Presse-toi à gauche !
Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...

Des retraités en soutien au Front Commun
Nous sommes des retraité.e.s du secteur public. Parce que nous ne sommes pas indifférent.e.s au destin des services publics dans lesquels nous avons œuvrés pendant de nombreuses années, parce que nous sommes inquiètes et inquiets de la tournure que prennent actuellement les négociations et parce que nous n'avons pas oublié ce que nous avons vu de l'intérieur, nous souhaitons exprimer notre solidarité à l'égard des centaines de milliers de grévistes qui luttent actuellement pour faire reconnaitre leur dignité.
En arrière-plan de la négociation
Les employé.e.s du secteur public ont subi diverses formes de régime d'austérité depuis 1982. Sous prétexte de couper dans le gras, de diminuer les impôts ou d'effectuer des réformes toujours plus centralisatrices, le gouvernement du Québec malmène les services offerts à la population autant que les personnes qui y travaillent. Depuis la monstrueuse coupure de 20% de René Lévesque, les salaires ont rarement augmenté à un taux qui suit le cours de l'inflation.
Depuis la fin de la Révolution Tranquille, les sommes d'argent versées en santé, en éducation et dans les autres domaines de la sphère publique ont permis d'ajouter des services ici et là mais ils n'ont pu empêcher une dégradation lente et permanente tant des édifices que des conditions de travail. Les uns après les autres, les gouvernements ont choisi de remodeler des structures plutôt que d'écouter les travailleuses et travailleurs qui vivent les problèmes au quotidien et qui auraient des solutions à proposer.
Les travailleuses et travailleurs du secteur public se rappellent que juste avant la pandémie, le gouvernement nageait dans les surplus. Qu'a-t-il fait de tous ces surplus ? Il a décidé d'envoyer des chèques à toutes et à tous sans égard à leur situation dans le but de se faire réélire.
Pendant la pandémie, le premier ministre et son gouvernement n'avait pas de mots trop forts pour remercier celles et ceux qui tenaient le système à bout de bras dans des conditions impossibles.
Actuellement le Québec vit une situation invraisemblable : malgré un taux de chômage relativement bas, le nombre de personnes qui ont recours à des banques alimentaires brise des records.
Dans ce contexte, on pouvait espérer que les négociations prennent un tour différent. Hélas ce n'est pas le cas. Diverses annonces ont montré que le gouvernement n'avait pas les mêmes priorités que les centaines de milliers de personnes qui font fonctionner le système. Les services publics sont en péril. Il est temps que le gouvernement considère ceux-ci comme un investissement nécessaire et non comme une dépense.
Nous dénonçons
Nous dénonçons le fait que le gouvernement négocie sur la place publique comme aucun ne l'a fait avant. Des négociations, c'est bien autre chose qu'une stratégie de communication.
Nous trouvons scandaleuses les offres salariales qui sont sous la barre de l'inflation pour le plus grand nombre. Personne ne souhaite s'appauvrir par son travail.
Nous sommes outré.e.s qu'en 2023, le gouvernement fasse des offres indignes à du personnel de milieux de travail constitués en majorité de femmes.
Nous déplorons le manque de vision du gouvernement. On savait depuis des mois que la ronde de négociation s'approchait. Or le gouvernement semble avoir procédé avec désinvolture en laissant traîner les choses, en attendant l'annonce de grèves avant de faire des propositions plus sérieuses. Les grèves étaient évitables.
Enfin, nous protestons contre le désinvestissement dans les services publics. Dans de nombreux corps d'emplois, en santé, en éducation, dans les services sociaux, non seulement les candidatures se raréfient, mais en plus il est de plus en plus difficile d'y retenir les personnes qui s'y risquent. Les offres actuelles ne nous semblent pas être de nature à améliorer la situation.
Notre appui
Nous, ex-employé.e.s des services publics, exprimons donc aujourd'hui notre solidarité à l'égards des revendications des travailleuses et travailleurs du secteur public et nous appuyons leur mouvement de grève.
Signatures
Martin Godon, retraité de l'enseignement collégial.
France Demers, retraitée de l'enseignement collégial.
Sylvain Chamberland, retraité de l'enseignement collégial.
Nathalie Cloutier, retraitée de l'enseignement collégial.
Sylvie Taillon, infirmière clinicienne cadre retraitée.
Danielle Carbonneau, retraitée de l'enseignement collégial.
Guido Conti, retraité de l'enseignement collégial.
Manon Ann Blanchard, retraitée.
Denis Payette, retraité de l'enseignement collégial.
Jean-Claude St-Pierre, retraité de l'enseignement collégial.
Ronald Cameron, retraité de l'enseignement collégial.
Michel Lalonde, retraité de l'enseignement collégial.
Hélène F. Lepage, technicienne en travaux pratique, retraitée.
Monique Nadon, retraitée de l'enseignement collégial.
Gilbert Lachaine, retraité.
Christiane Mignault, retraitée du cégep Édouard-Montpetit.
Francine Gravel, retraitée de l'enseignement collégial.
Jean-Guy Lacroix, retraité de l'enseignement collégial.
Gaétanne Beauchesne, enseignante retraitée.
Flavie Achard, retraitée de l'enseignement collégial.
Guy Ferland, retraité de l'enseignement collégial.
Pierre Després, retraité de l'enseignement collégial.
Louise Corriveau, retraitée.
