Presse-toi à gauche !
Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...

Les réactions de la fille d’une otage retenue à Gaza et d’une professeure américano-palestinienne à l’adresse du Président Biden
Le Hamas réagissait à 16 ans de siège. Je ne fais pas l'apologie de ce qui s'est passé le 7 octobre mais, de dire que toute cette affaire a commencé à ce moment-là, c'est ignorer le fait que chaque jour de 2023, un.e Palestinien.ne a été tué.e. C'est ce qui a mené au 7 octobre. Donc, si on ne considère pas les racines de ce qui a causé le 7 octobre, si on ne prend pas en compte la violence par laquelle deux millions de personnes ont été tenues sous siège pendant 17 ans, sans liberté de mouvements, on ira nulle part.
Democracy Now, 8 mars 2024
Traduction et organisation du texte
Alexandra Cyr
Amy Goodman : Durant son adresse (à la nation), le Président Biden a traité de la situation à Gaza qui est devenue un enjeu clé pour les élections. (…) :
Président Joe Biden : « Israël a le droit de s'attaquer au Hamas, qui, s'il relâchait les otages, déposait les armes et livrait les responsables (de l'attaque) du 7 octobre, il pourrait mettre fin au conflit.
Mais Israël fait face à un enjeu de plus, le Hamas se cache et opère au milieu de la population comme un lâche, sous les hôpitaux, les garderies et toutes les institutions du genre. Israël a une responsabilité fondamentale, protéger les civils.es innocents.es de Gaza.
Cette guerre a fait plus de mal aux civils.es innocents.es que toutes les autres guerres réunies, y compris celle-ci. Plus de 30,000 Palestiniens.nes ont été tués.es et dans leur vaste majorité ils et elles ne faisaient pas partie du Hamas. Ce sont des milliers et des milliers d'innocents.es, des femmes et des enfants, des garçons et des filles dont des orphelins.es. Près de 2 millions sont sous les bombardements et déplacés.es, leurs maisons ont été détruites, leurs quartiers ne sont que des décombres, les villes sont en ruines. Les familles n'ont pas de nourriture, d'eau ni de médicaments. Ça brise le cœur.
J'ai travaillé sans relâche pour arriver à un cessez-le-feu immédiat qui pourrait durer six semaines pendant lesquelles tous et toutes les otages pourraient être libérés.es, (où on pourrait) alléger l'intolérable crise humanitaire et nous orienter vers quelque chose de plus durable.
Les États-Unis ont dirigé les efforts internationaux pour plus d'aide humanitaire à Gaza. Ce soir, je demande à l'armée américaine de prendre le leadership d'une mission d'urgence en installant un quai temporaire dans la Méditerranée sur la côte de Gaza pour y apporter de la nourriture, de l'eau, des médicaments et des abris temporaires en grande quantité. Il n'y aura pas de soldats.es américain sur le territoire. Ce quai temporaire permettra d'augmenter massivement l'aide humanitaire à Gaza chaque jour ».
A.G. : Avant le début de ce discours, des centaines de protestataires ont bloqué les rues autour de la Maison blanche près du Capitole ce qui en a retardé le début. La manifestation exigeait un cessez-le-feu immédiat. D'autres manifestations se sont tenues ailleurs dans le pays. On en attend d'autres cette fin de semaine à Chicago où se tiendra la Convention démocrate à l'été. Une coalition contre la guerre a tenu une vigile de 24 heures à la Plaza fédérale de la ville ; on y a lu le plus de noms possibles des 30,000 Palestiniens.nes tués.es par les bombardements israéliens à Gaza. On y a aussi tenu un discours alternatif sur l'état de l'Union :
Eman Abdelhadi : « L'adresse sur l'état de l'Union de ce soir est celle (de l'état) du génocide. Nos leaders ont suivi un plan que nous connaissons, investir dans le pouvoir de l'argent et du sang au mépris de l'humanité ».
A.G. : Nous nous rendons maintenant à Chicago pour entendre Mme Eman Abdelhadi une militante et professeure américano-palestinienne à l'Université de Chicago. Elle étudie entre autre, les politiques des musulmans.es américains.es. Elle a appuyé le Président Biden en 2020 et a décidé de ses amis.es à voter.
Soyez la bienvenue sur Democracy Now professeure Abdelhadi. Vous avez livré votre message hier soir…
E.A. : Merci Amy pour l'invitation.
Je veux signaler que j'ai écrit ce discours avec Ari Bloomekatz qui est le rédacteur en chef du site In These Times. Nous voulions avertir que tout ne peut pas aller comme avant et que nous ne nous retirerons pas. Le génocide dure depuis 152 jours et c'est un projet américain à 100%. On n'en serait pas là si les États-Unis n'envoyaient pas d'armes à Israël et ne lui accordaient pas un appui inconditionnel. Il est donc dangereux de n'en parler qu'en fin de discours comme si c'était un enjeu de politique étrangère éloignée et non un enjeu qui est dans toutes les têtes américaines.
A.G. : Et que dites-vous de l'idée de construire un port ? Il y a eu les parachutages de nourriture dans un premier temps. Ça donne l'impression qu'il y a eu un désastre naturel, comme un tremblement de terre, une tornade ou un ouragan et qu'il faut s'assurer que les populations aient de quoi manger. Mais c'est le fait d'Israël, un allié des Américains qui l'arment.
E.A. : En effet, le Président Biden pointe un fusil sur la tête des Palestiniens.nes, tire d'une main et leur lance des miettes de l'autre. Et il veut que nous, le peuple américain nous nous centrions sur les miettes qu'il parachute. Alors, nous disons et redisons : « Président Biden, bat les armes ». C'est absurde de présenter ces morts.es comme de simples victimes collatérales et non une stratégie volontaire de l'État d'Israël d'opérer un nettoyage ethnique.
A.G. : Je veux introduire dans la conversation, Neta Heiman Mina. Elle est membre du chapitre israélien de Women Wage Peace. Sa mère de 84 ans, Mme Ditza Heiman, a été capturée par le Hamas dans sa maison dans le kibboutz Nir Oz près de la frontière avec Gaza. Elle a été relâchée le 28 novembre. Mme Heiman Mina nous parle depuis Israël.
Neta merci de vous joindre à nous. Il y a eu beaucoup de familles d'otages présentes hier soir. Elles étaient les invitées des Bidens, de Israeli Américan ou American hostages in Gaza. D'abord, comment va votre mère ? Et pouvez-vous nous dire ce que vous voulez qui se passe maintenant ?
Neta Heiman Mina : Merci de l'invitation.
Ma mère va bien. Elle commence à vivre sa nouvelle vie. Elle ne peut retourner chez-elle dans le kibboutz qui a été endommagé par le Hamas. Elle attend toujours ses voisins.es et amis.es du kibboutz ; il y en a encore 37 otages à Gaza.
Je pense qu'il faut tout faire pour les libérer, les ramener à la maison même s'il faut un cessez-le-feu même s'il faut libérer des prisonniers.ères palestiniens.nes. Nous devons le faire le plus tôt possible, il leur reste peu de temps. Ils et elles ne doivent pas rester là-bas. (…) Ce sont des personnes âgées, des femmes et des enfants et nous apprenons ce qu'ils et elles traversent. (Leur libération) doit arriver le plus vite possible.
A.G. : Pouvez-vous nous parler du mouvement qu'ont formé les familles d'otages ? Je ne pense pas que leur message soit bien entendu aux États-Unis. Nous avons conduit beaucoup d'entrevues à propos de ces Israéliens.nes qui ont été tués.es le 7 octobre. Par exemple, nous avons parlé à un membre de la famille de Hayim (Katzman) à Bruxelles. Il était étudiant à l'Université de Washington, Noy (Katzman) nous a dit : « Mon frère ne voudrait pas que ce carnage continue à Gaza ». Pouvez-vous nous dire ce que les familles d'otages disent en ce moment. Un certain nombre (de ces otages) qui sont morts.es étaient des militants.es pour la paix ?
N.H.M. : Je ne veux parler au nom de toutes ces familles parce que nous ne pensons pas tous et toutes la même chose. Mais je pense que la majorité veulent faire tout ce qui est possible pour leur libération. Peu importe s'il faut arrêter la guerre pour leur retour ou libérer des prisonniers.ères palestiniens.nes. Je pense que la majorité veut faire le maximum pour leur libération. Il y a deux semaines, nous avons discuté avec des gens qui comprennent et qui nous ont dit qu'Israël pouvait s'organiser pour arrêter la guerre, libérer des prisonniers.ères, qu'il n'y avait aucun problème avec cela.
A.G. : Nous allons revenir à la professeures Abdelhadi. Pouvez-vous nous parler de ce que B. Nétanyahou menace de faire : l'invasion de Rafa au sol ? Qu'est-ce que cela pourrait signifier ?
E.A. : Ça voudrait dire le nettoyage ethnique total du reste de la Bande de Gaza. Nous avons vu un million 500 mille personne s'entasser sur ce petit bout de territoire. C'est devenu le dernier refuge. C'était supposé être sûr et il serait attaqué. Les Palestiniens.nes n'ont littéralement nulle part où aller.
En définitive, c'est la continuation de la politique que B. Nétanyahou a suivi depuis le 7 octobre, n'est-ce pas ? Il a été, de même que d'autres membres de son administration, très franc en déclarant son intention d'en finir avec Gaza, d'en sortir tous les habitants.es et d'en faire un espace de colonisation tout prêt. Et sans conséquences américaines. Votre invitée précédente disait qu'il nous faut une politique étrangère transformative mais, ce que nous observons c'est que la classe dirigeante aux États-Unis n'est pas prête à transformer l'inconditionnel appui américain à Israël.
A.G. : Eman, quels sont les plans en vue de la Convention démocrate à Chicago où vous vous trouvez ?
E.A. : Vous le savez, nous sommes très mécontents.es de cette administration. Je pense que le vote « non engagé » le démontre. La plus grande communauté palestinienne se trouve à Chicago. Elle est une des plus grande du monde. Nous ne partons pas. Nous allons toujours être dans les rues. Et nous allons nous assurer que le Comité national démocrate sache où nous nous situons.
A.G. : Neta Heiman Mina, pouvez-vous nous dire ce qui se passe au gouvernement en ce moment ? Il est clair que B. Nétayahou est pour le moins en conflit d'intérêt. S'il est poussé hors du gouvernement il pourrait finir en prison. Voilà que Benny Gantz rencontre la vice-présidente, Mme Kamala Harris et le Secrétaire d'État Blinken à Washington. Il est membre du cabinet de guerre et il a été ministre de la défense (dans le passé). Pensez-vous que le gouvernement s'effondre ?
N.H.M. : Je ne sais pas si le gouvernement s'effondre. Mais permettez-moi, avant que je ne réponde à votre question, de rappeler qu'il ne faut jamais oublier que c'est le Hamas qui a attaqué. Le 7 octobre, le Hamas a attaqué Israël, tué 1,400 personnes, fait 254 otages en les tirant de leurs lits en pyjamas. Nous devons nous rappeler cela. Maintenant, la situation à Gaza ; c'est aussi le fait du Hamas. Il ne se préoccupe aucunement de la population où israélienne ou gazaouie. Je pense qu'il se préoccupe encore moins de celle de Gaza que de celle d'Israël et encore moins de celle des États-Unis.
Je ne sais pas si le gouvernement va tomber. Il y a un problème. Pour notre Premier ministre la libération des otages n'est pas une priorité. Sa priorité fondamentale c'est de demeurer Premier ministre et que le gouvernement ne tombe pas. I. Ben-Gvir et B. Smotrich (qui en font partie) sont un réel problème. S'il devait y avoir une entente pour, disons mettre fin à la guerre, B. Nétanyahou aurait un problème avec son gouvernement.
A.G. : Mme Abdelhadi, pouvez-vous réagir à ce que Neta vient de dire ? Et nous venons tout juste de recevoir une nouvelle ; selon CBS News, cinq personnes auraient été tuées vendredi lors du parachutage de paquets d'aide quand un des parachutes ne s'est pas ouvert correctement et les paquets sont tombés sur ces personnes. Il y a une vidéo en ligne maintenant. (…)
E.A. : Le Hamas réagissait à 16 ans de siège. Je ne fais pas l'apologie de ce qui s'est passé le 7 octobre mais, de dire que toute cette affaire a commencé à ce moment-là, c'est ignorer le fait que chaque jour de 2023, un.e Palestinien.ne a été tué.e. C'est ce qui a mené au 7 octobre. Donc, si on ne considère pas les racines de ce qui a causé le 7 octobre, si on ne prend pas en compte la violence par laquelle deux millions de personnes ont été tenues sous siège pendant 17 ans, sans liberté de mouvements, on ira nulle part.
A.G. : Merci Mme Abdelhadi (…) et Mme Neta Heiman Mina (…) pour votre participation.
*****
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Un virage électoral à droite avec un avenir incertain au Portugal
Dans son ensemble, la droite a obtenu 52,6 % des voix dimanche 10 mars. L'Alliance démocratique (AD), dirigée par le PSD de Luís Montenegro (membre du Parti populaire européen), totalise 29,5 %. Les ultralibéraux de l'Initiative libérale (IL, membre de l'ALDE), atteignent 5 %, tandis que CHEGA (parti d'extrême droite fondé en 2014 et affilié à l'ID-Parti Identité et Démocratie), atteint le retentissant 18 %, garantissant 48 des 230 sièges du Parlement portugais.
