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Juifs et Israéliens : deux réalités de plus en plus distinctes
L'offensive israélienne se déchaîne à Gaza et le nombre de victimes gazaouies se multiplie.
C'est le résultat de la riposte israélienne démesurée à l'offensive du Hamas réalisée le 7 octobre 2023. Il y aurait environ 24,000 victimes gazaouies selon les chiffres fournis par le Hamas contre 1,200 israéliens le 7 octobre.
Les Israéliens peuvent mener une guerre aussi meurtrière que prolongée parce qu'ils disposent d'un État appuyé par la plupart des gouvernements occidentaux et doté d'une armée puissante, équipée dans une bonne mesure par les États-Unis, indéfectible soutien de l'État hébreu.
Mais précisément, qu'observe-t-on concernant l'évolution de la société israélienne ? Plus le temps passe, et plus les différences s'accentuent entre elle et les minorités juives dispersées en Occident, particulièrement aux États-Unis. Quand une société possède un État indépendant (surtout s'il s'est édifié aux dépens d'un autre peuple) et qu'elle est entourée de gouvernements qui ne lui veulent pas de bien, elle se transforme. Ce processus relève à la fois d'une évolution interne et des relations avec les pays avoisinants. On est alors en présence d'une majorité qui doit assumer la responsabilité de la gestion d'un État souverain.
Une distance se creuse peu à peu avec les minorités occidentales dont elle est issue. D'où le contraste entre la société indépendante qu'est Israël et les minorités juives. Contrastes et ressemblances s'y côtoient. Ajoutons y la présence d'une importante minorité arabe (les Arabo-Israéliens) appelée à croître avec le temps et à gagner de l'influence politique et culturelle, ce qui va contribuer à renforcer l'évolution de la différenciation déjà évoquée.
Lorsqu'elle possède une armée puissante comme celle d'Israël et qu'elle se sent menacée, ses dirigeants et toute une large partie de son opinion publique peuvent appuyer des initiatives militaires d'envergure sans tenir compte du nombre de civils que cela provoque chez l'ennemi, peu importe le bon droit de ce dernier, dont celui à la résistance. Un virulent désir de vengeance se remarque alors.
Quand on parle de Juifs, la paranoia rôde souvent. Mais il existe une différence fondamentale entre les persécutions dont ils ont été l'objet en Europe et les manifestations de la résistance d'un peuple (les Palestiniens) dépossédé par les sionistes.
Il faut souligner ici que tous les Juifs ne sont pas sionistes et que tous les sionistes ne sont pas Juifs. Une partie de ces derniers s'oppose au sionisme pour des motifs religieux, philosophiques et moraux.
On voit souvent à priori les Juifs comme d'éternelles victimes (les pogroms l'Holocauste, les ghettos). Mais des nuances et des bémols s'imposent. En effet, il a toujours existé une violence juive. Les Juifs ont leurs propres salauds : des financiers véreux et des criminels professionnels. Il faut y joindre un fanatisme religieux chez certains (transposé sur le plan politique par plusieurs sionistes), pas plus respectable qu'aucun autre fanatisme. Il en découle chez certains Juifs un racisme anti-arabe et antimusulman, qu'on dénonce peu. Il est plus que temps de le faire.
Jean-François Delisle
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J’espère
J'espère
J'espère que vous serez là, encore,
Vous qui n'acceptez pas de vous taire,
Vous qui n'avez pas renoncé,
Vous qui vous êtes battues,
Vous qui savez pourquoi,
Vous qui ne vous laissez pas berner,
Vous qui ne vous laissez pas acheter.
Vous qui pleurez de rage,
Vous qui rêvez.
J'espère
J'espère que nous trouverons,
Le chemin du changement,
Le chemin du respect,
Que de notre colère,
Ne nous grugera pas,
Mais qu'elle sera fertile,
Que les chansons semées
Sur les trottoirs gelés
Seront un jour charpente
Du monde
Qui reste à bâtir.
J'espère
Que vous serez là,
Encore,
Quand viendront d'autres temps.
Manon Ann Blanchard

Déni de réalité : pourquoi le climatoscepticisme progresse
Les discours niant le dérèglement climatique foisonnent. À force d'outils efficaces, les
climatosceptiques prospèrent et sont loin de vouloir s'arrêter, explique le chercheur Albin Wagener.
Tiré de Reporterre.net
15 janvier 2024
Par Albin Wagener
Albin Wagener est chercheur associé à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco, Plidam) et au laboratoire Prefics de l'université Rennes 2.
C'est un paradoxe de notre époque : alors que les effets du changement climatique sont de plus en plus couverts par les médias et n'ont jamais été aussi saillants pour les populations, le climatoscepticisme reprend lui des forces au gré de l'actualité climatique. D'après un sondage mené par Ipsos et le Cevipof en 2023, ce sont 43 % de Français qui refusent de « croire » au réchauffement du climat.
Plusieurs fois annoncé comme dépassé ou cantonné à des sphères complotistes, le climatoscepticisme n'en finit pas de se régénérer. Si les origines de ce courant remontent aux États-Unis, il prospère chez nous aujourd'hui via des incarnations bien françaises, comme l'a montré le récent documentaire La Fabrique du mensonge sur le sujet. Tâchons donc de revenir un peu en arrière pour comprendre le succès actuel de ces discours niant le dérèglement climatique.
Une narration efficace
Dans les années 1980, aux États-Unis, l'émergence et la propagation d'une « contre-science » du climat ont résulté de la mobilisation de think tanks liés au parti républicain et au lobbying de grandes entreprises, principalement dans le secteur de la production pétrolière, en s'inspirant par ailleurs des pratiques de l'industrie du tabac.
Le terme de « climatoscepticisme » est, à cet égard, lui-même aussi trompeur que révélateur : en liant « climat » et « scepticisme », le terme donne l'impression d'une posture philosophique vertueuse (notamment la remise en question critique et informée), et induit en erreur. Car il s'agit ici bien moins de scepticisme que de déni, voire de cécité absolue vis-à-vis de faits scientifiques et de leurs conséquences, comme le rappelle le philosophe Gilles Barroux.
Mais qu'importe : au moment de l'Accord de Paris et du consensus de plus en plus large sur le climat, le climatoscepticisme semblait réduit à portion congrue : en France, en 2019, la Convention citoyenne pour le climat montrait que le sujet pouvait être pris au sérieux tout en donnant lieu à des expérimentations démocratiques. Puis en août 2021, la loi Climat et Résilience semblait ancrer un acte politique symbolique important, bien qu'insuffisant.
« Je ne crois pas au changement climatique », a écrit l'artiste Banksy sur une façade d'un immeuble de Londres, près d'une eau stagnante rappelant une inondation. Flickr/CC BY-NC 2.0 Deed/Dunk
Pourtant, malgré ces évolutions politiques, le climatoscepticisme prospère aujourd'hui en s'éloignant de son incarnation et champ originel, puisqu'il constitue désormais une forme de discours, avec ses codes, ses représentations et ses récits. C'est précisément en cela qu'il est si dangereux : du point de vue linguistique, narratif et sémantique, il utilise des ressorts hélas efficaces, qui ont pour objectif d'instiller le doute (a minima) ou l'inaction (a maxima).
« Préserver la domination de l'Homme sur ce que l'on appelle abusivement la « Nature » »
Plus clairement, les sphères climatosceptiques vont par exemple utiliser des termes aux charges sémantiques équivoques (climatorassurisme, climatoréalisme, etc.), remettre en question la véracité des travaux du Giec [1], mettre en exergue les variations du climat à l'échelle du temps géologique (la Terre ayant toujours connu des périodes plus ou moins chaudes ou froides), ou bien encore expliquer que toute action mise en œuvre pour lutter contre le changement climatique relèverait en fait de l'autoritarisme liberticide. En d'autres termes, le doute est jeté sur tous les domaines, sans distinction.
De ce point de vue, il est important de noter que le climatoscepticisme peut prendre plusieurs formes : déni de l'origine anthropique du réchauffement, mise en exergue de prétendus cycles climatiques, remise en cause du rôle du CO2 ou technosolutionnisme chevronné sont autant de variables qui donnent sa redoutable vitalité au climatoscepticisme.
Lire aussi : Christophe Cassou : « Le climatoscepticisme a la couleur de l'extrême droite »
Mais que cachent les discours climatosceptiques ? Outre les intérêts économiques, on retrouve également la préservation d'un ordre social et de systèmes de domination spécifiques : domination de l'Homme sur ce que l'on appelle abusivement la « Nature » (incluant les autres espèces, l'intégralité de la biodiversité et les ressources), exploitation des ressources nécessaires à l'activité industrielle et économique, mais aussi domination de certaines communautés sur d'autres — notamment parce que les femmes ou les populations indigènes sont plus vulnérables au changement climatique, tout en représentant également les populations les plus promptes à proposer des innovations pour contrer ses impacts.
Des cibles et intérêts marqués
Au-delà de sa pérennité, les recherches ont montré à quel point le climatoscepticisme restait efficace pour retarder l'action politique. Il ne s'agit pas ici de dire que la classe politique est climatosceptique, mais qu'un certain nombre d'acteurs climatosceptiques finissent par diffuser des discours qui font hésiter les décideurs, retardent leurs actions ou font douter quant aux solutions ou alternatives à mettre en place.
La France n'échappe pas à cette tendance : entre les coups médiatiques de Claude Allègre, l'accueil de Greta Thunberg à l'Assemblée nationale ou encore les incursions de divers acteurs climatosceptiques (se désignant eux-mêmes comme climatoréalistes ou climatorassuristes), le paysage médiatique, politique et citoyen se retrouve régulièrement pollué par ce type de discours.
Doté de solides ressources financières, ce mouvement a pu contester les résultats scientifiques dans la sphère publique, afin de maintenir ses objectifs économiques et financiers.
Le Giec en a, par ailleurs, fait les frais de manière assez importante — et encore aujourd'hui ; régulièrement en effet, des scientifiques du Giec comme Jean Jouzel ou Valérie Masson-Delmotte, qui se sont engagés pour porter de manière pédagogique les travaux collectifs dans l'espace médiatique, se sont retrouvés la cible de critiques, notamment sur la véracité des données traitées, ou la raison d'être financière du groupement scientifique mondial. Cela est notamment régulièrement le cas sur les réseaux sociaux, comme le montrent les travaux de David Chavalarias.
Prôner les certitudes d'un « vieux monde inadapté »
Au-delà de ces constats informatifs, une question émerge : pourquoi sommes-nous si prompts à embrasser, de près ou de loin, certaines thèses climatosceptiques ? Pourquoi cette forme de déni, souvent mâtinée de relents complotistes, parvient-elle à se frayer un chemin dans les sphères médiatiques et politiques ?
Pour mieux comprendre cet impact, il faut prendre en considération les enjeux sociaux liés au réchauffement climatique. En effet, cette dimension sociale, voire anthropologique est capitale pour comprendre les freins de résistance au changement ; si la réaction au changement climatique n'était qu'affaire de chiffres et de solutions techniques, il y a longtemps que certaines décisions auraient été prises.
En réalité, nous avons ici affaire à une difficulté d'ordre culturel, puisque c'est toute notre vie qui doit être réorganisée : habitudes de consommation ou pratiques quotidiennes sont concernées dans leur grande diversité, qu'il s'agisse de l'utilisation du plastique, de la production de gaz à effet de serre, du transport, du logement ou de l'alimentation, pour ne citer que ces exemples.
