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Une capsule vidéo contre une idée fausse sur la pauvreté

3 septembre 2024, par ADT Quart monde Canada — , ,
Dans le cadre de sa vaste campagne pour combattre les idées fausses sur la pauvreté, le Mouvement ATD Quart Monde lance aujourd'hui la seconde de trois capsules vidéo. La (…)

Dans le cadre de sa vaste campagne pour combattre les idées fausses sur la pauvreté, le Mouvement ATD Quart Monde lance aujourd'hui la seconde de trois capsules vidéo. La prochaine capsule sera dévoilée mercredi 4 septembre.

Trop d'idées fausses sur la pauvreté influencent négativement les personnes en position de pouvoir, celles qui conçoivent les programmes et mettent en place des services de lutte à la pauvreté. Cela fait en sorte que trop souvent ces actions ratent leur cible. Déjà les personnes manquent de revenu, mais elles souffrent en plus du jugement social qu'imposent ces idées fausses.

On vit bien sur le BS - FAUX !

Il est facile de rêver être rentier ou rentière, c'est-à-dire, recevoir de l'argent sans travailler, comme les enfants héritiers d'auteur et d'autrice de chanson ou de livres, comme les enfants de riches investisseurs ou comme les gagnants et gagnantes de Loto-Québec. Mais la situation des personnes assistées sociales est très différente. Elles ne sont pas rentières de l'État.

L'assistance sociale donnée pour une personne seule qui serait apte à travailler est de 807$ par mois. L'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) a calculé la mesure du panier de consommation (MPC) pour 2023 à 2001$ par mois. Il s'agit du montant pour couvrir ses besoins de base, pour une personne seule vivant à Montréal. Ce n'est pas encore être sorti de la pauvreté. De plus, si deux personnes sont en couple, vivant ensemble, elles ne reçoivent qu'un montant pour le couple, qui est de 1225$ par mois, soit moins l'équivalent de 612,50$ par personne par mois. Avec le coût des logements, de l'épicerie et du transport, peut-on encore imaginer qu'on vit bien à l'aide sociale ?

L'aide sociale de protège pas de la faim, car 2 ménages sur 3 souffrent d'insécurité alimentaire. De plus, l'espérance de vie est de 10 ans inférieur pour les personnes vivant dans un quartier pauvre que celle vivant dans un quartier mieux nantis. Sans compter, que selon une étude sur l'opinion publique, les personnes à l'aide sociale sont les plus discriminées dans les médias et elles font l'objet d'une opinion publique québécoise nettement moins favorable que celle accordée à d'autres groupes sociaux marginalisés, comme les personnes issues de l'immigration ou les minorités sexuelles.

Ces données nous amènent à changer notre regard sur les personnes en situation de pauvreté et à repenser nos programmes sociaux pour éliminer la pauvreté, ce, tout en respectant la dignité de ceux et celles qui la vivent.

En finir avec la pauvreté, c'est d'abord en finir avec les idées fausses

Consultez la fiche

La fiche contre l'idée fausse "On vit bien sur le BS" est disponible pour diffusion dans vos médias et réseaux sociaux.

Vous pouvez les imprimer librement également pour faire changer les idées sur la pauvreté.

[Aller sur le site Internet](https://civicrm.atdquartmonde.ca/fr/civicrm/mailing/url?u=1535&qid=78685)

https://civicrm.atdquartmonde.ca/fr/civicrm/mailing/url?u=1535&qid=78685

Des outils pour un regard juste sur la pauvreté

Ces capsules vidéo sont des outils qui viennent enrichir nos moyens afin de rétablir un regard juste sur les personnes qui vivent la pauvreté. [Les fiches cartes-postales sont déjà disponibles sur notre site Internet.](https://civicrm.atdquartmonde.ca/fr/civicrm/mailing/url?u=1535&qid=78685) Le manuel d'accompagnement de la campagne sera mis en ligne gratuitement le 10 septembre. Des commandes pour des copies papier de ces outils sont également possibles.

[Visiter le site de la campagne](https://civicrm.atdquartmonde.ca/fr/civicrm/mailing/url?u=1535&qid=78685)

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Les Conservateurs de Poilevre : le sourd grondement d’un retour à l’austérité ?

3 septembre 2024, par Jean-François Delisle — , ,
Certains commentateurs (dont Josée Legault dans le Journal de Montréal) ne s'alarment pas outre mesure de la perspective d'un changement de gouvernement à Ottawa ; en effet (…)

Certains commentateurs (dont Josée Legault dans le Journal de Montréal) ne s'alarment pas outre mesure de la perspective d'un changement de gouvernement à Ottawa ; en effet soutiennent-ils en substance, le gouvernement libéral de Justin Trudeau serait usé et en manque de politiques de rechange. Il faut donc en déduire que pour eux, l'arrivée au pouvoir des conservateurs "poilievréens" ne constituerait pas nécessairement une catastrophe.

De sérieux bémols s'imposent ici.

Tout d'abord, le gouvernement Trudeau a renoué avec des politiques redistributives qui contrastent avec la période du conservateur Stephen Harper (2006-2015). On n'a qu'a penser à la création du SRG (Supplément de revenu garanti), lequel augmente les prestations de retraite aux prestataires à faible revenu de la sécurité de la vieillesse ; de plus, il n'est pas imposable.

On peut évoquer aussi de la Prestation canadienne d'urgence (PCU) lmisre sur pied lors de la pandémie de 2020 et de l'augmentation marquée des prestations d'assurance-emploi à la même période, mesure temporaire hélas mais qui a apporté un soutien financier important aux chômeurs et chômeuses ayant perdu leur emploi en raison de la COVID-19.

Évidemment, le cabinet Trudeau étant minoritaire, il a du s'appuyer sur le Nouveau Parti démocratique (lNPD) pour se maintenir en place, ce qui l'a sans doute obligé à adopter ces mesures. Autrement, sa "générosité" aurait été plus mesurée. On a lui fait par ailleurs bien des reproches comme l'inflation galopante et l'immigration massive au Canada que je ne reprendrai pas ici, vu qu'on en a déjà beaucoup traité.

