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Crise agricole en Allemagne. À quand pour le Québec ?

26 mars 2024, par Maxime Laplante — , ,
Les colonnes de tracteurs sur les routes allemandes ont fait les manchettes, mais la situation s'avère similaire dans d'autres pays européens. Même si l'élément déclencheur fut (…)

Les colonnes de tracteurs sur les routes allemandes ont fait les manchettes, mais la situation s'avère similaire dans d'autres pays européens. Même si l'élément déclencheur fut le retrait du rabais sur le diesel agricole, on comprend qu'il s'agit de la pointe de l'iceberg des problèmes que vivent les agriculteurs et agricultrices d'Europe. Outre la taxe sur le diesel, la concurrence étrangère et la pression à la baisse sur les prix obtenus, l'augmentation des charges concernant l'assurance-accident ainsi que la protection des écosystèmes ont motivé les agriculteurs à l'occupation des routes.

18 mars 2024 | tiré de la lettre de l'Iris | Photo : conceptphoto.info (Flickr)

Les problèmes semblent donc multiples. Selon Renate Künast, ex-ministre de l'Agriculture en Allemagne, 94% des citoyen·ne·s réclament une amélioration du bien-être animal, 87% sont en faveur d'une agriculture plus écologique, 86% des consommateurs et des consommatrices désirent un meilleur étiquetage des produits animaux et 84% plaident pour une augmentation du revenu des agriculteurs et agricultrices. Donc plus d'exigences envers les fermiers.

Pour l'instant, le parlement allemand s'est prononcé contre l'allègement de la taxe sur le diesel, mais se dit à la recherche de solutions pour assurer le futur des producteurs et productrices agricoles. Le ministre actuel de l'Agriculture, M. Özdemir, souhaite une taxe sur les aliments d'origine animale pour financer la conversion des étables et ainsi les adapter aux nouvelles normes de bien-être animal. Dans l'opposition, le SPD aimerait fixer les prix payés à la ferme pour le lait et contrer la montée de la valeur des terres agricoles qui entrave la relève.

En somme, des problèmes très semblables à ce que vivent les fermes du Québec : dépenses en augmentation, normes environnementales plus exigeantes et coûteuses, augmentation de la valeur des terres, de l'endettement, plus de paperasse due à la bureaucratisation du secteur. Pendant ce temps, entre 2014 et 2019, le prix de l'alimentation, incluant les ventes au détail et en restaurant au Québec, a augmenté de 11% pour les consommateurs et les consommatrices, tandis que le prix moyen payé aux producteurs est demeuré sensiblement le même avec 1,1% d'augmentation, révèle Statistique Canada.

Le président actuel de l'Union des producteurs agricoles (UPA), M. Martin Caron, a d'ailleurs annoncé son intention de mobiliser les troupes pour une démarche de protestation. En argument, il présentait à la presse une prévision de l'effondrement du revenu net agricole au Québec pour l'année 2024. Dans la même foulée, l'UPA réclame plus de soutien de la part de l'État québécois.

Mais autant du côté allemand que québécois, beaucoup sont d'avis que la solution ne réside pas nécessairement dans le soutien gouvernemental, mais plutôt dans une amélioration des prix payés pour les denrées agricoles. Être entrepreneur plutôt que dépendant de subventions. Du côté allemand, l'organisation syndicale de la paysannerie, l'AbL (Arbeitsgemeinschaft bäuerlicher Landwirtschaft) plaide pour un programme en six volets, incluant des prix plus justes pour le lait, une taxe foncière pour les détenteurs de grandes superficies de terres à l'achat de nouvelles surfaces, une compensation pour la modernisation des étables, une meilleure répartition du soutien de la politique agricole commune (PAC) pour aider les petites entreprises et un plus grand contrôle des OGM.

On remarque également une certaine nostalgie face à la disparition des quotas laitiers, en vigueur en Europe il y a quelques décennies. Or, le Québec conserve toujours ses quotas et sa gestion de l'offre, dont l'objectif est de stabiliser les prix en fonction des coûts de production et d'ainsi sécuriser le revenu agricole. Cependant, depuis un demi-siècle, le discours de l'UPA est le même : réclamer encore plus de subventions, sans adapter un système peu approprié à la situation actuelle.

Pourtant, l'UPA possède tous les outils pour changer la donne et améliorer la situation des fermes. En effet, en contrôlant les plans conjoints en situation de monopole, elle pourrait améliorer les prix payés pour les denrées agricoles auprès des agriculteurs. L'UPA dispose également d'une influence démesurée sur les organismes publics, comme la Régie des marchés agricoles et la Financière agricole.

En principe, la fameuse gestion de l'offre devait servir à ça : sécuriser le revenu agricole. Au lieu de ça, c'est devenu une situation de privilèges, gérée en conflit d'intérêts, accentuant la concentration des fermes, l'augmentation de leur valeur, poussant à l'endettement.

Mais sortons de la théorie et imaginons un scénario possible dans le cadre de la gestion de l'offre. Prenons l'exemple du lait. Pourquoi ne pas donner de nouveaux quotas de production à de petites entreprises en région, lorsque la demande pour les produits laitiers augmente, au lieu de distribuer ce quota au plus fort la poche à ceux qui en ont déjà ? Pourquoi ne pas donner des quotas pour la mise en marché et la transformation à la ferme au lieu de s'en tenir au fort volume au prix de gros ?

Pourquoi ne pas établir des prix du lait différenciés, en concordance avec des coûts de production variables, selon le type de production ou la localisation de la ferme ?

Pourquoi pas pour les grains ? Pourquoi pas des prix planchers garantissant une rentabilité à la ferme ? Un plan conjoint, en concordance avec la gestion de l'offre, permettrait, en toute légalité, de fixer les prix et même de bloquer les frontières pour éviter la concurrence face à des importations à bas prix, comme c'est déjà le cas pour une foule de produits.

En somme, si beaucoup d'enjeux sont similaires des deux côtés de l'océan, le Québec agricole a en main des outils en mesure d'y remédier, sans même avoir besoin de changer une seule loi. Il serait dommage de ne pas s'en servir et d'attendre que la crise européenne nous rattrape tout en exigeant simplement encore plus de subventions.

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Objet de réforme dans un système capitaliste, le régime d’assurance-médicaments du gouvernement Trudeau manque d’élan et de direction claire (à ce jour)

26 mars 2024, par Ken Collier — , ,
Ken Collier est d'avis que le régime fédéral d'assurance-médicaments– quelle que soit la forme qu'il prenne – est appelé à être jugé selon les critères suivants : est-il (…)

Ken Collier est d'avis que le régime fédéral d'assurance-médicaments– quelle que soit la forme qu'il prenne – est appelé à être jugé selon les critères suivants : est-il complet, accessible, efficace ?

Tiré de Canadian DImension

Mardi 12 mars 2024 / KEN COLLIER
Traduit par Johan Wallengren

Jusqu'en février 2024, le Canada a été sans régime d'assurance-médicaments. Et même à ce stade, les propositions relatives à un régime universel d'assurance-médicaments étaient remarquablement vagues parmi les partis politiques, sur les tribunes médiatiques et au sein des groupes militants. L'intérêt que le gouvernement avait bien voulu accorder au projet d'un régime universel d'assurance-médicaments semblait refroidi, ostensiblement pour des raisons de coûts.

À la dernière minute, le gouvernement Trudeau a annoncé une proposition d'assurance-médicaments plutôt faible et diluée, quelques jours avant la date butoir du 1er mars 2024, avec pour objectif de sauver l'entente de confiance et de soutien entre les libéraux et les néo-démocrates, en vue d'éviter une éventuelle élection que les deux partis voulaient éviter.

Le nouveau régime minimal d'assurance-médicaments sera administré par les provinces et les territoires. Il ne s'appliquera qu'aux médicaments pour le diabète et la contraception. Un plan à long terme pour élargir le système afin de couvrir d'autres médicaments suscite un faible espoir de développement des prestations dans un avenir rapproché. En attendant que la nouvelle proposition porte effectivement fruit, les régimes provinciaux d'assurance-médicaments, lorsqu'ils existent, prennent partiellement en charge les médicaments vendus dans les pharmacies locales ou en ligne ; le client « co-paie » une partie des coûts.

