifié cinq candidatures nationales du Mouvement pour la victoire des citoyens, qui briguent toutes des postes de (…)

Jeudi dernier, le 21 mars, un tribunal de Porto Rico a disqualifié cinq candidatures nationales du Mouvement pour la victoire des citoyens, qui briguent toutes des postes de premier plan au sein du gouvernement et du corps législatif. Trois d'entre eux sont des députés en exercice de l'assemblée législative de Porto Rico. Toutes ces candidatures avaient été certifiées par la commission électorale de l'État de Porto Rico.

Inprecor 719 - avril 2024
26 mars 2024

Par Democracia Socialista de Puerto Rico

Cette démarche s'inscrit dans une stratégie globale visant à faire échouer Alianza País, une union de forces électorales progressistes qui a menacé la domination des partis néolibéraux qui ont gouverné au cours des six dernières décennies, à savoir le Parti démocratique populaire et le Nouveau parti progressiste.

Cette disqualification est l'attaque la plus récente et la plus forte d'un processus qui a inclus l'imposition d'un nouveau code électoral antidémocratique, l'illégalisation des alliances électorales et une campagne judiciaire contre l'un des députés sortants du Mouvement à la Chambre des représentants.

Ceux d'entre nous qui signent cette déclaration s'opposent à ce coup d'État judiciaire qui attaque les processus démocratiques à Porto Rico et qui s'inscrit dans le cadre des attaques des forces conservatrices contre les processus démocratiques dans la région. C'est le peuple portoricain lui-même qui doit élire ses représentants, et non la Cour. Pour ces raisons, nous nous joignons à la demande « Laissez le peuple décider dans les urnes » et exigeons que la disqualification de ces cinq candidats soit annulée.

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Des députés et des pairs signent une lettre demandant au gouvernement britannique d’interdire les ventes d’armes à Israël

2 avril 2024, par Patrick Wintour — , ,
Les ministres sont de plus en plus pressés d'agir, alors qu'Israël semble vouloir ignorer la résolution de l'ONU sur le cessez-le-feu 28 mars 2024 | tiré du journal The (…)

Les ministres sont de plus en plus pressés d'agir, alors qu'Israël semble vouloir ignorer la résolution de l'ONU sur le cessez-le-feu

28 mars 2024 | tiré du journal The Guardian
https://www.france-palestine.org/Des-deputes-et-des-pairs-signent-une-lettre-demandant-au-gouvernement

Les parlementaires font pression sur le gouvernement britannique pour qu'il interdise les ventes d'armes à Israël, alors que ce pays semble vouloir ignorer la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU adoptée cette semaine et appelant toutes les parties à s'engager en faveur d'un cessez-le-feu.

Une lettre signée par plus de 130 parlementaires et adressée au ministre des Affaires étrangères, David Cameron, souligne les mesures prises par d'autres pays, dont le plus récent est le Canada, qui a annoncé la semaine dernière qu'il mettrait fin à toutes ses exportations d'armes vers Israël.

Les ministres sont déjà confrontés aux appels du ministre fantôme des affaires étrangères, David Lammy, à publier l'avis juridique donné aux ministres sur la question de savoir s'il existe un risque sérieux qu'Israël viole le droit humanitaire international, ce qui déclencherait normalement une suspension des ventes d'armes au Royaume-Uni.

La lettre, coordonnée par la députée travailliste Zarah Sultana, a été signée par 107 députés et 27 pairs, dont l'ancien ministre travailliste du Moyen-Orient Peter Hain, le chef du parti national écossais à Westminster, Stephen Flynn, l'ancien ministre fantôme Jess Phillips, l'ancien leader travailliste Jeremy Corbyn et le pair conservateur Nosheena Mobarik.

Parmi les autres signataires figurent l'ancien secrétaire permanent du ministère des affaires étrangères, John Kerr, et l'ancienne ministre travailliste, Tessa Blackstone. Au total, 46 députés travaillistes ont soutenu l'appel, ainsi que la quasi-totalité du parti parlementaire SNP.

La lettre affirme que le statu quo en matière d'exportations d'armes britanniques vers Israël est "totalement inacceptable". Elle affirme que des armes fabriquées au Royaume-Uni sont utilisées à Gaza et rappelle qu'une récente enquête des Nations unies a révélé qu'un avion de chasse F-16 fabriqué à partir de pièces britanniques était probablement à l'origine du bombardement de médecins britanniques à Gaza.

Lors de deux précédentes escalades du conflit à Gaza, les gouvernements britanniques ont suspendu les ventes d'armes à Israël. "Aujourd'hui, l'ampleur des violences commises par l'armée israélienne est bien plus meurtrière, mais le gouvernement britannique n'a pas agi.

Cette lettre fait suite au vote surprise du Conseil de sécurité des Nations unies, lundi, en faveur d'une résolution exigeant un cessez-le-feu immédiat, une demande fermement rejetée par le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui a annulé la visite prévue d'une délégation israélienne à Washington en réponse à l'abstention des États-Unis sur la résolution. Les attaques sur Rafah se sont poursuivies.Les États-Unis ont déclaré que la résolution n'était pas contraignante, mais le Royaume-Uni ne partage pas cette interprétation.

M. Cameron a intensifié ses critiques à l'égard d'Israël ces dernières semaines, mais les ministres affirment qu'une décision sur les ventes d'armes est une décision juridique complexe qui tient compte d'une série de facteurs, notamment des efforts déployés par Israël pour minimiser les pertes civiles. Certaines des critiques du ministre des affaires étrangères ont suggéré implicitement qu'Israël, en tant que puissance occupante, ne respecte pas l'obligation qui lui incombe en vertu du droit international de fournir de la nourriture et de l'eau aux civils palestiniens.

Un nombre croissant d'organisations de défense des droits humains et d'organisations humanitaires ont également demandé la suspension des licences d'armement, notamment Oxfam, Save the Children, Christian Aid, Amnesty International et Islamic Relief.Mme Sultana a déclaré "Le gouvernement israélien semble ignorer la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur le cessez-le-feu, ce qui constitue une nouvelle violation du droit international et rend impossible d'ignorer la nécessité de mettre un terme aux ventes d'armes.

"Le gouvernement britannique doit enfin faire respecter les droits du peuple palestinien, tenir compte de l'appel de 130 parlementaires de tous bords et mettre immédiatement fin aux ventes d'armes à Israël.

Katie Fallon, responsable du plaidoyer à Campaign Against the Arms Trade (Campagne contre la vente d'armes), a déclaré que la réponse du gouvernement à l'interdiction des ventes d'armes "allait de l'obstruction des députés à la répétition de réponses dénuées de sens et, ce qui est le plus inquiétant, à des efforts considérables pour s'assurer que les conseils juridiques du ministère des Affaires étrangères n'admettent jamais définitivement qu'il existe un "risque clair" qu'Israël utilise ces exportations d'armes dans le cadre d'une violation grave du droit humanitaire international".

Par ailleurs, une demande de contrôle judiciaire a été déposée concernant la décision du Royaume-Uni de suspendre son financement à l'UNRWA, l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. Le recours a été lancé par le cabinet d'avocats Bindmans au nom d'un Britannique d'origine palestinienne, dans le but de protéger sa famille constituée de réfugiés enregistrés auprès de l'UNRWA.

Le recours juridique allègue que la décision de suspension a été prise de manière illogique et sans tenir compte des preuves, des obligations internationales ou des cadres décisionnels du ministère des Affaires étrangères.Le Royaume-Uni a suspendu son financement à la suite d'allégations selon lesquelles une douzaine de membres du personnel de l'UNRWA auraient participé à l'assaut sanglant contre Israël le 7 octobre.

Les ministres ont déclaré qu'ils attendaient deux rapports indépendants avant de prendre une décision sur le rétablissement du financement. De nombreux autres pays, dont l'Australie et le Canada, ont déjà rétabli leur financement.

