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Trump ou Harris ? Ce choix nous concerne aussi

8 octobre 2024, par Parti du travail de Belgique — ,
Qui sera le prochain président des États-Unis d'Amérique ? Le 5 novembre, Donald Trump sera le candidat du parti républicain pour la troisième fois. Dans le camp démocrate, (…)

Qui sera le prochain président des États-Unis d'Amérique ? Le 5 novembre, Donald Trump sera le candidat du parti républicain pour la troisième fois. Dans le camp démocrate, l'actuel président, Joe Biden, a été remplacé comme candidat à la présidence par sa vice-présidente, Kamala Harris. Dans le monde entier, la bataille électorale est suivie de près. Mais quels sont les enjeux de ces élections pour l'Europe et pour la Belgique ? Quelle différence le choix entre Trump et Harris apportera-t-il dans notre vie ?

2 octobre 2024 | tiré du site du Parti du travail de Belgique | Photo de deux magazines : l'un avec Donald Trump sur la couverture, l'autre avec Kamala Harris sur la couverture
https://www.ptb.be/actualites/trump-ou-harris-ce-choix-nous-concerne-aussi

Comment fonctionnent les élections aux États-Unis ?

Tout d'abord, revenons un instant sur le choix qui s'offre aux électeurs étasuniens. Ce que l'on remarque immédiatement, c'est que le vainqueur des élections présidentielles est toujours issu du parti démocrate ou du parti républicain. Depuis plus de 150 ans !

Pourquoi ? Parce que dans la pratique, le système électoral étasunien favorise une sorte de « bipartisme ». Toutes les élections aux États-Unis fonctionnent selon le principe du « winner takes all » (le vainqueur rafle la mise) : un seul député peut être élu par circonscription, par exemple. C'est pourquoi les candidats se regroupent en deux partis au maximum, afin d'avoir une chance de remporter le siège.

L'élection présidentielle est une élection par paliers : le peuple élit des « grands électeurs » qui, à leur tour, désignent le président. Chaque État présente un nombre fixe de grands électeurs, et toutes leurs voix vont au candidat qui obtient le plus de voix dans cet État.

Les petits États possédant proportionnellement plus de grands électeurs que les États plus vastes, il arrive régulièrement qu'un candidat devienne président grâce à une majorité en termes de grands électeurs, même si le candidat adverse a obtenu plus de voix dans l'ensemble du pays.

Le parti démocrate et le parti républicain ne sont pas non plus des partis tels que nous les connaissons, avec une idéologie et un processus décisionnel interne clairs. Il s'agit plutôt de plates-formes ouvertes dédiées aux élections.

Chaque parti comporte différents courants qui constitueraient des partis distincts en Europe. Alexandria Ocasio-Cortez, par exemple, est une sociale-démocrate progressiste, mais elle évolue dans le même parti que la libérale Kamala Harris. Au sein du parti républicain, il existe également des divisions importantes entre les modérés et les pro-Trump. Mais étant donné que le système électoral favorise un choix entre deux candidats, tous les politiciens traditionnels se rallient aujourd'hui soit à Harris, soit à Trump.

En effet : un troisième candidat de droite (extrême) ne ferait que diviser le vote de droite et favoriserait donc la victoire d'Harris, alors qu'un troisième candidat de centre (gauche) assurerait celle de Trump.

Deuxième particularité de l'élection présidentielle étasunienne : dans au moins 40 des 50 États, le résultat est connu d'avance.

Prenons l'exemple de la Californie, l'État le plus peuplé. Là, les démocrates gagnent toujours. Les républicains ne gaspillent plus d'argent et d'efforts pour y faire campagne.

À l'inverse, les républicains l'emportent toujours dans certains États peu peuplés et ruraux, comme l'Idaho ou l'Alabama. C'est pourquoi les démocrates n'y font pas campagne.

Par conséquent, la bataille électorale se déroule dans ce que l'on appelle les « swing states », des États où la bataille est serrée et dont les grands électeurs peuvent se révéler déterminants pour la victoire finale. Cette fois-ci, il y a à peine sept États où se joue l'ensemble de la campagne : le Michigan et le Wisconsin au nord, la Pennsylvanie à l'est, l'Arizona et le Nevada au sud-ouest et la Géorgie et la Caroline du Nord au sud-est. Le vote de plus de 80 % des électeurs étasuniens n'a donc aucune importance.

Dernière caractéristique importante : ces élections sont dominées par l'argent. Des milliardaires et des grandes entreprises déboursent des sommes considérables pour soutenir l'un ou l'autre candidat, en échange d'un droit de regard sur la politique. En d'autres termes, il s'agit d'une forme légale de corruption.

Le fait que les intérêts de l'élite priment se voit également au niveau des candidats. Ces élections présidentielles sont en réalité un face-à-face au sein de l'establishment, avec d'un côté l'ex-président Trump, lui-même milliardaire, et de l'autre la vice-présidente Harris, qui vit entourée de conseillers de haut niveau, d'avocats d'élite et de cadres supérieurs de multinationales.

La classe travailleuse a beaucoup moins d'influence sur le processus électoral. Le fait que les élections se déroulent traditionnellement un mardi et non un dimanche ou un jour férié compliqué également le vote des travailleurs.

Les projets du milliardaire Trump pour plumer la classe travailleuse

De nombreux médias européens dépeignent Donald Trump comme un fou ou un clown qu'il ne faut pas prendre au sérieux. En réalité, c'est un politicien avisé qui a une réelle chance de redevenir président. Non pas en recueillant plus de voix qu'Harris, mais en obtenant plus de voix de grands électeurs des petits États et des « swing states », comme en 2016. Voyons ce que Trump prévoit de faire dans son pays.

Trump affirme à ses électeurs qu'il souhaite soutenir les travailleurs étasuniens ordinaires. Mais est-ce vraiment le cas ?

En tant que président, Trump a modifié les règles relatives aux heures supplémentaires. Conséquence : 8 millions de travailleurs étasuniens n'ont plus droit au paiement de leurs heures supplémentaires.

Il a également permis aux employeurs de licencier plus facilement leurs employés lorsque ceux-ci demandent une augmentation de salaire ou de meilleures conditions de travail.

Au cours de la dernière législature, la majorité républicaine au Congrès (le Parlement des États-Unis) a bloqué les propositions de loi visant à augmenter le salaire minimum fédéral, qui stagne depuis 2009. Aujourd'hui, Trump promet que, s'il gagne mais que les démocrates obtiennent la majorité au Congrès (un scénario probable), il utilisera son veto présidentiel pour empêcher le Congrès d'augmenter le salaire minimum.

Trump a également mis en place une réduction d'impôt pour les hauts revenus et les grandes entreprises. Un cadeau à lui-même et à ses alliés capitalistes. Mais cela n'a apparemment pas suffi, puisque Trump veut encore réduire ces impôts. Il désire même totalement supprimer les droits de succession pour les plus riches.

Les républicains veulent compenser l'impact de ces mesures sur le budget en réduisant les dépenses sociales. Pour que les choses soient claires : les étasuniens ordinaires ne bénéficient pas de ces réductions d'impôts, mais ils en subissent les effets.

Trump s'en prend aux syndicats et aux droits démocratiques

Lors d'un entretien en direct avec le richissime Elon Musk, Trump a déclaré que les travailleurs qui font grève devraient être licenciés. Il promet d'opposer son veto aux propositions de loi visant à faciliter la création d'un syndicat.

Les juges nommés par Trump prévoient même d'abroger la loi de 1935 autorisant les négociations collectives. Chaque employé devrait alors négocier lui-même son salaire et ses conditions de travail. Lorsqu'il était président,Trump a également placé à la tête du National Board for Labor Relations (un organisme qui régule les conflits sociaux) une personne qui a rendu l'organisation des syndicats aussi difficile que possible.

Cette position anti-syndicale est un exemple de la façon dont Trump s'en prend aux droits démocratiques du peuple étasunien. En affaires comme en politique, Trump souhaite prévenir toute résistance venant d'en bas.

Sa préférence pour un système politique autoritaire s'est clairement manifestée en janvier 2021, lorsqu'il a refusé d'accepter sa défaite électorale. L'appel qu'il a lancé à ses partisans pour qu'ils s'opposent à la passation de pouvoir a débouché sur la violente prise d'assaut du Capitole, le bâtiment du Parlement à Washington.

Si Trump peut redevenir président, il s'est préparé à ne pas céder le pouvoir à nouveau. Pour ce faire, il reçoit l'aide d'un groupe de réflexion conservateur qui a créé le « Project 2025 » qui, entre autres choses, se prépare à remplacer des dizaines de milliers de fonctionnaires fédéraux et de magistrats par des fidèles de Trump prêts à faire des entorses au protocole ou, dans certains cas, à enfreindre les lois, pour lui permettre d'atteindre ses objectifs.