« Il est le symptôme d'autodéfense d'un vieux monde qui refuse de mourir »
Le changement est immense, et nous n'avons pas toujours les ressources collectives pour pouvoir y répondre. De plus, comme le rappelle le philosophe Paul B. Preciado, nous sommes dans une situation d'addiction vis-à-vis du système économique et industriel qui alimente le changement climatique ; et pour faire une analogie avec l'addiction au tabac, ce ne sont jamais la conscience des chiffres qui mettent fin à une addiction, mais des expériences ou des récits qui font prendre conscience de la nécessité d'arrêter, pour aller vite. Cela étant, le problème est ici beaucoup plus structurel : s'il est aisé de se passer du tabac à titre individuel, il est beaucoup plus compliqué de faire une croix sur le pétrole, à tous les niveaux.
Paradoxalement, c'est au moment où les effets du changement climatique sont de plus en plus couverts par les médias que le climatoscepticisme reprend des forces, avec une population de plus en plus dubitative. Ce qui paraît paradoxal pourrait en réalité être assez compréhensible : c'est peut-être précisément parce que les effets sont de plus en plus visibles, et que l'ensemble paraît de plus en plus insurmontable, que le déni devient une valeur refuge de plus en plus commode. Il s'agirait alors d'une forme d'instinct de protection, qui permettrait d'éviter de regarder les choses en face et de préserver un mode de vie que l'on refuse de perdre.
Si le climatoscepticisme nous informe sur nos propres peurs et fragilités, il est aussi symptomatique du manque de récits alternatifs qui permettraient d'envisager l'avenir d'une tout autre manière. En effet, pour le moment, nous semblons penser la question du changement climatique avec le logiciel politique et économique du XXe siècle. Résultat : des récits comme le climatoscepticisme, le greenwashing, le technosolutionnisme (le fait de croire que le progrès technique règlera le problème climatique), la collapsologie ou encore le colibrisme (le fait de tout faire reposer sur l'individu) nous piègent dans un archipel narratif confus, qui repose plus sur nos croyances et notre besoin d'être rassurés, que sur un avenir à bâtir.
De fait, le climatoscepticisme prospère encore, car il est le symptôme d'autodéfense d'un vieux monde qui refuse de mourir. Sans alternative désirable ou réaliste, alors que nos sociétés et nos économies sont pieds et poings liés par la dépendance aux énergies fossiles, nos récits sont condamnés à tourner en rond entre déni, faux espoirs et évidences trompeuses.
C'est bien là tout le problème : si les chiffres sont importants pour se rendre compte de l'importance du changement et de ses conséquences (y compris pour mesurer les fameux franchissements des limites planétaires), ce n'est pas avec des chiffres seuls que l'on met en mouvement les sociétés et les politiques. Les tenants du climatoscepticisme ont parfaitement compris cette limite, en nous proposant les certitudes confortables d'un vieux monde inadapté, face aux incertitudes paralysantes d'un avenir qui sera radicalement différent du monde que nous connaissons, mais que nous avons le choix de pouvoir écrire.
Cette tribune a été initialement publiée sur le site The Conversation.
1. Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat
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Un hommage à Vivian Silver
Présentation : Vivian Silver (1949-2023) était une militante israélienne pour la paix et pour les droits des femmes. Elle a passé une grande partie de sa vie à faire campagne pour la liberté des Palestiniens et la fin de l'occupation. Elle a été tuée lors du massacre de Beere par le Hamas le 7 octobre 2023. Cet hommage a été publié pour la première fois le 14 novembre. Samah Salaime est une féministe et écrivaine palestinienne.
22 janvier 2024 | tiré d'aplusoc
https://aplutsoc.org/2024/01/22/un-hommage-a-vivian-silver-par-samah-salaime/
Hommage
La dernière fois que j'ai vu Vivian, c'était à Washington, D.C., lors d'une réunion ad hoc de militants palestiniens et israéliens en marge d'une conférence. Nous nous sommes réunis pour une séance de réflexion sur la difficile question de savoir comment relancer notre camp – le camp libéral-gauche-démocrate, comprenant à la fois Juifs et Palestiniens – après les élections israéliennes catastrophiques de novembre 2022 qui ont porté au pouvoir le gouvernement le plus d'extrême droite de l'histoire du pays. Nous avons ri, plaisanté et blagué, nous moquant de notre situation, mais il y avait une grande tristesse dans cette pièce lorsque Vivian a déclaré : « Je suis trop vieille pour créer et construire un autre corps politique ; je dois rejoindre ce qui existe déjà. »
« Ce qui est bien dans le fait d'être une vieille retraitée sarcastique, c'est que je peux dire à haute voix ce que je pense et je n'ai rien à perdre », a-t-elle poursuivi. « Notre camp a perdu plusieurs fois ; nous avons reçu de nombreux coups dans la figure. Et j'ai aussi vécu beaucoup de choses dans ma propre vie. J'ai beaucoup appris, à mes dépens, sur le partenariat arabo-juif, et je sais que lorsqu'il réussit, il réussit parce que chaque partie comprend que la justice qu'elle recherche dépend fortement de la justice de l'autre partie. Combler l'écart passe par un travail collaboratif et non par une lutte les uns contre les autres. »
Rien ne m'a préparé à l'amère nouvelle d'hier concernant la fin tragique de Vivian. J'ai ressenti un profond désespoir, comme si un gouffre sans fond s'était ouvert sous les fondations de l'humanité, où des milliers de personnes sont déjà enterrées – hommes, femmes, enfants, Palestiniens et Israéliens innocents. Des gens qui avaient souhaité la paix et qui n'ont pas vécu assez longtemps pour voir ce souhait se réaliser.
Déjà 39 jours se sont écoulés depuis ce terrible samedi 7 octobre. J'ai lu les messages que Vivian et son fils se sont envoyés alors qu'elle se cachait dans un placard contre les militants palestiniens qui ont attaqué le kibboutz Beeri. C'était comme si je sentais son cœur battre plus fort que les pas des meurtriers dans son salon.
J'ai essayé mille fois de l'imaginer emmenée dans leurs voitures à Gaza. « Qu'a-t-elle ressenti pendant ces moments ? » Je me demandais. Je pensais qu'elle aurait pu regarder avec des larmes de compassion dans les yeux les dizaines d'enfants palestiniens en haillons debout sur les bords des routes de Gaza, et qu'elle aurait peut-être prié pour eux dans son cœur. Vivian savait à quoi ressemblaient leurs vies sous le siège israélien, et elle aurait su ce qui allait leur arriver lorsque l'armée israélienne a commencé son assaut sans précédent sur la bande de Gaza.
« As-tu entendu ces bombes tomber là où tu étais ? » Je me suis dit. Ces bombes que tu détestais, parce que tu savais mieux que quiconque qu'elles n'apporteraient aucune solution ni sécurité à aucun d'entre nous.
Je m'étais convaincu que tu étais dans un endroit sûr, essayant de communiquer dans un Arabe mutilé avec ceux de ton entourage et essayant d'expliquer qui tu étais et ce que tu représentais : une activiste née sans réserve. Je t'imaginais réconfortant les enfants pris en otage avec toi, les occupant et calmant les autres femmes retenues sous terre pendant que la terre tremblait sous les frappes aériennes israéliennes. Les images que j'avais en tête et le titre que je n'arrêtais pas d'imaginer – « Une militante pour la paix libéré » – ne parviendront jamais aux médias. Au lieu de cela, hier soir, nous avons lu : « Une activiste du Corps de la Paix de Beeri identifiée. »
Jusqu'à ce moment-là, je n'ai pas cru un seul instant que tu n'étais plus parmi nous. J'étais sûr que tu survivrais à ce mal et que tu vivrais pour nous en parler, et même nous divertir avec des histoires sur la jalabiya qu'on t'avait donné de porter – une faite pour une femme beaucoup plus grande que ta petite silhouette. Vivian, ma chérie, nous n'aurons jamais ce moment.
Une « épée de fer » ne peut que tuer !
Vivian Silver est née à Winnipeg, au Canada, en 1949, et a immigré en Israël en 1974. Pendant des dizaines d'années, elle a été une militante sociale impliquée dans des projets promouvant les droits des femmes et plaidant pour la paix. En tant que codirectrice du Centre arabo-juif pour l'autonomisation, l'égalité et la coopération – Institut du Néguev pour les stratégies de paix et de développement économique (AJEEC-NISPED), elle a travaillé pour améliorer la vie de la communauté bédouine du Naqab/Negev, contribuer à faire progresser une société partagée. Elle était active au sein de l'organisation Women Wage Peace, membre du conseil d'administration du groupe de défense des droits humains B'Tselem et bénévole pour The Road to Recovery, qui aide à transporter les patients [palestiniens] atteints de cancer de Gaza vers les hôpitaux israéliens.
L'une des choses qu'elle répétait souvent, et qui résume, je pense, sa philosophie de vie, c'est : « Si le seul outil dont vous disposez est un marteau, alors chaque problème ressemble à un clou. » Je lui ai dit un jour : « Tu sais, le peuple palestinien n'est pas un morceau de bois, pas même un morceau de métal. Nous sommes faits de roche dure, il sera donc difficile pour un marteau entre les mains d'un idiot de nous écraser. »
Vivian croyait au pouvoir des femmes et au pouvoir de la compassion et de l'amour – dans le sens simple et complètement naïf de ces mots. Elle savait, comme beaucoup d'entre nous, Palestiniens et militants pacifistes israéliens, que l'armée ne peut pas apporter la paix et qu'une « épée de fer » – le nom que l'armée israélienne a donné à son « opération » à Gaza – ne peut que tuer. Le marteau écrase tout sur son passage. Même ceux d'entre nous, Palestiniens et Israéliens, qui survivront à cette guerre en sortiront écrasés par le chagrin.
Nous érigerons une tente de deuil par misère et par regret face à la montagne de victimes et aux destructions qui subsistent. Et aucun « déluge d'Al Aqsa » – comme le Hamas a appelé sa propre « opération » du 7 octobre – ne rendra les milliers d'enfants qui ont perdu la vie à Gaza et dans le sud ; aucun drapeau de victoire ne flottera sur les côtes de Gaza alors qu'elles sont frappées par les vagues sanglantes de l'assaut israélien.
Là-dessus, Vivian, je sais que tu rencontreras tes amis – parmi lesquels Eiman, Tofaha et Maha, partenaires militants palestiniens de Gaza. Tu seras accueillie par des milliers d'autres victimes, notamment des femmes qui n'ont jamais cessé de lutter pour la paix et des Palestiniens qui ont été assassinés par l'armée israélienne et enterrés sous les décombres alors qu'ils tenaient toujours leurs enfants pendant que nous priions pour leur sécurité.
Source : https://workersliberty.org/story/2024-01-17/tribute-vivian
Traduction par nos soins. (aplusoc)
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Les travailleurs exigent un cessez-le-feu : l’UAW et les syndicats des travailleurs de l’électricité et des postes appellent à la fin de l’assaut israélien contre Gaza. 1ère partie.
Introduction Aplutsoc
Il se passe des choses dans le mouvement ouvrier américain. Des secteurs comme celui de l'UAW qui a récemment mené une vague de grèves pour maintenir une convention collective digne de ce nom dans l'automobile, prennent leur distance avec la politique étrangère de Biden concernant Israël et la Palestine. Nous entamons la publication de documents issus d'interviews réalisés par la journaliste Amy Goodman sur son site Democracy Now !, un média de référence au sein de la gauche US.