Wedad Antonius, retraité du collège Édouard-Montpetit.
Marie Brosseau, retraitée de l'enseignement collégial.
Janice Paquette, retraitée de l'enseignement collégial.
Jean-Marie-Dion, retraité du personnel de soutien du collégial.
Charles de Mestral, retraité de l'enseignement collégial.
Marie-Josée Rhéaume, retraitée de l'enseignement collégial.
Magda Sayad, retraitée.
Claire-Andrée Leclerc, retraitée de l'enseignement collégial.
Raymond Gravel, retraité de l'enseignement collégial.
Réjean Larouche, retraitée de l'enseignement collégial.
Annette Beauvais, retraitée.
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La CSN dénonce l’usage du bâillon pour l’adoption de la réforme Dubé
« Le Québec est pris dans une relation toxique avec le privé, particulièrement dans le domaine de la santé et des services sociaux. » La Confédération des syndicats nationaux (CSN) dénonce l'usage du bâillon pour forcer l'adoption de la réforme Dubé, la plus vaste réforme que le réseau de la santé et des services sociaux n'a jamais vue.
Tiré du site CSN
« S'il y a une chose que je peux vous assurer, c'est que la CSN va se battre pour que les travailleuses et les travailleurs du réseau ne fassent pas les frais des réformes nocives du gouvernement », a expliqué Caroline Senneville, présidente de la CSN.
Le projet de loi, vivement critiqué par la CSN, ouvre la porte toute grande à l'usage du privé en santé, de même qu'à la centralisation du réseau. La centrale syndicale craint notamment que ces transformations n'exacerbent les problèmes criants de pénurie de main-d'œuvre dans le milieu.
« Le Québec est pris dans une relation toxique avec le privé, particulièrement dans le domaine de la santé et des services sociaux. Plus on va donner de la marge de manœuvre aux cliniques privées, plus on va créer des fuites de personnel vers ce secteur, plus on va augmenter la pression sur le public et surtout, sur les travailleuses qui le tiennent à bout de bras », a ajouté Caroline Senneville.
En plus d'un rebrassage inutile des structures syndicales, la réforme verra aussi la création d'un employeur unique pour les 310 000 travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux. À plusieurs reprises, le ministre Dubé a présenté sa réforme comme l'achèvement des transformations entamées par les ministres Couillard et Barrette. Ces réformes ont d'ailleurs elles aussi été adoptées sous bâillon.
Récemment, une coalition de plus de 300 organisations syndicales, communautaires et médicales, dont la CSN fait partie, remettait en question l'adoption précipitée et antidémocratique de la réforme.
« Pour un gouvernement qui gouverne à coups de sondages, je trouve qu'il ignore pas mal ce que la société civile pense de sa réforme. Une chose est certaine, les Québécoises et les Québécois ne veulent pas d'une américanisation du réseau », a conclu Mme Senneville.
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Adoption précipitée de la réforme Dubé sous bâillon | La santé et le filet social des Québécois·es en péril
L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) réagit à l'adoption sauvage sous bâillon du projet de loi n° 15, marquant l'avènement de l'agence Santé Québec. Cette dernière constituera le plus gros employeur au Canada, avec plus de 300 000 employé·e·s.
La « plus grande opération de centralisation en santé de l'histoire du Québec »
« Encore aujourd'hui, j'ai du mal à m'expliquer une telle orientation alors que les expériences passées devraient nous pousser dans la direction diamétralement opposée. La réforme Barrette est connue aujourd'hui comme un échec retentissant, en majeure partie parce que la concentration des pouvoirs a pavé la voie à une bureaucratie centrale lourde et inefficace, qui ralentit les décisions sur le terrain de façon significative et mine par conséquent l'efficacité des soins et services offerts. Ça dépasse l'entendement qu'on renchérisse là-dessus », a déclaré Robert Comeau, président de l'APTS.
La démocratie en berne dans le réseau
« L'APTS a voulu collaborer dès le début pour bonifier ce projet de loi. Nous nous sommes prêté·e·s à l'exercice de bonne foi, mais nous avons constaté que cela donnait des résultats mitigés. Pour qu'une réforme fonctionne, elle doit être acceptée par le milieu dans lequel elle doit être implantée. Je trouve inconcevable que la finalité soit l'adoption sous bâillon alors que l'objectif même est d'améliorer le réseau de la santé et des services sociaux. Le seul consensus qui émane de la réforme Dubé, c'est qu'il n'y en n'a pas ! », a dénoncé Émilie Charbonneau, vice-présidente de l'APTS.
Une période de transition cruciale
« Il faut absolument que des forums soient mis en place durant la transition. Il en va de la survie de notre réseau. Légiférer dans son coin et n'en faire qu'à sa tête, surtout quand il s'agit de la santé de la population et du filet social dont dépend la très grande majorité des Québécois·es, c'est irresponsable et irrespectueux. Personne ne sait encore quelles seront les véritables conséquences de la réforme en question. M. Dubé est en train de retirer de l'oxygène à un réseau qui est déjà sur le respirateur artificiel », a conclu Robert Comeau.
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Les syndicats du Canada : affronter la haine est une responsabilité partagée
En cette Journée internationale des droits de la personne, les syndicats du Canada incitent les gouvernements et les individus à affronter collectivement la montée de la haine.