Ces programmes fragmentaires tels qu'ils existent s'articulent principalement autour de l'assurance comme méthode de paiement des médicaments de prescription. L'assurance est basée sur le risque calculé par une société privée telle qu'une banque ou une société d'assurance officielle. L'assureur fait le pari que les clients n'auront pas besoin de médicaments, tandis que les clients craignent d'en avoir besoin. Les assureurs ont une connaissance (plus ou moins exacte) des statistiques de risque. Un régime universel d'assurance-médicaments de qualité, comme il en existe dans de nombreux pays à économie avancée dans le monde, notamment au Royaume-Uni, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande et en France, se fonde sur les besoins plutôt que sur les risques. Mais l'évaluation de ces besoins est aléatoire. Il s'agit souvent d'un exercice de réflexion du type « laissons le marché décider ».

La valeur d'un régime d'assurance-médicaments – quelle que soit la forme qu'il prenne – repose sur des critères/indicateurs déterminés.

Au Canada, les bénéfices que réalisent les compagnies sur les médicaments s'échelonnent entre 16 et 22 %, et peuvent même dépasser de beaucoup ces pourcentages dans certains cas. Un programme fédéral d'assurance-médicaments peut remplir toutes les fonctions, pour ce qui est de fournir des médicaments, et gérer le tout avec beaucoup moins de frais généraux. Il est possible de ménager une marge de manœuvre confortable pour couvrir les coûts administratifs et autres en empêchant d'énormes profits de refluer vers des compagnies dont bon nombre ne sont même pas basées au Canada.

Il est décevant de constater que la proposition de régime d'assurance-médicaments du début de l'année 2024 ne prévoit pas la mise en place de listes de médicaments couverts. De telles listes peuvent se résumer à un inventaire de médicaments acceptés, avec les prix correspondants, mais peuvent aussi prévoir des lieux d'entreposage des produits et des moyens de les distribuer. Les administrateurs de programme négocient des achats en gros auprès des fabricants de médicaments à des conditions beaucoup plus favorables que si les pharmacies locales ou même les grandes et très rentables sociétés franchisées dont elles dépendent faisaient cavalier seul.

Lorsque le gouvernement légifère sur des programmes, les règlements définissent le financement et précisent qui est censé faire le travail, en plus de mettre en place un moyen de mesurer le succès et de jauger les responsabilités des différents niveaux de gouvernement.

La recherche et le développement visant à améliorer l'assurance-médicaments reposent actuellement presque entièrement sur les laboratoires et les bureaux des compagnies pharmaceutiques. Des centres de recherche et de développement de taille modeste et généralement sous-financés au sein d'universités et d'hôpitaux financés par l'État jouent également un rôle. Pour s'y retrouver dans toutes les données, statistiques et autres informations recueillies, la recherche et l'analyse centralisées sont un moyen d'éviter la duplication des données et les recherches répétées dans les mêmes dossiers. Faute de telles mesures, un financement décousu et périodique engendrera plus de révisions à la baisse et de retards de financement, problèmes accompagnés d'une moindre disponibilité au niveau du marché et des possibilités de transport contribuant à des épisodes chaotiques de progressions subites, de dévoiements et même de reculs par rapport aux objectifs.

De nos jours, les tests de qualité et d'efficacité des médicaments sont effectués par des compagnies privées qui cherchent à obtenir des brevets afin de les vendre à des fins lucratives, ce qui permet de financer la prochaine génération de médicaments. Ces tests sont plutôt aléatoires et conditionnés par le marché. Même les « médicaments miracles » risquent de ne jamais voir le jour s'ils ne se vendent pas bien. Et le potentiel de vente dépend en grande partie des prix que la population est en mesure de payer, plutôt que de la qualité et de l'effectivité. Les efforts de promotion coûteux constituent un autre facteur de renchérissement du marché des prescriptions privées. Il suffit de regarder brièvement la télévision ou de parcourir les médias pour se voir servir des messages publicitaires sur des médicaments, et nous contribuons tous à les financer.

Un régime d'assurance-médicaments, pour être viable, doit être régi par des tests gérés et consolidés par des instances gouvernementales. Un tel régime doit reposer sur un accès aux médicaments fondé sur leur qualité plutôt que sur les efforts promotionnels des compagnies pharmaceutiques.

La gestion d'un programme d'assurance-médicaments efficace doit nécessairement être supervisé par un ministère, le ministre responsable et, dans certains cas, un organe législatif. Des organismes administratifs indépendants peuvent paraître opérer équitablement – ils sont censés être impartiaux et ne pas subir d'influence extérieure indue. Or, l'expérience nous montre qu'il n'en est rien. Un fonctionnement optimal, dans le respect de la mission et des principes à appliquer, suppose que les autorités soient réceptives et que remonte vers elles les informations sur les desiderata et besoins par le biais de débats publics, d'élections et, malheureusement, de lobbying. Il est à noter que la législation canadienne actuelle tente d'imposer la transparence en révélant les sujets des personnes qui s'y livrent et l'identité de celles-ci, l'étendue et la durée des activités de lobbying et les sommes dépensées dans le cadre de celles-ci. Les lecteurs motivés ont de quoi passer des week-ends entiers à dévorer les documents afférents.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui relève des Nations unies, de même que certains autres organismes, fournissent, dans toute la mesure du possible, des informations pertinentes au niveau mondial. L'OMS incite les décideurs à utiliser les données scientifiques et autres, les chiffres comparatifs, ainsi que toutes ressources disponibles. Un programme canadien d'assurance-médicaments reposant sur des bases saines ne saurait opérer efficacement qu'en coopérant pleinement avec l'OMS et en consacrant le temps et les fonds nécessaires à cette démarche.

Les médicaments pour la santé mentale et le traitement des maladies mentales devraient constituer un élément important du dispositif. Les militaires, la Gendarmerie royale du Canada, les Premières nations canadiennes et les programmes spéciaux de lutte contre le cancer seront gagnants s'ils peuvent bénéficier d'un programme d'assurance public couvrant les médicaments d'ordonnance. Les besoins en médicaments particuliers destinés à soigner les « maladies rares et orphelines » devraient probablement aussi en faire partie.

Le régime fédéral d'assurance-médicaments, quelle que soit la forme qu'il prenne, est appelé à être jugé selon les critères suivants : est-il complet, accessible, efficace ? Les solutions envisagées pourraient être aussi simples que le système actuel d'assurance-médicaments de la Colombie-Britannique, qui n'offre qu'une certaine couverture pour les prescriptions, ou inclure toutes les caractéristiques mentionnées ci-dessus.

Gestion d'un régime d'assurance-médicaments

Le fait est que l'assurance-médicaments est un objet de réforme dans un système capitaliste. Un autre fait est que l'économie est dominée par le capital financier, ce qui fait que le potentiel de profit oriente une grande partie des décisions. Et pas seulement le profit. De nos jours, le potentiel doit impliquer des perspectives de profit plus considérables qu'auparavant et supérieures à ce que les concurrents peuvent réaliser dans le système. L'assurance-médicaments vise en partie à empêcher que l'argent ne soit retiré du système de médicaments sur ordonnance sous la forme de profits, en particulier de profits excessifs, quoi que cela puisse signifier dans l'esprit des planificateurs et de la classe politique.

Lorsque les libéraux minoritaires ont négocié l'entente de soutien et de confiance avec le NPD et ont commencé à discuter de l'assurance-médicaments, ils ont demandé une consultation par l'intermédiaire d'une commission d'experts, de parties prenantes et de certains autres intervenants, ce qui a abouti au rapport Hoskins. Alors que les médias nationaux étaient focalisés sur une question centrale « Pouvons-nous nous le permettre ? » – une concession à leurs téléspectateurs et lecteurs, les contribuables assiégés – celle-ci pouvait être considérée comme acceptable si formulée de la bonne façon.