18 janvier 2024 | tiré de de Democracy now | traduction aplusoc | Bill Fletcher (à gauche) et Jeff Schuhrke
Source : https://www.democracynow.org/2023/12/26/us_labor_movement_israel_palestine
Présentation par Democracy Now
Les syndicats à travers les États-Unis ont commencé à évoluer d'une longue histoire de soutien à Israël vers une condamnation de l'occupation israélienne de la Palestine, au milieu d'appels croissants pour un cessez-le-feu à Gaza où l'offensive israélienne de 80 jours a tué plus de 20 000 personnes. Alors que les demandes de cessez-le-feu, des enseignants aux travailleurs de Starbucks, sont publiées à travers le pays et qu'une grande marche menée en partie par les responsables syndicaux à New York a appelé les membres du Congrès à cesser de prendre l'argent de la campagne menée par les lobbyistes pro-israéliens, Democracy Now ! s'entretient avec le syndicaliste de longue date Bill Fletcher et l'historien du travail Jeff Schuhrke, de l'histoire des relations du mouvement syndical américain avec Israël et la Palestine, du conflit entre le sioisme de Biden et son soutien aux syndicats et de la « chute libre » du mouvement syndical sur la manière de répondre à la guerre contre Gaza.
AMY GOODMAN : Nous observons à présent la pression croissante du mouvement syndical américain sur le président Biden pour qu'il exige un cessez-le-feu dans l'attaque israélienne contre Gaza, soutenue par les États-Unis. Les syndicats ont aidé à organiser une marche vers le siège de l'AIPAC(1) ici à New York jeudi dernier pour appeler les législateurs à refuser l'argent des lobbyistes pro-israéliens pour leur campagne. Il s'agit du président de United Auto Workers, Shawn Fain, qui s'exprime aux côtés de membres progressistes du Congrès lors d'une conférence de presse jeudi à Capitol Hill.
Extraits de reportage télévisé
SHAWN FAIN : Nous ne pouvons pas bombarder notre chemin vers la paix.
REP . CORI BUSH (2) : C'est vrai !
SHAWN FAIN : La seule voie à suivre est de construire la paix et la justice sociale, par le biais d'un cessez-le-feu. … En tant que syndiqués, nous savons que nous devons nous battre pour tous les travailleurs et toutes les personnes qui souffrent dans le monde. Nous devons lutter pour l'humanité. Cela signifie que nous devons restaurer les droits fondamentaux de la population et permettre à l'eau, à la nourriture, au carburant et à l'aide humanitaire d'entrer à Gaza. »
[Fin des extraits]
AMY GOODMAN : Pour en savoir plus, nous sommes rejoints par deux invités. à Washington.
A Washington Bill Fletcher, syndicaliste de longue date, co-fondateur du Réseau de solidarité avec l'Ukraine (USC), membre du comité de rédaction de The Nation , où son dernier article est intitulé « Gaza, Biden et une voie à suivre ».
Et à Chicago, nous sommes rejoints par Jeff Schuhrke. Il est historien du travail, journaliste, militant syndical et professeur adjoint à la School of Labour Studies de la SUNY Empire State University à New York. Son dernier article pour Jewish Currents est « Le problème de la machine de guerre syndicale ». Ses articles récents pour In These Times , « L' AFL-CIO a écrasé la résolution de cessez-le-feu de son Conseil. Qu'est-ce que cela dit sur le mouvement ouvrier à l'heure actuelle ? » et « L'histoire du soutien à Israël par le mouvement ouvrier – et « Le changement climatique pendant la guerre à Gaza », qui a également été publié dans le magazine Jacobin sous le titre « Le mouvement ouvrier américains devrait agir avec audace et choisir la solidarité avec la Palestine ».
Nous vous souhaitons la bienvenue à Democracy Now ! Jeff Schuhrke, commençons par vous. Si vous pouviez simplement passer en revue tous les syndicats, depuis le Syndicat des Postiers unis jusqu'au puissant UAW , United Auto Workers, et parler du militantisme pour Gaza auquel nous assistons aujourd'hui ?
JEFF SCHUHRKE : Bonjour et merci de m'avoir invité.
Oui, depuis octobre, des dizaines de syndicats et d'organisations syndicales aux niveaux local, des états, aux niveaux régional et national ont appelé à un cessez-le-feu. Il y a une déclaration, un mouvement syndical américain qui appelle à un cessez-le-feu. Cela comprend un appel au retour de l'approvisionnement en nourriture, en carburant, en eau et en électricité à Gaza et un appel à la libération de tous les otages, lancé vers le 17 octobre par le syndicat United Electrical Radio and Machine Workers (UE) qui est un syndicat relativement petit, mais historiquement très progressiste ici aux États-Unis. Ainsi, l'UE, aux côtés des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (UFCW, section locale 3000), a lancé cette pétition en appelant au cessez-le-feu et a demandé à d'autres syndicats à y adhérer. Et jusqu'à présent, comme je l'ai dit, je ne compte plus ceux qui y ont adhéré. Et d'autres syndicats ont également publié leurs propres déclarations et résolutions appelant à un cessez-le-feu. Il s'agit de syndicats d'enseignants et de travailleurs universitaires, de travailleurs de la santé, de couvreurs, de peintres, de dockers.
AMY GOODMAN : Pouvez-vous énumérer certains des syndicats ?
JEFF SCHUHRKE : Oui, oui, bien sûr. Certainement. J'ai donc mentionné le United Electrical Workers, l'American Post Workers Union, le United Auto Workers, le 1199 SEIU, qui est le plus grand syndicat de soins de santé du pays, le National Nurses United, l'International Longshore and Warehouse Union Local 10, le Chicago Teachers Union, le Boston Teachers Union, plusieurs sections locales de la Fraternité internationale des ouvriers en électricité, et ainsi de suite. Cela prendrait beaucoup de temps.
Mais ceux-ci représentent des millions de travailleurs à travers le pays. Et je pense que cela illustre le fait que, comme le montrent régulièrement les sondages, une majorité de personnes dans ce pays soutiennent les appels à un cessez-le-feu. Et lorsque vous parlez de la majorité de la population de ce pays, vous parlez de ceux de la classe ouvrière. Et quand ils ont des organisations, comme les syndicats, qui représentent leurs voix, qui leur donnent démocratiquement la parole, alors vous allez voir ces organisations, ces syndicats exprimer la position de la classe ouvrière, qui dans ce cas est un appel à la fin du massacre et un cessez-le-feu. Oui.
JUAN GONZÁLEZ : Mais, Jeff, nous avons évidemment encore un nombre considérable de syndicats nationaux qui ne prennent pas cette position. Et vous avez expliqué, dans des articles précédents, le rôle de l' AFL-CIO dans le soutien basique, pendant des décennies et des décennies, des projets de l'empire américain à travers le monde. Et vous avez écrit sur ce gars, Jay Lovestone, qui était un ancien communiste et qui a joué un rôle majeur dans la participation de l' AFL-CIO avec la CIA à des entreprises impérialistes. Je me demande si vous pourriez en parler à certains de nos jeunes téléspectateurs et auditeurs qui n'ont peut-être jamais entendu parler de Jay Lovestone.
JEFF SCHUHRKE : Oui. Il y a une histoire vraiment malheureuse et affreuse de la bureaucratie syndicale américaine, et de l' AFL – CIO en particulier, qui a travaillé main dans la main avec l'appareil de la politique étrangère des États-Unis, spécialement pendant les décennies de la guerre froide, entre les années 1940 et 1990 environ, en collaborant avec le Département d'État, la CIA et d'autres entités du gouvernement fédéral pour tenter de saper les syndicats dans les pays étrangers, en particulier les syndicats plus à gauche, les syndicats anti-impérialistes, et diviser les mouvements ouvriers. Jay Lovestone (3) a été pendant de nombreuses années directeur du département des affaires internationales de l'AFL-CIO. Il était également un agent de la CIA . C'est une longue histoire.
Mais surtout lorsqu'il s'agit d'Israël et du sionisme, il y a aussi une longue histoire dans laquelle les directions syndicales américaines sont parmi les plus fervents partisans du mouvement sioniste aux États-Unis, remontant jusqu'en 1917, et soutiennent fortement l'État d'Israël, pas seulement d'un soutien en paroles ou politique, mais aussi un soutien matériel, avec des millions et des millions de dollars donnés par les syndicats américains, d'abord aux premières colonies sionistes, avant l'État d'Israël, puis à l'État d'Israël pour le logement, pour les cliniques, pour les centres communautaires, les stades de sports. Ainsi, tout au long des années 1950 et 1960, dans les premières décennies d'Israël, bon nombre de ces types d'établissements publics portaient les noms de célèbres dirigeants syndicaux américains, comme Walter Reuther, George Meany, Jimmy Hoffa, vous savez, des orphelinats et des stades sportifs nommés après les dirigeants syndicaux américains en raison de ce soutien matériel. Il y a aussi les obligations de l'État d'Israël, dont les syndicats américains sont parmi les plus gros acheteurs depuis de nombreuses décennies. Il s'agit de l'argent que les syndicats américains reçoivent en cotisations, en fonds de retraite ou en fonds de santé, et qui est directement investi dans l'État d'Israël pour des projets d'infrastructures.
JUAN GONZÁLEZ : Eh bien, Jeff, en ce qui concerne spécifiquement ces obligations israéliennes, je me souviens avoir participé dans les années 1980 à une collecte de fonds des syndicats de Philadelphie pour la fédération du travail israélienne. Et l'un des dirigeants s'est levé à ce moment-là et a déclaré : « Nous investissons des millions de dollars dans des obligations israéliennes provenant de notre fonds de pension, mais les membres me disent parfois qu'elles ne produisent pas un aussi bon rendement. Mais je leur dis que c'est la bonne chose à faire. Ainsi, de nombreux syndiqués ne savent pas que leurs fonds ont été investis dans des obligations israéliennes pendant des décennies.
JEFF SCHUHRKE : Oui. Mais il y a aussi eu une sorte de mouvement lent mais sûr – lentement mais sûrement, de la base, pendant plusieurs décennies, pour tenter de lutter contre cela. Il y a 50 ans, en 1973, les travailleurs arabes américains de l'automobile de Détroit, membres du syndicat United Auto Workers UAW), ont organisé une grève sauvage à l'usine d'assemblage Dodge Main, pour protester contre la décision de la direction de l'UAW d'acheter pour 785 000 $ d'obligations de l'État d'Israël et ont appelé les dirigeants de l'UAW à désinvestir.
Ainsi, au cours des 20 dernières années environ, vous savez, il y a eu le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), dirigé par des Palestiniens, y compris des syndicats palestiniens, et certains syndicats aux États-Unis ont tenté de soutenir le BDS et ont parlé de la façon dont leurs propres fonds, leurs propres cotisations et fonds de pension, sont investis en Israël.
C'est donc l'un des éléments importants, à mon avis, de l'appel récent à un cessez-le-feu lancé par l'UAW. Ils ont également créé un nouveau groupe de travail appelé Groupe de travail sur le désinvestissement et la transition juste qui va examiner les propres investissements de l'UAW en Israël pour discuter d'un éventuel désinvestissement et quand ils parlent de transition juste, ils parlent de l'industrie de l'armement, parce que l' UAW représente des milliers de travailleurs des usines d'armement américaines, des armes qui sont envoyées en Israël. Et si nous voulons parler de la fermeture de ces usines, nous devons aussi parler de ce qui arrive aux gens qui y travaillent et qui sont syndiqués. Et donc, une transition juste est proche d'une idée similaire : ce qui arrive aux travailleurs des combustibles fossiles lors de la transition vers une économie verte, en s'assurant – et cela remonte à un précédent, vous savez, dans les années 1970 et 1980, des appels à une économie de conversion, ou conversion d'une économie de temps de guerre à une économie de temps de paix. Ainsi, le fait que la nouvelle direction de l' UAW, sous la direction du président Shawn Fain, se soit engagé à œuvrer pour atteindre ces objectifs est, je pense, probablement encore plus significatif que les appels à un cessez-le-feu, car, après tout, un cessez-le-feu est en quelque sorte un strict minimum ici.
