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L’attaque israélienne reportée contre l’Iran
Israël achèvera la guerre génocidaire qu'il mène contre Gaza depuis six mois et demi, avant de diriger inexorablement ses efforts militaires contre l'Iran et son auxiliaire libanais, le Hezbollah. (Traduit de l'arabe.)
Tiré du blogue de l'auteur.
Gilbert Achcar
Professeur, SOAS, Université de Londres
Le gouvernement israélien s'est contenté d'une attaque très limitée sur le territoire iranien vendredi dernier – si limitée que la nature même de l'attaque a été entourée de mystère. Tandis que Téhéran certifiait que l'attaque impliquait uniquement de petits drones lancés depuis l'intérieur de l'Iran, des sources américaines ont affirmé qu'en plus de drones lancés afin de saturer les radars, l'attaque comprenait un à trois missiles lancés depuis un avion qui s'est approché de l'espace aérien iranien. Toutefois, les images satellite ont confirmé que la frappe a touché un système de défense aérienne dédié à la protection du réacteur d'enrichissement d'uranium de Natanz, réacteur le mieux protégé d'Iran, enfoui sous d'épaisses couches de béton et de sable, et considéré comme le lieu où se déroulent les préparatifs pour doter l'Iran en armes nucléaires. Autrement dit, Israël voulait transmettre au régime iranien le message qu'il peut pénétrer ses défenses aériennes et frapper ce réacteur stratégiquement important.
Le contraste était clair entre l'attaque iranienne massive contre l'État sioniste, avec son impact limité, et la « frappe chirurgicale » israélienne contre l'Iran. Téhéran avait lancé au moins 320 drones, missiles de croisière et missiles balistiques, parmi lesquels Israël avait initialement affirmé que seuls quatre missiles balistiques avaient frappé son territoire, ce qui représente pour ses défenses un taux de réussite de 99 %. Cependant, des sources américaines ont rapporté plus tard que neuf missiles avaient pénétré les défenses aériennes israéliennes, et non quatre seulement. Cela a amené un chercheur israélien interrogé par le journal israélien Maariv (17 avril 2024) à affirmer que le taux d'interception réel était de 84 %, étant donné qu'il doit être mesuré par rapport aux seuls missiles balistiques, la véritable source de danger, et parce que la moitié des missiles lancés par l'Iran, dont le nombre total est estimé à 110 par le même expert, sont tombés en Irak, en Syrie et en Jordanie (9 missiles constituent ainsi 16 pour cent des 55 missiles entrés dans l'espace aérien israélien selon l'estimation de l'expert).
Il convient de noter comment le même expert a terminé son entretien avec le journal israélien. Estimant que l'Iran a utilisé dans son attaque entre 10 et 15 pour cent de sa flotte de missiles capables d'atteindre le territoire israélien, il a affirmé que ces engins manquent de précision et ont un taux d'échec élevé, et a conclu qu'ils ne constituent pas une menace existentielle pour l'État sioniste, à moins qu'ils ne soient équipés de têtes nucléaires. C'est ce qui nous a fait affirmer précédemment que « la logique stratégique incite Téhéran à accélérer son acquisition de l'arme nucléaire et à le faire savoir une fois que ce sera fait, car c'est le moyen de dissuasion le plus efficace que l'Iran puisse acquérir ». En effet, pour la première fois jeudi dernier, un jour avant l'attaque israélienne, le général Ahmed Haq Talab, commandant de la Brigade de protection et de sécurité des installations nucléaires des Gardiens de la révolution iraniens, a déclaré que « si Israël tente d'utiliser la menace d'attaquer des installations nucléaires pour faire pression sur l'Iran, une révision de la doctrine nucléaire et un écart par rapport aux considérations annoncées précédemment sont probables » (Agence de presse iranienne Tasnim).
C'est la première fois que Téhéran affirme explicitement sa disposition à acquérir des armes nucléaires, après avoir souligné pendant des années que ses intentions dans le domaine nucléaire étaient uniquement pacifiques et qu'il considérait même les armes nucléaires comme religieusement illicites. Avant le général, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Eslami, avait déclaré en début d'année que « la dissuasion a été obtenue avec l'aide de Dieu », une déclaration qui a retenu l'attention des observateurs car le terme « dissuasion » est généralement utilisé pour décrire la fonction des armes nucléaires. Après avoir réaffirmé la position officielle, Eslami a ajouté : « Il ne s'agit pas d'un manque de capacités… Il ne faut pas sous-estimer ce que nous avons accompli en pensant que nous n'y sommes pas encore. » Le mois suivant, son prédécesseur à la tête de l'OIEA, Ali Akbar Salehi, déclarait que l'Iran possédait les composants des armes nucléaires et qu'il n'aurait besoin que de les assembler s'il le voulait. Alors que les sources américaines reconnaissent que Téhéran dispose désormais de suffisamment d'uranium enrichi pour pouvoir produire en quelques jours du combustible de qualité militaire pour au moins trois bombes nucléaires, elles ajoutent que l'Iran aurait besoin de quelques mois pour fabriquer des bombes et d'environ deux ans pour parvenir à équiper des missiles de têtes nucléaires.
Cependant, il est probable que ces estimations, répétées par les sources américaines depuis un certain temps déjà, visent à rassurer les alliés israéliens et éviter qu'ils ne fassent pression sur Washington pour qu'il entreprenne une action militaire, ou n'agissent eux-mêmes, entraînant ainsi Washington dans une guerre régionale à un moment qu'il n'a pas choisi. Les milieux du renseignement israélien contestent constamment les estimations américaines. Ils ont raison dans leurs craintes, car l'Iran a développé des missiles balistiques à longue portée d'un type que seuls les pays dotés d'armes nucléaires possèdent, et il a certainement plus de savoir-faire technologique que le Pakistan n'en avait lorsqu'il s'est doté d'armes nucléaires il y a un quart de siècle, sans parler de la coopération militaire actuelle entre l'Iran, d'une part, et la Corée du Nord et la Russie, d'autre part, toutes deux dotées de l'arme nucléaire. Il suffit en outre que l'Iran possède un ou deux missiles nucléaires pour avoir une pleine capacité de dissuasion contre l'État sioniste, compte tenu de la petite superficie de ce dernier.
Le message qu'Israël a envoyé à l'Iran vendredi dernier n'est donc rien d'autre que la menace d'une action de bien plus grande envergure. Le gouvernement Netanyahu a choisi de reporter la date d'une frappe à grande échelle visant à neutraliser les capacités nucléaires de l'Iran, conformément au souhait de Washington et pour des considérations économiques et militaires connexes. En effet, Israël a besoin de l'aide américaine pour remplacer le matériel utilisé pour faire face à l'attaque iranienne dans la nuit du 13 au 14 avril, et les États-Unis eux-mêmes doivent remplacer ce que leurs forces locales ont utilisé pour défendre leur allié israélien le même soir. Ces deux reconstitutions de stocks sont en effet deux dispositions des crédits supplémentaires que la Chambre des représentants américaine a approuvés samedi dernier, au lendemain de la frappe israélienne limitée. De plus, selon les médias américains et israéliens, le président américain Biden a donné le feu vert à Netanyahu pour l'offensive sur Rafah en échange du renoncement d'Israël à lancer une frappe majeure contre l'Iran pour le moment. Cela indique que l'État sioniste achèvera la guerre génocidaire qu'il mène contre Gaza depuis six mois et demi, avant de diriger inexorablement ses efforts militaires contre l'Iran et son auxiliaire libanais, le Hezbollah.
Traduction de ma tribune hebdomadaire dans le quotidien de langue arabe, Al-Quds al-Arabi, basé à Londres. Cet article est paru le 23 avril en ligne et dans le numéro imprimé du 24 avril. Vous pouvez librement le reproduire en en indiquant la source avec le lien correspondant.
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Fabrication de la famine : Israël commet le crime de guerre de la famine dans la bande de Gaza
Au début du mois d'avril 2024, une frappe aérienne israélienne sur un convoi de la World Central Kitchen (WCK) qui s'apprêtait à livrer de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza a tué sept travailleurs de l'organisation. WCK, qui joue un rôle clé dans les efforts d'aide humanitaire dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre, a interrompu ses activités à la suite de l'incident. Plusieurs autres organisations ont également annoncé qu'elles suspendaient leurs activités dans la bande de Gaza parce qu'elles craignaient pour la vie de leurs travailleurs.
Tiré d'Europe solidaire sans frontière. Article publié à l'origine par B'Tselem.
L'assassinat des travailleurs humanitaires, dont six étaient des ressortissants étrangers, a suscité de vives critiques à l'égard d'Israël de la part de hauts responsables de la communauté internationale, en particulier du président américain Joe Biden. Dans une déclaration spéciale publiée par la Maison Blanche, le président Biden a affirmé qu'Israël ne faisait pas assez pour éviter de blesser les civils et les travailleurs humanitaires qui tentent d'apporter une aide « désespérément nécessaire » à la population affamée de la bande de Gaza, et qu'il ne s'agissait pas d'un « incident isolé ». Tout cela fait suite aux mesures provisoires prises par la Cour internationale de justice à la fin du mois de janvier, enjoignant à Israël d'autoriser l'entrée de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza.
Répondant à la pression internationale, les responsables israéliens, y compris le porte-parole des FDI et la Coordination des activités gouvernementales dans les territoires COGAT), se sont engagés à travailler à l'amélioration des conditions humanitaires dans la bande de Gaza, ont publié des chiffres à ce sujet et ont même annoncé la réouverture du point de passage d'Erez et l'augmentation du nombre de camions autorisés à entrer dans Gaza. Le porte-parole de l'IDF est allé jusqu'à annoncer à la presse étrangère « l'expansion des efforts pour faciliter l'aide humanitaire à Gaza ».
Il est trop tôt pour déterminer comment le changement de politique d'Israël affectera la réalité sur le terrain. Cependant, il est clair que c'est trop peu, trop tard, et qu'Israël est le principal responsable de la crise humanitaire qui, depuis le début de la guerre il y a environ six mois, s'est transformée en la catastrophe dont nous sommes témoins aujourd'hui. Pendant des mois, Israël a refusé de laisser entrer l'aide humanitaire par les points de passage terrestres situés sur son territoire, limitant ainsi la quantité d'aide qui pouvait entrer. Même lorsque, à la suite de pressions internationales, Israël a accepté de laisser entrer l'aide sur son territoire, les quantités étaient loin de répondre aux besoins de la population, et Israël s'est même abaissé jusqu'à essayer de donner une fausse image selon laquelle il n'y avait pas de crise alimentaire grave à Gaza. Le changement de politique actuel ne peut exonérer Israël de sa responsabilité dans la crise de la faim dans la bande de Gaza, et il est douteux que les « nouvelles mesures » qu'il a récemment annoncées – dont il est trop tôt pour analyser l'effet sur le terrain, dans la mesure où elles existent réellement – puissent répondre aux besoins actuels de la population civile de la bande de Gaza.
Dans ce document, nous examinons l'ampleur actuelle de la crise de la faim dans la bande de Gaza, ses conséquences à court et à long terme, le comportement d'Israël à cet égard et les implications juridiques de ce comportement. Nous nous appuyons sur les chiffres et les données les plus récents disponibles.
Sur la base de divers rapports d'organismes internationaux sur la situation à Gaza et des témoignages recueillis par les chercheurs de B'Tselem sur le terrain, nous concluons malheureusement que depuis des mois, Israël commet le crime de famine au regard du droit international dans la bande de Gaza.
L'état de la faim dans la bande de Gaza au cours des derniers mois
Le rapport de l'IPC, une initiative impliquant plus de 15 organisations internationales d'aide humanitaire dirigée par l'ONU et publiée fin mars, a déterminé que la bande de Gaza était au bord de la famine. Il s'agit de la phase 5 de l'IPC, ou classification intégrée des phases de sécurité alimentaire, la moitié des habitants de Gaza souffrant d'une insécurité alimentaire catastrophique. Selon la norme internationale reconnue, une région est en état de famine lorsqu'au moins 20% des ménages sont confrontés à des carences alimentaires extrêmes et qu'au moins 30% des enfants souffrent de malnutrition sévère.
Selon le rapport, en février et mars 2024, l'ensemble de la bande de Gaza se trouvait en phase 4 de l'échelle de la faim, certains ménages se trouvant déjà en phase 5 d'insécurité alimentaire aiguë : 55% des ménages dans le nord, 25% dans le centre de la bande de Gaza et 25% dans le sud. Le rapport prévoit que la situation se détériorera encore dans les mois à venir et que 70% des ménages dans le nord, 50% dans le centre de Gaza et 45% dans le sud atteindront la phase 5.
Des chiffres et des mises en garde similaires ont été publiés ces dernières semaines par l'Organisation mondiale de la santé, l'USAID, Human Rights Watch, le Programme alimentaire mondial, le Global Nutrition Cluster et d'autres responsables humanitaires internationaux. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), en mars 2024, 2,2 millions de personnes (près de 100% de la population) à Gaza étaient en situation d'insécurité alimentaire de phase 3 ou pire, 1,17 million étaient en phase 4 et près d'un demi-million de personnes étaient en situation d'insécurité alimentaire de phase 5, le niveau le plus élevé.
