Derniers articles

Haïti : pour les classes laborieuses, le mépris et la répression

30 septembre 2025, par Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l'occupation d'Haïti (REHMONCO) — , ,
Beaucoup d'organisations de la société civile ont critiqué l'absence de volonté de l'État dans le rétablissement de la sécurité publique dans le pays. En effet, les exemples ne (…)

Beaucoup d'organisations de la société civile ont critiqué l'absence de volonté de l'État dans le rétablissement de la sécurité publique dans le pays. En effet, les exemples ne manquent pas.

Au cours des derniers mois, le pouvoir a préféré prioriser le paiement de groupes de mercenaires au lieu de renforcer les forces régaliennes de l'État.

Par ailleurs, tandis qu'aucune disposition n'a été prise pour neutraliser les gangs armés qui s'approprient des quartiers résidentiels, les autorités gouvernementales montrent un grand dynamisme pour défendre des groupes mafieux comme en témoignent les dossiers de Nenel Cassy, Alfredo Pierre Antoine, du scandale de la BNC, etc.

Toutefois, il est frappant de voir que très peu d'organisations ont dénoncé l'indifférence et le mépris du gouvernement pour les classes laborieuses. A titre d'exemple, le gouvernement a ignoré les revendications des enseignants grévistes des écoles publiques pendant toute l'année scolaire 2024-2025.

Le ministre de l'éducation Antoine Augustin a même osé déclarer dans un cynisme sans nom que l'école haïtienne est détruite. Ce même ministre n'a donné aucune suite aux revendications des enseignants-stagiaires, même après le drame du meurtre du talentueux écolier Wanderson Zamy le 18 août 2025.

Rappelons que l'écolier a été tué par les agents de la sécurité du ministère de l'Éducation nationale qui n'ont pas hésité à ouvrir le feu sur des enseignants qui manifestaient pacifiquement.

Mais c'est surtout dans le dossier de l'ajustement du salaire minimum que se manifeste, dans toute sa crudité, le profond mépris vis-à-vis des classes laborieuses.

Dans la législation haïtienne, il est formellement établi que l'État doit ajuster le salaire minimum à chaque fois que l'inflation dépasse le seuil de 10%.

Au cours des trois (3) dernières années, bien que l'inflation ait varié de 30 à 40% au rythme annuel, l'État haïtien fait obstruction à tout ajustement salarial pour les travailleurs et travailleuses des secteurs industriels et des services.

Cela fait au moins quatre mois que le Conseil supérieur salaire (CSS) a recommandé au gouvernement de fixer le salaire minimum à la modique somme de 950.00 gourdes.

Ce montant ne prend pas en compte le niveau de l'inflation actuelle, mais le gouvernement de Didier Fils-Aimé et le CPT refusent d'obtempérer.

Certes, il est dans la tradition de l'État haïtien de ne pas accepter d'ajuster le salaire des travailleurs et travailleuses, mais aujourd'hui, ce qui rend ce refus particulier, c'est qu'il vient d'une coalition gouvernementale réunissant une certaine gauche et la droite néoduvaliériste, coalition qui met en place toute une politique de répression des classes laborieuses au profit de certaines franges de la bourgeoisie haïtienne.

Fort de ce constat, nous dénonçons et condamnons avec véhémence la politique antipopulaire du gouvernement de transition qui, d'un côté, tergiverse avec des gangs criminels et des réseaux mafieux, et de l'autre, punit les classes laborieuses.

À quelques jours de la fin de l'année fiscale, le gouvernement a l'obligation de satisfaire immédiatement les revendications des enseignants des écoles publiques et de fixer le salaire minimum à 2 500 gourdes pour une journée de travail, comme le réclament les syndicats du secteur industriel.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Le 4 octobre, deux ans de génocide : levons-nous pour Gaza !

30 septembre 2025, par Coalition du Québec URGENCE Palestine —
La Coalition du Québec URGENCE Palestine appelle ses groupes membres et tous ses sympathisant.es à participer en grand nombre à la manifestation appelée par le Mouvement de la (…)

La Coalition du Québec URGENCE Palestine appelle ses groupes membres et tous ses sympathisant.es à participer en grand nombre à la manifestation appelée par le Mouvement de la jeunesse palestinienne de Montréal. Pour favoriser l'expression de la solidarité la plus large et la plus unitaire possible avec la Palestine, la Coalition a décidé de reporter sa propre manifestation au dimanche 26 octobre prochain, à 13 h à partir du Parc Lafontaine.

Deux ans de massacre. Deux ans de silence de la part de gouvernements complices du bain de sang. Deux ans du Canada alimentant les bombes qui s'abattent sur Gaza.

Et pourtant, deux ans de notre peuple présent. Semaine après semaine, nous avons prouvé que l'équilibre a changé : la rue appartient à la Palestine, le peuple est avec Gaza, et aucune puissance ne peut effacer cette vérité.

Le 4 octobre, nous marchons pour plus de 700 jours de résistance à Gaza, où notre peuple fait face aux chars, aux missiles et à la famine, et reste pourtant debout, inébranlable. Nous marchons en sachant que les États-Unis, le Canada, l'Europe et les régimes arabes sont partenaires du génocide. Nous marchons pour briser leur silence, leurs profits, leur complicité.

Chaque jour où ce génocide continue est un jour acheté et payé par leurs armes et leur silence. Le moment est venu de mettre fin à cette chaîne de mort et d'imposer un embargo sur les armes dans les deux sens ! »

Solidarité avec la Palestine !
La complicité du Canada doit cesser !
Mobilisons pour le 4 octobre !

La Coalition du Québec URGENCE Palestine

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Le glissement à droite des gouvernements Carney et Legault et les conditions de la riposte

30 septembre 2025, par Bernard Rioux — ,
La crise climatique et celle de l'effondrement de la biodiversité ne sont pas des phénomènes isolés relevant uniquement du domaine environnemental. Elles constituent un facteur (…)

La crise climatique et celle de l'effondrement de la biodiversité ne sont pas des phénomènes isolés relevant uniquement du domaine environnemental. Elles constituent un facteur structurant de la conjoncture économique, politique et sociale au Canada et au Québec. Ces phénomènes traversent et bouleversent toutes les dimensions de la vie collective, et révèlent l'orientation destructrice des choix des gouvernements actuels. Les gouvernements canadien et québécois continuent de miser sur un modèle d'extractivisme débridé et sur des projets liés aux énergies fossiles en contradiction frontale avec les impératifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de préservation des écosystèmes. Ce cours écocidaire alimente la déforestation, la pollution de l'eau et la destruction des milieux de vie, tout en approfondissant la dépendance structurelle envers des secteurs hautement polluants. L'ensemble des mouvements sociaux doit chercher à coordonner ses actions pour faire reculer les gouvernements, imposer ses revendications et sauver la planète.

Situation de l'économie canadienne et le tournant conservateur du gouvernement Carney

La guerre tarifaire imposée par Trump frappe de plein fouet l'économie canadienne. Les tarifs punitifs sur l'acier, l'aluminium et le bois d'œuvre menacent directement des dizaines de milliers d'emplois dans des secteurs-clés. Les grandes régions industrielles à travers tout le Canada voient s'accumuler les mises à pied. Pendant ce temps, la hausse de l'inflation, particulièrement dans le domaine de l'alimentation et du logement, étrangle les ménages. Si les travailleurs et travailleuses ayant des emplois permanents et syndiqués ont réussi à faire croître leur salaire au-delà de l'inflation pour 2024, les reculs subis au cours des années 2020-2022, n'ont pas encore été surmontés. Les employé-es à temps partiel qui ne sont pas syndiqué-es ont connu une détérioration de leur pouvoir d'achat. Le chômage, en baisse depuis quelques années, est reparti à la hausse.

Le capitalisme dépendant du Canada, arrimé aux États-Unis, révèle son extrême vulnérabilité face aux pressions impérialistes qui se traduisent par des attaques contre la majorité populaire. Le gouvernement libéral mise sur l'accélération de la mise en œuvre de grands projets d'infrastructures, de corridors énergétiques et l'exploitation minière. Il a adopté, pour ce faire, la Loi sur l'Unité de l'économie canadienne afin de réduire les normes de protection de l'environnement favorisant les profits des multinationales liées au capital fossile et minier, au prix même d'une aggravation de la crise écologique. Les Premières Nations, impactées par ces mesures, s'opposent fermement à l'exploitation de leur territoire et à la non-reconnaissance de leurs droits.

Cette logique écocidaire s'articule à une dimension géopolitique et militaire : la compétition internationale pour l'accès aux ressources et le contrôle des routes énergétiques pousse le Canada à augmenter ses budgets militaires et à s'intégrer davantage à la stratégie impérialiste des États-Unis et de l'OTAN. Plutôt que de défendre la souveraineté économique et sociale du pays, le gouvernement Carney compte injecter des milliards de dollars pour atteindre une hausse de 2% dans les dépenses d'armement, au détriment des services publics qui sont eux menacés d'importantes compressions. La course aux armements et le soutien à l'expansion de l'industrie militaire deviennent ainsi un autre moteur de destruction environnementale et de détournement des ressources publiques, qui pourraient autrement financer une transition écologique et sociale.

En ce qui concerne l'immigration, le premier ministre Carney se plie aux demandes de Trump de durcir la politique migratoire canadienne et de contrôler les frontières. Il renforce les patrouilles aux frontières, il diminue le nombre de travailleurs, de travailleuses et d'étudiant-es pouvant rentrer au pays, il réduit les droits des personnes réfugiées et attaque directement le droit d'asile.

Les gouvernements de Trudeau et de Carney n'ont pas hésité à s'attaquer au droit de grève des cheminots, des débardeurs et des agents-es de bord en usant d'injonctions répétées pour les obliger de retourner au travail. Aujourd'hui, ce sont les travailleurs et travailleuses de Postes Canada qui sont attaqué-es : fin de la livraison du courrier à domicile, menaces de privatisation partielle, fermeture de bureaux ruraux.

Le gouvernement Legault se fait le chantre de la loi et l'ordre

Au Québec, le gouvernement Legault connaît un recul majeur en ce qui concerne les intentions de vote et un mécontentement croissant contre ses politiques. Sa réponse : un virage brutal vers la droite. Il veut arrimer les entreprises québécoises à la manne des contrats d'armement, transformant l'économie en appendice du complexe militaro-industriel. Son discours lors du dernier congrès de la CAQ glorifie la « loi et l'ordre ». Le premier ministre François Legault s'apprête à lancer une offensive contre les syndicats : contrôle des finances syndicales, restrictions du droit de grève sous prétexte de « services essentiels » et changement du mode de négociation dans le secteur public jugé trop “rigide” .

Les coupes pleuvent dans la fonction publique : des licenciements et des gels d'embauche, ce qui conduit à des milliers de pertes d'emploi. Il aggrave la situation de sous-financement chronique des écoles et des hôpitaux. Les services à la population s'en trouvent fortement détériorés.

L'environnement est sacrifié : réductions dans le ministère de l'Environnement, retour en arrière sur l'électrification des transports par la levée de l'interdiction de vente de véhicules neufs à essence d'ici 2035, limitation du suivi environnemental pour les mines fermées, affaiblissement de la protection des milieux naturels. De plus, on envisage un affaiblissement des normes de réduction des GES et des secteurs entiers des énergies renouvelables sont laissés sous le contrôle d'entreprises privées.

Legault relance sa rhétorique démagogique contre les personnes migrantes et ressuscite un projet de laïcité identitaire et autoritaire, visant particulièrement les femmes musulmanes. Il présente un projet d'intégration culturelle qui s'inscrit dans une logique assimilationniste. Il bannit l'usage par le gouvernement de l'écriture inclusive.

Le mouvement syndical face à des défis majeurs

Les syndicats sont sur la défensive, mais la colère monte. Depuis 2022, les grèves se multiplient : enseignant-es, infirmières, travailleur-euses du transport, employé-es municipaux. Ces luttes montrent la volonté de résistance, mais la stratégie de concertation sociale empêche encore une rupture agissante avec l'ordre établi. Les débats dans le mouvement syndical (ex. les États généraux du syndicalisme) ouvrent la porte à une réorientation : vers plus d'unité, plus d'offensive, et une articulation entre luttes économiques et luttes politiques. Mais pour l'instant, la riposte devra se radicaliser si elle veut être à la hauteur de la brutalité de l'offensive patronale et gouvernementale.

Le mouvement des femmes et le mouvement écologiste

Le mouvement des femmes demeure l'un des foyers les plus importants de résistance. La Marche mondiale des femmes peut galvaniser la riposte. Il en va de même pour Mères au front qui lie luttes sociales, écologistes et féministes. Leur force est de mobiliser sur des enjeux concrets, comme la crise climatique. Le tissu associatif féministe demeure dense et actif.

Le mouvement écologiste multiplie les luttes sur de multiples terrains : protection de milieux naturels, opposition aux projets industriels polluants et à l'extension des sites d'enfouissement dangereux, lutte contre les réformes forestières donnant tout le pouvoir au privé, défense des espaces verts urbains et surtout dénonciation de l'inaction des gouvernements Carney et Legault face à la crise climatique. Si de nombreux groupes sont très actifs, les combats restent marqués par la fragmentation, la dispersion des énergies et un ancrage souvent strictement local.

Les minorités ethniques face au racisme décomplexé

Dans le climat actuel, les minorités ethniques et religieuses subissent un racisme systémique et décomplexé, nourri par les discours des partis nationalistes et relayé par des médias complaisants. Les attaques islamophobes et xénophobes se multiplient. Le mouvement antiraciste réagit avec courage, mais reste centré sur les communautés directement touchées, ce qui entrave sa capacité à susciter une solidarité plus large. Et le nationalisme conservateur tire vers le bas le soutien à l'indépendance en écartant la reconnaissance de la réalité plurinationale du Québec et en masquant le caractère émancipateur que pourrait avoir une indépendance inclusive.

Construire la convergence des luttes autour d'un projet émancipateur

Face à l'austérité, à la marchandisation de nos vies et à la montée des discours réactionnaires, nous affirmons la nécessité d'une rupture claire avec le capitalisme et ses institutions. Les syndicats qui défendent le droit de grève, les mouvements écologistes qui s'opposent aux mégaprojets extractivistes, les mouvements féministes qui dénoncent tant la violence faite aux femmes que la précarisation et la surexploitation des femmes dans les secteurs de soin et les mouvements antiguerre qui refusent la militarisation de l'économie se voient confrontés à une répression accrue.

Une résistance victorieuse du camp populaire ne peut s'appuyer que sur la convergence des luttes : celles pour le contrôle collectif de l'énergie et des ressources, celles pour les réinvestissements massifs dans nos services publics, celles pour le droit universel au logement, pour les droits des femmes et l'égalité de genre, celles de la résistance au racisme et pour la justice migratoire, celles pour la redistribution des richesses par une politique d'accès au logement et à la réforme de la fiscalité, …

C'est seulement par une telle convergence des luttes que nous pourrons inverser le rapport de force, briser l'hégémonie conservatrice et rouvrir la voie d'une alternative égalitaire, féministe, écologiste, antiraciste et véritablement démocratique. Cette convergence des luttes pourra trouver son aboutissement par la réalisation d'un projet de société démocratique : l'indépendance du Québec.

Les syndicats, les mouvements féministes, écologistes, antiracistes et populaires doivent coordonner leurs actions et dépasser les divisions. Ils doivent créer des assemblées de convergence locales, régionales et nationales capables de définir des revendications et des stratégies communes et de construire un front social et politique, capable d'articuler luttes sociales et projet politique de rupture, capables de rompre avec le capitalisme, de défendre nos droits et de bâtir un Québec juste, écologique, féministe, solidaire et indépendant.

*****

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Pour une décroissance écosocialiste

30 septembre 2025, par Yorgos Mitralias — ,
Pourquoi républier le texte « pour une décroissance écosocialiste » déjà publié en plusieurs langues il y a plus de trois ans et demi ? (…)

Pourquoi républier le texte « pour une décroissance écosocialiste » déjà publié en plusieurs langues il y a plus de trois ans et demi ?

https://www.cadtm.org/POUR-UNE-DECROISSANCE-ECOSOCIALISTE

D'abord, parce que, ayant coïncidé avec l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe qui avait pratiquement monopolisé l'intérêt général, sa première publication est passée presque inaperçue. Et ensuite et surtout, parce que ce texte est maintenant mille fois plus actuel et plus crucial qu'au temps de sa première publication. Pourquoi ? Mais, parce entre temps on a assisté non seulement à la montée en flèche des négationnistes de la catastrophe climatique de par le monde, mais aussi à leur arrivée au pouvoir dans la majorité des grands pays, avec en tête les Etats-Unis de Trump « drill baby drill ». Avec comme résultat d'empirer qualitativement une situation climatique déjà catastrophique rendant le présent et surtout l'avenir de l'humanité encore plus cauchemardesques, l'élaboration d'un programme d'action salutaire encore plus urgente et le contenu de ce programme d'action encore plus radicale !

En somme, ça urge désespérément car les politiques et les actes de Trump et de ses amis climatonégationnistes changent profondément les données du problème nous rapprochant beaucoup plus à la catastrophe irréversible, rendant aujourd'hui dépassées et inopérantes même les plus radicales des « solutions » proposées hier. Ce qui rend encore plus crédible et terriblement réaliste la thèse du texte qui suit, selon laquelle « Toute véritable alternative à cette dynamique perverse et destructrice doit être radicale, c'est-à-dire s'attaquer aux racines du problème : le système capitaliste, sa dynamique d'exploitation et d'extractivisme, et sa recherche aveugle et obsessionnelle de la croissance ».

Mais, pas d'illusions. Même le plus brillant et inspiré des textes théoriques ne peut rien s'il ne provoque l'adhésion des premiers intéressés, des masses de ceux d'en bas. C'est ainsi que tout dépend de nous tous et toutes partout au monde, de notre refus du fatalisme et de notre détermination de tout faire pour sauver l'humanité et la planète de la catastrophe annoncée. Si nous perdons ce combat suprême, alors pas de doute, ce véritable appel à la lutte pour un monde radicalement différent qu'est le texte « pour une décroissance écosocialiste », ne sera considéré par les survivants privilégiés que comme une…curiosité, une bizarrerie intellectuelle. Mais, si nous arrivons à nous mobiliser à temps et à nous battre comme jamais dans le passé multimillénaire de l'humanité, ce même texte restera dans l'histoire comme celui qui a tracé les lignes directrices du nouveau monde dont on a besoin pour gagner la course contre la mère de toutes les catastrophes…

Yorgos Mitralias

Déclaration commune entre partisans de la décroissance et de l'écosocialisme, signalant les convergences possibles des deux courants

Pour une décroissance écosocialiste
29 septembre par Yorgos Mitralias

printer printer text

Pourquoi républier le texte « pour une décroissance écosocialiste » déjà publié en plusieurs langues il y a plus de trois ans et demi ? D'abord, parce que, ayant coïncidé avec l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe qui avait pratiquement monopolisé l'intérêt général, sa première publication est passée presque inaperçue. Et ensuite et surtout, parce que ce texte est maintenant mille fois plus actuel et plus crucial qu'au temps de sa première publication. Pourquoi ? Mais, parce entre temps on a assisté non seulement à la montée en flèche des négationnistes de la catastrophe climatique de par le monde, mais aussi à leur arrivée au pouvoir dans la majorité des grands pays, avec en tête les Etats-Unis de Trump « drill baby drill ». Avec comme résultat d'empirer qualitativement une situation climatique déjà catastrophique rendant le présent et surtout l'avenir de l'humanité encore plus cauchemardesques, l'élaboration d'un programme d'action salutaire encore plus urgente et le contenu de ce programme d'action encore plus radicale !

En somme, ça urge désespérément car les politiques et les actes de Trump et de ses amis climatonégationnistes changent profondément les données du problème nous rapprochant beaucoup plus à la catastrophe irréversible, rendant aujourd'hui dépassées et inopérantes même les plus radicales des « solutions » proposées hier. Ce qui rend encore plus crédible et terriblement réaliste la thèse du texte qui suit, selon laquelle « Toute véritable alternative à cette dynamique perverse et destructrice doit être radicale, c'est-à-dire s'attaquer aux racines du problème : le système capitaliste, sa dynamique d'exploitation et d'extractivisme, et sa recherche aveugle et obsessionnelle de la croissance ».

Mais, pas d'illusions. Même le plus brillant et inspiré des textes théoriques ne peut rien s'il ne provoque l'adhésion des premiers intéressés, des masses de ceux d'en bas. C'est ainsi que tout dépend de nous tous et toutes partout au monde, de notre refus du fatalisme et de notre détermination de tout faire pour sauver l'humanité et la planète de la catastrophe annoncée. Si nous perdons ce combat suprême, alors pas de doute, ce véritable appel à la lutte pour un monde radicalement différent qu'est le texte « pour une décroissance écosocialiste », ne sera considéré par les survivants privilégiés que comme une…curiosité, une bizarrerie intellectuelle. Mais, si nous arrivons à nous mobiliser à temps et à nous battre comme jamais dans le passé multimillénaire de l'humanité, ce même texte restera dans l'histoire comme celui qui a tracé les lignes directrices du nouveau monde dont on a besoin pour gagner la course contre la mère de toutes les catastrophes…

Déclaration commune entre partisans de la décroissance et de l'écosocialisme, signalant les convergences possibles des deux courants.

La décroissance et l'écosocialisme sont deux des plus importants mouvements - et propositions - du côté radical du spectre écologique. Bien sûr, tous les membres de la communauté de la décroissance ne s'identifient pas comme socialistes, et tous les écosocialistes ne sont pas convaincus de l'intérêt de la décroissance. Mais on peut voir une tendance croissante au respect mutuel et à la convergence. Essayons de cartographier les grands domaines d'accord entre nous, et énumérons certains des principaux arguments en faveur d'une décroissance écosocialiste :

1) Le capitalisme ne peut exister sans croissance. Il a besoin d'une expansion permanente de la production et de la consommation, de l'accumulation du capital, de la maximisation du profit. Ce processus de croissance illimitée, basé sur l'exploitation des énergies fossiles depuis le 18e siècle, conduit à la catastrophe écologique, au changement climatique, et menace l'extinction de la vie sur la planète. Les 26 conférences COP de l'ONU sur le changement climatique de ces 30 dernières années témoignent de l'absence totale de volonté des élites dirigeantes d'arrêter la course vers l'abîme.

2) Toute véritable alternative à cette dynamique perverse et destructrice doit être radicale, c'est-à-dire s'attaquer aux racines du problème : le système capitaliste, sa dynamique d'exploitation et d'extractivisme, et sa recherche aveugle et obsessionnelle de la croissance. La décroissance écosocialiste est une de ces alternatives, en confrontation directe avec le capitalisme et la croissance. La décroissance écosocialiste nécessite l'appropriation sociale des principaux moyens de re/production et une planification démocratique, participative et écologique. Les principales décisions sur les priorités de production et de consommation seront décidées par les gens eux-mêmes, afin de satisfaire les besoins sociaux réels tout en respectant les limites écologiques de la planète. Cela signifie que les gens, à différentes échelles, exercent un pouvoir direct en déterminant démocratiquement ce qui doit être produit, en quelle quantité et de quelle manière ; comment rémunérer les différents types d'activités productives et reproductives qui nous soutiennent, nous et la planète. Garantir un bien-être équitable pour tous ne nécessite pas de croissance économique mais plutôt de changer radicalement la façon dont nous organisons l'économie et dont nous distribuons la richesse sociale.

3) Une décroissance significative de la production et de la consommation est écologiquement indispensable. La mesure première et urgente est l'élimination progressive des combustibles fossiles, et il en va de même pour la consommation ostentatoire et gaspilleuse de l'élite riche de 1%. Dans une perspective écosocialiste, la décroissance doit être comprise en termes dialectiques : de nombreuses formes de production, comme les installations au charbon, et de services, comme la publicité, devraient non seulement être réduites mais supprimées ; certaines, comme les voitures privées ou l'élevage de bétail, devraient être considérablement réduites ; mais d'autres auraient besoin d'être développées : l'agriculture agro-écologique, les énergies renouvelables, les services de santé et d'éducation, etc. Pour des secteurs comme la santé ou l'éducation, ce développement doit avant tout être qualitatif. Et même les activités les plus utiles doivent respecter les limites de la planète, il ne peut y avoir de production « illimitée » de quelque bien que ce soit.

4) Le « socialisme » productiviste, tel que pratiqué par l'URSS et d'autres expériences similaires, est une impasse. Il en va de même pour le capitalisme « vert », tel qu'il est prôné par les entreprises ou les « partis verts » traditionnels. La décroissance écosocialiste est une tentative de surmonter les limites des expériences socialistes et « vertes » passées.

5) Il est bien connu que le Nord est historiquement responsable de la plus grande partie du CO2 dans l'atmosphère ; les pays riches doivent donc prendre la plus grande part dans le processus de décroissance. Mais nous pensons que le Sud ne devrait pas essayer de copier le modèle productiviste et destructeur de « développement » du Nord, mais plutôt chercher une approche différente, mettant l'accent sur les besoins réels des populations, en termes de nourriture, de logement et de services de base, au lieu d'extraire toujours plus de matières premières (et de combustibles fossiles) pour le marché mondial capitaliste, ou de produire toujours plus de voitures pour les minorités privilégiées.

6) La décroissance écosocialiste implique également la transformation, par un processus de délibération démocratique, des modèles de consommation existants : par exemple, la fin de l'obsolescence planifiée et des biens non réparables ; des modèles de transport, par exemple, en réduisant fortement le transport de marchandises par bateaux ou camions (grâce à la relocalisation de la production), ainsi que le trafic aérien. En bref, il s'agit de bien plus qu'un changement des formes de propriété : c'est une transformation civilisationnelle, un nouveau « mode de vie » fondé sur des valeurs de solidarité, de démocratie, d'égalité et de respect de la Terre. La décroissance écosocialiste est le signal d'une nouvelle civilisation qui rompt avec le productivisme et le consumérisme, en faveur d'une réduction du temps de travail, donc de plus de temps libre consacré aux activités sociales, politiques, récréatives, artistiques, ludiques et érotiques.