Comment un milliardaire qui veut ouvertement plumer la classe travailleuse, museler les syndicats et démolir les droits démocratiques peut-il s'emparer du pouvoir ? En montant les gens les uns contre les autres.

Nous connaissons tous la tactique de Trump qui consiste à diviser pour mieux régner : répandre la haine contre les migrants, les musulmans, les femmes, les personnes LGBT+, etc. Il souhaite ainsi diviser et affaiblir la classe travailleuse étasunienne, afin qu'elle ne puisse pas se révolter collectivement contre la classe des milliardaires qui l'exploite et l'opprime.

Pour de nombreuses personnes, les conséquences de cette sinistre stratégie sont dramatiques. Songez aux millions de femmes qui ont perdu leur droit à l'IVG à cause d'une décision de la Cour suprême qui a été nommée par Trump. Trump s'oppose aujourd'hui à une loi nationale visant à légaliser à nouveau l'IVG dans tous les États.

Ou pensez aux nombreux réfugiés morts et blessés à la frontière avec le Mexique, où Trump a fait construire son mur ignoble et où les forces de l'ordre répriment violemment les migrants depuis lors. Aucun Étasunien ordinaire ne s'en porte mieux. Pourtant, la rhétorique raciste s'amplifie. Au lieu de « build the wall » (construisez le mur), comme il y a huit ans, Trump fait désormais scander à ses partisans : « mass deportation now ! » (déportez-les en masse maintenant !). Il souhaite expulser des millions de familles, des familles de travailleurs migrants qui souvent habitent, travaillent et vont à l'école aux États-Unis depuis des années. Trump gagne du soutien pour ce point en blâmant les migrants pour tout ce qui va mal, en allant jusqu'aux fake news sur les réfugiés qui mangeraient les animaux de compagnie des Étasuniens.

Républicains et démocrates s'alignent sur Chine

Sur le plan international, Donald Trump a déclaré que la Chine était l'ennemi numéro un. Pour contrer le développement de la Chine, il a initié un véritable changement de paradigme il y a huit ans. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont toujours prôné le libre-échange1. À cette fin, les États-Unis ont créé des institutions internationales telles que l'Organisation mondiale du commerce et leur politique de mondialisation2. Les États-Unis en ont été le moteur après la chute de l'Union soviétique dans les années 1990 et 2000.

La mondialisation a été imposée au reste du monde, que ce soit par la manière douce ou par la force. Pendant longtemps, elle a surtout profité aux multinationales étasuniennes, mais face à l'avancée économique de la Chine, Trump a été le premier président à changer de cap et à réinstaller des droits de douane à l'importation de certains biens et services chinois. Certaines entreprises chinoises, comme Huawei, ont même été interdites aux États-Unis. Si Trump est réélu, il promet d'introduire des droits de douane de 60 % sur tous les produits chinois.

Dans son livre Mutinerie, Peter Mertens décrit comment la montée en puissance de la Chine contribue à un monde en mutation dans lequel la position des États-Unis en tant que première superpuissance est remise en question.

Ainsi, même les démocrates, qui ont été les plus fervents défenseurs du libre-échange pendant des décennies, ont suivi l'orientation protectionniste de Trump. Les droits de douane que Trump a introduits contre la Chine ont été maintenus sous la présidence de Joe Biden et même complétés par de nouvelles restrictions à l'importation et à l'exportation de technologies stratégiques. Les droits d'importation sur les voitures électriques chinoises ont même été portés de 25 à 100 %.

Joe Biden a également brisé le tabou de la politique industrielle avec son « Inflation Reduction Act », le plus grand programme de subventions industrielles depuis la Seconde Guerre mondiale. Avec 800 milliards de dollars de subventions, Washington tente d'attirer aux États-Unis les investissements dans les technologies stratégiques.

Bien qu'il y ait certaines différences dans leur approche, Trump et Biden avancent dans la même direction. Et cette direction est celle d'une nouvelle guerre froide. En effet, les États-Unis tentent également de convaincre leurs alliés de réduire leurs échanges avec la Chine.

La pensée en bloc de la guerre froide est de retour : au siècle dernier, il y avait le bloc des États-Unis contre le bloc de l'Union soviétique. Aujourd'hui, Washington voudrait à nouveau former un tel bloc contre la Chine. Cette stratégie n'est pas innocente, car la guerre commerciale des États-Unis et leur constitution d'un bloc contre la Chine comportent un risque d'escalade militaire. Dans ce cas, une troisième guerre mondiale ne serait pas loin.

Les États-Unis rendent le génocide à Gaza possible

Dans un contexte où les États-Unis se battent pour préserver leur empire, les différents courants politiques se rapprochent également sur d'autres questions internationales. On dit souvent de Trump qu'il est « pro-russe », mais en réalité, démocrates et républicains souhaitent à peu près la même chose : que l'Europe n'achète pas de gaz naturel russe mais étasunien, et que les pays européens de l'OTAN augmentent leurs dépenses militaires pour contenir la Russie, laissant les États-Unis libres de se concentrer sur la Chine.

Un autre exemple de cette focalisation stratégique sur la Chine est le retrait d'Afghanistan, négocié par Trump et mis en œuvre par Biden.

Même au Moyen-Orient, les différences ne l'emportent pas sur les similitudes. Donald Trump se présente comme le « meilleur ami d'Israël » et est proche depuis des années du Premier ministre israélien d'extrême droite Benjamin Netanyahu, qui est actuellement responsable de la guerre à Gaza et au Liban. En tant que président, Trump a clairement indiqué qu'il rejetait le droit des Palestiniens à un État lorsqu'il a déplacé l'ambassade des États-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. En vertu du droit international, cette ville est la capitale des territoires palestiniens et est illégalement occupée par Israël.

En outre, Trump a donné le coup d'envoi des « accords d'Abraham », une série de réconciliations diplomatiques entre Israël et les pays arabes et nord-africains. Leur objectif stratégique est de mettre en place une coalition régionale contre l'Iran, dirigée par Israël. Sous Biden, de nouveaux accords d'Abraham ont été conclus, bien que son administration ne parle pas bruyamment de guerre contre l'Iran comme le fait Trump.

Les démocrates continuent de soutenir le droit des Palestiniens à disposer d'un État dans leurs paroles, mais leurs actions disent le contraire. L'administration Biden n'a rien fait au cours de l'année écoulée pour mettre un terme à la guerre d'Israël et au potentiel génocide à Gaza, alors que Washington dispose de nombreux moyens pour maintenir Tel-Aviv dans le droit chemin s'il le souhaite. Pire encore, la guerre serait même impossible sans le soutien actif des États-Unis.

Depuis le 7 octobre 2023, les États-Unis envoient chaque mois des armes et des munitions à Israël, pour un total de plus de 50 milliards de dollars. Le dernier programme d'aide comprenant des avions de combat et des bombes a été approuvé par le gouvernement étasunien le 14 août. Aucun président n'a jamais apporté autant de soutien militaire à Israël que Joe Biden. Au cours de la convention nationale des démocrates3, Kamala Harris a rappelé qu'elle soutiendra toujours Israël.

Une situation complexe pour la gauche étasunienne

Pour de nombreux jeunes Étasuniens actifs dans le mouvement de protestation contre la guerre à Gaza, cela a été le facteur décisif pour se détourner de l'ensemble du système bipartisan. Les tentatives visant à faire pression sur les démocrates pour qu'ils imposent un embargo sur les armes à Israël et se prononcent en faveur d'un cessez-le-feu se sont heurtées à un mur. Kamala Harris s'est moquée des militants qui ont interrompu son discours et a refusé qu'un Palestinien prenne la parole lors de la convention nationale du parti démocrate, alors qu'un Israélien a pu s'exprimer.

Le mouvement pro-palestinien appelle donc à ne voter ni pour Trump ni pour Harris. Tout comme le mouvement contre la guerre au Vietnam des années 1960 avait également boycotté les élections parce que les deux partis étaient favorables à la poursuite de la guerre.

De nombreux syndicats, dont l'United Auto Workers (UAW), critiquent également les politiques de Biden et Harris et soutiennent l'appel à un cessez-le-feu à Gaza.

Pourtant, Shawn Fain, dirigeant de l'UAW, a exprimé son soutien à Harris lors de la convention nationale du parti démocrate. Pour lui, l'attitude à l'égard des syndicats est déterminante. Dans son discours, Fain a souligné que Joe Biden avait été le premier président à se rendre sur un piquet de grève, et a qualifié Trump de « briseur de grève » pour avoir refusé de soutenir une grève importante chez General Motors dans l'Ohio en 2019.

Shawn Fain n'est certainement pas d'accord avec tout ce que font les démocrates, mais en ce qui concerne les droits syndicaux, les mandats de Trump et de Biden ont été comme le jour et la nuit.