Posons-nous plutôt la question suivante : que ferait un cabinet Poilievre ? Quelles mesures adopterait-il pour régler les problèmes de la société canadienne ? Représente-t-il une solution de rechange convaincante ?

Difficile de répondre à ces interrogations légitimes.

En effet, le chef conservateur demeure vague sur des problèmes-clés.
Par exemple, il ne s'engage pas sans équivoque à maintenir le programme de soins dentaires universel mis sur pied par les libéraux (et qui, soit dit en passant, empiète sur les compétences des provinces).

Pour ce qui regarde le déficit et la dette, deux phobies rétrolibérales, Poilievre s'en tient à des généralités convenues. Il s'engage à réduire les dépenses gouvernementales et à présenter un budget équilibré.

Pour ce qui est de la place du Québec dans la fédération, Poilievre ne prévoit pas de renouvellement de, donc de pouvoirs accrus pour le Québec. Mais il prône un gouvernement fédéral de stature plus modeste, bien dans la logique rétrolibérale.
Sur la question délicate de la loi 21, il partage la conviction de Justin Trudeau hostile à cette mesure et participerait à la contestation à une contestation judiciaire de cette loi devant la Cour suprême.

Il abolirait aussi les mesures établies par Trudeau pour le contrôle des armes à feu. Même chose pour la protection de l'environnement.

Pour conclure, y gagnerait-on avec un gouvernement Poilievre à Ottawa ?

Il faut rappeler ici que cet homme a fait partie du gouvernement Harper en tant que ministre d'État des institutions démocratiques (de 2013 à 2015) et de ministre des ressources humaines et du développement social (en 2015). Il cultive le flou et la vague quand il s'agit de préciser comment il réaliserait ses projets une fois au pouvoir. Mais si cela arrivait, il faudrait s'attendre à des politiques assez drastiques visant en particulier la protection sociale et l'environnement.

Affirmer que le gouvernement Trudeau a fait son temps et qu'il doit être remplacé est une chose, mais par qui ? Après tout, la coalition libérale-néo-démocrate a donné des résultats assez convaincants sur divers problèmes, toutes choses étant très relatives par ailleurs bien entendu.

Au contraire, on peut se douter que sur certains plans, l'éventuelle conquête du pouvoir à Ottawa par les conservateurs représenterait un recul.

Le problème dépasse la personnalité des deux chefs. Comment agirait le successeur de Trudeau s'il remportait le prochain scrutin ? Persévérerait-il dans la voie tracée par son prédécesseur ou se lancerait-il dans l'austérité pour couper l'herbe sous le pied à Poilieve ?

On peut se le demander non sans perplexité et même inquiétude. Libéraux, néo-démocrates et conservateurs ne sont pas interchangeables, et ce en dépit du fait qu'aucune de ces formations ne conteste le capitalisme. Mais les deux premières au moins adhèrent (surtout les néo-démocrates) à une version moins brutale que les conservateurs du droit "sacré" au profit. Le fantôme de Keynes "l'ange gardien" de la redistribution se profile derrière elles.

Jean-François Delisle

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Pétition pour le retrait de la TPS sur les billets d’autocars et de trains

3 septembre 2024, par Les oubliés de l'autobus — , ,
Les oubliés de l'autobus <http://www.oubliesdelautobus.sitew.ca/> ont déposé pour signature sur le site du gouvernement fédéral une pétition qui demande le retrait de la (…)

Les oubliés de l'autobus <http://www.oubliesdelautobus.sitew.ca/> ont déposé pour signature sur le site du gouvernement fédéral une pétition qui demande le retrait de la TPS sur les billets d'autocars et de trains, cette taxe ajoutant 5% à leurs prix déjà très élevés. Le groupe constate que ce choix éco-responsable est taxé quand pourtant l'utilisateur de transport collectif contribue déjà au-delà de sa juste part à construire et maintenir les infrastructures routières.

Voici le texte de la pétition e-5053

Attendu que :
Le transport est un besoin essentiel, particulièrement dans les régions éloignées des centres ;

Les taxes sur les transports collectifs qui s'ajoutent aux prix des billets les rendent prohibitifs pour les usagers les plus démunis ;

Les fournisseurs de service de transport collectif peinent à maintenir des horaires suffisants et des circuits universels ;

Les services de transport collectif contribuent efficacement à la diminution des gaz à effet de Serre (GES) ;

Les citoyens qui utilisent ces services doivent être encouragés car ils collaborent à réduire la congestion et l'émission de GES.

Nous soussignés, citoyennes et citoyens utilisateurs de services de transport collectif au Canada, prions la Chambre des communes réunie en Parlement de supprimer la taxe (TPS/TVH) sur la vente de billets d'autocars interurbains et de trains de passagers.

<https://www.noscommunes.ca/petition...> .

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Féminicides : Appel à la mobilisation !

3 septembre 2024, par Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale (Portneuf-Ouébec-Charlevoix) — , ,
La vague de féminicides qui a eu lieu durant la première partie de l'année est passée sous silence. Arrêtons de tolérer la banalisation des violences envers les femmes. (…)

La vague de féminicides qui a eu lieu durant la première partie de l'année est passée sous silence. Arrêtons de tolérer la banalisation des violences envers les femmes.

Contexte

Elles sont 17 à avoir été assassinées depuis janvier 2024, presque toutes par des hommes de leur entourage. Ces meurtres ne sont pas des événements isolés : ils s'inscrivent sur un continuum de violences, exacerbé par le contexte social actuel.

Pendant les vacances parlementaires, l'inflation, la crise du logement et le sous-financement des services publiques et des groupes communautaires ont continué de menacer la sécurité des femmes. Il y a urgence de retisser un filet de sécurité mis à mal par les crises actuelles et par le manque de vision du gouvernement qui ne propose aucune mesure globale relatives à la sécurité et au bien-être des femmes.

Le 12 septembre prochain à midi, vous êtes invité-es à nous joindre à l'Assemblée nationale. Profitons de la rentrée parlementaire pour crier haut et fort que l'ensemble des violences envers les femmes, c'est un problème social sur lequel on doit agir dès MAINTENANT.