Traduction : AFPS

Attaque terroriste à Moscou : Quand la réaction du gouvernement est plus effrayante que l’attaque terroriste elle-même

2 avril 2024, par Posle — , ,
Le 22 mars, l'un des pires attentats terroristes de l'histoire de la Russie moderne a été perpétré à l'hôtel de ville Crocus de Moscou : plusieurs hommes armés ont pris (…)

Le 22 mars, l'un des pires attentats terroristes de l'histoire de la Russie moderne a été perpétré à l'hôtel de ville Crocus de Moscou : plusieurs hommes armés ont pris d'assaut le bâtiment et ont tiré à bout portant sur une foule de civils. À 16 heures, le 23 mars, les autorités russes faisaient état de 133 morts et de plus de 100 blessés. Nous présentons nos condoléances à toutes les victimes et à leurs proches. Des civils innocents ne devraient pas devenir la cible de la violence politique.

Tiré de Inprecor 719 - avril 2024
27 mars 2024

Par Posle

Intérieur de l'amphithéâtre russe Crocus City Hall, au lendemain de l'attentat terroriste du 22 mars 2024. © Mosreg.ru, CC BY 4.0

Malgré de nombreuses spéculations sur l'implication de fondamentalistes islamiques, nous ne savons toujours pas avec certitude qui sont les auteurs de l'attentat, ni qui en est à l'origine. Toutefois, certaines conclusions peuvent d'ores et déjà être tirées. Tout d'abord, l'attaque terroriste a manifestement pris les autorités russes par surprise.

Récemment encore, Vladimir Poutine qualifiait de « provocation » les mises en garde des services de renseignement occidentaux contre d'éventuelles attaques terroristes dans les villes russes. Le contact direct entre les services de renseignement de la Russie et des pays occidentaux ayant été rompu, et les avertissements publics ayant été ignorés par les autorités russes pour des raisons clairement politiques (des informations sur l'imminence d'attaques terroristes ont été publiées peu avant l'élection présidentielle), le risque d'autres tragédies s'accroît. Les autorités russes attendent de leurs propres citoyens qu'ils paient le prix de la vision conspirationniste du monde du gouvernement et de sa méfiance à l'égard de tout service de renseignement étranger.

Deuxièmement, la capacité de l'État russe est à nouveau remise en question. Elle a été mise à rude épreuve pour la première fois il y a six mois, lors de la mutinerie de Prigozhin. Il s'est avéré que les services spéciaux les plus puissants, dans une ville truffée de caméras vidéo, ont été non seulement incapables d'empêcher ce crime odieux, mais qu'ils ont à peine réussi à en attraper les auteurs. Fait symptomatique, la veille de l'attentat, l'organisme russe de surveillance financière Rosfinmonitoring a ajouté l'inexistant « mouvement public international LGBT » à sa liste de « terroristes et d'extrémistes ». Lorsque la lutte contre des ennemis imaginaires prime, il est trop facile de négliger la véritable menace.

Troisièmement, l'État russe, comme toujours, tentera de tirer profit de cette situation, et c'est pourquoi la réaction de l'État peut être plus effrayante que l'attaque terroriste elle-même. Les députés de la Douma d'État, les Z-blogueurs pro-guerre et l'ancien président de la Russie Dmitri Medvedev demandent déjà la levée du moratoire sur la peine de mort pour les terroristes (que, rappelons-le, l'État russe qualifie également d'opposants pacifiques au régime, notamment Boris Kagarlitsky). Vladimir Poutine n'est pas pressé de reconnaître l'implication des islamistes dans l'attaque terroriste, mais il a déjà détecté une « trace ukrainienne ». Il ne fait aucun doute que l'attentat terroriste sera utilisé pour justifier de nouvelles mesures de répression, l'adoption de nouvelles lois répressives, l'escalade de la violence en Ukraine et, éventuellement, une nouvelle vague de mobilisation.

Cette attaque terroriste n'est pas la première du genre : on se souvient des attentats à la bombe contre des appartements en 1999 ou du siège de l'école de Beslan en 2004. Mais il y a une différence importante : le degré de violence sans précédent dans lequel la société russe a été plongée avec la guerre en Ukraine. Les médias ont déjà rapporté que l'auteur présumé de l'attaque terroriste s'était fait couper l'oreille par les forces de sécurité russes et qu'il avait été contraint de la manger. Les partisans de la droite, toutes tendances confondues, ont déjà commencé à utiliser une rhétorique anti-migrants et islamophobe dans le contexte de l'attaque terroriste. Le régime russe, qui a ouvert la boîte de Pandore d'une violence sans précédent en lançant une invasion totale de l'Ukraine, peut-il la maîtriser ? Étant donné l'incapacité des services de sécurité à prévenir l'attaque terroriste, il y a de fortes raisons d'en douter.

23 mars 2024

Source : Posle.media.

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France - Le récit de la peur de la dette sert la destruction de l’État social

2 avril 2024, par Romaric Godin — , ,
L'annonce d'un déficit public plus élevé que prévu a intensifié le discours lancé voici quelques semaines sur la menace de la dette. Ce récit a pour principale fonction de (…)

L'annonce d'un déficit public plus élevé que prévu a intensifié le discours lancé voici quelques semaines sur la menace de la dette. Ce récit a pour principale fonction de justifier l'austérité future en préservant les transferts vers le secteur privé.

Tiré de Europe Solidaire Sans Frontières
27 mars 2024

Par Romaric Godin

C'est une pièce de théâtre sans cesse rejouée dans le spectacle général de l'économie. À intervalles réguliers, un placard s'ouvre et un ministre des finances découvre avec horreur l'existence de titres de dettes qu'il a lui-même placés dans le meuble. S'ensuit une panique générale bien rodée où les portes claquent et où chacun vient crier à la faillite, appeler à la responsabilité, menacer d'une attaque des marchés financiers.

Chacun alors appelle à la baisse de la dépense publique et à l'austérité « pour sauver le pays ». D'ailleurs, voici un employé de bureau du ministère qui se présente avec une pile d'études économiques fort sérieuses montrant que l'austérité renforce « la croissance structurelle ». Contre les populismes, la raison commande de couper dans les dépenses.

La scène se poursuit par un régime d'austérité sévère qui concerne principalement les plus pauvres. La misère croît, le pays voit sa croissance structurelle s'effondrer, et la récession est assurée. Le final est assuré par le même ministre qui jure, la main sur le cœur, qu'on ne l'y prendra plus. Avant de retourner remplir le placard…

La France, en ces premiers mois de 2024, semble être entrée de plain-pied dans ce mauvais vaudeville rejoué cent fois, mais dont les conséquences concrètes sont considérables. Les discours alarmistes sur la dette se multiplient. Comme le souligne auprès de Mediapart Benjamin Lemoine, sociologue et auteur de l'ouvrage L'Ordre de la dette (La Découverte, 2022), « l'effet de surprise politico-médiatique est feint ».

Il rappelle que, « quand les taux d'intérêt étaient au plus bas, grâce à la capacité de la BCE à administrer le marché des emprunts d'État, le souci des pouvoirs publics était la disparition de la dette en tant que problème ». Une fois ce soutien levé, « il convenait de préparer l'opinion à ce qu'on entrevoit aujourd'hui et qui s'apparente à un retour de l'ordre de la dette ». C'est à cette préparation, notamment, que s'attelle Bruno Le Maire depuis plus de trois mois.

Le ministre des finances a en effet ouvert le fameux placard. Soudainement, la dette publique de la France, qu'il a allègrement contribué à creuser à coups de largesses pour le secteur privé, est devenue insoutenable. Et il y a urgence.

Dans son livre-programme titré La Voie française et publié la semaine dernière chez Flammarion, le ministre consacre un chapitre au nécessaire désendettement. Il tente fort maladroitement d'y donner les raisons de l'urgence de la réduction des dépenses. C'est une véritable caverne d'Ali Baba des arguments, allant de la hausse des taux (dont la fin s'annonce en juin prochain) au « déclassement de la France » (avec le recours à des anachronismes grossiers convoquant les trop dépensiers Saint Louis et Louis XIV) en passant par la reine des preuves : la baisse de la croissance.