Par exemple, le chef du Conseil national du travail nommé par Donald Trump a interdit aux syndicats de s'organiser dans les universités privées. La personne que Joe Biden a nommée à sa place a annulé cette interdiction. Cela a permis à l'UAW de créer un syndicat pour les doctorants de la prestigieuse université CalTech en Californie.

Ce n'est que lorsque la classe ouvrière a la liberté de s'organiser qu'elle peut riposter. C'est pourquoi la plupart des syndicalistes de gauche appellent à voter contre Donald Trump afin qu'il soit encore possible de poursuivre la lutte sous Kamala Harris.

Une partie de la gauche, quant à elle, tente de sortir de l'impasse du système bipartisan. Par exemple, Jill Stein, candidate du parti écologiste, tente d'attirer les électeurs démocrates qui veulent protester contre le soutien à Israël ou contre le fait que Biden a permis de pomper plus de combustibles fossiles que n'importe quel autre président.

Le philosophe socialiste et antiraciste Cornel West se profile également comme candidat indépendant.

Claudia de la Cruz est candidate pour le Party for Socialism and Liberation (PSL), un parti de gauche anticapitaliste qui souhaite profiter de l'élection présidentielle pour diffuser son message auprès d'un public plus large.

De son côté, un autre parti de gauche, le Democratic Socialists of America (DSA), a décidé de ne pas participer lui-même, mais aussi de ne pas soutenir Kamala Harris. Ils se concentrent principalement sur les élections parlementaires, où ils tentent de faire élire des candidats de gauche par le biais des listes électorales des démocrates.

L'Europe a besoin d'une trajectoire indépendante

Pour la classe travailleuse étasunienne, Trump représente une menace plus grande que Harris. Pour les Palestiniens de Gaza, il n'y a guère de différence. Mais quels sont les enjeux pour nous en Europe ? Une victoire de Trump accélérerait la guerre froide avec la Chine et ferait le jeu des forces d'extrême droite en Europe, de Viktor Orbán en Hongrie à Giorgia Meloni en Italie, en passant par Tom Van Grieken en Belgique. Mais une victoire de Harris ne serait pas non plus favorable à la paix et à l'économie européenne, avec des politiques à l'égard de la Chine similaires à celles des républicains.

Trump ou Harris au pouvoir, si l'Europe laisse les États-Unis l'entraîner dans une guerre froide contre la Chine, les conséquences seront dramatiques.

En 2023, la valeur totale des échanges de marchandises entre la Chine et l'Union européenne s'élevait à près de 740 milliards d'euros. Participer à une guerre commerciale contre la Chine équivaut donc à un suicide économique pour l'UE.

En particulier pour l'Allemagne, moteur de l'économie européenne dont dépend également une grande partie de l'économie belge. Pendant des années, la croissance économique allemande a reposé sur deux piliers : l'importation d'énergie bon marché en provenance de Russie et l'exportation de produits industriels vers la Chine. Sous la pression des États-Unis, l'Union européenne a déjà imposé un embargo sur l'énergie russe en guise de « sanction » pour l'invasion de l'Ukraine (une sanction qui affecte davantage l'UE que la Russie). Le président Biden a ensuite conclu un accord avec l'UE pour remplacer le gaz naturel russe bon marché par du gaz de schiste étasunien beaucoup plus cher et polluant.

L'augmentation des coûts de l'énergie dans l'industrie menace de faire entrer l'Allemagne et la Belgique en récession. Si les usines européennes ne peuvent plus exporter autant de produits vers la Chine, l'économie allemande, et donc européenne, s'effondrera complètement.

En outre, les États-Unis ciblent l'industrie européenne. Le « Inflation Reduction Act » de Joe Biden rend encore plus attrayantes les activités des multinationales européennes de l'autre côté de l'Atlantique. Des entreprises comme Volkswagen, Tesla et ArcelorMittal menacent d'annuler des investissements prévus en Europe parce que les États-Unis accordent des dizaines de milliards de dollars de subventions. Si nous en arrivons là, des milliers d'emplois bien rémunérés nous échapperont.

Trump veut encore en rajouter : il veut introduire une taxe à l'importation de 10 % sur les produits provenant du monde entier, y compris de l'Europe. Après la Chine, les États-Unis sont le principal pays importateur des biens produits en Allemagne et dans d'autres pays de l'UE. Une telle taxe à l'importation inciterait donc encore plus d'entreprises à délocaliser leur production de l'autre côté de l'océan.

Dans ce contexte économique, les États-Unis exigent également que les pays européens membres de l'OTAN augmentent fortement leurs dépenses militaires. D'abord à au moins 2 % du PIB, puis certainement plus.

Là encore, Trump et Harris sont d'accord. Ils veulent que l'Europe soit en mesure de reprendre les livraisons d'armes à l'Ukraine et, de manière générale, de « dissuader » la Russie elle-même afin que l'armée étasunienne puisse se préparer à une éventuelle guerre avec la Chine.

Pour la Belgique, la norme de 2 % représente une augmentation annuelle d'au moins 5 milliards d'euros.

Dans le même temps, l'Union européenne a encore ressorti ses règles budgétaires strictes. Pour la Commission européenne, la Belgique doit économiser 27 milliards, et en même temps, notre pays devrait injecter 5 milliards supplémentaires dans la défense. L'establishment européen tentera de répercuter le coût sur la classe travailleuse sous la forme d'austérité, d'une augmentation des impôts et d'une baisse des salaires. Ainsi, la lutte pour notre pouvoir d'achat et nos droits sociaux est liée à la lutte pour une politique européenne autonome dans tous les domaines (commerce, énergie, défense...), indépendante des États-Unis d'Amérique.

Notes

1 Le libre-échange est un commerce réciproque avec le moins de tarifs douaniers ou d'autres restrictions possible. L'inverse du libre-échange est le protectionnisme. Les subventions publiques nationales à l'industrie sont également considérées comme une distorsion du libre-échange et donc des politiques protectionnistes. Dans la pratique, la plupart des superpuissances combinent libre-échange et protectionnisme, en fonction de la situation.

2 La mondialisation est le processus d'ouverture de tous les marchés nationaux au commerce international, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus qu'un seul marché mondial.

3 Les démocrates et les républicains organisent tous deux une convention nationale au cours de l'été précédant chaque élection présidentielle afin de désigner officiellement un candidat à la présidence. Dans la pratique, le candidat est alors généralement déjà établi et présente son programme lors de la convention. Les conventions sont avant tout de grands spectacles électoraux, avec des dizaines de discours destinés à enflammer l'électorat.

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Le Canada, son histoire coloniale et le Moyen-Orient

8 octobre 2024, par Manuel Tapial — , ,
En ces temps difficiles, ma mémoire me replace inévitablement à Madrid un 11 mars 2004. À cette époque, j'ai été témoin de l'attentat le plus sanglant que mon pays natal ait (…)

En ces temps difficiles, ma mémoire me replace inévitablement à Madrid un 11 mars 2004. À cette époque, j'ai été témoin de l'attentat le plus sanglant que mon pays natal ait connu en démocratie. Cent quatre-vingt-treize personnes ont perdu la vie et deux mille cinquante ont été blessées à des degrés divers.

L'Espagne, alors gouvernée par José María Aznar, leader du Parti populaire, avait décidé de participer à la guerre et à l'occupation de l'Irak aux côtés de George Bush et de Tony Blair. Des millions de personnes manifestaient dans le monde entier contre la guerre et contre l'occupation d'un pays qui, situé à des milliers de kilomètres de notre réalité quotidienne, était devenu du jour au lendemain aux yeux des médias de communication une base de production d'armes de destruction massive qui mettrait en danger toute la population mondiale.

Cette guerre a mené à des attaques à Madrid, Londres, Paris et dans d'autres villes européennes. Et ceux et celles d'entre nous qui ont compris que cette guerre n'était pas notre guerre mais celle de ceux qui voulaient voler le pétrole irakien, ont subi la colère de ceux qui cherchaient à se venger. Dans ces moments-là, nous étions contre la guerre. Nous étions solidaires avec le peuple irakien et avec nos victimes.

Les jours suivants, des élections générales ont eu lieu et le gouvernement du parti populaire perdait ses élections en faveur du gouvernement socialiste qui, dès son arrivée au pouvoir, retira les troupes espagnoles d'Irak.

Nous venons de célébrer au Canada la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Cette journée est l'occasion de rendre hommage aux enfants qui n'ont jamais pu retourner chez eux et aux survivant.es des pensionnats ainsi qu'à leurs familles et leurs communautés. Une journée qui reconnait in fine une période de conquête, de pillage, de domination culturelle et de génocide.