Le Canada fait face à une crise : selon des données de Statistique Canada publiées plus tôt cette année, les crimes haineux contre des personnes 2SLGBTQI+, musulmanes et juives ont atteint un nombre record en 2021. Ce nombre continue d'augmenter. Il comprend une augmentation alarmante des incidents et des crimes haineux, des idéologies clivantes et des actes racistes, empreint de préjugés et discriminatoires, tant en ligne que hors ligne. Il est d'une importance cruciale que tous les Canadiens et Canadiennes s'unissent pour luter de front contre cette haine.
Les syndicats du Canada incitent le gouvernement fédéral à agir sur-le-champ pour freiner la montée de la haine dans notre pays. Il doit notamment publier son Plan d'action national de lutte contre le haine, outil très nécessaire pour aider à combattre l'augmentation et la propagation rapides de la haine.
Les discours haineux continuent de se répandre en ligne. Cela permet aux groupes fascistes, d'extrême droite et militant pour le suprémacisme blanc de s'organiser et de diffuser les discours et les idéologies fondées sur la haine rapidement et efficacement. Le gouvernement fédéral doit déposer le projet de loi sur les méfaits en ligne qu'il promet depuis longtemps pour contrer la très inquiétante tendance de la haine, du harcèlement et de la violence en ligne.
Pour lutter contre la flambée des campagnes anti-2SLGBTQI+, anti-inclusion et pro-violence dans l'ensemble du pays, les syndicats du Canada appellent à la mise en œuvre des 29 recommandations sur les politiques que comprend le Livre blanc sur le statut des personnes trans et de diverses identités de genre.
« Cette année marque le 75e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de la personne et, pendant que nous réfléchissons à cet important fait, nous devons nous unir contre la haine sous toutes ses formes. La haine – qu'elle soit fondée sur le racisme, la xénophobie, l'homophobie, la transphobie ou une autre forme de préjugés et de discrimination – n'a pas sa place dans notre société. Elle compromet les principes des droits de la personne et menace l'étoffe même de notre société », déclare Larry Rousseau, vice-président exécutif du Congrès du travail du Canada (CTC).
Les syndicats du Canada sont depuis longtemps à l'avant-garde des dossiers des droits de la personne et continueront à lutter pour un avenir plus juste et plus équitable pour tous.
« Nous ne laisserons personne réduire les droits humains que nous avons obtenus de haute lutte. Chaque travailleur ou travailleuse mérite de vivre sans peur, préjugés et fanatisme. Nous demeurons fermement résolus à affronter la haine dans nos lieux de travail, nos syndicats et nos collectivités », affirme Bea Bruske, présidente du CTC. « La montée de la haine qui se poursuit exige une réponse urgente, et nous incitons le gouvernement fédéral à prendre des mesures concrètes pour défendre et préserver les droits de la personne au Canada. Mais nous avons en outre un rôle collectif à jouer pour dénoncer et combattre la haine. Il revient à chacune et à chacun d'entre nous de dénoncer la haine quand nous la voyons et l'entendons. Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons rendre nos lieux de travail et nos collectivités plus sécuritaires pour tous. »
Tous les membres de la population canadienne doivent faire leur part pour affronter et éliminer la haine. Joignez-vous à la lutte en :
– téléchargeant notre guide intitulé Travailleuses et travailleurs en transition pour en savoir plus sur les moyens d'appuyer les personnes trans dans votre lieu de travail.
– téléchargeant notre rapport sur l'élimination de l'islamophobie dans nos lieux de travail et nos collectivités intitulé L'islamophobie au travail : défis et occasions.
– vous renseignant sur la propagation de l'extrémisme de droite et du populisme en ligne et dans les collectivités de tout le Canada.
– signant la pétition de #TransEqualityNow pour faire savoir au gouvernement fédéral qu'il doit agir sans tarder.
* Certains des liens ne sont disponibles qu'en anglais
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À propos de la poésie de Lenous Guillaume-Suprice (Nounous)
La poésie n'est pas forcément du vers et des rimes (…). Un poème est une tentative de nous ouvrir les yeux pour voir ce qu'on ne regarde plus. - Jean Cocteau
Il y a une mémoire d'au-delà de la mémoire : c'est ce qui remonte à la surface grâce à ces grands coups de sonde que constituent l'acte poétique. Aimé Césaire
Un jour, alors que je faisais part à Nounous de ma difficulté à comprendre la poésie, il m'a tout simplement répondu d'un air ponctué d'une franche candeur : « Laisse-toi aller ! »
Ce « Laisser-aller », je l'ai appliqué non sans difficulté et sans risques en lisant et relisant son dernier recueil de poèmes Nuit Rhapsodie (1).