Depuis que l'on sait que les prévisions de croissance du gouvernement pour 2024 étaient beaucoup trop élevées, la majorité macroniste recourt en permanence à cet argument résumé ainsi par le ministre graphomane dans son livre : « La croissance faible ralentit notre désendettement ; elle doit donc nous amener à trouver dans l'immédiat d'autres leviers pour réduire la dette. »

Le vaudeville se mue alors en un pastiche d'Ubu roi, car réduire les dépenses pour réduire la dette en période de croissance faible, c'est s'assurer d'affaiblir encore davantage la croissance et donc de rendre la dette encore plus difficile à rembourser. La leçon a été clairement montrée au cours de la décennie précédente par la crise de la zone euro.

Bruno Le Maire et les dirigeants d'aujourd'hui étaient alors déjà en vie et actifs. Ils devraient avoir retenu ce fait simple. Mais ils ont désormais une autre histoire à nous raconter, la même, précisément, qu'en 2010-2014, lorsque la croyance dans « l'austérité expansive » proclamée par Jean-Claude Trichet plongeait la zone euro dans une des récessions les plus longues de son histoire.

La réduction en panique de la dette a contribué à alourdir durablement le poids de la dette. Et l'empressement à réduire la dette publique dans la zone euro a-t-il pu améliorer ses capacités à investir dans l'avenir et à construire une économie plus solide et plus durable, comme annoncé ? C'est en fait l'inverse qui a eu lieu.

La Cour des comptes, metteuse en scène du drame de la dette

C'est pourtant ce même récit que l'on retrouve déployé dans l'espace public depuis trois mois. À cet égard, on ne saurait trop sous-estimer le rôle de la Cour des comptes dans la construction de cette narration.

Depuis plusieurs années, l'institution de la rue Cambon s'est muée en gardienne du temple de l'orthodoxie financière. Compte tenu de son indépendance théorique, elle est un point d'appui extrêmement pratique pour construire le récit de panique sur la dette. Elle y joue une partition extrêmement bien rodée pour justifier l'idée d'une dette insoutenable.

Comme son prédécesseur Didier Migaud, le premier président de cette institution, Pierre Moscovici, gestionnaire désastreux pendant son passage à Bercy de 2012 à 2014 (qui avait mené une politique « d'austérité expansive » pendant son mandat, portant la dette publique de 80 à 95 % du PIB), mobilise, lui aussi, les figures classiques de la peur et de la honte pour justifier une politique rapide de désendettement.

Il utilise ainsi la comparaison, éternel levier des politiques néolibérales. Dans un entretien à La Dépêche du 13 mars, le premier président de la Cour des comptes fustige « nos dépenses publiques les plus dégradées de la zone euro ». Puis, il reprend l'argument de l'avenir gâché. Le 12 mars, lors de la présentation du rapport de la Cour sur l'adaptation au dérèglement climatique, il prétendait ainsi que la situation « préoccupante » de nos finances publiques rendrait plus difficile la mobilisation des moyens pour faire face à la crise écologique.

Bref, tout est bon pour justifier la future austérité, même l'injustifiable. Car on voit mal comment on aurait trouvé 20 % du PIB pour faire face au Covid alors que la dette publique était à 100 % du PIB, mais pourquoi on ne parviendrait pas à trouver l'argent nécessaire à l'adaptation climatique avec une dette à 110 % du PIB…

Peurs et tremblements

Une fois posé ce cadre narratif, les médias entrent dans la danse, multipliant les sujets sur la dette, assurant, sondages à l'appui (comme celui publié par La Tribune Dimanche voici dix jours), que la « France a peur » du niveau de la dette et multipliant les titres et textes alarmistes, de la « cure de détox pour notre État drogué à la dette » du Point à la « France au bord du gouffre » de François Lenglet sur TF1.

L'annonce, ce 26 mars, du déficit public pour 2023 à 5,5 %, contre 4,8 % en 2022, est alors traitée comme un choc majeur. Rapidement, un mot s'est imposé à la une des chaînes et des sites d'information : « dérapage ». « Que va faire le gouvernement ? », s'interroge ainsi BFM, alors même que le ratio dette sur PIB a reculé de deux points l'an passé et qu'il n'existe aucune tension sur les marchés financiers.

Peu importe, il faut agir, et vite. Évidemment, Bruno Le Maire sur RTL et Pierre Moscovici sur France Inter viennent renforcer cette idée d'une urgence, reprenant les arguments déjà cités en en ajoutant un dernier : celui de la morale. Car si la dette de la France « dérape », c'est parce que les Français sont nonchalants, incapables de la nécessaire rigueur.

« Nous avons une culture nationale qui fait qu'après les crises, nous ne savons pas réduire assez vite notre dépendance à la dépense », expliquait Pierre Moscovici dans La Dépêche. D'ailleurs, les Français refusent de voir la « vérité » en face, et le premier président de la Cour des comptes demande un « discours de vérité ». Et pour couronner le tout, Bruno Le Maire, lui, affirme que les Français doivent comprendre que « ça ne peut plus être open bar » sur le remboursement des frais médicaux.

Derrière ces leçons de morale, l'idée est bien sûr de préparer les esprits à l'austérité « difficile, mais nécessaire » qui devra frapper ceux qui sont ciblés comme « profiteurs » de la dépense publique. Pour Benjamin Lemoine, « tout est appréhendé à l'aune de la dépense publique et l'on oublie mécaniquement ce qui a produit ce déficit : le discours anti-impôts et la façon dont l'État se fait providence pour le capital ». Une étude de l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires) a évalué à près de 200 milliards d'euros par an les aides diverses au secteur privé.

Pour détourner le regard de cette responsabilité, on concentre le problème sur la dépense sociale et les services publics. Ce seraient eux qui seraient responsables du creusement de la dette, et le récit sur la dette permet de justifier à la fois les futures coupes dans les services publics et les transferts sociaux. Ceux-ci ont d'ailleurs déjà commencé avec le coup de rabot de 10 milliards d'euros réalisé en urgence en février et avec les multiples réformes de l'assurance-chômage. Mais plus encore est à venir.

Un final de guerre sociale

Ce récit politique sur la dette, martelé à longueur de temps par le gouvernement, une partie de l'opposition (et désormais même le Rassemblement national) et les « experts », permet avant tout de justifier une politique de classe. On pourrait la résumer ainsi : l'épouvantail de la dette a pour fonction de démanteler ce qui reste de l'État social pour préserver les transferts vers le secteur privé et soutenir sa rentabilité face à une croissance stagnante.

Le spectacle des déplorations sur l'état de la dette publique semble donc venir régler un conflit interne au capital posé par les récents développements économiques sur le dos du monde du travail et des services publics. Benjamin Lemoine insiste sur la pression renaissante des créanciers et du secteur financier. « La qualité d'actifs sans risque n'étant plus explicitement garantie institutionnellement par les rachats de la BCE, il incombe aux gouvernements de rassurer les prêteurs », explique-t-il en résumant : « Si le revolver des maîtres chanteurs de la dette avait été désactivé par ces rachats, il est partiellement réarmé. » Il rappelle que le refinancement sans entraves sur le marché de la dette est « produit politiquement via les promesses de réformes aux investisseurs ».

Mais cette logique vient percuter la situation d'affaiblissement structurel de la croissance et le besoin permanent d'autres secteurs, notamment de l'industrie, de bénéficier de flux publics directs et indirects. Pour régler cette tension, et permettre de satisfaire tous les secteurs du capital, la solution est alors de faire peser l'ordre de la dette sur les dépenses sociales et les services publics. La proposition de hausse de la TVA de Bruno Le Maire pour régler le problème – déjà mise en place sous le quinquennat Hollande – s'inscrit également dans ce cadre de répression sociale.