7) La décroissance écosocialiste ne peut gagner que par une confrontation avec l'oligarchie fossile et les classes dirigeantes qui contrôlent le pouvoir politique et économique. Qui est le sujet de cette lutte ? Nous ne pourrons pas vaincre le système sans la participation active de la classe laborieuse urbaine et rurale, qui constitue la majorité de la population et qui supporte déjà le poids des maux sociaux et écologiques du capitalisme. Mais nous devons également élargir la définition de la classe pour inclure ceux qui assurent la reproduction sociale et écologique, les forces qui sont aujourd'hui à l'avant-garde des mobilisations sociales et écologiques : les jeunes, les femmes, les peuples indigènes et les paysans. Une nouvelle conscience sociale et écologique émergera à travers le processus d'auto-organisation et de résistance active des exploités et des opprimés.

8) La décroissance écosocialiste fait partie de la grande famille des autres mouvements écologiques radicaux et anti-systémiques : l'écoféminisme, l'écologie sociale, le Sumak Kawsay (la « Bonne Vie » indigène), l'environnementalisme des pauvres, la Blockadia, le Green New Deal (dans ses versions les plus critiques), etc. Nous ne cherchons pas à obtenir une quelconque primauté - nous pensons simplement que l'écosocialisme et la décroissance ont un cadre de diagnostic et de pronostic partagé et puissant à offrir parallèlement aux cadres de ces mouvements. Le dialogue et l'action commune sont des tâches urgentes dans la conjoncture dramatique actuelle.

Signatures :

Michael Löwy, directeur de recherche émérite, CNRS, Paris, auteur de Qu'est-ce que l'Ecosocialisme ? (Paris, Le Temps des Cérises, 2020 ) ; Bengi Akbulut, Université Concordia, Montréal ; Sabrina Fernandes, docteur en sociologie, organisatrice écosocialiste, postdoctorante à la Rosa Luxemburg Stiftung et productrice de Tese Onze. ; Giorgos Kallis, professeur à l'ICTA-Barcelone, et auteur de The case for Degrowth (Polity Press, 2020).

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Le Canada et le piège de la « reconnaissance conditionnelle » de la Palestine.

30 septembre 2025, par Manuel Tapial — ,
L'annonce récente du gouvernement canadien, dirigé par Mark Carney, concernant sa disposition à reconnaître un État palestinien, s'est accompagnée d'une liste de six (…)

L'annonce récente du gouvernement canadien, dirigé par Mark Carney, concernant sa disposition à reconnaître un État palestinien, s'est accompagnée d'une liste de six conditions.

À première vue, elles pourraient sembler des garanties de stabilité démocratique et de respect du droit international. Mais, sous un examen critique, elles révèlent plutôt un cadre profondément colonial, conçu non pas pour reconnaître véritablement la Palestine, mais pour préserver l'hégémonie d'Israël et, avec elle, l'alignement du Canada sur le pouvoir impérial au Moyen-Orient.

1. Réformes de gouvernance : le doigt accusateur du colonisateur

La première exigence stipule que l'Autorité palestinienne doit entreprendre des « réformes fondamentales » de son système politique. Paradoxalement, le Canada proclame sans cesse « le droit d'Israël d'exister en tant qu'État juif et démocratique ». Un État qui pratique la ségrégation ethnique et religieuse et qui viole depuis des décennies les résolutions de l'ONU. Qu'un gouvernement allié d'une puissance colonisatrice impose des conditions au colonisé est une insulte et une démonstration de paternalisme colonial.

2. Des élections en 2026 sans le Hamas : une démocratie sous tutelle

La deuxième condition exige que les élections générales prévues en 2026 excluent le Hamas. Ici, le Canada s'arroge un droit qu'il n'accepterait jamais pour lui-même : l'ingérence directe dans le système électoral d'un autre peuple. La représentation palestinienne doit être décidée uniquement par les Palestiniens. Les Canadiens accepteraient-ils que la Russie ou la Chine interdisent certains partis dans leurs élections ? Ce deux poids, deux mesures montre que ce que cherche Ottawa n'est pas une démocratie, mais un gouvernement palestinien docile et aligné sur Israël.

3. Démilitarisation : la soumission garantie.

Troisièmement, le Canada exige que la Palestine devienne un État démilitarisé. Autrement dit, privé d'une armée capable d'assurer sa souveraineté. Cette exigence révèle une stratégie claire : créer un « État tampon » incapable de se défendre face à une puissance nucléaire comme Israël. Si la justice était le critère, le Canada exigerait le désarmement total d'Israël, dont l'appareil militaire a coûté la vie à des centaines de milliers de Palestiniens depuis 1947.

4. Le piège de la « solution à deux États »

La quatrième condition reprend l'antienne de la « solution à deux États » : un État palestinien démocratique et souverain coexistant pacifiquement avec Israël. La réalité est tout autre. Netanyahu a répété qu'il n'autorisera jamais un État palestinien. Pendant ce temps, le génocide se poursuit à Gaza et en Cisjordanie. Que fera le Canada ? Fermera-t-il les yeux et continuera-t-il à collaborer avec l'occupation ? Une discussion honnête devrait aller plus loin : pourquoi pas un seul État démocratique, avec égalité des droits et droit au retour pour tous les réfugiés et déplacés ?

5. Droits humains et autodétermination : la contradiction flagrante

Cinquièmement, le Canada affirme reconnaître le droit du peuple palestinien à l'autodétermination, aux droits humains et au respect du droit international. Mais en réalité, il conditionne cette autodétermination, en niant aux Palestiniens le choix de leurs représentants et de leurs moyens de défense. Parallèlement, Ottawa continue de commercer avec Israël, violant ses obligations légales de ne pas contribuer à des crimes internationaux. S'il voulait réellement défendre les droits humains, le gouvernement canadien suspendrait immédiatement ses accords avec Israël et appuierait un processus de décolonisation et de réparation.

6. Le veto sous l'étiquette de « terrorisme »

Enfin, Ottawa exige que tout futur gouvernement palestinien rejette le « terrorisme » et exclue le Hamas. Le problème réside dans l'usage opportuniste de ce terme. La Charte des Nations unies reconnaît le droit des peuples colonisés à lutter pour leur libération « par tous les moyens disponibles ». Comment les Palestiniens devraient-ils résister à des décennies d'occupation, d'expulsions et de massacres ? Avec des communiqués de presse ? L'exemple de Nelson Mandela est éclairant : pendant des décennies, il fut qualifié de « terroriste » par les États-Unis et leurs alliés, dont le Canada, avant de devenir l'icône mondiale de la liberté. Aujourd'hui, le même stigmate sert à délégitimer la résistance palestinienne.

Conclusion : une reconnaissance comme masque

Les six conditions imposées par le Canada ne sont pas un geste de solidarité envers le peuple palestinien. Elles constituent plutôt une feuille de route visant à perpétuer sa subordination et à préserver la complicité canadienne avec l'occupation israélienne. Sous les mots de « démocratie », de « droits humains » et de « paix », se cache une politique coloniale qui nie la souveraineté palestinienne.

Si le Canada veut vraiment la justice et la paix, il doit reconnaître immédiatement le génocide en cours, rompre toute complicité avec Israël et soutenir un processus de décolonisation intégrale, garantissant le retour des réfugiés et l'égalité des droits pour tous les habitants de la Palestine historique.

Manuel Tapial, membre de Palestine Vivra.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Action de visibilité « Vers la Marche mondiale des femmes 2025 »

30 septembre 2025, par Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale (Portneuf-Ouébec-Charlevoix) — ,
« Nous serons vues, nous serons entendues ! Nous sommes la rue, la voix des exclues ! » Québec, 24 septembre 2025 - Des dizaines de féministes de la région ont répondu à (…)

« Nous serons vues, nous serons entendues ! Nous sommes la rue, la voix des exclues ! »

Québec, 24 septembre 2025 - Des dizaines de féministes de la région ont répondu à l'appel du Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale Nationale et se sont mobilisé·es dans rues de la haute-ville de Québec afin de promouvoir la Marche Mondiale des Femmes 2025 (MMF). Par des traverses piétonnières avec bannières et pancartes au coin des rues Honoré-Mercier et René-Lévesque, ainsi qu'un die-in aux couleurs de la MMF, ces femmes ont dénoncé le continuum des violences envers les filles et les femmes, la pauvreté qui représente une violence systémique ainsi que le capitalisme responsable de la crise climatique et de l'effondrement de la biodiversité au détriment de la santé et de la vie des populations et celles des prochaines générations.

« Aujourd'hui, nous sommes venues occuper l'espace public pour dénoncer, entre autres, les violences envers les femmes. Pendant notre mobilisation, quelques hommes ont tenu des propos violents à notre égard. Nous sommes consternées ! Cela nous démontre que nous devons continuer à défendre l'intégrité et la sécurité des femmes. Nos droits et nos vies ne sont pas négociables » fustige Lucie Piché, porte-parole et citoyenne pour le Regroupement des groupes de femmes de la Capitale-Nationale.

Le 18 octobre prochain, ce sont plusieurs milliers de personnes venues des quatre coins de la province, femmes, hommes et personnes de la pluralité des genres qui sont attendues dans la Capitale-Nationale. « Par cette action aujourd'hui, nous appelons toute la population du Québec à se joindre au grand mouvement féministe qui aura lieu le 18 octobre prochain devant l'Assemblée nationale. Une pluralité de voix féministes serons unies pour s'opposer aux montées des droites et extrêmes-droites d'ici et d'ailleurs. Joignez-vous à elles pour défendre les droits des femmes et des personnes issues de la communauté 2SLBGTQIA+ le 18 octobre prochain ! », scande Judy Coulombe, co-coordinatrice au Regroupement des groupes de femmes de la Capitale-Nationale.

Le RGF-CN regroupe des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale et travaille la défense des droits et des intérêts de toutes les femmes, l'égalité des femmes entre elles, l'amélioration des conditions de vie.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Face au trumpisme, le socialisme étasunien sort de l’ombre

30 septembre 2025, par Mathieu Bonzom — ,
La victoire de Zohran Mamdani à la primaire démocrate pour la mairie de New York est le signe d'un souffle nouveau au sein de la gauche étasunienne. Celui-ci repose notamment (…)

La victoire de Zohran Mamdani à la primaire démocrate pour la mairie de New York est le signe d'un souffle nouveau au sein de la gauche étasunienne. Celui-ci repose notamment sur le développement de Democratic Socialists of America, une organisation politique se revendiquant explicitement du socialisme. Entretien avec le chercheur Mathieu Bonzom, spécialiste de la gauche étasunienne.

Tiré de Gauche anticapitaliste
19 septembre 2025

Par Mathieu Bonzom

Quelles sont les spécificités du champ politique étasunien ? Quelle place la gauche y tient-elle ?

Les États-Unis ont de nombreuses spécificités politiques par rapport aux autres pays du centre capitaliste, mais deux d'entre elles me semblent particulièrement importantes pour comprendre à la fois le trumpisme et le nouveau socialisme qui se consolide dans le pays. La première réside dans le caractère colonial de cet État qui n'a jamais été décolonisé, avec un caractère historiquement génocidaire, aussi bien par rapport aux populations indigènes qu'avec l'esclavage et les formes de ségrégation qui l'ont suivi. Ce ne sont pas seulement des réalités du passé, elles sont encore très actuelles. Cette dimension est éclairante pour comprendre les formes particulières de l'ultra-­autoritarisme contemporain, je pense qu'on peut parler de néofascisme aux Etats-Unis mais la violence d'État y reprend des formes qui ont déjà existé plus souvent à l'intérieur de ce pays que dans l'histoire des autres grandes puissances capitalistes.

L'autre particularité étasunienne, c'est celle de la défaite historique de la gauche de masse, qui a des conséquences pour la gauche elle-même, mais qui permet aussi de comprendre l'ensemble de la dynamique du système politique et la divergence avec les autres États du centre capitaliste. Cette défaite est claire à partir de la Première Guerre mondiale : aucun parti de masse ne s'installe à ce moment-là, contrairement à la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, etc. Le mouvement syndical se développe certes à une grande échelle, mais il prend des formes apolitiques, corporatistes, et surtout muselées par les défaites des batailles de masse préalables qui auraient ouvert un espace pour la lutte syndicale.

La défaite historique de la gauche a des conséquences sur l'ensemble du système politique : la forme que prennent les partis est très particulière, très décentralisée. Ce sont des partis bourgeois qui coalisent de manière assez lâche des élu·es, qui sont des baron·nes politiques regroupant des ressources financières énormes, ce qui leur donne du pouvoir dans le parti par ce biais-là – le Parti démocrate n'est absolument pas contrôlé par ses membres. Beaucoup de contradictions idéologiques en ressortent, et se répercutent dans la forme de la polarisation politique droite/gauche qui n'est pas une réalité claire aux États-Unis.

Quel est le rapport d'une organisation comme Democratic Socialists of America avec le Parti démocrate ?

Tout au long du 20e siècle, la gauche n'est pas arrivée à briser l'étau pour s'installer politiquement. Désormais, nous sommes dans une période de crise généralisée pour l'ensemble des gauches du centre impérialiste comme du reste du monde. Après la crise de 2008 et ses contrecoups sociaux depuis le mouvement Occupy en 2011, le véritable contrecoup politique est déclenché par la première campagne aux primaires présidentielles démocrates de Bernie Sanders en 2015 – 2016. C'est un moment décisif, qui déclenche une série de poussées de croissance de l'organisation Democratic Socialists of America (DSA). On observe dès lors un enthousiasme nouveau pour les idées socialistes, porté par cette campagne de masse.

Sanders incarne vraiment une rupture avec les partis bourgeois, tout en participant aux primaires démocrates parce que le système les rend presque indispensables pour exister électoralement. Cet engouement se mesure aussi dans les sondages à l'époque, notamment parmi les plus jeunes. C'est difficile d'expliquer pourquoi, mais c'est DSA qui profite le plus de la dynamique des campagnes de Sanders – qui ne fait pas partie lui-même de l'organisation. Quand Trump remporte ensuite sa première élection présidentielle, DSA a connu une nouvelle vague d'adhésions, de même qu'avec l'élection d'Alexandria Ocasio-Cortez à la Chambre des représentant·es en 2018, soutenue par DSA au niveau national.

Cette dynamique déclenche vraiment un redémarrage complet de l'organisation qui change de ligne politique en même temps que de composition et de taille. Une série de ruptures stratégiques sont décidées dans les congrès de l'organisation. Jusque-là, DSA était convaincu que la seule chose à faire dans le contexte très particulier du pays, c'était de travailler patiemment à l'intérieur du Parti démocrate dans l'espoir d'un jour le « réaligner » [terme spécifique du contexte américain – ndlr] et le transformer en parti de gauche. Désormais, le parti a rompu avec l'Internationale socialiste dont il était membre jusqu'alors, il adopte des positions telles que le soutien à la campagne BDS sur la Palestine ainsi qu'à une stratégie syndicale radicale par la base. Il y a donc une série de choses qui marque vraiment un renouveau, pas seulement en termes d'afflux de membres, mais aussi en termes de profil politique. DSA commence à théoriser sa stratégie, en s'appuyant sur ses campagnes électorales via les primaires démocrates afin de continuer à grandir comme un petit parti de gauche autonome.

Dans quelle mesure des figures comme Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez ont-elles joué un rôle dans la croissance spectaculaire de DSA dans la dernière décennie ?

Sanders joue un rôle assez unique dans le champ politique étasunien, que peu d'autres figures auraient pu jouer. Il fait partie de la génération de la « nouvelle gauche » des années 1960–1970. Lors du reflux de celle-ci et de l'avènement du néolibéralisme, il n'a pas renoncé à ses idées en se réfugiant dans le Vermont, devenant notamment maire de Burlington. Ainsi, il a trouvé une voie pour à la fois rester socialiste et en même temps rester dans la politique et entrer même en réalité dans la politique électorale. Il y a peu d'élu·es dans le paysage politique, voire aucun·e, qui ont ces 2 caractéristiques.

Sa campagne est l'une des conditions de possibilité pour ce qui se passe ensuite dans DSA. Il joue encore un rôle important depuis la victoire de Trump, avec une tournée de meetings importants. D'un côté, il fait un peu le travail des démocrates à leur place pour essayer de faire battre des républicains élus de justesse dans certaines circonscriptions aux prochaines élections. Mais il est clairement en train de mettre en avant une perspective où la seule alternative au trumpisme est une forme ou une autre de socialisme, à distance des figures démocrates. Cela apporte du grain à moudre à une résistance politique introuvable en dehors du camp socialiste.

Alexandria Ocasio-Cortez (AOC) est plutôt de la génération du renouveau de DSA, elle fait partie des gens qui entrent en politique dans les 10 dernières années. Elle a peu d'expérience politique lorsqu'elle est élue au Congrès sous une étiquette socialiste. Elle se retrouve ainsi propulsée dans un milieu et dans un espace politique difficile, lequel est construit pour détruire en fait nos idées. Elle n'arrive pas toujours à s'en sortir comme DSA le voudrait, ce qui amène toute une série de questionnements sur les liens avec les élu·es : comment éviter de se retrouver avec des élu·es qui ne défendent plus vraiment les idées pour lesquelles iels ont été soutenu·es par le parti ?

AOC n'a pas renié ses idées non plus, mais sur des décisions précises, DSA a été amené à faire des communiqués pour dénoncer le vote de la candidate que l'organisation avait soutenue. Elle essaie par ailleurs de développer sa propre stratégie à l'intérieur du Parti démocrate, ce qui éclaire peut-être un peu certaines de ses intentions.

En quoi la campagne de Zohran Mamdani reflète-t-elle la bonne dynamique générale du parti ?

New York est l'une des pointes avancées du parti, parce que c'est l'une des plus grandes sections dans le pays – avec celle de Chicago – et qu'elle a mené de nombreuses campagnes électorales importantes, victorieuses ou non, faisant ainsi grandir l'organisation bien avant 2025. Celle pour la candidature de Mamdani fut vraiment exemplaire à mes yeux, notamment par son caractère particulièrement massif : la campagne a rassemblé plus de 50000 bénévoles dans toutes les rues de New York, pour frapper à plus d'un million de portes afin de convaincre les gens de voter à la primaire.

C'est un vrai tour de force d'arriver à donner une chance à un candidat socialiste dans une ville particulièrement importante pour le capitalisme, aussi bien étasunien que mondial. Dans la population, les idées socialistes bénéficient d'un soutien réel. Certains quartiers de New York sont aujourd'hui représentés par des socialistes à pratiquement tous les échelons – depuis les conseillers municipaux jusqu'au Congrès, en passant par celui des États.

La campagne arrive à trouver une brèche, avec un caractère de masse, en convainquant plein de gens de voter aux primaires. La participation primaire a beaucoup augmenté dans les classes populaires, rendant la victoire sans appel contre les autres candidats démocrates officiels. Cette campagne est aussi exemplaire en termes de ligne politique, dans la combativité sur la vie chère ou sur la Palestine. Habituellement, gagner la primaire démocrate pour la mairie de New York assure pratiquement la victoire finale. Cette fois-ci, Mamdani aura contre lui les classes dirigeantes qui n'ont pas dit leur dernier motet qui vont essayer de le faire battre, celles-ci bénéficiant notamment du soutien de Trump. On retrouve là l'opposition entre trumpisme et socialisme dans cette élection qui a pris un caractère national.

Peut-on dire que DSA représente une toute nouvelle gauche de masse aux États-Unis ?

Parler de « mouvement de masse » concernant DSA renvoie selon moi à deux choses. D'une part, cela consiste à se démarquer des petites organisations de gauche radicale existantes qui ne pourraient jamais acquérir un caractère de masse par les tactiques actuelles qu'elles emploient. D'autre part, nous devons prendre en compte la période dans laquelle nous sommes : l'idée même d'une gauche a disparu dans les masses. Construire une gauche de masse est synonyme de reconstruction d'un horizon comme celui du socialisme en tant qu'un des avenirs possibles de l'humanité.

DSA est une organisation contrôlée par ses membres, comme d'autres dans la gauche radicale, mais sa croissance, ses succès électoraux et ses débats et expérimentations pour une meilleure implantation populaire lui donnent les meilleures chances d'élargir sa base. Ce socialisme renaissant n'est pas encore implanté dans les classes populaires, même là où il obtient leurs suffrages. Pour l'heure, sa composition sociologique reste celle de la classe moyenne, de jeunes étudiant·es, de personnes essentiellement blanches, etc. L'objectif de massification n'est donc pas atteint, mais DSA s'en donne les moyens !

Quels liens le parti entretient-il avec les mobilisations massives des dernières années ?

Ces dernières années, les manifestations de masse en particulier sont redevenues un mode d'action fréquemment utilisé aux États-Unis. Ce sont parfois des émeutes ou des situations un peu hybrides. Les récents mouvements sociaux du pays – comme Black Lives Matter– ont eu beaucoup de mal à se traduire en retombées organisationnelles sur le plus long terme. Plus précisément, il existe des traditions organisationnelles qui ne sont pas portées par le mouvement de masse, ainsi que des mouvements de masse qui ne sont pas très portés vers l'organisationnel.

Les organisations syndicales, notamment, ne sont pas construites sur un tel modèle. Leur transformation en ce sens est très difficile, même si on retrouve certaines volontés pour repartir sur un modèle de masse. De leur côté, les nouveaux mouvements sont souvent très réticents à l'idée de la participation aux partis. Celles et ceux qui y participent ont de plus en plus conscience que le système électoral du pays n'est absolument pas démocratique.

Tout cela ne veut toutefois pas dire qu'il n'y a pas de retombées additionnelles par défaut. Les démocrates étaient habitués à rafler la mise, mais ça marche de moins en moins. Puisque ce n'est pas vraiment une organisation où on peut entrer pour militer, le Parti démocrate n'est pas investi par les militant·es des mouvements sociaux– sauf pendant les campagnes électorales. Quelques organisations ont émergé de ces mobilisations, mais ce ne sont pas des structures tournées vers une politique de masse et confrontationnelle. Elles ne sont pas capables à elles-seules de mettre du monde dans la rue contre Trump.

Cependant, celles et ceux qui veulent arrêter Trump – et cela fait quand même des millions de gens – et qui voient que les structures existantes jouent un rôle très limité vont devoir tenter d'inventer de nouvelles voies de lutte pour renouveler et étendre le mouvement syndical, organiser d'autres secteurs de lutte dans la durée, etc. Iels pourront, je pense, compter sur la nouvelle gauche politique pour participer à ce combat. Le camp de l'égalité et de la justice sociale n'a pas dit son dernier mot.

Propos recueillis par Antoine Dubiau et Guillaume Matthey, publié par Solidarités le 29 août 2025

Photo : Meeting de la campagne de Zohran Mamdani pour la mairie de New York, Brooklyn, 4 mai 2025. © Jack Califano

*****

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Italie : Contre le génocide à Gaza, des millions de travailleur·ses et d’étudiant·es en grève

30 septembre 2025, par Gippò Mukendi Ngandu — , ,
Il est difficile de donner les chiffres d'une journée aussi intense, grouillante de monde et intergénérationnelle. Ce qui est certain, c'est que cela faisait des années qu'on (…)

Il est difficile de donner les chiffres d'une journée aussi intense, grouillante de monde et intergénérationnelle. Ce qui est certain, c'est que cela faisait des années qu'on n'avait pas vu un tel afflux de travailleur·ses, rejoint·es par des étudiant·es, déferler dans les principales villes italiennes telles que Naples, Milan, Bologne, Turin, Brescia, Florence, Palerme, Catane, ainsi que dans sept autres villes.

Tiré de Inprecor
23 septembre 2025

Par Gippò Mukendi Ngandu

La grève générale organisée par les syndicats de base a non seulement été couronnée de succès, mais elle a dépassé toutes les attentes. Les ports ont été bloqués à Gênes, Livourne, Marghera, Trieste et Salerne. Le périphérique a été occupé à Bologne, et à Florence, l'autoroute vers Pise et Livourne. Les cortèges, quant à eux, se sont multipliés au cours de la journée et, même dans la soirée, les rues de nombreuses villes ont été traversées par de nouvelles initiatives et des barrages.

En réalité, le niveau de participation n'est pas si surprenant. Les mobilisations contre le génocide à Gaza et en soutien au peuple palestinien se sont développées au cours de l'année dernière, jusqu'à impliquer de larges secteurs non militants qui avaient participé aux manifestations du 21 juin à Rome. Au cours de l'année, les mobilisations citoyennes se sont également développées, malgré la fragmentation qui les a souvent caractérisées.

L'initiative de la Global sumud flotilla a sans aucun doute joué un rôle fédérateur, élargissant la participation à de larges secteurs populaires, ainsi qu'aux travailleur·ses. Depuis la fin août et le début septembre, les initiatives en faveur de la flottille se sont multipliées, tout comme l'indignation contre la politique génocidaire et d'épuration ethnique et le mépris du gouvernement Meloni qui continue à maintenir inchangées ses relations commerciales et militaires avec Israël et se montre de plus en plus servile envers les choix stratégiques de Trump et de l'OTAN.

Entre-temps, le mot d'ordre de la grève générale s'est répandu dans de nombreux lieux de travail et la volonté de se mobiliser en solidarité avec le peuple palestinien s'est accrue.

Le syndicalisme de base, qui s'est toujours mobilisé en faveur du peuple palestinien et contre le génocide de Gaza, a soutenu cette démarche et a appelé à la grève générale, qui était désormais dans les esprits de nombreux·ses travailleur·ses. Ce n'est pas un hasard si, en particulier dans l'enseignement, de nombreux membres de la CGIL ont fait grève.

La CGIL a toutefois manqué une occasion. Au lieu de se rallier aux grandes mobilisations et à la grève générale, elle a décidé d'être autocentrée en mettant en place ses propres initiatives, complètement séparées de la mobilisation en cours. Pourtant, des associations importantes telles que l'Arci et l'Anpi, ainsi que d'autres associations et ONG qui soutiennent la Global Sumud Flottilla, avaient décidé de rallier à la grève générale.

La grève générale, même si elle n'a pas paralysé toute l'Italie, constitue un moment fondamental pour l'élargissement d'un grand mouvement de soutien à Gaza et au peuple palestinien, ainsi que contre les politiques impérialistes et bellicistes des gouvernements occidentaux et du gouvernement italien. Elle s'adresse également aux mobilisations européennes et à la nécessité d'une grève générale européenne contre les gouvernements complices du génocide et partisans du réarmement.