Face à cette reconnaissance des crimes passés, une autre s'impose à nous, du moins son absence. Nous vivons actuellement un autre génocide en Palestine qui est retransmis en direct sur nos écrans. Le parti pris, l'incompréhensible justification et soutien aux actions d'Israël, la désinformation servie aux citoyen.nes sur la légalité internationale et les différentes conventions que l'État d'Israël a violées dans son offensive contre les Palestiniens de Gaza et maintenant au Liban, ont laissé orphelin.es celles et ceux qui auraient espéré se voir refléter dans les actualités. Des canadien.nes d'origines diverses souffrent pour leurs familles et ami.es dans cette partie du monde.

Il est difficile de vivre dans ce pays contradictoire qui, d'une part, reconnaît ses mauvaises actions passées et qui, de l'autre, permet et tolère, quand il n'encourage pas avec ce fallacieux prétexte qu'Israël a le droit de se défendre, des crimes similaires à ceux que les Français et Les Anglo-Saxons ont perpétré contre les premières nations de ce pays.

Il est douloureux de voir comment des amis continuent de vivre depuis des décennies dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban, dans l'espoir de retourner un jour dans leur terre d'origine. De bonnes personnes, dévouées aux autres et qui accomplissent un énorme travail humanitaire avec des ressources minimes pour assurer une couverture à celles et ceux qui n'ont rien. Il est intolérable d'un point de vue humain de constater la passivité nourrie par les médias et la classe politique, qui vit de la délégation citoyenne, face à ce qui se passe au Moyen-Orient.

La déshumanisation des sociétés arabes est inconcevable si l'on recherche véritablement un monde de paix fondé sur des normes mondiales et des relations justes. Gober les récits de ceux qui justifient le droit d'Israël à se défendre, revient à légitimer la destruction de Gaza et la mort de milliers de civils palestiniens et maintenant libanais. L'accepter signifie que n'importe lequel d'entre nous, simples mortels d'une époque turbulente, peut être sacrifié, à tout moment et pour des intérêts géopolitiques, comme l'étaient les premières nations du Canada à leur époque quand les colons ont décidé de leur avenir sur des terres qu'elles n'ont jamais cédées.

Si nous, au Canada, savons que ce qui a été fait aux Premières Nations est un chapitre très sombre de notre histoire, pourquoi le gouvernement canadien et le gouvernement du Québec appuient-ils inconditionnellement la colonisation de la Palestine et l'extermination de ses Premières Nations ?

L'éthique et l'humanité politique, lorsqu'elles se perdent, engendrent des monstres. Ceux de notre temps, mus par différents motifs, ont des noms et des prénoms, mais ils n'existent pas seuls. Ils ne pourraient pas sévir sans la complaisance de ceux qui leur offrent une couverture politique, économique et médiatique.

Aujourd'hui, la guerre au Moyen-Orient est plus que jamais imminente. Chaque personne devra à présent faire son examen de conscience : qu'avons-nous fait, de quel côté étions-nous, qu'est-ce qui a été fait en notre nom à des familles inconnues et qui, à l'instar des nôtres, sont composées de pères, de mères, de filles et de frères.

Donner un coup de pied dans la fourmilière sous prétexte de rendre le monde plus sûr est une illusion à laquelle personne ne peut croire. Les gouvernements disposent d'outils pour garantir la paix. Ne pas les utiliser, c'est laisser passer l'impunité et ouvrir ainsi un espace pour que celles et ceux qui vivent dans le désespoir et à qui on a tout enlevé, y compris leur droit de se voir reflétés de manière juste et humaine dans les médias, trouvent d'autres manières de nous faire comprendre qu'eux aussi ont droit à la vie et à la reconnaissance.

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Le programme PAFI, vous connaissez ? PAFI pour programme d'aide financière à l'investissement.

La voix et le nom de la Palestine : une cause des femmes cubaines

8 octobre 2024, par Aime Sosa Pompa, Susan Abulhawa — , ,
La Palestine est une femme, elle est une mère et elle est encore terre. Trois raisons pour lesquelles les Cubaines résistent de manière soutenue. Honneur, sacrifice et nation (…)

La Palestine est une femme, elle est une mère et elle est encore terre. Trois raisons pour lesquelles les Cubaines résistent de manière soutenue. Honneur, sacrifice et nation sont trois piliers que nous soutenons ensemble chaque jour, tout en défendant nos patries contre toute tentative d'oppression et de domination.

Tiré de Boletin las Americas
https://mmmboletinlasamericas.weebly.com/fr-cuba-oct-2024.html
Por Aime Sosa Pompa

Palestine des yeux et des tatouages ;
Palestine de nom ;
Palestine de rêves et de peines ;
Palestine des pieds ; du corps et du mouchoir ;
Palestine en paroles et en silence ;
Palestine de voix ;
Palestine de mort et de naissance.
Amoureuse de la Palestine
" Mahmoud Darwish.

La Palestine est une femme, elle est une mère et elle est encore terre. Trois raisons pour lesquelles les Cubaines résistent de manière soutenue. Honneur, sacrifice et nation sont trois piliers que nous soutenons ensemble chaque jour, tout en défendant nos patries contre toute tentative d'oppression et de domination.

​Le 30 mars, Journée de la terre palestinienne, la Fédération des femmes cubaines (FMC) a fait entendre sa voix encore plus fort, multipliée dans notre fédération : Femmes, jeunes, adolescents et filles de cet archipel pour continuer à dénoncer le génocide que le gouvernement sioniste d'Israël exécute impunément.

Depuis des décennies, notre organisation a levé les bras en soutien et solidarité avec la cause palestinienne, pour les femmes qui ont subi pendant 76 ans incessantes attaques, bombardements, perquisitions et persécutions.

La destruction de logements et le manque d'eau ou d'électricité sont en train de se produire, ainsi que des abus sexuels et des délits qui sont partagés sur les réseaux sociaux. Ces actions constituent de graves violations du droit international humanitaire. C'est pourquoi nous ne sommes pas indifférents et ne le serons pas.

Les assemblées précédant le XIe Congrès ont été des journées pour les messages pour l'espoir d'une Palestine libre. Le conclave de l'organisation qui regroupe environ quatre millions de femmes fédérées dans la plus grande des Antilles a été une autre occasion où une déclaration de solidarité avec la cause a été publiée.

Au cours de la clôture, le message vidéo de la dirigeante historique Leila Khaled, l'une des premières à s'être jointe à la lutte armée contre l'occupation, a été émouvant. Récemment, lors de la VIIème Rencontre de Psychodrame Féministe, Cuba 2024, du Réseau Sud Amérique Latine et les Caraïbes, ont échangé sur le sujet Teresa Amarelle Boué, secrétaire générale de la FMC, Dr. Akram Mohamed Samhan, ambassadeur de l'État de Palestine, Úrsula Hauser et Maja Hess, Des psychodramaturges qui ont travaillé en Palestine pendant 20 ans, aux côtés d'étudiants de ce pays et de représentants d'autres institutions nationales et étrangères.

La FMC a signé l'appel "Appui aux femmes palestiniennes et contre le génocide" qui a été remis au Coordonnateur résident des Nations Unies à Cuba, M. Francisco Pichón.
La fédération cubaine fait partie des 340 organisations de plus de 40 pays du monde entier qui demandent par ce message au Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, qu'on arrête l'extermination qui porte dans sa grande majorité des visages et des vêtements ensanglantés de femmes à côté des rêves brisés d'enfants innocents.
Depuis 1947, la lettre et l'esprit de la Charte des Nations Unies sont violés, de plus en plus d'êtres humains meurent dans les décombres. En ce moment même, des femmes et des enfants sont tués, blessés et déplacés de leurs foyers en Palestine. Il s'agit d'une répression brutale qui n'a aucune justification. Les images sont déchirantes, comme beaucoup de gens ont pu les percevoir avec des spasmes incontrôlables et des pleurs devant l'horreur de la réalité virtuelle sur le stand de la chaîne panarabe Al Mayadeen pendant le III Colloque International de communication politique Patria.
C'est ainsi que la journaliste américaine d'origine palestinienne Susan Abulhawa décrit ses derniers jours dans la région :

« Je pensais avoir compris la situation sur le terrain. Mais je me trompais. Rien ne peut vraiment vous préparer à cette dystopie. Ce qui parvient au reste du monde n'est qu'une fraction de ce que j'ai vu jusqu'à présent, qui n'est qu'une fraction de la totalité de cette horreur. Gaza est un enfer, un enfer rempli d'innocents qui luttent pour respirer. Mais même l'air est brûlant. Chaque respiration râpe et colle à la gorge et aux poumons. Ce qui était autrefois vivant, coloré, plein de beauté, de potentiel et d'espoir, contre toute attente, est aujourd'hui recouvert de misère et de boue grise. Les journalistes et les politiciens parlent de guerre. Les personnes informées et honnêtes parlent de génocide. Ce que je vois, c'est un holocauste ».