D'où pourrait bien venir l'argent ? On peut relever dans le rapport Hoskins des éléments critiques de ce point de vue :

• Le gouvernement devrait s'efforcer de capter et de réorienter tout ou partie de ce flux de financement.

• Des taxes spécifiques, telles que la TPS, devraient être augmentées.

• Une nouvelle taxe ou prime à payer par tout le monde devrait être imposée.

• La fiscalité générale devrait être utilisée pour financer l'assurance-médicaments de la même manière que l'assurance-maladie.

Abstraction faite des détails et points présentés, il n'est pas surprenant que le choix de la taxation générale ait été fait. Docteur Eric Hoskins présidait le conseil. Il avait été ministre dans un précédent gouvernement libéral de l'Ontario et la majorité trouvait que c'était une bonne idée que les des députés décident comment dépenser l'argent des contribuables, parce qu'ils ont beaucoup moins d'influence sur la façon dont les revenus de la fabrication et de la distribution des médicaments sont répartis si on laisse la prérogative au marché privé.

L'un des résultats très publics de cette démarche a été de présenter l'assurance-médicaments comme un coût pour les contribuables, plutôt que comme une ligne du grand livre comptable au titre des frais généraux administratifs et opérationnels. Un poste budgétaire aussi important que la vente au public de médicaments sur ordonnance est beaucoup moins sujet à des réductions et à des augmentations que ne le serait la décision du parlement en matière de politique fiscale et de dépenses.

Nous avons donc une proposition de programme, non encore présentée comme un projet de loi, avec essentiellement deux éléments à mettre en œuvre sous une forme que ceux d'entre nous qui se penchent sur la politique sociale appellent « gradualisme décentralisé ». En tant qu'objet de réforme dans un système capitaliste, le projet manque d'élan et de direction claire.

Ken Collier est un professeur retraité de travail social, de politique sociale et d'économie qui s'est récemment installé à North Bay, en Ontario. Il est actif au sein du Conseil des Canadiens, de la Coalition ontarienne de la santé et d'autres organisations. Il effectue des recherches et rédige des articles pour des publications progressistes militantes et axées sur la recherche.

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La propagande 101 comme arme de guerre.

26 mars 2024, par André Jacob — , ,
Dans une leçon de propagande 101 offerte par l'éditorialiste du Devoir du 11 mars dernier1, la journaliste Marie Vastel fait état de la condition des forces armées canadiennes (…)

Dans une leçon de propagande 101 offerte par l'éditorialiste du Devoir du 11 mars dernier1, la journaliste Marie Vastel fait état de la condition des forces armées canadiennes en utilisant une approche alarmiste au titre accrocheur : « L'armée canadienne, une armée en lambeaux ». En fait, son texte répercute tout simplement les demandes répétées des dirigeants des forces armées canadiennes, mais surtout des bonzes de l'OTAN qui chantent sur tous les tons que chaque pays membre de cette organisation guerrière accorde au moins 2 % de son produit intérieur brut (PIB) à son budget d'armements.

Madame Vastel renforce son propos pro-OTAN en répétant l'assertion d'un de ses dirigeants : « Nous allons avoir besoin de plus », a laissé tomber sans grande surprise Angus Lapsley, un sous-secrétaire général de l'OTAN, lors d'une conférence annuelle du milieu militaire à Ottawa la semaine dernière. » Ne discutons pas ! Aux armes !
À cet appel à un développement accéléré de l'arsenal militaire canadien, on pourrait ajouter les pressions des lobbyistes des fabricants d'armes toujours à la recherche de politiciens ou de politiciennes favorables à leur recherche des juteux contrats de l'État.

Pour justifier de telles demandes, la propagande guerrière utilise toujours le même procédé : l'ennemi serait à nos portes et nous menacerait, d'où l'urgence de préparer le pays à résister aux menaces par les armes. Refrain usé. En mettant de l'avant la menace d'un agresseur éventuel, on vise à obtenir l'assentiment de l'opinion publique à la nécessité de l'augmentation de la puissance militaire et, dans la même foulée, à la guerre. Évidemment, on ne propose pas un débat de société sur la politique militariste. Madame Vastel reprend la mélopée de la menace, argument typique de la propagande : « L'imprévisibilité du président russe, Vladimir Poutine, exacerbée par sa connivence avec Donald Trump, qui brigue de nouveau la présidence américaine, ne permet plus la même complaisance. Le Canada n'a plus à s'inquiéter seulement de rassurer ses alliés. Au-delà de l'atteinte d'une cible diplomatique et symbolique d'investissements, il y va de la souveraineté territoriale bien réelle du Canada. »

L'invasion de l'Ukraine par la Russie offre le prétexte tout désigné pour cultiver la peur par l'évocation d'une menace extrême, émotion qui permet de contourner facilement une analyse rigoureuse de la situation ; en outre, en utilisant le discours seriné par l'OTAN, présenté en sourdine comme le grand ami crédible sur tous les plans, on cherche à donner encore plus de poids à un argument fondé sur la menace : si la Russie a envahi l'Ukraine, elle pourrait aussi envahir n'importe quel autre pays. Sous quels motifs ? Quel serait son intérêt à le faire ? On n'explicite jamais cette assertion puisqu'on ne peut pas justifier ce scénario catastrophique. Il suffit de dire que la Russie constitue une menace. À l'inverse, on omet toujours, par exemple, de mentionner que l'OTAN a été un acteur politique et militaire important en Ukraine bien avant cette invasion ; à titre d'exemples, des contingents de militaires canadiens étaient déployés en Ukraine pour former des militaires ukrainiens ; le soutien des États-Unis à l'Ukraine depuis les années 90 a contribué à faire monter la pression contre la Russie, etc. En fait, l'OTAN vise le maintien d'une « guerre froide » contre la Russie depuis fort longtemps et exige toujours plus d'armes pour montrer sa puissance.

L'augmentation des budgets militaires devrait faire l'objet de débats en profondeur. Il ne s'agit pas seulement de pourcentage du budget consacré à l'armement, mais bien des motifs de la stratégie de toujours plus d'armes pour protéger les intérêts européens et américains. Une question se pose : est-ce que l'incommensurable force de frappe des États-Unis et de leur gigantesque réseau de centaines de bases militaires sur toutes les régions de la planète garantit plus de sécurité et de paix ? Est-ce qu'un Canada plus militarisé sera plus sécurisé ? Poser la question, c'est y répondre. Depuis la dernière guerre mondiale (1939-1945), dans différentes régions du monde, les conflits armés impliquant les États-Unis à l'avant-garde, les conflits armés extrêmement destructeurs et déstabilisants n'ont jamais abouti à solidifier les fondements de la démocratie et de la liberté. Les exemples ne manquent pas : Vietnam, Syrie, Afghanistan, etc. En d'autres termes, les arguments de la propagande guerrière de l'OTAN reprise constamment dans les médias ne visent pas le maintien de la paix, mais bien à développer plus de forces militaires en mesure de détruire de plus en plus un peu partout sur la planète. Peut-on entendre les dirigeants et ceux des pays occidentaux promouvoir des stratégies de médiation et de négociation et encore moins demander un ralentissement de la course aux armements. Jamais. Au contraire, on cherche à renforcer de plus en plus les arsenaux au nom de la sécurité et de la paix. Sophisme magistral que tout cela.

La duplicité du Canada dans sa propagande pro-Israël.

Depuis l'assaut de djihadistes contre des citoyens en Israël le 7 octobre 2023, le gouvernement canadien a répété sans cesse le mantra : Israël a le droit de se défendre. C'est le principe utilisé pour justifier son appui indéfectible à la politique belliciste du gouvernement israélien. Le motif principal, se défendre contre le Hamas, organisation jugée terroriste ; l'utilisation ad nauseam de ce mot suffit pour amplifier la dangerosité de l'ennemi et servir de socle à la propagande guerrière. Rien de nouveau.