« Il n'y a ni eau ni nourriture ici. En fait, il n'y a rien ici. Il n'y a pas non plus de nourriture au marché – pas de conserves, de farine ou de riz. Il n'y a même plus d'orge. Parfois, nous parvenons à trouver des khubeiza qui poussent au bord de la route ou dans les champs et nous les cueillons. Si nous parvenons à trouver du carton ou du bois pour faire du feu, nous le faisons cuire dans de l'eau et nous le mangeons pendant un jour ou deux, ce qui nous permet au moins de mieux dormir la nuit. Nous avions l'habitude de manger de la khubeiza peut-être une fois par an, et maintenant c'est presque notre seule source de nourriture. Ces quatre derniers jours, nous n'avons pas dormi du tout tellement nous avions faim. Nous n'avons rien mangé. Nous n'avons pas pu trouver de nourriture. Je ne fais que chercher de la nourriture, tout le temps, et je n'arrête pas d'y penser la nuit non plus. Ici, dans le camp, tout le monde est pâle de faim et tient à peine sur ses jambes. »
Khamis al-A'araj, 52 ans, camp de déplacés d'al-Falujah. Lire le témoignage complet ici.
Début avril, Samantha Power, qui dirige l'Agence américaine pour le développement international (USAID), a estimé que la famine sévissait déjà dans le nord de la bande de Gaza. Cette évaluation a été faite lors d'une audition de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis. C'est la première fois qu'un fonctionnaire américain déclare que la famine est déjà présente à Gaza, après des mois d'avertissements sur l'escalade de la crise de la faim.
De nombreux fonctionnaires font état de l'impact sur le terrain. Les équipes médicales internationales qui ont visité l'hôpital Kamal Adwan, le seul établissement médical du nord de la bande de Gaza spécialisé en pédiatrie, ont fait état d'une véritable catastrophe humanitaire. Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé a déclaré que 10 enfants étaient morts à l'hôpital à cause de la faim. L'OCHA a indiqué que 32 personnes, dont 28 enfants, sont mortes de malnutrition ou de déshydratation depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza. Il a également été rapporté qu'environ 16% des enfants de moins de deux ans dans le nord de Gaza souffrent de malnutrition sévère, et 5% à Rafah. L'Organisation mondiale de la santé a également déclaré que tous les ménages de Gaza « sautent » des repas en raison de la grave pénurie alimentaire, les adultes se retenant de manger pour que leurs enfants puissent le faire. Le rapport sur la situation humanitaire publié par le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) indique que, dans la semaine du 29 février au 6 mars, la ligne d'urgence de l'UNICEF a reçu plus de 1 000 appels concernant des pénuries alimentaires ou la faim, principalement dans le nord de la bande de Gaza.
« Yazan est né avec une maladie musculaire et a été traité dans des hôpitaux de Gaza et de Jérusalem. Au cours des quatre dernières années, il a bénéficié d'une physiothérapie et d'un régime alimentaire spécial, ce qui lui a permis d'avoir une vie normale. […] Nous ne pouvions pas fournir à Yazan la nourriture dont il avait besoin – ni œufs, ni fruits, ni légumes. Il n'y en avait pratiquement pas et ce qui était disponible, nous ne pouvions pas l'acheter. Il n'y a pas eu beaucoup d'aide sur place. Ils ont surtout distribué des conserves et des céréales. En dehors de cela, nous avions surtout du pain et du thé. À l'heure du déjeuner, nous lui préparions de la bouillie de semoule, et comme il était impossible de se procurer du lait frais, nous utilisions du lait en poudre. Parfois, j'allais jusqu'à Rafah pour chercher de la semoule pour lui, et quand je n'en trouvais pas, je lui achetais du halva. Nous ne pouvions pas non plus obtenir les médicaments qu'il prenait avant la guerre, et il n'a évidemment pas bénéficié de physiothérapie. Il n'y avait ni eau ni électricité et c'était sale. Tous nos enfants avaient des maux d'estomac à cause de la mauvaise alimentation.
Yazan pesait 15 kilos avant la guerre et perdait rapidement du poids. Nous avons décidé de déménager à Rafah il y a 35 jours, dans l'espoir de trouver des médicaments et des aliments plus sains pour lui, ainsi qu'un environnement plus propre. […] Mais même à Rafah, nous ne pouvions pas fournir à Yazan des médicaments ou de la nourriture appropriée et son état continuait à empirer. Je l'ai emmené à l'hôpital Abu Yusef a-Najar. Les médecins l'ont examiné et ont dit qu'il devait être hospitalisé pour malnutrition et perte de poids sévère. Il avait également des mucosités dans la poitrine. Ils l'ont nourri par voie intraveineuse et l'ont mis sous inhalation et oxygène, mais son état n'a cessé d'empirer.
Le 2 mars 2024, je lui ai apporté des vêtements propres. Lorsque nous l'avons habillé, je l'ai regardé et mon cœur s'est brisé. Il n'avait plus que la peau sur les os. Il ne pesait plus que la moitié de son poids.
Le 3 mars, à 4 heures du matin, ma femme m'a appelé pour me dire que Yazan était décédé. Je suis allé immédiatement à l'hôpital. Je l'ai pris dans mes bras.
Sharif al-Kafarneh, 31 ans, camp de déplacés à Rafah. Lire le témoignage complet ici.
Une équipe médicale d'urgence composée de volontaires de plusieurs organisations humanitaires du monde entier a signalé des patients mourant d'infections dues à la malnutrition aiguë. Les travailleurs et les travailleuses humanitaires qui arrivent dans les hôpitaux de la bande de Gaza rencontrent des équipes médicales épuisées et affamées qui ont désespérément besoin de nourriture et d'eau. Les patient·es des hôpitaux – des personnes souffrant de maladies chroniques telles que le cancer ou le diabète, des personnes se remettant de blessures graves, d'opérations chirurgicales et de la perte de membres due aux combats, ainsi que des femmes ayant récemment accouché et des nouveau-nés – souffrent tous de la faim, ce qui entrave leur rétablissement.
Le président du Conseil national de sécurité alimentaire d'Israël, le professeur Roni Strier, s'est récemment exprimé sur l'état de la sécurité alimentaire à Gaza :
« Il existe de solides témoignages d'organisations internationales avec lesquelles nous travaillons en permanence, telles que la Banque mondiale, l'Organisation mondiale de la santé et le Programme alimentaire mondial, ainsi que de diverses institutions telles que les organisations d'aide internationale et la presse mondiale, qui attestent de l'exceptionnelle catastrophe humanitaire, notamment de la faim extrême de la population locale. »
L'impact de la faim sur la santé de la population
La malnutrition peut accroître la vulnérabilité aux maladies et aux infections, en particulier chez les enfants, ainsi que le risque de décès [1] ; elle prolonge considérablement le temps de guérison des maladies et des blessures existantes et augmente le risque d'effets à long terme sur la santé. Le taux de mortalité des enfants de Gaza est déjà élevé en raison de la combinaison de la malnutrition et des maladies existantes.
« Nous sommes neuf dans la tente, sans eau, sans électricité, sans médicaments et presque sans nourriture. La vie ici ressemble à un désastre. Nous vivons dans le désert, dans des conditions impropres à l'habitation humaine. Il est difficile d'obtenir de l'eau potable ou même de l'eau pour le nettoyage. Il n'y a pas moyen de se laver, et nous ne faisons pas de lessive non plus. Nous avons très froid car nous n'avons pas de vêtements chauds. Il y a des insectes partout ici – des moustiques et des mouches, et des reptiles aussi. Nous avons tous perdu beaucoup de poids et nous nous sentons toujours faibles et épuisés. Nous dormons à peine la nuit.
Nos enfants ont des problèmes de santé. Kinan souffre d'une carence en calcium et doit recevoir une injection une fois par mois. Je n'ai réussi à faire les injections que deux fois pendant la guerre, parce qu'elles coûtent 30 shekels ( USD 8) par mois et que nous ne pouvons même pas nous le permettre. [Muhammad est atteint d'une hépatite incurable. Il a besoin d'un régime alimentaire sain, mais nous ne pouvons pas le lui fournir. »
Fatimah Baker, 37 ans, camp de déplacés à Rafah. Lire le témoignage complet ici.
Outre ses effets dévastateurs à court terme, la faim a des conséquences funestes à long terme. La malnutrition et ses effets secondaires ont des conséquences considérables sur le développement neurologique et cognitif des enfants, en particulier au cours des deux premières années de leur vie. Les bébés qui naissent avec une insuffisance pondérale et les enfants qui souffrent de malnutrition ont un quotient intellectuel inférieur, et leurs performances et résultats scolaires sont moindres. La faim contribue également de manière significative à l'augmentation des problèmes comportementaux et psychologiques chez les enfants.
En outre, la malnutrition au cours des premières années de la vie interfère avec le développement du système musculo-squelettique, ainsi qu'avec le développement des bactéries intestinales, dont l'absence augmente le risque de maladies chroniques à un âge avancé. La malnutrition pendant la grossesse entrave le développement cognitif et augmente le risque de diabète et d'obésité plus tard dans la vie. La faim et la malnutrition peuvent même contribuer au développement de troubles de la santé chez les générations futures, y compris, entre autres, les maladies cardiovasculaires, le diabète, l'obésité et une tendance accrue à transmettre des maladies infectieuses et des infections, telles que la tuberculose [2].
Difficultés d'acheminement et de distribution de l'aide humanitaire
Après six mois de combats et de bombardements incessants (qui font suite à des années de blocus et d'opérations militaires fréquentes), il est pratiquement impossible de cultiver des aliments ou de produire des aliments à base de produits locaux. Une grande partie des zones agricoles de Gaza ont été détruites par les bombardements, et celles qui restent constituent toujours un risque pour les agriculteurs et agricultrices palestiniennes car elles sont exposées aux tirs d'obus. Toutes les branches du secteur de la production alimentaire ont été lourdement endommagées et les destructions massives causées par les bombardements israéliens ont presque complètement mis hors service les usines de production alimentaire, les boulangeries, les entrepôts alimentaires et les marchés. En outre, les centaines de milliers de personnes déplacées de leurs maisons ont peu ou pas d'accès à l'eau courante et aux fournitures et provisions nécessaires à la cuisine.
Les témoignages donnés à B'Tselem indiquent que le prix de la nourriture et des autres articles encore disponibles dans la bande de Gaza a augmenté de centaines de pour cent ou plus, entraînant des coûts exorbitants que la grande majorité de la population ne peut pas se permettre. Dans ce contexte choquant, les posts répétés de la Coordination israélienne des activités gouvernementales dans les territoires COGAT) montrant des photos de stands débordant de nourriture à Gaza sont révoltants. Au vu des prix de ces stands, décrits dans les témoignages, il s'agit clairement d'une tentative de l'armée israélienne de faire croire qu'il y a suffisamment de nourriture à Gaza, alors que la réalité est tout autre.
« Un sac de farine qui coûtait 30 shekels ( 8 USD) avant la guerre est passé à 600 shekels ( 168 USD). Nous devions nous contenter d'un repas par jour et il y avait des jours où nous ne mangions pas du tout. Parfois, les voisins nous donnaient de l'eau et de la nourriture. Il était également très dangereux de sortir pour s'approvisionner en nourriture à cause des tirs et des bombardements. […] Une fois tous les 10 à 15 jours, nous recevons de l'eau, et parfois, il est possible d'obtenir de la farine et de faire du pain pita, mais la plupart du temps, nous n'avons vraiment rien à manger. Au cours du dernier mois, nous avons eu moins d'un repas par jour. À cause de la faim, ma femme peut à peine allaiter notre fils de neuf mois, Yamen, et le lait maternisé est introuvable. Il y a peu, nous avons réussi à acheter un kilo de dattes pour 40 NIS ( X USD), ce qui nous a permis de survivre. Nous vivons de ce que nous parvenons à obtenir – un peu de riz, un peu de maïs que nous avons moulu, et aussi de l'orge, qui est destiné à nourrir les animaux de la ferme. Le prix de l'orge s'est également envolé. Aujourd'hui, même l'orge est épuisé et les gens ont commencé à moudre de la nourriture pour oiseaux et lapins. Mais il n'y en a pas beaucoup non plus. Il n'y a pas de nourriture pour les humains ni pour les animaux ».
Ibrahim a-Ghandur, 38 ans, Gaza City. Lire le témoignage complet ici.
Pour se procurer de la nourriture, les habitant·es de la bande de Gaza dépendent aujourd'hui presque entièrement de l'aide fournie par les États et les organisations internationales. Cependant, les camions d'aide passent par un processus long et ardu avant d'atteindre leur destination à l'intérieur de Gaza. La plupart des fournitures d'aide sont stockées à Al-Arish, en Égypte. De là, elles sont transportées à Gaza dans des camions via l'un des deux seuls points de passage, tous deux situés dans le sud de la bande de Gaza. L'accès à ces points de passage est difficile et prend du temps, avec de nombreux arrêts en cours de route. La cargaison des camions est contrôlée plusieurs fois, généralement à la fois au point de passage de Rafah et à Nitzana ou à Kerem Shalom, ce qui entraîne des retards importants. La cargaison est déchargée aux points de passage, puis chargée dans d'autres camions et acheminée vers des installations de stockage à l'intérieur de la bande de Gaza. De là, l'aide est distribuée dans différentes parties de Gaza, en coordination avec Israël. En raison des restrictions imposées par Israël et des graves dommages causés aux infrastructures par les bombardements israéliens, seule une fraction de l'aide atteint le nord de la bande de Gaza, où, comme le montrent les chiffres, la situation humanitaire en général, et la faim en particulier, sont particulièrement graves.