AMY GOODMAN : Bill Fletcher, je voulais vous faire entrer dans ce débat. Vous faites partie du comité de rédaction de The Nation , votre nouvel article intitulé « Gaza, Biden et une Voie à suivre ». Et vous avez écrit , pour In These Times , « La plus grande menace du mouvement fasciste : les syndicats ». Pouvez-vous parler de ce que cela signifie ?
BILL FLETCHER : Amy, Juan, merci de m'avoir invité dans ce programme.
Si je le peux, je veux juste dire une chose avant d'aborder cette question. Le mouvement syndical américain a toujours été divisé sur les affaires internationales, depuis la guerre hispano-américaine jusqu'à la guerre civile espagnole, en passant par la guerre du Vietnam, l'Amérique centrale et l'Afrique du Sud. Ce qui a été une position généralement confirmée, pour en revenir à votre point, Juan, se situe au niveau de la direction nationale de l' AFL – CIO , et la plupart des syndicats ont été largement en phase avec la politique étrangère américaine, mais pas toujours. Maintenant, ce qui est différent, c'est que lorsqu'il s'agit d'Israël et de la Palestine, jusqu'à assez récemment, au niveau national, il n'y avait presque aucune discussion sur des points de vue alternatifs par rapport au soutien à Israël. Et donc, c'est ce qui change, et il est vraiment très important de le souligner.
Et l'une des choses, Amy, en réponse à votre question, c'est qu'il existe une grande peur au sein du mouvement syndical quant à ce qui va se passer en novembre 2024 et à ce qui se passera que ce soit Biden ou qui que ce soit qui soit élu. Ainsi, avec l'attaque du 7 octobre, le Hamas et le génocide israélien qui a suivi, le mouvement syndical s'est retrouvé dans une impasse quant à la manière de réagir. Et une partie de cette réponse consiste à revenir à sa position générale de soutien à tout ce que fait Israël. Une autre position est celle du silence. Et puis une position croissante, que nous observons maintenant, et qui est représentée par l' APWU , l'UAW , le NNU et d'autres, consiste à adopter une position critique sur les points de vue ou sur la politique des États-Unis et d'Israël. Et c'est là que nous devrions avoir de l'espoir.
AMY GOODMAN : Et qu'en est-il du président Biden, Bill Fletcher ? Vous avez cette discussion vraiment intéressante en ce moment alors que nous entrons dans l'année de l'élection présidentielle. Regardez le Michigan, l'immense communauté arabo-américaine de Dearborn, vous savez, les United Auto Workers si puissants. Et il semble que, pour le moins, il ait rendue furieuse la communauté arabo-américaine- palestinienne du Michigan– bien qu'il soit l'un des plus forts supporters des syndicats si l'on regarde les présidents.
BILL FLETCHER : Eh bien, ils sont légitimement furieux. Et le reste d'entre nous devrait l'être. Comme vous l'avez dit, Biden est probablement le président le plus pro-travailleurs que nous ayons eu depuis des décennies. Mais le problème avec sa réponse à Gaza, qui est l'une des raisons pour lesquelles je pense qu'il devrait vraiment se retirer et qu'il devrait y avoir un autre candidat à la présidence sur la liste démocrate, c'est que Biden est fondamentalement sioniste. Il y croit. Je veux dire que ce n'est pas seulement le genre d'opportunisme que nous avons vu avec Obama, en réalité, je ne pense pas qu'il était sioniste, mais pour des raisons très opportunistes, il était prêt à s'aligner sur le soutien d'Israël sur de nombreux points. Je pense que Biden lui y croit réellement.
Et sa proximité avec Netanyahu défie la politique. Cela défie la réalité. Cela défie l'humanité de ne pas pouvoir regarder ce qui se passe et, même au niveau politique pragmatique, dire : « Attendez une minute. Attendez. Attendez. Réévaluons la situation » et, au mieux, appelons à une plus grande aide humanitaire aux Palestiniens. C'est inacceptable. Et je pense que c'est pourquoi il est vraiment important de marteler l'administration avec la question de la Palestine. Nous y reviendrons en novembre.
AMY GOODMAN : Nous allons devoir en rester là, Bill, mais nous allons poursuivre la discussion et la publier en ligne sur freedomnow.org
Notes
AIPAC ou American Israël Public Affairs Committee est un lobby créé en 1963 aux États-Unis visant à soutenir Israël.
Cori Bush, née le 21 juillet 1976 à Saint-Louis (Missouri), est élue pour le Parti Démocrate lors des élections fédérales de 2020 à la Chambre des représentants des États-Unis dans le 1er district congressionnel du Missouri. Elle est membre des Democratic Socialists of America (DSA)
Jay Lovestone a été durant les années 1920s le dirigeant de la fraction des boukhariniens au sein du PC américain. Après la défaite de Nicolas Boukharine et de ses partisans au sein de l'Internationale Communiste et du PCUS, puis de la répression de tous les courants issus du bolchevisme au sein du parti communiste d'URSS durant les purges sanglantes de 1936 à 1938, Jay Lovestone changea d'allégeance et mit sa fraction au service des dirigeants syndicaux du CIO. En 1948, son fidèle lieutenant Irwing Brown fut celui qui apporta les « fameuses » valises de dollars donnés par le CIO aux fondateurs de Force Ouvrière. Le CIO sera ensuite caricaturé en « AFL-CIA » par les staliniens alors même que l'AFL-CIO ne naîtra que plus tard (1955) de la fusion de l'AFL et du CIO.
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Les travailleurs exigent un cessez-le-feu : l’UAW et les syndicats des travailleurs de l’électricité et des postes appellent à la fin de l’assaut israélien contre Gaza. 2ème partie
Suite de l'article qui traite de la façon dont des secteurs de gauche du syndicalisme américain réagissent au contexte international marqué par la guerre à Gaza … et en Ukraine.
23 janvier 2024 | tiré de Democracy now ! | traduction aplutsoc | Photos ; Bill Fletcher (à gauche) et Jeff Schuhrke (à droite)
AMY GOODMAN : Nous poursuivons avec la deuxième partie de notre examen de la manière dont le mouvement syndical américain augmente la pression sur le président Biden pour qu'il exige un cessez-le-feu dans l'offensive israélienne soutenue par les États-Unis, contre Gaza. Les syndicats ont aidé à organiser une marche vers le siège de l'AIPAC – l'American Israel Public Affairs Committee – ici à New York jeudi dernier, pour appeler les législateurs à cesser d'accepter les contributions financières à la campagne des lobbyistes pro-israéliens. Les syndicats ont appelé à un cessez-le-feu – parmi eux, United Auto Workers, United Electrical Workers, American Post Workers Union, 1199SEIU, les syndicats d'enseignants de Chicago et de Boston, pour n'en citer que quelques-uns.
Pour en savoir plus, nous sommes rejoints à Chicago par Jeff Schuhrke, historien du travail, journaliste et professeur adjoint à la School of Labour Studies de la SUNY Empire State University, ici à New York et à Washington, DC, par Bill Fletcher, syndicaliste de longue date, membre du Réseau de solidarité avec l'Ukraine, membre du comité de rédaction de The Nation , qui a écrit un certain nombre d'articles sur Gaza et Biden.
JUAN GONZÁLEZ : Oui, je voulais commencer par Bill Fletcher. Bill, dans la première partie de notre entretien, vous avez soulevé la question sur laquelle vous avez écrit, suggérant, étant donné la profonde impopularité du président Biden, en particulier parmi les jeunes, compte tenu de sa position sur l'attaque israélienne, la poursuite des attaques contre Gaza , que le président Biden devrait démissionner – ou accepter de ne pas se représenter. Et je voulais explorer cela un peu plus avec vous, parce que, clairement, ce n'est pas inconcevable. Pour ceux qui s'en souviennent, dans les années 1960, le président Johnson a annoncé le 31 mars d'une année électorale qu'il ne se présenterait pas à la réélection, compte tenu de l'énorme échec de sa politique au Vietnam, ce qui a déclenché une course effrénée. Bobby Kennedy s'est lancé dans la course. Eugene McCarthy, bien entendu, était à l'époque le candidat anti-guerre. Et cela s'est terminé par une convention négociée, avec Hubert Humphrey comme candidat. Mais bien sûr, Humphrey a ensuite été battu par Richard Nixon aux élections générales. Je me demande ce que vous pensez du genre de scénario qui pourrait éventuellement se produire si la pression augmentait sur Biden pour qu'il se retire.
BILL FLETCHER : Merci, Juan. Donc, pour clarifier, vous avez raison : je cherche à ce que Biden ne cherche pas à être réélu, fondamentalement… une répétition de ce que nous avons eu en 1968, comme vous l'avez souligné, avec le retrait de Johnson. Et je pense que cette discussion a lieu dans tout le pays. Vous savez, avant le 7 octobre, je n'étais pas tellement préoccupé par l'impopularité de Biden. C'est très courant. Mais ce qui s'est passé après le 7 octobre est très troublant, car il perd des électeurs plus jeunes, et particulièrement des électeurs de couleur, qui sont vraiment consternés par sa position sur Israël, la Palestine et la guerre à Gaza. Et donc, c'est vraiment ma préoccupation en ce moment. Et nous devons avoir, à l'approche du mois de novembre, un front fort contre les forces MAGA , actuellement dirigées par Trump. Je ne pense pas que Biden puisse faire cela pour le moment.
Donc il y a un certain nombre de possibilités. Le plus important, je pense, est que s'il y a suffisamment de pression, il peut alors se retirer, ce qui ouvre de nombreuses discussions sur un candidat alternatif. Et cela nous amènerait probablement à la convention démocrate. Maintenant, beaucoup de gens diront : « Oui, mais regardez ce qui s'est passé en 1968. Il y avait une opposition à Johnson. Johnson se retire et Nixon gagne. Et c'est exact. Et le refus d'Humphrey de se démarquer de la politique de Johnson a tué son élection – sa possibilité d'être élu. Espérons que nous en aurons tiré une leçon.
AMY GOODMAN : Jeff Schuhrke, vous avez écrit un article sur les syndicats des industries de l'armement et la machine de guerre américaine. Pouvez-vous expliquer.
JEFF SCHUHRKE : Oui. Comme nous le savons, l'assaut contre Gaza est en réalité alimenté et financé par le gouvernement américain, à bien des égards, et les armes utilisées à Gaza, les missiles, les bombes, les avions de combat, ont été fabriqués ici aux États-Unis. . Ainsi, lorsque nous parlons de syndicats appelant à un cessez-le-feu ou de syndicats jouant un rôle pour mettre fin à la violence, nous devons évoquer le fait que de nombreux travailleurs des usines d'armement ici aux États-Unis, de nombreuses personnes qui travaillent dans le complexe militaro-industriel, sont membres de syndicats, représentés par des syndicats comme l' UAW et l'Association internationale des machinistes (IAM).
Et je dois également dire – dans un contexte important – que les syndicats palestiniens, y compris la Fédération générale palestinienne des syndicats, ont lancé un appel international à la solidarité envers les syndicats d'autres pays du monde, leur demandant de ne pas participer à la fabrication ou au transport. d'armes pour Israël. Cela crée donc une sorte de dilemme pour le mouvement syndical américain, en particulier pour les militants syndicaux anti-guerre, s'ils sont opposés à l'attaque actuelle d'Israël sur Gaza ou s'ils sont simplement opposés au militarisme, à la guerre et à l'impérialisme en général.
Si nous voulons parler de l'arrêt de la machine de guerre et du démantèlement du complexe industriel – militaro-industriel, nous devons reconnaître le fait qu'il y a environ 2 millions de travailleurs américains dans l'industrie de la défense et de l'aérospatiale, et qu'au moins des dizaines de milliers d'entre eux sont membres de syndicats. Donc …
AMY GOODMAN : Vous avez parlé du syndicalisme palestinien. Donnez-nous un peu d'histoire du militantisme syndical arabo-américain dans son ensemble et du rôle qu'il a joué.