Publié le 23 septembre 2025 par Sinistra Anticapitalista

*****

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Guerre des drones ou guerre des nerfs

30 septembre 2025, par Catherine Samary — , , ,
Poutine multiplie les incursions et les menaces tout en intensifiant ses attaques contre l'Ukraine. L'utilisation des drones « low cost », marquée par de rapides innovations, (…)

Poutine multiplie les incursions et les menaces tout en intensifiant ses attaques contre l'Ukraine. L'utilisation des drones « low cost », marquée par de rapides innovations, tire son origine de la résistance populaire ukrainienne. Elle constitue aujourd'hui également un élément central de l'économie de guerre russe.

18 septembre 2025 | Crédit Photo : L'Anticapitaliste Hebdo L'Anticapitaliste - 767
https://lanticapitaliste.org/actualite/international/guerre-des-drones-ou-guerre-des-nerfs

Poutine redouble les manifestations de sa capacité de nuisance pour arriver en position de force dans d'éventuelles négociations. Si Moscou n'a sans doute ni l'objectif ni les moyens militaires de déclencher une guerre contre un autre pays, la Russie multiplie les incursions et menaces — Pologne, Roumanie, États baltes étant les premières cibles — et la ­rhétorique guerrière commence à cibler la Finlande.

Outre les « exercices » menés avec la Biélorussie, déployant officiellement 13 000 hommes (30 000 selon la Lituanie) dans l'opération Zapad (Ouest) 2025, les essaims de drones sur la Pologne ou le viol de l'espace aérien de la Roumanie visent à tester les réactions et à cacher l'essentiel : les attaques quotidiennes meurtrières contre l'Ukraine. En août, les forces russes ont tué au moins 208 civilEs en Ukraine et en ont blessé 827 autres. Et dans la nuit du 12 septembre, l'armée russe a lancé 164 drones de combat et un missile balistique Iskander-M/Kn-23 contre l'Ukraine.

Avec les drones, la guerre à moindre coût

La résistance à l'invasion dirigée par Poutine a initié une nouvelle guerre du 21e siècle : la guerre des drones. Née de l'inventivité populaire ukrainienne, « low cost », elle s'est rapidement inscrite dans l'économie de guerre déployée par le pays agressé. La puissance militaire russe s'y est depuis adaptée, avec une tout autre échelle de moyens, tandis que l'OTAN montre de grandes difficultés à y faire face.

Des systèmes antidrones permettent de protéger des infrastructures. Mais si l'attaque concerne une frontière entière, les alliéEs sont aujourd'hui contraintEs de s'en remettre à leurs avions de chasse avec des missiles embarqués, comme ce fut le cas en Pologne, ce qui est coûteux.

S'adapter aux évolutions

Les états-majors occidentaux pourraient avoir recours à des solutions plus rudimentaires mais innovantes, déployées aujourd'hui en Ukraine. Baptisées Sky Fortress ou Zvook (« son », en ukrainien), elles reposent sur le déploiement de milliers de capteurs acoustiques sur de vastes étendues de territoire, capables de détecter le bruit émis par les drones. Le coût unitaire de ces antennes ne dépasse pas quelques centaines de dollars, selon les UkrainienNEs. L'ensemble du réseau coûterait ainsi à peine plus cher qu'un seul missile Patriot (soit 3,4 millions d'euros, pour la version la plus récente). L'Ukraine fabrique aussi des drones intercepteurs chargés d'entrer en collision ou d'exploser à proximité des drones ciblés. L'UE investit sur un projet industriel de « mur de drones » dans cet esprit.

*****

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

L’Italie et l’Espagne déploient des navires de guerre après des attaques répétées de drones contre la flottille à destination de Gaza

30 septembre 2025, par Democracy now ! — , , , ,
L'Espagne et l'Italie envoient des navires de guerre pour protéger la Global Sumud Flotilla, en route pour Gaza, après que des militant·es ont déclaré que leurs bateaux avaient (…)

L'Espagne et l'Italie envoient des navires de guerre pour protéger la Global Sumud Flotilla, en route pour Gaza, après que des militant·es ont déclaré que leurs bateaux avaient été attaqués à plusieurs reprises par des drones près de la Grèce mercredi. Selon les militant·es, ces frappes récentes constituaient la septième attaque contre les navires du mouvement de solidarité. La Global Sumud Flotilla est le plus grand convoi humanitaire de l'histoire à traverser la Méditerranée, affirme David Adler, co-coordinateur général de l'Internationale progressiste, qui s'exprimait depuis la flottille sur Democracy Now !.

25 septembre 2025 | tiré de democracy now !
https://www.democracynow.org/2025/9/25/sumud_flotilla

AMY GOODMAN : Les passagers de la flottille — il y a de nombreux bateaux — incluent l'activiste suédoise Greta Thunberg et le petit-fils de Nelson Mandela, le député sud-africain Mandla Mandela.
Nous rejoignons maintenant la flottille pour parler avec David Adler, co-coordinateur général de l'Internationale progressiste. Il vient de publier dans The Guardian un article intitulé « Nous naviguons vers Gaza. Voici pourquoi. »
David, on voit vos cheveux souffler au vent, on voit que vous êtes sur le navire. Pouvez-vous expliquer ce qui s'est passé ? Pour celles et ceux qui n'ont pas suivi cette flottille, de quoi s'agit-il ? Et quelle est la signification du déploiement de navires de guerre italiens et espagnols pour vous protéger ?

DAVID ADLER : Cette Global Sumud Flotilla est le plus grand convoi humanitaire de l'histoire à traverser la Méditerranée, de Barcelone à Tunis, en passant par la Sicile, jusqu'ici en Crète, et en direction de Gaza, avec une mission très simple mais urgente : briser le siège et établir un corridor humanitaire permanent par voie maritime pour livrer une aide vitale au peuple palestinien affamé.

Ce n'est pas une exagération, Amy, de dire que cette mission sans précédent, dont le nombre de navires dépasse la somme de toutes les tentatives précédentes depuis 2008 de la Freedom Flotilla et de ses affiliés, a été confrontée à du sabotage bureaucratique, a subi des attaques de drones dans le port de Tunis, où nous avons été visés par des dispositifs incendiaires alors que nous étions à bord. Mais le plus terrifiant s'est produit en mer, il y a deux nuits, avant d'approcher de Tikrit : pendant plusieurs heures, nous avons subi des bombardements. Imaginez : sous le couvert de l'obscurité, nous ne voyons pas ces drones. Nous les entendons, mais sans lumière, et ce que nous entendons surtout, ce sont les explosions. Nous n'avons que les images CCTV montrant les bombes larguées sur les bateaux, avec l'intention évidente de les endommager irrémédiablement et donc d'empêcher la mission d'avancer. Dans plusieurs cas, ils ont réussi : certains bateaux sont devenus inutilisables. D'autres ont pu être réparés.

Un détail qui pourrait intéresser vos auditeurs et spectateurs : pendant qu'ils menaient cet acte illégal, criminel, de violence contre une mission humanitaire civile comme la nôtre, ils ont aussi brouillé nos communications. Avec quoi ? Avec ABBA, la chanson « Lay Your Love on Me », évidemment une référence, à peine subtile, à la militante suédoise Greta Thunberg, que vous avez mentionnée dans l'introduction, Amy.

C'est donc à la suite de ces attaques terrifiantes, qui nous ont maintenus éveillés toute la nuit et mis nos vies en danger, que nous avons lancé un appel au monde — en particulier aux gouvernements méditerranéens — non pas seulement pour qu'ils déclarent leur soutien à la flottille ou reconnaissent nos ambitions humanitaires, mais pour qu'ils envoient des navires, non pas tant pour protéger nos vies que pour garantir le succès de notre mission : établir un nouveau corridor pour atteindre Gaza, alors que les points d'accès terrestres sont si notoirement bloqués.

AMY GOODMAN : Combien de bateaux y a-t-il, David ?

DAVID ADLER : Nous sommes environ 40 bateaux, réunissant trois flottes — celle de Barcelone, celle du Maghreb/Tunis, et la flotte italienne. Nous devons rejoindre six autres bateaux venant de Grèce. Nous devrions être entre 40 et 50 navires — un nombre sans précédent de bateaux humanitaires — qui prennent maintenant la mer pour la dernière étape vers Gaza.

AMY GOODMAN : David, votre son coupe un peu, donc pendant que nous corrigeons cela, nous allons entendre la personne que vous venez de mentionner, l'activiste climatique suédoise Greta Thunberg. Voici ce qu'elle disait lorsque la flottille a fait escale en Tunisie.

GRETA THUNBERG : Le message que nous voulons envoyer aux Palestiniens de Gaza est multiple. D'abord, je suis absolument écœurée et révoltée de vivre dans un monde où nos dirigeants trahissent chaque jour les Palestiniens, et où tant de gens acceptent apparemment cette injustice extrême et le massacre massif de civils sans rien faire. Pour cela, j'ai le cœur brisé. Ce n'est pas une question de moi ni de mes sentiments, mais j'ai le cœur brisé de vivre dans un tel monde. …
Ce qui se passe maintenant, par exemple à Gaza-ville, ne devrait surprendre personne, car Israël a été clair dès le début : son intention est génocidaire, il veut prendre le contrôle de la bande de Gaza, ce qui constitue un crime de guerre d'une extrême gravité. Et le monde n'a pas écouté. Aujourd'hui, de plus en plus de gens se réveillent, mais à quel prix ? …
Ce qui se passe est bien sûr une attaque contre les Palestiniens, contre leur identité, leur nation, et contre toutes ces vies dont la souffrance est réduite à des chiffres et à des résolutions de l'ONU. Mais c'est aussi une attaque contre l'humanité, contre le droit international, contre tout ce qu'il nous reste de dignité humaine. Et c'est un immense, immense danger. « Danger » n'est d'ailleurs pas le bon mot : c'est une menace contre tout ce qui nous est cher. …
Nous prétendons seulement agir en accord avec le droit international. Nous entendons les appels des Palestiniens qui exhortent les peuples du monde à agir, à mettre fin à notre complicité. Nous faisons une toute petite part de ce travail, le strict minimum, pour défendre le droit international et les droits humains. …
Les risques auxquels nous pourrions être exposés ne sont rien comparés à ce que les Palestiniens affrontent chaque jour simplement pour survivre. Par exemple, les journalistes palestiniens extrêmement courageux, auxquels nous devons tant, risquent leur vie chaque jour pour raconter ce qui se passe. Et le plus grand danger est que nous avons laissé le fascisme et le racisme croître au point que l'histoire se répète encore et encore.

AMY GOODMAN : Voilà l'activiste climatique Greta Thunberg, l'une des nombreuses militantes à bord d'une quarantaine de navires de la Sumud Flotilla, visés par des drones. Drop Site News rapporte que l'envoyé de Trump, Tom Barrack, a reconnu qu'Israël avait bombardé les navires de la Global Sumud Flotilla en Tunisie plus tôt ce mois-ci. C'est là que Greta s'exprimait. Nous parlons en direct, depuis un navire, avec David Adler, co-coordinateur général de l'Internationale progressiste.

NERMEEN SHAIKH : Avant de conclure, David Adler, pouvez-vous préciser : qu'apportez-vous exactement sur ces navires pour Gaza ? Et quel est votre appel aujourd'hui ?

DAVID ADLER : Nous transportons — ces navires, certains sont de modestes bateaux de croisière familiaux, comme celui où je me trouve, le navire de tête de la flotte ; d'autres sont de simples voiliers — et ils sont remplis jusqu'à la limite de produits humanitaires de base et essentiels : du lait maternisé, des médicaments, de la nourriture et de l'eau.

Cependant, nous ne sommes pas naïfs quant à l'ampleur de la souffrance à Gaza ni de la crise humanitaire, qui exige une réponse beaucoup plus vaste et ambitieuse des États, dont les obligations de bonne foi en vertu du droit international leur imposent d'agir, en vertu de la Convention sur le génocide. C'est pourquoi j'insiste tant sur l'aspect infrastructurel de notre mission. Nous ne sommes pas ici pour déposer l'aide et rentrer chez nous, satisfaits.

AMY GOODMAN : Il nous reste cinq secondes, David.

DAVID ADLER : Nous sommes ici pour établir un corridor humanitaire afin que les États assument eux-mêmes leurs responsabilités et livrent l'aide à l'échelle dont Gaza a besoin.

AMY GOODMAN : David Adler, co-coordinateur général de l'Internationale progressiste, à bord de la Sumud Flotilla qui cherche à briser le siège de Gaza. Des navires espagnols et italiens ont été envoyés pour les protéger. Je suis Amy Goodman, avec Nermeen Shaikh, pour une nouvelle édition de Democracy Now !

Cotisations syndicales « facultatives » au Québec

30 septembre 2025, par Guylain Bernier, Yvan Perrier — , ,
Face à une pente difficile à remonter, la CAQ cherche par divers moyens à redorer son blason. Parmi ceux-ci, notons cette tentative à vouloir réformer le syndicalisme[1] (…)

Face à une pente difficile à remonter, la CAQ cherche par divers moyens à redorer son blason. Parmi ceux-ci, notons cette tentative à vouloir réformer le syndicalisme[1] québécois en rendant « facultatives » les cotisations syndicales. Or, il importe d'apporter ici certaines précisions, puisque la notion « facultative » touche l'un des volets de l'action syndicale, c'est-à-dire celui du militantisme et de la participation à différentes causes sociales — aussi environnementales — qui sont en quelque sorte séparés du volet primaire concernant la négociation et les revendications associées au travail et à l'emploi.

Sans vouloir approfondir les détails, afin de nous intéresser davantage aux sous-entendus possibles d'une telle manoeuvre, la tâche nous amène donc à voir au-delà des tentatives de la CAQ à vouloir remonter dans les sondages. À vrai dire, la néolibéralisation[2] de l'État québécois, comme ailleurs, se poursuit à vitesse grand « V » depuis la fin des années mille neuf cent soixante-dix.

Un tournant fort

Reniant l'État-providence[3], l'ancrage capitaliste[4] au sein de l'idéologie néolibérale participe à faire de l'État l'un de ses rouages en cherchant à rendre « productif » — du sens de l'accumulation — le maximum d'activités humaines. Cette tendance insinue de rendre rentable même ce qui semble ne pas avoir cette visée. L'effritement des services publics et, de surcroît, la responsabilité disons « sociale » de l'État favorisent indubitablement une activité subissant une privatisation éventuelle et soi-disant nécessaire au mouvement « capitaliste » de l'ensemble de l'État ; toujours dans le sens de prêcher la doctrine de l'« utilisateurTRICE payeurEUSE ». On en revient alors à la désarticulation des groupes, des organisations, des ministères et des agences, dans le but exprès de valoriser une société d'individus, dont la responsabilité « sociale » dépend de chacun et chacune qui doivent s'insérer dans les mécanismes du système de la production, voire plus conformément le marché du travail qui en est une composante clé.

Si ce marché se divise en unités de groupe, c'est-à-dire en entreprises habituellement, cela ne signifie pas forcément une cohésion sociale en leur sein, plutôt la décision des individus d'y adhérer sur la base d'un droit de salaire et d'avantages « sociaux » — soi-disant, puisqu'il faudrait y voir à la place, d'après notre effort d'illustration jusqu'ici, des avantages dits « offerts à l'individu » acceptant de sacrifier son temps, accordant donc sa force de travail à l'entreprise qui reconnaît, en vertu des lois « anciennes » mais officielles décrétées par l'État, ce droit pour l'ensemble de ses travailleurEUSEs — qui leur permettront d'évoluer en société et donc de consommer selon leurs désirs et besoins. Or, cette décision a été approuvée par l'employeur représentant ladite entreprise choisie comme lieu de travail par les individus-travailleurEUSEs. Cet acte binaire d'offre et de demande de travail tel qu'illustré détonne de la tendance coutumière où l'engagement au travail serait l'affaire d'une collectivité. Si l'idée continue d'être partagée, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'une habitude reflétant le passé où l'individu possédait une véritable appartenance à sa nation — ce qui serait à définir ailleurs — et où des groupes veillaient aux intérêts des uns et des autres. Cela ne signifie pourtant pas la disparition d'un tel engagement, car sont encore présents des regroupements oeuvrant à cette dimension sociale et de solidarité, en songeant notamment aux syndicats, au milieu communautaire, au militantisme, y compris à des entreprises. Par contre est survenu le moment d'un individualisme[5] triomphant qui sert à transformer les mentalités, alors que la dimension collective est souvent rattachée au socialisme[6] totalitaire. Si des dérives passées attribuées à un totalitarisme[7] contraignant l'individu ont servi à critiquer l'État, cet événement a par le fait même contribué à l'acclamation des droits et des libertés individuels. Cela représente certes une avancée non négligeable, mais la vertu sociale et sociétale a pu aussi être instrumentalisée de façon à valoriser une lutte de place, dans la mesure où n'importe qui a le droit à son coin de paradis ; mais à quel prix !

Se regrouper n'est pas opposé au mouvement libéral, même si…

La première révolution industrielle a contribué à l'ascension d'un groupe privilégié, et ce sur le dos d'une population qui en est venue à s'organiser pour défendre le droit à de meilleures conditions de travail. Le libéralisme[8] qui a suivi représentait la voie de salut de l'État démocratique, qui toutefois faisait reposer ses assises sur d'anciennes structures souvent monarchiques et avant tout aristocratiques. Cette centralisation des pouvoirs, surtout politiques, s'est donc répercutée dans les entreprises aux pouvoirs de décision centralisés avec une sorte de mainmise — également de renvoi (congédiement) — sur les travailleurEUSEs. Ainsi, l'apparition des mouvements ouvriers, et plus tard syndicaux, constitue non pas une avenue totalisante dans sa forme de socialisme, mais justement une expression du libéralisme favorable à tous et toutes, afin de réaliser un bonheur individuel et collectif par le moyen du travail. Par conséquent, l'étiquette préconçue d'un État-providence néfaste devrait plutôt être troquée contre une écoute électoraliste aux revendications des travailleurs également citoyens (et les travailleuses-citoyennes auront davantage de poids plus tard), sans ignorer les autres demandes associées à la santé, au bien-être général et à la vie, mais découlant souvent d'une existence vécue dans le monde du travail nécessaire, malheureusement inconsciente de l'ampleur des ajustements à effectuer pour arrimer convenablement l'ensemble avec les lois d'un marché en train de se mondialiser. On a alors préféré mettre la faute sur les demandes exagérées, entre autres des syndicats incapables d'avoir la raison de la satisfaction.

Aujourd'hui, nous poursuivons le retour du libéralisme, cette fois-ci en nous éloignant davantage des structures étatiques du passé, mais dans la mesure où, comme nous l'avons souligné plus tôt, les rouages de l'État interventionniste[9] doivent être réduits à leur moindre expression, afin d'encourager la domination « bourgeoise ». Ainsi, la valeur appréciée d'une classe aristocratique proche de l'État s'est maintenue, en plus également de s'être transformée de façon à ce que la classe bourgeoise, désormais capitaliste, doit un jour dominer seule, donc sans trop de liens avec l'État. Et cela implique d'affaiblir tout autre groupe susceptible de ramener au jour, tels des lanceurs d'alerte, les risques d'une course effrénée du capitalisme pour la population et surtout pour les défavoriséEs, et ce en termes d'accentuation des inégalités socio-économiques, insinuant en termes de justice sociale. Automatiquement réapparaît le travail ainsi que le droit à l'emploi, aux salaires décents, aux conditions de travail favorables au bien-être et à l'épanouissement de tous et toutes. En l'occurrence, le meilleur moyen de faire entendre ses revendications repose sur la capacité de créer un contre-pouvoir suffisamment cohérent, cohésif, solidaire, par le plus grand nombre. Pour l'éviter toutefois, sinon à tout le moins lui nuire, l'astuce consiste à « diviser », en faisant référence ici aux droits et libertés individuels.

Une poussée trop loin peut devenir dangereuse

Dès lors, ce retour à l'individualisme ainsi qu'au libéralisme vantés, selon lesquels chaque travailleurEUSE a la possibilité de choisir son lieu de travail et de dire son mot sur les déductions et les cotisations qui réduisent son revenu. N'est-ce pas là une boîte de Pandore qui risque d'être ouverte tout d'un coup ? Dans le cas présent, la CAQ souhaite permettre aux travailleurEUSEs d'accepter ou non de payer une certaine part de leur cotisation syndicale normalement exigée. Et si, dans l'avenir, un gouvernement de droite va plus loin et offre la possibilité aux individus de ne pas payer de RRQ — parce qu'ils ont des REER — et de RQAP — parce qu'ils ne prévoient pas avoir d'enfant —, pour en rester là, alors que nous pourrions certes ajouter en plus l'assurance-emploi et surtout les impôts, ainsi n'en viendrions-nous pas à concrétiser l'idéal libéral de l'extrême droite d'une fin de l'État, selon sa conception, afin d'en arriver non pas à une société véritable, mais à un féodalisme renouvelé[10], alors que chaque individu devra son existence à l'entité qui lui offre du travail ? Bien entendu, nous exagérons en suggérant cette apocalypse des services publics et de la vision collective du monde. Néanmoins, le réflexe exige de prendre le temps de peser le pour et le contre en ce qui concerne tout changement, sans forcément vouloir dire le statu quo. Un regard en arrière permet souvent de mieux (re)saisir les raisons justifiant les tracés qui ont donné forme au portrait actuel, ce qui inclut de bonnes et de mauvaises choses. Il y a donc du bon dans le processus qui a mené à la constitution de l'individualisme néolibéral, y compris son aspect pervers, parce qu'il est question de savoir définir la « liberté » espérée en tant que telle. Ainsi, le monde du travail et les cotisations syndicales ne sont pas cloîtrés dans un champ spécifique. Toute décision touchant le collectif se répercute en écho sur d'autres domaines et sur chaque individu.

Conclusion

Même si cela semble paradoxal et fort éloigné de la manoeuvre même consistant à rendre les cotisations syndicales « facultatives », il n'en demeure pas moins que l'interdépendance des différentes sphères d'intervention dans la société révèle des enjeux et des questionnements qui dépassent la seule allusion à un domaine précis comme le travail syndiqué. Éviter ce moment de réflexion risque d'entraîner rapidement des effets non recherchés susceptibles de provoquer des désordres sociétaux. Néanmoins, si la CAQ parvient à faire accepter sa proposition à la population québécoise, la tâche suivante exigera à tous et toutes de choisir en définitive le genre de société dans laquelle nous souhaitons évoluer. Alors, la question ici est de savoir, moi, en tant qu'individu, citoyenNE et travailleurEUSE, est-ce que « je suis » seulE face au monde, ou puis-je compter sur d'autres afin de faire face aux défis du présent et de l'avenir ? Voulons-nous vraiment vivre dans un monde dans lequel il appartiendra à chacune et à chacun d'y répondre en fonction de ses valeurs et convictions personnelles ?

Guylain Bernier
Yvan Perrier
29 septembre 2025
15h45


Notes

[1] Par syndicalisme, nous nous référons au mouvement attribué aux syndicats de toute nature, à savoir des regroupements associatifs par domaine d'activités rattachées au milieu du travail, dont l'objectif ultime est la défense des intérêts communs, mais surtout de leurs membres.

[2] Dans les faits, la néolibéralisation représente le processus par lequel un État tend à modifier ses modes de fonctionnement et son idéologie, afin de se conformer aux propriétés du néolibéralisme. Cette dernière notion désigne une forme de libéralisme — voir la note 8 plus bas — selon laquelle les interventions de l'État dans différents domaines doivent être limitées.

[3] Par État-providence, il est question d'un État cherchant par différents moyens à maximiser la sécurité sociale de ses citoyenNEs, et ce, du berceau jusqu'au tombeau. Il s'agit donc d'un État interventionniste — voir la note 9 plus bas —, tant au niveau économique que social, dans le but d'assurer des versements de prestations (assurance-emploi, de maternité et de paternité, de retraite, etc.).

[4] Adjectif rattaché à la notion de capitalisme, désignant un régime socioéconomique de production, mais surtout d'accumulation du capital (revenu et profit) à des fins privées avant tout.

[5] Sur la base de l'État, l'individualisme constitue une doctrine privilégiant la valeur et les droits des individus contre les valeurs et les droits des groupes sociaux. Lorsqu'associé au libéralisme — voir la note 8 plus bas —, l'individualisme peut même suggérer la négation de l'État.

[6] Si le sens commun associe souvent le socialisme à une doctrine ou un régime condamnant la propriété privée, surtout en termes de possession des moyens de production et d'échange, il est possible de nuancer l'approche, afin de tenir compte de ce sur quoi nous désirons dans le présent article faire ressortir, à savoir une volonté d'assurer un bien-être commun par une intervention de l'État sur divers enjeux touchant sa population, ce qui inclut une recherche d'équité, d'égalité et de justice sociales.

[7] Si le terme signifie un régime politique totalitaire, cette définition du totalitarisme, se voulant tautologique, suppose avant tout un État dans lequel les contre-pouvoirs sont absents et les exigences individuelles sont entièrement soumises à un ordre collectif placé sous le règne d'un pouvoir dictatorial, voire même absolu.

[8] À l'opposé du totalitarisme, le libéralisme prône une liberté d'entreprise et pour les individus, pour ne pas dire un laisser-faire favorable à la concurrence et, par conséquent, une faible intervention de l'État dans tous les domaines économiques et sociaux. Autrement dit, la diminution volontaire des pouvoirs de l'État l'est sur la base d'un bénéfice recherché pour les libertés individuelles. Par essence, le libéralisme revendique, en tant qu'attitude et doctrine, une liberté politique, économique, de travail, culturelle — au sens large —, de même qu'une liberté de conscience et d'expression.

[9] En ce qui touche l'interventionnisme, c'est-à-dire une doctrine selon laquelle l'État doit intervenir dans l'économie.