Hebdo L'Anticapitaliste - 699 (14/03/2024)
Par Adriano Campos
Crédit Photo
André Ventura, du PSD au mouvement d'extrême droite CHEGA. Wikimedia commons / Agência Lusa
Le PS, parti sortant et détenteur de la majorité parlementaire absolue, chute de 41,6 % (2022) à 28,6 %. L'usure accélérée d'un gouvernement en proie à des cas de corruption présumée et incapable de répondre à la crise du logement, de l'inflation et des services publics, même s'il est renversé par une action douteuse du ministère public, a ouvert la voie au changement le plus important vers la droite au cours des dernières décennies. À sa gauche, le Parti communiste a perdu son dernier élu dans l'Alentejo et son deuxième élu à Setúbal, fiefs du parti, réduisant sa représentation à 3,3 %. Le Bloc de Gauche a réussi à accroître ses voix, en maintenant un groupe parlementaire de cinq députés (4,56 %). Au centre-gauche, le LIBRE (Verts européens) est passé de 1 à 4 élus (3,26 %), formant un groupe parlementaire, tandis que le parti animaliste, le PAN, a maintenu son seul élu.
Le trumpisme en contexte portuguais
Ces résultats représentent un virage à droite mais avec un avenir incertain. Depuis la chute du gouvernement à majorité absolue du Parti socialiste, annoncée le 7 novembre 2023, la montée de l'extrême droite est l'un des signes les plus forts dans les différentes enquêtes. Jusqu'en 2019, le Portugal faisait figure d'exception dans une Europe où l'extrême droite était de plus en plus présente dans les parlements nationaux. Élu député unique en 2019, l'ancien dirigeant du PSD André Ventura a importé le manuel du trumpisme mondial dans le contexte portugais. Ancré dans une image anti-corruption et donnant une impulsion à un programme punitif, misogyne et autoritaire, Ventura a réussi à drainer la droite traditionnelle, en combinant des thèmes cachés, comme l'éloge du passé colonial, à une articulation politique dans des secteurs tels que les forces de sécurité.
Le PSD sera obligé d'aller chercher les voix de l'extrême droite
Après de nombreuses années d'hésitation et, lors des dernières élections, l'incertitude d'un gouvernement de droite qui comprendrait CHEGA ayant renforcé la majorité absolue du PS, le PSD a finalement opté pour la politique du « cordon sanitaire » et a affirmé sa promesse de campagne : ne pas gouverner avec CHEGA, cherchant à intégrer uniquement l'IL. C'est ainsi que le parti ayant obtenu le plus de voix entend former un gouvernement convoqué par le président de la République. Il n'y a cependant aucune garantie qu'il s'agira d'une solution stable. Assumant la position d'opposition, Pedro Nuno Santos, secrétaire général du PS, a déclaré le soir des élections que ce gouvernement ne devra pas compter sur ses voix pour l'approbation des budgets de l'État, obligeant le PSD à chercher les voix des députés CHEGA. L'horizon de nouvelles élections d'ici un an ou deux est réel. Il reste à la gauche à accumuler des forces et à lutter contre un gouvernement qui proposera un programme d'attaque contre les salaires, les services publics et le droit au logement.
*****
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Portugal-élections. « Le Bloco s’engage à conduire une opposition combative face à la droite »
Dans une élection à laquelle environ deux tiers des électeurs inscrits ont participé [le taux d'abstention s'est élevé à 33,77%], le résultat final est un glissement à droite, bien que l'AD-Alliance démocratique (y compris la coalition PSD/CDS à Madère) ait une courte avance sur le PS [76+3 contre 77 pour le PS – voir tableau résultats ci-dessous].
Tiré de A l'Encontre
11 mars 2024
Déclaration du Bloco de Esquerda
Cette élection a été marquée par l'ascension de Chega, qui a triplé le nombre de voix obtenues en 2022 et dépassé la barre du million de voix de 18% [18,06% et 48 députés]. Le PS a perdu près d'un demi-million de voix, passant de 41,74% à 28,66%, tandis que AD (y compris la coalition PSD/CDS à Madère) a perdu plus d'un point de pourcentage par rapport aux résultats de leurs partis en 2022, pour atteindre 29,49% [28,65% + 0,86%]. IL-Initiative libérale a obtenu 5,08% (4,65 % en 2022), le Bloco a maintenu les 4,46% de l'élection précédente, CDU (PCP-PEV) a perdu un point à 3,3% et Livre (écologistes) a obtenu 3,26%, presque trois fois plus qu'il y a deux ans. Le PAN-Personnes–Animaux–Nature a obtenu 1,93% (1,47 % en 2022).
En ce qui concerne les sièges, avec quatre députés des circonscriptions d'émigration encore à attribuer, le PAN a 1 siège au Parlement, le CDS 2, le PCP 4, Livre 4, le Bloco 5, IL 8, Chega 48, le PS 77 et le PSD 76.
Dans les résultats par circonscription, AD l'emporte à Porto avec seulement un millier de voix d'avance sur le PS, ainsi qu'à Leiria, Aveiro, Guarda, Viseu, Bragança, Vila Real, Braga, Viana do Castelo, aux Açores et à Madère. Le PS a gagné à Lisbonne, Setúbal, Beja, Evora, Portalegre, Santarém, Castelo Branco et Coimbra. Chega a remporté la circonscription de Faro, est arrivé deuxième à Setúbal, Beja et Portalegre et n'a pas réussi à élire des députés seulement à Bragança.
Dans sa première réaction aux résultats, qui n'étaient pas encore définitifs, Joana Mortágua [sœur jumelle de la porte-parole du Bloco, Mariana Mortágua], dirigeante de la fraction du Bloco au Parlement, qui a été réélue à Setúbal, a déclaré qu'ils « confirment un glissement vers la droite », en raison d'une « appréciation négative [par l'électorat] de la politique de la majorité absolue du PS, ce que nous faisons également ». Quant au résultat du Bloco, en conservant le groupe parlementaire et en augmentant le nombre de voix par rapport à 2022, « c'est un signe de confiance dans le Bloco pour tout ce qui peut arriver : que ce soit pour former une majorité ou pour être une opposition déterminée et féroce face à la droite ».
Dans sa déclaration le soir des élections, le leader du PS a reconnu qu'il serait très difficile d'inverser la répartition des députés avec les votes des émigré·e·s [non encore disponibles] et a préféré reconnaître la défaite et passer à l'opposition. Pedro Nuno Santos a une nouvelle fois promis qu'il ne voterait pas les motions de rejet d'un futur gouvernement AD. « Le PS ne laissera jamais le leadership de l'opposition à André Ventura », a-t-il poursuivi. Il a ajouté : « Qu'il soit clair que ce n'est pas nous qui soutiendrons un gouvernement AD. »
Dans la réaction du leader du PSD, à la question de savoir s'il maintenait son « non est non » à un accord avec Chega, Luís Montenegro a réaffirmé sa promesse de campagne et a dit qu'il espérait que Marcelo Rebelo de Sousa [président de la République] le nommerait pour former un gouvernement. (Déclaration faite à 00:07h le 11 mars 2024 ; traduction rédaction A l'Encontre)
***
Ce premier communiqué du Bloco a été suivi d'une intervention de Mariana Mortágua depuis le QG électoral du Bloco.
« Mariana Mortágua a déclaré que le glissement à droite résultant des élections de ce dimanche « est le reflet de l'échec de deux années de politique désastreuse de la part de la majorité absolue du PS ».
Mais malgré ce virage, elle a souligné que « le Bloco a résisté et nous avons augmenté nos suffrages d'environ 30'000. Il a tenu bon dans ces élections, nous avons gardé tous nos mandats. » Et c'est avec cette force que « nous ferons partie de toute solution qui écartera la droite du gouvernement », a-t-elle poursuivi.
Lors de ces élections, le Bloco a réélu deux députés à Lisbonne (Mariana Mortágua et Fabian Figueiredo) et à Porto (Marisa Matias et José Soeiro) et a réélu Joana Mortágua à Setúbal.
« Je veux que les gens de gauche sachent qu'ils auront dans le Bloco l'opposition la plus combative à la droite », a déclaré la coordinatrice du Bloco, promettant de contribuer à « construire une alternative à la gauche pour défendre notre peuple ». (11 mars, 00:33h)
*****
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

L’État Français : une politique étrangère criminelle laissée impunie
Depuis plusieurs décennies la politique étrangère de la France est contraire aux Droits de l'Homme, opposée à l'émancipation, à la paix, à la justice. Après la brutalisation de la colonisation, la France continue de dominer les peuples en scellant des alliances avec des États répressifs, policiers, autoritaires sans que ça ne suscite trop de débat.
Photo montage de Serge D'Ignazio
Dans plusieurs pays la situation humanitaire est catastrophique comme au Yémen et bien sûr à Gaza et en Cisjordanie où les agressions impérialistes ont fait plusieurs milliers de morts. S'il y a eu le Tribunal de Nuremberg pour juger les criminels de guerre nazis, aujourd'hui, un tribunal de cette ampleur fait défaut pour juger les assassins et leurs complices.
A l'inverse, ce sont les résistants, les écologistes, les anticolonialistes qui doivent rendre des comptes, se justifier… alors que ceux qui répriment, bombardent, affament où ratifient les contrats de vente d'armes dorment tranquilles. C'est un grand paradoxe. Dans la Constitution, il n'est pas prévu et souhaité que le parlement, et encore moins la population, est un droit de regard et de contrôle sur la politique étrangère de la France. Tout se passe dans l'ombre. Même une porte-parole du gouvernement (Prisca Thévenot) peut sincèrement répondre qu'elle ne sait pas si les ventes d'armes à Israël continuent encore. Le pouvoir est aussi peu démocratique qu'il est violent, l'un permettant l'autre. L'ignorance et le dénie favorisant les affaires. Dans une note toute récente, Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI, l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm) relève que la France a gagné une place sur le podium mortuaire. Elle est devenue le deuxième fournisseur d'armes au monde, après les Etats-Unis, devant la Russie et la Chine pour la période 2019-2023.
Bien sûr, ces ventes d'armes ne datent pas d'aujourd'hui. Sans remonter trop loin on peut prendre 2011, date des révolutions arabes, comme point de bascule. Cette année, il y a le souffle de la révolte avec des aspirations démocratiques et sociales fortes des peuples en lutte. Or, plutôt que d'être du côté des immolés, des sacrifiés, des révolutionnaires, la France s'est rangée du côté des contre-révolutionnaires, renouvelant finalement les amis d'hier. Le meilleur mariage étant celui du tyran égyptien Abdel Fattah al-Sissi qui entretient de très bons rapports avec la France si on en croit les contrats d'armement signés.
La France a vendu quantité d'armes à l'Égypte, devançant même les États-Unis, pour devenir le principal fournisseur d'armes du pays entre 2013 et 2017. Exploit sinistre. Amnesty International en donne le détail.
“Pour la seule année 2017, elle a livré pour plus de 1,4 milliard d'euros d'équipements militaires et de sécurité. La France a fourni des navires de guerre, des avions de chasse et des véhicules blindés, et des entreprises françaises ont fourni, avec l'accord du gouvernement, des technologies de surveillance et de contrôle des foules, dans l'opacité et sans contrôle suffisant
sur l'utilisation finale de ces équipements fournis à l'armée et la police impliquées dans de graves violations.”
Macron a reçu en 2020 ce même dirigeant alors que les forces de répression étaient en plein travail en Egypte : il y a eu dans le cadre des opérations antiterroristes au Sinaï des exécutions extrajudiciaires et des disparitions forcées. Al-Sissi s'est servi abusivement de la législation antiterroriste pour éradiquer le travail légitime en faveur des droits humains et supprimer toute opposition pacifique. Une idée qui sera reprise par Macron dans un autre contexte et sous différentes modalités.
2011, année des révolutions arabes, de la solidarité de ceux d'en bas contre un système répressif, corrompu et inégalitaire, c'est aussi l'année où les bourreaux continuent de conclure des alliance pour maintenir le contrôle, la surveillance et la répression sur une population que la classe dominante veut soumise. Le 7 octobre 2011, à Ankara, Claude Guéant et Idris Naim Sahin, ministres de l'intérieur de leurs pays respectifs, signent un « Accord de coopération dans le domaine de la sécurité intérieure entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Turquie ». Cet accord de coopération policière permettait, entre autres, de faciliter le travail de la police turque pourchassant des opposants réfugiés à l'étranger. Des centaines de personnes réfugiées en France peuvent alors, avec l'accord, être menacées d'extradition.
Si l'Etat se pare des vertus de l'Etat de droit dans ses discours, dont il n'y est pour rien (et n'en a accordé aucun), il pratique la politique de la force à l'intérieur et à l'extérieur de ses frontières avec l'argument que cette violence serait légitime et les contrats de ventes d'armes, légaux.
On connaît l'État policier chez nous pour le matraquage de la résistance, la répression des soulèvements de la terre, la criminalisation des syndicalistes, l'intimidation lors des manifestations, à l'étranger, cette violence d'Etat se fait d'une autre façon, par des accords de coopération ou des contrats d'armements. A l'étranger, par son engagement pour couvrir et soutenir militairement des régimes ultra-violents, la France est complice dans le maintien d'un ordre injuste, dans la répression, et même dans la perpétuation de crimes de guerre.
Arrêtons le massacre !
Entre 2014 et 2018 les exportations d'armes françaises ont augmenté de 47% ; elles représentent désormais 11% des ventes d'armes dans le monde. La politique répressive ici est ailleurs clairement criminelle car elle participe à la destruction du monde, de nos frères et sœurs humains. Presque 400 000 morts au Yémen. Plus de 30 000 morts à Gaza. Il faut juger les assassins, ceux qui tirent, ceux qui forment, ceux qui vendent des armes en dépit de tout ce que l'on sait et que l'Etat refuse de voir en face. En 2017 par exemple, la France refuse de recevoir Amnesty International et son rapport qui expose la complicité de la France dans le drame humanitaire au Yémen car elle fait partie, comme le Royaume-Uni ou les États-Unis, de la coalition menée par l'Arabie Saoudite qui mène une guerre d'agression au Yémen. Cette guerre a fait presque 400 000 morts, répétons-le, des milliers de mutilés et d'orphelins. Alors que la révolution yéménite de 2011 était pacifiste, les forces répressives ont été sans pitié pour défendre le statu quo. Le conflit a encore une dimension sociale car le Yémen est détruit, pauvre et inégalitaire, et c'est bien une révolution qui pourra en finir avec cette injustice et non pas des bombardements sans fin qui n'ont pour seule finalité que de rajouter de la violence à la violence. “Sur la période 2015-2019, la France est fortement engagée auprès des principaux pays de la coalition militaire qui intervient au Yémen. Et cela, alors même que le 27 janvier 2020 le groupe d'experts des Nations unies sur le Yémen rapporte, une nouvelle fois, que : « Toutes les parties ont continué de commettre en toute impunité des violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l'homme au Yémen.”