Bien avant le 7 octobre, le gouvernement canadien facilitait la vente d'armes à Israël. Pourtant, dernièrement, venu de nulle part, le gouvernement canadien a fait couler l'information à l'effet qu'il retarde maintenant l'envoi de véhicules blindés à Israël. Tous les médias de communication ont transmis le message sans trop chercher à en expliciter la signification. Le prétexte serait qu'on ne veut pas que ces véhicules soient utilisés à des fins létales. Quelle hypocrisie ! On sait que les entreprises canadiennes vendent des armes à Israël depuis longtemps et elles ne servent pas de décorations, mais bien d'armes offensives et défensives. En d'autres termes, par ses armes, depuis les premières attaques israéliennes à Gaza, le Canada participe à cette guerre. Aujourd'hui, devant la révolte populaire internationale contre l'ignominie de la guerre américano-israélienne (les États-Unis appliquent toujours leur droit de veto pour demander que cesse cette boucherie) disproportionnée à Gaza, le gouvernement canadien tente de montrer patte blanche, mais il continue d'évoquer la menace terroriste du Hamas pour appuyer Israël.

Pourquoi s'agit-il d'une stratégie de propagande ? Premièrement, cette manœuvre de communication de masse en est une de diversion ; illustration parfaite d'une stratégie de propagande parce que l'on vise à mettre le voile sur le fait que le gouvernement canadien maintient toujours son soutien à Israël en raison de la dangerosité de l'ennemi, le Hamas ; en ce sens, ainsi on justifie l'utilisation d'une violence destructrice démesurée et funeste contre les Palestiniens et Palestiniennes prisonniers d'un minuscule territoire. Dans les discours officiels et des démarches à l'air diplomatique, on dit demander un cessez-le-feu, mais sans grand moyen de pression. Ainsi, alors que l'on applique de nouvelles sanctions économiques contre la Russie, on n'en fait absolument rien en Israël. Deux poids, deux mesures.

Deuxièmement, on évite ainsi de parler de la barbarie de cette guerre menée avec des armes sophistiquées en grand nombre contre des combattants du Hamas somme toute pas équipé pour affronter une puissance militaire armée par les pays occidentaux, les États-Unis en tête, suivis du Canada et des pays européens. Depuis octobre 2023, Israël poursuit la destruction de Gaza avec une telle impunité que ce drame contemporain est devenu le symbole d'une violation constante de la dignité humaine et des droits fondamentaux des Gazaouis. Bien sûr, du bout des lèvres, le gouvernement canadien dit s'associer à la demande mondiale d'un cessez-le-feu, mais sans grande combativité. On baisse aussi le rideau sur les violentes pratiques de colonisation d'Israël : violence et assassinat de paysans palestiniens, appropriation du territoire, arrestations arbitraires, etc.

Les opérations de propagande sont constantes et efficaces, mais les gens ne sont pas dupes. Il est possible de décortiquer la duplicité des vraies manœuvres du gouvernement canadien, commerçant d'armes comme les autres pays occidentaux qui endossent les perspectives colonialistes en fonction de leurs intérêts stratégiques sur le plan politique, économique et commercial.

Alors que les médias dominants reprennent sans cesse les arguments de la propagande proguerre, les organisations pacifistes et citoyennes trouvent rarement une écoute attentive dans les mêmes canaux. Autre débat.

André Jacob

18 mars 2024

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La semaine difficile d’un Premier ministre

26 mars 2024, par Pierre Jasmin — , ,
À sa présence humble et souriante à la 500e émission - enregistrée des semaines auparavant - de Tout le monde en parle, Justin Trudeau félicita sincèrement et de très bonne (…)

À sa présence humble et souriante à la 500e émission - enregistrée des semaines auparavant - de Tout le monde en parle, Justin Trudeau félicita sincèrement et de très bonne grâce l'ex-Première ministre Pauline Marois d'avoir eu la vision féministe dès 1997 d'instituer au Québec un système de garderies pour faciliter l'accès au travail des femmes, ce que lui-même cherche avec difficulté à implanter dans le ROC conservateur.

Par Pierre Jasmin, secrétaire général des Artistes pour la Paix 16 mars 2024

Trudeau - Dr Jekyll

Après une scène revue de TLMEP 2012 quand il reprochait à son père de n'avoir pas su garder son couple uni avec ses trois enfants, il répondit avec tristesse et beaucoup de sincérité avoir mis lui-même la politique au premier plan, avant le bonheur de sa propre famille éprouvée par un divorce qui selon les photos d'ELLE-Québec semble moins affecter Sophie Grégoire. Enfin, on a revu avec plaisir son baiser au fou du roi Turcotte avec une explication (avant-gardiste, il y a douze ans) sur son désir de marquer sa différence d'avec le rétrograde Harper sur le respect des droits LGBTQIA+.

En même temps que TLMEP, se tenait la 96e cérémonie des Oscars où la gagnante de la
meilleure chanson Billie Eilish et son frère compositeur portaient fièrement le badge rouge symbolisant le soutien au peuple palestinien et appelant à un cessez-le-feu. Le réalisateur récompensé du meilleur film étranger Zone d'intérêt a proclamé que Les choix de ce film ont été faits pour nous faire réfléchir et réagir dans le présent, pas pour qu'on se dise dans quelques années 'regardez ce qu'ils ont fait', mais pour qu'on se dise maintenant 'regardez ce qu'on fait'. Notre film montre là où a pu mener la déshumanisation la plus terrible. Et cela a forgé notre passé et notre présent. Aujourd'hui, nous nous tenons devant vous en refusant que notre judéité et l'Holocauste soient instrumentalisés par une occupation qui a mené à une guerre impliquant tant d'innocents.

Qu'il s'agisse des victimes du 7 octobre en Israël ou de celles des attaques incessantes qui se déroulent à Gaza, elles sont toutes des victimes de cette déshumanisation. »

Ses difficiles décisions de la semaine

Justement, par rapport à son allié Israël, s'il avait en un premier temps approuvé à l'automne une quarantaine de permis d'exportation d'armes (28.5 millions de $), applaudie par les conservateurs et les députés juifs de son propre parti, M. Trudeau a su prendre depuis le début d'année les décisions difficiles qui s'imposaient, sans doute éclairées par des reportages de grande qualité objective par la courageuse Marie-Ève Bédard sur place.

Notons l'entrevue de madame Dussault avec l'infirmière française Imane Maarifi, tout premier signe que Radio-Canada se préoccupe enfin de paix en regardant la vérité guerrière, loin de ses téléjournaux squattés par la météo, les nouvelles sportives et les insignifiances facebook telle la photo retouchée de Kate Middleton.

Notons aussi que :
en priorité vitale, répondant à nos appels, Trudeau a rétabli les fonds à l'UNRWA luttant contre la terrible famine des Palestiniens que même les Américains reconnaissent, avec leur tardif acheminement de vivres depuis l'île de Chypre vers un port bancal et il a rigoureusement et à juste titre refusé d'exporter des blindés commandés par Nétanyahou à une usine d'Ontario où pourtant, les votes d'employés grassement rémunérés seront cruciaux dans sa prochaine campagne électorale contre Pierre Poilièvre. Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) a condamné le beau geste : « la suspension des exportations de matériel militaire non létal témoigne de l'échec moral du gouvernement libéral », s'est indigné son PDG, Shimon Koffler Fogel, par voie de communiqué complaisamment publié par nos médias, contrairement à nos appels à une paix négociée, tous censurés par nos médias aux mêmes proprios d'industries militaires ;

Ottawa a annoncé une aide d'un million pour les Palestiniennes survivantes de violences sexuelles en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, immédiatement critiquée par l'envoyée spéciale d'Israël pour la lutte contre l'antisémitisme, Michal Cotler-Wunsh, dénonçant dans nos médias soumis « une trahison de l'engagement du Canada à protéger les principes fondamentaux de la vie et de la liberté par un honteux financement appuyant l'inversion des faits en matière de diffamation sanglante ». La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, n'a pas craint de répondre : « Nous croyons les femmes palestiniennes. Les allégations de violences sexuelles basées sur le genre à leur encontre doivent faire l'objet d'une enquête et les femmes palestiniennes doivent être soutenues. »

Les experts de l'ONU souhaitent d'ailleurs une enquête impartiale sur ces allégations et les Artistes pour la Paix appuient la manifestation pro-palestinienne du 23 mars, comme le font plus de 150 organismes et 110 personnalités publiques : Le Devoir 16 mars, page A5

Mr Hyde et les changements climatiques

Depuis 2017, Les Artistes pour la Paix critiquent la politique internationale canadiennei de ne pas appuyer le Traité sur l'interdiction des Armes Nucléaires, sous la pression de l'OTAN qui en écarte ses 32 pays membres. L'OTAN, que Trudeau appuie préférablement à l'Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement, UNIDIR, lui réclameabusivement une dizaine de milliards de $ de plus annuellement pour un budget de la Défense avec des armes offensives coûteuses, tels des bombardiers F-35 : on connaît pourtant les milliers de morts annuelles, conséquences des bombardements de l'OTAN en Libye en 2011 du général canadien Charles Bouchard (nommé pdg de Lockheed Martin,producteur de F-35 et de frégates offensives Irving coûtant plus de cent milliards de $).