Face à ces cruelles attaques contre les civils et à la culpabilité des puissances impérialistes et de leurs complices, un groupe de femmes cubaines a créé le mouvement Juntas Por Palestina (Ensemble pour la Palestine).

En guise d'action de solidarité, elles ont décidé de se débarrasser de leurs cheveux, de les raser et de publier des vidéos pour condamner le pillage de toutes ces vies avec une affirmation forte et réelle : « les cheveux poussent, un garçon ou une fille assassinée(e) ne pousse pas ».

Ainsi, 76 femmes au total, une pour chaque année d'occupation, ont rendu hommage à tous ceux qui résistent ou qui ont souffert dans leur corps et leur territoire.
D'autres militants du Mexique, du Brésil, de l'Argentine, du Paraguay, de Porto Rico, du Venezuela, de Belgique, du Royaume-Uni et d'autres pays se sont joints à l'appel.
« Vous vous sentez petites parce que vous êtes incapables de faire quoi que ce soit de concret pour soulager les besoins et les pertes catastrophiques, et parce que vous réalisez qu'ils sont meilleurs que vous, parce qu'ils restent généreux et hospitaliers dans un monde qui a été si peu généreux et inhospitalier pour eux pendant si longtemps.
Lors des marches organisées dans tout le pays, en particulier celle du 2 mars, les fédérations ont réclamé, avec le peuple cubain, la liberté pour la Palestine au moyen de foulards, de banderoles et d'autres initiatives.
Cuba a été inondée de tous les actes de solidarité avec le peuple palestinien frère. Parce qu'il ne peut y avoir ne serait-ce qu'une minute de silence face à tant de vies anéanties en toute impunité. C'est pourquoi les femmes cubaines continueront à se rassembler dans une marche unie, comme le font des milliers de personnes dans le monde, pour condamner les bombardements, les massacres, la persécution et la privation de services vitaux pour la vie.
« Le génocide ... est l'anéantissement intentionnel. D'histoires, de souvenirs, de livres et de culture. L'anéantissement du potentiel d'une terre. L'anéantissement de l'espoir.
Nous savons que ce n'est pas une guerre. L'extermination a le visage d'une femme et de l'enfance. Des témoignages de ce type ont été partagés lors d'un échange émouvant entre Teresa Amarelle Boué et la ministre palestinienne des affaires féminines, Amal Hamad.
La secrétaire générale de la FMC a réitéré son soutien indéfectible à la cause et a condamné l'atroce génocide. Un exemplaire du livre « Vilma : une vie extraordinaire » a été remis à la ministre, qui a souligné la solidarité permanente du gouvernement et du peuple cubains.
En guise de remerciement, elle a remis au plus haut représentant de la FMC un mouchoir brodé par des mains gazaouies. Nous devons continuer à dénoncer, car aujourd'hui, depuis quelques minutes, des hélicoptères, des chars et des drones tirent des coups de feu mortels sur des civils, pour la plupart des enfants et des femmes.
« Personne ne peut penser à ce qui se passera après un cessez-le-feu, personne ne peut avoir d'espoir. Tout ce qu'ils peuvent espérer pour l'instant, c'est que les bombes cessent de tomber. C'est une exigence minimale. La reconnaissance minimale de l'humanité palestinienne
».

Au moment où ces lignes sont écrites, le Washington Post confirme le transfert de bombes et de 25 avions de chasse et de leurs moteurs à « Israël » pour une valeur de plusieurs milliards de dollars, plus de 1 800 bombes MK 84 pesant 2 000 livres et 500 bombes MK 82 pesant 500 livres, rapporte le réseau Al Mayadeen sur sa chaîne Telegram.

Si les hommes d'État veulent des chiffres : plus de 40 000 morts, plus de 95 000 blessés, et 70 % des tués sont des femmes et des enfants. Mais ce ne sont pas des chiffres, ce sont des horreurs et de l'indignation. Si vous voulez une preuve supplémentaire de l'immobilisme d'un monde soi-disant civilisé, souvenons-nous de la photo montrant deux corps : celui d'une mère palestinienne qui est morte en embrassant sa petite fille lorsque les missiles des avions de guerre sionistes sont tombés sur sa maison dans la ville de Gaza.
C'est ainsi que meurent les familles, enlaçant leurs enfants pour tenter de les sauver d'une barbarie que seuls les courageux révèlent et que les lâches taisent.

« Mais l'histoire ne mentira pas. L'histoire retiendra qu'Israël a perpétré un holocauste au XXIe siècle ».

Extraits de l'article « L'histoire retiendra qu'Israël a commis un génocide » écrit par l'écrivaine et activiste Susan Abulhawa lors de sa visite à Gaza en février et début mars, traduit pour Rebelión par Paco Muñoz de Bustillo,

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Non à la marchandisation des opérations chirurgicales !

8 octobre 2024, par Geneviève Lamarche, Sophie Verdon — , , ,
Nous avons appris avec stupeur la volonté du ministre Dubé d'offrir une vingtaine d'opérations additionnelles aux centres médicaux spécialisés privés. Elles viendraient (…)

Nous avons appris avec stupeur la volonté du ministre Dubé d'offrir une vingtaine d'opérations additionnelles aux centres médicaux spécialisés privés. Elles viendraient s'ajouter à celles de la cataracte, du genou et de la hanche.

Incapable de résorber les listes d'attente, le gouvernement tente de faire bonne figure en présentant le recours aux cliniques privées comme un complément aux services de notre réseau public. Or, c'est plutôt une infection qui s'insinue et ronge peu à peu les organes d'un réseau public qui faisait jadis notre fierté.

À la Coalition solidarité santé, nous sommes très inquiets de la trajectoire empruntée par le gouvernement ces dernières années. Le bassin de main-d'œuvre en santé et services sociaux est limité, et le secteur privé fonctionne comme un vase communicant avec le secteur public : on déshabille Paul pour habiller Jacques. Cette dynamique accentue la pénurie de personnel qui affecte directement la qualité et l'accessibilité des soins pour la population.

La privatisation contribue également à la déstructuration du réseau. En effet, le ministre permet aux centres médicaux spécialisés de sélectionner uniquement les cas les plus rentables, opérés durant les plages horaires de jour, laissant les interventions plus complexes ou à risque de complications au secteur public. Ce cercle vicieux entraîne une aggravation de la situation : plus le privé se développe, plus le personnel doit couvrir des quarts moins attractifs dans le public ; et plus l'expertise et les effectifs désertent le réseau. Le ministre se plaint alors que plusieurs opérations ne puissent être réalisées dans le réseau public faute de personnel.

Des opérations ‘'gratuites'' qui coûtent cher

Le ministre ne cesse de répéter sur toutes les tribunes que les soins offerts dans les centres privés seront ‘'gratuits''. C'est faux ! S'il reconnaît déjà que le recours aux agences de personnel privé est plus coûteux, pourquoi entretient-il soigneusement l'opacité sur le coût des chirurgies pratiquées dans ces cliniques spécialisées ? La facture sera beaucoup plus salée et elle devra être assumée par les impôts des contribuables.

L'exemple de la Colombie-Britannique devrait pourtant nous servir de mise en garde. Après avoir constaté à quel point les procédures au privé étaient plus chères, cette province a dû commencer à racheter certaines installations privées pour limiter les dégâts financiers. Pourquoi ne pas tirer dès maintenant les leçons de ce qui a été fait ailleurs, au lieu de plonger tête baissée dans la même impasse ?

Si le gouvernement a les moyens de verser ces sommes au privé, pourquoi ne pas plutôt les investir dans la modernisation et l'optimisation de notre réseau public ? Pourquoi choisir de favoriser la marchandisation des soins et services offerts à la population ? Pourquoi n'adopte-t-il pas plutôt une approche préventive, notamment en agissant sur les déterminants sociaux de la santé, au lieu de se concentrer sur une approche purement curative et donc plus onéreuse ?

Pourquoi persiste-t-il à centraliser et à éloigner toujours plus le citoyen de la prise de décision en transférant leur pouvoir à une poignée de gestionnaires, souvent issus du secteur privé ? Et pourquoi démanteler notre modèle universel, qui garantissait à tous un accès égal aux soins, pour le remplacer subrepticement par un système calqué sur le modèle américain ? Ce dernier, controversé et inéquitable, fait dépendre le droit à la santé de la capacité de payer — une dérive coûteuse qui trahit les valeurs mêmes d'équité et de justice sociale qui devaient animer notre système.

Ce sont des questions fondamentales que nous devons nous poser collectivement si nous souhaitons restaurer l'accès à un réseau réellement public, universel et équitable.