« Le retour de l'ordre de la dette vient asseoir les inégalités de classes », résume Benjamin Lemoine, qui ajoute : « Il y a un cahier des charges social du maintien de la dette en tant qu'actif sans risques au service des financiers : les plus vulnérables, ceux qui dépendent des services publics, comme les organisations de la main gauche de l'État (santé, éducation, recherche, etc.) sont la variable d'ajustement automatique de cette logique perpétuellement recommencée. »

L'historien de l'économie états-unien Robert Brenner a, dans un article de la New Left Review de 2020, résumé de cette façon ce qu'il pense être un « nouveau régime d'accumulation » et qu'il appelle le « capitalisme politique » par cette formule simple : « la redistribution directe politiquement pilotée de richesse vers le haut pour soutenir des éléments centraux d'une classe capitaliste dominante partiellement transformée ». C'est cette logique qui semble pleinement fonctionner dans le cas français.

« Le maintien de l'ordre de la dette demande un dosage incessant entre le soutien au capital privé et une capacité à assurer sans chocs politiques le service de la dette, et depuis des années cette capacité repose entièrement sur le sacrifice de l'État social », souligne Benjamin Lemoine. Le problème est que cette logique, soutenue par le récit sur la dette, craque de toute part. Non seulement elle ne produit pas de croissance, mais elle affaiblit, par son coût social et environnemental, la capacité de remboursement de la dette. La guerre sociale alimentée par le récit sur la dette est une impasse. Derrière le vaudeville, il y a bien un récit mortifère.

Romaric Godin

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Bruxelles s’inquiète...

2 avril 2024, par Michel Rogalski — ,
Bruxelles s'inquiète parce que l'instrument favori des bourgeoisies européennes pourrait bien vite ne plus remplir le rôle que peu à peu il a été amené à jouer, à savoir celui (…)

Bruxelles s'inquiète parce que l'instrument favori des bourgeoisies européennes pourrait bien vite ne plus remplir le rôle que peu à peu il a été amené à jouer, à savoir celui de réducteur d'incertitude contrariant l'amplitude de l'oscillation du balancier politique dans les États membres.

Tiré de recherches internationales
Michel Rogalski
* économiste, cnrs ; directeur de la revue recherches internationales.

Au départ simple marché commun favorisant les grands groupes économiques et financiers l'Union européenne s'est vite transformée sous l'empilement de traités successifs, dont la portée était supérieure aux lois nationales, en gangue engluante interdisant toute mise en œuvre de politiques s'écartant du « cercle de la raison ». Les bourgeoisies européennes avaient trouvé là une nouvelle « Sainte alliance » de nature à les protéger de toute secousse politique à même de les menacer. Tout était verrouillé pour que les programmes progressistes et socialement avancés viennent se fracasser sur le mur de l'Europe remplaçant le « Mur d'argent » d'il y a un siècle. Les deux dernières présidentielles françaises ont révélé des questionnements sur la possibilité d'appliquer un programme dans le cadre d'une Union européenne hostile et capable de résister à des changements internes dans un quelconque État
membre. Chaque fois la question du rapport à l'Europe fut posée.

La mise en œuvre d'une véritable alternative de gauche porte en elle les germes d'un affrontement avec le carcan européen constitutionnalisé. Elle est lourde de désobéissances, de résistances, de confrontations, de renégociations. Faut-il plier ou désobéir ? Aucun programme politique de gauche ne sera crédible s'il n'explore pas
cette dimension.

Des précédents avaient de quoi faire réfléchir.

La construction européenne n'a jamais rimé avec démocratie. La campagne sur le Traité constitutionnel européen en 2005 avait déjà désilé les regards. Il ne fut tout simplement pas tenu compte du refus exprimé par référendum par le peuple français auquel on imposa par un vote du Congrès l'adoption du Traité de Lisbonne qui reprenait l'essentiel de ce qui avait été rejeté deux ans plus tôt.

L'enjeu était alors clair. Il s'agissait de constitutionnaliser, c'est-à-dire de graver dans le marbre l'ensemble des traités qui s'étaient empilés au cours de la construction européenne. C'est au refus de ce quitus qu'il convenait de s'attaquer. Quand dix années plus tard, la Grèce s'avise de refuser par référendum les mesures austéritaires proposées par la Troïka (la Banque centrale européenne, la Commission européenne, le FMI) il lui fut répondu par Jean-Claude Juncker, alors président de la Commission européenne, « qu'il ne pouvait y avoir de choix démocratique contre les traités européens déjà ratifiés » sans qu'aucun chef d'État ne s'en émeuve.

Tout ceci a contribué à une dépolitisation portée par l'illusion de la politique unique entraînant nombre d'électeurs dans la conviction que certes on pouvait changer de gouvernements mais pas des politiques menées. À cela s'ajoute la multiplication des affaires de corruption ayant touché lors de la dernière mandature nombre de députés européens. Sur ce terreau un nationalisme d'extrême droite s'est mis à prospérer à travers le continent et menace désormais les grands équilibres politiques de l'institution européenne. Les sondages prédisent une montée de ces forces permettant aux deux formations qui les représentent – l'ECR et l'ID – d'atteindre chacune une centaine de députés. Si ces deux groupes fusionnaient malgré leurs divergences quant au rapport à la Russie, principal point de discorde, ils formeraient le premier groupe du Parlement européen et pourraient ainsi peser sur la candidature au poste de Commissaire européen dont on connaît l'importance des attributions. Une autre hypothèse fréquemment évoquée envisage la fin de l'actuelle cogestion entre le groupe PPE et le groupe des sociaux-démocrates au profit d'une grande coalition des droites dans laquelle l'extrême droite prendrait une large place, réalisant ce qui s'est déjà produit dans 5 ou 6 États européens. Le débat reste ouvert de savoir pourquoi ce sont ces forces qui ont su labourer les travers de la construction européenne et non pas les forces progressistes.

Bruxelles devrait s'inquiéter car les deux piliers qui ont servi à vendre l'Union européenne ne font plus recette. Il y a longtemps que les discours sur l'Europe censée protéger de la mondialisation ou sur celle devant instiller une dimension sociale font sourire.

La construction européenne présente un cas particulier de la mondialisation. C'est un espace continental où ses formes ont été les plus accentuées et où les traités se sont empilés entraînant chaque fois des délégations de souveraineté : Acte unique, Traité de Maastricht, Pacte de stabilité, le tout repris et rassemblé dans le corset du Traité de Lisbonne et complétés et aggravés par ceux découlant des critères de la gestion de la monnaie unique allant jusqu'à faire obligation aux parlement nationaux à faire viser par la Commission européenne les projets de budgets de chaque pays.

La construction européenne est ainsi devenue le laboratoire de la mondialisation, sa forme la plus avancée et ne peut être considérée comme potentiellement lui être porteuse de résistance. Car elle en réunit tous les ingrédients : marché unique, libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des travailleurs dans un espace où les écarts de salaires s'échelonnent de 1 à 9 et où les normes sociales, fiscales et environnementales sont différentes. Dans un tel espace ce qui s'échange ce ne sont pas des marchandises mais les conditions contextuelles dans lesquelles elles sont produites. Il est vain alors de parler de concurrence libre et non faussée. Les dérives délétères de la mondialisation y ont été multipliées rendant problématiques les conditions de l'exercice de la souveraineté dans cet ensemble européen. On comprend ainsi pourquoi prétendre construire l'Europe pour s'opposer à la mondialisation qu'on n'a pas hésité à présenter comme « heureuse » relève de l'escroquerie et combien il est vain d'espérer que l'Europe sociale vendue dès 1986 par Martine Aubry puisse se réaliser. Il ne s'agissait guère d'autre chose que d'un contre-feu allumé pour sauver l'idée de construction européenne en panne à l'époque. Ce serait l'amplification des « concurrences » qui tirerait les droits sociaux vers le bas et aggraverait les écarts de développement et les nombreuses inégalités sociales et territoriales.