Montrons notre volonté de lutter pour une société sécuritaire et égalitaire qui prendra en considération toutes les femmes !

Action en non-mixité inclusive. Femmes, personnes trans et non-binaires bienvenues.

Lien vers l'événement : https://www.facebook.com/events/1579760535917739/?ref=newsfeed

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Rencontrez Nedjma Ziarati, la talentueuse directrice artistique de notre murale collective pour GÉNÉRATIONS !

3 septembre 2024, par Fédération des femmes du Québec — , ,
Née au Canada en 1997, @nedjma_ziarati est le fruit de multiples cultures, avec un père iranien et une mère algéro-allemande. Cette diversité culturelle se retrouve dans son (…)

Née au Canada en 1997, @nedjma_ziarati est le fruit de multiples cultures, avec un père iranien et une mère algéro-allemande. Cette diversité culturelle se retrouve dans son art, où chaque œuvre raconte une histoire unique et vibrante.

Formée auprès de la miniaturiste iranienne Sahar Bakhtiari, issue de l'école du grand maître Mohammad Bagher Aghamiri, Nedjma puise son inspiration dans l'art ancien de la miniature persane.

Avec une minutie remarquable, elle explore les détails les plus fins, mêlant paysages naturels et figures féminines, dans une symphonie de couleurs vives. Ses créations sont une invitation au voyage, empruntant des éléments du Japon, de la Chine et du Moyen-Orient.

Dans son univers, la fluidité et le mouvement règnent en maîtres, où la nature, la roche et l'eau fusionnent pour créer des œuvres poétiques, libérées des contraintes de la perspective.

Pour l'événement GÉNÉRATIONS, Nedjma guidera la création d'une murale collective, où le figuratif et l'abstrait s'entrelaceront pour donner vie à une œuvre qui ouvre la voie au rêve et à l'émerveillement.

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Début des audiences du BAPE à Rouyn-Noranda | Plusieurs questions cruciales à poser sur l’inquiétant projet minier Horne 5

3 septembre 2024, par Collectif — , ,
Plusieurs organismes communautaires, comités citoyens et coopératives de Rouyn-Noranda, appuyés par des groupes régionaux et nationaux de défense de l'environnement et des gens (…)

Plusieurs organismes communautaires, comités citoyens et coopératives de Rouyn-Noranda, appuyés par des groupes régionaux et nationaux de défense de l'environnement et des gens unissent leurs voix pour inviter la population à venir poser des questions ce soir sur le projet minier Horne 5 de Ressources Falco à Rouyn-Noranda devant le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

La société civile est prête pour l'exercice. Malgré le déclenchement du dossier en plein été et une présentation de la documentation anarchique et sans préavis de la part de la compagnie, les groupes sont parvenus à étudier en détail le dossier en mettant leurs ressources en commun.

L'étude approfondie du projet minier Horne 5 soulève de sérieuses questions extrêmement préoccupantes. Ce soir et demain, les groupes adresseront ces questions cruciales directement à la compagnie et au gouvernement.
Parmi la multitude de problèmes environnementaux, sociaux et économiques provoqués par le projet, cinq enjeux névralgiques se dégagent :

L'aggravation de la qualité de l'air

Les dangers liés à la sismicité dans la ville et sous la Fonderie (tremblements de terre et effondrements)

Le coût social et économique du projet pour la Ville de Rouyn-Noranda et les citoyen-ne-s

Les risques de pollution de l'eau

Le manque d'utilité du projet et les cadeaux fiscaux accordés à la compagnie
La première partie des audiences publiques sur le projet minier Horne 5 débute ce soir le 27 août à 19h à l'hôtel Noranda. Les audiences reprendront demain, mercredi 28 août, à 13h et 19h. D'autres dates et lieux pourraient suivre.

Citations

« Un projet industriel de cet ampleur inquiète grandement la vingtaine de membres de la Coopérative d'habitation Boréale, vivant dans le quartier du vieux Noranda qui est déjà fortement impacté à bien des niveaux par la Fonderie Horne. Par ailleurs, les dernières années n'ont en rien rassuré nos membres. L'ajout potentiel d'un nouveau projet industriel de cette ampleur à proximité du centre-ville, déjà aussi pollué est d'autant moins rassurant pour des habitant·e·s dont la confiance envers les institutions gouvernementales censées s'occuper de santé et d'environnement s'effrite malheureusement. Nos enfants et nous-même méritons d'habiter dans un environnement sain et sécuritaire », Jean-Philippe Rioux-Blanchette, président de la Coopérative Boréale.

« L'arrivée de 500 travailleurs avec le projet Horne 5, majoritairement masculins et avec un salaire élevé, inquiète hautement notre organisme sur les différents impacts pour les femmes, dont les inégalités économiques et les risques de violence », Johanne Alarie, intervenante communautaire, Centre Entre-Femmes – Rouyn-Noranda.

« Nous sommes très inquiètes car le projet Horne 5 fait peser des risques supplémentaires sur la population de Rouyn-Noranda déjà exposée à de nombreux risques en raison des émissions toxiques de la Fonderie Horne qui affectent de façon importante la qualité de l'air et des sols. Bien que certains aspects du projet puissent sembler présenter des risques négligeables, leurs conséquences potentielles, quant à elles, pourraient être graves et irréversibles. Il est essentiel de rappeler que chaque citoyen a le droit de vivre dans un environnement sain et sécuritaire, et ce droit doit être respecté et protégé avant tout développement économique. », Jennifer Ricard Turcotte, Mères au front de Rouyn-Noranda et leurs allié.e.s.

« La surexposition de nos enfants, de la population, et la réduction insuffisante des rejets dans l'air exigée par le gouvernement à la Fonderie Horne de Glencore nous inquiètent déjà au plus haut point. L'arrivée d'une autre source de rejets dans notre environnement est vraiment inadmissible : nous avons vraiment l'impression que notre population est sacrifiée au nom d'intérêts économiques », Nicole Desgagnées, Comité Arrêt des rejets d'émissions toxiques (ARET).