Dans le cadre de cette guerre, l'Arabie saoudite a passé 11 milliards d'euros de commandes à la France en 9 ans, selon le journal Le Monde. Ainsi, la France est le troisième pays fournisseur d'armes de l'Arabie saoudite (4,3% des importations saoudiennes) sur la période 2015-2019 derrière les États-Unis (73%) et le Royaume-Uni. En 2015, la France a livré à ce pays pour 900 millions d'euros d'équipements militaires dont 115 véhicules blindés ainsi que plus de 700 fusils de précision. Selon le SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute), en 2016, la France aurait livré des navires intercepteurs aux gardes côtes saoudiens, dans un contexte de blocus maritime partiel du Yémen. En dépit de la guerre d'agression, de la situation humanitaire catastrophique au Yémen où 80% des victimes sont des civils, les affaires restent ; les contrats tiennent.
Parmi les commandes historiques de la France, sans prétendre les passer toutes en revue, il y a eu la vente de 80 avions Rafale en 2021 ; commande passée par les Emirats Arabes Unis. Un contrat intéressant pour les marchands de mort et pour l'Etat puisqu'il est de l'ordre de 16 milliards d'euros. Clairement, la France est complice des guerres menées à la population par les Etats bourgeois et rétrograde comme les monarchies du Golfe qui se surmilitarisent pour menacer et attaquer leur propre peuple, ou des peuples voisins. Tandis que dans ces pays on surexploite, on maltraite, on exécute, on bombarde, on torture, les contrats tiennent toujours.
Alors que le candidat Macron promettait en 2017 de “n'avoir avec le Qatar et l'Arabie Saoudite aucune complaisance”, il a continué les ventes d'armes et s'est rendu complice de crimes de guerre commis par la coalition portée par l'Arabie Saoudite au Yémen. Personne ne lui en tient vraiment rigueur.
Crimes contre l'humanité
Peut-on vendre des armes à ceux qui financent le térrorisme international et prétendre le combattre ? Peut-on combattre le terrorisme en étant complice du térrorisme d'Etat ? La France soutient la guerre, avant Macron et plus encore avec lui. L'Etat français a une lourde responsabilité : il militarise les puissants et criminalise ceux et celles qui résistent. Il faut en finir avec les armée responsables de crimes contre l'humanité, en finir avec leurs complices, ceux qui les arment puis préparent le terrain culturel avec des formules qui donnent le feu vert aux bombardements. “Le droit inconditionnel à se défendre” voulu par la présidente de l'Assemblée Nationale a fait des ravages. Plus de 30 000 personnes ont été exterminées à Gaza, par les bombes, la faim, les pénuries de médicaments. Ce n'est pas de la défense, c'est une guerre ! Ces crimes doivent cesser. Les soutiens discursifs et les contrats d'armements doivent cesser. Le silence médiatique qui laisse faire doit être rompu.
Répression maintenant et à venir
La place de l'Etat oscille en fonction de sa politique, intérieure ou étrangère ; agent principal de la violence ici pour empêcher tout soulèvement social, toute transformation, il agit de concert à l'échelle internationale pour maintenir un ordre du monde inégalitaire et violent. La coopération entre État qu'on a relevé se fait aussi à travers l'Union Européenne. Là non plus la souffrance et les morts ne semblent n'avoir que peu d'influence dans le choix des partenaires commerciaux.
En 2012 l'organisation War Resisters League lance la campagne internationale Facing Tear Gas aux États-Unis ou elle dénonce le gaz lacrymogène comme étant une arme de guerre, un outil de répression et de torture contre les peuples qui luttent pour une réelle démocratie. Aujourd'hui, les commandes se renouvellent quant à leur contenu, mêlant lacrymogène et explosif.
Si le porte-parole du département d'État des États-Unis de l'époque, Patrick Ventrell, a vanté les mérites de ce gaz chimique en affirmant qu'il « sauvait des vies et protégeait la propriété », en France, le ministre de l'intérieur nie qu'il s'agit d'armes de guerre. On sait que c'est tout un arsenal qui a été utilisé à Sainte Soline, pour ne prendre que cet exemple, pourtant Darmanin ne parle pas d'armes de guerre : il a toujours nié la réalité de ses actes. Avec ce même déni, cette même indifférence pour les conséquences, le gouvernement a lancé une énorme commande de grenades pour le maintien de l'ordre en novembre 2023, et ce, pour un budget de plus de 78 millions d'euros : la plus importante depuis plus de 10 ans selon Maxime Sirvins, journaliste à Politis.
Suite de cette commande passée à la firme Condor, des grenades GL-307 vont être distribuées à la police française. Il s'agit d'une arme à « effets combinés ». Elle explose en provoquant un blast sonore et contient aussi des produits chimiques qui déclenchent un flash lumineux, destiné à aveugler. Encore un contrat commercial qui en dit long sur l'esprit de l'institution policière et de l'Etat. Le nom de l'entreprise brésilienne n'est d'ailleurs pas anodin. Il renvoie au plan Condor, terrorisme d'Etat orchestré par la CIA et les services secrets des dictatures du cône sud (Chili, Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay et Uruguay) dès le milieu des années 1970 pour lutter contre les syndicalistes, les communistes, les révolutionnaires. Les stocks vont alimenter la guerre contre les nouveaux subversifs du XXIème siècle, ceux et celles qui défendent leurs droits et la vie sur terre.
Inquiétant : un test mené en 2020 au Brésil démontre que des « fragments » ont été propulsés bien au-delà des 10 mètres annoncés. « Plusieurs grenades ont, en plus d'exploser tardivement, projeté des éclats à plus de 42 mètres » précise Maxime Sirvins dans Politis.
La voie internationaliste comme issue de secours
Les puissants se reconnaissent entre eux, se célèbrent, se décorent et se congratulent ; il faut bâtir un monde où aucun tyran, exploiteur, écocidaire, ne puisse être décoré ou célébré. Alors que l'ancien président François Hollande à remis la médaille de la légion d'honneur au prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Nayef, également ministre de l'Intérieur, en 2016, Macron, quant à lui, a décoré Patrick Pouyanné, à la tête du polluant groupe TotalEnergies. Il lui semblait opportun aussi de décorer Jeff Bezos (2023). Par ailleurs, il entretient à côté de ça de très bons rapport avec les monarques des pays du Golfe qui le traitent comme “un ami.” A ceux qui fraudent, précarisent, polluent, assassinent, la Patrie est reconnaissante.
Ces accointances dramatiques permettent les accords commerciaux et participent au problème de la guerre contre les peuples qui est aussi, dans le cadre du capitalisme, une guerre contre la biodiversité. Il faut le dire : favoriser l'accumulation du Capital est un choix criminel. C'est le choix de la mort. La politique austéritaire des grandes puissances comme la France, dopée à la croissance fossile et au glyphosate risque d'en finir avec l'humanité. Si le discours est vert, le résultat est vert-de-gris. Ils savent mais mentent, gagnent du temps, et continuent de nous enfoncer dans les abîmes de la catastrophe climatique sans jamais l'assumer, être contredit, ou avoir de compte à rendre quant à leur imposture.
Aujourd'hui le Capital et les énergies fossiles sont les armes les plus massives qui existent car elles ont un impact de destruction systématique sur le vivant. L'arrêt d'urgence à tirer doit être double : en finir avec les ventes d'armes et mettre un terme au cycle d'accumulation du Capital, car les deux sont porteurs d'une destruction de masse. Si le soutien militaire à des pays impérialistes responsables de crimes de guerre pose problème, la continuité capitaliste dans les énergies fossiles est tout aussi criminelle et couvert de la même impunité.
Aux Etats-Unis, Trump a accéléré la dévastation mais de façon assumée, à la différence de Macron, et il se prépare pour un nouveau mandat encore plus destructeur. “Il a dit : Et alors ? Courons au précipice aussi vite que possible, maximisons l'utilisation des combustibles fossiles, y compris les plus dangereux d'entre eux, supprimons toutes les réglementations qui en atténue quelques peu les effets, dépêchons-nous de tout détruire au bénéfice de mes maîtres, les dirigeants d'Exxonmobil avides de profits.” Les criminels de guerre et criminels climatiques devraient rendre des comptes et ça ne se fera pas sans mobilisation, sans libération.
Soyons prêts et organisés : contre les Trump, violeur et corrompu, enclin à en finir avec l'espèce humaine, contre les représentants de la bourgeoisie et des vendeurs d'armes, comme Macron ou Biden, il faut avancer solidaire, avec l'esprit internationaliste, ne reconnaissant comme frontière que la classe sociale.
Organisons nous contre les agressions impérialistes ; au-delà des frontières, soutenons les peuples attaqués, comme ceux d'Ukraine, de Gaza ou du Yémen. Parlons-en autour de nous. Les peuples victimes d'invasion, d'occupation, ont le droit de se défendre, et même militairement en vertu du droit international12. Défendons-les car sans justice il n'y aura pas de paix.
Plutôt que de flatter les puissants, de faire du business avec eux et de les décorer on ferait mieux d'être du côté des opprimés, des femmes, des prisonniers, des prisonnières, des exploités, des organisations qui luttent pour la paix, contre les bombardements, pour le partage des richesses et une alternative écosocialiste. Tout reste à faire.
Maxime Motard, membre de la cimade et militant écosocialiste
Notes
1. “European arms imports nearly double, US and French exports rise, and Russian exports fall sharply”, 11 mars 2024, SIPRI..
https://www.sipri.org/media/press-release/2024/european-arms-imports-nearly-double-us-and-french-exports-rise-and-russian-exports-fall-sharply
2. Amnesty International, "LE PRÉSIDENT MACRON S'APPRÊTE À RECEVOIR AL-SISSI SUR FOND DE RÉPRESSION EN ÉGYPTE”, 2/12/2020. ”https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/macron-al-sissi-france-egypte
3. Amnesty International, “LA FRANCE TOUJOURS L'UN DES PLUS GROS FOURNISSEURS DE L'ARABIE SAOUDITE”, 12/03/2020.
https://www.amnesty.fr/controle-des-armes/actualites/la-france-toujours-lun-des-plus-gros-fournisseurs
4. Mathilde Damgé, “Vente d'armes : l'Arabie saoudite a passé 11 milliards d'euros de commandes à la France en 9 ans” 23 octobre 2018, Le Monde.
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/10/23/arabie-saoudite-12-milliards-d-euros-de-commandes-d-armes-a-la-france-en-neuf-ans_5373432_4355770.html
5. War Resisters League, http://www.warresisters.org/
6.Facing Tear Gas : http://facingteargas.org/
7.“When used appropriately these products can save lives and protect property” State Department spokesman Patrick Ventrell said. Egypt imports tear gas from U.S. to battle pro-democracy protestors, World Tribune, 26 février 2013. http://www.worldtribune.com/2013/02/26/egypt-imports-tear-gas-from-u-s-to-battle-pro-democracy-protestors/
8.Maxime Sirvins, “Éclats et traumatismes sonores : les nouvelles grenades du maintien de l'ordre,” Politis, 14 février 2024.
9. “Des projectiles de gaz lacrymogène de l'entreprise Condor (en plus des armes de Defense Technology ou NonLethal Technologies en provenance des États-Unis) ont été utilisés pour mater les manifestants de la place Taksim, et partout ailleurs en Turquie, depuis le début du mouvement fin mai 2013. Amnesty International et six organisations turques de médecins ont dénoncé la violence de la répression policière et
l'utilisation abusive de grenades lacrymogènes comme « armes chimiques ».” Jérôme Duval “Lacrymogène, arme chimique de répression massive”, 25 juin 2013, CADTM.
https://www.cadtm.org/Lacrymogene-arme-chimique-de
10. On connaissait déjà la grenade GM2L qui a mutilé plusieurs personnes à Sainte-Soline et arraché des mains lors de manifestations et de Free Party. Parmis les blessés graves évoquons Serge. Six mois après la manifestation de Sainte-Soline, ce camarade qui fut grièvement blessé ne s'est toujours pas remis. Il garde des séquelles irréversibles liées à la brutalité de l'explosion de la grenade GM2L et à la durée de son coma. La grenade qui l'a percuté a détruit une oreille interne, mettant à mal son équilibre et provoquant une surdité définitive de l'oreille impactée ainsi qu'une baisse de vision. Aussi, le traumatisme crânien a causé une paralysie faciale et des difficultés de mobilité des membres. Là encore, les responsables n'ont rendu aucun compte ; aucune excuse n'a été faite. Pour en savoir plus : https://lescamaradesdus.noblogs.org/post/2023/09/25/communique-n6-un-bilan-detape-de-la-situation-du-s/
11. Noam Chomsky, Vijay Prashad, Le retrait, LUX, 2024. p. 60.
12.Hélas, le soutien est davantage présent pour les pays agresseurs que pour les pays agressés : selon le comité français du réseau européen de solidarité avec l' Ukraine, “seul le tiers des munitions promises a été livré. Les tirs russes sont très, très supérieurs aux tirs ukrainiens. L'infériorité technique de l'armée ukrainienne est directement la conséquence d'une politique de restrictions délibérées dans laquelle la France se distingue, en queue de peloton avec 0,07 % du PIB et 1,98 milliard d'euros d'aide dont 0,7 milliard d'aide militaire, d'après les analyses des organismes indépendants spécialisés (ISW, Kiel Institute) qui soulignent d'ailleurs l'opacité de ces « aides », surévaluées tant par le ministère que par la Commission de la défense de l'Assemblée nationale.”