Inutile de chercher une versification qui laisse transparaitre à ciel ouvert et dans sa totalité le sens du poème. Tel est l'écrit de Nounous, et dès Alcool d'une nuit et d'autrefois l'on se trouve plongé dans l'histoire qui semble celle d'une payse encastrée dans la mémoire peut-être d'un voyageur cherchant sa route, peut-être dans la conscience d'un aventurier en quête de liberté, mais en bute à de multiples obstacles :
« À l'inverse du rapprochement
sa solitude son ennui laissés
sans épanchement
À l'échelle du quotidien
ses nuits ses heures passées
à craindre des complots
Au tableau des attentes
sa fougue sa passion émasculées
à grands coups de mépris »
Ainsi se suivent plusieurs strophes où le poète passe en revue à l'aide de puissantes métaphores les turpitudes et affres d'une conscience éclaboussée :
« Assez souvent
on doit éteindre la clarté des oreilles
pour ne pas entendre la cacophonie des maitres
d'hier et d'aujourd'hui
en leur démoniaque huis clos
au démantèlement de son édifice à distinction »
Le poète trace et cherche sa voie dans la tourmente : avant de se (re)trouver, il doit briser les chaines de toutes « ces nuits d'angoisse » et se débarrasser « des chiennes de puces ». Le chemin est long et les strophes ne se suivent pas, pourtant l'idée d'une quête de soi (et peut-être sur soi) les traverse, et cette quête prend vie grâce à ce puissant souffle poétique, mais elle n'est pas simplement repli sur soi, elle est surtout constat d'un monde en quête de « survivance » où
« il y aura des voix ignées, d'autres
indignées, et certains, malgré tout le ramdam
autour, se réveilleront longtemps après la chouette
de Minerve, tout juste le temps d'être bien au fait
des largesses du malheur… »
Sartre dans son Mallarmé voyait les poètes de la génération de l'après 1848 comme des « orphelins de Dieu »(2) Dieu étant mort, « ils ont ressenti le Grand Naufrage comme une mutilation. Tout étourdis d'être sur terre, ils ne savent pourquoi ils sont nés et ils détestent leur contingence. » La Poésie est devenue seul repère, force créatrice, dans un monde vide, dépourvu de sens. Mais les événements de 1848 ne consacraient pas uniquement la mort de Dieu, la bourgeoisie triomphante n'avait cure de cette quête d'une nouvelle « spiritualité » et n'offraient aucun repère à ces poètes, dont certains se sont assumés « maudits ».
Pour Nounous, la question est tout autre : la poésie est ancrage dans un monde réel, sans une quelconque « nostalgie divine ». Elle exprime de part et d'autre un désir d'émancipation de soi. Mais aussi à l'égard d'une certaine emprise sociale :
« Il n'y a peut-être pas pire asservissement
que celui que l'on réserve à soi-même
et le malheur est dans le vide
autour de soi provoqué par agacement
non dans la verdure de l'accomplissement
au fond de la joliesse des mains en marche par jonction
non plus dans le territoire des souvenirs
quand l'humour se fait en largesse
car en riant l'on s'enrichit d'un peu d'amnésie
face à l'intransigeance des tourments »
Nuit Rhapsodie termine par un message d'espérance, qui ne relève pas de l'optimisme, mais plutôt de la conscience de l'importance du combat à mener
« …pour ouvrir une aire d'opiniâtreté, d'apprentissage du bonheur
dans la plus ancienne et les nouvelles écoles du faubourg, où
cœurs qui s'y activent s'engagent à polir la pierre d'un idéal… »
Selon moi, il ne fait aucun doute que la poésie de Nounous s'inscrit dans le grand courant littéraire qui depuis Maïakovski en passant, près de chez nous, par Magloire-Saut-Aude, Davertige, Cavé, bouleverse « les valeurs d'ordre » (Barthes).
Notes
1- Lenous Guillaume-Suprice, Nuit Rhapsodie (Poésie). Les Éditions du CIDHICA, Montréal 2023
2- Jean-Paul Sartre, Mallarmé. La lucidité et sa face d'ombre. Éditions Galimard, 1986
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Nouveau numéro de la revue Relations : La transmission au Québec : entre désir et refus
Thème anthropologique et sociologique fondamental, au cœur de la culture comme de la vie humaine, la transmission ne va pourtant pas de soi. Elle peut se faire de manière consciente ou inconsciente, elle peut être recherchée ou fuie. Elle peut aussi se rompre, lorsque le refus d'un héritage est si fort qu'il conduit au rejet des institutions par lesquelles il se transmet, ou encore lorsque celles-ci sont affaiblies, voire détruites, par la colonisation ou les guerres, par exemple. Néanmoins, le besoin, sinon le désir de transmettre demeure toujours au centre du lien entre les générations et les époques. Regard sur un Québec où la transmission se pose entre désir et refus.
Sommaire
La transmission au Québec : entre désir et refus 📖
Julie Perreault
L'horizon long de la transmission
Gilles Bibeau
Le sacrifice des cultures religieuses en éducation
Louis Rousseau et Georges Leroux
De la transmission naturelle
à la réappropriation de la culture
Table ronde avec Stacy Bossum et Alice Germain
Transmettre l'élan
Jean-Philippe Pleau
L'engagement social en héritage
Suzanne-G. Chartrand
Transmettre ce qui fait vivre. Rencontre avec Caroline Dawson
Emiliano Arpin-Simonetti
Artiste invitée : Nathalie Ampleman
À découvrir aussi
Édito
Garder audible l'espérance 📖
Catherine Caron
Débat
L'électrification au Québec : piège ou priorité ? 📖
Normand Mousseau et Éric Pineault
Grand entretien avec Lucie Lamarche
Près de 50 ans dans l'aventure du droit social
La Série sur les domaines émergents du droit
Le droit, un outil pour la transition écologique
Camille Cloutier
Aux frontières
Danaëlle : une liberté radicale
Jean-Lou David
Et retrouvez : le Carnet de Nathalie Plaat et la chronique poétique de Emné Nasereddine
Pour le temps des fêtes, offrez-vous du temps pour lire !