On comprend comment dans un tel contexte les projets d'élargissement de l'UE à 5-6 nouveaux pays membres inquiètent au moment même où l'Europe affiche sa division sur maints problèmes. À l'ancienne division Nord-Sud qui la travaillait vient s'ajouter une opposition Est-Ouest au moment où le couple franco-allemand affiche publiquement ses désaccords sur la conduite de l'assistance à l'Ukraine et où les pays européens se divisent à l'ONU sur le conflit israélo-palestinien. Si l'on ajoute à cela les approches souvent opposées sur le Pacte migratoire en voie d'adoption, la notion d'autonomie stratégique ou la lecture de l'atlantisme, l'élargissement risque de rimer avec ingouvernabilité ou avec dislocation. Conscient de ces obstacles le rapport rédigé par le député Jean-Louis Bourlanges sur les conditions de l'élargissement de l'Europe pose la question des conséquences institutionnelles, c'est-à-dire du mode de gouvernance. La formule d'une « union sans cesse plus étroite entre les peuples européens », reste son mantra.

Pour piloter cet élargissement, il propose « d'étendre le champ d'application du vote à la majorité qualifiée », saut supplémentaire vers une Europe fédérale.

L'Europe ne doit pas être perçue comme une mécanique d'où partiraient oukases et interdits mais bien au contraire comme une structure permissive à même d'accompagner les trajectoires singulières librement choisies de ses États membres. Faute d'une telle orientation l'Europe ne sera plus la solution mais le problème.

Bruxelles devrait s'inquiéter.

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En Europe, la colère paysanne explose dans sa diversité

2 avril 2024, par Roxanne Mitralias, Morgan Ody — , ,
Le début de l'année 2024 a vu des mobilisations agricoles inédites se mettre en place dans tous les pays européens [1]. Morgan Ody, coordinatrice générale de La Via Campesina (…)

Le début de l'année 2024 a vu des mobilisations agricoles inédites se mettre en place dans tous les pays européens [1]. Morgan Ody, coordinatrice générale de La Via Campesina décrypte la situation.

28 mars 2024 | tiré du site du cadtm par
https://www.cadtm.org/En-Europe-la-colere-paysanne-explose-dans-sa-diversite

Quelle est l'origine de la crise agricole européenne ?

C'est une colère qui vient de très loin. Il faut tout d'abord la raccrocher aux mobilisations agricoles qui ont eu lieu aux Pays-Bas en juin 2022. Ce pays a de gros soucis de nitrates dans le sol depuis des décennies. Le Conseil d'État a imposé de réduire les émissions d'azote. Le plan des autorités néerlandaises, avant d'être abandonné, a suscité une levée de boucliers extrêmement forte dans le monde agricole. Cette situation a profité à un parti agrarien d'extrême droite appelé « BBB », ou Mouvement citoyen-paysan qui est arrivé en tête des élections régionales. Le pays traverse encore une grande instabilité politique.

« La Commission européenne a soutenu l'agribusiness ukrainien contre les petits paysans européens et ukrainiens. Pour soutenir réellement le peuple ukrainien, il faudrait renforcer la capacité de ses petits producteurs à assurer la sécurité alimentaire du pays en priorité. » Morgan Ody

Dans l'État espagnol, en juillet dernier, il y a eu un mouvement agricole qui a émergé dans un contexte de baisse de productivité, de grande sécheresse et d'élections législatives. Mais là c'était une tout autre configuration : le gouvernement central est social-démocrate, les demandes sociales et le problème des importations ukrainiennes ont été mieux solutionnés. Une loi sur les chaines alimentaires a été mise en place qui interdit la vente en dessous du cout de production. Vox, le parti néo-franquiste qui gouverne avec la droite la région de Castille-et-León, a largement investi ces manifestations. La Coag [2], le syndicat membre de ECVC, suite à des débats intenses a décidé de rejoindre les manifestations paysannes et de mettre en avant la question du revenu. Leur présence a permis que l'extrême droite ne réussisse pas à récupérer le mouvement.

Enfin, en décembre 2023 l'Allemagne a été secouée par d'intenses manifestations paysannes. Le gouvernement de coalition entre libéraux, écologistes et sociaux-démocrates a initié des coupes budgétaires drastiques et a donc décidé de supprimer les exonérations fiscales sur le gasoil agricole. La base s'est mise en mouvement contre cette mesure brutale de manière assez spontanée, sans impulsion du Deutscher Bauernverband (DBV) le principal syndicat agricole allemand. L'extrême droite, composée de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) mais aussi de groupuscules néonazis, a essayé également d'infiltrer les barrages. Des pancartes « non au Green Deal, remigration » étaient affichées dans les manifestations. ABL, qui est le syndicat membre de ECVC, très ancré dans l'écologie et le bio, a décidé de participer aux manifestations et barrages. Iels y ont défendu que l'« agriculture est colorée, non brune », en diffusant des tracts et en proposant d'accompagner la réduction progressive de la consommation de carburant. Le syndicat a été bien reçu et a été assez efficace. Le 20 janvier une grande manifestation a été organisée à Berlin, avec la coalition Wir haben es satt [3], qui a regroupé 8 000 personnes, contre les nouveaux OGM et pour une meilleure rétribution du travail agricole.

Quels sont les principaux problèmes auxquels font face les agriculteur.ices européen.nes ?

L'agriculture est dans une situation de ciseaux, d'un côté les couts de production augmentent et de l'autre les prix baissent. Cela est dû aux choix libéraux qui ont été faits depuis 30 ans en matière de politiques agricoles avec l'entrée de l'agriculture dans l'OMC, l'abandon de la régulation de la Pac, la fin des quotas et des stocks. On peut aussi parler de l'ouverture des frontières européennes aux productions ukrainiennes, qui ne pouvaient plus passer par la mer noire, bloquées par la guerre. Les produits ukrainiens beaucoup moins chers ont envahi les pays de l'Est [4] et du Sud européen et ont généré une situation de dumping.

À cette situation s'ajoutent de nouvelles ambitions en matière de transition écologique et de lutte contre le dérèglement climatique. L'Union européenne a souhaité mettre en place le Green deal [5], un pacte vert en vue de réduire l'utilisation des émissions de carbone, de pesticides, promouvoir des systèmes alimentaires durables, augmenter les surfaces en bio, etc. Le Copa-Cogeca [6] s'y est tout de suite opposé alors que ECVC de son côté a salué les objectifs en déplorant le manque d'outils de mise en œuvre. La montée en gamme engendre forcément une augmentation des couts de production, et elle ne peut pas se faire dans le cadre du libre-échange. On a ainsi un pôle qui défend le business contre la transition, et un autre qui défend la sortie du libéralisme pour pouvoir mettre en place des politiques écologiques. À l'heure actuelle on a clairement perdu une bataille, même si un débat intéressant a émergé au niveau européen.

L'agriculture européenne est dans une impasse : ceux et celles qui souhaitent continuer à vendre à l'international en produisant toujours plus ne peuvent pas intégrer dans leur logiciel la crise écologique et climatique. Le capitalisme n'arrive pas à prendre en considération le changement climatique, d'où l'attrait du climatoscepticisme. L'extrême droite se nourri de ça. Ceux et celles qui ne veulent pas regarder la situation en face plongent dans le déni et adoptent des arguments non rationnels et autoritaires. L'enjeu est pour nous de faire comprendre le cul-de-sac dans lequel se trouve l'agriculture productiviste, contre l'extrême droite et proposer des politiques publiques de sortie du libéralisme, de soutien du revenu, et en faveur de la transition. ECVC en interne n'a aucun problème pour défendre ça, les positions sont très partagées au sein de notre mouvement européen. Nous avons d'ailleurs réussi à organiser une grande manifestation européenne le 1er février à Bruxelles, chose que le Copa-Cogeca n'est pas capable de faire. Il y a trop de divergences en interne, entre les pays du Sud européen qui subissent le dérèglement du climat, les pays de l'Est qui doivent faire face aux importations ukrainiennes et ceux du Nord qui ne sont plus compétitifs à l'international. Leur seul dénominateur commun, défendu par les chefs, est l'anti « normes environnementales ». Mais j'ai le sentiment que ce que défendent les dirigeants, une poignée d'agrimanagers, dont Arnaud Rousseau est le symbole, ne correspond pas aux aspirations de la base, qui veut de la régulation. Ce sont les volontés des grands céréaliers et viticulteurs qui ont été satisfaites.