En raison des nombreux obstacles aux efforts d'aide humanitaire sur le terrain, les initiatives et les plans d'acheminement de l'aide par voie aérienne et maritime ont pris de l'ampleur. Outre le corridor d'aide maritime établi au large des côtes de Gaza, neuf pays (Jordanie, Égypte, États-Unis, Émirats arabes unis, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, France et Singapour) ont reçu, début avril, l'autorisation de larguer de l'aide à partir d'avions-cargos survolant la bande de Gaza. Ces solutions permettent de contourner la lourdeur de la bureaucratie israélienne, mais les experts estiment qu'elles sont lentes, coûteuses et très limitées en quantité par rapport à l'aide acheminée par camion. L'aide acheminée par avion a également causé des dommages et des blessures, tuant cinq personnes depuis le début du mois de mars, selon les médias palestiniens.
Comme si la myriade d'obstacles qu'Israël dresse sur le chemin de la réponse humanitaire à la crise qu'il a créée ne suffisait pas, Israël rend également difficile la distribution efficace de l'aide à la population, qui lutte pour survivre. Par exemple, malgré le rôle essentiel joué par l'Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA) dans la collecte et la distribution de l'aide, depuis le début des hostilités, Israël a pris des mesures pour restreindre les opérations de l'UNRWA et même pour l'expulser de la bande de Gaza, parce que certains de ses employés auraient participé à l'attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre. Ces mesures sont prises en dépit du fait qu'aucun autre organisme ne peut assumer les nombreux rôles civils et humanitaires de l'agence.
L'UNRWA et un grand nombre d'organisations d'aide humanitaire de premier plan affirment que depuis de nombreux mois, Israël ne respecte pas ses obligations légales et morales et ne fournit en pratique qu'une aide nutritionnelle limitée et réduite qui est loin de répondre à l'ampleur actuelle de la faim. Les chiffres de la faim croissante dans la bande de Gaza corroborent ces affirmations. En mars, Josep Borrell, chef de la politique étrangère de l'UE, a déclaré qu'Israël provoquait la faim et utilisait la famine comme méthode de guerre. Israël refuse également d'accorder des visas aux travailleurs humanitaires qui cherchent à se rendre à Gaza et se vante même de refuser les demandes.
L'État d'Israël, pour sa part, rejette sa responsabilité dans la situation, affirmant notamment que le Hamas est responsable de la perturbation des convois d'aide et du vol de l'aide. Que ces affirmations soient fondées ou non, Israël reste responsable de prendre toutes les mesures nécessaires pour répondre aux besoins humanitaires de la population occupée.
« Notre situation est très difficile. Nous dépendons maintenant entièrement de la charité, mais il n'y a pas assez de nourriture. Les seules choses que l'on peut acheter ici sont des conserves et des céréales qui coûtent très cher. Il n'y a rien de sain à manger. Cela fait des mois que nous n'avons pas mangé de légumes ni de fruits. Ils sont très rares et chers. La viande est hors de question. Je me souviens à peine de ce à quoi elle ressemble. Lorsque la viande arrive dans les magasins, elle coûte 120 shekels ( 32 USD) le kilo. Les œufs sont également rares et coûtent 100 shekels le paquet ».
Hanan Abu Rabi', 30 ans, camp de personnes déplacées à Rafah. Lire le témoignage complet ici.
Les envois d'aide qui parviennent à surmonter les nombreux obstacles, y compris ceux imposés par Israël, se heurtent parfois à la machine de guerre israélienne, qui continue d'opérer à Gaza. À la mi-mars, le ministère palestinien de la santé a déclaré qu'au moins 21 personnes avaient été tuées et 150 blessées par les tirs des FDI alors qu'elles se pressaient sur la place Koweït, à Gaza, pour recevoir de l'aide. Un incident similaire s'est produit plus tôt, fin février, lorsque plus de 100 personnes ont été tuées et plus de 700 blessées lorsque des milliers de personnes ont pris d'assaut des camions d'aide arrivant dans la rue a-Rashid dans la ville de Gaza. Israël a affirmé que la plupart des décès étaient dus aux camions eux-mêmes et à la foule, et que les troupes avaient respecté les règles relatives aux tirs à découvert. Le ministère palestinien de la santé, quant à lui, a déclaré que les tirs étaient à l'origine d'un grand nombre de blessures. Les témoignages reçus par B'Tselem vont dans le même sens.
« Mais ce qui s'est passé sur la place a-Nabulsi le 29 février 2024 est quelque chose que je n'oublierai jamais. J'y suis allé avec des milliers d'autres personnes pour chercher des sacs de farine, et lorsque nous nous sommes approchés des camions, nous avons essuyé des tirs massifs. De nombreuses personnes ont été blessées par les tirs, et certaines ont été tuées. C'était un spectacle choquant. Horrible. Le sang s'est infiltré dans la farine et l'expression « pain trempé dans le sang » est devenue une réalité.
Les gens n'y allaient que pour chercher de la nourriture pour leur famille. Certains sont revenus blessés, d'autres ne sont pas revenus du tout. Tout ce que je veux, c'est survivre à la faim qui nous tue tous dans le nord de Gaza. Au moins, sauvez les enfants, qui meurent de faim ici depuis si longtemps. »
Ahmad Abu Ful, 40 ans, camp de réfugiés de Jabalya. Lire le témoignage complet ici.
Le crime de guerre qu'est la famine
Le droit international des droits de l'homme contient une interdiction générale de la famine. Il interdit notamment aux États de prendre des mesures qui auraient pour effet de priver des personnes de l'accès à la nourriture, même lorsqu'elles vivent en dehors du territoire de l'État [3].
L'interdiction d'utiliser la famine comme méthode de guerre découle de l'obligation générale, énoncée dans le droit de la guerre, de protéger la population civile en temps de guerre et de l'interdiction qui en découle de porter atteinte aux biens nécessaires à la survie de la population [4].
Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) prévoit une interdiction pénale concrète de la famine. La privation de nourriture des civils en tant que méthode de guerre est définie dans le Statut comme un crime de guerre, qui relève de la compétence de la CPI en matière d'enquête et de poursuites.
Le Statut de Rome définit le crime de famine comme suit :
« Le fait d'utiliser intentionnellement la famine comme méthode de guerre en privant des civils d'objets indispensables à leur survie, y compris en entravant délibérément l'acheminement des secours… ».
(Statut de Rome de la CPI, art. 8(2)(b)(xxv))
L'infraction comporte quatre éléments : le comportement, l'intention, le contexte et la conscience du contexte. Si ces quatre éléments sont réunis, le crime a été commis. Ci-dessous, nous examinons brièvement les quatre éléments par rapport à ce que nous savons des actions d'Israël dans la bande de Gaza au cours des derniers mois.
Le comportement interdit consiste à priver la population d'objets indispensables à sa survie (ou à lui en fournir délibérément des quantités insuffisantes). Les objets nécessaires à la survie peuvent être divers et inclure différents éléments, en fonction des circonstances spécifiques. Les actions qui ont un impact indirect sur l'accès aux objets nécessaires à la survie peuvent également être considérées comme de la famine, lorsque le résultat contribue à empêcher l'accès à ces objets.
Comme nous l'avons vu, depuis de nombreux mois, Israël empêche l'aide humanitaire nécessaire, notamment la nourriture et les médicaments, d'entrer dans la bande de Gaza et en particulier dans le nord de la bande de Gaza. La destruction qu'Israël a semée pendant les combats a pratiquement réduit à néant la capacité de cultiver localement des denrées alimentaires ou de s'en procurer pour la production. Dans ces conditions, le régime alimentaire de la population dépend presque entièrement de l'aide extérieure, qui est contrôlée par Israël. Comme décrit ci-dessus, Israël manque à ses obligations à cet égard en n'autorisant pas l'entrée d'une aide suffisante dans la bande de Gaza et en ne garantissant pas l'arrivée en toute sécurité de l'aide à destination, même dans les zones qu'il dit être sous son contrôle.
Le deuxième élément est l'utilisation intentionnelle de la famine comme méthode de guerre, c'est-à-dire pour obtenir un avantage militaire ou affaiblir l'ennemi. L'interdiction s'applique aux comportements dont on sait qu'ils provoquent la famine et qui sont destinés à servir l'effort de guerre. Par conséquent, il n'est pas nécessaire qu'un résultat (comme la mort de civils ou une malnutrition massive) découle directement du comportement qui relève de la définition de la famine.
L'intention d'Israël d'utiliser la famine pour obtenir un avantage militaire se reflète dans les déclarations de hauts responsables politiques et de commandants militaires, selon lesquelles le fait de priver les habitant·es de nourriture et d'eau fait partie des méthodes de guerre d'Israël dans la bande de Gaza. Par exemple, le ministre de la défense Yoav Gallant, membre du cabinet de guerre, qui est la plus haute instance dirigeant la politique d'Israël dans sa guerre à Gaza, a explicitement déclaré que le fait de priver les habitant·es d'eau et de nourriture faisait partie des combats : « Nous imposons un siège total à la ville de Gaza. Il n'y a pas d'électricité, pas de nourriture, pas d'eau, pas de carburant. Tout est fermé. Nous combattons des bêtes et nous agissons en conséquence ». Le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a établi un lien entre les efforts déployés pour libérer les otages israéliens et le fait d'empêcher l'aide humanitaire d'entrer dans la bande de Gaza : « Tant que le Hamas refusera de libérer les otages qu'il détient, seules des centaines de tonnes d'explosifs de l'armée de l'air devraient entrer à Gaza, et pas un gramme d'aide humanitaire. » Le ministre des affaires étrangères, Yisrael Katz, a déclaré :
« Pendant des années, nous avons fourni à Gaza de l'électricité, de l'eau et du carburant. Au lieu de nous remercier, ils ont envoyé des milliers de bêtes pour massacrer, violer et kidnapper des bébés, des femmes et des personnes âgées. C'est pourquoi nous avons décidé d'arrêter l'approvisionnement en eau, en électricité et en carburant, et maintenant leur centrale électrique locale s'est effondrée et il n'y a plus d'électricité à Gaza. Nous continuerons à renforcer le siège jusqu'à ce que la menace que le Hamas fait peser sur Israël et sur le monde soit écartée. Le passé ne sera pas l'avenir ».
Quant à la conscience qu'a Israël que ses actions provoquent la famine, il ne fait aucun doute que les responsables israéliens sont conscients de la faim qui se développe dans la bande de Gaza et en particulier dans le nord, que le Premier ministre Netanyahou dit avoir été « conquis » par Israël. Cette prise de conscience est le résultat de nombreux rapports et chiffres publiés par des organismes internationaux, ainsi que d'un recours devant la Cour suprême israélienne déposé par plusieurs organisations israéliennes de défense des droits de l'homme, Gisha en tête. En outre, Israël impose un blocus à Gaza depuis des années et, dans le cadre de cette politique, s'est attaqué aux « besoins économiques » de Gaza, c'est-à-dire au calcul des besoins minimaux nécessaires à la subsistance de la population.
Le crime doit être commis dans le cadre d'un conflit armé international. Il est incontestable que les combats dans la bande de Gaza constituent un conflit armé international.
L'auteur du crime doit être conscient du contexte et des circonstances qui constituent un tel conflit. À cet égard, il est également incontestable que les responsables israéliens sont conscients de l'existence d'un conflit armé, étant donné qu'une guerre a été déclarée.
L'examen des éléments qui font de la famine un crime de guerre au regard du droit pénal international – à la lumière des informations dont dispose B'Tselem à partir des rapports de divers organismes internationaux et des témoignages recueillis par nos enquêteurs sur le terrain – montre qu'Israël commet ce crime de guerre depuis des mois.
Nous rappelons qu'en vertu du droit international, les crimes graves considérés comme des crimes de guerre, tels que la famine, peuvent engager la responsabilité individuelle de leurs auteurs. L'article 27 du Statut de Rome stipule que la responsabilité personnelle s'applique indépendamment de la qualité officielle, telle que celle de chef d'État, ou de toute immunité dont une personne pourrait bénéficier en vertu d'un poste ministériel ou de toute autre fonction.
L'article 28 du Statut de Rome stipule la responsabilité personnelle des chefs militaires et des supérieurs civils effectifs.
« Un chef militaire ou une personne faisant effectivement fonction de chef militaire est pénalement responsable des crimes relevant de la compétence de la Cour commis par des forces placées sous son commandement et son contrôle effectifs, ou sous son autorité et son contrôle effectifs, selon le cas, du fait qu'il n'a pas exercé le contrôle voulu sur ces forces ».
Cette responsabilité s'applique aux commandants dans l'un des trois cas suivants : (1) le commandant en tant qu'auteur direct de l'infraction, (2) le commandant ayant ordonné la commission de l'infraction, (3) le commandant en tant que complice de l'infraction.
Le nombre de hauts responsables de Tsahal et d'institutions publiques qui ont pris part au refus d'apporter une aide humanitaire adéquate aux habitants de Gaza au cours des derniers mois est important, et nombre d'entre eux étaient vraisemblablement conscients de leurs actes et de leurs conséquences. Les remarques faites par le colonel Yogev Bar-Sheshet, chef adjoint de l'administration civile, lors d'une interview télévisée depuis l'intérieur de la bande de Gaza, prouvent que les forces sur le terrain sont conscientes de la destruction généralisée d'objets nécessaires à la survie : « Il n'est pas rentable de faire du mal à notre peuple. Tel est le message. Il n'y a plus rien là-bas. Ceux qui reviendront ici, s'ils reviennent après, trouveront de la terre brûlée. Pas de maisons. Pas d'agriculture. Ils n'ont pas d'avenir. »
Conclusion
« La guerre actuelle contre les assassins du Hamas est un nouveau chapitre de l'histoire de notre résilience nationale à travers les générations. Souvenez-vous de ce qu'Amalek vous a fait ». C'est ce qu'a écrit Binyamin Netanyahou dans un message aux soldats israéliens le 3 novembre 2023, dans un sifflement de chien que toute personne ayant suivi le système éducatif israélien reconnaîtra comme signifiant une réponse à une attaque d'une manière qui effacerait tout souvenir de cette nation, femmes et enfants compris. Lorsque la lutte contre le Hamas est comparée à la guerre contre Amalek, la conclusion est claire : l'ordre est d'anéantir Gaza.