C'est l'autrice et psychologue Nathalie Plaat qui tient le Carnet dans nos pages cette année, dans lequel elle déploie une réflexion en quatre volets sur la famille, la filiation et la quête des origines. Si vous aimez sa prose, ne manquez pas les prochaines livraisons de sa chronique : abonnez-vous !
Vous pourriez en plus gagner un exemplaire dédicacé de son plus récent livre, Chroniques d'une main tendue, paru aux Éditions Somme toute (2023).
ABONNEZ-VOUS AVANT LE 15 DÉCEMBRE (9H) POUR PARTICIPER AU TIRAGE
Code promo : NOËL
Dans la prochaine année, nos dossiers porteront sur des sujets aussi variés que la guerre et la paix, les arbres, la nation et les imaginaires politiques, ainsi que les nouvelles réalités amoureuses et familiales. Le tout, toujours avec la même rigueur et le même engagement solidaire qui caractérisent le travail de Relations.
Pour nous soutenir, la meilleure façon reste de s'abonner ou de vous réabonner !
Joyeuses fêtes 2023 !

Livre : Critique du « colonialisme vert »
Un stimulant ouvrage collectif questionne les impasses des politiques de transition énergétique en Afrique du Nord. Ses chapitres successifs illustrent, études de cas à l'appui, combien le discours sur l'environnement est fréquemment corrélé à des logiques d'accaparement des terres et des ressources par les économies occidentales. Il se trouve alors à l'origine d'un véritable « colonialisme vert ».
Tiré d'Orient XXI.
L'unanimisme apparent des discours internationaux sur le dérèglement climatique et la nécessité d'y faire face occulte bien des enjeux. Il néglige notamment d'interroger les mécanismes de domination que les politiques de transition à l'œuvre préservent largement, voire réinventent. Depuis la COP 27, et au cours de la préparation de la COP 28 de Dubaï, la question de la justice climatique à travers la mise en place de mécanismes de compensation (liés aux dites « pertes et dommages ») pour les pays du Sud a pu être discutée, mais manque indéniablement d'ambition.
LES IMPENSÉS DE LA TRANSITION
À point nommé, l'intérêt de l'ouvrage collectif dirigé par Hamza Hamouchene, chercheur et militant rattaché au Transnational Institute, et Katie Sandwell, chargée de programme dans ce même centre basé à Londres, est d'éclairer les angles morts des politiques de transition climatique, apparemment généreuses, progressistes et « justes ». À travers neuf études de cas du Maroc au Soudan, les autrices et auteurs, quasiment tous issus des sociétés concernées, invitent en quelque sorte leur lectorat à penser contre lui-même, c'est-à-dire à considérer les limites de politiques dites « vertes » telles que développées en Afrique du Nord. Ils déploient ainsi une approche volontiers critique qui remet en question l'eurocentrisme de récits écologistes souvent simplificateurs.
Prendre au sérieux l'urgence de la justice climatique et souligner les effets pervers de la transition énergétique sur les sociétés de cette région du monde est un impératif autant moral que pratique. Les chapitres successifs de l'ouvrage illustrent en particulier combien les discours portés par les gouvernements et multinationales sur ces sujets servent aussi en réalité à entretenir, parfois même à relégitimer, la domination néocoloniale. Ils justifient par exemple en Algérie les logiques extractivistes de pillage des ressources naturelles aux dépens des populations, et en particulier des agriculteurs, tout en alimentant les politiques autoritaires qui servent surtout les intérêts des plus riches.
Un « orientalisme environnemental »
Le procès du « greenwashing » qui est mis en œuvre par les programmes d'énergies renouvelables, qu'ils soient solaires ou axés sur l'hydrogène, est ici fort convaincant. Les cas d'études s'appuient sur des données concrètes et incarnent un souci remarquable pour les expériences quotidiennes des « premiers concernés » : usagers des services publics de l'électricité au Soudan, anciens travailleurs d'une mine au Maroc ou militants œuvrant pour la justice. Par-delà ces cas individuels se dessinent des politiques climatiques marquées par un « orientalisme environnemental », c'est-à-dire la construction d'un environnement nord-africain perçu comme dégradé et vide qu'il conviendrait de corriger en l'exploitant convenablement. Cette logique, comme l'expliquent Hamza Hamouchene et Katie Sandwell dans leur introduction, sert à légitimer les structures de domination et de dépossession qui se trouvent toujours à l'œuvre dans les projets énergétiques. À cet égard, que l'énergie soit dite « verte » ne change rien à l'affaire. L'exemple le plus éloquent est celui de la Tunisie où la transition s'inscrit dans des logiques de privatisation faisant intervenir des capitaux étrangers qui accroissent la dépendance, sans réduire la consommation de CO2 ni les atteintes à l'environnement.
La réflexion transversale sur la justice climatique est ici stimulante dans la mesure où elle fait appel à des voix militantes actives dans les sociétés nord-africaines. Mais le discours qui a valeur de programme apparait parfois marqué par une certaine abstraction. On regrettera que la construction et l'isolation des bâtiments, essentielle aussi dans les pays où la climatisation se répand, soit ici ignorée. La question des aspirations variées des populations d'Afrique du Nord, et l'attrait exercé auprès d'un nombre significatif d'entre eux par des modèles de développement peu sobres, tel celui de Dubaï où se tient la COP 28, reste une aporie. L'enjeu dépasse certes l'ouvrage lui-même et vient interroger la nécessité, parallèlement à la justice, de construire un imaginaire écologiste réellement désirable pour toutes et tous.