À dénoncer aussi son aberrante politique d'énergie pronucléaireii consistant à rendre plus laxiste la Commission canadienne de sûreté nucléaire(CCSN)iii , à laisser SNC-Lavalin devenir Atkinsréalis aux mains de deux compagnies du Texas, à amoindrir les opérations de surveillance des divers sites vieillissants (Pickering, Bruce, Point-Lepreau …), à encourager la production onéreuse et risquée de pollution incontrôlable de mini-réacteurs modulaires nucléaires (encore non-opérationnels !) avec des subventions d'un milliard de $ et, cerise sur le sundae, à donner le feu vert à la construction d'un dépotoir de déchets nucléaires à Chalk Riveriv ; on sait qu'il est à haut risque pour la potabilité de l'eau de l'Outaouais, donc des villes de Gatineau, Ottawa et Montréal, et qu'il est dénoncé par les Premières Nations y voyant un empiètement de leurs droits reconnus par la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones de 2007, l'UNDRIP, signée parl'Australie en 2009 et par le Canada seulement en 2021 !

Ses décisions néfastes de doubler le pipeline Transmountain et de construire un gazoduc envahissant le territoire Wet'suwet'en risquent de lui coûter ses prochaines élections, vu que l'albertaine Danielle Smith et autres émules du « drill, baby drill » tel Pierre Poilièvre ne lui en ayant gardé aucune reconnaissance, continuent leurs attaques virulentes contre sa « taxe » sur le carbone. Nonobstant son énorme gaffe voulant aider les Maritimes appauvries, Trudeau s'est depuis lancé dans de sincères explications du système de taxes-remboursements, alors que toutes les provinces, même la libérale Terre-Neuve-Labrador, font pression pour empêcher la hausse prévue du 1er avril (sauf en Colombie-Britannique et au Québec ayant leur propre système avant-gardiste contre les changements climatiques). Espérons qu'il saura cette fois-ci résister à ses nombreuses tentations de plier.

Mr Hyde et l'immigration francophone Sa semaine se terminait avec une rencontre tendue avec le Premier ministre du Québec, François Legault, portant sur l'immigration. Le bilan de M. Trudeau est encore une fois médiocre à ce chapitre, vu son manque d'empressement à répondre aux problèmes du Québec aux prises avec un afflux de réfugiés demandeurs d'asile, incomparables nombre avec ceux dans les autres provinces. On sait que laisser pourrir une telle situation est à risque d'encourager les xénophobes racistes de la Meute et autres crypto-fascistes.

Et son bilan face à l'immigration risque de s'aggraver si M. Trudeau décidait de contester en Cour suprême, malgré les diverses décisions de justice et malgré les nombreux articles favorables dont celui de notre ami des APLP 2021 le professeur Daniel Turpv , la décision pourtant unanime de trois juges affirmant la constitutionnalité de la Loi 21 sur la laïcité.

En conclusion, nous sommes désolés de vous astreindre à tant de lectures, mais notre position de paix consiste à rectifier les mensonges des médias dominants, par exemple sur la guerre en Ukrainevi et cela nécessite de denses explications.

Notes

i http://www.artistespourlapaix.org/aplp-contre-la-bombe-nucleaire-avec-setsuko/

ii http://www.artistespourlapaix.org/declaration-une-energie-sure-abordable-et-respectueuse-du-climat-pour-toutes-et-tous/

iii L'inspection des centrales nucléaires canadiennes a montré que dans 75% des cas le cahier des charges sur la surveillance des réacteurs n'était pas suivi, un élément « vraiment inacceptable », a révélé en octobre 2016 un rapport parlementaire au vitriol. La situation « est assez grave », s'est indignée en conférence de presse Julie Gelfand, Commissaire à l'environnement et au développement durable, qui relève du Parlement.Au terme de l'audit des quatre centrales nucléaires (19 réacteurs) que compte le Canada, la responsable regrette que la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) « n'a pas pu démontrer que ses plans prévoyaient un nombre suffisant d'inspections. Un tel manque de précision, dans une industrie de précision, est vraiment inacceptable », a-t-elle dénoncé. « Ce genre d'erreurs n'a pas sa place quand on parle d'une industrie nucléaire ».

iv http://www.artistespourlapaix.org/canada-etat-de-droit-assujetti-au-nucleaire-2/

v https://www.lautjournal.info/20240315/cour-dappel-precieux-enseignements-sur-les-droits-linguistiques-la-culture-et-la-religion

vi http://www.artistespourlapaix.org/dix-ans-de-guerre-en-ukraine/

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Urgence d’un examen ARTEMIS du projet de Chalk River !

26 mars 2024, par Collectif — , ,
Comme contribuables, nous sommes inquiets de voir exploser les coûts et les risques pour les Canadiens depuis que le gouvernement Harper a confié à un consortium du secteur (…)

Comme contribuables, nous sommes inquiets de voir exploser les coûts et les risques pour les Canadiens depuis que le gouvernement Harper a confié à un consortium du secteur privé, en 2015, la gestion de tous les sites nucléaires et déchets radioactifs du gouvernement fédéral.

Source

Monsieur le Premier ministre,

Comme contribuables, nous sommes inquiets de voir exploser les coûts et les risques pour les Canadiens depuis que le gouvernement Harper a confié à un consortium du secteur privé, en 2015, la gestion de tous les sites nucléaires et déchets radioactifs du gouvernement fédéral. Le consortium s'appelle Canadian National Energy Alliance (CNEA) même si deux de ses membres sont basés aux États-Unis. Depuis que le consortium a pris le relais, les coûts d'exploitation et de nettoyage des déchets radioactifs aux Laboratoires nucléaires canadiens ont explosé, passant de 336 millions de dollars par an à plus de 1,5 milliard de dollars par an. Le consortium propose des projets de piètre qualité qui ne sont pas conformes aux normes de sécurité internationales pour les déchets radioactifs.

La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) vient tout juste d'autoriser la construction d'une Installation de gestion des déchets radioactifs près de la surface (IGDPS) sur les terres de la Couronne, à Chalk River. Qu'un projet aussi précaire ait été pris au sérieux, comme solution permanente, témoigne de la mauvaise gouvernance de l'industrie nucléaire canadienne ; ceci démontre l'incapacité ou le manque de volonté de la CCSN de contrôler l'industrie nucléaire qu'elle est censée réglementer.

Le 14 février, vous avez déclaré que « la CCSN est indépendante, qu'elle n'approuve les projets qu'après des évaluations rigoureuses, et que le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles n'intervient aucunement dans les décisions de la Commission ».

Voici pourquoi nous réfutons cette affirmation :

On reproche souvent à la CCSN son manque d'indépendance vis-à-vis l'industrie nucléaire.

Le ministère des Ressources naturelles, qui favorise l'essor nucléaire, a été impliqué
puisque trois représentants de ce ministère (J. Adams, P.W. Yuen et W. Smith) sont mentionnés dans le compte rendu de décision approuvant l'IGDPS.