Israël opère depuis sept mois dans cet esprit, et il y parvient : des villes réduites à l'état de ruines, un nombre insondable de morts, un système de santé dysfonctionnel et un avenir incertain. Poussé par une soif de vengeance pour les crimes commis par le Hamas le 7 octobre, Israël ignore toute norme morale fondamentale et viole grossièrement ses obligations en vertu du droit international.
Parmi la multitude de mesures inacceptables auxquelles Israël a recours, affamer la population de Gaza est particulièrement horrible. Depuis des mois, Israël poursuit une politique de blocus total, de destruction complète des possibilités de production alimentaire locale par l'agriculture ou la pêche, et de restriction de l'acheminement de l'aide. Le résultat de cette politique est que des millions de personnes meurent de faim.
La grave famine qui s'est installée ces derniers mois dans la bande de Gaza n'est pas le fruit du hasard, mais le produit d'une politique israélienne délibérée et consciente. Elle a été ouvertement déclarée par les décideurs, y compris un membre du cabinet de guerre israélien, dès le début de la guerre. Au cours des années de blocus de Gaza, Israël a étudié la quantité de nourriture dont les habitant·es de Gaza ont besoin pour survivre. Israël a élaboré des formules mathématiques et des tableaux caloriques à cette fin. Cela signifie qu'Israël est entré en guerre en connaissant parfaitement les besoins de la population de Gaza et qu'il a délibérément choisi de les lui refuser.
Pousser des centaines de milliers de personnes à la famine et utiliser la famine comme méthode de guerre exige une déshumanisation totale. Malheureusement, la déshumanisation des Palestiniens·ne aux yeux des Israélien·nes s'est accélérée au cours des derniers mois.
Nous espérons que la mise en évidence des implications destructrices de cette politique, ainsi que la responsabilité personnelle des hommes politiques impliqués dans la prise de décision et des commandants militaires chargés de les mettre en œuvre, amèneront Israël à comprendre ce qui devrait être évident : la famine ne peut jamais être utilisée comme méthode de guerre. Affamer une population est un crime. La tache morale, ainsi que la responsabilité criminelle créées par la conduite israélienne de ces derniers mois, ne peuvent être effacées.
B'Tselem
Pour les témoignages complets figurant dans ce document et d'autres témoignages provenant de la bande de Gaza, voir le blog Voices from Gaza sur le site web de B'Tselem.
Notes
[1] Fenêtres de vulnérabilité : Consequences of Exposure Timing during the Dutch Hunger Winter, septembre 2022 ; Organisation mondiale de la santé. La famine à Gaza est imminente, avec des conséquences immédiates et à long terme sur la santé, mars 2024 ; UNICEF. Les enfants de Gaza ont besoin d'une aide vitale
[2] Historic famine leaves multiple generations vulnerable to infectious disease, Université de Californie, Berkeley, octobre 2020.
[3] Article 25 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. 25 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948) ; art. 2(1) du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1966) ; Comité des droits économiques, sociaux et culturels, Observation générale n° 12 (1999), paragraphe 36.
[4] Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949 relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux (Protocole I) (1977), Art. 54, intitulé : « Protection des biens indispensables à la survie de la population civile » ; Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949 relatif à la protection des victimes des conflits armés non internationaux (Protocole II) (1977), Art. 14, intitulé : « Protection des biens indispensables à la survie de la population civile ».
Le régime israélien d'apartheid et d'occupation est inextricablement lié aux violations des droits de l'homme. B'Tselem s'efforce de mettre fin à ce régime, car c'est la seule façon d'avancer vers un avenir où les droits de l'homme, la démocratie, la liberté et l'égalité seront garantis à toutes les personnes, tant palestiniennes qu'israéliennes, vivant entre le Jourdain et la mer Méditerranée.
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Informations insistantes sur des mandats d’arrêt de la CPI : Netanyahu met en garde contre « un précédent dangereux »
Réagissant aux informations persistantes sur des mandats d'arrêt imminents délivrés par la Cour pénale internationale (CPI) contre lui et plusieurs dirigeants politiques et sécuritaires israéliens, le Premier ministre de l'Etat hébreu, Benyamin Netanyahu, met en garde en disant : « Sous ma direction, Israël n'acceptera jamais une tentative, de la part de la CPI, de saper le droit fondamental du pays à se défendre (…). »
Tiré d'El Watan.
Alors que des informations persistantes sur l'imminence du lancement de mandats d'arrêt internationaux par la Cour pénale internationale (CPI) contre les dirigeants israéliens, le Premier ministre de l'Etat hébreux, Benyamin Netanyahu, sort de sa réserve pour avertir, dans un message publié sur Telegram, que « toute décision n'aurait aucun effet sur les actions entreprises par Israël, mais pourrait être un précédent dangereux ».
Le Premier ministre a lancé une véritable mise en garde en déclarant : « Sous ma direction, Israël n'acceptera jamais une tentative, de la part de la Cour pénale internationale, de saper le droit fondamental du pays à se défendre (…). » Et d'ajouter : « Alors que les décisions prises par la Cour, à La Haye, n'affecteront pas les actions qui sont celles d'Israël, elles viendront établir un précédent dangereux qui menace à la fois les soldats et les personnalités publiques. »
La déclaration de Netanyahu est intervenue juste après la publication, par la Chaîne 12, l'une des chaînes d'information les plus suivies en Israël, faisant état « d'inquiétudes de plus en plus » pesantes « de la possibilité que des mandats d'arrêt soient émis par la CPI à l'encontre de Netanyahu, de son ministre de la Défense, Gantz Gallant, ainsi que son chef d'état-major, Herzi Helvi, et d'autres hauts responsables politiques et sécuritaires, pour des violations présumées du droit international à Ghaza ».
Le média avait également révélé que ces informations ont fait l'objet d'« une discussion en toute urgence » au niveau du bureau du Premier ministre israélien, sans pour autant donner plus de détails.
Même s'il n'est pas membre de la CPI et qu'il ne reconnaît pas cette juridiction, Israël a fait l'objet de nombreuses plaintes déposées par des ONG et des Etats signataires du Statut de Rome, dont l'Autorité palestinienne, pour des « crimes de génocide », « de guerre », « d'agression » et « contre l'humanité » commis par l'entité sioniste lors de l'assaut menée contre Ghaza, au lendemain de l'attaque du 7 octobre.
Ces plaintes se sont ajoutées à une même procédure qui était pendante depuis 2018. La Chaîne 12 a précisé également que les mandats d'arrêt attendus seront probablement émis dans le contexte de la crise humanitaire dans la bande de Ghaza, en plus des déclarations internationales concernant la violation par Israël du droit international, en faisant référence à la guerre dévastatrice contre Ghaza et aux violations du droit international.
Citant des spécialistes du droit, la même source a estimé que « les professionnels du droit qui ont assisté à la réunion d'urgence limitée, à laquelle ont pris part les ministres des Affaires stratégiques Ron Dermer, le juge Yariv Levin et le ministre des Affaires étrangères Israël Katz, ont tenté de faire obstacle à la décision en prenant des mesures urgentes de dernière minute, devant le tribunal lui-même et devant des partis politiques influents, mais il apparaît que ces efforts n'ont pas porté leurs fruits ».
Note interne
Révélations réaffirmées samedi dernier par le journal israélien Maariv en citant des « sources bien informées » sans les nommer. « Netanyahu était anormalement effrayé et nerveux à l'idée d'un mandat d'arrêt émis contre lui par la Cour pénale internationale », a écrit le journal en soulignant qu'« au cours des derniers jours, Netanyahu a noué de nombreux contacts avec des dirigeants et responsables internationaux dans le but de faire pression pour empêcher l'émission du mandat d'arrêt, notamment auprès du président américain, Joe Biden ».
Selon les sources du journal, « Netanyahu se rend compte que le mandat d'arrêt international pourrait faire de lui une personne persécutée, c'est pourquoi il s'investit chaque jour dans des efforts pour le contrecarrer ».
Pour les mêmes sources, « il n'est pas improbable que la flexibilité de la position israélienne concernant la question de l'accord d'échange de prisonniers et de détenus entre le mouvement Hamas et l'Etat occupant, y compris l'ouverture à la question de la fin définitive de la guerre à Ghaza, fasse partie des tentatives visant à contrecarrer la publication du mémorandum ».
L'Etat hébreu semble se rendre à l'évidence que les graves violations du droit international par ses forces armées, encouragées par de nombreux dirigeants politiques à Ghaza, depuis presque sept mois, ne peuvent passer inaperçues ou jouir de l'impunité. Même à Washington, un des pays les plus liés à Israël et celui qui le défend et vient de lui accorder une aide militaire de 26 milliards de dollars, de plus en plus de voix s'élèvent contre la manière avec laquelle Tel-Aviv mène la guerre contre Ghaza.
En effet, selon une note interne, consultée par l'agence britannique de presse Reuter, « de hauts responsables du département d'Etat américain ont informé le secrétaire Anthony Blinken qu'Israël aurait violé le droit international dans sa guerre contre la bande de Ghaza ». Cependant, a indiqué l'agence, « ils n'ont pas trouvé d'assurances crédibles ou documentées de la part d'Israël selon lesquelles celui-ci utilise des armes américaines conformément au droit humanitaire international.
Cela a donné lieu à une présentation conjointe de quatre bureaux du département d'Etat américain, à savoir : démocratie, droits de l'homme et travail, population, réfugiés et migrations, justice pénale mondiale et affaires des organisations internationales, sérieusement préoccupés par le non-respect du droit international humanitaire pendant la poursuite par Israël de la guerre à Ghaza ». Reuters a écrit que « l'évaluation menée par les quatre bureaux a révélé que les assurances israéliennes ne sont ni crédibles ni fiables ».
Cette évaluation, a ajouté l'agence, « cite huit exemples d'actions militaires israéliennes » qui, selon les responsables, soulèvent de sérieuses questions sur de potentielles violations du droit humanitaire international.
Ces violations comprenaient : « Des frappes répétées sur des sites et des infrastructures protégés, ainsi que des niveaux déraisonnablement élevés de dégâts civils pour des gains militaires, et peu de mesures ont été prises pour enquêter sur les violations ou pour demander des comptes aux responsables des dommages civils massifs et du meurtre de travailleurs humanitaires et des journalistes à un rythme sans précédent. »
Cette évaluation a précisé l'agence, cite également 11 cas d'actions militaires israéliennes « qui, selon les responsables, ont vu des restrictions arbitraires sur l'aide humanitaire, y compris le refus d'admettre des camions entiers d'aide en raison d'un seul article à double usage, des restrictions artificielles sur les inspections, ainsi que des attaques répétées contre des sites militaires. L'humanitaire n'aurait pas dû être attaqué ».
Reuters a écrit en outre que « d'autres responsables du département d'Etat américain ont soutenu les affirmations d'Israël selon lesquelles il adhère au droit international », avant d'évoquer « une autre évaluation », que l'agence dit avoir consultée, émanant du Bureau des affaires politiques et militaires, qui s'occupe de l'aide militaire américaine et des transferts d'armes, qui a averti Blinken sur le fait que « la suspension des ventes d'armes américaines limitera la capacité d'Israël à faire face aux menaces potentielles en dehors de son espace aérien et exiger que Washington reconsidère toutes les ventes actuelles et futures à d'autres pays de la région ».
A ce titre, a souligné l'agence, « le bureau a déclaré dans son évaluation que toute suspension des ventes d'armes américaines susciterait des provocations de la part de l'Iran et de ses groupes alliés », alors que « le mémorandum n'aborde pas directement les garanties qu'Israël doit fournir ».
L'agence a rappelé qu'au mois de février de l'année en cours, le président Joe Biden a publié un mémorandum sur la sécurité nationale exigeant que Blinken soumette un rapport au Congrès d'ici le 8 mai, déterminant s'il avait trouvé des « garanties israéliennes crédibles » selon lesquelles son utilisation d'armes américaines ne viole pas la loi américaine ou internationale.
Le 24 mars 2024, au moins sept bureaux du département d'Etat américain avaient envoyé à Blinken leurs contributions à un « mémorandum d'options » préliminaire, et « certaines parties du mémorandum, qui n'avaient pas été divulguées auparavant, ont été scellées ».
Multiplication des plaintes
Le procureur de la CPI, Karim Khan, avait déclaré au mois d'octobre dernier que le tribunal avait « l'autorité nécessaire pour examiner tout crime de guerre potentiel » commis par les Israéliens à Ghaza.
Moins d'un mois après, l'Afrique du Sud a lancé devant la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute juridiction onusienne, sa plainte contre Israël pour « génocide » et sa demande d'indications de mesures provisoires contre Tel-Aviv contre les mêmes faits.
La Cour a déjà statué sur les mesures, alors que sur le fond, l'examen est toujours pendant. D'autres plaintes pénales pour les mêmes faits ont été déposées, au mois de mars dernier, par « plusieurs personnes » en Suisse, contre le président israélien, Isaac Herzog, alors qu'il était sur le sol helvétique, pour prendre part au WEF (Forum économique mondial), à Davos.