Hamza Hamouchene et Katie Sandwell (dir.)
Face au colonialisme vert. Transition énergétique et justice climatique en Afrique du Nord
Syllepse/Transnational Institute, 2023
245 p.

Poly
Elles sont quatorze
Nous sommes chacune.
Elles ont reçu une balle
Sans avoir le temps de réaliser, d'avoir mal.
Nous, nous avons reçu insultes, gifles,
Avec trop de temps pour sentir le vide.
Paralysées par la peur ou mortes
C'est la main, c'est la balle.
C'est le mépris de la même sorte
Du père, du mari ou de l'amant jaloux qu'importe.
Mais surtout pas simple acte de malade.
Non la semence a été longtemps cultivée
La haine en est le fruit rouge sang.
La violence : cette sève goutant amèrement
Et le pouvoir : ces racines si entremêlées.
Et vous voulez par vos mains, par vos balles
Lentement ou rapidement
Sournoisement, subitement, ou violemment
Nous faire goûter ce mal ;
Implanté dans nos cœurs cette obéissance ?
Mais notre silence et notre consentement
À toutes fins et pour longtemps
Vous ne l'aurez
Et de la société et de nos vies
Déraciner, couper, brûler
À jamais cet arbre maudit.
Et avec nos bras, nos cœurs solidarité
Nos sifflets, notre ardeur solidarité
Nos clés, nos pieds
Riposter comme collectivité solidarité
Elles ont été quatorze
Nous serons toutes
11-12-89
Noisette, une sorcière comme les autres
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ᑕᐅᑐᒃᑕᕗᒃ Tautuktavuk (Sous nos yeux) sur la liste des 10 meilleurs longs métrages canadiens de 2023
MONTRÉAL le 6 décembre 2023 – Après avoir remporté la semaine dernière *le prix Rödspoven* au *Festival du film d'Umeå (UEFF)* en Suède, ainsi que *le prix Amplify Voices BIPOC & Canadian First Feature Award* présenté par Canada Goose au *Festival international du film de Toronto (TIFF)* en septembre 2023 et le *Sun Jury Award* au festival *ImagineNATIVE* en octobre 2023, le producteur *Jonathan Frantz* de *Kingulliit Productions* et d'*Isuma Productions*, en collaboration avec *Uvagut TV* et *Isuma
Distribution International*, a le plaisir d'annoncer que *TAUTUKTAVUK (SOUS NOS YEUX)*, coréalisé par *Lucy Tulugarjuk* (*Tia and Piujuq*, *One Day in the Life of Noah Piugattuk*, *Atanarjuat : la légende de l'homme rapide*) et *Carol Kunnuk* (*Welcome to my Qammaq*, *Being Prepared*, *Attagatuluk*), a été sélectionné dans la liste *Canada's Top Ten 2023*
<https://tiff.net/press/news/tiff-un...>
des 10 meilleurs films canadiens de l'année du *TIFF*.
« Avec tant de gratitude, d'appréciation, d'amour et de respect, merci
beaucoup du soutien continu - Uyarak ! », a déclaré *Lucy Tulugarjuk* en
recevant la nouvelle à Montréal.
*PREMIÈRE QUÉBÉCOISE + EN SALLE À MONTRÉAL*
*Isuma Productions*, *Isuma Distribution International* et *Kingulliit
Productions*, en collaboration avec *Cinema Politica, *présentent en *première
québécoise *le long métrage primé *TAUTUKTAVUK (SOUS NOS YEUX)*, coréalisé
par *Lucy Tulugarjuk* et *Carol Kunnuk*, comme film de clôture de la saison
d'automne de Cinema Politica Concordia* le lundi 11 décembre 2023 à 19h à
l'Université Concordia (salle H-110)*.
La première québécoise sera suivie d'une *séance de questions et réponses et d'une conversation avec Lucy Tulugarjuk* et la documentariste *Alanis Obomsawin* (*Incident at Restigouche, Kanehsatake : 270 Years of Resistance*, *Our People Will Be Healed*). La table ronde sera animée par l'artiste multidisciplinaire, cinéaste et conservateur d'art *Asinnajaq* ( *Upinnaqusittik*, *Three Thousand*). Tous les détails sont disponibles ici
<https://www.cinemapolitica.org/fr/s...>
.
Après sa première québécoise au Cinema Politica, *TAUTUKTAVUK (SOUS NOS
YEUX) **sortira en salle à Montréal le 12 janvier 2024*, avec des projections du film sous-titré en français et en anglais au *Cinéma Moderne*
.
Ce film inuit contemplatif, à la fois provocateur et subtilement intersectionnel, explore les points de convergence entre les mesures pandémiques, la violence domestique, la famille et les traumatismes intergénérationnels. Brouillant la frontière entre fiction et non-fiction,
après un événement traumatisant, Uyarak et sa sœur aînée Saqpinak entreprennent un difficile voyage de guérison qui leur rappelle l'importance de la communauté, de la culture et de la famille. *TAUTUKTAVUK (SOUS NOS YEUX)* explore les questions de violence domestique et de toxicomanie du point de vue de deux femmes inuites.