JEFF SCHUHRKE : Oui. A la fin des années 1960 et dans les années 1970, il y a eu une vague assez importante d'immigration arabe aux États-Unis, en particulier dans la région de Détroit, où de nombreux immigrants arabes, arabes américains, y compris palestiniens, travaillaient dans l'industrie automobile. Cela inclut le père de la députée Rashida Tlaib (1), qui travaillait à l'usine d'assemblage Ford Flat Rock, près de Détroit. Et ils ont été confrontés à beaucoup de racisme et de discrimination.
C'était l'époque de la Ligue des Travailleurs Noirs Révolutionnaires, de nombreux travailleurs noirs de l'automobile de l' UAW qui étaient influencés par le mouvement Black Power et qui étaient témoins de beaucoup de racisme systématique au sein du mouvement ouvrier, au sein de l' UAW , et s'organisaient. contre cela, en s'organisant également contre le capitalisme, plus largement. Et certains d'entre eux – la Ligue des Travailleurs Noirs Révolutionnaires – ont été l'un des premiers groupes de membres de syndicats à s'exprimer en solidarité avec les Palestiniens.
Quoi qu'il en soit, en 1973, lors de la guerre d'octobre entre Israël, l'Égypte et la Syrie, des membres de la communauté arabe de Détroit, dont des milliers de travailleurs de l'automobile, ont appris que l' UAW avait financé essentiellement le gouvernement israélien. Et c'était évidemment le cas – ils n'avaient jamais eu leur mot à dire là-dessus. Ils n'en étaient pas conscients. Ils organisèrent donc une série de manifestations, y compris, en novembre 1973, une grève sauvage d'une journée, au cours de laquelle environ 2 000 travailleurs arabes de l'automobile, rejoints par certains de leurs collègues noirs, fermèrent l'usine d'assemblage de Dodge Main pour appeler les dirigeants de l'UAW à se débarrasser de leurs obligations israéliennes. Et ils ont fini par former un Caucus des travailleurs arabes au sein du syndicat qui a été actif pendant plusieurs années et a réussi à amener le syndicat à se débarrasser d'un peu de ses obligations émises par l'État d'Israël
Et au cours des dernières décennies, une partie de ce type d'actions s'est poursuivie, non seulement au sein de l' UAW , mais aussi dans d'autres syndicats, dans d'autres secteurs du mouvement syndical, avec des syndicats ou des conseils centraux du travail essayant de présenter des déclarations, des résolutions de solidarité. avec les Palestiniens, mais ils se heurtent souvent à la résistance des dirigeants syndicaux nationaux qui disent : « Ce n'est pas notre politique. Vous ne pouvez pas dire ça ». Ainsi, par exemple, en parlant encore une fois de l' UAW, entre fin 2014 et début 2016, trois sections locales de syndicats de travailleurs diplômés, qui sont toutes affiliées à l' UAW, à l'Université de Californie, à l'Université du Massachusetts et à NYU, ces syndicats de travailleurs diplômés affiliés à l'UAW ont adopté des résolutions approuvant le BDS, le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions. Et les dirigeants nationaux – ou internationaux de l'UAW – ont effectivement annulé ces résolutions. Ils ont dit : « Vous ne pouvez pas. Ce n'est pas notre politique de boycotter ou de désinvestir d'Israël. » Et même s'ils ont constaté que ces résolutions avaient été votées de manière parfaitement démocratique et qu'il n'y avait rien et c'était le cas – il n'y avait eu aucun acte répréhensible, ils ont néanmoins, la direction de l'UAW , annulé ces résolutions. Et un de leurs arguments était que certaines des entreprises à boycotter ont des productions d'armement et que leurs travailleurs sont représentés par l' UAW .
Plus récemment, en 2021, après la dernière attaque israélienne contre Gaza, le Conseil du travail de San Francisco se préparait à voter une résolution, une résolution BDS, et l' AFL – CIO nationale est intervenue et a dit, « vous savez, les conseils centraux du travail, qui sont agréés par l' AFL -CIO nationale , ils doivent être en adéquation avec la politique de l'AFL -CIO nationale ». Et parce que l' AFL – CIO nationale ne boycotte pas Israël, ils leur ont dit : « Vous ne pouvez pas voter cela. Vous ne pouvez pas voter pour boycotter Israël. »
Et puis, plus récemment… en octobre de cette année, au Conseil central du travail Thurston-Lewis-Mason, qui se trouve à Olympia, Washington, les délégués de ce conseil du travail ont voté à l'unanimité pour adopter une résolution appelant à un cessez-le-feu et s'opposant à la fabrication et à l'expédition de armes à Israël. Et encore une fois, l' AFL – CIO nationale est intervenue et a dit : « Vous ne pouvez pas faire ça », ce qui leur a fait retirer la déclaration de leur site Web et des réseaux sociaux. Néanmoins, quelques autres Conseils centraux du travail, dans l'ouest du Massachusetts, à Austin au Texas, à San Antonio, ont récemment adopté leurs propres résolutions de cessez-le-feu, défiant ainsi, semble-t-il, l'AFL – CIO nationale .
Il y a donc pas mal de tension ici. Cela nous ramène à ce que Bill Fletcher a dit dans la première partie sur la division qui a toujours existé au sein du mouvement syndical sur les questions internationales. Et souvent, cela ressemble à un fossé entre certains des plus hauts responsables et des membres de syndicats locaux ou de la base ou des dirigeants locaux.
JUAN GONZÁLEZ : Jeff, je me demande si vous pourriez parler de la différence entre ce qui se passe aux États-Unis et ce qui se passe dans d'autres pays, alors que le mouvement syndical palestinien demande des actions de solidarité dans d'autres pays. Que se passe-t-il en Europe ou dans les pays du Sud parmi les syndicats en réponse aux attaques israéliennes sur Gaza ?
JEFF SCHUHRKE : Oui. Dans de nombreuses autres régions du monde, les syndicats vont au-delà de simples déclarations et résolutions et prennent effectivement des mesures concrètes. Ainsi, par exemple, les dockers de Gênes, en Italie, et de Barcelone, en Espagne, ont déclaré qu'ils refuseraient de manipuler toute cargaison israélienne, je pense en particulier les armes destinées à Israël. Un syndicat des cheminots au Japon a dit la même chose. Les mineurs de charbon colombiens ont déclaré qu'ils ne voulaient pas envoyer de charbon en Israël pour alimenter la machine de guerre israélienne. La plupart des principaux syndicats indiens ont publié une déclaration appelant le gouvernement indien à ne pas fournir de soutien matériel à Israël. Et des syndicalistes du Royaume-Uni, d'Australie et du Canada ont participé et organisé des manifestations dans des usines d'armement, les bloquant, les fermant, au moins pendant quelques heures. Et c'est ce que les syndicats palestiniens ont spécifiquement demandé : faire obstacle et perturber la machine de guerre.
Ici aux États-Unis, des manifestations ont eu lieu contre certains fabricants d'armes, mais elles ont pour la plupart été menées par des membres de la communauté et pas nécessairement soutenues par les syndicats ou les membres des syndicats qui travaillent dans ces usines. Mais dans le passé, en 2010, 2014 et 2021, l'Union internationale des débardeurs et des entrepôts, la section locale 10 de l'ILWU , qui regroupe les dockers de la côte ouest, et la section locale 10 de la Bay Area, ont refusé à trois reprises de manutentionner des marchandises israéliennes sur les navires de la ZIM Lines. C'est la principale compagnie maritime israélienne. Il y avait des piquets menés par des membres de la communauté, et les dockers de l'ILWU ont refusé de franchir ces lignes de piquets et n'ont pratiquement pas déchargé ces cargos israéliens. Et puis, cette année, plus récemment, début novembre, il y a eu également des piquets dirigés par la communauté contre un navire de ravitaillement militaire américain, d'abord à Oakland, puis à Tacoma. Et je sais que lors des manifestations, des piquets de grève à Oakland, certains membres de l' ILWU l'ont soutenu. Mais à part cela, il n'y a pas eu autant d'actions directes aux États-Unis pour tenter d'arrêter la machine de guerre. Il s'agit principalement de déclarations et de résolutions appelant à un cessez-le-feu.
AMY GOODMAN : Bill Fletcher, syndicaliste, l'un des responsables du Réseau de solidarité ukrainien, membre du comité de rédaction de The Nation , a écrit « Gaza, Biden et une Voie à suivre » pour The Nation et a écrit « La plus grande menace pour le mouvement fasciste : les syndicats ? » dans In These Times. Et cela fait suite à la question précédente de Juan. Vous avez parlé de Biden et avez dit que vous pensiez qu'il devrait se retirer de la candidature à la présidence l'année prochaine. Mais si vous pouviez parler du rôle du président Trump en matière de Travail ? Il y avait le président Biden sur un piquet de grève, et le président Trump est ensuite intervenu et s'est rendu dans une entreprise non syndiquée. Parlez de ce que vous considérez comme un appel de Trump à un certain nombre de travailleurs de ce pays et des menaces qu'il représente dans ce pays.
BILL FLETCHER : Amy, c'est une menace énorme, à la fois pour les travailleurs, mais aussi si vous regardez le Moyen-Orient. Permettez-moi donc de commencer ma réponse en soulignant que ce que nous voyons à Gaza, à bien des égards, pourrait-on dire, a été dans une large mesure provoqué par Trump et par ce que Trump a fait pour cultiver ses relations avec Netanyahu, en soutenant le la poursuite de l'agression et de l'expansion israéliennes, et le développement des soi-disant Accords d'Abraham, qui visaient à étrangler le mouvement palestinien et le peuple palestinien. Il n'y a donc aucun moyen pour Trump de s'en sortir sur la question de Gaza.
En ce qui concerne les travailleurs, une des choses qui est intéressante est que… je pense qu'une bonne description de Trump à ce stade est celle d'un post-fasciste. Dans le passé, je l'ai généralement qualifié de populiste de droite, mais je pense qu'il est allé plus loin. L'une des choses qu'il s'efforce de faire est de cultiver une image différente du Parti républicain et du mouvement MAGA . C'est pourquoi ils veulent se décrire de plus en plus comme un mouvement de travailleurs. Mais ce dont ils parlent en réalité, c'est d'un mouvement blanc de travailleurs qui soutient un programme économique néolibéral, en grande partie néolibéral, mais un programme incroyablement racialisé.
Et donc, quand nous regardons Trump, rien de ce qu'il a fait pendant son administration n'a été dans l'intérêt des travailleurs ou des syndicats. Rien. Je veux dire, quand vous regardez, par exemple, sa soi-disant réduction d'impôts, qui était en réalité un cadeau fiscal, elle a été très préjudiciable aux travailleurs et a bénéficié à une très petite partie de la population.
Mais ce que fait Trump, c'est qu'il fait appel aux travailleurs, et particulièrement aux travailleurs blancs, sur la base d'un appel xénophobe ou du nativisme, vous savez, l'idée que les immigrants sont la menace majeure, que la concurrence de la Chine est la menace majeure, qu'en gros il reconstruirait les industries américaines grâce à de nouvelles mesures xénophobes –qu'il n'a certainement pas été capable de mettre en œuvre lorsqu'il était président et dont aucune ne profiterait aux travailleurs américains. Mais c'est un appel très convaincant parmi de nombreux travailleurs Blancs et pas seulement – et c'est là que cela devient vraiment intéressant, Amy. Ils parlent des travailleurs blancs. L'attrait pour MAGA , comme c'était le cas pour le mouvement Tea Party, ne s'adresse pas principalement aux travailleurs blancs. C'est principalement parmi les couches moyennes des Blancs. Et c'est ce que je pense que beaucoup de gens, y compris de bons progressistes, ont mal compris, en particulier après l'élection de Trump, que l'appel ne s'adresse pas principalement aux travailleurs blancs.