La procédure a été engagée auprès du procureur cantonal de Bâle-Ville, et des polices cantonales de Bâle-Ville, Berne et Zurich. Le procureur avait alors indiqué que ces plaintes « étaient examinées selon la procédure habituelle » et a expliqué être « en contact » avec le ministère suisse des Affaires étrangères « afin d'examiner la question de l'immunité » du président israélien.
Dans leur communiqué, les plaignants ont expliqué que l'immunité pouvait être levée dans des « circonstances précises » lorsqu'il s'agit de « crimes contre l'humanité ».
Pour leur plainte, ils ont affirmé que « les conditions sont remplies » et révélé avoir demandé « la mise en place d'une procédure pénale approfondie » en Suisse contre le président israélien pour « génocide » et « crimes contre l'humanité », en parallèle aux accusations de « génocide contre le peuple palestinien à Ghaza », portées par l'Afrique du Sud contre Israël devant la CIJ. -S. T."
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Israël : crimes de guerre, mensonges et impunité
Les images retransmises par la télévision Al Jazeera et les réseaux sociaux ont révélé l'ampleur des massacres perpétrés contre des femmes, des enfants et des hommes sans défense, ensevelis au bulldozer, à l'intérieur du complexe hospitalier Al Shifa, par les militaires israéliens.
Tiré d'El Watan.
Plus le mensonge est gros, plus il passe. » Le sinistre ministre de la propagande nazie Joseph Goebbels avait résumé dans cette formule toute la ligne de conduite du régime hitlérien depuis ses débuts jusqu'à sa chute en 1945. C'est la même démarche qu'adopte le régime génocidaire israélien dans la guerre qu'il mène contre les Palestiniens de Ghaza et de Cisjordanie.
Après plus de 200 jours d'une sauvage agression contre Ghaza provoquant la mort de plus de 34 000 personnes, des milliers de blessés et de disparus, on découvre avec effroi le degré d'inhumanité dont fait preuve l'armée d'occupation à l'égard des populations civiles palestiniennes.
Les images retransmises par la télévision Al Jazeera et les réseaux sociaux ont révélé l'ampleur des massacres perpétrés contre des femmes, des enfants et des hommes sans défense, ensevelis au bulldozer, à l'intérieur du complexe hospitalier Al Shifa, par les militaires israéliens.
Tout comme la découverte aux alentours de charniers, d'où ont été retirés des centaines de cadavres, ne peut que susciter des sentiments de colère contre les auteurs de telles violations du droit humanitaire international. Et comble de cynisme, la propagande sioniste avait affirmé au moment où de tels massacres étaient commis que tous les malades et les civils avaient été évacués sains et saufs avant les bombardements !
Inspirés, sans aucun doute, par l'attitude du chef de la propagande nazie, les dirigeants de Tel-Aviv, Netanyahu en tête, se sont empressés d'accuser le Hamas d'être à l'origine de ces exactions contre la population civile palestinienne.
Deux semaines plus tard, c'est un autre crime de guerre qui vient d'être dévoilé à l'hôpital Al Nasser de Khan Younès. Plusieurs centaines de corps déchiquetés, d'hommes menottés de femmes éventrées et d'enfants tués par des éclats d'obus ont été exhumés par les secouristes de la Défense civile palestinienne. Face à une telle succession de crimes de guerre, on est saisi par le manque de réaction de la part des gouvernements des pays occidentaux, pourtant si prompts à réagir en d'autres circonstances face à des cas de violation du droit international humanitaire.
Les recommandations de la CIJ bafouées
Alors que le monde entier assiste à un véritable nettoyage ethnique en Palestine, ordonné par le gouvernement génocidaire de Tel-Aviv, pas la moindre condamnation n'émerge des capitales occidentales. Ce qui confirme une fois de plus que l'occupant sioniste bénéficie, aujourd'hui plus que par le passé, d'une totale complaisance dans le camp occidental.
Et pourtant, la Cour internationale de justice (CIJ), suite à la saisine par la République d'Afrique du Sud, avait ordonné, le 26 janvier dernier, des mesures conservatoires, mais non moins contraignantes, qui exigent qu'Israël « empêche tout acte de génocide à l'égard des Palestiniens et permette la fourniture de services de base et d'assistance humanitaire ».
Trois mois plus tard, l'entité sioniste persiste à ignorer l'ordonnance de la CIJ, poursuit sa politique génocidaire en commettant quotidiennement des crimes de guerre dans la bande de Ghaza et tente d'affamer toujours la population qui s'y trouve. Tout comme elle a ignoré depuis 1949 toutes les résolutions des Nations unies condamnant ses violations du droit international et des Conventions de Genève vis-à-vis des Palestiniens.
Aucune sanction, ni mesure de rétention n'a été prise contre Israël au sein des instance de l'ONU. Toute disposition qui peut nuire ou susceptible d'être hostile à Tel-Aviv est immédiatement vouée à l'échec de par l'attitude des Etats-Unis. Ceux-ci n'hésitent pas à user de leur droit de veto au sein du Conseil de sécurité de l'ONU empêchant ainsi l'application de la moindre sanction.
Et ce, même en cas de violation de droit humanitaire international, comme on l'a vu après le meurtre de sept agents de l'organisation américaine d'aide WKC. Depuis que ce crime de guerre a été perpétré, Tel-Aviv n'a fourni aucune explication, agissant comme s'il ne devait rendre de compte à personne, pas même à la communauté internationale.
Bien au contraire, le gouvernement Netanyahu a pris pour cible l'Organisation des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), immédiatement après les conclusions de la CIJ, accusant l'agence onusienne d'héberger une douzaine de « terroristes qui auraient participé à l'attaque du 7 octobre sur le territoire israélien », déroulant ainsi un nouvel épisode de son récit victimaire.
Des accusations sans preuve
En pointant ses attaques contre l'agence onusienne, accusée de détourner l'aide internationale destinée aux Palestiniens au profit du Hamas, de former des terroristes dès l'école, d'encourager des programmes scolaires antisionistes prônant la disparition de l'Etat d'Israël, des juifs et d'autres allégations de ce genre, le gouvernement Netanyahu pensait pouvoir détourner l'attention de l'opinion publique internationale du génocide qu'il commet depuis plus de 200 jours dans la bande Ghaza.
Il n'empêche que devant l'insistance déployée par la propagande sioniste contre l'Unrwa, comme le faisait jadis celle de Goebbels contre les juifs rendus coupables de tous les maux auxquels était confrontée l'Allemagne nazie, le secrétariat général des Nations unies a fait appel à une commission indépendante chargée d'enquêter sur les accusations portées contre l'agence d'aide aux Palestiniens.
La commission présidée par Catherine Colonna a rendu ses conclusions : Israël n'a fourni aucune preuve pouvant étayer ses accusations. L'on comprend dès lors pourquoi les résultats de la commission d'enquête n'ont pas, ou presque pas été commentés dans les médias des pays occidentaux, dès lors qu'ils s'inscrivent en porte-à-faux contre les allégations israéliennes. Et surtout, quand ils contredisent le récit victimaire israélien. Le flagrant délit de mensonge d'Etat est plus qu'évident.
Face à ce retour de flammes, Tel-Aviv s'est empressé d'accuser la commission d'enquête d'avoir été manipulée. Pourtant de l'aveu même de sa présidente, qui a déclaré avoir supplié les autorités israéliennes de tenir compte des conclusions de l'enquête pour améliorer le fonctionnement de l'Unrwa, leur position n'a pas changé d'un iota.
Ils maintiennent toujours leurs accusations graves portées contre une organisation onusienne qui a de surcroît payé le prix le plus cher de son engagement sur le terrain au profit des Palestiniens depuis 1947. Faut-il rappeler que plus de 170 de ses agents sont morts dans l'exercice de leurs fonctions sous les bombardements israéliens depuis l'agression du 7 octobre 2023, certains d'entre eux étaient des fonctionnaires, membres d'une organisation internationale et censés être protégés par leur statut de diplomates.
En outre, plus de 150 bâtiments et structures de l'agence ont été détruits par les Israéliens. Si le rapport de la commission remis au secrétaire général de l'ONU insiste sur le renforcement de la neutralité dans le fonctionnement de l'Unrwa et sur les questions d'éthique dans le recrutement de ses personnels à l'avenir, par contre, il ne souffle aucun mot sur comment renforcer la sécurité des personnels de l'agence dans l'exercice de leurs fonctions et la protection de ses structures : écoles, centres de santé, de distribution d'aide alimentaire et d'accueil de réfugiés en situation de guerre imposée par Israël à Ghaza et Cisjordanie.
Sur tous ces aspects malheureusement, le rapport de la commission d'enquête reste muet, même s'il s'est appuyé sur des travaux qui ont épluché des centaines de livres scolaires palestiniens pour déceler la moindre allusion antisémite. En vain et au grand dam du gouvernement ultraconservateur et suprémaciste de Netanyahu. Lequel a rejeté immédiatement les conclusions du rapport remis au secrétaire général de l'ONU.
Poursuite de la politique de la terre brûlée
Dans de telles conditions, rien n'indique pour l'instant qu'Israël ne va pas commettre d'autres crimes de guerre. Tout comme il est à craindre, malheureusement, que d'autres charniers soient découverts dans les jours qui viennent.
Et ce, en dépit des quelques rares appels au niveau de la commission des droits humains et d'autres instances des Nations unies à dépêcher des enquêtes internationales sur le terrain pour faire toute la lumière sur ces exactions en violation du droit humanitaire international et des Conventions de Genève. Animé par une hostilité et une haine chronique à l'égard des Palestiniens, il entend poursuivre sa « politique de la terre brûlée » sur la bande de Ghaza, que rien, ni personne ne semble pouvoir arrêter.
Ni même, surtout, vouloir arrêter – et c'est là le plus inquiétant – eu égard à l'attitude complaisante américaine et des pays occidentaux envers Israël. On doit donc s'attendre, dans les jours qui viennent, à la poursuite des massacres de civils ghazaouis et des tentatives d'affamer les femmes et les enfants.
La destruction des hôpitaux, des écoles, des universités et de toutes les infrastructures socioéconomiques n'a d'autre objectif que de rendre d'ores et déjà invivable la bande de Ghaza pour les populations qui s'y trouvent.
Selon les Nations unies, on estime jusqu'à présent à 40 millions de tonnes de gravats conséquence des 70 000 tonnes de bombes lancées ou larguées sur cette enclave palestinienne. En l'état actuel des dommages matériels, il faudra 14 années pour tout déblayer. On a du mal à imaginer l'état de dévastation dans lequel va se retrouver cette partie des Territoires palestiniens, suite à l'agression sioniste entamée voilà plus de 200 jours.
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États-Unis - Victoire historique dans le Tennessee pour le syndicat UAW
Le 20 avril, les travailleurs de l'usine Volkswagen (VW) de Chattanooga, dans le Tennessee, ont voté à une écrasante majorité pour rejoindre le syndicat UAW, remportant la première élection depuis les années 1940 pour former un syndicat dans cette industrie dans le sud du pays. Une formidable victoire qui pourrait commencer à restaurer le poids des syndicats en Amérique.
Hebdo L'Anticapitaliste - 705 (25/04/2024)
Par Dan La Botz
Crédit Photo
Capture d'écran vidéo UAW
« Vous venez tous de faire la chose la plus importante qu'un membre de la classe ouvrière puisse faire, à savoir se lever », a déclaré le président du syndicat, Shawn Fain, aux travailleurEs qui célébraient la victoire.
Quelque 2 628 salariéEs ont voté pour et 985 contre, soit 73 % en faveur du syndicat. Au total, 4 326 personnes avaient le droit de voter et environ 84 % d'entre elles l'ont fait.
Le sud, bastion rétrograde
Jusqu'à présent, le Sud était un bastion des patrons avec des entreprises sans syndicat, où les travailleurs n'ont ni droit de vote ni voix au chapitre sur leur lieu de travail. Si cette victoire en appelle d'autres, comme on s'y attend, elle modifiera l'équilibre des forces entre les entreprises et la classe ouvrière en Amérique. Le Sud, fondé sur l'esclavage jusqu'à la fin des années 1860 et sur la ségrégation des lois Jim Crow, la privation de droits et le lynchage jusqu'aux années 1960, est resté la région des États-Unis où l'on trouve le moins de syndicats, les salaires les plus bas, le niveau d'éducation le plus médiocre, la santé publique la plus mauvaise et les attitudes politiques les plus rétrogrades du pays. Cette victoire de l'UAW pourrait commencer à changer tout cela.
Pendant des décennies, l'UAW n'a pas réussi à organiser cette usine et d'autres usines automobiles dans le Sud, en dépit des millions de dollars dépensés pour organiser des élections malgré les pressions des patrons.
Des victoires qui donnent confiance pour s'organiser
Pourquoi cette victoire aujourd'hui ? Sous la direction de Shawn Fain, président de l'UAW, le syndicat a mené l'année dernière une grève de 45 jours contre Ford, Stellantis et General Motors et a obtenu en octobre un contrat prévoyant de fortes augmentations de salaire, la remise en cause des différences de statuts entre salariéEs et une certaine représentation syndicale dans les usines de batteries pour les véhicules électriques. Pour la première fois, l'UAW a frappé les trois entreprises en même temps, en recourant à une grève progressive d'usines stratégiquement choisies, qui a fini par impliquer 50 000 travailleurEs dans tout le pays et a contraint les entreprises à céder. Cela faisait des décennies que les États-Unis n'avaient pas vu un syndicat mener une telle grève de travailleurEs industriels. Les travailleurs de l'usine VW non syndiquée, voyant désormais une direction prête à se battre, ont décidé qu'ils devaient eux aussi adhérer au syndicat.