« *C'était l'occasion pour nous de créer quelque chose qui montrait la vie des femmes inuites comme on ne l'avait jamais fait auparavant. Nos mères n'avaient pas la possibilité de s'exprimer comme nous l'avons aujourd'hui.
Nous prenons toutes deux très au sérieux le fait que nous sommes des messagères de nos familles et de nos communautés, que c'est nous qui avons les outils pour réaliser des films de femmes parlant de leurs expériences - des outils pour faire évoluer certaines des terribles injustices dont nous sommes victimes.* » *— Lucy Tulugarjuk*
« *Je vois ce film comme un événement qui se déroule au présent, dans la vie des Inuits de deux communautés - moi à Igloolik et Lucy à Montréal. La Covid-19 a été très dure et a eu un impact sur beaucoup d'Inuits. Je suis très enthousiaste à propos de ce nouveau film et de l'opportunité de raconter une histoire sur notre réalité contemporaine avec des personnages
féminins forts dans le rôle principal. C'est ce qui m'inspire, de mettre en avant le point de vue des femmes, y compris la violence de genre et les femmes indigènes disparues et assassinées.* » *— Carol Kunnuk*
*TAUTUKTAVUK (SOUS NOS YEUX)* met en scène *Lucy Tulugarjuk*, *Carol Kunnuk*,
*Benjamin Kunuk* (*Un jour dans la vie de Noah Piugattuk*,
*Searchers*) et *Madeline Ivalu* (*Angakusajaujuq - The Shaman's Apprentice*, *The Grizzlies*, *Atanarjuat : The Fast Runner*). Le scénario était écrit par *Lucy Tulugarjuk*, *Carol Kunnuk*, *Samuel Cohn-Cousineau* (*Tia and Piujuq*), *Gillian Robinson* (*The
Journals of Knud Rasmussen*) et *Norman Cohn* (*One Day in the Life of Noah
Piugattuk*, *Atanarjuat : The Fast Runner*).
Le film est produit par *Lucy Tulugarjuk* et *Jonathan Frantz* (*Angakusajaujuq
– The Shaman's Apprentice*, *Edge of the Knife*, *One Day in the Life of
Noah Piugattuk*) et est produite par *Zacharias Kunuk* (*Angakusajaujuq -
The Shaman's Apprentice*, *One Day in the Life of Noah Piugattuk*, *Atanarjuat
: The Fast Runner*), *Mandeline Ivalu*, *Susan Avingaq* (*SOL*, *Tia et
Piujuq*) et *Norman Cohn*.
*TAUTUKTAVUK (SOUS NOS YEUX)* a été tourné pendant le COVID à Montréal, au
Québec, et à Igloolik, au Nunavut. Le film sortira en salle à l'hiver / au printemps 2024 et fera l'objet d'une tournée communautaire au printemps 2024. *TAUTUKTAVUK (SOUS NOS YEUX)* est distribué au Canada par *Isuma Distribution International* et *Uvagut TV* est le diffuseur canadien (non exclusif). Tous les droits disponibles à l'extérieur du Canada sont gérés par *Isuma Distribution International*.
*SYNOPSIS*
Après avoir vécu un évènement traumatisant à Igloolik (un hameau inuit du bassin Foxe, dans la région de Qikiqtaaluk au Nunavut), Uyarak quitte sa communauté et sa famille au Nunavut pour s'installer à Montréal. Lorsque la pandémie Covid-19 ferme l'Arctique canadien au reste du monde, Uyarak est encore plus séparée de son amie la plus proche, sa sœur aînée, Saqpinak.
Cette situation extrême brouille les frontières entre la vie fictive des sœurs et la vie non fictive des réalisatrices du film, *Lucy Tulugarjuk* et *Carol Kunnuk*, qui interprètent les sœurs.
Le film devient une série de vignettes sur le chagrin et la guérison - à la fois dans le récit dramatique basé sur des évènements réels et dans la réalité vécue par ces personnages et créateurs.
Uyarak ne se souvient pas d'une terrible nuit de violence domestique, mais Saqpinak, elle, s'en souvient. Par le biais d'appels Zoom, Uyarak lui parle de sa guérison après des années de traumatisme et d'abus, et de la façon dont les séances de conseil qu'elle suit, ainsi que d'autres reconnexions culturelles, l'aident à guérir.
Parallèlement, Saqpinak élève une famille et anime des émissions en direct sur sa communauté. Les choses sont difficiles à la maison - Saqpinak elle-même subit des violences domestiques, mais elle attend de pouvoir en parler à Uyarak lorsqu'elle pourra rentrer chez elle.
Lorsque les restrictions imposées par Covid-19 s'assouplissent, Uyarak peut enfin rentrer chez elle à Igloolik. De retour chez elle, elle entreprend un voyage de guérison plus approfondi en rendant visite à sa famille et aux aînés, en ville et sur le terrain. Uyarak et Saqpinak partagent d'autres histoires et se soutiennent mutuellement pendant le peu de temps qu'ils passent ensemble avant qu'Uyarak retourne à Montréal.