*****
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

10 milliards en moins ? Le mensonge, les prétextes et les dégâts
C'est donc (re)parti pour une cure d'austérité. Le gouvernement vient d'annoncer des coupes budgétaires d'ampleur qui touchent frontalement tous les domaines de l'État, de l'écologie à l'école en passant par l'emploi. Une décision sans le moindre débat démocratique.
23 février 2024 | tiré de regards.fr
https://regards.fr/10-milliards-en-moins-le-mensonge-les-pretextes-et-les-degats/
De « quoiqu'il en coûte », il n'est décidément plus question. Le couperet est tombé : le budget de l'État sera amputé de 10 milliards pour 2024. L'annonce de Bruno Le Maire dit tout de la Macronie. La duperie pour appuyer une orientation politique. Le choix du privé et des plus riches, contre les services publics et l'écologie. Le mépris total pour le Parlement et la démocratie, cette décision étant imposée par décret. Un combo.
Diminuer les budgets de l'État et ne pas augmenter les impôts des revenus du capital et des hyper-riches, c'est un choix de société, celui du libre marché et de la loi de la jungle. Pour ce nouveau coup de rabot, aussi fou que cela puisse paraître avec la catastrophe climatique les budgets pour l'écologie paient un lourd tribut. Et les services publics trinquent, ce patrimoine de ceux qui n'en ont pas, ce lieu de l'affectation primaire des richesses. Un drame pour l'égalité et la cohésion sociale.
Le mensonge
Une fois de plus, le gouvernement a agi sur la base du mensonge. Ce dépeçage de notre dépense publique a été savamment calculé par le gouvernement. Le motif ? Un changement de prévision de croissance. Le ministre de l'Économie table aujourd'hui sur 1% de croissance du Produit Intérieur Brut – au passage, rappelons l'urgence à sortir de ce maudit indicateur productiviste qu'est le PIB ! Or, au moment du vote du budget, Bruno Le Maire disait s'appuyer sur une anticipation de 1,4% de croissance. Une surévaluation de totale mauvaise foi puisque l'OCDE évoquait alors une croissance de 1,1%, la commission européenne de 0,8% et le Haut Conseil des Finances publiques de 1%.
En décembre dernier, quand venaient les conclusions des agences de notation, l'ensemble des journaux économiques pointaient une croissance au ralenti et des prévisions assombries. Mais qu'affirmait encore Bruno le Maire, alors interrogé sur France Inter ? « Je maintiens mes prévisions de croissance […] Je reste sur 1,4% ». Plus c'est gros, plus ça passe ? La duperie est pourtant passée avec de grosses ficelles.
Les prétextes
Le reste du travail de légitimation d'une telle décision repose sur le mantra « On n'augmente pas les impôts » et le matraquage sur la dette. Car c'est en leur nom que les suppressions de postes dans les services publics ou de programmes sociaux et environnementaux de l'État sont actées. Il n'est pourtant pas compliqué de s'ouvrir l'espace mental…
D'abord, pourquoi toujours privilégier la baisse de la dépense publique et non l'augmentation des recettes ? Mieux remplir les caisses de l'État aujourd'hui, ce n'est pourtant pas compliqué. Surtout quand on pense aux dividendes des entreprises du CAC 40 versés en 2023 : 97 milliards, soit 21% de plus qu'en 2022 ! Ils ont grimpé dix fois plus vite que l'inflation et on laisse faire. Au même moment, les quatre milliardaires français les plus riches ont augmenté leur fortune de 87% depuis 2020 !
Quand le gouvernement propose de ne pas toucher aux impôts, c'est pour protéger les revenus du capital et les très riches. Pourquoi serions-nous à ce point obligés de comprimer nos dépenses publiques ? Je ne vois que la soumission aux marchés.
Franchement, rétablir l'ISF ou la flat-tax, c'est simple comme bonjour. Revenir sur la suspension de la Contribution sur la valeur ajoutée de l'entreprise (CVAE) aussi, ce qui remettrait pile 10 milliards en plus dans les caisses publiques. Il est tout aussi simple d'instaurer une taxe sur les super profits, d'autant que cette proposition a déjà été adoptée par l'Assemblée nationale, avant d'être balayée par un 49.3.
Le discours globalisant sur les impôts est terriblement pervers. Quand le gouvernement propose de ne pas y toucher, c'est pour protéger les revenus du capital et les très riches. Mais la Macronie veut ainsi laisser entendre qu'elle cajole les classes moyennes dont le sentiment de payer trop d'impôt, pour un rendu de moins en moins satisfaisant en termes de services publics, est réel. La vraie question, de justice sociale et environnementale, est de savoir quels impôts on baisse et lesquels on augmente pour satisfaire nos besoins. Ce débat est confisqué par une approche dilatoire et démagogique. L'urgence, c'est de réhabiliter l'impôt, en le rendant nettement plus progressif.
Il reste le poids de la dette, rabâché à l'envi pour nous faire peur et rendre inéluctable la baisse de la dépense publique. Le choix macroniste de couper 10 milliards s'inscrit dans la lignée des dernières résolutions adoptées par l'Union européenne, auxquelles s'est opposée notre délégation emmenée par Manon Aubry. Une nouvelle cure d'austérité est prévue à cette échelle et le compte attendu s'élèverait à 27 milliards en moins pour la France. Or, ces saignées n'ont strictement rien d'inéluctables.
En effet, contrairement à des pays plus périphériques comme la Grèce, l'Italie ou l'Espagne, la France n'a aucun problème à contracter de la dette sur les marchés financiers. Le titre est perçu comme un actif sûr, à l'instar de l'Allemagne ou des Pays-Bas. Pour l'État français, les investisseurs demandent même deux fois plus de titres que ce qui est émis ! Nous ne sommes pas menacés par une hausse des taux d'intérêts. Alors pourquoi le gouvernement français se soumet-il à la discipline de marché ? L'État fait semblant d'être sous contrainte. A-t-il réellement peur des agences de notation ? Ce serait absurde puisque les dernières dégradations des notes de la France n'ont pas détérioré le taux d'intérêt de l'emprunt. Nous avons besoin des marchés mais eux aussi ont besoin de nous, de notre dette publique qui fonctionne comme une huile de rouage dans leurs transactions. Et par ailleurs, nous sommes protégés par la Banque centrale européenne (BCE) qui pourrait racheter nos titres verts si nous en émettons davantage.
De ce point de vue, les États-Unis de Biden sont beaucoup plus décomplexés. Ils ne craignent pas de s'endetter et le sont aujourd'hui infiniment plus que nous. Ils ont par exemple mis en œuvre le programme Inflation Reduction Act (IRA) avec un plan d'investissement de 400 milliards d'euros pour atteindre les objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre et un volet pour réduire le coût des soins, notamment pour les personnes âgées. Et leur économie ne s'est absolument pas effondrée. Au contraire même, Les Échos relève régulièrement sa bonne santé. Quant au FMI, il prévoit une hausse de la dette publique dans les pays riches pour faire face au choc climatique. Et chaque année perdue sur la transition écologique ajoute de la dette publique future, comme le rappelle l'ADEME. Alors, pourquoi serions-nous à ce point obligés de comprimer nos dépenses publiques ? Je ne vois que la soumission aux marchés.
Les méfaits
Au nom de la dette, faire l'économie de 2,2 milliards sur les dépenses de la transition écologique, comme vient de l'annoncer le gouvernement, est une grossière erreur de gestion des finances publiques. L'écologie, « combat du siècle », « priorité du président de la République », peut-on lire sur le site de l'Élysée. Quel blabla ! C'est notamment le programme « Énergie, climat et après-mines » qui va être amputé de 950 millions d'euros. Or, il a pour missions de diriger la France vers la neutralité carbone à horizon 2050, de développer les énergies renouvelables et de soutenir la rénovation énergétique des bâtiments. Le gouvernement s'attaque à la prime Rénov : l'enveloppe passera de 5 à 4 milliards d'euros. Or, 4,8 millions de résidences principales sont des passoires thermiques – et 6,6 millions de résidences au total. La prime Rénov pour 2023 visait la rénovation de… 200 000 logements – et nous savons que le gouvernement n'arrive même pas réaliser ses objectifs ! Pour 2023, ce sera donc une goutte d'eau dans un océan de besoins. Affligeant.
Le couperet s'annonce sévère dans l'enseignement scolaire : entre 8000 et 11 000 postes vont être supprimés. Souvenez-vous, Gabriel Attal disait le 9 janvier 2024 : « Je réaffirme l'école comme la mère de nos batailles à qui je donnerai tous les moyens nécessaires pour réussir ». Balivernes.
Pour moitié des 10 milliards annoncés, Bruno Le Maire prévient qu'il va couper dans le budget de fonctionnement. Pour l'essentiel, il s'agira donc d'emplois publics. Le couperet s'annonce sévère dans l'enseignement scolaire : entre 8000 et 11 000 postes vont être supprimés. Souvenez-vous, Gabriel Attal disait le 9 janvier 2024 : « Je réaffirme l'école comme la mère de nos batailles à qui je donnerai tous les moyens nécessaires pour réussir ». Balivernes. La recherche va prendre également très cher, avec une suppression de 904 millions. Alors que l'on nous fait de grands discours sur la formation professionnelle, le budget dédié se trouve attaqué. Quant à l'aide au développement et la diplomatie, elle sera également sabrée. À ce compte-là, nous sommes très loin d'avoir un autre projet à l'échelle internationale que la vente d'armes et les accords de libre-échange. Consternant.
Au total, des missions d'intérêt général sont maltraitées pour des motifs dogmatiques. Seul un gouvernement totalement soumis aux normes de marché peut s'enferrer dans une telle voie. Et il ose le faire par la voie réglementaire, comme cela lui est possible sous la Vème République dont il est plus que temps de sortir. Mon collègue Éric Coquerel, président de la commission des finances à l'Assemblée nationale, vient de demander un projet de loi de finances rectificatif. Car il est inadmissible que de telles décisions soient prises par décret.
Clémentine Autain
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Allemagne - Pourquoi nous rejetons l’Alliance Sahra Wagenknecht
Le 23 octobre, Sahra Wagenknecht a participé à une conférence de presse pour annoncer la fondation d'un nouveau parti. L'association au nom évocateur Alliance Sahra Wagenknecht - Pour la raison et la justice a été lancée. Parallèlement, la reine sans couronne et neuf autres député·es ont déclaré leur démission de Die Linke. Le groupe parlementaire au Bundestag a de fait éclaté.
Tiré de Inprecor 718 - mars 2024
13 mars 2024
Par Internationale Sozialistische Organisation
Nous considérons que cette scission constitue un projet de rupture avec les positions de la gauche. On n'y trouve aucune référence à une société socialiste et à une perspective internationaliste, pas plus qu'à la classe ouvrière. En lieu et place, il est question de la prospérité de l'économie allemande et d'une plus grande autonomie de la politique allemande. Certes, l'accent est mis sur l'importance de la question sociale, mais les intérêts économiques occupent le premier plan. Sur les questions de société, le BSW (1) se positionne plutôt à droite de l'échiquier politique. Cela est particulièrement évident pour ce qui concerne les questions de migrations, de catastrophe climatique, de féminisme et d'émancipation des personnes appartenant au spectre LBGTQIA+. Les termes porteurs du manifeste fondateur de BSW – « sérieux », « normal », « performance qui doit être récompensée », « honnête », « bon sens », « raisonnable », etc. – sont tous compatibles avec l'arsenal conceptuel des forces conservatrices, d'extrême droite et de l'AfD, et ont manifestement été employés délibérément pour cette raison.
Nos perspectives
La fondation de cette organisation est en outre réalisée de manière extrêmement antidémocratique sous la forme d'un processus piloté d'en haut avec des agences de communication. Des responsables de Die Linke et d'autres partis sont débauchés de manière ciblée. Ce n'est certainement pas de cette manière que l'on peut favoriser un mouvement de renouveau de l'idée socialiste, si nécessaire aujourd'hui.
Nous considérons la fondation de BSW et le parti qui sera formé sur cette base comme un projet rétrograde et nous refusons d'y participer. Nous continuerons à nous impliquer dans le parti Die Linke, même si nous craignons que le parti ne se détache de ses positions partiellement anticapitalistes, qu'il continue à miser beaucoup trop sur les élections, qu'il continue à être trop influencé par les député·es plutôt que par les instances élues du parti et qu'il soit politiquement subordonné aux sociaux-démocrates et aux Verts dans les gouvernements régionaux auxquels il participe. Nous considérons que notre tâche est d'empêcher cela et de contribuer au renforcement d'une aile gauche du parti qui ne mise pas sur la co-gouvernance et la cogestion des rapports capitalistes, mais sur une opposition radicale et un changement fondamental des rapports de force en faveur des salarié·es, des exclu·.es et des exploité·es.
Nous voulons un parti, Die Linke, qui soit différent de tous les autres partis aussi bien dans sa pratique que dans sa culture politique. Un parti de gauche fort et un Die Linke fort nécessitent une orientation réelle vers les mouvements sociaux à caractère émancipateur, en dialogue avec eux, avec une participation aux luttes et avec des efforts constants d'implantation à la base, dans les entreprises et les quartiers.
Le 31 octobre 2023
1. Bündnis Sahra Wagenknecht
L'ISO, Internationale Sozialistische Organisation, est la section allemande de la IVe Internationale.
Déclaration traduite par Pierre Vandervoorde.
*****
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Europe - Crise du secteur agricole : colère dans les campagnes
Ces jours-ci, les campagnes font la une des journaux et des écrans. On répète ça et là que les campagnes sont en colère. Certains d'entre nous, qui ne vivent pas de ce qu'ils cultivent, donnent leur avis et leurs analyses sur ceux qui le font, avec ce que ce genre d'analyse réveille de doute quant aux limites de nos analyses. L'Europe et sa politique agricole commune (la fameuse PAC), les coûts élevés et la faible rémunération de l'agriculture, le traité avec le Mercosur sont cités parmi les principales causes de colère. Mais si l'on regarde de plus près ces mobilisations et les sujets autour desquels elles émergent, on s'aperçoit qu'elles s'enracinent dans des problématiques plus profondes.