[10] Selon le sens commun, le féodalisme évoque le régime par lequel la féodalité s'exprime en tant que doctrine organisant le système politique et social sous la forme de seigneuries et de fiefs. Bien que la notion évoque surtout la période médiévale, l'allusion à un sens renouvelé suppose une désarticulation de l'État actuel favorisant une montée des grandes entreprises qui obtiendront davantage de pouvoir en vertu du mode capitalo-individualo-néolibéral régissant l'organisation sociétale. Autrement dit, la constitution d'une ploutocratie puissance occasionne une redéfinition à la fois du territoire (sur la base des lieux de travail de ces grandes entreprises et la réalité nouvelle du cyberespace) et des trajectoires d'échange économique (occasionnant de nouveaux types de réseaux interdépendants). À ce titre, les individus sont — ou seront — soumis désormais aux artisanEs de ces fiefs contemporains.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

L’Union soviétique, pionnière de la discrimination positive

30 septembre 2025, par Coline Ferrant — , ,
Loin d'imposer une russification massive, l'Union soviétique des années 1920 institua une politique inédite de discrimination positive en faveur de ses minorités nationales. (…)

Loin d'imposer une russification massive, l'Union soviétique des années 1920 institua une politique inédite de discrimination positive en faveur de ses minorités nationales. Territorialisation, promotion des langues nationales, formation d'élites locales et acceptation des symboles identitaires : autant d'outils visant, paradoxalement, à intégrer l'Etat fédéral.

Pour le Premier Ministre britannique Winston Churchill (1939) : « La politique étrangère de l'Union soviétique est un mystère dans une devinette enveloppée dans une énigme, et la clé est le nationalisme russe. » L'Union Soviétique était-elle oppresseuse des minorités nationales et promotrice de la suprématie russe ? Dans The Affirmative Action Empire, l'historien Terry Martin affirme pourtant : « L'Union Soviétique fut le premier empire de la discrimination positive. La Russie du nouveau gouvernement révolutionnaire fut le premier des anciens États multiethniques d'Europe à être confronté à une vague montante de nationalisme et à y répondre en promouvant systématiquement la conscience nationale de ses minorités ethniques et en établissant pour elles une grande partie des formes institutionnelles caractéristiques de l'État-nation. »1 Attardons-nous donc cette curiosité historique, en contextualisant la discrimination positive dans le projet d'Union Soviétique et en décrivant les politiques par lesquelles elle s'opérationnalisa.

Le débat sur la question nationale au sein du Parti communiste

En 1919, le congrès du Parti communiste russe s'empara de la question de la gestion du nationalisme. S'opposèrent alors, selon la typologie de Terry Martin, les internationalistes, dont Gueorgui Piatakov et Nikholaï Boukharine, et les bâtisseurs de nation (nation-builders), dont Lénine. Pour Piatakov : « Une fois que le prolétariat a pris le pouvoir, l'auto-détermination pour les nations n'est plus pertinente. » Pour Lénine, au contraire : « Les masses laborieuses sont pleines de méfiance envers la Grande Russie, en tant que nation koulak et oppresseuse. Seul le droit à l'auto-détermination pourrait surmonter cette méfiance. » Il développa son analyse en trois points :
1. Le nationalisme relève de l'évolutionnisme historique : c'est une étape nécessaire de la voie vers l'internationalisme (en théorie) et la modernisation de l'Union Soviétique (en pratique).
2. Le nationalisme des minorités ethniques non-russes est avant tout une réaction contre l'oppression tsariste assimilée à la Grande Russie.
3. Accorder des formes de statut national aux minorités ethniques permet de contrôler le sentiment nationaliste.

Contours de la korennizatsia (« indigénisation »)

La majorité des délégués votèrent pour la motion de Lénine. Sur ces bases théoriques, le gouvernement bolchévique instrumenta une politique de discrimination positive – en russe, korennizatsia (littéralement, « indigénisation ») – dès les années 1920. Elle comprenait quatre dimensions : territoriale, linguistique, élitiste et symbolique.

Premièrement, les bolchéviques refusaient d'une part une conception austromarxiste de la nation (comme communauté de destin) excluant la notion de territoire, et d'autre part une conception territoriale ignorant l'importance de la culture pour les individus. Leur solution fut d'institutionnaliser des unités territoriales hiérarchisées de l'Union Soviétique aux nations de façon à ce que chaque citoyen soviétique vive dans une unité territoriale qui corresponde à sa nationalité. L'implémentation de cette politique confina parfois au nettoyage ethnique. Par exemple, au début des années 1920, le gouvernement central autorisa l'expulsion des Russes du Kazakhstan et du Nord-Caucase afin de libérer des terres pour les populations natives.

Deuxièmement, le gouvernement central valorisait les langues nationales face au russe. Le cas le plus célèbre fut la politique d'ukrainisation, qui eut l'effet imprévu de créer une hiérarchie entre l'ukrainien comme langue de la culture et du milieu rural et le russe comme langue des milieux politiques et économiques.

Troisièmement, pour créer des élites nationales, le gouvernement central promouvait les fonctionnaires locaux jugés les plus talentueux – quoique de manière inégalitaire. Le politiste David Laitin2 établit trois types d'opportunités d'ascension hiérarchique des élites nationales, en fonction de leurs origines : le type privilégié, à l'accès facile aux postes du gouvernement central (cas de l'Ukraine), le type intégraliste, où les fonctionnaires locaux passaient très rarement les frontières de leur république (cas des pays baltes) et le type colonial, où les fonctionnaires locaux se trouvaient en compétition avec des fonctionnaires russes à l'intérieur de leur république et ne pouvaient pas non plus accéder au gouvernement central (cas de l'Asie centrale).

Enfin, le gouvernement central tolérait l'utilisation de symboles identitaires (par exemple, les classiques de la littérature, les évènements historiques, le folklore) et manifestait une attitude hostile vis-à-vis de la culture russe en tant que dominante.

Conclusion

Ainsi l'Union soviétique – État pourtant porteur d'une idéologie internationaliste – institua une politique de discrimination positive attentive aux questions territoriales, linguistiques, élitaires et symboliques. Si cette politique servit à stabiliser l'Union soviétique dans ses premières décennies, elle eut aussi pour effet imprévu de renforcer les nationalismes – lesquels ont, incontestablement, joué un rôle majeur dans sa dislocation.

Coline Ferrant
Maîtresse de conférences en développement et politiques sociales (Assistant Professor in Social Development & Policy) à Habib University (Karachi, Pakistan).
coline.ferrant@ahss.habib.edu.pk

Note
1. Terry Martin, The Affirmative Action Empire : Nations and Nationalism in the Soviet Union, 1923-1939, Ithaca, Cornell University Press, 2001, p. 1.
2. David Laitin, Identity in Formation : The Russian-Speaking Populations in the Near Abroad, Ithaca, Cornell University Press, 1998.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Projet Montréal, quoi en dire ?

30 septembre 2025, par Sergio de Rosemont — , ,
Voilà je me vide le cœur, je dis ce que je pense et que je ressens. Par contre ce que j'écris dans ce texte n'est que mon opinion personnelle. La photo venant avec ce (…)

Voilà je me vide le cœur, je dis ce que je pense et que je ressens.

Par contre ce que j'écris dans ce texte n'est que mon opinion personnelle.

La photo venant avec ce texte en est une que j'avais pris le 5 novembre 2017, en sortant du local électoral de Projet Montréal Rosemont-La Petite-Patrie.

Dites-moi le 5 novembre 2017 est-ce que ça vous rappel quelque chose ?

Et oui vous avez devinez, c'est la date où "Projet Montréal" prenait le pouvoir et où "Valérie Plante" devenait mairesse.

Effectivement ce 5 novembre 2017, cette date où on croyait avoir enfin le droit à un réel changement à gauche.

Oui, une belle illusion !

Effectivement vous aviez bien lu plus haut, cette photo, je l'avais prise en sortant du local électoral de "Projet Montréal".

Et oui, j'avais participé à l'équipe d'appels pour faire sortir le vote, comme on dit.

Oui,… j'avais aidé à ma façon "Projet Montréal" à prendre le pouvoir !

J'espérais un "Vrai Changement" et non pas une "Illusion de Changement".

En ce qui me concerne, ce ne fut pas long avant que la "Désillusion" m'arrive en plein visage avec la délicatesse d'une tonne de brique reçue en pleine face.

Je parle évidemment du démantèlement du camp de sans-abris, de personnes en situation d'itinérance fait avec mépris d'une façon déshumanisante, avec la cavalerie, le poivre de Cayenne.

Quand ce démantèlement a eu lieu, sur le coup j'ai ressenti une honte d'avoir voté pour ce parti.

Oui, le genre de désillusion qui fait mal moralement.

Mais quelle magnifique illusion qu'est "Projet Montréal", n'est-ce pas ?

Un parti qui faisait en sorte qu'on le perçoive comme un parti de gauche, alors qu'il était déjà en cheminement de se diriger vers le centrisme et tranquillement vers le centre droit, et cela en espérant que personne ne s'en rende compte.

Dites-moi, "Projet Montréal" où est rendu votre projet d'un parti démocratique, permettant même le droit à la dissidence ?

Désolé, mais ce que j'ai pu constater que la seule et unique chose qu'il reste du "Projet Montréal" d'origine qui nous avait charmés et fait rêver, ce n'est que le nom !

Oui, ce 2 novembre 2025, mes 3 votes iront pour le seul parti qui à mes yeux et mon cœur est réellement démocratique, progressiste et de gauche.

Oui mes votes, que ce soit à la marie, à l'arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie ainsi que pour le district Vieux-Rosemont iront tous pour "Transition Montréal" !

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre


Sergio de Rosemont
Le monde selon Sergio de Rosemont
https://alcovesergioderosemont.wordpress.com/

Québec solidaire : critiques et nouvelles propositions

30 septembre 2025, par Bernard Rioux — , ,
Réduire le programme d'un parti de gauche à un catalogue de politiques gouvernementales et à un projet de société abstrait, comme le fait actuellement Québec solidaire dans sa (…)

Réduire le programme d'un parti de gauche à un catalogue de politiques gouvernementales et à un projet de société abstrait, comme le fait actuellement Québec solidaire dans sa discussion interne, ne peut que mener à la désorientation politique et stratégique. Une telle conception repose sur une double illusion : d'une part, que l'État québécois est un instrument neutre qu'il suffirait de réorienter pour appliquer un programme progressiste ; d'autre part, que le rôle premier d'un parti de gauche serait de préparer à gouverner dans le cadre existant, sans interroger la nature de la période historique que nous traversons ni les tâches spécifiques qui en découlent. Cette approche enferme le parti dans l'horizon électoraliste, là où il devrait d'abord se donner pour mandat de transformer le rapport de force social.

La situation actuelle n'est pas celle d'une démocratie libérale stable où il suffirait de remplacer un gouvernement par un autre. Nous vivons une crise systémique, marquée par l'effondrement écologique, la dégradation accélérée des conditions de vie, l'offensive des classes dominantes pour maintenir leurs profits et la montée mondiale de l'extrême droite. Cette conjoncture rend illusoire l'idée qu'un gouvernement de gauche pourrait, sans ruptures majeures, mettre en œuvre son programme dans les institutions actuelles. Le capital fossile, la finance et l'appareil d'État ne se laisseront pas désarmer par une alternance parlementaire. Les attaques contre tout gouvernement progressiste seraient immédiates et brutales, et elles ne pourraient être repoussées que par l'appui actif d'un mouvement populaire organisé, conscient et combatif.

Or, c'est précisément cette dimension qui disparaît lorsqu'on réduit le programme à des politiques publiques. On peut très bien imaginer un programme gouvernemental « parfait », cohérent et détaillé, mais qui resterait inapplicable faute de rapport de force. Pire encore : ce type de programme tend à produire de la frustration et de la démobilisation, parce qu'il nourrit l'illusion que le changement viendra par le haut, par le gouvernement, alors qu'il ne peut venir que par l'action collective et la confrontation avec les classes dominantes. L'histoire est riche d'exemples de partis de gauche qui, faute d'avoir tiré les leçons de la période, ont accédé au pouvoir sans se donner les moyens de transformer la société, et qui ont fini par capituler ou gérer loyalement le capitalisme.

La tâche d'un parti comme Québec solidaire n'est donc pas seulement de dire ce qu'il ferait s'il formait le gouvernement. Sa tâche centrale est d'armer la population pour les combats à venir. Cela signifie : construire un bloc populaire majoritaire capable d'unifier les luttes sociales, écologiques, féministes, autochtones, syndicales et antiracistes ; former une culture politique de rupture qui rompe avec les illusions néolibérales et les mirages d'un capitalisme « vert » ou « à visage humain » ; se doter d'une organisation militante enracinée dans les quartiers, les lieux de travail, les campus, pour faire du parti un véritable outil de lutte et non un simple véhicule électoral. Cela signifie aussi préparer la confrontation avec les forces qui s'opposeront à tout projet de transformation : les multinationales de l'énergie et des mines, les grandes fortunes, l'appareil judiciaire et policier, les médias dominants.

Dans cette perspective, le programme gouvernemental ne disparaît pas, mais il prend une autre fonction. Il ne doit pas être conçu comme un plan de gestion alternatif, mais comme un ensemble de mesures de ruptures servant de leviers pour les luttes populaires. Nationaliser démocratiquement l'énergie, les mines et les forêts, ce n'est pas seulement adopter une politique économique différente, c'est retirer à l'oligarchie le contrôle de secteurs stratégiques et placer ces ressources au service du bien commun. Réduire massivement le temps de travail, ce n'est pas seulement améliorer les conditions de vie, c'est attaquer directement la logique de profit et ouvrir un espace pour la réorganisation sociale. Lancer une Assemblée constituante et refonder les institutions, ce n'est pas simplement moderniser la démocratie québécoise, c'est donner au peuple les moyens de réécrire les règles du jeu et d'imposer sa souveraineté. De telles mesures ne sont pas de simples réformes : elles sont des points d'appui pour un processus de rupture, et elles ne pourront être mises en place qu'à condition de mobilisations massives.

La conséquence est claire : si le programme de Québec solidaire ne dit pas quelle est la nature de la période, qui sont les adversaires principaux, quelles forces sociales peuvent porter la transformation et quelles tâches doivent être assumées dès maintenant, il restera un programme suspendu en l'air. Il alimentera l'illusion que le changement peut venir d'un gouvernement bien intentionné, et il exposera le parti au risque de se perdre dans la gestion de l'existant ou de se déchirer faute de boussole commune. Au contraire, si le programme est conçu comme une stratégie de rupture, enracinée dans les luttes sociales et portée par une analyse claire de la période historique, il peut devenir un outil de combat, un instrument d'orientation pour les militants et les militantes et être un appel à l'action pour l'ensemble de la population.

Comme parti de combat, Québec solidaire doit chercher à articuler son action dans les institutions et luttes sociales extra-parlementaires pour créer un bloc populaire capable de renverser les logiques capitalistes, patriarcales, racistes et coloniales. Avec ces nouvelles propositions, il s'agit de proposer un programme qui dépasse l'approche centrée uniquement sur l'éventuelle gestion d'un gouvernement de Québec solidaire, et d'esquisser un programme d'action articulé aux luttes sociales. C'est la caractérisation de Québec solidaire comme étant également un Parti de la rue qui doit être soulignée.

Québec solidaire, ses tâches devant le double défi de la crise climatique et de l'effondrement de la biodiversité
Nouvelle proposition à la suite de la section 1.3.5.3

Québec solidaire se trouve devant un défi historique : affronter la crise climatique et l'effondrement de la biodiversité en dépassant la simple élaboration de bonnes politiques gouvernementales. Le parti doit se donner pour tâche de développer la mobilisation populaire, l'unité sociale et la prise en charge démocratique de ce combat. Pendant que le gouvernement fédéral continue de subventionner massivement les énergies fossiles au nom d'une prétendue « prospérité économique », la CAQ se présente comme « pragmatique » tout en appuyant les intérêts miniers, forestiers et fossiles et en favorisant l'expansion d'une économie extractiviste. Québec solidaire doit donc affronter simultanément Ottawa et Québec, démasquer leurs discours trompeurs et opposer un projet de société écologiste et social. Car sans une vision mobilisatrice et globale, la lutte écologique se réduit à une succession de batailles locales défensives, incapables de porter une véritable perspective de justice sociale, d'amélioration des conditions de vie, de droit à la santé, au logement abordable, au transport collectif gratuit et à une alimentation saine.

Dans cette perspective, Québec solidaire doit favoriser l'unité et montrer que défendre la biodiversité, c'est défendre les communautés populaires contre la pollution, les maladies et la précarité. Il doit s'impliquer activement dans les luttes locales — blocages, mobilisations contre les mines, la surcoupe forestière, les oléoducs et autres projets destructeurs — tout en les reliant à une vision globale de transition démocratique. Cela suppose de s'opposer à tout nouveau développement fossile et extractiviste, de planifier la sortie de ces industries et de garantir aux travailleurs et travailleuses une reconversion réelle : formation, emploi et revenu assuré. La transition ne pourra réussir que si elle lie concrètement justice sociale et justice climatique.

Cette transition doit aussi être démocratique. Québec solidaire mettra de l'avant la création d'assemblées populaires de transition écologique dans les quartiers, les régions et les milieux de travail, et défendra un véritable contrôle public et citoyen sur l'énergie, les forêts et les ressources naturelles.
Pour y parvenir, des alliances solides sont nécessaires. Les Premières Nations et peuples autochtones sont des alliés incontournables : porteurs de savoirs ancestraux, protecteurs de vastes territoires, ils luttent déjà contre l'extractivisme et pour la souveraineté territoriale. Québec solidaire doit appuyer ces luttes et reconnaître leur rôle de leadership. Le parti doit aussi reprendre à son compte la revendication syndicale d'une transition juste, avec emplois verts, reconversion planifiée et réduction du temps de travail. Il devra mettre en évidence l'impact différencié de la crise écologique, notamment sur les femmes, et valoriser les pratiques de solidarité et de care portées par le mouvement féministe. Avec le mouvement écologiste, il cherchera à construire un front large, du local au national, qui dépasse les campagnes ponctuelles pour relier les luttes territoriales, sociales et nationales. Il devra également défendre le monde scientifique et culturel, aujourd'hui attaqué par l'extrême droite, et promouvoir l'intégration des savoirs scientifiques et des mobilisations culturelles pour populariser et incarner le projet de transition.

En somme, pour Québec solidaire, la lutte écologique doit devenir l'axe central d'un projet de rupture avec le capitalisme extractiviste. Cela exige d'identifier clairement les adversaires — l'État fédéral, les gouvernements néolibéraux à Québec et le capital fossile, minier et forestier — et de construire un bloc social large et combatif. Ce bloc doit rassembler Premières Nations, syndicats combatifs, mouvements populaires, féministes et écologistes afin de placer le combat pour la vie de la planète et la justice sociale au centre de l'action politique.

Québec solidaire, un parti solidaire du mouvement syndical Nouvelle proposition à la suite de 1.4.4

À l'heure où le mouvement syndical subit une offensive sans précédent, les tâches d'un parti comme Québec solidaire ne peuvent se limiter à l'arène parlementaire : il doit s'engager activement dans la lutte. Le gouvernement canadien multiplie les attaques directes contre le droit de grève – qu'il s'agisse des cheminots, des débardeurs ou des travailleurs et travailleuses de Postes Canada – en brandissant à chaque fois la menace d'une législation spéciale pour briser les mobilisations. La volonté de restreindre le financement syndical, de contrôler l'utilisation des cotisations et d'affaiblir l'indépendance des organisations ouvrières s'ajoute à la privatisation rampante de la santé et de l'éducation, à la généralisation de la sous-traitance et à la précarisation des conditions de travail et de salaire. À cela s'ajoute le refus obstiné de réduire le temps de travail ou d'augmenter le salaire minimum, maintenant des millions de travailleurs et travailleuses dans une situation de surexploitation.

Face à ces attaques, Québec solidaire doit agir comme un parti de combat au service des luttes, et non comme un simple gestionnaire en attente du pouvoir. Cela signifie s'investir concrètement dans le mouvement syndical, en multipliant la solidarité active lors des grèves, des lockout et des mobilisations. Il s'agit de construire des bases dans les milieux de travail, publics comme privés, en favorisant l'auto-organisation, l'unité des salarié·e·s et le renforcement des structures de résistance.

Québec solidaire doit dénoncer publiquement chaque tentative de criminalisation du droit de grève, défendre le principe que les fonds syndicaux appartiennent exclusivement aux travailleuses et travailleurs, et soutenir les campagnes pour un salaire minimum décent et la réduction du temps de travail. Mais son rôle va au-delà de la dénonciation : il doit contribuer à relier les luttes dispersées, à briser l'isolement des secteurs en conflit et à populariser l'idée que la défense des services publics, des salaires et des conditions de travail relève d'un combat commun contre le capitalisme néolibéral.
Concrètement, cela passe par la mise en place de comités de solidarité syndicale dans chaque circonscription et région, capables d'appuyer les grèves, d'organiser des caisses de grève, de relayer les luttes dans l'espace public et de créer des ponts entre syndicats, mouvements populaires, féministes et écologistes. Québec solidaire doit aussi encourager la formation politique dans les syndicats, en soutenant une orientation combative et démocratique, tournée vers la mobilisation de la base plutôt que la simple négociation institutionnelle.

Renforcer le mouvement syndical aujourd'hui, c'est aussi préparer les affrontements de demain. C'est faire comprendre que la bataille pour de meilleures conditions de travail, pour des services publics accessibles et pour des salaires décents ne peut être gagnée qu'en affrontant le pouvoir des patrons et d'un État aligné sur leurs intérêts. En s'engageant aux côtés des travailleuses et des travailleurs, Québec solidaire peut contribuer à transformer les luttes syndicales en levier de changement social radical et en moteur d'une société véritablement démocratique et égalitaire.

Québec solidaire, composante militante de la lutte des femmes Nouvelle proposition à la suite de 3.4.

Le mouvement mondial des femmes a montré la voie pour combattre contre le capitalisme, le patriarcat et toutes les interrelations des différentes formes d'oppression ( hétérosexisme, capacitisme, racisme, sexisme, etc.).

Québec solidaire doit créer des liens permanents comme parti politique avec les grandes coalitions nationales du mouvement des femmes. Les militantes femmes de Québec solidaire se doivent de participer aux différents groupes femmes de leur région pour avoir accès aux discussions, aux problématiques, aux luttes que mènent les mouvements et aussi pour apporter une dimension politique et internationaliste à toutes ces réflexions.

Québec solidaire, comme parti de la rue, doit situer son action et ses mobilisations avec les mêmes objectifs. Le parti de la rue ne se substitue pas au mouvement des femmes. Il travaille avec le mouvement des femmes. Cela ne signifie pas non plus de prendre le contrôle et la direction du mouvement des femmes. Cela signifie de participer, d'être membre des groupes de femmes, de discuter les analyses et de proposer de nouvelles voies à la discussion. Le mouvement des femmes doit demeurer un mouvement pluriel, démocratique et ouvert. Québec solidaire travaille à la construction d'un tel mouvement et appelle ses membres a en faire partie.

Québec solidaire n'attendra pas de faire partie du gouvernement pour agir contre les violences faites aux femmes. Il doit dénoncer :

les discours de l'extrême droite qui veut retirer des droits aux femmes ;
les systèmes d'oppression qui tentent de cacher les féminicides en montrant comment les violences font vivre et alimentent les oppressions, particulièrement pour les femmes autochtones, les femmes noires et racisées et les personnes trans.
le sous-financement des maisons d'hébergement des femmes de victimes de violence et des centres de femmes

Québec solidaire n'attendra pas de faire partie du gouvernement pour agir contre la pauvreté des femmes en agissant sur trois aspects essentiels :

en appuyant toutes les luttes pour rendre les services publics gratuits, particulièrement en santé et en éducation, efficaces et où la population et le personnel auront son mot à dire dans des formes d'autogestion des services.
en continuant de défendre le droit à l'équité salariale.
l'autonomie économique des femmes, l'accès à un travail décent, santé-sécurité au travail, une rémunération égalitaire, des congés pour grossesse, pour maternité et pour maladies des enfants
en étant partie prenante des actions pour le droit à un logement décent et abordable. Un parti de la rue revendique la construction de milliers de logements sociaux.

Québec solidaire, une solidarité militante et active avec les Premières Nations
Nouvelle proposition à la suite de 3.5

Les luttes des nations autochtones contre l'exploitation prédatrice des grandes compagnies forestières et minières s'inscrivent dans une longue histoire de résistance au colonialisme et à la dépossession. Elles défendent les territoires de chasse et de pêche, s'opposent aux projets destructeurs, réaffirment les droits ancestraux et cherchent à bâtir des perspectives d'emplois et de développement contrôlés par les communautés elles-mêmes. Ces combats se mènent par les blocus, les manifestations, les recours juridiques et l'action collective face à un État complice des intérêts privés.

Pour Québec solidaire, la tâche n'est pas de se substituer à ces luttes ni de les réduire à des promesses électorales, mais de s'y engager comme parti de combat. Cela exige un appui public aux actions directes, la dénonciation du rôle des multinationales et des gouvernements québécois et canadiens, et la construction d'alliances réelles entre travailleurs et communautés autochtones. La division entretenue par les grandes compagnies entre forestiers, mineurs et Autochtones doit être déjouée : le véritable affrontement oppose les populations qui veulent protéger leur territoire et leurs moyens de vie aux entreprises qui les pillent.

Québec solidaire doit mettre de l'avant une perspective de transition juste qui rompe avec la logique extractiviste. Cela signifie soutenir la reconversion économique des régions dépendantes des mines et de la foresterie, valoriser les emplois durables liés à la foresterie de proximité, aux énergies renouvelables, aux services collectifs et aux projets autochtones. Mais cette transition ne peut pas être pilotée d'en haut : elle doit être construite avec les Premières Nations et les acteurs régionaux, dans une perspective de socialisation démocratique des ressources.

Québec solidaire doit affirmer sans ambiguïté que la souveraineté réelle sur les ressources appartient aux communautés concernées. Défendre les emplois et protéger les territoires ne sont pas deux tâches contradictoires, mais un même combat. La voie est celle de l'unification des luttes sociales et autochtones dans la confrontation avec le colonialisme structurel et le capitalisme extractiviste.