*Prononciation : Tao-tuk-ta-vuk Tautuktavuk (Sous nos yeux) : le "K” à la
fin signifie le point de vue de deux personnes*
*CRÉDITS*
AVEC
*Carol KUNNUK* - Saqpinak
*Lucy TULUGARJUK* - Uyarak
*Benjamin KUNUK* - Ben
*Mark TAQQAUGAQ* - Mark
RÉALISATRICES *Lucy TULUGARJUK / Carol KUNNUK*
PRODUCTEURS *Jonathan FRANTZ / Lucy TULUGARJUK*
DIRECTION ARTISTIQUE *Susan AVINGAQ*
DIRECTION PHOTO *Jonathan FRANTZ*
SCÉNARIO *Lucy TULUGARJUK / Carol KUNNUK / Gillian ROBINSON / Samuel
COHN-COUSINEAU*
MUSIQUE ORIGINALE *Beatrice DEER / LUCY TULUGARJUK / Mark WHEATON*
MONTAGE *Jeremiah HAYES*
82 Minutes
DCP – Dolby 5.1
Produit avec la participation du *Fonds des médias du Canada *et *Téléfilm
Canada*, avec l'assistance du *Gouvernement du Nunavut* et le *Nunavut Film
Development Corporation*, en collaboration avec *NITV/UvagutTV* et *Isuma
Distribution International*
<
*À PROPOS DES RÉALISATRICES*
*LUCY TULUGARJUK*
Lucy Tulugarjuk est une actrice reconnue, performeuse de la scène, et
directrice générale du réseau de télévision indépendant Nunavut Independent
Television Network (NITV), qui a fondé Uvagut TV, la première chaîne de
télévision entièrement dans la langue inuktitute. Elle est reconnue pour
ses performances dans de tels films que *Atanarjuat : la légende de l'homme
rapide* (2001), qui a remporté la Caméra d'Or à Cannes et le Meilleur film
aux prix Génie, et *Maïna* (2013). Elle était assistante réalisatrice sur
plusieurs films de Zacharias Kunuk. Elle est co-scénariste et réalisatrice
du long métrage pour enfants *Tia et Piujuq* (2018) qui a fait sa première
au Festival Carrousel des enfants à Rimouski, et qui a remporté le prix
Jean Malaurie au Festival du film canadien de Dieppe. Outre son travail
dans le domaine du cinéma et de la télévision, Lucy est une traductrice
d'inuktitut compétente. Originaire d'Igloolik, elle vit à Montréal.
*CAROL KUNNUK*
Carol Kunnuk travaille dans le domaine de la télévision et du cinéma
indépendants depuis plus de 25 ans, en tant que scénariste, cadreuse,
superviseure de production, assistante réalisatrice, actrice et monteuse. Elle
était impliquée dans plusieurs projets avec Arnait Video Productions, le
collectif vidéo des femmes d'Igloolik, incluant *Le jour avant le lendemain*
(2008) et *Uvanga* (2013), en plus de travailler sur plusieurs
longs-métrages d'Isuma en tant que directrice de production. Son travail
personnel inclut le documentaire expérimental *Attagutaluk*, et le court
métrage *Being Prepared*, produit par l'ONF. Carol réalise et produit
actuellement *Welcome to my Qammaq*, une émission de télévision
hebdomadaire diffusée en direct d'Igloolik sur Uvagut TV.
*À PROPOS D'ISUMA
*
Isuma, qui signifie "penser", est un collectif d'entreprises inuites basé
depuis 1990 à Igloolik, au Nunavut, avec un bureau à Montréal. Quatre
partenaires : Zacharias Kunuk, Paul Apak, Pauloosie Qulitalik et Norman
Cohn, se sont associés pour produire et distribuer des films indépendants
en langue inuit et des œuvres d'art médiatique d'un point de vue inuit,
mettant en scène des acteurs locaux qui recréent la vie inuite dans la
région d'Igloolik dans les années 1930 et 1940. En 2001, le *Festival de
Cannes* a reconnu l'action d'Isuma en décernant *le prix de la Caméra d'Or*
au premier film en langue inuit : *Atanarjuat - the Fast Runner*. Ce film a
été suivi par *The Journals of Knud Rasmussen* et *Before Tomorrow*. Ce fut
un moment décisif pour les cinéastes du Nord, qui ont désormais la
possibilité de raconter des histoires d'une manière différente. Isuma a une
façon de raconter des histoires dans un certain niveau de réalité - une
méthode authentique de raconter des histoires.
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Les héritiers (re)
Pauvres ils étaient.
A la même tablée ils bectaient.
Gorges déployées.
De leurs rires à longueur d'année.
La nuit, dans les bras de Morphée.
A l'abri de toute pensée.
Bonheur et Félicité.
Puisés dans la frugalité.
Cossus advenus (es).
Ils ne se parlent plus.
Se disputent l'héritage.
Echafaudent des Empires sur des nuages.
S'abreuvent de vengeance pourrie.
Contre les mains qui les ont nourris (es).
Les Héritiers ont la rancœur qui porte.
Quand la richesse frappe à leur porte.
Une mémoire traitresse.
Oublieuse de sa misère et sa détresse.
Les Héritiers cultivent la Hogra*.
Quand la fortune leur tombe sur les bras.
Se délectent du coup porté.
A la mouise et la vulnérabilité.
Les Héritiers jurent par la succession.
Ejectant la Dévotion.
Se forgent une postérité.
De Puissance et d'Inclémence affutées.
Les Héritiers font le deuil de la réalité.
Que le temps, ici-bas, nous est compté !
Texte et dessin : Omar HADDADOU Décembre 2023.
* Terme d'actualité très employé en Afrique du nord, en particulier en Algérie, et aujourd'hui en France, signifie : Oppression, humiliation, injustice.
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