Après avoir remporté cette grève, l'UAW a consacré 40 millions de dollars à l'organisation des usines non syndiquées de l'industrie. Il vient ainsi de remporter sa première victoire. Après avoir gagné chez VW, l'UAW tentera le mois prochain d'obtenir le vote des 5 200 travailleurEs de l'usine Mercedes-Benz en Alabama. La force de l'UAW sera essentielle pour défendre les travailleurEs lorsque l'industrie passera aux véhicules électriques.
Opposition des Républicains
Les gouverneurs républicains du Sud ont pris fermement position contre les syndicats dans leur région. Le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, et les gouverneurs du Texas, de la Caroline du Sud, du Mississippi, de la Géorgie et de l'Alabama ont signé une déclaration commune affirmant que le vote en faveur du syndicat pourrait menacer l'économie de l'État, les emplois des travailleurs et « les valeurs qui nous animent ». Leur déclaration dénonce l'UAW : « Ils se qualifient fièrement de socialistes démocratiques et semblent plus soucieux d'aider le président Biden à se faire réélire que de s'occuper des emplois d'ouvriers de l'automobile supprimés dans les usines qu'ils représentent déjà ».
Vague de syndicalisation
Le président Biden, quant à lui, est devenu l'année dernière le premier président à participer à un piquet de grève avec les travailleurEs de l'UAW en grève. Il a félicité les travailleurs en déclarant : « J'ai été fier de me tenir aux côtés des travailleurEs de l'automobile lors de leur lutte victorieuse pour obtenir des contrats records, et je suis fier de me tenir aux côtés des travailleurEs de l'automobile aujourd'hui, alors qu'ils réussissent à s'organiser chez Volkswagen ». L'UAW, soutient la candidature de Biden à la présidence tout en ayant appelé à un cessez-le-feu à Gaza.
Nous sommes au début de ce qui pourrait devenir une vague de syndicalisation telle que nous n'en avons pas connu depuis les années 1960. Les pétitions pour la tenue d'élections syndicales ont augmenté de 35 % en 2024 par rapport à l'année précédente et quelque 67 % des Américains se disent aujourd'hui favorables aux syndicats. Les syndicats sont désormais prêts à organiser le Sud. Un jour nouveau est peut-être en train de se lever.
Dan La Botz, traduction Henri Wilno
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Aux États-Unis, la mobilisation pro-Palestine sur les campus s’étend
De la côte Est à la côte Ouest en passant par la Géorgie, le Texas, l'Indiana ou l'Arizona, les manifestations et les occupations contre la guerre à Gaza se multiplient sur les campus américains.
Tiré de Courrier international.
La contestation contre la guerre à Gaza a gagné de nombreux campus aux États-Unis, souligne The New York Times en rappelant que cette “vague de militantisme étudiant a été déclenchée par l'arrestation d'au moins 108 manifestants à l'université Columbia le 18 avril dernier”, après que la présidente de l'université, Nemat Shafik, a demandé à la police de New York d'intervenir pour démanteler un premier campement.
Depuis lors, souligne le quotidien new-yorkais, des interventions de police sur plusieurs campus ont conduit “à plus de 800 arrestations”. Si la plupart des manifestations et des occupations se déroulent dans le calme et si de nombreuses universités, publiques ou privées, ont opté pour le laisser-faire, des affrontements ont pu avoir lieu à certains endroits entre manifestants et contre-manifestants, ou avec la police.
Des étudiants pro-israéliens estiment que les campements de soutien à la Palestine “alimentent l'antisémitisme et que leurs universités ne font pas assez pour assurer leur sécurité sur les campus”, note également le journal.
Parmi les universités où un grand nombre de personnes ont été arrêtées au cours de la semaine du 22 au 28 avril, le quotidien cite l'université Yale, dans le Connecticut (60 arrestations), l'université de Californie du Sud à Los Angeles (USC, 93 arrestations) ou encore l'université Emory, en Géorgie (plus de 28 arrestations), où la police “aurait fait usage de gaz lacrymogène et de tasers contre les manifestants”, souligne de son côté The Guardian.
Courrier international

Rencontrez Asna Tabassum, major de promotion de l’USC : L’école annule le discours de remise des diplômes d’une étudiante pro-palestinienne
Au milieu de la répression généralisée des voix pro-palestiniennes sur les campus à travers les États-Unis, nous nous sommes entretenus avec Asna Tabassum, major de promotion de l'Université de Californie du Sud, dont le discours de remise des diplômes a été annulé pour ce que l'université a prétendu être des raisons de « sécurité » après que Tabassum soit devenu le sujet d'une campagne de haine anti-palestinienne en ligne menée par des groupes pro-israéliens. « Lorsque j'ai demandé des détails sur les problèmes de sécurité », a déclaré Tabassum à propos de l'annulation, « on ne m'a offert aucune information et on m'a dit qu'il n'était pas approprié pour moi de le savoir. » Tabassum, une musulmane américaine d'origine sud-asiatique de première génération, diplômée d'une majeure en génie biomédical et d'une mineure en résistance au génocide, a déclaré que l'annulation sans précédent de son discours avait été « déchirante ».
18 aril 2024 | tiré de democracy now !
https://www.democracynow.org/2024/4/18/asna_tabassum_censored
NERMEEN SHAIKH : Aujourd'hui, nous allons nous pencher sur la répression des voix pro-palestiniennes sur les campus à travers les États-Unis. Dans un instant, nous nous pencherons sur les audiences du Congrès de mercredi, où le président de l'Université Columbia a été interrogé pendant des heures sur des accusations d'antisémitisme sur le campus. Mais commençons par l'Université de Californie du Sud, qui continue d'être secouée par la controverse après avoir annulé le discours d'ouverture de sa major de promotion pour ce qu'elle a prétendu être des raisons de « sécurité » après qu'elle ait fait l'objet d'une campagne de haine anti-palestinienne en ligne.
Le co-animateur de Democracy Now !, Juan González, et moi-même avons interviewé mercredi Asna Tabassum, qui est une musulmane américaine d'origine sud-asiatique de première génération. J'ai commencé par lui souhaiter la bienvenue à Democracy Now !
ASNA TABASSUM : Merci de m'avoir invité. Je l'apprécie.
AMY GOODMAN : Alors, pourquoi ne nous donnez-vous pas la chronologie de ce qui s'est passé ? Je veux dire, être le major de promotion de cette université d'élite, l'Université de Californie du Sud, est un accomplissement énorme. Pouvez-vous nous parler du moment où vous avez appris que vous seriez major de promotion et du moment où vous avez appris que vous prononceriez le discours lors de la remise des diplômes ? Et que s'est-il passé ensuite ?
ASNA TABASSUM : Absolument. Ainsi, une partie du processus de sélection pour devenir major de promotion est la volonté de prononcer un discours lors de la cérémonie de remise des diplômes. Et donc, quand j'ai reçu l'appel, je crois que c'était la deuxième semaine de mars, c'était pendant le Ramadan, et j'étais incroyablement heureuse de recevoir cet honneur et incroyablement reconnaissante. Et c'est à ce moment-là que j'ai su que j'aurais la chance et l'occasion de m'adresser à mes pairs lors de la remise des diplômes.
JUAN GONZÁLEZ : Et quand avez-vous appris que l'université avait changé d'avis ? Et qui vous a contacté ?
ASNA TABASSUM : Bien sûr. Donc, j'ai été contacté par l'administration lundi, en fait, lundi dernier, peu de temps avant la publication de la déclaration, que je ne serais malheureusement plus autorisé à donner le discours de remise des diplômes de la classe de 2024.
AMY GOODMAN : N'est-ce pas typique, Asna ? Est-ce que le major de promotion prononce toujours le discours ?
ASNA TABASSUM : Oui, pour autant que je sache, dans l'histoire de l'University South California (USC). Et en fait, j'ai posé la question suivante au prévôt lui-même, vous savez : est-ce que cela est déjà arrivé à un major de promotion de l'USC ? Et en fait, je pense que nous étions tous les deux d'accord pour dire que, à notre connaissance, cela ne s'était jamais produit auparavant.
AMY GOODMAN : Et qu'a-t-il dit exactement lorsqu'il vous a expliqué que c'était pour des raisons de sécurité ? Vous a-t-il parlé des menaces ?
ASNA TABASSUM : Donc, c'est exactement la question ici, c'est que je n'ai reçu aucun détail sur les menaces à la sécurité ou sur les préoccupations en matière de sécurité. Vous savez, j'ai entendu dire qu'il y avait des centaines et des milliers de courriels envoyés à l'université, mais on ne m'a donné aucune idée du contenu de ces courriels, et l'université a dit, par exemple, qu'il y avait d'autres problèmes de sécurité liés à la tenue d'un grand événement comme la remise des diplômes. Mais, vous savez, même les détails n'étaient pas clairs. Et donc, quand j'ai demandé des détails concernant les problèmes de sécurité – par exemple, s'agissait-il de problèmes de sécurité pour moi ou mes camarades de classe ? — On ne m'a donné aucune information et on m'a dit qu'il n'était pas approprié que je le sache.
JUAN GONZÁLEZ : Maintenant, saviez-vous que des groupes d'étudiants pro-Israël vous ciblaient sur les réseaux sociaux, qu'un groupe appelé We Are Tov a posté une photo de vous sur son compte Instagram et a affirmé que vous étiez, je cite, « ouvertement » – que vous « promouvez ouvertement des écrits antisémites » ?
ASNA TABASSUM : Honnêtement, c'est déchirant, oui. Une fois que j'ai été annoncé sur les réseaux sociaux, par les médias étudiants de l'USC, il n'a fallu que quelques heures avant que de tels messages ne commencent à circuler. Et une campagne très généralisée a été lancée et, honnêtement, très haineuse et décevante pour me destituer en tant que major de promotion, oui.
AMY GOODMAN : Je veux revenir sur la question qui n'a pas été soulevée par le prévôt, mais dans votre biographie Instagram, vous faites un lien vers une page d'accueil pro-palestinienne qui dit, en partie, « renseignez-vous sur ce qui se passe en Palestine et comment aider ». Certains étudiants se sont tournés vers les médias sociaux pour exprimer leur opposition en raison du langage utilisé sur la page d'accueil. Le site Web déclare, je cite, que « le sionisme est une idéologie coloniale raciste qui prône un État ethnique juif construit sur la terre palestinienne ». Le site Web indique également, je cite, « un État palestinien signifierait la libération de la Palestine et l'abolition complète de l'État d'Israël », fin de citation. Pouvez-vous nous en parler et nous parler du moment où vous avez créé un lien vers cette page, et de ce que vous en pensez ?
ASNA TABASSUM : Sûr. Il y a donc quelques points que j'aimerais clarifier. La première est qu'une université et les étudiants ont la responsabilité de s'engager dans des discussions productives et significatives. Et nous avons le droit d'apprendre des idées des autres et d'exprimer ces idées afin que nous puissions tous grandir. Et je pense que c'est la beauté d'une institution universitaire.
Mais un autre facteur que j'aimerais soulever, c'est qu'il y a d'autres formes — il y a d'autres éléments d'information dans ce lien. Vous savez, il y a aussi des paragraphes et des informations relatifs à la solution à deux États, ainsi qu'à la solution à un État. La phrase juste après celle que vous venez de citer parle de la coexistence entre les Arabes et les Juifs. Vous savez, il y a beaucoup de facteurs ici. Et mon objectif en mettant le lien dans ma biographie est simplement d'informer mes pairs de la plus rapide façon possible. Mais, en fin de compte, ce que je veux que les gens retiennent, c'est qu'ils s'informent, tirent leurs propres conclusions, puis défendent ce en quoi ils croient.
Et donc, en aucun cas, je ne prône la haine. Je ne fais que plaider en faveur de l'égalité humaine et du caractère sacré de la vie humaine lorsque je dis que les Palestiniens, ainsi que les Juifs, ainsi que les musulmans et les Arméniens et tous ceux qui sont investis dans ce conflit, ont le même droit à la vie et le même privilège de la pleine mesure de la vie.
JUAN GONZÁLEZ : Pouvez-vous nous en dire plus sur vous ? Vous vous spécialisez en génie biomédical et vous vous spécialisez en résistance au génocide. Qu'est-ce qui vous a incité à suivre ces cursus ?
ASNA TABASSUM : C'est ma question préférée, surtout parce que, vous savez, comme vous le savez peut-être, j'ai fait beaucoup d'entrevues récemment, et j'aimerais que les gens parlent davantage de ma majeure en génie biomédical, parce que je pense que c'est une partie importante de qui je suis et de ma vision du monde.
Cela étant dit, la façon dont je vois ma majeure et ma mineure travailler ensemble, pour le même objectif, c'est que, vous savez, ma mineure en résistance au génocide me permet d'étudier la condition humaine dans l'une de ses pires conditions, et puis le génie biomédical est ma façon d'apprendre techniquement comment nous pouvons améliorer la condition humaine en augmentant l'accessibilité aux soins de santé.
Et donc, les façons dont je vois spécifiquement cela sont, par exemple, lorsque j'apprends sur le génocide rwandais ou l'Holocauste ou diverses autres formes de génocides et de conflits à travers ma mineure, je regarde les façons dont les soins de santé et la santé sont entravés et les façons dont la qualité de vie est entravée. afin que je puisse construire des dispositifs et des technologies de la santé, en utilisant ma majeure et en utilisant l'éducation et l'information que j'apprends dans ma majeure en génie biomédical, pour voir comment nous pouvons développer des dispositifs de point de service peu coûteux et accessibles, afin que nous puissions améliorer la façon dont les gens vivent les soins de santé lorsqu'ils en ont le plus besoin.