Être solidaires des nations autochtones, c'est aussi reconnaître pleinement leur souveraineté et leur droit à l'autodétermination. Le peuple québécois ne peut revendiquer pour lui-même ce qu'il refuserait aux autres. La cohabitation sur ce territoire implique de rompre avec l'idéologie de l'intégrité territoriale imposée par l'État québécois et d'avancer vers des relations de Nation à Nation, de Peuple à Peuple, fondées sur le respect, la confiance et la coresponsabilité écologique.

Pour un parti comme Québec solidaire, cela suppose de soutenir les revendications territoriales, de dénoncer le racisme systémique et les violences héritées du colonialisme, et de s'engager activement dans la lutte contre la pauvreté, l'exclusion et les discriminations qui frappent particulièrement les femmes autochtones. L'alliance avec les luttes autochtones n'est pas une question secondaire : elle est au cœur d'une stratégie de rupture avec l'ordre colonial et capitaliste, et d'une perspective d'émancipation commune.

La lutte contre le racisme et pour l'inclusion sur une base d'égalité des personnes migrantes Nouvelle proposition à la suite de 3.6

Québec solidaire, en alliance avec les mouvements sociaux, doit jouer dès maintenant un rôle central pour jeter les bases d'une véritable politique d'inclusion et d'intégration des personnes migrantes. Nous refusons que l'inclusion soit réduite à une série de mesures ponctuelles : c'est d'une vision globale dont nous avons besoin, fondée sur l'égalité sociale et l'extension de tous les droits économiques, sociaux et politiques.

C'est pourquoi Québec solidaire mènera des campagnes publiques vigoureuses, appuiera les mobilisations citoyennes, organisera des manifestations et des actions de solidarité concrète. Le parti soutiendra les réseaux d'entraide pour les travailleurs et travailleuses migrantes et pour les personnes sans statut. À l'Assemblée nationale, nous déposerons des projets de loi pour défendre leurs droits et arracher leur reconnaissance pleine et entière.

Pour avancer, nous agirons main dans la main avec les syndicats, les organisations féministes, les associations de jeunes, les mouvements populaires et antiracistes. Ensemble, nous construirons un front populaire capable de faire reculer le nationalisme étroit et excluant des gouvernements néolibéraux de Québec et d'Ottawa.

Notre projet est clair : l'inclusion véritable des personnes migrantesdans un Québec émancipateur, qui refuse les divisions ethniques et qui construit, par la rue et par les urnes, une société fondée sur l'égalité, la solidarité et la démocratie réelle.Concrètement, nous revendiquons pour toutes les personnes vivant au Québec des droits égaux.

Québec comme parti de la rue, doit définir être partie prenante des luttes actuelles contre les discriminations face aux personnes immigrantes et à la population racisée.

Québec solidaire et la lutte pour une majorité indépendantiste Nouvelle proposition à la suite de la section 3.7

La question de l'indépendance à la lumière de la nouvelle situation internationale, marquée par la présence d'un gouvernement autoritaire et fascisant à Washington, par l'évolution actuelle du Parti québécois et sa perspective d'un futur référendum, ainsi que par la résonance encore fragile de l'indépendance au sein de la population.

Or, la position de Québec solidaire s'articule aujourd'hui essentiellement autour de la campagne pour une assemblée constituante. Cette orientation demeure importante, mais elle ne répond pas directement à la nécessité urgente de bâtir une majorité populaire prête à se mobiliser pour l'indépendance. Il faut donc concevoir l'intervention de QS non pas seulement comme une préparation institutionnelle, mais comme un travail politique visant à ouvrir de véritables voies de construction de cette majorité.

Pour assurer le succès du processus, Québec solidaire fera connaître largement ce projet (d'Assemblée constituante par une vaste campagne d'éducation populaire et par la construction d'une grande alliance démocratique...

Construire une majorité indépendantiste au Québec exige de Québec solidaire une stratégie qui dépasse le seul cadre électoral où l'accession de QS au pouvoir ouvrirait par le fait même la route à la victoire d'une position indépendantiste. L'indépendance doit être présentée comme un projet de société concret, enraciné dans les luttes et les aspirations de la majorité populaire, et non comme une promesse abstraite ou strictement institutionnelle. La tâche centrale consiste à faire de l'indépendance la clé de la souveraineté populaire réelle, où le peuple contrôle démocratiquement ses ressources, ses institutions et son avenir collectif.

La première orientation permet de construire le soutien majoritaire à l'indépendance et de lier cette dernière à la résolution des crises multiples qui marquent notre époque : crises écologique, sociale, économique et politique. Face au pillage impérialiste et aux politiques d'austérité qui détruisent nos conditions de vie, QS doit défendre une rupture claire avec le capitalisme et l'impérialisme. Cela signifie soutenir activement les mobilisations écologistes contre les projets destructeurs, comme les oléoducs, s'opposer à la militarisation du Canada imposée par l'OTAN et Washington, soutenir les luttes autochtones pour leurs territoires et leurs droits ancestraux. Ces fronts de lutte doivent être articulés à un projet indépendantiste clair, faisant apparaître l'indépendance comme la voie pour une réorganisation démocratique et écologique de la société.

La deuxième orientation consiste à bâtir un bloc national populaire large, fondé sur la plurinationalité, la solidarité et l'égalité. L'indépendance ne doit pas être l'affaire d'une élite nationaliste, mais l'arme politique de la majorité laborieuse. QS doit porter un projet inclusif et pluriculturel, qui rejette le nationalisme ethnique, la laïcité identitaire et toute forme d'exclusion, et qui associe les luttes féministes, antiracistes, syndicales, écologistes et autochtones dans une stratégie commune. La mobilisation pour l'égalité des droits sociaux – logement, santé, éducation, travail, citoyenneté – et la régularisation immédiate des migrant·es doivent être au cœur de cette construction d'un bloc national populaire indépendantiste, afin de faire de l'indépendance un horizon de justice et d'émancipation pour toutes et tous, dans un Québec pluriel.

La troisième orientation pour la construction d'une majorité indépendantiste suppose de donner corps à une véritable souveraineté populaire : Assemblée constituante élue et plurinationale, mandats impératifs et révocables, scrutin proportionnel, budgets participatifs, autogestion dans les services publics et contrôle démocratique sur l'économie, l'énergie et l'agriculture. L'indépendance ne pourra exister sans l'élargissement de la démocratie participative et la mise en place de formes de démocratie participative qui commence à arracher le pouvoir aux élites et à le confier aux mains de la majorité laborieuse. La volonté de définir le pays ne pourra se développer que dans les combats partiels allant déjà dans ce sens.

La quatrième orientation repose sur la confrontation avec l'État canadien. L'indépendance n'est pas une réforme administrative, mais une rupture avec une structure impérialiste et coloniale. QS doit inscrire son action dans une perspective pancanadienne et décoloniale, en construisant des alliances avec les mouvements sociaux, les Premières Nations et les forces progressistes du reste du Canada. Cette démarche permettra de montrer que l'indépendance du Québec participe d'un mouvement plus large de démocratisation et de décolonisation, en opposition frontale à l'oligarchie canadienne.
Enfin, la cinquième orientation pour construire une majorité indépendantiste cherchera à inscrire l'indépendance du Québec dans une démarche cosmopolitique et internationaliste. Il s'agit de refuser tout enfermement dans un nationalisme étroit et de faire du Québec indépendant un acteur de solidarité internationale cherchant à nouer des coopérations justes et égalitaires avec les peuples en lutte à travers le monde. Un Québec indépendant doit devenir un centre de solidarité active, et non un nouvel État fermé sur lui-même.

En somme, les tâches de Québec solidaire sont claires : lier l'indépendance aux luttes sociales et écologiques actuelles, construire un bloc national populaire inclusif, instituer une véritable souveraineté populaire par de nouvelles formes démocratiques, assumer la confrontation avec l'État canadien, et inscrire le projet dans un horizon internationaliste. La construction d'une majorité indépendantiste ne résultera pas d'un pari électoral ou de la promesse d'un référendum, mais de l'auto-organisation de la majorité populaire et de sa capacité à transformer ses luttes en force politiques. C'est dans cette convergence des mobilisations et dans cette volonté collective que pourra naître une indépendance réellement populaire, socialiste et internationaliste.

Pour y parvenir, QS doit s'engager dans un plan d'action concret : lancer des campagnes populaires massives sur les enjeux sociaux et écologiques, créer des comités citoyens pour l'indépendance dans les quartiers et les milieux de travail, renforcer les alliances avec les syndicats, les associations écologistes, les groupes féministes, autochtones et antiracistes, et mettre en place des espaces permanents de coordination des luttes. C'est ainsi que pourra se forger, dans l'action et la lutte, la majorité indépendantiste capable de transformer la majorité sociale en majorité politique et de donner naissance à un Québec libre, démocratique et internationaliste.

Québec solidaire agira comme parti altermondialiste Nouvelle proposition à la suite de 3.8

Pour faire vivre concrètement l'altermondialisme, Québec solidaire ne peut se limiter à attendre d'accéder au gouvernement. Dans la conjoncture de crise sociale, écologique, économique et géopolitique, il doit assumer son rôle de parti des urnes et de la rue en travaillant à construire dès maintenant les alliances, les pratiques et les institutions capables d'ouvrir une brèche dans l'ordre impérialiste et néolibéral.

Québec solidaire doit soutenir des campagnes concrètes contre les accords de libre-échange, contre le pillage des ressources par les multinationales, et pour la souveraineté alimentaire, énergétique et culturelle.

Dans la même logique, le parti doit être un point d'appui du mouvement contre la guerre que mettent de l'avant les gouvernements impérialistes sous l'impulsion de Washington. Cela signifie intervenir activement contre la logique militariste et les budgets de guerre, dénoncer l'appartenance du Canada sur l'OTAN et exiger son retrait de ces alliances militaires et de la course aux armements que ces alliances impulsent. Québec solidaire doit organiser des campagnes populaires pour faire du Québec un territoire de paix. Il s'agit de construire, en lien avec les milieux étudiants, syndicaux et communautaires, un front antiguerre québécois capable de relier la lutte contre la guerre à la lutte pour la justice sociale et climatique.

L'ancrage féministe de Québec solidaire doit également se traduire dans le champ international et altermondialiste : soutenir les luttes des femmes contre le patriarcat et le militarisme, articuler les revendications féministes et écologistes dans des campagnes communes, et faire en sorte que la voix des mouvements de femmes et des collectifs antiracistes pèse dans toutes les mobilisations pour une mondialisation solidaire.

Agir comme un parti internationaliste et altermondialiste,cela signifie développer des réseaux de solidarité concrète avec les luttes des peuples opprimés.

*****

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Le « programme actualisé » Solidaire, de belles paroles démobilisatrices

30 septembre 2025, par Marc Bonhomme — , ,
La crise fondamentale du XXIe siècle est la rupture des grands équilibres de l'écosystème terrestre. Cette rupture se manifeste principalement par la rapide fuite en avant du (…)

La crise fondamentale du XXIe siècle est la rupture des grands équilibres de l'écosystème terrestre. Cette rupture se manifeste principalement par la rapide fuite en avant du réchauffement de la Terre-Mère d'un confortable Holocène qui a vu l'émergence de la civilisation vers une terre-étuve chaotique qui la fera disparaître et peut-être l'Humanité elle-même.

1. Sous son apparence tautologique, la première phrase — « Nous vivons une crise sociale et écologique qui ne se limite pas au très grave problème du dérèglement du climat », comme le restant du « programme actualisé », tente de noyer le poisson de la centralité de la crise climatique devenue la crise de la civilisation et même celle existentielle de l'humanité.

  • a. Le gaz carbonique (CO2) croît à un taux croissant avec des records annuels en 2023 et 2024. On est très loin d'une stabilisation même pas d'une croissance à un taux décroissant.
  • b. Seules les statistiques mesurant les GES directement dans l'atmosphère sont fiables (la courbe de Keeling) et non pas celles provenant des sources terrestres, soit celles officielles de l'ONU, qui ne tiennent pas compte des feux de forêt soi-disant relevant de causes naturelles. En 2023, les émissions de GES dues aux feux de forêts au Canada « ont été quatre fois plus élevées que les émissions de combustibles fossiles du pays l'année précédente » (RadioCanada). Quant aux statistiques officielles de GES, celles provenant des entreprises ne sont généralement pas contrôlées.

2. La solution anticapitaliste (« dépasser le capitalisme » du « programme actualisé ») à la crise climatique est holistique dans le sens de prendre en compte l'ensemble de la « pluricrise ». En mode anticapitaliste, la justice climatique se conjugue avec la justice sociale.

  • a. La crise du logement, qui est aussi partie prenante de celle de cherté du coût de la vie, se résout par la construction massive de collectifs logements sociaux écoénergétiques, c'est-à-dire nécessitant peu d'énergie et même aucune avec panneaux solaires, et par la mise à niveau écoénergétique des bâtiments déjà construits et récupérables.
  • b. La crise du transport (ou mobilité), aussi partie prenante de celle de la cherté du coût de la vie, se résout par le remplacement de l'auto solo par le transport actif et en commun dans le réseau routier tel qu'il est et non par de dispendieux métros et trains aériens (REM) et encore moins par l'auto solo électrique.
  • c. La crise alimentaire, aussi partie prenante de celle de la cherté du coût de la vie, se résout par le passage à l'alimentation végétarienne
  • qui réduit drastiquement la surface cultivée et par là l'importante émanation de GES, sans compter les zoonoses, due à la production carnée et laitière.
  • d. La crise forestière se résout par l'intégration décisionnelle des peuples autochtones, des régions et des travailleur-se-s dans la gestion de la forêt aux dépens du pillage par l'industrie forestière.
  • e. La crise budgétaire, plus fictive que réelle, se résout en allant puiser l'argent dans les paradis fiscaux et les poches des multimillionnaires, et par le contrôle des changes.
  • f. La crise nationale et linguistique se résout par l'indépendance pour que le peuple québécois se libère du Canada gazier-pétrolier et puisse prendre le contrôle de son épargne nationale afin d'empêcher les « grands projets » extractivistes, fédéraux comme provinciaux, et financer la transition écologique.
  • g. La crise fabriquée de l'immigration se résout par une politique d'accueil intégrant ces « travailleuses et travailleurs essentiell-e-s » dans une société donnant la priorité aux relativement peu énergivores services publics dont les transports publics et la construction de logements sociaux.
  • h. La crise de la démocratie réduisant le rôle du gouvernement à la « bonne gouvernance » se résout par l'émergence d'un parti et d'une société civile luttant pour une société écoféministe du soin et du lien qui doit « dépasser le capitalisme » et doit être autogérée pour pleinement se réaliser.

3. Le « programme actualisé » ne vise pas par son style de belles phrases peu compromettantes et par sa longueur la mobilisation immédiate du peupletravailleur. Il semble plutôt tracer les grandes lignes de l'orientation d'un éventuel gouvernement Solidaire dont l'horizon apparaît bien lointain. De par leur longueur — une centaine de pages — et par la complexité du système de numération des propositions, les documents pour le congrès de novembre sont rébarbatifs à la militance Solidaire.

Un programme long et sirupeux à remplacer par un appel court et mobilisateur

Voici à quoi pourrait ressembler un programme qui soit un appel mobilisateur centré sur la lutte climatique :

Pour une société du soin et du lien en décroissance matérielle

La crise fondamentale du XXIe siècle est la rupture des grands équilibres de l'écosystème terrestre. Cette rupture se manifeste principalement par la rapide fuite en avant du réchauffement de la Terre-Mère d'un confortable Holocène qui a vu l'émergence de la civilisation vers une terre-étuve chaotique qui la fera disparaître et peut-être l'Humanité elle-même. Cette fin du monde dit civilisé, si la tendance se maintient, a été prouvée tant par les travaux scientifiques du GIECONU que par la multiplication des réellement existantes catastrophes climatiques incommensurablement plus graves au Sud qu'au Nord. Le réchauffement se conjugue et accélère la sixième grande extinction des espèces dont les habitats disparaissent comme une peau de chagrin. Et il envenime une continuelle pollution de l'air, des eaux et des terres.

Le GIEC a établi que pour ne pas dépasser le seuil critique d'un réchauffement planétaire de 1.5°C, il faudrait réduire les gaz à effet de serre (GES) de 50% par rapport à 1990 d'ici 2030. La Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement de 1992 stipule qu'« étant donné la diversité des rôles joués dans la dégradation de l'environnement mondial, les États ont des responsabilités communes mais différenciées ». Se basant sur les travaux du GIEC et cette Déclaration, à l'occasion de la COP26 de Glasgow, le Réseau action climat Canada, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Équiterre, Greenpeace, Nature-Québec, la Fondation David Suzuki et Oxfam-Québec ont requis que le Québec réduise ses GES des deux tiers d'ici 2030. Le seuil de 1.5°C est déjà en passe d'être atteint. Pourtant le gaz carbonique atmosphérique continue de s'accumuler. Pire, il le fait, selon la NOAA, en quantité annuelle moyenne croissante depuis au moins 1960, avec deux records annuels en 2023 et 2024. L'urgence climatique est d'autant plus grande pour ne pas franchir de fatidiques points de bascule.

Le croissancisme du Capitalocène génère une pluricrise menant au néofascisme

La présente ère géologique, irrémédiablement chamboulée par le genre humain, est souvent qualifiée d'Anthropocène. Elle pourrait tout aussi bien être qualifiée de Capitalocène tellement la croissance capitaliste en est la cause fondamentale. Cette croissance résulte de la compétition entre entreprises privées et États à leur service pour maximiser leurs profits afin de survivre comme entreprises ou de ne pas être vaincus comme États. En découle une accumulation de capital tendanciellement exponentielle donnant naissance à des transnationales gargantuesques dirigées par des oligarques. Cette concentration de la richesse et du pouvoir explique que les 10% les plus riches sont responsables des deux tiers du réchauffement global depuis 1990.

Cette accumulation est interrompue par des crises de plus en plus profondes et des guerres impérialistes de plus en plus dévastatrices et devenant génocidaires. Ces crises dite « pluricrise », guerres et accumulation en panne empêchent la mobilisation de la lutte pour le climat et la biodiversité tellement elles résultent en misère, inégalité, chômage, précarité, injustice, dislocation sociale et massacres. En sont d'abord frappées femmes, enfants et personnes racisées, handicapées et LGBTQ+. Faute d'alternatives et de mobilisations anticapitalistes à la hauteur ces personnes opprimées deviennent les boucs émissaires des classes moyenne et même ouvrière atomisées, désemparées et décontenancées.

C'est de ce terreau nauséabond que surgissent les fausses solutions néofascistes balayant le capitalisme néolibéral victime de ses propres contradictions. Celles-ci sont devenues évidentes avec l'austérité permanente et la concomitante accentuation répressive et guerrière depuis la Grande récession de 2008 suivie de la crise pandémique de 2020.

Les piliers de la lutte pour la justice climatique et pour la justice sociale

  • La réponse à l'hégémonie pétro-gazière du Canada et à son Quebec bashing c'est l'indépendance nationale tenant compte du droit à l'autodétermination autochtone.
  • La réponse à la crise du logement c'est le collectif logement social écoénergétique pour tout le monde et pas seulement pour les pauvres.
  • La réponse aux logements déficients c'est leur rapide mise à niveau écoénergétique par un programme public selon un code du logement tendant à l'énergie zéro.
  • La réponse à la crise de la mobilité c'est le transport en commun gratuit, partout, fréquent, confortable et électrique, et un complément d'autopartage communautaire.
  • La réponse aux transport marchand c'est la souveraineté alimentaire, les trajets courts, la sobriété et la durabilité de la consommation et le transport électrifié par rail.
  • La réponse au gaspillage c'est la garantie de la réparation accessible ou du remplacement, du bannissement de la publicité et de la mode commerciale.
  • La réponse à la ville infernale et dangereuse c'est la ville piétonnière et cyclable, de services de proximité, d'agriculture urbaine et de parcs nature.
  • La réponse à l'étalement et à la congestion urbains envahissant la campagne c'est l'interdiction de l'auto solo privé et de la maison « campagnarde ».
  • La réponse à la crise de l'embonpoint c'est l'alimentation surtout végétarienne cultivée biologiquement et disponible en produits frais et peu transformés.
  • La réponse aux croissantes pandémies dues au zoonoses c'est la préservation des forêts et zones humides d'où en finir avec l'expansive agriculture carnée.
  • La réponse aux monocultures de l'agro-industrie épuisant les sols c'est l'agriculture biologique sans additifs d'origine fossile et liée à l'urbain par des trajets courts.
  • La réponse à la mauvaise santé et au stress sont le plein emploi, le contrôle ouvrier des cadences, la baisse du temps de travail, le revenu et services minimum garantis.
  • La réponse à l'inflation c'est la totalité de la société du soin et du lien, le contrôle des loyers et des prix des aliments de base, et la gratuité de l'électricité de base.
  • La réponse à l'austérité des services publics c'est leur ample bonification quantitative et qualitative et la resocialisation des pans privatisés.
  • La réponse aux hydrocarbures et à l'énergivore croissance c'est la sobriété inhérente à la société du soin et lien et l'électrification de l'énergie et des moteurs.
  • La réponse à la fausse pénurie d'électricité c'est la suffisante actuelle production hydraulique et éolienne plus du solaire intégré aux bâtiments écoénergétiques.
  • La réponse au financement d'une société écologique c'est son implicite bon marché, la socialisation de la Finance et l'imposition des profits et du capital.
  • La réponse à la résistance du « marché » c'est l'expropriation des secteurs stratégiques tels la Finance, l'énergie, les communications, le transport, la santé.
  • La réponse aux divisifs sexisme et racisme c'est l'écoféminisme donnant la priorité aux activités du soin et du lien et aux travaux essentiels des personnes racisées.
  • La réponse à l'impérialisme génocidaire, c'est le soutien aux peuples en lutte pour leur libération par tous les moyens nécessaires y compris par les armes s'il le faut.
  • La réponse aux migrations c'est une frontière ouverte avec une politique d'accueil intégrant au sein d'une société de plein emploi écologique et socialement utile.

Marc Bonhomme, 27 septembre 2025
www.marcbonhomme.com ; bonmarc@videotron.ca

*****

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

La Caquistocratie* attaque la classe ouvrière

30 septembre 2025, par Alix Parent — , ,
*Emprunté au grec ancien kakistos (« pire »), avec le suffixe -cratie (« gouvernement »). Le choix de la graphie est délibéré. Il vise à dénoncer la CAQ. Tiré du site web (…)

*Emprunté au grec ancien kakistos (« pire »), avec le suffixe -cratie (« gouvernement »). Le choix de la graphie est délibéré. Il vise à dénoncer la CAQ.

Tiré du site web Campagne rosa

avec la permission de l'autrice
Publié le : septembre 14, 2025 Rédigé par : Alix Parent

Depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement caquiste, les travailleuses et travailleurs du Québec font face à des attaques sans précédent. Déjà, en 2020, Jean Boulet, ministre du Travail, déposait le projet de loi 59. Cette très mal nommée « loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail » propose plutôt des reculs par rapport au régime en vigueur, notamment pour les femmes. La loi classe des secteurs à prédominance féminine comme étant à faible risque et prévoit des contraintes additionnelles au programme « maternité sans danger ». Heureusement, la mobilisation de la classe ouvrière a permis d'éviter les pires reculs.

La loi est sanctionnée en octobre 2021 (maintenant loi 27, Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail) et il est prévu que les nouvelles dispositions de loi entrent en vigueur petit à petit jusqu'en octobre 2025. À cette date, toutes les dispositions et nouveaux règlements doivent être en vigueur. Pendant cette période de 4 ans, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) doit rédiger et faire approuver de manière paritaire les règlements. En d'autres termes, les organisations patronales et les organisations syndicales discutent pour obtenir un consensus. Ces mécanismes sont bien loin d'être parfaits – et plusieurs voix s'élèvent pour critiquer le déséquilibre que ça représente pour la classe ouvrière. Cependant, les principes de ce partenariat social sont très imprégnés dans la vision québécoise des relations de travail et les centrales syndicales s'y conforment.

Mais le saccage des lois du travail orchestré par le ministre Boulet – qui est, dans la vie civile, un avocat patronal – ne s'arrête pas là. En février 2025 il dépose le projet de loi 89, Loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock­­-out, et en avril 2025 le projet de loi 101, Loi visant l'amélioration de certaines lois du travail. Il faut souligner que d'autres projets de loi du même acabit ont été déposés par le ministre et ses sbires, mais nous nous concentrerons ici sur ces deux dernières lois.

Le projet de loi 89

Jean Boulet, employé du mois de la chambre de commerceLe ministre n'a pas consulté, ni même informé les organisations syndicales de l'imminence du dépôt du projet de loi 89. Ce projet de loi vient limiter encore plus le droit de grève et le droit d'association. Pourtant, le droit de grève est déjà très limité au Québec : seul·es les travailleuses et travailleurs syndiqués y ont accès (40%) et uniquement lorsque la convention collective est échue. Et à condition de ne pas être dans un domaine où il y a des services essentiels. Avec cette loi, le ministre va pouvoir s'immiscer dans la négociation et forcer un retour au travail sous prétexte de protéger la population. Même aux États-Unis, les travailleuses et travailleurs non syndiqués ont le droit de faire un arrêt de travail concerté si l'employeur a des pratiques abusives en tout temps.

Pour les organisations et groupes qui représentent des travailleuses et travailleurs, il n'y a qu'une réponse possible : abroger cette loi et faire campagne pour permettre à la classe ouvrière de faire grève quand elle veut !

Le projet de loi 101

Le projet de loi 101 va modifier 9 lois relatives au travail, dont les lois en santé-sécurité du travail, incluant la pourtant très récente loi 27. Ce nouveau projet de loi attaque la classe ouvrière sur plusieurs aspects. Nous n'en couvrirons que quelques-uns ici.

Et, malgré le fait que François Legault ait choisi de proroger la session parlementaire, les rumeurs vont bon train et tout laisse croire que ce projet de loi sera repris lorsque le gouvernement retournera au travail.