« L'exploitation d'une mine de grande profondeur peut provoquer des mouvements de terrain. Le REVIMAT s'inquiète des effets sur les infrastructures vieillissantes de la Fonderie Horne, dont le bassin et l'usine d'acide, qui peuvent mettre en danger la sécurité de la population en cas d'accident. Nous nous questionnons si Falco pourra sécuriser la population lors du BAPE avec un enjeu aussi important », Marc Nantel, porte-parole, Regroupement vigilance mines de l'Abitibi et du Témiscamingue (Revimat).

« Alors que la population de Rouyn-Noranda vit déjà une situation très anxiogène avec le projet de zone tampon dans le quartier Notre-Dame, que les émissions atmosphériques sont toujours trop élevées, que les impacts cumulatifs des activités industrielles en cours induisent déjà une pression aiguë sur le milieu, le CREAT s'interroge à savoir pourquoi le gouvernement du Québec a fait le choix volontaire de déclarer recevable un projet qui ne ferait qu'ajouter des sources de contaminations à celles que subissent déjà la population. Dans le contexte actuel, cette démarche démontre un manque flagrant de considération de la part du gouvernement du Québec envers les citoyens·ne·s de Rouyn-Noranda, qui peinent déjà à obtenir des réponses dans le dossier de la Fonderie Horne » BIanca Bédard, directrice générale, Conseil régional de l'environnement de l'Abitibi-Témiscamingue.

« Ce projet, dont les profits proviendront principalement de l'extraction d'or et d'argent – des métaux à la pertinence presque nulle au regard des grands défis écologiques qu'affronte l'humanité, nécessitera le pompage de millions de mètres cubes d'eau hautement contaminée hors du sous-sol de Rouyn-Noranda, et l'entreposage de millions de résidus miniers acidogènes en amont du lac Dufault, la source d'eau potable de la ville. Les risques encourus par la population, pour les profits de quelques-uns, nous semblent purement déraisonnables et invitent à une révision sérieuse de nombreux volets de cette bombe à eau minière, dont l'éclatement pourrait avoir des conséquences irréparables », Émile Cloutier-Brassard, responsable des dossiers miniers, Eau Secours.

« Le projet minier Horne 5 risque d'ajouter à la contamination du bassin Osisko qui dépasse déjà les normes. Plus de daphnies et plus de truites vont mourir si Falco ne s'engage pas à décontaminer son site industriel avant la construction de son concentrateur », Daniel Green, président, Société pour vaincre la pollution.

« L'Action boréale est d'avis que le projet Falco 5 ne pourrait générer qu'une augmentation de la pollution à Rouyn-Noranda. C'est pourquoi nous réitérons notre demande de fermer définitivement la fonderie Horne par un plan de transition qui permettrait de recouvrer la santé de ce territoire et de ses habitants empoisonnés depuis cent ans », Richard Desjardins, vice-président de l'Action Boréale.

« Proposer une mine sous une ville commande de grandes responsabilités. Hélas, la compagnie a failli à son devoir de présenter son projet de manière intelligible et accessible au public dans des délais raisonnables. Ces manquements et cette précipitation laissent croire que nous allons découvrir plusieurs éléments préoccupants dans les prochaines heures. Au moins, Falco et le gouvernement ne pourront pas se défiler devant les questions de la population », Rodrigue Turgeon, avocat, co-porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine et coresponsable de MiningWatch Canada.

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Dialogue difficile avec le gouvernement Legault sur la transition sociale et environnementale : 50 organisations appellent à manifester le 27 septembre

3 septembre 2024, par Collectif — , ,
« Si nous voulons réellement diminuer nos émissions de GES de façon significative, on ne peut pas miser seulement sur un projet de la filière batterie : il faut mettre en place (…)

« Si nous voulons réellement diminuer nos émissions de GES de façon significative, on ne peut pas miser seulement sur un projet de la filière batterie : il faut mettre en place plusieurs projets structurels et collectifs qui touchent à l'ensemble des sphères de la société. Il est grand temps de donner un coup de barre si on veut réduire l'impact négatif des changements climatiques. Les travailleuses et les travailleurs du Québec demandent formellement aux gouvernements du Québec et du Canada d'enfin mettre en place un plan clair et un financement suffisant pour s'assurer d'une vraie transition écologique et sociale qui ne laisse personne derrière. » affirment les organisations du secteur syndical.

Les représentant-e-s de 50 organisations de la société civile appellent la population à manifester dans les rues le 27 septembre prochain pour dénoncer un dialogue difficile avec le gouvernement Legault et des avancées trop lentes et insuffisantes en matière de transition sociale et environnementale. Selon elles et eux, « les décisions prises en vase clos ne peuvent plus continuer ».

Lors du lancement du mouvement Pour la suite du monde le 22 mai dernier, les partenaires ont sollicité une rencontre avec le gouvernement québécois afin de réclamer la mise en place d'actions concrètes en faveur d'une véritable transition sociale et environnementale. Cet appel à une plus grande participation démocratique dans la prise de décision demeure encore à ce jour sans réponse de la part du gouvernement Legault.

Une politique menée à tâtons

En plus de ne pas répondre à cette demande de dialogue, le gouvernement du Québec refuse de prendre acte de l'urgence d'agir dans plusieurs domaines, en plus de poursuivre un agenda législatif et économique parfois incompatible avec ses obligations environnementales.

La procrastination dans le dossier du caribou, un projet de loi sur l'exploitation minière qui effleure à peine les demandes de la société civile, un projet de loi sur l'énergie au service d'une politique industrielle aux visées imprécises et qui ne répond pas pleinement aux besoins de décarbonation, le manque de financement pour les réseaux de transport collectifs existants sont tous des symptômes du manque de dialogue avec la société civile et d'écoute envers les solutions concrètes promues par celle-ci.

Des solutions prêtes à mettre en oeuvre

Les signaux sont tous au rouge : un autre été catastrophique, marqué par des épisodes de pluies diluviennes dévastatrices, des records de température élevée, des feux de forêt incontrôlables et leurs conséquences sur nos activités quotidiennes, notre économie et notre santé. Dans ce contexte, la société civile mobilisée affiche aujourd'hui un front uni afin d'appeler le gouvernement Legault à mettre en place les solutions avancées par nos organisations pour accélérer la transition sociale et environnementale et adapter le Québec aux défis de demain.