Sophie Verdon et Geneviève Lamarche
Co-coordonnatrices de la Coalition solidarité santé

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Nous voulons que le Québec se dote d’un système d’éducation équitable

8 octobre 2024, par École ensemble — , , ,
Il est temps de mettre fin à la ségrégation scolaire causée par les réseaux privé subventionné et public sélectif. Retrouvez ici nos principaux constats sur le « modèle » (…)

Il est temps de mettre fin à la ségrégation scolaire causée par les réseaux privé subventionné et public sélectif. Retrouvez ici nos principaux constats sur le « modèle » québécois et ses conséquences, de même que les principes qui nous permettront collectivement de faire enfin école ensemble.

tiré du site L'école ensemble | https://www.ecoleensemble.com/notre_cause

L'école québécoise est injuste

Soumises à un marché scolaire, les écoles se battent entre elles pour obtenir les élèves les plus payants. Payants au sens où leurs parents doivent pouvoir payer des frais élevés. Mais payants aussi en ce qui concerne les résultats : trier ses élèves pour ne garder que les plus forts permet aux écoles de bien paraître dans les palmarès…

Il faut comprendre que ce sont les écoles sélectives qui choisissent leurs clients et non l'inverse !

Ces écoles sont toutes financées par les contribuables ! Les mettre en concurrence est absurde. L'intérêt des enfants et leur éducation sont secondaires dans le modèle québécois actuel.

La sélection est cruelle pour les élèves et stressante pour les parents.

Les conséquences de cette situation indigne d'une société démocratique devraient tous nous interpeller.

Un modèle ?

Il faut rappeler sans complaisance les principales caractéristiques du « modèle » québécois en éducation :

Les écoles « privées » sont subventionnées par l'État. Un élève du privé reçoit en fonds publics 75 % du montant que reçoit un élève équivalent du réseau public.

La part de marché du réseau privé subventionné augmente. De 5 % en 1970, elle est aujourd'hui de 21 % au secondaire. Elle atteint même 39 % à Montréal et 42 % à Québec.

Les autorités ont répondu à l'écrémage des écoles publiques par le privé en créant un réseau public sélectif doté lui aussi du droit de sélectionner sa clientèle : le nombre d'élèves admis au public sélectif est estimé au secondaire à au moins 20 %.

En parallèle, l'école publique ordinaire voit sa tâche alourdie : elle compose avec une surreprésentation d'élèves défavorisés et en difficulté.

Cette nouvelle composition de la classe ordinaire, de plus en plus écrémée, renforce l'attrait du privé subventionné et du public sélectif, et agit à la baisse sur les résultats scolaires, la persévérance scolaire et la cohésion sociale.

Des conséquences néfastes pour les élèves et la société

Il en résulte un système d'éducation inefficace et inéquitable, le plus inégalitaire au pays. Décrochage scolaire (plus haut taux au pays), décrochage enseignant (un quart des enseignants quittent la profession durant leurs cinq premières années sur le marché du travail), alphabétisation insuffisante (53 % des 16-65 ans ont des compétences faibles ou insuffisantes en littératie) et perpétuation des inégalités résultent du système d'éducation que les Québécois se sont donné.

Ce n'est pas pour rien que l'ONU a demandé formellement en 2020 au gouvernement du Québec de lui préciser quelles étaient « les mesures prises pour assurer l'égalité d'accès à l'éducation dans le cadre du système scolaire à trois niveaux au Québec, indépendamment de la situation économique des parents ». L'UNESCO a aussi pointé le Québec du doigt dans son rapport sur l'école privée de décembre 2021.

Depuis la publication en 2016 du rapport phare Remettre le cap sur l'équité du Conseil supérieur de l'éducation, il n'est plus possible d'ignorer que le système d'éducation du Québec foule aux pieds le principe d'égalité des chances.

Solutions

Rendre équitable un système déséquilibré par plus d'un demi-siècle de concurrence scolaire est un défi de taille.

À ce défi, nous répondons avec le Plan pour un réseau scolaire commun.

C'est un plan pragmatique, ambitieux et innovant. Prenez-en connaissance ici.

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Les étincelles de rébellion et d’espérance de Droit de Parole

8 octobre 2024, par Pierre Mouterde — , ,
Ce n'est pas rien... 50 ans de vie pour un journal qui se dédie aux luttes urbaines et populaires des quartiers centraux de la ville de Québec ! Avec l'aimable autorisation (…)

Ce n'est pas rien... 50 ans de vie pour un journal qui se dédie aux luttes urbaines et populaires des quartiers centraux de la ville de Québec !

Avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Surtout si on relie ces 5 décennies passées au contexte social et politique d'aujourd'hui où la rumeur des grands médias officiels, alliée à celle bavarde et fragmentée des médias sociaux, ont peu ou prou transformé le traditionnel 4-ième pouvoir des médias1 en un pouvoir largement sous influence.

Comment dans ce contexte médiatiquement si asphyxiant, ne pas trouver quelque chose de prometteur et d'encourageant, à cette présence obstinée du journal Droit de parole sur la scène médiatique de la Capitale nationale ?

Après tout, il ne s'agit que d'un journal militant d'information locale tiré sur papier à quelque milliers d'exemplaires, rappelant avec le peu de moyens dont il dispose les préoccupations de « la société civile d'en bas » ainsi que ses aspirations à « un autre monde possible ». Car ce que Droit de parole a toujours cherché à faire, c'est de rendre compte des exaspérations et préoccupations de ceux et celles qu'on oublie trop souvent, tout comme des raisons de fond –économiques, environnementales et culturelles— qui les mobilisent et les font vouloir se faire entendre coûte que coûte.

C'est là une bataille toujours à recommencer entre le petit David armé de sa seule fronde de journaliste artisan, et le géant Goliath bombant le torse et paradant sous l'armure de ses algorithmes tout puissants ?

L'élan subversif des années 1970 ?

Il faut dire que Droit de parole est né dans une époque faste pour les luttes sociales et politiques, celle des années 1970, dont il a sans doute gardé une partie de l'élan subversif.

C'était une époque dont nous sommes loin aujourd'hui et qui emportait avec elle d'intenses volontés de changement collectives, elles-mêmes marquées par une audace et un optimisme tels que tout paraissait possible, jusqu'à l'idée de faire naître un pays, le pays du Québec.

C'était une époque où les groupes de citoyens étaient particulièrement actifs et entreprenants et où surtout il existait au Québec un projet collectif à travers lequel les luttes les plus locales prenaient un sens et pouvaient s'inscrire dans la durée.

Droit de parole était d'abord l'instrument médiatique, l'organe de presse des groupes communautaires ou comités de citoyens en lutte. Il était donc très directement leur porte-voix, l'expression même de leurs combats : une sorte de mini quatrième pouvoir plus militant, dénonciateur et critique que celui de ses porte-parole officiels ; susceptible donc de contrebalancer les énormes pressions qu'il subissait déjà.

C'est là que s'est forgé le projet de fond de Droit de parole : faire contrepoids au pouvoir des puissants ; faire entendre la voix des sans voix ; et surtout ne pas craindre de le faire, à l'encontre des diktats des différentes administrations municipales, si souvent soumises aux intérêts des grands lobbies économiques et financiers de la ville.

Droit de parole a donc développé un ton militant et souvent iconoclaste, une liberté éditoriale critique et alternative qu'il n'a jamais perdue et qui fait son originalité. Et cela, malgré toutes les obstacles qu'il a pu rencontrer en chemin : la peine récurrente à trouver et former une relève en termes de rédacteurs ou de journalistes, ou encore la difficulté à assurer des revenus financiers suffisants, à permettre des parutions régulières, à rester au coeur de l'actualité militante tout en faisant connaître plus largement son message.

Un authentique et puissant cinquième pouvoir ?

Contre vents et marées, Droit de parole a tenu le coup, ne cessant de raviver dans le ciel de Québec ses étincelles de rébellion et d'espérance. Voilà ce qui reste prometteur et nous pousse à imaginer quelques-uns des objectifs qu'il pourrait se donner pour les 50 prochaines années.

Car à l'heure des GAFAM, de la montée du populisme de droite et des périls écologiques, il n'est pas interdit de rêver à ce dont on aurait besoin aujourd'hui en termes d'information locale ou régionale à Québec ?

Oui, pourquoi ne pas imaginer –en cherchant à disposer de plus de moyens et à cibler mieux son message— que Droit de parole puisse élargir son bassin de lecteurs et de lectrices, bien au-delà du cercle d'initiés et de militants convaincus ? Et pourquoi ne pas rêver qu'il puisse devenir —dans le contexte de la ville de Québec— un authentique et puissant cinquième pouvoir médiatique critique et alternatif, capable de tenir tête au discours médiatique dominant devenu si dépendant des intérêts sonnant et trébuchant de grands groupes économiques et financiers de la région ?