Aujourd'hui, le mouvement syndical se trouve dans une situation où, pour combattre MAGA , pour combattre les fascistes, il lui faut faire deux choses. L'un d'entre eux est évidemment un message et une pratique économique populaire et progressiste. Mais cela ne suffit pas. L'autre aspect est qu'il doit s'attaquer activement aux questions de race et de sexe. Il ne peut pas penser qu'il peut éviter ces problèmes et que cela nous rassemblera tous dans un grand kumbaya. Ça n'arrivera pas. Combattre les fascistes va nécessiter d'adopter une position avancée pour changer l'économie, changer la façon dont les travailleurs sont écrasés. Mais cela nécessitera également de s'attaquer réellement à ce qui arrive aux travailleurs de couleur, à la façon dont les immigrants sont joués – ou à la question de l'immigration et à la question du sexe. C'est l'avenir, je pense, d'un mouvement, d'un mouvement ouvrier antifasciste.
JUAN GONZÁLEZ : Bill, je voulais revenir sur ce point que vous avez soulevé, à savoir que la base Trump n'est pas vraiment une base traditionnelle de la classe ouvrière. Je partage ce point de vue depuis de nombreuses années maintenant, car, tout d'abord, la réalité est que de nombreuses personnes qui faisaient autrefois partie de la classe ouvrière ou du mouvement syndical américain ont été contraintes, essentiellement, à travailler de manière occasionnelle – des camionneurs indépendants plutôt que des travailleurs syndiqués. des camionneurs, des franchiseurs qui, au lieu d'être des employés légaux d'une entreprise, possèdent désormais leur propre franchise – créant essentiellement une aristocratie du travail beaucoup plus grande qu'elle n'existait autrefois, comprenant, en plus de cela, les syndicats des secteurs judiciaires, de l'application des lois, des syndicats de policiers, des syndicats pénitentiaires, des syndicats de patrouilles frontalières, de toute la surveillance et de la répression de l'État qui est syndiqué, que c'est là en réalité la base de Trump, plutôt que le mouvement ouvrier organisé traditionnel et les travailleurs des secteurs les plus opprimés . Mais la question devient alors : comment construire un mouvement, un mouvement d'opposition à la nouvelle forme de fascisme de Trump ?
BILL FLETCHER : Donc c'est la question à 64 000 $(2), Juan. Et je suis d'accord avec votre analyse de base. J'ajouterais seulement que ce qui se passe dans l'économie est en outre une atomisation et une fragmentation du travail et des travailleurs. Il y a donc de nombreux travailleurs indépendants qui ne sont que techniquement indépendants. En fait, ils ont des employeurs, mais ce sont des travailleurs indépendants (assujettis au formulaire fiscal 1099) Autrement dit, ils sont considérés comme des entrepreneurs, même si, en réalité, ils font tous partie de la classe ouvrière.
Je pense que la construction du front anti- MAGA est une bataille autour de la démocratie. C'est l'une des raisons pour lesquelles je m'abstiens d'utiliser la notion de guerres culturelles. Je ne pense pas que nous soyons engagés dans une guerre culturelle. Je pense que nous sommes engagés dans une bataille autour de la démocratie et de la mesure dans laquelle la démocratie est soit élargie, soit réduite. Devons-nous élargir la démocratie pour s'adresser aux femmes, aux personnes opprimées par le genre, aux personnes de couleur, au fonctionnement de l'économie, ou devons-nous la restreindre ? Allons-nous étendre la démocratie pour répondre aux diverses sectes religieuses persécutées, ou la restreindre. Devons-nous développer la démocratie afin de démocratiser l'économie, de sorte qu'au lieu d'écraser les pauvres, nous ayons un système fiscal humain, démocratique, avec un petit « d » ? Je pense que c'est la base pour construire ce large front. Et donc, ce que cela ne signifie pas – et je deviens presque meurtrier à chaque fois que j'entends des démocrates dire cela – qu'il s'agit de virer davantage vers le centre. Non, non ! Danger, Will Robinson(3). Il ne s'agit pas de virer vers le centre. Il s'agit de prendre une position très ferme sur ce qui doit arriver aux masses, aux millions de travailleurs, en matière d'économie. C'est là que nous pouvons construire ce front.
Maintenant, une des choses, Juan, qui m'a vraiment étonné, c'est le niveau de lâcheté de nombreux dirigeants syndicaux lorsqu'il s'agit de s'attaquer réellement à MAGA . J'ai en fait participé à des discussions avec des dirigeants syndicaux sur la nécessité de nous attaquer à la droite. Et ils ont peur. Je veux dire, ils sont pétrifiés à l'idée – que les hommes blancs vont fuir hystériquement les locaux syndicaux – n'est-ce pas ? – criant, criant, de ne jamais revenir, s'ils commencent à s'occuper de race, de genre, de sexe et de la question du fascisme, et contrairement à cela, non, c'est comme ça que nous allons nous unir, c'est comme ça que nous allons vaincre la droite, à la fois dans nos rangs mais aussi plus généralement.
AMY GOODMAN : Bill Fletcher, je voulais vous interroger sur les questions internationales, de l'Ukraine à Israël, le lien entre le financement d'Israël, le financement de l'Ukraine et, bien sûr, le lien avec la frontière, qui a tout retardé, les Républicains veulent que des mesures extrêmement draconiennes soient prises à la frontière, et les Démocrates progressistes ripostent, même s'ils estiment que Biden fait plus de compromis avec les Républicains qu'avec eux, comme le Congressional Progressive Caucus (4). Mais je voulais vous poser des questions sur l'Ukraine et Israël, sur votre point de vue en tant que co-fondateur du Réseau de solidarité avec l'Ukraine.
BILL FLETCHER : De mon point de vue l'Ukraine et les Palestiniens partagent beaucoup de points communs, ils sont tous deux victimes d'une agression flagrante. Ils sont tous deux victimes d'un projet colonial : dans le cas de l'Ukraine, celui de la Russie ; dans le cas des Palestiniens, évidemment, ce que font les Israéliens depuis 1948, et je dirais en fait depuis 1946.
Et donc, il y a en fait une sorte de — je dirais presque, Amy, que nous sommes dans une ère de mondialisation des luttes anti-occupation — Ukraine, Palestine, Cachemire, Papouasie occidentale, Porto Rico, etc. Il existe de nombreux exemples de luttes anti-occupation en cours et ces luttes anti-occupation commencent à réapparaître, à se mondialiser et à établir des liens importants. Nous, la gauche américaine, devons soutenir cela. Et le Réseau de solidarité avec l'Ukraine [USN] en fait partie. Et contrairement à ce que Biden affirme, à savoir qu'il veut soutenir les Ukrainiens et soutenir l'agression israélienne, nous pensons qu'il y a absolument une contradiction dans les termes. Il n'y a pas de similitude.
Mais autre chose se passe. Les Républicains font tout ce bruit à propos de la frontière. Mais ce qui n'apparait pas dans tout cela c'est qu'il existe une aile pro-Poutine du Parti républicain qui se développe, il existe un segment très important du Parti républicain, et réellement implanté à la base dans le MAGA , qui considère Poutine comme un allié politique. . Et ils considèrent le régime Poutine et le projet Poutine comme quelque chose qui doit être reproduit aux États-Unis – le nationalisme chrétien de Poutine, je dirais, l'homophobie de Poutine, sa misogynie, son suprématisme blanc, son idée que la Russie défend, en fait, le monde européen et le monde occidental. C'est quelque chose qui résonne parmi les forces MAGA. Et malheureusement, il y a des segments de la gauche américaine qui semblent s'être mis du coton dans les oreilles lorsque cela se présente. Ils ne veulent pas entendre cette discussion. Ils ne veulent pas reconnaître que cela fait partie de ce qui se passe. Mais cela fait partie des motivations des Républicains qui tentent de bloquer toute aide à l'Ukraine.
Donc, en résumé, je ne suis pas du tout favorable à une quelconque forme d'aide à Israël. Coupez l'aide militaire. Arrêtez ça ! Mais le lien que Biden a établi entre l'aide à l'Ukraine et l'aide à Israël est absolument horrible.
JUAN GONZÁLEZ : Mais, dans cette optique, Bill, du point de vue des personnes souffrant des effets de la guerre, n'est-il pas une position plus cohérente pour avoir des cessez-le-feu, non seulement en Israël, mais aussi en Ukraine à cette étape ? et essayer de trouver un moyen de négocier la paix ?
BILL FLETCHER : Eh bien, vous savez, c'est une question intéressante, Juan, et elle est en débat. En fin de compte, la réponse appartiendra aux Ukrainiens. Et ils devront décider, tout comme les Coréens ont dû décider, tout comme les Vietnamiens ont dû décider, s'ils veulent ou non appeler à un cessez-le-feu, s'ils veulent diviser leur pays, s'ils pensent que les perspectives de victoire sont là ou pas. Cela ne dépend pas de nous. Et c'est l'une de ces choses où je pense que des segments de la gauche américaine prouvent à quel point ils sont américains dans leur chauvinisme, en allant dire aux Ukrainiens comment résoudre ça. Ma conviction est que dans la mesure où les Ukrainiens veulent lutter et continuer de lutter contre l'agression russe, cela doit être soutenu, de la même manière que les autres peuples qui luttent contre l'agression d'une puissance étrangère ont besoin d'être soutenus. Si, à un moment donné, le peuple ukrainien dit : « OK, nous n'allons pas gagner », ou que « nous décidons qu'une autre solution doit être adoptée », alors je pense que c'est important, au nom de l'autodétermination que les gens d'ici soutiennent cela.
AMY GOODMAN : Eh bien, je tiens à vous remercier tous les deux.
Notes
(1) Rashida Tlaib, née en 1976 à Detroit (Michigan), est membre des Democratic Socialists of America (DSA) et du Parti Démocrate. Elle a été élue en 2018 à la Chambre des représentants des États-Unis devenant, la première personnalité d'origine palestinienne élue au Congrès.
(2) La question à 64 000 $ était un jeu télévisé américain diffusé aux heures de grande écoute sur CBS-TV de 1955 à 1958, qui tient sa notoriété des scandales des quiz télévisés des années 50 .
(3) Will Robinson est le personnage principal de la série télévisée de 2018 « Perdus dans l'Espace »
(4) Le Congressional Progressive Caucus ( CPC ) est une coalition affiliée au Parti démocrate au Congrès des États-Unis. Le CPC représente le regroupement le plus à gauche du Parti démocrate. Il a été fondé en 1991 et s'est développé depuis lors, devenant le plus grand caucus démocrate à la Chambre des représentants. Le CPC est présidé par la représentante américaine Pramila Jayapal.
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Ukraine : Crise de l’eau, une initiative syndicale à Kryvyi Rih
Bonjour, je m'appelle Yuri Samoilov, président du syndicat indépendant des mineurs de la ville de Krivyi Rih. J'aimerais parler d'écologie. La destruction de la centrale hydroélectrique de Kakhovka par les occupants russes a fait de l'approvisionnement en eau potable un problème majeur pour les travailleurs. L'eau potable en ville n'est en réalité pas gratuite, vous ne pouvez l'acheter que dans les magasins.
Tiré de Entre les lignes et les mots
Il y avait un problème avec l'eau auparavant. À Krivy Rih, l'eau n'a toujours pas été de très bonne qualité, car on y pratique activement l'exploitation minière et l'extraction de minéraux. La profondeur des travaux actuellement en cours est d'environ deux kilomètres de profondeur, car toute l'eau restante a disparu, pompée et transformée en une sorte de composés chimiques.