Depuis le 22 mai dernier, le mouvement a accueilli en son sein une dizaine de nouvelles organisations, portant le nombre de partenaires représentés à plus de 50. Leur appel à un véritable dialogue avec le gouvernement se fera entendre le 27 septembre prochain lors de la grande journée de mobilisation qui s'organise à travers la province. La population est invitée à descendre dans la rue afin de joindre sa voix à celle des organisations membres.

Des manifestations sont actuellement prévues à Montréal, Québec, Sherbrooke, Joliette, Gaspé, Saint-Jérôme et Nicolet. D'autres villes s'ajouteront à la liste prochainement.

Ce qu'ils et elles en disent

« Si nous voulons réellement diminuer nos émissions de GES de façon significative, on ne peut pas miser seulement sur un projet de la filière batterie : il faut mettre en place plusieurs projets structurels et collectifs qui touchent à l'ensemble des sphères de la société. Il est grand temps de donner un coup de barre si on veut réduire l'impact négatif des changements climatiques. Les travailleuses et les travailleurs du Québec demandent formellement aux gouvernements du Québec et du Canada d'enfin mettre en place un plan clair et un financement suffisant pour s'assurer d'une vraie transition écologique et sociale qui ne laisse personne derrière. » affirment les organisations du secteur syndical.

« Notre système économique basé sur l'extraction débridée de ressources naturelles, le gaspillage et la destruction du vivant est à transformer. Il est urgent de réapprendre à vivre en harmonie avec la nature, en s'éloignant de cette logique nocive et dangereuse de croissance infinie. Nous devons décider ensemble de notre avenir commun afin de faire face aux enjeux socio-environnementaux auxquels nous sommes confrontés. C'est pourquoi les gouvernements doivent écouter la société civile, mettre en œuvre les solutions qui existent déjà, et agir sans plus tarder pour une transition socioécologique qui nous permettra de vivre collectivement en sécurité et en santé. »

Thibault Rehn, Vigilance OGM, représentant du secteur environnemental

« Cela fait des années que le mouvement communautaire tire la sonnette d'alarme devant un filet social québécois qui s'évapore à vitesse grand V. En y ajoutant les impacts dévastateurs de la crise climatique et celle de la biodiversité sur les populations que nous soutenons au quotidien, l'accroissement des injustices et des inégalités s'accélère et nous fait craindre le pire pour notre futur collectif. Enclencher une transition écologique juste et respectueuse des droits humains, c'est ne laisser personne derrière, surtout pas les plus vulnérables. »

Claudia Fiore-Leduc, Réseau québécois pour l'action communautaire autonome, représentante du secteur communautaire

« L'avenir de notre planète ne doit pas reposer uniquement sur les épaules de la jeunesse. La crise climatique concerne tout le monde. Face à l'inaction des gouvernements, nous avons besoin de l'engagement et de la mobilisation de chaque personne citoyenne pour faire face à ce défi crucial. Les autorités doivent assumer leurs responsabilités et prendre des mesures concrètes pour assurer un avenir durable pour toutes et tous. »

« De plus en plus de gens se rendent compte des liens étroits entre la santé environnementale et la santé humaine, de même qu'avec la justice sociale, et l'acceptabilité sociale des projets y est d'ailleurs aussi de plus en plus associée. Le gouvernement québécois doit enfin entendre et prendre en compte les solutions qui sont discutées dans la société civile, par rapport aux possibilités et aux importants bénéfices qu'elles comportent. Pour la santé de tous et toutes, à travers tout le Québec – citoyen.ne.s, patient.e.s et professionnel.le.s de la santé, et même de notre économie, de concert avec une réduction des coûts de notre système de santé. »

Patricia Clermont de l'Association québécoise des médecins pour l'environnement, représentante du secteur de la santé

« La démocratie et la participation citoyenne devraient être au cœur de la transition énergétique, sociale et écologique. Le refus massif d'un trop grand nombre d'élus de tous les paliers, mais particulièrement du palier municipal, d'impliquer activement la population dans les décisions à prendre témoigne d'un manque de volonté politique et de vision pour notre avenir collectif. »

Rachel Fahlman, porte-parole du regroupement d'élu.e.s municipaux Vent d'élus

Le Québec fait face à des décisions importantes. Il est impératif que les décisions ne soient pas prises derrière des portes closes, mais plutôt en collaboration et en dialogue avec la société civile pour que cette transition sociale et environnementale nécessaire se fasse au bénéfice de tous et toutes.

« Que le veuille ou non le gouvernement actuel, la transition socio-écologique est inévitable. Les limites planétaires et sociales ont été atteintes et notre système économique actuel ne fonctionne que pour une minorité d'individus. Un changement de logique économique est donc essentiel, mais surtout possible. Au Québec, des modèles économiques qui prennent soin à la fois des personnes et de la planète existent et sont déjà bien ancrés. Le gouvernement doit reconnaître et soutenir les secteurs, les entreprises et la diversité de personnes qui travaillent à absorber les chocs des changements climatiques et à réduire notre empreinte carbone. Parce qu'une transition peut seulement fonctionner si tout le monde fait partie de la solution. »

Julie McClatchie, Oxfam-Québec, représentante du secteur de l'économie

« Nous subissons aujourd'hui la dépossession tranquille de nos meilleurs acquis économiques, sociaux et environnementaux. Le gouvernement du Québec n'a aucune vision structurante de la transition écologique et il continue de se préoccuper davantage des profits des multinationales que de la protection de nos joyaux naturels et du bien commun. Les Québécoises et Québécois n'ont certainement pas voté pour ça. »

Louise Morand, Regroupement Vigilance Énergie Québec, représentante des regroupements citoyens

Le Québec fait face à des décisions importantes. Il est impératif que les décisions ne soient pas prises derrière des portes closes, mais plutôt en collaboration et en dialogue avec la société civile pour que cette transition sociale et environnementale nécessaire se fasse au bénéfice de tous et toutes.

À propos du Collectif pour la suite du monde

Nous sommes un mouvement réunissant des organisations syndicales, environnementales, de santé, communautaires, étudiantes, économiques ainsi que des collectifs citoyens et d'élus autour d'une vision démocratique de la transition environnementale et sociale.