Et au passage, en allant à rebrousse-poils de toutes les tendances à l'oeuvre, pourquoi ne pas s'acharner à préserver un journal qui paraisse aussi en format « papier », accessible donc à ceux et celles qui, si nombreux encore, ne peuvent faire usage du web et auraient pourtant droit à disposer de moyens adaptés pour rester informé de ce qui se passe dans leur ville ?

Il en va de cette convivialité culturelle, urbaine, communautaire et citoyenne à laquelle Droit de parole s'est toujours dédié. Une autre de ses originalités !

Donner vie et force à ces idées en germe, travailler pas à pas à mettre sur pied, avec tant d'autres, ce cinquième pouvoir critique et alternatif, n'est-ce pas ce à quoi les 50 ans d'étincelles de rébellion et d'espérance de Droit de Parole ne cessent de nous convier aujourd'hui ?

Pierre Mouterde
Sociologue et essayiste
Membre du comité de rédaction de Droit de parole (2012-2017)

Note

1.On comptait en général, dans les démocraties dites libérales, 3 pouvoirs formellement indépendants les uns des autres (le pouvoir exécutif, législatif et judiciaire) auxquels on a rajouté par la suite le 4ième pouvoir de la presse ; un quatrième pouvoir devenu, notamment avec l'implantation du néolibéralisme, si inféodé aux 3 autres, qu'il faudrait imaginer aujourd'hui la constitution d'un cinquième pouvoir médiatique, susceptible d'être à la hauteur des défis contemporains et critique et alternatif en termes d'information démocratique et populaire.

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Le retour tout à fait inattendu du premier roman psychologique canadien-français

8 octobre 2024, par Félicité Angers — , ,
EN LIBRAIRIE LE 8 OCTOBRE 2024 Entourez la date sur votre calendrier du Cercle des fermières : le 8 octobre 1882 prochain paraîtra au Remue-ménage Angélique de Montbrun, une (…)

EN LIBRAIRIE LE 8 OCTOBRE 2024

Entourez la date sur votre calendrier du Cercle des fermières : le 8 octobre 1882 prochain paraîtra au Remue-ménage Angélique de Montbrun, une version tordue et corrompue du célèbre roman de Laure Conan par Félicité Angers. En plein dans le centième anniversaire de la mort de Conan qui, nous en sommes convaincues, aurait été enchantée d'un tel hommage.

Le récit d'Angélique de Montbrun reste fidèle au roman de Conan dans ses grandes lignes – si on plisse suffisamment les yeux.

Sur une ferme en Gaspésie, Angélique coule des jours heureux en compagnie de son père, de son fiancé Maurice et de son amante Mina. Hélas, ce bonheur champêtre ne peut durer. Après la mort tragique de son père, Angélique rompt ses fiançailles, brûle la bibliothèque paternelle et donne sa vie au Christ. Elle ne se mariera pas, n'aura pas d'enfants... mais n'aura pas perdu son temps.

La démarche d'Angers est celle du sabotage : le texte original disparaît au profit de passages érotiques – tout en respectant les non-dits et le sous-texte trouble de l'œuvre originale. À la fin, le roman de Conan cède la place à une aventure rocambolesque faite de délires mystiques, de consommation de champignons magiques, de séances de BDSM dans une commune anarcho-catholique-rurale autogérée. Le tout dans la joie, la bonne humeur et de multiples plagiats éhontés que les lecteurices s'amuseront à identifier.

Et comme si ça n'était pas assez, Angélique de Montbrun est illustré par Oras Sivie qui a produit d'impressionnantes illustrations érotico-surréalistes qui accompagnent délicieusement le texte de Félicité Angers.

Inutile de dire que nous espérons que les étudiant·es qui doivent lire le roman de Conan dans le cadre de leurs cours vont tomber dans le panneau ; ça fera de chouettes travaux de session, à n'en point douter.

Oh, et vendons la mèche : derrière Félicité Angers se cache Anne Archet. Et derrière Anne Archet se cache... quelqu'un – probablement un logiciel d'intelligence artificielle générative, ou alors une centaine de chimpanzés à qui on a donné des machines à écrire.

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Moyen-Orient : un dialogue public à Montréal pour mieux comprendre les tensions

Depuis un an, Montréal observe une hausse importante des tensions liées aux agressions israéliennes à Gaza et maintenant en Cisjordanie et au Liban. Pour tenter de prévenir la (…)

Depuis un an, Montréal observe une hausse importante des tensions liées aux agressions israéliennes à Gaza et maintenant en Cisjordanie et au Liban. Pour tenter de prévenir la haine et d'ouvrir le dialogue au sein des communautés, le Réseau Outils de paix organise une série de rencontres ouvertes à toutes et tous pour échanger sur le sujet dans un lieu empathique et sécuritaire.

Tiré d'Alter Québec.

Il est 18 h lorsque la population et les panélistes se rassemblent dans une salle du Centre de loisirs de Villeray, où se tient une première « rencontre de dialogue » autour du contexte israélo-palestinien. Durant cette soirée, les participant-es pourront échanger sur leurs expertises et leurs vécus, sous la supervision d'une modératrice. Un moyen d'entamer un dialogue difficile entre les différentes personnes préoccupées par le conflit.

Ce projet novateur est à l'initiative du Réseau Outils de paix. Œuvrant pour la non-violence et l'harmonie sociale, l'organisme cherchait depuis plusieurs mois un moyen d'apaiser les tensions locales alimentées par la guerre à Gaza. La multiplication des incidents violents et la polarisation du débat depuis un an l'ont convaincu de la nécessité d'un dialogue à Montréal.

« On va s'asseoir, puis on va discuter », nous explique Élise Dagenais, coordonnatrice à Outils de paix. « L'idée c'est de créer un espace sécuritaire pour que tout le monde puisse s'exprimer ». Simple à dire, mais plus difficile à faire. Rassembler des personnes de tous horizons autour de la question israélo-palestinienne est un « terrain glissant », admet Mme Dagenais. Les invité-es et la programmation ont dû être pensés à plusieurs reprises pour éviter des débats trop tendus et pas assez constructifs.

Finalement, les trois rencontres s'articulent respectivement autour de l'antisémitisme, de l'islamophobie, et de l'engagement pour la paix. Parmi les panélistes, on retrouve des membres d'organismes communautaires, d'institutions ou de médias concernés par la question israélo-palestinienne. Une diversité qui s'exprime également dans les perspectives, les positions, et les confessions représentées, amenant inévitablement des points de discorde.

Néanmoins, ces rencontres ne sont pas destinées à être des débats géopolitiques, mais bien des discussions sur les conséquences locales de la guerre. Une dépolitisation volontaire, à la fois pour éviter les discussions enflammées et pour se concentrer sur Montréal. Par ce biais, Outils de paix souhaite « ramener un peu d'humanité » dans le débat et limiter les conséquences des différends politiques qui peuvent accroître les tensions, au lieu de favoriser les échanges.

« L'idée n'est pas non plus d'être d'accord », nuance Mme Dagenais. Le conflit et la colère font partie du dialogue, et peuvent être constructifs s'ils sont bien encadrés, selon la coordonnatrice. Durant la première rencontre, les panélistes ont régulièrement été en désaccord sur des points tels que la définition de l'antisémitisme ou les intentions des manifestations propalestiniens. Malgré tout, Mme Dagenais estime que les participant-es souhaitent « la même chose », à savoir la paix à Montréal. « Ça montre qu'il y a de l'espoir parce que même les personnes les plus campées sur leurs positions se donnent la peine de se prêter à l'exercice ».

Même si l'échelle d'intervention demeure pour le moment assez réduite, le Réseau Outils de paix entend « semer des graines » pour impacter positivement les communautés locales dans la durée.

La prochaine et dernière rencontre de dialogue aura lieu le mardi 29 octobre. https://www.facebook.com/OutilsDePaix/?locale=fr_CA#

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Aujourd’hui, ça fait un an que Gaza s’est enflammée.

8 octobre 2024, par Guillaume Cliche Rivard, Ruba Ghazal — , , ,
Je voulais prendre le temps de vous écrire avec mon collègue Guillaume Cliche-Rivard pour souligner ce tragique anniversaire. 7 octobre 2024 Un an d'attentats, de (…)

Je voulais prendre le temps de vous écrire avec mon collègue Guillaume Cliche-Rivard pour souligner ce tragique anniversaire.

7 octobre 2024

Un an d'attentats, de déplacements et de guerre qui s'étend maintenant à toute la région. Un an de témoignages, de reportages et de rappels, qu'en fait, ça fait 76 ans que ce conflit s'enfonce. Un an qui a vu se propager la reconnaissance du génocide des populations palestiniennes.

Le 7 octobre est aussi une date douloureuse en Israël. Il est impératif de condamner sans équivoque les attaques terroristes perpétrées par le Hamas, qui ont causé une douleur et une souffrance injustifiables qui persistent encore à ce jour pour de nombreuses familles sans nouvelles des otages capturés ce jour-là. Ces actes de violence contre des civils sont inacceptables. Chaque victime est une tragédie.