Tiré de Quatrième internationale
16 mars 2024
Par Isa Álvarez Vispo
La première chose à noter est qu'il n'y a pas un camp en particulier, mais plusieurs camps qui se mobilisent. Si une grande entreprise multinationale était menacée de couper les approvisionnements extérieurs dont elle dépend, toute l'entreprise serait en colère, mais la situation des propriétaires de cette entreprise et celle des travailleurs seraient différentes. Alors que les propriétaires seraient préoccupés par le fait de ne pas perdre, les travailleurs seraient préoccupés par le fait de survivre. La capacité à résister et à faire face aux crises n'est pas homogène et est traversée par de multiples axes, à commencer par le capital, le pouvoir de décision et le pouvoir de manœuvre dont chacun dispose. Le milieu rural et le secteur européen de l'agriculture et de l'élevage ne sont pas des multinationales, mais ils ont des distances et des inégalités de pouvoir similaires. C'est pourquoi, dans certains pays, comme la France et l'Allemagne, les organisations paysannes se sont attachées à faire comprendre que dans ces mobilisations, tout n'est pas pareil, qu'il y a les intérêts des grandes entreprises, les employeurs agricoles, qui se battent pour ne pas perdre et pour maintenir les macro-projets, alors qu'ils cherchent à survivre avec des vies dignes.
Ils insistent sur le fait que malgré les dates de mobilisation communes et leur rôle à tous dans ce qui se passe dans les champs, ils ne font pas la paire. Ainsi, alors qu'ils réclament une sécurité sociale agricole, des revenus décents et une alimentation qui assure la subsistance des personnes et le refroidissement de la planète, d'autres cherchent à maintenir un modèle qui ne nourrit que les intérêts extractivistes , eux-mêmes soutenus par l'argent public. En outre, à cheval entre les grandes entreprises et les petits agriculteurs, il existe d'autres productions de taille moyenne qui, sans être des géants, ne s'identifient plus comme des petites entreprises ou des agriculteurs. Elles ont adopté le discours du grand comme objectif, mais cette échelle n'est qu'une illusion et leur capacité de manœuvre n'est pas celle des grands capitaux. Ce sont des productions avec un chiffre d'affaires de plusieurs euros, mais elles sont esclaves du modèle, très endettées et avec peu de marge de décision.
Au milieu de toute cette agitation, la droite et l'extrême droite cherchent à attirer le chaland et les grands syndicats agricoles, le moindre mal. Dans ce pays, il n'a pas fallu longtemps pour que les journaux titrent sur la responsabilité de l'écologie dans tout ça, comme si le changement climatique n'existait pas et que les politiques de l'UE étaient écologiques. Cette même UE qui, à la fin de l'année 2023, a approuvé la poursuite de l'utilisation du glyphosate. En réalité, les problèmes du secteur trouvent leur origine dans un modèle agricole et des politiques qui l'ont poussé à son paroxysme. Un modèle qui ignore les besoins et les capacités de la terre et des écosystèmes, générant des illusions avec des intrants. Un modèle orienté vers le marché mondial et totalement dépendant des subventions qui n'est plus viable. L'énergie n'est plus bon marché, ni pour la production, ni pour le transport des produits à des milliers de kilomètres, et même les chiffres de la PAC ont des limites.
Le traité du Mercosur, si souvent évoqué ces jours-ci, n'est qu'une goutte d'eau de plus dans un verre très troublé. Le changement climatique brise les illusions et fixe des limites à l'artificialisation de l'environnement. Les sécheresses, les pluies torrentielles et/ou les températures anormales ne peuvent être gérées par le drone. Alors que le changement climatique gifle et génère de l'instabilité dans le secteur, l'UE tente de se parer de vert et d'appliquer des mesures qui justifient de parler de durabilité, mais sans véritable plan qui accompagne une transition et assure la pérennité dans l'intervalle. Tout cela génère de la colère, de la colère dans l'agro-industrie qui produit les intrants, de la colère parmi ceux qui savent qu'ils en dépendent, et de la colère parmi ceux qui n'en dépendent pas tant que ça, mais qui savent que le coût du changement finit toujours par être payé par les plus vulnérables.
Pour toutes ces raisons, il est réaliste de penser que les droites plus ou moins extrêmes peuvent trouver leur compte dans ces mécontentements. Les différences de modèles et de tailles existent, mais la réalité est que tous, surtout les plus petits et les zones rurales en général, ont été ignorés pendant des années par toutes les sphères politiques. Dans les positions de gauche, il n'y a pas eu de propositions énergiques pour soutenir la défense des petites entreprises et la transition vers d'autres modèles. Dans les discours progressistes plus traditionnels qui parlent de la lutte des travailleur.euses et/ou des classes, on parle toujours de l'urbain, de celleux qui vivent et travaillent sur l'asphalte, et rarement du milieu rural, qu'on sait périphérique. La paysannerie n'est pas identifiée comme essentielle à la lutte des travailleur.euses, alors que sans elle, ils ne peuvent littéralement pas se nourrir. Cela laisse la porte ouverte à ceux qui se tournent soudainement vers le milieu rural, le perçoivent comme un lieu propice à leur profit et tiennent des discours qui, bien que plus bruyants que contenus, semblent s'adresser à celleux qui n'ont jamais été servis.
À ce stade, il est également important de rappeler qu'au-delà des zones rurales qui se rebellent, il y a des gens dans les campagnes qui n'en ont pas l'occasion et ne sont ni nommés ni rendus visibles dans ces révoltes. La ruralité se mobilise, à quelques exceptions près, au masculin singulier ou au pluriel intéressé. Les revendications portent principalement sur le marché. Dans les mobilisations, on voit beaucoup de machines et peu de mains, encore moins de mains de journaliers, on voit surtout des barbes blanches et des crânes chauves et peu de femmes qui mettent des visages, des voix et des besoins sur des propositions et des revendications. Si, sous le regard hétéropatriarcal urbain, la lutte des travailleur.euses ignore celleux qui la nourrissent, il en va de même pour le secteur primaire, qui semble ignorer toute l'aide familiale gratuite qui permet d'équilibrer les comptes, ainsi que les travailleur.euses journalier.es qui, dans des conditions de semi-esclavage dans de nombreux cas, sont essentiels pour que la chaîne puisse continuer à fonctionner. Le discours semble toujours se concentrer sur la manière de soutenir le marché et non sur la manière de soutenir la vie. Les plus négligéEs continuent d'être négligéEs.
La question de savoir qui va nous nourrir, alors que c'est la grande question, n'est pas posée à ce jour. Bien qu'il y ait des différences dans les domaines, dans le secteur primaire, il y a un surplus d'entreprises, mais pas un surplus de personnes. Dans un secteur marqué par l'abandon et le vieillissement, le défi est de générer des transitions qui peuvent soutenir des voies vers des modèles plus durables, équitables et passionnants qui peuvent soutenir et nourrir les gens et la planète d'une manière équitable. Des modèles qui ferment les cycles et qui n'ignorent pas que se nourrir fait partie des soins, des formules basées sur la coopération et non sur des modèles compétitifs qui se contentent de blâmer celleux qui sont au bas de l'échelle au lieu de lutter contre ceux qui les étouffent d'en haut. Nous avons besoin de modèles qui demandent qui décide de notre alimentation, qui parlent de droits, qui proposent la souveraineté alimentaire, le droit de décider de notre alimentation avec des critères de justice sociale et environnementale, comme un parapluie sous lequel s'abriter. Les solutions au changement climatique ne viendront pas de technologies énergétiques non durables, mais d'un regard vers la Terre et de la construction d'une coexistence entre ses besoins et les nôtres. Il est temps de concevoir des politiques qui accompagnent cette transition, qui soient réellement durables. Nous vivons une période compliquée, mais aussi une période d'opportunités. Une occasion de voir que d'autres modèles sont non seulement possibles, mais qu'ils existent déjà. De prendre conscience de l'interdépendance du territoire et d'abandonner le fantasme urbain de l'autosuffisance. Il est urgent de valoriser et de souligner le caractère essentiel de ceux qui nourrissent le monde et d'accompagner les transitions qui soutiennent la vie.
Le 3 février 2024, traduit de Viento Sur
*****
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Manifeste pour la paix/Un monde juste
Vous et moi avons besoin de paix. La paix dans notre pays, la paix avec nos voisins, la paix dans nos familles, la paix en nous. L'absence de paix, c'est la peur, des vies vulnérables pour nous et nos enfants, l'amertume pour notre pays, la honte de notre incapacité à arrêter la catastrophe. Mais il y a aussi ceux, peu nombreux, pour qui l'absence de paix est un immense profit. C'est aussi un moyen de nous manipuler, nous qui vivons d'un salaire à l'autre.
Au cœur de cette injustice se trouve le problème de l'inégalité, qui déchire littéralement la Russie. Les inégalités économiques et politiques sont indissociables. Vladimir Poutine et les élites qui lui sont associées se sont appropriés et ont concentré entre leurs mains des ressources économiques colossales créées par le travail de plusieurs générations. C'est ainsi qu'un groupe de fonctionnaires et d'hommes d'affaires a acquis un pouvoir politique illimité. Cette énorme richesse aurait pu être utilisée dans l'intérêt commun. Mais au lieu de cela, on nous a imposé la réforme des pensions, le SWO et la mobilisation illimitée.
QUI SOMMES-NOUS ET QUE DEMANDONS-NOUS ?
Notre initiative a rassemblé des personnes d'opinions démocratiques, socialistes et communistes - des politiciens, des blogueurs, des activistes. Nous avons élaboré un programme minimum capable d'unir des dizaines de millions de personnes qui n'ont actuellement aucune voix. Nous voulons transformer notre pays en un lieu de développement pacifique et harmonieux, au lieu d'un train blindé qui se précipite sous les rochers. Et nous savons comment le faire.
Nous exigeons une paix juste ! Pas une trêve temporaire, un bref répit, après lequel tout ce cauchemar reprendra de plus belle. Nous, nos enfants et nos petits-enfants avons besoin d'une paix réelle, complète et juste :
1. LA PAIX DANS LES FAMILLES
Ni les mobilisés ni leurs familles ne savent quand l'opération militaire spéciale prendra fin. Des frères, des fils, des maris attendent à la maison des gens ordinaires, très semblables à nous, de l'autre côté du front.
Les mobilisés doivent rentrer chez eux. Nous demandons l'annulation du décret présidentiel N 647 du 21 septembre 2022 "sur l'annonce de la mobilisation partielle dans la Fédération de Russie".
LA VIOLENCE DÉTRUIT LES FAMILLES
De nombreux participants aux conflits armés reviennent avec un psychisme affaibli, ce qui entraîne une recrudescence de la violence domestique. Elle touche les plus vulnérables - les femmes, les enfants et les personnes âgées. Il est nécessaire de mettre en place des programmes de réhabilitation pour les anciens militaires et des centres d'accueil pour les victimes de la violence domestique. Une assistance psychologique gratuite est nécessaire pour tous ceux qui en ont besoin.
UN SOUTIEN AU LIEU D'INTERDICTIONS
Empruntant les rêves les plus radicaux des ultraconservateurs américains et européens, les fonctionnaires russes envahissent nos vies privées et familiales. Ils nous enseignent qui peut être aimé et qui ne peut pas l'être. Ils tentent d'interdire l'avortement, ils veulent dicter aux femmes quand et combien d'enfants elles doivent avoir. Tout cela se fait sous le prétexte de défendre des valeurs traditionnelles nouvellement inventées.
Mais les femmes modernes qui combinent travail et maternité n'ont pas besoin d'interdictions ! Nous avons besoin d'autres choses : des crèches, des jardins d'enfants et des écoles gratuits, une augmentation du capital maternité, des logements abordables pour les jeunes parents.
La démographie dépend directement du niveau de vie général, de notre confiance en l'avenir.
2. UN MONDE SANS ANNEXIONS
Les acquisitions territoriales forcées sont la mèche qui couve une nouvelle catastrophe. Elles ne feront qu'alimenter une course aux armements au détriment d'une économie pacifique. Les hostilités doivent cesser et tous les habitants des territoires concernés doivent jouir pleinement de leurs droits sociaux, démocratiques, culturels et linguistiques.
3. UN MONDE DE TRAVAIL DÉCENT
Nous avons besoin de vie, pas de survie ! Un programme à long terme est nécessaire, comprenant
– l'indexation des pensions à un taux nettement supérieur à l'inflation
– une augmentation conséquente du salaire minimum
– l'augmentation des salaires dans le secteur public
– Renforcement du rôle de l'inspection du travail
– une politique active de l'État sur le marché du travail - créer des emplois socialement utiles et bien rémunérés (nous avons besoin de plus d'éducateurs, d'enseignants, de médecins et de travailleurs sociaux)
– rétablissement de l'âge de la retraite : 55 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes.
4. LA PAIX SUR LE LIEU DE TRAVAIL
Nous sommes tous très dépendants de l'environnement de travail. Nous voulons tous être protégés de l'arbitraire de nos supérieurs. Nous voulons tous être respectés. Nous méritons tous d'avoir notre mot à dire dans les affaires des entreprises et des industries auxquelles nous consacrons une grande partie de notre vie.
Cela n'est possible que si les conditions nécessaires à la création de véritables syndicats sont réunies. L'une de ces conditions est le plein droit de grève. L'expérience et les études internationales montrent que lorsque les travailleurs sont protégés par des syndicats démocratiques et peuvent influencer la politique de l'entreprise, la productivité du travail augmente plus rapidement, la rotation du personnel est plus faible et l'ambiance au sein de l'équipe est meilleure.