À travers diverses actions, nous nous mobilisons afin de forcer nos gouvernements à mettre en place des solutions démocratiques porteuses de justice sociale et environnementale.

Notre mouvement rassemble une cinquantaine d'organisations, représentant plus de deux millions de personnes.

Organisations du mouvement Pour la suite du monde

Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), AREQ – Le mouvement des personnes retraitées CSQ, Association québécoise des médecins pour l'environnement (AQME), Attac Québec, Centrale des syndicats démocratiques (CSD), Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Chantier de l'économie sociale, Coalition Alerte à l'Enfouissement RDN (CAER), Coalition Québec meilleure mine, Coalition Québécoise des lacs incompatibles avec l'activité minière (QLAIM), Coalition Verte / Green Coalition , Confédération des syndicats nationaux (CSN), Cyclo Nord-Sud, Demain Verdun, Eau Secours, ENvironnement JEUnesse, Équiterre, Fédération autonome de l'enseignement (FAE), Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ), Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec-FIQ, Fondation David Suzuki, Fondation Monique-Fitz-Back, Fondation Rivières, Front commun pour la transition énergétique, Greenpeace Canada, La planète s'invite au parlement, L'Assomption en Transition, Les ami.e.s de la Forêt du lac Jérôme, sa rivière, son ruisseau, ses milieux humides et ses sentiers, Les oubliés de l'autobus, Mères au front, Mouvement d'action régional en environnement (MARE), Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire du Québec (MÉPACQ), Mouvement Démocratie Nouvelle, Nature Québec, Oxfam Québec, Réalité climatique Canada, Regroupement écocitoyen de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Regroupement Vigilance Énergie Québec (RVÉQ), Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA), Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE), Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec), Solidarité pour l'environnement à Sutton (SES), Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec, Table de pastorale sociale des diocèses catholiques du Québec, Travailleuses et travailleurs pour la justice climatique (TJC), Union étudiante du Québec (UEQ), Vigilance OGM, Vent d'élus

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Pourrons-nous encore nous chauffer ?

3 septembre 2024, par Émilie Laurin-Dansereau — , ,
Le 6 juin dernier, le gouvernement de François Legault a déposé un important projet de loi sur l'Énergie (PL69). On en a fait peu de cas. Pourtant, l'impact de ce projet sur (…)

Le 6 juin dernier, le gouvernement de François Legault a déposé un important projet de loi sur l'Énergie (PL69). On en a fait peu de cas. Pourtant, l'impact de ce projet sur les tarifs d'électricité pourrait être majeur. Avec le projet de loi 69, le gouvernement de la CAQ cherche donc à se donner les moyens d'augmenter rapidement la production d'électricité, même la doubler pour répondre aux besoins des nouvelles industries énergivores. Les investissements nécessaires pour produire cette nouvelle énergie entraîneront forcément des hausses de tarifs importantes.

Émilie Laurin-Dansereau, conseillère budgétaire, ACEF du Nord de Montréal

Nous, organismes autonomes de défense des droits des consommateurs, et nos membres voulons rappeler au ministre de l'Énergie, Monsieur Pierre Fitzgibbon, que l'électricité n'est pas un luxe. Au contraire, elle est nécessaire pour répondre aux besoins de base, être en bonne santé et avoir des liens sociaux. Partout au Québec, de la Côte Nord à Montréal en passant par Lanaudière, les Laurentides, la Mauricie, l'Estrie, le Centre-du-Québec, la Gaspésie et le Lac-Saint-Jean, des citoyen.ne.s demandent au Ministre de tenir un débat public sur l'avenir de l'énergie avant d'adopter sa loi afin de s'assurer que les questions de justice sociale ne sont pas oubliées.

Car s'il n'est pas modifié de façon importante, le projet de loi 69 entraînera des hausses de tarifs considérables. Rappelons que bien que les tarifs d'électricité soient relativement bas au Québec, un ménage sur sept a déjà de la difficulté à payer sa facture d'électricité ou y parvient au détriment d'autres besoins de base. Le coût élevé de l'énergie est d'ailleurs une des causes principales de précarité énergétique.

Tous les jours, nous rencontrons des personnes qui n'arrivent pas à payer la facture d'Hydro-Québec. Certain.e.s coupent complètement le chauffage la nuit pour pouvoir économiser. D'autres doivent se priver de médicaments ou couper dans l'épicerie pour payer leur facture. Le risque d'augmentation des tarifs est donc très préoccupant. Chaque année, Hydro-Québec conclut des centaines de milliers d'ententes de paiement avec sa clientèle résidentielle. Une hausse de tarifs ne fera qu'étrangler davantage les ménages qui étouffent déjà sous le poids de leurs obligations financières.

De plus, le projet de loi reste silencieux sur les questions d'efficacité énergétique et d'isolation des bâtiments alors qu'on sait que la mauvaise qualité des logements est une autre cause importante de précarité énergétique. Au Québec, le chauffage des maisons en hiver et la climatisation pendant les vagues de chaleur peuvent être une question de vie ou de mort. La vague de chaleur de juillet 2018 a causé directement la mort de 117 personnes au Québec. Vivre dans un logement mal ventilé, peu chauffé ou mal isolé représente un danger pour la santé et la sécurité des personnes qui y vivent. Les problèmes de froid ou de chaleur dans le logement fragilisent les ménages qui sont plus susceptibles d'avoir des maladies respiratoires, des maladies cardiovasculaires et des maladies mentales (anxiété ou dépression, par exemple). La précarité énergétique augmente également les risques d'infections (mauvaise hygiène alimentaire ou personnelle) et les risques d'accident (en raison, entre autres, d'un éclairage inadéquat).

La précarité énergétique est donc un véritable enjeu de santé publique. Il est urgent de s'en occuper. Le gouvernement doit reconnaître qu'il y a un problème et s'engager à y remédier. Le projet de loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques au Québec (PL69) est pour le gouvernement l'occasion parfaite d'agir pour que plus personne au Québec ne soit privé d'énergie dans son logement pour des raisons de pauvreté. Les besoins de la population doivent passer avant les intérêts des grandes entreprises.