AMY GOODMAN : Pouvez-vous nous dire si, si vous prononciez le discours — je veux dire, ce discours serait prononcé en mai —, n'est-ce pas ? — à la remise des diplômes. N'y a-t-il donc pas encore une possibilité que l'USC change d'avis ? Quel serait votre discours ? Que diriez-vous à la communauté de l'USC ?
ASNA TABASSUM : Donc, vous savez, je n'ai pas réfléchi et je n'ai pas commencé à écrire mon discours. Mais, bien sûr, cette expérience m'informe sur la façon dont je veux m'y prendre. Mais, en fin de compte, mon message est un message d'espoir. Je pense qu'une chose en laquelle je crois vraiment, compte tenu de mes antécédents familiaux et, vous savez, de la façon dont j'ai été élevé, c'est que l'éducation est un privilège. Et en utilisant les façons dont nous avons appris à apprendre, il nous incombe de regarder le monde et de voir ce que nous voyons, puis de prendre des informations et de tirer des conclusions afin que nous puissions changer le monde de la manière dont nous le voulons. Et donc, conformément à mon message d'espoir, je veux aussi faire un message inspirant, afin que nos diplômés et mes pairs puissent se sentir habilités à s'attaquer à des questions d'intérêt mondial et à se voir dans des positions de changement.
AMY GOODMAN : Vous avez parlé d'une campagne de haine en ligne contre vous. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce que vous avez reçu ?
ASNA TABASSUM : Bien sûr. Vous savez, j'ai reçu des commentaires incroyablement décevants. Et je pense que c'est une partie malheureuse, vous savez, d'exprimer qui vous êtes et d'exprimer ce en quoi vous croyez. Mais je tiens à attirer l'attention sur le soutien écrasant. Et je pense que tous ceux qui regardent cela se dérouler voient que diverses communautés, des communautés musulmanes aux communautés juives en passant par les communautés sud-asiatiques et américaines de première génération, se réunissent pour voir cela comme quelque chose de plus grand et comme quelque chose de représentatif d'une voix collective. Et donc, vous savez, bien qu'il y ait de la haine là-bas, je veux féliciter les gens qui ont vu l'inspiration et l'espoir au fur et à mesure que cela se déroule.
AMY GOODMAN : Asna Tabassum, major de promotion de l'Université de Californie du Sud. Elle s'est jointe à nous mercredi sur Democracy Now ! après que l'USC ait annulé son discours de remise des diplômes pour ce qu'elle prétend être des raisons de « sécurité » après qu'Asna ait fait l'objet d'une campagne de haine en ligne.
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Israël se prépare à prendre d’assaut la flottille de la liberté
Des centaines de militants, d'hommes politiques et de journalistes attendent en Turquie d'escorter 5 500 tonnes d'aide humanitaire vers la bande de Gaza. À 700 km de là, la marine israélienne se prépare à prendre d'assaut la flottille.
Par Emilia G. Morales
24 avril 2024 - 10:53 a.m.
Traduit avec deepl.
Ne pas regarder les militaires dans les yeux, ne pas se séparer du groupe, ne pas résister. Tel est le mandat clair donné par l'organisation de la flottille de la liberté aux participants de l'expédition maritime qui vise à briser le blocus naval imposé par Israël à la bande de Gaza depuis 2007. L'objectif est d'apporter 5 500 tonnes d'aide humanitaire aux Gazaouis. "Si vous vous apprêtez à embarquer et qu'Israël attaque le navire, il existe des paramètres très clairs de non-violence", a expliqué l'organisation. "Ne pas les accepter peut vous exposer personnellement et affecter votre vie et celle de ceux qui vous entourent".
Une cinquantaine de participants écoutent avec courage les instructions des orateurs qui défilent devant eux et qui expliquent les stratégies possibles d'Israël pour boycotter la mission humanitaire. Il s'agit de la troisième formation à l'action non-violente organisée ces jours-ci à Istanbul (Turquie) pour les plus de 500 personnes qui attendent le départ du convoi maritime, composé d'un cargo et de deux bateaux de passagers. Le départ des navires était initialement prévu pour le dimanche 21 avril. Mais des problèmes administratifs et la pression internationale ont repoussé la date au mercredi 24 avril. Ce mardi, la Flottille de la Liberté a fixé une nouvelle date de départ au vendredi 26 avril. Un nouveau retard.
Comme l'a rapporté le Washington Post dimanche, Israël prépare ses forces de sécurité à agir si nécessaire. Tel Aviv a confié cette mission à Shayetet 13, une unité d'élite de sa marine. Le répertoire d'armes dont ils sont censés disposer est varié. Il est question de gaz lacrymogènes, de tasers et de grenades incapacitantes. Cette dernière émet une lumière puissante qui empêche de voir pendant quelques secondes, tout en émettant des sons aigus (plus de 170 décibels) qui gênent l'audition.
La formation mentionne également des drones de reconnaissance dotés d'une intelligence artificielle, capables d'enregistrer les visages des passagers et de les comparer à une base de données de membres et de collaborateurs du Hamas. Ils préviennent que certains de ces drones pourraient être qualifiés pour tirer s'ils trouvent une correspondance ou s'ils perçoivent une menace.
Les passagers sont donc vivement encouragés à ne pas tenir dans leurs mains un objet que le drone pourrait considérer comme une arme, tel qu'une matraque, un trépied ou un bâton de selfie. Une visite visuelle de la salle où se déroule la formation révèle qu'au moins deux personnes portent des bâtons. Beaucoup de ceux qui ont décidé d'embarquer ont plus de 50 ans.
L'utilisation de ces armes contre des civils est limitée par le droit international. "Israël se moque du droit international, sinon il ne bloquerait pas illégalement Gaza depuis 2007", a déclaré à Público Nerea Fernández, membre espagnole de l'IU. "Pourquoi avons-nous des lois internationales si Israël et les États-Unis les violent tout le temps ? Si l'UE se dit démocratique, elle doit les arrêter", ajoute-t-il. M. Fernández est arrivé à Istanbul la semaine dernière, prêt à embarquer avec d'autres fonctionnaires, Martina Velarde, députée de Podemos, Ada Colau, ancienne maire de Barcelone et aujourd'hui conseillère municipale, et Nicolás Sgiglia, conseiller municipal du parti violet à Malaga.
Aucun d'entre eux n'exclut d'être détenu par les forces militaires israéliennes. "Nous mettons nos fonctions publiques à la disposition des luttes sociales si cela peut contribuer à assurer une plus grande sécurité à la flottille. Nous parlons de l'une des armées les plus criminelles au monde et il est évident que le fait qu'il y ait un conseiller ou des députés ne garantit pas qu'il n'y aura pas de répression de l'initiative, mais cela lui donne une plus grande sécurité et une plus grande portée afin que la répression soit moindre ou qu'ils réfléchissent à deux fois avant d'agir", a déclaré Nicolás Sgiglia à Público.
Selon la Flottille de la Liberté, Israël pourrait garder les détenus au secret jusqu'à trois jours. L'organisation garantit des conseils juridiques par la suite, grâce aux accords de collaboration qu'elle a conclus avec des organisations juridiques spécialisées dans les droits de l'homme.
14 ans après le Mavi Marmara
Des médias israéliens comme le Jerusalem Post se sont également fait l'écho de l'intention de Tel Aviv d'empêcher l'arrivée de l'aide humanitaire sur les terres palestiniennes, et bien que cela soit perçu comme faisant partie de sa manœuvre marketing, les passagers savent qu'ils doivent se préparer psychologiquement à la rencontre avec ses militaires. Ce n'est pas pour rien qu'il s'agit de la huitième flottille à partir pour Gaza depuis 2010. Cette année-là, Israël a attaqué le navire de passagers Mavi Marmara, à bord duquel environ 750 personnes voyageaient avec 10 000 tonnes d'aide humanitaire collectée par des organisations européennes et turques. Dix militants ont été tués dans les eaux internationales lors du raid du 31 mai.
Israël a payé cher cette opération, critiquée dans le monde entier. Pour ces faits, plusieurs membres du gouvernement israélien ont été dénoncés devant la Cour pénale internationale, dont son président actuel, Benjamin Netanyahu. C'est ce qu'a confirmé à Público Jaume Asens, candidat de Sumar aux élections européennes du 9 juin. Ces procédures judiciaires sont toujours en cours.
"Depuis le Mavi Marmara, lorsqu'Israël a attaqué des navires, il l'a fait de manière moins violente", certifient-ils lors de la formation. L'organisation estime qu'ils seront particulièrement bienveillants à l'égard des Européens, alors que la situation pourrait être plus tendue pour les Palestiniens et les Turcs. "Nous devrons contenir notre colère, afin qu'ils ne se vengent pas sur nous et nos proches restés au pays", a déclaré à ce journal une Palestinienne présente dans la salle. Elle et quatre autres femmes disent être exilées en Jordanie. Elles partent du principe que tout geste de résistance physique à l'égard des militaires peut être considéré comme une provocation, et que la réponse à ce geste peut être imprévisible.
C'est pourquoi la flottille de la liberté s'est fermement engagée à mener des actions non violentes. Jamila Raqit, chercheuse sur cette pratique à l'Albert Einstein Institution, a expliqué à l'auditoire que cela n'équivaut pas à de la passivité. Bien au contraire. L'utilisation de la non-violence dans des actions politiques d'envergure dans des contextes d'oppression (où la force militaire est largement supérieure à celle des civils) les confronte à un dilemme important : si les civils perdent, ils perdent. De cette manière, "nous ne pouvons pas être vaincus", explique Raquit, "parce que nous aurons laissé nos armes à la maison".
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Aujourd’hui, 23 avril, nous échangeons avec Nimâ Machouf et Jean-Pierre Roy
Elle et il nous parlent de la délégation internationale, sa composition, ses représentants et surtout de leur représentantes. Les porte-paroles et organisatrices sont principalement des femmes. Jean-Pierre et Nimâ reviennent également sur la formation obligatoire reçue par tous les membres de la délégation, sur la solidarité exceptionnelle des turcs et des stambouliotes en particulier avec les palestinien·nes et les membres de la délégation, sur le fait qu'il est impossible d'avoir des nouvelles de Gaza, sur leurs craintes que les bateaux ne puissent pas apporter l'aide humanitaire sous la pression des Gouvernements israélien et occidentaux.
Aujourd'hui, 23 avril 2024, nous échangeons avec Nimâ Machouf, épidémiologiste et Jean-Pierre Roy, infirmier, tous les deux membres de la Flottille de la liberté pour Gaza
Version audio de l'entrevue du 23 avril 2024

Critique de la Déclaration de Saguenay : le Québec en commun
La déclaration de Saguenay marque une nouvelle étape dans le processus de redéfinition de Québec solidaire un parti aspirant à gouverner le Québec. Mais, il faut se demander quels sont les fondements de cette redéfinition et de l'urgence de réécrire notre programme qui a été fondement de notre parti.
« Malgré tout nous partageons les mêmes problèmes, les mêmes valeurs et le même désir d'un avenir meilleur… Ici, nous sommes capables de dialoguer, nous avons un Québec en commun ». (Préambule de la déclaration de Saguenay)
Pourtant, au Québec, il y a des différences que nous ne pouvons pas nier. Les multinationales des énergies fossiles ont des intérêts qui ne sont pas ceux de la majorité populaire. Les grandes multinationales minières ou forestières exploitent indûment nos ressources naturelles. Les grands banquiers et financiers profitent des taux d'intérêt élevés. Les grands promoteurs immobiliers ont le pouvoir de bâtir ce qui leur rapporte gros au mépris du besoin élémentaire de se loger. La société québécoise est de plus en plus inégalitaire et les richesses du Québec tentent à se concentrer dans les mains d'une minorité possédante. Cette minorité a également trouvé les moyens à ne pas payer sa juste part en termes d'impôt.
Pour faire à ces inégalités, pour assurer la justice sociale, il va falloir unir la majorité populaire contre une minorité prédatrice. On ne peut donc se contenter de phrases qui nient cette réalité : « Unir, pas diviser, c'est notre vision de l'avenir du Québec et c'est l'avenir de Québec solidaire ». Voulons-nous nous associer à des responsables politiques qui se sont mis au service de cette classe dominante ? Ce serait là prendre le chemin de dangereuses compromissions. Voulons-nous être le parti de gouvernement, d'une société inégalitaire dans lesquels les choix économiques les plus déterminants pour l'avenir de la planète, seront aux mains des grands propriétaires du capital financier, industriel ou immobilier ? Dénier les luttes d'intérêts contradictoires qui traversent la société québécoise, cela ne nous permettra pas d'identifier clairement les défis auxquels fait face la majorité populaire.
1. Transition écologique : changer sans culpabiliser
Les responsables de la crise climatique sont identifiés : les industriels et les politicien-ne-s à leur service. Ces industriels (majoritairement masculins et blancs) sont tenus par la logique capitaliste à d'abord rechercher des profits, à exploiter les ressources au maximum, à produire plus pour gagner plus. Ils ne sont pas partie de la solution. Au contraire, ils n'arrêtent pas de dresser des obstacles à la lutte aux changements climatiques et à la protection de la biodiversité.
« Les Québécoises et les Québécois veulent faire partie de la solution à la crise environnementale. Ils et elles sont prêts à faire des efforts et à changer leurs habitudes, mais ce sont les gouvernements qui ont la possibilité et la responsabilité de leur offrir des alternatives réalistes, particulièrement à l'extérieur des grands centres ».