Cette décision de la CCSN se bute déjà à deux recours juridiques déposés devant la Cour fédérale. Il y en aura d'autres si le ministre Guilbeault accorde le permis de déboiser le site de l'IGDPS malgré la preuve d'espèces en péril.

Voilà pourquoi nous vous proposons de faire immédiatement appel aux experts internationaux de l'Agence internationale de l'Énergie atomique (AIEA) pour qu'ils soumettent les projets d'élimination des déchets radioactifs du gouvernement fédéral àun examen ARTEMIS.

Ce mécanisme est disponible à tous les États membres de l'AIEA. Il fournirait au gouvernement canadien de précieux conseils d'experts pour la gestion de son héritage volumineux des déchets radioactifs. Un examen ARTEMIS serait une manière efficace d'éclairer le gouvernement canadien pour optimiser ses ressources et gérer ses déchets radioactifs ; ceci permettrait de suivre les meilleures pratiques internationales pour assurer la sécurité du public et de notre environnement pendant de nombreuses générations.

L'IGDPS sera une gigantesque décharge radioactive en surface près de la rivière des Outaouais. Elle ne pourra pas isoler assez longtemps de la biosphère le million de tonnes de déchets prévu, dont certains seront radioactifs pour des millénaires.

« L'IGDPS n'est pas conforme aux normes internationales de sécurité », soutiennentles experts chevronnés qui ont déjà eu la responsabilité des déchets radioactifs de Chalk River (avant le consortium). Cesvétérans ont caractérisé les déchets accumulés au cours des 80 années de pollution des laboratoires de Chalk River. Ils ont souligné le danger que la durée de vie millénaire de plusieurs déchets radioactifs dépasse énormément la vie utile de l'IGDPS, qui est seulement de 550 ans.

L'installationconnaîtra des fuites pendant son exploitation. Elle sedésagrègera peu à peu et son contenu se répandra dans l'environnement. Le plutonium et d'autres polluants radioactifs de longue durée de vie s'écouleront dans la rivière des Outaouais jusqu'au fleuve Saint-Laurent, contaminant l'eau potable de millions de Canadiens. Tous les contaminants radioactifs augmentent les risques de cancer, de malformations congénitales et de mutations génétiques dans les populations exposées.

Dix des onze Premières nations algonquines, qui vivent depuis des millénaires dans le bassin de la rivière des Outaouais, affirmentqu'elles refusent l'IGDPS sur leur territoire non cédé. L'Assemblée des Premières Nations et plus de 140 municipalités (dont Ottawa, Gatineau et Montréal), ont adopté des résolutions de préoccupation et/ou d'opposition à l'IGDPS.

Qui d'autre tirerait des avantages de l'IGDPS à part les actionnaires des trois multinationales impliquées ?

Lapétition électronique 4676 de la Chambre des communes demande aussi un examen ARTEMIS. Elle a recueilli 3 000 signatures en 30 jours, pendant la période des fêtes de fin d'année. La pétition demande également au gouvernement canadien de respecter le principe de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, selon laquelle il faut obtenir le « consentement préalable, libre et éclairé » d'un peuple autochtone avant de stocker des déchets dangereux sur son territoire.

Le Cabinet fédéral, au nom du gouvernement canadien, devrait demander immédiatement à l'AIEA un examen ARTEMIS des grands projets au Canada visant à éliminer de façon permanente l'héritage de déchets radioactifs du gouvernement. Il convient donc de le faire car le gouvernement du Canada est le propriétaire des déchets et du terrain et c'est lui qui paie les factures pour les travaux effectués par le consortium CNEA. Le Cabinet peut demander un examen ARTEMIS à l'AIEA par courriel à ARTEMIS@iaea.org.

Nous comptons sur votre leadership au sein du cabinet et nous espérons apprendre bientôt que votre gouvernement demandera une révision ARTEMIS dans l'intérêt de tous les Canadiens et des générations futures.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression de nos salutations distinguées,

Ginette Charbonneau, Ralliement contre la pollution radioactive

Gordon Edwards, PhD, Regroupement pour la surveillance du nucléaire

Ole Hendrickson, PhD, Citoyens inquiets du comté de Renfrew et de sa région

Jean-Pierre Finet, Regroupement des organismes environnementaux en énergie

Rebecca Pétrin, Eau secours

André Bélanger, Fondation Rivières

Lucie Sauvé, Collectif scientifique sur les enjeux énergétiques au Québec

Eric Notebaert, MD, Association canadienne des médecins pour l'environnement.

Deb Powell, Pontiac Environment Protection

Joann McCann, Old Fort William (Quebec) Cottagers' Association

Eva Schacherl, Conseil des Canadiens (section d'Ottawa)

Paul Johannis, Alliance pour les espaces verts dans la capitale du Canada

John McDonnell, Société pour la nature et les parcs du Canada (section de la vallée de l'Outaouais)

Lien facebook

https://www.facebook.com/ralliementcontrelapollutionradioactive

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Pour la CAQ, la sécurité des femmes n’en vaut pas le coût !

26 mars 2024, par Stéphanie Vallée — , ,
50 féminicides depuis 2020. Les statistiques sont là, les besoins aussi. Les Maisons d'hébergement de première et deuxième étape sont remplies. Il manque de places. Dans (…)

50 féminicides depuis 2020. Les statistiques sont là, les besoins aussi. Les Maisons d'hébergement de première et deuxième étape sont remplies. Il manque de places. Dans certaines régions, ces maisons sont même inexistantes.

L'R des centres de femmes et ses membres sont furieux face au désengagement de la CAQ et de la ministre de l'Habitation, France-Élaine Duranceau, dans les projets d'implantation de nouvelles maisons d'hébergement.

Les projets bloqués ne sont pas que des maisons, c'est aussi l'implantation de nouveaux services essentiels dans les communautés qui resteront absents. Par exemple, la prévention et la sensibilisation à la violence conjugale et aux relations amoureuses toxiques faites pour enrayer toute violence, les services post-séparation parce que ce sont des moments cruciaux lors d'un vécu de violence conjugale.

L'impuissance au quotidien
Partout au Québec les centres de femmes sont présents pour de nombreuses femmes victimes de violence conjugale. Leur travail autant avant, pendant et après les vécus de violence leur permet de constater l'ampleur de la problématique.

Le manque de places et l'absence de maisons d'hébergement de première et de deuxième étape dans certaines régions, les amènent constamment à faire face aux sentiments d'impuissance et d'inquiétude de voir une femme victime de violence conjugale retourner dans son milieu violent faute d'espace sécuritaire à proximité pour pouvoir se réfugier. Cette réalité douloureuse, les intervenantes des centres de femmes y font régulièrement face.

Il est donc impensable que ces femmes doivent attendre que des places se libèrent en maison d'hébergement pour fuir une situation de violence, et ce de façon urgente. Sachant que la décision de partir n'est pas facile à prendre et que, lorsqu'elle est prise, ce n'est pas dans quelques jours ou quelques semaines... c'est maintenant.

Investissement

La CAQ, lors du dépôt de son budget, n'a-t-elle pas dit que sa priorité était la santé ? L'investissement est primordial. C'est une question de vie ou de mort pour ces femmes. L'R des centres de femmes du Québec et ses membres demandent à la CAQ de respecter ses engagements, et ce rapidement.

Les belles promesses faites avec Rebâtir la confiance sont-elles oubliées, mises de côté ? Le gouvernement met des femmes en danger s'il persiste à retarder les démarches pour ouvrir ces 630 nouvelles places. On se rend maintenant compte que la priorité de la CAQ n'est plus la sécurité des femmes.

Est-ce que la ministre Duranceau et son gouvernement sont prêts à prendre la responsabilité des futurs féminicides ?

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Dépôt de la pétition pour la modernisation de la notion de vie maritale pour les prestataires de l’aide sociale

26 mars 2024, par Rose du Nord — , ,
Québec, le 19 mars 2024 – Des militantes et militants des groupes de défense des droits des personnes assistées sociales des régions de la Capitale-Nationale et de (…)

Québec, le 19 mars 2024 – Des militantes et militants des groupes de défense des droits des personnes assistées sociales des régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches étaient présent·e·s à l'Assemblée nationale pour le dépôt d'une pétition pour la modernisation de la notion de vie maritale pour les prestataires de l'aide
sociale.