On aurait pu croire que l'horreur de la dernière année mobilise la communauté internationale, mais nous avons plutôt vu l'incapacité de nos gouvernements à travailler pour la paix. Car ce qui marque l'esprit, c'est la souffrance qui perdure. Celle de gens comme vous et moi, tant Palestiniens que Israéliens.

Je suis Québécoise d'origine palestinienne. On me demande souvent si j'ai encore de la famille en Palestine. Non. Je n'ai plus de famille en Palestine. Tous les membres de ma famille ont été expulsés de leurs maisons et de leurs terres en 1948. Mon père n'avait que 2 ans quand il s'est retrouvé réfugié au Liban, là où je suis née des années plus tard. La guerre qui embrase la région aujourd'hui, le génocide à Gaza, toute cette violence atroce qui dure depuis 76 ans, me rentre dedans comme un coup de poignard au ventre.

Gaza, avec sa population assiégée, continue de subir les bombardements incessants et les blocus du gouvernement Netanyahu. Chaque jour, les Palestiniens et Palestiniennes font face à la violence et à la destruction, tout en aspirant à une vie de paix et de dignité. Le constat est accablant : depuis le 7 octobre, plus de 41 000 Palestiniens et Palestiniennes à Gaza et en Cisjordanie ont perdu la vie. Sans compter la famine et les 1,4 millions de déplacés. Une véritable catastrophe humanitaire qui fera des ravages pendant des générations.

Il est essentiel de reconnaître que le conflit actuel est le résultat et la continuation brutale des politiques d'apartheid de l'État d'Israël envers les populations palestiniennes. Depuis des décennies, des politiques d'occupation, de colonisation et de ségrégation ont systématiquement nié les droits fondamentaux des Palestiniens et Palestiniennes, les privant de leurs terres, de leur dignité et de leur droit à l'autodétermination. Cette réalité historique doit être prise en compte et guider le courage, jusque-là manquant, de nos dirigeants pour mettre un terme à ce massacre.

Pierre Elliott Trudeau était du mauvais côté de l'histoire quand il refusait d'imposer des sanctions à l'Afrique du Sud lors de l'apartheid. Justin Trudeau ne doit pas s'enfoncer dans les mêmes erreurs et le Québec, comme nation pacifiste, doit mener la voie.

Comme Québécois et Québécoises, comme membres d'une nation qui valorise la paix et la dignité humaine, nous devons prendre position. La réponse à la violence ne peut être que la promotion de la paix. Le courage réside dans la volonté de travailler pour la paix, même lorsque cela est difficile. Nous devons faire entendre notre voix pour la Palestine et pour son peuple qui aspire à vivre dans la sécurité et la dignité. Dans un État indépendant.

Dans la dernière année, même lorsque j'ai été assaillie d'un douloureux sentiment d'impuissance, j'ai vu se lever le vent de la solidarité.

Joignez-vous à nous pour le faire souffler partout. Le rôle de Québec solidaire est crucial pour que la voix de la paix soit entendue au Québec et à l'Assemblée nationale. Ça commence par faire comprendre à la CAQ qu'ouvrir un bureau économique à Tel-Aviv, et ainsi faire des affaires avec un gouvernement accusé de crimes de guerre, n'aide en rien la réconciliation. Ça jette plutôt de l'huile sur le feu. Continuons à exiger des comptes aux gouvernements Trudeau et Legault qui s'entêtent à laisser aller le régime génocidaire de Netanyahu.

Ensemble, faisons entendre notre appel à la paix.

Vive la Palestine libre et indépendante !

Ruba Ghazal
Députée solidaire de Mercier

Guillaume Cliche Rivard
Député solidaire de Saint-Henri-Sainte-Anne et porte-parole en matière de solidarité internationale

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Québec Solidaire à la croisée des chemins ?

8 octobre 2024, par Jean-François Delisle — , ,
On peut se poser la question non sans inquiétude. D'un sondage à l'autre, le parti piétine entre 14% et 17% des intentions de vote depuis 2022. Il est enfermé dans un ghetto (…)

On peut se poser la question non sans inquiétude. D'un sondage à l'autre, le parti piétine entre 14% et 17% des intentions de vote depuis 2022. Il est enfermé dans un ghetto électoral de gauche, ce qui limite son audience auprès d'une majorité de l'électorat. Après avoir connu une montée prometteuse, il plafonne.

Qu'on en juge par sa trajectoire électorale. En 2007, il recueille 3.6% des voix et ne fait bien entendu élire aucun député. L'année suivante, il piétine avec 3.7% des votes mais, surprise !, il réussit à faire élire un député, Amir Khadir. En 2012, il grimpe (modestement) à 6.3% des voix mais cela permet à Françoise David de faire son entrée à l'Assemblée nationale, qui se joint donc à son collègue Khadir. En 2014, Québec solidaire demeure plus ou moins au même point avec 7.6% des voix mais augmente sa députation à trois élus.

C'est en 2018 que se produit le "grand bond en avant" : Québec solidaire rafle alors 16% des votes et gradue à dix élus. En 2022, son appui électoral baisse un peu (15.4%), mais grâce à la répartition de son vote, il hisse à la dignité parlementaire douze députés.

Mais depuis, les sondages indiquent qu'il ne parvient pas à dépasser les 20% des 'intentions de vote, la "zone payante" en termes de nombre d'élus.

Le Parti québécois, lui, suit une trajectoire inverse : en 2012, il fait élire Pauline Marois à la tête d'un gouvernement minoritaire avec 31.9% des voix et cinquante-quatre sièges. En 2014, il baisse à 25% mais conserve tout de même trente élus. En 2018, c'est l'effondrement avec 17,6% d'appuis et dix députés. Finalement en 2022, il baisse encore à 14,6% des votes et seulement trois députés.

Un sondage réalisé peu avant le déclenchement du dernier scrutin ne lui accordait que 9% d'intentions de vote. Mais le dynamisme du nouveau chef Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) lui a permis de remonter quelque peu la pente et de talonner au final Québec solidaire (14,6% pour le PQ contre 15,4% pour QS).

Depuis, les sondages ne cessent d'illustrer la remontée du parti de PSPP au détriment de son "rival" Québec solidaire, au point que le principal adversaire du Parti québécois n'est plus Québec solidaire mais la Coalition avenir Québec (QS) au pouvoir. En effet, il semble que beaucoup de caquistes, d'anciens péquistes pour la plupart (à commencer par François Legault) ont quitté la CAQ pour rejoindre les rangs du Parti québécois au leadership renouvelé et pour eux, inspirant.

Selon le sondage Léger de juin dernier, le Parti québécois recueillait 32% d'intentions de vote, la CAQ 25% et Québec solidaire seulement 14%, un résultat en dessous de celui de 2018 (16%). Si un scrutin se tenait cette semaine, la formation de PSPP le remporterait et formerait un gouvernement, majoritaire ou minoritaire, mais il se retrouverait au pouvoir. Il est vrai toutefois que le prochain rendez-vous électoral ne se produira qu'en 2026. Il peut arriver bien des choses d'ici là, dont un renversement de la relative popularité actuelle du PQ...

Que conclure de tout cela ? En fait, Québec solidaire se trouve confronté au dilemme classique de tout parti de gauche : camper sur ses principes fondateurs, radicaux, ou alors consentir à faire des compromis plus ou moins importants : diluer quelque peu son "radicalisme" afin d'élargir son audience électorale et se rapprocher du pouvoir. Il s'agit là d'un débat inévitable et souvent à recommencer au sein de ces formations qui veulent réformer en profondeur la société dans un sens progressiste. Ce sont des discussions difficiles et qui laissent fréquemment l'impression aux militants et militantes les plus motivés l'impression que la direction du parti veut trahir la cause au profit de "l'électoralisme". Qui a raison et qui a tort ?

Je hasarderais que les partisans des deux orientations ont raison chacun à leur manière. En politique, les compromis s'imposent mais la ligne de démarcation entre compromis et compromission est parfois difficile à tracer. La vigilance s'impose donc à l'endroit des membres de l'aile dite pragmatique. Par ailleurs, il ne sert à rien de se claquemurer dans une ligne radicale et intransigeante et de se couper par conséquent d'importantes franges plus modérées de l'électorat sous peine de se condamner à une perpétuelle opposition et de risquer, à terme, la disparition. Travailleurs et travailleuses en bénéficieraient-ils ?
Il faut garder nos principes mais savoir les adapter aux circonstances. Les attentes populaires ne se situent pas toujours très à gauche ; tout ceci sans même compter avec les réalités régionales, si contrastées d'une zone à l'autre.

Selon l'expression consacrée (et devenue une platitude), la politique est l'art du possible.

Jean-François Delisle

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