L'Union européenne comptait 9,1 millions de fermes en 2020, dont près d'un tiers en Roumanie (32 %). La surface agricole recouvrait plus de 38 % du territoire européen. La taille moyenne d'une exploitation agricole dans l'UE était de 17,1 hectares, même si 64 % des exploitations agricoles avaient une taille inférieure à 5 hectares. L'Union européenne est l'une des plus grandes puissances agricoles mondiales. En 2023, la production agricole du continent a représenté environ 552 milliards d'euros, selon la Commission européenne. L'État y contribuant le plus est la France (plus de 17 % du total de l'UE), suivie de l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas, la Pologne et la Roumanie. Ensemble, ces sept États membres représentent plus des trois quarts de la production agricole totale de l'UE. Le revenu moyen des agriculteurs européens était de 28 800 euros en 2021. Un chiffre en augmentation de 56 % par rapport à 2013. Les inégalités sont fortes d'un bout à l'autre du continent. Les agriculteur.ices du nord-ouest de l'UE (Suède, Danemark, Pays-Bas, nord de l'Allemagne, nord de la France) affichent les revenus les plus élevés, là où la Roumanie, la Slovénie, la Croatie ou encore la Pologne enregistrent les plus faibles revenus de l'UE. (source : https://www.touteleurope.eu/)

Quelles réponses donnent les politiques ?

Les réponses des instances nationales et européennes vont à l'encontre de la transition agroécologique [7]. Ils reviennent par exemple sur des aspects négociés dans la Pac, comme la mesure « jachère » ou le plan Ecophyto. On a le sentiment que le « roi est nu », que les dirigeants nationaux et européens arrêtent de faire semblant de vouloir protéger l'environnement et la santé.

Lors des réformes de la Pac de 2015 et 2023, nous avons demandé plus de régulation et des aides par actif et non liées aux surfaces. Nos demandes n'ont pas été entendues, en revanche une directive dite Unfair trade practices a été adoptée en 2017. Bien trop faible, elle a malgré tout ouvert le chemin des lois Egalim en France et de la chaine alimentaire en Espagne. Dans cette directive, il manque l'interdiction de la vente à perte et pas la transparence. Il est question actuellement de renforcer cette loi européenne, ce qui va dans le sens du « Egalim européen » du président français, mais correspond également aux demandes de la Belgique ou de l'Espagne. Si cette initiative peut permettre de régler la question du prix payé aux paysans au niveau national, elle reste insuffisante pour gérer le problème des importations et donc des Accords de libre-échange.

Y a-t-il quelque chose de commun dans les colères paysannes européennes ?

Les paysan.nes européen.nes sont les victimes d'une même crise environnementale et économique, iels partagent le besoin d'un revenu digne. La transition est une obligation, mais elle est impossible dans le système actuel. La seule réponse pragmatique est la régulation et la sortie du libre-échange, à l'inverse du populisme qui n'en est pas une. Les travailleur.euses de la terre sont largement soutenu.es par les populations [8], perçues comme essentiel.les. Iels partagent le sort des premier.es de cordée, ce qui se reflète dans les alliances fortes tissées avec le mouvement social salarié et écologiste. Je pense que ECVC et les organisations membres sortent renforcées de cette première bataille, bien que peu de revendications ont été entendues.

Propos recueillis par Roxanne Mitralias

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Source : Campagnes solidaires, revue de la Confédération paysanne

Notes
[1] France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Italie, Espagne, Grèce, Irlande, Suisse, Pologne, Roumanie et Bulgarie sont concernés

[2] https://www.coag.org/

[3] Nous en avons marre !

[4] https://urlz.fr/mivI

[5] D'intenses mobilisations ont eu lieu en Roumanie, Pologne, Bulgarie et la Grèce, en partie liées à cette situation.

[6] Le COPA (Comité des organisations professionnelles agricoles de l'Union européenne), et la COGECA (Confédération générale des coopératives agricoles) regroupent certaines organisations syndicales et professionnelles agricoles et coopératives, dont la FNSEA. https://copa-cogeca.eu/

[7] Ursula von der Leyen, a annoncé le retrait d'un texte qui prévoyait la mise en place de mesures pour réduire de moitié, d'ici à 2030, l'utilisation et les risques des produits phytosanitaires chimiques dans l'Union européenne par rapport à la période 2015-2017.

[8] Un sondage réalisé le 23 janvier chiffre le niveau de soutien au mouvement actuel en France à 82%, soit 10 points de plus que les gilets jaunes au début de leur mobilisation

Référendums en Irlande : un sacré raté

2 avril 2024, par Ingrid Hayes — , ,
Le résultat inattendu des référendums du 8 mars en Irlande est une déception et renvoie l'image d'une Irlande retournée à son atavisme traditionnel. Les amendements proposés, (…)

Le résultat inattendu des référendums du 8 mars en Irlande est une déception et renvoie l'image d'une Irlande retournée à son atavisme traditionnel. Les amendements proposés, qui allégeaient la conception réactionnaire de la famille et de la place des femmes en son sein telle qu'elle est gravée dans la constitution, ont été rejetés à 67 et 73% des voix, avec une participation de 44%. Jamais un vote référendaire n'avait été aussi largement perdu, alors même qu'aucun parti d'importance n'appelait à voter non.

18 mars 2024 | tiré de la Gauche écosocialiste
https://gauche-ecosocialiste.org/referendums-en-irlande-un-sacre-rate/

Particulièrement rétrograde, adoptée en 1937, la constitution irlandaise fut l'œuvre du président De Valera et répondait à deux objectifs. Il s'agissait avant tout d'en finir avec les liens organiques qui demeuraient avec la couronne britannique suite au compromis passé avec la Grande Bretagne lors de l'indépendance en 1922. L'autre dimension fut le renforcement de l'influence de l'Eglise catholique (garantie de la liberté religieuse mais place centrale de « l'Eglise romaine et apostolique gardienne de la foi professée par la grande majorité des citoyens ») et d'une idéologie familialiste particulièrement réactionnaire.

Le texte a déjà été amendé par référendum pour autoriser le divorce (en 1995, dernier pays d'Europe), le mariage pour toutes et tous (2015, premier pays au monde à l'autoriser par référendum) et l'avortement (en 2018). Les résultats des derniers référendums ont démontré la profonde transformation de la société irlandaise et une sécularisation tardive mais rapide. Ils ont aussi induit l'idée que les deux consultations de 2024 seraient remportées sans difficulté. Que s'est-il donc passé ?

Il convient de rappeler qu'en Irlande, des « assemblées citoyennes » composées aux deux tiers de citoyen.nes tiré.es au sort selon un principe de représentativité, ont préparé les différentes modifications constitutionnelles depuis 2014. C'est une innovation inspirée des expériences de démocratie délibérative qui ont été tentées auparavant en Islande ou au Canada. Elle fut lancée au départ par des activistes avant d'être institutionnalisée par l'Etat. Les deux articles qu'il était question d'amender, définissant le rôle des femmes et celui de la famille, soulevaient, outre la dimension strictement féministe, des enjeux liés aux transformations de la famille elle-même mais aussi à la politique sociale mise en œuvre par l'Etat en sa direction. A cet égard, l'assemblée citoyenne avait fait des préconisations que le gouvernement (formé par l'alliance des deux principaux partis historiques, l'un de droite l'autre du centre droit qui ont exercé le pouvoir en alternance depuis l'indépendance) a choisi d'ignorer.

De même, les formulations choisies sont restées trop floues, rendant les changements insuffisamment tranchants et relativisant leur nécessité.

Il s'agissait d'abord d'élargir la notion de la famille, qui ne serait plus forcément basée sur le mariage mais éventuellement sur « d'autres relations durables », tout en maintenant juste en dessous la défense de l'institution du mariage.