Notre projet de solution
Nous voyons une solution au problème dans l'extraction de l'eau de puits profonds.
Les capitalistes et leur pouvoir ne se soucient pas beaucoup de cette question ; ils considèrent l'approvisionnement en eau à travers le prisme de leurs intérêts et de leurs profits. Ils font un business en vendant de l'eau en bouteille à ceux qui peuvent payer. C'est leur décision. Ils veulent également transformer le forage de puits et la distribution d'eau en une entreprise. Ils transformeront n'importe quel projet d'approvisionnement en eau en profits. La position de la classe ouvrière de Krivyi et l'opinion de tous les gens sont que l'eau ne doit pas être transformée en marchandise. L'eau est un bien commun.
Il est nécessaire de commencer à forer des puits, et ils doivent appartenir au peuple et non aux intérêts particuliers. Cela déterminera la nature du projet.
Il y a plusieurs composantes à ce projet.
Par exemple, le volet technique est l'achat d'équipement, à savoir la collecte de fonds pour un appareil de forage et ses composants. Pour faire fonctionner les puits, une pompe et une électricité autonome de secours sont nécessaires. Il existe de nombreux détails techniques de ce type et nous y réfléchirons tous.
Il y a aussi des problèmes d'organisation. Qui percera, comment le travail lui-même sera effectué. Nous pensons qu'il s'agira d'une équipe bénévole de forage de puits qui, grâce à sa coopération, devrait elle-même recevoir de l'eau potable en signe de gratitude.
Avec une bonne organisation avec un seul appareil de forage, il est possible de forer et d'équiper au moins un ou plusieurs puits à la fois. L'eau propre, comme l'air, ne peut être vendue.
L'eau potable doit être gratuite et accessible à tous. Le projet devrait fonctionner gratuitement.
Le problème de la conscience de masse sera également résolu : nous devons expliquer aux gens que non seulement l'air et l'eau doivent être gratuits.
Aujourd'hui, tous les produits de base sont produits en quantité suffisante pour tous. Et fournir aux gens de la nourriture, de l'eau potable, du chauffage, des produits alimentaires et des médicaments de base ne devrait pas être un problème aujourd'hui.
Non seulement l'eau, mais tous ces biens de base peuvent et doivent être gratuits, comme le droit de toute personne.
L'État, le gouvernement et les capitalistes ne veulent pas garantir cela et, de par leur nature de classe, ils ne le peuvent pas.
Ils veulent que l'eau soit une marchandise. Ils vivent en échangeant tous les avantages possibles. Si cette politique se poursuit, nos descendants devront décider où se procurer de l'oxygène, car il sera payant.
Seule la classe ouvrière organisée peut fournir à chacun les biens de première nécessité.
Il y a aussi un problème juridique à cela. Parce que la législation de la production par l'État ukrainien rend très problématique le prélèvement d'eau et le forage de puits. Mais la Constitution ukrainienne déclare que les ressources minières appartiennent au peuple et que chacun a droit à une vie décente.
Pour soutenir l'initiative syndicale, c'est ici
https://laboursolidarity.org/fr/n/3023/crise-de-l039eau-une-initiative-syndicale-a-kryvyi-rih
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Halte aux attaques contre l’IVG instrumentale !
Le décret d'application qui permet enfin aux sages femmes de pratiquer des ivg instrumentales (= par aspiration) a été publié le 16 décembre 23. Nous l'attendions depuis le 2 mars 2022, date de promulgation de la loi dite « Gaillot ». On manque de médecins, tout le monde le sait. Des centres où se pratiquent les IVG ferment car des maternités de proximité où ils sont implantés ferment.
Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/12/26/halte-aux-attaques-contre-livg-instrumentale/
La publication de ce décret était attendue avec impatience pour permettre de « fluidifier » l'accès à l'IVG et d'en réduire les inégalités d'accès sur les territoires. Les sages femmes sont formées, compétentes, elles pratiquent parfois des accouchements difficiles où la vie de la femme et de l'enfant sont menacées.
Ceci est reconnu et ne pose pas de problème. Pour l'IVG, visiblement leur compétence est mise en doute. En effet, selon le décret, pour que les sages femmes puissent pratiquer des IVG « instrumentales », il ne faut pas moins de quatre médecins prêts à intervenir en cas de problème : un médecin compétent en matière d'IVG, un gynécologue-obstétricien, un anesthésiste-réanimateur. Et de surcroît une équipe ayant la capacité de prendre en charge des embolisations artérielles dans des délais compatibles avec les impératifs de sécurité des soins. Cette technique est utilisée en cas d'hémorragie utérine grave, complication parfois d'un accouchement mais exceptionnellement d'une IVG.
L'enjeu est clair ici, au décours d'un décret d'application qui devait être anodin : cela devient une bataille idéologique contre l'IVG instrumentale.
Les femmes doivent être libres de choisir leur méthode pour avorter.
En effet, bien peu de structures pratiquant les IVG possèdent les conditions requises dans ce texte.
Le but est clair : faire passer l'IVG instrumentale comme une intervention sujette à complication alors que c'est un acte simple ne nécessitant pas une mobilisation médicale totalement démesurée. Il existe de nombreuses façons de combattre l'avortement.
Aux États Unis, cela passe par la Cour Suprême qui remet en cause ce droit avec pertes et fracas. En France, c'est au décours d'un décret d'application, publié à la veille des fêtes de fin d'année, qu'on s'attaque de façon insidieuse à l'IVG instrumentale. Nous avons l'habitude, nous ne laisserons pas faire.
Nous appelons les militantes féministes à se mobiliser à la rentrée contre cette provocation. A suivre.
Association Nationale des Sages Femmes Orthogénistes, Association Nationale des Centres d'IVG et de Contraception, Collectif « Avortement en Europe, les femmes décident » Planning Familial
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Le « backlash » gouvernemental dans la lutte contre les violences intrafamiliales
Après « Briser le silence », voici venu le temps de « Briser l'espoir ». Alors que la responsabilité qui nous incombe est de faire preuve de lucidité pour réformer un système générateur de violences inacceptables ; alors que le gouvernement avait commencé à ouvrir un œil sur ce système ; ce dernier a clairement décidé de faire machine arrière.
Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/01/09/le-backlash-gouvernemental-dans-la-lutte-contre-les-violences-intrafamiliales/
La campagne de Charlotte Caubel, qui exhorte les victimes à « briser le silence », place une fois de plus la responsabilité du côté des victimes – comme si c'était à elles d'agir – plutôt que de s'attaquer à la société des adultes, et de pointer la responsabilité de ceux à qui revient le devoir de protéger. Reconnaître la responsabilité des adultes, regarder en face les problèmes de notre société, les nommer : c'est ce qu'a fait le juge Edouard Durand. Il a été remercié et brutalement évincé de la CIIVISE le lundi 11 décembre 2023, après trois années de dévouement absolu pour les victimes d'inceste. Son éviction – largement condamnée par le monde associatif et par les membres de la Ciivise eux-mêmes, dont 11 ont déjà démissionné [1] – est l'arbre qui cache une forêt des plus inquiétantes.
L'inceste, et au-delà, toutes les formes de violences envers les enfants, est un sujet politique, une histoire plurimillénaire de domination masculine et adultiste. Seule une volonté politique pourra venir à bout de ce fléau qui n'est tabou que parce que tout est fait pour fabriquer le silence et garantir le maintien d'un système judiciaire qui protège l'impunité des agresseurs. Pourquoi est-il si difficile pour notre société d'adultes, gangrénée par des siècles de culture patriarcale, de se remettre en question ? En effet, quelle solution est apportée au parent qui recueille les dénonciations d'inceste de son enfant et cherche à le protéger ?
Dans l'écrasante majorité des cas, c'est la mère à qui revient la responsabilité de signaler les suspicions à l'institution [2]. Et contre toute attente, au lieu de protéger l'enfant, notre société se livre à une véritable « chasse aux sorcières » à l'égard des mères qui croient leurs enfants. D'autant plus lorsqu'elles dénoncent au passage les violences qu'elles ont elles-mêmes subies de la part d'un conjoint dont on continue à dire qu'il peut être un « bon père ». On les condamne, elles et leurs enfants, sur l'autel de la « présomption d'innocence ». Or personne n'a jamais demandé à condamner un père sur la seule parole d'un enfant, ni de sa mère ! Tout ce que nous demandons, c'est la mise en place d'un principe de précaution [3]. Nous exigeons du bon sens : quel parent, fut-il juge, laisserait son enfant repartir chez un parent qui lui fait peur, et dont il dénonce lui-même des actes incestueux ?
Deux rapporteurs spéciaux de l'ONU ont directement interpellé l'État français, le 27 juillet dernier, pour lui demander des explications concernant trois affaires emblématiques dans lesquelles une mère se retrouve condamnée pour n'avoir pas remis l'enfant au père malgré des signalements de professionnels, et l'enfant placé entre les mains de celui qu'il dénonce [4]. Ces cas ne sont malheureusement pas isolés. En effet, rien n'est mis en œuvre pour permettre une véritable protection des enfants victimes de violences.
Les médecins ne font des signalements qu'au péril de leur carrière. 101 professionnels du droit, de la santé et du monde associatif se sont réunis pour dénoncer la façon dont l'Ordre des Médecins fait obstruction à la lutte contre les violences faites aux enfants : « l'Ordre a condamné à de lourdes interdictions d'exercice des médecins qui n'avaient fait que signaler des enfants en danger. Ce faisant, il n'a pas respecté l'article 226-14 du Code pénal qui précise que dans ces cas la responsabilité civile, pénale ou disciplinaire ne peut être engagée. »[5]
La création d'une commission « scientifique » sur la parentalité par la ministre des Solidarités et de la Famille, Aurore Bergé, aurait pu être une bonne nouvelle si elle ne s'était pas faite sous le signe de la sanction et de la stigmatisation des familles monoparentales qui sont, à 85%, portées par des femmes. Par ailleurs, l'un de ses présidents, le psychiatre Serge Hefez, défend le « syndrome d'aliénation parentale ». Syndrome qui, bien que rejeté par la communauté scientifique internationale, continue de prospérer au sein des tribunaux pour défendre les hommes accusés de pédocriminalité en rejetant la culpabilité sur les mères et en les accusant de manipuler leur enfant [6] !
La loi Santiago [7], qui propose de suspendre les droits du parent mis en cause, constitue une avancée que nous saluons, mais n'intervient qu'à partir du moment où il y a « mise en examen » et non à partir de l'enquête préliminaire, ce qui concerne seulement un cas sur quatre ! 74% des enfants doivent retourner chez leur agresseur après l'avoir dénoncé. Par ailleurs, elle fait l'impasse sur le pouvoir absolu laissé aux Juges aux affaires familiales de restituer ses droits à un parent condamné au pénal passé un délai de six mois.
Où que l'on regarde, nous ne pouvons qu'être a minima inquiet·es. Nous n'en sommes plus à discuter de mesures que nous pourrions juger trop timides ou insuffisantes : nous constatons, effrayé·es, un virage à 80° de la part du gouvernement. C'est pourquoi, nous, associations engagées dans la lutte contre les violences faites aux enfants et aux femmes, adultes et parents concerné·es et responsables, appelons à une prise de conscience des pouvoirs publics quant au caractère alarmant de la situation et apportons notre soutien inconditionnel aux 11 membres qui ont démissionné de la Ciivise en signe de protestation.
Tribune co-écrite par la Collective des mères isolées, Justice des familles, et WeToo stop child abuse.