Cette pétition, qui est une initiative du comité femmes du Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ), est le fruit d'un travail de plusieurs groupes de défense des droits des personnes assistées sociales qui se sont mobilisés partout à travers le Québec afin de récolter plusieurs milliers de signatures. La notion de
vie maritale cause de grands préjudices aux prestataires de l'aide sociale notamment en
leur coupant leur prestation.

« Le chèque d'aide sociale d'un couple est plus petit que la somme de deux chèques attribués à une personne seule, dans le cas de personnes sans contraintes à l'emploi reconnues par le Ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, on parle de presque 400 $ de différence entre ces deux situations, c'est une énorme différence dans le budget des
gens !
», s'exclame Esther Baillargeon, militante salariée à l'Association pour la défense des droits sociaux de la Rive-Sud.

Les groupes de défense des droits des personnes assistées sociales réclament l'individualisation des prestations d'aide sociale depuis plusieurs années. « Une personne = chèque », c'est ce que l'on pouvait lire sur une bannière déployée par les militantes et militants des groupes ce matin face à l'Assemblée nationale.

La situation est aussi terrible pour les personnes ayant un conjoint qui travaille, à part pour les prestataires au programme Revenu de base (contraintes sévères à l'emploi de longue durée), l'état s'attend à ce que ce soit le conjoint qui travaille qui fasse vivre son partenaire. Cette situation est inadmissible, autant pour les conjoints assistés sociales ou
les conjoints travailleurs. Cela impose un choix impossible : l'amour ou leur revenu.

« Le fait qu'une seule prestation d'aide sociale soit distribuée pour deux personnes met à mal l'autonomie des personnes et peut causer des situations de contrôle ou de violence au sein du couple, ces règles sont vétustes et n'ont plus leur place en 2024 » déplore Katherine Lortie, militante salariée à ROSE du Nord.

Les groupes dénoncent aussi la surveillance accrue qui est imposée aux personnes assistées sociales dans le cadre de la vie maritale. Dans certains cas, des agents de l'aide sociale enquêtent sur les prestataires pour déterminer s'ils ou elles sont en couple. Ces enquêtes peuvent aller jusqu'à se renseigner chez les voisins ou dans des commerces
causant un grand stress pour les personnes prestataires d'aide sociale. Des pénalités importantes sous forme de dettes remboursées à même les prestations déjà minces sont prévues lorsqu'une personne se voit imposer la vie maritale après une « fausse déclaration ». Ce régime punitif doit se terminer dès maintenant, permettons aux
personnes assistées sociales d'être en amour !

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Contre le comité de "sages" : appel à l’action

26 mars 2024, par Collectif — , ,
La CAQ a cédé honteusement aux mobilisations transphobes et a décidé de nommer un “comité de sages”, qui décidera du futur des communautés trans et non-binaires. Nous exigeons (…)

La CAQ a cédé honteusement aux mobilisations transphobes et a décidé de nommer un “comité de sages”, qui décidera du futur des communautés trans et non-binaires. Nous exigeons la dissolution immédiate de ce comité car :

Ce comité est composé exclusivement de personnes cis (non-trans), qui n'ont même aucune expertise académique ou d'intervention auprès des personnes trans. La majorité d'entre eux entretiennent par contre des affinités connues avec des groupes transphobes. Tout cela est fondé sur la présupposition selon laquelle les personnes trans et non binaires seraient incapables d'être “sages”, raisonnables et impartiales. Nous revendiquons la reconnaissance des savoirs expérientiels, universitaires et communautaires LGBTQ+ ; nous revendiquons notre auto-détermination !

L'existence de ce comité a pour but de légitimer les demandes de la droite et de l'extrême droite transphobe. Se pliant à leur agitation, le gouvernement a choisi de mettre sur pause toutes les avancées sociales pour les communautés trans. Il le fait au mépris de ses propres institutions, ignorant l'existence du Bureau de lutte contre l'homophobie et la transphobie et de son plan d'action. Ce n'est pas la première fois que la CAQ s'attaque aux communautés trans : on se rappelle le Projet de Loi 2. Nous continuerons de nous défendre face à ce gouvernement transphobe !

Ce comité vise à questionner la légitimité des personnes trans et en faire des objets de débat dans l'espace public. Ce type de mise en scène médiatique a toujours eu comme conséquence d'augmenter les violences et les crimes haineux contre les personnes trans et non conformes dans le genre. Le “problème trans” n'existe pas : nos existences ne sont pas à débattre. Nous continuerons de lutter pour la sécurité et la dignité des personnes trans et non-binaires !

La création de ce comité fait partie du backlash international contre les communautés LGBTQ+. Les agitateurs conservateurs mobilisent leurs bases en présentant les personnes trans comme un danger pour les enfants. Ni les homosexuel.les, ni les drag-queens, ni les personnes trans ne constituent un danger pour la jeunesse. Ce sont plutôt les adultes autoritaires et intolérants qui mettent en danger le bien-être des enfants. Nous continuerons de lutter pour un monde dans lequel tous les enfants se sentent libres de s'exprimer et de s'épanouir sans crainte ni jugement !

Ce comité est influencé par un mouvement réactionnaire qui se dit féministe, prétendant que les femmes trans représenteraient un danger pour les femmes cis. Au contraire, la libération des femmes trans contribue à la libération de toutes les femmes. Combattre pour l'autonomie des individus sur leurs corps, c'est se battre autant pour l'accès aux hormones que pour l'accès à l'avortement. Nous continuerons de lutter pour un monde libéré du patriarcat !

Le gouvernement derrière ce comité est le même qui détruit les milieux de la santé et de l'éducation. C'est le même gouvernement qui s'attaque aux droits des locataires. C'est le même gouvernement qui s'attaque à la liberté religieuse des minorités et qui s'oppose à tout effort de paix en Palestine. Nous souhaitons inscrire cette lutte dans une perspective de solidarité et créer un front commun face aux dérives autoritaires et réactionnaires du pouvoir !

Nous revendiquons la libération trans. En ce sens, nous voulons bâtir un monde qui accueille les individus dans leur diversité et défend leur droit de disposer de leurs corps. Nous voulons aussi créer une société qui accompagne les gens dans leur exploration et affirmation de genre. Nous considérons que se libérer de l'imposition d'une stricte binarité de genre est bénéfique pour l'ensemble de la population. Nous continuerons de lutter pour un monde qui ne sème pas le mal-être, l'inconfort et la haine, mais qui nourrit la joie et l'euphorie.

Nous appelons à un soulèvement contre la CAQ et son comité de soi-disant “sages”. Nous appelons à l'auto-organisation de toustes celleux qui veulent lutter contre la transphobie. Nous vous invitons à former des groupes affinitaires, à mobiliser vos organisations et à créer des comités. Par la diversité des tactiques, nous comptons faire reculer ce gouvernement et construire un futur pour toustes !

Face au comité de “sages”, NOUS NE SERONS PAS SAGES.

Signez l'appel. Pour endosser l'appel, personnellement ou au nom d'une organisation, ou pour nous signifier votre intérêt à vous impliquer et rester en contact avec nous, remplissez le formulaire.

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Tableau de bord et palmarès : faisons le point !

26 mars 2024, par Nathalie Chabot — , , ,
En début de semaine, le ministre de l'Éducation, Bernard Drainville, a lancé avec fierté son « Tableau de bord en éducation ». Bonne ou mauvaise initiative ? La réponse courte (…)

En début de semaine, le ministre de l'Éducation, Bernard Drainville, a lancé avec fierté son « Tableau de bord en éducation ». Bonne ou mauvaise initiative ? La réponse courte pourrait être : ça dépend de l'objectif poursuivi et de l'usage qui en sera fait. Attention de ne pas s'égarer en chemin !

Tiré de Ma CSQ cette semaine.