Il s'agissait ensuite de retirer les passages concernant le rôle des femmes au domicile familial (l'article de la constitution non amendé précise entre autres que l'Etat doit faire en sorte que « la femme » ne soit pas contrainte de travailler à l'extérieur du domicile pour des raisons économiques), et d'insérer un nouvel article reconnaissant les soins en direction de la famille (« family care »,) qui seraient désormais considérés comme assurés par « les membres de la famille » et pas seulement les femmes. En dessous du minimum syndical, pourrait-on dire.

Si les courants les plus réactionnaires se sont évidemment mobilisés en faveur d‘une vision ultra rétrograde de la famille et de la place des femmes en son sein, le débat a finalement en grande partie porté sur l'incapacité de l'Etat à fournir une protection sociale et son choix de la déléguer aux familles, qu'il s'agisse des enfants, des personnes âgées ou des personnes porteuses de handicap. Ces dernières ont été au cœur de la campagne, leurs associations de défense militant pour le non, dénonçant ce qui apparaissait comme une volonté de dégager l'Etat de toute politique en termes de prise en charge et d'accès aux droits, en comptant strictement sur les familles pour ce faire. Le premier ministre, Leo Varadkar, l'a d'ailleurs assumé dans une interview avant de tenter en vain de se rattraper aux branches. Dans un pays où l'Etat social est à peu près inexistant et où les politiques mises en œuvre continuent à entraver le travail salarié des femmes, le tout sur fond de crise aigue du logement, la question est évidemment sensible et explique le décalage entre les deux résultats.

Les partis du gouvernement ont au final fort peu fait campagne mais ont associé leur très grande impopularité au camp du oui. De l'autre côté de l'échiquier politique, une certaine confusion régnait. Les sphères militantes, le mouvement social, étaient divisés sur la marche à suivre. S'agissant des toutes petites forces de la gauche radicale, People before profit a appelé à voter oui du bout des lèvres et le Socialist Party a finalement appelé à voter non en évoquant la question du désinvestissement assumé de l'Etat. Le Sinn Fein, principal parti de gauche, a appelé à voter oui sur l'idée qu'il valait mieux ces amendements que la version initiale des articles, mais sans grande conviction. Il avait promis, si le non était majoritaire, d'appeler à de nouveaux référendums s'il arrivait au gouvernement. Devant l'ampleur du camouflet, il a dit l'exact inverse au lendemain des scrutins.

Il faudra bien pourtant finir le travail de sape entamé dans les années 1980 contre le texte constitutionnel, en menant une campagne claire au nom de l'égalité des droits. Si les vents mauvais soufflent aussi au-delà de la mer d'Irlande, il serait trop simple de renoncer en concluant que la population irlandaise est durablement retournée dans le giron catholique.

Ingrid Hayes

Ukraine : Bilkis, un féminisme de terrain

2 avril 2024, par Bilkis, groupe féministe — , ,
Bilkis a été fondée il y a 4 ans à Kharkiv, puis avec la guerre, a déménagé à Lviv. Depuis le 24 février 2022, « Bilkis a modifié son registre d'activités pour répondre aux (…)

Bilkis a été fondée il y a 4 ans à Kharkiv, puis avec la guerre, a déménagé à Lviv. Depuis le 24 février 2022, « Bilkis a modifié son registre d'activités pour répondre aux besoins de la population ukrainienne. L'essentiel pour les Ukrainiens qui ont tout perdu était de leur fournir un abri, de la nourriture et des médicaments », expliquent les féministes.

Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/04/01/ukraine-bilkis-un-feminisme-de-terrain/

Durant les quatre premiers mois de la guerre, « nous avons envoyé des colis vers l'est et le centre de l'Ukraine. Le plus souvent, c'était vers Dnipro et Kropyvnytsky, car c'est là que de nombreuses personnes des régions de Donetsk et de Louhansk ont été évacuées » précisent ses membres. Aujourd'hui, à Lviv, elles ont ouvert un « Espace des choses », « un espace où l'on peut laisser les objets et où on peut certainement les emporter ». Mais Bilkis n'oublie pas son identité féministe. Parmi de nombreuses campagnes qu'elles organisent, il y a eu en décembre 2022, celle contre une marque d'alcool, qui affichait une femme nue sur ses bouteilles. Les militantes se sont postées devant la boutique de la marque à Lviv, pendant 3 samedis après-midi, brandissant des pancartes dénonçant « Arrêtez de sexualiser les femmes », « Le corps féminin n'est pas une publicité ». Le groupe fasciste ukrainien Katarsis, venu sur les lieux, les a alors menacés physiquement. Depuis plusieurs mois les féministes de Lviv organisent également des distributions de repas chauds, « Hodivnichka », une cantine populaire tous les dimanches matin. Aujourd'hui, elles répondent à nos questions pour dresser un premier bilan de deux années d'activités sur le terrain.
Patrick Le Tréhondat

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En mai et juin 2022, j'ai vu que vous organisiez les randonnées cyclistes de votre groupe autour de Lviv. Pourquoi était-ce important pour vous de faire ces randonnées ? Est-ce que vous continuez à en faire ?

Dans notre équipe, il y a Ivanka qui est une cycliste expérimentée et qui fait du vélo tout le temps, en toutes saisons. Ivanka a lancé des randonnées de courte distance pour les femmes de l'équipe Bilkis. Notre club de cyclisme féminin était ouvert à toutes les filles, quel que soit leur niveau d'expérience. Ce soutien de la communauté cycliste était une bonne occasion de commencer à explorer le monde du cyclisme. Nos randonnées avaient pour but de gagner en confiance sur la route, de surmonter les peurs, telles que la peur de la chaussée, de partir à l'aventure et d'avoir un sentiment de sororité. Les randonnées ont été l'occasion de rencontrer des personnes partageant les mêmes idées, de trouver une compagne de route et même des amies. Le Femvelloclub n'est pas une compétition ou une course de performance. Il s'agit de réunir des cyclistes de tous niveaux : des professionnelles aux débutantes. Pour certaines, il s'agissait de leurs premiers 20 kilomètres, et pour d'autres, c'était loin d'être leurs premiers. L'important, c'est que nous avons tous parcouru nos distances ensemble !

Nous avons aussi fait une fois de la randonnée en montagne avec des tentes.

Aujourd'hui, Ivanka n'a pas assez de ressources pour animer le Femveloclub de manière permanente, car la coordination d'un tel projet nécessite beaucoup d'attention et une préparation minutieuse, mais de temps en temps, dans un format spontané, il y a toujours un désir de rouler ensemble.

6 millions d'Ukrainiens ont dû quitter l'Ukraine, 6 millions sont des personnes déplacées à l'intérieur du pays. De nombreux membres de Bilkis appartiennent à cette deuxième catégorie. Après deux ans de guerre à grande échelle, pensez-vous que vous rentrerez un jour chez vous ? Comment le vivez-vous ?

Ivanka : Je suis originaire du Donbass, d'une petite ville appelée Roubijne, dans la région de Louhansk. Cela fait deux ans que je vis ici et, pour être tout à fait honnête, je suis encore en train de m'adapter : à un nouvel environnement, à une nouvelle routine, à une nouvelle vie, à la recherche constante de nouveaux liens et de nouveaux endroits préférés. Le déménagement et l'adaptation se sont imposés dans ma vie à cause de l'attaque russe, et je ne peux pas considérer cela comme une aventure ou un voyage. Je ne sais pas si je retournerai à Roubijne ou si je resterai à Lviv. La guerre totale dans mon pays dure depuis deux ans, alors comment puis-je faire des rêves dans cette situation ? Bien sûr, j'ai un rêve : la victoire et le retour à la maison. Ma région est maintenant occupée et j'ai vu des photos de mon appartement détruit. J'envisage la possibilité de rester à Lviv pendant longtemps, et je continuerai donc à me développer ici. Où que la vie me jette, je veux juste avoir la force de faire ce que je veux, de vivre et d'aider notre armée. Aujourd'hui, je suis incroyablement heureuse d'avoir la possibilité d'être sur mon propre territoire. Oui, je ne suis pas chez moi, mais je suis en Ukraine. Cela me donne beaucoup de force, même si je suis toujours déprimée et que je vis le traumatisme de la perte de ma maison, mais je construis des piliers intérieurs solides qui me soutiennent en ces temps de prédation.