Associations signataires :
Reppea
La Mouette
Protéger l'enfant
SOS Inceste pour revivre
Union Nationale des Familles de Féminicides
BeBrave
Caméléon
Un Nouveau Jour
Mouv'Enfants
Protégeons les enfants
Collectif enfantiste
Fédération Nationale des Victimes de Féminicides
CDP Enfance
La génération qui parle
Pas de secret
Le déni ça suffit
Innocence en danger
Les enfants de Tamar
[1] https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/12/14/onze-membres-de-la-ciivise-demissionnent-en-signe-de-protestation-apres-le-remplacement-d-edouard-durand_6205877_3224.html
[2] Dans 96% des cas, les auteurs d'inceste sont des hommes.
https://fr.statista.com/themes/8097/la-pedocriminalite-en-France/#statisticChapter
[3] Conformément aux recommandations de la Ciivise, qui préconise la création d'une « ordonnance de sûreté » pour les enfants.
Cf. https://www.ciivise.fr/wp-content/uploads/2023/11/VERSION-DEF-SUR-LE-SITE-1611.pdf, p.35, Préconisation n°26.
[4] https://spcommreports.ohchr.org/TMResultsBase/DownLoadPublicCommunicationFile?gId=28207
[5] https://www.nouvelobs.com/opinions/20231020.OBS79768/violences-faites-aux-enfants-101-professionnels-du-droit-de-la-sante-et-du-monde-associatif-repliquent-a-l-ordre-des-medecins.html
[6] Comme l'ont encore rappelé les chercheurs Gwenola Sueur et Pierre-Guillaume Prigent dans une interview parue le lundi 11 décembre, ce syndrome n'est autre qu'une invention perverse du psychiatre masculiniste américain Richard Gardner destinée à protéger les hommes accusés de pédocriminalité, et qui n'a jamais été reconnue par la communauté scientifique.
https://www.lesnouvellesnews.fr/comment-le-syndrome-dalienation-parentale-a-envahi-la-sphere-politique-et-judiciaire/
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Daya Laxmi : « Les accords de libre-échange affectent et victimisent les groupes paysans »
Une militante de la MMF au Népal parle des impacts de l'ALC dans la région de l'Asie du Sud
Tiré de Capiré
https://capiremov.org/fr/entrevue/daya-laxmi-les-accords-de-libre-echange-affectent-et-victimisent-les-groupes-paysans/
18/12/2023 |
Interview réalisée par Natália Lobo
Interprétation consécutive du népalais à l'anglais par Madhab Pant
Foto : La Via Campesina 2023
Les femmes du monde entier organisent la lutte contre le capitalisme et le néolibéralisme. Dans la région de l'Asie du Sud, ces forces, sous la forme d'accords de libre-échange (ALE), jouent un rôle important dans l'appauvrissement des paysannes et des femmes dans les zones rurales et urbaines. Parmi les principaux agendas des mouvements populaires au Népalil y a des luttes pour que la Constitution puisse véritablement servircomme base pour garantir les droits fondamentaux de tous les citoyens, y compris la souveraineté alimentaire et la participation des femmes à la vie politique. Le pays a connu une immense mobilisation qui a abouti, en 2006, à l'abolition de la monarchie et à la mise en place d'un gouvernement républicain. Depuis la révolution de 2006, deux constitutions ont été rédigées : la Constitution intérimaire de 2007 et la Constitution actuelle en vigueur au Népal de 2015.
Capire a parlé avec Daya Laxmi, membre du Comité international de la Marche Mondiale des Femmes représentant la région Asie-Pacifique. L'entrée de Daya dans le comité a été approuvée lors de la 13e Rencontre internationale de la MMF, tenue en octobre à Ankara, Turquie, siège actuel du Secrétariat international de la MMF. À côté de Daya, la région est représentée par Hadina Soka, d'Indonésie, et Oriane Cingone et Marie-Hélène Trolue, de Nouvelle-Calédonie. Dans son pays, Daya est également trésorier de la Fédération des paysans népalais (All NepalPeasants' Federation – ANPF), une organisation qui intègre la Via Campesina.
Dans l'interview, Daya a parlé des impacts de l'ALC dans son pays, de la lutte paysanne et de la lutte pour faire de la souveraineté alimentaire un droit fondamental, ainsi que de la façon dont les femmes s'organisent pour lutter contre le patriarcat enchevêtré dans les traditions. Cette interview a été menée pendant la 8e Conférence de la Via Campesina, qui s'est tenue en décembre 2023 à Bogotá, en Colombie. Plus de 400 délégué.e.s du mouvement et des organisations alliées se sont réuni.e.s pendant la conférence pour construire la lutte, avec la devise « Face aux crises mondiales, nous construisons la souveraineté alimentaire pour assurer un avenir à l'humanité ! ».
Quels sont les effets des accords de libre-échange aujourd'hui au Népal et dans la région asiatique ? Existe-t-il des accords de libre-échange actifs ?
Les accords de libre-échange posent de nombreux défis à la région asiatique. Au Népal, ils détruisent l'économie rurale en créant une situation de dépendance économique. En Asie, ces accords apparaissent sous différentes formes, comme dans les accords bilatéraux de protection et de promotion des investissements (ABPPI), les accords bilatéraux et multilatéraux entre l'Asie de l'Est et l'Asie du Sud. Dans les pays d'Asie du Sud, il y a l'Accord commercial Asie-Pacifique (ACAP), et à cause de ces accords, des pays comme le Sri Lanka, qui était le plus riche de la région, sont maintenant en faillite, pauvres et confrontés à une immense crise économique. Il y a aussi l'ABPPI entre le Népal et l'Inde qui provoque une crise de l'économie népalaise. Et aussi le Partenariat Économique Global Régional (Regional Comprehensive Economic Partnership – RCEP), un accord de libre-échange entre les pays d'Asie du Sud et l'Australie, la Chine, l'Indonésie, le Japon et la Corée du Sud, qui a profondément affecté la région.
Ce grand nombre d'accords de libre-échange profondément enracinés dans la région a affecté et victimisé des groupes de petits et moyens paysans. Les personnes sans terre et les petits paysans produisent de la nourriture et toutes sortes de produits, mais ils n'ont pas de marché. Les marchés et même leurs moyens de production sont capturés par les puissances capitalistes néolibérales. Ces petits paysans n'ont pas de propriété foncière et perdent le peu de terre qu'ils ont, ce qui les appauvrit. Nous pouvons parler de divers effets de cela sur la vie de ces personnes, tels que la crise économique et l'absence de marché pour les biens qu'elles produisent. Cela conduit à la famine, aux conflits, à l'exploitation du travail, aux disparités et à la discrimination, tandis que les personnes paysannes sont privées de droits. Les impacts de ces ALC opérant dans la région se voient dans la crise climatique et économique que nous traversons. Ils violent les droits humains. Les petits paysans, les vrais paysans, ont de moins en moins de terre.
Quelles sont les conséquences effectives pour les paysannes de l'inclusion de la souveraineté alimentaire dans la construction du mouvement au Népal ? Quels sont les défis ?
Le mouvement agraire et paysan du Népal a émergé il y a 70 ans. En 2015, nous avons promulgué une nouvelle Constitution, parce que nous avons des gens qui se battent depuis 2006. Cette nouvelle Constitution garantit que la souveraineté alimentaire est un droit fondamental de notre peuple. Maintenant, nous promulguons une Loi sur l'agriculture, qui a déjà été adoptée, mais non appliquée. Les personnes paysannes ont des droits obligatoires en vertu de notre Constitution, mais cette loi définit comment ces droits seront mis en œuvre. Cette loi a été élaborée et construite par le Parlement pour les paysans, et elle indique ce qu'ils doivent faire et quels sont leurs droits. Ce que nous allons mettre en œuvre : c'est par la loi. La participation des femmes aux négociations pour la construction de la loi a été forte. Nous participons à la discussion de tous les aspects de cette constitution en relation avec l'agriculture auprès du ministère, au niveau fédéral, au niveau des provinces, et même dans les instances locales. Au Népal, la représentation des femmes est obligatoire à tous les niveaux du gouvernement. De plus, il doit toujours y avoir une représentation autochtone.
Il y a quelques défis.La Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et paysannes et autres personnes travaillant dans les zones rurales(United Nations Declaration on the Rights of Peasants– UNDROP) n'a pas été pleinement mise en œuvre. Nous avons donc essayé de créer de nouvelles lois et de nouveaux dispositifs juridiques pour son implémentation. La déclaration garantit les droits et la propriété des personnes paysannes. Mais il est très difficile de transformer le secteur agricole en raison de l'intervention internationale ou étrangère sur les questions nationales. Ces divers pouvoirs étrangers, ces puissances impérialistes et capitalistes, tentent de forcer les programmes de banques foncières et les investissements directs étrangers. Ces programmes tentent, par exemple, de mettre en œuvre des pipelines dans le pays, mais l'organisation paysanne lutte contre cela, et jusqu'à présent, ils n'ont pas été mis en œuvre.
Le pouvoir étranger essaie d'attirer toutes sortes d'interventions, mais la souveraineté alimentaire est notre droit, nous avons donc rédigé une nouvelle constitution qui est en cours de mise en œuvre, mais comment protéger ces droits est un défi.
Daya Laxmi
Les paysans et paysannes — et tous les peuples — doivent être sensibilisés à leurs droits. Le Népal est un pays diversifié. Nos langues, notre culture, nos rituels montrent notre diversité. C'est un pays de nombreuses langues, cultures et traditions différentes, alors comment est-il possible de réaliser l'unité dans la diversité ? C'est un pays agricole, et la plupart des femmes du pays dépendent de cette activité, bien qu'elles n'aient ni droits ni propriété. Les femmes sont sur terre. Selon le dernier recensement, à partir de 2020, il y a 1,5 million de femmes engagées dans l'agriculture au Népal, mais seulement 21% d'entre elles possèdent des terres. Les autres sont des femmes sans terre, ou la terre est au nom des hommes de la famille. L'intervention capitaliste internationale est notre plus grand défi. Nous avons des ressources naturelles, mais elles ne sont pas accessibles aux femmes. Le patriarcat est l'obstacle à la mise en œuvre des droits des femmes.
Pouvez-vous parler davantage de la dimension patriarcale dans les traditions culturelles ? Comment les femmes construisent-elles le féminisme dans ces traditions culturelles ?
Nous vivons dans une société patriarcale et inégalitaire qui, pendant longtemps, n'a pas permis aux femmes de quitter la cuisine. En conséquence de la lutte des femmes, lors de la révolution populaire de 2006, nombre de leurs droits ont été garantis. Après la mise en œuvre de la Constitution intérimaire du Népal cette année-là, une élection pour l'Assemblée constituante a eu lieu et les femmes dirigeantes ont fait entendre leur voix pour assurer une participation de 33 % dans toutes les institutions gouvernementales et organisations de la société civile. Actuellement, au niveau fédéral, nous avons la présidence et la vice-présidence, et l'un de ces postes doit toujours être occupé par une femme. Nous construisons des lois pour assurer l'égalité entre les hommes et les femmes, avec parité et sans discrimination.
Nos défis sont de protéger nos droits et de mettre en œuvre ces réalisations. Nous pouvons diffuser, sensibiliser, organiser des formations pour les personnes, pour les femmes. Les femmes soulignent que les forces capitalistes et impérialistes augmentent la discrimination dans la société. Et pour lutter contre cela, nous devons élaborer nos lois, telles que la Loi sur l'agriculture, la Loi sur la lutte contre la violence domestique et les lois de mise en œuvre de l'UNDROP. Ces dispositions légales, ces lois soutiennent les droits établis pour les femmes dans le pays. Nous luttons pour une réforme structurelle de la société.
Traduit du portugais par Andréia Manfrin Alves
Édition par Bianca Pessoa et Helena Zelic
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