Prévention en milieux de travail

Les travailleuses de la santé, des services sociaux et de l'éducation auront un régime inférieur aux autres en matière de santé-sécurité du travail. En effet, leurs représentant·es en santé-sécurité auront moins de pouvoir et de temps pour faire de la prévention. Cette mesure avait été discutée et rejetée par les comités de la CNESST, car elle ouvre la porte à une discrimination systémique envers les femmes. En effet, le CA de la CNESST était arrivé à un consensus sur un règlement qui a été adopté par le conseil des ministres le 10 septembre. Toutefois, le projet de loi 101 va venir supprimer les mécanismes pour les travailleuses et travailleurs de la santé, des services sociaux et de l'éducation. La majeure partie du personnel de la santé, des services sociaux et de l'éducation sont des femmes. Cette disposition de la loi vient invisibiliser les accidents et maladies du travail qui affectent les femmes. Et quand c'est invisible, le patronat a tendance à considérer que ça n'existe pas. Une fois de plus, le ministre Boulet montre qu'il n'a pas de problème à promulguer une loi sexiste.

Amendes

Les amendes imposées (négociations de mauvaise foi, grève ou lock-out « illégal », utilisation de scabs, etc.) tant aux travailleurs et à leurs organisations que celles du patronat vont être majorées. Toutefois, le taux d'augmentation est presque trois fois supérieur pour la classe ouvrière. Il s'agit clairement d'une stratégie pour limiter le pouvoir d'action des syndicats.

Griefs et arbitrage

Les délais de griefs et d'arbitrage seront réduits, voire imposés. En effet, la loi prévoit l'obligation de référer tout grief à l'arbitrage dans les 6 mois suivant le dépôt du grief. Si ce n'est pas fait, il y a une possibilité pour qu'il soit considéré que le syndicat s'est désisté du grief. Cette disposition augmente le fardeau financier et logistique d'un syndicat, sans compter qu'il n'y a pas suffisamment d'arbitres en poste pour assumer la charge supplémentaire au Tribunal administratif du travail (TAT). La CAQ met en place un système voué à l'échec visant à paralyser les syndicats sous la paperasse.

Facilitateurs

Il y a quelques mois, la CNESST a tenté de mettre sur pied un régime de « facilitateurs » qui permettrait aux travailleuses et travailleurs qui ont contesté une décision de négocier une entente. Plusieurs organisations ont fortement critiqué cette mesure qui n'était pas forcément à l'avantage des victimes du travail. Le ministre revient à la charge en l'enchâssant dans son projet de loi. Ce système est très problématique car il place la CNESST en position de juge et parti – n'oublions pas que la CNESST doit administrer les fonds d'indemnisation pour les victimes du travail, ce qui signifie qu'elle a tout intérêt à indemniser le moins possible. De plus, si le travailleur obtient une entente, celle-ci doit rester confidentielle et ne peut être contestée. Le fait de garder les situations secrètes fait en sorte qu'un problème collectif pourrait rester individuel et empêcherait la détection d'un pattern récurrent dans les politiques de l'entreprise. L'expérience nous démontre qu'en cas de contestation, les travailleurs et travailleuses obtiennent régulièrement une meilleure indemnisation que ce que la CNESST proposait.

Mépris envers la classe ouvrière

D'une main les gouvernements successifs viennent couper dans notre filet social et de l'autre ils mettent en place des lois liberticides pour nous empêcher de contester.

Les stratégies utilisées par le ministre pour outrepasser les institutions québécoises sont flagrantes. Il vient, seul, décider du sort de la classe ouvrière et se donne le droit de gérer tout conflit de travail à sa guise et ne fait même plus semblant de respecter les travailleuses et travailleurs.

Sachant que, dans à peine plus d'un an, auront lieu les prochaines élections provinciales et que la CAQ dégringole dans les sondages, c'est à se demander si Boulet n'est pas en train de se préparer deux ou trois petites lois qui vont plaire à ses amis patronaux, ce qui va lui garantir un pont d'or pour retourner à sa pratique d'avocat patronal.

Voyant le mépris dont fait preuve le ministre du Travail envers notre expertise dans les instances paritaires, est-ce encore nécessaire d'y siéger pour se faire cracher dessus ? Est-ce que le temps que nous passons à être les pions du partenariat social ne serait-il pas mieux utilisé pour informer massivement et mobiliser la classe ouvrière contre ses attaques ?

Une chose est certaine, nous devons refuser tout recul de nos droits avec toute la force de notre solidarité.

Alix Parent

Notes et références

https://fr.wiktionary.org/wiki/kakistocratie

https://uttam.quebec/chronique-MT/MT-femmes.php

https://www.theguardian.com/business/2018/sep/18/mcdonalds-walkout-workers-protest-sexual-harassment-epidemic

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Syndrome « pas dans ma cour » : Le projet de loi 103 doit être relégué aux oubliettes

30 septembre 2025, par Coalition Solidarité Santé , Ligue des droits et libertés – section de Québec (LDL-QC), Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA), Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) — , ,
Montréal, le 25 septembre 2025. La Coalition solidarité santé, laLigue des droits et libertés, le Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA) et la Table des (…)

Montréal, le 25 septembre 2025. La Coalition solidarité santé, laLigue des droits et libertés, le Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA) et la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) unissent leurs voix pour demander l'abandon du projet de loi 103 Loi visant principalement à réglementer les sites de consommation supervisée afin de favoriser une cohabitation harmonieuse avec la communauté. Elles estiment que ce projet de loi brime les droits et libertés de plusieurs manières. S'il s'attaque tout d'abord aux personnes fréquentant les sites de consommation supervisée et celles en situation d'itinérance, il constituerait un grave précédent en ouvrant la porte à une application à l'ensemble des groupes d'action communautaire autonome. Elles invitent donc le gouvernement à profiter du renouvellement de la session parlementaire pour cesser l'étude du projet de loi 103, d'autant plus qu'il a été largement rejeté durant la consultation de la Commission de la santé et des services sociaux en juin dernier.

Ces quatre organisations nationales rejoignent des milliers d'organismes communautaires et syndicaux partout au Québec. Via les organismes et les personnes qui les constituent, elles possèdent une analyse fine et réaliste des besoins de la population et partagent une même vision globale de la justice sociale.

La tendance au « pas dans ma cour » dépasse largement le fait de déplacer ce qui dérange. Cela entraîne un désengagement social en remettant en question l'existence de ce qui ne nous sert pas individuellement ni immédiatement. Le gouvernement n'assume pas ses responsabilités face à la population. Au contraire, il contribue à la montée de l'intolérance en pénalisant les personnes qui en sont victimes. Les ressources mises en place par le mouvement communautaire doivent exister pour tout le monde et être accessibles, pour les mêmes raisons que l'on paie des impôts pour des routes qu'on n'utilisera jamais, pour une école même sans avoir d'enfant en âge d'y aller ou pour qu'il y ait des hôpitaux dans toutes les régions.

Plutôt que de contribuer à la santé et au bien-être des personnes fréquentant les centres de consommation supervisée et les ressources pour personnes en situation d'itinérance, le projet de loi 103 restreindrait leurs droits en attaquant les organismes qui les soutiennent. En leur interdisant de s'implanter à moins de 150 mètres d'une école, d'un centre de la petite enfance ou d'une garderie, le projet de loi 103 éloignerait des ressources importantes des lieux où elles sont nécessaires. Il est aussi à craindre que le gouvernement applique ensuite la même médecine à d'autres groupes, et même selon des règles encore plus strictes.

Malgré son libellé, le projet de loi 103 ne favorisera pas une “cohabitation harmonieuse avec la communauté”, notamment parce qu'il retire à celles-ci la possibilité de se doter des ressources qu'elles souhaitent, là où elles les souhaitent. Il entrave la liberté d'association des groupes communautaireset nuit aux droits à la santé, à la sûreté et au secours des personnes qui les visitent, y travaillent ou y contribuent bénévolement.

Qu'il s'agisse d'un centre de consommation supervisée, d'un refuge, d'une maison des jeunes, d'un groupe militant pour la préservation de l'environnement, d'un endroit sécuritaire en cas de violence, d'un groupe soutenant les personnes assistées sociales, d'une cuisine collective ou d'un centre de femmes, aucun n'est à l'abri des conséquences de l'application du syndrome « pas dans ma cour ». Maintenant que le gouvernement s'est donné l'opportunité de faire table rase des projets de loi de la session précédente, nous lui demandons de reléguer le projet de loi 103 aux oubliettes.

Citations

« Les membres de notre coalition sont très inquiets des précédents que ça pourrait créer. Par règlement, la loi pourrait facilement s'élargir à d'autres types d'organismes qui pourraient être vus comme dérangeant, alors qu'ils sont essentiels. Des organismes communautaires, ça répond aux besoins de la population là où elle se trouve. Les en empêcher, c'est leur enlever le droit de choisir comment mieux aider leur communauté et ça entraverait aussi l'accessibilité des ressources. On comprend que des sites d'injection à proximité des écoles, ça peut faire peur, mais ces sites agissent en prévention. Ils servent entre autres à ce que des seringues ne traînent pas dans des lieux publics, comme des cours d'école, justement. Au lieu de restreindre l'action des organismes communautaires, qui peinent déjà avec leur financement limité à se trouver des locaux, le gouvernement doit investir dans ceux-ci. Il doit aussi agir en matière d'itinérance, investir dans le logement social et en santé mentale – des déterminants sociaux de la santé. Si le gouvernement agissait dans ce sens, on n'aurait pas besoin de cacher les organismes qui aident le monde le plus magané de la société » souligne Geneviève Lamarche, coordonnatrice de la Coalition solidarité santé.

« Un groupe communautaire ce n'est pas un local qu'on peut déplacer à son gré, mais une opportunité d'exercer la liberté d'association. Peu importe le nombre de kilomètres, il est inadmissible que le gouvernement décide de l'emplacement de quelque groupe que ce soit. Administré par pour et avec les personnes directement touchées, leur emplacement, leur fonctionnement et leur existence même dépendent des décisions prises collectivement par leurs membres. Or, le projet de loi 103 outrepasse les processus démocratiques des groupes et prétend soumettre les décisions qui en découlent au pouvoir arbitraire du ministre ou du voisinage. De ce fait, il entrave la liberté d'association des membres par le non-respect de leurs décisions collectives, fondement même de leur autonomie. Qui plus est, l'article 3 de la Charte des droits et libertés de la personne devrait plutôt amener le gouvernement à soutenir et favoriser la liberté d'association, en plus de consulter les personnes concernées dans la recherche de solution, afin de contribuer au droit à la santé et à la sécurité de toutes les personnes » déclare Laurence Guénette, coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés.

« Depuis 25 ans, les relations entre l'État et le mouvement de l'action communautaire autonome sont balisées par la Politique gouvernementale de l'action communautaire, un modèle unique au monde. Or, le projet de loi 103 ouvre une large brèche. En effet, il met en péril non seulement l'autonomie, les pratiques et la démocratie internes des groupes visés, mais à terme, celles de tout le mouvement de l'ACA. Quels seront les prochains groupes communautaires visés, et conséquemment, les personnes qui les fréquentent, y travaillent ou y contribuent bénévolement ? Qui sera ensuite repoussé hors des lieux de vie des communautés pour cacher du regard des personnes dont la présence dérange dans le paysage, des situations bouleversantes, des activités et des rassemblements bruyants ou trop fréquents, ou même uniquement parce que la file d'attente déborde sur le trottoir ? » questionne Caroline Toupin, coordonnatrice du Réseau québécois de l'action communautaire autonome.

« En les forçant à s'éloigner des populations qui les fréquentent, le gouvernement nuit à leur accessibilité, mais aussi au sentiment de sécurité des gens qui s'y rendent. De plus, en englobant ces deux types de ressources dans un même projet de loi, le gouvernement propage les préjugés ambiants en donnant l'impression que toutes les personnes en situation d'itinérance ou sans-abri vivent avec un trouble de la consommation et vice-versa[1]. Les organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux (OCASSS) sont les premiers visés par le projet de loi 103 et par les dérives qu'il entraînera, mais nous voulons aussi empêcher qu'il affecte tout le mouvement de l'ACA » ajoute Stéphanie Vallée, présidente de la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles.

À propos

Coalition solidarité santé

La Coalition Solidarité Santé est un regroupement québécois d'organisations syndicales, communautaires, de groupes de personnes âgées, de personnes en situation de handicap et de personnes proches aidantes. La défense des grands principes qui constituent les pierres angulaires du réseau de santé depuis sa mise sur pied, à savoir le caractère public, la gratuité, l'accessibilité, l'universalité et l'intégralité, sont à la base de toutes les interventions de la Coalition Solidarité Santé

Ligue des droits et libertés

Depuis 1963, la Ligue des droits et libertés (LDL) a influencé plusieurs politiques gouvernementales et projets de loi en plus de contribuer à la création d'institutions vouées à la défense et la promotion des droits humains. Elle intervient régulièrement dans l'espace public pour porter des revendications et dénoncer des violations de droits auprès des instances gouvernementales sur la scène locale, nationale ou internationale. Son travail d'analyse, de sensibilisation et de promotion est primordial pour que les droits humains deviennent la voie à suivre vers une société juste et inclusive, pour tous et toutes. Comme organisme sans but lucratif, indépendant et non partisan, la LDL vise à défendre et à promouvoir l'universalité, l'indivisibilité etl'interdépendance des droits reconnus dans la Charte internationale des droits de l'homme.

Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA)

Interlocuteur privilégié du gouvernement en matière d'action communautaire autonome depuis 2001, le RQ-ACA représente 78 regroupements et organismes nationaux, et rejoint au-delà de 4 500 organismes d'ACA travaillant partout au Québec pour une plus grande justice sociale. Grâce à son expertise et à celle de ses membres, il porte et amplifie la voix des organismes communautaires de tout le Québec.

Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB)

Fondée en 1995, la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) est formée de 47 regroupements nationaux, rejoignant plus de 3 000 groupes communautaires autonomes à travers le Québec. Ce sont, par exemple, des maisons de jeunes, des centres de femmes, des cuisines collectives, des maisons d'hébergement, des groupes d'entraide, des centres communautaires, des groupes qui luttent contre des injustices ayant des répercussions sur la santé. Ceux-ci représentent plus que les 2/3 des organismes communautaires autonomes du Québec. Ceux-ci abordent la santé et les services sociaux sous différentes perspectives : femmes, jeunes, hébergement, famille, personnes handicapées, communautés ethnoculturelles, sécurité alimentaire, santé mentale, violence, périnatalité, toxicomanie, etc.

[1] Le dénombrement des personnes en situation d'itinérance visible de 2022 a démontré que 53 % des personnes en situation d'itinérance ou sans-abri affirmaient vivre avec un trouble de la consommation. Quant à la toxicomanie, elle n'est évidemment pas spécifique à une classe sociale en particulier.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Montréal et le mirage des promesses électorales

30 septembre 2025, par Manuel Tapial — , ,
Les élections municipales approchent et, avec elles, le défilé de promesses et de grands discours destinés à éblouir un électorat trop souvent considéré comme crédule. Ce (…)

Les élections municipales approchent et, avec elles, le défilé de promesses et de grands discours destinés à éblouir un électorat trop souvent considéré comme crédule.

Ce n'est pas un hasard si, en pleine campagne, le chef de Projet Montréal, Luc Rabouin, a appelé sur les réseaux sociaux à un embargo sur les armes à destination d'Israël. Cette déclaration semble s'adresser à un électorat de plus en plus sensibilisé au génocide à Gaza.

Cependant, conquérir des voix par de simples gestes symboliques ne sera pas si facile. La mémoire politique pèse lourd : pendant son mandat, Projet Montréal a ignoré, voire marginalisé, les mouvements pro-palestiniens de la ville, tout en entretenant des relations de connivence avec les lobbys sionistes locaux. Croire qu'une déclaration sans conséquences réelles suffira désormais à convaincre paraît peu crédible.

La question de fond est claire : un candidat qui souhaite réellement s'engager pour la justice et faire preuve de cohérence face au génocide palestinien dispose d'outils politiques concrets à l'échelle municipale. Il ne s'agit pas seulement de publier des communiqués, mais de mettre en place des changements tangibles.

Des précédents existent. Des villes comme Liège (Belgique), Oslo (Norvège), Barcelone (Espagne) ou Oxford (Royaume-Uni) se sont déclarées Libres d'Apartheid. Ce modèle, connu sous le nom de Free Apartheid Cities, s'inspire d'expériences historiques comme les Villes Libres de Nucléaire ou les Zones Libres d'Apartheid pendant la lutte contre le régime sud-africain. L'idée est simple mais puissante : que les municipalités se positionnent publiquement contre l'apartheid et l'occupation israélienne, et qu'elles accompagnent cette position de mesures concrètes.

Qu'implique concrètement une Ville Libre d'Apartheid ? Entre autres :
• Ne pas conclure de contrats, d'accords ni d'achats avec des entreprises ou institutions israéliennes complices de l'apartheid ou des colonies.
• Exclure des compétitions sportives et des scènes culturelles les équipes, troupes ou événements sponsorisés par l'État d'Israël.
• Interdire dans l'espace public municipal toute publicité ou parrainage provenant d'entreprises impliquées dans les violations des droits du peuple palestinien.
• Suspendre les jumelages avec des municipalités israéliennes tant que le régime d'apartheid persiste.
• Porter une voix institutionnelle claire, en appelant les gouvernements nationaux à adopter des embargos sur les armes et des sanctions.

Voilà ce qui distingue les mots des actes. Si Luc Rabouin veut prouver un engagement réel envers la Palestine, il ne suffit pas de multiplier les déclarations électorales taillées pour faire la une. Le véritable enjeu est de démontrer que Montréal peut rejoindre un mouvement mondial pour la justice, et tourner le dos à la politique du simple clin d'œil.

Manuel Tapial, membre de Palestine Vivra.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Élections municipales à Montréal et New York : des candidats s’affirment à gauche

30 septembre 2025, par Charline Caro — , ,
Les campagnes municipales de Montréal et de New York battent leur plein, et voient émerger des candidatures progressistes venues défier les partis traditionnels. Tandis que (…)

Les campagnes municipales de Montréal et de New York battent leur plein, et voient émerger des candidatures progressistes venues défier les partis traditionnels. Tandis que Craig Sauvé défend une taxe sur les ultra-riches et une réforme du système électoral montréalais, Zhoran Mamdani promet d'améliorer le pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires new-yorkaises.

Tiré du Journal des alternatives.

Les élections municipales de New York sont marquées par l'ascension inattendue d'un jeune candidat de gauche, venu renverser l'establishment politique. Zhoran Mamdani, 33 ans, ougandais d'origine, est membre de l'Assemblée de l'État de New York depuis trois mandats. Il s'est lancé dans la course à la mairie de New York, après avoir remporté la primaire démocrate, sans que personne n'ait misé sur lui. Il a notamment battu Andrew Cuomo, ténor du parti démocrate et ancien gouverneur de l'État.

« Un coup de tonnerre », titrait le New York Times à l'issue de la primaire, tant le candidat Mamdani détonne avec la « tendance centriste majoritaire au sein du parti démocrate ». Socialiste revendiqué, il centre sa campagne sur le pouvoir d'achat et la vie chère, tout en revendiquant un engagement clair en faveur de la Palestine.

« Il effraie les élites new-yorkaises et les centristes démocrates, qui voient en lui une caricature d'une certaine gauche dont Donald Trump et les républicains se délectent », pouvait-on lire dans La Presse cet été. Ça n'a pas manqué, le président des États-Unis le traitant régulièrement de « petit communiste » sur son réseau social.

Les critiques viennent aussi de certains membres de son propre parti, que le programme socialiste dérangent. La députée démocrate Lauren Gillen déclarait que « le socialiste Zhoran Mamdani est trop extrême pour diriger New York ». Andrew Cuomo, son adversaire durant la primaire démocrate, et désormais candidat indépendant, dénonce quant à lui un programme « dangereux ». Bernie Sanders, un de ses rares soutiens démocrates de poids, a condamné le faible soutien du parti à son candidat new-yorkais.

Un programme d'accessibilité financière

Zhoran Mamdani place la lutte contre la vie chère au cœur de son programme. Il souhaite notamment geler les loyers pour 2 millions de résidants, rendre les autobus gratuits, instaurer un service de garde universel, ouvrir des épiceries municipales avec des produits subventionnés, ou encore augmenter le salaire minimum de 15 à 30 dollars de l'heure d'ici 2030. Le candidat dit vouloir permettre aux classes populaires et moyenne de rester à New York, alors que l'augmentation des loyers, de l'alimentation, et des transports contraint de nombreux ménages à partir.

C'est un programme « résolument de gauche », estime le New York Times, alors que le message sur la vie chère « fait défaut de nombreux démocrates sur la scène nationale », et que le parti démocrate peine à rallier les classes moyennes et populaires depuis l'ère Obama.

Le candidat souhaite financer ces mesures sociales en taxant davantage les plus riches. Le taux d'imposition des entreprises passera de 7,5 à 11,5%, et celui des New-Yorkais gagnant plus de 1 millions de dollars sera augmenté de 2%. Il faut « taxer les 1% [des plus riches] pour les 99% [restants] », soutient-il sur ses réseaux sociaux.

Le rôle de la police remis en cause

Dans un tweet posté en 2020, Zhoran Mamdani déclarait : « Nous n'avons pas besoin d'une enquête pour savoir que le NYPD est raciste, anti-queer et une menace majeure à la sécurité publique. Ce dont nous avons besoin est de définancer le NYPD. » Largement critiqué par ses adversaires pour cette prise de position, le candidat affirme que ces critiques ne correspondent plus à ses opinions actuelles.

Sur le plan de la sécurité, le candidat veut toutefois créer un Département de la sécurité communautaire pour prévenir la violence. Si la police a « un rôle essentiel à jouer, elle ne peut pallier aux défaillance de notre filet de sécurité sociale », défend-il sur sa plateforme électorale. Le nouveau département de sécurité investira ainsi dans des programmes de santé mentale et d'intervention sociale. Il prévoit également de déployer des travailleurs sociaux dans les stations de métro pour garantir la sécurité des plus vulnérables et des passagers.

Craig Sauvé, l'outsider montréalais

À Montréal, un autre candidat inattendu vient déranger la course à la mairie avec des propositions sociales plus radicales, et une remise en cause du statu quo politique. Conseiller municipal dans l'arrondissement du Sud-Ouest depuis 2013, il l'était sous la bannière de Projet Montréal jusqu'en 2021, avant de siéger comme indépendant suite à une allégation d'agression sexuelle. Cet été, il a annoncé sa candidature à la mairie, sous les couleurs de son nouveau parti Transition Montréal.

S'immisçant dans la course traditionnelle entre Projet Montréal et Ensemble Montréal, le candidat souhaite mettre fin à l'alternance entre « deux vieux partis qui nous gouvernent depuis des décennies », est-il écrit sur son site de campagne.

Un programme plus radical ?

Contrairement à Zhoran Mamdani, Craig Sauvé est notamment en concurrence avec un parti, Projet Montréal, qui se dit « progressiste, écologiste et féministe ». Si le candidat propose des mesures marquées à gauche, elles sont moins inédites que dans le paysage politique américain et new-yorkais.

Parmi ses mesures phares, Craig Sauvé propose de taxer les ultra-riches, avec une taxe foncière sur les propriétés de luxe qui valent au-delà de 3,5 M$. Les sommes récoltées, dit-il, seront « entièrement consacrées à la lutte contre l'itinérance et l'inabordabilité des logements à Montréal ». Interrogé par TVA sur la popularité d'une telle mesure, Craig Sauvé prend l'exemple de Zhoran Mamdani : « S'il peut convaincre Manhattan de voter pour lui avec ces mêmes idées, je pense que ça peut marcher à Montréal. »

La sécurité est un autre point sur lequel le candidat Sauvé se distingue de Projet Montréal. Contrairement au parti de Valérie Plante qui a augmenté son budget, Craig Sauvé veut désinvestir du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), afin de « s'attaquer aux causes profondes de la criminalité ». Le candidat veut notamment créer une brigade civile chargée des cas de détresse sociale, qui ne relèvent pas de la police selon lui. L'aspirant-maire souhaite également mettre fin aux « interpellations de rue arbitraires » visant les personnes noires et autochtones.

Pour le reste, si son discours est parfois plus explicite, les solutions envisagées sont semblables à celles proposées par Projet Montréal et son candidat Luc Rabouin. Sur la crise du logement, bien que Craig Sauvé dénonce le « capitalisme effréné » comme cause à la crise, il dit miser sur les logements sociaux, comme Projet Montréal, sans qu'un plan plus étoffé ait été dévoilé pour le moment.

Un changement démocratique plus que politique

Si Craig Sauvé souhaite une rupture, c'est davantage au plan démocratique. Interrogé par TVA sur les différences entre son parti et celui de Projet Montréal, il n'a rien avancé de concret, disant viser la collaboration : « On va prendre les bonnes idées de tous les partis : c'est une nouvelle manière de faire de la politique ».

En créant un nouveau parti, Craig Sauvé semble davantage chercher à élargir le débat municipal plutôt que de s'emparer du pouvoir pour opérer un tournant politique. « Je veux faire dialoguer les partis entre eux et mettre fin à la partisanerie », déclarait-il lors d'un débat entre les candidatures en septembre à l'Institut du Nouveau Monde.

Son programme défend par ailleurs une réforme électorale, avec la mise en place d'un vote proportionnel et préférentiel. L'électorat pourrait ainsi classer les candidatures selon leur ordre de préférence — comme à New York — et obtenir un conseil municipal proportionnel aux scores obtenus. L'idéal visé par Craig Sauvé, c'est « un conseil avec cinq ou six partis, menant des coalitions et des négociations entre eux », avance-t-il sur ses réseaux sociaux.

Le champ des possibles au municipal

Dans des contextes et des répertoires différents, Zhoran Mamdani et Craig Sauvé rebattent les cartes de leurs élections respectives, en profitant de la place du progressisme au municipal, plus importante qu'à l'échelle nationale.

Zhoran Mamdani, crédité de 47 % des intentions de vote, semble jouer un rôle qui sera déterminant sur le plan politique, qui plus est dans un pays dirigé par l'extrême droite. Craig Sauvé, qui affiche 7 % dans les derniers sondages, joue davantage le rôle de l'outsider, assez présent toutefois pour amener les partis traditionnels à s'adapter à sa présence et ses propositions.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

5 ans après le décès de Joyce Echaquan

30 septembre 2025, par Bureau du Principe de Joyce — , , ,
Il y a cinq ans, le décès de Joyce Echaquan a bouleversé le Québec et éveillé les consciences. Son histoire a mis en lumière une réalité que nos Nations dénoncent depuis trop (…)

Il y a cinq ans, le décès de Joyce Echaquan a bouleversé le Québec et éveillé les consciences. Son histoire a mis en lumière une réalité que nos Nations dénoncent depuis trop longtemps.