En début de semaine, le ministre de l'Éducation, Bernard Drainville, a lancé avec fierté son « Tableau de bord en éducation ». Bonne ou mauvaise initiative ? La réponse courte pourrait être : ça dépend de l'objectif poursuivi et de l'usage qui en sera fait. Attention de ne pas s'égarer en chemin !

Pour le moment, les données présentées dans le tableau de bord étaient pour la plupart déjà disponibles, mais éparpillées et difficiles à trouver. Le tableau de bord a donc au moins le mérite de les rassembler en un seul endroit. Ce n'est pas sans rappeler la belle époque où l'on pouvait recevoir chaque année le cahier des indicateurs de l'éducation de la part du ministère. Selon les dires du ministre Drainville, l'information disponible serait enrichie au fil du temps, ce qui pourrait s'avérer utile pour affiner nos perspectives sur le réseau.

Se baser sur les faits et non sur les perceptions

Le besoin d'informations pour mieux connaitre les défis auxquels fait face le système d'éducation est reconnu depuis longtemps. C'est essentiel pour orienter les décisions du ministre de l'Éducation, tout comme celles des centres de services scolaires (CSS) et des établissements d'enseignement.

L'accès aux données pour la recherche est tout aussi fondamental pour raffiner la compréhension des enjeux de l'éducation. Cet accès a été amélioré il y a quelques années grâce aux services d'accès aux données de recherche de l'Institut de la statistique du Québec, qui comprennent les données de l'éducation[1]. Ce meilleur accès pour les chercheurs, combiné au tableau de bord en éducation, contribue assurément à une plus grande transparence.

Cela étant dit, l'accès à des données est pertinent dans la mesure où il permet une plus grande connaissance et une meilleure compréhension des phénomènes.

Les dangers de comparer

D'aucuns diront que comparaison rime avec amélioration, mais cela rime aussi avec compétition et pression, avec tous les revers que cela peut avoir pour l'éducation, pour les gens qui y travaillent, pour les élèves et leurs parents. Si l'on ne fait pas attention, le nouveau tableau de bord du ministre de l'Éducation pourrait causer plus de tort que de bien.

Cette crainte est à mettre en relief avec l'adoption récente de nouvelles dispositions législatives qui font en sorte que les directions générales des centres de services scolaires seront dorénavant nommées sur recommandation du ministre, qui obligent les CSS à conclure des ententes annuelles de gestion et d'imputabilité et permettent au ministre de renverser une décision d'un CSS, s'il est d'avis que cette décision n'est pas conforme aux cibles, aux objectifs et aux orientations qu'il établit.

Le retour de la « gestion axée sur les résultats »

Tout est en place pour inciter fortement les gestionnaires du réseau de l'éducation à démontrer qu'ils « ont de bons résultats » dans le tableau de bord. Plus la pression pour atteindre des cibles de réussite est forte, plus on pousse à de mauvaises pratiques. Il n'y a alors qu'un pas à franchir pour orienter le travail des enseignantes et enseignants vers l'évaluation, plus que vers l'apprentissage, ou encore pour faire pression afin qu'ils modifient leurs notes de manière à avoir de « bons chiffres » pour le tableau de bord, entre autres exemples.

Finalement, pour reprendre les mots d'un chercheur qui a abondamment étudié ce type de gestion en éducation, Christian Maroy, « l'école n'est plus définie comme une institution qui est un milieu de vie, mais comme une organisation mobilisée sur des résultats[2] ».

Les « bonnes écoles » ou les « mauvaises écoles »

La crainte de voir primer la compétition et la pression par la lorgnette du tableau de bord est aussi soutenue par l'idée lancée par le ministre d'instaurer éventuellement un palmarès des écoles. Les limites de ce genre d'exercice ont maintes fois été démontrées. Cela ne permet pas de prendre en compte les défis fort différents auxquels font face les écoles et ne rend pas justice aux efforts et au travail effectué pour soutenir la réussite de toutes et tous, peu importe sa condition personnelle et sociale. Pour certaines équipes-écoles, cela peut avoir un effet profondément démobilisant.

Un palmarès ne ferait qu'encourager une compétition malsaine entre les écoles. Offrir quelques données quantitatives disparates aux parents, est-ce la meilleure façon de leur fournir l'information sur l'éducation de leurs enfants ? En quoi cela permet de vraiment connaitre le milieu scolaire ?

Inviter les parents à consulter le projet éducatif de l'école et à s'impliquer davantage au sein de celle-ci peut leur permettre d'obtenir une information beaucoup plus riche. Cela permet de s'approprier les valeurs mises de l'avant, de comprendre le contexte dans lequel l'école évolue, les grandes orientations en matière d'instruction, de socialisation et de qualification, ainsi que les objectifs qui guident le travail de l'équipe-école.

En résumé, des écoles plus transparentes et des décisions mieux éclairées par les faits, c'est oui. Une pression accrue sur les milieux et un détournement des données en vue de placer les écoles en compétition les unes avec les autres, c'est non. Espérons que le ministre n'ira pas de l'avant avec ce projet de palmarès. À ce dernier, qui s'étonne que cette idée soit dénoncée par les partenaires du réseau de l'éducation ce serait peut-être une bonne idée d'entamer un dialogue avec eux pour mieux comprendre leurs réticences.

Notes

[1] Les données de l'éducation maintenant disponibles pour les chercheurs (statistique.quebec.ca)

[2] JARRAUD, François (2021). « Christian Maroy : l'école à l'épreuve du pilotage par les résultats », Le Café pédagogique [En ligne] (1er mars). [cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2021/03/01032021Article637501796627464444.aspx].

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La CSQ célèbre cinq décennies de luttes féministes

26 mars 2024, par Centrale des syndicats du Québec (CSQ) — , ,
Près de 300 personnes sont réunies, aujourd'hui, au Château Frontenac, à Québec, afin de souligner un moment historique : le 50e anniversaire du comité d'action féministe de la (…)

Près de 300 personnes sont réunies, aujourd'hui, au Château Frontenac, à Québec, afin de souligner un moment historique : le 50e anniversaire du comité d'action féministe de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). En présence des membres actuelles du comité d'action féministe (CAF), d'anciennes responsables du comité, des quatre anciennes présidentes de la Centrale, Lorraine Pagé, Monique Richard, Louise Chabot et Sonia Ethier, et de centaines d'autres militantes et militants, la CSQ souligne cinquante ans d'engagement, de luttes et de progrès pour l'égalité entre les femmes et les hommes, et entre les femmes elles-mêmes.

Tiré de Ma CSQ cette semaine.

« Depuis sa création, le comité d'action féministe a été le fer de lance de luttes pour le droit des femmes au sein même de notre centrale, dans les milieux de travail, mais également au sein de la société. Il a été le phare guidant nos actions, illuminant le chemin vers un avenir plus juste et plus égalitaire. Aujourd'hui, nous nous réunissons pour rendre hommage à toutes ces femmes et ces hommes, aussi nos alliés, qui ont contribué à faire avancer cette noble cause », a dit la première vice-présidente de la CSQ, Line Camerlain, dès l'ouverture de l'évènement.

« En cinquante ans, notre comité d'action féministe a contribué à des avancées significatives dans de nombreux domaines. Grâce à nos efforts collectifs, nous avons obtenu des gains en matière d'équité salariale, de congés parentaux, de protection contre la discrimination, et bien plus encore », a-t-elle rappelé.

Une journée ancrée dans le présent et tournée vers l'avenir

Si le CAF et ses militantes « ont inspiré des générations entières de femmes et d'hommes à se lever et à se battre pour leurs droits », comme l'a dit Line Camerlain, la Centrale et son comité continuent d'être « une force motrice pour le changement, un catalyseur de progrès et un symbole d'espoir pour un avenir meilleur ».

Si cette journée de célébration est le moment de se rappeler les luttes féministes menées par des militantes engagées, c'est aussi l'occasion de se tourner vers l'avenir. Les personnes participantes à l'évènement ont d'ailleurs eu l'opportunité d'assister à des conférences et à des échanges sur différents enjeux, dont la valorisation des emplois à prédominance féminine, le mythe du mérite et de l'action positive et l'antiféminisme et son courant masculiniste.

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