5. LA PAIX DANS L'ESPACE PUBLIC
En 2024, le professeur socialiste Boris Yulievich Kagarlitsky est condamné à une peine de cinq ans de prison pour un message posté sur Telegram. Il fait partie des 30 000 défenseurs d'une paix juste qui ont été détenus, condamnés à une amende, arrêtés ou emprisonnés au cours des deux dernières années.
La recherche provocatrice d'espions et de traîtres par le régime divise la société pour mieux la réprimer. Après la mort d'Alexei Navalny, il est particulièrement clair que nous devons exiger la fin de la guerre civile déclenchée par les autorités contre les opposants politiques. Ainsi que l'annulation des articles répressifs du code pénal, y compris l'article 207.3 du code pénal ("article sur les faux"), et la libération et la réhabilitation complète de toutes les personnes condamnées en vertu de ces articles.
6. LA PAIX POUR TOUS, PAS POUR QUELQUES UNS
La concentration des ressources financières entre les mains de quelques-uns, qu'il s'agisse d'hommes d'affaires ou de fonctionnaires, conduit à la dictature. Il est nécessaire de limiter l'influence de la richesse sur le processus politique. Les compagnies pétrolières et gazières et les autres grandes entreprises doivent être placées sous contrôle public. Sinon, leurs énormes profits continueront d'être transformés en yachts personnels, en palais et en instruments de meurtre de masse.
Nous exigeons la responsabilité pénale pour l'enrichissement illégal des fonctionnaires et des députés à tous les niveaux, avec la confiscation des revenus si un fonctionnaire ne peut pas expliquer leur origine légale. (Ratification de l'article 20 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la corruption).
IMPÔTS
La politique fiscale absurde selon laquelle les pauvres de Russie paient (TVA comprise) un pourcentage plus élevé de leurs revenus au budget que les riches devrait être reconsidérée.
Après deux guerres mondiales désastreuses, les gouvernements européens ont imposé des taxes élevées sur les plus-values et sur les héritages de grandes fortunes. Cela permet de contenir les inégalités et la concentration du pouvoir, et donc d'éviter les guerres et les conflits. Nous devrions nous inspirer de cette expérience, ainsi que des économistes modernes qui se penchent sur le problème de l'impôt sur la fortune.
AMÉNAGEMENT DU CRÉDIT
L'endettement total des Russes détruit notre psychisme et accroît l'agressivité. La dépendance à l'égard des banques pousse de nombreuses personnes à rechercher des revenus dangereux pour elles-mêmes et pour la société, y compris le mercenariat. Nous avons besoin d'une amnistie sur le crédit !
7. VERS LA PAIX PAR L'AUTOGESTION
Si nous voulons une paix durable, le pays doit être gouverné par les citoyens eux-mêmes, et non par une poignée de riches et de dignitaires. La fédéralisation, l'autonomisation des conseils municipaux et une véritable autonomie sont la clé d'une paix juste.
Répartition égale des impôts entre les budgets municipaux, régionaux et fédéraux. Retour aux élections directes des maires et des gouverneurs, suppression des barrières pour les candidats de l'opposition dans les élections à tous les niveaux.
Organismes d'autonomie locale - pouvoirs réels de distribution des budgets municipaux et régionaux, contrôle du développement et de l'utilisation des terres, et développement des infrastructures sociales.
8. PAIX AVEC L'ENVIRONNEMENT
Arrêtez de transformer la Russie en une immense décharge toxique ! Les autorités répriment constamment les manifestations contre les entreprises qui détruisent notre environnement et notre faune. Nous nous souvenons de la lutte contre Shiess, contre Kushtau et de dizaines d'autres conflits. Les entreprises commerciales et gouvernementales - sous contrôle environnemental.
Nous devons rétablir un service forestier complet, lancer des programmes pour renouveler les forêts abattues, nettoyer les rivières et remettre en état les zones abandonnées. Des méthodes avancées de tri et de recyclage des déchets sont essentielles.
9. UN MONDE JUSTE NE PEUT ÊTRE CONSTRUIT DANS UN SEUL PAYS.
LA SOLIDARITÉ, PAS LA CONCURRENCE
Les ambitions impériales de quelques hauts fonctionnaires font de la Russie un pays paria. Nous devons garantir aux pays voisins qu'ils ne seront jamais victimes d'une agression russe. Notre pays ne doit pas provoquer de conflits où que ce soit.
Cela ne signifie pas qu'il doive se retirer de la scène mondiale et abandonner une politique étrangère active. Nous ne pouvons changer notre pays que si le monde entier change avec nous. Si la concurrence pour les ressources et les sphères d'influence est remplacée par la solidarité et l'assistance mutuelle.
La nouvelle Russie pacifique aura toutes les chances de participer activement à la résolution des problèmes économiques et environnementaux mondiaux.
OFFSHORE ET MIGRATION
Notre pays souffre depuis plus de 30 ans de la délocalisation des capitaux et des bénéfices. C'est pourquoi la Russie devrait mettre en place la coalition internationale la plus large possible contre les délocalisations. Elle doit s'orienter vers la création d'un registre unifié des grands propriétaires et vers les principes d'une politique fiscale équitable. Le potentiel de numérisation accumulé ces derniers temps peut et doit être canalisé dans cette direction.
Ces mesures constitueront le fondement d'une véritable lutte contre la corruption. Elles empêcheront les entreprises sans scrupules et les super-riches de se soustraire à l'impôt. Elles aideront à trouver de l'argent pour maintenir et développer la sphère sociale. Mais elles viseront également à éliminer les inégalités de niveau de vie entre les différents pays et régions. C'est la seule façon de résoudre les problèmes liés à la fuite forcée des populations devant la pauvreté, la guerre et la privation de droits. Une vie sûre, l'éducation, l'aide sociale et un travail rémunéré doivent être garantis à chacun.
Nous sommes nombreux, nous sommes différents, mais ensemble nous pouvons construire un pays et un monde/une paix justes
*****
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Plus poutinistes que Poutine !
Ce qui est paradoxale chez les partisans plus ou moins fervents du président Russe Vladimir Poutine et de sa guerre contre l'Ukraine, est qu'ils passent sous un silence absolument assourdissant ses déclarations les plus importantes concernant cette guerre. Et qu'ils vont jusqu'à le censurer ! Pas seulement lui, mais aussi son bras droit, le ministre des affaires étrangères Serguei Lavrov. Et pourquoi tout ça ? Mais, pour les… protéger contre leurs dires ! Ce qui fait d'eux d'être plus royalistes que le roi ou plutôt plus poutinistes que Poutine !
8 mars 2024 | tiré du site entre les ligne entre les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/03/08/plus-poutinistes-que-poutine/
Chose peut être encore plus paradoxale, ils sont en bonne compagnie car les mêmes déclarations tonitruantes de Poutine et Lavrov concernant leur guerre contre l'Ukraine, sont presque totalement ignorées également par les médias « ennemis » occidentaux. Évidemment, pour des motifs tout à fait différents, ce qui n'empêche que le résultat de ces deux « censures » combinées soit que presque tout le monde ignore ce que pensent et disent de leur guerre ses instigateurs et protagonistes russes. La conséquence – manifestement voulue – en est de laisser le champ libre à tous les complotismes et autres « explications » plus ou moins opportunistes et fantaisistes des motivations du locataire du Kremlin, qui sont en circulation depuis deux ans… grâce à ces partisans, mais aussi censeurs, de Poutine et de ses amis…
C'est ainsi que tout ce beau monde a préféré censurer la déclaration fracassante de M. Lavrov que… « Israël poursuit des objectifs similaires à ceux de la Russie » ! Cette phrase de M.Lavrov, qui fait d'ailleurs le titre de son importante interview de plus de deux heures, accordée aux agences de presse officielles russes Tass et Novosti le 28 décembre passé, est explicitée longuement pour qu'il n'y ait pas de doute, par l'argumentation suivante ainsi résumée pas Novosti :
« Les objectifs déclarés d'Israël dans son opération en cours contre les militants du Hamas à Gaza semblent presque identiques à ceux de Moscou dans sa campagne contre le gouvernement ukrainien, a déclaré le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans une interview accordée à RIA Novosti jeudi. (…) Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que l'objectif final de Tsahal était la destruction complète du mouvement Hamas sous toutes ses formes, ainsi que l'élimination de tout extrémisme à Gaza. M. Lavrov a toutefois fait remarquer que ces objectifs semblent similaires à la « démilitarisation » et à la « dénazification », que Moscou poursuit en Ukraine depuis le lancement de son offensive en février 2022 ». [1]
Et pour qu'il ne subsiste pas le moindre doute, voici la phrase originale en question de M. Lavrov contenue dans l'intégralité de l'Interview postée sur le site du ministère russe des affaires étrangères : « Vous avez dit que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait annoncé que le Hamas devait être détruit dans son ensemble et en tant que force militaire. Cela ressemble à une démilitarisation. Il a également déclaré que l'extrémisme devait être éliminé à Gaza. Cela ressemble à de la dénazification ». [2] Se sentant manifestement embarrassés et perplexes par ces déclarations de M. Lavrov, tant ses « amis de gauche » que ses « ennemis occidentaux » ont préféré les cacher soigneusement de leurs publics pour pouvoir continuer à leur raconter imperturbables leurs (contre) vérités tant sur la guerre russe contre l'Ukraine qu'à celle d'Israël contre les Palestiniens de Gaza. En somme, pour une fois que M. Lavrov a dit la vérité, ils l'ont censuré…
Quelques semaines plus tard, le 8 février 2024, Poutine a accordée une très importante interview au célèbre journaliste d'extrême droite Tucker Carlson, que des rumeurs persistantes, dont font écho les médias américains, présentent comme probable colistier de Trump aux élections de novembre prochain. Encore une fois, les poutinistes et poutinisants de tout poil n'en ont pas dit un mot, tandis que les médias occidentaux se sont contentés de noter que le président Russe a déclaré « ne pas vouloir d'envahir la Pologne et la Lituanie ».
Et pourtant, Poutine en a dit des choses terribles qui devraient provoquer des chocs à répétition à tout être normalement constitué. Comme par exemple, quand il semble ré-écrire l'histoire généralement acceptée de la Deuxième Guerre mondiale avec des phrases scandaleuses, dont voici un extrait significatif :
« Non, Hitler a offert à la Pologne la paix et un traité d'amitié. Une alliance qui exigeait en contrepartie que la Pologne restitue à l'Allemagne le « corridor de Dantzig », qui reliait la majeure partie de l'Allemagne à la Prusse orientale et à Königsberg. Après la Première Guerre mondiale, ce territoire a été transféré à la Pologne. Et à la place de Dantzig, une ville, Gdansk, a vu le jour. Hitler leur a demandé de la céder à l'amiable, mais ils ont refusé. Bien sûr, ils ont quand même collaboré avec Hitler et se sont engagés ensemble dans le partage de la Tchécoslovaquie (…) Avant la Seconde Guerre mondiale, la Pologne a donc collaboré avec Hitler. Et bien qu'elle n'ait pas cédé aux exigences d'Hitler, elle a tout de même participé au partage de la Tchécoslovaquie avec Hitler, car les Polonais n'avaient pas cédé le corridor de Dantzig à l'Allemagne, et ils sont allés trop loin, poussant Hitler à déclencher la Deuxième Guerre mondiale en les attaquant. Pourquoi est-ce contre la Pologne que la guerre a commencé, le 1er septembre 1939 ? La Pologne s'est révélée intransigeante, et Hitler n'a eu d'autre choix que de commencer à mettre en œuvre ses plans avec la Pologne » ! [2]
Donc, si l'on en croit M. Poutine, le vrai responsable du déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale est… la Pologne ! Et M. Hitler et son armée, qui, selon lui, se sont montrés si amicaux envers les Polonais, n'ont attaqué la Pologne que… contraints en raison de l'intransigeance des dirigeants de ce pays ! En d'autres termes, Poutine prend pour argent comptant, adopte et nous re-propose ce que Hitler lui-même a dit à l'époque pour justifier son invasion de la Pologne ! Mais, ce qui est encore plus ahurissant est que cette scandaleuse absolution de Hitler et de son Troisième Reich vient de ce même M. Poutine qui n'arrête pas de parler du besoin de « dénazifier » l'Ukraine afin de justifier sa guerre contre ce pays ! Il ne faut pas être un génie pour comprendre pourquoi les divers poutinistes et autres apologistes de l'invasion russe de l'Ukraine n'en ont soufflé mot…
Ce n'est pas par hasard que Tucker Carlson, l'intervieweur américain de M. Poutine, formule ses questions en se référant constamment à l'adresse télévisée « historique » du 22 février 2022 de ce dernier, par laquelle il présentait à ses compatriotes le pourquoi de l'invasion militaire de l'Ukraine, qu'il allait déclencher quelques heures plus tard. Eh bien, deux ans plus tard, tant les « amis de gauche » que les « ennemis occidentaux » de Poutine et de sa guerre contre l'Ukraine feignent d'ignorer totalement ce que Poutine lui-même a vraiment dit ce jour fatidique, et ce pour une raison toute simple : afin d'être libres de pouvoir raconter leurs propres versions – souvent ubuesques – de l'histoire, qui n'ont absolument aucun rapport avec la réalité. Et pour dissiper tout doute et rafraîchir les mémoires défaillantes, voici ci-dessous ce que nous écrivions il y a deux ans jour pour jour, dans un article qui donnait la parole au protagoniste de cette tragédie, à ce Vladimir Poutine qui sait raconter mieux que tout autre le pourquoi profondément réactionnaire et impérialiste de sa guerre contre l'Ukraine et son peuple…
Poutine : « Lénine est l'auteur de l'Ukraine d'aujourd'hui » ou comment tout ça est la faute à… Lénine et aux bolcheviks !