Aujourd'hui, malgré certains progrès, beaucoup reste à faire. Les injustices que Joyce a vécues ne relèvent pas seulement du passé : elles sont encore bien présentes aujourd'hui.

Des solutions existent. Pourtant, trop souvent, des enjeux profondément humains sont réduits à des débats idéologiques ou partisans. Il faut aller plus loin.

En fin de semaine, le Bureau du principe de Joyce a tenu un colloque pour faire le point sur les avancées depuis cinq ans. Le chef de l'APNQL, Francis Verreault-Paul, y était présent et a prononcé une allocution rendant hommage à notre sœur Joyce.

Sa mémoire nous oblige à poursuivre le chemin vers des systèmes véritablement justes, sécurisants et respectueux pour toutes et tous.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

La FTQ se met en action pour la Marche mondiale des femmes !

30 septembre 2025, par Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ) — , ,
La Marche mondiale des femmes (MMF) est un mouvement collectif, vibrant et puissant où des femmes issues de toutes les régions, cultures et réalités s'unissent autour de (…)

La Marche mondiale des femmes (MMF) est un mouvement collectif, vibrant et puissant où des femmes issues de toutes les régions, cultures et réalités s'unissent autour de valeurs féministes communes. Ensemble, nous marchons pour la justice climatique et pour un monde sans pauvreté et sans violence.

Organisée tous les cinq ans, la MMF est l'occasion de faire entendre nos voix et de porter nos revendications sur la place publique. En 2025, nous en serons à la 6e édition de cette mobilisation internationale inspirée de la grande Marche du pain et des roses de 1995.

Quand ? Samedi 18 octobre 2025

Où ? À Québec – Place de l'Assemblée nationale

À quelle heure ? Départ de la marche à 12 h

Point de rencontre FTQ : Parc de la Francophonie (aussi appelé le Pigeonnier), sur Grande-Allée, entre les rues d'Artigny et la rue des Parlementaires.

Vous voulez faire partie de la délégation FTQ à la Marche mondiale des femmes ? Contactez le conseil régional FTQ de votre coin pour connaître tous les détails sur le transport disponible.

Informations générales pour la Marche mondiale des femmes

10 h : animation sur le site devant l'Assemblée nationale ;

12 h : rassemblement devant l'Assemblée nationale et départ de la marche ;

15 h : cérémonie de clôture avec prises de paroles et performances.

Pour vos questions sur place : une équipe d'accueil avec des points d'interrogation sera présente ;

à- En cas d'urgence : une équipe Santé ainsi que l'ambulance St-Jean seront sur le site d'accueil et en bordure de la marche ;

Fontaines d'eau sur le site pour remplir vos bouteilles (pas de vente de bouteille d'eau sur place) ;

Apportez des collations, il n'y aura pas de vente de nourriture sur place.

Accessibilité

Le site est accessible aux personnes à mobilité réduite ;

Des toilettes adaptées seront disponibles à trois endroits (sur le site et le long du trajet) ;

L'interprétation en langue des signes du Québec (LSQ) sera assurée ;

Zone réservée près de la scène et chaises disponibles sous le chapiteau ;

Le parcours est court et plat pour rendre l'événement convivial pour toustes ;

Transport disponible en queue de marche pour celleux qui ont besoin de repos ;

Il y aura un service d'ordre assuré par des bénévoles s'identifiant comme femmes.

Consignes de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes

Les pancartes sont bienvenues, mais merci d'éviter les grandes bannières et les drapeaux dans les airs qui pourraient bloquer la visibilité des autres organisations et obstruer le champ de vision des personnes ;

En cas de pluie, privilégiez les imperméables ou les ponchos plutôt que les parapluies, pour garder le cortège sécuritaire et fluide ;

On encourage les bouteilles d'eau réutilisables, question de diminuer l'usage du plastique. Il y aura des fontaines d'eau pour les remplir sur le site.

Les hommes alliés sont invités à prendre une posture de support aux femmes et aux personnes non-binaires pendant la marche.

Ensemble, marchons pour la justice climatique et pour un monde sans pauvreté et sans violence.

Télécharger les visuels

Courriel

Signature de courriel

Fonds d'écran

Teams

Zoom

Réseaux sociaux

Format carré

Format story

Bannière page Facebook

Bannière événement Facebook

Bannière Twitter

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

La déclaration du Canada reconnaissant l’État de Palestine : Une reconnaissance sans effet qui nie même le droit à l’autodétermination

30 septembre 2025, par Coalition du Québec URGENCE Palestine — , ,
Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal, le 23 septembre 2025 – Le dimanche, 21 septembre, le premier ministre Carney a publié une déclaration reconnaissant l'État de Palestine. Cette (…)

Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal, le 23 septembre 2025 – Le dimanche, 21 septembre, le premier ministre Carney a publié une déclaration reconnaissant l'État de Palestine. Cette reconnaissance s'harmoniserait « pleinement avec les principes d'autodétermination et les droits fondamentaux de la personne inscrits dans la Charte des Nations Unies ».

Mais dans les faits, elle les nie par les conditions qu'elle prescrit. De plus, elle restera sans effet car, même après deux ans de génocide, le Canada ne donne toujours aucune indication de vraiment vouloir remplir ses
obligations internationales à l'égard du peuple palestinien.

*Une autodétermination… déterminée par des puissances occidentales*

La déclaration du Canada ne fait aucune mention du cadre de référence de l'ONU, la véritable « communauté internationale », concernant la Palestine. Aucune mention des résolutions historiques de l'ONU, ni de celle du 18
septembre 2024 donnant un délai maximum d'un an à Israël pour mettre fin à son occupation et sa colonisation illégales. Aucune mention des décisions de la Cour internationale de justice, qui reconnaissait dès janvier 2024
qu'il était plausible qu'un génocide soit en cours à Gaza, ni des mandats d'arrêt émis par la Cour pénale internationale contre Benjamin Netanyahou, le Premier ministre d'Israël, et Yoav Gallant, l'ancien ministre de la
Défense d'Israël.

La déclaration du Canada fait quelques constats incriminants envers Israël mais ne lui adresse aucune demande. Elle détermine que c'est l'Autorité palestinienne – considérée comme collaboratrice de l'occupation israélienne
par bon nombre de Palestinien·nes – qui prendra les rênes de l'État palestinien, moyennant des « réformes essentielles » qu'elle s'est engagée à mener « directement auprès du Canada et de la communauté
internationale
». Elle détermine finalement que l'État palestinien sera démilitarisé.

Toutes ces questions, c'est aux Palestiniens et Palestiniennes d'en décider. Or il semble que le seul choix qu'on leur laissera sera celui de choisir, parmi des partis et des candidats qui seront jugés acceptables par
la « communauté internationale », quels seront les gestionnaires palestiniens de leur nouveau carcan néocolonial et néolibéral.

*Une reconnaissance pour tenter de sauver la face*

La déclaration d'indépendance de la Palestine a eu lieu le 15 novembre 1988. Un mois plus tard, l'Assemblée générale des Nations Unies en prenait acte et reconnaissait son droit d'exercer sa souveraineté sur son
territoire occupé par Israël depuis 1967 (Gaza, Cisjordanie incluant Jérusalem-Est).

C'est donc 37 ans plus tard que le Canada en arrive à cette reconnaissance, mais surtout après deux ans d'un génocide toujours en cours, qu'il n'a jamais reconnu comme tel, et dont il demeure complice de diverses façons
jusqu'à aujourd'hui.

Depuis quelques mois, le nouveau ton plus incisif du Canada et de certains autres pays occidentaux vis-à-vis Israël, tout comme leur reconnaissance symbolique actuelle de l'État de Palestine, ne visent qu'à tenter de faire
oublier qu'ils ont laissé Israël commettre toutes ses horreurs et qu'ils en ont été complices.

*Des sanctions à long-terme, sévères et concertées contre Israël sont nécessaires*

Aucune déclaration ne lèvera le blocus israélien, n'arrêtera le génocide et la colonisation du peuple palestinien. Aucune déclaration ne mettra fin à l'occupation militaire israélienne. Seules des sanctions à long-terme,
sévères et concertées contre Israël peuvent réalistement contribuer à atteindre ces objectifs.

Si le Canada ne veut pas demeurer complice des crimes d'Israël, c'est là le chemin à emprunter *immédiatement en déployant tous les moyens d'action politique et économique à sa disposition*, en tant qu'État.

Mais la teneur de sa déclaration reconnaissant l'État de Palestine montre que sa démarche est encore essentiellement guidée par les intérêts d'Israël et de sa propre alliance avec cet État voyou et non par le droit
international et la défense des droits du peuple palestinien. Seule une mobilisation populaire beaucoup plus grande au Québec et au Canada pourront forcer un changement de politique.

*Citation *

« Les sanctions personnelles imposées par le Canada à quelques colons et à deux ministres israéliens sont insignifiantes. Ce ne sont pas quelques individus, mais bien l'État d'Israël qui est responsable de l'occupation
militaire et de la colonisation illégales du territoire palestinien depuis 1967, et du génocide en cours depuis deux ans. C'est contre l'État d'Israël qu'un maximum de sanctions doit être appliqué immédiatement. » déclare
Raymond Legault, porte-parole de la Coalition du Québec URGENCE Palestine.

*À propos de la Coalition*

La Coalition du Québec URGENCE Palestine s'est formée en février 2024 pour rendre visible l'indignation de la société civile québécoise devant le génocide perpétré par Israël à Gaza et pour soutenir la lutte palestinienne
contre l'occupation, la colonisation et la dépossession. Elle rassemble 52 groupes syndicaux, communautaires et citoyens partout au Québec.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

La gauche devrait défendre la démocratie et non la tentative d’Ottawa de restreindre la clause dérogatoire

30 septembre 2025, par Donal Gill — , ,
Le gouvernement fédéral intervient dans l'affaire qui traîne devant la Cour suprême concernant l'invocation préventive par le Québec de l'article 33, la clause dérogatoire de (…)

Le gouvernement fédéral intervient dans l'affaire qui traîne devant la Cour suprême concernant l'invocation préventive par le Québec de l'article 33, la clause dérogatoire de la Charte des droits et libertés, pour le projet de loi 21, Loi sur la laïcité de l'État.

Tiré de Canadian dimension.

19 septembre 2025

Dans un mémoire déposé le 17 septembre, Ottawa a fait valoir que les tribunaux devraient pouvoir interdire l'utilisation à long terme de l'article 33 pour passer outre aux droits garantis par la Charte, avertissant que des suspensions prolongées équivalent à un déni inconstitutionnel des droits eux-mêmes.

C'est une mauvaise idée. La gauche politique au Canada devrait s'opposer à tout affaiblissement de la suprématie parlementaire préservée par l'article 33. En tant que théoricien politique ayant une vision populiste de la démocratie, je soutiens que le dernier mot sur l'autorité législative doit rester entre les mains des institutions démocratiques responsables. La gauche devrait se rallier à cette cause.

La clause dérogatoire a été insérée dans la Charte lors des négociations tendues sur le rapatriement constitutionnel en novembre 1981. Pendant des décennies, les différends sur la formule d'amendement avaient bloqué tout progrès. La « magnifique obsession » de Pierre Elliott Trudeau pour une Charte des droits et libertés bien établie a été farouchement combattue par le « gang des huit » premiers ministres provinciaux, déterminés à le bloquer.

L'article 33 est apparu comme le compromis qui a permis à Trudeau de détacher les sept premiers ministres anglophones de René Lévesque et d'obtenir leur soutien pour la nouvelle Constitution. Cette clause a été proposée par le premier ministre de l'Alberta, Peter Lougheed, et négociée par le ministre de la Justice de l'époque, Jean Chrétien, dans le cadre du désormais légendaire « accord de cuisine ». Son objectif était d'apaiser les craintes des provinces qui redoutaient que la Charte ne transfère trop de pouvoirs aux tribunaux au détriment de la souveraineté parlementaire.

Les défenseurs de cette clause, comme Thomas Axworthy, conseiller principal de Trudeau, ont qualifié l'article 33 de « compromis canadien historique », établissant un équilibre entre la tradition britannique de la suprématie législative et le contrôle judiciaire à l'américaine. Les détracteurs, comme le chroniqueur Andrew Coyne, soutiennent depuis longtemps qu'elle affaiblit fatalement la Charte, en permettant aux législatures de passer outre les protections des droits à leur guise. L'ancien premier ministre Brian Mulroney partageait ce point de vue, déclarant en 1989 que l'article 33 « prend en otage [les droits individuels] » et rend la Constitution indigne de respect. Sa chute politique au milieu de réformes constitutionnelles ratées reste l'une des raisons pour lesquelles peu de politiciens aujourd'hui reprennent ouvertement cette ligne.

Ces dernières années, cependant, les penseurs conservateurs ont adopté la clause dérogatoire. Ce que Mulroney considérait comme un défaut, ils le présentent comme une garantie pour la démocratie. Leur argumentation repose sur les griefs conservateurs de longue date concernant « l'activisme judiciaire », défendus notamment par Ted Morton et Rainer Knopff dans leur ouvrage The Charter Revolution and the Court Party (2000). Aujourd'hui, des universitaires comme Geoffrey Sigalet, de l'Université de Colombie-Britannique, soutiennent que l'article 33 est non seulement constitutionnel, mais aussi essentiel pour garantir que ce sont les législatures, et non les tribunaux, qui ont le dernier mot.

Sans surprise, lorsque Ottawa a déposé son argumentation visant à limiter la portée de la clause, les voix conservatrices proches de Pierre Poilievre ont dénoncé cette initiative. Son ancien directeur de la communication, Ben Woodfinden, a averti que le fait d'accepter la position d'Ottawa déclencherait « une grave crise constitutionnelle ». Un autre ancien conseiller, Yuan Yi Zhu, a fait valoir que tout juge votant en faveur d'une restriction de l'article 33 devrait être destitué par le Parlement.

Cette division des opinions s'est durcie : la défense de l'article 33 est désormais considérée comme une cause conservatrice. Mais cela n'a pas toujours été le cas, et cela ne devrait pas rester ainsi. En 1989, le juriste de gauche Michael Mandel a publié The Charter of Rights and the Legalization of Politics in Canada (La Charte des droits et la légalisation de la politique au Canada), dans lequel il s'opposait à la Charte elle-même. Mandel avertissait que les juges non élus et les élites juridiques s'arrogeaient un pouvoir sur des droits qui devraient rester du ressort de la politique démocratique. Soulignant que le pouvoir judiciaire a toujours privilégié la propriété privée au détriment du bien public et sapé le bien-être social, il a exhorté les progressistes à normaliser l'utilisation de la clause dérogatoire afin de démystifier et de contrebalancer la Charte.

C'est un argument que je trouve convaincant. Pour que la démocratie ait un sens, le peuple doit avoir le dernier mot. Les tribunaux peuvent prétendre protéger les droits contre les « incitations sordides » de la politique partisane, mais comme l'a récemment fait remarquer la théoricienne politique Leah Downey, céder le contrôle d'institutions cruciales à des élites qui n'ont pas à rendre de comptes peut sembler sûr dans la pratique, mais est indéfendable en principe. À l'heure où le Canada est confronté à une crise du logement, à des inégalités générationnelles, à une dérive de sa politique étrangère et à une catastrophe climatique, la protection et l'extension du contrôle démocratique devraient être primordiales.

Les populistes de gauche devraient se saisir de cette question et défendre l'autorité législative du Parlement. Peu importe que les invocations de la clause dérogatoire ces dernières années par le Québec, l'Ontario et la Saskatchewan aient été faites au nom de causes illibérales et régressives. En réifiant la propriété exclusive du pouvoir de déterminer la portée et la nature des droits entre les mains du pouvoir judiciaire, la gauche accepte volontiers la dilution de son principe ostensiblement axiomatique : le pouvoir moral et politique du plus grand nombre, et non d'une minorité.

L'idée que les droits protégés par la Charte existent en dehors ou au-delà du domaine de la contestation démocratique trahit une vision tout à fait antidémocratique de la politique. La gauche ne doit jamais cautionner cela, même si l'équilibre approprié entre le contrôle judiciaire et le désordre de la souveraineté populaire exprimée par les institutions représentatives n'est pas et ne sera jamais clair ni facile à trouver. C'est le fardeau de l'autonomie gouvernementale. Il est inacceptable de renoncer à ce défi en échange du règne des technocrates ou des élites juridiques, même si la Charte a été un instrument de réforme progressiste sur certaines questions au cours des quatre dernières décennies.

Dans une déclaration publiée le matin du 18 septembre, le ministre de la Justice, Sean Fraser, a déclaré que « cette affaire va au-delà des questions immédiates dont est saisie la Cour. La décision de la Cour suprême déterminera la manière dont les gouvernements fédéral et provinciaux pourront utiliser la clause dérogatoire pendant des années ». On a l'impression que ni Fraser ni le premier ministre Carney ne mesurent pleinement à quel point cela sera incendiaire, surtout au Québec, où les cicatrices de la « nuit des longs couteaux » de Lévesque en 1981 et la réévaluation de l'ancienne clause dérogatoire en clauses de souveraineté parlementaire montrent exactement comment cela est compris dans la Belle Province.

Même si cette intervention du gouvernement fédéral ne risquait pas de provoquer une crise d'unité nationale, elle est mauvaise en soi. Mandel a fait valoir en 1989 que « la logique et l'expérience montrent que lorsque [la Charte et le gouvernement représentatif] ... s'opposent, le gouvernement représentatif est le plus souvent du côté qui mérite d'être soutenu ».

La gauche ferait bien de s'en souvenir aujourd'hui.

*****

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Retour vers le futur — Le NPD doit relancer le débat sur le capitalisme

30 septembre 2025, par Yves Engler — , ,
« Aucun gouvernement du CCF ne se reposera tant qu'il n'aura pas éradiqué le capitalisme et mis en œuvre le programme complet de planification socialisée qui mènera à (…)

« Aucun gouvernement du CCF ne se reposera tant qu'il n'aura pas éradiqué le capitalisme et mis en œuvre le programme complet de planification socialisée qui mènera à l'établissement au Canada du Commonwealth coopératif. » — Manifeste de Regina, 1933

https://rabble.ca/politics/canadian-politics/back-to-the-future-ndp-must-debate-capitalism-again/

22 septembre 2025

Au cours des deux mois de campagne pour la direction du NPD, nous avons remis en question les fondements de notre système économique plus que toutes les autres branches du parti au cours des dernières années. Mais notre position est profondément enracinée dans le NPD/CCF et est plus pertinente que jamais, alors que le capitalisme détruit les perspectives de survie de l'humanité.

Dans un récent article à charge me qualifiant de « gadfly perpétuel », le chroniqueur du National Post, John Ivison, a noté avec ironie : « Engler fait campagne sur un programme visant à abolir le capitalisme. » À l'extrémité la plus libérale de la presse d'entreprise, le journaliste du Toronto Star Mark Ramzy a enterré ma candidature dans un long article consacrant une attention particulière aux candidats plus favorables au capitalisme, se contentant de noter que je me présentais « à la direction sur un programme antimilitariste et anticapitaliste ». The Western Standard, Queen's Journal, Rebel, Left of the Box et d'autres m'ont tous décrit comme un candidat anticapitaliste, et des centaines de milliers de personnes ont lu ou regardé mon commentaire de lancement, mes communiqués et mes vidéos affirmant que je me présente pour remettre en cause le capitalisme. Ces derniers jours, des milliers de tracts et d'affiches intitulés « Le capitalisme ne peut pas être réparé » ont été distribués à l'occasion du lancement à Toronto d'une tournée nationale dans dix villes.

Mise à part cette récente vague de rhétorique anticapitaliste, il est remarquable de constater à quel point les cercles du NPD ont peu discuté de notre système économique, qui concentre les richesses et détruit l'environnement. Il est pourtant plus important que jamais de remettre en cause le capitalisme.

Le capitalisme est un système de domination minoritaire et de classe fondé sur la propriété privée des moyens de subsistance. Les collectifs capitalistes (les entreprises) ont socialisé le travail tout en fonctionnant comme des dictatures privées sur le lieu de travail qui centralisent le pouvoir entre les mains d'une petite élite.

Le capitalisme est une menace pour l'humanité. La nécessité pour le système de maximiser constamment ses profits et sa croissance met en péril la survie de l'humanité. Les trois dernières années ont été les plus chaudes depuis 100 000 ans et les niveaux de CO2 sont les plus élevés depuis des millions d'années. Les Canadiens ont l'un des taux d'émissions de GES par habitant les plus élevés, mais le capital canadien continue d'étendre son extraction de sables bitumineux, très émettrice de GES.

Il ne s'agit pas seulement de la crise climatique. La recherche du profit des entreprises entraîne l'extinction massive d'espèces, l'appauvrissement des sols, l'amincissement de la couche d'ozone, la perte de terres arables, l'épuisement des ressources en eau douce et d'autres crises écologiques.

Le capitalisme met en péril notre capacité à vivre sur la planète, mais il détruit également notre santé. L'impact croissant des plastiques, une invention des entreprises de la fin du XXe siècle, sur la santé en est un exemple frappant. Des chercheurs ont découvert que la plupart d'entre nous avons désormais l'équivalent d'une petite cuillère de particules de plastique dans notre cerveau.

Le capitalisme nuit également à notre santé mentale. Les messages incessants nous incitant à acheter ceci ou cela sont déstabilisants. Une quantité impressionnante de ressources et d'ingéniosité est consacrée à nous convaincre que nous avons besoin de ceci ou de cela (toujours plus) pour être satisfaits.

Tout en menant une guerre contre notre psyché, le capitalisme nous aliène de notre travail. Il dévalorise le travail, offrant une rémunération généralement moindre aux personnes qui travaillent le plus dur. Ces dernières années, le capital canadien a mené une guerre sans merci contre les organisations de la classe ouvrière, faisant chuter le taux de syndicalisation du secteur privé canadien à son plus bas niveau en 80 ans.

Alors que les capitalistes s'attaquent aux syndicats, le système concentre la richesse entre les mains d'une élite de plus en plus restreinte. La famille la plus riche du Canada, les Thompson, possède près de 100 milliards de dollars. Le Canada compte environ 75 milliardaires, qui contrôlent plus de richesses que des millions de Canadiens. Selon les données du directeur parlementaire du budget, les 1 % les plus riches des Canadiens détiennent 24 % de la richesse nette totale du pays, tandis que 53 % de toute la richesse est détenue par les 10 % les plus riches.

La concentration des richesses est une menace pour la démocratie. Grâce à leurs participations, les grands actionnaires ont un pouvoir excessif au sein du système politique. Ils achètent des partis politiques, possèdent les médias, financent des groupes de réflexion, s'organisent en groupes de pression commerciaux, entre autres. En bref, ils essaient de modeler la structure politique, culturelle et économique des sociétés à leur avantage.

Mais ma campagne ne se contente pas de critiquer le capitalisme. Elle propose une alternative.

Le capitalisme « un dollar, une voix » devrait être remplacé par la démocratie économique « une personne, une voix ». Partout où il y a du travail social, il devrait y avoir une propriété communautaire et une démocratie sur le lieu de travail.

Comme l'affirmait mon défunt oncle Allan Engler dans Economic Democracy : The Working Class Alternative to Capitalism (Démocratie économique : l'alternative ouvrière au capitalisme), le changement social nécessaire devrait « s'appuyer sur les organisations professionnelles, les mobilisations communautaires et l'action politique démocratique ; sur les acquis et les réformes qui améliorent les conditions de vie tout en remplaçant méthodiquement les privilèges des détenteurs de richesses par les droits humains, la propriété capitaliste par la propriété communautaire et les relations maître-serviteur par la démocratie au travail ». (Vous pouvez regarder la série de vidéos de mon père intitulée Economic Democracy or No Democracy — An Anti Oligarchy Manifesto, qui vise à populariser ces thèmes).

Et ces idées gagnent clairement en popularité.

Au cours des dix premiers jours de ma campagne de financement, ma candidature à la direction du NPD sur une plateforme anticapitaliste a permis de récolter plus de 55 000 dollars. De plus, nous avons plus que doublé le seuil de nomination pour participer à la course à la direction avec plus de 1 000 membres du parti, couvrant toutes les exigences régionales, d'équité et d'âge du parti, qui ont signé mon formulaire de nomination.

Bien que je remplisse les critères de nomination et financiers, il est possible que les dirigeants du parti m'empêchent de participer à la course. Mais même ceux qui n'ont pas l'intention de voter pour moi devraient rejeter ce type de manipulation antidémocratique. Tous les membres du parti, à l'exception des plus réactionnaires, devraient vouloir que le capitalisme soit à l'ordre du jour de la course à la direction du NPD.

C'est la tradition du CCF/NPD. Selon le Manifeste de Regina de 1933, l'objectif du parti est de « REMPLACER le système capitaliste actuel », tandis que le Manifeste Waffle de 1969 stipule que « le capitalisme doit être remplacé par le socialisme ».

Si je ne suis pas autorisé à participer à la course, ne vous attendez pas à ce que l'on discute beaucoup du capitalisme. Si je suis autorisé à me présenter, attendez-vous à ce que tous les candidats remettent en question ce système économique odieux d'ici la fin de la campagne.

*****

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Peuple Xinka : Le Canada doit respecter leur droit à l’autodétermination face à une minière canadienne au Guatemala

30 septembre 2025, par Aidan Gilchrist-Blackwood, Miriam Shaftoe — , ,
Ottawa – Aujourd'hui, deux déléguées du Parlement Xinka du Guatemala ont tenu une conférence de presse sur la Colline du Parlement pour demander au gouvernement canadien et à (…)

Ottawa – Aujourd'hui, deux déléguées du Parlement Xinka du Guatemala ont tenu une conférence de presse sur la Colline du Parlement pour demander au gouvernement canadien et à la société minière Pan American Silver, basée à Vancouver, de respecter la décision du peuple Xinka d'exiger la fermeture définitive de la mine Escobal, conformément à son droit à l'autodétermination en vertu de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (Déclaration des Nations Unies).