Signataires
Catherine L'Heureux-Savoie, conseillère budgétaire, ACEF de l'Est de Montréal
Marie-Eve Desnoyers, coordonnatrice, ACEF des Bois-Francs

Josée Lemay, directrice générale, Service Budgétaire de Saint-Félicien
Laurence Marget, directrice générale, Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ)
Maxime Dorais, co-directeur général d'Union des consommateurs

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TES Canada : ses partisans sortent de l’ombre

3 septembre 2024, par Gaston Rivard — , ,
Il semblerait que TES Canada trouve enfin des partisans. Au dernier conseil de maires de Mékinac, le mercredi 21 juillet, pas moins de quatre ou cinq personnes sont intervenues (…)

Il semblerait que TES Canada trouve enfin des partisans. Au dernier conseil de maires de Mékinac, le mercredi 21 juillet, pas moins de quatre ou cinq personnes sont intervenues avec fougue et détermination pour nous chanter les louanges de TES Canada et la chance inouïe que nous avions, nous à Mékinac, de bénéficier de sa magnanimité.

De l'argent, de l'argent et encore de l'argent, même si pour cela, il faut perdre certaines choses, non définies par nos chantres du progrès, mais sûrement trop importantes pour qu'ils osent les mentionner. « On ne fait pas des omelettes sans casser des œufs », prétend un de ces intervenants. J'aimerais bien savoir quelle est la nature de ces œufs. Il est fort probable qu'elle corresponde à ce que nous demandons, nous, les opposants à ce projet, c'est-à-dire : la conservation de notre bien-être ; la beauté du paysage intimement associé au respect de l'environnement ; la garantie de ne pas le détruire ni l'altérer ; la certitude de ne pas transformer un milieu champêtre en zone industrielle ; non pas la promesse, mais la garantie que tous les citoyens seront équitablement traités au sein du territoire respectif de chacune des municipalités ; que personne ne sera sacrifié par cette mutation en profondeur d'un territoire couvrant 12 municipalités.

Le « progrès » ! Au nom du « progrès », et des « jobs », et de « l'argent » ! C'est presque à l'unisson que ces voix se sont fait entendre. Manifestement, il y a eu concertation de leur part, mais cela va de soi. Les opposants se concertent également. Ils étudient, s'échangent de l'information, analysent le projet sous tous les angles, et sur ces fondements soulèvent des objections, pointent du doigt ce qui leur apparaît être des défaillances, des nuisances, proposent même parfois des solutions. Il est une chose cependant qu'ils ne font pas, c'est d'être obnubilés par l'argent et les jobs au point de vouloir tout sacrifier pour ces deux idoles qui sont probablement pour une grande part les responsables de la crise climatique.

Au cours des deux derniers siècles, ce sont les concessions à ces fantomatiques promesses, la précipitation à y obéir les yeux fermés qui nous a conduits au dérèglement climatique. Deux siècles d'engouement pour une industrialisation avide, et aveugle parce qu'avide, ont suffi pour conduire l'humanité au bord d'un gouffre qu'on nomme « dérèglement climatique ». Et tout à coup, il faudrait croire que cette mentalité s'est amendée et que tout ce qu'elle nous promet, une transition sans nuisances et sans victimes, sera bien réelle et de surcroît avantageuse pour nous. Il y a de quoi douter. Ce n'est pas nécessairement la science et la technologie qui sont fautives, mais leur utilisation désordonnée, la vue à court terme et souvent intéressée de ceux qui exploitent leur potentiel.

Curieusement, le discours commun de nos partisans ressemble au discours promotionnel de TES Canada, une apologie sans nuances, car aucune critique ne l'accompagne. La décarbonation annoncée par TES Canada est parole d'évangile. Certes, ils savent, du moins je l'espère, que plusieurs experts la contestent, mais ce sont sûrement à leurs yeux de faux apôtres, des dissidents de la transition énergétique qui ne comprennent pas la mission de TES Canada. À leurs yeux, la critique est nécessairement négative, car le projet de TES Canada avoisine la perfection. Le promoteur joue sa partition, il vend. Et nous, les « opposants », qui sommes-nous pour ne pas vouloir l'acheter ?

Il semblerait également que « les gens qui sont contre le projet » ont la mauvaise habitude de prétendre parler au nom de la majorité. S'ils ne parlent pas au nom de la majorité, on peut cependant assurer qu'ils parlent au nom d'un très grand nombre de personnes. Car ces gens qui sont contre ont justement fait l'effort de consulter la population, et à l'aide d'une pétition, faire connaître leur « parole ». C'est un travail ardu et ceux qui s'y sont déjà attelés savent sûrement de quoi on parle. Vérifier s'ils parlent effectivement au nom de la majorité est simple, il suffit de faire un référendum sur le sujet. Nous serons alors fixés.

Des sept municipalités pour lesquelles cet exercice fut fait, on obtient approximativement 50 % de gens contre le projet de TES Canada. Si on conteste ces chiffres et doute de leur pertinence, nous le répétons, la solution est simple : le référendum.

Mais le référendum, aux yeux de ceux qui font l'éloge du projet, ne semble pas une alternative susceptible d'être probante. Pourtant, le référendum n'est-il pas l'outil par excellence d'une démocratie lorsqu'il s'agit de connaître le pouls de la population sur une décision cruciale et lourde de conséquences pour elle ?

« Au niveau des élections municipales, on est à 25 ou 30 % qui viennent voter. Un référendum, ça va être, disons 35 %. Admettons que ça passe, il y en a qui vont dire qu'il y a seulement 35 % qui ont voté  ». Nous devons avouer une véritable difficulté à saisir cet argument d'un intervenant. Il accepte d'être dirigé par des élus ayant un suffrage de 25 % ou 30 %, mais refuse un référendum sur un suffrage de 35 %. Qu'on me comprenne bien, mon propos n'est pas ici de discréditer les élus, mais de montrer la faiblesse de ce raisonnement.