Vous avez ouvert l'Espace des choses août 2022 où l'on peut donner des choses (vêtements, livres, etc.) et en prendre selon ses besoins. Tout est gratuit. Avec le succès de l'Espace des choses, vous ouvrez un jour pour déposer des objets et un jour pour les récupérer. Pouvez-vous nous dire qui dépose et qui récupère ? Que disent les gens de l'Espace des choses ?

Notre projet l'Espace des choses fonctionne avec succès depuis un an et demi. Il s'est avéré que de nombreuses personnes peuvent et veulent donner leurs objets à d'autres. Cependant, nous ne pouvons pas gérer la quantité de choses que les gens nous donnent (ou veulent nous donner). C'est pourquoi nous avons mis en place un calendrier d'acceptation des objets. Nous accueillons généralement des objets toutes les deux semaines, mais parfois moins souvent. En avril, nous ne prendrons plus d'objets, mais nous les donnerons, car nous en avons beaucoup maintenant.

Plus de 90% de nos visiteur·seuses sont des femmes. Il y a aussi des hommes, mais beaucoup moins souvent. Bien que nous destinions ce lieu exclusivement aux femmes, nous accueillons tout le monde. Nous pensons que c'est parce que, premièrement, notre public cible en tant qu'organisation féministe est constitué de femmes. Deuxièmement, les femmes sont plus souvent engagées dans le travail reproductif et, par conséquent, elles recherchent ici les affaires de leurs enfants, font le ménage chez elles et trouvent ainsi des choses utiles.

Comme nous pouvons l'estimer, le noyau principal de nos visiteurs est constitué de jeunes filles et de femmes qui prennent et apportent souvent des objets, ainsi que de femmes plus âgées qui font partie de groupes vulnérables (personnes déplacées, personnes à faible revenu, sans-abri).

Jusqu'à présent, nous n'avons reçu que des commentaires positifs sur notre lieu, car nous essayons de fournir un service de qualité et de maintenir un environnement agréable. Les gens disent que ce projet est utile, qu'il les aide. En outre, ils nous demandent souvent d'ouvrir d'autres lieux à Lviv et dans d'autres villes d'Ukraine. Mais nous ne pouvons nous contenter que d'un seul centre. Il y a également des commentaires selon lesquels les gens utiliseraient nos services de manière malhonnête – revendre des choses, nous avons nous-mêmes eu de tels soupçons à plusieurs reprises concernant des personnes spécifiques. Cependant, nous ne pouvons pas empêcher ces personnes de se comporter de manière inappropriée. Et malgré ces cas très rares, la plupart des gens comprennent la signification et les règles de notre Espace et les respectent (c'est-à-dire qu'ils utilisent les choses sans but commercial).

Pouvez-vous nous parler de la pauvreté à Lviv ?

La pauvreté a déjà été un problème aigu en Ukraine par le passé. Cependant, en raison de la guerre et de la détérioration de la situation économique dans le pays, le problème de la pauvreté est devenu encore plus aigu à Lviv, ainsi que dans d'autres villes. La pauvreté après des événements tels que la guerre augmente en raison de divers facteurs tels que la destruction de l'infrastructure, la perte d'emplois, la réduction de l'activité économique, et d'autres. Les gens perdent leurs maisons, leurs moyens de subsistance et l'accès aux services de base, ce qui exacerbe le problème de la pauvreté dans tout le pays. En outre, depuis 2022, la population de Lviv a augmenté car les gens fuient vers l'ouest, loin de l'horreur de la guerre. Notre initiative apporte régulièrement de l'aide aux personnes en situation difficile en leur donnant de la nourriture. Ce n'est qu'un moyen parmi d'autres de lutter contre la pauvreté dans notre ville, mais c'est un moyen important, car la nourriture est un besoin fondamental pour tout le monde.

Pourriez-vous également nous dire qui vient à ces distributions ?

Différentes personnes s'adressent à nous pour la distribution de nourriture. Bien sûr, il s'agit toujours de personnes qui se trouvent en dessous du seuil de pauvreté, mais leur apparence est très différente. Certaines personnes ont l'air d'être des sans-abri, d'autres sont habillées « correctement » et nous n'aurions jamais pensé qu'elles avaient un problème d'accès à la nourriture si nous les avions vues dans un parc ou dans un bus. Nous parlons souvent aux personnes qui viennent nous voir, et leurs histoires ne laissent aucun doute sur leur honnêteté. Cela nous fait toujours penser que la pauvreté est un problème bien plus important qu'il n'y paraît à première vue. Nous nourrissons tout le monde, sans distinction d'âge, de sexe, de genre, etc., mais nos bénéficiaires sont le plus souvent des personnes âgées de 28 à 30 ans, originaires de tout le pays. Les femmes et les hommes viennent à la distribution dans des proportions à peu près égales.

Comment les gens réagissent-ils à cette initiative ?

Si vous interrogez les personnes qui viennent à la distribution, elles sont submergées de gratitude. Il semble parfois que nos distributions constituent une sorte de mini-vacances dans la vie de nos nécessiteux de chaque dimanche. Nous aimons recevoir leurs commentaires et nous entendons souvent un « merci » de chaque personne qui vient chercher de la nourriture, mais le plus souvent, nous recevons beaucoup plus de reconnaissance et de bénédictions. Souvent, les personnes dans le besoin sont surprises de constater qu'il ne s'agit pas seulement de nourriture, mais d'une nourriture délicieuse sans produits d'origine animale. La plupart des personnes qui viennent aux distributions connaissent une vie et une situation difficiles. Nous connaissons déjà un peu mieux certaines d'entre elles, et nous sommes même devenus amies avec certaines d'entre elles. Nous ne voulons pas être techniques dans notre approche de la distribution alimentaire, nous continuons à communiquer avec elles, nos repas sont justes un instrument d'attention, de soutien et de solidarité. C'est une approche très importante pour créer un projet social.

Quant à la question des personnes qui nous voient de l'extérieur lorsque nous distribuons de la nourriture, pour être honnête, nous n'y prêtons même pas attention parce que nous sommes occupés par le processus. Lorsque nous livrons de la nourriture en taxi, les chauffeurs nous demandent parfois ce que nous transportons dans de si grands conteneurs, et lorsqu'ils le découvrent, ils nous félicitent. En général, tous ceux qui connaissent notre « mangeoire », nous font des commentaires positifs. C'est agréable à entendre et cela nous encourage à continuer.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Aujourd'hui, nous n'avons pratiquement plus de difficultés. Il s'agit d'une petite initiative dans laquelle tous les participant·es sont interchangeables et si quelqu'un·e tombe malade ou quitte la ville, ce n'est pas la fin du monde. Il y a un an, lorsque nous avons commencé, le processus de cuisson était nouveau et peu maîtrisée. Nous nous sommes trompés dans le calcul de la quantité à cuire. Nous ne savions pas comment apporter la nourriture chaude et la distribuer pour que tout le monde en ait assez. Il nous a fallu beaucoup de temps et d'efforts pour comprendre comment cuisiner plusieurs dizaines de portions à la fois. Avec l'expérience, nous avons amélioré tous les processus et élaboré un menu. Aujourd'hui, il s'agit simplement d'un certain « algorithme ».

L'été dernier, nous avons eu des difficultés avec le public. L'ancien lieu de distribution se trouvait dans un quartier résidentiel, où nous avions apporté une table pliante. Après avoir mangé, les gens allaient aux toilettes dans les buissons, faisaient la queue tôt et faisaient du bruit sous les fenêtres. Cela gênait les habitants de l'immeuble, et nous entendions constamment des plaintes et des menaces. Maintenant, nous faisions la distribution à côté de l'église, où il y a un accès aux toilettes, et les gens se comportent un peu plus poliment à côté d'un bâtiment religieux. Bien que nous n'ayons rien à voir avec l'église. Nous sommes simplement situés à proximité. La seule difficulté est maintenant de trouver un financement pour ce projet.

29 mars 2024

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