Que diriez-vous si on s'arrêtait de pérorer sur Poutine, sur ses projets géostratégiques et ses visions politiques, et si on prenait la peine de laisser le principal intéressé, Poutine lui-même, nous en parler ? Que diriez-vous si on s'arrêtait un peu d'imaginer ce qu'il pense et ce qu'il veut faire en envahissant l'Ukraine, et au lieu de ça, lui donner la parole pour qu'il nous explique tout de première main ?
Mais, commençons par un quiz : qu'ont-ils en commun les ennemis anticommunistes occidentaux de Poutine et les défenseurs de gauche de Poutine ? La réponse est que tous les deux perçoivent la Russie de Poutine comme une certaine « continuation » de l'URSS. Les premiers pour la critiquer et la condamner, les seconds pour l'approuver et la défendre. Cependant, tant les uns que les autres comptent sans leur hôte, lequel dans ce cas n'est autre que Poutine lui-même. Alors, nous avons trouvé et lu son discours historique du 22 février, dans lequel il a exposé « longuement et en détail », pendant une heure et demie (!), les raisons de la guerre qu'il a déclarée contre l'Ukraine. Et le résultat de cette lecture a été extrêmement révélateur : ce que Poutine pense et dit est diamétralement opposé à tout ce que disent ses ennemis occidentaux et des admirateurs de gauche. Poutine déteste la révolution russe, les bolcheviks et, en particulier, Vladimir Lénine, plus que tout autre chose ! Alors, écoutons ce qu'il dit dès le début de son discours, dont il avertit qu' « il sera long et détaillé » :
« Permettez-moi donc de commencer par le fait que l'Ukraine moderne a été entièrement créée par la Russie, ou plus précisément, par la Russie bolchevique et communiste. Le processus a commencé presque immédiatement après la révolution de 1917, et Lénine et ses compagnons d'armes l'ont fait d'une manière très grossière à la Russie elle-même – par la sécession, en arrachant des parties de ses propres territoires historiques ».
Et pour qu'il soit plus clair, Poutine ajoute ces phrases dignes d'un nostalgique du régime tsariste :
« Du point de vue du destin historique de la Russie et de son peuple, les principes léninistes de construction de l'État n'étaient pas seulement une erreur, ils étaient, comme nous le disons, encore pire qu'une erreur. »
Ceci étant dit, Poutine pousse sa « logique » jusqu'au bout et tire sa conclusion finale, qui n'est autre que « la politique bolchevique a abouti à l'émergence de l'Ukraine soviétique, qui, même aujourd'hui, peut être appelée à juste titre « Ukraine de Vladimir Lénine ». Il en est l'auteur et l'architecte » ! Faites attention à cette phrase de Poutine parce que ce qu'il dit à ses compatriotes est que sa guerre contre l'Ukraine est, ni plus ni moins, une guerre contre « la création de Lénine » ! Évidemment, ni les ennemis anticommunistes occidentaux de Poutine, ni ses apologistes de gauche n'ont montré la moindre envie de mettre en évidence cette phrase, et ont préféré l'enterrer et la passer sous silence pour qu'elle reste inconnue et ne leur crée pas des problèmes…
Nous voici donc au cœur du problème, ce qui nous fait revenir un siècle en arrière, aux premières années du régime soviétique établi après la victoire de la Révolution d'Octobre 1917. Ce que dit d'ailleurs Poutine lui-même quand il prévient ses compatriotes qu'il va « accorder une attention particulière à la période initiale de la création de l'URSS car je pense que c'est très important pour nous », puisqu'il croit que, pour qu'ils comprennent le pourquoi de la guerre contre l'Ukraine, « nous devrons y aller, comme on dit, de loin ». Et juste après, il précise ce qu'il veut dire :
« Permettez-moi de vous rappeler qu'après la révolution d'octobre 1917 et la guerre civile qui a suivi, les bolcheviks ont commencé à construire un nouvel État et qu'il y a eu pas mal de désaccords entre eux. Staline, qui cumule en 1922 les fonctions de secrétaire général du Comité central du PCR(b) et de commissaire du peuple pour les nationalités, propose de construire le pays sur les principes de l'autonomisation, c'est-à-dire de donner aux républiques – les futures unités administratives-territoriales – de larges pouvoirs au fur et à mesure de leur adhésion à l'État unifié ».
En se référant à Staline et son plan, Poutine entre au vif du sujet, qui n'est autre que ce Lénine qu'il hait à mort. Et voici ce qu'il dit :
« Lénine critique ce plan et propose de faire des concessions aux nationalistes, comme il les appelle à l'époque – les « indépendants ». Ce sont les idées de Lénine sur une structure étatique essentiellement confédérative et sur le droit des nations à l'autodétermination jusqu'à la sécession qui ont constitué le fondement de l'État soviétique : d'abord en 1922, elles ont été consacrées dans la Déclaration sur l'Union des républiques socialistes soviétiques, puis, après la mort de Lénine, dans la Constitution de l'URSS de 1924 ».
Nous sommes entièrement d'accord avec la description de Poutine. Sauf que nous applaudissons l'application de ces « idées de Lénine » -et plus particulièrement, de ce damné droit à la sécession – non seulement à son époque mais aussi maintenant, et même partout et toujours, tandis que Poutine les hait viscéralement. Alors, il se demande :
« De nombreuses questions se posent immédiatement ici. Et la première d'entre elles, en fait, est la principale : pourquoi était-il nécessaire d'assouvir les ambitions nationalistes sans cesse croissantes aux confins de l'ancien empire ? (…) « pourquoi fallait-il faire des cadeaux aussi généreux dont les nationalistes les plus ardents ne rêvaient même pas auparavant, et en plus donner aux républiques le droit de se séparer de l'État unique sans aucune condition ? A première vue, c'est totalement incompréhensible, c'est de la folie ».
Simple question rhétorique parce que Poutine connaît déjà la réponse :
« Mais ce n'est qu'à première vue. Il y a une explication. Après la révolution, la tâche principale des bolcheviks était de conserver le pouvoir, c'est-à-dire à n'importe quel prix. Pour cela, ils sont allés jusqu'au bout : aux conditions humiliantes du traité de Brest, à une époque où l'Allemagne du Kaiser et ses alliés se trouvaient dans la situation militaire et économique la plus difficile, et où l'issue de la Première Guerre mondiale était en fait prédéterminée, et pour satisfaire toutes les exigences, tous les désirs des nationalistes à l'intérieur du pays ».
Évidemment, il est absolument inconcevable pour ce va-en-guerre qu'est Poutine que les bolcheviks aient accepté les « conditions humiliantes du traité de Brest-Litovsk » parce qu'ils ont fait leur révolution pour arrêter et pas pour poursuivre la Première boucherie mondiale. Ni que les prétendus… « nationalistes » qu'il méprise tellement, pourraient être les nombreuses nations et ethnies opprimées par l'État absolutiste tsariste, lesquelles revendiquaient leur droit élémentaire à l'autodétermination ainsi que les libertés et droits démocratiques dont elles étaient privés depuis des siècles. Tout ça ne sont que des « folies » et des « fantaisies odieuses et utopiques » pour l'obscurantiste ultra-réactionnaire et « chauvin grand-russe » Poutine. Et c'est pour ça qu'il conclut son retour – si révélateur et didactique – au passé bolchevique de Russie, par ces mots si éloquents :
« Il est très regrettable que les fantaisies odieuses et utopiques inspirées par la révolution, mais absolument destructrices pour tout pays normal, n'aient pas été rapidement expurgées des fondations de base, formellement légales, sur les quelles tout notre État a été construit ».
Conclusion ? Nous n'avons rien à ajouter lorsque Poutine lui-même est en total désaccord avec ses ennemis occidentaux et ses amis de gauche qui prétendent que sa Russie est une sorte de substitut de l'URSS, ou qu'il vise – par exemple avec sa guerre en Ukraine – à la faire revivre ! Tant les premiers que les seconds luttent contre des ombres et nous racontent des bobards tout en faisant de la propagande grossière adressée à des idiots : il n'y a probablement pas d'anticommuniste plus juré et d'admirateur plus farouche de l'empire tsariste que Poutine ! Quant au comment est-ce possible que des gens de gauche qui se disent communistes et même léninistes, arrivent à transformer cet anticommuniste invétéré et capitaliste oligarchique ultra-réactionnaire qu'est Poutine en chef d'état progressiste et anti-impérialiste, ceci plutôt qu'un « mystère », est la preuve du long chemin qui reste à parcourir pour que la gauche redevienne vraiment radicale et donc crédible…
Yorgos Mitralias
Notes
[1] Voir notre article « Sergueï Lavrov : « Israël poursuit des objectifs similaires à ceux de la Russie »
https://blogs.mediapart.fr/yorgos-mitralias/blog/220124/serguei-lavrov-israel-poursuit-des-objectifs-similaires-ceux-de-la-russie
[2] Voir la vidéo de toute l'interview :
https://www.youtube.com/watch?v=fOCWBhuDdDo
Yorgos Mitralias
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre

Ukraine : Dignes et à leur place, histoires de trois défenseuses au combat
Les femmes dans l'armée ukrainienne ne sont plus une nouveauté, et avec l'invasion à grande échelle, leur présence dans les forces armées a augmenté de manière significative.
Tiré de Entre les lignes et les mts
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/03/10/ukraine-dignes-et-a-leur-place-histoires-de-trois-defenseuses-au-combat/
En novembre 2023, les forces armées comptaient plus de 62 000 femmes, dont 43 000 étaient des militaires. Selon la vice-ministre de la défense Natalia Kalmykova, nous avons aujourd'hui le plus grand nombre de femmes sur le champ de bataille en Ukraine dans l'histoire moderne du monde. Grâce aux changements législatifs adoptés en 2018, les femmes peuvent désormais officiellement occuper des postes de combat et de direction dans l'armée. Elles ont également la possibilité d'étudier dans n'importe quelle spécialité militaire. Bien que les femmes dans les unités militaires puissent encore être confrontées au rejet et à ce que l'on appelle la discrimination « douce », elles prouvent chaque jour par leur détermination, leur dévouement et leur professionnalisme qu'elles sont des combattantes dignes de n'importe quel poste. À la veille de la Journée internationale de la femme, Iryna Yuzyk s'est entretenu avec Olena Ryzh, pilote d'assaut, Vira Savchenko, sapeure, et Nastia Confederate, opératrice de drone, au sujet de leur expérience du combat et de leur parcours dans les forces armées.
Les femmes ont été interrogées sur les raisons qui les ont poussées à s'engager, sur la manière dont elles ont choisi leur profession militaire, sur les zones de la ligne de front où elles servent, sur les tâches les plus difficiles et sur l'attitude actuelle à l'égard des femmes dans l'armée.
Olena Ryzh
Olena Ryzh, 42 ans, est fusilière d'assaut au sein de la 47e brigade mécanisée Magura. Dans la vie civile, elle était restauratrice et formatrice en services et communications. Elle habite à Kyiv. Elle a été mobilisée dans les forces armées en décembre 2022. Elle est actuellement stationnée dans la région d'Avdiivka. Elle a reçu la médaille « Pour le courage » de troisième degré du président de l'Ukraine, l'insigne honorifique « Croix des braves » du commandant en chef des forces armées de l'Ukraine et la médaille « Pour la bravoure au combat » de la 47e brigade.
Sur la motivation et le choix de la profession
L'idée de servir m'est venue pour la première fois au cours de l'été 2022. Je ne me sentais plus à l'aise dans la vie civile et je pensais que je n'en faisais pas assez. Je suis allée dans une école militaire de formation tactique pour essayer de comprendre si c'était mon truc ou pas, si j'étais capable de le faire ou pas. J'ai appris un peu de tout : le tir, la tactique, la médecine tactique, le déminage, l'ingénierie. J'ai été formée aux affaires militaires en Allemagne, ainsi que sur des terrains d'entraînement en Ukraine. Au total, il m'a fallu six mois pour terminer la formation. J'ai également commencé à m'intéresser à la 47e brigade et à me préparer à m'y rendre et à occuper une position de combat. J'ai écouté les discours du sergent Valeriy Markus, qui était le visage de la brigade à l'époque. J'étais convaincue que les gens étaient bien traités là-bas. C'est toujours le cas ici. Mon commandant est Oleg Sentsov, celui-là même qui est notre célèbre directeur et ancien prisonnier du Kremlin. Et je fais entièrement confiance à mon commandant.
À propos des missions de combat
Nos premières missions militaires se sont déroulées dans la région de Zaporizhzhya, près de la ville d'Orikhiv, du village de Robotyne et des environs. Aujourd'hui, nous sommes dans la région d'Avdiivka. D'une manière générale, ce que j'ai vu au cours de mon service… J'ai vu des endroits où il n'y a pas de vie. Je me rappelle Robotyne en premier lieu. Pour moi, c'est très révélateur de ce que l'ennemi a fait à notre village ukrainien ordinaire. Il n'en reste que le nom. Il n'y a rien d'autre. C'est un endroit où la mort règne. Où la mort est dans l'air. Et nous avons beaucoup d'endroits de ce type. Toute la ligne de front est ainsi. Un village qui n'est plus un village. Une forêt qui n'est plus une forêt. Et tout cela est parsemé d'objets personnels. Vous n'oublierez jamais les endroits où les batailles ont eu lieu, où vos camarades ont perdu la vie. Lorsque j'entends des civils dire que les députés, les enfants de députés, n'importe qui, devrait aller à la guerre, j'ai le regret de dire que beaucoup de civils ne comprennent pas que nous sommes en guerre. Pas ailleurs, mais sur notre territoire. Aujourd'hui, j'étudie pour devenir infirmière de combat, car il y a une grande pénurie d'infirmier·es. Mais je reste dans l'unité de combat et je continuerai à participer aux missions de combat avec le groupe, comme je l'ai fait jusqu'à présent.