… Les grands patrons du Québec sont des Québécois qui ont leurs solutions à la crise climatique, c'est la croissance verte, qu dénie la nécessité de la sobriété et la diminution de l'exploitation des ressources. Un gouvernement solidaire devra en être un de rupture avec le capital prédateur et être capable d'assurer l'autonomie politique et idéologique de la majorité populaire afin de pouvoir s'opposer aux solutions de la classe dominante qui nous conduit directement dans le mur de la crise écologique.
Les propositions avancées ne constituent pas en fait une véritable transition écologique. Elles ne permettent pas d'identifier les obstacles sur le chemin de la transition, les pouvoirs qu'il faudra renverser, les ruptures qu'il faudra opérer. Il ne s'agit pas de « responsabiliser en priorité les grands pollueurs », mais de les empêcher de continuer de polluer, de gaspiller les ressources, de mousser la surconsommation. C'est tout cela qui participe à la destruction de la nature.
Miser sur la création d'alternatives de mobilité durable c'est quoi au juste. Est-ce accepter de faire de la voiture électrique et de la multiplication des investissements qui s'articule à un nouvel extractivisme une solution ? La transformation du parc automobile actuel par de voitures électriques qui est à la base de la filière batteries du gouvernement Legault, ne débouchera pas sur une mobilité durable, mais sur un nouvel extractivisme pollueur, et sur des dépenses insensées des ressources naturelles et énergétiques. Northvolt s'inscrit totalement dans cette dynamique. En aucune façon, nous ne pouvons pas nous affirmer agnostiques à ce niveau.
S'il faut prioriser le développement massif et rapide du transport collectif, faut-il laisser ce projet aux mains de la bourgeoisie québécoise ou en faire un véritable service public… En cela aussi, on ne peut en rester à des formules qui ouvrent sur tout un champ de possibles dont plusieurs ne peuvent que nous enfoncer dans une impasse.
Il n'y aura pas une transition écologique, sans penser la transformation de l'économie centrée sur la production de marchandises à une économie centrée sur la production pour les besoins sociaux… C'est vrai pour la nourriture, pour les logements, pour les moyens de transports. Parler de diversification des économies locales, c'est dire quoi au juste. Qui en seront les acteurs et actrices ?
2. Décentralisation : renverser la dépossession tranquille et libérer le pouvoir des régions
Défendre le principe d'équité territoriale, c'est sans doute une intention louable. « Que les régions rurales et les quartiers défavorisés en zone urbaine doivent avoir accès au même niveau de services que le reste du Québec » est de première importance.
Mais cette préoccupation pour la décentralisation si importante soit-elle, n'est pas l'axe central pour renverser une dépossession pas si tranquille. L'axe central, c'est la lutte contre la privatisation qui touche les secteurs de l'énergie, de la santé, de l'éducation et même de la fonction publique.
Pierre Fitzgibbon défend la privatisation de la production de l'énergie, en cédant des droits liés à la production électrique sur le territoire du Québec à des compagnies privées. C'est là un axe central de notre dépossession d'un bien commun national au profit d'intérêts privés. Christian Dubé privatise la première ligne du système public de santé et souhaite la construction de cliniques et d'hôpitaux privés qui vont contribuer à affaiblir le système public de santé. Les multinationales pharmaceutiques continuent à faire de l'argent avec les médicaments. Benoit Charette, le mal-nommé ministre de l'Environnement et de la lutte aux changements climatiques, changent les règlements pour permettre à Northvolt d'éviter la tenue d'un BAPE sans parler des multiples entreprises polluantes qui se voient soustraient aux normes environnementales servant à protéger la santé publique. C'est à une véritable dépossession à notre droit à la santé et à la sécurité au profit d'intérêts privés qui est en jeu. Marie-Élaine Duranceau, ministre de l'Habitation, diminue les droits des locataires et refuse de contrôler les augmentations spectaculaires des loyers et de protéger les locataires contre les évictions abusives et des manœuvres des spéculateurs.
Limiter cette dépossession au seul enjeu de décentralisation, c'est passer à côté les fondements de cette dépossession, soit une privatisation rampante qui remet de pans entiers du bien commun de la majorité populaire dans toutes les régions du Québec dans les mains des intérêts privés.
3. Territoire : protéger et valoriser ce que nous partageons.
Ressources naturelles
« Alors que s'engage une nouvelle ruée vers les ressources stratégiques du Québec, il est essentiel que le peuple québécois et les Nations autochtones soient maîtres de leurs ressources et déterminent les règles qui guident leur exploitation et leur exploitation. »
D'où vient cette ruée ? Elle a sa source dans la course aux matériaux stratégiques et à la multiplication des claims qui en découle. Elle vient du projet d'électrification du parc automobile sous la haute main des multinationales de l'auto et des entreprises qui sont appelées à fournir les différentes composantes, de ces voitures, dont les batteries.
Quand le Québec a voulu être maître chez lui. En matière d'énergie, il a nationalisé l'électricité. La déclaration de Saguenay se contente de réclamer la détermination des règles qui guident cette exploitation et leur exploration, sans poser un véritable contrôle public des entreprises minières et forestières, contrôle qui ne peut passer que par l'appropriation de ces entreprises par leur expropriation sans compensation. Se contenter d'une meilleure répartition directe des redevances aux régions, et proposer le développement des coopératives sans poser la fin du pouvoir des multinationales sur nos richesses naturelles, c'est tout simplement se placer en position de faiblesse et empêcher que ces nouveaux modèles économiques publics, coopératifs et d'économie sociale puissent véritablement s'imposer.
Parler du rôle central de l'industrie forestière, sans questionner les formes de propriétés actuellement dominantes, les pratiques forestières marquées par des coupes à blanc, c'est prendre bien à la légère la défense de la durabilité de nos forêts. C'est faire croire que la défense des populations des régions puisse faire fi de la remise en question de la domination des grandes multinationales forestières, minières et énergétiques sur nos ressources naturelles.
Agriculture
Présenter l'agriculture au Québec comme le seul fait du travail des agriculteurs et agricultrices, sans définir le cadre économique dans lesquels, ils et elles doivent travailler, c'est refuser de parler, des semenciers, des fournisseurs d'engrais, de machineries agricoles et des financiers qui créent tout un système de contraintes sur le travail quotidien des agriculteurs et des agricultrices. De là à conclure que « le secteur agricole n'a pas besoin d'une réforme de structure », il n'y avait qu'un pas à faire et ce dernier a été franchi allègrement. Québec solidaire fait maintenant silence sur l'agro-écologie et écarte de ses considérations toutes les agricultures qui ne correspondent pas au modèle industriel agro-exportateur. C'est pourquoi, la déclaration de Saguenay non seulement ne dit pas un mot de la diversité des agricultures au Québec, et conséquemment, elle affirme « renoncer à réformer le syndicalisme agricole. » Si aujourd'hui, les agriculteurs et agricultrices descendent dans les rues, c'est que leur situation est plus que difficile, et qu'il va falloir non seulement les soutenir, mais repenser ses pratiques face aux conséquences dramatiques de la crise climatique.
Filière batterie
Présenter la filière batterie, sans éclairer les liens avec le développement de l'extractivisme, sans éclairer le fait qu'elle est liée dans le contexte actuel d'abord et avant à l'électrification de l'auto-individuelle, sans montrer que cette filière est dans les mains tant au niveau minier qu'industriel, d'entreprises multinationales ayant leur propre agenda, c'est refuser d'éclairer ce que devrait être la mission d'une telle filière en liaison avec la production de matériel de transport public. Proposer de confier à des entreprises québécoises le développement de cette filière c'est proposer le développement du capital qui aura lui aussi son propre agenda. L'entreprise privée visera à produire plus, élargir son marché et orienter sa production vers les débouchés les plus payants et les plus prometteurs et ne s'inscrira pas dans une logique de planification de matériel roulant répondant au besoin de sortie de l'industrie automobile.
Habitation
La crise de l'habitation a une dimension nationale. Le reconnaître est déjà un pas dans la bonne direction. Elle a aussi une réalité générationnelle. La dimension féministe est également importante et la déclaration de Saguenay revendique « de lancer un programme de construction rapide de maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale ».
Si le texte rappelle que l'explosion du prix des maisons est la conséquence directe de la spéculation immobilière. Elle ne fournit le moindre éclairage sur les fondements de la crise du logement. Mais la déclaration de Saguenay affirme : « les organismes communautaires, les municipalités et les milieux d'affaires s'entendent : il y a urgence d'agir ». Il y a un point aveugle que la déclaration ne cherche pas à éclairer. Les spéculateurs ne sont-ils pas des membres du milieu des affaires. Les promoteurs immobiliers qui décident de construire des condos luxueux parce qu'ils espèrent en tirer plus de profit que d'investir dans les logements sociaux ne sont-ils pas des membres de ces milieux d'affaires ? Faut-il laisser aux entreprises privées et au marché le choix de construire des logements sociaux ? En fait, c'est un choix qui ne peut s'appuyer que sur la dénégation des intérêts contradictoires qui sont en jeu. Et un appel à la concertation sociale et à un nouveau sommet national à une nouvelle Corvée Habitation repose sur cette dénégation.
« Enfin, s'il est souhaitable d'augmenter le stock de logements disponibles dans plusieurs localités du Québec, les gouvernements et les administrations municipales doivent soutenir en priorité la construction de logements hors du marché privé afin d'augmenter le nombre d'habitations à bas prix, qui a eu tendance à diminuer au pays dans la dernière décennie, et de prévenir de futures hausses. Cela signifie de miser sur le logement social et communautaire, qui regroupe notamment les habitations à loyer modique, les coopératives d'habitation et les organismes sans but lucratif d'habitation. L'exemple de Vienne, en Autriche, montre que la création massive de logements sociaux est un outil puissant pour préserver l'accès au logement à travers le temps. Tant que celui-ci dépendra d'un marché organisé de manière à garantir des profits aux propriétaires d'habitations, la capacité des locataires à se loger convenablement sera toujours menacée, car soumise à l'impératif de rentabilité. » Julia Posca et Guillaume Hébert, Crise du logement : un marché locatif en manque d'encadrement, 29 juin 2023, in 2023, site de l'IRIS.
Nécessité d'avancer ensemble
La déclaration nous donne une vision mobilisatrice du Québec à construire. « L'État québécois doit renouer avec l'interculturalisme et promouvoir une citoyenneté québécoise rassembleuse, fondée sur notre langue officielle et commune et sur le dialogue avec toutes les cultures qui enrichissent le Québec. » Elle rejette explicitement le nationalisme conservateur.
La déclaration nous propose la voie de l'ouverture, du compromis, de la négociation, de la pacification et du consensus… Les propositions sont intéressantes :
« Québec solidaire adhère au modèle interculturaliste des bâtisseurs du Québec moderne » ;
Québec solidaire s'engage à défendre les droits et libertés des Québécois et des Québécois
Ainsi, u gouvernement de Québec solidaire va affirmer la primauté de la Charte québécoise des droits et libertés ».
Les propos de l'indépendance sont généreux plus que généraux : « Notre projet d'indépendance est un projet de transformation de la société pour que les Québécois et les Québécois de toutes provenances vivent mieux. Il faut faire un pays pour le monde et pour changer le monde. »
Les combats contre la surexploitation de la population immigrée et des communautés ethnoculturelles, contre l'inégalité de genre qui se combinent à cette surexploitation, la lutte contre la discrimination à l'emploi comme dans le logement et la lutte antiraciste par l'action de masse seront essentielle pour créer de nouveaux liens sociaux et jeter les bases d'une véritable inclusion et créolisation de la société québécoise. Les luttes sociales et politiques impliquant l'ensemble de la population seront seules à même de constituer le creuset nécessaire à la création d'une nouvelle identité collective et partagée. L'unité nouvelle ne pourra être construire qu'autour d'un projet émancipateur.
Les difficultés de contrer l'offensive néolibérale et la déconstruction de l'État social, l'affaissement de la légitimité de la politique d'une classe politique élitiste et néolibérale, les échecs de la stratégie souverainiste dominante incapable de contrer les stratégies de construction nationale de l'État canadien, tout cela s'est combiné pour créer une crise économique, sociale et nationale dans lequel se résume le blocage de la société québécoise. La crise identitaire actuelle est le reflet de ce blocage.
Tout point de vue essentialiste (la vraie nature des Québécois-e-s) laisse échapper la réalité dans le temps et dans l'espace de l'identité québécoise. Cette identité politique est mouvante et instable et est traversée par une série d'identités partielles (appartenance ethnique, appartenance de classe et idéologique ou religieuse) d'une part et par les réussites et les échecs de la lutte nationale qui module cette structure identitaire au gré des rapports de force d'autre part. C'est donc le système des rapports de force dans l'ensemble de l'État canadien et la capacité ou non de remettre en question cette domination de l'État fédéral sur le Québec qui déterminera la structuration de l'identité québécoise et sa force d'attraction et sa capacité de réaliser une nouvelle identité nationale et non d'abord une pédagogie volontariste de ralliement à un système de valeurs, même s'il ne faut pas lui dénier un rôle.
C'est pourquoi il est nécessaire de définir les grands axes d'une remobilisation contre cette société néolibérale pour un Québec écologiste, féministe et solidaire, si nous voulons construire un Québec indépendant, inclusif et égalitaire. Cela va passer par une stratégie de lutte pour l'indépendance qui va se faire dans une démarche de souveraineté populaire appelée à refonder le Québec, ses institutions, par la défense de l'égalité sociale, la lutte pour l'égalité concrète hommes/femmes et par l'élargissement de la démocratie dans la perspective de la fondation d'une véritable république sociale…
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