23 septembre 2025 | tiré du Journal des Alternatives

Le 8 mai, le peuple Xinka a annoncé son refus catégorique de consentir à la réouverture de la mine, à l'issue d'un processus de consultation judiciaire qui a duré sept ans. Pourtant, Pan American Silver, la société minière basée à Vancouver qui possède la mine Escobal, continue d'ignorer la décision du peuple Xinka de refuser de donner son consentement et présente de manière trompeuse le processus de consultation comme un dialogue entre la société, les autorités guatémaltèques et le peuple Xinka en vue d'une éventuelle réouverture de la mine.

« Il ne s'agit pas et il n'a jamais été question d'un processus de négociation », a déclaré Marisol Guerra, présidente de la Commission des femmes Xinkas. « Le peuple Xinka a participé de bonne foi à la consultation. Nous avons décidé que nous n'avions pas besoin de la mine ; nous avons besoin d'eau propre et abondante, de terres, de santé et de paix sur notre territoire traditionnel. »

Face au mépris flagrant de l'entreprise pour la décision des Xinkas, les dirigeantes Xinkas sont retournées au Canada pour la deuxième fois cette année afin de tirer la sonnette d'alarme sur la mauvaise foi de l'entreprise et de rencontrer des parlementaires, des dirigeants autochtones et des organisations de la société civile à Halifax, Fredericton, Toronto, Peterborough et Ottawa.

« Nous appelons les autorités canadiennes à exprimer publiquement leur soutien à notre droit à l'autodétermination et à notre décision de refuser notre consentement à la mine Escobal », a déclaré Marta Muñoz, déléguée au processus de consultation. « Le Canada doit également mettre en œuvre les lignes directrices Voix à risque en faveur de notre sécurité et de notre sûreté en tant que défenseuses de la terre, du territoire et de l'environnement. Aujourd'hui plus que jamais, nous craignons des représailles en raison de notre décision de protéger nos terres et notre eau. »

« L'aboutissement de ce processus de consultation historique intervient à un moment où les droits des peuples autochtones au Canada et dans le monde sont de plus en plus menacés par une nouvelle vague d'accélération et de déréglementation dans l'industrie minière », explique Viviana Herrera, coordinatrice pour l'Amérique latine chez MiningWatch Canada. « Pourtant, poursuivre des projets miniers contre la volonté des nations autochtones est la recette idéale pour un conflit à long terme, ce qui est exactement ce que nous observons au Canada avec les campements de résistance qui se poursuivent dans la région dite du « Ring of Fire » et les manifestations importantes contre la Loi visant bâtir le Canada au fédéral, et la Loi de 2025 pour protéger l'Ontario en libérant son économie au niveau provincial. »

La consultation ordonnée par le tribunal s'est heurtée à de nombreux obstacles, notamment la cooptation du système judiciaire du pays, ainsi que le harcèlement, les menaces et les attaques persistantes contre les dirigeants et les membres de la communauté Xinka. Il convient de noter que le dernier président du Parlement Xinka et sa famille ont fui le pays à la fin de l'année dernière, tout comme d'autres personnes qui ont quitté le pays par crainte pour leur vie.

« Le gouvernement canadien a le devoir international de protéger les droits des autochtones et la responsabilité de demander des comptes aux entreprises canadiennes lorsqu'elles enfreignent ces droits. Le gouvernement doit adopter une position ferme en faveur de l'autodétermination des autochtones en affirmant que Pan American Silver doit respecter le refus clair du consentement du peuple Xinka et fermer définitivement ses activités à la mine Escobal », a déclaré Aidan Gilchrist-Blackwood du Réseau canadien sur la responsabilité des entreprises.

« La décision du peuple Xinka est claire : la mine Escobal, propriété de la société canadienne Pan American Silver, doit être fermée. Je suis en solidarité avec leurs efforts. Nous n'accepterons jamais qu'une entreprise canadienne continue de violer les droits humains du peuple Xinka et de faire courir un grave risque environnemental aux écosystèmes situés à proximité de la mine », a déclaré Elizabeth May, cheffe du Parti vert.

Regarder la conférence de presse ici.

Pour information :

Miriam Shaftoe, MiningWatch Canada, miriam@miningwatch.ca
Aidan Gilchrist-Blackwood, Réseau Canadien sur la reddition de compte des entreprises (RCRE), agilchristblackwood@cnca-rcre.ca, +1-438-872-0401

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Les femmes se rebiffent

30 septembre 2025, par Judy Rebick — , ,
Les travailleuses du secteur des soins sont en première ligne. Elles vont au front pour faire valoir leurs droits. Le 16 août, les agents de bord d'Air Canada ont défié un (…)

Les travailleuses du secteur des soins sont en première ligne. Elles vont au front pour faire valoir leurs droits. Le 16 août, les agents de bord d'Air Canada ont défié un employeur qui s'ingénie à ne pas vouloir laisser tomber le travail non rémunéré. Le 17 août, ces travailleuses et travailleurs ont défié la loi de retour au travail d'un gouvernement qui ne leur a même pas accordé un jour pour défendre leurs droits. Et le 6 septembre, ces membres du personnel navigant ont créé un précédent en rejetant les compromis proposés par les dirigeantes et dirigeants de leur syndicat.

Tiré de Rabble

Le 12 septembre 2025 / DE : Judy Rebick
Traduction Johan Wallengren

Toutes ces initiatives ont été décidées à la quasi-unanimité par les travailleuses et travailleurs. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas vu une telle combativité syndicale, avec une opinion publique qui bascule du côté des mécontents. Mais que se passe-t-il ?

Ces événements m'ont personnellement rappelé une autre expérience que j'ai vécue cet été, lors d'une conférence de l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario (ONA) : cela fait des décennies que je me démène au sein du mouvement syndical tout en ne voyant guère les infirmières se manifester ; et puis j'ai entendu le discours d'ouverture de la conférence de la présidente Erin Ariss dans lequel elle promettait une grande campagne à l'automne pour défendre les droits des infirmières à domicile qui, comme les hôtesses de l'air, ne sont pas rémunérées pour une partie de leur travail, et très peu pour le reste.

Cette semaine, elle a lancé la campagne en ces termes :

« Les infirmières auxiliaires en soins à domicile sont les infirmières les moins bien payées de la province, alors qu'elles sont confrontées à certaines des pires conditions de travail. Le système ne tient désormais plus qu'à un fil. En sous-effectif, soumises à de l'insécurité et sous-payées, les infirmières auxiliaires quittent le secteur, car, en évoluant dans un milieu largement féminin, elles sont confrontées à un niveau de violence stupéfiant, cinq fois supérieur à celui des infirmières dans d'autres secteurs de la santé. »

Et n'oublions pas les travailleuses et travailleurs de soutien à l'éducation de l'Ontario qui, en 2022, ont défié l'ordre de retour au travail du gouvernement de Doug Ford avec le soutien de l'ensemble du mouvement syndical, menaçant de déclencher une grève générale.

Tous ces syndicats regroupent du personnel concentré dans le secteur des soins et sont majoritairement composés de femmes et dirigés par des femmes. À l'heure où notre Premier ministre tente de nous vendre une économie basée sur l'extraction, la construction et les transports, une économie axée sur le fait pour de grandes sociétés d'engranger des bénéfices colossaux grâce à une main-d'œuvre majoritairement masculine, ces travailleuses nous rappellent ce à quoi il faut attacher la plus grande importance. Il est extraordinaire que les agents de bord aient bénéficié d'un soutien public de 66 % et que 88 % des personnes interrogées aient estimé que celles et ceux faisant ce travail devaient être rémunérés pour l'ensemble de celui-ci. Demandez à n'importe quelle personne qui a été hospitalisée ce qu'elle a le plus apprécié, et elle vous répondra que ce sont les infirmières. Dans les écoles, le personnel de soutien aide ceux qui ont le plus besoin d'assistance.

En 2025, nous sous-estimons encore massivement le travail des femmes et les soins que celles-ci prodiguent. Pourquoi les infirmières et les hôtesses de l'air sont-elles si mal payées ? Parce qu'elles font le travail que les femmes ont toujours fait, généralement sans rémunération. Sans le travail non rémunéré des femmes à la maison et leur travail sous-payé dans le monde du travail, notre économie s'effondrerait. Pourtant, lorsque notre Premier ministre ou Premier ministre provincial parle d'économie, il parle de l'ancienne économie, l'économie industrielle, sans presque jamais mentionner les gens qui prennent soin de nous et de nos enfants.

Le fait d'avoir des femmes comme porte-parole de l'industrie de l'armement et du pétrole ne constitue pas un pas vers l'égalité. Le fait que des femmes agissent pour soutenir les structures patriarcales n'est pas une victoire pour le féminisme. Mais le fait que des femmes dirigeantes syndicales soient capables de représenter une main-d'œuvre de plus en plus militante est une contribution importante de ma génération de féministes.

Dans ce que j'ai écrit, j'ai déjà souligné à quel point le Canada est unique de par le lien qui existe entre le mouvement féministe et le mouvement syndical. Lors de la lutte pour la légalisation de l'avortement, nous avons pu compter sur le soutien du mouvement syndical pour défendre la clinique Morgentaler. Grace Hartman – première femme à diriger un syndicat canadien – a été propulsée présidente du Syndicat canadien de la fonction publique en 1975. Mais ce n'est pas tout. Au milieu des années 1970, des féministes de l'Ontario et de la Saskatchewan ont créé un groupe appelé Organized Working Women (Femmes travailleuses organisées), groupe qui formait les femmes du mouvement syndical de façon à leur apprendre à participer aux congrès et qui a organisé des mouvements de solidarité féministes lorsque les femmes de l'industrie textile se sont mises en grève.

En cette période de troubles terribles où tout ce pour quoi ma génération s'est battue semble être remis en question, il me paraît logique que les travailleuses mènent la lutte et se battent pour que le travail des femmes soit valorisé et apprécié à sa juste valeur dans notre économie.

Et ce n'est pas seulement l'échelle salariale qui compte. Au terme de mon discours à l'ONA, j'ai encouragé les gens du public à venir raconter leur histoire, et les femmes qui se sont présentées ont l'une après l'autre parlé de violence sur leur lieu de travail, de coups violents infligés par un patient perturbé et du racisme et du sexisme terribles auxquels elles ont été exposées sans bénéficier d'aucun soutien ou presque. Les hôtesses de l'air parlent elles aussi de la violence à laquelle elles sont parfois confrontées. Mais malgré cela, elles continuent à servir, aider, soutenir. Elles ne devraient pas avoir à subir pareille violence et la lutte pour mettre fin au patriarcat est l'un des moyens pour y remédier. Mais leur courage, leur persévérance, leur capacité à travailler avec des personnes qu'elles n'aiment pas, voire qui leur ont fait du mal, sont une source d'inspiration et offrent des éléments de compréhension de ce dont nous avons besoin pour transformer notre société.

Dans les débuts de ma génération de féministes – que les universitaires appellent la deuxième vague –, l'un des principaux slogans était « plus de patriarcat, plus de merde ». Mais nous n'avons pas réussi à éradiquer le patriarcat. Nous avons considérablement amélioré la vie de nombreuses femmes, mais le patriarcat persiste à tous les niveaux de notre société. Les luttes des hôtesses de l'air, des infirmières et des aides-enseignantes nous montrent ce qui est vraiment important dans nos vies.

Aujourd'hui, en réclamant que le travail des femmes soit valorisé, nous exigeons que l'on cesse de considérer la recherche de profits toujours plus énormes pour les riches comme un fondement de l'économie. N'est-ce pas là ce que mesure le PIB ? Et que l'on commence à valoriser le travail des femmes, des immigrés et de tous ceux dont le travail facilite nos vies et soutient nos communautés.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Vers une nouvelle réforme forestière plus humaine

30 septembre 2025, par Réseau québécois des groupes écologistes — , ,
L'abandon du PL97 est une victoire à célébrer, mais pas une raison d'abandoner la mobilisation pour une réforme forestière respectueuse du vivant, des emplois en foresterie, (…)

L'abandon du PL97 est une victoire à célébrer, mais pas une raison d'abandoner la mobilisation pour une réforme forestière respectueuse du vivant, des emplois en foresterie, des activités des pourvoieries et de la souveraineté des Premières Nations.

C'est pourquoi le RQGE sera présent le 30 septembre devant l'Assemblée nationale de Québec, en support aux groupes écologistes autochtones Première Nation MAMO • MAMU First Nation et FREDA - Front de résistance écologique et de défense autochtone pour les remercier de prendre soin des territoires et de la vie qu'ils abritent.

Page Facebook de l'événement

N'oublions pas que le premier ministre Legault a décidé d'ouvrir la session de l'Assemblée Nationale le Jour de la Vérité et de la Réconciliation, un jour de commémoration national pour les milliers d'enfants autochtones enlevés de leur famille pour les placer dans d'odieux pensionnats durant plusieurs générations.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Port de Contrecoeur : Alors que les travaux débutent, la résistance s’organise

30 septembre 2025, par Les soulèvements du fleuve — , ,
Contrecoeur, 29 septembre 2025- Dans la dernière année, un groupe anonyme a entamé la défense du territoire contre l'expansion du port de Montréal à Contrecoeur. Afin de (…)

Contrecoeur, 29 septembre 2025- Dans la dernière année, un groupe anonyme a entamé la défense du territoire contre l'expansion du port de Montréal à Contrecoeur.

Afin de contrecarrer un des plus gros projets de privatisation et de bétonisation des berges de la province, le groupe a « armé la forêt » en plantant des barres d'acier à travers les arbres du site. Cette pratique, qui vise à empêcher la coupe sans compromettre l'intégrité des arbres, est une tactique utilisée par les écologistes depuis plus de 40 ans pour protéger les forêts.

Une opposition forte

Le groupe affirme avoir mené cette action en réponse à l'appel des Soulèvements du fleuve à se soulever contre la conteneurisation, l'accaparement du fleuve Saint Laurent, de ses berges et de ses bassins versants par les multinationales qui détruisent le territoire et méprisent les populations locales.

« Malgré une forte opposition citoyenne et ses conséquences écologiques désastreuses, Carney soutient le projet d'expansion du port de Montréal à Contrecoeur en l'inscrivant dans la liste des "grands projets d'intérêt national". Quel intérêt national à ruiner le fleuve ? Ce projet ne sert que l'industrie, nous refusons un
deuxième Northvolt. », explique un militant du groupe. « Nous avons jugé nécessaire d'enfoncer le clou quant à l'inadmissibilité du projet et de défendre le territoire face à cette expansion destructrice. »

Contrecoeur, un milieu unique

Dans le cas de Contrecoeur, la mise sur pied du monstre industrialo-portuaire prévoit, en plus de l'abattage d'une forêt mature de 20 000 arbres, le ravage de plus d'un demi-kilomètre de rives naturelles et la perte de nombreux milieux humides déjà rares dans la région. Ce projet sera construit dans l'habitat de plusieurs espèces menacées d'extinction dont le chevalier cuivré, une espèce endémique dont l'existence est confinée à une petite section du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Richelieu. Le passage des navires accélérera également l'érosion des berges qui alarme les citoyen.ne.s depuis plusieurs décennies.

« Cela fait plusieurs années que les multinationales cherchent à transformer le fleuve en une "autoroute" à marchandises, le même fleuve par lequel transitent aujourd'hui des armes envoyées vers Israël pour massacrer le peuple palestinien. Nous nous opposons à ce que les pouvoirs économiques et politiques s'accaparent notre fleuve pour faciliter l'accélération du commerce international. Il faut briser la chaîne logistique de la mondialisation. Les habitant.e.s du territoire ont le droit de résister par tous les moyens », affirme une personne qui milite au sein du groupe.

Nous nous soulevons contre la destruction de la forêt et de la plage de Contrecoeur et pour le fleuve et celles et ceux qui l'habitent. Les Soulèvements du fleuve s'organisent contre l'exploitation extractiviste et les projets d'expansion logistique. Le ravage de tous nos milieux de vie ne se déroulera pas sous notre regard passif : la
lutte ne fait que commencer, à Contrecoeur et partout ailleurs.

Mouvement Soulèvements du Fleuve :
soulevements_du_fleuve@riseup.net

À propos des Soulèvements du fleuve :
Les Soulèvements du fleuve sont nés de la rencontre de plusieurs luttes locales disséminées sur les territoires avec comme volonté de résister au développement extractiviste. Une tentative qui rassemble de multiples groupes, initiatives et usages.

Une réponse à l'appel international des Soulèvements de la terre à rassembler les forces brutes et à s'en prendre directement à ceux qui exploitent et détruisent le vivant, à interrompre la continuité catastrophique du progrès, le rythme incessant de ses flux et la permanence des infrastructures qui le maintiennent.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Les États généraux du syndicalisme : retour dans l’histoire

30 septembre 2025, par Marc Comby — , ,
Des États généraux du syndicalisme sous le thème de L'union fait l'avenir ont été lancés le 31 mars 2025 par les centrales syndicales et une majorité de syndicats (APTS, CSD, (…)

Des États généraux du syndicalisme sous le thème de L'union fait l'avenir ont été lancés le 31 mars 2025 par les centrales syndicales et une majorité de syndicats (APTS, CSD, CSN, CSQ, FTQ, FAE, FIQ, SFPQ, SPGQ). Un document de réflexion circule actuellement auprès des syndicalistes. Des forums de consultations sont en cours.

Marc Comby
Archiviste et historien des mouvements sociaux

À travers ces États, le syndicalisme réfléchit sur son avenir. Il s'agit d'arrimer cette réflexion aux courants sociaux qui influent sur le développement du mouvement syndical. Les défis sont incontestables. À travers l'histoire, des questionnements ont été organisés périodiquement pour relever les nouvelles réalités et les défis du moment du monde syndical. Car, gouvernements néo-libéraux et patronat s'attaquent sans cesse aux acquis de la population laborieuse.

Faisons un retour dans le passé pour comprendre cette volonté unitaire de riposter aux gouvernements néo-libéraux et au patronat en organisant des États généraux. En 1969-1970, les colloques régionaux intersyndicaux ouvrirent une ère nouvelle dans l'intervention commune syndicale.

En ces années de la fin des années 1960, les problèmes sociaux sont multiples. Parmi eux, le chômage, des fermetures d'usines, trop de logements vétustes, un endettement élevé des familles, fragmentation des quartiers, etc. Parmi les nombreux problèmes, la lutte la plus symbolique concerne le logement quand les augmentations démesurées atteignent de 20% à 50%.

La FTQ, à son congrès d'octobre 1967, adopte une résolution en faveur d'une conférence exploratoire pouvant mener éventuellement au « regroupement des forces politiques de gauche au sein d'un parti provincial populaire ». Dans le même temps, en novembre, le Mouvement Souveraineté Association (MSA) de René Lévesque, devenu le Parti québécois (PQ) en 1968, est fondé.

Après nombre de pourparlers, les centrales syndicales adhèrent à l'idée d'une conférence regroupant les forces progressistes de changement. L'ensemble des représentants des mouvements syndical, coopératif et agricole sont convoqués pour le 18 avril 1969. L'invitation est faite de participer à une réunion « en vue d'établir un programme de travail pour organiser un colloque des forces de gauche » en s'assurant du caractère inclusif de l'événement.

Pour favoriser la participation du plus grand nombre, un colloque aura lieu dans chacune des régions. Les objectifs et le contenu des colloques sont définis en comité de travail les 5, 15 et 27 août 1969. Deux grands thèmes sont ciblés 1) La condition du salarié et du consommateur ; 2) Le salarié dans sa municipalité. Il est décidé qu'un grand colloque national devra clore les colloques régionaux.

Les travaux donnent lieu à un document majeur autour de onze thèmes : les aspects de la condition de salarié, la place du consommateur, les assurances et les caisses de retraite, les loisirs, le logement, la sécurité sociale, les partis face au développement économique, les impôts, l'endettement, l'éducation et le rôle du salarié dans les municipalités. Ces contributions ont données lieu à un volumineux rapport doté de chiffres et de données probantes en mars 1970. Les rencontres dans chacune des régions eurent lieu en avril et mai 1970. Le rapport des colloques mentionne que 2 340 personnes, dont 492 de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), 850 de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), 356 de la Corporation des enseignants du Québec (CEQ) et 411 des groupes populaires, ont pris part aux débats et délibérations.

Pour assurer une efficacité, dans chaque région, des comités régionaux de coordination seront mis sur pied. À un niveau supérieur, les centrales verraient à créer un secrétariat central et conjoint des CAP. Une tâche primordiale des CAP est de présenter des candidats salariés dans les municipalités et les commissions scolaires et de surveiller de façon étroite leurs représentants.

Au sortir de ces colloques, le principe d'un colloque provincial intersyndical est adopté par chacune des centrales dont la tenue est prévue pour le mois de septembre 1970. L'objectif est d'élaborer les politiques définies par les colloques et d'établir les moyens d'action pour les réaliser. Les attentes des délégations participantes aux colloques régionaux avaient été grandes à l'endroit de ce colloque qui n'aura finalement pas lieu. Le 29 avril 1970, le PQ obtient 23,1% des suffrages et sept élus à l'Assemblée nationale du Québec. Les forces syndicales étaient divisées quant à la nature de la participation des salarié.e.s au niveau municipale et scolaire. La montée du PQ en tant que force nationale progressiste va freiner les forces syndicales de s'unir derrière l'organisation d'un colloque provincial.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Programme des travailleurs étrangers temporaires : Pour la fin des permis temporaires fermés

30 septembre 2025, par Confédération des syndicats nationaux (CSN) — , ,
Partout au Canada, des organismes de la société civile exigent que le Programme des travailleurs étrangers temporaires respecte les droits et la dignité des personnes (…)

Partout au Canada, des organismes de la société civile exigent que le Programme des travailleurs étrangers temporaires respecte les droits et la dignité des personnes migrantes.

Tiré de l'infolettre En mouvement

23 septembre 2025

Alors que les voix s'élèvent pour faire annuler ou restreindre le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) du Canada, les travailleuses et travailleurs migrants et leurs allié-es s'unissent pour adresser un message aux membres du parlement : toute modification apportée au PTET et aux autres programmes relatifs à la main-d'œuvre migrante doit être fermement ancrée sur les droits de la personne.

Les travailleuses et travailleurs migrants, les organisations de la société civile, les syndicats et les organismes communautaires ont lancé des Journées d'action pancanadiennes pour exiger du gouvernement qu'il respecte la dignité et les droits des travailleuses et des travailleurs migrants en leur accordant des permis de travail ouverts, qui leur permettent de changer librement d'employeur. Actuellement, dans le cadre du PTET et d'autres programmes, les permis de travail fermés lient ces travailleuses et travailleurs à un seul employeur. Ce système favorise l'exploitation et les abus de ces travailleuses et travailleurs.

Depuis des années, les travailleuses et travailleurs migrants, les organisations communautaires, syndicales et internationales, les comités parlementaires et sénatoriaux et même un Rapporteur spécial des Nations unies tirent la sonnette d'alarme sur les méfaits des permis de travail fermés. Les politiciennes et politiciens semblent reconnaître enfin les préjudices auxquels sont exposés les travailleuses et travailleurs, mais leurs propositions ne s'attaquent pas à la cause profonde du problème : les permis de travail fermés, liés à l'employeur. Ce qu'il faut, c'est un cadre fondé sur les droits qui garantit la mobilité, la dignité et une protection égale pour tous les travailleurs et travailleuses au Canada.

Les Journées d'action pancanadiennes pour les droits des travailleuses et travailleurs migrants 2025 arrivent à un moment critique. Des chefs de partis de toute allégeance, y compris le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, et le chef de l'opposition fédérale, Pierre Poilievre, ont appelé à l'abolition du PTET, tout en continuant à proposer le recours à des travailleuses et travailleurs migrants dans l'agriculture. Cependant, le secteur principal du PTET est celui de l'agriculture et l'agroalimentaire, ce qui démontre que leurs revendications ne visent pas un changement significatif.

Les Journées d'action ont été lancées le 22 septembre sur la Colline du Parlement par une action symbolique : des travailleuses et travailleurs migrants et leurs alliés se sont entourés d'une chaîne symbolisant le confinement imposé par le permis de travail fermé, brandissant des pancartes aux citations percutantes de personnes ayant subi des abus dans le cadre du PTET. En brisant cette chaîne symbolique, les personnes participantes ont envoyé le message que le gouvernement doit protéger la dignité et la sécurité de tous les travailleurs et défendre le droit de chacun à changer librement d'emploi.

Tout au long de cette campagne de deux semaines, des sympathisantes et des sympathisants de tout le pays appelleront le gouvernement à agir, en signant des pétitions et des cartes postales, en interpellant leurs député-es, en participant à des actions de solidarité communautaires et en sensibilisant le public à travers les arts, avec des pièces de théâtre, une projection de film et des kiosques lors d'événements. La coalition à l'origine des Journées d'action pancanadienne appelle tous les responsables politiques à faire preuve de courage et de vision pour remplacer les systèmes d'exploitation par des structures qui respectent le droit de chaque personne à la sécurité, à la dignité et à un travail décent.

Contexte :
La société civile, les organismes de base et les syndicats dénoncent depuis de nombreuses années le caractère abusif du PTET et se sont mobilisés pour pousser le gouvernement à le modifier. En 2024, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d'esclavage a publié un rapport appelant à la fin des permis de travail fermés et à l'accès à la résidence permanente pour les travailleuses et travailleurs migrant·e·s participant au programme. En janvier 2025, Amnistie internationale a publié un rapport accablant sur les violations des droits humains subies par les travailleuses et travailleurs migrant·e·s au Canada, réclamant l'abolition des permis de travail fermés et leur remplacement par des permis ouverts, entre autres recommandations qui font écho aux positions des organisations de la société civile.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

9999 résultat(s).
Regroupement des médias critiques de gauche (RMCG)

gauche.media

Gauche.media est un fil en continu des publications paraissant sur les sites des médias membres du Regroupement des médias critiques de gauche (RMCG). Le Regroupement rassemble des publications écrites, imprimées ou numériques, qui partagent une même sensibilité politique progressiste. Il vise à encourager les contacts entre les médias de gauche en offrant un lieu de discussion, de partage et de mise en commun de nos pratiques.

En savoir plus

Membres