Les femmes dans l'armée
Lorsqu'une femme apparaît pour la première fois sur une position de combat, certains hommes ne la comprennent certainement pas : « Oh, une femme, et qu'est-ce qu'elle peut faire ». Ces hommes examinent attentivement ce que cette personne peut réellement apporter à l'unité. Puis ils s'y habituent. Surtout si vous faites votre travail. Au cours de mes 14 mois de service, j'ai été constamment approchée par des femmes. Elles me demandent des conseils. Elles me posent la question suivante : « Que dois-je faire si je veux servir ? » Elles veulent comprendre où elles peuvent être utiles. Je tiens à dire à toutes les filles qui pensent au service militaire : si vous sentez un appel dans votre cœur, écoutez-le et suivez-le. Si vous ne le faites pas parce que vous ne savez pas comment commencer, où postuler, si on vous acceptera ou non, tous ces doutes disparaîtront dès que vous commencerez à faire les premiers pas. Je pense que nous sous-estimons le potentiel des femmes pour le service militaire et dans les positions de combat. Tout d'abord, nous nous sous-estimons nous-mêmes. J'ai commencé par me dire : je suis une femme, une civile, que vais-je faire là-bas, pourquoi suis-je là ? Mais 14 mois ont passé, et je suis une combattante digne de ce nom dans mon unité. On a besoin de moi à ma place. Comme le dit mon commandant, je suis aussi bonne que beaucoup d'hommes. Il faut croire en soi. Ensuite, le commandant et la société croiront en vous.
Vira Savchenko
Vira Savchenko, sapeure, 41 ans. Elle sert dans la 112e brigade de chars. Elle est actuellement stationnée dans le secteur d'Avdiivka. Dans la vie civile, elle est architecte d'intérieur et designer. Résidente de Kyiv, elle a rejoint les forces armées ukrainiennes le 24 février 2022. Le commandant en chef des forces armées ukrainiennes lui a décerné l'insigne de la Croix d'honneur militaire.
Sur la motivation et le choix de carrière
J'ai rencontré la guerre à grande échelle à Kyiv. Ma sœur et moi avons immédiatement rejoint la défense et, pendant les premiers mois, alors que la menace pesant sur la capitale persistait, j'ai défendu la capitale dans le district de Desnianskyi. Ensuite, j'ai choisi une branche où je serais le plus utile. J'ai choisi le déminage. Et j'ai commencé à chercher des moyens de me rendre à Kamianets-Podilskyi pour étudier au Centre de formation interarmées des troupes du génie. Ce n'était pas facile d'y aller, tout d'abord parce qu'ils y sélectionnaient des soldats des forces armées et qu'il n'y avait pas de place pour les membres de la défense territoriale. J'ai pu étudier dans une école allemande de formation de sapeur·e, en vertu d'un accord entre l'Ukraine et l'Allemagne. Nous avons été formé·es pendant un mois, et ils nous ont également formé·es au travail de sapeur·e. Au cours de mes deux années de pratique, j'ai beaucoup appris « sur le terrain ». J'ai déminé dans la région de Kyiv, les zones proches de Tchernobyl, les champs des agriculteurs pour qu'ils puissent commencer à semer, les chemins forestiers minés et la forêt d'Izium après sa désoccupation. Un an et demi après le début de la guerre à grande échelle, j'ai réussi à étudier à Kamianets-Podilskyi. C'était une école très performante. Après cela, j'ai réintégré mon peloton de génie en tant que commandante de la deuxième escouade et j'ai aujourd'hui le grade de sergente junior.
À propos des missions de combat
La période la plus difficile en deux ans a été celle de la forêt de Serebryanske. Il s'agit de la région de Louhansk, et le territoire au-delà de la forêt était occupé. La forêt elle-même est un champ de bataille permanent, sans arrêt. Nous y sommes allés deux fois. La première fois a été un échec. Nos ennemis nous ont bombardés avec tout ce qu'ils avaient, sans ménager leurs efforts. Notre groupe de sapeur·es n'a même pas eu le temps de travailler correctement. Le bataillon a été vaincu et nous avons subi de lourdes pertes. La deuxième fois, nous y sommes restés six mois, avec plus de succès. Cependant, la situation était telle que le travail des sapeur·es n'était pas le seul nécessaire : le bataillon subissait des pertes, des soldats étaient tués et blessés. C'est pourquoi nous, les sapeur·es, sommes également allé·es occuper des postes dans l'infanterie. Nous sommes resté·es trois jours dans les tranchées. Nos ennemis savaient où nous étions et nous tiraient dessus avec tout ce qu'ils avaient, essayant de brûler tout ce qui nous entourait et de nous brûler. Nous avons sauté hors des tranchées et éteint le feu. Nous avons réussi à défendre nos positions et avons attendu les renforts et la relève. Nous sommes actuellement dans le secteur d'Avdiivka. Nous produisons beaucoup de munitions pour les drones. Notre tâche consiste également à déminer la zone en cas de percée de la ligne de front. C'est ce que nous faisons presque chaque nuit. Que vois-je autour de moi ? Dans ces zones de front, nous rencontrons des villages abandonnés, où il ne reste généralement que quelques civils. Ils vivent dans des maisons délabrées, mais ne veulent pas les quitter pour aller ailleurs. Non, ils n'attendent pas le « monde russe », ils ne voient tout simplement aucune possibilité de commencer une nouvelle vie ailleurs. Il s'agit souvent de personnes âgées en mauvaise santé. Une grand-mère possède trois vaches et ne veut pas les quitter. Ces personnes sont nourries par les soldats et les « anges blancs », comme ils appellent les volontaires. Il y a aussi beaucoup de chats et de chiens abandonnés. Il y en a tellement que nous n'avions pas assez de conserves pour les nourrir, alors j'ai demandé de la nourriture aux volontaires de Lviv. Ils nous en ont envoyés beaucoup.
Les femmes dans l'armée
Une femme dans l'armée… Je ne peux m'empêcher de mentionner ma sœur Nadiya, qui a rejoint l'armée ukrainienne il y a de nombreuses années, y a servi pendant 15 ans et a surmonté tous ces stéréotypes liés au genre, elle a été l'une des premières à franchir ces murs. Aujourd'hui, nous marchons sur un chemin peu fréquenté. Bien sûr, le monde militaire reste un monde d'hommes. C'est pourquoi il arrive que l'on soit confronté à des refus. Surtout quand les hommes sont mus par la vanité. Mais en général, une guerre de grande ampleur a ébranlé tout le monde, quel que soit le sexe ou le genre. C'est pourquoi je constate que tout le monde a les mêmes tâches : survivre, chasser l'ennemi, préserver l'État.
Nastia Confederate
Nastia Confederate, opératrice de drone, 34 ans. Elle sert actuellement dans une unité de drones d'attaque (les autres informations ne sont pas divulguées). Elle travaille sur toute la ligne de front, la plupart du temps dans le secteur de Kherson. En 2015, elle s'est portée volontaire sur le front. Elle fait partie des forces armées depuis mars 2022. Elle réside à Kyiv. Dans la vie civile, elle est pigiste, voyageuse et musicienne. Elle est ouvertement lesbienne.
À propos de la motivation
Lorsque des personnes ordinaires voyagent dans les transports publics et entendent « J'en ai assez de la guerre, il faut y mettre fin », elles doivent savoir qu'il s'agit d'un travail d'agent [d'influence]. Que la personne le dise consciemment ou qu'elle le répète inconsciemment, cela n'a pas d'importance. Il n'est donc pas possible de rester silencieuse. Il est nécessaire d'exprimer haut et fort la position selon laquelle la chose la plus importante aujourd'hui est de ne pas se rendre à l'occupant, de reconquérir et de reconstruire notre propre pays. Car si l'occupant vient, personne ne l'aimera. Au mieux, il n'y aura pas de liberté d'expression. Au pire, ils retrouveront votre corps.
Le choix d'une profession
Je travaille comme opérateur de drone depuis deux ans. Nous disposons à la fois de drones de reconnaissance aérienne et de drones de frappe. Nous sommes actuellement formé·es sur différents drones qui effectuent des frappes avec différents types de cibles. Comme la pratique l'a montré, cela permet d'obtenir un pourcentage élevé de succès sur le plan statistique. Bien sûr, nous perdons des drones, mais comme beaucoup d'entre eux sont créés par les ingénieur·es de notre unité, nous pouvons continuer notre travail. Nous disposons à la fois de drones FPV qui causent du « bien » aux occupants. J'ai été brièvement instructrice en cartographie au Centre de soutien à la reconnaissance aérienne Maria Berlinska et je suis heureuse d'être active pour Victory Drones, le projet de fabrication de drones le plus systématique d'Ukraine. Dans l'ancienne unité comme dans l'actuelle, je suis recruteuse et je sélectionne les candidat·es pour les postes de pilote et d'ingénieur.
À propos de la production de drones
La production de drones en Ukraine existe depuis longtemps. Il s'agit de la développer et d'en faire une priorité. Au lieu de gaspiller inconsidérément des ingénieurs dans les tranchées, il faudrait créer des emplois dans des organisations liées à la défense et nous doter de capacités de blindage, et créer un commandement distinct pour les systèmes robotiques et sans pilote. Ce savoir doit être transmis de génération en génération, car c'est exactement ce que sera cette guerre, même si nous parvenons à repousser l'occupant au-delà des frontières de 1991 dans un avenir prévisible. Cette stratégie de la robotique et de l'éducation devrait se situer au niveau des écoles, des clubs…. Organiser des championnats, donner des subventions pour les inventions, et fournir une explication claire de la raison pour laquelle nous faisons cela, afin que les enfants grandissent de la manière la plus consciente possible. Actuellement, nous utilisons principalement des développements privés qui attendent d'être certifiés au niveau de l'État.
L'homophobie dans l'armée
Nous devons exprimer notre position ouvertement et bruyamment. Plus nous serons nombreu·ses à expliquer la situation et à donner l'exemple de l'activisme, plus vite nous aurons une société consciente. Je le sais par expérience : après mon coming out, j'ai reçu de nombreux messages et remarques dans des conversations privées selon lesquels, sans moi, un certain nombre de personnes n'auraient pas été en mesure de reconnaître ou de parler de leur identité et/ou de leur orientation sexuelle. Mon exemple, ainsi que celui d'autres militaires ouvertement LGBT, montre le chemin à suivre. Chacun·e d'entre nous peut devenir le porte-parole de son cercle social, la personne qui ouvre la voie. Même s'il s'agit d'un petit nombre de personnes, l'effet papillon fonctionnera.
À propos des partenariats civils{{}}
Le « ce n'est pas le bon moment » a déjà eu lieu. Deux années se sont déjà écoulées, au cours desquelles nous, qui nous sommes mobilisé·es volontairement, voulions voir des changements qualitatifs et perceptibles dans la société. Nos proches nous attendent, atteints de dépression et d'autres affections. Nos proches nous enterrent. Apporter une aide aux proches des militaires LGBT équivaut à apporter une aide aux membres des familles des militaires. C'est pourquoi nous avons besoin de partenariats enregistrés qui donnent le statut de famille de première ligne. Au lieu de cela, nous entendons dire que ce que veulent certain·es militaires n'est pas opportun. Nous, les militaires, avons le droit de dire ce qui est pertinent et ce qui ne l'est pas. Je m'exprime tout d'abord en tant qu'officière militaire en activité, puis en tant que femme ouvertement homosexuelle.
À propos de l'église
Avec tout le respect que je dois aux aumôniers de différents niveaux (parmi lesquels j'ai des amis), je pense que la religion est le choix d'une personne, et non la culture de certaines traditions au niveau de l'État. En Ukraine, il y a des représentants de différentes confessions, y compris du christianisme, qui constitue l'une des nombreuses visions du monde. Je connais des musulmans qui combattent dans les forces de défense ukrainiennes. Il y a aussi beaucoup d'athées et d'agnostiques dont les sentiments sont tout aussi importants que ceux des croyants. À l'heure actuelle, l'Église orthodoxe du patriarcat de Kyiv diffuse sa position malhonnête selon laquelle certaines personnes ont raison et d'autres ont tort, alors que les Saintes Écritures nous enseignent d'aimer tout le monde et d'accepter le choix que le Créateur nous a fait.
Vous savez, toutes les Églises ne condamnent pas les personnes LGBT. Par exemple, j'ai grandi dans une confession protestante et je n'ai pas été condamnée par ceux et celles avec qui enseignaient l'humanité sur la base de la Bible. J'ai également fait l'expérience de la confession dans une église gréco-catholique, où j'ai dit que j'étais une femme homosexuelle, et le pasteur ne m'a pas condamnée, disant que j'avais le droit de choisir. J'ai vu le drapeau arc-en-ciel et le drapeau ukrainien sur le même mât près de l'église, et je crois qu'il en sera de même ici un jour.
6 Mars 2024
Publie par zmina.info
Traduction Patrick Le Tréhondat
******
A l'occasion du 8 mars : loin, très loin de l'impérialisme patriarcal, sexiste, homophobe et violeur de Poutine, l'Ukraine célèbre les femmes engagées dans la résistance, qui combattent contre l'invasion et pour leurs droits
De nos jours, les femmes à la guerre ne sont plus l'exception mais plutôt la règle. Elles se portent désormais volontaires. Elles participent au développement de la médecine. Elles participent aux assauts et aux évacuations. En plus de repousser l'ennemi, elles transforment la situation des femmes dans l'armée ukrainienne et à la guerre en général. Elles défendent les droits des combattantes, aident les femmes vétérans et partagent leurs histoires pour apporter soutien moral et inspiration. Nous parlerons plus en détail du rôle des femmes ukrainiennes dans la guerre déclenchée par la Russie en 2014. Nous partagerons leurs opinions sur ce que représente pour elles l'Ukraine, la victoire et si cela vaut la peine de rêver quand on est entouré de menaces.
Au total, au 1er mars 2023, 60 538 femmes servaient dans les forces armées ukrainiennes.
https://www.facebook.com/people/Ukraine_CombArt/100090567559766/
*****
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
