Parmi ces partisans du pour, il en est un qui a le courage de parler en son « nom seulement », car il n'a pas « cette prétention-là » de parler pour la majorité. Mais curieusement, tout à coup, il parle au nom des « jeunes, ils l'ont le sentiment d'appartenance. Ils veulent revenir ». Assistons-nous à un dédoublement de personnalité ? Il parle pour lui, puis soudain pour les jeunes, puis enfin pour les entrepreneurs, car il en fut également question. Magie de la psychologie humaine, que de surprises nous réserves-tu ?

Enfin, il est un autre point abordé à cette séance du conseil qui mérite qu'on s'y attarde un peu. Il s'agit du projet de règlement qui propose de créer « un corridor de protection panoramique de 3 km pour la rivière Saint-Maurice [...] afin d'interdire les éoliennes de moyennes et grandes envergures (12 m et plus) à moins de 3 km de la rivière Saint-Maurice ». On peut comprendre, comme il nous fut révélé, que la réflexion sur cette mesure a débuté en 2015, mais il n'en demeure pas moins que l'avis de motion fut déposé le 6 mai 2024, et je n'ose croire que lorsqu'on dépose un avis de motion, on ait oublié que le principal objet de ce règlement est une distance de 3 km. Naturellement, la détermination de cette distance ne soulève aucun problème. Au contraire, elle ne peut être que soulignée, car elle montre la clairvoyance du conseil municipal de Grandes-Piles face à l'enjeu de la production tous azimuts de l'énergie. On comprend qu'ici le « principe de précaution », tant demandé par nous, fut appliqué. Ce que l'on comprend moins, c'est pourquoi il ne le fut pas lors de l'élaboration du règlement de contrôle intérimaire (RCI) adopté le 10 juillet par le Conseil des maires. Pourquoi la rivière Batiscan, joyau qui traverse cinq des municipalités visées par le projet de TES Canada, n'aurait-elle pas droit aux mêmes égards ?

Et si l'on finissait par ce coup de gueule et ce cri du cœur de Yann Queffelec au sujet des éoliennes : «  La laideur, outre le critère esthétique, c'est l'usurpation d'un paysage immémorial, propriété exclusive et non bornée des nuages, des oiseaux et des esprits errants... C'est un coup de couteau dans l'œil du créateur qui nous a légué l'Univers, c'est le viol du mystère invisible des choses, frère de l'essentiel.  »

Gaston Rivard
Saint-Adelphe

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Sur le quinzième congrès de la COCAL*

3 septembre 2024, par Kaveh Boveiri — , ,
Le quinzième congrès de la COCAL a eu lieu à Gatineau du 7 au 9 août 2024. Ce texte donne un rapport de cet événement trilingue (français, espagnol et anglais). Pendant ces (…)

Le quinzième congrès de la COCAL a eu lieu à Gatineau du 7 au 9 août 2024. Ce texte donne un rapport de cet événement trilingue (français, espagnol et anglais).

Pendant ces jours-là, environ 200 participants de 34 villes du Mexique, du Canada (anglophone et francophone) et des États-Unis se sont rassemblés à l'Université du Québec à Outaouais pour le quinzième congrès biennal de La Coalition du personnel enseignant à statut précaire en enseignement supérieur (Coalition of Contingent Academic Labour — COCAL).

À la première vue, ce qui est impressionnant est la diversité de participantes. À côté des membres de la COCAL internationale du Mexique et des États-Unis, nous témoignons la présence des membres du comité exécutif de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), dont la vice-présidente Christine Gautier est également un membre organisateur, les membres du comité exécutif de La Confédération des syndicats nationaux (CSN), ainsi que les membres de la La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et Canadian Union of Public Employees — CUPE, et la liste ne s'arrête pas là. Vinny Tirelli, le fondateur de la COCAL internationale, a participé au congrès à travers une projection.

En ce qui concerne le contenu du congrès, un ensemble de thèmes abstraits et concrets sont discutés, débattus et élaborés. On peut peut-être les classifier schématiquement sous les rubriques suivantes avec cette double précision : premièrement, ces thèmes se chevauchent, et deuxièmement, cette liste ne représente pas tous les enjeux.
Les enjeux étroitement liés au travail de la personne enseignante composent le contenu de la première rubrique. Ici, entre autres, la précarité de leur vie, l'intensification de la charge de travail, le salaire, l'enseignement à distance, les ambitions et les potentialités de recherche, l'intelligence artificielle et le ChatGPT sont discutés.

Sous une deuxième rubrique se trouvent les enjeux sociopolitiques comme la tendance aggravante de la marchandisation de l'éducation, la liberté académique, la manière de dépassement du statut défensif de la lutte à un statut offensif, l'autogestion, et la représentation garantissant dans les instances décisionnelles.

Le volet international du congrès, le contenu de ce qui peut être considéré comme la troisième rubrique, est vu dans deux moments. D'une part, par l'effort de voir les deux rubriques précédentes dans un cadre international ; et d'autre part, en s'adressant aux enjeux liés aux collègues loin de l'immédiateté de la vie de personnes qui ont participé au congrès, notamment à l'état actuel de membres du personnel enseignant à Gaza où, selon un article publié par The Guardian le 8 juin 2024, en effectuant la scholasticide l'Israël a détruit80 % des écoles à Gaza un nombre qui a sans doute augmenté depuis la date de la publication de cet article.

Nous voyons comment une combinaison des visions, des tactiques et des stratégies sont incontournables pour traiter adéquatement ces enjeux. Le traitement de cette combinaison est réalisé à travers les débats et les discussions théoriques, les ateliers et même la performance artistique.

La richesse de ce congrès vient ainsi de la diversité de ses participants : malgré leur hétérogénéité, l'ensemble des personnes participantes ont un dénominateur commun : être les chargés de cours. Une continuation de cette approche exige, sans doute, la rédaction d'un manifeste — c'est exactement le dernier élément dans le programme du congrès.
Tout cela peut nous donner la perspective pour une internationale ouvrière, démocratique, progressiste, anticapitaliste et radicale. Certes, nous sommes encore très loin d'un tel état. Mais la COCAL reste, sans doute, un composant incontournable d'une telle internationale.

*Ce texte ne représente ni la position de la COCAL ni les personnes participantes au congrès.

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